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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 09:11
Le 11 novembre, Claude Moritz a pris pour habitude de convier sa clientèle alsacienne à une dégustation verticale de riesling, issu de l’un des 3 terroirs classés Grand Cru à Andlau.
La dégustation verticale permet de suivre l'évolution d'un vin en le goûtant sur  plusieurs millésimes. C'est un exercice particulièrement intéressant et formateur qui permet de mieux comprendre un terroir et les vins qui y naissent.

En 2006 c'était  le Moenchberg qui était mis à l'honneur.

Avant de passer aux choses sérieuses, le maître de maison nous a parlé de ce fameux "Coteau des Moines"en nous expliquant son sous-sol marno-calcaire et son exposition sud sud-est, qui procure un ensoleillement maximal aux différentes parcelles de ce Grand Cru.

Les vins sont servis dans l’ordre des millésimes en allant du plus jeune (2005) au plus vieux (1996) et sont commentés par M. Moritz, M. Lobre (œnologue) et M. Gouello (Sommelier).


2005 : Alcool 12°4 – Sucre résiduel 0,4g – Acidité 4,5
Robe : jaune pâle brillante.
Nez : discret mais belle finesse, arômes floraux, nuances de bergamote et d’anis, notes balsamiques, cire.
Bouche : une belle structure et un équilibre très sec.
Ce vin, mis en bouteilles en septembre 2006, est en train de se construire et se goûte quand même assez difficilement à l’heure actuelle.

2004 : Alcool 13°1 – Sucre résiduel 5,7g – Acidité 5,4
Robe : nuance or pâle, brillante.
Nez : fin et complexe avec des notes florales immédiates suivies par des arômes de miel, de tilleul et de mirabelle.
Bouche : un toucher de bouche soyeux, des notes miellées, laisse une impression de franchise.
Ce vin semble un peu fermé mais possède un beau potentiel de garde.

2003 : Alcool 13° – Sucre résiduel 1,5g – Acidité 3,9
Robe : jaune pâle.
Nez : puissant, très riche en arômes, fleurs blanches, tilleul, foin coupé, vanille et quelques notes épicées.
Bouche : très complexe, un peu atypique mais bel équilibre, notes originales de raisin sec et de noisette.
Ce vin sec reste une exception dans ce millésime son équilibre acide a été préservé par des vendanges exceptionnellement précoces (les rieslings ont été vendangés avant les pinots gris et avant les gewurtztraminer). Très beau potentiel de garde.

2002 : Alcool 12°5 – Sucre résiduel 3g – Acidité 5,2
Robe : jaune soutenu.
Nez : fin et complexe, notes d’agrumes, de fenouil, de mirabelle.
Bouche : beaucoup d’élégance, avec une attaque souple, une acidité bien franche et une finale très longue, où on retrouve des notes de tilleul.

2001 : Alcool 12°4 – Sucre résiduel 5,3g – Acidité 4,2
Robe : jaune doré soutenu.
Nez : belle intensité, beaucoup de finesse et de fraîcheur, notes de raisin confit, de miel et de tilleul.
Bouche : beaucoup d’harmonie et d’équilibre avec une acidité d’une grande finesse.
Ce vin se goûte très bien à l’heure actuelle mais possède un beau potentiel de garde. A noter, une réelle originalité pour la région : ce vin a fait une fermentation malo-lactique.

2000 : Alcool 12°7 – Sucre résiduel 1,7g – Acidité 4,9
Robe : jaune soutenu.
Nez : intense et fin, notes balsamiques, anisées et citronnées.
Bouche : une attaque souple, une acidité bien longue et une finale sur des arômes d’agrumes.
Ce vin, moins massif que les 2 précédents, aurait mérité une décantation pour s’exprimer davantage.

1999 : Alcool 12°2 – Sucre résiduel 3,4g – Acidité 3,6
Robe : jaune clair.
Nez : belle intensité et grande finesse avec des arômes originaux de caramel et de fumé complétés par des notes épicées et anisées.
Bouche : fraîche, épicée, élégante et une finale bien longue.

1998 : Alcool 12°1 – Sucre résiduel 2,2g – Acidité 4,7
Robe : jaune or.
Nez : subtil avec des notes de cuir, de vanille, de coing et une belle minéralité.
Bouche : racée avec une belle fraîcheur acide et des notes de gingembre et de pétrole.
Comme le 2002, ce vin a fait une fermentation malo-lactique.

1997 : Alcool 12°1 – Sucre résiduel 2,2g – Acidité 4,7
Robe : jaune assez soutenu.
Nez : franc avec notes de cuir, de cire, d’herbes aromatiques et une touche vanillée.
Bouche : une attaque souple et une belle structure avec une acidité très fine. Semble avoir atteint sa pleine maturité.

1996 : Alcool 12°2
Robe : jaune très soutenu.
Nez : intense de caramel, de miel et de guimauve avec des notes légèrement toastées.
Bouche : un toucher de bouche soyeux, notes de citronnelle, bien équilibré et belle longueur.
Ce vin avait été légèrement désacidifié.

Pour finir en beauté une petite attention « hors sujet »

Riesling GC VT Kastelberg1998
 : Sucre résiduel 18,1g
Robe : jaune franc.
Nez : puissant, notes de miel, d’aneth, de nèfle et de pâte de fruits.
Bouche : une très belle structure, des arômes exubérants  et un équilibre basé sur la fraîcheur.
Un moelleux tout en élégance pour répondre à un foie gras avec grâce et légèreté.


En 2008 c’est le Kastelberg…l’un de mes terroirs préférés en Alsace, quelle aubaine !

Claude Moritz nous propose une petite introduction théorique sur ce Grand Cru si particulier. Le Kastelberg (de l’alsacien "Kaschte" qui peut se traduire par "terrasse") est le seul terroir G.C. exclusivement schisteux. Il se situe au bout d’une grande faille schisteuse qui a son origine au fin fond du val de Villé, à Steige, c’est pour cela que l’on évoque souvent les schistes de Steige pour caractériser la géologie de ce terroir. Ces schistes sont de très vieilles roches, dures et denses, dotées d’un remarquable pouvoir réfractaire. La vigne doit chercher très profondément son approvisionnement en eau mais bénéficie de la chaleur emmagasinée dans le sol.

Les vins sont servis dans l’ordre des millésimes en allant du plus jeune (2007) au plus vieux (1981) et sont commentés par M. Moritz, M. Lobre (œnologue) et M. Gouello (Sommelier).

2007 : un peu fermé au nez, avec de délicates notes florales, balsamiques et anisées. La bouche est pure et concentrée avec une belle acidité tout en longueur. Prometteur !
TRES BIEN


2006 : expressif et complexe au nez avec des fruits mûrs et un peu de fenouil. La bouche se situe sur un registre plus opulent avec une sensation presque tannique en finale.
BIEN+


2005 : un nez d’une grande puissance avec des notes d’agrumes et de pralin doux. La bouche est ample mais élégante avec une acidité très verticale et une finale longue où on retrouve quelques notes caramélisées. Un grand vin !
TRES BIEN+

2004 : un nez intense et complexe avec des notes de fruits jaunes, d’herbes aromatiques (romarin), d’épices. La bouche vive et légèrement fumée se présente de façon un peu austère en ce moment. A attendre un peu encore.
BIEN

2003 : un nez explosif de bonbon acidulé, citron confit, menthe poivrée et quelques notes grillées. Une bouche puissante et soyeuse avec d’étranges arômes un peu chocolatés. La finale est presque tannique. Un vin mahousse costaud…qui manque un peu de fraîcheur à mon goût, mais bon, c’est 2003 !
BIEN+

2002 : un nez élégant avec des notes de pain grillé, d’agrumes confits et de résine. Une bouche avec un bel équilibre entre le gras et une tension acide très verticale. Un vin puissant et mûr avec peut-être un début d’oxydation, mais c’est très bon.
TRES BIEN

2001 : un nez pur et complexe avec des fruits jaunes, des épices et un soupçon de menthe. La bouche est superbe : gras et tension s’équilibrent parfaitement, les arômes de citron confit et de vanille s’épanouissent et la finale est longue et suave avec de surprenantes notes de caramel au beurre salé. Magique…
TRES BIEN+

2000 : puissamment balsamique au nez (résine, eucalyptus, ambre) avec une bouche dotée d’une solide minéralité et une finale délicatement saline. Un vin intéressant et fin qui aura un peu souffert de la comparaison avec son prédécesseur.
BIEN+

1999 : un nez frais et toujours des notes balsamiques (résine, camphre) et d’herbes aromatiques (romarin). La bouche est équilibrée, la minéralité est perceptible mais l’ensemble manque un peu de profondeur.
BIEN

1998 : un nez intense avec des épices (poivre blanc), des agrumes et une touche légèrement vanillée. La bouche est élégante avec un bel équilibre et des notes de citronnelle et de vanille. La finale est un peu courte.
 BIEN+

1997 : nez fin et subtil toujours sur ce registre balsamique (menthe, cire, pin) complété par un léger fumé. La bouche présente des notes de sous-bois mais l’ensemble est un peu sec et la finale est courte. Peut-être sur le déclin ?
BIEN-

1996 : un nez évolué mais plaisant marqué par des notes de sous-bois, de truffe blanche et d’eucalyptus. La bouche est bien équilibrée, l’impression reste soyeuse malgré une belle trame acide. Les arômes de miel et les notes balsamiques s’épanouissent. La finale est de longueur moyenne. Belle maturité et grande classe !
TRES BIEN

1995 : fruité, camphre et fumée composent une gamme aromatique subtile. La bouche est marquée par de surprenantes notes d’ananas frais et de vanille. Un vin gras, bien structuré et long, la pleine maturité !
TRES BIEN

1985 : un nez puissant de chlorophylle et d’épices. Une bouche ample avec une belle longueur et une sensation tannique en finale.
BIEN+

1981 : un profil aromatique complexe : mie de pain, camphre et épices. La bouche présente un bel équilibre et du gras et la finale est longue et épicée.
 BIEN+

Pour conclure, quelques remarques :
-    cette superbe dégustation sur plus de 2 décennies nous a montré que le Kastelberg est sans conteste un des grands terroirs alsaciens
-    les marqueurs aromatiques de ce terroir sont très méridionaux (eucalyptus, herbes aromatiques, résine…)…effets conjugués de l’exposition sud/sud-est et des effets thermiques des schistes … ?
-    mes coups de cœur : le 2001 et le 2005 sublimes… mais aussi le 2007 pour sa pureté et son potentiel, sans oublier les 1995, 1985 ou 1981 pour l’émotion…
-    les vins de Claude Moritz sont très réussis et techniquement secs sur un terroir où d’autres grands vignerons (comme Wach ou Kreydenweiss) produisent de superbes bouteilles riches en S.R…l’Alsace est une terre de diversité et de tolérance. Plutôt que de vous chamailler sur le net venez goûter, vous ne le regretterez pas…


Un grand merci à Claude Moritz pour ces belles initiatives
.
Pour finir sachez que les prix restent très sages :
5,20 euros pour le muscat, 10 à 12 euros pour les Grands Crus et autour de 20 euros pour les VT.

@+

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  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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