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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 16:10





Comme à l’accoutumée, cette première rencontre de l’année 2009 organisée par l’Oenothèque a lieu dans l’espace dégustation de la Maison Wolfberger à Colmar.
Thierry Meyer est toujours fidèle au poste avec une belle série de bouteilles qu’il a soigneusement sélectionnées pour les partager avec nous.

Ces nouvelles séances de dégustation baptisées Masterclass (ça le fait un peu quand même… !) garderont toujours leur vocation première qui est de faire découvrir et apprécier les pépites de notre vignoble.
Mais cet anglicisme un peu ronflant marque un changement de cap dans la conception de ces sessions dédiées aux vins d’Alsace : en effet Thierry à opté pour une approche plus pédagogique en organisant sa dégustation selon des thématiques choisies.
C’est ainsi que pour cette première séance nous aborderons les sujets suivants :
-    les crémants d’Alsace
-    le vin d’Alsace à table
-    les effets du terroir sur le vin d’Alsace
-    les effets de l’âge sur le vin d’Alsace

Les vins sont proposés 2 par 2 ou 3 par 3, la dégustation et l’évaluation se font à l’aveugle.

Voici les quelques commentaires notés durant cette séance :

 En guise de mise en bouche :

1. Riesling Pfingstberg Vin de paille 1997 – L. Albrecht à Orschwihr     
 
Robe : Jaune prononcé.      
Nez : Agréable et aérien avec des notes de fruits jaunes et un léger fumé.      
Bouche : Un moelleux imposant mais sans lourdeur soutenu par une acidité fine et très longue.      
Une couleur qui trahit l’âge mais les sensations organoleptiques sont celles d'un vin beaucoup plus jeune.
Cette cuvée est issue de fruits récoltés à l’automne 1997 et séchés sur fil dans un grenier jusqu’en avril 1998… un vin énigmatique.      

BIEN +     
 
2. Pinot Noir Les Princes Abbés 2008 – Schlumberger à Guebwiller      
Robe : Rubis clair avec une frange mauve.      
Nez : Franc et direct avec des notes de fruits rouges croquants.      
Bouche : Frais et goûteux avec une belle maturité et une finale gourmande.      
Un pinot noir léger et gouleyant avec une belle palette aromatique. Une belle expression de ce cépage sur un terroir gréseux… un seul bémol, le prix : 11 euros la quille c’est un peu trop pour ce type de vin, à mon avis…      
BIEN +    

Dans la série crémants :
 
3. Crémant d’Alsace 2006 – Schoenheitz à Wihr au Val      
Robe : Jaune très pâle avec des reflets verts et une mousse abondante.      
Nez : Très fin, aérien avec de délicates notes florales.      
Bouche : Un équilibre sur la légèreté et la fraîcheur, désaltérant et digeste.      
Dosé à 8 g c’est un beau vin d’apéritif…ou de soi. La belle saison n’est pas loin et le prix n’invite pas vraiment à la continence (8,30 euros).      
BIEN     
 
4. Crémant d’Alsace Extra brut 2005 – P. Gaschy à Eguisheim 
     
Robe : Jaune clair avec des reflets verts et une bulle fine et persistante.      
Nez : Discret mais agréable avec des notes briochées et fruitées (pomme verte).      
Bouche : Une belle charpente avec une vinosité forte, une mousse un peu agressive et une petite amertume en finale.      
Un assemblage pinot noir et chardonnay pour ce crémant conçu selon un modèle plus champenois … à réserver pour accompagner un repas.
Par contre, à 6,60 euros c’est quand même un très bon rapport Q/P
.      
BIEN -     
 
5. Crémant d’Alsace – Wolfberger à Eguisheim      
Robe : Jaune très clair avec des reflets verts et une bulle fine.      
Nez : Fin et élégant avec des arômes de fraise des bois et quelques notes biscuitées.      
Bouche : Une mousse fine et crémeuse, une très belle fraîcheur et une délicate amertume en finale.      
Classique mais très plaisant, digeste malgré un dosage à 12 g…une petite friandise !      
TRES BIEN      
 
6. Crémant d’Alsace Blanc de Blancs Extra Brut – Wolfberger à Eguisheim 
     
Robe : Jaune clair avec un fin cordon de bulles.      
Nez : Fin et discret sur un registre floral.      
Bouche : Une mousse dense, quelques notes florales et une finale assez longue.      
Un crémant sec et vineux 100% chardonnay… très (trop) proche d’un champagne pour ne pas être tenté de comparer…      
BIEN -     


Dans la série les a
lsaces s’invitent à table :

7. Pinot blanc 2007 – P. Klee à Katzenthal      
Robe : Jaune clair avec des reflets vert-pâle et une belle brillance.      
Nez : Fin, discret, avec de délicates évocations florales.      
Bouche : Sec avec une belle pureté mais étonnamment soyeux et gras.       
Une structure tout à fait intéressante pour ce vin sans SR mais très rond…son quasi-mutisme sur le plan aromatique le dessert un peu à l’heure actuelle.      
BIEN     
 
8. Pinot blanc 2007 – Stoeffler à Barr      
Robe : Jaune clair avec des reflets vert-pâle et une belle brillance.      
Nez : Fin et précis avec des notes de fruits blancs.      
Bouche : Une acidité puissante mais une structure sphérique avec une finale saline de belle facture.      
Encore un vin techniquement sec et cependant très rond. Une très belle expression du cépage, une viticulture bio et surtout un super rapport Q/P (moins de 6 euros !)      
BIEN +     
 
9. Pinot blanc Les Lutins – Josmeyer à Wintzenheim      
Robe : Jaune clair avec des reflets vert-pâle et une belle brillance.      
Nez : Subtil et complexe avec des notes de fruits blancs et de beaux arômes floraux.      
Bouche : Quelques S.R. et une acidité longue et profonde structurent ce vin complet et très gourmand. La finale est longue et saline.      
Un excellent terroir (le Rotenberg), une viticulture exigeante (bio-dymamique) et une vinification maîtrisée voilà des conditions parfaites pour prouver que l’auxerrois est un cépage qui peut faire de grands vins. La classe !
Petit bémol : à 13 euros, cette bouteille rentre dans une gamme où la concurrence est vraiment rude en Alsace.      

TRES BIEN -     
 
10. Sylvaner Brandstatt 2007 – Domaine Otter à Hattstatt      
Robe : Jaune paille brillant.      
Nez : Une belle élégance avec des notes de chèvrefeuille et de fleurs blanches.      
Bouche : Le vin est parfaitement sec mais laisse une belle impression de gras. La finale est belle sur de surprenants arômes de cidre brut…      
Un très beau sylvaner sans SR (moins de 1g) mais avec un corps tout en rondeur. La finale très étonnante à un peu surpris l’assemblée… pour ma part, pas ou peu de réserves, j’ai beaucoup aimé ce vin !      
TRES BIEN -      
      
11. Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2007 – L. Rieffel à Mittelbergheim      
Robe : Jaune paille brillant.      
Nez : Beaucoup de pureté et de netteté avec des arômes de fruits blancs.      
Bouche : Très rond et soyeux avec des SR perceptibles mais bien intégrés et une finale de belle longueur.      
Un sylvaner pur et charmeur qui doit encore vieillir un peu pour laisser davantage la parole au terroir.      
BIEN +     
 
12. Sylvaner Z 2007 – P. Kubler à Soutzmatt      
Robe : Jaune paille brillant.      
Nez : Une attaque légèrement boisée suivie par de fines notes fruitées.      
Bouche : Beaucoup de gras et quelques notes boisées, un équilibre parfait et une finale longue .      
Une esthétique un peu bourguignonne pour ce sylvaner atypique mais très plaisant.      
BIEN +     


Dans la série effet terroir :

13. Gewurztraminer Grand Cru Kaefferkopf 2007– Simonis à Ammerschwihr      
Robe : Jaune prononcé avec des reflets dorés.      
Nez : Puissant et riche avec des arômes d’abricot frais et de fruits exotiques.      
Bouche : Un moelleux très sphérique, des notes confites et une finale longue.      
51 grammes de SR mais une belle finesse, le terroir granitique du Kaefferkopf marque de son empreinte ce gewurztraminer rond et savoureux.      
BIEN +     
 
14. Gewurztraminer Rotenberg 2007 – L. Sipp à Ribeauvillé      

Robe : Jaune clair avec des reflets d’or blanc.      
Nez : Une attaque un peu atypique sur des fruits blancs suivi par de discrètes évocations florales plus classiques.      
Bouche : Une bouche tout en rondeur et en finesse mais l’ensemble manque un peu de définition.      
Un gewurztraminer un peu atypique qui semble encore un peu fermé à l’heure actuelle.     
BIEN     
 
15. Gewurztraminer G.C. Schoenenbourg 2007 – Domaine de l’Agapé à Riquewihr    
Robe : Jaune clair et brillant.      
Nez : Fin, élégant et racé avec des notes de rose et d’épices douces.      
Bouche : Un vin savoureux, parfaitement équilibré avec une finale longue et saline.      
Un terroir exceptionnel qui magnifie le cépage…une grande réussite.      
TRES BIEN      
 
16. Grasberg 2005 – M. Deiss à Bergheim
      
Robe : Jaune profond avec des reflets orangés.      
Nez : Puissant avec une palette riche et complexe offrant successivement des notes de citron confit, de raisin sec, de miel et de tabac blond.      
Bouche : Un équilibre magistral entre un moelleux très gourmand et une acidité profonde. La finale est très longue.      
Une complantation de riesling, pinot gris et gewurztraminer sur le sommet du coteau de l’Altenberg… un potentiel énorme, un grand vin tout simplement.      
TRES BIEN +     


Dans la série effet temps :
 
17. Pinot Gris Réserve 1997 – Rolly Gassmann à Rorschwihr      
Robe : Or clair plein d’éclat.      
Nez : Intense et riche avec des notes de raisin sec, de coing et de truffe.      
Bouche : Une belle fraîcheur malgré le moelleux perceptible et une fin de bouche longue et complexe sur le sous-bois et la fumée.      
Le style Rolly Gassmann à l’épreuve du temps…tout à fait concluant !      
TRES BIEN     
 
18. Riesling G.C. Fustentum 1973 – P. Blanck à  Kientzheim     
Robe : Jaune profond avec des reflets oranges presque fluo.      
Nez : Très violent (presque une claque !) sur des notes d’herbes aromatiques très complexes (menthe fraîche, marjolaine…).      
Bouche : Une tenue très droite avec une acidité fine et tendue. La finale est longue et révèle des notes terpéniques.      
Une belle émotion sur ce riesling qui porte fièrement ses 35 ans.      
TRES BIEN     
 
19. Gewurztraminer 1959 – Wolfberger à Eguisheim       
Robe : Or liquide, étincelant.      
Nez : Profond et complexe avec des notes de menthe poivrée et de truffe.      
Bouche : Une belle puissance avec des notes oxydatives très fines et une palette proche d’un xères ou d’un vin jaune (noix, morille). La finale est très longue.      
Un demi siècle pour ce gewurztraminer vénérable qui s’est construit une personnalité très marquée au fil des ans. L’assemblée des dégustateurs a été nettement partagée dans ses évaluations (ça a navigué entre beurk et excellent…) un événement rare pour un vin rare !
En tous cas moi j’ai été ému (la première fois que je croisais un petit jeune qui faisait presque mon âge…) et forcément conquis.    
  
EXCELLENT     


Quelques remarques pour conclure :

* Encore une belle expérience de dégustation même si un riesling-addict de mon acabit a pu un peu rester sur sa faim…

* Quelques leçons de cette première Masterclass :
- on peut faire des vins ronds et gourmands sans S.R. en Alsace 
- sylvaner et auxerrois peuvent faire de très beaux vins lorsque le vigneron les conçoit en associant un beau terroir des rendements maîtrisés et des vinifications précises et soignées.
 - l’âge ne fait vraiment pas peur aux vins de notre région

* Mes coups de cœur :
- le crémant classique de Wolfberger pour sa gourmandise un peu canaille et parce que je n’aime pas trop les crémants qui se prennent pour des champagnes.
- Le Grasberg de Deiss : un monstre…
- Le gewurztraminer 1959 … un copain de classe à un an près, séquence émotion !

Merci à Thierry de continuer à nous faire partager sa connaissance et son expérience.

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  • : Vins, vignobles et vignerons.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

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