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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 17:13


Après avoir bravé les affres d’une circulation que le début du week-end pascal a rendue extrêmement difficile, les membres de notre confrérie de picoleurs éclairés se retrouve dans leur repaire de La Wantzenau pour leur 3° réunion de l’année 2012.
Comme pour la session précédente nous avons choisi d’associer deux thèmes très différents en associant la visite d’une région avec un survol en 7 flacons de la production des vignobles du sud-ouest et la visite d’un domaine avec la dégustation d’une partie de la gamme d’une maison champenoise.

- Thème 1 : champagne pour tout le monde avec la Veuve Fourny
- Thème 2 : quelques jalons rouges dans le vignoble du sud-ouest.

Pour la série des rouges du sud-ouest, Lionel et Guy ont prélevé quelques flacons dans leur cave personnelle et Lionel, client attitré de ce domaine champenois de Vertus, a fourni les 6 roteuses de la série pétillante


Les vins des deux séries sont servis à l’aveugle, seuls ou 2 par 2.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 5 avril 2012 à La Wantzenau




Thème 1 : çà pétille pour tout le monde et c’est la Veuve qui Fourny…



Champagne 1° Cru Rosé : la robe saumon clair et le cordon de bulles d’une grande finesse rend ce champagne très agréable à l’œil, le nez est charmeur sur des notes de fruits rouges (fraise), la bouche que la mousse rend assez onctueuse possède un équilibre sec et une finale à qui une petite amertume apporte une touche d’austérité qui me dérange un peu.
Champagne 1° Cru Douces Vertus : le nez est aérien avec une palette d’une grande finesse alliant des arômes de fleurs et quelques notes beurrées, la bouche est vive avec une mousse abondante et crémeuse, la finale est fraîche avec une longueur moyenne et de fines nuances boisées.
Voilà une belle entrée en matière sur le premier sujet du soir : un rosé subtil et gourmand et une première cuvée issue d’un assemblage de chardonnay et de pinot noir légèrement dosé pour lui conférer un côté très séduisant et facile d’accès…MIAM !!!

2012 0401

 

 

Champagne 1° Cru Grande Réserve : le nez est discret et complexe sur la groseille, le citron et quelques notes de champignon blanc, la bouche possède une équilibre sec et une belle vinosité, la finale séduit par son côté frais et aérien.
Champagne 1° Cru Blanc de Blancs : le nez est discret et racé avec de fines notes de fruits et de brioche, la bouche est dense, toujours très vineuse avec une finale longue et délicatement acidulée.
 Ces deux cuvées qui se caractérisent par une très belle vinosité en bouche ont obtenu un succès quasi général dans notre assemblée du soir. Le blanc de blanc affirme un côté très classieux presque un peu distant, alors que la Grande Réserve joue la carte de l’élégance tout en se montrant plus simple d’approche.

 

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Champagne 1° Cru Millésime 2004 : le nez est très raffiné sur le beurre et la noisette fraîche, la bouche se montre verticale, équilibrée avec une belle densité et une finale longuement aromatique.
Champagne 1° Cru Cuvée R : le nez est mûr et opulent avec un fruité bien marqué et un boisé fin, la bouche est généreuse, vineuse avec un toucher gras, une mousse onctueuse et une finale longue et délicatement boisée.
Ces deux champagnes sont bien différents mais d’un très haut niveau qualitatif : la cuvée millésimée est un blanc de blanc qui brille par son équilibre et sa classe, la cuvée R, avec sa base vinifiée à la bourguignonne dans de petits contenants de chêne (de 3 à 6 vins), est un champagne  généreux marqué par son élevage mais terriblement séduisant.

 

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Pour conclure :

- Cette première expérience avec une série de champagnes provenant d’un même producteur a été tout à fait réussie : une dégustation exclusivement consacrée à des vins effervescents est en général un exercice assez difficile pour moi, mais là, je dois avouer que j’aurai bien goûté une ou deux bouteilles supplémentaires…Surpris, mais très agréablement !
Située à Vertus, un village du sud de la prestigieuse Côte des Blancs, le domaine de la Veuve Fourny, élabore une belle gamme de vins fins, élégants et bien typés… en plus, les prix sont d’une douceur angélique (entre 15 et 25 euros selon les cuvées).
Une superbe adresse tout simplement !

- Comme j’ai pu l’évoquer en d’autres occasions, j’ai tendance à considérer les champagnes (et les autres « bulles » d’ailleurs) comme des vins festifs et désaltérants qu’on débouche bruyamment et qu’on boit sans trop chercher à épiloguer sur leurs qualités organoleptiques…Si, si, parfois ça fait du bien !
Avec cette série de 6 bouteilles, j’ai pu apprécier pleinement, la complexe alchimie entre matière et mousse si particulière à chaque cuvée ainsi que la subtilité des nuances aromatiques qui différenciaient chaque vin en lui conférant sa propre identité. Voilà une expérience qui mérite d’être reconduite très prochainement…

- Pour le coup de cœur, je resterai sur la fraîcheur guillerette du Douces Vertus et la classe absolue de la cuvée Millésimée…sans oublier la Cuvée R, dense et concentré…peut-être plus proche d’un grand vin blanc tranquille que d’un champagne mais terriblement bon !




 

Thème 2 : étapes rouges dans le sud-ouest.

 

 

 

Cahors Château Lacapelle Cabanac 2008 – T. Simon et P. Verax à Lacapelle Cabanac : le nez s’ouvre en douceur avec une palette bien complexe sur les fruits noirs, la violette et le sous-bois, en bouche le fruité s’affirme sur une structure équilibrée avec des tanins soyeux et une finale épicée mais un peu asséchante.
Gaillac Renaissance 2006 – Domaine Rotier à Cadalen : le nez est louche, terreux voire poussiéreux avec des notes de bois moisi, la bouche est dense et compacte avec des tanins serrés mais très vite on est submergé par cette aromatique peu élégante mais persistante.
Cette série s’engage plutôt bien avec ce vin issu d’un assemblage de 80% de malbec et de 20% de merlot travaillés en viticulture bio qui se montre vraiment épanoui et gourmand…hélas, la seconde bouteille montre un profil beaucoup moins avenant. Tout plaide en faveur d’une contamination à la géosmine…Dommage !

 

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Madiran Château Montus 2002 – A. de Brumont à Maumusson : le nez est complexe avec des arômes de cassis, de violette et quelques notes de terre humide, la bouche est volumineuse avec une mâche compacte, mais des tanins bien mûrs, la finale est un peu sévère.
Madiran Château Bouscassé  1998 – A. de Brumont à Maumusson : le nez est vraiment repoussant, entre le siphon et le vestiaire de rugby après match…, la bouche est dense et concentrée mais toujours polluée par cette palette aromatique désagréable.
Regoûté le lendemain (12 heures, bouteille vidée à moitié), le vin se montrait plus avenant avec une olfaction un peu plus harmonieuse (mais sans plus) et une bouche soyeuse et bien équilibrée.
Voilà un bilan bien terne pour ce grand nom du Madiran : une première cuvée correcte mais sans atteindre des sommets et une seconde cuvée quasiment imbuvable le soir et juste acceptable le lendemain…décevant pour ce domaine !

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Irouléguy Cuvée Lehengoa 1999 – Etxegraya à St. Etienne de Baïgorry : le nez s’ouvre avec des notes de torréfaction assez prononcées (cacao, café) pour évoluer vers une palette plus fine sur la myrtille, le laurier et l’humus, en bouche l’attaque est souple, la matière est ronde, soyeuse, pleine de fruit mais la finale est marquée par un retour tannique assez virulent.
Irouléguy Omenaldi 1998 – Les Vignerons du Pays Basque à St. Etienne de Baïgorry : le nez est assez intense avec un fruité complexe et un boisé fin, la bouche est concentrée avec un milieu charnu et fruité, la finale révèle des tanins très accrocheurs qui laissent une impression très rustique.
Le pays basque est une région magnifique dont j’ai pu découvrir un domaine viticole il y a quelques années et que j’ai re-visité avec grand plaisir avec ces deux flacons qui n’ont pas démérité malgré leur âge certain. Le 1998 ne manquait pas de charme, même si l’austérité finale m’a semblé dérangeante, malgré sa finale également trop dure à mon goût, le 1999 était incontestablement le plus complet des deux…peut-être même le meilleur vin de la série !

 

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Madiran Domaine des Bories 1994 – Borie-Pierson à Lembeye : bouchonné !

 

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Pour conclure :

- Avec 3 vins sur 7 qui se sont révélés plus ou moins défectueux, on ne peut pas dire que cette série fut une réussite…cette grande région viticole mérite mieux et sera sûrement convoquée une nouvelle fois pour une session de rattrapage.

- Il n’en reste pas moins que lorsque je remonte dans ma mémoire de dégustateur, je ne trouve pas vraiment de vin du sud-ouest qui a marqué mon esprit : on me rétorquera comme toujours que je n’ai pas encore fait la bonne rencontre mais de mon côté je pense que, comme pour les cabernets francs ligériens, ces crus possèdent une esthétique qui ne me parle pas vraiment…une sorte d’incompatibilité gustative entre ces matières qui gardent toujours un côté rustique et mon palais d’alsaco plus familiarisé avec les chatouilles acidulées que les gratouillis tanniques.

- je ne parlerai pas vraiment de coup de cœur pour cette série mais j’ai quand même été agréablement surpris par la gourmandise du cahors et la tenue presque parfaite de l’Irouléguy 1999 après plus de 12 ans de garde.

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commentaires

giuseppe 13/04/2012 19:40

J'ai entendu dire que la présence de Brettanomyces était un problème dans l'appellation Madiran et dans d'autres A.O.C. Avez vous envisagé cette possibilité pour expliquer les olfactions
désagréables observées sur les Madirans Brumont.

14/04/2012 07:49



Je crains que la déviance aromatique constatée sur le Bouscassé soit effectivement imputable à une contamination aux levures brettanomyces (mais je ne suis pas un spécialiste...).


En tous cas, avec le trio géosmine, brett et TCA,  cette série nous aura au moins permis de faire l'inventaire d'un certain nombre de défauts sur des vins.


@+



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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

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rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

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