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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 10:58

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Club AOC…la classe jusque dans les chaussettes à vin !

 

La réunion de novembre de notre club reprend le principe fort apprécié de l’association de deux thèmes très différents. D’un côté, la découverte gustative d’un domaine du Jura et de l’autre un aperçu d’une des plus célèbres régions viticoles d’Espagne :

- Thème 1 : les vins du domaine Pignier à Montaigu.
- Thème 2 : quelques beaux crus de la Rioja.

Après ma visite enthousiasmante de juin 2011 au domaine Pignier, j’ai pensé qu’il était tout à fait indispensable de faire découvrir cette vision particulière des vins du Jura à mes confrères du club A.O.C.
Les bouteilles de cette série ont donc été achetées pour cette occasion lors de mon passage à Montaigu…trop facile !


Pour choisir les vins de la Rioja, ce fut plus complexe : constituer une série raisonnable (8 à 10 bouteilles) et un tant soit peu représentative d’un vignoble qui produit en moyenne 250 millions d’hectolitres de vin chaque année ne fut sûrement pas une mince affaire. Ce sont Alain et François qui ont relevé le défi en nous proposant une sélection de 10 belles quilles…Chapeau bas, messieurs !

Les vins de la première série sont servis 1 par 1 ou 2 par 2, bouteilles cachées.
Les vins de la seconde série sont carafés et servis 2 par 2.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 4 novembre 2011 à La Wantzenau



Thème 1 : reculées jurassiennes et biodynamie, le vin selon les Pignier.

 

 

Crémant du Jura Brut : le nez est agréable, très floral, en bouche, la bulle est fine, la mousse bien crémeuse et la finale assez pointue laisse une jolie impression de fraîcheur.
Issu à 100% de chardonnays provenant de la reculée du Val de Sorne au sud de Montaigu, ce crémant a été élevé 18 mois sur lattes. Il se présente comme un vin techniquement bien maîtrisé, désaltérant et finement aromatique.

 

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Cotes du Jura A la Percenette 2008 : le nez est complexe et évolutif, il nous évoque les fruits jaunes et les fleurs avec quelques notes un peu briochées, la bouche est souple et aérienne mais avec des arômes qui s’intensifient progressivement, la longue finale laisse apparaître une touche mentholée.
Cotes du Jura Sauvageon 2009 : après des notes de réduction assez intenses mais fugaces le registre aromatique se précise et se purifie avec un fruité puissant et une pointe d’épices et de pierre à feu, la matière en bouche est ample et charnue avec une finale où on retrouve un équilibre plus vif et un retour très épicé.
Les chardonnays de la première cuvée et les savagnins de la seconde proviennent du terroir argilo-marno-calcaire de la reculée du Val de Vallière avec des rendements très limités (35 hl/ha pour les chardonnays et 25 hl/ha pour les savagnins). Vinifiés et élevés en fûts de chêne avec ouillage, ces vins se présentent à nous de façon un peu déstabilisante en sortant des canons jurassiens traditionnels, mais au bout du compte, les équilibres sont parfaits, les palettes aromatiques sont particulièrement raffinées et la buvabilité est maximale…que demander de plus ?

 

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Cotes du Jura Cellier des Chartreux 2007 : le nez est élégant et bien typé avec des notes de fruits secs et d’épices, la bouche se caractérise par une fort jolie prestance avec un toucher assez gras et une vivacité bien présente, la finale très aérienne laisse un sillage aromatique floral et discrètement épicé.
Cotes du Jura Savagnin 2006 : le nez est intense et fortement typé Jura avec des arômes de pomelo mûr, de noix, de fumée et d’épices (curcuma, safran), la bouche est puissante et volumineuse et la finale très longue revient sur la noix et les épices.
Ces deux vins sont issus de terroirs proches de ceux des deux cuvées précédentes (la reculée du Val de Vallière), mais leur élevage oxydatif (sans ouillage) leur confère un caractère nettement plus classique pour cette région. Après 36 mois en pièces bourguignonnes pour les chardonnays des « Chartreux » et 48 mois pour les savagnins, ces deux cuvées affirment avec force leur origine et leur personnalité complexe…pas toujours facile à comprendre.
Notre assemblée de dégustateurs se divise face à cette expressivité particulière…
personnellement je suis un fan de longue date de ce style si particulier et je me régale !

 

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Cotes du Jura Trousseau-Les Gauthières 2009 : le premier nez est intense mais assez désagréable (réduction, notes de caoutchouc), les fruits noirs, la réglisse et l’humus s’invitent discrètement après une longue aération, malgré une petite pointe de CO2 qui se résorbera assez rapidement, la bouche ne manque pas d’élégance, bien équilibrée et finement tannique, elle développe un fruité un peu plus expressif mais finit un peu court.
Cette cuvée vinifiée, élevée et mise en bouteille sans additif œnologique, est issue d’une parcelle de trousseau située dans la reculée du Val de Sorne. Avec les effets conjugués du millésime et de pratiques culturales qui limitent les rendements à 25 hl/ha, le domaine a sorti une cuvée assez riche et bien équilibrée mais qui a eu bien du mal à convaincre l’assemblée oenophile de ce soir : olfaction très « nature » intense et persistante et structure qui reste un peu austère malgré tout…ce vin m’avait fait une meilleure impression au domaine (bouteille ouverte depuis plus longtemps, je suppose), mais bon, je dois bien reconnaître que je ne suis pas trop réceptif à l’esthétique de ce type de vins.

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Pour conclure :

- Un crémant flatteur et guilleret, des blancs originaux et bien typés, un rouge avec une personnalité un peu « montagnarde », voilà 6 bouteilles qui traduisent bien l’esprit de la maison Pignier : alliance entre traditionalisme et créativité avec une démarche éco-responsable et une exigence qualitative absolue à chaque niveau de l’élaboration des différentes cuvées.

- Personnellement je reste sous le charme des 4 cuvées de blanc : les vins ouillés offrent une vision des très particulière du Jura mais leur finesse et leur gourmandise sont exceptionnelles quant aux vins non ouillés ce sont des modèles d’expressivité et d’équilibre jurassiens.

- Sur le tarif du domaine on trouve quelques autres vins non dégustés ce soir avec notamment :
* une cuvée baptisée GPS alliant les 3 principaux cépages du Jura, gamay blanc, poulsard et savagnin vinifiés en blanc et sans soufre ajouté…épuisée lors de mon passage à Montaigu
* un splendide Vin Jaune, version plus dense et plus concentrée de la cuvée de savagnin.
Certes, les prix des bouteilles, relativement élevés pour la région, peuvent surprendre, mais lorsqu’on considère les efforts consentis par ces vignerons dans leur démarche de production et surtout lorsqu’on déguste leurs vins, ce sont des considérations qui passent rapidement au second plan…malgré la crise et la croissance en berne.
Buvons moins mais buvons mieux, les bons producteurs, nos banquiers et nos foies nous en seront reconnaissants !

 

 

 

Thème 2 : Rioja, vins ibères pour l’hiver ?

 

 

 

Cepa Lebrel – Crianza 2008 : le nez est intense et flatteur sur la confiture de mûre avec un fond boisé-vanillé, la bouche est charnue et bien concentrée avec une finale bien fraîche où pointent des notes de violette.
Dominio de Laertes – Crianza 2008 : le nez est plus discret sur les fruits rouges (framboise et groseille) et la torréfaction, la bouche est solidement charpentée mais le fruité reste net (groseille) et se prolonge pour rendre la finale très gourmande.
Ces deux cuvées se caractérisent par une olfaction franche et terriblement séduisante et des équilibres en bouche tout à fait plaisants bien que très différents. On commence la série par deux vins très faciles à aimer…ne cherchons pas plus loin et régalons nous !

 

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Seniorio de P. Pecina – Crianza 2005 : à l’ouverture le nez est dominé par des notes de torréfaction, après oxygénation la palette révèle un fruité léger et des arômes plus raffinés de thym et d’encens, finement acidulée à l’attaque, la bouche évolue vers un bel équilibre entre rondeur et trame tannique fine, la finale revient sur le fruit et la fraîcheur.
R. Lopez de Heredia-Vina Cubillo – Crianza 2005 : le nez manque de netteté (notes liégeuses), en bouche la structure est belle, très proche de celle du vin précédent mais le registre aromatique reste marqué par le défaut constaté au nez…Dommage !
La première bouteille montre que le temps fait beaucoup de bien aux vins de la Rioja, la structures a gagné en finesse et la palette aromatique s’est joliment  complexifiée... la seconde montre que les problèmes de bouchage ne connaissent pas de frontière…Hélas !


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Marques de Riscal – Reserva 2005 : le nez s’ouvre sur des notes bien grillées, presque brûlées (caoutchouc) et légèrement boisées, par la suite l’ensemble devient plus harmonieux avec des arômes de fruits noirs et de rose, la bouche est très sphérique avec un beau volume et un toucher agréable, la finale est longue et bien fraîche.
Marques de Murrieta – Reserva 2005 : le nez est charmeur avec un fruité mûr et expressif (fruits rouges) et une touche boisée vanillée assez présente, la bouche est volumineuse avec une matière opulente mais une trame tannique serré assez rude, la finale garde malgré tout une belle fraîcheur.
On monte d’un cran dans la hiérarchie et on s’aperçoit que sur ces vins du même millésime que précédemment les matières ne sont pas encore assez patinées pour nous régaler vraiment. On sent un beau potentiel mais on ne peut pas s’empêcher de penser à des extractions excessives…

 

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Conde de Valdemar – Reserva 2004 : le nez est discret et finement épicé, la bouche est assez élancée avec un bouquet qui se révèle un peu plus mais la finale se montre très sèche en laissant une impression austère persistante.
Muga – Reserva 2004 : le nez est discret sur la cerise noire et un léger fumé, la bouche est ronde mais soutenue par une charpente bien solide, la finale revient sur de délicates saveurs de fruits noirs.
Lopez de Heredia – Reserva 2003 : le nez s’ouvre sur de fines notes de torréfaction et de fumée avant de laisser s’exprimer de beaux arômes de fruits rouges mûrs, la bouche possède un équilibre subtil, très « bordelais » avec une belle harmonie entre richesse et tanins, la finale nous rappelle la belle palette fruitée du nez.
La série se termine par une triplette qui nous montre comment ces beaux vins continuent d’évoluer dans le temps en jouant sur des matières toujours relativement riches mais en s’appuyant sur des charpentes bien solides et des trames acides qui se montrent avec beaucoup de netteté au moment de la finale…peut-être une des caractéristiques les plus évidentes de ces cuvées où le cépage tempranillo règne en maître.

 

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Lopez de Heredia-Vinia Tondonia – Reserva 1993 : le nez est complexe, évolutif et très raffiné, la bouche est splendide avec une structure sphérique, ample et un profil aromatique très distingué où de discrètes notes oxydatives agrémentent la longue finale.
Véritable rareté issue de cette région où les rouges dominent largement, ce blanc élevé durant 6 ans en barriques et vieilli 10 ans en bouteilles avant d’être commercialisé, a d’abord surpris tout le monde par sa personnalité tout à fait originale…mais à la deuxième gorgée il s’est imposé comme l’un des meilleurs vins de la soirée…SUPERBE !

 

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Pour conclure :

- De toutes mes visites gustatives dans des vignobles étrangers c’est toujours du côté de l’Espagne que je trouve le plus facilement des vins qui me parlent et cette série du jour a bien évidemment confirmé cette tendance. Fan absolu de l’élégance des grands Bourgognes, je ne déteste pas me frotter aux matières plus généreuses des rouges du sud, à condition qu’elles reposent sur des structures équilibrées : ces vins rouges de la Rioja dégustés ce soir, correspondent tout à fait à cette exigence…j’ai passé une bonne soirée en leur compagnie !

- Assise sur une histoire millénaire, la culture viticole de la Rioja est assez proche de la nôtre : certes les vieilles exploitations familiales ont souvent des dimensions qui dépassent de loin celles de nos domaines français mais on y parle terroir, climat, pédologie et, même si les procédés de vinification et d’élevage ne sont pas aussi réglementés qu’en France, on a senti au fond de chaque bouteille une vraie recherche d’excellence.

- Pour les coups de cœur, je choisirai en premier lieu le remarquable blanc 93 qui a terminé cette série en apothéose suivi de la cuvée Crianza 2005 - Seniorio de P. Pecina, peut-être la seule bouteille de cette série de vins rouges qui avait atteint sa maturité optimale en nous régalant par sa richesse et son équilibre.

- Pour être complet, il faut également relever l’excellent rapport Q/P offert par la plupart des crus de cette région…en ces temps de crise, c’est un élément qui a son importance !

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

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