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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 18:00


Cette troisième réunion 2013 de notre club A.O.C. se situe dans la continuité de la précédente en proposant la dégustation de la production d’un domaine du sud de la France et la découverte d’un vignoble étranger à travers quelques flacons emblématiques.
Ce soir, les 13 convives sont invités à se régaler (ou non…) avec 16 flacons choisis pour illustrer les deux thèmes suivants :

1. Les vins d’Ardèche selon Jérôme Mazel

2. Les grands vins blancs autrichiens.

Suite à la présentation d’une cuvée du domaine Mazel lors d’une session A.O.C. consacrée aux rouges d’Ardèche, certains membres ont émis le souhait d’approfondir la visite gustative de la production de ce petit domaine de Pradons. J’ai donc profité de mon séjour estival en Ardèche pour préparer une série presque exhaustive des vins estampillés Jérôme Mazel.
Après une série de vins rouges autrichiens proposée lors d’une autre réunion A.O.C., il m’a semblé nécessaire de compléter la visite de ce pays viticole assez méconnu (surtout en France d’ailleurs…) par la dégustation de quelques pépites blanches nées sur les rives du Danube. Mon récent séjour en Autriche m’a permis de passer chez un grand caviste (Vinoribis à Kampl près d’Innsbruck) pour acheter une sélection de bouteilles suivant les précieux conseils de François, notre spécialiste en vins étrangers.

 

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Le repaire A.O.C. est prêt pour la soirée…

 

Les blancs ont été débouchés juste avant la dégustation et servis 2 par 2.
Les rouges ont été débouchés, carafés et remis en bouteille le matin et servis 2 par 2 le soir.
Les vins des deux séries sont dégustés bouteilles découvertes.

Verres Spiegelau Expert
 

 

 

Soirée Club AOC du 8 mars 2013 à La Wantzenau


Petite bulle préliminaire : Crémant Millésime 2003 – Domaine Bohn à Reichsfeld

 

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Ce crémant qui a passé 9 années sur lattes développe une palette incroyablement complexe qui allie une fine touche oxydative avec des notes de fruits jaunes bien mûrs, de fleurs de printemps, d’épices douces…en bouche la mousse est fine et crémeuse, la matière très vineuse soutient un sillage aromatique très persistant.


Thème 1 : les belles cuvées ardéchoises de Jérôme


Ribambelle 2011 : le nez est net mais assez discret, la bouche est très aérienne et bien glissante avec un fruit un peu plus expressif, la finale est délicatement acidulée.
(13° - assemblage de cépages locaux)
Nature 2011 : à l’ouverture le nez est très marqué par de puissantes notes de zan et par une touche végétale qui manque d’élégance, la bouche est bien équilibrée, le fruit se montre très timidement mais l’aromatique manque quand même de netteté, la finale est marquée par une amertume un peu trop prononcée.
(13°5 – assemblage de cépages locaux – travaillé sans SO2)

 

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La cuvée de rosé qui a arrosé copieusement nos agapes estivales 2012 a fait preuve de beaucoup de retenue ce soir : le vin est agréable, bien fait, gouleyant à souhait mais le fruité est resté beaucoup trop discret à mon goût.
Comme on pouvait s’y attendre, le vin « expérimental » de Jérôme n’a pas manqué de susciter la polémique mais il faut reconnaitre qu’il s’est montré peu à son avantage à l’ouverture. C’est le seul rouge que je n’avais pas ouvert le matin…erreur fatale, car après deux heures de carafe ce vin a vraiment pris son envol en exprimant un fruit très gourmand et en flattant le palais avec sa texture juteuse et détendue. Dommage pour ceux qui n’ont pas pris le temps de regoûter !

 

 

Cœur de Pierre 2011 : le nez s’ouvre sur des notes un peu alcooleuses avant de laisser apparaître de jolis arômes de petits fruits rouges, la bouche est assez riche mais garde une fraîcheur agréable, la fine trame tannique et une acidité bien fraîche portent la structure avec beaucoup d’aisance.
(14°5 – assemblage grenache-merlot)
Magie Noire 2011 : le nez très élégant allie des notes de torréfaction avec une palette fruitée discrète (fruits noirs, mûre, myrtille), la matière est riche et dense avec un toucher très grenu mais l’équilibre reste très gourmand, la finale est longue, fruitée et légèrement épicée.
(14° – 100% syrah)

 

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Ces deux rouges de 2011 se caractérisent par des matières assez dodues soutenues par de belles trames tanniques. Cœur de Pierre est encore un poil marqué par l’alcool mais la cuvée 100¨% syrah est pleinement réussie.
Déjà repérée pour sa belle tenue lors de notre dégustation estivale, la Magie Noire 2011 du domaine Mazel nous a véritablement ensorcelés ce soir.

 

 

Cœur de Pierre 2010 : le nez est intense et s’ouvre sur quelques notes de vernis avant de partir sur une belle palette fruitée, en bouche la chair est généreuse et gourmande, la charpente est solide et la finale encore un peu chaleureuse laisse s’épanouir un très beau fruité.
(14°5 – assemblage grenache-merlot).
Corps et Ame 2010 : le nez est puissant avec une palette complexe sur les fruits noirs, la feuille de cassis et les épices, en bouche l’équilibre est frais et tonique, la matière tannique est fine mais présente, la finale délicatement épicée est très franche et d’une belle fraîcheur
(14° – assemblage grenache-syrah).

 

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Avec un an de vieillissement supplémentaire et un millésime un peu plus frais, Cœur de Pierre commence à montrer sa vraie personnalité mais on sent qu’un peu de garde supplémentaire lui permettra de trouver une patine encore plus élégante.
J’avoue que je n’apprécie pas toujours la cuvée Corps et Ame lorsque je la déguste au domaine mais ce soir de nombreux dégustateurs ont été séduits par la finesse de l’aromatique et la fraîcheur de ce vin.


Alter Ego 2010 : le nez s’exprime avec retenue et distinction sur la croûte de pain, les fruits blancs avant de développer de très belles notes florales (après oxygénation), en bouche la matière est concentrée mais bien équilibrée, l’équilibre est vif et la finale légèrement marquée par le bois reste cependant très digeste.
(14° - 100% chardonnay)
Odyssée 2011 : le nez est étonnamment discret avec une palette classique sur l’abricot et les fleurs (violette, mauve), la bouche est très aérienne  avec une matière fine et bien glissante mais la finale montre déjà des signes de faiblesse…courte et fluette.
(14° - 100% viognier)

 

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Avec les deux blancs secs du domaine (Jérôme Mazel produit encore un viognier moelleux que je n’ai pas inclus dans cette série), c’est de nouveau le monde à l’envers pour moi : le chardonnay que je trouve trop gras et trop boisé en été se présente ce soir avec un équilibre fin et subtil qui me convient parfaitement alors que le viognier très explosif sous le soleil de juillet fait un peu grise mine dans l’hiver alsacien…Etonnant !

 

 

Pour conclure :

- Après les vins provençaux de janvier et ceux du pays des Dentelles en février cette série ardéchoise marque notre troisième incursion successive dans les vignobles sudistes…autant dire que certains palais locaux habitués à des breuvages tranchants comme des lames ont été mis à rude épreuve.
Mais les braves du club A.O.C. n’ont peur de rien !

- Jérôme Mazel fait partie de ces jeunes vignerons ardéchois qui ont fait le choix courageux de l’exigence qualitative dans la conception de leurs cuvées. Il a sélectionné les plus belles parcelles sur les hauteurs de Pradons pour les travailler avec un soin particulier afin qu’elles expriment au mieux leur potentiel. Découverts il y a quelques années, grâce aux conseils éclairés d’un ami œnophile de Vallon Pont d’Arc, les vins du domaine Mazel évoluent année après année en gagnant finesse et précision notamment au niveau des élevages. A suivre bien évidemment !

- Les vins rouges de ce soir se caractérisent par des trames tanniques présentes mais un peu moins sauvages que celles des provençaux de janvier, par une richesse évidente des jus mais sans cette chaleur excessive ressentie sur les cuvées des Beaumes de Venise de février.
Seule la cuvée nature n’a pas été appréciée à sa juste valeur…faute de préparation adéquate. Une fois de plus, mea culpa : plus que tout autre, ce vin aurait du être carafé.
Même s’ils ont un peu dérouté les dégustateurs qui connaissaient un peu les vins de Jérôme, les blancs ont été appréciés pour leur côté léger et facile d’accès.

- Le coup de cœur revient à Magie Noire 2011, réussite majeure sur ce millésime. Bravo Jérôme !

 

 

 

 

Thème 2 : au bord du Danube valsent de jolis vins blancs


Cette série de blancs nous emmène en Basse-Autriche, dans une grande région viticole située à l’ouest de Vienne sur les rives du Danube. C’est dans ce vignoble que les cépages Grüner Veltliner et Riesling engendrent de très grands vins blancs grâce au travail de quelques domaines mondialement connus et reconnus.
Notre voyage gustatif nous emmènera principalement dans la sous-région de Wachau où sont conçues quelques unes des références les plus prestigieuses du pays.

 

Scan

C’est plus simple avec une carte et des couleurs…

 

La première paire de vins est issue du cépage emblématique de l’Autriche, le Grüner Veltliner qui occupe un bon tiers de la surface viticole du pays.
Dans le Wachau les vins sont classifiés en fonction de leur degré alcoolique et de leur grammage en sucre résiduel. On distingue 3 catégories :
- les Steinfelder : vin léger et sec titrant autour de 11° d’alcool
- les Federspiel : vin sec titrant autour de 12°5 d’alcool et avec moins de 4 g/l de SR.
- les Smaragd : vin sec titrant 13° et plus d’alcool et avec moins de 8 g/l de SR.

Gruner Veltliner Donaugarten Steinfelder 2010 – Weingut F. Hirtzberger à Spitz : le nez est ouvert et très expressif sur les fruits bien mûrs (agrumes, ananas, fraise des bois…) avec une petite touche vanillée, la bouche est très gourmande avec un léger perlant qui apporte du tonus à une matière juteuse et fruitée, la finale est assez courte mais très digeste.
Gruner Veltliner Loibenberg Federspiel 2010 – Domäne Wachau à Dürnstein : le nez est frais et bien aromatique sur les agrumes (citron, pomelo), la bouche est vive et pointue avec un joli développement aromatique sur les zestes d’agrumes, la finale est légère mais très franche avec une discrète touche épicée.

 

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Le Steinfelder, issu d’une vigne trentenaire située au bord du fleuve sur un terroir alluvionnaire (« Donaugarten » se traduit par « Jardin du Danube ») est un régal de fraîcheur et de fruit. Le Federspiel qui provient de vignes situées en altitude (420 m) sur un terroir de gneiss, mica, loess et argile montre une personnalité plus raffinée et plus racée tout en restant très accessible.
En tous cas voilà une série qui commence bien !


Pour la seconde paire de vins nous retrouvons avec plaisir un cépage familier, « notre » Riesling, sur le dernier millésime mais originaire de deux sous-régions distinctes mais voisines : Wachau et Kamptal.

Riesling 1000-Eimer-Berg Federspiel 2011 – Domäne Wachau à Dürnstein : le nez est élégant, citronné et finement floral, la bouche possède une silhouette svelte, l’aromatique s’épanouit avec de belles notes de fruits à noyau, l’acidité est fine mais bien présente, la finale est d’une jolie fraîcheur mais souffre d’un léger manque de profondeur.
Riesling Heiligenstein Erste Lage 2011 – Weingut P. Dolle à Strass im Strassertale : le nez possède révèle une palette très classique sur la fleur d’oranger et les zestes d’agrumes complétées par des notes pierreuses, la bouche est ample, dense et très charnue, l’acidité est noble et mûre et la longueur finale est considérable.

 

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Le riesling de Wachau qui vient d’un coteau très pentu et pierreux (gneiss) flatte les sens par sa palette gourmande et son côté avenant en bouche, celui du Kamptal est nettement plus minéral et plus profond…peut-être plus proche d’un riesling alsacien. En tous cas, malgré une vraie différence de style ces deux vins se caractérisent surtout par leur excellent niveau qualitatif. Sehr schön !!!

 

 

Les deux derniers couples seront mixtes : un Grüner Veltliner face à un Riesling.

Gruner Veltliner Hohenberg 2011 – Weingut J. Ehmoser à Tiefental : le nez fin et délicat propose une palette complexe sur les fruits blancs et les fleurs, la bouche est élégante et racée avec une balance parfaite entre richesse (14°- 4,5 g/l de SR) et acidité (5,4 g/l), la finale est longuement aromatique et finement épicée.
Riesling Ried-Loibenberg Federspiel Lage 2011 – Weingut E. Knoll à Unterloiben : très nez est plus riche et bien mûr avec des notes d’agrumes, de fruits exotiques et de citronnelle, la bouche est puissante avec une matière dense et une acidité souple mais très profonde, la finale est longue, saline et légèrement fumée.

 

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Issus tous deux du millésime 2011 ces deux vins assument avec beaucoup de classe leur côté très généreux mais les équilibres sont absolument sublimes et leurs potentiels d’évolution sont incontestables. Absolument superbes !
Le Grüner Veltliner provient de la sous-région de Wagram située à l’est du Kamptal. Récolté sur une parcelle de vignes de 35 ans sur un terroir de loess avec un rendement de 40hl/ha, ce vin blanc a fait l’unanimité autour de la table.
Avec son étiquette improbable la cuvée de la maison Knoll a également été plébiscitée : originaire de la sous-région de Wachau, ce vin nous fait entrer dans le monde des très grands rieslings. Double MIAM géant !

 


Gruner Veltliner Urgestein Terrassen Smaragd 2008 – Weingut F.X. Pichler à Oberloiben : après quelques notes de réduction à l’ouverture, la palette olfactive se déploie tout en finesse avec des notes citronnées, fumées et légèrement tourbées, la bouche est splendide avec une silhouette svelte et déliée, un équilibre évident et une texture soyeuse et bien glissante, la finale très franche est longuement aromatique.
Riesling Kellerberg Smaragd 2011 – Weingut F.X. Pichler à Oberloiben : le nez est riche, mûr et très complexe avec des arômes de citron confit, ananas, d’épices douces sur un fond légèrement minéral, la bouche est ample, profonde avec un équilibre généreux et une aromatique qui envahit le palais pour le monopoliser pendant de longues minutes, la finale est énorme avec des notes fruitées et finement iodées.

 

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Cette série se termine en apothéose avec ces deux cartouches de très gros calibre issues de la production de la maison Pichler, domaine désigné comme étant le meilleur d’Autriche par Robert Parker…rien que ça !
Sur des parcelles très caillouteuses (granit, gneiss et schistes), celui que les œnophiles locaux appellent simplement « Ef-ix », réalise des cuvées exceptionnelles avec une régularité de métronome.
Dégusté dans sa prime jeunesse le riesling nous a bluffés par sa puissance et sa classe alors que le Grüner Veltliner nous a donné une petite idée de la personnalité racée et minérale que le vieillissement révélait sur les vins issus de ce cépage.
Très grande émotion !

 


Pour conclure :

- Après un premier contact réalisé lors d’une session AOC et la découverte du domaine Pichler avec le sommelier de notre hôtel de la vallée du Stubaï, cette session consacrée aux grands vins blancs autrichiens a confirmé qu’on trouve des vins d’exception en Autriche.
Ce constat est moins surprenant lorsqu’on sait que l’histoire de la viticulture autrichienne est au moins aussi ancienne que celle de notre pays : les Celtes avaient introduit la vigne en Autriche bien avant l’arrivée des Romains, Charlemagne lui-même s’est intéressé à ces vins en édictant une règlementation spécifique pour la viticulture et en 1526 on produisait déjà des Trockenbeerenauslesen dans ce pays…

- La Basse Autriche est une terre bénite pour les cépages blancs comme le Grüner Veltliner ou le Riesling et les villages qui bordent les méandres danubiens regorgent de domaines viticoles dont la réputation a déjà largement dépassé les frontières nationales…mais c’est vrai que ces vins peinent à pénétrer le marché hexagonal et sont donc assez méconnus par la sphère œnophile française.

 

header domaene wachau

Paysage viticole du Wachau…joli non !
 

- la série de 8 flacons a marqué les esprits par leur grande homogénéité qualitative : des vins équilibrés, purs et souvent très gourmands qui témoignent d’une maîtrise technique de très haut niveau à la vigne et dans la cave…vivement les prochaines vacances de ski que je refasse le plein !

- Pour le coup de cœur, je mettrai hors concours les deux cuvées de Pichler, excellentissimes mais avec rapport Q/P pas très avantageux du fait de leur tarif très élevé (23 euros le GV 2008 et 53 euros le R 2011)…l’effet Parker sans doute !
Par contre, le Grüner Veltliner 2011 d’Ehmoser à 10,80 euros est un véritable cadeau et le Riesling 2011 de Knoll à 17,80 mérite de garnir les rayonnages de la cave de tout amateur de grands vins blancs secs (malgré l’étiquette… !).

- Evidemment, nous n’en resterons pas là…car dès la fin de la réunion, l’idée d’un prochain thème à vu le jour : match de riesling Alsace/Autriche…rendez-vous en 2014 !

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Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

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J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

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