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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 14:38



Le dernier bouchon de champagne des festivités de fin d’année a sauté il y a moins d’une semaine et déjà notre club A.O.C. reprend ses activités oenophiliques avec un programme assez ambitieux. Espérons que les palais de nos dégustateurs seront frais et dispos pour apprécier pleinement les deux séries de bouteilles collectées pour illustrer les thèmes suivants :

- Thème 1 : suite bourguignonne en rouge majeur.
- Thème 2 : variations alsaciennes monochromatiques.


J’ai accepté la difficile mission de trouver des belles quilles bourguignonnes à maturité pour taster un peu ce que cette région peut nous offrir de mieux.
Eric le rieslingomane militant s’est chargé de nous composer une série de blancs alsaciens pour nous surprendre…agréablement je l’espère.

Les vins de la première série sont servis cachés, 2 par 2 puis 1 par 1 pour les 3 dernières bouteilles.
Les vins de la seconde série sont cachés et servis 2 par 2.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 6 janvier 2012 à La Wantzenau



Thème 1 : suite bourguignonne en rouge majeur…harmonie et dissonances.



Morey Saint Denis Le Village 2008 – H. Murat à Concoeur : le nez est discret avec de subtiles notes florales, la bouche attaque sur la rondeur et la soie mais la matière reste très légère et la finale déçoit par son austérité peu agréable.
Santenay 1° Cru Clos de la Comme 2008 – D. Clair à Santenay : le nez reste discret mais offre de beaux arômes de fruits noirs, en bouche la texture est charnue avec une belle mâche et la finale séduit par sa fraicheur acidulée très tonique.
Le Morey en très petite forme a franchement déçu : peu aromatique avec une structure bien fluette, ce vin a dérouté les dégustateurs dont quelques uns connaissaient le domaine depuis plusieurs années.
Le Santenay 1° Cru a bien mieux tenu son rang avec une matière plus charnue et un potentiel d’évolution évident.
1-0 pour le Côte de Beaune…étonnant non ?

 

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Gevrey Chambertin 2003 – A. Guyard à Marsannay : le nez est d’intensité moyenne avec des notes de prune mûre et quelques nuances plus évoluées, la bouche est fine avec une petite rondeur très élégante, la finale de longueur moyenne livre quelques belles notes minérales.
Pommard Les Noizons 2003 – D. Carre à Meloisey : le nez est expressif, un peu confit, on y reconnait la mûres et les épices, après une attaque bien pointue, la bouche révèle un joli volume et une densité considérable, la finale longue et bien aromatique laisse un sillage finement poivré.
Voilà deux vins issus du caniculaire millésime 2003 qui se montrent encore très alertes avec une belle palette olfactive et un équilibre agréable et encore assez tonique en bouche. Le supplément de densité du pommard par rapport au gevrey me fait pencher une fois de plus vers la Côte de Beaune dans mes préférences

 

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Corton Bressandes 1998 – J.R. Nudant à Ladoix Serrigny : le nez est peu intense et marqué par des notes de sous-bois, terreuse et végétales, la bouche est dense avec une matière concentrée mais au toucher un peu revêche, la finale est sèche et végétale.
Dégusté il y a quelques années ce vin m’avait semblé peu en place et demandait peut-être encore un peu de garde…aujourd’hui le verdict est différent : l’analyse des sensations perçues me ferait plutôt diagnostiquer un cruel déficit de maturité. Décevant !

Echezeaux 1998 – D. Duband à Chevannes : le nez est complexe et raffiné sur les fruits rouges très mûrs et une touche de violette, la bouche est corsée et richement aromatique tout en gardant une belle vivacité en fond, la finale est très longue et laisse persister de belles notes de cerise burlat et de noyau.
Précis, racé mais très gourmand, ce Grand Cru semble avoir entamé sa phase de maturité optimale, tout en gardant une belle réserve pour durer encore…Très grande bouteille !

Mazis Chambertin 1997 – Harmand-Geoffroy à Gevrey Chambertin : le nez discret se déploie sur un registre tertiaire subtil et très agréable, la bouche semble beaucoup plus jeune avec une belle tonicité et des arômes fruités très distingués, la finale révèle une trame tannique fine et serrée et une acidité assez vive.
Même si l’olfaction trahit son âge, ce vin a gardé une bouche insolente de jeunesse. D’habitude je crains un peu les profils aromatiques trop évolués (je suis un peu « chocotte » avec les notes animales…) mais là je dois reconnaître que cette bouteille m’a particulièrement séduit…La classe !

 

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Pour conclure :

- le principe de cette petite dégustation bourguignonne consistait à associer un cru de la Côte de Beaune et un cru de la Côte de Nuits sur les mêmes millésimes avec une série qui remonte dans le temps pour terminer avec quelques belles pointures arrivées à maturité. Le choix des flacons ne fut pas chose aisée mais avec 4 bonnes surprises et 2 franches déceptions nous pouvons qualifier cette sélection de positive même si la magie n’a véritablement opéré qu’une seule fois !

- aujourd’hui, les rouges de 2008 ont montré un profil assez austère et difficile à approcher, les 2003 se sont révélés gourmands et équilibrés et la grande différence de niveau des deux Grands Crus de 1998 nous a rappelé que ce millésime fut assez compliqué en Bourgogne même sur les grands terroirs. Quant au 1997, invité de dernière minute, il a tenu vaillamment de rôle de cerise sur le gâteau…on aurait eu tort de s’en priver !

- Pour le coup de cœur aucune hésitation, l’Echezeaux 1998 s’impose sans hésitation mais je n’oublie pas la très belle surprise créee par le Pommard 2003, qui ne joue pas dans la même catégorie (de prix en l’occurrence) mais qui tient crânement sa place face aux Grands Crus.

 

 

 

Thème 2 : variations alsaciennes…sur 6 tons blancs.

 

 

Pinot Blanc Clos des Capucins 2008 – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est discret et précis, fruits blancs et notes pierreuses se partagent la palette, la bouche se montre nette et bien gourmande et la finale est fraîche et complexe avec des notes de pamplemousse et une touche minérale très affirmée.
Sylvaner Cuvée Hors la Loi 2002 – S. Landmann à Soultzmatt : le nez est intense et expressif sur le raisin sec et la pomme confite, la bouche est généreuse avec une palette révélant la surmaturité et le botrytis, le fruit est encore bien présent mais le caramel et la torréfaction (café) dominent la finale.
Les petits cépages alsaciens se montrent de façon complètement opposée dans ces deux cuvées : le vin de Seppi est hors norme à tous points de vue (même son prix d’ailleurs…) mais la vraie bonne surprise fut l’impeccable tenue du pinot blanc du Clos des Capucins. Superbe bouteille !

 

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Riesling G.C. Sommerberg 2007 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr : le nez est fin et bien guilleret avec une palette sur le citron et les fleurs blanches, en bouche l’attaque est vive et pointue mais le milieu montre une douceur très gourmande et la finale se prolonge sur des évocations minérales très nobles.
Auxerrois 2004 – Rolli-Gassmann à Rohrschwihr : le nez est pur mais pas très expansif avec un fruité discret, la bouche est plutôt ronde sans être trop volumineuse, l’équilibre reste très digeste et la finale livre un joli bouquet de notes florales.
J’ai reconnu tout de suite la patte de Claude Weinzorn sur le premier vin mais j’aurai parié sur un Brand, trompé par la finesse et la distinction qu’à montré cette bouteille ce soir. L’auxerrois a été le vin surprenant de la série : j’ai largement préféré le riesling mais cette cuvée d’entrée de gamme n’a absolument pas démérité…dans un millésime très difficile les Rolli-Gassmann un réussi un vin simple mais vraiment bon. Chapeau !

 

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Pinot gris Le Maréchal 2008 – F. Schmitt à Orschwihr : le nez est intense et complexe sur les fruits jaunes et les épices douces avec quelques notes boisées et mentholées, la bouche est généreuse, le gras est sensible et le milieu révèle une touche moelleuse bien intégrée, la finale est longue et de grande tenue.
Gewurztraminer G.C Osterberg V.T. 2006 – L. Sipp à Ribeauvillé : le nez est fin et précis sur la rose et la guimauve, la bouche est très riche avec une texture épaisse, presque huileuse et un volume tout en largeur, la finale est longue, très aromatique mais peut-être un peu monolithique.
Les deux cuvées plus baroques de cette série jouent leur partition sans fausse note : les matières sont concentrées et les équilibres tenus avec aplomb malgré une grande richesse. Le pinot gris, que j’ai découvert cette année lors de mes visites au domaine, a pris une patine de toute beauté et a trouvé une harmonie que je ne lui connaissais pas jusqu’ici. Le gewurztraminer possède un moelleux de très belle facture mais qui reste encore très dominant…un vin qui a surement encore besoin de quelques années d’affinage en cave.


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Pour conclure :

- cette série proposant 6 vins aux styles très différents a tenu ses promesses en livrant son lot de vraies « surprises » : une fois de plus l’incroyable diversité des vins d’Alsace a étonné les dégustateurs présents.

- avec des variables comme les cépages, les terroirs, les millésimes et les différentes méthodes de vinification on n’est pas prêt à sombrer dans l’uniformité dans la production viticole alsacienne. Ces six bouteilles nous ont proposé un tout petit aperçu du champ des possibles tout en montrant un très haut niveau d’exigence qualitative.
Voilà un thème que je reprogrammerais bien pour la saison suivante !

- difficile d’isoler un coup de cœur dans cette sélection où la hiérarchisation des cuvées est rendue très difficile par la grande variété des bouteilles présentées. Néanmoins, j’ai envie de mettre en avant ma préférence très « affective » pour le riesling de Claude Weinzorn et pourquoi pas pour le pinot gris de Frédéric Schmitt qui ouvre une voie nouvelle et originale dans la conception des vins d’Alsace…

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commentaires

EricL 18/01/2012 17:50

Merci pour le CR car je n'ai pas pu assister à la dégustation de ces vins que j'avais préparés avec passion pour ce thème "surprise"...

En effet j'ai voulu mettre en avant la surprise et l'incroyable diversité de la production alsacienne de qualité, le tout en 6 bouteilles (avec le Sylvaner qu'à apporté Guy c'était parfait), sans
pour autant taper de trop dans les top-domaines comme Weinbach.

Nous ne manquons pas de vins surprenants, excellents et en Alsace, on n'est vraiment pas obligé d'aller verser dans les déviances des vins nature-écroulés-oxydés pour les bobos pour surprendre tout
en se faisant réellement plaisir

Présentation

  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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