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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 17:04

 

 

 

A peine une semaine après les festivités de fin d’année nous voilà à nouveau réunis pour célébrer la dive bouteille… pas de répit pour les braves du club AOC !

Le club restructuré comprend maintenant 10 membres permanents dont 9 sont présents ce soir pour étudier les 2 thèmes choisis :


- Thème 1 : 6 rieslings 2005 – retour sur un grand millésime
- Thème 2 : 7 beaujolais 2009 – un premier voyage parmi quelques crus réputés

Les vins de la première série ont été débouchés une heure avant la dégustation et sont servis 2 par 2, bouteilles cachées.
Les vins de la deuxième série sont également servis à l’aveugle.

Verres INAO.

Soirée Club AOC du 8 janvier 2010 à La Wantzenau



Thème 1 : retour sur des rieslings 2005


Riesling Muhlforst – V. Stoeffler à Barr : le nez est discret et très mûr avec des notes de citron, de verveine, légèrement biscuitées, la bouche est charnue, ronde et gourmande, une acidité bien large s’impose et se conjugue à une belle salinité pour offrir une finale fraîche et salivante.
Vincent Stoeffler a son domaine viticole à Barr mais exploite quelques belles parcelles de vignes à Ribeauvillé, comme le Muhlforst. Ce terroir marno-calcaire a généré un beau riesling de terroir qui a profité de ces quelques années de garde pour gagner en complexité et en minéralité.

Riesling Brandluft – Rietsch à Mittelbergheim : le nez est vraiment bizarre sur des agrumes très (trop) mûrs, des notes végétales d’humus et de sous-bois, du poivre blanc…, la bouche est dans la même ligne, une acidité pointue, pas mal d’amertume, un milieu de bouche un peu aqueux et une finale très poivrée.
Même s’il montrait déjà une personnalité originale, ce riesling issu d’un terroir argilo-calcaire, se tenait plutôt correctement il y a deux ans…aujourd’hui ce vin a raté son examen de passage : problème de bouteille ou vraiment trop évolué, en tous cas très peu de plaisir à la dégustation, dommage !

Riesling Grand Cru Rosacker – Sipp-Mack à Hunawihr : le nez est assez discret mais très fin, on y sent de belles notes florales et une certaine maturité, la bouche est ronde, agréablement aromatique, le manque de tension qui marque le milieu de bouche est rapidement rattrapé par une finale bien longue, saline agrémentée de nuances épicées et légèrement fumées.
Un petit excès de richesse donne l’impression d’un milieu de bouche un peu trop mou mais la qualité des arômes et le retour minéral en finale compensent largement cette petite faiblesse…un bien beau riesling au bout du compte !

Riesling Jubilée Hugel - Hugel à Riquewihr : le nez est discret sur les fleurs et les herbes aromatiques, la vivacité en bouche donne un équilibre viril voire rustique à la l’ensemble mais la finale est belle et racée, avec une salinité qui signe sans conteste une noble origine.
Issu du GC Schoenenbourg ce vin pur mais sans grande fantaisie est à réserver aux adeptes de rieslings droits et austères…trop monolithique pour moi !

Riesling Grand Cru Engelberg – Pfister à Dahlenheim : le nez est superbe de finesse et de complexité, citron mûr, fleurs blanches avec des notes biscuitées et poudrées…la gamme aromatique est impressionnante, la bouche n’est pas en reste avec son acidité citronnée bien droite, ses nuances d’herbes aromatiques et sa belle salinité finale.
Un riesling exceptionnel à maturité…quand on arrive à saisir cet instant la magie opère et le moment est inoubliable. Une grande réussite !

Riesling Steinacker – L. Sipp à Ribeauvillé : le nez est pur et fin avec de subtiles notes d’agrumes frais, d’herbes aromatiques et de miel, la bouche possède une structure souple mais bien, la finale est fraîche et délicatement saline.
Issu d’une parcelle très caillouteuse ce riesling n’a pas du tout démérité face au précédent…le signe évident qu’il y a encore bien des terroirs prestigieux à mettre en valeur dans notre région.


 Photo 002-copie-3
La série de rieslings 2005 dans l’ordre de dégustation.



Pour conclure :

- comme j’ai déjà pu le vérifier au cours des derniers mois avec quelques 2005 qui m’ont fait une très belle impression, les crus alsaciens de ce millésime semblent parfaitement épanouis en ce moment. Les vins ont vraiment gagné en expressivité et en qualité de structure depuis la première dégustation sur ce thème il y a 2 ans.

 - La seule fausse note de la série a été jouée par le riesling Brandluft : le mystère autour de cette cuvée s’est encore un peu épaissi avec ce flacon…je vais aller me renseigner auprès de son concepteur pour trouver les clés et comprendre…peut-être ?

- Pour ce qui est du coup de cœur personnel, ce sera sans hésiter l’Engelberg de Pfister : ce vin qui a séduit l’assemblée (c’est rassurant !), m’a particulièrement impressionné par la richesse de sa palette aromatique et par la perfection de sa structure…Chapeau !




Thème 2 : premiers pas parmi les crus du Beaujolais.



Brouilly 2009 – Château Thivin à Odenas : le nez est ouvert et expressif, avec des fruits rouges bien mûrs, la bouche est avenante, de la chair, de la souplesse et une légère rondeur, la finale n’est pas très longue mais sa délicate touche acidulée rend ce vin vraiment gouleyant.
Un Bojo vraiment archétypique qui appelle le saucisson, les rillettes, le pain de campagne et la tablée de copains...un Brouilly qui exprime l’esprit guilleret du gamay comme nulle part ailleurs : flatteur, coulant, d’une amicale simplicité…j’aime !

Côte de Brouilly Clos Bertrand 2009 – Chateau Thivin à Odenas : le nez est un peu mystérieux, un peu réduit à l’ouverture puis discrètement floral (violette) et réglissé, avec quelques notes plus minérales (glaise humide), la bouche est corpulente, la matière est dense et les tannins fins tapissent le palais mais l’équilibre reste bien frais, la finale est longue et délicatement poivrée.
Ce cru dégusté en parallèle avec le précédent montre la puissance du terroir du Mont Brouilly : conçus par le même vigneron et d’appellations voisines ces deux vins n’ont que très peu de points communs sur le plan gustatif. Le Clos Bertrand provient de parcelles situées autour du domaine (partie basse du Mont Brouilly), il est encore très jeune mais sa concentration et sa texture pleine de sève et de soie lui garantissent un bel avenir et des perspectives de jolis accords gastronomiques.

Juliénas Les Crots 2009 – P. Aufranc à Chénas : le nez est discret sur les fruits rouges et la pêche mûre, la bouche possède un équilibre léger et acidulé avec une fine trame tannique et une finale bien longue.
Un Juliénas agréable à déguster sur le fruit dont la svelte silhouette peut faire oublier le millésime…il me semble cependant que ce vin manque un peu de densité pour un cru.

Beaujolais Villages Domaine des Vignes des Jumeaux 2009 – P. Janin à Romanèche : le nez est assez fermé, légèrement réduit à l’ouverture il développe progressivement une palette complexe de fruits noirs (surtout cassis) et de moka, la bouche est opulente et charnue, avec une finale réglissée et fumée, légèrement marquée par l’alcool.
La vigne des Jumeaux est une parcelle située derrière la maison des Janin sur la commune de Romanèche, en 2009 elle a produit un vin atypique par son expression aromatique et sa puissance…un vin qui tient largement sa place parmi au milieu d’une série de crus.

Moulin à Vent Les Thorins 2009 – L. Lardy à Fleurie : le nez discret, un peu végétal à l’ouverture (feuille de cassis) il développe de belles notes de fleurs après aération, la bouche présente une texture soyeuse qui rend le toucher de bouche très agréable, l’équilibre reste léger et aérien, la finale est acidulée et peut-être un peu sèche.
Un Moulin à Vent plutôt sur la dentelle dont la personnalité plus sensible a un peu été écrasée par la générosité exubérante du Morgon auquel il avait été associé…A regoûter avec un partenaire plus conciliant !

Morgon Javernières 2009 – J.M. Burgaud à Morgon : le nez possède la finesse te la classe des grands vins, les fruits noirs, la griotte, quelques épices et une petite touche boisée, la bouche est énorme de concentration, matière généreuse et charnue, trame tannique fine et longue avec une finale qui dure mais dont le caractère légèrement acidulé laisse une jolie sensation de fraîcheur.
Ce Morgon plein d’énergie et de fougue a subjugué l’assemblée par sa grande classe… sur ce lieu-dit situé dans la partie basse de la célèbre Côte du Py, Jean-Marc Burgaud a réussi un vin d’anthologie en 2009. Bravo !

Fleurie Vieilles Vignes 2007 – A. Chambard à Emeringes : le nez est fin, complexe offrant des senteurs florales et quelques notes d’épices raffinées, la bouche est parfaitement équilibrée, gourmande, élégante, profondément aromatique, la finale est longue et bien fraîche.
Une erreur de casting dans une série de 2009 (suite à une erreur d’expédition) bien vite oubliée tant la qualité de ce Fleurie était irréprochable.
Rencontre avec un très beau vin et petit aperçu des possibilités d’évolution de ces crus…une bévue salutaire en quelque sorte !

 

Photo 004-copie-1


La série beaujolaise dans l’ordre de dégustation.


Pour conclure :

- je me suis réconcilié avec le beaujolais depuis le millésime 2007 et la rencontre avec certains grands vignerons cette région. L’immense millésime 2009 a renforcé encore un peu plus mes convictions sur les potentialités de cette région où j’ai commencé à apprendre le vin…il y a bien longtemps hélas !

- sur 2009 les crus du Beaujolais restent d’une approche facile malgré leur densité et leur caractère de vins de garde. J’aime beaucoup l’idée qu’un grand vin puisse se livrer avec simplicité à tous les âges. Ce soir nous étions en présence d’un certain nombre de flacons dont la dégustation appelait plutôt le second verre que le commentaire alambiqué…c’est vous dire l’effort fourni par votre serviteur pour vous livrer ces quelques impressions !

- Pour les coups de cœur : le Fleurie qui a gagné en trichant sur son âge…mais ça n’enlève rien à sa grande qualité et le Morgon de Burgaud qui a montré un niveau et un potentiel hors norme.

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commentaires

Hub 18/01/2011 22:07


Deux belles dégustations, bravo.

Pour ma part j'apprécie beaucoup le domaine Stoeffler, tout particulièrement leurs différents Riesling (sans parler du pinot noir XXC, que certains, que je suivrais volontiers, qualifient ni plus
ni moins de "meilleur vin rouge d'Alsace").

Passant au domaine cet été, j'y ai découvert leur Muhlforst "vielles vignes" 2004 (récolté en surmaturité). Un vin d'une densité et d'une richesse surprenante, qui fait l'unanimité auprès de tous
ceux à qui je l'ai fait gouter.


Présentation

  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
  • Contact

Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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