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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 10:38

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Pour cette dernière réunion A.O.C. avant les fêtes de fin d’années nous avons choisi d’associer les 2 thèmes suivants :
- Thème 1 : quelques vins rouges pour visiter le Roussillon.
- Thème 2 : quelques beaux liquoreux français.

Avec l’hiver qui s’installe progressivement en Alsace ces deux séries de vins tombent à pic pour nous apporter un peu de chaleur et de douceur.
Les rouges costauds et épicés du Roussillon nous feront peut-être oublier les innombrables foires au vin chaud qui vont se multiplier en Alsace durant le mois à venir et les liquoreux festifs et raffinés nous donneront un petit avant-goût des traditionnelles réjouissances de fin d’année.

C’est Lionel qui a coordonné la conception des deux séries secondé par François, toujours à l’affût de l’une ou l’autre opportunité pour dénicher des cuvées rares et originales.

Les vins du premier thème sont servis 2 par 2, bouteilles cachées ; ils sont dégustés et notés à l’aveugle.
Les vins du deuxième thème sont servis 1 à 1, cachés pour les premiers et découverts pour les 3 Sauternes.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 2 décembre 2011 à La Wantzenau



Thème 1 : fait-il chaud dans le Roussillon en hiver ?

 

 

Côtes du Roussillon Villages Mas Karolina 2006 – C. Bonville à Saint Paul de Fenouillet : le nez est d’abord fortement marqué par l’élevage (vanille, notes lactées et bois) avant de livrer quelques arômes de cerise à l’eau de vie, la bouche est puissante, tant au niveau de la structure que des saveurs qui peuvent devenir entêtantes (épices, cacao), la finale se prolonge avec une amertume très présente.
Côtes du Roussillon Villages Chimères 2008 – Château Saint Roch à Perpignan : le nez est intense et un peu « sauvage » (caoutchouc, animal) avec de petites notes de fruits noirs qui peinent à se faire sentir, la bouche possède un toucher gras et soyeux avec une matière bien équilibrée et une finale qui laisse apparaître des tanins un peu secs.
Ces deux vins possèdent des jus riches et concentrés qu’un élevage un peu trop voyant a peut-être affecté outre mesure…dommage car on y perçoit des matières gourmandes et pleines d’énergie.
On pourrait envisager quelques années de garde supplémentaires pour donner une patine plus douce à ces vins mais les sensations de sècheresse laissées en finale ne laissent pas trop d’espoir quant à leur potentiel d’évolution.


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Côtes du Roussillon La Passion d’une Vie 2003 – B. Magrez à Estagel : le nez est fin et élégant sur les fruits rouges bien mûrs, l’équilibre en bouche est frais et le fruité particulièrement agréable, la finale est assez longue mais un peu austère.
Vin de Pays des Côtes Catalanes Clos du Rouge Gorge-Jeunes Vignes 2009 – C. Phal à Latour de France : le nez est intense avec un profil « nature » très marqué, médicinal (camphre, calyptol) et un peu animal, l’attaque en bouche est légèrement perlante mais l’équilibre est frais et très aérien avec un registre aromatique qui se purifie et se complexifie pour finir sur de très belles notes florales et épicées.
Voilà un couple de vins qui font la part belle au carignan (cépage majoritaire dans les deux cuvées : plus de 40% pour le premier et plus de 80% pour le second) mais qui se différencient du tout au tout dans leur expression.
Il est évident que sur ces deux vins la marque de la patte du vigneron est profonde : le premier précis, élégant et facile d’accès, le second très revêche à priori mais qui dévoile au fur et à mesure une matière gourmande et une palette très raffinée.
Comme il fallait s’y attendre le vin de Bernard Magrez a largement remporté les suffrages dans ce duel face à la cuvée de Cyril Phal qui ne se présentait pas sous son meilleur jour aujourd’hui…dommage !

 

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Collioure Domaine Berta-Maillol 2008 – Banyuls sur Mer : le nez est discret mais très fin avec une palette subtile sur la rose et la cerise rouge, la bouche possède un équilibre frais et un très beau fruit (une texture presque « bourguignonne » en fait…), la finale est longue et aromatique avec des notes de cerise et de noyau.
Collioure Domaine Saint Sébastien 2007 – Banyuls sur Mer : le nez est expressif sur les fruits noirs et les épices, la présence en bouche rappelle nettement la cuvée Chimères dégustée précédemment, une belle tenue un peu gâchée par une finale trop austère.
Plus complets et mieux équilibrés que les quatre premiers vins, ces Collioure se sont présentés comme de parfaits séducteurs ce soir…Une jolie surprise et une invitation à connaître un peu mieux cette appellation dont je n’ai que très peu de souvenirs gustatifs.
Avec 2012 qui approche, voilà déjà ma première bonne résolution !

 

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Côtes du Roussillon Villages La Muntada 2003 – Domaine Gauby à Calce : le nez est fin et complexe sur la framboise mûre, les épices et quelques notes boisées très nobles, en bouche l’attaque est vive, le milieu bien équilibré développe une belle palette aromatique et révèle une trame tannique polie et racée, la finale est très longue et particulièrement complexe.
Mûr, équilibré avec une palette aromatique épanouie et une présence en bouche suave et gourmande…Superbe !!!!

 

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Pour conclure :

- c’est avec grand plaisir que j’ai renoué ce contact gustatif avec une région que je n’ai plus visitée depuis bien longtemps : ces vins solaires m’ont rappelé mes escapades familiales dans le Roussillon et m’ont donné une furieuse envie d’y retourner prochainement.

- les 6 vins dégustés ce soir nous ont donné un petit aperçu sur la diversité de la production du Roussillon : certes la générosité (parfois excessive) constitue un caractère commun aux cuvées de cette série, cependant chaque bouteille révèle une personnalité bien particulière.
Diversité des terroirs…probablement, marque spécifique de chaque vigneron…sûrement.

- Pour le coup de cœur aucune hésitation : la Muntada s’impose largement en écrasant la concurrence par une classe un peu hors norme…ceci dit, en temps de crise, son prix (également hors norme) peut dissuader l’amateur le plus motivé qui pourra se rabattre sur l’une ou l’autre cuvée de Collioure qui ont également marqué les esprits par leur personnalité vraiment attachante.



Thème 2 : heureux avec des liquoreux ?


Banyuls Blanc Domaine Berta-Maillol 2008 – Banyuls sur Mer : le nez est riche et intense sur la gelée de coing, le miel et les épices, la bouche s’ouvre sur un moelleux très sensible suivi d’une présence alcooleuse assez forte, la finale revient sur davantage de finesse avec un profil aromatique bien complexe.
Dégustée à l’aveugle, cette cuvée a rapidement été identifiée comme un vin muté et a été bien appréciée pour son beau registre aromatique et sa finale de grande classe.

Coteaux du Layon Beaulieu Château Pierre Bize-Les Rouannières 2004 – C. Papin à Beaulieu sur Layon : le nez s’ouvre sur des notes végétales peu agréables (champignon blanc, betterave) avant de livrer quelques discrets arômes miellés, en bouche, l’attaque est souple et le registre aromatique devient plus agréable avec de belles notes de pain d’épices et de miel, la finale rappelle les sensations végétales perçues au nez.
Le millésime marque fortement cette cuvée avec des arômes peu élégants qui prennent le dessus et qui font oublier que la matière première ne manque pas de charme. Peut-être un peu trop vieux…dommage !

Pinot Gris V.T. 1998 – L. Sipp à Ribeauvillé : le nez est discret sur le miel et le raisin sec, la bouche est agréable mais un peu simple, le registre aromatique reste bien fin, toujours sur le raisin sec, pour se complexifier en finale avec des notes de tabac blond et une fine amertume.
Ce pinot gris pur mais un peu simple a déçu les trois membres du club qui avaient bien mieux goûté ce vin au domaine Sipp il y a quelques jours…ceci dit, ne boudons pas notre plaisir, cette V.T. reste une belle bouteille même, si son apogée semble dépassé !

 

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Château Lafaurie Peyraguey 2007 - Bommes : le nez est superbe de gourmandise avec sa palette épanouie et complexe sur la mangue, le citron confit et les épices (vanille, girofle) soutenue par un boisé très subtil, la bouche possède un moelleux sensible équilibré par une acidité fine qui s’élargit au fur et à mesure pour tendre une très belle finale longue et puissamment aromatique.
Ce Sauternes de grande classe s’offre à nous avec facilité tout en gardant toute sa distinction…Excellent, tout simplement !

Château La Tour Blanche 2005 - Bommes : le nez est plus secret avec des nuances exotiques bien timides, la bouche possède une structure sphérique quasi-parfaite, assez massive mais équilibrée la matière est bien épanouie, la finale reste bien moelleuse et développe d’intenses arômes épicés.
Plus fondu mais moins exubérant au plan aromatique, ce vin se fait remarquer par sa structure en bouche qui sait rester élégante et distinguée malgré une richesse affirmée.

Château Yquem 1998 - Sauternes : le nez est discret mais évolue en permanence pour donner un récital aromatique d’une rare complexité, cire, acacia, pralin, épices douces, léger fumé, encens…, en bouche la texture est soyeuse, extrêmement concentrée avec un équilibre évident et une palette qui se développe encore un peu plus, l’exceptionnelle longueur aromatique de la finale ne laisse plus aucun doute sur la grandeur de ce vin.
Ce vin mythique se montre un peu réservé à l’ouverture mais progressivement, il exprime une personnalité d’une richesse et d’une complexité inouïes ; le retour vers les très belles cuvées goûtées juste avant livre un verdict sans appel : Yquem est au dessus à tous points de vue et à l’unanimité…un vin immense qui a pleinement justifié son rang ce soir !
 

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Pour conclure :

- Il est toujours difficile d’aborder un thème comme les liquoreux : ces vins riches et capiteux peuvent fatiguer rapidement des dégustateurs. Le choix de constituer deux triplettes avec les incontournables Sauternes d’un côté et quelques moelleux provenant d’autres régions françaises, nous a donné l’occasion d’apprécier pleinement et sans lassitude les 6 bouteilles sélectionnées par Lionel.

- La première série très diversifiée qui avait comme objectif premier de nous mettre en appétit n’a pas franchement démérité : le Banyuls comme transition avec le thème précédent nous a obligés à recalibrer notre palais pour pouvoir l’apprécier pleinement, le Layon 2004 de Papin et le Pinot Gris VT 98 de Sipp se sont montrés moins à leur avantage et ont déçu les dégustateurs qui connaissaient ces vins et qui les avaient déjà beaucoup mieux goûtés par le passé...dommage !

- Les 3 Sauternes se sont facilement imposés face à cette concurrence somme toute assez modeste et Yquem s’est vraiment comporté en leader incontesté de l’appellation : les attentes par rapport à ce vin étaient évidemment très fortes et pourtant personne n’a été déçu…voilà une rencontre qui a marqué chaque dégustateur présent.

- Enorme coup de cœur pour cette bouteille qui rentre dans mon classement personnel à la deuxième place après le grandiose 1986 et bien avant 99, 91 ou 87 goûtés au cours de ces dernières années.

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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