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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 09:14



Après un mois de février sans rencontre « officielle » la joyeuse confrérie des leveurs de coude du club A.O.C. se retrouve presque au complet dans leur repaire de La Wantzenau pour cette deuxième session 2012 consacrée à la découverte d’un couleur dans le vignoble ligérien et l’étude approfondie de la production d’une fratrie mâconnaise :

- Thème 1 : la Loire voit rouge
- Thème 2 : les trois frères du Mâconnais.

Pour la série des rouges de Loire, Lionel, amateur éclairé de ce style de vins, nous a proposé une série de bouteilles prélevées pour la plupart dans sa réserve personnelle, pour la série mâconnaise, j’ai profité de ma visite automnale dans la région pour demander à Jean-Guillaume Bret himself de nous préparer une Bret-box spéciale pour l’occasion.


Les vins de la première série sont servis à l’aveugle, 2 par 2.
Les vins de la seconde série sont servis 2 par 2, à l’aveugle mais millésime annoncé.


Verres INAO.


Soirée Club AOC du 16 mars 2012 à La Wantzenau

 


Thème 1 : nouvelle tentative pour comprendre l’esthétique des rouges de Loire...


Bourgueil Cuvée Prestige 2006 – Domaine Guion à Benais : le nez est franc, moyennement intense sur la framboise et le poivron mûr, la bouche est fraîche avec un côté charnu bien agréable mais une finale que des tanins très asséchants rendent particulièrement austère. (100% cabernet franc – viticulture bio).
Touraine Franc du Cot Lié 2007 – A. et B. Minchin à Selles sur Cher : le nez très intense s’ouvre sur de belles notes de fruits noirs mais très rapidement on sent la marque d’un élevage qui devient dominateur, en bouche l’attaque est plus mûre, la cerise noire est pleine de charme mais le boisé revient à la charge en apportant une pointe très sèche en finale. (Assemblage cabernet franc et cot)
Bon, je dois l’avouer (de toutes façons, tout le monde le sait !) j’ai beaucoup de mal avec les rouges de Loire…et les deux premiers vins de cette série ne vont hélas pas me faire changer d’avis : malgré des olfactions plutôt flatteuses les matières en bouche sont d’une austérité rédhibitoire pour mon goût.


p 006

 

 

VDP des Fiefs Vendéens Domaine Saint Nicolas-Cuvée Jacques 2006 – T. Michon à Brem sur Mer : le nez est marqué par d’intenses notes de torréfaction, de fumée et de suie, la bouche est assez gourmande avec une belle concentration et une fraîcheur finale agréable. (Assemblage 85% pinot noir et 15% cabernet franc – domaine en bio-dynamie).
Chinon L’Huisserie 2006 – P. Alliet à Chinon : le nez est riche, complexe et charmeur sur un registre fruité très épanoui, la bouche séduit par sa chair gourmande où les fruits croquent sous la dent, la finale précise et fraîche laisse un sillage aromatique sur la violette. (100% cabernet franc)
La Cuvée Jacques est étrangement marquée par des notes empyreumatiques trop dominatrices à l’heure actuelle…peut-être un peu jeune ? Le Chinon d’Alliet est splendide…c’est peut-être bien la première fois que j’emploie cet adjectif pour un rouge de Loire !

 

p 008

 
 

 

Sancerre La Moussière 2008 – A. Mellot à Sancerre : le nez est complexe avec une palette associant fleurs et fruits rouges, en bouche l’attaque est pointue mais la matière se montre agréablement fruitée, la finale très tannique est un peu rude à mon goût.
Saumur-Champigny Terres Chaudes 2002 – T. Germain à Varrains : le nez est marqué par des notes de réduction intenses et tenaces (animal, fromage…) qui écrasent le fruité discret et bien raffiné qu’on devine en fond, en bouche la matière est riche et concentrée mais la finale se montre de nouveau trop austère avec des tanins très serrés et très secs.
Ces deux bouteilles avec une structure bien trop ferme pour mon palais ne m’ont guère séduit ce soir…par contre, le Saumur Champigny était vraiment méconnaissable le lendemain : plus harmonieux, plus soyeux il s’est laissé boire avec un réel plaisir !

 

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Pour conclure :

- cette série relativement éclectique mais regroupant quelques belles références du Val de Loire ne m’a pas définitivement réconcilié avec ce type de vins, mais je dois avouer que la qualité générale de ces 6 flacons m’a agréablement surpris.

- j’ai toujours un peu de mal à apprécier ce différentiel marqué entre des olfactions flatteuses et guillerettes et des présences en bouche où le sérieux confine trop souvent à l’austérité.
En tous cas les deux bouteilles regoûtées le lendemain se sont révélées particulièrement aimables : le Saumur Champigny avait perdu sa dureté pour n’être plus que rondeur et densité, le Chinon déjà superbe le soir s’était encore affiné…MIAM !

- Pour le coup de cœur pas de surprise, c’est le Chinon 2006 de Philippe Alliet, qui a d’ailleurs largement convaincu l’assemblée œnophile de cette soirée…voilà un vin rouge ligérien poule lequel  je serai prêt à faire une petite place sur les rayonnages de ma cave !

 

 

 

Thème 2 : Brothers in Wine.

 

Macon-Uchizy La Martine 2010 : le nez est fin et discret avec un fruité épanoui (citron mûr) et quelques notes florales, la bouche est gouleyante avec une matière bien glissante et délicieusement citronnée en finale.
Pouilly Vinzelles La Soufrandière 2010 : le nez est pur et précis sur les fruits blancs (poire) et le miel de sapin, la bouche est riche et mûre avec un toucher onctueux qui donne une impression de moelleux très agréable, la finale est plus fraîche avec une belle touche minérale sur la craie.
Avec ces deux premières friandises le décor de la série est planté : les vieilles vignes de la « Martine » ont produit un vin pur et convivial et les jeunes vignes du climat des Quarts un vin au fruit épanoui et la vibrante minéralité. Voilà deux flacons qui n’auront qu’un seul défaut, leur faible durée de vie après ouverture…les verres qui se vident tout seul !

 

p 001

 


Viré-Clessé Sous les Plantes 2009 : le nez est fin avec un registre un peu « pâtissier » (notes de fraise et de brioche), la bouche se développe avec beaucoup de charme avec du gras, une chair gourmande et une finale qui redevient fraîche et aérienne.
Issu d’un terroir assez limoneux (en viticulture bio) situé au sud de Viré, ce vin porte la marque d’un millésime généreux mais garde une silhouette élégante et une buvabilité exceptionnelle…encore une bouteille qui ne fera pas long feu sur une table d’amateurs, même éclairés !

 

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Saint Véran En Combe 2008 : nez est discret sur le citron et la craie, la bouche set droite, fraîche et très minérale en finale.
Pouilly Fuissé Terres de Vergisson 2008 : nez est plus expressif, un peu grillé, avec des notes de pierre à feu, de poudre à canon et une pointe mentholée, après une attaque en souplesse, la bouche monte en puissance progressivement et révèle une matière dense et fortement minérale.
Avec ce Saint Véran issu d’une parcelle de vieilles vignes sur Chasselas et ce Pouilly Fuissé issu de vignes situées entre les roches de Solutré et de Vergisson, nous sommes en présence de deux monstres de minéralité qui se goûtent encore assez difficilement aujourd’hui mais dont on pressent un très beau potentiel d’évolution.
A revoir dans 2 ou 3 ans !

 

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Pouilly Loché La Colonge 2007 : le nez est discret et précis sur les fruits blancs et la craie, la bouche allie soie et fraîcheur dans un équilibre bien sec, la finale est droite et laisse persister de beaux aromes de pamplemousse.
Pouilly Vinzelles Les Quarts 2005 : nez est ouvert mais très minéral sur la craie, le silex et une touche de mie de pain et de citron, la bouche est concentrée avec grain fin mais perceptible au toucher, l’équilibre est sec et la finale très longue associe des notes de calyptol et de pierre à feu.
Une cuvée issue de la plus petite appellation du Mâconnais et le vin emblématique de la Soufrandière ont clôturé cette série en toute beauté : si le premier se montre strict et droit, le second assume sa nature minérale sans complexe. Ces vins dont les personnalités solidement plantées ont dérangé certains dégustateurs de l’assemblée sont de très grands vins tout simplement avec des pics de maturité qui je pense ne sont pas encore atteints.

 

p 004

 

Pour conclure :

- Les frères Bret sont d’ardents défenseurs de la qualité des vins du Mâconnais en portant une attention particulière à l’identité des différentes parcelles qu’ils essaient de mettre en valeur dans leurs cuvées. Ils pratiquent une viticulture respectueuse de l’environnement (les vignes de la Soufrandière sont travaillées en biodynamie et de plus en plus de parcelles exploitées par le négoce Bret Brothers sont en agriculture biologique) et accomplissent un travail en cave d’une exigence absolue. Le choix d’une série de 7 cuvées produites par ces vignerons nous a permis d’étudier et de ressentir les nuances qui différencient les vins issus de quelques terroirs réputés de cette région bourguignonne.

- Avec une petite remontée dans le temps de 2010 à 2005 nous avons également pu évaluer les effets du vieillissement sur ces différentes cuvées : avec la finesse et la précision comme leitmotiv ces vins qui savent se montrer accessibles et gourmands dans leur jeunesse révèlent leur côté minéral avec l’âge…parfois de façon assez péremptoire comme sur le Pouilly Fuissé « Terre de Vergisson » (mais aussi « La Roche » qu’on n’a pas dégusté ce soir) ou encore sur le Vinzelles « Les Quarts ».

- Etant un aficionado avoué du domaine depuis de longues années, j’ai quelques difficultés à faire un classement parmi ces bouteilles qui m’ont séduit une fois de plus ce soir. J’ai néanmoins été particulièrement sensible au charme juvénile mais irrésistible du Pouilly Vinzelles 2010 et à la qualité du grain minéral du Pouilly Fuissé 2008.

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

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