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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 15:28

 

 

Pour cette dernière réunion avant la trêve estivale nous avons choisi d’associer les 2 thèmes suivants :
- Thème 1 : des bulles de France et d’ailleurs.
- Thème 2 : retour en Languedoc avec des vins des Terrasses du Larzac.

François, Eric et Paul ont constitué une série de vins effervescents pour donner une touche festive et rafraichissante à cette session estivale et je me suis chargé de trouver quelques quilles languedociennes…comme un petit avant goût de vacances !

Les vins de la première série sont servis bouteilles cachées et pour la plupart 2 par 2 ; ils sont dégustés et notés à l’aveugle.
Les vins de la deuxième série ont été débouchés le matin, les 3 rouges de Daumas Gassac ont été passés en carafe 4 heures avant la dégustation, les autres vins ont été carafés juste avant le service.
Les Daumas sont servis un par un dans l’ordre décroissant des millésimes, les trois autres rouges sont dégustés à l’aveugle.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 1 juillet 2011 à Kientzville



Thème 1 : préparons les vacances en coinçant la bulle.


Prosecco Frizzante – Villa Sandi - Treviso : le nez est aimable sur des fruits blancs, la bouche est très aérienne avec une bulle légère et une petite amertume en finale.
Prosecco Il Fresco – Villa Sandi - Treviso : le nez est discret, un peu grillé avec des notes de cacahuète, la bouche possède une matière un peu plus concentrée, la bulle est dense et la finale assez fraîche.
Les Proseccos sont des vins effervescents destinés à être très largement diffusés dans le monde : leur profil facile d’accès et leur personnalité très fédératrice sont surement des éléments nécessaires pour prétendre séduire le plus grand nombre de consommateurs. En ce qui me concerne, je trouve que ces 2 vins manquent d’intérêt pour un œnophile un peu exigeant…mais bon, du moment que ça marche

Blanquette de Limoux – Delmas à Antugnac : le nez s’ouvre sur un registre bien agréable avec des notes d’abricot et une petite touche florale mais l’olfaction perd rapidement sa pureté originelle, la bouche présente un équilibre très sec, une bulle assez agressive et une finale très austère.
Travaillant en bio depuis 1986 ce domaine réalise une cuvée au profil un peu étrange qui a surpris la plupart des dégustateurs du soir…des interrogations mais surtout peu de plaisir au bout du compte !

Crémant de Bourgogne – P. Chollet à Savigny les Beaune : le nez est agréable et délicatement floral, la bouche possède une belle attaque très franche avec une mousse fin et crémeuse, la finale est un peu sèche.
Crémant d’Alsace Extra Brut Vintage 2007 – Bockel à Mittelbergheim : le nez est intense avec une palette complexe sur le melon, le citron mûr et quelques notes beurrées, la bouche manque de pureté et semble déjà un peu évoluée, malgré une matière riche et dense.
Ces deux versions « bulleuses » de chardonnay très différentes ont laissé perplexes pas mal de dégustateurs présents ce soir : l’un des spécialistes bourguignons du crémant nous propose un vin franc sans défaut, travaillé avec maîtrise et précision (16 mois sur lattes), alors que la maison Boeckel prend le risque de l’originalité avec cette cuvée issue du millésime 2007 sur une parcelle de vieux chardonnays (plus de 60 ans).
D’un côté un déficit de fantaisie de l’autre une personnalité excessivement complexe…et au bout du compte, deux vins que j’ai eu beaucoup de mal à comprendre et à apprécier vraiment !

Spätburgunder Rosé Brut – Schneider à Endingen am Kaiserstuhl : le nez est fin et élégant sur les petits fruits rouges et la brioche, la bouche est très vineuse avec une mousse légère et une finale fruitée mais qui manque un peu de fraîcheur.
Issu de pinot noir vendangé sur une éminence montagneuse située dans la vallée du Rhin entre Vosges et Forêt Noire, ce rosé dosé à 11g est original et très gourmand…même si la structure paraît un peu lourde pour ce type de vin.

 

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Champagne Brut non dosé – V. Couche à Buxeuil : le nez est fin et complexe avec des arômes de beurre et de brioche, suivis par de jolies notes fruitées (poire) et florales, la bulle est dense, fine et très agréable, la finale est délicatement acidulée avec une petite pointe d’amertume.
Champagne Grande Cuvée Brut – Krug à Reims : le nez s’ouvre sur d’intenses notes de poudre à canon qui mettront de longues minutes à s’estomper pour laisser apparaître des arômes très raffinés d’épices avec un léger fumé, la bouche est élégante, la bulle est d’une extrême finesse et la matière révèle une puissante vinosité qui soutient parfaitement la longue finale aromatique.
Placés en fin de série, les bulles champenoises tiennent leur rang sans conteste même si j’ai trouvé la première cuvée un poil trop austère. Le Krug étrangement marqué au nez brille par une présence en bouche qui ne laisse aucun doute sur sa grandeur de ce vin ceci dit, en considérant le prix très (trop) élevé de ce vin (plus de 100 euros, je crois) mon enthousiasme a tendance à retomber un peu…

 

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Pour conclure :

- Voilà un type de vin dont j’apprécie de plus en plus la compagnie dans des moments festifs, à l’apéritif et parfois même à table (une choucroute avec un crémant…c’est royal !) mais dont la dégustation en série a tendance à m’ennuyer…hélas !

- En relisant mes notes, je me rends compte que j’ai fait preuve d’une grande sévérité dans mes commentaires mais ils correspondent aux sensations et aux émotions ressenties lors d’une dégustation et doivent être compris en tant que tels.

- Pour cette série je ne parlerai pas vraiment de coup de cœur mais de quelques bonnes surprises comme ce crémant de Bourgogne très plaisant ou ce Spätburgunder allemand gourmand à souhait. La Grande Cuvée de Krug a incontestablement survolé les débats par son incomparable vinosité…malheureusement, le prix trop élevé ne trouve pas sa justification dans le verre et pour moi c’est un défaut rédhibitoire.

 

 

 

Thème 2 : Daumas Gassac et ses voisins, des visions contrastées d’un terroir languedocien.


Daumas Gassac rouge 2007 : le nez est expressif sur le poivron mûr et les fruits noirs, la bouche possède un joli volume avec des tanins présents mais très fins, la finale est fraîche avec une petite amertume et une discrète touche boisée.
Les arômes encore très variétaux du cabernet sauvignon dominent l’olfaction mais la matière en bouche est prometteuse…le profil très bordelais que les Guibert recherchent et revendiquent pour leur cuvée rouge se manifeste avec franchise mais je pense que sur ce vin l’expression du terroir de Daumas Gassac demande encore quelques années de garde pour se livrer.

Daumas Gassac rouge 2005 : le nez est bien mûr sur les fruits rouges confits, l’olive noire et les herbes de garrigue, la bouche est charnue, opulente et longuement aromatique avec une fraîcheur bien dosée qui tonifie la finale.
Pour ce 2005, malgré des vendanges précoces (fin août) la matière première était d’une telle richesse que les Guibert avaient choisi de réduire considérablement la durée de la cuvaison (8 jours au lieu de 4 à 6 semaines pour les autres millésimes…). Un choix osé mais visiblement judicieux, car après 6 années de garde ce vin qui se montre très gourmand et déjà joliment expressif a été plébiscité par l’assemblée des dégustateurs…Bravo !

Daumas Gassac rouge 2003 : le nez est discret et complexe avec des notes d’herbes aromatiques, d’épices et une touche d’encens, la bouche est plus virile et plus concentrée avec des tanins très denses, la finale tient longuement les arômes de noyau de cerise et d’épices révélés au palais.
Issu d’un millésime exceptionnel qui a produit des raisins mûrs, sains et très concentrés, ce rouge puissant et vineux se présente encore de façon bien virile à la dégustation. Les tanins dont la richesse initiale était peu commune (indice de Folin proche de 80) demanderont encore quelques années de garde pour se patiner…patience !

Daumas Gassac blanc 2008 : le nez est expressif et bien marqué par le viognier avec une palette sur l’abricot frais, la violette et la rose, la bouche associe un beau gras et une vraie tension pour créer un équilibre parfait, la chair est juteuse et gourmande, la finale tient longuement les arômes perçus à l’olfaction.
Issu principalement de viognier (25%), de chardonnay (25%), de petit manseng (25%) et de chenin (15%) ce blanc flatte et séduit par sa richesse aromatique et son équilibre frais et digeste…une très belle bouteille !

La Syrah de Pey Cherres 2008 – Supply-Royer à Arboras : le nez est très mûr avec des notes de fruits noirs confits, d’épices et d’encens, la bouche exprime une chair gourmande avec un toucher grenu et une longue finale qu’une pointe de fraîcheur rend particulièrement digeste.
On reste dans le même secteur (Arboras se trouve à une petite dizaine de kilomètres du Mas) mais le style de vin change du tout au tout : cette syrah dont j’ai déjà parlé à de très nombreuses reprises possède un profil très languedocien avec son expressivité et sa générosité.
Voilà un Vin de Pays du Mont Baudile qui se goûte avec un plaisir immédiat et évident…MIAM !

La Réserve d’O 2008 – F. et M. Chauffray à Arboras : le nez se montre plus discret mais d’une grande complexité avec un fruité riche complété par quelques notes végétales et une pointe de torréfaction, la bouche charnue et très bien équilibrée développe de puissants arômes de cerise qui se prolongent longuement en finale.
Eric Supply m’a offert cette bouteille pour nous faire découvrir ce domaine voisin qui travaille en biodynamie sur les mêmes terroirs que lui. Issu d’un assemblage classique pour la région (syrah, grenache, mourvèdre…je crois) cette cuvée a le droit à l’appellation Coteaux du Languedoc…et la défend de très belle façon !
A suivre…

Domaine de Montcalmès 2008 – S.A. domaine à Puechabon : le nez est très racé mais bien ouvert alliant notes empyreumatiques et fruité confit, la bouche se présente tout en élégance, la trame tannique est soyeuse et la palette aromatique développe une grande complexité avec une cerise très présente accompagnée de beaux arômes de cacao et d’épices.
Avec cette belle cuvée issue d’un assemblage classique de syrah (60%), de grenache (20%) et de mourvèdre (20%), ce domaine justifie pleinement son bon classement actuel dans la hiérarchie implicite de l’appellation Coteaux du Languedoc. Quel grand vin !

 

AoC01July2011-2ndSeries

 

La série languedocienne

 

Pour conclure :

- Après une première expérience avec une longue série de rouges du Languedoc, qui avait un peu secoué nos palais de « rieslingomanes » alsaciens, j’ai choisi de programmer une deuxième incursion dans cette région…plus limitée géographiquement mais avec deux styles de vins complètement différents. J’ai été très étonné de voir que ces crus ont suscité un grand nombre d’impressions très positives de la part du groupe. Ceci dit, il ne restait plus que 2 ou 3 rescapés de la première session parmi les 16 dégustateurs présents ce soir…mais je me permets de croire que le fait de se retrouver ensemble régulièrement pour apprendre à connaître de nouvelles régions viticoles a un peu contribué à nous ouvrir l’esprit et à élargir nos références gustatives…
- Avec leur assemblage très particulier les rouges de Daumas ne sont peut-être pas vraiment représentatifs de l’esprit languedocien (c’est d’ailleurs ce qui fonde la plupart des reproches qui leur sont faits), mais ils n’en restent pas moins de grands vins. Leur blanc 2008, placé comme une transition vers un style de vins rouges plus solaires, a tenu ses promesses. La recherche de fraîcheur et de pureté aromatique entreprise par le domaine depuis quelques années sur cette couleur porte ses fruits, cette cuvée a vraiment séduit le groupe ce soir...même si des réserves au niveau du rapport Q/P comparatif avec les vins d’Alsace ont été émises par quelques dégustateurs.

- Les 3 vrais languedociens ont flatté nos palais sans réserve : puissants et vineux, ils se sont surtout distingués par des finales où on décelait une vraie recherche d’équilibre et de fraîcheur…une tendance qui semble se préciser dans cette région et qui ne manquera pas de tirer cette production vers des niveaux de qualité qui les feront rivaliser avec les meilleures appellations françaises…et c’est un alsaco qui le pense !

- Pour les coups de cœur, 3 choix s’imposent : le Montcalmes 2008, jeune mais déjà splendide, le Daumas 2005 en phase de plénitude et la syrah de Supply pour son rapport Q/P inégalable.

- Merci à Eric et Clarisse pour leur accueil…et leurs tartines !

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commentaires

Eric 19/07/2011 17:32


N'ayant pas publié de commentaires sur mon blog de vin d'Alsace, je me permets ces commentaires sur ton blog si tu le permets Pierre :

SERIE BLULLES
J'ai été perturbé par la disparité des vins. Ce fut un tour d'horizon aussi large que si on disait "soirée vins blancs du monde entier en 6 bouteilles", j'exagère un peu dans les proportion mais
bon...mais la méthode champenoise se détache des autres, nettement, en qualité vinique, il faut le préciser. Ceci dit, on peut gouter pleins de vins à bulles d'affilée sans se fatiguer, c'est
l'avantage (faut-il encore rappeler qu'il faut recracher ?)

A propose du Chardonnay des frères Boeckel, à fort caractère mais qui est un vrai grand vin selon moi, j'ai recompté les points et ce vin sortait quand même 2ème mieux apprécié de la série bulles
par l'ensemble du groupe....comme quoi un coin de la table peut avoir une impression et pas l'autre. Je vous invite à regoûter ce vin, franchement, dans un contexte différent.

Enfin, je suis d'avis de refaire une soirée bulles mais en prenant les meilleurs crémants et les meilleurs champagnes.

Le prix du Krug ? ... oui, c'est un produit à forte valeur ajoutée, au-delà des 30-35 euros / bouteille le prix suit la loi de l'offre et de la demande, c'est plutôt rassurant en somme car cette
même loi nous permet d'acheter des merveilles à 10 -20 euros :)

LANGUEDOC :
beaux vins, même si Daumas Gassac n'est pas représentatif du coin, ce sont des vins fins ... sur lesquels il existe également une surenchère mais bon, si on compare aux bordelais... bref, la série
était digeste et ne nous a pas brulé nos palais fragiles...

...heureusement qu'il y avait les tartines !!! Clarisse a passé un bon bout de temps à les préparer, et François les ingurgitait avec frénésie :)


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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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