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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 18:31

Club A.O.C.
Vins du domaine Sarrazin et chenins de Loire

 

 

 

 

Pour cette sixième réunion du club A.O.C. nous nous aborderons deux thématiques bien distinctes : une petite visite chez un producteur à travers quelques uns de ses vins et la découverte d’une région viticole.
Personnellement j’aime bien cette association qui permet, d’un côté, de goûter des vins d’une zone géographique très restreinte et, d’un autre côté, d’aller se promener sur plusieurs centaines de kilomètres dans une région viticole…tout ça en bonne compagnie et le verre à la main. Que demander de plus à la vie !

- Thème 1 : quelques vins du domaine Sarrazin.
- Thème 2 : à la découverte des chenins de Loire.

Lionel qui est un client fidèle du domaine Sarrazin nous a préparé une petite série de 4 cuvées pour nous donner un aperçu de la production de ces vignerons de la Côte Châlonnaise que je suis également depuis quelques années.
François a composé en grande partie la sélection ligérienne avec des bouteilles provenant de domaines pas encore très connus mais qui commencent à faire parler d’eux parce qu’ils proposent une vision originale mais hautement qualitative des vins de Loire.

Les vins de la première série sont servis 1 par 1, bouteilles découvertes.
Les vins de la seconde série sont cachés et servis 2 par 2.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 10 juin 2011 à La Wantzenau



Thème 1 : il y a des Sarrazin en Bourgogne !


Mercurey La Perrière 2008  : le nez est agréable avec des notes lactées rapidement submergées par un fruité gourmand, la bouche est charmeuse,  le toucher est gras et charnu, la palette aromatique est joliment marquée par la cerise, la finale délicatement boisée e tient parfaitement.
Encore un peu jeune mais déjà très séduisante cette cuvée de Mercurey que je n’avais que très peu dégustée jusqu’alors, est bien représentative de la conception des vins du domaine : matière mûre et vinifications précises avec une petite pointe boisée bien intégrée à la structure…J’aime !

Givry 1° Cru La Grande Berge 2007 : le nez offre de beaux arômes de cerise avec quelques notes un peu végétales, en bouche l’équilibre est un poil plus austère mais reste très plaisant, la finale sur le noyau de cerise possède une belle longueur.
Un vin qui flatte un peu moins le palais malgré un registre olfactif intéressant…la matière semble un peu moins mûre que sur 2008 mais laissons lui peut-être encore un peu de temps. Il a les épaules pour se tenir quelques années de plus.

 

Givry 1° Cru Les Grands Pretants 2006 : le nez est discret mais fin et complexe avec quelques notes torréfiées (café) complétées par un fruité délicat (framboise) et un petite touche fumée, la matière en bouche est généreuse avec du gras, du fruit et des tanins soyeux, la finale est bien longue.
Mon cru préféré du domaine a tenu ses promesse : un registre aromatique complexe et une tenue impeccable en bouche…Miam !

Givry Le Clos de la Putin 2005 : le nez ressemble un peu au précédent mais des notes de sous-bois et d’humus viennent perturber un peu la pureté du registre aromatique, la bouche vacille un peu avec une présence tannique bien sèche et une finale légèrement marquée par l’alcool.
La cuvée myrthique du domaine (surtout à cause du nom, il faut le reconnaître…) a un peu déçu : j’ai le souvenir d’un millésime 2005 superbement réussi par les Sarrazin…la je pense que la bouteille avait dépassé la limite d’age. Dommage !


 

CIMG3424
Le quatuor Sarrazin.

 

 

Cette petite série du domaine Sarrazin nous livre quelques enseignements fort utiles :

- ces vignerons établis dans le petit village de Jambles conçoivent leurs vins rouges avec une grande exigence (rendements sévèrement contrôlés par une taille courte et un ébourgeonnage strict, élevage de grande qualité…) pour mettre en valeur quelques beaux terroirs encore trop peu connus de la Côte Châlonnaise. Leur travail a été reconnu et mis en avant dans le numéro « Spécial Millésime 2011 » de la revue « Bourgogne Actuelle »…une belle référence !

- Ces 4 flacons s’expriment avec un style velouté et gourmand qui séduisent très facilement le dégustateur, même si le 2005 montre les limites de ces vins face au vieillissement. En tous cas, avec un rapport Q/P vraiment extra (autour de 10 euros la quille !) ces vins nous rappellent que c’est dans cette région que l’amateur pourra trouver de belles expressions bourguignonnes de pinot noir, qu’il pourra déboucher pour attendre la maturité de leurs voisins côte-doriens.

- Sur cette petite série de belle qualité, je choisirai le Mercurey 2008 comme coup de cœur : il fait jeu égal avec Le Grands Pretants 2006 mais comme c’est une découverte…


 

 

Thème 2 : tous les chenins mènent à la Loire

 


Vouvray brut – Domaine de Vodanis – F. Gilet à Parçay-Meslay : le nez s’ouvre sur de discrètes notes vanillées rapidement complété par des arômes de fleurs et de fruits blancs, en bouche la bulle est moyenne mais dense, après une attaque plutôt ronde la structure se tend pour finir sur une belle vivacité.
Agréablement parfumé, équilibré mais tonique et désaltérant…ce jeune domaine qui travaille des parcelles jadis exploitées par le domaine Huet a réussi une belle cuvée de belles bulles festives !

Vouvray Pagus Vaudanum – Domaine de Vodanis – F. Gilet à Parçay-Meslay : le nez est net et frais, très floral avec quelques notes de poire, la bouche est droite mais joliment parfumée (jasmin, lavande), la finale est bien pointue.
Les chenins de cette cuvée ont été récoltés sur le lieu-dit très réputé de « la vallée des roches » et ont été vinifiés avec beaucoup de sensibilité pour exprimer une belle palette aromatique en gardant une structure très vive…j’aime !

Montlouis sur Loire 2007 Singulier – L. et B. Jousset à Husseau : le nez complexe et évolutif s’ouvre sur quelques notes oxydatives rapidement complétées par des arômes de mirabelle et de griotte, la bouche est ample avec un joli gras, une palette épanouie, pomme au four, épices, griotte, la finale possède une très belle longueur aromatique.
Si géographiquement on est très proche du vin précédent, oenologiquement on se trouve aux antipodes avec cette cuvée issue d’une vielle vigne (80 ans) sur un terroir de sables et de silex. Les rendements sont minimes (25 hl/ha) et le travail à la cave est le plus naturel possible…au bout du compte il y a ce vin avec une très forte personnalité et une présence remarquable en bouche.

Chinon 2008 Cuvée Rochette – Domaine des Chesnaies à Cravant les Coteaux : le nez est agréable sur un registre très classique associant le miel, le coing frais, la bouche est légère, fluide avec une belle rondeur en finale.
Voici un chenin au profil très classique provenant d’un secteur plus connu pour ses rouges que ses blancs. En biodynamie depuis 2004 ce domaine produit cette cuvée depuis 2007 sur une parcelle de jeunes vignes : un vin assez simple mais avec beaucoup de charme…pour moi le plus typé Loire de la série.

 

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Saumur  2008 Arcane – Château de Fosse Sèche – Famille Keller à Saumur : le nez est discret, évolutif, assez difficile à cerner, parfois douteux quant à sa pureté, la bouche est bien mieux en place avec une matière douce et riche à l’attaque, qui évolue vers beaucoup de soie et une vraie gourmandise, la finale délicatement acidulée laisse deviner de belles notes salines.
Le domaine Keller travaille en biodynamie sur des terroirs riches (argiles, silex, calcaire) et élabore avec des raisins sévèrement triés un vin sec, de garde dont l’expression peut laisser perplexe certains dégustateurs au palais trop formaté. Sur cette cuvée, le nez est franchement problématique mais la bouche révèle une matière dense, équilibrée et concentrée de très haut niveau…un vin ouvert trop jeune qui aurait sûrement gagné à être décanté

Savennières 2007 Le Clos du Grand Beaupréau – Château Pierre Bise – C. Papin à Beaulieu sur Layon : le nez est malheureusement marqué par des notes liégeuses qui dominent une palette bien définie sur le miel et les fruits jaunes, la bouche est puissante avec une chair épanouie et une finale minérale même si le défaut perçu au nez reste présent.
Un problème de bouchage se trouve à l’origine de la grande déception de la soirée : un savennières avec une très belle matière pollué par le liège…quelle misère ! Regoûté le lendemain, ce vin s’est montré plus à son avantage car les arômes qui avaient gagné en intensité masquaient davantage les notes disgracieuses de la veille…mais quel dommage quand même !

Vin de France 2009 Les Noëls de Montbenoît – R. Leroy à Rablay sur Layon : le nez est discret avec des notes de pierre à fusil et de fruits blancs, la bouche est concentrée avec un toucher grenu et une structure pointue et bien profonde, la finale est très longue, minérale et légèrement fumée.
Déclassé parce que le vigneron ne le présente pas aux dégustations d’agrément, ce vin issu de vieilles vignes de chenin cultivées en biodynamie sur un terroir volcanique est étonnant : c’est une cuvée rare (presque un vin de garage) vinifiée sec mais avec une matière conséquente (due aux rendements minimes : 23 hl/ha). L’assemblée a été divisée sur l’évaluation de cette bouteille…personnellement j’ai beaucoup aimé même si je pense qu’une décantation préalable de quelques heure l’aurait révélée avec plus d’éclat.

Coteaux du Layon 1990 Saint Lambert – Jo Pithon à Saint Lambert du Lattay : la robe franchement dorée trahit l’âge, le nez a gardé une belle pureté avec des arômes de cire, de coing mûr et d’épices douces, la bouche est moelleuse, le toucher est gras et la finale discrètement amère  persiste longuement en révélant quelques notes de champignon blanc.
Une bouteille pour montrer une expression différente du chenin et pour vérifier ses possibilités de vieillissement : après plus de 20 ans ce moelleux se tient bien même si la fin de bouche annonce que la phase de déclin est en cours.

 

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Pour conclure :

- cette série m’a particulièrement intéressé par la grande diversité des expressions du chenin qu’elle a mis en évidence : c’est évidemment un effet des grandes variations du terroir sur cette région viticole très étendue…mais c’est sûrement aussi dû au choix des domaines par François qui a pris l’option de sortir des sentiers battus pour nous faire découvrir quelques jeunes vignerons de l’avant-garde ligérienne…Bravo !

- comme on pouvait s’y attendre, ces vins ont presque systématiquement divisé l’assemblée des dégustateurs du club : la grille de lecture du chenin est très éloignée des canons en vogue dans les vignobles de l’est et la sélection proposée n’a pas forcément recherché le classicisme. Personnellement j’ai toujours bien goûté ces vins blancs de Loire (contrairement aux vins de cabernet franc, d’ailleurs…) parce que j’aime bien leurs expressions gustatives (coing, fruits blancs, miel) et leur présence charnue et minérale en bouche, même si sur cette série quelques bouteilles sont nettement sorties de ce format classique…en nous procurant de très belles émotions d’ailleurs !

- mes coups de cœur se situent aux deux extrêmes de la série avec le Pagus Vaudanum, classique mais d’une richesse aromatique peu commune et le Noël de Montbenoît, complètement atypique, goûté un peu trop jeune, mais avec la structure d’un très grand vin blanc.

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commentaires

Eric Riesling 22/06/2011 19:21


Pauvre Pierre, tu te mets aux jeux de mots, décidément tu file un mauvaise coton...

...ceci dit, je ne peux qu'approuver :)


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  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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