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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 13:34

La première soirée du club AOC en cette nouvelle année promettait d’être mémorable...et ce fut chose faite grâce à Eric, Yannick et Stéphane qui se sont dévoués corps et âme pour collecter quelques flacons prestigieux auprès des grands noms de la viticulture alsacienne.

Au programme 14 grands vins, souvent prélevés dans la réserve personnelle des vignerons, proposés à notre petit groupe de dégustateurs.


Les vins sont servis dans des verres INAO à température de cave (alsacienne en hiver…donc environ 8 à 10 degrés) et dégustés à l’aveugle.

En guise d’échauffement :

Crémant d’Alsace  Cuvée Prestige Blanc de Blancs 2007 – Boeckel à Mittelbergheim

Robe : jaune pâle avec une bulle moyenne et une mousse abondante.
Nez : le miel et la pomme ouvrent une palette agréable et assez complexe, l’aération révèle de belles notes de petits fruits rouges.
Bouche : l’attaque est vive avec une mousse un peu virulente et une finale fraîche.
Un crémant sec et digeste, avec une structure un peu agressive à mon goût.



Première série :

Photo 002


 
Riesling G.C. Altenberg de Bergbieten Cuvée Henriette 2004 – Mochel à Traenheim

Robe : jaune clair avec des bords transparents.
Nez : la groseille blanche domine au début puis les fruits blancs murs et des notes de miel et de résine viennent compléter cette palette qui évolue progressivement vers une belle complexité.
Bouche : l’attaque est vive, la structure possède une acidité large, mûre et pénétrante. La finale légèrement fumée est de longueur moyenne.
Un riesling droit, charpenté, puissant et d’une pureté admirable, une belle réussite dans un millésime compliqué… ça commence fort !


Riesling G.C. Zotzenberg 1995 – Boeckel à Mittelbergheim

Robe : jaune paille avec des reflets dorés et des bords clairs.
Nez : le nez s’ouvre sur des notes végétales délicates, l’aération fait évoluer le registre vers des arômes de miel et de petites fleurs blanches.
Bouche : l’attaque est souple, le vin se pose doucement en bouche avec une acidité qui prend possession du palais et de fins arômes de chlorophylle qui se prolongent longuement en finale.
Un riesling à maturité qui prend son temps pour s’installer en bouche mais qui offre un profil aromatique d’une complexité réjouissante.


Riesling Clos des Capucins V.T. 1990 – Faller à Kaysersberg

Robe : jaune assez prononcé avec des éclats dorés.
Nez : le nez est d’une grande distinction avec des arômes complexes de citron confit et de fleurs.
Bouche : la maturité est bien perceptible à l’attaque, le milieu de bouche semble un peu mou mais la finale est magnifique, salinité puissante et longueur superlative.
Dans l’absolu, je suis un peu moins réceptif à l’esthétique des rieslings très mûrs, mais le défi que ce vin vient de lancer au temps qui passe force le respect : presque 20 ans et un équilibre de jeune premier, c’est stupéfiant !


Riesling G.C. Rosacker 1990 – Sipp-Mack à Hunawihr

Robe : jaune paille, assez profond.
Nez : le profil est pur et d’une grande élégance avec des notes florales particulièrement séduisantes.
Bouche : l’équilibre est sec, l’acidité large et profonde soutient la structure, les arômes floraux s’épanouissent avec des notes de lavande qui persistent longuement en finale.
Un vin qui se tient remarquablement, tout en finesse et en élégance classieuse, même si on peut supposer que l’apogée est dépassé aujourd’hui.



Deuxième série :

Photo 003



Riesling Clos Windsbuhl 1994 – Zind Humbrecht à Turckheim


Robe : jaune profond avec des reflets dorés
Nez : la palette est mûre et avenante avec des notes de fruits jaunes et de raisins secs.
Bouche : une structure impeccable avec une belle acidité, du gras, de l’ampleur, de la densité et une longue finale citronnée et iodée.
Un vin qui a divisé l’assemblée… surtout du fait d’un profil olfactif qui manquait un peu de pureté par moments, mais en ce qui me concerne j’ai trouvé que la structure et l’équilibre en bouche de ce riesling étaient proches de la perfection ce soir.


Riesling Fréderic Emile 1985 – Trimbach à Ribeauvill
é

Robe : jaune clair avec des éclats argentés.
Nez : un registre fin et aérien sur les fleurs, les agrumes et avec quelques notes fumées.
Bouche : la structure est puissante, l’acidité est ample et profonde, la minéralité est presque tactile et la longueur finale est exceptionnelle.
D’une jeunesse insolente et d’un équilibre taillé au cordeau...même si l’austérité classique de ce vin peut ennuyer, sa tenue après un quart de siècle laisse pantois.


Riesling G.C. Hengst - Cuvée Samain 2000 – Josmeyer à Wintzenheim

Robe : jaune clair, brillante.
Nez : l’olfaction est discrète et raffinée avec du citron mûr et du zeste d’agrumes.
Bouche : l’équilibre est opulent mais sans aucune lourdeur, le développement aromatique se complexifie progressivement et la finale très longue offre de magnifiques notes salines.
Une cuvée ciselée et précise avec une harmonie absolue et une présence en bouche d’une longueur exceptionnelle… presqu’une œuvre d’art !


Pinot gris G.C. Rangen – Clos St Théobald 1996 – Schoffit à Colmar

Robe : jaune profond et dense.
Nez : la richesse et la surmaturité s’imposent d’emblée avec la suavité des notes de raisin sec et de confiture de coing.
Bouche : la matière concentrée et mûre trouve son équilibre grâce à une trame acide longue et tendue. La persistance aromatique est très longue.
Un grand vin qui est en train de trouver son harmonie mais qui semble encore avoir pas mal de ressources pour faire face au temps qui passe.


Riesling Vin de Glace 1996 – Sipp-Mack à Hunawihr

vin de glace

 
Robe : topaze avec des reflets vieil or.
Nez : la palette est complexe mais très mûre avec des notes de raisins de Corinthe, de fruits secs et d’épices.
Bouche : l’attaque est d’une vivacité surprenante, la puissante acidité construit un équilibre tonique malgré la richesse de la matière, la longueur est exponentielle avec un retour aromatique sur le pain grillé et les fruits secs.
Un vin rare et impressionnant… tant de force et de jeunesse après près de 15 ans, çà laisse songeur !



Dernière série :


Série 3

 

Riesling V.T. 1987 – Hugel à Riquewihr

Robe : jaune clair, très jeune…en apparence.
Nez : l’olfaction est assez intense avec un registre classique et typé, terpènes et zeste d’agrumes.
Bouche : l’attaque est relativement douce, puis l’acidité se révèle progressivement en donnant de l’ampleur à la structure. Les nuances révélant la surmaturité apparaissent assez tardivement et se prolongent en accompagnant les notes réglissées de la finale.
Un vin issu d’une vendange tardive sur le Schoenenbourg, qui déroute un peu lorsqu’on l’approche de façon analytique mais qui, au bout du compte, possède une harmonie absolue.


Riesling Burg 1990 – Deiss à Bergheim


Robe : jaune prononcé mais très brillante.
Nez : le nez est suave, délicat, engageant…mais avec une telle complexité, que l’identification des arômes devient extrêmement difficile.
Bouche : la matière est superlative, puissance, équilibre parfait, gras et minéralité en parfaite synergie. La finale est du même acabit : longueur, fraîcheur et quelques beaux amers pour conclure… nous évoluons dans les plus hautes sphères viniques !
Un riesling de 20 ans à la jeunesse insolente et avec un niveau de qualité rarissime. Un vin énorme !


Altenberg 1995 – Deiss à Bergheim

Robe : jaune profond avec des éclats dorés
Nez : malgré une relative discrétion le nez est complexe, élégant et d’une grande finesse avec une attaque un peu végétale (houblon) et un développement aromatique sur le miel et les fruits mûrs.
Bouche : une structure ample, opulente, sphérique avec une matière concentrée qu’une acidité longue et pénétrante équilibre parfaitement. Des notes de cuir et de fruits blancs murs persistent longuement en finale.
Un vin d’anthologie avec un équilibre et une présence en bouche remarquables… seul bémol, le prix très élevé de cette petite merveille peut constituer un réel obstacle pour le commun des mortels… Dommage !


Gewurztraminer S.G.N. 1981 – Hugel à Riquewihr

Robe : jaune paille avec une belle brillance.
Nez : la palette pure et classique s’ouvre sur de délicieuses notes de rose avec un botrytis très présent, l’ensemble évolue vers les fruits jaunes très mûrs.
Bouche : l’attaque surprend par sa vivacité, la matière est ample et très riche avec une finale élégante agrémentée par quelques beaux amers.
Récolté sur le Grand Cru Sporen ce vin possède une élégance d’aristocrate qui a eu quelques difficultés à succéder à la fougue un peu sauvage du vin précédent, mais, au bout du compte, on tombe sous le charme de ce trentenaire en pleine forme, qui a encore des ressources pour évoluer.


Gewurztraminer Clos Zisser 1964 – Klipfel à Barr

Robe : topaze mais assez brillante.
Nez : le registre aromatique est très évolué, des notes herbacées et mentholées se révèlent timidement à l’ouverture. L’ensemble s’enrichit avec des nuances de tabac blond et d’iode.
Bouche : la structure repose sur un équilibre fragile, parfois fuyant malgré une acidité encore perceptible.
Les jeunes prétendront que ce vin est mort…les vieux (comme moi) resteront sous le charme un peu désuet de ce vieillard qui essaie encore de nous raconter son histoire. Comme toujours, face à un flacon d’âge vénérable, mes émotions prennent le pas sur la rigueur d’une analyse organoleptique… mais j’assume !


Que dire de plus après une telle soirée ?

Encore mille mercis aux organisateurs qui nous ont offert une série de vins véritablement hors du commun.

Les grands domaines alsaciens ont tous contribué à la réussite de notre dégustation en fournissant gratuitement ces bouteilles, le plus souvent prélevées sur leur réserve personnelle. Merci pour cette profonde marque de respect à l’encontre des amateurs oenophiles.

Au cas où vous ne l’auriez pas encore compris, je suis plus que jamais convaincu que les grands Alsace méritent amplement leur place dans le gotha des meilleurs vins blancs de la planète. L’idée commence à prendre mais quand je parle de ça en dehors des cercles oenophiles (même en Alsace), je constate hélas qu’il reste encore pas mal de chemin à parcourir…

Pour les coups de cœur personnels je citerai :
- le riesling Burg 1990 de Deiss proche de l’idée que je me fais de la perfection
- le riesling Hengst 2000 de Josmeyer, dont la classe me séduit une fois de plus, alors que j’ai parfois du mal à apprécier les vins plus jeunes de ce domaine.
- tous les autres…ou presque !

Série complète



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commentaires

Coline 06/02/2010 23:55


Bonjour,
Avant tout je me présente je suis sommelière etj'ai lu vos contrendus. Vous m'avez transporté en Alsace, ce fût agréable. J'imagine bien le Riesling Vin de Glace 1996(j'ai encore les arôme en
bouche :-)Je peux me permettre de vous communiquer juste une seule chose. Il aurait été intéréssant par exemple de connaitre avec quel met vous auriez pu marier le vin. Cela semble peut être
présomptueux, mais je le fais en toute humilité et j'ai eu plaisir à vous lire. Je
me suis déplacée en Alsace et je reconnais qu'on devrait se pencher sur ces vins somptueux !! J'essaye avec mes moyens de faire connaitre vos vins. Cordialement, Coline


Pierre 09/02/2010 21:40


Bonjour,

Merci pour ce commentaire.
L'idée de suggérer des accords possibles avec les vins dégustés est intéressante mais demande des compétences que je ne pense pas avoir.
Je fais partie d'un groupe de dégustateurs amateurs et j'essaie de décrire les sensations ressenties sur le moment avec des notes que je reprends et que je rédige par la suite. Le thème des accords
vins/mets n'est que très rarement abordé durant nos soirées.
Dans le cas précis de cette série de grandes bouteilles alsaciennes  je pense que les vins ont été servis dans les meilleures conditions, c'est à dire seuls...

@+


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  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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