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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 19:30



Pour cette avant dernière réunion de l’année 2010 c’est un groupe un peu resserré (8 dégustateurs) qui s’est retrouvé chez François pour une séance consacrée à l’Ardèche et à la Bourgogne.

Comme lors des sessions précédentes le principe de 2 thèmes d’études bien différenciés a été reconduit :
- Thème 1 : 6 vins pour une visite-découverte de l’Ardèche méridionale.
- Thème 2 : 6 vins pour comparer Meursault et Puligny.

D’un côté un vignoble encore méconnu où de jeunes vignerons travaillent avec beaucoup de conviction pour produire de beaux vins, de l’autre côté 2 appellations phares de la prestigieuse Côte de Beaune, placées face à face pour un duel fratricide…Alléchant non ?

Les vins de la première série sont servis bouteilles découvertes après quelques explications sur leur origine.
Les vins de la deuxième série sont servis à l’aveugle en carafe par 2 : un Puligny et un Meursault du même millésime.
Verres Riedel.

Soirée Club AOC du 5 novembre 2010 à Gambsheim



Thème 1 : 6 vins d’Ardèche.


Mon Bon Plaisir – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2009 – Domaine du Chapitre à Saint Marcel d’Ardèche : le nez est net et très franc, la palette complexe (fruits rouges, fleurs, poivre et léger fumé) surprend par sa complexité, la bouche est simple mais nette et bien équilibrée, la finale est bien fraîche mais la persistance est relativement courte.
Issu principalement de cinsault (60%) complété par du grenache et de la syrah, ce rouge délicieux que F. Dorthe a conçu pour être un vin plaisir, nous transporte immédiatement vers le sud et les vacances…j’entends presque les cigales !

Cœur de Pierre – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2009 – Domaine Mazel à Pradons : le nez est ouvert et de belle intensité sur les fruits rouges croquants et les épices, la bouche est riche et dense mais superbement équilibrée, la finale est soutenue par des tanins très gourmands.
Cette cuvée composée avec plus de 80% de grenache complété par du merlot a ravi l’assemblée. J’ai bu et rebu ce vin durant tout l’été et je le retrouve avec le même plaisir en cette fin d’automne…une superbe réussite pour ce jeune vigneron dont je vous ai déjà parlé ICI et LA.

Terroirs extrêmes – Côtes du Vivarais 2008 – Clos des Senteurs à Massargues : le nez est franc et engageant sur la cerise noire, la bouche est équilibrée mais la structure reste un peu fluette, la finale est fraîche et désaltérante.
Cette syrah digeste et assez légère est produite sur des vieilles vignes situées en altitude près d’Orgnac l’Aven. Plaisant et facile d’accès, ce vin resté quelque peu dans l’ombre du précédent, offre une vision séduisante et digeste de ce cépage.

Syrah – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2007 – Domaine du Grangeon à Balbiac : le nez s’ouvre sur des notes d’eucalyptus puis se développe avec race et complexité avec des arômes de cerise à l’eau de vie et d’épices douces, la bouche est remarquable d’équilibre et de concentration, ample, ronde et délicieusement aromatique avec une finale très longue légèrement fumée et poivrée.
Issu d’un terroir gréseux près du village de Rosières et élevé 12 à 18 mois en barriques bourguignonnes ce vin est vraiment magnifique. Pour une telle qualité à moins de 8 euros, on ne peut que dire une chose : bravo et merci M. Reynouard !

Fontaury – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2007 – Domaine Jouret à Villeneuve de Berg : le nez est très proche de celui du vin précédent avec un fruit très gourmand et peut-être une touche un peu plus alcooleuse en fond, la bouche est charnue avec de la rondeur et beaucoup de soyeux, la finale est longue mais un poil trop chaude à mon goût.
Jerôme Jouret exploite des vignes près de Villeneuve de Berg et dans la splendide vallée de l’Ibie, il recherche des vins authentiques et gourmands comme cette belle cuvée de syrah qui à conquis l’assemblée de ce soir. Encore du pur bonheur en bouteille pour un peu plus de 8 euros !

Ardèche-Chardonnay – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2007 – Louis Latour à Beaune : le nez est frais et agréable sur les agrumes, la bouche est bien nette, équilibrée et la finale est courte mais dotée d’une fraîcheur agréable.
Ce vin constitue la transition entre les deux thèmes de la soirée mais évoque également un autre aspect de la viticulture ardéchoise : en effet, beaucoup de domaines viticoles ardéchois fournissent de grandes maisons de négoce bourguignonnes en raisins (comme le domaine du Chapitre d’ailleurs).
C’est une cuvée bien faite, agréable et immédiatement séduisante, elle se boit avec facilité et même avec un certain plaisir, mais on regrette quand même un manque de fond et une présence un peu impersonnelle.

 

  5

La série ardéchoise au complet.

 

 

- Cette première incursion bien incomplète en terre ardéchoise a révélé l’existence d’une jeune génération de vignerons motivés et bien décidés à se battre pour faire reconnaître les potentialités de ce vignoble en produisant des vins de très bonne qualité au rapports qualité/prix quasiment inégalables.

- Le groupe, dont la plupart des membres découvraient la production vinique de cette région, a été étonné et conquis par la qualité des bouteilles dégustées : Mazel, Grangeon et Clapas ont été plébiscités…
- Face à ces vins gourmands et immédiats la question de l’évolution dans le temps de ces cuvées a été évoquée…le message a été bien reçu : je vais donc profiter de mes 3 semaines estivales de villégiature ardéchoises pour dégotter quelques vieux flacons.
Nouvelle série et seconde visite gustative dans ce vignoble à venir…

- Pour ce qui est du coup de cœur personnel : je souscris pleinement au choix du tiercé gagnant par le groupe, avec une petite préférence pour la Syrah du Grangeon, exceptionnelle de classe et d’équilibre.



Thème 2 : 6 vins pour un match Puligny-Meursault.

 

 

Puligny Montrachet 2004 – Domaine Carillon à Puligny : le nez est franc et précis sur le citron et le cône de houblon, la bouche est finement ciselée avec une pureté minérale remarquable et une longueur finale exceptionnelle.
Meursault Tessons 2004 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : le nez est ouvert et complexe sur le miel, la mie de pain et quelques notes florales, la bouche est opulente avec une structure large et généreuse et une finale réglissée.
 

 

L’entrée en matière est réussie avec ces deux beaux vins fortement typés par leur origine. Dans ce premier face à face, le Puligny a séduit par sa droiture et sa tension minérale alors que le Meursault a dérouté certains dégustateurs par la complexité de sa structure.


Puligny Montrachet 2003 – Domaine Carillon à Puligny : le nez est précis et bien complexe avec des notes de citron, de fougère et quelques touches plus florales, la bouche est parfaitement équilibrée entre un gras sensible et une tension acide très droite, la finale est bien fraîche et de longueur moyenne.
Meursault Vieilles Vignes 2003 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : le nez est intense et complexe sur le miel de forêt, la mirabelle, la brioche au beurre, la bouche possède un toucher soyeux avec un gras perceptible et une présence aromatique puissante. La finale est bien longue, très goûteuse mais sans lourdeur.

 

Le millésime a généré des vins très expressifs et plein de gourmandise et ces deux cuvées ne renient pas le style. Le Puligny reste plus tendu que le Meursault, mais ce dernier se distingue par une richesse aromatique assez rare…difficile de choisir, mais le faut-il vraiment ?


Puligny Montrachet 1°Cru Les Referts 2002 – Domaine Carillon à Puligny : le nez est franc et riche avec des notes d’agrumes mûrs, de fleurs, de vanille et de craie, la bouche possède une structure généreuse, le gras et la rondeur sont affirmés mais une minéralité intense s’impose peu à peu sur toute la longueur de la finale.

Meursault Les Vireuils 2002 – Château Genot-Boulanger à Meursault : le nez est pur et profond sur les agrumes (mandarine) et la brioche, la bouche est dense et concentrée avec beaucoup de gras et une finale où de fines notes de pamplemousse apportent une fraîcheur bienvenue à la finale.
 

 

Les deux vins sont amples et très élégants avec des profils aromatiques complexes et des structures en bouche bien équilibrées. Entre ces deux cuvées très réussies et totalement épanouies aujourd’hui, le choix a légèrement penché en faveur du Puligny, mais le duel était un peu tronqué (le Puligny est un 1°Cru).

 

6
Un trio bien sympathique (ma cave est vraiment très humide...et mon appareil photo vraiment pourri !!!)

 

 

- ce petit jeu bien sympathique nous a permis avant tout de nous concentrer pour identifier les particularités de ces 2 appellations géographiquement si proches mais gustativement si différentes : équilibre soyeux et miel à Meursault, tension et minéralité à Puligny… ces 6 vins n’ont vraiment pas trahi leur terroir.

- s’il faut désigner l’appellation gagnante de ce petit « match », ce sera Puligny devant Meursault, mais cela relève de l’anecdote…en tous cas, le plaisir procuré par la dégustation de ces 6 très beaux vins nous a donné une furieuse envie d’organiser très prochainement une rencontre retour.

- Pour les coups de cœur : Meursault Vieilles Vignes 2003 et Referts 2002, parfaits ambassadeurs de leurs prestigieux terroirs.

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  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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