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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 08:33

 

 

Poussés par l’envie de découvrir les mystères de l’Alsace et de ses vins, nos amis ardéchois ont enfin trouvé le courage de quitter pour quelques jours le chant des cigales et les parfums de la garrigue, pour remonter dans le grand nord, affronter la rigueur d’un climat hostile et la dureté d’une terre inhospitalière…

Aidé par la météo incroyable de cette fin septembre et par la gentillesse de nos hôtes successifs sur la route des vins, je pense sincèrement les avoir étonnés plus d’une fois au détour d’une halte dans notre belle région.
Comme j’ai l’habitude de le dire à la fin de mes chroniques sur les Grands Crus, je crois bien qu’eux non plus ne boiront plus jamais du vins d’Alsace comme avant….

La fin du séjour alsacien des ardéchois approche et, pour cette dernière escapade, nous partons vers un autre endroit qui me tient particulièrement à cœur : Mittelbergheim et ses environs. La visite de ce village, que je considère comme l’un des plus beaux de la Route des Vins, est presque un passage obligé, sans compter qu’on trouve dans les environs immédiats, plein d’autres sites à ne pas rater comme la superbe route vers Andlau, au pied des Grands Crus Wiebelsberg et Kastelberg ou les villages fleuris (Itterswiller notamment) qui sont un ravissement pour les yeux.
Bref, c’est une après-midi qui s’annonce bien…avec comme destination finale le domaine Beck-Hartweg à Dambach où Florian (enema) nous attend à la fin de sa journée de vendanges pour présenter son domaine à son correspondant virtuel, sur lequel il va enfin pouvoir mettre un visage.

Nous commençons par une petite promenade dans les rues de Mittelbergheim où nous croisons Jean-Pierre Rietsch qui nous invite évidemment à passer le voir dans sa cave…de toute façon, je ne quitte jamais ce village sans avoir salué ce sympathique vigneron.

 

 
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Mittelbergheim (au printemps)…comment ne pas s’arrêter.

 


Après quelques pas sur le coteau du Zotzenberg où des brigades de vendangeurs s’activent encore nous nous retrouvons donc en compagnie de Jean-Pierre Rietsch, entre les foudres et les cuves pleines des jus de 2011 qui fermentent bruyamment. Nous dégustons les vins en cours de formation et constatons que les matières sont riches et gourmandes avec des sucrosités naturelles conséquentes, des acidités bien présentes et toujours ces superbes sensations salines qui m’avaient déjà fortement impressionné sur 2010.
 

 

La visite se poursuit dans le caveau de dégustation où les groupes de clients de passage se succèdent sans discontinuer.
 

Jean-Pierre nous présente quelques une de ses cuvées emblématiques en nous expliquant ses conceptions actuelles au sujet de la vinification et de l’élevage de ses vins : être à l’écoute des vins et les accompagner au mieux pour qu’ils se réalisent pleinement. Cette philosophie très « nature » pousse notre vigneron à sortir chaque année des cuvées sans intrants ou d’autres encore plus expérimentales, lorsqu’il s’oriente vers des élevages oxydatifs.
Parmi les vins dégustés lors de cette visite je retiendrai tout particulièrement :

 

- le Muscat nature Murmure 2010 que j’avais déjà goûté sur foudre en décembre et qui se révèle plein de charme et de mystère.
- le Riesling nature 2010, provenant du grand cru Zotzenberg, il impressionne par son caractère cristallin et sa tenue impeccable en bouche…Grand MIAM !

 

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- le Riesling Stein 2010, malgré son olfaction à l’expressivité un peu baroque, il montre beaucoup de classe en bouche avec une matière riche et solidement structurée qui répond parfaitement à l’exubérance du nez…Très grand MIAM !

 

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- la cuvée oxydative (dont je n’ai hélas pas noté le nom mais qui est épuisée depuis quelques temps) s’est vraiment montrée à son avantage et m’a particulièrement interpellé par sa personnalité originale mais diablement séduisante…le genre de cuvée qui vous ouvre d’autres horizons dans le paysage viticole alsacien !

Avec des notes minimales ou souvent inexistantes je n’ai pu tracer qu’une petite esquisse des crus dégustés durant cette visite mais j’aurai l’occasion très prochainement de m’entretenir plus longuement avec Jean-Pierre Rietsch puisque l’étude du Zotzenberg en cours passera par son domaine…

Après cette nouvelle rencontre avec ce vigneron de Mittelbergheim, je suis plus que jamais convaincu qu’avec son esprit créatif un peu artiste et son amour passionné du vin, Jean Pierre n’est pas près de s’arrêter de concevoir des cuvées novatrices et originales pour nous livrer sa vision parfois décalée mais toujours sincère du vin d’Alsace.


 

 

La dernière halte de la demi-journée à lieu à Dambach la Ville où, après le traquenard de Mittelbergheim, nous arrivons évidemment bien trop tard pour assister à la fin de la journée de vendanges au domaine Beck-Hartweg.
Mais qu’à cela ne tienne…ce sera déjà l’occasion de faire se rencontrer deux avatars de DC (cyra et enema) et bien sûr d’aller visiter la cave du domaine.


D’ailleurs la journée est loin d’être terminée pour cette famille vigneronne : le pressoir est chargé de la vendange du jour et le jus des gewurztraminers s’écoule doucement sous les yeux vigilants de Michel, le papa de Florian, alors qu’Yvette, la maman s’occupe d’un couple de clients attablés dans la cour…ça turbine sec chez les Beck-Hartweg en cette fin de semaine !

Florian nous invite à goûter le jus de raisin qui s’écoule dans le pressoir : c’est brunâtre, très sucré et légèrement acide en finale « un gewurztraminer vraiment magnifique ! » s’exclame ce jeune vigneron visiblement très content de sa récolte du jour…pour nous c’est franchement illisible mais bon, c’est là qu’on prend conscience des limites d’un dégustateur amateur.


Pour continuer nous nous rendons dans cave parmi les vieux foudres où fermentent les vins du dernier millésime pour goûter quelques cuvées 2011 : il y a notamment un sylvaner étonnant de densité et de beaux Frankstein qui laissent déjà entrevoir leur trame minérale.

La dégustation se poursuit à l’entrée de la cave mais le temps nous est compté puisque l’heure du dîner approche – en plus, comme c’est la veille du départ, ce sera tarte flambée au restaurant – nous sommes donc obligés de faire une sélection drastique parmi la quinzaine de références à la vente actuellement chez les Beck-Hartweg. Malgré le peu de temps disponible pour apprécier pleinement les vins (et prendre des notes exploitables…), j’ai été sensible au charme de plusieurs ciuvées comme :


- le Riesling Cuvée Prestige 2010, franc, précis, sec et tendu.
- le Riesling G.C. Frankstein 2009, discret au nez mais long et profondément minéral en bouche.
- l’Auxerrois Vieilles Vignes 2010, étonnamment complexe au nez et finement miellé en bouche…MIAM !

 

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- le Pinot Gris G.C. Frankstein 2009, épanoui au nez mais harmonieux et très profondément minéral en bouche. J’aime…et pourtant c’est du pinot gris !

 

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- le Gewurztraminer G.C. Frankstein 2007, très aérien et sensuel au nez avec ses arômes de fleurs, il repose sur une solide base minérale en bouche…encore un 2007 qui se goûte parfaitement aujourd’hui !

 

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- le Gewurztraminer S.G.N. 2007, issu exclusivement de raisins passerillés, il garde la pureté du fruit surmûri, mais se montre un peu too mutch pour moi en bouche…belle réussite quand même (Bettanisé en 2011).


Florian a repris à son compte l’exploitation familiale et signe ses cuvées avec son nom et son prénom depuis le millésime 2009. Ses parents restent cependant très présents sur l’exploitation en lui apportant leur force de travail et leur expérience. Malgré la construction d’un espace plus volumineux pour les réceptions de vendange et le stockage, Florian est resté très fidèle aux espaces professionnels chargés de l’histoire du domaine : c’est ainsi qu’on sent une vraie âme dans la vieille cave à foudres située sous la maison des Beck-Hartweg.

Avec des parents fervents militants de la Charte Tyflo, Florian n’a eu aucune difficulté pour passer à la viticulture biologique. C’est ainsi qu’il laisse s’exprimer ses solides convictions sur la nécessité de respecter le sol, la plante et l’écosystème dans son travail de vigneron. Pour avoir participé deux fois déjà à des journées de vendanges au domaine je peux témoigner de la qualité exceptionnelle des raisins récoltés dans les vignes conduites par Florian et ses parents.

Elevés principalement dans de vieux foudres en bois, les vins du domaine sont précis et typés, notamment les Frankstein, dotés d’une minéralité très particulière, tout à fait différente de celles des terroirs granitiques du sud tels que les Brand, Sommerberg ou Wineck-Schlossberg.
Le pinot gris 2009 équilibré et gourmand est presque à point, le riesling 2009 cache encore bien des secrets mais le gewurztraminer 2007 a commencé sa phase de plénitude et nous a offert un véritable récital gustatif en fin de dégustation.

Cette tournée alsacienne des ardéchois se termine donc par une rencontre entre internautes…comme pour rappeler que les forums de dégustateurs permettent également de tisser de vrais liens d’amitié en dehors des échanges virtuels sur la chose vinique.

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  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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