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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 12:03

 

Avec ce printemps précoce et chaud bien installé sur l’Alsace depuis quelques semaines, l’occasion de savourer quelques asperges, légumes primeurs, morilles et fraises accompagnés par une série de belles flûtes locales était bien trop belle…direction la Taverne Alsacienne à Ingersheim où nous attendent Jean-Philippe Guggenbuhl et Thierry Meyer pour un nouveau repas dégustation de l’Oenothèque Alsace.

 

 

L’assemblée du soir très cosmopolite, est invitée à se délecter des plats préparés par le chef, qui comme à son habitude, s’est fait un point d’honneur à préparer de beaux produits dans des compositions simples et précises et à tester la qualité des associations viniques pensées par Thierry.


Apéritif :


Pinot blanc Mise du Printemps 2010 – Domaine Josmeyer : au nez, des arômes frais et aériens, un peu cône de houblon, la bouche allie ampleur et tension dans une structure parfaitement équilibrée.
Une superbe entrée en matière avec ce vin élégant et très sapide…un apéritif idéal qui se boit avec plaisir et facilité, sans monopoliser le palais pour la suite.

 

 

Foie gras de canard poêlé, fraises et jus réduit :


Pinot Gris Altenbourg-Cuvée Laurence 2005 – Clos des Capucins : au nez, des arômes frais et gourmands sur l’abricot et la vanille, la bouche est généreuse mais l’association du moelleux et de l’acidité bien longue dessine une silhouette svelte et raffinée.
Pinot Gris G.C. Furstentum 1991 – Domaine P. Blanck : au nez, les arômes sont purs mais assez évolués (cire, épices), la bouche est très belle avec un grain soyeux et gras et une grande longueur finale.
Face à un 2005 parfaitement épanoui, le 1991 qui avoue son âge sans faux-semblant a un peu de mal à se faire sa place…
Ceci dit, ces deux vins tiennent parfaitement leur rang avec des structures riches et équilibrées en bouche : l’Altenbourg confirme que les grands vins de 2005 commencent à sortir de leur torpeur et se goûtent admirablement aujourd’hui, le Furstentum prouve une fois de plus que 20 ans de garde ne font pas peur à des Grands Crus alsaciens.
Avec le plat, deux accords bien différents : le premier vin joue sur une harmonie au niveau des textures alors que le second crée une belle synergie sur le plan aromatique.

 

 

Fricassée d’asperge aux morilles fraîches :


Muscat G.C. Altenberg de Bergbieten 2007 – Domaine F. Mochel : au nez, les arômes floraux sont exubérants, presque entêtants, l’attaque en bouche est puissamment aromatique mais la structure ne tient pas sur la longueur, l’ensemble manque un peu de corps et la finale est particulièrement abrupte.
Riesling G.C. Steingrubler 2000 – Domaine Barmes-Bucher : la bouteille s’avère défectueuse, oxydation prématurée.
Riesling Rorschwihr-Cuvée Yves 2000 – Domaine Rolly-Gassmann : au nez, des notes très pures d’agrumes confits, la bouche est riche et gourmande avec un moelleux sensible mais une grande salinité finale.
Décidément, la cuvée G.C. de Mochel me laissera toujours un peu sur ma faim : ce vin reconnu et apprécié par beaucoup de dégustateurs ne correspond vraiment pas à ce que j’attends d’un muscat…en plus, sur cette bouteille, le différentiel entre la puissance des arômes et la fragilité de la structure en bouche m’a vraiment dérangé.
Il en est tout autrement des vins de Rolly-Gassmann dont j’aime de façon presque inconditionnelle cette matière toujours très opulente sous tendue par une charpente solidement minérale qui se révèle de plus en plus précisément avec quelques années de garde. Superbe !
Avec le plat, l’accord attendu avec le muscat s’est réalisé assez naturellement, mais j’ai nettement préféré le riesling 2000 qui, face à ces asperges cuites à la perfection et ces morilles goûteuses à résonné joliment en répondant avec beaucoup de finesse à la pointe amère des légumes.


Gigot d’agneau de lait des Pyrénées, jus à l’ail et légumes primeurs :


Pinot noir M 2009 – Domaine Laurent Barth : au nez, de belles notes de fruits rouges (surtout de la framboise), la bouche est très agréable avec un toucher soyeux et une fine acidité qui rafraîchit la finale.
Pinot noir Vieilles Vignes 2002 – Domaine A. Hurst : au nez, après de fugaces notes de réduction, la palette s’offre avec richesse et complexité, un fruité un peu confit et un léger fumé, la présence en bouche est très plaisante, dense, charnu et d’une belle finesse aromatique.
Pinot noir F 1996 – Domaine P. Blanck : au nez, expressivité et franchise avec des arômes de cerise mûre, la bouche est corpulente avec une acidité présente qui s’impose progressivement en donnant un caractère assez austère à la finale.
Récolté sur des terroirs classés Grand Cru ces trois vins se sont comportés en très bons compagnons de table sans pour autant me procurer de grande émotion.
Le 2009 (récolté sur le G.C. Markrain) est beau mais je dois dire que j’ai déjà rencontré quelques références superbes sur ce millésime…là je serai moins enthousiaste.
Le 2002 (récolté sur le G.C. Brand) est vraiment étonnant pour le millésime et confirme le potentiel des terroirs granitiques pour les pinots noirs alsaciens…la bonne surprise de la série.
Le 1996 (récolté sur le G.C. Furstentum) a joliment patiné ses arômes mais la bouche est restée bien trop stricte à mon goût.
Avec le plat, ça marche sans plus pour les trois vins, mais l’agneau aurait supporté un poil de générosité en plus dans le verre. On aurait pu descendre vers la Méditerranée…bien que je sois sûr que sur 2009 il y avait moyen de trouver par chez nous.


Compotée de rhubarbe à la vanille :


Riesling G.C. Zinnkoepflé VT 2009 – Domaine A. Bursin : agrumes mûrs au nez et un équilibre pointu en bouche malgré une matière très ronde…une VT superbement minérale !
Gewurztraminer VT 2005 – Domaine P. Spannagel : le nez est très mûr avec des arômes confits et grillés et une touche de rose fanée, la bouche gentiment rondouillarde devient un peu lourde en finale.
Gewurztraminer G.C. Zinnkoepflé VT 2002 – Domaine E. Rominger : le nez est riche avec des notes de torréfaction, de fruits cuits et d’épices, la bouche se caractérise par une présence suave et bien équilibrée.
Voilà un trio moelleux qui montre une fois de plus que ce type de vin d’Alsace a une vraie place en fin de repas : la jeunesse du riesling 2009 s’impose dans un accord immédiat, presque ton sur ton, mais le gewurztraminer 2002, plus raffiné et plus complexe crée un mariage plus subtil basé sur le dialogue entre les saveurs de chaque élément.

 

 

Pour conclure :


- ce repas printanier préparé avec sa maestria habituelle par Jean-Philippe Guggenbuhl et arrosé avec une sélection alsacienne composée par Thierry a une nouvelle fois tenu ses promesses.


Face à des produits très goûteux les vins d’Alsace ont prouvé que leur place à table à côté de plats de haute gastronomie était tout à fait légitime.


- au niveau des accords j’ai particulièrement apprécié le mariage très surprenant entre le riesling de Rolly-Gassmann et les asperges…je n’aurai jamais osé tenté un tel sacrilège, mais dorénavant je n’hésiterai plus !


- pour le coup de cœur liquide j’aimerai revenir tout simplement sur le pinot blanc 2010 de Josmeyer, un vin qui se livre avec simplicité et franchise et qui laisse une impression de plénitude rare en bouche.
2010 sera un millésime compliqué mais les quelques premiers vins que j’ai pu goûter chez les « bons » me font penser que ce n’est pas encore cette année que ma consommation de vins d’Alsace va diminuer…


Bravo et merci à Thierry et Jean-Philippe pour cette soirée !

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

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