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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 17:08

 




Dans le prolongement de la dégustation des gewurztraminers GC 2008 de la précédente Masterclass, Thierry Meyer nous propose de compléter le tour d’horizon de ce millésime particulier à travers 2 thèmes plutôt alléchants :

- Thème 1 : 6 vins d’AOC Alsace 2008 avec un bon rapport Q/P.
- Thème 2 : 9 grands vins de terroir 2008 (notés 18 et plus au BD 2011).

Ce millésime frais et tardif, coincé entre 2 années chaudes, a permis aux meilleurs vignerons de retrouver une vraie typicité alsacienne dans leurs vins : avec une vendange dans un très bon état sanitaire, des maturités correctes sans être excessives et de fortes acidités à dominante tartrique, ce fut une sorte de retour au classicisme.
En règle générale, les pinots et les gewurztraminers sont frais et bien équilibrés, les rieslings devaient être vendangés assez tardivement pour éviter la sous-maturité et la douceur de l’arrière-saison a permis l’élaboration de somptueuses VT et SGN.



Thème 1 : 6 Alsace 2008 pour le plaisir à petit prix



Pinot blanc La Tulipe – Domaine G. Neumeyer à Molsheim : le nez est pur et frais sur le citron et la groseille blanche, la bouche est vive avec une belle ampleur et une finale désaltérante, légèrement perlante, marquée par des arômes d’agrumes.
Un pinot blanc classique (50% PB et 50% auxerrois) droit et sec (3g de SR) dont la franchise en fait un excellent vin de convivialité.

Pinot Blanc – Domaine E. Rominger à Westhalten : le nez s’ouvre sur des notes de réduction discrètes mais assez tenaces  avant de livrer de jolis arômes de fruits mûrs et de froment, la bouche possède un beau volume avec d u gras, une salinité bien marquée, la finale est légèrement réglissée et fumée.
Issu à 100% d’auxerrois ce vin possède une très belle complexité et un marquage minéral bien prononcé…un pinot blanc de gastronomie.

Riesling Cuvée Vieilles Vignes – Cave de Ribeauvillé : le nez est bien expressif avec des arômes très purs d’agrumes frais, la bouche est charnue avec un milieu très fruité (mandarine) et une finale très saline qui révèle de belles notes d’herbes aromatiques.
Un riesling franc, généreux mais tendu, dont la vivacité et la jolie palette olfactive en font un compagnon de table de très bon niveau.

Sylvaner Mittelbergheim – Domaine Haegi à Mittelbergheim : le nez est discret sur un registre floral très fin, la bouche possède une structure légère et gouleyante, la finale est courte.
Un sylvaner aérien avec des arômes séduisants mais qui manque un peu de chair en bouche… un vin de soif.

Sylvaner Bollenberg – Domaine F. Schmitt à Orschwihr : le nez est expressif et complexe sur des notes de fruits mûrs et de céréales (grains de blé, farine), la bouche est ample avec du gras, de la chair et une très belle finale fraîche et bien aromatique.
Un sylvaner de haute tenue dont la qualité d’expression en fait un vrai vin de gastronomie…Bluffant, surtout lorsqu’en plus on considère son prix : 4,70 euros… Cette cuvée est épuisée aujourd’hui, dommage !

Sylvaner Vieilles Vignes – Domaine Sipp-Mack à Hunawihr : le nez est discret mais très pur avec des arômes de fruits blancs et de fines notes citronnées, la bouche est équilibrée, charnue avec un joli gras, la finale est bien tendue et délicatement réglissée.
La présence en bouche est magnifique, une matière très harmonieuse malgré un équilibre très sec (2g de SR), on sent le présence d’un grand terroir… et ce n’est pas étonnant puisqu’une partie des raisins de cette cuvée proviennent d’une parcelle sur l’Osterberg.

 

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Ces vins d’entrée de gamme parfaitement réussis, précis et joliment expressifs m’ont particulièrement séduit : ils sont un témoignage concret de la qualité du travail des vignerons et du respect de ces derniers pour leur clientèle. Avec ces cépages qui servent trop souvent à élaborer de la bibine bradée à moins de 2 euros la quille en supermarché, ces producteurs défendent brillamment la diversité alsacienne en élaborant ces superbes cuvées.
Chapeau bas messieurs !

Pas moyen d’isoler un coup de cœur dans cette série dédiée aux rapports Q/P quasiment inégalables (autour de 5 à 6 euros la bouteille)…il faut en remplir sa cave avant qu’il n’y en ait plus (pour le Bollenberg, c’est hélas déjà trop tard).




Thème 2 : 9 grosses pointures sur 2008

 

 


Riesling G.C. Kessler-Heisse Wanne – Domaine Dirler-Cadé à Bergholtz : le nez est fin et discret à l’ouverture, de belles notes de fruits mûrs et un léger vanillé se développent peu à peu, la bouche est ample, la matière est très concentrée, l’acidité est mûre et large, la finale est longue et tendue.
Très pur mais plus discret sur le plan aromatique que lors de ma dégustation au domaine, ce Kessler me laisse toujours cette même impression : une alliance un peu paradoxale entre finesse et puissance (à moins que le terme « puissance » ne soit pas approprié…n’est ce pas Nicolas ?)…en tous cas, malgré ce désaccord sur les mots, l’évaluation qualitative est unanime, c’est un très grand vin !
13°4 – 5g de SR – 9,1g d’acide tartrique.

Riesling G.C. Schlossberg – Domaine Bott-Geyl à Beblenheim : le nez est ouvert et assez intense, marqué par le fruit mûr (agrumes et ananas), la bouche est ronde, concentrée, charnue, la finales est longue et saline.
Un riesling mûr, ouvert et très séduisant issu d’une parcelle dans le fameux vallon du Schlossberg, qui flatte le palais dès aujourd’hui mais dont la densité en bouche laisse présager un très gros potentiel de garde. A cacher dans la cave…
13° – 8g de SR – 9,1g d’acide tartrique.

Riesling G.C. Kastelberg – Domaine Kreydenweiss à Andlau  : le nez est engageant et complexe malgré une certaine retenue, on y perçoit d’agréables notes de beurre frais et de vanille, la bouche est concentrée et très tendue (2g de SR) avec une longue finale légèrement tannique.
Une puissance rare et une race incroyable…quel grand vin !

Riesling G.C. Rangen-Clos Saint Urbain – Domaine Zind-Humbrecht à Turckheim  : le nez est discret mais très complexe, il s’ouvre sur des notes de pierre à fusil, de silex avant de révéler une palette bien fruitée (abricot mûr et citron), la bouche est puissante avec une acidité immédiate, un fruit qui s’affirme progressivement et une finale exceptionnelle de densité et de longueur.
Une salinité puissante, une présence tannique très particulière et une longueur en bouche phénoménale… un Rangen d’anthologie.
4g de SR – 6,3g d’acide tartrique.

Pinot Gris G.C. Muenchberg – Domaine A. Ostertag à Epfig : le nez s’ouvre sur des notes d’élevage (boisé, toasté, fumé), de belles notes florales se manifestent après aération, la bouche possède est très ample avec du gras, un léger moelleux et un puissant soutien acide, la finale est très longue.
Ce pinot gris visiblement travaillé à la « bourguignonne » est évidemment trop jeune pour se livrer pleinement, mais sa matière dense et bien équilibrée lui permettra d’affronter sereinement la future décennie… l’oenophile patient aura le plaisir de déboucher une très grande bouteille dans quelques années.

Pinot Gris G.C. Hengst – Domaine Josmeyer à Kaysersberg : le nez est pur et frais sur les fruits faunes mûrs avec un léger fumé, en bouche, le vin se révèle profond, gras, légèrement moelleux et très salin, la persistance aromatique est étonnante de longueur et de finesse.
Un pinot gris séduisant, extrêmement tentant, mais tellement loin de son optimum gustatif… encore un vin qui va nous faire vivre le dilemme freudien entre principe de plaisir et principe de réalité !


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Pinot Gris G.C. Sommerberg-Les Terrasses – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr : le nez est pur et profond avec un fruité très discret, l’équilibre en bouche est moelleux mais très digeste, la finale est longue et bien fraîche.
On sue sang et eau sur les fameuses terrasses du Sommerberg (je peux en témoigner…depuis cet été) mais lorsqu’on se retrouve face à ce liquide d’or et de miel on se dit que parfois le jeu en vaut la chandelle.
L’équilibre de ce pinot gris est très intéressant : il s’offre avec simplicité et générosité tout en laissant une impression de potentiel en devenir…
12° - 50g de SR – 8,26g d’acide tartrique

G.C. Altenberg de Bergheim – Domaine Deiss à Bergheim : le nez est intense mais un peu confus, des arômes d’agrumes confits et d’épices côtoient quelques notes liégeuses, la bouche est moelleuse, puissante avec une finale bien longue mais qui manque de pureté.
La matière est concentrée mais le profil aromatique manque de netteté…dommage !
Peut-être un souci au niveau du bouchage ???

Gewurztraminer G.C. Mambourg-Quintessence de Grains Nobles – Domaine Weinbach-Faller à Kaysersberg : le nez est intense et expressif sur la mangue et le raisin sec, l’équilibre en bouche est liquoreux, le toucher est gras, la palette est très pure et la persistance aromatique est interminable…
Un gewurztraminer évidemment magnifique… ceci dit, avec ce type de vin on rentre dans un univers que j’avoue ne plus comprendre : à 180.- la demi-bouteille, je me demande pourquoi et pour qui ce gewurztraminer est fait ? Boisson ou produit spéculatif, cette question me laisse un petit goût amer en fin de bouche…


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Coincé entre deux grandes années, 2008 s’impose comme un millésime tout à fait digne d’intégrer cette trilogie exceptionnelle en Alsace : ces vins magnifiques sélectionnés par Thierry constituent de superbes exemples de réussites proches de la perfection.
Je crois pouvoir dire que cette session de dégustation restera gravée dans la mémoire des quelques chanceux qui auront participé à cette Masterclass.

Bien évidemment il est difficile de choisir un vin dans cette prestigieuse série mais si on se prend à raisonner en terme de rapport Q/P le Riesling Kessler de Dirler à un peu mois de 20 euros et le Pinot Gris Terrasses de Claude Weinzorn à un peu plus de 20 euros, s’imposent tout naturellement…à encaver sans hésiter, pour tout de suite ou pour la prochaine décennie.

Mille mercis à Thierry de nous avoir offert ce moment d’exception.

 

PS. Désolé pour la piètre qualité des prises de vue, tout à fait indignes du niveau de ces bouteilles... mais les fêtes de fin d'année approchent,  peut-être que le Père Noël trouvera un appareil photo plus performant à mettre dans sa hotte.

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

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