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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 16:08



Pour cette dernière Masterclass Alsace avant des vacances d’été bien méritées, Thierry Meyer revient sur une structure classique à 2 thèmes en nous proposant :

- 6 « nouvelles têtes » sélectionnées lors de la campagne de dégustation de 2011.
- 8 vins pour revenir sur le millésime 2006.

Le premier thème nous propose de goûter quelques bouteilles repérées par Thierry Meyer lors de sa dernière campagne de dégustation pour le guide BD pour nous faire découvrir des domaines alsaciens peu ou pas connus, ayant produit une cuvée offrant un bon rapport Q/P.

Le second thème se situe dans le prolongement de la superbe session de sur les réussites du millésime 2006 et nous invite à vérifier comment ces vins ont évolué.


Masterclass Alsace du 18 juin 2011 à Colmar

Tous les vins sont dégustés et commentés à l’aveugle – verres INAO



Thème 1 : 6 découvertes à petit prix sur le millésime 2009.

Pinot blanc 2009 – Domaine E. Schillinger à Gueberschwihr : le nez est discret, un peu pierreux et délicatement floral, la bouche est ample, un peu ronde avec une finale légèrement amère.
Un pinot blanc bien fait, équilibré (13°6 – 4,4g SR – 5,74g AT) avec un caractère très désaltérant qui le rend facile à boire…mais sans plus.

Sylvaner Bollenberg 2009 – Domaine J.M. Welty à Orschwihr : le nez assez intense s’ouvre sur des notes pharmaceutiques (camphre, iode) avant de révéler des arômes de fruits blancs mûrs (pomme et poire), la bouche possède un gras et un volume appréciables mais la finale est un peu courte et légèrement amère.
Avec une olfaction un peu bizarre mais une matière est assez belle (13° - 1g SR – 4,73g AT), ce sylvaner se tient comme un honnête vin de soif.

Sylvaner Blienschwiller 2009 – Domaine R. Kientz à Blienschwiller : le nez est fin et discret sur un registre floral, la bouche est droite avec quelques nuances fumées et une légère amertume en finale.
Sans défaut mais sans trop de personnalité, ce sylvaner est vraiment très basique.

Sylvaner Meissenberg 2009 – Domaine C. Braun à Orschwihr : le nez est pur et discret sur la pêche blanche, en bouche l’équilibre est sec mais la structure possède un beau volume et la finale est gourmande et d’une longueur appréciable.
Un beau vin sans trop de fioritures mais avec une texture très gourmande…un beau sylvaner classique (13°5 – 3,8g SR – 5,02g AT).

Sylvaner Vieilles Vignes 2009 – Domaine J. Gruss à Eguisheim : le nez s’ouvre sur des notes suspectes, un peu fermentaires mais aussi légèrement liégeuses, l’oxygénation fait évoluer l’olfaction vers un registre floral, la bouche se tient très bien avec un joli volume et un équilibre digeste.
Un sylvaner avec une belle matière (13°3 – 4g SR – 6g AT) dont le nez laisse hélas une impression un peu douteuse…dommage !

Sylvaner G.C. Zotzenberg 2009 – Domaine Gilg à Mittelbergheim : le nez est expressif et complexe avec des notes florales et pierreuses, en bouche l’équilibre se réalise entre une richesse palpable et une acidité bien tendue, la finale révèle des notes de pomelo qui persistent longuement.
Ce n’est pas encore le grand frisson mais avec ce Zotzenberg on remonte d’un cran  en terme de qualité : un sylvaner qui a pleinement profité du millésime (14,27° - 7,88g SR – 5,2g AT) mais qui reste « borderline » quant à sa typicité.

 

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En conclusion :

- Pour découvrir ou redécouvrir le sylvaner, 2009 a tout du millésime providentiel : l’arrière-saison très chaude a permis à ce cépage tardif d’arriver à pleine maturité physiologique tout en gardant un bel équilibre physique. De plus, après une campagne d’arrachage soutenue, il ne reste presque que des parcelles de vieilles vignes en Alsace, situées souvent sur de beaux terroirs, dont ce cépage se fait un interprète presque aussi éloquent que le riesling.

- Cette sélection a montré que sur ce millésime, même des producteurs peu connus ont réussi des cuvées de sylvaner dignes d’intérêt et offrant des rapports Q/P exceptionnels : hormis le Grand Cru les vins goûtés ci-dessus se situent autour de 5 euros.

- Il n’en reste pas moins que cette série de bouteilles n’a pas réussi à me faire oublier certains noms plus connus du vignoble qui ont réalisé de très belles choses sur ce cépage en 2009 : Julien Schmitt et son Grand A, Guy Wach et son Duttenberg, Jean-Daniel Hering et son Clos de la Folie Marco, Jean Pierre Rietsch avec ses deux versions « Nature » et « Vieilles Vignes »…et bien d’autres.




Thème 2 : comment vont les 2006 ?

Pinot noir Grand P 2006 – Domaine A. Mann à Wettolsheim : la robe est dense et assez foncée, le nez est un peu réduit à l’ouverture puis se développe sur un registre empyreumatique et légèrement animal, en bouche la matière est dense et charnue avec une acidité bien large et une finale fraîche et discrètement réglissée.
Volnay 1° Cru Santenots 2006 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : la robe est très claire, le nez est agréable mais semble assez évolué avec des notes lactées de caramel et un fruit discret type bigarreau et une touche boisée en fond, la bouche est très légère, presque décharnée et la finale se trouve dans la même ligne en laissant une impression peu agréable de sècheresse.
« Ne vous fiez pas à la forme des bouteilles, j’ai transvasé les vins car Il y a un bourgogne parmi les 2 »…nous voilà prévenus ! De but en blanc, c’est le premier vin qui se trouve dans le style bourguignon, mais connaissant le caractère facétieux de Thierry…je suis sûr que c’est le second. Bingo…mais quelle déception !
Je ne reconnais absolument pas le Santenots que j’ai pris l’habitude de déguster au domaine depuis quelques années (depuis le millésime 2005 en fait…), fin de vie ou problème de bouteille…la question est posée.
Le premier pinot noir vient du terroir G.C. Pfingstberg assure une performance honorable sans me séduire complètement.

Pinot blanc 2006 Clos des Capucins – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est mûr avec des notes de grillé, de fruits blancs compotés et une petite touche de champignon blanc, l’attaque en bouche est vive et agréable mais le vin s’arrête là, dès le milieu la structure devient fuyante, la finale est complètement aqueuse.
Belle réussite en son temps ce pinot blanc commence à révéler les stigmates du millésime et d’un vieillissement…année difficile et cépage modeste, même lorsqu’on s’appelle Faller et qu’on occupe le sommet de la hiérarchie alsacienne depuis de longues années, on ne peut pas faire de miracles dans certains cas…


Pinot gris 2006 – Domaine Klee à Katzenthal : le nez est discret mais net avec un fruité très discret, la bouche est riche mais une belle acidité lui laisse un caractère très désaltérant, en plus la finale persiste avec une longueur appréciable.
Pinot gris G.C. Eichberg 2006 – Domaine Ginglinger à Eguisheim : le nez est perturbé par une vilaine pointe liégeuse, la bouche possède un équilibre bien tonique mais la finale est de nouveau marquée par la déviation aromatique détectée au nez.
Les frères Klee ont réussi un joli vin qui impose sa précision sans faire trop d’esbroufe alors que le second pinot gris laisse une sensation de frustration car la matière vraiment belle est vraiment gâchée par le défaut de bouchage.

 

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Riesling Réserve 2006 – Domaine Trimbach à Ribeauvillé : le nez est délicat sur un registre classique (fruité et pierreux) avec une touche un peu grillée, la bouche est vive et droite, l’équilibre très sec devient légèrement austère en finale.
Riesling G.C. Kessler-Heisse Wanne 2006 – Domaine Dirler-Cade à Bergholtz : le nez est expressif et complexe sur les agrumes mûrs, la pierre et les fruits exotiques, la bouche est ample, l’équilibre est sec et la finale reste très stricte tout en livrant quelques belles notes épicées.
Ces deux rieslings tiennent bien debout mais le premier, très propre mais sans fantaisie, semble avoir dépassé son apogée alors que le second possède encore beaucoup d’éclat et de charme…cette cuvette du Kessler est magique !


Muscat G.C. Mambourg 2006 – Domaine Schoech à Ammerschwihr : le nez est épanoui et très séduisant sur un registre floral avec une petite pointe de champignon blanc, la bouche est belle et richement aromatique, fleur de sureau, menthe et pêche blanche composent une palette complexe, l’équilibre est un peu mollasson mais la finale est d’une longueur étonnante.
Très richement parfumé ce muscat Grand Cru est une belle réussite même s’il manque un peu de tonus…à savourer aujourd’hui pour le plaisir !

Gewurztraminer G.C. Altenberg de Bergbieten 2006 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten : le nez est pur, légèrement torréfié avec des notes de fruits bien mûrs (abricot, mangue), la bouche est riche, bien équilibrée et profondément saline, la finale se distingue par une belle longueur.
Un gewurztraminer sans trop d’exubérance mais avec un profil pur et précis et une belle trame minérale.

Pinot gris Breitenberg V.T. 2006 – Domaine L. Boesch à Soultzmatt : le nez est agréable et assez surprenant avec des arômes de céréales légèrement torréfiées et de tabac brun (un peu Gitane sans filtre), en bouche une matière très riche s’impose mais l’acidité fine et bien longue équilibre l’ensemble, la finale est très longue et revient avec insistance sur les notes de tabac.
Les allergiques aux odeurs de cigarettes auront peut-être du mal à accepter cette palette pour le moins curieuse, les autres apprécieront pleinement ce pinot gris généreux, issu d’un terroir situé dans le secteur ouest de la Vallée Noble et exposé au sud, qui se tient parfaitement bien après 5 ans de bouteille.

 

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En conclusion :

- 2006 a été un millésime vraiment problématique en Alsace : des épisodes pluvieux survenus au plus mauvais moment ont généré des foyers de pourriture qui se sont développés à très grande vitesse pour atteindre une grande partie des parcelles de vigne, même celles situées en coteaux. Vendanges en catastrophe, tries sévères obligatoires…un cauchemar pour tout vigneron !
Et pourtant je me souviens d’une session mémorable avec l’Oenothèque Alsace où Thierry nous avait vraiment étonnés en nous régalant avec une série exceptionnelle de crus 2006.

- néanmoins, quelques années plus tard, on se rend compte que la plupart de ces vins n’auront pas tenu dans le temps : les cuvées basiques sont vraiment fatiguées et les équilibres actuels des vins de terroir ne laissent plus trop d’espoir à l’amateur de vieux millésimes.

- pour le coup de cœur, le riesling Heisse Wanne de Dirler s’impose tout naturellement, avec sa palette complexe et son équilibre parfait…la classe !


 

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La série complète.

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  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

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