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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 19:05


La première session de l’année 2010 des fameuses masterclass de l’Oenothèque Alsace a réuni plus d’une vingtaine de passionnés sur les bancs de la salle de dégustation de la maison Wolfberger à Colmar. Thierry Meyer a officié devant un public très cosmopolite d’amateurs et de vignerons pour une nouvelle leçon de savoir-boire alsacien.

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Le guide spirituel en phase contemplative…


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…les fidèles en phase méditative.


Le cours du jour propose 3 thématiques illustrées par 3 séries de vins servis un par un ou par paire, dégustés et commentés à l’aveugle.
 

Thème 1
Un vin de soif et 2 premiers coups de cœur en 2008

Pinot Blanc 2008  – Cave d’Obernai : le nez est discret avec un fruité léger, la bouche très vive est marqué par une acidité pointue un peu piquante, la finale est courte.
Un vin techniquement bien fait, conditionné en flacon de 1 litre… mais la matière première manquait peut-être un peu de maturité. Pour moi, c’est beaucoup trop vert pour un vin de soif !

Pinot Blanc 2008 – L. Sipp à Ribeauvillé : le nez est fin et aérien sur des fruits blancs accompagnés de délicates notes florales, la bouche est équilibrée avec du gras, une acidité large, un fruité épanoui et une finale saline.
Avec 100% de pinot blanc récolté sur une parcelle de vieilles vignes dans la partie supérieure du Grand Cru Kirchberg cette cuvée nous prouve une fois de plus, qu’avec un beau terroir et un travail de qualité, la notion de petit cépage disparaît. Un vin parfaitement réussi… Bravo !

Riesling G.C. Vorbourg - Clos Saint Landelin  2008 – R. Muré à Rouffach : le nez est discret mais on y décèle progressivement de belles notes de citron frais qui évoluent vers des nuances exotiques puis légèrement épicées, la bouche possède une matière généreuse avec du gras et une acidité virulente et profonde. Un fruité sur les agrumes frais se pose doucement  et les épices font leur retour pour soutenir une finale bien longue.
Un riesling rigoureux mais plein de concentration et empreint d’une certaine noblesse… Bref, une très haute expression de ce cépage et du millésime 2008 qui s’annonce de plus en plus comme une très grande année en Alsace.

Thème 2
Les terroirs gréseux : quels types de vins ?

Riesling Andlau 2008 – M. Kreydenweiss à Andlau : le nez est discret et très pur, la structure en bouche est ronde et avenante mais l’équilibre reste sec, la finale se prolonge  sur des notes d’écorce d’agrumes d’une grande subtilité.
Une parcelle juste en dessous de la limite du Grand Cru Wiebelsberg à livré ce beau vin, expression épurée mais élégante de ce cépage.

Pinot Gris Fronholtz 2007 – A. Ostertag à Epfig : le nez est discret mais plein de charme avec de belles notes de beurre frais et un boisé délicat, la bouche possède une matière riche, du gras, quelques SR, un boisé encore bien présent mais la finale reste légère et digeste avec de belles notes de pamplemousse.
Une constitution très riche et un élevage qui doit encore se fondre un peu… ce vin sera grand si on lui laisse le temps de construire son équilibre.

Riesling G.C. Muenchberg 2007 – J. Meyer à Nothalten 
: l’originalité des arômes révélés par l’olfaction est très déstabilisante (pomme très mûre, marc de raisin…), les sensations au palais ne sont pas beaucoup plus rassurantes, l’équilibre est sec, la minéralité est perceptible, mais le milieu de bouche est mou et fuyant, la finale est marquée par une amertume un peu prononcée.
Certains diront que ce vin a une vraie personnalité… en ce qui me concerne je ne l’ai vraiment pas comprise. Dommage !

Riesling G.C. Kessler - Heisse Wanne 2006 – Dirler-Cadé à Bergholtz 
: le nez est typé, très pur avec des arômes pierreux et finement terpéniques,  la bouche est parfaite avec sa structure sphérique et son équilibre entre richesse (17g de SR) et acidité. La finale est majestueuse,  longue, saline, avec des amers magnifiques.
Ce vin était déjà sorti du lot lors d’une autre session consacrée aux réussites du millésime 2006, je ne l’ai pas reconnu mais le verdict qualitatif a été sans appel : c’est un très grand riesling !        

Pinot Gris Clos Liebenberg 2005 – V. Zusslin à Orschwihr : le nez est agréable, d’un beau classicisme avec ses notes de céréales et de fruits jaunes soutenues par un fumé léger, l’équilibre en bouche est sec, la structure est ample et la finale présente une amertume assez importante.
La palette est classique, la présence en bouche est imposante mais la finale peut dérouter certains dégustateurs sensibles à l’amertume…J’en fais partie… hélas !

Gewurztraminer G.C. Kessler 2001 – Schlumberger à Guebwiller : pur et complexe ce nez  a véritablement beaucoup de classe avec une palette sur les fruits jaunes mûrs et la vanille, la bouche est tout en finesse avec une rondeur moelleuse mais une finale d’une grande fraîcheur, où les notes d’épices douces persistent longuement.
Un gewurztraminer de belle facture, un profil aromatique avenant, une silhouette racée… bref un grand séducteur qui montre que certains vins issus de terroirs gréseux tiennent bien dans le temps. Chapeau !
    
                                   
Thème 3
Les riesling  en 2002 : à boire ou à garder ?

Riesling Princes Abbés 2002 – Schlumberger à Guebwiller
 : le nez est racé et complexe avec des notes d’agrumes frais, de bergamote, d’épices complétées par un fumé très léger, en bouche, l’attaque est vive, la structure est droite et un peu austère, la finale est pointue avec quelques nuances terpéniques.
Tiens donc, encore un vin qui témoigne du beau potentiel de garde des terroirs de grès… Ce riesling, assemblage de raisins provenant des 3 Grands Crus de Guebwiller est d’un beau classicisme : une constitution un peu stricte mais grande richesse aromatique. Un paradoxe comme on les aime par chez nous !

Riesling Bouquet de Clémence 2002 – F. Bleger à Saint Hippolyte
: le nez est assez intense, le fruité est très mûr, la bouche est ronde mais la structure semble un peu fragile et la finale, très courte, manque de netteté.
Ce riesling récolté sur un terroir très léger a connu son heure de gloire en remportant une médaille d’or aux concours des « Rieslings du Monde » en 2004. Le vaillant lauréat d’antan a encore quelques beaux restes mais, il faut bien le reconnaître, aujourd’hui son apogée est bel et bien dépassé.

Riesling Andlau 2002 – G. Wach à Andlau : le nez est fringant et pur avec de délicates notes citronnées, la bouche finement acidulée, possède un équilibre sec, la finale est gourmande, saline et légèrement épicée.
Comme pour le riesling de M. Kreydenweiss cette cuvée provient également d’une parcelle juste en dessous de la limite du Grand Cru Wiebelsberg. Encore une grande réussite sur un terroir gréseux… et, ne l’oublions pas, un très beau rapport Q/P. (7,5 euros au domaine pour le 2008)

Riesling Saint Hippolyte 2002 – M. Deiss à Bergheim
 : le nez est très bizarre, la palette aromatique semble très évoluée et manque de pureté, la bouche est massive (presque trop lourde…)  avec un profil toujours très confus (amertume, notes animales, un peu de CO2…), la finale est longue mais peu avenante.
Un vin qui laisse une impression peu agréable… effet du temps ou d’une vinification un peu expérimentale ? En tous cas très peu de plaisir pour moi…

Riesling Herrenweg 2002 – Zind-Humbrecht à Turkheim 
: le nez est expressif avec un fruité très pur sur les agrumes mûrs, la bouche est parfaitement équilibrée, il y a une certaine opulence mais l’acidité bien large et la grande salinité s’associent pour garantir une belle fraîcheur à l’ensemble. La finale est longue et délicatement épicée.
Un très beau riesling riche et équilibré, qui a atteint son plateau de maturité. Miam !

Riesling Zellenberg 2002 – M. Tempé à Zellenberg : le nez s’ouvre sur des arômes très mûrs de miel et de caramel, les agrumes se manifestent après une aération conséquente, la bouche est volumineuse mais avec un profil assez confus. Après un long moment dans le verre, la matière s’harmonise pour nous entraîner vers une finale longue marquée par une amertume un peu excessive.
Une constitution généreuse mais un ensemble qui manque de cohérence… un vin en devenir ou dont l’apogée est déjà dépassé ? Je reste perplexe…

Pour conclure :

-    Le premier thème m’a permis de découvrir deux très beaux vins de 2008 : la grandeur de ce millésime se confirme après chaque nouvelle dégustation… je sens que ce n’est pas cette année que je ferai un peu de place dans ma cave ou que je me réconcilierai avec mon banquier…

-     Le second thème nous a permis de prendre conscience de la personnalité très particulière de ces vins de grès : pas si simples et légers que çà, reconnaissables à leur structure élégante, leur profonde salinité et leur finale toujours délicatement amère.

-    La série de rieslings de 2002 rassemblait des vins issus de terroirs non classés Grand Cru a été assez hétérogène : des vins magnifiques côtoyaient des cuvées presque moribondes. Comme quoi, en faisant vieillir des vins issus de terroirs moins prestigieux, on joue un peu avec le feu mais on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise…

-    Pour les coups de cœur personnels je m’arrêterai sur 3 bouteilles :
> le pinot blanc 2008 de Sipp parce que j’aime bien les petits-grands…
> le riesling Heisse Wanne 2006 de Dirler parce qu’il est simplement parfait
> le riesling Herrenweg 2002 de Zind parce qu’il nous montre qu’un grand vigneron peut produire de beaux vins sur des terroirs moins prestigieux.

-    Comme d’habitude, Thierry Meyer a mené cette leçon de dégustation avec brio et compétence en nous proposant 3 sujets intéressants et relativement pointus, illustrés par une riche sélection de bouteilles.
Des moments simplement indispensables pour tout amateur de vin d’Alsace !
Merci Maître !

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  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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