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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 18:21



La virée beaujolaise 2010 ayant tenu toutes ses promesses, j’ai donc décidé de reconduire cette expérience en 2011.
Cette année cependant mes contraintes familiales ne me permettent plus d’envisager des plages de liberté totale en dehors des congés scolaires, ce sera donc pendant les vacances de la Toussaint (je sais, il faut dire « d’automne ») que j’irai me promener sur les routes qui serpentent entre les collines de Belleville à Mâcon à la recherche de quelques bonnes quilles à encaver pour l’hiver.


 


CIMG3895 

 

Sur les routes sinueuses du Beaujolais en automne…c’est pas beau ça !


Hélas, mes habituels copilotes m’ont fait faux bond cette fois-ci…qu’à cela ne tienne, le « poor lonesome alsacow-boy » ira se rincer le gosier tout seul.
Hoppla, c’est parti !

 

 

 

Jour 1. : nouvelle visite chez Jean-Marc Burgaud

Après une bonne heure de voiture j’arrive en vue de la colline du Py…je vais donc réussir à m’annoncer chez Jean-Marc Burgaud avec moins de un quart d’heure de retard. Joli timing !

 

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La colline du Py avec son chêne au sommet…bienvenue dans le cœur du Beaujolais.

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L’entrée du domaine Burgaud sur les flancs de la côte du Py
 

 

Je me retrouve dans le caveau de dégustation du domaine en compagnie du vigneron et de deux cavistes en tournée dans les vignobles du Beaujolais et de la Bourgogne…je sens que ça va parler vin dans pas longtemps !


Nous commençons par la cuvée spéciale de Beaujolais Nouveau 2011 dont Jean-Marc fait une petite mise pour satisfaire à la demande de certains clients attachés à cette tradition.
Discret au nez avec quelques notes de fruits noirs, il surprend en bouche par une chair assez généreuse, du gras et une belle mâche.
La mise récente trouble un peu le nez mais la présence en bouche ne trompe pas…voilà un beaujolais primeur où on y sent plus la touche Burgaud que les levures banano-framboisières !


Nous poursuivons par un tour complet du millésime 2010 :

Beaujolais Villages Les Vignes de Thulon 2010 : le nez reste sur un registre fruits noirs avec un léger fumé, la bouche est dotée d’un joli volume et d’une charpente bien solide, la finale est fruitée avec un fond délicatement minéral.
Le nom de la cuvée a changé mais l’esprit reste, c’est un vrai beaujolais-villages de terroir…comme je les aime.

Regnié Vallières 2010 : le nez est pur et élégant sur un registre agréablement fleuri avec notamment de très beaux arômes de pivoine, la bouche est encore un peu serrée mais la matière est riche, les tanins sont fins et la finale très tonique lire quelques notes poivrées.
Encore un peu brouillé par sa mise ce Regnié, élevé à 100% en cuves béton, surprend par sa belle trame tannique et sa chair très gourmande. MAIM !

Morgon Les Charmes 2010 : l’olfaction très fruitée charme immédiatement avec ses notes de cerise bien nettes, la bouche se montre plus « sérieuse » avec une grande vivacité, une texture très grenue et une finale bien aromatique, délicatement réglissée.
Cette cuvée issue d’une seule parcelle et élevée en cuve est toujours la plus marquée par le millésime et lorsqu’on déguste ce Charmes on perçoit facilement les caractéristiques des 2010 : vins de fruit avec des structures moins riches que sur 2009…un style beaujolais plus classique en quelque sorte…et c’est très bien ainsi !

Morgon Côte du Py 2010 : le nez est discret et raffiné sur la cerise noire, en bouche l’attaque est vive, le milieu d’une rondeur épanouie et la finale redevient plus pointue avec une présence tannique sensible mais agréable.
La première des 4 cuvées de Morgon  produites par Jean-Marc Burgaud sur ce terroir mythique est élevée en cuve et nous livre une version brute du marquage de la Côte du Py : le fruité net sur la cerise, la profondeur de la structure et cette matière assez virile qui appelle un peu de garde pour se révéler pleinement.

Bourgogne-2011 0008

 



Morgon Côte du Py-Réserve 2010 : l’élevage se manifeste un peu à l’ouverture mais un fruité très complexe prend rapidement le relais, la bouche est superbe d’équilibre entre tension, rondeur et présence tannique, la finale se resserre un peu tout en laissant une longue empreinte aromatique.
Issue de 3 parcelles de vieilles vignes, élevées 100% en pièces bourguignonnes de 4 à 7 vins, cette cuvée solide mais pleine de charme est encore bien jeune mais se goûte déjà avec beaucoup de plaisir…J’ai vraiment du mal à recracher, mais la journée est encore longue !

Morgon Côte du Py-Javernières 2010 : le nez est discret encore bien marqué par des notes de torréfaction, la bouche est constituée d’éléments puissants mais encore un peu dissociés, la finale révèle la classe du vin par son retour aromatique très long sur la réglisse et les épices.
Javernières est une parcelle plus argileuse et moins solaire située sur le bas du versant est de la colline du Py. Elle produit généralement un Morgon un peu plus souple et plus facile d’accès dans sa jeunesse…après un 2009 diablement flatteur, ce 2010 est encore bien replié sur lui-même et demandera un peu plus de patience pour montrer son vrai visage.

Morgon Côte du Py-James 2010 : l’olfaction est discrète mais plus en place que pour le cru précédent, on y reconnaît assez rapidement des notes de cacao et de cerise à l’eau de vie (un peu « Mon Chéri »), la bouche est puissante, riche et solidement charpentée, la finale est longue déjà bien complexe sur les épices, avec une touche finement boisée et une minéralité qui pointe.
Issue d’une parcelle orientée au sud sur la calotte sommitale du Py et élevée dans des pièces bourguignonnes de 4 vins (de la maison Seguin-Moreau comme Javernières d’ailleurs), cette cuvée se révèle d’une gourmandise absolue dès son plus jeune âge. Etonnant, car sur 2009 c’était plutôt mutisme et mine renfrognée à la même période…le monde à l’envers !

 

Bourgogne-2011 0006

 



Après ce tour exhaustif de la production de 2010 nous nous rendons dans le chai à barriques pour goûter quelques échantillons du millésime 2011. Les vins, entonnés depuis 15 jours, seront assemblés pour constituer les 3 cuvées prestige issues de la Côte du Py : Réserve, Javernières et James.


 

 

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Une partie du chai à barriques du domaine Burgaud.

 

Pipette en main Jean-Marc s’active entre ses rangées de fûts de chêne pour prélever quelques centilitres de vin et nous faire partager son enthousiasme pour ce nouveau millésime qu’il juge particulièrement réussi.
Nous dégustons d’abord les jus des 3 parcelles qui composent  la cuvée Réserve 2011 :

Parcelle Py est : c’est le vin de base de cette cuvée Réserve, il possède une trame tannique solide, une belle vivacité et un fruité profond.
Parcelle Py sud : c’est un vin juteux avec un fuit acidulé et une matière épanouie.
Parcelle Py milieu de coteau : aromatiquement très discret, ce vin révèle en bouche une matière ronde et gourmande équilibrée par une pointe acidulée bien fraîche.

Pour terminer le passage en revue des nouveau-nés nous dégustons les 2 cuvées parcellaires :

Javernières 2011: l’olfaction est discrète mais la bouche montre une chair juteuse, une structure solide mais très élégante et une finale dont la longueur annonce la genèse d’une très grande cuvée.
James 2011 : encore verrouillé à double tour ce vin est riche et ultra puissant en bouche…il tiendra sans conteste son rang de cuvée haut de gamme en 2011.

    21.05.2011 PY 014

 

La parcelle James (photo de J.M. Burgaud).

 

Enfin, pour mettre un point final à cette longue série, Jean-Marc nous propose d’ouvrir une vieille bouteille sortie de sa réserve personnelle : le nez est complexe et très raffiné sur le brou de noix, la menthe et quelques notes épicées, le toucher bouche est velouté avec un joli gras et cette fraîcheur mentholée qui donne un côté aérien à l’ensemble, la finale est bien longue mais laisse apparaître des tanins un peu austères.
Avec sa palette mystérieuse, pas forcément typée morgon mais extrêmement agréable et sa bouche d’un équilibre encore très jeune ce vin serait vraiment parfait sans cette petite sècheresse en finale…typique du millésime d’après le vigneron car c’est un Morgon Côte du Py Réserve 1998.


Bon sang, que le temps passe vite en compagnie de beaux vins et d’un vigneron qui ne boude pas son plaisir lorsqu’il s’agit de partager un moment de convivialité vinique avec quelques amateurs passionnés…Superbe !
Jean-Marc Burgaud a réussi un millésime 2010 plus classique mais de très belle facture et nous prépare le suivant avec confiance : « Au niveau qualitatif, la matière première des 2011 est impeccable (état sanitaire parfait et des degrés naturels oscillant entre 12° et 13°2) et les volumes sont satisfaisants…il y a de quoi faire de jolies choses »…Chiche !
Certains vins de 2010 ne se goûtent pas encore très bien : le fruités sont purs et bien définis mais les bouches ne sont pas encore parfaitement en place. Ceci dit, les matières sont impeccablement équilibrées et laissent envisager avec sérénité les quelques années de garde qui seront nécessaires à leur pleine expression.
2011 se situerait entre l’opulence ronde des 2009 et la finesse verticale des 2010, tous les jus goûtés semblent confirmer cette assertion…attention très grand millésime en perspective !
Pour les coups de cœur personnels je retiendrai cette année : le Morgon Cote du Py 2010 déjà bien ouvert, fruité, bien balancé et séducteur en diable, le James 2010 étonnamment causant et exprimant pleinement la profondeur de son terroir et surtout, ne l’oublions jamais, la qualité de l’accueil et le sourire de Jean-Marc…irremplaçables !

 

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  Vue de la calotte sommitale du Py.

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  • : Vins, vignobles et vignerons.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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