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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 10:27

CIMG4152 

 

Comme en 2011, le domaine organise des journées « Portes Ouvertes » pour les professionnels (restaurateurs et cavistes) et, à cette occasion, les Schoenheitz reconduisent leur initiative de l’année dernière en invitant quelques blogueurs alsaciens à cette manifestation.
Ceci étant, Wihr au Val est bien loin de Strasbourg, en plus c’est un lundi et même si je suis invité en compagnie de professionnels du vin, je reste un amateur…donc obligé de travailler encore un peu à côté pour gagner ma vie ! Dilemme…
En fait, la solution viendra de mon employeur puisque l’E.N. a eu la bonne idée de me convoquer pour un jury Bac ce même jour…et où me direz-vous ?
Mais à Colmar bien sûr !
C’est donc un ordre de mission rectoral qui lèvera mes ultimes réticences … étonnant non !

 

CIMG4156Des pinots noirs, un crémant et Aude pour l’accueil…
 

 

Je commence par un verre de crémant pour me désaltérer (il a fait beau et chaud sur le stade de Colmar…) puis j’enchaîne avec la dégustation de quelques pinots noirs, des rouges qui m’avaient fait une très forte impression l’année dernière :

Crémant Brut Blanc de blancs 2009 : le nez est pur et très aérien sur le beurre frais, les fruits blancs avec en fond de belles notes de fleurs printanières, la bouche est particulièrement vineuse avec un toucher gras et une mousse fine et onctueuse, la finale reste est vive avec une belle longueur aromatique.
(12° – 5 g/l de SR – 4,89 g/l AT – rendement 73 hl/ha)
Ce crémant 100% auxerrois qui a passé 2 ans sur lattes possède une belle matière tout en gardant un côté désaltérant et léger. Très belle réussite !

 

Alsace 0565

 

Pinot Noir Classique 2011 : mûr, charnu et très bien équilibré ce pinot noir flatte les sens par un fruité très gourmand.
(13°8  – 2,84 g/l AT)
Pinot Noir Saint Grégoire 2011 : le nez est encore très discret mais le fruit s’épanouit en bouche avec une matière bien concentrée.
(13°5 – rendement 40 hl/ha)
Ces deux pinots noirs élevés en barriques anciennes possèdent une matière équilibrée mais très généreuse qui montre que 2011 sera un millésime pour rouges corsés.

Les deux cuvées issues des terroirs plus prestigieux de Wihr-au-Val montreront surement plus leurs muscles sur 2011 que pour le millésime précédent, mais pour l’heure je vais les laisser se faire encore un peu en cave et pour revoir les cuvées 2010 qui m’avaient fait un foret impression l’année passée.

Pinot Noir Saint Grégoire 2010 : le nez est finement fruité avec des notes de cerise, la bouche est parfaitement en place et flatte le palais par un équilibre très gourmand.
(12°3 – 3,80 g/l AT – rendement 25 hl/ha).
Pinot Noir Herrenreben 2010 : le nez est splendide avec une palette expressive sur les petits fruits rouges, la bouche allie vinosité, chair croquante et fraîcheur.
(12°8 – 3,95 g/l AT – rendement 25 hl/ha).
Pinot Noir Linsenberg 2010 : le nez est plus réservé mais très pur, la bouche est très puissante, la matière est voluptueuse et la finale d’une longueur étonnante.
(12°7 – 3,9 g/l AT – rendement 39 hl/ha)
Ces trois cuvées sa montrent à la hauteur de mes attentes : le Saint Grégoire superbe de fruit et d’équilibre est prêt à boire, le Herrenreben (élevé en barriques neuves à 25% complétées par 25% de barriques d’un vin, 25% de barriques de deux vins et 25% de barriques de 3 vins) nous emmène carrément du côté de la Côte de Nuits (presqu’un peu Chambolle…) et le Linsenberg (50% de bois neuf) possède la matière mais aussi la réserve d’un tout grand…Quel trio !

 

 Alsace 0562
Un trio magique !
 

Comme pour l’édition précédente la série de vins blancs proposé aux dégustateurs est conséquente : hélas, il est déjà 18 heures et la maison Schoenheitz n’a pas forcément prévu de prolonger leur opération « Portes Ouvertes » jusqu’au bout de la nuit…Il va encore falloir choisir !

CIMG4153Dominique et Henri Schoenheitz au service des blancs.

 

 

Ceci dit, à la relecture de mes notes, je m’aperçois que j’ai quand même enchaîné 14 cuvées…

Et pour commencer, les vins de 2011 bruts de cuve :

Pinot blanc Val Saint Grégoire : un vin très charmeur avec un fruité bien épanoui au nez comme en bouche et une matière généreuse qui laisse une impression de douceur en finale.
(12°5 – moins de 2g/l de SR – rendement 67 hl/ha)
Ce vin 100% auxerrois est techniquement sec mais laisse une impression très suave en bouche…une entrée de gamme séduisante à souhait !

Muscat : le nez est expressif sur le raisin frais et la rose, en bouche la chair est douce et généreuse et la finale délicatement acidulée.
(12°6 – 9,5 g/l SR – 2,75 g/l AT – rendement 40 hl/ha))
Ce beau muscat flatte les sens avec facilité et simplicité : c’est le type de vin un peu rondouillard mais très aromatique qu’on retrouvera avec plaisir à l’apéritif…MIAM !

Riesling Classique : le nez est épanoui et expressif avec une palette sur l’ananas frais et le citron, la bouche est finement ciselée et se montre très avenante malgré une trame acide bien pointue.
(12°8 – moins de 5 g/l de SR – rendement 40 hl/ha)
Riesling Herrenreben : citronné et pierreux au nez, ce vin possède une matière puissante, une structure très droite et une finale longue et intensément minérale.
(13°2 - moins de 5 g/l de SR – rendement 45 hl/ha)
Riesling Holder : le nez est discret avec des notes minérales et légèrement grillées, la bouche est ample et sphérique, l’aromatique se développe un peu en révélant des arômes de raisin mûr, la finale est tendue par une profonde salinité.
(13° – moins de 20 g/l SR – rendement 39 hl/ha)
Comme le montre la cuvée classique 2011 sera un millésime où les rieslings auront un côté ouvert et exubérant qui leur donnera un charme immédiat et une grande facilité d’accès au risque de nous faire oublier que les sélections parcellaires sont aussi des vins de terroir et donc de garde. Le sol granitique et sablonneux du Herrenreben marque le cépage en lui conférant une structure solidement tendue, le sol granitique très pauvre du secteur central du Holder lui apporte la maturité mais aussi une salinité intense.

 

Pinot gris Linsenberg : le nez est complexe mais très engageant, en bouche ce vin ample et généreux possède un équilibre rond et gourmand.
(13° - moins de 15 g/l de SR – rendement 35 hl/ha)
Le Linsenberg est le troisième lieu-dit mis en valeur par les Schoenheitz sur le ban de Wihr-au-Val. Ce pinot gris a profité des effets conjugués d’un millésime chaud et d’un sol caillouteux granitique favorable aux belles maturités pour se forger un caractère très opulent.

Gewurztraminer Holder V.T. : l’aromatique florale très expressive au nez prend un caractère carrément explosif en bouche, ce vin moelleux montre un volume imposant et une finale qui flatte les sens par sa complexité et sa longueur.
(13° - moins de 50 g/l de SR – rendement 25 hl/ha)
Voilà un gewurztraminer nous donne une très belle image de ce cépage sur 2011 : le côté surmuri est présent mais il se décline en expressivité et en structure. MIAM !
 

 

 

Après ce choix conséquent de cuvées 2011, il ne me reste hélas que très peu de temps pour voir comment se tiennent les vins issus d’autres millésimes. Je laisse le soin à Henri Schoenheitz de me faire une sélection personnelle d’une petite dizaine de bouteilles…c’est parti :

Riesling Linsenberg 2008 : le nez est d’une finesse inouïe avec une palette suave et complexe, la bouche est vive, très épurée avec un équilibre parfaitement vertical.
(12,2° - 7,8 g/l SR – 5,67 g/l AT – rendement 59 hl/ha)
Riesling Herrenreben 2008 : le nez est franc et fruité sur l’orange et la mandarine, la bouche est plus large, un peu plus opulente mais la finale révèle de très belles notes salines qui lui apportent un coté salivant très agréable.
(12,6° - 9;6 g/l SR – 4,4 g/l AT – rendement 31 hl/ha)

 

CIMG4223

 
Avec l’âge, la matière de ces 2008 a trouvé équilibre et harmonie en dessinant des personnalités très différentes sur ces deux rieslings : le Linsenberg est remarquable de précision et de profondeur, le Herrenreben se révèle plus épanoui avec une structure très large qui s’équilibre grâce à la minéralité très présente en finale.
Deux très grands vins !

Riesling Holder 2007 : le nez est franc et très élégant sur les agrumes et les harbes aromatiques, la bouche est pleine et sphérique, la finale est longue et finement poivrée.
(13,3° - 6,6 g/l SR – 4,72 g/l AT – rendement 57 hl/ha))

 

Alsace 0561

 
Riesling Holder 2005 : le nez est fin et raffiné sur le miel et les fleurs, la bouche est épanouie, savoureuse avec un équilibre riche mais une finale très saline.
(13° - 25 g/l SR – 4,51 g/l AT – rendement 43 hl/ha))
Ces deux rieslings ont atteint leur âge mûr, les palettes aromatiques sont classieuses, les structures en bouches dessinent des silhouettes d’une élégance rare et les finales affirment leur minéralité avec beaucoup de conviction…c’est beau !

 

 

Audace 2010 (riesling Holder élevé durant 12 mois en barriques de chêne et d’acacia) : le nez est torréfié et joliment citronné, la bouche est encore un peu dissociée, mais le gras est très joli, l’acidité est droite et la finale est longue et finement boisée.
(12°5 - 3 g/l SR – 5,67 g/l AT – rendement 41 hl/ha)
Tokade 2010 (pinot gris Holder élevé durant 12 mois en barriques de chêne et d’acacia) : le nez est très empyreumatique avec des notes grillées et cacaotées complétées par une touche de noisette, la bouche a un côté très charmeur, très souple mais d’une grande ampleur et avec une finale agréable sur la noisette grillée.
(14,5° - 0,4 g/l SR – 3,58 g/l AT – rendement 20 hl/ha)
Ces deux vins atypiques ont été élaborés par le fiston qui fait ses expériences de vinificateur en sortant quelque peu des sentiers battus régionaux. Finalement le bois d’acacia ne marque pas trop le registre aromatique mais ce type d’élevage très bourguignon apporte ce gras très particulier un peu inhabituel en Alsace.
Des vins à déguster sans trop se référer aux canons esthétiques alsaciens…mais au bout du compte, j’aime bien !

Pinot gris Holder 2009 : le nez est très intense sur le fruit blanc confit, la bouche est opulente mais d’une belle tenue, la finale est relativement légère mais offre une belle persistance aromatique fruitée.
(12°8 – 59,5 g/l de SR – 3,70 g/l AT – rendement 40 hl/ha)
Pour la dernière bouteille de la série (il est largement temps de regagner mes pénates…) j’ai une nouvelle fois laissé à Henri Schoenheitz le soin de me proposer un dernier vin. Il a choisi cette cuvée résolument moelleuse qui donne une interprétation fidèle du cépage et du millésime…je n’aime pas trop ce style de vin mais je dois reconnaître que ce pinot gris est conçu avec une maîtrise absolue…impeccable et à l’image de la production de ce domaine.


Pour conclure :

- Depuis plus de vingt ans, les Schoenheitz portent la tradition viticole de Wihr-au-Val avec passion et conviction : ils travaillent sans relâche pour mettre en valeur les terroirs granitiques situés sur les coteaux qui dominent leur village et produisent une gamme de vins de très belle facture.
Précis et méticuleux à la vigne comme en cave, ces vignerons arrivent à exprimer avec beaucoup de classe et de distinction leur idée du vin d’Alsace. Chapeau !

- Leurs pinots noirs que je connais maintenant depuis près de 3 ans figurent sur mon podium personnel des meilleurs vins rouges alsaciens et leurs vins blancs livrent des interprétations authentiques et équilibrées de leur terroir et de leur millésime.

- Pour les coups de cœur du jour je choisirai sans trop hésiter, le pinot noir Herrenreben 2010 pour sa grande classe et le riesling Herrenreben 2008 pour sa matière très noble et sa belle minéralité. Pour être complet je citerai également le riesling Classique 2011 plein de fruit et de gourmandise qui se placera dès sa sortie dans la catégorie des rapports Q/P exceptionnels. A bon entendeur…

- Un grand merci aux vignerons et à leur équipe.

 

CIMG4151

Wihr au Val et ses coteaux au printemps.

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commentaires

Mathieu 17/06/2012 17:40

Bravo pour cet ample commentaire sur les 2011 (surtout).
Honte à moi, qui ne connaissait pas ce domaine alors que j'habite à moins de 10 kms de cette Maison (je suis dans une ville située le long de la Route des Vins d'Alsace... et ne suis pas trop
habitué à la quitter pour découvrir de belles quilles).
En fait, j'ai pu déguster 3 vins de cette Maison il y a environ deux mois dans un Restaurant situé dans le même village que les Vins Schoenheitz... dont un qui n'est pas commercialisé lors des
dernières cuvées (et qui ne figure pas à la carte ni dans votre excellent commentaire). Il s'agit d'un GW Linsenberg qui m'a été servi pour accompagner un dessert "autour de l'ananas". J'ai été
frappé par la minéralité du cépage, on était plus dans la finesse et dans la concision que dans l'opulence, ce que j'apprécie vraiment dans un Gewurztraminer (c'est même plutôt rare dans ce cépage,
et donc, franchement réussi).
Félicitations pour ce beau papier.

17/06/2012 23:48



Quand on habite près de Colmar les bonnes adresses sont si nombreuses qu'on ne peut pas toutes les connaître...


En tous cas, merci Mathieu pour ton commentaire.



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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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