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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 12:10

 

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Dans cette Halle aux Vins du Parc des Expositions de Colmar le décor est très sobre et les installations se limitent à une table et une chaise pour chaque vigneron mais malgré ces conditions somme toute assez « spartiates », le casting du jour a plutôt fière allure : on y retrouve une grande partie de l’élite vigneronne alsacienne invitée par les organisateurs pour rendre l’hommage qu’il mérite au cépage roi de notre région.

 

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Une liste qui en fera surement rêver plus d’un….

Inutile de préciser que j’ai été particulièrement motivé lorsqu’il à fallu trouver une solution pour réussir à dégager une petite fenêtre de liberté dans mon emploi du temps toujours un peu chaotique en fin d’année scolaire.
Mais lorsqu’on a la chance d’avoir près de 60 grands domaines qui vous proposent de déguster leurs meilleures cuvées de riesling il est difficile (voire impossible) de ne pas répondre à l’invitation.

C’est en compagnie de quelques membres du club A.O.C. que je fais ma petite tournée : pas mal de vins dégustés, peu de notes prises et aucune photo…désolé d’être un si piètre témoin de cette belle journée !

 

Parmi les rencontres marquantes au pays du riesling j’aurais envie de relever :

- Le Domaine de l’Oriel
Placé dans la première rangée de tables le grand Claude est évidemment incontournable et je me laisse volontiers tenter pour déguster une fois de plus quelques superbes cuvées dont j’ai déjà largement vanté les mérites, comme le Brand 2007 ou le Florimont 2008 mais j’ai aussi pu découvrir le Sommerberg 2009 avec son expressivité généreuse et sa fine trame minérale.

- Le Domaine Emile Beyer
Dans la série « je cède trop facilement à ma gourmandise », l’arrêt à la table de Christian Beyer avec quelques dégustateurs qui ne connaissaient pas ce domaine d’Eguisheim me permet de savourer une fois encore le Pfersigberg 2008 avec sa matière d’une pureté et d’une élégance rares, et le Pfersigberg 2010 qui marche dans les pas de son ainé et qui constituera une alternative de choix pour remplacer le 2008 épuisé depuis bien longtemps.

- Le Domaine Paul Blanck
Lorsqu’on rencontre Philippe Blanck il ne faut jamais être trop pressé : ce vigneron qui aime partager son amour du vin est un adepte de l’exhaustivité dans la visite de sa gamme. L’organisation lui a demandé de limiter le nombre des échantillons à faire déguster, il s’y est plié à regret mais en revanche, il ne vous laisse pas quitter son stand sans que vous ayez tout goûté. Dans cette série très homogène et d’un très haut niveau qualitatif, j’ai été particulièrement séduit par le Patergarten 2009 et ses puissantes effluves fumées, le Schlossberg 2008, encore discret au nez mais remarquable d’équilibre et de noblesse en bouche et par le Furstentum SGN 2007 avec son aromatique très « explosive », sa grande richesse et sa puissante acidité…une vraie « bombinette » !

- Le Domaine Albert Boxler
J’ai goûté l’une ou l’autre fois un Sommerberg de ce domaine dans les séries proposées par Thierry Meyer lors de l’une de ses Masterclass mais je n’avais jamais pu faire une approche horizontale de ce cru…voilà donc une occasion toute trouvée pour combler cette lacune avec les 3 cuvées de Sommerberg 2010 (Sommerberg, Sommerberg D et Sommerberg E) proposées à la dégustation.
Les 3 vins possèdent des matières concentrées qui s’appuient sur une solide structure acide pour construire des équilibres secs et droits. A l’heure actuelle c’est la cuvée D qui exprime de la façon la plus nette la profondeur minérale de ce terroir.

- Le Domaine Agathe Bursin
J’ai souvent entendu parler de cette vigneronne mais je n’avais goûté que très peu de ses vins jusqu’ici. La lecture d’un grand nombre de critiques élogieuses au sujet de sa production m’a souvent fait penser qu’il serait intéressant de programmer une sortie du côté de Westhalten. Hélas, le manque de temps et peut-être aussi la perspective de ne pas trouver grand-chose à acheter au domaine ont été des éléments fortement dissuasifs…bien évidemment, il était absolument inenvisageable que je ne profite pas de cette occasion rêvée d’aller me faire une idée plus précise sur les fameux vins d’Agathe. La petite verticale de rieslings (6 millésimes entre 2010 et 2001) permet de nous rendre compte qu’un vin peut être très flatteur dans son plus jeune âge et tenir gaillardement face au temps qui passe. Le Zinnkoepflé 2010 est riche, opulent et particulièrement gourmand mais son équilibre très dynamique laisse envisager son évolution avec beaucoup sérénité. Le Zinnkoepflé 2004 est d’une pureté confondante (et pourtant j’ai cherché…), on y perçoit une matière pleine sur un équilibre très serein...un vin eu peu ZEN !

- Le Domaine Paul Ginglinger
Michel Ginglinger, secondé par Nicolas Scholtus, propose également une petite remonté dans le temps sur les deux grands crus du domaine, Pfersigberg (2010, 2004, 2007) et Eichberg (2010, 2007, 2004). Nous constatons qu’avec l’âge ces vins gardent fière allure avec des registres aromatiques très fins et des équilibres particulièrement frais.
L’Eichberg 2010 qui possède une palette pure et précise (un peu de zestes et quelques notes de fleurs) et une matière dense et saline se place d’ores et déjà dans la catégorie des « grosses cartouches » du millésime 2010.

- Le Domaine Marc Kreydenweiss
J’ai effectué une petite halte à la table d’Antoine Kreydenweiss, juste pour confirmer notre projet de travailler ensemble sur l’étude des trois Grands Crus d’Andlau au cours du mois d’août prochain…vaste programme !
Il a quand même tenu à me faire déguster son Clos Rebberg 2009, un riesling pur et droit avec une structure très granuleuse en bouche qui exprime avec force cette minéralité si particulière aux terroirs de schiste…superbe !

- Le Domaine André Ostertag
Je suis toujours un peu dérouté face à l’attitude d’André Ostertag lorsqu’il présente ses vins : il semble tout à fait détaché des commentaires qui fusent après la dégustation de l’une ou l’autre de ses cuvées…à croire que comme tout artiste, il laisse aux autres le soin de parler de ses œuvres.
Sur 2010 son Clos Mathis (terroir granitique sur Ribeauvillé) son Fronholtz (terroir argilo-sablonneux sur Epfig) et son Muenchberg (terroir gréso-volcanique classé grand cru) sont des vins lumineux et puissants avec une structure bien droite et un marquage minéral intense et profond.

- Le Domaine Trimbach
Avec ses cuvées les plus prestigieuses offertes à la dégustation la table du domaine Trimbach constitue évidemment une halte incontournable pour tout œnophile…le magnétisme d’une bouteille de Clos Saint Hune fait toujours son effet.
Les Frédéric Emile (2007 – 2006 – 2002) sont des vins purs et droits qui montrent le grand potentiel de vieillissement des cuvées de ce domaine. Le mythique Clos Saint Hune présenté sur 2006 et 2007 demande une grande concentration pour apprécier l’exceptionnelle qualité de sa texture en bouche : une expressivité très contenue mais une ampleur et une profondeur en bouche qui forcent le respect.

- Le Domaine Paul Kubler
Comme d’habitude dans ce type de manifestation ma gestion de l’horaire manque de rationalité et mon projet de profiter de ce salon pour rencontrer des vignerons que je ne connaissais pas est loin d’avoir abouti car au vu de l’heure très avancée, il me reste juste assez de temps pour m’arrêter à une dernière table : ce sera chez Philippe Kubler qui dirige le domaine Paul Kubler à Soultzmatt.
Issus d’un terroir gréseux exposé au sud mais rafraîchi par sa situation très proche du massif vosgien, les rieslings Breitenberg (2007 – 2008 – 2010) montrent une grande homogénéité qualitative et se distinguent par leurs profils aromatiques fins et complexes et leurs structures ciselées avec une très grande précision…un très beau trio !
Pour terminer sur une note plus originale le vigneron nous sert une cuvée « pirate » : le sylvaner Z 2010.
Intrus dans le salon puisque ce n’est pas un riesling et intrus sur le Zinnkoepflé puisqu’il n’est pas autorisé dans l’appellation Grand Cru, ce vin hautement expressif, concentré et tendu par une solide structure acide, apporte une fois de plus la preuve que ce cépage est apte à produire de très belles cuvées en Alsace.


Pour conclure :

Malgré les petites réserves concernant l’aménagement un peu rudimentaire de l’espace, ce premier salon « Millésimes Alsace » a été une manifestation tout à fait réussie. Un grand merci aux organisateurs et aux vignerons qui se sont prêtés au jeu avec gentillesse et professionnalisme.

En tant qu’œnophile amoureux des vins de ma région je ne peux que souhaiter longue vie à cette initiative en espérant qu’elle sera reconduite dans les années à venir.

Pour trouver d’autres commentaires et quelques photos je vous invite à vous rendre sur le blog de mon ami Eric.

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commentaires

Eric 05/07/2012 06:27

Merci pour ce compte rendu. Belles rencontres de vins et de vignerons. La journée ne suffit pas pour faire correctement le tour. J'espère que ce salon annoncé comme potentiellement bi-annuel aura à
nouveau lieu.

Présentation

  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
  • Contact

Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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