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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 14:48

 

Nos anciens voisins de palier avec qui nous avons partagé quelques moments de convivialité mémorables ont décidé de profiter du week-end prolongé du premier mai pour organiser un petit séjour en Alsace.
En compagnie de deux autres familles bruxelloises, ils ont posé leurs valises dans un hôtel au centre de vieille ville de Kientzheim et, comme ils se souvenaient parfaitement de mon incurable vinomanie, ils se sont tout naturellement adressé à moi pour leur proposer quelques haltes gourmandes dans les caveaux alsaciens.
Dans un secteur où les bonnes adresses se comptent par dizaines, j’ai choisi de leur faire découvrir le domaine Bernhardt à Katzenthal et le domaine Emile Beyer à Eguisheim.
C’est donc à la tête d’un groupe très cosmopolite (portugais, espagnol et belge) que je commence cette journée par la montée vers la Nécropole de Sigolsheim d’où on peut admirer un panorama magnifique sur le vignoble autour de Colmar avec ses nombreux terroirs classées Grand Cru, comme le Mambourg, le Furstentum, le Schlossberg ou le Kaefferkopf…désolé de le répéter mais quand j’aime, je radote !

 

 
groupe&
Un groupe international à la Nécropole de Sigolsheim

 

 

 

Domaine Jean-Marc Bernhard à Katzenthal

 

 

 

L’heure de l’apéritif approchant quelle meilleure destination que le caveau du domaine Jean-Marc Bernhard à Katzenthal, où nous sommes attendus pour cette fin de matinée !

En attendant Frédéric, encore occupé dans ses vignes, Jean-Marc Bernhard nous propose une petite visite de cave, où cuves en inox et en béton côtoient quelques foudres en bois. « Des volumes très différents pour avoir un maximum de souplesse dans la gestion de nos cuvées ».
 

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Le groupe dans la cuverie.

 


La suite se passe au caveau où nous succédons à un groupe scandinave…une matinée très internationale au domaine Bernhard !


 
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Dégustation au caveau avec Frédéric Bernhard au service.

 

 

 

Sylvaner Vignoble de Katzenthal 2011 : le nez est intense, très mûr sur un registre floral avec quelques notes grillées, en bouche l’équilibre est plutôt rond mais la finale se montre bien sapide.
Avec des vieilles vignes de plus de 40 ans, un millésime chaud et une malo faite cette cuvée décevra les amateurs de droiture mais régalera tous ceux qui cherchent un vin plaisir simple et facile d’accès…j’avoue faire plutôt partie de la deuxième catégorie.

 

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Pinot Blanc Bouquet de Printemps 2010 : le nez est très aérien avec des notes de citron et de verveine, la bouche est très verticale, l’équilibre est sec et la finale est finement mentholée
On change de millésime et on change de style avec ce pinot blanc vif et élégant qui s’offre à nous sans chichis. Voilà un superbe vin pour tablées estivales (apéritif, salades, asperges, charcuteries…)

Muscat 2011 : le nez est ouvert et très expressif avec des notes de raisin frais, de fleurs (lilas, sureau) et de tilleul, la bouche est vraiment gourmande avec une matière assez généreuse soutenue par une fine trame acidulée
Millésime après millésime, ce muscat provenant du coteau de l’Hinterburg (surement pas très loin du château du Wineck), constitue pour moi une sorte de référence personnelle de qualité…parfois égalée, très rarement dépassée.

 

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Riesling G.C. Wineck-Schlossberg 2010 : le nez finement citronné est marqué par quelques notes de pierre à feu, la bouche est tendue, très verticale et la finale se prolonge sur des évocations minérales très racées.
Ce Wineck encore très réservé, parle un peu plus qu’il y a quelques mois, malgré tout on sent qu’il commence à peine à s’ouvrir. Ceci dit, lorsqu’on considère la solidité de sa structure on se dit que, finalement, rien ne presse…

Riesling G.C. Schlossberg 2010 : complexe et expressif au nez avec des notes de fruits blancs et une touche minérale bien présente, ce vin révèle une matière dense et concentrée qui laisse une impression presque granuleuse en bouche, les arômes se développent et s’épanouissent en persistant longuement en finale.
Plus flatteur que le Wineck ce Grand Cru montre un peu ses muscles mais le granit du Schlossberg lui confère une ossature qui le soutient sans peine. Grande réussite sur ce millésime !

 

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Pinot Gris Cuvée Particulière 2010 : le fruité est complexe et l’équilibre est très gourmand en bouche, le cépage signe la finale avec une légère touche fumée.
Classique mais d’une grande précision…un pinot gris archétypique !

Pinot Gris G.C. Kaefferkopf 2010 : le nez est particulièrement séduisant sur les fruits jaunes mûrs avec quelques notes grillées, en bouche la matière est riche, puissante mais encore un peu dissociée.
Comme tout grand vin de terroir ce pinot gris est encore trop jeune pour se montrer sous son meilleur jour, les éléments qualitatifs sont bien présents mais leur coexistence est encore un peu houleuse. Prometteur en tous cas !

Gewurztraminer Vieilles Vignes 2011 : le nez est intense et plaisant sur les fleurs (rose, lavande, mauve…), la coriandre et le poivre blanc, la bouche est riche, l’équilibre résolument moelleux mais la finale marque les esprits par sa grande longueur aromatique avec un registre épicé très présent.
Voilà un gewurztraminer qui assume sans complexe sa puissance aromatique et son moelleux…MIAM !

Gewurztraminer G.C. Mambourg 2009 : le nez est bien mûr avec des notes exotiques et une touche de cannelle, la bouche est opulente avec un toucher particulièrement soyeux et une finale rendue très digeste par une belle salinité qui s’affirme de plus en plus.
Goûté, regoûté et commenté à maintes reprises, ce gewurztraminer tient toujours son rang de réussite emblématique sur ce millésime…Grand vin !

Pinot Gris V.T. 2009 : le nez est riche et ouvert sur les fruits jaunes très mûrs complétés par des notes de truffe et de cèpe, en bouche la chair se montre gourmande à souhait mais la finale soutenue par une fine acidité se montre légère et digeste.
Avec sa palette expressive déjà bien évoluée et sa matière généreuse, ce pinot gris semble déjà bien en place…à point pour être dégusté, pourquoi s’en priver !

Muscat V.T. 2007 : avec des arômes de fleurs et de raisin sec qui flattent le nez, la bouche semble presque trop simple malgré sa belle richesse et sa finale assez légère.
Avec cette suavité et cette douceur, le plaisir est immédiat mais peut-être un peu trop superficiel…une vraie friandise à boire en tant que tel.

Riesling S.G.N. 2007 : le nez est complexe sur le raisin sec, la pierre chaude, les épices et quelques notes grillées, la matière en bouche est très riche (120 g de SR) mais le soutien acide long et profond rend la finale parfaitement digeste.
Ce riesling issu de tries successives sur les Grands Crus Schlossberg et Wineck-Schlossberg fait parler la richesse du millésime tout en révélant la puissante minéralité de ses terroirs d’origine…Superbe !

- Je ne compte plus le nombre de mes visites au domaine Bernhard mais bon, l’accueil y est toujours aussi souriant et sympathique, la dégustation proposée exhaustive à souhait et la gamme de vins d’une homogénéité qualitative qui surprend à chaque fois…pourquoi chercher plus loin !


- Les vins purs et précis, toujours très fortement marqués par leur terroir d’origine, se montrent avec beaucoup de naturel et de sincérité dès le premier contact…d’ailleurs, lorsqu’on serre la main à Frédéric Bernhard et qu’on sent cette poignée énergique et ce regard franc, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a un véritable air de famille entre ce vigneron et ses vins.


- En guise de coups de cœur du jour, je choisirai évidemment le muscat 2011 qui, comme pour les précédents millésimes, constitue pour moi une sorte d’étalon qualitatif mais aussi le riesling Schlossberg 2010, ample et volumineux, alliant puissance et finesse pour notre plus grand plaisir.


- Merci à la famille Bernhard pour cette nouvelle rencontre pleinement réussie…et à la prochaine, bien sûr !


 

Domaine Emile Beyer à Eguisheim

 

 

Après un repas de midi à Turkheim et une promenade digestive dans les rues d’Eguisheim, dont j’ai récemment évoqué l’incroyable beauté ( ICI) nous sommes attendus au domaine Emile Beyer pour la seconde étape de cette journée sur la route des vins d’Alsace.

Comme prévu, nous sommes accueillis par Mme Beyer mère qui nous a préparé une belle table dans la cour du domaine : verres Spiegelau et liste de vins préparée par Christian Beyer…la dégustation peut commencer :

Pinot blanc Tradition 2010 : le nez est précis avec des nuances florales et une touche discrètement minérale, la bouche bien droite mais très aérienne donne à ce vin une personnalité d’une grande élégance.
Fin, gourmand, séducteur mais sans flagornerie, ce pinot blanc (assemblage de pinot blanc et d’auxerrois) est un pur bonheur !
Goûtez cette cuvée d’entrée de gamme et vous comprendrez très vite avec quel niveau d’exigence les Beyer conçoivent leurs vins.

 

Alsace 0539

 

Muscat Tradition 2010 : le nez est discret avec des notes de fleur de sureau et d’anis, la bouche possède un équilibre assez sec avec une présence minérale bien marquée.
Face au muscat 2011 dégusté chez J.M. Bernhard ce matin, cette cuvée laisse une impression bien plus sérieuse : avec un millésime nettement moins chaud et une minéralité plus présente on se retrouve avec un vin plus gastronomique que festif, qui trouvera sa place à table en compagnie d’asperges ou de saumon fumé.

 

Riesling G.C. Pfersigberg 2010 : le nez est encore très réservé sur le citron et la craie, la bouche est d’une grande finesse avec une matière assez puissante, une acidité longue et très profonde et une finale qui persiste longuement en révélant une très grande salinité.
Toujours pas en vente mais toujours d’une qualité exceptionnelle ce Grand Cru qui m’avait déjà bluffé lors de mon récent passage au domaine, confirme son potentiel et sa grande race...j’ai comme l’impression que ce riesling fera date sur ce millésime.

 


Alsace 0454Notre arrivée plus tardive que prévue au domaine nous a permis de croiser Christian Beyer juste rentré d’un voyage aux Etats-Unis. Comme quoi le manque de ponctualité a parfois des conséquences positives…


Pinot Gris Hohrain 2010 : le fruité est déjà bien précis sur les fruits jaunes, la bouche est très complète avec une acidité longue, un gras sensible et une belle finale saline.
Pinot Gris Hohrain 2009 : le fruité est épanoui avec de légères notes grillées, en bouche la matière est riche, le toucher gras et soyeux mais la finale fait ressortir une touche saline très noble.
Situé sur un coteau faisant partie du Grand Cru Pfersigberg mais sur un versant moins exposé au soleil, ce lieu-dit est vraiment propice à la conception de pinots gris équilibrés et digestes. Le caractère du millésime se montre sans fard à travers les palettes aromatiques et les structures acides bien différentes de ces deux vins mais la trame minérale signe l’origine commune et atteste de la qualité de ce terroir.

Gewurztraminer L’Hostellerie 2010 : le nez est intense et complexe avec des arômes de cône de houblon, le lys, le poivre blanc…, la bouche est onctueuse mais avec un équilibre très fin et une palette qui s’enrichit encore en rétro-olfaction, l’élégante finale laisse un long sillage aromatique sur le poivre blanc.
Un registre aromatique d’une richesse inouïe et une présence pleine de vie et de fantaisie en bouche…pour moi c’est l’un des gewurztraminers les plus intéressants que j’ai pu goûter des derniers temps…MIAM !

 

Alsace 0542

 

Gewurztraminer G.C. Pfersigberg 2008 : le nez est plus discret sur le raisin mûr, les épices douces (cannelle, cumin…) et quelques notes très timides de fruits exotiques, la bouche commence à révéler sa puissance mais le toucher reste très caressant et la finale longue et fortement épicée est rafraîchie par une minéralité qui s’affirme.
Voilà encore une bouteille qui confirme la belle impression ressentie il y a quelques semaines : l’aromatique est complexe et raffinée et la tenue en bouche est d’une grande classe. Superbe !

Gewurztraminer V.T. 2007 : le nez est discret mais d’une grande finesse avec des arômes de raisin confit et de rose, en bouche la matière très concentrée est tenue par une ligne acide bien marquée qui apporte une touche de fraîcheur en finale tout en exacerbant la présence aromatique.
Ce vin moelleux qui, avec 65g de SR et une trame acide très solide allie des éléments constitutifs puissants, commence à trouver son expression idéale…MIAM !

 

Alsace 0541

 

- Avec des atouts touristiques majeurs, Eguisheim est une destination de choix pour faire apprécier l’Alsace à des visiteurs et s’impose donc comme une seconde étape évidente pour mon petit groupe.
Après avoir pleinement apprécié la richesse architecturale et historique de cette petite bourgade, nous avons terminé cette belle journée au domaine Emile Beyer où nous avons été accueillis avec beaucoup de prévenance et de sympathie.
En plus, comme je n’avais pas eu le temps de déguster tous les vins de la gamme, lors de mon entretien avec Christian Beyer à propos du Grand Cru Pfersigberg, ce fut une bonne occasion de faire d’une pierre deux coups !

 

- Complets, profonds et élégants, les vins du domaine Beyer montrent des personnalités bien complexes et parfois un peu secrètes: beaucoup de cuvées dégustées en cette fin d’après-midi demandent qu’on les appréhende avec un peu de patience et de réflexion avant d’entrer dans leur univers et de mesurer leur niveau de qualité souvent exceptionnel.


- En guise de coups de cœur du jour, je choisirai sans hésiter le gewurztraminer L’Hostellerie 2010 qui m’a subjugué par la complexité et l’originalité de sa palette et par sa suavité et sa fraîcheur en bouche, mais il faut également citer le pinot blanc Tradition 2011 pour son rapport Q/P exceptionnel. Un peu plus de 5 euros pour un vin de ce niveau, c’est un cadeau !


- Merci à la famille Beyer pour ces beaux moments d’échanges viniques.

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

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