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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 15:40



En pleine campagne de dégustation pour le Guide Bettane-Desseauve, Thierry Meyer nous propose de partager avec lui quelques crus sélectionnés parmi plus de 150 échantillons qu’il vient de goûter et de noter ce week-end…voilà une invitation dominicale qui ne se refuse pas !
Poussé par son enthousiasme légendaire il nous emmène au pas de charge à la rencontre d’une série de flacons : crémants, pinots noirs, cuvées génériques, grands crus et VT… je n’ai pas compté mais le nombre de références goûtées dépasse largement mes capacités d’analyse et de mémorisation.

Les commentaires ont été rédigés le lendemain suite à une seconde dégustation de quelques bouteilles que Thierry nous avait demandé d’emporter chez nous pour faire un peu de place dans sa cuisine…il y a certains services qui sont plus faciles à rendre que d’autres !



Sylvaner Brandstatt 2009 – J.F. Otter à Hattstatt.

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La robe est d’un jaune assez vif avec des bords denses, le nez est élégant et subtil sur un registre floral et épicé, la bouche possède une chair bien grasse équilibrée par une belle salinité, la finale longue et droite est marquée par des notes pierreuses.
L’aspect de la robe nous met immédiatement sur la piste d’un sylvaner un peu hors normes, la complexité de l’olfaction et le structure en bouche confirment l’hypothèse : sur ce coteau marno-calcaire contigu au Grand Cru Hatschbourg Jean-François Otter a réussi un très grand sylvaner de terroir.



Pinot Gris Vieilles Vignes 2010 – Gilg à Mittelbergheim


La robe est pâle avec des reflets  argentés,  le nez est ouvert et charmeur sur les fruits blancs et les fleurs, l’attaque en bouche est acidulée, le milieu très large et avec un jolis gras révèle de beaux arômes de poire mûre, la finale est fraîche et finement saline.
Un pinot gris superbe, frais et très pur dans son expression qui séduit par la fraîcheur de son équilibre et dont le rapport Q/P en fait un premier « must » sur 2010.
 

 

 

Pinot Gris G.C. Rangen Clos Saint Théobald-Schistes 2007 – Schoffit à Colmar


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La robe est or vif, le nez est discret et complexe avec des fruits jaunes mûrs sur un fond très empyreumatique (tabac blond, pierre à feu), en bouche la matière étonne par sa grande richesse, corsé mais bien équilibré, ample et gras avec quelques tanins discrets, très long en finale.
Un vin capiteux qui se livre déjà de façon fort plaisante mais qui demandera une grande garde pour exprimer pleinement son potentiel.


Riesling G.C. Rangen Clos de la Ville de Thann 2008 – Schoffit à Colmar



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La robe est très claire mais lumineuse avec des bords vert pâle, le nez très frais s’exprime sur un registre exotique (ananas, citron mûr), la bouche est très ample avec un gras sensible mais un équilibre digeste, légèrement épicée la finale est marquée par une pointe minérale.
Issu de jeunes vignes sur le Grand Cru, ce « clos » se caractérise par un cépage très présent sur le plan olfactif mais une présence en bouche dont la belle facture promet…un peu comme une version « soft » du Rangen.


 

Riesling G.C. Schlossberg 2009 – Trapet à Riquewihr

 

La robe est très claire avec des reflets métalliques, le nez est discret, pur, le registre se développe sur la pierre, les agrumes mûrs et une pointe vanillée, la bouche est ronde et bien mûre avec un fruité puissant et une structure plus en largeur qu’en profondeur. Il faut attendre la finale pour trouver un peu de vivacité ainsi que la touche minérale du terroir.
Un riesling charmeur par son profil aromatique et sa structure opulente, peut-être un peu trop rondouillarde pour les puristes…mais le temps gommera sûrement ces petits excès.


Pinot Noir Côte de Rouffach 2009 – Rieflé à Pfaffenheim


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La robe est rubis clair, assez dense avec une frange rose, le nez est expressif et flatteur sur le bigarreau, le noyau de cerise, la pivoine…, la bouche est juteuse, très fruitée avec une présence tannique très soyeuse qui donne beaucoup de corps à la structure sans marquer la texture.
Un vin rouge au fruité très épanoui qui se goûte remarquablement bien dans sa prime jeunesse…et c’est tant mieux car avec une matière aussi ronde on peut logiquement se demander s’il a les épaules pour tenir dans le temps ?


Pour respecter la demande de Thierry, ces notes sont postées quelques mois après leur rédaction, pour laisser la légitime primauté aux notes du Guide BD qui vient de sortir il y a quelques jours.

La première conclusion que je pourrai énoncer après cette séquence, c’est que le métier de critique dégustateur, qui peut faire rêver des boit-sans-soif de mon acabit, n’est vraiment pas de tout repos : enchaîner des quilles à un rythme endiablé avec les papilles en éveil et l’esprit acéré, c’est vraiment du sport !

Sinon, parmi les bouteilles commentées, j’ai été particulièrement séduit par la version « jeunes vignes » du riesling Rangen de Schoffit, très juvénile par bien des aspects mais déjà terriblement mature dans sa présence et sa tenue. Pour être complet il faut aussi mentionner le pinot gris de Gilg, d’une part parce qu’il rassure sur la qualité de 2010 et d’autre part parce qu’il apporte la preuve qu’on peut encore faire bon et pas cher en Alsace.

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 15:11

 

Contrairement à l’année passée c’est sous la canicule de fin août que nous nous retrouvons à faire notre traditionnel périple bourguignon avant de penser à la rentrée scolaire. Avec Martial qui m’accompagne pour la 3° année consécutive et deux « jeunots » du club AOC désireux de vivre quelques émotions oenophiliques in-situ, nous partons pour 2 jours de visites à la recherche de bons vins et de caves fraîches.

 

 

Jour 2 : Morey et ses grands crus – Santenay et ses premiers crus.


Domaine Castagnier à Morey-Saint-Denis

 

Après une soirée très réussie avec un repas superbe à l’Ouillette, un restaurant hautement recommandable à Santenay (plats raffinés, carte de vins où les bons crus locaux abondent et rapport Q/P exceptionnel) et une nuit tranquille du côté de Meursault nous voilà « on the road again » pour notre avant-dernière étape à Morey Saint Denis, chez Jérôme Castagnier.
Depuis ma première visite, le passage chez ce vigneron s’est imposé comme une étape incontournable : des terroirs exceptionnels, de grands vins et un hôte dont la générosité et le sens de l’accueil étonnent à chaque fois…une bénédiction pour tout œnophile !
 

 

Comme d’habitude, nous commençons cette belle séquence de dégustation par quelques vins en bouteilles :

Aligoté 2008 : le nez est discret mais avec une minéralité très présente (notes de craie), la bouche est élégante et légère avec une structure droite et une finale fraîche et toujours bien minérale.
Ce vin simple mais très pur montre qu’on peut se faire plaisir avec un « petit » cépage comme l’aligoté, pour peu qu’on trouve un vigneron qui le traite avec autant d’égard qu’un cru plus réputé (je sais, je radote…).

Bourgogne Grand Ordinaire Rosé 2008 : le nez très aérien s’ouvre sur un registre floral pour évoluer vers des notes d’agrumes (pomelo), la bouche est fringante avec un équilibre juvénile et une finale bien fraîche bien marquée par les agrumes.
Toujours aussi surprenant, ce rosé léger et gourmand n’est vinifié que si le goût des raisins est conforme aux attentes du vigneron : « sur cette parcelle de pinot noir près du domaine où nous produisons nos cuvées génériques de bourgogne, je ne fais du rosé que si je trouve des arômes d’agrumes dans les raisins »…il n’y aura d’ailleurs pas de rosé 2010 ni de 2011. A bon entendeur…

 

 
p 017 

Jérôme Castagnier qui présente son travail et sa conception du vin…un exercice qu’il maîtrise avec brio.

 

Notre visite se poursuit dans le chai où Jérôme Castagnier nous propose de goûter des échantillons du millésime 2010: les vins sont finis et séjournent encore en barriques.

 

p 025 

Les vins de 2010, dans la cave nettement moins remplie que l’année passée…

 


Chambolle Musigny : le nez s’ouvre sur des notes légèrement torréfiées avant de se remplir de fruits rouges, la bouche est très élégante et propose une farandole d’arômes (bigarreau, framboise, noyau de cerise) qui se prolongent de façon très gourmande.
Une parcelle de vieilles vignes, (plantée en 1934…donc presque octogénaire) a produit cette année un Chambolle fin et racé…après 2009 et sa structure plus charpentée, revoilà une expression plus archétypique de ce beau terroir.

Gevrey Chambertin : le nez révèle d’abord des notes de poudre à canon et de pierre à feu, peu à peu de beaux arômes de cassis font leur apparition, la bouche est ample, très profonde, la finale revient sur les fruits noirs avec une petite touche réglissée.
Comme les années précédentes ce Gevrey joue les séducteurs…mais sa présence en bouche ne trompe pas, le 2010 sera un beau vin de garde.

Morey Saint Denis : le nez est assez réservé sur un registre fruité mais avec des notes bien minérales en fond, la bouche est ample, l’équilibre gourmand et la finale très longue revient de façon plus explicite sur le fruit et la minéralité.
Issu d’une parcelle extrêmement bien placée « juste en dessous des vignes de Charmes Chambertin », ce Morey est déjà profondément marqué par le terroir…pas étonnant lorsqu’on connaît son illustre voisin.

Charmes Chambertin : à l’ouverture, le nez se montre assez discret et proche de celui du Morey, par la suite des arômes très précis de cerise burlat envahissent le verre, en bouche l’attaque est bien vive mais très vite la matière se fait ronde et caressante avec toujours ces notes de cerise mûre, la finale revient sur plus de finesse et de minéralité.
Pur, précis, ample et profond mais déjà terriblement séduisant…un Charme irrésistible !
 

 

Clos Saint Denis : le nez est bien ouvert sur les fruits rouges et la prune, en bouche l’attaque est souple mais le volume est conséquent avec une trame tannique fine et soyeuse qui structure l’ensemble, la finale très longue révèle une belle minéralité mais aussi de délicieuses notes de pêche de vigne.
Ce Grand Cru petit par sa surface et exploité principalement par des vignerons indépendants reste toujours un peu dans l’ombre de ses prestigieux voisins. Chez Jérôme Castagnier cette bouteille s’impose millésime après millésime comme un modèle d’élégance et de raffinement.

Clos de la Roche : le nez marqué par des notes torréfiées à l’ouverture se développe sur un registre discret mais très minéral (pierre chaude, silex), la bouche est virile et corsée avec une trame tannique riche et une longue finale où se manifestent de beaux arômes de pêche de vigne et de poivre blanc.
Ce Grand Cru est un vrai concentré de minéralité…2010 est un millésime qui apporte une explication par les papilles du sens de l’appellation Clos de la Roche. Superbe !

 

p 046
La paire de grands crus de Morey version 2009



Clos de Vougeot : le nez est déjà très charmeur avec un bouquet joliment floral et un fond bien minéral, la bouche est dense et charnue soutenue par une acidité longue et noble et une trame tannique veloutée, la finale possède une persistance aromatique de toute beauté.
Jérôme Castagnier travaille une parcelle dans le haut du Clos, dans le secteur du Grand Maupertuis. Entouré de noms prestigieux de la Côte, il s’applique à tirer chaque année la quintessence de ce terroir historique…en 2010 ce fût « Mission accomplie », bravo !

 

 

Pour terminer ce tour de cave toujours aussi passionnant, nous revenons vers notre point de départ où nous attendent 2 bouteilles mystère :

Le premier se montre ouvert sur des fruits rouges bien croquants, la bouche est pleine de charme et de gourmandise avec une finale fraîche et sapide…n’étant plus à une bêtise près chez Jérôme Castagnier (cf ma visite de l’an passé) je me lance « Chambolle ? »
Bien entendu, je viens encore de dire une énormité…mais notre hôte a l’air ravi (et on le comprend) car la première bouteille mystère est un « simple » Bourgogne Grand Ordinaire 2009.
Qui aurait pu dire qu’après cette série de grands vins on pouvait encore être étonné ? Malgré son nom vraiment « peu vendeur » ce vin est tellement bluffant qu’il arrive presque à me faire oublier l’humiliation que je lui dois. RRRRR !

 

p 051
Le rapport Q/P exceptionnel du domaine…et une nouvelle humiliation pour votre serviteur !

 

 

Le deuxième flacon anonyme se montre tout aussi délicieusement fruité que le précédent avec une structure longiligne très élégante et une très belle présence en finale. Là, je n’ai même pas le courage de vous révéler le nom du cru que j’ai pensé avoir reconnu…mais sachez que si j’avais un peu d’amour propre, la honte subie aurait du me pousser à arrêter définitivement mon activité de chroniqueur vinique amateur, car ce n’était qu’un Bourgogne Passetougrain 2009.
Vendue à 4euros50 (comme le BGO d’ailleurs), cette bouteille d’entrée de gamme est aussi troublante que la précédente. Il va sans dire que le rapport Q/P de ces 2 références est absolument hallucinant !


Jérôme Castagnier a réussi un millésime 2010 dont on reparlera certainement : avec des rendements très bas (40 hl/ha en moyenne toutes appellations confondues) dus aux effets conjugués des gelées de décembre, des pluies lors de la floraison et du millerandage, mais une vendange d’une qualité remarquable, il a pu produire des cuvées splendides sur la plupart des appellations. « Selon les parcelles, j’ai perdu entre 30 et 100% de la récolte mais les raisins que j’ai rentrés étaient de toute beauté, sains et mûrs avec un degré naturel élevé qui a évité la nécessité de chaptaliser ».
Les cuvées dégustées en cours d’élevage étaient déjà fort bien dessinées avec un marquage du terroir encore plus évident que sur le millésime précédent. Sur 2009 la finesse de l’origine était parfois masquée par des matières très puissantes alors qu’avec ce nouveau millésime on commence déjà à ressentir la subtilité des terroirs bourguignons au fond du verre.
Je crains que, bien qu’ils le méritent amplement, les crus de 2010 seront très difficiles à garder…
Hélas, avec des prix maintenus volontairement à un niveau plus que raisonnable, les bouteilles de Jérôme Castagnier se vendent très facilement et les stocks sont rapidement épuisés sur la plupart des appellations : en cette fin août, il n’y avait plus aucun cru de 2009 à vendre et 4 références de 2010 étaient déjà épuisées…OUCH !
Moralité : réservation obligatoire si on veut avoir une chance de mettre l’un ou l’autre flacon du domaine dans sa cave.
Il est évident que Jérôme Castagnier se plaît dans son rôle de vigneron mais lorsqu’on a la chance de le découvrir dans sa cave en train de présenter ses vins et son travail à des clients, on voit bien que l’artiste n’est jamais très loin…voilà certainement un spectacle à ne pas rater du côté de Morey Saint Denis !

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 16:46

 

 

Contrairement à l’année passée c’est sous la canicule de fin août que nous nous retrouvons à faire notre traditionnel périple bourguignon avant de penser à la rentrée scolaire. Avec Martial qui m’accompagne pour la 3° année consécutive et deux « jeunots » du club AOC désireux de vivre quelques émotions oenophiliques in-situ, nous partons pour 2 jours de visites à la recherche de bons vins et de caves fraîches.


Jour 1. : petite descente nord-sud de Concoeur à Puligny en passant par Pernand.

 

 

 

Domaine François Carillon à Puligny-Montrachet

 

 

 

La dernière étape de cette journée déjà bien remplie nous conduit au pied de ce coteau béni où naissent les plus grands vins blancs du monde, dans le village de Puligny Montrachet, pour une nouvelle visite au domaine François Carillon.
 

 

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Puligny vu du secteur des Combettes


 

Après la séparation du domaine Louis Carillon et fils en deux exploitations distinctes, François Carillon ne ménage pas ses efforts et ses investissements pour se créer un outil de travail et de production performant afin de pouvoir maintenir le haut niveau de qualité lié à ce nom depuis des décennies.

 

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Lorsque nous nous présentons au domaine en fin d’après midi François Carillon nous attend pour nous faire découvrir ses vins et, malgré le stress lié aux vendanges qui approchent et aux travaux d’agrandissement qui se terminent doucement, ce vigneron nous reçoit avec le sourire et nous emmène pour une visite complète et particulièrement intéressante de son domaine. Chapeau monsieur !
 

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Dans cet ensemble de maisons place de l’église, François Carillon est en train de faire d’importants travaux de restructuration pour gagner des espaces professionnels.

 

Après un passage dans les  nouveaux chais en construction (photos l’année prochaine…promis) qui permettront à ce vigneron un maximum de souplesse dans le travail en cave nous nous rendons dans la cuverie où les vins de 2010 sont prêts pour la mise.

 

 

Nous dégustons tous les blancs 2010 prélevés sur cuve :

Aligoté : le nez est discret et pur sur les fruits blancs, la bouche possède un joli volume et une fraîcheur délicate.
Récolté sur 3 parcelles de vieilles vignes et élevé en fûts (non neufs) ce vin frais et guilleret réjouit les papilles. Voilà un aligoté travaillé comme un grand vin…la signature Carillon ne se met pas à la légère.

Bourgogne blanc : le nez est net et franc bien que très discret, la bouche étonne par la qualité de sa texture et par sa minéralité vibrante qui prolonge la finale.
Découverte l’année passée cette très belle cuvée tient ses promesses : une superbe entrée de gamme pour découvrir l’esprit hautement qualitatif de cette maison.

Puligny Villages : le nez s’ouvre sur des notes discrètes de mie de pain avant de livrer des fragrances de fougère particulièrement élégantes,  la bouche est finement ciselée avec un équilibre idéal et une jolie persistance aromatique.
Une fois de plus, la parcelle des Noyers Bret a produit une très belle cuvée sur 2010 : les arômes se révèlent progressivement et la structure en bouche est déjà très gourmande. Ce premier vin de l’appellation frappe un grand coup et nous rassure pleinement sur la qualité de ce millésime…vivement la suite de la série !

 

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1° Cru Champs Gain : le nez est fin et discret sur un registre floral, la bouche est très élégante, toute en soie et en puissance contenue, la finale est fraîche et bien minérale.
Ce vin frappe immédiatement par sa présence tout en distinction et en retenue assise sur une matière irréprochable. Le verdict du palais révèle de façon très nette qu’on est monté d’un cran dans la hiérarchie.

1° Cru Les Folatières : le nez s’exprime déjà joliment sur les agrumes frais et la craie, la bouche possède une matière puissante et une texture très caressante, la finale revient sur le fruit avec une petite touche mentholée.
Déjà bien en place sur le plan olfactif ce vin se montre déjà très séduisant mais ne vous y trompez pas, il y a vraiment du fond dans cette cuvée et les amateurs qui patienteront un peu se réservent de très belles émotions à venir…

1° Cru Les Combettes : le nez est d’une pureté cristalline mais assez discret sur le citron frais et la craie, la bouche laisse une impression de plénitude et d’évidence qui est presque magique.
Coincée entre les Champs Canet (en haut) et les Referts (en bas) cette parcelle a livré cette année une cuvée qui tutoie la perfection…rien à dire de plus, buvons que diable !

1° Cru Les Perrières : le nez est vif et pointu sur la pierre chaude et le pomelo, la bouche est droite et bien massive, la finale est très longue sur le fruit avec une minéralité particulièrement marquée.
Voilà peut-être le seul premier cru que je me sens capable d’identifier à l’aveugle (après plus de 20 ans de fidélité au domaine…quel exploit !!!!!), tant sa présence minérale est palpable à chaque étape de la dégustation…Très grand !

Chevalier Montrachet : le nez est discret et raffiné avec un peu de fougère, des épices et un boisé discret, en bouche la matière est imposante et laisse une impression de volume très sphérique, la finale très longue et profondément aromatique offre une palette bien complexe (agrumes frais, épices boisé fin).
Goûté une première fois en automne alors qu’il était encore en cours d’élevage, ce vin magnifique s’exprime aujourd’hui de façon plus nette en révélant une personnalité pleine d’énergie et de noblesse…

 

p 011 

 

Voilà un endroit où il fait bon posséder quelques rangs de vigne…


Avec près de 6,5 hectares en propriété et une grande envie de mettre son outil de travail à un niveau qui lui permet d’exprimer pleinement ses talents de vigneron et de vinificateur, François Carillon poursuit petit à petit son installation au centre du village de Puligny.
Au niveau de la vigne, il ne veut pas prendre le risque de se trouver les mains liées par la charte bio, mais s’astreint à des pratiques respectueuses de l’environnement en évitant ou en limitant autant que possible les interventions chimiques, notamment par un important travail du sol et une présence très régulière dans la vigne.
Pour les vinifications, ce vigneron envisage quelques évolutions : tout d’abord, avec l’augmentation de la surface des caves il pourra jouer avec davantage de souplesse sur la durée des élevages, ensuite, depuis qu’il signe les vins de son nom, François Carillon a choisi de baisser sensiblement le taux de SO2 libre dans ses cuvées. « 40 à 45 mg/l sont suffisants pour protéger mes vins ».
Les vins du millésime 2010 sont issus d’une belle vendange avec des degrés alcooliques naturels entre 13° et 13°8 et des acidités entre 6 et 6,5 g/l. Ils ont été vinifiés et élevés en pièces bourguignonnes (neuves pour ¼ sur les crus de Puligny) durant 10 à 12 mois.
La dégustation des vins de ce millésime a révélé un très haut niveau qualitatif et une grande homogénéité sur l’ensemble de la gamme : les palettes aromatiques sont plus ou moins expressives selon les cuvées mais toujours d’une pureté cristalline, les matières sont généreuses, les acidités sont profondes et mûres…des vins au charme déjà irrésistible aujourd’hui mais dont la structure leur permettra à coup sûr de durer dans le temps. MAGNIFIQUES tout simplement !
 

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Un trio « collector » avec les premiers crus du dernier millésime estampillé Louis Carillon…une page est tournée.



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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 15:44



Granit 2010 – Florian Beck-Hartweg à Dambach

Robe : or pâle, lumineux.
Nez : surprenant mais très agréable, on y reconnaît entre autre des arômes de poire mûre et d’épices douces.
Bouche : le raisin sec s’invite dès l’attaque, le milieu de bouche est ample et généreux, la finale revient sur davantage de fraîcheur avec une touche acidulée et une longueur aromatique moyenne.
A la fin des vendanges 2010, Florian est passé dans ses parcelles sur le Frankstein pour grappiller les raisins oubliés. Le résultat de cette cueillette a été pressé et a donné une cinquantaine de litres de jus bien concentré qui a été vinifié pour donner cette cuvée originale au profil atypique mais très gourmand. Ne cherchez pas ces bouteilles sur le marché, elles ont pour la plupart été bues ou vendues lors du pique-nique vigneron du lundi de Pentecôte.

   
Côtes du Jura A la Percenette 2008 – Domaine Pignier à Montaigu

Robe : jaune clair, très brillant.
Nez : très beau et d’une grande finesse il propose un fruité complexe et bien mûr (abricot, citron, fraise des bois) avec une petite touche vanillée.
Bouche : l’attaque révèle un léger perlant qui disparaît rapidement pour laisser s’exprimer la texture caressante et la grande suavité de cette matière étonnamment riche mais parfaitement équilibrée.
On a des difficultés à reconnaître le cépage (100% chardonnay) et la région (la cuvée est ouillée) mais on a aucun mal à trouver ce vin absolument splendide. Le dégustateur peut être un peu dérouté mais l’épicurien est aux anges…c’est bien là l’essentiel !


Riesling G.C. Sommerberg-Cuvée Arnaud 2004 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr

Robe : or clair, très brillant.
Nez : intense et épanoui, il évolue sur un registre fruité qui va du melon mûr, à la mandarine et l’ananas rôti, on y décèle aussi de belles notes épicées.
Bouche : l’attaque est moelleuse, le fruité est mûr et concentré et la finale trouve un très bel équilibre avec la salinité très profonde de ce terroir.
Un peu trop riche à mon goût dans sa prime jeunesse, cette cuvée a atteint sa vitesse de croisière aujourd’hui. Ce Sommerberg prouve une fois de plus que les vins de Claude Weinzorn font partie des réussites majeures sur ce millésime difficile en Alsace. Bravo !

 

 

Les Dimanches-Vin de France – E. Herédia à Aspiran

Robe : grenat assez profond avec une petite turbidité.
Nez : intense et très charmeur avec une attaque bien sudiste avec des fruits noirs confits, des herbes aromatiques mais on arrive très vite vers des contrées  plus lointaines où on sent des épices et même un peu de patchouli.
Bouche : la matière est charnue, juteuse avec un grain dense et très gourmand et un développement aromatique puissant.
Utilisé la plupart du temps pour faire du volume sur des rosés, le cinsault connaît ici une réhabilitation de toute beauté. Ce vin séduit par sa richesse aromatique et sa grande concentration en bouche tout en gardant une certaine frivolité qui le rend très (trop) facile à boire…en plus, avec une vinification « nature » on peut se laisser aller sans craindre la casquette plombée du lendemain !


Domaine de la Taille aux Loups-Les Dix Arpents – Montlouis 2010 – Jacky Blot à Montlouis sur Loire

Robe : jaune très clair, limpide avec des reflets métalliques.
Nez : Charmeur et aérien il offre une palette complexe et évolutive avec des notes florales, de la pêche blanche, de la poire et quelques nuances biscuitées le tout sur un fond un peu crayeux…un sacré récital !
Bouche : l’équilibre est vif et pointu mais l’ensemble reste très élégant, la minéralité devient palpable au fur et à mesure que le vin s’installe en bouche, la longueur aromatique n’est pas exceptionnelle mais d’une grande fraîcheur.
Voilà une superbe cuvée de chenin avec une olfaction exceptionnelle, une profondeur appréciable et un équilibre qui réveille les papilles…Miam !

 

 

Sancerre Skeveldra 2006 – Domaine S. Riffault à Sury en Vaux

Robe : jaune d’or, un peu terne.
Nez : ouvert et très charmeur on y reconnaît des notes de poire, de coing, de vanille et d’épices douces.
Bouche : il y a du volume, un toucher très gras et une palette toujours très suave, la structure se tend un peu grâce à une expression minérale qui se révèle en finale.
Ce Sancerre « nature » (pas ou très peu de SO2) séduit par sa personnalité très gourmande : à l’aveugle je l’aurai facilement placé plus au sud…en fait ce vin m’a fait vraiment penser au Bourboulenc d’Eric Supply. Les puristes qui cherchent la vivacité et la droiture sur ce type de vin seront un peu déroutés, personnellement je me suis laissé séduire sans trop résister (mais non, je ne suis pas un garçon facile !).


Crémant du Jura L’Autre 2007 – Domaine Pignier à Montaigu

Robe : jaune moyen, belle brillance, cordons de bulles réguliers et fins.
Nez : discret, pur et très agréablement fruité (fruits à chair blanche) avec quelques notes de brioche au beurre.
Bouche : l’équilibre est vif et fringant, la mousse est désaltérante mais le fond reste très vineux, une amertume assez prononcée mais bien intégrée se fait sentir dès le milieu de bouche et tient solidement la finale.
Issu de chardonnays travaillés en biodynamie, non dosé et sans ajout de SO2, ce crémant nature qui a passé 30 mois sur lattes est un vrai petit bijou œnologique... Ceci dit, son caractère actuel, très sérieux et même un peu austère, me fera préférer la superbe cuvée normale de ce domaine.


Tout bu or not tout bu…-Vin de France – En attendant la pluie à Lansac

Robe : grenat clair, peu d’éclat et légère turbidité.
Nez : intense, complexe et évolutif il s’ouvre sur des notes très « nature » de truffe, de torréfaction et de réglisse avant de développer une palette très agréable sur la myrtille, les herbes de garrigue avec une touche très originale de vétiver.
Bouche : dense et très gourmand, il envahit le palais avec une matière généreuse mais bien équilibrée, la finale est un peu marquée par l’alcool (notes d’eau de vie).
Issu de grenache (75%) et de mourvèdre (25%) et vinifié sans intrants ce vin rouge à l’étiquette plus qu’énigmatique est un pur bonheur…pour moi, il n’y a pas eu de longues tergiversations existentielles : c’était « Tout bu » !

 

 

CIMG3638 

 

Les vendanges approchent et le moine du Moenchberg à le sourire...pourvu que ça dure!

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 08:56

 

Contrairement à l’année passée c’est sous la canicule de fin août que nous nous retrouvons à faire notre traditionnel périple bourguignon avant de penser à la rentrée scolaire. Avec Martial qui m’accompagne pour la 3° année consécutive et deux « jeunots » du club AOC désireux de vivre quelques émotions oenophiliques in-situ, nous partons pour 2 jours de visites à la recherche de bons vins et de caves fraîches.


Jour 1. : petite descente nord-sud de Concoeur à Puligny en passant par Pernand.

 

 

 

Domaine Rollin à Pernand Vergelesses

 

Après une pause de midi dans un petit village des hautes côtes nous descendons vers le sud pour rejoindre notre seconde étape à Pernand-Vergelesses, un charmant petit bourg viticole accroché à la montagne de Corton…un des nombreux sites qui me rappellent que la Bourgogne peut aussi s’apprécier pour la beauté de ses paysages.

 

p 023
Le bout du village de Pernand au pied de la colline de Corton, côté Charlemagne (secteurs « En Charlemagne » et « Le Charlemagne »).

 


Redécouvert en 2010, le domaine Rollin m’avait alors particulièrement séduit par la belle tenue de sa gamme de blancs 2008 et de rouges 2007. Une nouvelle visite s’est donc imposée tout naturellement cette année.

 

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Madame Rollin nous accueille au caveau et comme nous sommes un peu moins pressés que lors de notre dernière visite nous prenons le temps de faire un tour complet de la production du domaine.

Nous commençons par la dégustation de la gamme de vins blancs :

Aligoté 2009 : le nez est très aérien avec des notes discrètes de fleurs blanches, la matière est étonnamment généreuse, même un peu lourde, la pointe minérale de la finale apporte une sensation de fraîcheur bienvenue.
Mûr et bien gras cet aligoté semble très marqué par le millésime et pêche un peu par son manque de vivacité.

Hautes Côtes de Beaune blanc 2010 : le nez est agréable sur les fruits blancs, le citron frais et une fine touche boisée, la bouche présente une chair très gourmande avec une structure acide bien large et une finale très vive.
Cette cuvée vient d’être mise en bouteilles mais semble déjà bien en place…voilà un beau bourgogne blanc à prix très sage (autour de 8 euros).

Pernand Vergelesses 2010 : le nez est fin, marqué par des notes d’agrumes (citron, pamplemousse), la bouche est vive et tendue avec un joli gras et une longue finale sur le pamplemousse.
Comme le précédent, ce vin est de mise récente et se goûte déjà avec plaisir même si son abord se montre un peu moins facile…en tous cas le niveau de ces deux cuvées de 2010 nous rassure sur la qualité des blancs sur ce millésime.
 

 

Pernand Vergelesses Les Cloux 2009 : le nez est assez discret, floral et pierreux, la bouche est dense et très concentrée, la finale est longue et très minérale.
Particulièrement appréciée l’année passée cette cuvée issue d’une parcelle de jeunes vignes est tout aussi réussie sur ce nouveau millésime…ces Cloux sont en passe de se faire une place de choix dans la gamme du domaine.

 

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Pernand Vergelesses 1°Cru Sous Frétille 2009 : le nez est plus marqué par l’élevage avec un boisé net et des notes d’épices, les arômes de citron frais se révèlent en fond, l’attaque en bouche est pointue, le milieu s’épanouit en souplesse et en rondeur, la finale revient sur un fruit très agréable et quelques notes boisées.
Conçu pour charmer dès le premier abord ce vin généreux gagnera surement encore en définition et en finesse lorsque le temps aura patiné sa matière.


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Le climat « Sous Frétille » vu d’en-haut…

 

 

Corton Charlemagne 2009 : le nez est discret mais raffiné sur des arômes pêche blanche mûre et des notes caillouteuses en fond, la bouche impressionne par sa matière puissante et ample qui envahit le palais en laissant persister longuement de profondes notes minérales.
La classe du Grand Cru se remarque dès que le vin est mis en bouche, une structure sphérique imposante mais une trame acide et minérale qui maintient une charpente très solide…Superbe !

 

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Nous passons aux vins rouges, avec un premier vin issu du millésime 2009 :

Hautes Côtes de Beaune rouge : le nez est franc et expressif sur les fruits rouges, la bouche possède un toucher assez viril mais le fruité est toujours aussi net, la finale est d’une fraîcheur très agréable.
Ce vin laisse l’impression d’une personnalité encore un peu dissociée entre une matière généreuse et une charpente encore très virile…gageons qu’un séjour en cave saura tempérer cette fougue et harmoniser l’ensemble.


Le reste des cuvées rouges sont toutes issues du millésime 2008 :

Chorey les Beaune : le nez est assez ouvert sur les fruits rouges et le pain d’épices, la bouche est ample, grasse mais solidement charpentée, la finale légèrement réglissée est bien tannique…peut-être même un peu austère.
L’olfaction est belle, la matière est concentrée mais l’équilibre est encore un peu viril à l’heure actuelle…comme el précédent ce vin rouge semble encore bien trop jeune pour être apprécié.

Savigny les Beaune : le nez est profondément fruité et délicatement boisé, en bouche, après une attaque bien vive, la solide structure tannique s’impose dès le milieu en donnant un caractère très austère à la finale.
Comme le Chorey, ce Savigny se caractérise par une charpente très solide qui le rend assez difficile à approcher à l’heure actuelle.

Pernand Vergelesses : le nez est discrètement fruité, la bouche possède plus de rondeur avec quelques notes minérales bien définies, la finale reste cependant marquée par des tanins assez virulents.
La structure tannique reste présente mais on sent une matière capable de répondre en équilibrant l’ensemble pour peu qu’on lui laisse le temps de se mettre en place…Les amateurs patients ne sont pas à l’abri d’une très bonne surprise sur cette cuvée !

Pernand Vergelesses 1°Cru Les Vergelesses : le nez est discret toujours sur les fruits rouges et un léger boisé, la bouche possède une matière assez généreuse tout en gardant un équilibre très vif et une présence tannique sensible, la finale est marquée par un beau retour aromatique fruité et épicé.
Après relecture des commentaires sur le Vergelesses 2007 il apparaît que cette cuvée est finalement assez proche de celle goûtée l’année passée…un vin plus marqué par son terroir que par le millésime.

Pernand Vergelesses 1°Cru Les Fichots : le nez est ouvert et agréable sur la gelée de groseille, la bouche est profonde, bien tannique et la finale très fraîche révèle une belle longueur aromatique.
Un fruit bien épanoui qui donne envie de goûter et une bouche robuste et corsée qui nous conseillerait plutôt de garder ce vin en cave durant quelques années…dilemme !

Pernand Vergelesses 1°Cru Ile des Vergelesses : le nez est très discret, on y détecte quelques notes florale et une pointe plus minérale, la bouche possède une matière concentrée, imposante avec des tanins toujours très vifs et une finale longue et finement épicée.
Bien plus réservé que le 2007 mais laissant une impression de puissance identique cet Ile des Vergelesses confirme pleinement son statut de cuvée phare du domaine sur cette couleur...pour moi c’est le plus beau vin de la série !

 

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Aloxe Corton : le nez est assez ouvert sur la prune et les épices douces, la bouche possède un équilibre viril mais la matière reste d’un contact agréable au palais, la finale est longue et finement réglissée.
Là aussi ce 2008 se rapproche un peu du 2007 par son côté plus rustique mais la présence en bouche de ce vin révèle un grain dense et charnu qui permet d’envisager sereinement les quelques années de garde nécessaires à son épanouissement.
 

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Point de vue au dessus de Pernand : entre les 2 premières routes en V, le climat « Fichots » et entre les 2 routes en V du second plan, le climat « Ile des Vergelesses »


Après la belle impression de 2010, cette seconde visite au domaine Rollin nous a un peu moins enthousiasmés : il faut dire que la plupart des cuvées rouges de 2008 se sont révélées très difficiles à goûter en cette fin août.
Les blancs se sont montrés beaucoup plus à leur avantage : parfaitement équilibrés et très gourmands, ils se livrent dès aujourd’hui avec une grande facilité…GRAND MIAM !
Les rouges ont presque tous un profil paradoxal avec une palette olfactive au fruité ouvert et immédiat et une présence en bouche que des tanins très présents rendent souvent trop austère : des vins qu’on a envie de boire sur le fruit mais dont la structure demande un peu de garde pour gagner en souplesse…un choix presque cornélien !
Ceci dit, cette année nous n’avions pas trop d’impératifs temporels et nous avons pu profiter pleinement de la qualité de l’accueil chez les Rollin : la quinzaine de vins de la gamme étaient offerts à la dégustation, quelle meilleure adresse pour découvrir les diverses appellations de Pernand Vergelesses !

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 18:52



Contrairement à l’année passée c’est sous la canicule de fin août que nous nous retrouvons à faire notre traditionnel périple bourguignon avant de penser à la rentrée scolaire. Avec Martial qui m’accompagne pour la 3° année consécutive et deux « jeunots » du club AOC désireux de vivre quelques émotions oenophiliques in-situ, nous partons pour 2 jours de visites à la recherche de bons vins et de caves fraîches.


Jour 1. : petite descente nord-sud de Concoeur à Puligny en passant par Pernand.


Domaine Hervé Murat à Concoeur

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Voilà déjà 5 millésimes que je suis la carrière de ce jeune vigneron installé sur les hauteurs au dessus de Vosne Romanée et qui, d’année en année, perfectionne son travail à la vigne et en cave tout en étoffant sa gamme de crus. Les projets d’agrandissement de son espace professionnel ont pris un peu de retard mais Hervé Murat reste serein « A l’heure actuelle il faut se concentrer sur les vendanges 2011 dont l’échéance approche… pour les nouveaux locaux on attendra une période plus calme ». Avancer toujours mais sans brûler les étapes, voilà une démarche empreinte d’une grande sagesse.
Debout entre 2 grandes cuves en bois déjà prêtes pour accueillir la vendange future et quelques barriques de vins de 2010 nous partons le verre à la main pour une nouvelle visite gustative de la production actuelle du domaine.

Nous commençons par déguster quelques échantillons du millésime 2010 : prélevées en cours d’élevage certaines cuvées n’ont pas terminé leur fermentation malo-lactique.


Hautes Côtes de Nuits Le Clos Duc : le nez est discret avec un peu de réduction rapidement remplacée par des arômes fruités et légèrement réglissés, la bouche possède une belle structure avec une matière riche et un finale encore un peu astringente..
Même si l’acidité malique perturbe encore un peu sa finale, cette cuvée issue d’une petite parcelle de vieilles vignes (plus de 40 ans) exposée plein sud est pleine de belles promesses. Je ne serai pas étonné de voir ce Clos Duc devenir une référence sur les Hautes Côtes.

Beaune 1° Cru Les Tuvilains : le nez est bien ouvert avec un fruité très pur, la bouche est charnue et gourmande, finement aromatique elle est soutenue par une trame tannique très soyeuse.
Cet intrus bien sympathique dans cette gamme exclusivement consacrée à la Côte de Nuits se montre en général très charmeur dès son plus jeune âge…2010 ne déroge pas à la règle, un régal !

Morey Saint Denis 1° Cru Les Charrières : le nez est déjà très flatteur sur la griotte et le noyau de cerise, la bouche se montre déjà fort avenante avec une présence au palais bien ronde et une finale qui promet par sa belle longueur aromatique.
Comme le 1° cru précédent ce vin est plus avancé dans sa conception que le HCN et nous donne un premier aperçu plus que rassurant sur ce millésime : la matière est dense et donne une belle impression de maturité…Rassurant !


Pour la suite Hervé Murat nous propose un tour d’horizon complet sur ses cuvées 2009 en commençant par une nouveauté, le premier vin blanc produit au domaine.


Hautes Côtes de Nuits blanc : le nez est frais et flatteur sur les fleurs blanches et le bonbon acidulé, la bouche est tout en finesse et en élégance avec une finale épicée et discrètement boisée.
Cette première cuvée blanche est issue à 100% de pinot blanc et vinifiée à la bourguignonne dans des barriques (15% de fût neuf)…une petite friandise originale qui se livre avec simplicité et modestie mais qui se boit avec plaisir.

Hautes Côtes de Nuits Les Herbues : le nez est discret et complexe, la bouche est bien concentrée et très soyeuse, la finale bien longue laisse apparaître de belle notes de bâton de réglisse.
La parcelle « historique » d’Hervé Murat tient crânement son rang dans une gamme qui s’étoffe d’année en année : on sent le beau millésime à travers son équilibre très riche mais aussi la patte du vigneron qui a su donner une belle harmonie à l’ensemble.

 

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Hautes Côtes de Nuits Le Clos Duc : le nez est ouvert et flatteur avec un fruité bien mûr, la matière est très belle, gourmande, charnue avec une finale qu’une délicate pointe acidulée rend particulièrement sapide.
Comme le laissait prévoir la dégustation de cette cuvée sur le millésime 2010 ce vin charnu et très complet qui glisse bien en bouche est déjà un séducteur absolu.

Morey Saint Denis : le nez est discret et évolutif, plutôt torréfié dès l’attaque, il révèle des notes de prune avant de s’épanouir sur un registre plus floral, la bouche est dense, concentrée avec une présence tannique bien mûre et une très belle longueur aromatique en finale.
Comme pour le 2008, ce vin se laisse déjà approcher de façon très directe mais la belle matière en bouche nous fait penser qu’un petit séjour en cave lui fera prendre une dimension supérieure…cruel dilemme !

Chambolle Musigny Les Echézeaux : le nez est fin et aérien sur un registre très floral (pivoine, violette), la bouche possède une silhouette longiligne très élégante, la finale est fraîche et sapide.
Malgré la belle matière liée au millésime ce Chambolle se présente dès son plus jeune âge dans un équilibre svelte et racé…une belle aristocrate.


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Nuits Saint Georges La Petite Charmotte : le fruité est discret mais joliment complexe, la matière en bouche est dense avec un équilibre vif et racé et une finale où des arômes de fruits et d’épices persistent longuement.
Récoltée sur une parcelle située dans le secteur nord de Nuits Saint Georges vers Vosne, cette très belle cuvée qui fait son apparition sur la carte du domaine laisse déjà une remarquable impression de plénitude…Incontournable dès le premier millésime !

 

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Morey Saint Denis 1° Cru Les Charrières : le nez est pur et racé avec une palette bien complexe sur la prune, la violette et les épices douces, la bouche est grasse et charnue, l’équilibre est presque doux mais la finale reste fraîche et bien longue avec un retour très agréable sur la violette.
Avec du volume, de la concentration et une grande richesse aromatique ce premier cru de Morey est tout simplement un grand vin !

Beaune 1° Cru Les Tuvilains : le nez est séduisant avec des arômes de fruits rouges confits, la bouche flatte par sa douceur et son superbe équilibre qui associe une matière puissante, une fine acidité et une trame tannique dense et mûre.
Cette petite parcelle de vieilles vignes (1/2 hectare, datant de 1947) située sur les hauteurs de Beaune a produit en 2009 un vin complet, déjà très facile d’accès mais avec un potentiel énorme…On termine la série en apothéose !

 

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Les quelques 2009 dégustés l’année passée avaient placé très haut les attentes sur ce millésime…après ce tour d’horizon complet on ne peut que constater que le défi a été relevé haut la main par Hervé Murat : nous avons été impressionnés par l’homogénéité qualitative des vins dégustés sur cette série. Ces cuvées possèdent toutes un charme direct et immédiat tout en présentant des structures équilibrées et des matières riches, qui leur garantissent à coup sûr un très grand potentiel de garde.
Pour 2010, tout le monde s’accorde à dire que cela a été un millésime plus difficile que 2009, soit ! Ceci dit les 3 vins dégustés en cours d’élevage sont plutôt de nature à rassurer : le fruité est pur, les matières sont mures et les charpentes sont solides.
Vivement l’année prochaine pour découvrir ces vins finis…et les nouvelles installations du domaine…wait and see !



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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 14:50



Le domaine de Vens le Haut a expédié des échantillons de l’ensemble de sa gamme de vins sur le millésime 2010 à Thierry pour qu’il les déguste et donne ses impressions. Cette propriété situées sur les hauteurs de Seyssel et dirigée par Georges Siegenthaler a pour ambition avouée de produire des micro-cuvées d’excellence sur des terroirs savoyards : viticulture bio (le domaine est en conversion depuis 2 ans), rendements minuscules, vendanges manuelles à pleine maturité, tries méticuleuses, égrappage et vinifications précises avec un minimum d’intrants…tout a été mis en œuvre pour réussir ce projet.
Toujours soucieux de faire partager ses connaissances et ses expériences viniques avec d’autres amateurs, Thierry a invité quelques membres de l’Oenothèque Alsace pour l’accompagner dans cette visite gustative en pays de Savoie.

 

Les vins sont goûtés étiquettes découvertes, après quelques explications fort utiles de notre hôte sur ces appellations dont j’avoue ne pas connaître grand-chose.
Les-commentaires ont été rédigés au moment de la dégustation.

Vin de Savoie Aligoté 2010
Le registre olfactif est complexe et flatteur, groseille blanche, zeste de citron et notes pierreuses, la bouche est ample, fruitée avec une belle tension et une minéralité palpable qui tient longuement en finale.
D’une richesse peu commune (13°8) et d’un équilibre idéal ce transfuge bourguignon réussit à se transcender sur le piémont alpin…Superbe cuvée !

Vin de Savoie-Cru Chautagne Jacquère 2010
Le nez est résolument minéral avec des notes de craie et de plâtre frais, la bouche légère et finement acidulée révèle de délicates saveurs d’herbes sèches qui persistent bien en finale.
Cette cuvée, issue d’un cépage qui joue pourtant à domicile, ne se montre pastrop avenante ce matin même si la texture en bouche laisse présager d’un beau potentiel d’évolution…en plus après un aligoté en forme olympique, le défi était vraiment dur à relever !

Seyssel Altesse 2010
Le nez évolue assez vite et passe d’une phase de réduction à une phase de mutisme avant de livrer de beaux arômes floraux (les fruits exotiques ont attendu la soirée pour se manifester…), la bouche est généreuse et vraiment gourmande avec du gras et de la fraîcheur, la finale se prolonge sur une belle salinité.
Voilà un vin qui ne se livre pas facilement mais qui récompense largement le dégustateur patient. La matière est impressionnante (14°6) mais l’équilibre reste parfaitement digeste…une cuvée hautement gastronomique !

Vin de Pays d’Allobrogie Molette 2010
Le nez est charmeur avec des arômes très pâtissières de crème d’amande et de brioche au beurre, l’attaque en bouche est assez souple, la matière est plus fine mais l’équilibre reste bien tonique, la finale est marquée par une légère amertume et des notes de noix.
Je n’ai aucune référence gustative sur ce cépage rare utilisé principalement pour élaborer le vin mousseux de Seyssel ; vinifiée en vin tranquille avec des fruits issus d’une parcelle de très vieilles vignes cette cuvée étonne par sa palette originale mais reste assez marqué par un caractère un peu oxydatif…pour amateurs avertis !
 

 

Vin de Savoie Pinot Noir 2010
Le nez est ouvert et très avenant sur des fruits rouges mûrs, la bouche est équilibrée avec une texture soyeuse et un fruit très gourmande, la finale est e longueur moyenne et discrètement réglissée.
Pureté aromatique et tenue exemplaire en bouche…on tombe très facilement sous le charme de ce très beau pinot noir !

Vin de Savoie Gamay 2010
Le nez est plus secret mais très complexe, la bouche est dense et soyeuse avec une finale subtilement acidulée et d’une belle longueur.
Bizarre de goûter le gamay après le pinot noir…mais dans ce cas cela se justifie complètement tant ce vin se montre plus raffiné et plus élégant que le précédent même si à l’heure actuelle il reste encore un peu replié sur lui-même sur le plan aromatique.

Vin de Savoie Mondeuse Noire 2010
Le nez est un peu marqué par l’élevage mais révèle très rapidement de belles notes de mûre, d’épices et de violette, la bouche est ample, concentrée avec une trame tannique très solide mais bien mûre, la finale est fraîche et finement torréfiée.
Assez typé bordelais dans sa texture ce vin sombre, plein de sève et d’énergie nous séduit par sa belle matière mûre et friande, même si sa pleine expression demandera encore quelques années de garde.

 

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Altesse et Pinot noir…élégance et raffinement jusque dans les étiquettes
 

 

 

Pour conclure :

- Même si, à mon sens, rien ne remplace la visite sur place et le contact direct avec le vigneron, une dégustation  basée sur une série de vins produits par un même domaine permet d’approcher avec une certaine précision la philosophie du vigneron. Bien entendu, je n’ai pas hésité longtemps lorsque Thierry Meyer m’a proposé de partager un moment de convivialité avec lui et les vins du Domaine de Vens le Haut…Merci à lui pour son sens du partage !

- Cette série de très bon niveau a bousculé un peu mes idées reçues sur les vins de Savoie : grâce à des vignerons comme Dupasquier ou Quénard, j’avais pu apprécier quelques belles bouteilles de blanc mais par contre je n’ai jamais pu boire des rouges aussi réussis que ces trois cuvées savoyardes du Domaine de Vens. Avec des blancs précis et typés et des rouges mûrs et gourmands Georges Siegenthaler est en train de réussir son pari : il apporte là la preuve que les terroirs savoyards peuvent générer des vins d’exception.

- Avec des prix autour de 10 euros la bouteille, autant vous dire que le rapport Q/P de ses vins est exceptionnel : le domaine qui annonce un politique d’exploitation non lucrative met visiblement son principe en œuvre et en fait profiter les quelques clients privilégiés qui pourront acquérir quelques uns de ces précieux flacons.

- Pour le coup de cœur je relèverai bien sûr l’étonnant pinot noir, qui m’a donné un bel avant-goût de Bourgogne à quelques heures de mon départ pour mon pèlerinage annuel mais je reste définitivement sous le charme de cet incroyable aligoté dense et profondément minéral.

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 17:01



Je le confesse, je ne suis pas très fidèle à cette manifestation organisée chaque année pour célébrer le vin de ma région favorite : entouré de stands de foire expo classiques (matériel agricole, meubles, voitures, gadgets révolutionnaires indispensables...et marchands de boustifaille hors de prix) le hall n°1 complètement relooké propose des animations assez bruyantes et un ilot central où, moyennant quelques euros on peut déguster l’un ou l’autre vin d’Alsace sélectionné pour l’occasion.

 

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La dégustation, c’est debout…mais la sélection des vins tient la route.

Ceci dit, certaines années le programme des concerts offre quelques opportunités capables de lever les derniers points de résistance : pour une quarantaine d’euros vous avez Selah Sue (un sens du rythme et une énergie irrésistibles), Gaëtan Roussel (trop de bruit et pas assez de musique…et pourtant c’est pour lui que je suis venu…) et Moby (un professionnel dans le sens le plus noble du terme !)…pourquoi hésiter ?

 

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Selah Sue…une révélation !
 

 

Avant d’aller écouter ces 3 artistes, je me suis donc accoudé au comptoir du hall n°1 pour goûter une série de vins choisis dans une liste bien plus courte que lors des précédentes éditions mais d’un très beau niveau qualitatif :

Crémant Clos Saint Landelin-Cuvée Prestige – Domaine R. Muré à Rouffach
La palette est florale, très aérienne, la bouche est très vineuse, la mousse légère et la finale laisse une agréable sensation acidulée sur la langue.
Pas trop de fantaisie mais une maîtrise évidente de ce type de vins...du bon boulot !

Pinot Blanc Les Princes Abbés 2008 – Domaine Schlumberger à Guebwiller
Le nez est discret avec un fruit complexe et quelques notes herbacées très fraîches, la bouche est très généreuse avec un gras sensible et une finale un poil trop lourde à mon goût.
Un bon vin certes mais qui manque un peu de vivacité pour ce cépage.

Riesling Hagel 2009 – Domaine L. Sipp à Ribeauvillé
Le nez est aérien et élégant, zestes et notes pierreuses, la bouche est droite, tendue et la finale bien nette laisse la place à une belle sensation minérale.
Précis et archétypique…j’aime beaucoup !

Riesling Drei Exa 2009 – Domaine P. Ginglinger à Eguisheim
Le nez est pur et discret avec des notes de bonbon au miel et des évocations minérales, la bouche est fine, élégante mais avec une matière un peu légère pour ce cépage.
Un petit manque de profondeur mais une approche très avenante…léger et plaisant !

Riesling GC Mandelberg-Clos des Terres Brunes 2009 – Domaine J. Siegler à Mittelwihr
Le nez est fin et complexe sur la groseille, le sucre d’orge et quelques notes florales, l’attaque en bouche est douce, la vivacité du cépage se montre par la suite et il faut attendre la finale pour ressentir la salinité du terroir.
Ce grand cru que je n’ai que très peu dégusté jusqu’ici, m’a agréablement surpris : beaucoup d’harmonie et d’élégance.

Riesling GC Schlossberg-Clos des Capucins 2009 – Domaine Weinbach à Kaysersberg
Le nez très long à se mettre en place révèle de belles notes florales et pierreuses (pierre à fusil), la bouche attaque en souplesse, la puissante minéralité se livre progressivement jusqu’en finale où la complexité aromatique (épices, camphre) et la grande longueur signent la grande origine.
Un vin avec un grand potentiel qui doit surement encore se reposer un peu pour se livrer pleinement.

Riesling GC Muenchberg 2009 – Domaine Ostertag à Epfig
Le nez est expressif sur la mangue, l’ananas frais et une pointe de gingembre, après une attaque assez vive, le milieu de bouche offre une petite rondeur avant de se tendre pour soutenir une finale dotée d’une grande complexité aromatique.
Un riesling complet et dense, surement très grand, mais qui cherche encore sa cohérence en bouche…à encaver sans hésiter cependant !

Gewurztraminer Silberberg 2009 – Domaine Pfister à Dahlenheim
Le nez est dominé par d’intenses effluves de litchies, la bouche est d’une rondeur gourmande mais sans devenir pesante.
Un gewurztraminer franc et aromatique qui se distingue par une belle buvabilité...peu épicé mais avec un fruit très charmeur.

Gewurztraminer GC Furstentum-Clos des Capucins 2008 – Domaine Weinbach à Kaysersberg
L’olfaction est étonnamment discrète mais la bouche, dans un style assez opulent, nous propose une leçon d’équilibre et de finesse avec une finale très saline qui voit (enfin…) se manifester les arômes de rose et de fruits mûrs.
Voilà un vin dense et racé qui est encore dans sa gangue et qu’il faudra absolument regoûter dans quelques années…émotions majuscules garanties !



Pour conclure :

- Certes la Foire aux Vins de Colmar est avant tout une « foire » avec tout ce que cela comporte de bon et de moins bon, mais il n’en reste pas moins que cette manifestation nous offre la possibilité de passer une journée somme toute fort agréable. Pour 1, 2 ou 3 euros le verre généreusement rempli, l’amateur pourra tremper ses lèvres dans quelques cuvées de très bon niveau ; le dégustateur se verra même offrir la possibilité de goûter 2 demi-verres (c’est largement suffisant pour apprécier les vins) pour le prix de 1, avec un crachoir mis à disposition…que demander de plus ?

- Comme je l’ai déjà suggéré plus haut, la déception du jour est venue des concerts et de leur sonorisation en dépit du bon sens…à croire que certains groupes se lancent des défis pour voir qui fera exploser le plus de tympans dans une soirée. Après une Selah Sue mesurée dans la distribution de décibels, Gaëtan Roussel nous a inondés avec un son ultra-saturé qui transformait trop souvent sa musique en vacarme et Moby m’a administré le coup de grâce avec un enchaînement de morceaux qui me semblaient de plus en plus bruyants…j’ai craqué avant la fin et je suis parti lorsque j’ai senti que mes deux membranes auditives se touchaient dans ma tête.
Je dois être trop vieux pour ce genre de choses… !

- Les quelques vins dégustés (j’avais pris l’option grands verres, cette année…) ont témoigné du très bon niveau de la sélection. Malgré tout j’ai pu me rendre compte que les 2009 ne se goûtent pas trop bien aujourd’hui…serait-ce un de ces millésimes plus faciles à faire qu’à boire ?
On va attendre la prochaine Masterclass d’automne pour se refaire une idée…

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 12:13

 

Pour moi, le site des Dentelles de Montmirail compte parmi les plus beaux de notre pays : un environnement un peu sauvage avec une barre rocheuse incroyable, une végétation provençale, une lumière incomparable et des vignes partout…tout est là pour donner au visiteur l’impression de poser le pied dans un petit coin de paradis !
Bien évidemment lorsque mon ami ardéchois m’a proposé une virée oenophilique dans ce coin je l’ai suivi sans hésiter d’autant plus qu’il m’avait déjà habilement appâté en m’offrant une bouteille de Terres Jaunes 2006 de la Ferme Saint Martin que j’ai dégustée avec un grand plaisir il y a quelques semaines.
C’est parti !

 

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Les Dentelles côté est.

 

 

Sur le chemin du retour vers le plateau ardéchois nous effectuons notre ultime halte au domaine Richaud à Cairanne.


 

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L’entrée du caveau du Domaine Richaud
 

 

L’espace dégustation est spacieux mais accueillant avec de petites tables où les amateurs de passage sont installés pour déguster tout ou partie de la gamme produite par ce domaine emblématique de Cairanne.
Comme tout grand professionnel confirmé (à qui nous nous efforçons de ressembler…), ou comme tout boit-sans-soif invétéré (à qui nous essayons de ne pas trop ressembler !!!!) nous partons pour une découverte exhaustive des cuvées proposées au tarif actuel :

CDR Villages Cairanne blanc 2010 : le nez est ouvert et présente une palette bien complexe, la bouche est assez gourmande mais finit avec une certaine lourdeur.
Issu d’un assemblage de nombreux cépages blancs (roussane, marsanne, viognier, clairette…) ce vin séduit facilement par sa richesse aromatique mais me laisse un peu dubitatif face à son équilibre en bouche bien trop opulent à mon goût.

Terres d’Argiles – CDR 2010 : le nez est expressif et joliment complexe avec des notes de figue fraîche et de garrigue, en bouche le fruité reste très fin avec un milieu où on sent une chair très gourmande et une finale légèrement astringente.
Assemblage de grenache (42%), syrah (23%), mourvèdre (21%) et carignan (14%) ce vin à l’équilibre droit et à la palette aromatique riche demandera quelques mois de patience pour que les tannins s’arrondissent un peu.

Terres de Galets – CDR 2010 : le nez est flatteur et d’un fruité riche et épanoui, la bouche est charnue avec un milieu marqué par une petite touche végétale et une finale qui revient sur un équilibre très gourmand.
Issu d’un assemblage identique au précédent mais sur des vignes plus vieilles, ce vin dense et élégant, se montre déjà très facile d’accès même si on devine également un vrai potentiel d’évolution dans les mois à venir.

CDR Villages Cairanne rouge 2009 : le fruité est très fin mais quelques notes de solvant le troublent légèrement, la bouche possède un très beau volume et une texture très généreuse, la finale étonne par sa longueur aromatique.
Sur cet assemblage de 5 cépages (grenache, syrah, carignan, mourvèdre, counoise) la mise récente peut expliquer que la palette olfactive reste encore un peu brouillée mais la très belle matière en bouche permet d’envisager l’avenir de cette cuvée avec confiance.

CDR Villages Cairanne rouge 2009 – sans soufre : le nez est pur et précis avec une palette sur les fruits mûrs et les herbes aromatiques, la bouche est charnue, gourmande, la finale est souple et mais bien tenue.
Cette cuvée « nature » exigera sûrement de bonnes conditions de stockage pour durer dans une cave mais pour l’heure c’est la révélation de la série…un pur régal !

L’Ebrescade – CDR Villages Cairanne rouge 2008 : le nez s’ouvre sur des notes de vernis avant de laisser la place à de beaux arômes de fruits noirs, d’épices et de réglisse, la bouche est très corsée mais bien équilibrée, on reconnaît un délicieux goût de brugnon mûr avant de revenir sur les épices en finale.
La matière est superbe de concentration et d’équilibre mais malgré une année supplémentaire en cave cette cuvée semble encore bien jeune pour exprimer toute sa classe…je crois qu’il faudra encore faire preuve d’un peu de patience pour profiter pleinement de ce vin.

Les Estrambords – Vin de Terroir rouge 2009 : le nez est ouvert et agréable sur la confiture de fruits noirs et la pêche mûre avec une petite pointe alcooleuse, la bouche est riche et volumineuse et la finale se révèle un peu courte.
Vendu uniquement en magnum cet OVNI issu à 100% du cépage counoise demande visiblement quelques années de garde pour livrer ses secrets et révéler l’originalité de sa personnalité.

 

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Un magnum Les Estrambords entre de bonnes griffes…


- Le domaine Richaud produit des vins concentrés et équilibrés grâce à une viticulture de très grande qualité et des pratiques œnologiques empreintes d’exigence et de bon sens. Bio à la vigne et très nature dans les vinifications – avec des intrants limités à une dose minuscule de SO2 à la mise – ces vignerons ont fait le choix de la qualité dans le respect des terroirs et de l’environnement. Cette visite qui s’est limitée, faute de temps, à une rapide dégustation de la gamme des vins au tarif, m’a donné envie d’en apprendre un peu plus sur ce domaine…retour en 2012, si tout va bien.

- Les vins dégustés sont en général plus denses et plus secrets que ceux découverts quelques heures plus tôt à la Ferme Saint Martin, mais leur texture révèle toujours une belle maîtrise dans le rapport richesse/sapidité qui, pour mon goût, pose souvent problème avec les vins de cette région.

- Pour le coup de cœur, même si les cuvées de Cairanne sont toutes les deux d’un très haut niveau, je reste sous le charme envoûtant de la version sans soufre : pure, évidente, riche et suave sans alourdir le palais…une classe naturelle absolue !

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 19:23



Si vous ne trouvez pas Jérôme Mazel à l’accueil de son caveau ouvert tous les jours à partir de 18 heures, c’est qu’il est déjà parti avec un groupe dans sa cuverie ou son chai à barriques pour une visite guidée…ou alors il faut aller le chercher au fond de sa cave dans le souterrain qu’il est en train d’aménager en espace d’accueil pour sa clientèle…
 

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Une partie du chai à barriques, au fond à droite l’entrée du souterrain.


 
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Le souterrain en chantier.

 

Ce vigneron, dont j’ai déjà longuement parlé dans d’autres articles, continue son bonhomme de chemin, travaillant dans ses vignes et dans le potager de ses parents dans la journée et passant le début de soirée avec ses clients qu’il accueille toujours avec gentillesse et disponibilité.
Sa gamme qui est restée inchangée depuis l’année passé comporte 3 vins blancs, 2 rosés et 3 rouges d’appellation VDP des Coteaux de l’Ardèche mais, comme en juillet 2010, il n’ya plus toutes les cuvées à la vente : Alter Ego 2009 (100% chardonnay), Magie Noire 2009 (100% syrah), Corps et Ame (90% merlot + 10% syrah) sont épuisées et les 2010 ne sont pas encore mis en bouteilles.

Odyssée 2010 (100% viognier) : le nez est élégant, floral (violette et fleur de sureau) et légèrement vanillé, l’attaque en bouche est assez timide mais la matière se révèle progressivement et développe une chair gourmande et un équilibre assez vif, la finale n’est pas trop longue mais laisse le palais frais et dispos.
Voilà un viognier comme je les aime avec une olfaction agréable sans être putassière et une bouche qui tient ses promesses. Jérôme Mazel maîtrise de mieux en mieux ce cépage : structure précise, boisé dosé avec beaucoup d’à-propos, matière mûre mais sans excès…un beau vin tout simplement !

Equinoxe 2010 (100% viognier en surmaturité) : le nez est intense et mûr sur l’abricot confit, la banane et le miel, la bouche est très moelleuse et bien aromatique mais la finale très généreuse peut fatiguer un peu les palais habitués à des équilibres plus verticaux.
Un peu comme pour les rosés ci-dessous, sur 2010 j’ai préféré l’expression la moins moelleuse du viognier… question de goût personnel sûrement car cette cuvée a été repérée par la critique spécialisée et a même constitué le sujet d’un reportage télé qui sera diffusé sur Arte en décembre 2011 (le 19, je crois)…A vos agendas !

Ribambelle 2010 (grenache, syrah, merlot et quelques autres…) : le nez est festif, aérien avec un très joli fruit (fraise des bois et petits fruits rouges), la bouche est parfaite, fruité croquant, délicatement acidulé et une pointe de douceur…comme dirait J.M. Bechtold « indice de torchabilité maximal ».
Mon rosé de l’été 2011…après un avant-goût proposé par l’ami Cyril, ce vin d’une gourmandise absolue a coulé à flots durant mon séjour ardéchois.

Chamboultou 2010 (70% de grenache) : le nez s’exprime sur le même registre que le précédent mais avec un caractère sensiblement plus confit, la bouche est franchement moelleuse tout en gardant une belle fringance et un fruité toujours aussi épanoui.
Irrésistible sur 2009, ce rosé atypique m’a un peu moins séduit cette année…mais il faut dire que le « Ribambelle » vraiment parfait cette année a placé la barre des rosés à une belle hauteur. Il n’en reste pas moins que cette cuvée appelle la convivialité et constitue un apéritif estival idéal !

Cœur de Pierre 2010 (90% de grenache + 10% de merlot) : le nez est un peu mystérieux, complexe et évolutif il s’ouvre sur des notes épicées qui rappellent le chorizo avant de partir sur un fruité mûr et gourmand pour finir sur de belle notes réglissées et fumées.
La « bombinette » fruitée de 2009 est nettement plus réservée cette année mais la structure en bouche et la belle complexité aromatique ne trompent pas…c’est une belle cuvée !
Jérôme pense que ce vin mériterait un peu de garde pour se livrer complètement…pour ma part je m’en suis déjà bien régalé cet été sur ma terrasse de Grospierres.

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La cuverie quasiment prête pour les vendanges…



Mon ultime visite à Pradons, avec mon filleul à qui j’essaie d’inculquer de saines pratiques œnophiles, nous a permis de déguster deux cuvées supplémentaires qui venaient d’être mises en bouteilles il y a quelques jours.
Après un gewurztraminer ardéchois, au nez de litchi et de loukoum à la rose mais très pâteux en bouche (du gewurztraminer à Pradons…ils ne se sentent plus ces ardéchois !), je termine par les deux vins fraîchement embouteillés :

Alter Ego 2010 (100% chardonnay) : le nez ne s’exprime pas encore très franchement mais la bouche possède une matière ample avec un équilibre très frais.
Un boisé très discret, une belle tenue en bouche et une vivacité étonnante…malgré une mise très récente qui brouille un peu la palette aromatique, ce chardonnay promet…et se dégusta déjà avec grand plaisir.
 
Magie Noire 2010 (100% syrah) : l’olfaction est très discrète, la bouche est dense, concentrée avec une trame tannique fine et serrée.
Comme le précédent, ce vin a été dégusté de façon prématurée (mais bon, j’ai vraiment insisté !), malgré tout la matière impressionne par sa texture charnue et très suave...une très belle syrah en devenir !

 

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La série presque complète de Jérôme Mazel (la flûte bleue, c’est le gewurtz)
 

 

Avant de quitter le domaine ou si vous voulez déguster les vins de Jérôme en dehors des heures d’ouverture du caveau, vous pouvez faire un petit crochet par la boutique de Mme Mazel. Vous y trouverez évidemment les vins de Jérôme mais aussi les légumes fraîchement cueillis dans le jardin familial et quelques produits locaux de grande qualité : saucissons de Puzzi, chèvres de la Ferme des Divols, crème de marrons, miels d’Ardèche…

 

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La boutique côté vins…

 
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La boutique côté légumes…

 
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Le potager

 

 

- Comme vous l’aurez compris, le domaine Mazel est devenu l’un de mes points de chute favoris en Ardèche : submergé par une clientèle de plus en plus nombreuse qui se presse dans son caveau, Jérôme fait déguster son vin en expliquant son métier avec un enthousiasme communicatif. On ne se lasse pas de l’écouter parler de ses cuvées, de ses terroirs, de ses copains vignerons et de son pays d’Ardèche.

- Ses vins gagnent chaque année en précision : Jérôme passe beaucoup de temps dans ses vignes pour récolter une matière première de plus en plus qualitative qu’il pourra travailler sereinement (pas toujours d’ailleurs, d’après ses dires…) dans sa cave équipée de cuves inox et d’un parc de pièces en chêne qu’il rachète en Bourgogne. Les cuvées de blancs effectuent une macération pré-fermentaire avant le pressurage puis sont entonnées dans des fûts de 1 à 2 vins, les rouges se font dans des fûts de 3 à 4 vins.

- Sur 2010, mes coups de cœur ont un peu changé : en dehors du viognier Odyssée trouve un équilibre presque idéal sur ce millésime je suis resté sous le charme du rosé Ribambelle, simple mais d’une gourmandise absolue…autant vous dire qu’a moins de 5 euros la quille, il a coulé à flots sur les hauteurs de Grospierres cette année !

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Présentation

  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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