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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 07:44

Mas de Jon Coteaux du Languedoc Pic Saint Loup 2008 – M. et G. Gravegeal à Fontanes

Robe : grenat assez dense avec une frange brune.
Nez : fin, distingué et joliment complexe, il révèle des arômes de violette, de cerise mûre et d’épices (muscade et poivre).
Bouche : l’attaque est fraîche et vraiment gourmande, une fine trame tannique soutient la structure, la finale est acidulée et bien aromatique.
Issu d’un assemblage classique de mourvèdre (40%), syrah (40%) et grenache (20%) récoltés sur un terroir marneux ce beau vin rouge flatte les sens par la complexité de sa palette et réjouit le palais par son équilibre bien frais.
Voilà deux jeunes vignerons prometteurs découverts au cours d’une dégustation à la Maison des Vins de l’Espiguette.


Domaine d’Aupilhac Lou Mazet 2010 – S. Fadat à Montpeyroux

Robe : rubis assez dense avec des bords violine.
Nez : discret et complexe, il se livre une palette très timide sur la mûre, la réglisse et quelques notes minérales raffinées.
Bouche : d’entrée on est surpris par une belle sensation de fraîcheur, une acidité large et bien mûre et une matière grenue mais soyeuse, la finale est assez courte.
Ce coteau du Languedoc est issu d'un assemblage à dominante cinsault-grenache (complété par du carignan et du mourvèdre) qui s’apprécie avec bonheur sur une table estivale.
C'est le « vall » de DC, un dégustateur émérite dont l'acuité et la pertinence m’étonnent à chaque fois, qui m’a offert cette belle quille…mille mercis !

 

p 022

 

Peu de bouteilles isolées commentées ce mois mais de belles dégustations et des visites dans des vignobles sudistes comme ice à Suzette.

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 10:20

 

Pour moi, le site des Dentelles de Montmirail compte parmi les plus beaux de notre pays : un environnement un peu sauvage avec une barre rocheuse incroyable, une végétation provençale, une lumière incomparable et des vignes partout…tout est là pour donner au visiteur l’impression de poser le pied dans un petit coin de paradis !
Bien évidemment lorsque mon ami ardéchois m’a proposé une virée oenophilique dans ce coin je l’ai suivi sans hésiter d’autant plus qu’il m’avait déjà habilement appâté en m’offrant une bouteille de Terres Jaunes 2006 de la Ferme Saint Martin que j’ai dégustée avec un grand plaisir il y a quelques semaines.
C’est parti !

 

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Les Dentelles côté est.

 

 

 

La seconde étape nous emmène vers Beaumes de Venise, dans un domaine recommandé par notre jeune hôtesse de la Ferme Saint Martin : le Domaine des Bernardins.


Cette exploitation familiale située au centre du village produit une cuvée de rosé, deux cuvées de rouge et quatre muscats. Adeptes d’une viticulture raisonnée ces vignerons ont prohibé les désherbants, utilisent des engrais organiques et pratiquent des vendanges manuelles permettant de trier précisément les fruits.


Le caveau de dégustation est accueillant mais nous sommes déjà pressés par le temps – eh oui, on a un peu traîné à Suzette – et nous choisissons de ne goûter que les muscats :

 

 

Doré des Bernardins – VDP de Méditerranée : le fruit est intense et précis au nez, la bouche présente un équilibre sec et digeste avec une finale légèrement amère.
Uniquement issu de muscat à petits grains ce vin surprend par sa fraîcheur et se déguste avec beaucoup d’agrément et de simplicité.

L’Esprit Libre – VDP de Méditerranée : le nez est subtil et avenant sur le raisin frais et bien mûr, la bouche possède un moelleux agréable et une finale légère et digeste.
Cette cuvée 100% muscat à petits grains à l’équilibre demi-sec est un vin plaisir par excellence avec juste ce qu’il faut de sucrosité et un fruit très épanoui…en plus, si on sait que cette petite merveille vous est cédée à moins de 6 euros au domaine, on craque complètement !

 

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Muscat de Beaumes de Venise 2010 : la robe étonne par sa couleur assez sombre, le nez intense et très fin s’ouvre sur des notes de pétale de rose avant de partir sur un registre fruité confit (raisin de Corinthe), la bouche possède une sucrosité mielleuse et une texture très grasse, la finale se prolonge avec de belles notes de raisin sec et d’épices douces.
Assemblage de 75% de muscat blanc et 25% de muscat noir ce vin riche et concentré se boit moins facilement que le précédent mais possède une matière extrêmement raffinée…un vin à siroter tranquillement pour lui-même ou à laisser vieillir quelques années pour lui permettre de trouver une place à table avec des fromages à pâte persillée.

 

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Muscat de Beaumes de Venise Hommage : le nez mystérieux et complexe sur les raisins secs, la bergamote et les épices, la bouche possède un moelleux plus élégant que la cuvée 2010, la finale persiste longuement sur les fruits secs (noix, figue…).
Voilà un vin précieux issu d’un assemblage de plusieurs millésimes de la cuvée précédente, qui flatte les sens par son équilibre et sa richesse aromatique. Présenté en bouteille de 50 cl, il permet au dégustateur de voir comment les muscats de Beaumes de Venise se comportent dans le temps…Très convaincant !

 

 

- Cette visite un peu impromptue, et surtout beaucoup trop rapide, au Domaine des Bernardins nous a permis de découvrir quelques vins blancs impeccablement travaillés avec un rapport Q/P exceptionnel.

- Cette propriété familiale dont le caveau est situé au centre du village de Beaumes de Venise propose des vins avec un pouvoir de séduction considérable : je n’étais pas forcément venu pour acheter mais je suis reparti avec un carton qui a d’ailleurs été bien entamé avant même notre retour en Alsace…un signe qui ne trompe pas !

- Pour le coup de cœur, pas d’hésitation « L’Esprit Libre » n’a pas seulement un joli nom, c’est un vin au charme direct et à l’équilibre guilleret avec un prix qui le rend absolument incontournable.

- La gamme de vins rouges (assemblage de grenache et de syrah) n’a pas été dégustée…une raison supplémentaire (si vraiment il en fallait une !) pour revenir faire une tournée dans cette région.


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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 10:02



Pour moi, le site des Dentelles de Montmirail compte parmi les plus beaux de notre pays : un environnement un peu sauvage avec une barre rocheuse incroyable, une végétation provençale, une lumière incomparable et des vignes partout…tout est là pour donner au visiteur l’impression de poser le pied dans un petit coin de paradis !
Bien évidemment lorsque mon ami ardéchois m’a proposé une virée oenophilique dans ce coin je l’ai suivi sans hésiter d’autant plus qu’il m’avait déjà habilement appâté en m’offrant une bouteille de Terres Jaunes 2006 de la Ferme Saint Martin que j’ai dégustée avec un grand plaisir il y a quelques semaines.
C’est parti !

 

p 026
Les Dentelles côté est.


La première halte est donc prévue à Suzette, petit village pittoresque perché sur le col éponyme, du côté est du massif des Dentelles (celui qu’on ne voit pas de l’autoroute) pour une visite à la Ferme Saint Martin.

 

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Suzette
 


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Le Ventoux et une partie des vignes du domaine de la Ferme Saint Martin


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L’entrée du caveau

Nous sommes reçus par mademoiselle Julien qui occupe ses vacances (elle poursuit des études d’architecture) à seconder ses parents dans l’accueil de la clientèle de passage au domaine.

Attablés dans le superbe caveau de dégustation nous faisons un tour complet des cuvées proposées à la vente actuellement :

 
Rosé d’Entrevon – Ventoux 2010 : le nez s’épanouit sur les fruits rouges et le bonbon acidulé, la bouche est bien vineuse avec un équilibre sec et une finale très fraîche.
Issue de grenaches, cinsaults et syrahs provenant de parcelles situées près de Malaucène, ce rosé élégant s’imposera sans aucun doute comme un compagnon idéal sur les tablées estivales…mais sa grande vinosité et sa structure solide permettent d’envisager des accords gastronomiques plus ambitieux avec toutes les saveurs provençales.

Les Romanins – Côtes du Rhône 2010 : s’ouvrant sur de fugaces notes de réduction, le nez discret de fruit noirs et de fumée se met rapidement en place, la bouche est sèveuse mais avec une finale un peu austère.
Avec un encépagement proche de celui du rosé mais des fruits qui proviennent de jeunes vignes sur le terroir de Beaumes de Venise ce vin se tient bien mais semble encore légèrement trop jeune pour être pleinement apprécié.

La Gérine – Ventoux 2010 : le nez est flatteur sur une palette joliment fruitée, la bouche est ample avec un fruit vraiment gourmand et une légère présence tannique qui soutient la finale.
Issue d’un assemblage de grenache, cinsault et carignan récoltés sur le terroir de Saint Hippolyte le Graveyron, cette cuvée rouge très gouleyante séduit dès la première gorgée mais ne vous y trompez pas, comme on dit par ici : « il y a déjà du vin là dedans ! »

Les Estaillades – Ventoux 2010 : l’olfaction est avenante et raffinée sur les fruits mûrs et les épices douces, la matière charnue et finement tannique laissent une impression très caressante au palais.
Le grenache qui domine très largement cet assemblage (98% + 2% de mourvèdre) imprime sa marque aromatique à ce vin rouge plein de soie et de gourmandise.

 

 
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Cyril en plein travail dans le caveau du domaine de la Ferme Saint Martin…eh dire qu’il y en a qui pensent qu’on s’amuse !

 

 

Les Terres Jaunes – Beaumes de Venise 2010 : le nez est déjà bien expressif sur les fruits légèrement confits et les herbes de garrigue, la bouche est juteuse avec un fruité croquant, une trame tannique d’une grande finesse et une finale délicatement épicée.
Cet assemblage de grenache (80%) et de Syrah (20%) récoltés sur des parcelles argilo-calcaires situées autour du domaine séduit immédiatement par son équilibre et sa matière très élégante ; je ne peux que confirmer le jugement de la RVF qui classe ce vin comme une réussite majeure sur ce millésime…un vrai régal !

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Estaillades et Terres Jaunes



Saint Martin – Beaumes de Venise 2009 : le nez est ouvert, très flatteur avec des arômes de fruits noirs très mûrs, la bouche est puissante, ample et riche mais joliment rafraîchie en finale par une discrète acidité et un grain tannique très soyeux.
Cette cuvée dont l’assemblage est sensiblement identique au précédent est issue de parcelles de très vieilles vignes (plus de 80 ans) : les faibles rendements et l’effet du millésime ont généré un vin riche et concentré qui assume sa générosité sans jamais se montrer pesant au palais...un petit miracle !

Costancia – CDR Beaumes de Venise 2009 : l’olfaction est proche de celle du vin précédent, une palette fruitée riche et complétée par des notes de garrigue (genévrier, ciste…) la bouche est opulente, volumineuse tout en gardant un caractère sapide, la finale est longue, réglissée et épicée.
Issue d’un assemblage à parts égales de syrah et de grenache récoltés sur les éboulis calcaires du massif des Dentelles de Montmirail, cette cuvée de prestige tient son rang avec beaucoup de classe…déjà agréable à boire (après une légère décantation) elle possède un très beau potentiel de garde.

Fleur de Terroir – Côtes du Rhône blanc 2009 : fleurs blanches, fenouil, citron et estragon composent une palette originale mais très agréable, en bouche l’attaque très franche, l’équilibre frais et le registre aromatique complexe et longuement soutenu en finale génèrent un plaisir sans réserve.
Dégusté en fin de série ce vin blanc issu d’un assemblage de roussane et de clairette est une surprise absolue : quelle fraîcheur dans les arômes, quelle fraîcheur dans l’équilibre !
On est loin des vins blancs méridionaux qu’un excès de richesse rend parfois pesants et indigestes…avec ce magnifique CDR blanc même un bec acide alsacien tombe irrémédiablement sous le charme !

 

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 Costancia et Fleur de Terroir

 

 

- Crée en 1964 sur les vestiges d’un ancien édifice religieux du XII° siècle (le couvent ou la chapelle Saint Martin) ce domaine exploite 23 hectares de vignes plantées entre forêts et garrigues au pied des Dentelles de Montmirail. La famille Julien pratique une viticulture exigeante pour récolter une matière première de qualité irréprochable : culture bio, vendanges manuelles, tries sévères et égrappage total. La récolte de raisins parfaitement sains et mûrs permet à ces vignerons d’élaborer leurs cuvées avec des processus de vinification très naturels : pas d’intrants en cave et un sulfitage minimal à la mise (10 à 20 mg/l selon les cuvées).

- Les vins ont un beau type rhodanien méridional, généreux et aromatique, mais ils se distinguent par un équilibre et une fraîcheur absolument somptueux. Lorsqu’en plus on constate que les prix pratiqués sont d’une sagesse angélique au regard de la qualité…on regrette sincèrement de ne pas avoir une voiture avec un coffre plus grand !

- Pour les coups de cœur…tous, bien évidemment ! Avec peut-être une petite citation particulière pour le rapport qualité/prix inouï des Terres Jaunes 2010 et le Costancia 2009 qui se pose sans complexe comme un très grand vin rouge. Le blanc 2009 qui nous avait fait une très forte impression au domaine a confirmé son niveau quelques jours plus tard lors d’un repas chez Cyril : l’accord avec des rillettes de sardine au gingembre et à l’estragon s’est avéré DIVIN !

- La qualité de l’accueil par notre jeune hôtesse mérite également une citation : sourire, amabilité, une très bonne connaissance des vins et une vraie qualité d’écoute…remarquable !
 

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Une dernière vue vers les vignes et les Dentelles…si après ça vous hésitez encore à gravir le col de Suzette, je n’y comprends plus rien !

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 14:37




Durant notre traditionnelle villégiature ardéchoise les rencontres avec l’ami cyra sont  toujours de beaux moments de convivialité où chacun essaie de faire partager à l’autre ses derniers coups de cœur viniques.
Cette année, nous avons posé nos valises pour 3 semaines dans notre gîte rural à Grospierres…avec un programme de rencontres Ardèche-Alsace très chargé bien évidemment !

 

 

Le match aller a eu lieu sur la terrasse de notre gîte à Grospierres.

 

BB
Vue à partir de notre espace de dégustation du jour…


Sylvaner Grand A du petit Léon 2009 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten : égal à lui-même, ce sylvaner dont j’ai déjà beaucoup parlé est riche, concentré, un peu baroque dans son expressivité mais équilibré par la puissante salinité que lui confère son terroir (l’Altenberg de Bergbieten).

Riesling G.C. Engelberg 2006 – Domaine Pfister à Dahlenheim : ce riesling est bien typé avec son attaque sur des arômes de zestes d’agrumes évoluant vers des notes plus juteuses d’orange et de mandarine. L’équilibre est sec avec un milieu de bouche qui fluctue un peu et une finale de longueur moyenne, mais ce vin se tient encore remarquablement bien pour un 2006, millésime difficile dont nous avons récemment mesuré les limites lors d’une Masterclass avec Thierry Meyer !
Une jolie performance de Mélanie pour ses débuts à la tête du domaine…Bravo !

Riesling G.C. Zotzenberg 2005 – Domaine Rietsch à Mittelbergheim : le registre olfactif de ce riesling est proche de celui du vin précédent florale, la bouche se différencie par un surcroit de puissance, une petite touche de SR et une finale plus longue où le Zotzenberg interprète sa partition avec des notes de cerise, de menthe fraîche et quelques amers très digestes.

Costières de Nîmes Perrières 2007 – M. Kreydenweiss à Manduel : on est au sud mais quand même un peu en Alsace, puisque c’est Marc Kreydenweiss qui a élaboré cette cuvée en assemblant 40% de carignan, 20% de grenache, 20% de mourvèdre et 20% de syrah. L’olfaction est assez perturbée, un peu « nature » et il faut attendre de longues minutes pour que la palette se révèle (fruits noirs mûrs et fumé léger), la bouche a un agrémant surtout tactile car on y sent un bel équilibre et une matière bien charnue.

Gewurztraminer G.C. Zinnkoepflé 2004 – Seppi Landmann à Soultzmatt : ce vin est très expressif avec son nez longtemps dédié aux litchies avant de livrer quelques arômes de miel et de raisin sec, la bouche est moelleuse, pas trop dense et la finale assez courte pour un gewurztraminer nous rappelle qu’il est issu d’un millésime assez difficile.

Le sylvaner 2009 a étonné nos amis ardéchois, mais il est vrai que par ici ce cépage qui occupe les rayons ultra bas de gamme des linéaires de la GD (à juste titre d’ailleurs, au vu des bouteilles proposées) est profondément méconnu et sous-estimé.., ceci dit, en Alsace ce n’est pas beaucoup mieux, hélas !
Les rieslings purs et droits ont tenu sereinement leur rang de GC, par contre le Costières a un peu déçu, même si l’accord original avec des papillotes de lotte à la provençale a très bien fonctionné.
Le gewurztraminer a joué sur un registre un peu épuré mais sur ce millésime complexe il faut reconnaître que le Seppi et le Zinnkoepflé ont réalisé une très belle performance !

 

CC
La série du soir photographiée le lendemain…désolé pour l’étiquette de Seppi, mais mon appareil photo n’est visiblement pas habitué à gérer la luminosité ardéchoise…

 

 

 

Le match retour s’est déroulé quelques jours plus tard à Vallon Pont d’Arc autour d’une belle tablée de 8 convives où les bouchons ont sauté sans discontinuer jusqu’au milieu de la nuit. Je n’ai pas pris de notes lors de cette superbe soirée mais après que Cyril m’ait confié les fonds de bouteilles avec comme mission de poster quelques impressions sur les vins dégustés, je me suis pris au jeu avec plaisir.

 

Crémant d’Alsace Les Bulles de Noémie – Domaine R. Schmitt à Bergbieten : un apéritif guilleret et désaltérant avec ses notes de fleurs blanches, sa mousse légère et sa belle présence aromatique en bouche…ça descend tout seul !

Sancerre Comtesse 2007 – Domaine G. Boulay à Chavignol : un vin qui sauvignonne avec beaucoup de finesse en développant une palette raffinée et complexe (bourgeon de cassis, craie et notes florales) ; la bouche est gourmande avec un équilibre très tonique, une acidité très enrobée et une finale très fraîche et délicatement fumée…une vraie friandise délicatement acidulée !

Meursault Tessons 2004 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : très franc, ciselé avec précision et complexe sur le plan aromatique, ce vin ravit l’assemblée par sa présence en bouche bien équilibrée entre un gras caressant et une minéralité presque tactile...un Meursault étonnant de pureté et de maturité pour ce millésime !

Chevalier Montrachet 2000 – Bouchard à Beaune : monumental de puissance et de complexité avec une matière équilibrée, une concentration inouïe et une persistance finale comme on en rencontre rarement…une très GROSSE claque !

Domaine de Montcalmès 2005 – S.A. du Domaine Puechabon : fruits noirs confits, pâte d’amande et épices au nez, charnu avec un grain tannique très élégant en bouche, seule la finale un poil chaleureuse dénote un peu sur cette belle cuvée…envers et contre tous, j’aime !

Domaine de la Grange des Pères 2008 – L. Vaillé à Aniane : on reste dans le même style mais on entre dans des sphères qualitatives exceptionnelles, la palette est délicate, complexe, raffinée, la chair allie une densité hors norme avec une absolue sapidité et quelle longueur…coup de foudre absolu pour la première rencontre avec ce vin mythique !

Cornas Domaine du Coulet-Billes Noires 2009 – M. Barret à Cornas : le nez un peu « nature » et légèrement marqué par de l’acidité volatile déroute un peu au premier abord mais la présence en bouche révèle un jus magnifique avec un fruit concentré et très gourmand…un vin goûté trop jeune et pénalisé par sa position dans la série, dur de succéder à la bombinette GDP !

Côte Rôtie Les Rochains 2003 – P. et C. Bonnefond à Ampuis : discret mais complexe au nez (fruits noirs, violette, réglisse…) ce vin dense et séveux en bouche se montre un peu austère en finale…peut-être en phase de fermeture, mais il n’en reste pas moins que ce Rochains se présente de façon un peu décevante aujourd’hui.

Muscat de Lunel Lacoste – Mas de Bellevue à Lunel : des notes de pêche et d’abricots mûrs résonnent avec bonheur sur la salade de fruits ardéchoise, la bouche est moelleuse avec des arômes de raisins secs…un mariage heureux certes mais là, les papilles sont vraiment un peu fatiguées !

 

Pour ce premier match retour, Cyril n’a pas fait dans la demi-mesure : il a envoyé sans pitié une rafale de cartouches de gros calibre qui ont placé le niveau de nos rencontres à une hauteur que le pauvre alsaco exilé à 700 kilomètres de sa réserve de bouteilles aura beaucoup de mal à atteindre…mais l’ardéchois ne perd rien pour attendre puisque je suis sensé le recevoir très prochainement dans ma région (maintenant que tout le monde le sait, il ne pourra vraiment plus se défiler…).
Aucune fausse note dans les accords mets-vins : le tartare de saumon-saint jacques sur un sancerre tonique et gourmand, les deux superbes bourgognes avec des saint jacques poêlées et les rouges sur une daube provençale mitonnée par notre hôte ont résonné en parfaite harmonie.
L’ordre de service des vins nous a offert un crescendo impeccable sur les blancs mais pour les rouges le Grange 2008, placé trop tôt dans la série a littéralement écrasé ses successeurs…dommage pour eux !
Mes premières rencontres avec un Chevalier-Montrachet et une Grange des Pères ont été éblouissantes : le blanc d’une pureté d’une profondeur vraiment rarissimes et le rouge qui construit à la perfection un équilibre entre richesse et sapidité auront leur place dans ma collection de souvenirs de vins inoubliables.


 

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Photo de groupe des « devoirs à la maison » donnés par Cyril, les chapitres « Chevalier-Montrachet » et « Grange des Pères » avait été « traités » en entier lors de la leçon de la veille…

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 15:28

 

 

Pour cette dernière réunion avant la trêve estivale nous avons choisi d’associer les 2 thèmes suivants :
- Thème 1 : des bulles de France et d’ailleurs.
- Thème 2 : retour en Languedoc avec des vins des Terrasses du Larzac.

François, Eric et Paul ont constitué une série de vins effervescents pour donner une touche festive et rafraichissante à cette session estivale et je me suis chargé de trouver quelques quilles languedociennes…comme un petit avant goût de vacances !

Les vins de la première série sont servis bouteilles cachées et pour la plupart 2 par 2 ; ils sont dégustés et notés à l’aveugle.
Les vins de la deuxième série ont été débouchés le matin, les 3 rouges de Daumas Gassac ont été passés en carafe 4 heures avant la dégustation, les autres vins ont été carafés juste avant le service.
Les Daumas sont servis un par un dans l’ordre décroissant des millésimes, les trois autres rouges sont dégustés à l’aveugle.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 1 juillet 2011 à Kientzville



Thème 1 : préparons les vacances en coinçant la bulle.


Prosecco Frizzante – Villa Sandi - Treviso : le nez est aimable sur des fruits blancs, la bouche est très aérienne avec une bulle légère et une petite amertume en finale.
Prosecco Il Fresco – Villa Sandi - Treviso : le nez est discret, un peu grillé avec des notes de cacahuète, la bouche possède une matière un peu plus concentrée, la bulle est dense et la finale assez fraîche.
Les Proseccos sont des vins effervescents destinés à être très largement diffusés dans le monde : leur profil facile d’accès et leur personnalité très fédératrice sont surement des éléments nécessaires pour prétendre séduire le plus grand nombre de consommateurs. En ce qui me concerne, je trouve que ces 2 vins manquent d’intérêt pour un œnophile un peu exigeant…mais bon, du moment que ça marche

Blanquette de Limoux – Delmas à Antugnac : le nez s’ouvre sur un registre bien agréable avec des notes d’abricot et une petite touche florale mais l’olfaction perd rapidement sa pureté originelle, la bouche présente un équilibre très sec, une bulle assez agressive et une finale très austère.
Travaillant en bio depuis 1986 ce domaine réalise une cuvée au profil un peu étrange qui a surpris la plupart des dégustateurs du soir…des interrogations mais surtout peu de plaisir au bout du compte !

Crémant de Bourgogne – P. Chollet à Savigny les Beaune : le nez est agréable et délicatement floral, la bouche possède une belle attaque très franche avec une mousse fin et crémeuse, la finale est un peu sèche.
Crémant d’Alsace Extra Brut Vintage 2007 – Bockel à Mittelbergheim : le nez est intense avec une palette complexe sur le melon, le citron mûr et quelques notes beurrées, la bouche manque de pureté et semble déjà un peu évoluée, malgré une matière riche et dense.
Ces deux versions « bulleuses » de chardonnay très différentes ont laissé perplexes pas mal de dégustateurs présents ce soir : l’un des spécialistes bourguignons du crémant nous propose un vin franc sans défaut, travaillé avec maîtrise et précision (16 mois sur lattes), alors que la maison Boeckel prend le risque de l’originalité avec cette cuvée issue du millésime 2007 sur une parcelle de vieux chardonnays (plus de 60 ans).
D’un côté un déficit de fantaisie de l’autre une personnalité excessivement complexe…et au bout du compte, deux vins que j’ai eu beaucoup de mal à comprendre et à apprécier vraiment !

Spätburgunder Rosé Brut – Schneider à Endingen am Kaiserstuhl : le nez est fin et élégant sur les petits fruits rouges et la brioche, la bouche est très vineuse avec une mousse légère et une finale fruitée mais qui manque un peu de fraîcheur.
Issu de pinot noir vendangé sur une éminence montagneuse située dans la vallée du Rhin entre Vosges et Forêt Noire, ce rosé dosé à 11g est original et très gourmand…même si la structure paraît un peu lourde pour ce type de vin.

 

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Champagne Brut non dosé – V. Couche à Buxeuil : le nez est fin et complexe avec des arômes de beurre et de brioche, suivis par de jolies notes fruitées (poire) et florales, la bulle est dense, fine et très agréable, la finale est délicatement acidulée avec une petite pointe d’amertume.
Champagne Grande Cuvée Brut – Krug à Reims : le nez s’ouvre sur d’intenses notes de poudre à canon qui mettront de longues minutes à s’estomper pour laisser apparaître des arômes très raffinés d’épices avec un léger fumé, la bouche est élégante, la bulle est d’une extrême finesse et la matière révèle une puissante vinosité qui soutient parfaitement la longue finale aromatique.
Placés en fin de série, les bulles champenoises tiennent leur rang sans conteste même si j’ai trouvé la première cuvée un poil trop austère. Le Krug étrangement marqué au nez brille par une présence en bouche qui ne laisse aucun doute sur sa grandeur de ce vin ceci dit, en considérant le prix très (trop) élevé de ce vin (plus de 100 euros, je crois) mon enthousiasme a tendance à retomber un peu…

 

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Pour conclure :

- Voilà un type de vin dont j’apprécie de plus en plus la compagnie dans des moments festifs, à l’apéritif et parfois même à table (une choucroute avec un crémant…c’est royal !) mais dont la dégustation en série a tendance à m’ennuyer…hélas !

- En relisant mes notes, je me rends compte que j’ai fait preuve d’une grande sévérité dans mes commentaires mais ils correspondent aux sensations et aux émotions ressenties lors d’une dégustation et doivent être compris en tant que tels.

- Pour cette série je ne parlerai pas vraiment de coup de cœur mais de quelques bonnes surprises comme ce crémant de Bourgogne très plaisant ou ce Spätburgunder allemand gourmand à souhait. La Grande Cuvée de Krug a incontestablement survolé les débats par son incomparable vinosité…malheureusement, le prix trop élevé ne trouve pas sa justification dans le verre et pour moi c’est un défaut rédhibitoire.

 

 

 

Thème 2 : Daumas Gassac et ses voisins, des visions contrastées d’un terroir languedocien.


Daumas Gassac rouge 2007 : le nez est expressif sur le poivron mûr et les fruits noirs, la bouche possède un joli volume avec des tanins présents mais très fins, la finale est fraîche avec une petite amertume et une discrète touche boisée.
Les arômes encore très variétaux du cabernet sauvignon dominent l’olfaction mais la matière en bouche est prometteuse…le profil très bordelais que les Guibert recherchent et revendiquent pour leur cuvée rouge se manifeste avec franchise mais je pense que sur ce vin l’expression du terroir de Daumas Gassac demande encore quelques années de garde pour se livrer.

Daumas Gassac rouge 2005 : le nez est bien mûr sur les fruits rouges confits, l’olive noire et les herbes de garrigue, la bouche est charnue, opulente et longuement aromatique avec une fraîcheur bien dosée qui tonifie la finale.
Pour ce 2005, malgré des vendanges précoces (fin août) la matière première était d’une telle richesse que les Guibert avaient choisi de réduire considérablement la durée de la cuvaison (8 jours au lieu de 4 à 6 semaines pour les autres millésimes…). Un choix osé mais visiblement judicieux, car après 6 années de garde ce vin qui se montre très gourmand et déjà joliment expressif a été plébiscité par l’assemblée des dégustateurs…Bravo !

Daumas Gassac rouge 2003 : le nez est discret et complexe avec des notes d’herbes aromatiques, d’épices et une touche d’encens, la bouche est plus virile et plus concentrée avec des tanins très denses, la finale tient longuement les arômes de noyau de cerise et d’épices révélés au palais.
Issu d’un millésime exceptionnel qui a produit des raisins mûrs, sains et très concentrés, ce rouge puissant et vineux se présente encore de façon bien virile à la dégustation. Les tanins dont la richesse initiale était peu commune (indice de Folin proche de 80) demanderont encore quelques années de garde pour se patiner…patience !

Daumas Gassac blanc 2008 : le nez est expressif et bien marqué par le viognier avec une palette sur l’abricot frais, la violette et la rose, la bouche associe un beau gras et une vraie tension pour créer un équilibre parfait, la chair est juteuse et gourmande, la finale tient longuement les arômes perçus à l’olfaction.
Issu principalement de viognier (25%), de chardonnay (25%), de petit manseng (25%) et de chenin (15%) ce blanc flatte et séduit par sa richesse aromatique et son équilibre frais et digeste…une très belle bouteille !

La Syrah de Pey Cherres 2008 – Supply-Royer à Arboras : le nez est très mûr avec des notes de fruits noirs confits, d’épices et d’encens, la bouche exprime une chair gourmande avec un toucher grenu et une longue finale qu’une pointe de fraîcheur rend particulièrement digeste.
On reste dans le même secteur (Arboras se trouve à une petite dizaine de kilomètres du Mas) mais le style de vin change du tout au tout : cette syrah dont j’ai déjà parlé à de très nombreuses reprises possède un profil très languedocien avec son expressivité et sa générosité.
Voilà un Vin de Pays du Mont Baudile qui se goûte avec un plaisir immédiat et évident…MIAM !

La Réserve d’O 2008 – F. et M. Chauffray à Arboras : le nez se montre plus discret mais d’une grande complexité avec un fruité riche complété par quelques notes végétales et une pointe de torréfaction, la bouche charnue et très bien équilibrée développe de puissants arômes de cerise qui se prolongent longuement en finale.
Eric Supply m’a offert cette bouteille pour nous faire découvrir ce domaine voisin qui travaille en biodynamie sur les mêmes terroirs que lui. Issu d’un assemblage classique pour la région (syrah, grenache, mourvèdre…je crois) cette cuvée a le droit à l’appellation Coteaux du Languedoc…et la défend de très belle façon !
A suivre…

Domaine de Montcalmès 2008 – S.A. domaine à Puechabon : le nez est très racé mais bien ouvert alliant notes empyreumatiques et fruité confit, la bouche se présente tout en élégance, la trame tannique est soyeuse et la palette aromatique développe une grande complexité avec une cerise très présente accompagnée de beaux arômes de cacao et d’épices.
Avec cette belle cuvée issue d’un assemblage classique de syrah (60%), de grenache (20%) et de mourvèdre (20%), ce domaine justifie pleinement son bon classement actuel dans la hiérarchie implicite de l’appellation Coteaux du Languedoc. Quel grand vin !

 

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La série languedocienne

 

Pour conclure :

- Après une première expérience avec une longue série de rouges du Languedoc, qui avait un peu secoué nos palais de « rieslingomanes » alsaciens, j’ai choisi de programmer une deuxième incursion dans cette région…plus limitée géographiquement mais avec deux styles de vins complètement différents. J’ai été très étonné de voir que ces crus ont suscité un grand nombre d’impressions très positives de la part du groupe. Ceci dit, il ne restait plus que 2 ou 3 rescapés de la première session parmi les 16 dégustateurs présents ce soir…mais je me permets de croire que le fait de se retrouver ensemble régulièrement pour apprendre à connaître de nouvelles régions viticoles a un peu contribué à nous ouvrir l’esprit et à élargir nos références gustatives…
- Avec leur assemblage très particulier les rouges de Daumas ne sont peut-être pas vraiment représentatifs de l’esprit languedocien (c’est d’ailleurs ce qui fonde la plupart des reproches qui leur sont faits), mais ils n’en restent pas moins de grands vins. Leur blanc 2008, placé comme une transition vers un style de vins rouges plus solaires, a tenu ses promesses. La recherche de fraîcheur et de pureté aromatique entreprise par le domaine depuis quelques années sur cette couleur porte ses fruits, cette cuvée a vraiment séduit le groupe ce soir...même si des réserves au niveau du rapport Q/P comparatif avec les vins d’Alsace ont été émises par quelques dégustateurs.

- Les 3 vrais languedociens ont flatté nos palais sans réserve : puissants et vineux, ils se sont surtout distingués par des finales où on décelait une vraie recherche d’équilibre et de fraîcheur…une tendance qui semble se préciser dans cette région et qui ne manquera pas de tirer cette production vers des niveaux de qualité qui les feront rivaliser avec les meilleures appellations françaises…et c’est un alsaco qui le pense !

- Pour les coups de cœur, 3 choix s’imposent : le Montcalmes 2008, jeune mais déjà splendide, le Daumas 2005 en phase de plénitude et la syrah de Supply pour son rapport Q/P inégalable.

- Merci à Eric et Clarisse pour leur accueil…et leurs tartines !

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 16:09



La fonction de chauffeur attitré de la famille n’est pas de tout repos : après une saison de handball où j’ai véhiculé mes deux héritiers jusqu’aux confins de l’Alsace, je pensais profiter d’une période de répit bien méritée avant notre grande migration estivale vers le sud.
Hélas, notre aîné en a décidé autrement : « J’ai un stage BAFA et surveillant de baignade dans le 71 »…chouette, c’est un département qui sent bon le vin... « la ville s’appelle Sanvignes les Mines »…malédiction, le nom ne laisse aucun doute, ce n’est pas du bon côté de la montagne !

En même temps, j’ai déjà deux visites programmées en 2011 dans cette belle région et ma cave bourguignonne est encore bien garnie…je vais donc plutôt profiter du retour pour faire une petite escapade dans le vignoble jurassien.
Suivant les conseils de Thierry Meyer (eh oui, il s’occupe aussi du Jura à ses heures perdues !) je choisis de m’arrêter à Montaigu, un petit village perché sur les hauteurs de Lons-le-Saunier, pour une visite au domaine Pignier.


 

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Montaigu, vu depuis Lons-le-Saunier…le domaine Pignier, c’est la première maison sur la droite



Depuis 7 générations, la famille Pignier travaille des parcelles de vignes implantées sur les coteaux autour de Montaigu, dans un environnement typique de reculées jurassiennes, sur un terroir de marnes argilo-calcaires du lias et du trias. Aujourd’hui ce domaine qui a fait le choix de la bio-dynamie depuis 2002, exploite 15 hectares de vignes et commercialise une vingtaine de cuvées en AOC Côtes du Jura.
 

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L’entrée du domaine


Le caveau de dégustation ouvert du lundi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 19h, constitue le point de vente principal des produits du domaine Pignier. Il est aménagé dans un esprit convivial et chaleureux et permet aux clients de passage de goûter tranquillement toute la gamme des vins au tarif actuellement

 

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Pierres et mobilier traditionnel dans le beau caveau du domaine Pignier.

 

 

Madame Pignier me propose de commencer ma dégustation par un verre de crémant avant de goûter les vins rouges…c’est parti :

Crémant brut : le nez est avenant et frais avec de belles notes de pomme et de fleurs blanches, la bulle est abondante et fine, très crémeuse, l’équilibre en bouche reste bien frais et la finale revient sur une palette florale avec une petite pointe d’amertume.
Les chardonnays qui sont à la base de cette cuvée viennent de la reculée de la Sorne sur le versant sud du coteau de Montaigu et ont été vendangés en 2009. Après 15 mois sur lattes ce crémant dégorgé récemment est un vrai plaisir pour les papilles : une belle trame aromatique et une structure vive et élégante, on en redemande !

Poulsard 2010 : le nez est net et charmeur sur les petits fruits rouges, la bouche est très légère avec une finale qu’une petite amertume rend un peu austère.
Issu d’un terroir argilo-calcaire ce vin séduit par son registre aromatique mais souffre d’un léger déficit de maturité en bouche…la rigueur du millésime 2010 a marqué profondément les cuvées rouges dans cette région.

Trousseau 2008 : le nez se situe dans le même registre que le poulsard, frais, fruité, très cerise, la bouche est légère avec une trame tannique fine et soyeuse, la finale marquée par des notes végétales et discrètement épicées possède une belle allonge.
Issu du lieu-dit « Gauthières » (marno-calcaire) ce Trousseau témoigne également d’un niveau de maturité un peu limite mais il se livre aujourd’hui avec simplicité et élégance.

Trousseau Les Gauthières 2009 : le nez est intense avec des arômes de fruits noirs, de réglisse et une légère touche fumée, la bouche séduit par une mâche très gourmande et une matière mure et concentrée.
Avec son olfaction raffinée et sa très belle présence en bouche, cette cuvée « Nature » (sans SO2 ajouté) est à mon goût le vin le plus réussi de la série des rouges…2009 a été un très beau millésime pour cette couleur dans le Jura.

Pinot noir 2008 : le nez est discret mais d’une finesse fruitée très avenante, la bouche se montre fraîche et équilibrée avec de beaux arômes de griotte acidulée en finale.
Issu de parcelles calcaires situées en haut de coteau, ce pinot noir se distingue par la qualité de sa structure et sa pureté aromatique…jolie réussite sur un millésime réputé un peu austère pour les vins rouges du Jura.


Après ce petit tour d’horizon sur un couleur que je n’ai jamais trop goûtée dans le Jura, nous passons aux vins blancs :

Chardonnay A la Percenette 2008 : le nez est très aérien avec une palette d’une grande suavité,  un fruité fin et des notes de fleurs blanches, la bouche est toute en élégance, la matière est équilibrée, le toucher très plaisant et la finale délicatement vanillée possède une longueur confortable avec une belle fraîcheur et de petites nuances minérales.
Sur ce terroir de marnes sur schistes le chardonnay s’exprime avec pureté et raffinement : élevée durant 12 mois en fûts cette cuvée ouillée magnifie l’expression de ce cépage sur les terres jurassiennes…un régal !

Savagnin Sauvageon 2009 : le nez est élégant et complexe avec des fruits blancs et quelques notes d’épices, la bouche est charnue avec un toucher très gourmand et une structure bien relâchée, la finale est très belle, citronnée et finement vanillée.

Cette cuvée de savagnin ouillée et élevée 18 moins en pièces bourguignonnes a vraiment de quoi nous surprendre : rien à voir avec les savagnins traditionnels non-ouillés, l’olfaction est délicate et la présence en bouche légère et raffinée, rien à voir avec l’esprit des énergumènes jadis stigmatisés par J.P. Chevènement, ce vin n’est que caresse et subtilité…MIAM !!!!

 

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Chardonnay Cellier des Chartreux 2007 : le nez est riche et très complexe, sur un fond floral délicat viennent s’ajouter des notes d’humus et de muscade issues de cet élevage très particulier, la bouche est splendide, puissante, équilibrée avec une acidité très large et une finale où apparaissent de belles notes de fruits secs et d’épices, et quelques évocations minérales très nobles.
Cette cuvées a été conçue à partir de chardonnays provenant du vignoble du Boivin (terroir marneux), élevée 3 ans en fûts (1 an en foudres et 2 ans en pièces) sans ouillage. Je l’ai regoûtée dès mon retour en Alsace…rien à rajouter, c’est magnifique !

Savagnin 2006 : le nez est intense avec un type jurassien affirmé, fruits secs et épices, la bouche est puissante avec une petite pointe amère qui donne une belle sapidité à l’ensemble, la finale se prolonge longuement sur la noix verte et les épices.
Des savagnins sur un terroir marneux élevés durant 4 ans en pièces, sans ouillage et sous voile ont généré ce vin qui assume son accent local et qui se distingue par sa longueur aromatique exceptionnelle.

 

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Avant de passer au vin jaune Mme Pignier me propose de me joindre aux deux autres clients de passage pour visiter leur cave datant du XIII° siècle : cette étape m’ayant été chaudement recommandée par Thierry, je n’hésite pas à lâcher mon verre pour emboîter le pas à ce petit groupe et descendre à la rencontre des profondes racines historiques du domaine Pignier.


Un escalier d’une bonne trentaine de marches de calcaire patiné par les années nous conduit dans une espace impressionnant où barriques et foudres sont alignées sous des voûtes de cathédrale gothique…époustouflant !
 

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Le long escalier qu’on descend pour remonter le temps…


 
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Les voûtes de la cathédrale du vin.

 

Il y a plus de 7 siècles, les moines Chartreux plantèrent de la vigne sur les coteaux de Montaigu et édifièrent, à flanc de montagne, ce cellier protégé par des murs de près de 2 mètres d’épaisseur, pour faire vieillir leur vins dans un lieu propice où la température reste constante et bien fraîche (11 à 12° toute l’année).
 

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La futaille du domaine Pignier : pièces bourguignonnes et foudres.


Après la Révolution, le vignoble et la cave devinrent la propriété de la famille Pignier et quelques générations plus tard leurs descendants sont toujours aux commandes, animés par cette même volonté de mettre en valeur les terroirs de Montaigu tout en conservant la mémoire historique de ce domaine.

 

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Au fond de la cave la réserve de vieux flacons du domaine…il y aurait même quelques centenaires cachés sous les toiles d’araignée.


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La remontée vers le caveau se fait par une porte dérobée et un escalier très étroit.


De retour au XXI° siècle, je me réinstalle à ma table pour finir ma dégustation par un verre de vin jaune :

Vin Jaune 2004 : le nez est très intense avec une grande complexité aromatique, noix, épices, girolles et notes minérales, l’équilibre en bouche est très sec mais la matière est opulente avec un très beau gras, la finale qui tient bien au-delà des 30 caudalies offre un retour sur la noix verte et le safran.
Vieilli plus de 6 ans en pièces sous voile ce monstre jurassien a un caractère impétueux mais très racé…c’est un grand vin sans aucun doute mais sa force et son profil aromatique peuvent choquer les palais sensibles...vous voilà prévenus !

 

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Le domaine Pignier propose une gamme complète de vins du Jura avec une exigence de qualité sans faille. Assise sur une tradition séculaire cette exploitation isolée dans le petit village de Montaigu met en œuvre des méthodes culturales respectueuses de l’environnement (AB et DEMETER) pour produire des cuvées ciselées avec précision et particulièrement élégantes. Le dosage très faible de SO2 (de 0 pour certaines cuvées rouges à 50 – 60 mg pour les blancs) donne aux vins un côté très serein en bouche qui les fait se livrer avec une vraie amabilité tout en gardant la marque profonde du terroir.
Difficile, voire impossible de résister…et pourquoi d’ailleurs le ferions nous ?

La cave historique, dont la visite justifie largement la petite escapade sur les hauteurs de Lons le Saunier, est utilisée telle qu’elle a été construite au moyen-âge…cette plongée dans le passé est impressionnante, à tel point qu’on peut facilement imaginer que l’esprit des moines Chartreux pénètre encore les nobles breuvages qui y reposent.
Comme je le prône depuis toujours : je crois que pour comprendra totalement les vins du domaine Pignier, il faut avoir respiré l’air sous ces voûtes ancestrales…

Les vins blancs sont absolument splendides, pour les rouges je serai un peu plus mitigé : bien évidemment, leur conception est irréprochable mais hormis la cuvée « nature » de 2009, les autres vins issus de millésimes plus froids souffrent quand même d’un petit déficit de maturité. Ces rouges montagnards sont à réserver aux amateurs de vins légers et fruités mais rustiques.
S’il faut isoler un coup de cœur parmi cette gamme de blancs que j’ai particulièrement appréciée, je choisirai peut-être le Sauvageon 2009 pour la pureté et l’originalité de son expression…mais, sur un registre plus jurassien, la cuvée Cellier des Chartreux 2007 est vraiment incontournable.


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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 16:08



Pour cette dernière Masterclass Alsace avant des vacances d’été bien méritées, Thierry Meyer revient sur une structure classique à 2 thèmes en nous proposant :

- 6 « nouvelles têtes » sélectionnées lors de la campagne de dégustation de 2011.
- 8 vins pour revenir sur le millésime 2006.

Le premier thème nous propose de goûter quelques bouteilles repérées par Thierry Meyer lors de sa dernière campagne de dégustation pour le guide BD pour nous faire découvrir des domaines alsaciens peu ou pas connus, ayant produit une cuvée offrant un bon rapport Q/P.

Le second thème se situe dans le prolongement de la superbe session de sur les réussites du millésime 2006 et nous invite à vérifier comment ces vins ont évolué.


Masterclass Alsace du 18 juin 2011 à Colmar

Tous les vins sont dégustés et commentés à l’aveugle – verres INAO



Thème 1 : 6 découvertes à petit prix sur le millésime 2009.

Pinot blanc 2009 – Domaine E. Schillinger à Gueberschwihr : le nez est discret, un peu pierreux et délicatement floral, la bouche est ample, un peu ronde avec une finale légèrement amère.
Un pinot blanc bien fait, équilibré (13°6 – 4,4g SR – 5,74g AT) avec un caractère très désaltérant qui le rend facile à boire…mais sans plus.

Sylvaner Bollenberg 2009 – Domaine J.M. Welty à Orschwihr : le nez assez intense s’ouvre sur des notes pharmaceutiques (camphre, iode) avant de révéler des arômes de fruits blancs mûrs (pomme et poire), la bouche possède un gras et un volume appréciables mais la finale est un peu courte et légèrement amère.
Avec une olfaction un peu bizarre mais une matière est assez belle (13° - 1g SR – 4,73g AT), ce sylvaner se tient comme un honnête vin de soif.

Sylvaner Blienschwiller 2009 – Domaine R. Kientz à Blienschwiller : le nez est fin et discret sur un registre floral, la bouche est droite avec quelques nuances fumées et une légère amertume en finale.
Sans défaut mais sans trop de personnalité, ce sylvaner est vraiment très basique.

Sylvaner Meissenberg 2009 – Domaine C. Braun à Orschwihr : le nez est pur et discret sur la pêche blanche, en bouche l’équilibre est sec mais la structure possède un beau volume et la finale est gourmande et d’une longueur appréciable.
Un beau vin sans trop de fioritures mais avec une texture très gourmande…un beau sylvaner classique (13°5 – 3,8g SR – 5,02g AT).

Sylvaner Vieilles Vignes 2009 – Domaine J. Gruss à Eguisheim : le nez s’ouvre sur des notes suspectes, un peu fermentaires mais aussi légèrement liégeuses, l’oxygénation fait évoluer l’olfaction vers un registre floral, la bouche se tient très bien avec un joli volume et un équilibre digeste.
Un sylvaner avec une belle matière (13°3 – 4g SR – 6g AT) dont le nez laisse hélas une impression un peu douteuse…dommage !

Sylvaner G.C. Zotzenberg 2009 – Domaine Gilg à Mittelbergheim : le nez est expressif et complexe avec des notes florales et pierreuses, en bouche l’équilibre se réalise entre une richesse palpable et une acidité bien tendue, la finale révèle des notes de pomelo qui persistent longuement.
Ce n’est pas encore le grand frisson mais avec ce Zotzenberg on remonte d’un cran  en terme de qualité : un sylvaner qui a pleinement profité du millésime (14,27° - 7,88g SR – 5,2g AT) mais qui reste « borderline » quant à sa typicité.

 

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En conclusion :

- Pour découvrir ou redécouvrir le sylvaner, 2009 a tout du millésime providentiel : l’arrière-saison très chaude a permis à ce cépage tardif d’arriver à pleine maturité physiologique tout en gardant un bel équilibre physique. De plus, après une campagne d’arrachage soutenue, il ne reste presque que des parcelles de vieilles vignes en Alsace, situées souvent sur de beaux terroirs, dont ce cépage se fait un interprète presque aussi éloquent que le riesling.

- Cette sélection a montré que sur ce millésime, même des producteurs peu connus ont réussi des cuvées de sylvaner dignes d’intérêt et offrant des rapports Q/P exceptionnels : hormis le Grand Cru les vins goûtés ci-dessus se situent autour de 5 euros.

- Il n’en reste pas moins que cette série de bouteilles n’a pas réussi à me faire oublier certains noms plus connus du vignoble qui ont réalisé de très belles choses sur ce cépage en 2009 : Julien Schmitt et son Grand A, Guy Wach et son Duttenberg, Jean-Daniel Hering et son Clos de la Folie Marco, Jean Pierre Rietsch avec ses deux versions « Nature » et « Vieilles Vignes »…et bien d’autres.




Thème 2 : comment vont les 2006 ?

Pinot noir Grand P 2006 – Domaine A. Mann à Wettolsheim : la robe est dense et assez foncée, le nez est un peu réduit à l’ouverture puis se développe sur un registre empyreumatique et légèrement animal, en bouche la matière est dense et charnue avec une acidité bien large et une finale fraîche et discrètement réglissée.
Volnay 1° Cru Santenots 2006 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : la robe est très claire, le nez est agréable mais semble assez évolué avec des notes lactées de caramel et un fruit discret type bigarreau et une touche boisée en fond, la bouche est très légère, presque décharnée et la finale se trouve dans la même ligne en laissant une impression peu agréable de sècheresse.
« Ne vous fiez pas à la forme des bouteilles, j’ai transvasé les vins car Il y a un bourgogne parmi les 2 »…nous voilà prévenus ! De but en blanc, c’est le premier vin qui se trouve dans le style bourguignon, mais connaissant le caractère facétieux de Thierry…je suis sûr que c’est le second. Bingo…mais quelle déception !
Je ne reconnais absolument pas le Santenots que j’ai pris l’habitude de déguster au domaine depuis quelques années (depuis le millésime 2005 en fait…), fin de vie ou problème de bouteille…la question est posée.
Le premier pinot noir vient du terroir G.C. Pfingstberg assure une performance honorable sans me séduire complètement.

Pinot blanc 2006 Clos des Capucins – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est mûr avec des notes de grillé, de fruits blancs compotés et une petite touche de champignon blanc, l’attaque en bouche est vive et agréable mais le vin s’arrête là, dès le milieu la structure devient fuyante, la finale est complètement aqueuse.
Belle réussite en son temps ce pinot blanc commence à révéler les stigmates du millésime et d’un vieillissement…année difficile et cépage modeste, même lorsqu’on s’appelle Faller et qu’on occupe le sommet de la hiérarchie alsacienne depuis de longues années, on ne peut pas faire de miracles dans certains cas…


Pinot gris 2006 – Domaine Klee à Katzenthal : le nez est discret mais net avec un fruité très discret, la bouche est riche mais une belle acidité lui laisse un caractère très désaltérant, en plus la finale persiste avec une longueur appréciable.
Pinot gris G.C. Eichberg 2006 – Domaine Ginglinger à Eguisheim : le nez est perturbé par une vilaine pointe liégeuse, la bouche possède un équilibre bien tonique mais la finale est de nouveau marquée par la déviation aromatique détectée au nez.
Les frères Klee ont réussi un joli vin qui impose sa précision sans faire trop d’esbroufe alors que le second pinot gris laisse une sensation de frustration car la matière vraiment belle est vraiment gâchée par le défaut de bouchage.

 

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Riesling Réserve 2006 – Domaine Trimbach à Ribeauvillé : le nez est délicat sur un registre classique (fruité et pierreux) avec une touche un peu grillée, la bouche est vive et droite, l’équilibre très sec devient légèrement austère en finale.
Riesling G.C. Kessler-Heisse Wanne 2006 – Domaine Dirler-Cade à Bergholtz : le nez est expressif et complexe sur les agrumes mûrs, la pierre et les fruits exotiques, la bouche est ample, l’équilibre est sec et la finale reste très stricte tout en livrant quelques belles notes épicées.
Ces deux rieslings tiennent bien debout mais le premier, très propre mais sans fantaisie, semble avoir dépassé son apogée alors que le second possède encore beaucoup d’éclat et de charme…cette cuvette du Kessler est magique !


Muscat G.C. Mambourg 2006 – Domaine Schoech à Ammerschwihr : le nez est épanoui et très séduisant sur un registre floral avec une petite pointe de champignon blanc, la bouche est belle et richement aromatique, fleur de sureau, menthe et pêche blanche composent une palette complexe, l’équilibre est un peu mollasson mais la finale est d’une longueur étonnante.
Très richement parfumé ce muscat Grand Cru est une belle réussite même s’il manque un peu de tonus…à savourer aujourd’hui pour le plaisir !

Gewurztraminer G.C. Altenberg de Bergbieten 2006 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten : le nez est pur, légèrement torréfié avec des notes de fruits bien mûrs (abricot, mangue), la bouche est riche, bien équilibrée et profondément saline, la finale se distingue par une belle longueur.
Un gewurztraminer sans trop d’exubérance mais avec un profil pur et précis et une belle trame minérale.

Pinot gris Breitenberg V.T. 2006 – Domaine L. Boesch à Soultzmatt : le nez est agréable et assez surprenant avec des arômes de céréales légèrement torréfiées et de tabac brun (un peu Gitane sans filtre), en bouche une matière très riche s’impose mais l’acidité fine et bien longue équilibre l’ensemble, la finale est très longue et revient avec insistance sur les notes de tabac.
Les allergiques aux odeurs de cigarettes auront peut-être du mal à accepter cette palette pour le moins curieuse, les autres apprécieront pleinement ce pinot gris généreux, issu d’un terroir situé dans le secteur ouest de la Vallée Noble et exposé au sud, qui se tient parfaitement bien après 5 ans de bouteille.

 

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En conclusion :

- 2006 a été un millésime vraiment problématique en Alsace : des épisodes pluvieux survenus au plus mauvais moment ont généré des foyers de pourriture qui se sont développés à très grande vitesse pour atteindre une grande partie des parcelles de vigne, même celles situées en coteaux. Vendanges en catastrophe, tries sévères obligatoires…un cauchemar pour tout vigneron !
Et pourtant je me souviens d’une session mémorable avec l’Oenothèque Alsace où Thierry nous avait vraiment étonnés en nous régalant avec une série exceptionnelle de crus 2006.

- néanmoins, quelques années plus tard, on se rend compte que la plupart de ces vins n’auront pas tenu dans le temps : les cuvées basiques sont vraiment fatiguées et les équilibres actuels des vins de terroir ne laissent plus trop d’espoir à l’amateur de vieux millésimes.

- pour le coup de cœur, le riesling Heisse Wanne de Dirler s’impose tout naturellement, avec sa palette complexe et son équilibre parfait…la classe !


 

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La série complète.

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 18:59

 

Riesling G.C. Moenchberg 2003 – Domaine des Marronniers à Andlau

Robe : jaune clair, très lumineux.
Nez : ouvert et bien expressif avec des notes terpéniques assez persistantes suivies par des arômes bien mûrs d’orange confite et d’épices.
Bouche : l’attaque présente une acidité bien large, la maturité se fait sentir par la suite avec un fruité très mûr et quelques touches grillées, la finale garde une jolie fraîcheur avec une légère amertume.
Un riesling qui étonne par son équilibre très droit sur ce millésime solaire et qui séduit par sa palette riche et sa matière vraiment gourmande.


Sylvaner Vieilles Vignes-Sono Contento 2008 – A. Seltz à Mittelbergheim

Robe : jaune pâle, brillant avec des reflets vert clair.
Nez : discret, pure et bien frais il livre quelques subtils arômes de pêche blanche et de torréfaction.
Bouche : la structure est ronde, ample, généreuse avec des saveurs qui s’épanouissent sur les fruits blancs et le poivre rose, des amers très nobles donnent à la finale un beau caractère sapide et digeste.
Avec un profil un peu hors norme (14° et quelques SR) ce sylvaner est à ne pas mettre entre toutes les mains car il peut surprendre par son profil riche et sa forte personnalité mais le consommateur averti pourra se régaler avec un grand vin blanc qui pourra tenir tête à des plats de haute gastronomie.
 

 

 

Patrimonio 2008 A Mandria di Signadore – C. Ferrandis à Poggio d’Oletta
        
Robe : sombre, dense, presque noire avec une frange rubis.
Nez : intense et très complexe il révèle un fruité riche et épanoui, des notes d’herbes de garrigue et d’amande.
Bouche : l’attaque est franche et puissante, le milieu de bouche est ample et soyeux et la finale austère à l’ouverture s’assouplit après une longue oxygénation (le lendemain…) pour laisser une impression longue et finement réglissée.
Issu du cépage niellucio, plus connu sous son nom italien de sangiovese, ce Patrimonio a mis beaucoup de temps à s’ouvrir et à révéler sa stature de très grand vin rouge…quelle matière, quelle profondeur !
Christophe Ferrandis s’impose comme un jeune vigneron corse à suivre…sans aucun doute


Mas de Daumas Gassac 2001

Robe : grenat très dense avec des reflets rubis
Nez : l’attaque se fait sur des notes de fumée et de pierre à feu, l’oxygénation dévoile un palette complexe sur la mûre, le graphite, les herbes aromatiques.
Bouche : la matière est concentrée et bien équilibrée avec une mâche grenue très gourmande et une finale très longue, bien fraîche et délicatement chocolatée.
Epanoui avec sa palette olfactive très sudiste et le marquage du cabernet sauvignon bien mûr en bouche, ce Daumas rouge séduit sans faux semblants. Superbe !


Beaumes de Venise 2006 Domaine de la Ferme Saint Martin-Terres Jaunes – G. Jullien à Suzette
 
Robe : grenat sombre et dense.
Nez : intense et pénétrant il révèle de beaux arômes de cerise noire et d’amande douce.
Bouche : la matière est concentrée, le toucher de bouche est très velouté et la finale présente une jolie pointe de fraîcheur en revenant sur des notes de griotte très persistantes.
Ce très beau vin issu de raisins bio récoltés au pied des Dentelles de Montmirail réjouit le nez par sa richesse aromatique et le palais par sa chair gourmande et son équilibre très dynamique. Un cadeau de mon pote ardéchois en guise d’appât pour une sortie oenophilique estivale…c’est noté !


Hautes Côtes de Nuits 2005 – H. Murat à Concoeur

Robe : rubis assez profond avec une très légère turbidité.
Nez : expressif et complexe il dévoile des arômes de cerise mûre, de pivoine et d’orange amère.
Bouche : l’attaque est caressante et bien souple, la matière se dévoile progressivement avec une mâche qui se fait de plus en plus dense, les tanins d’une grande finesse soutiennent une finale bien longue sur la réglisse et la violette.
Nous avions goûté ce 2005 l’été dernier en compagnie d’Hervé Murat et il nous avait un peu surpris par sa réserve, mais là plus de souci, il se livre pleinement avec raffinement et gourmandise…GRAND MIAM !


Riesling G.C. Altenberg de Bergbieten 2008 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten

Robe : jaune clair avec un éclat très métallique.
Nez : précis et pur mais encore très discret il joue sur un registre très classique (pierre, craie, agrumes).
Bouche : l’attaque est vive et tonique, la matière est parfaitement équilibrée avec un joli gras et une acidité droite et profonde, la palette aromatique se précise en révélant des notes de citron, de fruits jaunes et une touche de tabac blond, la finale très longue revient sur des arômes de pamplemousse et de craie.
Un riesling classique et classieux qui ne dévoile encore qu’une petite partie de son potentiel…Ils sont grands ces 2008 alsaciens !

 

 

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Le vignoble du Jura autour de Lons le Saunier, une région proche de chez nous qui recèle bien des trèsors en bouteille.  (CR de visite à suivre...)

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 16:47

 

Comme chaque année le week-end de Pentecôte est consacré à l’opération pique-nique chez le vigneron, qui voit de nombreux domaines viticoles ouvrir leurs portes et inviter leur clientèle à partager un grand moment de convivialité et d’échange sur le thème du vin d’Alsace.
Cette manifestation constitue une occasion rêvée pour approfondir ses connaissances sur le vin d’Alsace, pour apprendre à mieux connaitre un vigneron ou pour rencontrer des gens qui partagent votre passion.

Depuis de nombreuses années, la famille Schmitt de Bergbieten propose une version personnelle de ce pique-nique : leurs clients sont conviés le dimanche ou le lundi pour partager un repas crée par de grands chefs locaux autour de quelques vins issus de la production de ce domaine.

Inutile de préciser que c’est toujours un grand plaisir de faire partie de ces quelques 300 privilégiés qui pourront se délecter des audaces gastronomiques et des associations mets-vins proposées lors de ce beau voyage gourmand.
(Bon ça je l’ai déjà dit en 2010 mais bon c’est difficile de se renouveler chaque année).


 

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Les années se suivent et toujours la même ambiance festive sous les tonnelles dans la cour intérieure du domaine Roland Schmitt

 

Le premier vin est une cuvée exceptionnelle sélectionnée à l’occasion d’un anniversaire peu commun : d’après des sources historiques, 2011 marque les 400 ans d’existence de ce domaine viticole à Bergbieten…Santé !

 

Gewurztraminer Glinzberg 400 Millésimes 2010
Le nez est discret et subtil, plus fin que puissant, la bouche est d’une pureté cristalline avec une finale très aérienne et particulièrement sapide.
Il fallait trouver une cuvée d’exception pour célébrer ce 400° anniversaire du domaine et la famille Schmitt a décidé de choisir un vin issu d’un terroir non classé mais tout à fait remarquable par sa texture et sa distinction.
Avec 30g de SR mais une salinité très présente ce gewurztraminer atteint un sommet d’élégance et constitue un apéritif de choix qui prépare remarquablement le palais pour la suite du repas.

 

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Pour la suite du repas la famille Schmitt a demandé à quelques grands cuisiniers locaux de proposer des petits plats pour accompagner une sélection de 6 vins du domaine.

1. Gewurztraminer G.G. Altenberg de Bergbieten VT 2009
Le nez est plus expressif que le précédent, mais sans trop en faire, sur l’ananas mûr avec quelques notes grillées, la rose apparaît doucement après oxygénation, la bouche est généreuse avec du gras et une palette très suave sur le miel et le raisin sec, la finale offre un joli retour frais et salin.
Avec plus de 20° potentiels, ce gewurztraminer a une maturité de SGN tout en gardant un équilibre parfaitement digeste…la force de l’Altenberg sur une matière très riche !
L’accord avec le Foie gras de canard du gaveur du Kochersberg est tout à fait naturel : saveurs en harmonie, équilibre opulent mais aucune lourdeur…un premier mariage classique mais réussi !

 

2. Sylvaner Grand A du petit Léon 2010
Le nez est très pur sur les fruits blancs (groseille à maquereau), la craie, l’attaque en bouche est vive, l’équilibre est sec et droit et le salinité très particulière de l’Altenberg se révèle progressivement en donnant beaucoup d’éclat à la finale.
Ce sylvaner emblématique du domaine, issu de vieilles vignes situées sur le Grand Cru tient son rang : moins baroque que le surprenant 2009 ce vin revient vers un équilibre plus classique, tendu et minéral avec une matière très noble.
Avec le Confit de tomates et d’esturgeon aux aromates du jardin de Lise proposé par le restaurant la Cour de Lise à Willgottheim, ce vin s’accorde avec beaucoup de simplicité en créant une harmonie fraîche et tonique.


 

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Les frères Schmitt au service

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3. Riesling Ostenberg  2010
L’olfaction fine et très discrète délivre avec parcimonie de subtiles notes florales(fleur de sureau), en bouche l’équilibre est sec et cristallin, le toucher de bouche révèle un grain très charnu, la finale est fraîche, légèrement mentholée et accompagnée par des amers très distingués.
Ce coteau pentu de Westhoffen où est née une surprenante cuvée de VT en 2009, a produit en 2010 un riesling sec ample et d’une grande profondeur minérale.
Avec la Salade de lentilles et crevettes aux épices tandoori réalisée par Babette Lefebvre, la chef nouvellement étoilée du restaurant strasbourgeois La Cambuse, l’accord simplement parfait atteint une sorte d’apothéose avec la délicate amertume de la roquette et du vin qui résonnent à l’unisson au palais.

 

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Emile Jung, Babette Lefebvre…des étoiles au travail sous l’œil attentif d’Anne Marie Schmitt


4. Pinot Blanc 2010
Le nez est pur et très élégant sur des arômes de fruits blancs, la bouche est vive avec un profil acidulé très guilleret et une texture particulièrement gourmande, la finale très tonique allie une minéralité palpable et une petite rondeur avenante.
Une fois encore les enchaînements de vins proposés par la famille Schmitt surprennent par leur audace : un « tout petit » pinot blanc après quatre grands vins de terroir, il fallait oser !
Ceci dit, cette cuvée 100% auxerrois n’a pas à rougir devant ces nobles prédécesseurs, c’est un vin équilibré avec un charme un peu canaille qui a réalisé un mariage de toute beauté avec le Lapereau en fine gelée et son bibeleskäs plein sud proposé par le restaurant Belle Vue de Saulxures.


5. Riesling G.C. Altenberg de Bergbieten 2009
Le nez est net et précis mais tout en retenue, on y perçoit des arômes naissants d’agrumes mûrs, en bouche une acidité immédiate et tranchante constitue une charpente solide pour une matière assez généreuse, en finale la belle salinité très salivante laisse une empreinte très longue sur la langue.
Ce riesling Grand Cru se distingue par la puissance de sa structure minérale et cette impression de sérénité si particulière que confère ce terroir paisible et calme même dans des millésimes excessifs comme 2009…attention réussite majeure sur ce cépage !
Avec le Pâté en croûte de poularde et foie gras aux cornes d’abondance réalisé conjointement par Emile Jung et Hubert Metz (4 étoiles au total…) l’accord a été plaisant mais personnellement je l’aurai bien essayé sur le plat précédent…mais bon, je chipote !

 

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6. Pinot Gris VT 2007
Le nez est ouvert et bien complexe avec des notes de fruits jaunes bien mûrs (beaucoup d’abricot), un peu de fraise des bois et une touche discrètement fumée, la bouche assume une matière riche et bien grasse avec une belle armature acide, la finale légèrement tannique est marquée par une délicate amertume, version pomelo mûr.
Je n’aime pas trop le pinot gris et les vins surmûris me fatiguent rapidement : me voilà très mal parti pour apprécier cette cuvée…mais bon, face à une telle palette aromatique et cet équilibre dense et digeste on se laisse séduire sans trop résister.
D’autant plus qu’avec l’Assiette gourmande à base macaron et de sorbet au sureau avec un exceptionnel coulis de fruits rouges proposée par le pâtissier Jean Pierre Oppé, l’harmonie atteignait presque le divin !


Pour conclure :

- Le beau temps, l’ambiance détendue et conviviale, des plats originaux et raffinés accompagnés de vins de très haute tenue…difficile de ne pas réussir sa journée dans ces conditions !
Une fois de plus, la famille Schmitt et leurs partenaires restaurateurs ont réussi à offrir un festival gustatif à la clientèle du domaine.
Bravo et merci à tous !

- Pour cette édition 2011, les associations gastronomiques et l’ordre de service des vins ont clairement joué sur le registre de l’audace et de la créativité.
L’absence de fausse note a prouvé qu’avec des vins d’Alsace, dont la polyvalence à table est encore largement sous-estimée, on peut laisser libre cours à son inventivité sans prendre des risques exagérés…amis oenophiles lâchez-vous sans crainte !

- Les vins dégustés ont montré que sur le dernier millésime, le domaine Schmitt a réussi des cuvées d’un équilibre sec, très classique mais avec des matières pures et bien concentrées…à cet égard, le magnifique pinot blanc 2010 est assez emblématique de cette qualité…en plus, à moins de 6 euros, il constitue une aubaine à ne rater sous aucun prétexte !
Pour les 2009, il est remarquable de constater à quel point l’Altenberg a montré sa vraie nature : pas de maturités explosives ou exagérées mais des matières charnues et élégantes avec une trame saline terriblement présente…des équilibres terriens et racés issus d’un superbe terroir !

- Pour les coups de cœur… difficile de choisir entre ces 7 vins tellement bien mis en valeur !
Je me contenterai donc de relever que, depuis le millésime 2010, les vins du domaine Schmitt ont droit au label BIO et que ce pinot blanc que je suis en train de siroter en terminant la rédaction de cet article est vraiment génial !

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 08:30

PORTES OUVERTES AU DOMAINE SCHOENHEITZ A WIHR AU VAL
Conférence sur la minéralité


 

En cette fin de printemps, ce domaine situé à Wihr-au-Val organise des journées « Portes Ouvertes » pour les professionnels (restaurateurs et cavistes) et, à cette occasion, les Schoenheitz ont eu la très bonne idée d’inviter David Lefebvre pour une conférence-débat sur le thème de la minéralité dans les vins.

Les notes de dégustation des cuvées présentées lors de cette opération ont été publiées dans un autre article.

Cette petite contribution est entièrement consacrée à l’intervention de David Lefebvre sur un sujet qui déclenche depuis quelques années des débats passionnés dans le monde des œnophiles.

Nous nous retrouvons autour d’une table dans un coin de l’espace de stockage du domaine aménagé pour l’occasion en salle de visio-conférence pour passer près de 2 heures en compagnie de David Lefebvre, chimiste diplômé, œnologue-conseil et actuellement journaliste spécialisé pour un certain nombre de publications professionnelles, qui étudie depuis des années le concept de minéralité dans le vin.

Je n’ai pas pris énormément de notes durant cet exposé très interactif et solidement documenté, mais j’ai quand même retenu certaines idées susceptibles de donner un contenu plus clair et plus scientifique au terme de minéralité.

1. Les minéraux sont des composés stables sur le plan thermodynamique, ils sont inaltérables dans le temps. Le vin est constitué de 85% de minéraux dont l’eau, le gaz carbonique et les sels (NaCl, Ca, K, Mg….comme dans les eaux minérales).

 

 

2. La minéralité se perçoit surtout au goût : les sels sont des exhausteurs de saveurs (un peu comme en cuisine) leur présence modifie la perception que l’on peut avoir de l’acidité, du sucre, de l’alcool ou des tanins.

Pour illustrer ce propos nous faisons une expérience de dégustation avec deux verres d’eaux minérales différentes – l’une fortement minéralisée (Evian) l’autre faiblement minéralisée (Celtic) : en ajoutant de l’alcool (10°) à ces eaux on remarque que l’alcool laisse une impression de chaleur moindre dans l’Evian que dans la Celtic, en ajoutant des tanins de pellicule à ces eaux on remarque que le mélange semble plus sec et plus astringent avec l’eau la moins minéralisée.

Ces expériences peuvent aussi être réalisées avec le sucre (nous l’avons faite lors d’une dégustation AOC) ou l’acide…dans tous les cas on peut sentir que la présence de sels minéraux favorise l’harmonisation des composants gustatifs d’une boisson.

 

 

3. La minéralité vient du sol mais les sels minéraux contenus dans un vin ne sont pas forcément en rapport avec la géologie de leur terroir : jusqu’à aujourd’hui, aucune corrélation entre minéralité et terroir n’a pu être établie. La vigne avec son système racinaire et ses réactions chimiques internes constitue un premier filtre, les réactions fermentaires en sont un autre.
La fermentation est un phénomène de décomposition d’une matière organique vers un élément plus stable, c’est une réaction de minéralisation.
Elle n’intervient pas que dans le vin, en Alsace nous avons l’exemple de la choucroute ou du fromage de Munster. Dans tous les cas, cette réaction chimique a pour effet de libérer des minéraux séquestrés dans les molécules organiques.

Comme travaux pratiques David Lefebvre nous invite à déguster une part de fromage de Munster fraîchement caillé et le cœur d’un Munster affiné (la croûte étant salée artificiellement a été otée pour l’expérience) : le verdict est sans appel, la pâte du fromage affiné dégage une sensation saline évidente.

 

 

4. La minéralité d’un vin dépend des pratiques agronomiques : si on favorise le système aérien de la plante le système racinaire s’atrophie. Au niveau des fruits, de telles pratiques favorisent l’augmentation de la matière organique (rendements, sucres) au détriment de la matière minérale. On obtient des vins riches mais dépourvus de squelette. Une agronomie qui favorise l’équilibre aérien/racinaire de la plante permet l’élaboration de vins plus équilibrés.

 

 

5. La minéralité d’un vin dépend du millésime : une année sèche ne favorise pas l’apport minéral par les racines. L’ensoleillement profite au système aérien de la vigne et génère le synthèse de sucre dans les raisins, l’absence d’eau dans le sol limite les échanges sol/racine et réduit considérablement la présence minérale dans la vigne et dans les fruits.

Le dernier exercice de travaux pratiques n’est pas le plus désagréable car il nous offre la possibilité de déguster comparativement des rieslings issus des trois grands terroirs de Wihr-au-Val (Linsenberg, Herrenreben, Holder) dans deux millésimes très différents : 2003 et 2008.
Il faut dire avant tout que tous ces vins se goûtent très bien à l’heure actuelle…ceci dit, en se concentrant sur les sensations laissées au palais on dégage très rapidement deux profils très distincts : les 2008 sont secs toniques et très salins (salivants avec une présence marquée sur la langue), les 2003 sont très ronds mais avec des structures moins définies (charmeurs et glissants).

 

 

 

Voilà donc les éléments que j’ai pu retenir après cette intervention de David Lefebvre…j’espère avoir été fidèle à son discours même si, mes carences en connaissances scientifiques m’ont parfois conduit vers des approximations ou des raccourcis abusifs…

En tous cas, j’ai eu la chance de rencontrer un scientifique passionné, partageant son savoir avec plaisir et simplicité. Ce militant pour une viticulture qui replacerait la plante au centre des préoccupations préconise aussi une nouvelle approche de la dégustation qui donnerait plus de place à la dimension minérale et saline qu’à la dimension organique (sucre, alcool)…

Merci à David Lefevbre et à la famille Schoenheitz de m’avoir permis de vivre cette expérience hautement formative.

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  • : Vins, vignobles et vignerons.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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