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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 18:31

Club A.O.C.
Vins du domaine Sarrazin et chenins de Loire

 

 

 

 

Pour cette sixième réunion du club A.O.C. nous nous aborderons deux thématiques bien distinctes : une petite visite chez un producteur à travers quelques uns de ses vins et la découverte d’une région viticole.
Personnellement j’aime bien cette association qui permet, d’un côté, de goûter des vins d’une zone géographique très restreinte et, d’un autre côté, d’aller se promener sur plusieurs centaines de kilomètres dans une région viticole…tout ça en bonne compagnie et le verre à la main. Que demander de plus à la vie !

- Thème 1 : quelques vins du domaine Sarrazin.
- Thème 2 : à la découverte des chenins de Loire.

Lionel qui est un client fidèle du domaine Sarrazin nous a préparé une petite série de 4 cuvées pour nous donner un aperçu de la production de ces vignerons de la Côte Châlonnaise que je suis également depuis quelques années.
François a composé en grande partie la sélection ligérienne avec des bouteilles provenant de domaines pas encore très connus mais qui commencent à faire parler d’eux parce qu’ils proposent une vision originale mais hautement qualitative des vins de Loire.

Les vins de la première série sont servis 1 par 1, bouteilles découvertes.
Les vins de la seconde série sont cachés et servis 2 par 2.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 10 juin 2011 à La Wantzenau



Thème 1 : il y a des Sarrazin en Bourgogne !


Mercurey La Perrière 2008  : le nez est agréable avec des notes lactées rapidement submergées par un fruité gourmand, la bouche est charmeuse,  le toucher est gras et charnu, la palette aromatique est joliment marquée par la cerise, la finale délicatement boisée e tient parfaitement.
Encore un peu jeune mais déjà très séduisante cette cuvée de Mercurey que je n’avais que très peu dégustée jusqu’alors, est bien représentative de la conception des vins du domaine : matière mûre et vinifications précises avec une petite pointe boisée bien intégrée à la structure…J’aime !

Givry 1° Cru La Grande Berge 2007 : le nez offre de beaux arômes de cerise avec quelques notes un peu végétales, en bouche l’équilibre est un poil plus austère mais reste très plaisant, la finale sur le noyau de cerise possède une belle longueur.
Un vin qui flatte un peu moins le palais malgré un registre olfactif intéressant…la matière semble un peu moins mûre que sur 2008 mais laissons lui peut-être encore un peu de temps. Il a les épaules pour se tenir quelques années de plus.

 

Givry 1° Cru Les Grands Pretants 2006 : le nez est discret mais fin et complexe avec quelques notes torréfiées (café) complétées par un fruité délicat (framboise) et un petite touche fumée, la matière en bouche est généreuse avec du gras, du fruit et des tanins soyeux, la finale est bien longue.
Mon cru préféré du domaine a tenu ses promesse : un registre aromatique complexe et une tenue impeccable en bouche…Miam !

Givry Le Clos de la Putin 2005 : le nez ressemble un peu au précédent mais des notes de sous-bois et d’humus viennent perturber un peu la pureté du registre aromatique, la bouche vacille un peu avec une présence tannique bien sèche et une finale légèrement marquée par l’alcool.
La cuvée myrthique du domaine (surtout à cause du nom, il faut le reconnaître…) a un peu déçu : j’ai le souvenir d’un millésime 2005 superbement réussi par les Sarrazin…la je pense que la bouteille avait dépassé la limite d’age. Dommage !


 

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Le quatuor Sarrazin.

 

 

Cette petite série du domaine Sarrazin nous livre quelques enseignements fort utiles :

- ces vignerons établis dans le petit village de Jambles conçoivent leurs vins rouges avec une grande exigence (rendements sévèrement contrôlés par une taille courte et un ébourgeonnage strict, élevage de grande qualité…) pour mettre en valeur quelques beaux terroirs encore trop peu connus de la Côte Châlonnaise. Leur travail a été reconnu et mis en avant dans le numéro « Spécial Millésime 2011 » de la revue « Bourgogne Actuelle »…une belle référence !

- Ces 4 flacons s’expriment avec un style velouté et gourmand qui séduisent très facilement le dégustateur, même si le 2005 montre les limites de ces vins face au vieillissement. En tous cas, avec un rapport Q/P vraiment extra (autour de 10 euros la quille !) ces vins nous rappellent que c’est dans cette région que l’amateur pourra trouver de belles expressions bourguignonnes de pinot noir, qu’il pourra déboucher pour attendre la maturité de leurs voisins côte-doriens.

- Sur cette petite série de belle qualité, je choisirai le Mercurey 2008 comme coup de cœur : il fait jeu égal avec Le Grands Pretants 2006 mais comme c’est une découverte…


 

 

Thème 2 : tous les chenins mènent à la Loire

 


Vouvray brut – Domaine de Vodanis – F. Gilet à Parçay-Meslay : le nez s’ouvre sur de discrètes notes vanillées rapidement complété par des arômes de fleurs et de fruits blancs, en bouche la bulle est moyenne mais dense, après une attaque plutôt ronde la structure se tend pour finir sur une belle vivacité.
Agréablement parfumé, équilibré mais tonique et désaltérant…ce jeune domaine qui travaille des parcelles jadis exploitées par le domaine Huet a réussi une belle cuvée de belles bulles festives !

Vouvray Pagus Vaudanum – Domaine de Vodanis – F. Gilet à Parçay-Meslay : le nez est net et frais, très floral avec quelques notes de poire, la bouche est droite mais joliment parfumée (jasmin, lavande), la finale est bien pointue.
Les chenins de cette cuvée ont été récoltés sur le lieu-dit très réputé de « la vallée des roches » et ont été vinifiés avec beaucoup de sensibilité pour exprimer une belle palette aromatique en gardant une structure très vive…j’aime !

Montlouis sur Loire 2007 Singulier – L. et B. Jousset à Husseau : le nez complexe et évolutif s’ouvre sur quelques notes oxydatives rapidement complétées par des arômes de mirabelle et de griotte, la bouche est ample avec un joli gras, une palette épanouie, pomme au four, épices, griotte, la finale possède une très belle longueur aromatique.
Si géographiquement on est très proche du vin précédent, oenologiquement on se trouve aux antipodes avec cette cuvée issue d’une vielle vigne (80 ans) sur un terroir de sables et de silex. Les rendements sont minimes (25 hl/ha) et le travail à la cave est le plus naturel possible…au bout du compte il y a ce vin avec une très forte personnalité et une présence remarquable en bouche.

Chinon 2008 Cuvée Rochette – Domaine des Chesnaies à Cravant les Coteaux : le nez est agréable sur un registre très classique associant le miel, le coing frais, la bouche est légère, fluide avec une belle rondeur en finale.
Voici un chenin au profil très classique provenant d’un secteur plus connu pour ses rouges que ses blancs. En biodynamie depuis 2004 ce domaine produit cette cuvée depuis 2007 sur une parcelle de jeunes vignes : un vin assez simple mais avec beaucoup de charme…pour moi le plus typé Loire de la série.

 

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Saumur  2008 Arcane – Château de Fosse Sèche – Famille Keller à Saumur : le nez est discret, évolutif, assez difficile à cerner, parfois douteux quant à sa pureté, la bouche est bien mieux en place avec une matière douce et riche à l’attaque, qui évolue vers beaucoup de soie et une vraie gourmandise, la finale délicatement acidulée laisse deviner de belles notes salines.
Le domaine Keller travaille en biodynamie sur des terroirs riches (argiles, silex, calcaire) et élabore avec des raisins sévèrement triés un vin sec, de garde dont l’expression peut laisser perplexe certains dégustateurs au palais trop formaté. Sur cette cuvée, le nez est franchement problématique mais la bouche révèle une matière dense, équilibrée et concentrée de très haut niveau…un vin ouvert trop jeune qui aurait sûrement gagné à être décanté

Savennières 2007 Le Clos du Grand Beaupréau – Château Pierre Bise – C. Papin à Beaulieu sur Layon : le nez est malheureusement marqué par des notes liégeuses qui dominent une palette bien définie sur le miel et les fruits jaunes, la bouche est puissante avec une chair épanouie et une finale minérale même si le défaut perçu au nez reste présent.
Un problème de bouchage se trouve à l’origine de la grande déception de la soirée : un savennières avec une très belle matière pollué par le liège…quelle misère ! Regoûté le lendemain, ce vin s’est montré plus à son avantage car les arômes qui avaient gagné en intensité masquaient davantage les notes disgracieuses de la veille…mais quel dommage quand même !

Vin de France 2009 Les Noëls de Montbenoît – R. Leroy à Rablay sur Layon : le nez est discret avec des notes de pierre à fusil et de fruits blancs, la bouche est concentrée avec un toucher grenu et une structure pointue et bien profonde, la finale est très longue, minérale et légèrement fumée.
Déclassé parce que le vigneron ne le présente pas aux dégustations d’agrément, ce vin issu de vieilles vignes de chenin cultivées en biodynamie sur un terroir volcanique est étonnant : c’est une cuvée rare (presque un vin de garage) vinifiée sec mais avec une matière conséquente (due aux rendements minimes : 23 hl/ha). L’assemblée a été divisée sur l’évaluation de cette bouteille…personnellement j’ai beaucoup aimé même si je pense qu’une décantation préalable de quelques heure l’aurait révélée avec plus d’éclat.

Coteaux du Layon 1990 Saint Lambert – Jo Pithon à Saint Lambert du Lattay : la robe franchement dorée trahit l’âge, le nez a gardé une belle pureté avec des arômes de cire, de coing mûr et d’épices douces, la bouche est moelleuse, le toucher est gras et la finale discrètement amère  persiste longuement en révélant quelques notes de champignon blanc.
Une bouteille pour montrer une expression différente du chenin et pour vérifier ses possibilités de vieillissement : après plus de 20 ans ce moelleux se tient bien même si la fin de bouche annonce que la phase de déclin est en cours.

 

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Pour conclure :

- cette série m’a particulièrement intéressé par la grande diversité des expressions du chenin qu’elle a mis en évidence : c’est évidemment un effet des grandes variations du terroir sur cette région viticole très étendue…mais c’est sûrement aussi dû au choix des domaines par François qui a pris l’option de sortir des sentiers battus pour nous faire découvrir quelques jeunes vignerons de l’avant-garde ligérienne…Bravo !

- comme on pouvait s’y attendre, ces vins ont presque systématiquement divisé l’assemblée des dégustateurs du club : la grille de lecture du chenin est très éloignée des canons en vogue dans les vignobles de l’est et la sélection proposée n’a pas forcément recherché le classicisme. Personnellement j’ai toujours bien goûté ces vins blancs de Loire (contrairement aux vins de cabernet franc, d’ailleurs…) parce que j’aime bien leurs expressions gustatives (coing, fruits blancs, miel) et leur présence charnue et minérale en bouche, même si sur cette série quelques bouteilles sont nettement sorties de ce format classique…en nous procurant de très belles émotions d’ailleurs !

- mes coups de cœur se situent aux deux extrêmes de la série avec le Pagus Vaudanum, classique mais d’une richesse aromatique peu commune et le Noël de Montbenoît, complètement atypique, goûté un peu trop jeune, mais avec la structure d’un très grand vin blanc.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 12:34


 

 

visite

Wihr-au-Val

 

 

Wihr-au-Val est un charmant village situé aux portes de la vallée de Munster, bien loin du parcours touristique de la Route des Vins d’Alsace : autant vous dire qu’une visite au domaine Schoenheitz n’est jamais le fruit du hasard. C’est par la qualité de leur gamme de vins issus des beaux terroirs un peu méconnus de cette vallée que Dominique et Henri Schoenheitz réussissent à attirer de plus en plus d’oenophiles dans leur beau caveau de dégustation.
Avec une viticulture extrêmement exigeante et des vinifications précises ces vignerons mettent en valeur les trois grands terroirs granitiques de Wihr-au-Val :
-    le Linsenberg, un coteau très caillouteux, exposé au sud
-    le Herrenreben, un coteau sableux et caillouteux, exposé au sud
-    le Holder, un coteau plus argileux, exposé au sud.

En cette fin de printemps, le domaine organise des journées « Portes Ouvertes » pour les professionnels (restaurateurs et cavistes) et, à cette occasion, les Schoenheitz ont eu la sympathique idée de convier quelques blogueurs alsaciens. Bravo pour cette initiative !

 

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  Le caveau du domaine Schoenheitz aménagé pour la journée Portes Ouvertes
 

 

Accueillis par le charmant sourire d’Aude Olive nous sommes très rapidement pris en charge par Henri Schoenheitz qui nous invite à découvrir ses cuvées de pinot noir :

Classique 2010 : le nez s’ouvre sur des notes un peu lactiques mais le fruit sous-jacent est très élégant, la bouche se distingue par un toucher joliment velouté.
(12°8 – 0,5 g/l de SR – 3,39 g/l AT – élevage en cuve)

Saint Grégoire 2010 : le nez est très agréable sur les fruits blancs et l’herbe fraîche, en bouche on retrouve cette grande précision dans la structure.
(en cours d’élevage en barriques – jeunes vignes (25 ans) en bas de coteau)

Herrenreben 2010 : le nez est plus expressif, toujours un peu lactique au début mais sur un fruité très gourmand par la suite, la bouche a un style très bourguignon (ce n’est vraiment pas un reproche…) avec une matière étonnamment mûre pour le millésime.
(en cours d’élevage en barriques – vignes de 40 ans)

Linsenberg 2010 : le nez est marqué par un élevage très raffiné, boisé fin et épices, la bouche est soyeuse, concentrée avec un registre aromatique complexe et long…grand tout simplement !
(en cours d’élevage en barriques 100% neuves – jeunes vignes de 8 ans

Ces pinots noirs 2010 nous ont littéralement mis sur le c... : quelle densité, quelle richesse et quel équilibre final !
Et pourtant il y a le millésime, il y a l’altitude exceptionnelle des vignes…mais il y a surtout les Schoenheitz, vignerons amoureux des beaux pinots noirs, ils mettent tout en œuvre pour réussir de très grands vins sur ce cépage. Leurs pratiques viticoles sont très strictes : une baguette taillée court, un ébourgeonnage sévère (6 bourgeons maximum par baguette), une recherche de la maturité optimale des fruits…avec au bout du compte des rendement moyens très bas (autour de 40 hl/ha).
En cave ces vins sont traités avec soin et méticulosité : pressurage doux de raisins entiers, cuves thermorégulées, transfert des jus par gravité et élevage dans une futaille haut de gamme (chêne de l’Allier ou des Vosges)…autant vous dire que la qualité ne doit rien au hasard, mais par contre les quantités sur 2010 seront très contingentées. A bon entendeur… !


Saint Grégoire 2009 : le nez s’ouvre sur des notes empyreumatiques assez prononcées (torréfaction, moka) avant de céder peu à peu la place aux arômes de fruits rouges mûrs, la bouche est ronde, équilibrée et la finale possède une belle longueur aromatique sur la cerise noire.
(13°5 – 0,1g/l SR – 3,46 g/l AT – élevage en barriques de 4 vins et plus)

Herrenreben 2009 : le nez est encore discret, la bouche est charnue avec un grain tannique fin et serré et une finale fraîche et très soyeuse.
(14°3 – 0 g/l SR – 3,92 g/l AT – élevage en barriques 1/3 neuves, 1/3 moyennes, 1/3 vieilles).

Linsenberg 2009 : le nez est discret sur les fruits rouges, la bouche impressionne par sa matière puissante et son ampleur, la finale révèle de beaux arômes de fruits mûrs et de torréfaction en laissant une légère impression de chaleur.
(14°5 – 1g/l SR – 3,85 g/L AT – élevage en barriques neuves à 50%)


J’avais déjà entendu parler de la qualité des pinots noirs produits par ce domaine et j’ai été content de pouvoir vérifier le verre à la main que cette réputation était amplement méritée. Après des 2010 en cours d’élevage (sauf la cuvée « Classique ») qui m’ont bluffé par la qualité de leur matière, ces 2009 séduisent par leur élégance et leur raffinement. Avec des rouges alsaciens de ce niveau on commence vraiment à entrer dans le cour des grands pinots noirs…amis bourguignons vous voilà prévenus !

 

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  Atelier pinot noir avec Henri Schoenheitz


Avant de passer à la série de blanc nous faisons un petit intermède pétillant :

Crémant Brut Blanc de Blancs 2008 : le nez est léger et séduisant sur les fruits blancs et la fraise des bois, la mousse est crémeuse mais l’équilibre reste droit et très frais.
(11,1° - 0,5 g/l SR – 4,89 g/l AT)
Réalisé à partir de raisins d’auxerrois (100%) vendangés à maturité, non dosé et gardé 2 ans sur lattes, ce crémant est splendide : le fruit mûr donne du gras et de la richesse aromatique mais l’équilibre reste parfaitement sec…un petit miracle dû essentiellement à l’altitude des vignes du domaine Schoenheitz.

 

 

La suite de notre tour d’horizon est consacrée aux vins blancs tranquilles pour une première rencontre avec les cuvées de 2010 dont la plupart sont encore en cours d’élevage, suivies par des vins des millésimes antérieurs qui sont actuellement au tarif. La série est impressionnante (une quarantaine de références)…j’avais oublié que c’était une journée « professionnels ». C’est dans ce type de situation, où je me rends compte que je ne suis et ne resterai probablement qu’un amateur : too much pour moi, il va falloir choisir !
Hélas, Henri Schoenheitz ne l’entend pas de cette oreille, il nous accompagne à la table suivante et nous invite à découvrir la totalité de sa production, on respire un grand coup…et c’est parti !

Pinot blanc Val Saint Grégoire 2010 : le nez est léger, fruité avec de jolies notes de fraise des bois et de bonbon acidulé, la bouche est simple, aérienne avec une vivacité très fringante.
(brut de cuve – 51 hl/ha – vignes de 25 ans)
Une cuvée 100% auxerrois marquée par la vivacité du millésime…frais et charmeur.

Muscat 2010 : le nez est pur, délicieusement floral, la bouche est fraîche et gouleyante avec une finale bien fruitée.
(12°4 – 2,9 g/l SR – 4,45 g/l AT)
Avec un assemblage 2/3 ottonel et 1/3 alsace à petits grains ce muscat est particulièrement réussi. Le dosage des 2 cépages permet au vigneron de s’adapter au millésime : en 2010 c’est l’ottonel plus précoce et moins acide qui domine et qui donne cet équilibre très gourmand.

Riesling Classique 2010 : le nez est très réservé, la bouche est vive avec une acidité longue et pointue et une finale où le fruit commence à se révéler.
(11°7 – 4,7 g/l SR – 6,57 g/l AT)

Riesling Linsenberg 2010 : le nez est typé et fin sur le citron frais et les zestes d’agrumes, la matière est assez concentrée mais l’acidité très large mais particulièrement virulente domine encore l’équilibre, la finale très longue révèle de belles notes d’agrumes.
(brut de cuve – vignes de 18 ans)

Riesling Herrenreben 2010 : la palette olfactive est proche de celui du Linsenberg mais la bouche toujours très vive possède plus de gras et de concentration.
(brut de cuve – vignes de 40 ans)

Riesling Holder 2010 : le nez est plus épanoui avec déjà une belle complexité sur un registre floral et agrumes frais, la bouche est ample et grasse mais toujours marquée par cette acidité longue et pointue.
(12°7 – 4,3 g/l SR – 7,01 g/l AT)

2010 sera un millésime où les rieslings se reconnaîtront à leur charpente acide puissante. Avec l’influence du terroir particulier de Wihr au Val cette caractéristique est vraiment centrale dans l’identité de ces vins…les amateurs de grands rieslings droits et secs vont être ravis !
Sur les 4 cuvée dégustées on sent l’influence conjuguée du millésime et de l’altitude mais on perçoit aussi un fond riche et concentré, résultant d’une matière première de grande qualité avec des fruits rentrés à pleine maturité phénolique.

Pinot Gris Classique 2010 : le nez est discret, l’équilibre en bouche semble sec, la matière est équilibrée avec un beau gras et une finale longue et délicatement fruitée.
(13° - 11,4 g/l de SR – 4,62 g/l AT)

Pinot gris Val Saint Grégoire 2010 : le nez est réservé, la bouche se rapproche de celle de la cuvée classique mais avec un pue plus de chair et une finale marquée par des arômes de fruits blancs et un léger fumé.
(brut de cuve – vignes de 12 ans)

Pinot Gris Herrenreben 2010 : le nez est discret, minéral avec une petite pointe fumée, en bouche la matière est généreuse et bien équilibrée.
(brut de cuve – vignes de 12 ans)

Pinot gris Linsenberg 2010 : le nez est très délicat sur les fruits blancs et toujours une légère touche fumée, la bouche très élégante se goûte sec et possède déjà un très bel équilibre.
(brut de cuve – vignes de 9 ans)

Pinot gris Holder 2010 : le nez est très pur, un peu plus expressif que sur les vins précédents, la bouche révèle une matière équilibrée et gourmande avec une finale bien longue.
(brut de cuve – vignes de 30 ans)

Henri Schoenheitz a particulièrement insisté pour nous faire découvrir cette série de pinots gris dont il est visiblement très fier : ce sont des vins très complets dont l’équilibre bien sec va en faire des vins de belle garde et d’excellents compagnons de table.


Gewurztraminer 2010 : le nez est pur et précis sur la rose, la bouche est ronde et ample avec une finale finement épicée.
(13,1° - 23,8 g/l SR – 3,58 g/l AT)

Gewurztraminer Holder 2010 : le nez est encore discret sur un registre exotique, en bouche la matière est ample et généreuse, la finale est longue et puissamment épicée.
(brut de cuve – vignes de 30 ans)

Gewurztraminer Linsenberg 2010 : le nez est discret, plutôt floral avec quelques notes d’épices douces, la bouche est onctueuse avec du soyeux, de la générosité et une pointe acide qui donne beaucoup d’éclat à la matière, la finale est très longue.
(brut de cuve – vignes de 15 ans)

Voici 3 gewurztraminers un peu archétypiques avec une cuvées générique facile et séduisante, un Holder précis mais tout en retenue et un Linsenberg impressionnant de puissance…de quoi contenter chaque type d’amateur, que demander de plus !

 


Après cette série presque exhaustive sur 2010, la fatigue commence à se faire sentir…mais je ne résiste pas au plaisir de découvrir quelques références sur les millésimes précédents :

Muscat 2009 : le nez est expressif sur le bourgeon de cassis, le buis et la menthe fraîche, la bouche est légère et souple avec une finale un peu plate.
(12,5° - 3,7 g/l SR – 3,08 g/l AT – vignes de 28 ans)
Le muscat d’Alsace qui domine dans cet assemblage marque bien le nez mais ne réussit pas à apporter assez de fraîcheur à l’ensemble…un vin facile et agréable mais un poil mollasson en bouche

Pinot gris Linsenberg 2009 : le nez est ouvert mais marqué par des notes très grillées de froment et de torréfaction, la bouche est ronde et opulente avec une belle persistance aromatique en finale.
(14,3° - 7,1 g/l SR – 3,64 g/l AT – vignes de 10ans)
Ce pinot gris aux formes généreuses est assez caractéristique de ce millésime…pour amateurs de vins riches

Riesling Linsenberg 2008 : le nez est fin et précis sur les agrumes frais, la bouche dégage une belle impression de puissance par sa droiture, sa chair et sa salinité affirmée en finale.
(12,2° - 7,8 g/l SR – 5,67 g/l AT – rendement 59 hl/ha)

Riesling Linsenberg 2007 : le nez est plus discret avec toujours des arômes d’agrumes complétées pars des notes légèrement torréfiées, la bouche est très plaisante, acidité très mûre, beaucoup de gras et une finale sur le pamplemousse frais.
(12,7° - 2 g/l SR – 3,9 g/l AT – rendement 69 hl/ha)

Deux grands rieslings réussis dans des millésimes très différents : la preuve que le Linsenberg est un très beau terroir…et Henri Schoenheitz un très bon vigneron !


Riesling Holder 2007 : le nez est très franc sur les agrumes, la bouche splendide allie équilibre, densité et fraîcheur pour finir sur une minéralité profonde et racée.
(13,3° - 6,6 g/l SR – 4,72 g/l AT – rendement 57 hl/ha))

Riesling Holder 2005 : le nez est fin et complexe avec des arômes d’agrumes bien mûrs et d’épices douces, la bouche est ample et riche mais la finale reste très digeste.
(13° - 25 g/l SR – 4,51 g/l AT – rendement 43 hl/ha)

Ces superbes rieslings qui naissent dans la partie granitique la plus aride du Holder sont travaillés pour devenir de grands vins de garde. Le domaine Schoenheitz les laisse mûrir dans ses caves pendant quelques années avant de les commercialiser…actuellement c’est le 2004 que l’on trouve au tarif.

 

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Petite verticale de riesling Holder de 2010 à 2004…j’avoue ne pas avoir réussi à la terminer.

 

 

Pour souffler un peu nous sommes invités à nous rendre dans la cave de stockage aménagée en espace de visio-conférence afin de parler de minéralité avec David Lefebvre…un sujet passionnant et admirablement bien traité qui fera l’objet d’un CR à part (pourvu que j’arrive à relire mes notes…).

 

 

Près de deux heures plus tard, nous retournons dans le caveau pour se laisser tenter par quelques ultimes flacons :

Riesling Herrenreben VT 2007 : le nez est pur et précis sur le raisin sec avec quelques touches épicées, la bouche est puissante avec du gras, du moelleux et un fruité épanoui, l’acidité profonde et très longue se fait sentir progressivement en donnant beaucoup d’éclat à la finale.
(12,3° - 59 g/l SR – 5,01 g/l AT – rendement 30 hl/ha)
Une matière dense et concentrée et une belle acidité qui structure solidement la charpente…un aboutissement pour une V.T. !

Riesling Herrenreben SGN 2005 : le nez fin mais tout en retenue contraste avec une matière en bouche d’une puissance et d’une ampleur peu communes, une acidité mûre apporte une belle tension pour créer un équilibre très tonique, la longueur finale est impressionnante.
C’est cette bouteille qui m’a fait connaître le domaine après une session de dégustation avec l’Oenothèque Alsace et c’est avec grand plaisir que j’ai regoûté ce nectar : réservé au nez (ma muqueuse olfactive est peut-être un peu saturée…) mais très explosif en bouche avec une persistance aromatique inouïe. Du très haut niveau !


Un coup d’œil à ma montre…presque 19 heures, ma permission de sortie est largement dépassée, en plus il faut compter plus d’une heure pour retourner à Strasbourg…direction la sortie !
Henri Schoenheitz s’inquiète « mais vous n’avez pas tout goûté… ! », nous avons beau lui expliquer le voyage retour, la famille…le voilà qui s’éclipse quelques instants pour revenir avec quelques bouteilles de sa collection personnelle…
Qui peur résister à çà ?


Pinot gris Herrenreben 2000 : le nez s’ouvre sur des notes un peu lactées avant de révéler de beaux arômes de fruits blancs mûrs et de vanille, la bouche est volumineuse avec une matière concentrée, très grasse et une finale complexe et bien longue.
Vinifié en barriques neuves, élevé longuement sur lies fines ce pinot gris me fait penser à la Cuvée Maréchal de F. Schmitt…une vision particulière du vin d’Alsace ! Je suis quand même impressionné par la tenue de ce vin dans le temps.

Gewurztraminer Holder 1990 : le nez pur et charmeur est dominé par des arômes de litchis, la bouche est bien équilibrée et gourmande, la finale avec du fruit, un peu d’épice et de réglisse, persiste longuement.
Après 21 ans le fruit s’est épuré, la structure s’est un peu affinée…une bouteille élégante et raffinée à savourer avec respect et admiration !

 

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Riesling Herrenreben VT 1998 : pas de mots…plus de mots, un vin splendide, d’une jeunesse incroyable, des gouttes d’éternité !
Un vin qui me cloue le bec…ça tombe bien, c’est vraiment l’heure d’y aller !


Pour conclure :

- ce domaine exploite 15 hectares de vignes situées pour la plupart sur des coteaux granitiques situées en altitude (jusqu’à 500 mètres pour certaines parcelles). Cette situation demande des pratiques viticoles et œnologiques de très haut niveau pour valoriser pleinement ces terroirs particuliers du Val Saint Grégoire. Le tour d’horizon très complet effectué sur les cuvées issues du délicat millésime 2010 montre que Henri et Dominique Schoenheitz maîtrisent parfaitement leur sujet : les vins sont ciselés avec une grande précision et laissent une impression de plénitude bien aboutie.
Les pinots noirs sont à tomber, les rieslings marqués par de puissantes acidités demanderont un peu de patience pour être appréciés, les pinots gris et les gewurztraminers se caractérisent par des équilibres très gastronomiques.

- avec un espace d’accueil chaleureux et convivial, une sélection de plus de 40 références à déguster, une conférence-débat et plein de petites attentions fort sympathiques…cette opération portes a été une grande réussite.
Un grand merci aux vignerons et à leur équipe !
Mon seul regret aura été de constater que bien trop peu de personnes ont répondu à cette invitation, quel dommage !

- difficile d’isoler l’un ou l’autre coup de cœur dans une série aussi fournie mais j’ai été fortement impressionné par la qualité des pinots noirs…des vins qui prouvent une fois de plus que les terroirs granitiques alsaciens peuvent générer de très grands vins rouges.
Le crémant est une réussite absolue…amis champenois accrochez-vous !
Les vins blancs de 2010 sont encore bien jeunes pour séduire vraiment mais quelle pureté !
Le riesling Herrenreben SGN 2005 est égal à lui-même…grandiose !

Mille merci à l’équipe du domaine Schoenheitz

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 08:35

 

 

 

A la recherche de quelques références à exporter sur le marché d’outre-atlantique, mon pote François me propose de l’accompagner dans le vignoble alsacien pour lui présenter quelques domaines que j’apprécie particulièrement. Bien évidemment, face à une telle requête émanant d’un membre très actif du club AOC, un incorrigible boit-sans-soif comme moi ne peut que se laisser embarquer pour une nouvelle tournée de dégustation en Alsace…quand on aime, on ne compte pas, c’est bien connu !

La première étape a lieu à Niedermorschwihr, au Domaine de l’Oriel dont j’ai déjà longuement parlé récemment. En l’absence de Claude et de Sandrine Weinzorn qui participaient au premier Salon des Vignerons Indépendants à Nice, c’est la maman du vigneron qui nous reçoit pour une dégustation de la gamme en vente actuellement.
Je ne reviendrai pas en détail sur une production déjà bien commentée à d’autres occasions mais je voudrais quand même relever une nouvelle fois la qualité des cuvées génériques, des pinots noirs (en attendant l’exceptionnel 2009) et certains Grands Crus de très haut niveau comme le Riesling Brand 2007 ou le Pinot Gris Sommerberg-Terrasses 2008 dont il reste encore quelques rares flacons…


Pour rejoindre notre seconde étape il suffit de passer le petit col sur la faille vosgienne entre le Sommerberg et le Florimont, pour nous retrouver à Katzenthal chez Jean-Marc Bernhard.
Dans le caveau du domaine nous dégustons une bonne partie de la longue liste des références proposées à la vente en ce moment :

Edelzwicker Cuvée des Chasseurs : un vin net, discrètement aromatique et très précis dans son équilibre.
Surtout destiné à la vente au pichet dans la restauration locale, cet assemblage où dominent le sylvaner et le pinot blanc se livre avec simplicité et naturel.

Sylvaner Vignoble de Katzenthal 2009 : le nez est très agréable sur les fruits blancs et l’herbe fraîche, en bouche on retrouve cette grande précision dans la structure.
Un vin simple qui séduit par son équilibre impeccable. Comme je le dis souvent, le sylvaner est une sorte de révélateur de l’exigence du vigneron…nous pouvons attaquer avec confiance la suite de la gamme.

Pinot Blanc Bouquet de Printemps 2009 : le nez est plus discret mais la structure en bouche possède un équilibre très aérien qui donne au vin une grande buvabilité.
Voilà un pinot blanc qui s’exprime sans complexe dans son registre de compagnon de table convivial et polyvalent.

Riesling Vieilles Vignes 2009 : un nez est finement citronné et la bouche possède un équilibre assez pointu avec une finale longuement aromatique et bien fraîche.
Une vigne de 40 ans produit ce riesling archétypique mais très gourmand.

Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 2009 : toujours discrètement citronné au nez et d’une structure fine, longiligne et tendue en bouche ce vin sérieux mais d’un abord franc et direct séduit toujours autant.
Pointu et précis…un Wineck ciselé, d’une pureté cristalline…à moi les derniers flacons !!!

 

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Riesling Grand Cru Schlossberg 2009 : le nez est généreusement dédié aux agrumes et la bouche se présente avec du gras et de l’ampleur et une finale vive et précise.
Si proche du Wineck par bien des aspects ce riesling gardera toujours une structure plus opulente que son voisin tout en gardant cette belle minéralité propre aux grands terroirs granitiques.

Muscat Tradition 2010 : le nez est ouvert et d’une grande franchise, le raisin croque encore sous la dent en bouche, l’équilibre est sec mais reste très gourmand.
Ce vin issu d’un assemblage à parts quasiment égales de muscat d’Alsace et de muscat ottonel me laisse toujours la même impression de finesse sans chichis et de plénitude…pour moi une des références incontournables sur le cépage.

 

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Pinot Noir Tradition 2008 : le nez est très marqué par de beaux arômes de fruits rouges, la bouche est droite mais d’un équilibre léger très plaisante.
Un rouge avec une matière mûre et assez gourmande…joli pour 2008 !


Pinot Noir Tradition 2009 : le nez est encore très discret mais bien net, la bouche est plus épanouie avec du gras, de la rondeur et une palette qui se révèle un peu avec de belles notes de cerise et de noyau.
Une tenue de grande classe avec cette texture riche et soyeuse et cette belle finesse aromatique…ces pinots noirs 2009, irrésistibles vous dis-je !

Pinot Noir Barrique 2008 : le nez est gourmand et raffiné avec un fruité très expressif, la bouche est charnue avec un boisé discret et parfaitement intégré.
Un très beau vin rouge où tout est bien en place, dosé avec une grande maîtrise…Miam !!!

Crémant : le nez est flatteur avec un fruité bien expressif, en bouche la mousse est fine et légère, l’équilibre est simple mais précis.
Issu principalement d’auxerrois (70%) complété par 20% de chasselas et de 10% de riesling, cet assemblage de vins de 2008 et 2009 se déguste facilement avec un plaisir direct et immédiat…encore un joli crémant !

Pinot Gris Cuvée Particulière 2009 : un vin charnu, ouvert avec un fruit bien épanoui et un bel équilibre en bouche.
Un pinot gris qui a gardé une belle élégance dans un millésime où le risque de lourdeur par excès de matière est réel, surtout sur ce cépage…Joli travail !

Gewurztraminer Vieilles Vignes 2009 : le nez est délicat sur un registre floral, la bouche est ronde, onctueuse mais toujours sapide, la finale est très longue sur des notes finement poivrées.
Plus rond que le pinot gris mais dans le même esprit de recherche d’élégance, ce gewurztraminer est un modèle de gourmandise !

Le temps passe vraiment vite lorsqu’on se trouve en bonne compagnie et un rapide coup d’œil sur notre montre nous indique qu’il est largement temps de prendre congé de la famille Bernhard…la dégustation des cuvées de prestige sur les gewurztraminer et les pinots gris attendra. Dommage !
De la plus modeste référence aux crus prestigieux, les vins du domaine Bernhard se distinguent par leur grande pureté et leur équilibre toujours maîtrisé : même dans un millésime piègeux comme 2009, les expressions des cépages et des terroirs sont bien définies et les structures en bouche sont restés sveltes et élégantes. Du travail d’orfèvre !


Pour le coup de cœur, je ne vais pas donner dans l’originalité : je balance entre l’expression cristalline du riesling Wineck-Schlossberg 2009 et l’irrésistible gourmandise du muscat 2010 et je n’ai pas l’intention de choisir…


Nous prenons le repas de midi à « La Cocotte de Grand-Mère », un sympathique « Bistrorant » dans le vieux Colmar, où l’on peut se régaler avec de la cuisine simple mais très créative utilisant exclusivement des produits frais et où on peut déguster quelques vins originaux soigneusement sélectionné par un jeune sommelier passionné par la chose vinique…ne manquez pas cette adresse !
 www.lacocottegrandmere.com

 

 

La dernière étape de la journée nous ramène dans le Bas-Rhin, au Domaine des Marronniers à Andlau.


Nous sommes reçus par Martha Wach et comme ce matin, nous tentons de passer en revue la totalité de la gamme du domaine.


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Le coin dégustation entièrement conçu et réalisé par Guy Wach…artiste, artisan et vigneron !


Sylvaner Duttenberg 2009 : le nez est ouvert, un peu de fruit, quelques notes florales, la bouche est légère et très digeste.
Tout ce qu’on demande à un sylvaner…pas trop de fantaisie mais beaucoup de franchise !

Sylvaner Séduction 2009 : le nez est gourmand avec des notes très pures de raisin frais, la bouche est ronde, ample et bien croquante, en finale la petite pointe acidulée apporte une fraîcheur bienvenue.
Ces sylvaners issus d’une parcelle de très vieilles vignes (65 ans) ont produit un vin complètement atypique en 2009, pas de souci, au domaine des Marronniers on assume pleinement : bouteille bleue et étiquette spéciale…nous voilà prévenus !

 

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Clevner 2009 : le nez est fin et précis sur les fruits blancs, la bouche est assez charnue mais sans lourdeur, la finale révèle de beaux amers très désaltérants.
Un vin 100% pinot blanc qui se joue un peu du millésime avec son équilibre tonique et gourmand.

Riesling Tradition 2009 : le nez est net et typé sur la citronnelle et les agrumes frais, l’équilibre en bouche est très digeste avec une acidité longue et profonde et une finale bien pointue.
Un riesling droit et pourtant très séduisant…une bouteille pour s’initier à l’esthétique de ce cépage.

 

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Riesling G.C. Wiebelsberg 2009 : le nez est discret mais finement ciselé, la bouche possède une matière puissante, déjà particulièrement marquée par la minéralité, la finale est longue et délicatement épicée.
Encore un peu sur la retenue, ce riesling est déjà bien imprégné de la minéralité de ce terroir gréseux. Belle réussite !

Riesling G.C. Moenchberg 2009 : le nez est fin et délicatement floral, la bouche est charnue avec une finale très vive.
Un vin déjà bien ouvert qui se livre très facilement…à savourer en attendant les 2 autres Grands Crus.

Riesling G.C. Kastelberg 2009 : le nez est très discret avec quelques notes de fruits blancs, la bouche s’épanouit avec une chair généreuse et grasse, la finale est longue et puissamment minérale.
Malgré sa matière imposante ce riesling ne pèse pas du tout au palais et recèle un beau potentiel de garde même s’il s’ouvrira plus rapidement que les millésimes précédents...pour attendre 2008 et 2007 sans mourir de soif !

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Riesling G.C. Kastelberg VT 2006 : le nez est intense et complexe sur des agrumes mûrs (mandarine, bergamote), en bouche le moelleux est palpable, la matière est puissante et la finale très longue nous dévoile de belles notes d’infusion.
Maturité, équilibre, concentration et complexité aromatique…un grand Kastelberg !

Pinot Gris Duttenberg 2009 : le nez est discret et joliment typé avec cette pointe fumée très caractéristique, en bouche l’attaque est douce mais la structure se révèle très généreuse, il faut attendre la pointe minérale finale pour percevoir une fraîcheur bienvenue.
Comme le sylvaner ce pinot gris est récolté sur le lieu-dit Duttenberg situé sur le versant est de la colline du Moenchberg…un vin dont la personnalité commence à s’affirmer au delà de la marque du millésime.

Gewurztraminer Andlau 2009 : le nez est floral et discrètement épicé, la bouche est large, ample et équilibrée, la finale bien poivrée est soutenue par une belle tension qui redresse la structure.
Le classicisme interprété sur une partition de gewurztraminer…rien à dire !

Crémant : le nez est pur et net, joliment fruité, la bulle est fine et dense, le toucher de bouche est très crémeux, l’équilibre est frais et désaltérant.
Un assemblage de chardonnay (80%) et de pinot blanc (20%) sur des vins de 2008, plus de 2 ans sur lattes…un crémant parfaitement dans son rôle de vins festif, direct, facile d’accès mais avec une tenue irréprochable. Superbe !

 

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La série a encore été écourtée par des impératifs d’emploi du temps, en nous obligeant à laisser de côté quelques belles références proposées sur la carte du domaine. Pour la sélection des cuvées à déguster j’ai laissé l’initiative à François qui n’a pas les mêmes critères de choix que moi : pour se faire une place sur le marché U.S. ce sont les vins d’entrée de gamme qui constituent la première clé. Un pinot blanc ou un riesling, basiques mais très bien conçus sont les sésames incontournables pour attirer l’attention des américains sur notre région viticole.
Ceci dit, je suis volontiers mon partenaire du jour dans cette démarche car, comme je l’ai déjà souvent dit, je suis convaincu que la qualité de la production d’un domaine se repère très facilement à travers leurs vins d’entrée de gamme.
Pour Guy Wach (comme pour les Bernhard d’ailleurs) ce type d’examen n’est qu’une formalité : leurs premières cuvées sont impeccables, typées, précises et facilement accessibles dès leur plus jeune âge.
 

 

Le coup de cœur évident va à l’incomparable riesling Kastelberg 2009 plein de belles promesses pour l’avenir…et peut-être aussi à l’originale vision du sylvaner proposée par la cuvée Séduction 2009.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 12:43

 

 

Organisée comme d’habitude par Thierry Meyer cette Masterclass expérimentale hors du programme officiel de l’Oenothèque Alsace se propose d’aborder un thème complexe et assez pointu :


« A la recherche de l’excellence du vin par la maturité physiologique ».

Qu’est-ce qui nous permet de dire qu’un vin est grand ?
Sa concentration, son équilibre, la qualité de son acidité, sa minéralité, sa longueur en bouche… ?
Le tout à la fois…et peut-être plus encore ?
En tous cas une chose apparaît comme une évidence : même si on ne trouve pas toujours les mots pour l’exprimer un grand vin laisse toujours une impression de plénitude et d’aboutissement en bouche…et c’est vrai que souvent les mots pour décrire une belle quille sont souvent les plus difficiles à trouver.
Un bon « P…. qu’est ce que c’est bon » (citation empruntée à un pote Dcien ardéchois) constitue parfois le commentaire le plus adapté et le plus réaliste pour décrire les sensations laissées par une rencontre avec un grand vin.

Evidemment, en bon scientifique désireux de tout comprendre, notre ami Thierry a poussé sa réflexion un peu plus loin en essayant de vérifier la probabilité d’une corrélation entre maturité physiologique des raisins et réussite d’un grand vin.

Face à la courbe presque immuable de la maturation du raisin et la courbe beaucoup plus irrégulière de la météo et de ses avatars, le vigneron est contraint d’opérer des choix agronomiques pour aider la vigne à faire coïncider le plus possible la période de maturité physiologique avec celle de la richesse optimale en sucre de ses raisins.
La réussite d’un grand vin dépend en grande partie de cet enjeu.

 

 

Après un exposé théorique où les données du problème ont été détaillées, Thierry nous propose une série de travaux pratiques avec la dégustation de vins d’Alsace issus de millésimes difficiles comme 2004 et 2002.

Masterclass Alsace du 19 mai 2011 à Colmar

 

 

La plupart des vins sont servis par paire, dégustés et commentés à l’aveugle – verres INAO


1 : une série de 2004 alsaciens

Pinot Gris Cuvée Spéciale 2004 – Domaine Schoepfer à Wettolsheim : le nez est marqué par la gentiane avec quelques notes de céréales et un peu de pamplemousse, la bouche est droite avec un équilibre très sec et une finale assez amère.
Sylvaner 2004 – Domaine A. Boxler à Niedermorschwihr : le nez possède un fruité bien mûr quelques notes de miel et une touche de botrytis, la matière en bouche est assez dense, l’acidité est large mais la finale est marquée par une pointe d’amertume un peu âcre.
Deux vins qui déclinent le millésime de façon bien différente : un pinot gris visiblement rentré avec une maturité très juste et un sylvaner plus mûr mais sûrement un peu botrytisé. Le premier vin est assez typique des 2004 avec tous ces petits défauts qui rendent facilement reconnaissables la plupart des crus de cette année, le second fait illusion au nez mais ne résiste pas au verdict du palais : le cas assez typique d’un vin issu d’une matière concentrée mais physiologiquement loin du terme.

 

 

Pinot Gris Cuvée Sainte Catherine 2004 – Clos des Capucins à Kaysersberg : le nez est mûr sur le pain grillé, la confiture d’abricot et quelques notes d’humus, la bouche possède une matière riche, beaucoup de gras et un moelleux sensible, la finale est légèrement plus fraîche avec une belle persistance aromatique
Ce pinot gris récolté sur l’Altenbourg et le Schlossberg est généreux…peut-être un peu trop. En tous cas, le cépage et le terroir ont effacé la marque du millésime sans pour autant générer un grand vin.

 

 

Riesling Burg 2004 – Domaine G. Lorentz à Bergheim : le nez est franc et puissant sur la résine et le camphre, la bouche est très tendue par une acidité qui se manifeste dès l’attaque en donnant un équilibre bien austère à l’ensemble.
Riesling Clos Hauserer 2004 – Domaine Zind-Humbrecht à Turckheim : le nez est racé et complexe sur l’écorce d’agrumes, le cuir et quelques épices, l’attaque en bouche est acidulée, le développement tout en largeur et en rondeur laisse un impression légèrement moelleuse, la finale est puissante, saline et de belle longueur.
Deux rieslings sur 2004 et toujours deux choix différents dans la gestion du millésime : le premier vin est très (trop ???) sec le second s’éloigne des caractéristiques du cépage par un excès de maturité. Personnellement je reste quand même sous le charme opulent du second…

 

 

En guise de transition Thierry nous propose un flacon mystère :

Auxerrois Les Lutins 2007 – Domaine Josmeyer : le nez est frais, engageant, miellé et délicatement floral, l’équilibre en bouche est légèrement gras mais reste très élégant, la finales est équilibrée et de belle longueur.
Récolté sur le terroir du Rosenberg, ce « simple » auxerrois se présente comme un exemple parfait de vin accompli qui impose sa classe avec une évidence qui rend sa description difficile…et peut-être inutile. P… c’est bon !


2 : une expérience originale au domaine Sipp en 2004

Etienne Sipp, un des viticulteurs qui participe régulièrement aux manifestations de l’Oenothèque Alsace a profité de l’occasion pour nous relater une expérience réalisée sur ce millésime complexe au domaine Louis Sipp de Ribeauvillé.
« D’abord on goûte, ensuite on explique »…il n’y a pas à dire, ces vignerons maîtrisent vraiment bien la pédagogie de la mise en situation !

Vin 1 : le nez s’ouvre sur des notes caractéristiques de « Suze » pour se développer avec de jolis arômes floraux et légèrement pierreux, la bouche possède un équilibre sec et une palette qui revient sur des notes de gentiane, la finale est très stricte.
Vin 2 : le nez est discret et très élégant sur le miel et le pomelo mûr, la bouche présente une matière bien équilibrée entre gras et vivacité, la finale puissamment minérale est légèrement marquée par le millésime (gentiane, aspérule).
Vin 3 : le nez est discret sur le citron avec quelques touches de grillé (botritys), la bouche est ample et délicatement moelleuse avec un gras opulent et une acidité tendue et longue qui relève la belle salinité finale.
L’histoire originale de ces 3 échantillons nous est racontée par Etienne Sipp.
Les 3 proviennent d’une même parcelle de riesling sur le Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé : vu l’état très hétérogène des raisins, les vendangeurs ont été invités à trier les fruits botritysés dès la coupe. Les raisins sains ont été vinifiés à part et ont produit le vin du premier échantillon, les raisins botritysés ont été vinifiés à part et ont produit le vin du second échantillon. Le vin n°3 a été réalisé en assemblant les 2 premiers (2/3 du premier et 1/3 du second) et a été commercialisée en tant que riesling G.G. Kirchberg de Ribeauvillé 2004 au domaine Louis Sipp.
Cette petite séquence extrêmement intéressante nous montre que le métier de vigneron peut s’avérer vraiment très compliqué surtout sur certains millésimes comme 2004 où la conception de grands vins exige une bonne dose de créativité.

Pour finir avec ce millésime un peu « maudit » Etienne Sipp nous offre une dernière bouteille :
Pinot Gris G.C. Kirchberg 2004 – Domaine L. Sipp à Ribeauvillé : le nez est fin avec de discrets arômes de miel de fleurs, la bouche possède un équilibre vraiment superbe, gras, charnu, très gourmand et pourtant sec et tendu en finale.
Voilà une bouteille qui se tient vraiment très bien, sans le marquage aromatique des 2004 et avec une matière superbe en bouche…comme quoi, lorsqu’on cherche des certitudes, ce n’est peut-être pas du côté de la viticulture qu’il faut aller voir !

En tous cas mille mercis à Etienne Sipp de nous avoir fait partager ce moment d’histoire du domaine avec cette intervention illustrée par ces 4 jolies bouteilles.


3 : 3 vins de 2002.

Riesling Wintrange Felsberg 2002 – Domaine Schumacher-Knepper : le nez est franc et discret sur la mélisse et la citronnelle, la bouche est plaisante avec une attaque très vive et un bel équilibre sec et tendu.
Riesling G.C. Kanzlerberg 2002 – Domaine S. Spielmann à Bergheim : le nez est marqué par des notes de noisettes grillées évoluant rapidement vers des arômes de sous-bois et de champignon blanc, le toucher de bouche est assez gras et l’équilibre très fragile s’appuie sur une structure acide présente et une légère amertume en finale.
Sancerre La Grande Chatelaine 2002 – Domaine J. Mellot à Sancerre : le nez est discret sur la groseille blanche et le miel, la texture en bouche est bien grasse mais l’équilibre de l’ensemble est également un peu vacillant.
2002 a aussi été un millésime difficile en ce qui concerne la problématique de la maturité physiologique des raisins : cette petite série très éclectique n’a pas fait émerger un profil commun mais nous a réservé quelques surprises…
Le premier vin, un modeste cru luxembourgeois récolté du côté de Schengen a nettement dominé le trio par son équilibre et sa pureté, le second semblait très fatigué (une autre bouteille regoûtée quelque jours plus tard a fait bien meilleure impression) et le troisième avait perdu beaucoup de sa vivacité.
Bref, un camouflet pour un oenophile alsaco-franco centrique comme moi…je ne vous remercie pas Monsieur Meyer !


4 : pour la bonne bouche...

Altenberg 2001 – Domaine Deiss à Bergheim : le nez est discret et complexe sur le froment et les épices, la bouche est puissante, avec des arômes de raisins secs et d’épices et un équilibre superbe alliant un joli gras et une grande salinité en finale.
Ce vin issu d’une complantation sur le Grand Cru Altenberg de Bergheim possède une matière riche (100g de SR) mais garde une vraie élégance grâce à cette belle sapidité qui laisse une sensation de plénitude au palais.
2001 confirme son statut de grand millésime en Alsace.

Gewurztraminer G.C. Mambourg S.G.N. Cuvée Or 2008 – Clos des Capucins à Kaysersberg : le nez est puissant et complexe sur les fruits jaunes très mûrs complété par des notes grillées et botritysées, la bouche très liquoreuse a un toucher est un peu huileux mais la matière possède une densité inouïe et la longueur finale est phénoménale.
Personne ne peut pas rester insensible devant ce vin aux caractéristiques exceptionnelles (240g SR et 9g AT)…même si le sentiment de too much n’est pas loin.
Pour moi, cette nouvelle rencontre avec cette référence mythique ne m’a toujours pas transporté sur les sommets que son prix exorbitant devrait pourtant faire atteindre…Hélas !


Pour conclure

- Cette Masterclass expérimentale nous a aidé à prendre conscience de la complexité du travail du vigneron ainsi que toutes les péripéties qui accompagnent souvent la naissance d’un grand vin. Le millésime 2004 avec ses avatars climatiques a été un thème d’étude ardu mais très formateur et l’intervention d’Etienne Sipp qui nous a invités à revivre une expérience grâce à des flacons-témoins prélevés dans l’oenothèque du domaine a donné un relief tout à fait particulier à cette séquence.
Mille mercis messieurs pour cette dégustation pédagogique.

- Comme cette série n’avait pas comme objectif principal de nous présenter une sélection de vins choisis pour leur haut niveau qualitatif, je ne vais pas parler de coup de cœur aujourd’hui, mais plutôt de bouteilles marquantes, comme cet auxerrois de Josmeyer, la perfection dans la simplicité, le pinot gris G.C. 2004 de Sipp, un joli pied de nez à un millésime périlleux, ou encore le riesling luxembourgeois, qui montre une fois de plus que l’excellence n’a pas vraiment de frontière géographique.

- En tous cas, cette après-midi a été l’occasion d’un véritable enrichissement personnel au niveau de mes connaissances sur le monde du vin…vivement la prochaine leçon !

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 12:03

 

Avec ce printemps précoce et chaud bien installé sur l’Alsace depuis quelques semaines, l’occasion de savourer quelques asperges, légumes primeurs, morilles et fraises accompagnés par une série de belles flûtes locales était bien trop belle…direction la Taverne Alsacienne à Ingersheim où nous attendent Jean-Philippe Guggenbuhl et Thierry Meyer pour un nouveau repas dégustation de l’Oenothèque Alsace.

 

 

L’assemblée du soir très cosmopolite, est invitée à se délecter des plats préparés par le chef, qui comme à son habitude, s’est fait un point d’honneur à préparer de beaux produits dans des compositions simples et précises et à tester la qualité des associations viniques pensées par Thierry.


Apéritif :


Pinot blanc Mise du Printemps 2010 – Domaine Josmeyer : au nez, des arômes frais et aériens, un peu cône de houblon, la bouche allie ampleur et tension dans une structure parfaitement équilibrée.
Une superbe entrée en matière avec ce vin élégant et très sapide…un apéritif idéal qui se boit avec plaisir et facilité, sans monopoliser le palais pour la suite.

 

 

Foie gras de canard poêlé, fraises et jus réduit :


Pinot Gris Altenbourg-Cuvée Laurence 2005 – Clos des Capucins : au nez, des arômes frais et gourmands sur l’abricot et la vanille, la bouche est généreuse mais l’association du moelleux et de l’acidité bien longue dessine une silhouette svelte et raffinée.
Pinot Gris G.C. Furstentum 1991 – Domaine P. Blanck : au nez, les arômes sont purs mais assez évolués (cire, épices), la bouche est très belle avec un grain soyeux et gras et une grande longueur finale.
Face à un 2005 parfaitement épanoui, le 1991 qui avoue son âge sans faux-semblant a un peu de mal à se faire sa place…
Ceci dit, ces deux vins tiennent parfaitement leur rang avec des structures riches et équilibrées en bouche : l’Altenbourg confirme que les grands vins de 2005 commencent à sortir de leur torpeur et se goûtent admirablement aujourd’hui, le Furstentum prouve une fois de plus que 20 ans de garde ne font pas peur à des Grands Crus alsaciens.
Avec le plat, deux accords bien différents : le premier vin joue sur une harmonie au niveau des textures alors que le second crée une belle synergie sur le plan aromatique.

 

 

Fricassée d’asperge aux morilles fraîches :


Muscat G.C. Altenberg de Bergbieten 2007 – Domaine F. Mochel : au nez, les arômes floraux sont exubérants, presque entêtants, l’attaque en bouche est puissamment aromatique mais la structure ne tient pas sur la longueur, l’ensemble manque un peu de corps et la finale est particulièrement abrupte.
Riesling G.C. Steingrubler 2000 – Domaine Barmes-Bucher : la bouteille s’avère défectueuse, oxydation prématurée.
Riesling Rorschwihr-Cuvée Yves 2000 – Domaine Rolly-Gassmann : au nez, des notes très pures d’agrumes confits, la bouche est riche et gourmande avec un moelleux sensible mais une grande salinité finale.
Décidément, la cuvée G.C. de Mochel me laissera toujours un peu sur ma faim : ce vin reconnu et apprécié par beaucoup de dégustateurs ne correspond vraiment pas à ce que j’attends d’un muscat…en plus, sur cette bouteille, le différentiel entre la puissance des arômes et la fragilité de la structure en bouche m’a vraiment dérangé.
Il en est tout autrement des vins de Rolly-Gassmann dont j’aime de façon presque inconditionnelle cette matière toujours très opulente sous tendue par une charpente solidement minérale qui se révèle de plus en plus précisément avec quelques années de garde. Superbe !
Avec le plat, l’accord attendu avec le muscat s’est réalisé assez naturellement, mais j’ai nettement préféré le riesling 2000 qui, face à ces asperges cuites à la perfection et ces morilles goûteuses à résonné joliment en répondant avec beaucoup de finesse à la pointe amère des légumes.


Gigot d’agneau de lait des Pyrénées, jus à l’ail et légumes primeurs :


Pinot noir M 2009 – Domaine Laurent Barth : au nez, de belles notes de fruits rouges (surtout de la framboise), la bouche est très agréable avec un toucher soyeux et une fine acidité qui rafraîchit la finale.
Pinot noir Vieilles Vignes 2002 – Domaine A. Hurst : au nez, après de fugaces notes de réduction, la palette s’offre avec richesse et complexité, un fruité un peu confit et un léger fumé, la présence en bouche est très plaisante, dense, charnu et d’une belle finesse aromatique.
Pinot noir F 1996 – Domaine P. Blanck : au nez, expressivité et franchise avec des arômes de cerise mûre, la bouche est corpulente avec une acidité présente qui s’impose progressivement en donnant un caractère assez austère à la finale.
Récolté sur des terroirs classés Grand Cru ces trois vins se sont comportés en très bons compagnons de table sans pour autant me procurer de grande émotion.
Le 2009 (récolté sur le G.C. Markrain) est beau mais je dois dire que j’ai déjà rencontré quelques références superbes sur ce millésime…là je serai moins enthousiaste.
Le 2002 (récolté sur le G.C. Brand) est vraiment étonnant pour le millésime et confirme le potentiel des terroirs granitiques pour les pinots noirs alsaciens…la bonne surprise de la série.
Le 1996 (récolté sur le G.C. Furstentum) a joliment patiné ses arômes mais la bouche est restée bien trop stricte à mon goût.
Avec le plat, ça marche sans plus pour les trois vins, mais l’agneau aurait supporté un poil de générosité en plus dans le verre. On aurait pu descendre vers la Méditerranée…bien que je sois sûr que sur 2009 il y avait moyen de trouver par chez nous.


Compotée de rhubarbe à la vanille :


Riesling G.C. Zinnkoepflé VT 2009 – Domaine A. Bursin : agrumes mûrs au nez et un équilibre pointu en bouche malgré une matière très ronde…une VT superbement minérale !
Gewurztraminer VT 2005 – Domaine P. Spannagel : le nez est très mûr avec des arômes confits et grillés et une touche de rose fanée, la bouche gentiment rondouillarde devient un peu lourde en finale.
Gewurztraminer G.C. Zinnkoepflé VT 2002 – Domaine E. Rominger : le nez est riche avec des notes de torréfaction, de fruits cuits et d’épices, la bouche se caractérise par une présence suave et bien équilibrée.
Voilà un trio moelleux qui montre une fois de plus que ce type de vin d’Alsace a une vraie place en fin de repas : la jeunesse du riesling 2009 s’impose dans un accord immédiat, presque ton sur ton, mais le gewurztraminer 2002, plus raffiné et plus complexe crée un mariage plus subtil basé sur le dialogue entre les saveurs de chaque élément.

 

 

Pour conclure :


- ce repas printanier préparé avec sa maestria habituelle par Jean-Philippe Guggenbuhl et arrosé avec une sélection alsacienne composée par Thierry a une nouvelle fois tenu ses promesses.


Face à des produits très goûteux les vins d’Alsace ont prouvé que leur place à table à côté de plats de haute gastronomie était tout à fait légitime.


- au niveau des accords j’ai particulièrement apprécié le mariage très surprenant entre le riesling de Rolly-Gassmann et les asperges…je n’aurai jamais osé tenté un tel sacrilège, mais dorénavant je n’hésiterai plus !


- pour le coup de cœur liquide j’aimerai revenir tout simplement sur le pinot blanc 2010 de Josmeyer, un vin qui se livre avec simplicité et franchise et qui laisse une impression de plénitude rare en bouche.
2010 sera un millésime compliqué mais les quelques premiers vins que j’ai pu goûter chez les « bons » me font penser que ce n’est pas encore cette année que ma consommation de vins d’Alsace va diminuer…


Bravo et merci à Thierry et Jean-Philippe pour cette soirée !

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 08:16

 


La cinquième réunion du club AOC est intégralement consacrée à des vins étrangers :
 - Thème 1 : les vins blancs de Franconie.
- Thème 2 : petite virée aux antipodes avec quelques vins néo-zélandais.

L’emploi du temps de François, l’oenophile voyageur du groupe, nous a contraints à une modification de notre programme initial et nous a conduits à associer 2 thèmes un peu « exotiques » dans la même soirée.
En bon connaisseur des vignobles allemands, François a sélectionné une série de flacons aux formes pour le moins curieuses, afin de nous livrer un aperçu de la production vineuse de cette région dont j’ignore vraiment tout…
La série suivante nous emmènera encore beaucoup loin avec une courte série de vins néo-zélandais également conçue par François.

Les vins de la première série sont servis bouteilles découvertes (de toute façon la forme des flacons franconiens n’est pas adaptée à la chaussette…) et 2 par 2.
Les vins de la seconde série sont cachés (effet de style, puisque personne ne connaît vraiment ces vins...), servis en carafe et 2 par 2.

Verres INAO.

Soirée Club AOC du 6 mai 2011 à La Wantzenau

 

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Le groupe AOC en plein travail.

 

 

 

Thème 1 : les bouteilles ventrues de Franconie !


Fraenzi Castell – Fürstlich Castellsches Domänenamt : le nez est agréable, délicatement floral et un peu muscaté, la bouche possède un équilibre légèrement moelleux rafraîchi par une bulle fine et désaltérante et une finale acidulée.
Un vin blanc effervescent « technique » (la bulle est obtenue par ajout de CO2) mais diablement séduisant.

 

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Vue du ciel la petite ville de Castell (à l’est de Würzurg) entourée de vignes.


Müller Thurgau Wurzburger Pfaffenberg 2009 – Bürgerspital Würzburg : le nez est flatteur, des notes florales, un peu de bonbon acidulé et un soupçon de vanille composent une palette assez complexe, la bouche reste simple, l’équilibre est correct mais la finale reste un peu aqueuse.
Müller Thurgau Casteller Bausch  2009 - Fürstlich Castellsches Domänenamt : le nez est marqué par de puissantes notes fumées qui laissent progressivement la place à de délicats arômes floraux, la bouche est un peu plus ample avec une matière plus concentrée, un léger CO2 et une présence plus longue malgré cette petite amertume qui durcit la finale.
Crée en 1882 par le professeur Müller dans le canton suisse de Thurgau, ce cépage très répandu en Franconie produit des vins simples, faciles d’accès mais manquant parfois de profondeur. Ces 2 bouteilles se dégustent sans déplaisir, la première jouant sur le charme immédiat et la seconde moins flatteuse mais avec un peu plus de matière.

 

 

Blauer Silvaner 2009 – Bürgerspital Würzburg : le nez est discret, floral et légèrement fumé, la présence en bouche est très agressive avec une acidité tranchante et une amertume sensible qui écrasent une matière pourtant assez riche.
Issu d’un cépage rare, ce vin surprend par son équilibre très sec. Problème de maturité ou besoin de vieillir un peu…les 2 probablement.

 

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Les caves du Bürgerspital de Würzburg.


Silvaner Casteller Hohnart 2009 - Fürstlich Castellsches Domänenamt : le nez est discret et fin, sur un registre floral et citronné, la bouche est bien équilibrée avec une acidité présente mais bien mûre et un longueur finale correcte.
Silvaner Würzburger Stein 2009 – Julius Spital Würzburg : le nez s’ouvre sur de puissantes notes de réduction avant de livrer quelques belle notes florales et pierreuses, en bouche, la matière est belle avec un CO2 présent et une fraîcheur agréable, la finale est bien aromatique avec quelques notes de zestes et une touche poivrée..
Le premier vin classique et consensuel (12°5 – 4g de SR – 5,9g d’acidité totale) est vraiment très bien fait, le second, doté d’une personnalité plus affirmée et d’une matière plus riche (14° - 2,8g de SR – 5,8g d’acidité totale), provient d’un des lieux-dits les plus réputés de la Franconie, il est encore bien jeune mais possède un beau potentiel de garde.

 

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Les pentes du Würzburger Stein

 

 

 

Riesling 2009 – Bürgerspital Würzburg : le nez est délicat avec des notes d’agrumes et une touche légèrement grillée, la bouche est particulièrement bien équilibrée entre une acidité fine et longue et un joli gras, la finale présente un caractère minéral bien affirmé.
Riesling Würzburger Stein 2010 – Julius Spital Würzburg : le nez est discret avec des notes pierreuses, un léger fumé et une touche d’agrumes frais, la bouche est très droite avec une acidité pointue et une profonde minéralité.
Voilà deux vins bien typés où le riesling s’imprègne de la marque minérale du terroir mais révèle aussi la spécificité de deux millésimes bien différents : généreux et direct sur 2009, plus austère solidement structuré sur 2010.

 

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Le Julius Spital de Würzburg.

 

 

Rieslaner Spätlese 2009 – Fürstlich Castellsches Domänenamt : le nez est très fin avec des notes florales et pierreuses, la bouche délicatement moelleuse révèle une palette riche et complexe sur la pêche blanche, les épice et une pointe de gentiane, la finale est très longue.
Comme son nom le laisse deviner ce cépage est issu d’un croisement entre riesling et silvaner ; récolté tardivement il produit un vin assez concentré (12°5 – 40g de SR – 7,5g AT) mais superbement équilibré et très aromatique…une très belle surprise !

 


CIMG3338Mon coup de cœur personnel
 

 

 

Pour conclure :

- Voilà encore une incursion outre-Rhin réussie dans cette région dont j’ignorais vraiment tout jusqu’à aujourd’hui. Le monde du vin n’a décidément pas fini de m’étonner…et c’est très bien comme ça !

- La région viticole de Franconie se situe autour de la ville de Würzburg entre Aschaffenburg et Schweinfurt. Son vignoble de 6000 hectares s’étend principalement sur les coteaux exposés sud qui bordent le Main et ses affluents. Les sols sont en majorité calcaires (portlandien et muschelkalk), marneux ou gréseux avec plus ou moins de loess et les cépages principaux sont le Müller-Thurgau, le Silvaner et le Riesling. Les plus grands vins sont produits dans les caves des Hospices dans les villes ou par quelques grandes exploitations comme celle du Comte Castell.

 

Würzburg
Würzburg


- Ces vins dans leurs drôles de flacons possèdent des équilibres très secs avec des acidités souvent tranchantes, assez proches de celles des vins mosellans. Ceci dit, cette série s’est dégustée assez facilement même si quelques années de garde auraient sûrement patiné les matières parfois virulentes de ces crus en leur conférant un soupçon d’élégance supplémentaire.

- Pour ce qui est du coup de cœur personnel : le Rieslaner Spätlese 2009 avec son équilibre délicieusement moelleux et sa richesse aromatique m’a vraiment régalé. MIAM !

 

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Vraiment étonnants ces flacons franconniens… !

 

 

 

 

Thème 2 : peut-on boire des vins la tête en bas ?


Riesling 2009 – Skyleaf Waipara Valley (Marlborough) : le nez est discret, fin avec une palette florale très subtile, la bouche est ronde, légèrement acidulée mais un peu courte.
Riesling 2008 – Felton Road Cental Otago : le nez est très spécial, peu flatteur avec des notes de torréfaction et d’hydrocarbures qui monopolisent le registre aromatique, l’attaque en bouche est vive, le milieu plus aimable et légèrement moelleux livre de beaux arômes de jus d’agrumes, mais le goût de pétrole revient très fort en finale.
Le premier riesling se présente sans défauts, avec une belle buvabilité mais sa personnalité passe-partout pourra lasser très vite, le second possède des éléments constitutifs très riches mais pour l’heure il manque cruellement d’élégance. Son équilibre (9°5 – 56g de SR – 8g AT) me fait penser à un jeune riesling de la Mosel et me conduit à penser que peut-être en vieillissant…


Pinot Noir 2008 – Dashwood Marlborough : le nez associe des arômes légèrement torréfiés à un fruité gourmand, la bouche est charnue, finement tannique avec toujours ces notes de torréfaction, la finale est assez longue mais un peu chaude.
Pinot Noir 2008 – Gum Estate Central Otago : le nez est peu agréable à l’attaque avec des notes de levain qui écrasent les reste de la palette où on devine un peu de torréfaction et des arômes de fruits rouges confits, la bouche est nettement plus agréable avec son toucher velouté, sa matière concentrée et bien aromatique (mûre) et sa finale équilibrée et de belle longueur.
Le premier vin est flatteur au nez mais un peu décevant en bouche, le second révèle présence concentrée et équilibrée au palais mais demande au dégustateur un peu de courage pour passer le cap d’une olfaction vraiment rédhibitoire…on prend le meilleur de l’un et de l’autre et on rêve d’un très grand vin.


Pinot Noir 2006 – Prophet’s Rock Central Otago : le nez est assez discret mais d’une belle complexité, un peu de poudre à canon au début mais très vite on se régale avec des arômes de cassis et d’épices, la bouche est riche avec beaucoup de soie et un fond très épicé, la finale est longue mais un peu chaude.
Pinot Noir 2006 – Craggy Range Martinborough : le nez s’ouvre sur des notes de assez désagréables, métalliques et végétales (un peu de réduction sûrement…), après aération l’ensemble s’harmonise sur un registre complex à la fois floral et fruité, la matière en bouche impressionne par sa puissance et son équilibre, la finale est très longue, soutenue par une fine acidité qui laisse une impression de fraîcheur bienvenue.
Voilà certainement deux très beaux vins qui ont un peu souffert des conditions de dégustation : ils auraient mérité un carafage beaucoup plus long pour s’exprimer pleinement. Mais il n’en reste pas moins que ces deux expressions très exotiques de ce cépage que j’affectionne particulièrement m’ont agréablement surpris.



 

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La « renversante » série néo-zélandaise…

 

Pour conclure :

- cette visite expresse dans ce vignoble aux antipodes m’a permis de me faire une toute petite idée sur le type de vin produit dans un pays dont je ne connaissait que leur équipe de rugby…merci à François de continuer à œuvrer pour ouvrir nos horizons culturels !

- ces vins ont incontestablement un style très « Nouveau Monde » qui bouscule un peu nos représentations et nos références gustatives. Les deux blancs issus de notre cépage régional vénéré ne m’ont guère convaincu : l’un sans relief, l’autre caricatural…mon alsaco-centrisme sur le riesling ne sera pas mis à mal par ces 2 références. Les rouges m’ont un peu plus séduit mais pas de quoi bousculer ma hiérarchie personnelle sur le pinot noir : ces vins sont très démonstratifs mais pêchent souvent par un manque de finesse.

- Je ne parlerai pas de véritable « Coup de coeur » sur cette série car aucun de ces vins ne m’a procuré de satisfaction sans réserve. Ceci dit, le doublette de 2006 a révélé en partie le potentiel viticole de ce pays lointain.
A revoir certainement…

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 19:17

Côtes du Rhône Villages 2009 – Dupere-Barrera à Carnoules

Robe : grenat, très dense.
Nez : gourmand et charmeur avec de belles notes de cerise et quelques fines évocations florales.
Bouche : très croquante avec une trame tannique concentrée et une finale dotée d’une fraîcheur étonnante.
Une cuvée de négoce avec un prix conséquent pour l’appellation (10 euros) mais qui s’offre au dégustateur avec un tel pouvoir de séduction qu’on oublie vite les quelques pièces consenties pour ne retenir que le plaisir éprouvé…Superbe !


Riesling Grand Cru Kanzlerberg 2002 – S. Spielmann à Bergheim

Robe : Jaune prononcé avec des reflets argentés.
Nez : net et précis, il s’ouvre sur des notes terpéniques avant de révéler une palette complexe sur les agrumes frais, la résine et le camphre.
Bouche : le toucher de bouche est bien gras avec une présence acide très large, des arômes de pamplemousse et une finale qu’une amertume assez dure rend un peu austère.
Un riesling regoûté après une petite déception sur la même référence dans une série proposée par Thierry Meyer : la finale trahit un léger déficit de maturité mais l’ensemble reste plaisant et bien typé.

 

 

Riesling Grand Cru Rosacker 2005 – Cave de Hunawihr

Robe : Jaune doré, beaucoup d’éclat.
Nez : très épanoui sur les agrumes mûrs (pomelo, mandarine) avec un fond un peu pierreux.
Bouche : une attaque gourmande avec un joli gras et une acidité puissante qui s’impose peu à peu, la finale est très ample avec une délicate amertume qui relève la sapidité de l’ensemble
Un riesling typé, assez classique mais d’un très bon niveau qualitatif surtout remarquable par son rapport Q/P hors norme (7,5 euros en GD)…hélas les millésimes suivants n’ont pas atteint le même degré d’excellence (loin de là d’ailleurs !)


Pinot Noir Rosé 2009 – Domaine des Marronniers à Andlau

Robe : brillante et claire avec une nuance saumon.
Nez : direct et fringant, il ravit le nez par de superbes arômes de fruits rouges (fraise très présente).
Bouche : gouleyant, très aromatique et parfaitement équilibré…ça descend tout seul !
Un rosé d’été irrésistible…comment les alsaciens peuvent-ils encore continuer à bouder ces vins !

 

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Rangs de vignes au printemps du côté de Wolxheim

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 19:26

SORTIE SCOLAIRE AU DOMAINE LISSNER

 

 

Lorsque j’ai proposé aux professeurs de physique et de biologie du lycée Kléber d’organiser une sortie avec leurs élèves pour compléter leur formation scientifique basée sur la thématique du raisin par une visite sur le terrain, j’ai immédiatement pensé à solliciter la contribution de Bruno Schloegel.
Malgré un emploi du temps très chargé, ce vigneron de Wolxheim a accepté d’accueillir nos élèves pour leur expliquer in-situ les notions abordées durant leurs cours de M.P.S. (Méthodes et Pratiques Scientifiques).

 

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Le raisin quelques jours avant la fleur.


Le premier chapitre de la leçon a été abordé devant une parcelle de sylvaners au pied du Grand Cru Altenberg de Wolxheim, juste devant la « Dyonisuskapelle ».
Au programme : le pied de vigne et le cycle physiologique de la plante.

 

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Bruno Schloegel expliquant le fonctionnement complexe de la vigne.

 

Le deuxième chapitre sera consacré à l’étude de la biodiversité dans une parcelle travaillée en viticulture biologique.
Au programme : cueillette des plantes qui poussent entre les rangs de vigne et inventaire des espèces trouvées.

 


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Les élèves à la cueillette…


 
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…et de beaux bouquets à la clé.


Après l’identification de la quarantaine d’espèces trouvées – Bruno Schloegel est l’un des experts en botanique de l’I.N.A.O. – nous partons pour une promenade sur les flancs de l’Altenberg pour nous rendre près d’une parcelle de jeunes vignes.
Pour cette troisième étape les élèves auront comme thème d’étude, la densité de plantation. Après des comptages, des mesures de distances inter-ceps et un peu de calcul mental, le résultat confirmé par le vigneron est de 6000 pieds à l’hectare.
 

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Dernières questions avant les mesures et le comptage sur la parcelle de jeunes vignes


De retour au village, les élèves sont invités à visiter le nouveau chai bio-climatique du domaine et à assister à certaines expériences de physique régulièrement pratiquées par les vignerons : évaluation de la densité d’un moût avec un mustimètre, mesure avec un réfractomètre et calcul du degré alcoolique d’un vin avec un ébulliomètre.

 

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Atelier physique en compagnie de Mme Lissner et des professeurs du lycée
 

 

La chimie ne sera pas oubliée au cours de cet après-midi puisque la dernière étape de la visite se déroule dans la cave à foudres avec Bruno Schloegel pour l’étude des processus de fermentation du vin.

 

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Une petite leçon de chimie dans la cave.


Pour conclure :

- C’est avec un grand sens de la pédagogie que Bruno Schloegel a mené cette intervention sur le terrain pour permettre à nos élèves de seconde de vérifier comment leurs connaissances théoriques peuvent être mises en application dans le cadre d’une exploitation viticole. Bravo !

- Ce vigneron, défenseur d’une viticulture propre et respectueuse de son environnement, militant pour des pratiques œnologiques les plus naturelles possibles, a également profité de cette occasion pour partager avec son jeune public ses convictions sur la nécessaire harmonie de la relation de l’Homme avec la Nature. Un peu de science et beaucoup de sagesse !

- Voilà un article où il n’est presque pas question de vin mais que j’ai eu envie de publier ici pour montrer le sens du partage de certains vignerons alsaciens…
Mille mercis Monsieur Schloegel !

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 08:10

Périple sudiste 2011

 


Avec des vacances estivales prévues en Ardèche mais sans ma traditionnelle incursion en terre languedocienne, je me vois donc dans l’obligation de prévoir un petit périple sudiste durant ces congés printaniers. Il y a bien sûr des bouteilles réservées à récupérer du côté d’Aniane et d’Arboras mais ce sera aussi l’occasion de rendre visite à quelques vignerons que je n’ai plus rencontré depuis bien longtemps, comme les Bonnefond en Côte Rôtie ou les Dupéré-Barrera du côté de Toulon.
C’est parti !

 

 

Dupere-Barrera : enfin… !

 

 

Après une première visite en 2007 et quelques rendez-vous manqués (par ma faute, je précise...) me voilà enfin de retour du coté de Toulon pour rencontrer une nouvelle fois Laurent Barrera et ses vins.
La traversé ouest-est de cette ville est toujours aussi problématique et j’ai un peu oublié l’itinéraire pour accéder au chai situé dans la Z.I. de La Garde, mais grâce à un guidage téléphonique efficace je me retrouve rapidement dans ce hangar aménagé en cave où se côtoient cuves inox et barriques. Malgré de nouveaux locaux professionnels situés à Carnoules cette installation « historique » est toujours utilisée.
Comme lors de notre dernier passage « la table est mise » avec une partie des bouteilles de l’imposante gamme du domaine Dupéré-Barrera et quelques verres à dégustation…je commence à oublier le stress de cette matinée passée en voiture entre autoroute et bouchons.

 


Laurent Barrera me propose de commencer par une petite série de blancs :


Nowat blanc 2008 : le nez s’ouvre sur quelques nuances oxydatives qui disparaissent rapidement pour laisser place à une palette complexe sur les agrumes confits et les épices, la bouche se présente avec beaucoup de gras et de soyeux tout en gardant une belle fraîcheur, la finale est longue sur les épices et la vanille.
Issu d’une vieille vigne sur une terroir argileux et schisteux ce blanc 100% rolle vinifié en processus Nowat étonne tant par la complexité de sa palette aromatique que par l’élégance de sa structure en bouche.
Un sentiment de « jamais bu » pour moi !

Clos de la Procure blanc 2009 : l’attaque olfactive est intense avec de puissantes notes de poudre à canon et de pierre à fusil, les notes plus subtiles de citron et de vanille se révèlent progressivement après oxygénation, la bouche est ample et bien vive avec un développement aromatique très gourmand sur le citron, la vanille, les épices et une belle touche minérale qui persiste longuement en finale.
Cette cuvée 100% ugni blanc est issue des vignes de la propriété Dupéré-Barrera, travaillée en processus Nowat et élevé de 12 à 18 mois en barriques. La personnalité exubérante de ce vin peut surprendre au début, mais on tombe facilement sous le charme de cette matière riche, typée et parfaitement équilibrée. Ames sensibles s’abstenir…ou laisser le temps faire son œuvre de polissage.

Vin de Table blanc 2009 : le nez est élégant et complexe, la bouche présente un équilibre frais et une structure ample, la finale est longue avec des notes d’épices et de vanille.
Ce vin issu d’un assemblage de rolle, d’ugni blanc et de sauvignon se présente avec un profil  plus consensuel que les 2 cuvées précédentes. Un échantillon expérimental que Laurent Barrera présente comme un « vin-concept » qui se goûte facilement tout en gardant cette petite touche d’originalité qui signe la marque du domaine.
Un coup d’essai réussi !

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Nowat blanc 2009 : le nez est fin, complexe avec une palette très raffinée, la sensation en bouche laisse une belle impression de plénitude, la finale est longue et puissamment aromatique.
Cette cuvée est issue d’un assemblage de rolle, d’ugni blanc et de sémillon. Elevé comme le 2008 ce vin se distingue des précédents par un supplément d’harmonie qui lui confère une personnalité plus apaisée.
Une belle bouteille pour s’initier à l’esthétique des blancs du domaine.

 

 

Avant de passer aux cuvées rouges nous faisons une petite transition rosée :

En caractère rosé 2009 : le nez est un peu secret mais on y décèle une belle complexité, la bouche étonne véritablement par sa texture et son volume.
Récolté sur des parcelles près de Bandol ce rosé est issu d’un assemblage de mourvèdre, cinsault et grenache. Il ne se livre pas à la première gorgée mais demande la considération qui est due à un vrai vin de terroir.
Un rosé de gastronomie qui supportera facilement quelques années de garde.


Après cette première partie de dégustation pleine de surprises, nous arrivons à la série de cuvées rouges avec lesquelles j’ai déjà eu l’occasion de me familiariser :

Vin de Pays du Mont Caume rouge 2009 : le nez est direct et fruité, la bouche un peu rustique à l’attaque révèle une matière charnue et une finale où des arômes fruités persistent longuement.
Cet assemblage de jeunes vignes (8 ans) sur l’appellation Bandol, de merlot et de mourvèdre complété par un peu de carignan se goûte avec simplicité et gourmandise aujourd’hui même si on peut penser que quelques années de garde apporteront une  patine plus douce à cette matière encore un peu fougueuse.
En tous cas, voilà une entrée de gamme drôlement bien balancée… Miam !

Les Vignes de  Saint Saux rouge 2009 : le nez est charmeur et très fin sur les petits fruits rouges, la bouche est solidement structurée mais avec une chair très croquante et une finale finement tannique.
Ne cherchez pas ce saint sur le calendrier, il n’existe que sur l’étiquette de cette cuvée où le cépage cinsault domine largement. Ces raisins issus d’une belle parcelles schisteuse située sur le domaine de la Procure ont permis la réalisation d’un très beau vin rouge…séducteur certes mais avec une vraie profondeur.

En caractère rouge 2008 : le nez est flatteur avec un fruit très pur et des notes d’herbes de garrigue, la bouche est ronde, généreuse avec des tanins souples et une belle fraîcheur acidulée en finale.
Cette cuvée qui m’a fait connaître et aimer les vins de ce domaine est un assemblage dominé par le grenache et le cinsault, complété par de petits volumes de Nowat, Procure et TLM qui varient d’un millésime à l’autre. Même si le nom de cette cuvée n’a plus de rapport avec le propriétaire de la parcelle originelle, il reflète bien l’esprit de ce vin : un peu fort en gueule mais terriblement sympathique !

Clos de la Procure rouge 2009 : le nez est discret, fin et très élégant, la bouche est charnue, et très juteuse, la finale marque la grande classe de ce vin par sa fraîcheur et sa longueur.
Un assemblage dominé par le grenache et le mourvèdre (complété par du carignan, de la syrah, du cinsault) qui n’est vraiment qu’au début de son évolution. Des fruits certifiés bio vendangés plus tôt que d’habitude pour éviter les excès du millésime, les process Nowat en cave et un élevage de 12 à 18 mois en barrique pour aboutir à ce petit bijou ! Chapeau !

 

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Nowat rouge 2009 : le nez est très marqué par la poudre à canon et il faut un peu de patience pour déceler le fruité fin et gourmand, la bouche possède une structure superbe avec de gras, de la rondeur, du volume et une texture extrêmement raffinée, de jolis arômes de groseille persistent longuement en finale.
Cet assemblage est dominé par le cabernet savignon et le mourvèdre (provenant du domaine de la Procure), complété par un peu de syrah et de carignan (également de la Procure). Une très belle cuvée qui, après un élevage de 16 mois en barriques de 1 à 2 vins se présente à nous avec l’énergie un peu virevoltante de la jeunesse mais aussi avec sa structure dense et solidement charpentée qui lui confère la stature d’un grand vin de garde.

Très Longue Macération rouge 2009 : le nez est quasiment muet (ou alors, c’est la fatigue…) mais la bouche est vraiment somptueuse, juteuse, puissante avec une trame tannique serré mais mûre qui donne une superbe impression de velours.
Un assemblage de cabernet sauvignon et syrah avec une vinification et un élevage juste parfaits… tout y est, à la bonne place, avec la bonne mesure…à la fois évident et complexe…du Mozart !


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Il était vraiment temps que je revienne dans le coin…déjà pour renflouer mon stock de cuvées provençales en cave, mais surtout pour profiter de cette rencontre toujours sympathique et intéressante avec Laurent Barrera.
Promis, je n’attendrai plus aussi longtemps avant le prochain passage…surtout que je n’ai toujours pas visité les nouveaux bâtiments de Carnoules.

Chez les Dupéré-Barrera, les choix de viticulture et le travail en cave sont restés dans la même ligne conceptuelle mais les vins ont bien changé.
Les blancs, que je ne connaissais pas du tout, m’ont d‘abord étonné puis séduit : l’originalité et la complexité de leurs palettes aromatiques et la fraîcheur de leurs équilibres en font des perles rares dans cette région.
Les rouges ont évolué depuis le millésime 2005 - surtout au niveau des assemblages constituant les différentes cuvées - mais la trame de fond de l’ensemble de ces vins est restée similaire : générosité et précision avec peut-être des équilibres un peu moins chaleureux qu’avant…
En tout cas des vins avec un niveau qualitatif exceptionnel !

Comme lors de ma première visite j’ai pu apprécier la simplicité et la gentillesse de Laurent Barrera : pour un domaine qui travaille sur d’importants marchés internationaux, l’accueil réservé à un tout petit client particulier comme moi est vraiment surprenant. Ce vigneron passionné ne compte pas son temps (ni ses bouteilles d’ailleurs…) pour expliquer et faire comprendre ce qu’il recherche dans la conception de ses vins.
Une attitude exemplaire…bravo et merci !

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 11:27

Périple sudiste 2011

 

 

 

Avec des vacances estivales prévues en Ardèche mais sans ma traditionnelle incursion en terre languedocienne, je me vois donc dans l’obligation de prévoir un petit périple sudiste durant ces congés printaniers. Il y a bien sûr des bouteilles réservées à récupérer du côté d’Aniane et d’Arboras mais ce sera aussi l’occasion de rendre visite à quelques vignerons que je n’ai plus rencontré depuis bien longtemps, comme les Bonnefond en Côte Rôtie ou les Dupéré-Barrera du côté de Toulon.
C’est parti !

 

Domaine Supply Royer : un programme chargé et passionnant

 

 

 

Mon absence de souplesse ne m’a jamais permis de réaliser physiquement un vrai grand écart, mais en effectuant dans la même après-midi, l’enchaînement Daumas Gassac – Supply-Royer, je me sens un peu comme un gymnase exécutant cette difficile posture sur un praticable…maigre consolation, mais à mon âge on s’arrange comme on peut avec les dures lois de la nature !
C’est ainsi, qu’après une visite approfondie de cette grande maison languedocienne je me retrouve pour la quatrième année consécutive à Arboras chez Marie-Ange Royer et Eric Supply avec un programme 2011 chargé mais tout à fait alléchant :
-    visite des parcelles récemment acquises sur les terrasses du Larzac
-    dégustation des nouvelles cuvées suivi d’une verticale sur la Syrah de Pey Cherres.
-    rencontre avec Dany Jaffuel…encore un amateur virtuel qui s’incarne, merci DC !

En montant de Montpeyroux vers Arboras en voiture, je reçois un coup de fil paniqué de Dany « nous nous sommes un peu perdus lors de notre virée cycliste dans les gorges de l’Hérault, nous aurons un peu de retard…désolé, commencez sans nous… ».
Holà, camarade du sud, ce n’est quand même pas un vieil alsaco qui va te donner des leçons de cool-attitude : tranquille…il fait beau, Eric à le sourire (comme d’habitude…) et je suis en vacances. Ne va pas te planter dans l’un des virages de cette belle route, nous attendrons…
 

 

Nous profitons de ce petit contre temps pour nous rendre au bas du village et visiter la nouvelle parcelle de vieux carignans : un sol d’argiles de bas de coteau, « un terroir moins drainant et plus frais où la vigne souffrira un peu moins ».

 

 
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La parcelle de carignans au bas du village d’Arboras
 

 

La vigne a demandé un sérieux travail de remise en état pour coller aux exigences culturales d’Eric Supply, mais là notre vigneron semble satisfait du résultat « je me languis de vinifier ces vieux carignans »…et nous d’en apprécier le résultat !

 

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Un vieux pied de carignan travaillé à la pioche sur ce terroir caillouteux et argileux.

 

 

En plus, devant la parcelle de carignan (après le pylône, sur la première photo), une friche fait partie du lot et Eric envisage déjà d’y replanter une vigne de bourboulenc « des fruits qui apporteront de la fraîcheur et un peu plus de volume à la cuvée de Nega Saumas ».

Bonne nouvelle pour tous les amateurs de blancs du domaine, ils seront peut-être moins contingentés dans les prochaines années…

Une petite demi-heure plus tard nous revenons vers Arboras où l’ami Dany Jaffuel et son compagnon d’échappée viennent nous rejoindre pour la suite du programme : « Ca vous dit de voir nos nouvelles parcelles au dessus de la vigne de Pey Cherres ? »…et nous voilà repartis dans la garrigue languedocienne pour quelques kilomètres en voiture et une petite promenade à pied sur les hauteurs de Saint Guiraud.

 

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La parcelle de roussane vue du haut


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La roussane


 
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La parcelle de grenache au dessus de Pey Cherres (les syrahs se trouvent juste en dessous de la rangée d’oliviers)

 

La joie d’Eric est palpable : il aime profondément cette terre languedocienne et ne peut s’empêcher de sauver ces vieilles parcelles de vigne abandonnées par leur propriétaire, faute de trouver un repreneur dans leur famille proche.

Eric Supply ou le métier de vigneron transcendé par une mission de conservation et de mise en valeur d’un patrimoine culturel local…magnifique !

 

De retour dans la cave sous la maison d’Arboras nous commençons notre longue séquence de dégustation par les cuvées 2010 en cours d’élevage. Ces vins séjournent en barriques de chêne, sur lies fines et n’ont été ni filtrés, ni soutirés et ni sulfités jusqu’à maintenant :

Roussane : le miel et les fruits blancs sont bien présents au nez, la bouche possède un toucher rond et gras et une finale pointue qui rafraîchit délicatement l’ensemble.
Bien expressif, juteux et bien équilibré…déjà une gourmandise !

Bourboulenc : le nez est fin sur les agrumes et les fruits blancs, la bouche est droite et tendue avec une finale citronnée et délicatement vanillée.
Prélevé sur une barrique de 2008, ce vin se distingue par un fruit très pur et une structure d’une fraîcheur très agréable. Un autre échantillon provenant d’une barrique plus vieille présentait un palette similaire mais une structure plus ronde et plus ample en bouche…l’assemblage de ces 2 cuvées sera un pur bonheur !

Grenache-Syrah : la palette est discrète et la bouche révèle une structure soyeuse mais finement tendue avec une finale qui livre quelques arômes de fruits noirs et d’épices.
La syrah écrase un peu le grenache par sa personnalité affirmée, un peu comme si ce cépage revendiquait son ancienneté dans la cave des Supply, face à ce nouvel arrivé dans la gamme...mais gageons que le grenache n’a pas dit son dernier mot et saura apporter sa touche particulière à cet assemblage (50-50) qui se goûte déjà avec plaisir et facilité aujourd’hui.

Mourvèdre : le nez est expressif et complexe avec des notes de cacao, de cassis et d’épices, la bouche est magnifique, ample, vive et finement tannique.
Ce vin droit, charnu et d’une superbe élégance issu de la parcelle des Crouzets sera la cuvée rare du domaine : avec un rendement de moins de 10hl/ha sur 2010 mais un niveau qualitatif encore jamais atteint jusqu’à aujourd’hui, il mérite une place de choix dans la cave de l’amateur éclairé…mais y en aura-t-il pour tout le monde ?

Syrah : le nez est joliment fruité (framboise, fruits rouges), la bouche est droite, tendue avec une longue finale soutenue par des tanins fins et serrés.
Voici un vin où la palette légère et fringante contraste un peu avec la puissante matière en bouche ; mais ne chipotons pas, car comme chaque année cette syrah est pleinement réussie…à acheter, encaver et boire les yeux fermés !


Ce rapide tour d’horizon sur ces cuvées 2010 en devenir confirme les impressions ressenties sur 2009 : les vins ont encore gagné en précision et en gourmandise, les structures se sont un peu allégées pour aller du côté de l’élégance et du raffinement. Concevoir des vins équilibrés, sapides et digestes tout en respectant l’expression du terroir méridional avec son énergie parfois excessive, relève sûrement de la quadrature du cercle : il n’est pas impossible qu’Eric et Marie-Ange soient en passe de trouver la clé du problème…


La surprise du chef est constituée par l’organisation d’une grande première au domaine Supply-Royer : une dégustation verticale de Syrah de Pey-Cherres sur tous les millésimes produits :

2009 : le nez est fruité, pur et précis, la bouche possède une attaque vive, une texture charnue et une finale à la fois acidulée et finement tannique.
Fruit, soie et longueur…la signature d’un vin parfaitement réussi !

2008 : le nez s’ouvre sur des notes torréfiées qui se complètent rapidement par de beaux arômes de griotte et d’épices, la bouche associe gras et rondeur avec une belle trame acidulée.
Ouvert et superbement équilibré.

2007 : le nez est intense et flatteur sur la cerise à l’eau de vie et les épices, la bouche est très généreuse avec une finale boisée et épicée.
Une matière encore très fougueuse qui demande encore quelques années pour s’assagir…Patience mais confiance !

2006 : au nez, l’alcool écrase un peu les notes de fruits noirs, en bouche la matière se présente avec opulence et richesse, la finale est boisée et toujours un peu chaude.
L’alcool règne en maître sur cette cuvée à l’heure actuelle…les patients attendront un peu car l’ensemble devrait tenir dans le temps, les dégustateurs plus pressés devront associer la « bête » avec quelque plat à forte personnalité.

2005 : le nez est discret avec d’élégantes notes d’herbes aromatiques, la bouche est concentrée et profonde avec une finale longue et épicée.
Un vin plein et joliment balancé qui étonne par sa jeunesse…une très bonne surprise !

2004 : le nez est torréfié et délicatement floral, la bouche possède un équilibre plus léger avec une finale fraîche, presque aérienne.
La première vendange d’Eric Supply sur Pey Cherres, avec une vendange très généreuse : « on a fait pas mal de volume cette année… » Bien évidemment la densité n’est pas forcément au niveau des cuvées suivantes mais cette syrah se boit avec un vrai plaisir aujourd’hui.

 

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La star de la veticale à côté de la cuvée rare du domaine

 

Jamais à court d’idées pour nous surprendre et nous régaler Eric et Marie-Ange ont choisi de nous offrir pour cette année, un beau voyage gustatif à travers la courte histoire de leur domaine.

Comme toute dégustation verticale nous avons pu ressentir comment cette fameuse syrah se comportait face au temps, avec une cuvée 2004 dont la tenue ne laisse aucun doute sur le grand potentiel de garde de ce vin.

Nous avons également pu accompagner ce vigneron dans l’évolution de sa réflexion sur la conception de ses vins : après une recherche de concentration sur les premiers millésimes nous avons tous perçu une nouvelle orientation depuis 2008, avec ces cuvées où les matières sont plus fines et plus précises et les équilibres plus frais et plus digestes…toujours plus fort les Supply-Royer !

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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