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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 10:35

Morey Saint Denis 1°Cru Cuvée Eline 2006 – Marchand frères à Gevrey Chambertin

Robe : rubis clair avec une faible densité.
Nez : discret mais très complexe il s’ouvre sur de fines notes de suie et de torréfaction pour évoluer vers une palette fraîche et fruitée où on retrouve les petits fruits rouges (fraise) et la feuille de cassis.
Bouche : la texture est soyeuse avec une mâche tannique très suave, l’équilibre reste d’une élégante fraîcheur et la finale est marquée par une belle minéralité.
Une robe diaphane, une palette subtile et racée et une structure délicate…un Morey pour esthètes avertis.


Riesling Grand Cru Bruderthal 2005 – Domaine G. Neumeyer à Molsheim

Robe : jaune assez profond avec une frange orangée.
Nez : franc, épanoui et bien complexe, il révèle des arômes d’agrumes bien juteux, de craie, de miel et de résine.
Bouche : la matière vraiment gourmande, on y retrouve le miel et le fruit, l’acidité est bien tendue et  la finale très salivante possède une longue persistance aromatique.
Ce vin moyennement apprécié lors d’un dégustation de rieslings 2005 il y a plus d’un an, se présente aujourd’hui dans une forme éblouissante : complexe, flatteur mais remarquablement équilibré...Superbe !
Le retour prévu sur les rieslings 2005 dans le cadre de notre club AOC me semble fort à propos : ce millésime est grand mais il demandait un peu de patience.

Pommard Vielles Vignes 2003 – Maréchal-Caillot à Bligny les Beaune

Robe : rubis sombre et dense.
Nez : expressif et complexe il livre de jolis arômes de torréfaction, de confiture de fruits rouges et de terre humide.
Bouche : une chair savoureuse, une matière concentrée et une structure très sphérique définissent cette bouche riche et séduisante, qui se prolonge longuement avec de belles notes de terre, de moka et de pêche bien mûre.
Après une jeunesse un peu atypique due à l’influence du millésime, ce vin commence à être en place et à révéler sa grande race…Très grand et encore plein d’avenir !

Riesling V.T. Ostenberg 2007 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten

Robe : jaune assez prononcé avec une texture bien épaisse.
Nez : intense, complexe et particulièrement flatteur, il offre une palette sur les agrumes mûrs (citron et mandarine), la brioche, la vanille et la craie humide.
Bouche : le toucher de bouche est onctueux, presque huileux mais une acidité vive et profonde se manifeste dès le milieu de bouche et porte la structure jusque vers la longue finale fraîche et salivante sur le pamplemousse mûr.
Un vin qui m’avait déjà impressionné lors du pique-nique de Pentecôte et qui tient pleinement ses promesses : une matière d’une densité rare avec une minéralité qui répond du tac au tac…un très grand riesling déjà plein de charme mais très loin de son apogée !

Gypse 2006 – S. Spielmann à Bergheim

Robe : jaune prononcé avec des reflets dorés.
Nez : discret et un peu mystérieux, on y décèle des notes fruitées, quelques touches végétales et un léger fumé.
Bouche : la structure est sphérique, le raisin sec et les fruits jaunes se manifestent plus précisément, le gras est sensible et la finale bien minérale, finement poivrée et fumée laisse une belle impression de fraîcheur en bouche.
Un vin qui ne se dévoile pas facilement : complexe dans sa palette comme dans sa structure cette cuvée est un assemblage des 3 pinots alsaciens (blanc, gris et noir) récoltés sur une parcelle dans une ancienne carrière de gypse. Une cuvée dont la typicité régionale n’est pas évidente à priori mais dont la qualité est indiscutable.

Mâcon Vinzelles Le Clos du Grand-Père 2008 – La Soufrandière à Vinzelles

Robe : jaune vif avec un éclat cristallin.
Nez : pur mais très secret à l’ouverture (citron frais et craie) il se révèle pleinement après une longue oxygénation (le lendemain…) sur une palette plus épanouie où apparaissent l’abricot et la mangue.
Bouche : la structure est plus pointue que pour les précédents millésimes mais la matière garde toute sa richesse et son équilibre. La tension tient une finale remarquablement longue et minérale.
Après des 2006 et des 2007 sous forme de gourmandises absolues nous voilà en présence d’un vin avec une droiture propre au millésime mais avec le haut niveau qualitatif habituel du domaine…Superbe !


Chablis 1° Cru Mont de Milieu 2005 – Domaine de la Meulière à Fleys

Robe : jaune pâle avec une texture assez épaisse.
Nez : très long à s’ouvrir (pleinement expressif le lendemain…), il offre une palette classique fine et pure les fleurs blanches, le beurre frais, la pierre à feu et un léger fumé.
Bouche : le gras sensible enrobe une acidité bien droite, l’amertume est présente du début à la fin et confère un équilibre très digeste à l’ensemble, la finale est longue, minérale avec de belles notes de sauge.
Un Chablis classique, droit, minéral qui est vraiment conçu pour donner la réplique à des mets qui sentent bon le grand large. Bu pour lui-même il recèle un certain mystère, mais le plaisir demande parfois recherche et concentration…Pour palais avertis !


Pinot Noir 2009 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten

Robe : rubis sombre, pas trop dense avec des bords rose pâle.
Nez : il s’ouvre sur des notes fumées avent de laisser la place à une palette aromatique d’une très grande finesse avec des arômes de violette, de cerise, d’amande douce…
Bouche : charnue et gourmande avec un équilibre proche de la perfection et une finale pas trop longue mais dont la fraîcheur gouleyante possède un potentiel de séduction irrésistible.
Ce pinot noir récolté sur des parcelles au pied de l’Altenberg et élevé uniquement en cuve inox est splendide : comme l’avoue Anne-Marie Schmitt « ce n’est pas vraiment la spécialité du domaine » mais cette cuvée est une réussite majeure sur ce millésime. Un vin qui allie finesse, complexité et buvabilité…un petit miracle !

 

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Strasbourg le 25 décembre 2010

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 10:32



En cette période un peu tristounette qui précède les festivités de fin d’année, nos vignerons redoublent d’imagination pour nous offrir la possibilité d’oublier la grisaille, la froidure et cette frénésie consumériste qui nous attire souvent très loin de l’essentiel…
Vigneron esthète et mélomane, Etienne Sipp a décidé de conjuguer ses deux passions en organisant un concert-dégustation aux chandelles : associer quelques belles références du domaine avec des morceaux de musique interprétés par l’altiste Anne-Irène Kempf…une fête sensorielle garantie !


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Le décor très intimiste


Dans la pénombre de la « Stube » située au premier étage, les chandelles diffusent leurs lueurs vacillantes, le Crémant d’Alsace pétille dans nos verres et la musicienne est devant son pupitre…c’est parti pour quelques instants de pur bonheur !

 


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Anne-Irène Kempf.

 

Après une mise en bouche très classique avec l’Allemande de la deuxième Partita BWV 1004 de Jean-Sébastien Bach où nous avons pu apprécier la sonorité chaude et harmonieuse de l’alto, Etienne Sipp nous a servi son Crémant d’Alsace Blanc de Noirs alors qu’Anne-Irène Kempf interprétait Ai Limiti della Notte pour alto seul de Salvatore Sciarrino :
Un vin splendide issu de raisins très mûrs avec un fruit épanoui et une mousse crémeuse qui a résonné avec les sonorités extravagantes de cette pièce. Un mariage réussi entre le style festif et virevoltant du crémant et la fantaisie un brin provocatrice de ce morceau de musique.

Le Riesling Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé 2008 a été accompagné par les Six esquisses pour alto seul de Paul Collin :
Un riesling droit, sérieux, d’une grande noblesse, qui nous accompagne dans l’ambiance profondément méditative de ce morceau de musique. Un vin et une pièce instrumentale qui nous conduisent au recueillement et à l’introspection…une expérience un peu mystique !

 


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La Fantaisie N°1 TWV 40:14 de Georg-Philipp Telemann nous ramène dans un univers plus classique en compagnie du Pinot Gris Grand Cru Osterberg 2008 :
Un moment de jovialité simple et immédiate parfaitement illustré par ce vin parfaitement équilibré à la structure bien ronde, qui se livre à nous avec une belle franchise : un instant béni de légèreté et d’insouciance.


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Etienne Sipp présente ses vins

 

 

Le Gewurztraminer Grand Cru Osterberg V.T. 2006 et la Suite N°1 en sol mineur opus 131d de Max Reger ont été choisis comme le dernier couple musico-vinique de cette belle soirée :
Ce vin à qui le botrytis a apporté une richesse aromatique supplémentaire étonne et séduit par son infinie complexité tout à fait en phase avec les volutes et circonvolutions très recherchées de l’œuvre de Reger : une apothéose sensorielle avec deux œuvres lyriques mais complexes face à face !


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Le mot de la fin est laissé à Antonio Vivaldi et sa Sonate en Fa M TV52 pour flûte à bec et basse continue, où nous avons eu le bonheur d’apprécier le talent de Diane Sipp à la flûte…comme quoi on ne sait pas faire que du vin chez les Sipp, BRAVO !


Pour conclure :

- Penser à associer des vins et des mets est une démarche naturelle, réfléchir à d’éventuelles synergies positives entre vin et musique est un peu plus rare…saluons avant toutes choses l’initiative d’Etienne Sipp qui nous a permis de réaliser une première expérience sur ce thème.

- Avec des morceaux de musique savamment choisis et brillamment interprétés dans une ambiance sereine et intimiste, les vins du domaine Sipp ont été servis dans des conditions de dégustation plutôt inhabituelles. Mais goûter des vins comme des œuvres musicales, et vice-versa nous emmène dans un univers sensoriel insoupçonné…quel beau voyage !

- La mise en scène inhabituelle de cette dégustation m’a soumis à un monde de sensations gustatives et auditives d’une rare densité : de la musique, des arômes, des goûts, très peu de paroles…une expérience rare !
Vivement la prochaine édition !

Bravo et merci à tous ceux qui ont œuvré pour nous régaler ce soir.

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 11:27

 

 

 

 

 

Pour cette dernière réunion de notre club de dégustation nous restons fidèles à la tradition des 2 thématiques :
- Thème 1 : 6 vins rouges de 2007 du domaine Chantal Lescure
- Thème 2 : 9 vins blancs SURPRISE…

Cette ultime rencontre de 2010 se déroule dans une ambiance conviviale et détendue avec une dizaine d’amateurs impatients de découvrir quelques Pommards et Nuits Saint Georges du domaine Lescure et bien décidés à démasquer les flacons mystère fournis par les participants.

Les vins de la première série sont servis bouteilles découvertes et accompagnés des fiches techniques fournies par le domaine Lescure. Ces vins sont carafés un quart d’heure avant le service.
Les vins de la deuxième série sont servis à l’aveugle avec un ordre prédéfini du plus sec au plus moelleux.

Verres INAO.

Soirée Club AOC du 3 décembre 2010 à La Wantzenau



Thème 1 : découverte du domaine Lescure à travers 6 vins rouges.



Nuit Saint Georges 2007 : le nez est ouvert et profondément fruité, la bouche est charnue, finement tannique, la finale est fraîche et se prolonge avec de beaux arômes de fruits rouges croquants.
Issue de 3 parcelles situées au nord de Nuits, côté Vosne Romanée, cette cuvée nous donne une furieuse envie de nous intéresser de plus près à la production du domaine Lescure : une entrée en matière toute en élégance avec un vin gourmand et raffiné...vite la suite !

Nuits Saint Georges Les Damodes 2007 : le nez est riche avec des notes torréfiées et un fruité très concentré, la bouche est splendide, à la fois grenue et d’une grande souplesse, la finale est longue, fraîche et marquée par de belle notes minérales.
Deux parcelles de vieilles vignes (20 et 30 ans) exposées est dans un secteur très calcaire nord de Nuits, on engendré un vin vraiment exceptionnel : une classe incomparable tout en restant d’un abord extrêmement facile…je tombe sous le charme !

Nuits Saint Georges 1° Cru Les Vallerots 2007 : le nez est fin, complexe mais terriblement séduisant sur un fruité pur et puissant et quelques notes grillées, la bouche est superbe avec son équilibre qui frise la perfection absolue et sa finale très longue qui nous enchante avec ses arômes de vanille et d’épices.
Issu d’une parcelle de vieilles vignes dans une combe calcaire du côté de Comblanchien, ce vin est simplement grandiose...

 

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Pommard Les Vaumuriens 2007 : le nez est discret et très fin sur les épices douces avec quelques nuances terreuses, la bouche est virile, l’équilibre est strict  mais la matière est puissante, la finale est longue et marquée par de fines évocations minérales.
Issu de plusieurs parcelles de vieilles vignes (plus de 45 ans) sur au nord de Pommard, ce vin montre clairement le changement d terroir entre la Côte de Nuits et la Côte de Beaune, mais reste dans l’esprit de la maison, accessible et très élégant.

Pommard Les Vignots 2007 : le nez est discret, très pur avec des notes florales et délicatement poudrées, la bouche possède un toucher soyeux malgré une trame tannique très dense, la fraise s’invite pour complexifier la palette, la finale est longue et délicatement boisée.
Un joli coteau argilo-marneux entre Pommard et Beaune, une parcelle de vieilles vignes et une exigence maximale à chaque étape de la conception de ce vin : au bout du compte, on explique très facilement la réussite exceptionnelle de cette cuvée…Bravo !


Pommard 1°Cru Les Bertins 2007 : le nez est fin, délicat et d’une grande complexité, la bouche est suave avec une matière savoureuses et richement expressive, la finale longue révèle une palette raffinée où apparaissent de belles notes épicée et in boisé fin et noble.
Issu d’une parcelle de vieilles vignes en pied de coteau entre Pommard et Volnay, ce Pommard a mis l’assemblée à genoux...simplement parfait !.

 

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Pour conclure :

- Le domaine Chantal Lescure que nous avons découvert grâce à François a épaté l’ensemble des dégustateurs par l’exceptionnel niveau de qualité de ces 6 bouteilles dégustées : jamais encore jusqu’ici les évaluations ont été aussi unanimes et aussi élevées…quelle belle découverte !

 - Ce domaine de Nuits Saint Georges qui vinifie une large gamme d’appellations de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune, travaille ses vignes en bio et utilise des méthodes de vinification et des procédés d’élevage d’une grande finesse pour élaborer des vins charmeurs et extrêmement raffinés…une nouvelle adresse incontournable dans mon carnet bourguignon !

- Pour ce qui est du coup de cœur personnel, les 2 premiers crus ont un peu dominé la série par leur profondeur exceptionnelle et leur matière charnue et gourmande mais je ferai sans aucune hésitation une place d’honneur dans ma cave à n’importe laquelle des 6 références de cette série extraordinaire.
 

 

 

 

Thème 2 : 9 vins blancs surprise.

 

 

 

Vin 1 : le nez est complexe sur le miel, les herbes aromatiques, la mandarine, la structure en bouche est assez fluctuante, même si la finale se tend un peu plus avec une minéralité qui se manifeste complétée par de beaux arômes de pamplemousse.
Aucun suspense sur ce vin que j’ai rapporté de ma dernière visite au domaine Moritz, le cépage reste identifiable mais la bouche témoigne d’un apogée dépassé…pas inintéressant mais hélas un peu trop vieux, c’est un
Riesling Grand Cru Moenchberg 1997 – Domaine Moritz à Andlau

Vin 2 : le nez est franc et intense sur la groseille à maquereau, le buis et le beurre frais, la bouche est vive, parfumée au jus de groseille, la finale s’arrondit agréablement tout en restant très aromatique.
La palette ne laisse que très peu de doute sur le cépage, c’est du sauvignon blanc, la structure en bouche et la nationalité du donateur (hello Paul !) me fait penser à une origine « nouveau monde », entre dégustation et déduction, je ne suis pas très loin de démasquer ce premier inconnu car c’est un
Sauvignon blanc 2009 – Greywacke Marlborough-Nouvelle Zeelande

Vin 3 : le nez est fin et agréable sur le citron confit et quelques notes végétales, la bouche possède un équilibre fin et tendu avec un joli gras et une finale très longue marquée par quelques nuances végétales (gentiane).
Le cépage est bien identifié, le millésime hélas aussi…j’ai goûté un bon nombre de rieslings bien plus purs sur ce millésime ce qui explique que, malgré la belle qualité de cette cuvée, la découverte de l’étiquette me laisse un peu perplexe car c’est un
Riesling Cuvée Frédéric Emile 2004 – Trimbach à Ribeauvillé

Vin 4 : le nez est frais et fruité sur la groseille et un léger vanillé, la bouche est tonique, vive et droite avec une finale de longueur moyenne mais très minérale et discrètement épicée (poivre blanc).
La palette aromatique est déroutante, la structure en bouche fait penser à du riesling…le vin est très frais et bien agréable à goûter mais très difficile à identifier, c’est un
Riesling Grand Cru Kirchberg de Barr 2008 – V. Stoeffler à Barr
Une bouteille polémique sur laquelle Michel Bettane s’est un peu déchaîné (10/20) en lui reprochant son manque de typicité (incontestable) et son état d’évolution avancée (on n’a pas goûté le même vin !) reste un vin bien fait qui garde un réel potentiel d’évolution.

Vin 5 : le nez est complexe et agréable sur le citron mûr, l’abricot et la pierre, la bouche est souple, ronde avec un fruité expressif mais la structure ondulante un peu floue et la finale assez plate déçoivent un peu.
Un vin très mystérieux qui cultive le paradoxe entre un nez puissamment expressif et une bouche bien en retrait. Légèrement abricoté et une sensation un peu plate en fin de bouche…deux indices qui me rappellent le viognier, mais je suis quand même surpris par l’origine car c’est un
Condrieu Bassenon 2007 – Domaine G. Bernard à Tupin
Regouté en fin de dégustation, la bouche avait trouvé un équilibre un peu plus tendu mais je reste quand même un peu sur ma faim…le viognier est un cépage bien compliqué !

Vin 6 : le nez est complexe et charmeur sur le miel, les épices et la mie de pain, la bouche est tendue, parfaitement équilibrée, la finale est fraîche, longue et marquée par un boisé vanillé très élégant.
Un vin séduisant rudement bien travaillé qui nous a charmé mais qui a gardé son mystère jusqu’à la fin...il va falloir programmer une nouvelle session dédiée au chenin car c’est un
VDQS Fiefs Vendéens Domaine Saint Nicolas-Le Haut des Clous 2007 – T. Michon à Brem sur Mer

Vin 7 : le nez est discret et complexe sur l’abricot sec, la pierre à fusil et les épices douces, la bouche s’ouvre sur des notes un peu oxydatives qui font place assez rapidement vers des arômes de fruits jaunes mûrs, des épices et un peu de vanille, la finale est longue et délicatement boisée.
Un vin gras et très charnu avec quelques nuances oxydatives qui peuvent choquer certains palais trop formatés…un piège absolu pour mes hôtes qui ont finalement bien apprécié ce
VDP du Mont Baudile Lo Mescladis 2008 – Domaine Supply-Royer à Arboras

Vin 8 : le nez est très racé avec quelques notes terpéniques évanescentes suivies par de très beaux arômes d’agrumes mûrs, la structure en bouche est droite, très étirée, l’équilibre est délicat avec un gras palpable, la finale est longue avec des notes d’herbes aromatiques très raffinées (mélisse, verveine).
Le cépage est magnifiquement interprété c’est un riesling d’âge mûr, grand cru probablement, Rosacker peut-être (mais ça c’est parce que je connais le donateur…), en tous cas un retour au bercail réussi avec ce
Riesling Grand Cru Hengst 1998 – Domaine Hebinger à Eguisheim

Vin 9 : le nez est explosif, exotique à souhait (mangue, litchi, ananas…), les arômes de raisins de Corinthe emplissent la bouche mais la structure reste bien équilibrée entre tonus et onctuosité, la finale révèle des notes salines de toute beauté.
Une très belle fin de série avec ce vin qui enchante par sa palette et son équilibre, le gewurztraminer se reconnaît facilement, son âge un peu moins…c’est un
Gewurztraminer SGN 2002 – Domaine Sipp-Mack à Hunawihr

 

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Pour conclure :

- ce type de dégustation à l’aveugle est un exercice difficile mais particulièrement intéressant. Nous sommes confrontés à des énigmes qui nous obligent à nous concentrer sur nos sensations et à faire jouer notre mémoire gustative…tout en usant de quelques logiques déductives pas toujours bonnes conseillères au demeurant. En tous cas, malgré l’objectif un peu plus « détente » de cette seconde série, le groupe s’est lancé dans cette série-mystère avec un sérieux exemplaire…une expérience à reconduire.

- les cépages alsaciens et le sauvignon n’ont pas résisté trop longtemps aux investigations de nos papilles mais les autres vins ont gardé leur secret jusqu’à la fin…au cas où nous en douterions, il nous reste encre énormément de choses à apprendre !

- Pour les coups de cœur : le chenin de Thierry Michon m’a séduit par sa richesse aromatique et l’élégance de sa structure en bouche et le Hengst 1998 a été une vraie découverte : ce domaine encore très peu connu a sorti un très beau vin qui, après 12 ans de garde, s’exprime avec beaucoup de noblesse.

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 17:40

 

En cette fin novembre, la fantaisie polychrome des paysages d’automne a laissé la place à une ambiance un peu vaporeuse dans le vignoble alsacien.

 

 

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Vue d’Andlau sur les pentes du Kastelberg recouvertes des premières neiges de novembre

 

Après l’agitation de la période des vendanges la vigne profite de cette sérénité retrouvée pour se ressourcer et les vignerons retrouvent un rythme de vie moins trépidant dans leurs caves où les jus du nouveau millésime fermentent calmement.

A quelques kilomètres de la capitale alsacienne qui fête l’ouverture de la foire au gogos (mais non, je n’ai pas oublié le L) et au vin chaud, certains vignerons ont choisi de rompre la trêve hivernale en ouvrant grand les portes de leur domaine aux amateurs de vins d’Alsace.

C’est avec quelques semaines de retard (ah ces satanées vendanges 2010 !) que Claude Moritz, organise sa traditionnelle journée portes ouvertes en conviant les amis du domaine à une visite de cave et une dégustation verticale sur l’un de ses Grands Crus : au programme de cette année, les rieslings Moenchberg.

Arrivé au domaine vers 16 heures, je rejoins un groupe d’une bonne vingtaine de convives prêts à déguster une dizaine de millésimes de ce Grand Cru en compagnie du vigneron, de Didier Lobre, œnologue et dégustateur hors pair et du professeur Claude Sittler, éminent spécialiste de la géologie de l’Alsace…un casting de rêve !

M. Sittler introduit cette séquence de dégustation par un bref exposé sur la formation des terroirs alsaciens et par la description du Grand Cru Moenchberg : un coteau relativement fertile, orienté au sud et de nature géologique assez complexe, marno-calcaire avec plus ou moins de limons et de sables selon le secteur.


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Le professeur Sittler en pleine leçon et Claude Moritz au débouchage…théorie et pratique.

 

 

 

Dimanche 28 novembre 2010 : verticale de Riesling Grand Cru Moenchberg :

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2007 : le nez est riche, balsamique et légèrement anisé, la bouche est droite avec un équilibre sec et un beau gras, la finale est longue, sapide et marquée par quelques notes résineuses.
Un vin puissant mais déjà très convivial.

2005 : le nez est intense sur les agrumes mûrs et le caillou, en bouche la matière est concentrée, la structure équilibrée et la finale légèrement poivrée persiste longuement.
Un vin au caractère à la fois explosif et civilisé : une force tranquille.


2004 : le nez est complexe et bien minéral, légèrement miellé et marqué par des arômes d’herbes aromatiques, la bouche est svelte avec un équilibre strict et une finale qui révèle quelques notes épicées.
Un vin qui ne se livre pas facilement et qui réserve ses mystères aux dégustateurs patients…un riesling pour méditer.

2003 : le nez est puissant et très complexe sur le moka, le pamplemousse, le romarin et même une touche de noix, la bouche est ample, sphérique et puissamment aromatique, la finale est longue avec un retour des notes de noix.
Un festival aromatique sur une structure volumineuse : atypique mais vraiment grand !

2002 : le nez est classique, tout en élégance avec des notes d’agrumes et d’herbes aromatiques, la bouche est droite avec une acidité très noble et une belle finale aromatique sur le thym et les épices douces.
Un vin épanoui qui joue sur les paradoxes en alliant une structure verticale et une palette exubérante : un très beau riesling arrivé à son pic de maturité.

2000 : le nez est très franc mais profondément minéral avec des notes terpéniques et quelques touches de zestes d’agrumes, la bouche possède un toucher très agréable et une structure assez ondulante et souple qui se resserre progressivement, la finale est assez longue et marquée par des arômes de beurre et de vanille.
Un vin bien apprécié par la plupart des dégustateurs présents mais qui ne m’a pas entièrement conquis : la structure en bouche qui manque un peu de cohérence me fait craindre un déclin en cours…j’espère me tromper !

1999 : le nez est intense et riche sur l’orange confite et les épices (ambiance marché de Noël…), la bouche est ronde, équilibrée grâce à une belle acidité, la finale est longue et révèle une saline très intense.
Un riesling élégant et très séduisant arrivé à maturité…comme un avant-goût de la prochaine Masterclass de Thierry Meyer, dont l’un des thèmes sera « l’évolution des rieslings 99 », j’ai hâte d’y être !

1998 : le nez est intense et frais sur la menthe poivrée, des notes de zestes d’agrumes et d’épices se révèlent peu à peu pour composer une palette bien complexe, une acidité vive et immédiate se présente dès l’attaque en bouche, la structure est svelte et élégante avec un équilibre très tonique, la finale persiste longuement en laissant apparaître quelques arômes de torréfaction et de fruits secs (amande, noix).
Un riesling à qui la patine du temps a apporté élégance et complexité…une belle émotion !

1997 : le nez est discret avec des notes de zestes d’agrumes et de fenouil, la bouche est droite et minérale mais révèles de jolis arômes de bois de réglisse, la finale est un peu austère avec une amertume sensible.
Un vin qui se tient encore droit dans ses bottes mais dont l’apogée semble dépassé aujourd’hui.

 

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De retour dans le caveau du rez-de-chaussée où nous attendent quelques amuse-bouche alsaciens, Claude Moritz nous propose de déguster quelques autres cuvées sélectionnées sur la carte du domaine, avec entre autres :

Riesling Grand Cru Wiebelsberg 2004 : le nez est épanoui et complexe avec des notes florales et légèrement balsamiques, la bouche est stricte, l’acidité est fine et très longue et la finale se prolonge sur de belles nuances minérales.
Malgré la difficulté du millésime ce riesling bien net propose une interprétation très classique de ce cépage en bouche même si le nez assez exubérant nous fait attendre un équilibre moins austère.

Riesling Grand Cru Kastelberg 2008 : le nez est discret mais déjà bien complexe avec des notes de citron, d’herbes aromatiques et un léger fumé, la bouche est finement ciselée autour d’une structure acide tendue, la finale est longue et fraîche.
La matière est pure et très tonique mais on sent bien que ce riesling est encore bien fermé…en tous cas, le potentiel est indiscutable.

Gewurztraminer Grand Cru Wintzenberg 2003 : le nez expressif, d’une grande finesse aromatique est tout entier dédié aux fleurs (rose, mauve, violette…), la bouche est mûre et riche , des notes de raisins confit viennent compléter les arômes de bonbon à la rose qui persistent longuement en finale.
Un élixir floral qui a néanmoins une belle tenue en bouche…un vin pour esthètes.

Pinot Gris Collection Saint Charles 1999 : le nez est discret mais avec une palette classique sur les fruits avec un léger fumé, en bouche le vin se distingue par un matière riche, un profil aromatique qui se complexifie et un superbe équilibre.
Une vendange rentrée à 1111 oechslé a généré un pinot gris généreux à qui ces 10 ans de garde ont conféré une patine très raffinée…un vin qui dégage une sensation de plénitude qui me réconcilie avec ce cépage.

 

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Pour conclure :


- dans la mesure où il imprime aux vins une marque bien particulière (un beau gras en bouche, une palette avec des notes d’aromates et de tisane) le Moenchberg est à juste titre considéré comme un grand terroir.
Claude Moritz sert admirablement ce Grand Cru en élaborant des vins secs et droits qui jouent plus sur l’élégance et la minéralité que sur l’exubérance.

 

 

- pour les coups de cœur je choisirai 2 millésimes successifs qui montrent bien le potentiel de ce Grand Cru : le 2003 un peu baroque et le 2002 plus sérieux mais tous deux parfaitement équilibrés...du grand art !
Ceci dit, j’ai également beaucoup apprécié le Kastelberg 2008 pur et minéral et l’étonnante cuvée de pinot gris 1999, insolent de jeunesse.
 

 

- je ne dirai jamais assez combien les oenophiles comme moi apprécient la démarche de ces vignerons qui font un réel travail pédagogique pour nous aider à comprendre leurs vins.
Mille mercis à Claude Moritz et son équipe pour l’organisation régulière de ces exercices de dégustations verticales qui conjuguent admirablement apprentissage et plaisir.

 

 

NB : deux autres verticales du domaines Moritz sont consultables ICI

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 11:56

 

 

En cette fin novembre, la fantaisie polychrome des paysages d’automne a laissé la place à une ambiance un peu vaporeuse dans la vignoble alsacien.


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Camaïeu de gris dans le vignoble autour de Mittelbergheim


Après l’agitation de la période des vendanges la vigne profite de cette sérénité retrouvée pour se ressourcer et les vignerons retrouvent un rythme de vie moins trépidant dans leurs caves où les jus du nouveau millésime fermentent calmement.

A quelques kilomètres de la capitale alsacienne qui fête l’ouverture de la foire au gogos (mais non, je n’ai pas oublié le L) et au vin chaud, certains vignerons ont choisi de rompre la trêve hivernale en ouvrant grand les portes de leur domaine aux amateurs de vins d’Alsace.

A Mittelbergheim, comme chaque année à cette période, Jean-Pierre Rietsch nous invite à déguster ses vins et à visiter sa cave où des artistes locaux profitent de ces espaces originaux pour exposer leurs œuvres.

 

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Après un tour dans les caves peuplées de créatures étranges nées de l’imagination de Daniel Depoutot, je me retrouve en compagnie de Jean Pierre pour goûter quelques échantillons du millésime 2010.


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De drôles de bêtes dans une cuve du domaine.

 

Pinot noir (12°, rendement 50hl/ha, vendange entière à 70%, macération semi-carbonique, malo non faite) : le fruité est très présent au nez (cerise rouge), la bouche est légère avec une mâche tannique fine et une acidité un peu vive.
Un joli vin fruité et gourmand qui renoue avec la tradition des pinots noirs légers et gouleyants.

Sylvaner Vieilles Vignes (13°3 potentiels, rendement 42hl/ha) : le nez se montre assez franc avec des notes de fruits blancs mûrs, la bouche est pure et bien équilibrée.
A l’ombre du prestigieux sylvaner Grand Cru, cette cuvée très réussie trouve parfaitement sa place en offrant une expression authentique de ce cépage.

Pinot gris G.C. Zotzenberg (14°8 potentiels) : le fruité est discret mais la matière et riche et la salinité est déjà bien affirmée en bouche.
Un futur grand pinot gris qui construira un équilibre très racé entre richesse et profonde minéralité.

Riesling (13°2 potentiels, rendement 48hl/ha) : le nez est un peu troublé mais la matière est généreuse avec une richesse affirmés et une belle acidité qui est en train de se mettre en place.
Un vin en pleine construction mais les éléments constitutifs promettent…

Riesling Stein (12°7 potentiels, rendement 48hl/ha) : le nez est très discret mais la bouche est gourmande et offre une sensation saline d’une intensité rare.
Une perception saline incroyable…un véritable échantillon témoin pour faire découvrir la minéralité d’un vin d’Alsace…Un futur très grand !

Gewurztraminer G.C. Zotzenberg (14°, rendement 32hl/ha) : d’agréables arômes les épices s’immiscent dans un registre encore très fermentaire, la bouche est généreuse et bien équilibrée.
Sur cette cuvée, Jean-Pierre projette de réaliser un vin sec…un futur compagnon à forte personnalité pour des plats hauts en goûts et en couleurs.

 

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La série complète de 2010, dans l’ordre de dégustation de gauche à droite.


Comme chaque année la visite se poursuit par la dégustation d’une alléchante série de vieux millésimes…hélas l’heure tourne et mon rendez-vous de 16 heures dans le village voisin d’Andlau est proche…je me résous, la mort dans l’âme, à faire l’impasse sur cette série de prestigieux anciens…

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De 1996 à 2001… quelques trésors de l’oenothèque Rietsch

 


…par contre je ne résiste pas au plaisir de savourer un foie gras préparé par le Bistrot des Saveurs à Obernai avec un Riesling Stein 2007 : le nez est pur et profond sur des arômes d’agrumes et de discrètes notes de poivre blanc, la bouche est grasse, bien équilibrée (les 10g de SR sont parfaitement intégrés) et la finale, marquée par des notes de pomelo reste fraîche et salivante.
L’un des mes coups de cœur sur 2007 au domaine Rietsch se goûte avec bonheur aujourd’hui et répond magnifiquement à ce délicieux foie gras…un accord de roi !

Dernier passage obligé au caveau du domaine pour comparer deux cuvées de Sylvaner Vieilles Vignes 2009 :
- La cuvée traditionnelle présente un nez éclatant de fruits blancs et une bouche droite mais relâchée et une finale fraîche avec de beaux amers.
- La cuvée nature possède un nez plus discret et plus complexe avec une bouche juteuse et souple marquée par quelques notes oxydatives.
Le premier vin est légèrement soufré à la mise, le second est sans soufre…deux visions différentes d’un même vin. Personnellement je préfère le premier, plus proche des canons alsaciens, mais il est quand même intéressant de remarquer à quel point quelques ml de sulfites peuvent influencer la structure et la palette aromatique d’un vin. Ceci dit, j’aime bien l’attitude de Jean-Pierre qui propose le choix à sa clientèle : avec ou sans…libre à chacun de se déterminer en fonction de ses goûts et de ses convictions.

Cette visite bien trop courte (mais je me rattraperai bientôt car l’étude du G.C. Zotzenberg avec Jean-Pierre Rietsch est prévue pour 2011) m’a permis une nouvelle fois de constater le remarquable travail effectué par ce vigneron et son équipe. Ce millésime piégeux à souhait a été maîtrisé grâce à des pratiques culturales exemplaires sur ces très beaux terroirs de Mittelbergheim et a donné naissance à de belles cuvées avec des pratiques œnologiques les plus naturelles possibles (levures indigènes, élevage long en foudres, sur lies mais sans bâtonnage, pas de SO2 dans les jus…).
Comme chaque année Jean-Pierre produit quelques cuvées « expérimentales » a côté d’une gamme plus traditionnelle de haut niveau…il va sans dire que je suis impatient de retourner chez lui pour une dégustation plus complète.


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Le bois règne en maître dans les caves du domaine Rietsch.

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 19:26

Comme je vous l’ai annoncé en août, la deuxième partie de ma visite en terre bourguignonne se déroulera en automne ; c’est aujourd’hui chose faite puisque je reviens d’un périple de 2 jours dans le Beaujolais et le Maconnais. Jean-Claude, ami d’enfance et compagnon fidèle de mes premières expériences œnophiles, a réussi à se ménager une petite fenêtre de liberté dans son emploi du temps pour participer à l’aventure…il y a des situations où le terme pèlerinage prend tout sons sens !

 

Jour 2 : La Soufrandière en chantier et un tour de cave à Puligny



Après cette journée riche en émotions – pas toutes liées à la chose vinique d’ailleurs – mais très largement dédiée au vin rouge, nous repartons pour la suite de notre périple vers des contrées où le blanc règne en maître puisque c’est à Vinzelles et Puligny Montrachet que nous sommes attendus aujourd’hui.

 


Domaine La Soufrandière à Vinzelles


Nous arrivons au domaine de la Soufrandière vers 11 heures du matin et découvrons un chantier impressionnant chez les frères Bret : les travaux d’extension de leur cave viennent de débuter, camions, grue et pelleteuse ont envahi l’espace autour de cette paisible demeure bourgeoise sur les hauteurs de Vinzelles.
Jean Guillaume nous accueille en nous expliquant rapidement ce nouveau projet. « Le doublement de notre surface enterrée va augmenter considérablement notre espace de travail et nous permettre d’élever plus longuement certaines cuvées. Nous pourrons ainsi supprimer les opérations de filtration sur certains vins…accessoirement ça nous évitera aussi d’être obligés en permanence de jouer à Tétris pour gérer notre stock et préparer nos commandes… ».

 


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La Soufrandière en chantier

 

Après cette année bien compliquée, l’esprit d’entreprise de ces vignerons n’a pas fléchi d’un pouce : ici on travaille inlassablement dans un souci de préservation de l’environnement sans faire aucune concession sur le plan de la qualité des vins. Il va sans dire que Marc-Antoine, le troisième frère, qui s’est joint au binôme depuis peu, ne sera pas de trop pour épauler ses deux ainés dans cette belle aventure.

Le chai est bien rempli avec des empilages de barriques contenant les jus de la vendange 2010 et c’est dans cette ambiance bien vineuse que nous dégustons quelques vins choisis sur la longue liste proposée par le domaine.


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C’est la première année que je vois le chai de la Soufrandière aussi rempli…


Nous débutons par une série de vins Bret Brother :


Macon Uchizy La Martine 2009 : le nez est très charmeur sur le fruit, la bouche est riche mais l’équilibre finale reste très vif, la finale surprend par sa longueur inattendue.
Une parcelle de vieilles vignes (près de 50 ans) située dans un secteur nord de l’appellation a donné naissance à ce vin gourmand et ouvert…irrésistible Martine !

Viré-Clessé Sous les Plantes 2009 : le nez est discret et complexe avec des notes fruitées et quelques touches anisées, la bouche est vive et tendue, la finale très longue est marquée par de délicates notes boisées et épicées.
Issu d’une parcelle située au sud de Viré, riche en limons, cette cuvée se démarque par une structure puissante en bouche et une belle complexité aromatique naissante.

Saint Véran En Combe 2009 : le nez se situe dans un registre proche du précédent, mais semble encore un peu plus fermé, la bouche est équilibrée avec un joli gras et une minéralité très affirmée, la longue finale révèle de belles notes vanillées et des amers très distingués.
Ce vin provient d’une parcelle de vieilles vignes labourées exposée sud et située à Chasselas, il se montre réservé à l’heure actuelle mais son potentiel d’évolution est évident.

Saint Véran La Côte Rôtie 2008 : le nez joliment expressif offre des notes de pain grillé et de citron mûr, la bouche est très droite avec un gras sensible, la finale commence à révéler une minéralité longue et raffinée.
La Côte Rôtie est un coteau pentu exposé plein sud au pied de la roche de Vergisson, le risque de produire des vins « solaires » est réel dans ces conditions ; pour 2008 le problème ne s’est pas posé, ce Saint Véran est magnifique d’équilibre et de minéralité.

 

 

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Pouilly Loché Les Mûres 2008 : le nez est fin et complexe sur des notes de mélisse, d’anis et de citron, la bouche est fraîche et très gourmande, il faut attendre la finale pour percevoir la minéralité naissante de cette cuvée.
La palette aromatique de ce vin est déjà bien épanouie mais la présence en bouche dénote une maturité encore précaire. Ce terroir considéré comme le meilleur de l’appellation n’a surement pas trahi sa réputation : dans quelques années ce Pouilly Loché exprimera toute sa classe.

Pouilly Fuissé En Carementrant 2008 : le nez est délicat sur les fruits secs (noisette, amande), la bouche possède une structure massive où le gras et la puissante minéralité se répondent et vibrent de concert, la finale est très longue.
Des vieilles vignes sous la roche de Vergisson génèrent millésime après millésime un vin dont la puissance et la minéralité forcent l’admiration et le respect…Un très grand terroir interprété de façon magistrale par de grands vignerons…Bravo !

Pouilly Fuissé Le Clos Reyssié 2008 : le nez est ouvert et riche avec des arômes d’agrumes très mûrs, de raisins secs et d’épices, la bouche est somptueuse, pleine d’énergie et de fantaisie mais parfaitement équilibrée.
Voilà une belle cuvée qui s’offre déjà avec beaucoup de générosité aujourd’hui mais ne vous y trompez pas, ce Pouilly Fuissé possède encore de belles ressources pour évoluer et grandir encore.

 

La seconde partie de cette dégustation est réservée aux vins de La Soufrandière :

Macon Vinzelles Le Clos du Grand Père 2009 : le nez flatteur, agréable sur un registre délicatement floral complété par quelques notes exotiques, la bouche est souple, relâchée mais parfaitement équilibrée.
Cette parcelle située au pied du coteau de Vinzelles, produit chaque année une cuvée extraordinaire de gourmandise et de pureté…je dois avouer que je craque systématiquement devant son pouvoir de séduction.


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Pouilly Vinzelles 2009 : le nez s’ouvre sur des notes de réduction assez fortes mais heureusement très fugaces, la suite est bien plus avenante avec un fruité complexe et quelques notes épicées, la bouche est puissante, la matière est riche et concentrée et la finale très longue révèle une profonde trame minérale.
Les jeunes vignes des Quarts permettent d’élaborer ce Pouilly Vinzelles de toute beauté. Parfait pour laisser le temps aux cuvées plus prestigieuses de se faire, ce vin me séduit complètement à chaque nouveau millésime.

 

 

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Pouilly Vinzelles Les Quarts 2009 : le nez est fermé à double tour mais la matière en bouche est énorme : concentration, équilibre, minéralité et longueur, tout y est !
Un vin qui se cherche encore mais ces premières impressions de dégustation ne laissent vraiment planer aucun doute…c’est une bombe !

Pouilly Vinzelles Les Quarts 2008 : le nez est ouvert et bien intense sur les agrumes mûrs et le gingembre, en bouche la matière est puissante, l’acidité vive et large tient solidement la structure, la finale laisse deviner quelques notes réglissées.
L’olfaction très épanouie contraste encore un peu avec une présence en bouche qui se cherche encore, mais les éléments constitutifs sont splendides…ce grand vin a encore besoin d’un peu de temps pour se révéler pleinement.

Pouilly Vinzelles Les Quarts 2007 : le nez plus secret possède beaucoup de finesse et de complexité, il y a des épices, des fruits secs (noisette) et un peu de citron confit, la bouche est parfaitement en place, le gras et la puissante minéralité chantent à l’unisson, la finale est saline et délicatement épicée.
Cette superbe cuvée issue de (très) vieilles vignes sur ce fameux terroir de Vinzelles commence à parler ; tendons nos papilles mais sans nous précipiter, ce Pouilly Vinzelles commence à peine sa phase de maturité…Patience.


 
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Une belle trilogie.


Beaujolais Leynes Bien-Venu InX-Tremis 2009 : le nez est très réservé sur les fruits et les épices, la bouche est dense et charnue avec une trame tannique sensible et une jolie fraîcheur en finale.
Un équilibre assez loin des canons esthétiques beaujolais mais un beau vin rouge qu’il faudra attendre un peu pour l’apprécier pleinement.

 

 

Au risque de radoter (ceux qui me connaissent bien diront que c’est de mon âge…) je ne peux que m’incliner une fois de plus devant l’homogénéité de la production des frères Bret : tous les vins goûtés respirent l’équilibre et l’harmonie et donnent un plaisir tellement immédiat qu’on en oublierait presque que ce sont des références de très haut niveau sur ces appellations mâconnaises.
Evidemment, je suis dans l’incapacité d’extraire un vin coup de cœur sur cette belle série, mais j’ai été ébloui par la texture incroyable des 2009…avec au sommet de la pyramide la cuvée Les Quarts, qui ne m’aura jamais autant impressionnée que cette année.
Le second point qu’il me plait de répéter à chaque fois c’est qu’avec l’intégralité de leur production estampillée Soufrandière en bio-dynamie et de plus en plus de parcelles Bret Brothers en bio, ces vignerons prouvent qu’il est parfaitement possible d’associer exigence qualitative et viticulture propre.
Bravo et merci pour tout ça !

 

 

 

 

Domaine François Carillon à Puligny



Le repas de midi dans un petit « routier » près de Chagny fut l’occasion de constater avec amertume que dans une région réputée mondialement pour la qualité de ses vins on pouvait trouver des restaurants où on vous servait un méchant picrate (issu des pays de la CE) pour accompagner des mets tout à fait honorables comme ce faux-filet aux champignons tendre à souhait et ces légumes cuisinés à l’ancienne.
Pour combler le tout, ce breuvage était proposé « à volonté »…incroyable pour un restaurant dont l’essentiel de la clientèle est constitué de chauffeurs de poids lourds !
Ceci dit, nous ne fûmes pas gênés outre mesure de savourer notre repas à l’eau : ce fut un petit intermède salvateur pour remettre nos papilles d’équerre après le feu d’artifice de Vinzelles.
Un tour de cave à Puligny en compagnie de François Carillon est un privilège exige une disponibilité parfaite de tous nos sens.

Nous arrivons au domaine au moment où François Carillon termine son entrevue avec l’œnologue-conseil : sous les voûtes moussues du chai, la vendange 2010 fermente tranquillement dans une tiédeur agréable, les analyses sont rassurantes, ce millésime compliqué a produit des jus qui évoluent très bien…OUF !

 

 

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Des barriques de Puligny 2010 dans l’une des caves voûtées du domaine.


Les vins de 2010 se goûtent avec beaucoup de plaisir : les palettes aromatiques sont un peu brouillées par les réactions fermentaires mais les structures en bouche sont denses, équilibrées et vraiment très gourmandes : la parcelle sur Enseignères a été vinifiée à part et donnera naissance à une nouvelle cuvée, le premier Cru Champs Gains retrouvera le marché hexagonal sur ce millésime, Perrières est déjà clair et présente sa vivacité minérale classique et le Chevalier-Montrachet est absolument exceptionnel de puissance et de longueur

 


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Un Chevalier Montrachet…en gestation.

 

 

La deuxième phase de notre visite se passe dans la cuverie où les vins de 2009 séjournent dans des cuves inox en attendant la mise. Nous partons pour un nouveau voyage gustatif sur ce millésime :

Bourgogne Chardonnay : le nez est frais et délicat, la bouche possède une matière étonnante de finesse et d’équilibre, la finale est fraîche et délicatement minérale.
Comme je l’ai déjà noté cet été, cette entrée de gamme de très bon niveau manquait un peu sur la carte de ce domaine. C’est chose faite avec cette cuvée bien représentative de ce prestigieux terroir…y en aura-t-il pour tout le monde ?

Puligny Montrachet : le nez est pur et discret avec des notes de beurre et de fougère, la bouche est droite, solidement structurée et dotée d’une belle allonge.
Un village encore un peu « endormi » mais dont la structure en bouche déjà parfaitement harmonieuse laisse présager un très bel avenir.

Puligny Montrachet 1°Cru Champs Canet : le fruit pur et expressif signe la palette de ce climat toujours plus loquace que les autres à ce stade, la bouche est volumineuse, ample mais avec une acidité bien droite, la finale est légèrement vanillée tout en laissant apparaître une trame minérale naissante.
Charmeur comme à son habitude ce Champs Canet associe avec bonheur une belle richesse et une grande tension minérale…Déjà grand !

Puligny Montrachet 1°Cru Les Combettes : le nez est discret, sur un registre très minéral avec ses nuances pierreuses et crayeuses et ses notes d’herbes aromatiques, la bouche est beaucoup plus causante et offre une palette épanouie sur les agrumes mûrs, la texture est fine et caressante, la minéralité profonde se manifeste progressivement pour soutenir une longue finale délicatement mentholée et vanillée.
Encore une référence du domaine qui revient un peu sur le marché français et qui se présente à nous de la plus belle manière qui soit : riche, complexe, équilibrée… bienvenue au pays !

Puligny Montrachet 1°Cru Les Referts : le nez est discret mais très précis, la bouche est généreuse avec une matière ample, toute en puissance, qui laisse une belle impression d’énergie en finale.
Un vin plein de chair et de vitalité qui se goûte assez facilement aujourd’hui même si le manque d’expressivité olfactive trahit son extrême jeunesse. On en reparlera sûrement dans quelques années…


Puligny Montrachet 1°Cru Les Perrières : le nez est discret et subtil, la belle acidité vive et mûre tend la structure dès l’attaque, le gras se manifeste en milieu de bouche et la minéralité puissante monopolise la finale.
Comme le précédent ce vin présente une palette aromatique encore très retenue mais il brille par une structure en bouche d’une densité énorme et d’un équilibre parfait. Après quelques années en cave le duel avec Referts sera sûrement très serré mais d’un niveau exceptionnel.

Bienvenues Bâtard Montrachet : le nez est complexe et un peu plus ouvert que pour les 1° crus avec un fruité délicat, des notes crayeuses et quelques touches épicées, la bouche est une perfection de densité et d’équilibre, la persistance aromatique est interminable…
Millésime après millésime ce vin immense atteint des sommets qualitatifs…après des 1°crus de haut vol on arrive quand même encore à s’élever…Magique !

François Carillon nous a présenté des vins ciselés avec une précision d’orfèvre sur deux millésimes bien différents mais avec des niveaux de qualité superlatifs.
A ce stade d’évolution, les 2009 semblent sereins et apaisés malgré la richesse de leurs éléments constitutifs, ce seront les dernières bouteilles estampillées Louis Carillon et fils : de très grandes cuvées en guise d’hommage pour le travail accompli…Bravo !
Les 2010 qui marqueront la naissance du domaine François Carillon sont surprenants : denses et gourmands avec des expressions déjà bien franches des différents terroirs, ils sont véritablement pleins de belles promesses.
S’il fallait mettre en avant quelques cuvées, je citerai Perrières 2009, que je n’ai que rarement goûté aussi épanoui à ce stade, et le Bienvenues qui atteindra sûrement des sommets qualitatifs.
Pour la suite, je suivrai la production de ce vigneron avec confiance, ses 2010 se portent à merveille et sa gamme s’enrichit de façon intéressante…François ne sera pas celui qui fera oublier que du côté de Puligny le nom de Carillon est synonyme d’excellence.

 
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La colline aux Grands Crus.

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 14:00

Muscat Glintzberg 2009 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten

Robe : jaune clair avec des reflets métalliques et une frange vert pâle.
Nez : pur, discret et assez complexe sur la groseille blanche, la pêche et la fleur de sureau.
Bouche : le fruité très fringant envahit le palais, l’abricot mûr se manifeste et une acidité bien large s’installe progressivement, le toucher de bouche reste très gras mais la finale laisse apparaître de beau amers et une belle salinité.
Un muscat qui ne renie ni le cépage, ni le millésime mais qui garde une belle élégance et une joli empreinte minérale.


Chambolle Musigny Les Frémières 1999 – M. Magnien à Morey Saint Denis

Robe : grenat avec une densité moyenne, une légère turbidité et une frange orangée.
Nez : complexe et séduisant, il regorge d’arômes de fruits rouges mûrs complétés par des notes de noyau de cerise et d’agrumes.
Bouche : l’attaque est vive, le milieu de bouche juteux et très soyeux, la finale de longueur moyenne est soutenue par une trame tannique très fine et marquée par une présence fruitée très agréable.
Un vin qui a atteint sa plénitude, l’équilibre est parfait, le niveau de qualité est remarquable…une classe qui s’impose comme une évidence.


Riesling Côte de Rouffach 2007 – Domaine Rieflé à Pfaffenheim

Robe : jaune clair avec des reflets vert pâle.
Nez : pur et délicat, presque entièrement dédié aux agrumes bien mûrs.
Bouche : l’équilibre est très droit, l’acidité est immédiate mais s’élargit progressivement, le gras se révèle en milieu de bouche et une belle minéralité accompagne une finale bien longue.
Issu de parcelles calcaires autour de Rouffach et de Pfaffenheim ce riesling possède un équilibre classique malgré sa matière généreuse...séduisant tout en restant très authentique.


Riesling Grand Cru Sommerberg 2007 – Domaine de l‘Oriel à Niedermorschwihr

Robe : jaune clair, particulièrement lumineux.
Nez : flatteur et guilleret, il fait la part belle aux agrumes mûrs, plutôt version jus que zestes…
Bouche : l’impression juteuse devinée à l’olfaction se confirme en bouche, la structure trouve un bel équilibre entre acidité fine et onctuosité, la finale est magnifique avec sa puissante salinité et ses amers nobles.
Le charme immédiat, l’équilibre subtil et la profondeur aromatique de ce riesling me font penser que les 2007 sont peut-être en train de se réveiller…Bonne nouvelle !

 

 

Puligny Montrachet 1° Cru Les Referts 1998 – Domaine Carillon à Puligny

Robe : or liquide avec un très bel éclat.
Nez : impressionnant de complexité et de raffinement, il révèle des arômes de froment, de foin coupé, de fruits secs et de vanille douce.
Bouche : la matière onctueuse et concentrée se tend progressivement et s’allonge grâce à une acidité épanouie et profonde, la finale est interminable sur le pamplemousse et les épices.
Une impression de force et de plénitude rarement rencontrée en dégustation…pour moi c’est l’un des meilleurs vins blancs que j’ai eu l’occasion de boire.

 

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Premières neiges sur le vignoble près de Mittelbergheim

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 12:00



Comme je vous l’ai annoncé en août, la deuxième partie de ma visite en terre bourguignonne se déroulera en automne ; c’est aujourd’hui chose faite puisque je reviens d’un périple de 2 jours dans le Beaujolais et le Maconnais. Jean-Claude, ami d’enfance et compagnon fidèle de mes premières expériences œnophiles, a réussi à se ménager une petite fenêtre de liberté dans son emploi du temps pour participer à l’aventure…il y a des situations où le terme pèlerinage prend tout sons sens !



Jour 1. : trois étapes beaujolaises et une soirée en terre maconnaise.



Domaine Jean Marc Burgaud à Morgon

 


Pour notre premier rendez-vous de la journée nous sommes attendus au domaine Burgaud, où nous allons effectuer notre troisième visite depuis 2008.


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La Côte du Py à Morgon


Comme prévu, c’est Mme Burgaud qui nous reçoit puisque son mari est en voyage au Québec pour porter la bonne parole vinique française outre atlantique. Le caveau est toujours aussi accueillant, les bouteilles de crus 2009, que la critique a déjà copieusement encensées, sont alignées sur le bar et attendent d’être soumise au verdict de nos papilles impatientes…je sens que ce séjour commence très bien !
 

 

Le Beaujolais-Villages et le Régnié étant déjà épuisés, nous passons donc directement à la dégustation des différentes cuvées de Morgon :

Morgon Charmes 2009 : le nez est ouvert et intense sur les fruits noirs bien mûrs et les épices, la bouche est charnue avec une finale d’une fraîcheur étonnante.
La matière est riche mais la finale garde une énergie vive et fringante : le style Burgaud s’impose dès cette première cuvée déjà prête à boire.

Morgon Côte du Py 2009 : le nez est plus concentré avec une palette proche de celle du Charmes, la bouche est opulente et ronde, la chair est croquante et la finale toujours très fraîche s’étire longuement.
Le sol du Py apporte un surplus de densité à ce second Morgon mais l’équilibre reste toujours bien tonique : un terroir noble pour un vin plein de sève et déjà terriblement séduisant.

 

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Morgon Côte de Py-Réserve 2009 : le boisé domine à l’attaque mais le fruité profond se livre peu à peu après oxygénation, la bouche est riche et parfaitement équilibrée avec une belle acidité qui vibre longuement en finale.
L’élevage marque encore un peu cette cuvée mais le fond de ce vin est d’une qualité qui ne laisse aucun doute sur son potentiel.

Morgon Côte de Py-Javernières 2009 : les arômes de fruits rouges, d’épices et un boisé fin composent une palette très harmonieuse, la bouche est une merveille d’équilibre et de concentration.
Cette cuvée découverte l’année dernière en cours d’élevage a parfaitement tenu ses promesses, cette parcelle située en bas de la Côte du Py a généré un vin d’une classe insolente.

Morgon Côte de Py-James 2009 : l’olfaction est proche de celle du Javenière avec un supplément de concentration, en bouche la matière est opulente, charnue mais l’équilibre se construit progressivement avec une belle tension acide (minérale) et une présence tannique soyeuse. La finale est longue bien fraîche et finement boisée.
Avec des cuvées de ce type, les amateurs de beaujolais traditionnel seront un peu déroutés mais je pense que les amoureux du bon vin y trouveront leur compte : le James est un Morgon vraiment exceptionnel !

 

 

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Morgon Côte de Py-Réserve 2008 : le fruité est bien défini avec une palette très élégante sur la cerise et un boisé subtil, la bouche est superbement balancée, svelte et racée avec une longue persistance aromatique.
Un morgon bien ouvert, stylé et déjà prêt à boire…sans modération, bien sûr !

Beaujolais Primeur 2010 : le nez est exubérant, à la fois fruité et floral, la bouche est légèrement marquée primeur mais reste dans le style de la maison avec une finale solidement structurée.
A la veille de l’arrivée sur le marché (on est le 17 novembre), on ne pouvait pas échapper à la dégustation de cette cuvée primeur. Réalisée par Jean Marc sous la pression amicale d’une partie de la clientèle, ce vin charmeur et gourmand flatte le palais et donne un aperçu rassurant sur le nouveau millésime.


Cette dégustation a bien évidemment tenu toutes ses promesses : les vins sont riches et flatteurs tout en gardant un fond solidement charpenté et un équilibre bien frais. Le travail du vigneron pour servir ses prestigieux terroirs transparaît dans toute la gamme de ses cuvées : sur ce millésime Charmes et Côte du Py sont une gourmandise absolue, les cuvées issues d’un élevage en bois sont pleines d’énergie et de belles promesses. A l’heure actuelle, c’est Javernières qui m’a laissé l’impression la plus aboutie, mais je pense qu’il faudra reparler de tous ces vins dans quelques temps…
Bref, cette dégustation a confirmé ce que nous entendons depuis des mois : 2009 est vraiment un grand millésime…mais aussi ce que nous savons depuis quelques années : Jean Marc Burgaud est vraiment un grand vigneron.


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Au pied de la Côte du Py, le domaine Burgaud




Château Thivin à Odenas


Le Mont Brouilly a toujours exercé une sorte de fascination sur moi : de mes toutes premières visites en terre beaujolaise, il y a plus d’un quart de siècle, à ce jour d’automne 2010 la magie continue d’opérer. En plus, la route qui nous emmène à Odenas nous invite à faire le tout de cette magique éminence dont les flancs sont presque entièrement colonisés par la vigne…que du bonheur !
Largement encensé par la critique et la presse spécialisée (BD, RVF, Marianne…) le Château Thivin s’impose peu à peu comme l’un des domaines phares de cette appellation et nous est apparu comme une adresse incontournable pour comprendre les subtilités de ce terroir.

 

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Nous sommes reçus dans le beau caveau du domaine par le fils de Claude Geoffray, qui a rejoint l’exploitation familiale en 2007 et qui nous fait déguster la gamme des vins en vente actuellement :

Brouilly 2009 : le nez possède un fruité pur et fringant sur la fraise, la cerise, la présence en bouche est souple et gourmande avec de la chair, du gras et un équilibre final très gouleyant.
Un vin élevé en cuve inox qui à gardé un fruit superbe et une énergie juvénile tout à fait réjouissante…le type de bouteille qu’on ouvre et qu’on ne referme jamais !

 

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Côte de Brouilly Les 7 Vignes 2009 : le nez est un peu plus discret avec une palette plus complexe (fruits rouges mais aussi fleurs et épices), la bouche est particulièrement bien équilibrée avec un toucher soyeux et une belle persistance aromatique finale.
Issue d’un assemblage de vins récoltés sur 7 parcelles sur le Mont Brouilly, cette cuvée élevée 6 mois en foudres nous emmène dans l’univers très particulier de cette appellation : de la réserve dans l’expression mais beaucoup de fond et d’élégance dans la structure.

 

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La fameuse roche bleue, l’âme du terroir de la Côte de Brouilly

 

 

Côte de Brouilly Le Clos Bertrand 2009 : le nez est bien ouvert avec une palette très proche de celle (des notes florales un peu plus marquées peut-être…), la bouche est très charnue avec un fruit profond et une finale bien fraîche.
Le domaine vinifie séparément chaque parcelle de l’appellation, ce qui lui permet d’isoler des cuvées particulièrement réussies pour une mise spéciale sur certains millésimes. Ce Clos Bertrand est un assemblage de 50% de jeunes vignes et 50% de très vieilles vignes plantées autour du domaine, c’est un vin généreux déjà fort agréable à boire mais qui se bonifiera sûrement avec quelques année de garde.

Côte de Brouilly La Chapelle 2009 : le nez est plus secret avec des notes minérales très profondes, la bouche est ample, sphérique, très juteuse, la finale possède une trame tannique dense et caressante.
La Chapelle est une parcelle pentue située au sommet du Mont Brouilly et exposée plein sud. Ce grand vin trouve sont équilibre par la conjonction des effets de l’altitude et de l’exposition et même s’il se manifeste avec beaucoup de retenue aujourd’hui sa matière lui confère un potentiel de garde évident.

Côte de Brouilly Cuvée Zacharie 2009 : le premier nez est assez planchu et il faut attendre quelques temps pour percevoir la délicatesse fruitée et épicée de la palette aromatique, la bouche possède une matière riche et concentrée, une structure pleine d’harmonie et une finale très longue sur les épices.
La cuvée haut de gamme du domaine, qui porte le nom de l’aïeul fondateur, est vendangées sur des parcelles de très vieilles vignes (sur la Chapelle notamment) et élevée en barriques (neuves à 10%). A l’heure actuelle, le boisé est très présent mais la matière promet sans aucun doute…à encaver pour la prochaine décennie.

Côte de Brouilly La Chapelle 2008 : le nez est ouvert et flatteur sur des notes de fruits rouges bien mûrs et d’épices, la bouche allie rondeur fruitée et structure tannique avec élégance, la finale est fraîche et délicatement poivrée.
Certes le millésime est différent mais cette bouteille nous donne un petit aperçu sur le profil des vins du domaine après un an de garde : le profil aromatique se définit et la matière se pacifie quelque peu pour tendre vers une belle harmonie. MIAMMM !

 

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Après la dégustation nous effectuons un petit tour dans la cuverie et le chai du domaine pour comprendre un peu mieux la manière de travailler de la famille Geoffray. La construction à flanc de colline permet à ces vignerons d’utiliser la gravité pour la majeure partie de leurs opérations en cave.

 

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Le pressoir placé directement sous les cuves béton.


Dans les chais le bois règne en maître absolu : foudres de 20 à 40 hl et barriques reposent sous les magnifiques voûtes de pierres bleues avec les jus du millésime 2010.

 

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Des foudres jeunes et vieux sous la voûte bleutée.
 

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Les barriques contenant Zaccharie 2010

 

 

Au niveau de la viticulture, les pratiques certifiées Terra Vitis prônent le respect du sol et de l’environnement et demandent une présence importante du vigneron dans ses rangs de vigne « c’est le prix à payer pour arriver à une expression authentique de ce terroir particulier ». Sur une parcelle proche de la maison, la famille Geoffray a planté une vigne de gamay à 7000 pieds/ha et taillée en Cordon de Royat « une expérience pour vérifier si cette forme de conduite ne serait pas mieux adaptée ».
La quête de l’excellence passe parfois par des innovations…

 

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La parcelle sur le Mont Brouilly conduite en Cordon de Royat

 

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Au Château Thivin on conçoit des vins de haute expression dont la puissante structure et la force minérale révèlent le particularisme de l’appellation Côte de Brouilly. Les Geoffray conjuguent l’art de respecter la tradition et l’environnement pour magnifier ce terroir qu’ils connaissent si bien.
J’ai beaucoup aimé la typicité de toutes ces cuvées ainsi que la simplicité et la gentillesse de l’accueil au domaine.
Même si aujourd’hui ce sont le Brouilly 2009 et le Côte de Brouilly Les 7 Vignes 2009 qui s’apprécient le plus facilement, je suis intimement convaincu qu’il y a un potentiel superlatif dans les cuvées parcellaires du Château Thivin. L’amateur patient (j’essaie d’en faire partie) vivra certainement de grands moments de dégustation en compagnie de ces vins.


Domaine Paul Janin et fils à Romanèche


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Nous terminons cette première journée par une visite au domaine des Vignes du Tremblay à Romanèche Thorins. J’avais découvert les vins de Paul Janin il y a bien longtemps en compagnie de mon vieux pote…dans les années 80, c’est vous dire !. Cette adresse s’est donc imposée tout naturellement comme une étape obligée dans le cadre de cette virée, d’autant plus que ce domaine a su garder sa réputation au sommet de la hiérarchie beaujolaise.
En l’absence d’Eric Janin, qui gère le domaine aujourd’hui, nous avons le plaisir d’être reçus par Paul Janin, toujours en pleine forme et bien au courant de tout se qui se passe dans son exploitation.


L’espace dégustation est aménagé parmi les foudres où séjournent les cuvées du dernier millésime.

 

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Invitation à la dégustation parmi les vieux foudres et les tonneaux de 450 litres.

 

 

Nous commençons par déguster les Moulin à Vent :

Domaine des Vignes du Tremblay 2008 : le nez est élégant et racé sur les petits fruits rouges, l’amande, le noyau de cerise, la bouche est dense et dégage une belle impression de rondeur et de profondeur, la finale est longue et finement tannique.
Cette cuvée provient de vieilles vignes (60 ans) sur sol granitique. Déjà bien équilibré et joliment aromatique ce Moulin à Vent possède un pouvoir de séduction indiscutable…encore un vin qui va être difficile à garder, même s’il dispose d’un vrai potentiel d’évolution.

Domaine des Vignes du Tremblay 2009 : le nez est expressif et suave avec des nuances florales très fines (pivoine, iris…) et quelques pointes épicées, la bouche est puissante, riche mais solidement charpentée avec une finale fraîche et sapide.
Le charme opère comme sur la cuvée précédente mais le millésime apporte un niveau de concentration supplémentaire… Superbe cuvée !

Clos du Tremblay 2009 : le nez est très discret, fermé mais la bouche est magnifique d’équilibre et de concentration avec une finale très longue soutenue par une trame tannique dense et veloutée.
Vendangé sur une parcelle riche en argiles rouges et en manganèse ce vin se présente timidement au nez mais expose une classe incomparable en bouche…Un Moulin à Vent d’anthologie qui demandera un peu de patience avant de se livrer pleinement.


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Pour terminer M. Janin nous propose leur cuvée de Beaujolais Villages « tellement atypique qu’on peut la déguster après les Moulin à Vent » :

 

 

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Domaine des Vignes des Jumeaux 2009 : le nez est flatteur, profondément fruité, la bouche juteuse, croquante à souhait, possède une matière ample et généreuse et une finale dont la persistance surprend par sa longueur.
Je reste bouche bée devant cette cuvée issue de raisins vendangés très tardivement (après les Moulin à Vent) sur des parcelles à Lancié et à Romanèche (derrière la maison)…quelle densité et quel équilibre ! Voilà un Village qui fera la nique à bien des crus !

 

 

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La parcelle de vieux gamay derrière la maison des Janin.



Nous repartons vraiment comblés par la qualité des vins goûtés : rien à redire, le renom de ce domaine sur l’appellation est pleinement justifié.
Les Janin travaillent de très beaux terroirs, mettent en œuvre une viticulture propre et respectueuse de la nature et utilisent des procédés de vinifications traditionnels (pas de « thermos », élevages en foudres…). Leurs vins sont solidement structurés mais toujours très raffinés dans leur expression, le Clos du Tremblay 2009 est grandissime : « pour retrouver une qualité équivalente, il faut remonter au Moulin à Vent 1985 » dira M. Janin.
C’est justement le premier vin que j’avais acheté lors de ma première visite au domaine…souvenirs, souvenirs !

 

 

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Un vieux pied de gamay sur la parcelle des Jumeaux



Apéritif entre copains au Château de Besseuil

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Novembre…il fait bien nuit à 18 heures



Dans ce magnifique château rénové sur la commune de Clessé on trouve des résidences hôtelières, des salles pour séminaires, un restaurant et un superbe bar à vin où on peut déguster les crus du domaine.
Ces vins sont vinifiés par Jean Thévenet à partir de raisins issus des parcelles qui entourent le Château de Besseuil.
Michel, un autre ami d’enfance, artiste sculpteur et décorateur émigré dans le maconnais nous invite à visiter ce bel endroit pour arroser dignement nos retrouvailles au Viré Clessé…comme nous n’avons dégusté que du vin rouge aujourd’hui, nous le suivons de bon cœur !



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Retrouvailles entre vieux potes au bar à vin du château de Besseuil.

 

 

Nous commençons par déguster (boire) les Viré Clessé :

Château de Besseuil 2004 : le nez est étonnamment pur (on est en 2004 quand même…), sur un registre presque exotique avec quelques notes vanillée, la bouche est droite mais généreuse, la finale garde une fraîcheur réjouissante.
Gourmand et frais, séducteur en diable et peut-être un peu facile, mais idéal pour se faire plaisir…je me lâche, vite un autre verre !

Château de Besseuil 2005 : le nez est ouvert sur les agrumes mûrs et la craie humide, la bouche allie gras, soyeux et finale digeste sur le pamplemousse.
14° au compteur mais un équilibre juvénile…attention !!!!

Constatant notre intérêt pour la chose vinique, la jeune sommelière qui officie dans ce bel espace de dégustation nous propose de taster quelques échantillons du Domaine des deux Roches à Davayé :

Saint Véran Les Terres Noires 2008 : le nez est discret avec une palette aromatique complexe, la bouche possède un bel équilibre sec et une longue finale pleine d’énergie et de tension.
Je retrouve avec plaisir l’élégance de cette cuvée que je connais depuis les années 90, mais que je n’avais plus regoûtée depuis bien longtemps…le mâconnais est vraiment trop riche en bonnes adresses !

Pouilly Fuissé Plénitude de Bonté 2008 : le nez est fin et distingué, peut-être un poil trop boisé à mon goût, la bouche est bien balancée avec un joli gras et une acidité bien verticale, la finale est assez classique sur la vanille et les épices.
Un Pouilly Fuissé « sérieux » dont le style nous rapproche de la Côte de Beaune, je les préfère avec plus de fantaisie…

Voici un endroit fort recommandable où pour quelques euros on peut déguster de bien belles cuvées dans un cadre très agréable…merci à notre artiste local d’avoir pensé à nous y inviter.


Le reste de la soirée sera consacré à un petit repas entre vieux copains avec le vin comme créateur d’ambiance les souvenirs de jeunesse comme sujet principal…Superbe !

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 19:16



Pour cette nouvelle édition de la présentation automnale des Grands Crus, l’élite de la viticulture alsacienne s’est donné rendez-vous au château de Kientzheim pour offrir aux oenophiles la possibilité de déguster les plus grands vins de la région.
Les vignerons sont distribués sur 3 niveaux dans le caveau et les salons de ce très beau bâtiment dédié à la gloire du vin d’Alsace.

Evidemment, face à cette pléthore de superbes cuvées, un seul problème se pose à tout amateur : comment s’organiser pour choisir, quelle stratégie mettre en place pour se faire une idée pertinente sans passer par une dégustation exhaustive ?

Après un premier tour de visite et de salutations je décide d’un mode opératoire : je me limiterai aux rieslings (étonnant, non !!!) et j’essaierai de choisir des adresses sur toute la longueur de notre route des vins…jusqu’à l’épuisement de mes possibilités de dégustateur (en fait lorsque je ne sentirai plus aucune différence entre en Geisberg de Kientzler et un Rangen de Schoffit…).

Entre deux visites je m’accorde un peu de temps pour griffonner quelques impressions sommaires sur le luxueux carnet de notes, remis avec l’incontournable verre INAO à l’entrée du château.

C’est parti !

 

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Domaine Roland Schmitt à Bergbieten
Riesling Altenberg de Bergbieten 2009 : riche et généreux avec une structure équilibrée, ce vin est encore bien fermé sur le plan aromatique mais la matière est très pure.


Domaine Pfister à Dahlenheim
Riesling Engelberg 2008 : séduisant par de belles notes florales au nez, ce vin affirme son caractère très droit en bouche avec une tension importante et une minéralité très profonde.

Domaine Marc Kreydenweiss à Andlau
Riesling Wiebelsberg 2008 : le profil aromatique est fin et délicat (fruits et épices), la bouche d’une pureté cristalline possède une présence finale bien typée sur le poivre et la vanille.
Riesling Kastelberg 2008 : le nez est solidement verrouillé mais la bouche révèle une classe folle, sec, pur, très droit ce vin possède une matière grenue qui laisse une impression presque tannique en finale.

Domaine Gresser à Andlau
Riesling Moenchberg 2009 : bien ouvert aromatiquement avec de belles notes de fruits blancs, ce vin se livre avec une structure assez opulente en bouche mais la finale garde une fraîcheur bienvenue.
Riesling Wiebelsberg 2009 : fin et discret au nez, ce vin possède une structure très verticale avec une acidité large et une grande profondeur minérale.
Riesling Kastelberg 2009 : c’est un vin vif et très minéral avec des notes d’agrumes discrètes au nez mais envahissantes en bouche et une finale ample, longue qui laisse une sensation tannique.

Domaine Henry Fuchs à Ribeauvillé
Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2009 : ce beau vin possède un fruité bien mûr et une structure opulente avec un gras et une acidité qui s’équilibrent parfaitement.
Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2008 : c’est un riesling classique tout en élégance avec de fines notes d’agrumes et une longue acidité.

Domaine Louis Sipp à Ribeauvillé
Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2009 : le vin est ouvert et généreux mais la charpente qui sous-tend la structure est très solide.
Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2008 : le nez révèle des notes d’herbes aromatiques et quelques nuances terpéniques et la bouche possède un toucher très grenu et une puissante minéralité.

Domaine André Kientzler à Ribeauvillé
Riesling Osterberg 2009 : le nez possède un fruit discret, la bouche se fait remarquer par la belle synergie entre une matière riche et une tension acide très profonde.
Riesling Geisberg 2008 : fin et élégant, ce vin se présente à nous sur un registre assez gourmand même si la bouche révèle une structure puissamment minérale.
Riesling Geisberg 2007 : la palette est dominée par des notes terpéniques, la bouche possède une très belle longueur mais ce riesling se caractérise surtout par une austérité redoutable.

Domaine Jean Marc Bernhard à Katzenthal
Riesling Schlossberg 2009 : c’est un vin qui a fermenté très longtemps et qui n’est pas encore totalement en place aujourd’hui malgré une palette florale délicate et une matière généreuse en bouche.
Riesling Wineck-Schlossberg 2009 : discret et très complexe au nez ce riesling généreux et bien structuré marque sa race par la belle salinité finale.


Domaine Vincent Spannagel à Katzenthal
Riesling Wineck-Schlossberg 2007 : voilà un riesling agréable, floral, doté d’une belle matière (SR 20g et acidité 7g) mais qui garde un joli tonus.

Domaine Josmeyer à Wintzenheim
Riesling Brand 2008 : le nez est discret et pur, la bouche est droite et minérale, voilà un riesling bien sévère qui aura besoin de quelque temps pour s’amender.
Riesling Hengst-Samain 2008 : c’est un vin dense et concentré, au profil aromatique fin et complexe mais avec une assise acide très profonde.

Domaine Rieflé à Pfaffenheim
Riesling Steinert 2008 : ce vin est déjà bien ouvert avec son olfaction sur les agrumes frais et sa bouche où la rondeur et la belle acidité sont en train de construire un bel équilibre.

Domaine François Schmitt à Orschwihr
Riesling Pfingstberg 2009 : le nez est fin, complexe et bien intense, la bouche possède une structure étonnante, c’est un vins sec (2g de SR) avec beaucoup de gras et une finale saline qui laisse une impression presque tannique.
Riesling Pfingstberg-Paradis 2009 : cette parcelle historique du domaine a généré un riesling au profil très proche du précédent mais avec un degré de concentration supérieur.
Riesling Pfingstberg-Paradis 2008 : c’est un très beau riesling où le nez a gagné en complexité et en race ; la bouche est équilibrée avec une acidité verticale et une matière toujours aussi dense.

Domaine Schoffit à Colmar
Riesling Rangen-Clos Saint Théobald 2008 : le nez est discret et encore très marqué par un fruité vif, la bouche marie gras et salinité et s’appuie sur une très belle acidité.
Riesling Rangen-Clos Saint Théobald 2007 : ouvert et complexe le nez semble avoir trouvé son style avec un fruit encore bien présent mais également des notes de fumée et de tabac blond, la bouche est puissante, saline et dotée d’une longueur aromatique peu commune.

Seule exception à mon mode opératoire, la dégustation au Domaine Maurice Schoech à Ammerschwihr, où j’ai croisé l’ami Stéphane en train de faire une intégrale chez ce vigneron. Solidarité vinique oblige, je l’ai accompagné sans hésiter…

Riesling Kaefferkopf 2009 : le nez est délicat et subtil avec sa palette qui allie notes fruitées et florales, l’équilibre en bouche reste tonique malgré la belle richesse, la finale est longue et sapide.
Muscat Mambourg 2009 : la menthe et la chlorophylle monopolisent une palette olfactive très intense, la bouche possède une très belle structure avec une grande concentration et une belle longueur finale.
Kaefferkopf 2009 : cette cuvée issue d’un assemblage de riesling et de gewurztraminer sur une jeune parcelle se présente à nous avec charme et complexité, la bouche est concentrée mais soutenue par une structure très droite…un très bel hommage à la grande tradition du Kaefferkopf.
Gewurztraminer Kaefferkopf 2009 : le profil aromatique est très floral tout en restant bien complexe, la bouche est ronde, veloutée mais sans que l’opulence se transforme en lourdeur, un joli numéro d’équilibriste !
Cuvée Harmonie R 2007 : issu d’une complantation sur le Rangen ce vin est marqué par le pinot gris au nez (fruits jaunes mûrs) et possède une bouche solidement charpentée avec une acidité très verticale et une superbe finale longue et profondément saline.

Pour conclure :

- cette manifestation parfaitement organisée m’a permis, une fois de plus de rencontrer de grands vins d’Alsace et de partager quelques instants avec les vignerons qui les ont conçus.

- hélas, vu le grand nombre de domaines représentés et le peu de temps accordé aux amateurs pour les découvrir (4 heures, c’est très court…), je quitte la manifestation avec un sentiment partagé entre le plaisir des vins dégustés et la frustration face à tous ceux que j’ai été obligé de laisser de côté…

- parmi cette foison de belles cuvées j’aurai envie de mettre en avant 2 domaines que je connaissais très peu et dont les vins m’ont particulièrement séduit aujourd’hui : le domaine François Schmitt et sa vision un peu particulière mais terriblement séduisante des Pfingstberg et le domaine Schoech pour l’expressivité et la présence de toutes ses cuvées.


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Eh oui…il fait nuit très tôt en novembre !

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 08:42




Les vendanges sont terminées et les cuvées fermentent tranquillement dans la cave…profitant de ce retour au calme après le stress généré par ce millésime complexe, Jean-Marie Bechtold a donc décidé d’organiser une nouvelle soirée de dégustation vins-fromages.
C’est ainsi que nous nous retrouvons avec une trentaine de convives dans le caveau de dégustation du domaine pour tester des accords gastronomiques entre des vins d’Alsace et quelques unes des innombrables variétés fromagères de notre pays.
Les fromages proviennent des caves de l’affineur strasbourgeois Tourette ; il ont été sélectionnés par un maître fromager qui participe à l’animation de cette soirée.

 

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Le maître fromager en pleine leçon.


Les vins provenant du domaine Bechtold ont été sélectionnés pour donner la réplique à une superbe série de 13 fromages accompagnée de pains paysans au levain, au céréales et au seigle.


Pour l’apéritif :

Crémant Brut : le nez est discret et agréable, avec une belle complexité (froment, croûte de pain, citron…), en bouche la bulle est fine mais abondante, l’équilibre entre rondeur et fraîcheur est très gourmand et la finale est longue.
Chardonnays et pinots noirs de 2008 à parts égales composent ce crémant original mais très réussi.


Muscat Obere Hund 2009 : le nez est discret et très fin sur un registre floral (sureau, fleurs printanières), l’attaque en bouche est assez ronde mais l’équilibre se construit progressivement grâce à une belle présence saline qui s’impose pleinement en finale.
Un peu plus rond qu’en 2008 (mon muscat coup de cœur pour ce millésime), ce vin délicatement aromatique, se démarque par une présence en bouche charnue et équilibrée.
 

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Pour la ronde fromagère :


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Une ronde bien appétissante…



Klevner 2009 : le nez est frais et agréable sur le fruit (raisin frais), l’équilibre en bouche est simple mais convivial avec sa rondeur confortable et sa structure bien juteuse.

 


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Servi avec le Fleur de Selles, la Bonde de gâtine et le Pérail brebis ce vin était moyennement à son aise : un gras trop présent (0g de SR mais malo faite) n’a pas permis à ce pinot blanc d’offrir un contrepoint souhaité à ces 3 premiers fromages. Ceci dit, c’est un très beau vin plaisir à boire pour lui-même…

 


Riesling Grand Cru Engelberg 2008 : le nez est pur et racé sur le citron, la pierre, la craie, la bouche est précise avec une structure verticale mais sans tension extrême, la finale est longue soutenue par une acidité bien mûre et de délicats arômes de pamplemousse.


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Un vin magnifique qui s’est senti parfaitement à l’aise avec un Gaperon fermier et un Pavin d’Auvergne, mais qui a également fait merveille avec les chèvres et brebis de la première série…


Pinot Noir Obere Hund 2008 : le nez est discret, un léger fumé et quelques touches épicées, la bouche allie finesse et gourmandise avec une trame tannique soyeuse et un fruité qui se révèle peu à peu. La finale est acidulée et très légèrement perlante.

 

 

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Ce pinot noir très séduisant qui a eu la délicate mission de s’accorder avec un Camembert au lait cru moulé main s’en est tiré avec les honneurs grâce à ses tanins et à la touche de CO2.
Ceci dit, le crémant de l’apéritif, a fait bien meilleure figure face à ce fromage toujours très difficile à accorder… une piste à explorer.

 
Pinot Gris Cuvée Joseph 2008 : le fruité fin et précis s’affirme avec l’oxygénation et complète les notes délicatement fumées de cette palette classique du cépage, la bouche est très belle avec une rondeur avenante, équilibrée par une acidité mûre et bien large, la finale est puissante et longue avec une très belle salinité et un retour fumé.

 

 

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Un pinot gris de haute gastronomie avec un équilibre rond mais très digeste (moins de 10g de SR) associé à un Salers Buron et un Etivaz d’alpage ce vin a démontré son grand potentiel gastronomique. Un très bel accord !

 
Gewurztraminer Silberberg 2008 : le nez est fin et délicat sur un registre floral et un fond très épicé,  la bouche est ample, la structure est généreuse et la finale très longue laisse apparaître de belles évocations minérales derrière de puissants arômes de poivre noir.

 

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Evident face à un Munster fermier, ce très beau gewurztraminer n’a que très peu apprécié la présence du Livarot… y aurait-il un peu de chauvinisme chez ce vin ?



Riesling Sussenberg 2004 : le nez est fin et discret sur des arômes de zestes et quelques notes herbacées, la bouche est charnue, onctueuse avec une acidité fine mais profonde qui revient en finale.

 

 

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Légèrement marqué par le millésime mais d’une structure très généreuse ce riesling quelque peu atypique a été étonnant face à des fromages extrêmement puissants comme ce Bleu d’Auvergne ou ce Roquefort fermier très affiné
 

Pour conclure :

- Jean-Marie Bechtold fait partie de ces vignerons passionnés qui n’hésitent jamais à se mettre en quatre pour offrir aux oenophiles curieux l’occasion de compléter leur culture vinique et gastronomique. Cette soirée consacrée à l’expérimentation d’accords entre fromages et vins d’Alsace a été une belle réussite : fromages de qualité, beaux vins et quelques rencontres très réussies, le tout dans une ambiance chaleureuse et bon enfant…Bravo !

- Parmi les associations proposées je retiendrai surtout le couple parfait formé par le pinot gris et l’Etivaz, le mariage classique mais toujours réussi entre le gewurztraminer et le Munster, enfin, la surprenante synergie entre un riesling un peu évolué et légèrement moelleux et le Roquefort.

- Une fois de plus les vins d’Alsace ont prouvé leurs excellentes qualités gastronomiques… et leurs possibilités n’ont été que survolées ce soir.
Jean-Marie Bechtold a d’ailleurs déjà trouvé un nouveau thème pour une future dégustation : associer des fromages avec des rieslings en jouant sur l’âge des vins… Intéressant, non !

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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