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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 19:30



Pour cette avant dernière réunion de l’année 2010 c’est un groupe un peu resserré (8 dégustateurs) qui s’est retrouvé chez François pour une séance consacrée à l’Ardèche et à la Bourgogne.

Comme lors des sessions précédentes le principe de 2 thèmes d’études bien différenciés a été reconduit :
- Thème 1 : 6 vins pour une visite-découverte de l’Ardèche méridionale.
- Thème 2 : 6 vins pour comparer Meursault et Puligny.

D’un côté un vignoble encore méconnu où de jeunes vignerons travaillent avec beaucoup de conviction pour produire de beaux vins, de l’autre côté 2 appellations phares de la prestigieuse Côte de Beaune, placées face à face pour un duel fratricide…Alléchant non ?

Les vins de la première série sont servis bouteilles découvertes après quelques explications sur leur origine.
Les vins de la deuxième série sont servis à l’aveugle en carafe par 2 : un Puligny et un Meursault du même millésime.
Verres Riedel.

Soirée Club AOC du 5 novembre 2010 à Gambsheim



Thème 1 : 6 vins d’Ardèche.


Mon Bon Plaisir – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2009 – Domaine du Chapitre à Saint Marcel d’Ardèche : le nez est net et très franc, la palette complexe (fruits rouges, fleurs, poivre et léger fumé) surprend par sa complexité, la bouche est simple mais nette et bien équilibrée, la finale est bien fraîche mais la persistance est relativement courte.
Issu principalement de cinsault (60%) complété par du grenache et de la syrah, ce rouge délicieux que F. Dorthe a conçu pour être un vin plaisir, nous transporte immédiatement vers le sud et les vacances…j’entends presque les cigales !

Cœur de Pierre – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2009 – Domaine Mazel à Pradons : le nez est ouvert et de belle intensité sur les fruits rouges croquants et les épices, la bouche est riche et dense mais superbement équilibrée, la finale est soutenue par des tanins très gourmands.
Cette cuvée composée avec plus de 80% de grenache complété par du merlot a ravi l’assemblée. J’ai bu et rebu ce vin durant tout l’été et je le retrouve avec le même plaisir en cette fin d’automne…une superbe réussite pour ce jeune vigneron dont je vous ai déjà parlé ICI et LA.

Terroirs extrêmes – Côtes du Vivarais 2008 – Clos des Senteurs à Massargues : le nez est franc et engageant sur la cerise noire, la bouche est équilibrée mais la structure reste un peu fluette, la finale est fraîche et désaltérante.
Cette syrah digeste et assez légère est produite sur des vieilles vignes situées en altitude près d’Orgnac l’Aven. Plaisant et facile d’accès, ce vin resté quelque peu dans l’ombre du précédent, offre une vision séduisante et digeste de ce cépage.

Syrah – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2007 – Domaine du Grangeon à Balbiac : le nez s’ouvre sur des notes d’eucalyptus puis se développe avec race et complexité avec des arômes de cerise à l’eau de vie et d’épices douces, la bouche est remarquable d’équilibre et de concentration, ample, ronde et délicieusement aromatique avec une finale très longue légèrement fumée et poivrée.
Issu d’un terroir gréseux près du village de Rosières et élevé 12 à 18 mois en barriques bourguignonnes ce vin est vraiment magnifique. Pour une telle qualité à moins de 8 euros, on ne peut que dire une chose : bravo et merci M. Reynouard !

Fontaury – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2007 – Domaine Jouret à Villeneuve de Berg : le nez est très proche de celui du vin précédent avec un fruit très gourmand et peut-être une touche un peu plus alcooleuse en fond, la bouche est charnue avec de la rondeur et beaucoup de soyeux, la finale est longue mais un poil trop chaude à mon goût.
Jerôme Jouret exploite des vignes près de Villeneuve de Berg et dans la splendide vallée de l’Ibie, il recherche des vins authentiques et gourmands comme cette belle cuvée de syrah qui à conquis l’assemblée de ce soir. Encore du pur bonheur en bouteille pour un peu plus de 8 euros !

Ardèche-Chardonnay – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2007 – Louis Latour à Beaune : le nez est frais et agréable sur les agrumes, la bouche est bien nette, équilibrée et la finale est courte mais dotée d’une fraîcheur agréable.
Ce vin constitue la transition entre les deux thèmes de la soirée mais évoque également un autre aspect de la viticulture ardéchoise : en effet, beaucoup de domaines viticoles ardéchois fournissent de grandes maisons de négoce bourguignonnes en raisins (comme le domaine du Chapitre d’ailleurs).
C’est une cuvée bien faite, agréable et immédiatement séduisante, elle se boit avec facilité et même avec un certain plaisir, mais on regrette quand même un manque de fond et une présence un peu impersonnelle.

 

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La série ardéchoise au complet.

 

 

- Cette première incursion bien incomplète en terre ardéchoise a révélé l’existence d’une jeune génération de vignerons motivés et bien décidés à se battre pour faire reconnaître les potentialités de ce vignoble en produisant des vins de très bonne qualité au rapports qualité/prix quasiment inégalables.

- Le groupe, dont la plupart des membres découvraient la production vinique de cette région, a été étonné et conquis par la qualité des bouteilles dégustées : Mazel, Grangeon et Clapas ont été plébiscités…
- Face à ces vins gourmands et immédiats la question de l’évolution dans le temps de ces cuvées a été évoquée…le message a été bien reçu : je vais donc profiter de mes 3 semaines estivales de villégiature ardéchoises pour dégotter quelques vieux flacons.
Nouvelle série et seconde visite gustative dans ce vignoble à venir…

- Pour ce qui est du coup de cœur personnel : je souscris pleinement au choix du tiercé gagnant par le groupe, avec une petite préférence pour la Syrah du Grangeon, exceptionnelle de classe et d’équilibre.



Thème 2 : 6 vins pour un match Puligny-Meursault.

 

 

Puligny Montrachet 2004 – Domaine Carillon à Puligny : le nez est franc et précis sur le citron et le cône de houblon, la bouche est finement ciselée avec une pureté minérale remarquable et une longueur finale exceptionnelle.
Meursault Tessons 2004 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : le nez est ouvert et complexe sur le miel, la mie de pain et quelques notes florales, la bouche est opulente avec une structure large et généreuse et une finale réglissée.
 

 

L’entrée en matière est réussie avec ces deux beaux vins fortement typés par leur origine. Dans ce premier face à face, le Puligny a séduit par sa droiture et sa tension minérale alors que le Meursault a dérouté certains dégustateurs par la complexité de sa structure.


Puligny Montrachet 2003 – Domaine Carillon à Puligny : le nez est précis et bien complexe avec des notes de citron, de fougère et quelques touches plus florales, la bouche est parfaitement équilibrée entre un gras sensible et une tension acide très droite, la finale est bien fraîche et de longueur moyenne.
Meursault Vieilles Vignes 2003 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : le nez est intense et complexe sur le miel de forêt, la mirabelle, la brioche au beurre, la bouche possède un toucher soyeux avec un gras perceptible et une présence aromatique puissante. La finale est bien longue, très goûteuse mais sans lourdeur.

 

Le millésime a généré des vins très expressifs et plein de gourmandise et ces deux cuvées ne renient pas le style. Le Puligny reste plus tendu que le Meursault, mais ce dernier se distingue par une richesse aromatique assez rare…difficile de choisir, mais le faut-il vraiment ?


Puligny Montrachet 1°Cru Les Referts 2002 – Domaine Carillon à Puligny : le nez est franc et riche avec des notes d’agrumes mûrs, de fleurs, de vanille et de craie, la bouche possède une structure généreuse, le gras et la rondeur sont affirmés mais une minéralité intense s’impose peu à peu sur toute la longueur de la finale.

Meursault Les Vireuils 2002 – Château Genot-Boulanger à Meursault : le nez est pur et profond sur les agrumes (mandarine) et la brioche, la bouche est dense et concentrée avec beaucoup de gras et une finale où de fines notes de pamplemousse apportent une fraîcheur bienvenue à la finale.
 

 

Les deux vins sont amples et très élégants avec des profils aromatiques complexes et des structures en bouche bien équilibrées. Entre ces deux cuvées très réussies et totalement épanouies aujourd’hui, le choix a légèrement penché en faveur du Puligny, mais le duel était un peu tronqué (le Puligny est un 1°Cru).

 

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Un trio bien sympathique (ma cave est vraiment très humide...et mon appareil photo vraiment pourri !!!)

 

 

- ce petit jeu bien sympathique nous a permis avant tout de nous concentrer pour identifier les particularités de ces 2 appellations géographiquement si proches mais gustativement si différentes : équilibre soyeux et miel à Meursault, tension et minéralité à Puligny… ces 6 vins n’ont vraiment pas trahi leur terroir.

- s’il faut désigner l’appellation gagnante de ce petit « match », ce sera Puligny devant Meursault, mais cela relève de l’anecdote…en tous cas, le plaisir procuré par la dégustation de ces 6 très beaux vins nous a donné une furieuse envie d’organiser très prochainement une rencontre retour.

- Pour les coups de cœur : Meursault Vieilles Vignes 2003 et Referts 2002, parfaits ambassadeurs de leurs prestigieux terroirs.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 18:03

 

Château Pichon Comtesse 1988


Robe : grenat sombre et dense.
Nez : 10 minutes l’olfaction est en place, superbe de pureté et de profondeur, on y rencontre la mûre, la violette, l’encens et les épices…magnifique !
Bouche : la chair et l’équilibre plein de suavité marquent incontestablement la belle origine, les tanins allient densité et souplesse, la finale est longue et d’une fraîcheur parfaite.
Un très grand vin mûr et épanoui qui vibre longuement au palais…il n’a qu’un seul défaut majeur : à plus de 100 euros il est rentré dans cette catégorie de vins où on paye beaucoup plus le contenant (l’étiquette et les fantasmes qu’elle induit) que le contenu et le bonheur qu’il procure... Dommage !


Riesling Pflaenzerreben 2002 – Domaine Rolly-Gassmann à Rorschwihr


Robe : jaune clair, jeune et d’une pureté cristalline.
Nez : frais et charmeur avec une palette riche et expressive sur les agrumes mûrs et les épices.
Bouche : le gras et la maturité s’imposent à l’attaque mais l’acidité et la minéralité se manifestent dès le milieu de bouche pour dominer une finale très longue et délicatement poivrée.
Un riesling typique de la maison Rolly-Gassmann : des matières concentrées qui vibrent en synchronie pour construire des harmonies incroyables…Grandiose !


Riesling Turkheim 2004 – Domaine Zind-Humbrecht à Turkheim

 

Robe : jaune prononcé, lumineux.
Nez : franc, pur et très profond, la palette sur les fruits bien mûrs (mandarine, abricot) évolue doucement vers des notes de tarte au citron.
Bouche : la matière est très belle, la richesse est équilibrée par une acidité immédiate, longue et tendue, la finale laisse apparaître une touche anisée très raffinée.
Un riesling complexe et gourmand, pleinement épanoui…que du bonheur !


Puligny Montrachet 2004 – Domaine Carillon à Puligny


Robe : jaune très clair avec des reflets vert-pâle.
Nez : franc, pur et expressif avec des notes de citron vert, de pêche blanche, de gingembre et quelques touches minérales.
Bouche : l’équilibre est somptueux, le gras et l’acidité vive et pénétrante se complètent superbement, la finale est longue, tendue et profondément minérale.
Un 2004 splendide avec une palette pure et une structure verticale d’une grande élégance...on cherche en vain persil, asperge, gentiane ou autres marqueurs végétaux du millésime... comme quoi il n’y a pas de fatalité dans une année difficile !

 


Beaune 1°Cru Les Tuvilains 2005 – H. Murat à Concoeur


Robe : rubis sombre avec une frange rose.
Nez : la profondeur, la pureté et la complexité sont inouïes : cerise noire, noyau, épices, café, fumé discret et boisé très suave.
Bouche : le gras et la fraîcheur construisent un équilibre proche de la perfection, de fines notes florales s’invitent en finale. La persistance est moyenne mais on est tellement pressé de reprendre une gorgée que cette petite faiblesse devient un atout...
Un niveau qualitatif exceptionnel et une buvabilité incomparable...Un vin irrésistible !
Comme me l’avait annoncé Hervé Murat cet été, ce Tuvilains est au top en ce moment...le 2009 qui figure de nouveau sur la carte du domaine s’annonce dans le même ligne, à bon entendeur...


Riesling Grand Cru Frankstein 2007 – Domaine Beck-Hartweg à Dambach


Robe : jaune clair, très brillant.
Nez : d’intensité moyenne l’olfaction révèle une palette élégante et complexe sur les agrumes, la résine et quelques notes terpéniques après oxygénation.
Bouche : rond et bien équilibré avec un gras très présent et une acidité vive et très fine donnent beaucoup de classe à la structure, la minéralité s’exprime pleinement en finale avec de très beaux amers qui rappellent le pamplemousse.
Gras et très puissant mais sans lourdeur, le piège de la surmaturité trop présente a visiblement été évité… un riesling plein de race, une très belle réussite !


Riesling 2007 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr


Robe : jaune très clair avec des éclats vert pâle.
Nez : agréable, très engageant, il offre une palette évolutive d’abord exotique (ananas frais) elle livre des notes de citron mûr, d’amande, de gingembre, de pierre…
Bouche : l’équilibre est frais et tendu, le fruité est épanoui, la finale révèle des notes d’agrumes et une belle structure saline qui s’affirme peu à peu.
Ce riesling est issu en partie de jeunes vignes sur le Sommerberg…c’est superbe, ça se boit tout seul et ça vaut 8 euros au domaine. Que demander de plus !

 

 

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Les Sommerberg fin octobre...toujours aussi beau, quelle que soit la saison !

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 09:20

 

Voilà une semaine qu’il fait beau en Alsace et les derniers raisins sont prêts à être rentrés. A quelques heures d’intervalle, j’ai reçu des messages de Florian Beck et Jean Marie Bechtold me prévenant que ce jeudi 15 octobre ils prévoyaient une journée de vendanges et qu’ils m’invitaient à y participer
Au domaine Bechtold, on rentre du pinot noir alors qu’au domaine Beck-Hartweg, ce sont des rieslings en surmaturité qui vont être récoltés. Florian a prévu de débuter la vendange à midi afin de laisser le temps aux raisins de bien sécher alors que Jean-Marie a convoqué ses vendangeurs dès le matin pour couper ses pinots noirs sur le coteau de l’Obere Hund.
Je vais pouvoir commencer à Dahlenheim et poursuivre à Dambach…ma formation de viticulteur amateur va s’enrichir de deux nouvelles expériences. SUPER !

 


Il est 10 heures du matin et je me retrouve sur les pentes de l’Obere Hund en compagnie de Jean-Marie Bechtold et d’une quinzaine de vendangeurs en train de récolter ces fameux pinots noirs qui ont vraiment pris leur temps pour arriver à maturité cette année.


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Un rang de pinots noirs sur l’Obere Hund


Jean-Marie est un peu soucieux « j’ai du attendre très longtemps pour que les fruits arrivent à un degré de maturité satisfaisant, mais il va falloir trier sévèrement ».
Depuis deux millésimes, ce vigneron élabore ses pinots noirs en intégrant une partie de vendange entière « je suis obligé d’être intransigeant quant à la qualité du tri…aucun grain abîmé ne doit arriver dans mes cuves ». Les vendangeurs ont visiblement été sensibilisés au problème car ils passent beaucoup de temps à scruter chaque grappe avant de la poser dans la caissette…un exercice difficile qui exige beaucoup de patience et de concentration.


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Les grappes sont « disséquées » jusqu’au niveau de la rafle pour traquer toute trace de pourriture.

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Au bout du compte, la vendange a belle allure.

 


Pendant la pause-café, Jean-Marie me propose de faire un tour dans ses autres parcelles pour évaluer l’état des raisins.

 

 

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Pause-café bien méritée pour les vendangeurs.
 


Sur l’Obere Hund, où le pinot noir a un peu souffert, les muscats et les gewurztraminers sont parfaits.

 

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Muscat

 

 

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Gewurztraminer

 


Pour finir nous nous rendons sur les pentes du Scharrachberg pour voir les rieslings du Sussenberg : un état sanitaire irréprochable et des baies qui continuent de mûrir…Jean-Marie s’interroge sur l’attitude à adopter « il y a la matière pour réussir une cuvée SGN de haut niveau…mais l’état de mes stocks me demande plutôt de réaliser une cuvée de vin sec ».
Cruel dilemme entre plaisir de vinifier des vins rares et réalisme économique…


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Les rieslings du Sussenberg

 

 

Nous retournons vers les vendangeurs qui on repris leurs difficiles montées et descentes sur ce coteau abrupt… il est 11H30, cela me laisse juste le temps de repartir vers la sud en direction de Dambach la Ville…

 

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Vues d’en haut les pentes de l’Obere Hund sont assez impressionnantes : les vendangeurs auront réalisé quelques hectomètres de dénivelée à la fin de la journée.

 


A midi tapantes, j’arrive au domaine Beck-Hartweg où une équipe resserrée de vendangeurs se met en route pour les vignes de rieslings situées près du village. Sur ces deux petites parcelles, les raisins dont nous avons évalué le niveau de maturité jeudi dernier ont profité du généreux ensoleillement de cette semaine écoulée pour gagner en concentration.

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Les rieslings vieilles vignes du domaine Beck-Hartweg

 

L’état général des fruits est impressionnant : des grappes tout à fait saines avec une belle proportion de grains passerillés. Au goût c’est parfait, confit avec cette pointe d’acidité très fine qui rappelle la nature profonde de ce cépage…Superbe !


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Une belle grappe avec des baies passerillées


La coupe des raisins est facile : le soleil brille, l’absence de feuilles rend les fruits bien visibles et le tri est vraiment superflu…que demander de plus ?
J’ai quand même une pensée pour Jean-Marie et ses vendangeurs qui crapahutent sur l’Obere Hund…ce n’est vraiment pas le même travail !


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Si, si, il fait vraiment chaud…si vous regardez bien vous verrez que Florian est en Tshirt.

 

La récolte dépasse les espérances : 110 oechsle sur cette parcelle… Florian et ses parents n’en reviennent pas, l’oncle octogénaire venu prêter main forte reconnaît n’avoir jamais vu de tels rieslings à Dambach.


La seconde parcelle est une très vieille vigne de plus de 50 ans : là aussi l’état des fruits est impeccable mais les charges sont encore plus faibles et la proportion de baies confites semble supérieure.


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Des rieslings sur l’une des plus vieilles parcelles du domaine.


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Une grappe bien confite.

 


120 oechsle… encore mieux que sur la parcelle précédente « c’est inouï, personne va croire ça… » s’exclame Florian « la cuvée Vieilles Vignes fera une VT en 2010, c’est complètement fou ! »
A 16 heures, la douzaine de bottiches part vers le pressoir pour un pressurage lent et très doux.
Le jus qui commence à s’écouler confirme les premières évaluations :
 

 

16° potentiels…une incroyable cuvée de riesling VT vient de naître !


 

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Infatigable cavaleur entre les rangs de vigne et quémandeur obstiné lors des
pauses-café…voici « Huppser » la mascotte des vendanges du domaine Beck-Hartweg.

 


Voilà encore une journée où j’aurai appris un peu plus sur ce beau métier avec ces vignerons dont la qualité du travail et le sens du partage méritent vraiment un grand coup de chapeau.
Tous deux défenseurs d’une viticulture exigeante et sans concessions, ils savent que le vin se fait avant tout à la vigne et partagent les mêmes convictions sur l’importance du respect de la nature… au vu de la qualité générale des fruits produits sur ce millésime complexe, je pense qu’ils ne peuvent être que confortés dans leur choix.

Bravo et merci !

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 23:51

 

 



Nouvelle séance du club à 2 thèmes avec une série de vins de Chablis et une sélection de vins californiens : deux mondes qui parfois se retrouvent…
A ce titre, notre ami François, en est une preuve vivante : originaire de la région d’Auxerre et professionnellement exilé aux Etats-Unis durant 7 ans, il a fourni la plus grande partie des flacons qui ont illustré cette belle soirée de découverte.
De mon côté j’ai complété la série de Chablis en sortant quelques vieux flacons de ma collection personnelle.

Les vins sont présentés et expliqués par les organisateurs et ne sont donc pas dégustés à l’aveugle.
Verres Spiegelau et INAO

Soirée club AOC du 8 octobre 2010 à Schiltigheim


Crémant d’Alsace – Chardonnay-Cuvée Calixte – Cave de Hunawihr


Le nez est agréable et frais sur les fruits blancs et la brioche, la bouche est joliment crémeuse avec une bulle fine et légère et un finale bien désaltérante.
Ce crémant se distingue par sa pureté aromatique et sa belle présence en bouche mais aussi par son excellent rapport Q/P.
Je l’ai pris juste comme ça à la FAV du Simply pour une petite mise en bouche en accord avec le premier thème de la soirée…à moins de 6 euros c’est plutôt une bonne surprise !



Première série : premiers pas dans le chablisien.


Chablis 2008 – Domaine de la Meulière à Fleys


Le nez est franc et typé sur le citron, la pierre avec des notes légèrement mentholées, la bouche est vive, l’acidité est tranchante mais pas agressive, la minéralité s’impose progressivement jusqu’en finale.
Ce Chablis net et sans concession a été distingué à de nombreuses reprises mais aurait encore mérité une petit année de garde pour s’assagir un peu.


Chablis Vieilles Vignes 2008 – Domaine du Colombier à Fontenay


Le nez est discret et fin sur le beurre frais, la noisette avec quelques notes vanillées, la bouche est souple et finement acidulée, la finale est un peu courte et légèrement amère.
Une cuvée que je connais et que j’apprécie depuis plusieurs millésimes mais qui se présente à nous dans une phase peu flatteuse : la bouche semble chercher sa cohérence entre rondeur et vivacité, la finale n’est pas très avenante…nous avons peut-être été un peu pressés.

 


Chablis 1°Cru Vosgros 2008 – Domaine du Chardonnay à Chablis

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Le nez est pur et très fin avec des notes de poire et de fleurs blanches, la bouche possède une matière puissante mais la structure est encore bien confuse, la finale laisse apparaître de beaux arômes de groseille blanche.
La noblesse du terroir se ressent dans la pureté olfactive et dans la densité de la matière mais le vin n’est pas encore complètement en place…prometteur mais encore très jeune.


Chablis 1°Cru Fourchaume 2007 – Domaine du Colombier à Fontenay

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Le nez s’ouvre sur quelques notes de réduction rapidement remplacées par une palette classique sur le beurre, la noisette, la craie et la brioche, la bouche est ample et assez grasse avec une sensation minérale (silex) qui s’impose peu à peu, la finale est fraîche avec une légère amertume
On attendait un peu les fameuses notes de pierre à feu…nous voilà servis avec ce premier cru qui commence à parler même si la fin de bouche semble un peu marquée par la sous-maturité.


Chablis 1°Cru Fourchaume 2006 – Domaine du Colombier à Fontenay


Le nez est discret mais tout en élégance et en complexité avec des notes de fruits blancs et quelques évocations mentholées, la bouche attaque sur le gras et la rondeur, la minéralité s’impose progressivement pour marquer la finale d’une belle salinité.
Un Fourchaume épanoui et équilibré qui s’exprime bien et qui s’apprécie très facilement… Goûtu !


Chablis 1°Cru Fourchaume 2005 – Domaine du Colombier à Fontenay


Le nez est très fin avec une belle complexité, fruits blancs, beurre, brioche…, la bouche possède une superbe structure, un très bel équilibre et une finale délicatement réglissée et bien longue.
Un très beau premier cru issu d’un beau millésime dans sa phase de plénitude…une rencontre réussie !

 


Chablis 1°Cru Vaillons 2007 – Moreau Naudet à Chablis

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Le nez est flatteur sur les fruits blancs avec un boisé assez présent, la bouche possède une matière riche et complexe, une belle acidité, un équilibre tonique et finale longue mais marquée par le bois.
2/3 bois et 1/3 cuve pour ce Chablis version plus moderne..il est prometteur mais devra encore s’harmoniser un peu en cave pour exprimer sa classe.



Chablis Grand Cru Bougros 2002 – Domaine du Colombier à Fontenay

et3bougros 


Le nez est très complexe, un véritable récital olfactif sur le miel d’acacia, la résine, la sous-bois, le beurre, la brioche et les épices douces, la bouche est ample et grasse avec des arômes de miel très présents, la tension acide se révèle pleinement en finale.
Etonnant de complexité mais déroutant par sa structure ce Grand Cru a un peu divisé l’assemblée… pas trop Chablis mais sûrement très beau vin.


Pour conclure :

- Les chardonnays s’expriment vraiment de façon particulière sur ces fameux calcaires du Kimméridgien et du Portlandien : secs et droits, ils savent rester légers à la première approche mais révèlent très souvent des structures complexes où le gras enveloppe cette flamme minérale si particulière.
- Pour les coups de cœur : le Fourchaume 2005 a remporté facilement la mise, complexe et élégant il est dans la pleine force de l’âge, le Bougros 2002 m’a séduit par son opulence et sa richesse aromatique.
- Il faut également relever le rapport Q/P exceptionnel des crus de Chablis : si on oublie les inaccessibles superstars de la région, on reste dans des valeurs entre 10 et 20 euros… une aubaine pour amateurs de beaux blancs bourguignons !

 



Deuxième série : California Dream.


Lioco – Chardonnay 2007 – Sonoma County


Le nez est proche des Chablis, discret, légèrement beurré et délicatement floral, la bouche est opulente avec un joli gras et une puissante minéralité, la finale est un peu marquée par l’alcool mais la persistance aromatique est longue.
Un vin charnu et gourmand dont la richesse alcoolique choque un peu nos  palais français…en tous cas, une très belle entrée en matière !

 

 

Fess Parker – Chardonnay 2006 – St. Rita Hills


Le nez est franc et flatteur sur l’ananas, la vanille, la pierre, la bouche est riche avec un gras présent et une palette expressive sur le citron, le boisé et l’alcool dominent un peu la finale.
Fess Parker, le créateur de cette Vinery, fut l’acteur qui incarna Davy Crocket dans le milieu des années 50. Là où d’autres se lancèrent dans la politique avec plus ou moins de bonheur, ce comédien choisit de se reconvertir en producteur de vin…ses successeurs lui rendent l’hommage qu’il mérite avec cette cuvée très « spectaculaire »..


Noble Tree – Pinot Noir 2008 – Russian River Valley


Le nez est intense et expressif avec de belles notes de prune, de pêche de vigne et de pain d’épices, la bouche est ronde et suave avec un joli volume et une finale anisée et mentholée mais un poil trop chaude à mon goût.
Cette vision californienne du pinot noir a un potentiel de séduction indiscutable, même si la matière dense et riche de cette cuvée bouleverse un peu nos repères habituels sur ce cépage.


Cuvée de Trois – Pinot Noir 2005 – Russian River Valley

 Swan


Le nez est fin et élégant sur le cassis, la prune et le café moulu, la bouche est opulente, le gras est sensible mais la trame tannique est bien présente, la finale est longue et assez digeste.
Un très beau pinot noir avec un équilibre plus classique et plus conforme à nos habitudes gustatives.


Tamas – Zinfandel 2007 – Central Coast


Le nez est puissant et expressif avec des arômes de fruits noirs confits et quelques notes terreuses (sous-bois, terre humide), la bouche ronde et soyeuses fait la part belle à ces nuances minérales repérées à l’olfaction, la finale est longue mais un peu alcooleuse.
Ce cépage considéré comme le seul vraiment indigène au US, donne un vin flatteur et gourmand, qu’un excès d’alcool alourdit quelque peu (près de 15° quand même !).
 

 

Ridge 2007 – Sonoma County

 Ridge


Le nez est très flatteur, fruits à l’eau de vie, cerise confite et quelques épices emplissent les narines, la bouche est ronde, ample et charnue avec une belle mâche tannique et une finale longue, marquée par le poivre blanc…et toujours un peu par l’alcool.
Cette belle cuvée est issue d’un assemblage de 76% de Zinfnadel complété par des cépages importés (syrah, grenache, carignan…) et élevée 9 mois en barriques de chêne US (dont 1/3 de neuf). Le boisé est bien intégré, l’alcool commence à se fondre…pourquoi ne pas essayer de le garder encore un peu ?


Bucklin – Zinfandel Old Hill Ranch 2006 – Sonoma County


Le nez puissant et expressif est marqué par des arômes de torréfaction, de fruits rouges confits mais aussi par quelques notes alcooleuses, la bouche révèle une structure soyeuse avec de beaux tanins et une discrète acidité, la longue finale dévoile une très belle palette sur les épices et l’eucalyptus.
Comme la précédente, cette cuvée est constituée d’un assemblage de Zinfandel avec une vingtaine d’autres cépages (grenache, alicante, syrah…) et élevée 20 mois en barriques de chêne français (40% bois neuf). La conception de ce vin est ambitieuse mais le résultat final est un peu too much pour moi…



Corison – Cabernet Sauvignon 2003 – Napa Valley


Le nez est fin et subtil avec de belles notes de fruits noirs frais et d’eucalyptus, la bouche est ronde et ample, la trame tannique est soyeuse et la finale séduit par sa longueur et sa belle fraîcheur.
Cette cuvée qui titre moins de 14° (une rareté…) nous offre un beau récital aromatique avec une alliance pleinement réussie entre puissance et élégance…Grand vin !


Clos du Val – Cabernet Sauvignon 1998 – Napa Valley

 

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Le nez est fin, délicat et d’une grande complexité, fruits noirs, humus, épices et tabac blond, la bouche est ample et charnue avec une trame tannique très solide et une finale longue où l’alcool domine un peu le fruit.
Une grosse cartouche (le 2005 se vend plus de 100 $…) qui tient son rang, même après plus de 10 ans de vieillissement… sans cette présence alcoolique encore excessive à mon goût on approcherai sûrement du sublime !

 
Pour conclure :

- Cette première incursion poussée dans le Nouveau Monde m’a plutôt convaincu. Certes nous sommes loin de notre conception du vin : ici on parle Vinery et cépage pour définir un cru, la notion de terroir étant le plus souvent occultée. Ceci dit, ces vins sont vraiment bien faits : très riches au niveau aromatique et d’une rondeur avenante en bouche, ils ont un pouvoir de séduction incontestable

- S’il fallait mettre un petit bémol je le situerai à 2 niveaux : la richesse alcoolique excessive (les 15° sont régulièrement atteints ou dépassés, ouch !!!) et les prix quand même très élevés (on dépasse vite les 30 $…), mais bon, pas de quoi mettre en cause la très bonne impression générale laissée par cette belle série.

- Pour le coup de cœur : aucune hésitation, c’est le cabernet sauvignon 2003 de Corison, à mon goût parfaitement équilibré. YESSS !

 

grapes

 

Une grappe de cabernet sauvignon sur une parcelle de la Corison Vinery (photo piquée sur le site du domaine)

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 09:25




Jeudi 8 octobre 2010, je vais enfin réaliser un vieux rêve : participer à une journée de vendanges en Alsace.
Après une première expérience de coupeur de raisins lors de la récolte du vin de glace au domaine de l’Oriel en janvier 2009, je vais compléter ma culture d’œnophile en m’intégrant dans une équipe de vendangeurs du domaine Beck-Hartweg.


C’est une matinée d’automne un peu brumeuse mais il y a comme une ambiance de mobilisation générale à Dambach : partout des tracteurs, des chariots avec leurs chargement de bottiches multicolores et des camionnettes transportant le personnel…ça bouge dans tous les sens !

Au domaine Beck-Hartweg, la petite dizaine de vendangeurs engagés pour cette journée est au complet, équipée et prête à partir vers 8 heures : il y a des étudiants, des saisonniers et même un invité d’origine écossaise qui réside en Suisse et qui, comme moi, a souhaité vivre cette expérience.


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Une brume tenace sur les collines de Dambach nous aura caché le soleil durant toute la journée.


L’organisation est bien rodée : Florian et Yvette (sa maman) s’occupent de la gestion de l’équipe de vendangeurs et Michel (le papa) est chargé de le réception des raisins et du pressurage.

La première parcelle à traiter est une vigne de pinot blanc : les fruits sont mûrs, bien dorés et délicieusement sucrés.
Florian rappelle ses exigences lors d’un rapide briefing : on ne tolère aucun grain pourri, « le cas échéant on enlève les baies douteuses de la grappe avant de la mettre dans le seau », on n’oublie pas de fruits ni sur le pied ni par terre « en général ce sont les raisins les plus mûrs qui tombent ».
Le flux des seaux pleins vers les bottiches et des seaux vides vers les vendangeurs est bien organisé et la récolte est assez rapide… il faut dire que le bel état sanitaire des fruits facilite grandement le travail.

 

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Une pause café bienvenue en attendant le tracteur…


La seconde parcelle est une jeune vigne d’auxerrois… encore plus belle !

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Un pied d’auxerrois avec des fruits bien mûrs.


A côté de cette parcelle d’auxerrois, le domaine possède une vigne de pinots gris qui attendront encore quelques jours afin d’atteindre le niveau de maturité souhaité pour la fameuse Cuvée de l’Ours. Là aussi l’état sanitaire est impeccable… et avec cette météo qui s’annonce particulièrement favorable pour les jours à venir, la réussite d’un beau vin moelleux ne fait plus aucun doute.



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Un magnifique pied de pinot gris… future Cuvée de l’Ours.
 

 

L’étape suivante nous conduit vers une parcelle de riesling sur un secteur du lieu-dit Frankstein, mais exclu de l’aire d’appellation Grand Cru. C’est un coteau granitique, moyennement pentu et orienté à l’est ; le nom cadastral du lieu-dit étant protégé, ces raisins serviront à élaborer la cuvée Réserve du domaine.
Comme souvent, le rang qui jouxte une parcelle travaillée en viticulture traditionnelle porte des raisins de qualité plus hétérogène : ici le travail de tri est assez conséquent et les conseils d’Yvette ou de Florian sont souvent précieux pour le néophyte : entre le passerillage, le botrytis, les baies fendues par les abeilles…la sélection est parfois délicate.

 

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Les seaux attendent les vendangeurs au bout des rangs de riesling.

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C’est reparti…

 

 

Dans les rangs suivants, l’opération de tri devient superflue, les fruits sont parfaitement sains : de belles grappes bien aérées avec de petites baies bien sucrées, des peaux et des pépins très mûrs, un plaisir !
Le cliquetis de mon sécateur s’accélère peu à peu… je commence à prendre le rythme du groupe…

 

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Un pied de riesling sur cette parcelle : des fruits impeccables !

 


Vers midi, la pause déjeuner se fait en plein-air, au milieu des vignes : viande en sauce, pommes vapeur et fromage le tout arrosé par quelques bouteilles du domaine, notamment le riesling Réserve 2009, histoire de montrer aux vendangeurs ce que deviendront les précieux fruits qu’ils récoltent aujourd’hui.

 

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Le groupe de vendangeurs en pause-déjeuner.



Vers 13 heures, le groupe repart entre les rangs de vigne et Florian me propose de l’accompagner pour vérifier le niveau de maturité et l’état sanitaire des autres parcelles du domaine.

Sur les coteaux, les rieslings sont impeccables, aucune pourriture et des niveaux de maturité tout à fait satisfaisants : le jus prélevé sur une dizaine de baies non passerillées titre plus de 12° « ça fera des jus entre 12°5 et 13° avec l’apport des baies plus confites ».
 

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Un pied de riesling sur un coteau près du Grand Cru


Près du village, des parcelles de vieilles vignes prévues pour une vendange en sur-maturité sont également très prometteuses : aucune pourriture et des baies qui commencent à passeriller.

 

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Un très vieux pied de riesling dans une parcelle près du village.



Nous finissons notre petit tour par une vigne sur le Grand Cru : belle maturité, très bon état sanitaire… pas de doute, il ne va plus falloir trop attendre pour rentrer ces raisins.
Comme sur l’autre parcelle de riesling, le rang contigu à une vigne cultivée en traditionnel (avec engrais et pesticides) porte des raisins de qualité inférieure « je vais être obligé de déclasser ces raisins, pas question de les faire rentrer dans la cuvée Grand Cru ». D’un côté des grappes serrées dont les grains ont des niveaux de maturité très hétérogènes (des grains verts, mûrs, passerillés et pourris sur la même grappe) de l’autre, de petites grappes dorées bien saines… le contraste est saisissant !
 

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Un pied sur le premier rang…

 


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…un pied sur le second rang.


Ces 2 photos prises sur deux pieds voisins montrent clairement qu’une viticulture bio et une maîtrise de la vigueur de la vigne constituent des moyens efficaces pour garantir un bon état sanitaire et une maturation homogène des raisins.
Par contre pour le rendement, c’est une autre histoire… il suffit de regarder pour comprendre !

De retour auprès des vendangeurs, je reprend ma place avec mon seau et mon sécateur pour continuer mon travail jusqu’à la pause-goûter de 16 heures, où Florian annonce à son équipe la suite du programme pour vendredi et samedi : même si la météo s’annonce encore très favorable pour les prochains jours, il n’y pas de raison d’attendre car les rieslings ont atteint l’équilibre optimal recherché.

 

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Pause-goûter et briefing pour les jours à venir.


Avant de rentrer à Strasbourg, Florian m’invite à l’accompagner au chai pour assister à la réception des raisins et à la mise au pressoir.

 

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Les bottiches pleines arrivent au pressoir…

 

 

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Les raisins sont versés dans le pressoir pneumatique

 

Les fruits vont subir un pressurage très doux durant près de 4 heures, le débourbage se fera dans des cuves inox et la fermentation dans les traditionnels foudres en bois. Cette matière première de grande qualité témoigne du travail exceptionnel que la famille Beck-Hartweg fournit à la vigne, maintenant la balle est dans le camp du vigneron-vinificateur…un beau challenge !

Merci à Yvette, Michel et Florian de m’avoir accepté dans leur équipe de vendangeurs pour me permettre de compléter ma culture d’oenophile. J’ai appris énormément de choses sur le métier de vigneron et j’ai apprécié pleinement ce beau moment de convivialité, je reviendrai dès que possible, peut-être pour couper les rieslings vieilles vignes…

En ce qui concerne le millésime 2010 en Alsace, je crois que ce sera un vrai millésime de viticulteur qui distinguera ceux qui auront travaillé sérieusement dans leurs vignes : la qualité des pratiques culturales, la maîtrise des rendements et le choix des dates de vendanges seront plus que jamais déterminants…

 


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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 16:55

 

Déjà un an... mais tant qu'il y aura des mecs pour écrire des textes comme celui-ci, la mort ne gagnera jamais !

 

Dégustez ça avec moi, sans modération...même si vous n'étiez pas aussi sensibles que moi au charme troublant de la poésie du grand Bashung.

 

CLIC

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 11:02

 

 

 

Bourgogne Passetoutgrains 2008 – Domaine Castagnier à Morey Saint Denis

Robe : rubis très clair avec un bel éclat.
Nez : une palette qui pinote agréablement avec des notes de fruits rouges frais et de feuille de cassis.
Bouche : l’attaque est vive, le fruit croquant emplit la bouche et l’équilibre reste très frais. La finale est délicatement acidulée avec un soupçon d’élevage qui donne une belle tenue à l’ensemble.
Un cuvée d’entrée de gamme comme je les aime : un vin plaisir terriblement bien travaillé avec une bouteille bourguignonne lourde et un bouchon haut de gamme. Lorsque Jérôme Castagnier affirme qu’il soigne ses petites appellations comme les plus grandes, ce ne sont pas des paroles en l’air…Chapeau l’artiste !


Hautes Côtes de Nuits 2006 – Domaine Murat à Concoeur

Robe : pourpre léger avec des bords un peu brunissants.
Nez : un joli festival fruité (fraise, framboise) ouvre une palette complexe où on reconnaît également quelques nuances de terre humide et de feuille de cassis.
Bouche : la vivacité est immédiate mais la chair est très gourmande, la finale est équilibrée avec quelques tanins un peu secs et un boisé discret.
Avec le 2005 qui s’est bien refermé et les 2007 et 2008 encore bien jeunes, ce HCN 2006 est sûrement le vin de Hervé Murat le plus ouvert aujourd’hui…Ne boudons pas notre plaisir !


Le Bourboulenc de Nega Saumas 2007 – Domaine Supply-Royer à Arboras

Robe : jaune clair avec des éclats argentés.
Nez : intense et très complexe, herbe coupée, résine, citron confit et nuances vanillées se succèdent ou s’associent pour composer un nez diablement séduisant.
Bouche : l’attaque est onctueuse, le développement est ample et richement aromatique, la finale laisse apparaître une acidité assez large qui fait saliver.
Une matière riche et vibrante avec une buvabilité splendide : la générosité sudiste est assumée, le boisé est devenu imperceptible et l’équilibre final est bien frais…Attention, vin à indice de « torchabilité » maximal !

 

 

Côtes de Provence Nowat 2006 – Domaine Dupéré Barrera à La Garde

Robe : grenat assez profond avec une frange légèrement brunissante.
Nez : l’olfaction est puissante et complexe, dominée au départ par des notes empyreumatiques (café, cacao amer) l’oxygénation la fait évoluer vers un registre plus tertiaire (couenne de lard) pour finir sur des arômes de thym frais.
Bouche : charnue et concentrée, on se régale avec une mâche très agréable, une énergie presque juvénile et une finale très aromatique sur la pêche jaune.
Ce Côtes de Provence issu d’un assemblage de syrah, carignan, cabernet et mourvèdre a été réalisé sans utiliser d’électricité : vendanges manuelles, foulage au pied, pressoir vertical en bois, aucun pompage…
Ceci dit, il ne faut pas oublier que cette cuvée n’est pas qu’une espèce de « vin-concept »…Nowat 2006 est un grand vin, qui s’exprime avec plénitude aujourd’hui.


Les Vents d’Anges de Haut Montlong 2005 – Sergenton à Pomport

Robe : grenat foncé, assez dense
Nez : moyennement intense mais bien complexe, on y décèle des arômes de prune, de réglisse, d’épices et de fumée.
Bouche : la structure est pleine de rondeur, la mâche est charnue et gourmande, la finale est bien fraîche avec une acidité large et salivante.
Cette cuvée spéciale de Côtes de Bergerac n’existe que dans les très bons millésimes. Réalisé avec 95% de merlot et 5% de cabernet sauvignon et élevé 12 mois en barriques neuves, ce vin s’offre à nous avec beaucoup d’expressivité et un équilibre très sensuel. Un très beau rouge qui se hisse au niveau des magnifiques blancs moelleux du domaine.
 

 

 

Puligny Montrachet 2001 – Domaine L. Carillon à Puligny

Robe : lumineuse et teintée d’or jaune.
Nez : pur et d’une profondeur rare, il s’ouvre sur le citron et la craie pour évoluer vers des notes plus raffinées de beurre frais et d’épices.
Bouche : l’attaque est souple avec un gras très sensible, la minéralité s’affirme progressivement pour s’imposer définitivement dans une finale puissante et longue agrémentée de quelques beaux amers.
Un Puligny village droit et minéral dans la force de l’âge : un plaisir total !


VDP des Côteaux de l’Ardèche – Zig Zag 2008 – Domaine Les Deux Terres à Villeneuve de Berg

Robe : sombre et très dense avec des bords rubis.
Nez : quelques notes de réduction marquent la palette à l’ouverture mais très rapidement l’olfaction se révèle fine et complexe à souhait avec de beaux arômes de violette et quelques nuances minérales (notes très terreuses).
Bouche : la matière est charnue et concentrée, la mâche est grenue mais les tanins sont suaves, la finale délicatement réglissée reste bien fraîche malgré une petite sensation alcooleuse.
Agréable à boire mais solidement charpentée cette belle cuvée 100% syrah,est réalisée par deux jeunes vignerons ardéchois (Manu et Vincent) qui se lancent dans le métier. Un joli cadeau de l’ami cyra qui nous avait déjà régalé cet été avec le viognier du même domaine.
Comme il me plait de le dire, l’Ardèche recèle de beaux terroirs que de plus en plus de jeunes vignerons commencent à mettre en valeur. A suivre…

 

 

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Sur le Silberberg en septembre

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 17:08

 




Dans le prolongement de la dégustation des gewurztraminers GC 2008 de la précédente Masterclass, Thierry Meyer nous propose de compléter le tour d’horizon de ce millésime particulier à travers 2 thèmes plutôt alléchants :

- Thème 1 : 6 vins d’AOC Alsace 2008 avec un bon rapport Q/P.
- Thème 2 : 9 grands vins de terroir 2008 (notés 18 et plus au BD 2011).

Ce millésime frais et tardif, coincé entre 2 années chaudes, a permis aux meilleurs vignerons de retrouver une vraie typicité alsacienne dans leurs vins : avec une vendange dans un très bon état sanitaire, des maturités correctes sans être excessives et de fortes acidités à dominante tartrique, ce fut une sorte de retour au classicisme.
En règle générale, les pinots et les gewurztraminers sont frais et bien équilibrés, les rieslings devaient être vendangés assez tardivement pour éviter la sous-maturité et la douceur de l’arrière-saison a permis l’élaboration de somptueuses VT et SGN.



Thème 1 : 6 Alsace 2008 pour le plaisir à petit prix



Pinot blanc La Tulipe – Domaine G. Neumeyer à Molsheim : le nez est pur et frais sur le citron et la groseille blanche, la bouche est vive avec une belle ampleur et une finale désaltérante, légèrement perlante, marquée par des arômes d’agrumes.
Un pinot blanc classique (50% PB et 50% auxerrois) droit et sec (3g de SR) dont la franchise en fait un excellent vin de convivialité.

Pinot Blanc – Domaine E. Rominger à Westhalten : le nez s’ouvre sur des notes de réduction discrètes mais assez tenaces  avant de livrer de jolis arômes de fruits mûrs et de froment, la bouche possède un beau volume avec d u gras, une salinité bien marquée, la finale est légèrement réglissée et fumée.
Issu à 100% d’auxerrois ce vin possède une très belle complexité et un marquage minéral bien prononcé…un pinot blanc de gastronomie.

Riesling Cuvée Vieilles Vignes – Cave de Ribeauvillé : le nez est bien expressif avec des arômes très purs d’agrumes frais, la bouche est charnue avec un milieu très fruité (mandarine) et une finale très saline qui révèle de belles notes d’herbes aromatiques.
Un riesling franc, généreux mais tendu, dont la vivacité et la jolie palette olfactive en font un compagnon de table de très bon niveau.

Sylvaner Mittelbergheim – Domaine Haegi à Mittelbergheim : le nez est discret sur un registre floral très fin, la bouche possède une structure légère et gouleyante, la finale est courte.
Un sylvaner aérien avec des arômes séduisants mais qui manque un peu de chair en bouche… un vin de soif.

Sylvaner Bollenberg – Domaine F. Schmitt à Orschwihr : le nez est expressif et complexe sur des notes de fruits mûrs et de céréales (grains de blé, farine), la bouche est ample avec du gras, de la chair et une très belle finale fraîche et bien aromatique.
Un sylvaner de haute tenue dont la qualité d’expression en fait un vrai vin de gastronomie…Bluffant, surtout lorsqu’en plus on considère son prix : 4,70 euros… Cette cuvée est épuisée aujourd’hui, dommage !

Sylvaner Vieilles Vignes – Domaine Sipp-Mack à Hunawihr : le nez est discret mais très pur avec des arômes de fruits blancs et de fines notes citronnées, la bouche est équilibrée, charnue avec un joli gras, la finale est bien tendue et délicatement réglissée.
La présence en bouche est magnifique, une matière très harmonieuse malgré un équilibre très sec (2g de SR), on sent le présence d’un grand terroir… et ce n’est pas étonnant puisqu’une partie des raisins de cette cuvée proviennent d’une parcelle sur l’Osterberg.

 

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Ces vins d’entrée de gamme parfaitement réussis, précis et joliment expressifs m’ont particulièrement séduit : ils sont un témoignage concret de la qualité du travail des vignerons et du respect de ces derniers pour leur clientèle. Avec ces cépages qui servent trop souvent à élaborer de la bibine bradée à moins de 2 euros la quille en supermarché, ces producteurs défendent brillamment la diversité alsacienne en élaborant ces superbes cuvées.
Chapeau bas messieurs !

Pas moyen d’isoler un coup de cœur dans cette série dédiée aux rapports Q/P quasiment inégalables (autour de 5 à 6 euros la bouteille)…il faut en remplir sa cave avant qu’il n’y en ait plus (pour le Bollenberg, c’est hélas déjà trop tard).




Thème 2 : 9 grosses pointures sur 2008

 

 


Riesling G.C. Kessler-Heisse Wanne – Domaine Dirler-Cadé à Bergholtz : le nez est fin et discret à l’ouverture, de belles notes de fruits mûrs et un léger vanillé se développent peu à peu, la bouche est ample, la matière est très concentrée, l’acidité est mûre et large, la finale est longue et tendue.
Très pur mais plus discret sur le plan aromatique que lors de ma dégustation au domaine, ce Kessler me laisse toujours cette même impression : une alliance un peu paradoxale entre finesse et puissance (à moins que le terme « puissance » ne soit pas approprié…n’est ce pas Nicolas ?)…en tous cas, malgré ce désaccord sur les mots, l’évaluation qualitative est unanime, c’est un très grand vin !
13°4 – 5g de SR – 9,1g d’acide tartrique.

Riesling G.C. Schlossberg – Domaine Bott-Geyl à Beblenheim : le nez est ouvert et assez intense, marqué par le fruit mûr (agrumes et ananas), la bouche est ronde, concentrée, charnue, la finales est longue et saline.
Un riesling mûr, ouvert et très séduisant issu d’une parcelle dans le fameux vallon du Schlossberg, qui flatte le palais dès aujourd’hui mais dont la densité en bouche laisse présager un très gros potentiel de garde. A cacher dans la cave…
13° – 8g de SR – 9,1g d’acide tartrique.

Riesling G.C. Kastelberg – Domaine Kreydenweiss à Andlau  : le nez est engageant et complexe malgré une certaine retenue, on y perçoit d’agréables notes de beurre frais et de vanille, la bouche est concentrée et très tendue (2g de SR) avec une longue finale légèrement tannique.
Une puissance rare et une race incroyable…quel grand vin !

Riesling G.C. Rangen-Clos Saint Urbain – Domaine Zind-Humbrecht à Turckheim  : le nez est discret mais très complexe, il s’ouvre sur des notes de pierre à fusil, de silex avant de révéler une palette bien fruitée (abricot mûr et citron), la bouche est puissante avec une acidité immédiate, un fruit qui s’affirme progressivement et une finale exceptionnelle de densité et de longueur.
Une salinité puissante, une présence tannique très particulière et une longueur en bouche phénoménale… un Rangen d’anthologie.
4g de SR – 6,3g d’acide tartrique.

Pinot Gris G.C. Muenchberg – Domaine A. Ostertag à Epfig : le nez s’ouvre sur des notes d’élevage (boisé, toasté, fumé), de belles notes florales se manifestent après aération, la bouche possède est très ample avec du gras, un léger moelleux et un puissant soutien acide, la finale est très longue.
Ce pinot gris visiblement travaillé à la « bourguignonne » est évidemment trop jeune pour se livrer pleinement, mais sa matière dense et bien équilibrée lui permettra d’affronter sereinement la future décennie… l’oenophile patient aura le plaisir de déboucher une très grande bouteille dans quelques années.

Pinot Gris G.C. Hengst – Domaine Josmeyer à Kaysersberg : le nez est pur et frais sur les fruits faunes mûrs avec un léger fumé, en bouche, le vin se révèle profond, gras, légèrement moelleux et très salin, la persistance aromatique est étonnante de longueur et de finesse.
Un pinot gris séduisant, extrêmement tentant, mais tellement loin de son optimum gustatif… encore un vin qui va nous faire vivre le dilemme freudien entre principe de plaisir et principe de réalité !


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Pinot Gris G.C. Sommerberg-Les Terrasses – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr : le nez est pur et profond avec un fruité très discret, l’équilibre en bouche est moelleux mais très digeste, la finale est longue et bien fraîche.
On sue sang et eau sur les fameuses terrasses du Sommerberg (je peux en témoigner…depuis cet été) mais lorsqu’on se retrouve face à ce liquide d’or et de miel on se dit que parfois le jeu en vaut la chandelle.
L’équilibre de ce pinot gris est très intéressant : il s’offre avec simplicité et générosité tout en laissant une impression de potentiel en devenir…
12° - 50g de SR – 8,26g d’acide tartrique

G.C. Altenberg de Bergheim – Domaine Deiss à Bergheim : le nez est intense mais un peu confus, des arômes d’agrumes confits et d’épices côtoient quelques notes liégeuses, la bouche est moelleuse, puissante avec une finale bien longue mais qui manque de pureté.
La matière est concentrée mais le profil aromatique manque de netteté…dommage !
Peut-être un souci au niveau du bouchage ???

Gewurztraminer G.C. Mambourg-Quintessence de Grains Nobles – Domaine Weinbach-Faller à Kaysersberg : le nez est intense et expressif sur la mangue et le raisin sec, l’équilibre en bouche est liquoreux, le toucher est gras, la palette est très pure et la persistance aromatique est interminable…
Un gewurztraminer évidemment magnifique… ceci dit, avec ce type de vin on rentre dans un univers que j’avoue ne plus comprendre : à 180.- la demi-bouteille, je me demande pourquoi et pour qui ce gewurztraminer est fait ? Boisson ou produit spéculatif, cette question me laisse un petit goût amer en fin de bouche…


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Coincé entre deux grandes années, 2008 s’impose comme un millésime tout à fait digne d’intégrer cette trilogie exceptionnelle en Alsace : ces vins magnifiques sélectionnés par Thierry constituent de superbes exemples de réussites proches de la perfection.
Je crois pouvoir dire que cette session de dégustation restera gravée dans la mémoire des quelques chanceux qui auront participé à cette Masterclass.

Bien évidemment il est difficile de choisir un vin dans cette prestigieuse série mais si on se prend à raisonner en terme de rapport Q/P le Riesling Kessler de Dirler à un peu mois de 20 euros et le Pinot Gris Terrasses de Claude Weinzorn à un peu plus de 20 euros, s’imposent tout naturellement…à encaver sans hésiter, pour tout de suite ou pour la prochaine décennie.

Mille mercis à Thierry de nous avoir offert ce moment d’exception.

 

PS. Désolé pour la piètre qualité des prises de vue, tout à fait indignes du niveau de ces bouteilles... mais les fêtes de fin d'année approchent,  peut-être que le Père Noël trouvera un appareil photo plus performant à mettre dans sa hotte.

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 17:22

 

Nouvelle séance du club à 2 thèmes avec une série de vins Savoie et une série de rouges italiens.

Comme souvent les vins ont été achetés par Eric et Stéphane sur Caveprivée pour les crus transalpins et chez les vignerons pour les savoyards.


Les vins sont tous dégustés à l’aveugle.
Verres Spiegelau.

Soirée club AOC du 3 septembre 2010 à Kilstett


Première série : la Savoie version blanche et rouge.




Vin de Savoie Chardonnay 2007 – Dupasquier à Jongieux

Le nez est discret avec des notes lactées et miellées, la bouche est assez simple mais agréable, le miel affirme fortement sa présence aromatique.
Bien fait, sans prétention… un vin franc et honnête.


Chignin Bergeron Les Terrassses 2008 – Quénard à Tormery
 

 

Le nez est discret mais très élégant sur la mirabelle, le miel, la bouche est ample avec beaucoup de gras, une rondeur miellée et une finale un peu chargée, légèrement amère et marquée par l’alcool.
Il y a du vin, c’est indiscutable mais l’ensemble manque un peut de cohérence à l’heure actuelle. A revoir dans quelques années…


Chignin Bergeron Grand Orgue 2006 – Magnin à Arbin

Le nez est très mûr avec des notes rôties et quelques évocations pierreuses, l’équilibre en bouche est surprenant, très sec, assez anguleux avec une finale un peu amère.
La matière a un joli volume mais l’ensemble reste un peu dissocié…sûrement encor un peu jeune ?


Roussette de Savoie Marestel 2006 – Dupasquier à Jongieux

Le nez est assez intense sur la mirabelle, le coing confit et quelques notes miellées, la bouche est ample mais un peu dissociée, les SR et un acidité assez pointue cohabitent sans trop d’harmonie. La finale révèle des arômes de miel de chataignier légèrement amères.
Une cuvée que j’apprécie particulièrement sur 2004 et 2005 mais que je n’ai absolument pas reconnue ce soir…un vin déstabilisant, voire décevant.

 

 

Mondeuse 2006 – Dupasquier à Jongieux

Le nez est franc avec des notes de fruits rouges frais et quelques nuances de poivre noir, la bouche est charnue, la trame tannique assez dense s’assouplit progressivement avec l’oxygénation, la finale est agréable mais un peu courte.
Léger, avec un fruité bien croquant, ce joli vin rouge respire le travail bien fait.…


Mondeuse La Brava 2006 – Magnin à Arbin

Le fruité agréable mais discret est un peu dominé par de puissantes notes torréfiées, l’attaque en bouche est soyeuse, les tanins serrés sont bien enrobés par un boisé fin, la finale assez austère est marquée par une sécheresse et une acidité très prononcée.
Visiblement cette cuvée est encore trop jeune pour se révéler pleinement mais cette virilité excessive en bouche sème un peu le doute…


Pour conclure :

- Pour moi ce fut une première visite assez décevante dans cette région : quelques vins séduisants mais simples et d’autres plus ambitieux qui se goûtent sans trop de plaisir aujourd’hui. En tant que fan avoué des Roussettes de Dupasquier j’attendais cette soirée avec impatience, je repars un peu déçu du voyage…
- Pour le coup de cœur : sans atteindre des sommets, le chardonnay et la Mondeuse de Dupasquier tiennent leur rang de vins plaisir au bon rapport Q/P.

 



Deuxième série : rouges d’Italie



Passopisciaro – Sicilia 2007 – Sicile

Le nez est expressif avec un fruité très pur, la bouche est généreuse, la trame tannique est serrée et assez virulente, la finale est acidulée et assez austère.
Ce vin, qui provient d’une vigne située à près de 1000 mètres d’altitude sur les pentes de l’Etna, a séduit l’assemblée par sa belle matière et son équilibre bien frais. Moi je suis complètement passé à côté : j’ai été perturbé par ces tanins qui m’ont paru vraiment trop rêches…


Cascina Francia – Barbera d’Alba 2007 – Piémont

Le nez est discret sur la mie de pain et quelques notes confites, la concentration en bouche est redoutable, la soie et les tanins se répondent et s’équilibrent, le fruité s’affirme un peu plus nettement , la finale est longue mais un poil trop chaude.
Une matière mûre et concentrée, encore marquée par la fougue de sa trop grande jeunesse : ce vin est intéressant sans conteste…reste le prix qui me semble bien trop élevé malgré tout (plus de 30 euros…)

 

 

Poggio di Sotto – Rosso di Montalcino 2006 – Toscane

Le nez est complexe et raffiné avec de belles notes de cerise à l’eau de vie et d’épices douces, la bouche est solidement charpentée mais bien équilibrée, la trame tannique est dense et la finale est très longue et délicatement acidulée.
Une belle cuvée 100% Sangiovese, un vin riche et prometteur…intéressant mais toujours un peu cher (37 euros)


Le Baroncole – Chianti Classico Riserva 2005 – Toscane

Le nez est assez intense et s’ouvre sur des notes un peu alcooleuses pour se complexifier progressivement en laissant apparaître des arômes de cerise noire et d’amande, la bouche est puissante, concentrée et structurée par des tanins virulents, la finale est longue mais toujours trop tannique.
5 années de garde et toujours cette matière très agressive…peut-on espérer une évolution vers plus d’harmonie…le doute est permis !


Brunello di Montalcino 2004 – Toscane

Le nez est ouvert et expressif sur des nuances poudrées, épicées et légèrement vanillée, la bouche est verrouillée, monopolisée par des tanins vifs qui donnent au toucher de bouche une dureté assez désagréable.
Un 100% Sangiovese avec une belle présence aromatique mais dont la matière en bouche ne me plaît pas du tout, une fois de plus, je me retrouve en marge du groupe qui apprécie beaucoup plus cette cuvée…dure, dure cette soirée !


Pour conclure :

- Cette nouvelle rencontre avec des vins italiens ne m’a toujours pas permis de comprendre leur esthétique particulière : je reste perplexe devant ces vins rouges massifs avec des mâches souvent très rudes….Dommage !
- Je ne parlerai pas de rapport Q/P qui m’avait déjà paru peu avantageux lors de ma première dégustation de vins Italiens : en tous cas, si je devais mettre près de 40 euros dans une bouteille j’irai chercher mon bonheur sous d’autres cieux…

 

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Merci à Lionel pour son accueil.

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 09:29




Face au succès grandissant de l’opération « Pique-nique chez le vigneron » du lundi de Pentecôte, certains domaines viticoles ont pris l’habitude d’organiser durant l’année une deuxième rencontre conviviale sur le même principe.
Jean Marie Bechtold a choisi de convier ses clients pour un second pique-nique au domaine en mi-septembre avec au programme : repas-barbecue, dégustation de vins et promenade dans les vignes pour goûter des raisins à quelques jours des vendanges.



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Les amis du domaine Bechtold sont au rendez-vous…

 

 

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Les braises de sarments de vignes sont presque prêtes…

 

 

Pour l’apéritif et pour accompagner le repas, les 25 cuvées du domaine sont proposées à la dégustation… on ne fait pas les choses à moitié chez les Bechtold !


 

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Jean-Marie Bechtold au service…

 

 

L’offre était on ne peut plus alléchante mais l’absence de crachoirs et la perspective de se remettre en selle dans quelques heures pour pédaler durant près de 3O KM jusqu’à Strasbourg m’a quand même encouragé à une certaine prudence…
J’ai donc opté pour une attitude de sage continence dans les choix des vins dégustés :

Muscat Obere Hund 2009 : le nez est pur et raffiné sur le raisin frais et la fleur de sureau, la bouche est généreuse avec beaucoup de gras et une belle trame acidulée, la finale est fraîche et délicatement parfumée (bergamote).
Flatteur avec une richesse sensible et un registre aromatique bien ouvert ce muscat est néanmoins très bien équilibré et d’une grande buvabilité... un beau vin !

Pinot noir Obere Hund 2009 : les fruits rouges croquent au nez comme en bouche, la structure est équilibrée avec beaucoup de souplesse et une belle fraîcheur, la finale est longue et aromatique.
Une récolte bien mûre égrappée aux 2/3 élevée sans pigeages dans des contenants en chêne de tailles différentes (barriques, foudres et ½ muids) a livré un splendide pinot noir épanoui et bien structuré.
Jean Marie Bechtold a pour ambition avouée de réaliser de grands vins rouges sur les terroirs de la Couronne d’Or : avec cette cuvée 2009 sur l’Obere Hund et la future cuvée sur sa nouvelle parcelle du Steinklotz voisin, on peut estimer qu’il est près de toucher au but…


Le buffet de desserts conçu par Mme Bechtold était de toute beauté et nous a permis d’apprécier la belle tenue des cuvées moelleuses du domaine sur des mets sucrés comme la ganache au chocolat, le tiramisu ou les tartes aux fruits…MIAMMMM !


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La belle gamme de douceurs du domaine Bechtold.



Riesling Sussenberg VT 2007 : le nez est pur et délicat avec de beaux arômes de fruits mûrs et d’épices, la bouche sapide et équilibrée est marquée par les agrumes confits, la finale set longue et délicatement épicée.
Un riesling de terroir qui assume sa richesse (54 g de SR) grâce à la puissante minéralité de ce lieu dit qui prolonge l’Engelberg vers l’ouest.

Gewurztraminer GC Engelberg 2008 : le nez allie franchise et délicatesse sur un registre floral et épicé, la bouche est charnue et gourmande, la trame acide est solide et la finale épicée et légèrement mentholée est d’une longueur considérable.
Un gewurztraminer dont la noble origine se manifeste à travers une structure ample et profonde en bouche… ce vin est loin d’avoir dit son dernier mot !

Muscat Obere Hund VT 2007 : le nez est précis mais surprenant de discrétion, la bouche est ronde, opulente avec une acidité bien large qui assure un équilibre tonique à l’ensemble.
Plus secret que le muscat 2009, goûté précédemment, ce vin est encore bien jeune pour s’exprimer pleinement…Patience !

Pour se remettre de nos joyeuses libations, Jean-Marie Bechtold nous emmène pour un petit circuit pédestre dans ses parcelles de vigne, histoire de nous expliquer in-situ ses pratiques viticoles et de nous permettre d’évaluer l’état de maturité des raisins en dégustant quelques baies.


 
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Promenade sur le Silberberg
 

 

En conversion bio depuis 2007, Jean-Marie Bechtold fera son premier millésime certifié AB en 2010.

 

 
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Leçon de viticulture dans une parcelle de gewurztraminer sur le Silberberg

 

 

Les vignes sont belles, le sol est bien meuble, les charges sont très modérées et les raisins ont l’air très sain. En dégustant les baies on sent une belle présence sucrée sur le gewurztraminer (entre 10 et 11 potentiels sur le réfractomètre) et une acidité tranchante sur les rieslings.
Commentaires de Jean-Marie Bechtold :
« Pour les gewurztraminers, la sucrosité est intéressante mais on est encore loin de la maturité physiologique : les peaux sont encore trop épaisses et les pépins sont verts »
« Pour les rieslings il va falloir se montrer patient pour obtenir un niveau de maturité satisfaisant pourvu que la météo tienne… »

 

 
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Une parcelle de riesling qui domine le village de Wolxheim
 

 

Notre circuit nous conduit sur les pentes abruptes de l’Obere Hund, où notre vigneron nous présente ses fameuses parcelles de muscat et de pinot noir.
« un terroir difficile à travailler mais très favorable à ces 2 cépages ».

 


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Un pied de muscat sur l’Obere Hund


 
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Un pied de pinot noir sur l’Obere Hund


Le retour au village nous fait passer par les terrasses du Sussenberg avant de traverser le Grand Cru Engelberg où Jean-Marie Bechtold nous explique sa conception du travail du sol dans ses vignes : une terre vivante et un écosystème diversifié et riche.

 

 
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Une parcelle de riesling du domaine Bechtold sur le Sussenberg.

 

 

Jean-Marie Bechtold est un vigneron comme je les apprécie particulièrement : cultivé, généreux, authentique et avec une réelle conscience écologique.
Sa viticulture est en cohérence avec son éthique et ses vins sont purs et fidèles à leur terroir : les Engelberg s’expriment avec une élégance discrète, les Sussenberg affichent un niveau digne d’un Grand Cru et sur l’Obere Hund naissent des muscats d’une gourmandise absolue et des pinots noirs rivalisant avec les plus grands rouges de la région.

Merci de nous avoir fait passer ce bon dimanche.


 
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Sur le Silberberg : vue sur Strasbourg et sa cathédrale (au loin)…et dire qu’il va falloir pédaler jusque là-bas !

 

 

 

Vous voulez en savoir plus sur le domaine, rendez-vous ICI

 

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Présentation

  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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