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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 15:00

SEANCE DE REBOUCHAGE DE VIEUX FLACONS AU CHÂTEAU DE KIENTZHEIM

 

En cette fin de vacances les évènements s’enchaînent, les notes s’accumulent et je ne sais plus par quel bout commencer pour vous relater toutes ces expériences vécues autour de notre thématique favorite au cours de ces derniers jours. Avec 2 jours mémorables en Bourgogne, le repas « hommage au homard » et cette séance de rebouchage au Château de Kientzheim, le tout dans la même semaine…il y a de quoi se sentir un peu DEBORDE !
Mais bon, j’aime bien garder une trace écrite de tous ces beaux moments, histoire de prolonger un peu mon plaisir tout en le partageant avec vous.

 

Suite à l’invitation de Thierry Meyer je me retrouve donc en compagnie d’une dizaine d’amateurs de vins dans la cave du Château de Kientzheim pour une séance de rebouchage de vieux flacons de vins d’Alsace.


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L’entrée du «Saint des Saints » de la noble Confrérie alsacienne.


Ces bouteilles qui proviennent de l’ancienne réserve de la Confrérie Saint Etienne à Hunawihr doivent être préparées pour qu’elles puissant trouver leur place dans la magnifique oenothèque du Château de Kientzheim.


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Vue partielle de la superbe oenothèque où dorment plus d’une centaine de millésimes
 

 

Ce matin nous avons affaire à une série de vins issus des millésimes 1961, 1962 et 1963.
Sous la houlette de Martin (le major du Conseil des Jeunes de la Confrérie Saint Etienne) et de Thierry, l’équipe de volontaires s’organise pour assurer cette délicate opération avec un maximum de soin et d’efficacité.


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Le dispositif est en place…
 

 

Ces vénérables flacons passent par toute une série d’étapes destinées à leur garantir quelques années de longévité supplémentaires et à les rendre présentables pour intégrer les rayons de l’œnothèque :

1. Nettoyage des bouteilles et récupération des étiquettes (s’il y en a encore !)


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L’état des bouteilles ne laisse aucun doute sur leur âge…
 

 

2. Débouchage : là c’est du grand art pour experts de la vrille, du bilame ou de l’extracteur…

 

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Stéphane qui évalue le problème et Alain qui essaie de trouver une solution…



3. Dégustation : concentration absolue pour constater l’état de conservation du vin et parfois même pour identifier le cépage lorsqu’il n’y plus d’étiquette lisible.


4. Remise à niveau du vin dans la bouteille : le plus souvent c’est une bouteille de la même série qui sera sacrifiée pour cette opération.


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Martin, un Major qui remet à niveau…
 

 

5. Sulfitage léger et rebouchage.

6. Conditionnement des bouteilles : chacune dans un sachet micro-perforé avec une nouvelle étiquette si besoin.


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Les dames au conditionnement des flacons rebouchés.

 

7. Rangement : une dernière étape pour insérer ces nouveaux venus dans la prestigieuse collection de l’oenothèque de la Confrérie Saint Etienne.


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Replacés dans leur casiers les bouteilles rebouchées attendent de trouver une place sur les rayonnages.

 

Cette chaîne a fonctionné durant plus de deux heures pour traiter une bonne centaine de bouteilles. Le débouchage est certainement l'opération la plus difficile et la plus chronophage : les lièges de près de 50 ans se montrent souvent capricieux.
Pour la dégustation, c’est plus ludique…un peu comme une loterie : des liquides complètement imbuvables succèdent à des vins superbes parfaitement conservés. Certains demandent un examen très approfondi pour évaluer leur niveau et requièrent parfois l’expertise de Thierry ou de Martin pour valider une décision.

La matinée se termine dans la décontraction et la bonne humeur autour d’une table garnie d’un buffet alsacien et avec quelques échantillons prélevés dans cette fabuleuse réserve.

C’est avec plaisir et émotion que j’ai pénétré pour la première fois dans ce somptueux conservatoire du vin d’Alsace et que j’ai pu tremper mes lèvres dans des cuvées qui avaient pratiquement mon âge…eh oui !
Ceci dit, lorsqu’on essaie de déguster de façon objective, on ne peut s’empêcher de penser que ces vénérables flacons devaient être bien meilleurs dans leur jeunesse, mais bon, il y a quand même une forme de magie qui se dégage de certains de ces vins quinquagénaires. La série de rieslings et de gewurztraminers 1961 du domaine Beyer et certaines cuvées du domaine Jux (aujourd’hui absorbé par Wolfberger) auront marqué les palais par l’insolence de leur jeunesse et le raffinement de leurs palettes aromatiques.
Encore une fois, merci à Thierry Meyer de continuer à nous faire partager ces beaux moments autour du vin d’Alsace.

 

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La collection Mequillet avec des flacons datant du XIX° siècle.

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 10:26




Après avoir entendu que le cours du homard avait fortement baissé en cette fin de mois d’août, Thierry Meyer a sauté sur l’occasion pour demander à son ami Jean-Philippe Guggenbuhl s’il lui serait possible de concevoir un menu autour de ce noble crustacé.
Bien évidemment, le chef cuisinier de la Taverne Alsacienne n’a pas hésité à relever le défi.
C’est ainsi, qu’à peine remis de mes émotions bourguignonnes, je me retrouve en compagnie d’une dizaine de membres de l’Oenothèque Alsace pour un nouveau festival gustatif arrosé par une sélection de belles bouteilles sorties pour la plupart des caves personnelles des convives.


Pour l’apéritif et pour accompagner la bisque de homard maison :

Ermitage Ex Voto 2001 – Guigal : le nez s’ouvre sur des notes oxydatives assez tenaces mais après cette première impression un peu inquiétante le vin se révèle dans toute sa beauté : des arômes de fruits jaunes, de génoise vanillée, de miel, une bouche onctueuse qui prend progressivement un beau volume et une allonge remarquable.

Corton Charlemagne 2001 – Matray-Dubreuil : le nez est discret, fin et très pur sur la noisette et le miel, la bouche joue plutôt sur un registre fin et élégant que sur le volume et la puissance…un dandy plein de classe !

Clos Windsbuhl Chardonnay 1994 – Zind-Humbrecht : le nez est expressif bien qu’un peu déroutant par son registre qui s’ouvre sur des notes de sardine à l’huile et le beurre frais avant de prendre une allure un peu plus conventionnelle avec des fruits jaunes et un léger vanillé, la bouche est puissamment aromatique, l’acidité est longue et pointue et la longueur assez étonnante.

Gewurztraminer G.C. Furstentum 1991 - Blanck : le nez est aérien et très élégant avec une belle palette sur les fleurs et le pomelo bien mûr, la bouche est dotée d’une belle puissance, le moelleux et la fraîcheur sont en harmonie, la longue persistance signe la qualité de ce beau vin.

La bisque goûteuse à souhait et les morceaux de homard qui y nageaient se sont parfaitement entendus avec le Corton Charlemagne, un allié naturel pour ce plat, mais également avec l’Ermitage qui, après des débuts difficiles (Thierry a failli le mettre à l’évier…) a affirmé une classe tout à fait remarquable.
Pour moi, le Clos Windsbuhl avait trop de personnalité pour être servi avec un repas et le gewurztraminer, bien que très beau, n’était pas à sa place sur ce plat.


Pour accompagner la petite salade homard et cèpes :

 

 

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Côtes du Jura Chardonnay 2007 – Ganevat : le nez est fin, pur et précis sur les fruits blancs frais, la bouche est fraîche, droite avec une grande profondeur.

Pinot Gris Letzenberg 2006 – Adam : le nez s’ouvre sur le sous-bois et le champignon blanc mais de jolies notes de citron confit s’imposent progressivement, la bouche est riche, volumineuse et bien équilibrée.

Clos du Zahnacker 2007 – Cave de Ribeauvillé : le nez est pur, complexe et séduisant avec des notes de froment, des nuances un peu biscuitées et quelques touches florales, la bouche est parfaitement équilibrée, la finale est longue et agréablement fraîche.

Puligny Montrachet 1°Cru Les Referts 2000 – Carillon : quelques notes de réduction très fugaces laissent rapidement la place à une belle palette associant citron confit et notes pierreuses (silex, craie), la puissance en bouche est impressionnante, beaucoup de gras, une acidité droite et profonde et longueur aromatique remarquable.

Chignin Bergeron La Cigale 2005 – Quénard : le nez est agréable et très direct sur les fruits jaunes (mirabelle, abricot), la bouche est bien balancée, équilibre tonique et très jolie longueur aromatique.

5 très beaux vins face à un plat exceptionnel : le splendide Puligny dans la force de l’âge joue l’harmonie absolue, l’étonnant Clos du Zahnacker donne plutôt dans le contre-chant mais le duo fonctionne superbement…dommage pour les autres bouteilles qui restent un peu dans l’ombre des 2 précédentes, notamment le chardonnay de Ganevat qui mérite pleinement sa place parmi l’élite des vins blancs.
 

 

Pour accompagner le demi homard rôti sur légumes en ratatouille :

 

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Schoffweg 2005 – Deiss : le nez est assez agréable avec des arômes de confiture de coing qui évoluent peu à peu vers un profil franchement oxydatif, la bouche est ronde et suave avec un moelleux qui monopolise la finale.

Pinot Gris Jubilée 1995 – Hugel : le nez est marqué par les petits fruits rouges (fraise des bois notamment), des notes grillées et légèrement fumées apportent une belle complexité à l’ensemble, l’équilibre en bouche est très fin, la finale est longue et élégante.

Riesling Kappelweg V.T. 2000 – Rolli-Gassmann : le nez est superbe avec un fruité très gourmand sur les agrumes confits et l’ananas, complété par une touche vanillée, la bouche allie maturité, fraîcheur et grande profondeur aromatique.

Puligny Montrachet 1°Cru Sous le Puits 1995 – Leflaive : le nez trahit l’oxydation, la bouche très fatiguée confirme hélas le diagnostic…ce vin est passé.

L’incroyable riesling Kappelweg 2000 a subjugué l’assistance et a écrasé la concurrence (certes un peu diminuée) sur ce met succulent. Cette bouteille, qui n’est pas encore en vente au domaine, nous a offert un véritable festival gustatif sur ce crustacé rôti…un grand moment !


Pour accompagner la salade de fruits exotiques :

Gewurztraminer Ostenberg SGN 2007 – Loew : le nez est pur, élégant et déjà bien ouvert sur un fruité charmeur, la bouche est onctueuse mais la finale garde une belle fraîcheur minérale.
Une pépite de la Couronne d’Or dans sa prime jeunesse :déjà séduisant mais avec un très grand potentiel d’évolution.
 

 

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Pêle-mêle, les bouteilles de la soirée…

 

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Mille mercis à Thierry Meyer pour sa géniale initiative et bravo à Jean-Philippe Guggenbuhl pour sa créativité culinaire.

 

Merci à Eric pour les photos.

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 22:41



Face à cette météo d’août aux accents automnaux et à la perspective d’une rentrée des classes qui s’approche à pas de géant, cette petite virée en terre bourguignonne tombe à pic pour éviter la petite déprime de fin de vacances. Toujours en compagnie de Martial, un collègue que je suis en train de convertir à ces saines pratiques œnophiliques, nous partons pour 2 jours de visites et de dégustations dans le vignoble de la Côte de Nuits à la Côte Châlonnaise.
Des problèmes d’emploi du temps nous ont contraints de serrer un peu le programme en oubliant le Mâconnais et le Beaujolais…mais j’ai la ferme intention d’y retourner à la fin de l’automne…Parole d’alsacien !


Jour 2 : grands blancs de la Côte de Beaune et découvertes au pied de la Colline des Cortons.




Domaine Carillon à Puligny-Montrachet

 


Après un petit déjeuner au bar-tabac du centre et une douche matinale prise bien malgré nous dans les rues de Meursault, nous repartons vers Puligny pour notre traditionnelle visite au domaine Carillon.
Au bout de 30 années d’existence la SC Louis Carillon et fils va se diviser en 2 domaines distincts : les 2 frères, François et Jacques, ont choisi d’un commun accord de partager leur patrimoine pour travailler chacun sous sa propre identité à partir du millésime 2010.

Après deux décennies de rencontres avec l’aîné de la famille Carillon, c’est François, le cadet, qui nous attend aujourd’hui sur la place de l’Eglise pour nous guider vers son chai à barriques et nous proposer un petit tour d’horizon gustatif de sa production.


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Une belle cave voûtée au centre de Puligny : bienvenue au domaine François Carillon
 

 

Nous commençons la dégustation par quelques cuvées 2009 encore en barriques :

Bourgogne blanc : le nez est très fringant sur un registre fruité (fruits blancs), la bouche est élégante et profondément marquée par une minéralité puissante.
Issue d’une parcelles de vieilles vignes cette cuvée exprime déjà pleinement le terroir de Puligny : un vin d’entrée de gamme avec un très haut niveau qualitatif et un excellent rapport Q/P.

Puligny Villages : le nez est charmeur, très ouvert, agréablement fruité et discrètement vanillé, la bouche est opulente avec du gras et une belle finale minérale.
Issu d’une parcelle située sous les Enseignères (les Noyers Bret pour les connaisseurs…), ce vin a une matière riche et équilibrée qui séduit immédiatement mais qui a des ressources certaines pour la garde.

1° Cru Les Folatrières : le nez est discret et pur sur les agrumes et les fleurs blanches, la bouche est vive, parfaitement équilibrée, la longue finale révèle de belles notes épicées (poivre blanc).
Un très beau premier cru qui fera partie de la gamme du domaine François Carillon en compagnie des Perrières, Referts, Champ Gain et Combettes…et qui permettra une variante dans mes réservations habituelles.

La dégustation se poursuit avec quelques références sur 2008 en bouteilles :

Puligny Villages : le nez est très agréable avec des notes de zestes d’agrumes et de fines nuances vanillées, la bouche est très droite, la matière est puissante, la finale est bien minérale et délicatement citronnée.
Un « villages » qui se hisse à un très haut niveau qualitatif…et à 22 euros, le rapport Q/P commence à devenir ultra intéressant. Au moment où le domaine restructure sa clientèle, c’est vraiment le moment de tenter sa chance !

 

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1° Cru Les Champs Canet : le nez délicat et très élégant développe des notes de beurre et de noisette et de craie, la bouche est soyeuse, grasse et terriblement bien balancée, la finale longue et fraîche nous offre un joli retour sur son caractère minéral (craie).
Tendre et très ouvert dans sa prime jeunesse, ce vin déjà très flatteur possède une structure magnifique qui fait honneur à la noblesse de son origine

 

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1° Cru Les Perrières : le nez est profond et minéral avec des notes de craie et de menthe fraîche, la bouche est droite, solidement charpentée et dotée d’une finale longue marquée par des évocations pierreuses et des arômes de citron frais.
Ce terroir est l’un des plus pierreux des crus de Puligny, mais comme nous l’explique François Carillon « le sol est bien drainé mais la vigne profite d’ un apport hydrique venant du sol grâce à l’infiltration des eaux d’un petit étang en contre-haut ». En tous cas ce vin est un archétype de pureté et de concentration prêt à défier le temps.

 

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Les vins des deux derniers millésimes estampillés Louis Carillon et fils tiennent leur rang et leurs promesses : la densité de ces jus purs et puissamment minéraux me parlera toujours…
Connaissant l’implication des deux frères dans ce domaine familial, je n’ai aucun doute sur l’avenir : le nom de Carillon sera toujours un gage d’excellence dans le vignoble de Puligny !
François a déjà commencé à faire fructifier son patrimoine en enrichissant sa gamme avec des premiers crus sur Chassagne notamment, en attendant de trouver quelques ouvrées sur un grand cru pour remplacer le Bienvenues-Bâtard qu’il a laissé à son grand frère Jacques : « il n’était pas question de diviser cette parcelle qui compte sept rangs de vigne ».
Suite à l’invitation de François Carillon, je repasserai sûrement au domaine avant le fin de l’année pour un tour complet de sa production sur 2009 et éventuellement quelques premières impressions sur le nouveau millésime. Pour tout vous dire, j’ai hâte d’y être…

 


Domaine Buisson-Charles à Meursault

 

 

 

Quatrième passage au domaine Buisson-Charles et toujours pas de Patrick en vue… là c’est sûr, le boss de DC me fuit !!!
Ceci dit, il s’en sera fallu de peu cette année, puisque à l’heure où je me présente rue de la Velle à Meursault, Patrick et son épouse viennent de partir pour un petit séjour de quelques jours au bord de la grande bleue, histoire de récupérer de leur tournée outre-atlantique (bon d’accord, je dramatise un peu, on s’est quand même croisé deux fois au cours de l’année écoulée…).
Nous retrouvons donc avec grand plaisir Michel Buisson qui nous reçoit comme à son habitude avec beaucoup d’amabilité : un vigneron cordial et très disponible qui sait se faire fin pédagogue lorsqu’il s’agit de nous aider à comprendre ses vins.
Sans tarder il nous invite à le suivre dans la cave pour partir une nouvelle fois à la découverte de la production du domaine.

 

 

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Dans la cave du domaine Buisson-Charles, le sourire réjoui de Martial en dit long…

 

 

Quelques bouteilles pour commencer :

Aligoté 2008 : le nez est très gourmand sur la poire et le miel, la bouche est agréable avec un bel équilibre entre la rondeur et la fraîcheur.
Un vin plaisir mais toujours un super niveau qualitatif. Bravo !

Meursault Vieilles Vignes 2008 : le nez est ouvert et charmeur sur le miel et la noisette, la bouche est équilibrée avec un gras assez opulent et une longue finale sur la craie et la noisette.
Meursault Vieilles Vignes 2007 : le nez est discret mais profond, le registre est très minéral, la bouche est concentrée mais la structure reste très droite, la minéralité revient longuement en finale avec de fines notes crayeuses.
Le 2008 bien équilibré et déjà très flatteur, le 2007 déjà profondément marqué par le terroir, ces « villages », très justement encensés par « Marianne » ont vraiment beaucoup de classe !

 

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Meursault Tessons 2007 : le nez est expressif et associe des notes grillées et fruitées (agrumes frais), la bouche est fraîche et savoureuse (beurre frais, vanille), la finale est longue et minérale.
Meursault Tessons 2008 : le nez est tout aussi expressif, sur le fruit mais un peu moins de rôti, la bouche est opulente avec du gras et une belle acidité, la longueur aromatique finale est impressionnante.
Un 2007 très élégant avec une structure ample et bien équilibrée, un 2008 au registre aromatique très proche mais avec une profondeur aromatique plus grande… mais ne chipotons pas, les 2 s’expriment avec brio et se dégustent avec grand plaisir.
 

 

Meursault 1° Cru Bouches Chères 2008 : le nez est plein de mystère, pur mais très réservé, la bouche est somptueuse, puissance, volume et équilibre parfait, le tout agrémenté par un développement aromatique long et complexe sur le citron frais, le miel et les épices douces.
Un vin à l’expression olfactive plein de retenue mais avec une présence en bouche vraiment exceptionnelle. Magnifique !

La dégustation se poursuit avec les vins de 2009 en barriques :

Meursault Vieilles Vignes: le nez est charmeur avec un fruité expressif et un léger vanillé, la bouche est riche et onctueuse, la finale est bien longue.
Meursault Vieilles Vignes: le nez est plus discret avec quelques notes de fruits blancs, la bouche est droite, profonde avec une grande longueur sur la minéralité en finale.
Prélevés sur 2 barriques d’origine différente (Chêne du Tronçais pour le 1 et chêne des Vosges pour le 2, je crois…) ces jus sont splendides d’équilibre et de concentration, même si leur profil est bien différencié à l’heure actuelle. Pour nous donner une petite idée sur la personnalité de la future cuvée 2009, Michel Buisson réalise un assemblage à la pipette et nous le soumet…MIAMMMM !

Meursault Tessons : un nez est perturbé par des notes de réduction assez tenaces, la bouche révèle une matière élégante, un équilibre tout en finesse et une finale très riche.
Peu à son avantage au niveau aromatique ce vin a une présence en bouche remarquable. Confiance, il sera grand !

Meursault 1° Cru Les Cras : le nez est profondément minéral, la bouche est très onctueuse avec un joli gras et une finale longue et très riche.
Assez pierreux au nez mais très caressant en bouche : un dialogue intéressant entre le terroir et le millésime…

Meursault 1° Cru Charmes : le nez s’ouvre sur des notes de silex et de poudre à canon, un fruité riche et une petite touche vanillée se révèlent progressivement, en bouche la matière est onctueuse et flatte le palais, la finale est très longue.
De la soie en bouche…quel régal !

Meursault 1° Cru Goutte d’Or : le nez est un peu austère avec une palette aromatique sur la minéralité et un léger fumé, la bouche est droite, solidement charpentée mais la matière reste riche et généreuse.
Un vrai changement de registre par rapport au vin précédent…on passe quasiment du féminin au masculin, mais on reste sans conteste dans l’aristocratie bourguignonne.

Meursault 1° Cru Bouches Chères : le nez est fin et délicat sur les fruits secs (noisette, amande), la bouche allie un gras très gourmand, une acidité très droite et une minéralité qui se prolonge très longuement en finale.
Une forme de synthèse entre la virilité de Goutte d’Or et la féminité de Charmes, peut-être…un très grand vin sûrement !

Après un feu d’artifice en blanc, nous terminons cette longue série par les crus rouges 2009 du domaine :


Bourgogne : le nez est ouvert et riche, cerise noire et noyau (un peu kirsch), la bouche est dense avec une trame tannique souple et une très belle présence en finale.
Un 2009 bien typé sur le fruit, très gourmand en bouche… comme pour chaque millésime, ce « générique » fait honneur à son appellation.

Pommard 1 : le nez un peu réduit au début exprime progressivement de fins arômes de terre humide et de fumée, la bouche est onctueuse avec des tanins fins, serrés mais bien enrobés.
Pommard 2 : le nez est plus ouvert et marqué par un fruité très pur, la bouche possède une structure pleine de charme tout en rondeur et en longueur.
Ce cru testé sur 2 fûts d’origine différente (chêne du Tronçais pour le 1 et des Vosges pour le 2…là je suis sûr !), nous montre l’influence non négligeable du contenant sur un vin, tant au niveau du registre aromatique que sur la structure.
Ceci dit, les 2 jus sont parfaits et l’assemblage va sûrement nous livrer un Pommard de toute beauté.

Volnay 1° Cru Santenots: le nez est intense avec des arômes de cerise noire, la bouche est charnue et soyeuse, un joli gras enveloppe des tanins bien mûrs, la finale est très longue.
Volnay 1° Cru Santenots: le nez se montre plus réservé, la bouche est un peu plus austère avec des tanins plus fermes, la longue finale est marquée par une petite touche acidulée très fraîche.
L’ordre des échantillons prélevés est inversé (Vosges pour le 1 et Tronçais pour le 2) mais les conclusions sont identiques… du grand Santenots en perspective pour 2009 !

Encore un beau moment passé en compagnie de ce vigneron authentique et sympathique qui nous offre chaque année une bien jolie promenade à travers les terroirs de Meursault…on ne s’en lasse pas !
Des vins d’entrée de gamme jusqu’aux magnifiques premiers crus, ce domaine propose des cuvées d’une qualité vraiment irréprochable…avec des 2009 qui se présentent de la plus belle manière qui soit.
A ne pas rater bien sûr !

Cette année l’enchaînement Carillon-Buisson dans la même demi-journée a été particulièrement édifiant pour comprendre la spécificité de ces terroirs géographiquement si proches et gustativement si différents : rigueur minérale sur Puligny, densité pleine de soie et de saveur sur Meursault.
Ne me demandez pas où va ma préférence : les deux me sont devenus indispensables !

 

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Une belle triplette du domaine Buisson-Charles


 

 

Domaine Rollin à Pernand Vergelesses

 

 

Pour la dernière étape avant notre retour en Alsace nous nous rendons au pied de la majestueuse colline des Cortons pour une visite au domaine Rollin à Pernand Vergelesses, un village pittoresque et accueillant comme je les aime.

 

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Dans certains cas le terme de pèlerinage prend vraiment tout son sens car c’est dans les caves de ce domaine où, il y a bien longtemps (plus d’un quart de siècle !), j’ai fait ma première visite dans le vignoble bourguignon : rencontre mémorable et naissance d’une addiction définitive aux vins et aux vignerons de cette région !
Aujourd’hui ce domaine familial de 12 hectares est géré par Rémi Rollin et son fils Simon, qui a rejoint l’exploitation en 2003.

C’est l’épouse de Simon qui nous accueille et nous propose une rapide visite de cave (à vrai dire nous sommes un peu pressés par le temps) ainsi qu’une découverte gustative de la production du domaine Rollin.


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Moderne et accueillant, la caveau de dégustation du domaine Rollin.

 

 

Nous commençons par la dégustation de la gamme de vins blancs 2008.

Pernand Vergelesses : le nez est fin et guilleret avec un fruité bien net, la bouche est agréable avec équilibre tendu et une belle minéralité en finale.
Un vin plein de vivacité qui se livre déjà avec beaucoup de gourmandise, mais qui n’a sûrement pas dit son dernier mot.

Pernand Vergelesses Les Cloux : le nez est discret, le fruit est très pur, la bouche possède un joli gras et un volume appréciable, la finale est tendue et longue.
Un vin issu d’une parcelle de jeunes vignes que les Rollin ont choisi de vinifier à part : la présence en bouche est remarquable…sûrement une très belle cuvée en perspective !

 

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Pernand Vergelesses 1°Cru Sous Frétille : le nez est fermé, un peu serré mais la bouche nous offre une structure sphérique et une finale pleine de volume et de longueur.
Un peu timide sur le plan olfactif, ce premier cru qui tient son rang par sa grande ampleur en bouche.

Corton Charlemagne : le nez est très réservé sur le pain grillé, le citron frais, la bouche est grasse et charnue, la structure est très ample et la finale très longue laisse apparaître de délicates notes de noisette.
Issu d’un assemblage de raisins provenant de 2 parcelles classées, l’une sur « Le Charlemagne » orientée au sud, l’autre sur « En Charlemagne » orientée sud-ouest, ce grand cru signe sa noble origine en alliant puissance, complexité et une très longue persistance aromatique

 

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Le chai à vins blancs du domaine Rollin.

 


Nous passons aux vins rouges, des cuvées toutes issues du millésime 2007.

Pernand Vergelesses : le nez est ouvert et expressif, la cerise est très présente, la bouche est riche et concentrée avec une trame tannique souple et gourmande, la finale révèle de belles nuances minérales.
Mûr, flatteur mais superbement équilibré…un très beau vin avec un rapport Q/P étourdissant (moins de 10 euros). A ne pas rater !

Pernand Vergelesses 1°Cru Les Vergelesses : le nez est franc et très précis sur les fruits rouges, la bouche possède une matière mûre mais garde une structure bien carrée, la finale est longue.
Une présence en bouche plus solide et plus complexe nous fait passer dans la gamme des terroirs classés : un beau vin solide mais très agréable.

Pernand Vergelesses 1°Cru Les Fichots : le nez est discret et complexe sur le sous-bois et les petits fruits noirs, la bouche est massive et charnue avec un gras flatteur et une belle finale minérale.
Le marquage minéral du terroir commence à s’affirmer sur une matière bien mûre : à garder un peu mais déjà fort agréable à boire.


Pernand Vergelesses 1°Cru Ile des Vergelesses : le nez est très élégant, la palette complexe révèle de belles notes florales, la bouche est d’un abord très agréable, ample, soyeuse et finement tannique, la finale est très longue.
Le terroir de l’Ile des Vergelesses est le plus réputé de Pernand…ce vin généreux, complet et déjà parfaitement ouvert justifie pleinement son rang.

 

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Aloxe Corton : le nez est riche et complexe sur les fruits noirs et quelques nuances fumées, la bouche est solidement charpentée, la structure est encore un peu anguleuse mais la finale longue et équilibrée est pleine de belles promesses.
Un vin gaillard, un peu rustaud mais plein de ressources qui aura besoin d’un peu de temps pour s’harmoniser.

 

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La gamme du domaine Rollin : homogène et très complète.
 

 

J’aime bien finir mon séjour bourguignon par une belle découverte : ce domaine correspond parfaitement à mon vœu. L’accueil est simple mais généreux, les vins sont terriblement bien faits : le Pernand les Cloux promet, le Corton Charlemagne est grand et les rouges très gourmands mais bien structurés sont armés pour se bonifier quelques années en cave…En plus le rapport Q/P de ces vins est excellent.

D’accord, ça fera une adresse de plus dans mon carnet…mais bon, je sens que mon pèlerinage annuel va passer à un rythme semestriel dans pas longtemps !

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Ma vieille collection d’étiquettes (du temps où elles se décollaient…) me rappelle parfois la dure réalité du temps qui passe !!!

 

N' oubliez pas de découvrir le  Pélerinage en Bourgogne 2010 - Jour 1

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 22:56

 

Face à cette météo d’août aux accents automnaux et à la perspective d’une rentrée des classes qui s’approche à pas de géant, cette petite virée en terre bourguignonne tombe à pic pour éviter la petite déprime de fin de vacances. Toujours en compagnie de Martial, un collègue que je suis en train de convertir à ces saines pratiques œnophiliques, nous partons pour 2 jours de visites et de dégustations dans le vignoble de la Côte de Nuits à la Côte Châlonnaise.
Des problèmes d’emploi du temps nous ont contraints de serrer un peu le programme en oubliant le Mâconnais et le Beaujolais…mais j’ai la ferme intention d’y retourner à la fin de l’automne…Parole d’alsacien !



Jour 1

deux étapes classiques en Côtes de Nuits et une première visite en Côte Châlonnaise.




Domaine Hervé Murat à Concoeur


L’atmosphère un peu humide de cette fin août exacerbe les couleurs de ces vignes prestigieuses sur les coteaux au bord de la petite route qui nous mène de Vosne-Romanée à Concoeur : la vue est belle mais cela reste une bien maigre consolation face à triste météo qui nous accompagne durant cette première journée.
Arrivés dans ce charmant hameau des hautes côtes, nous retrouvons Hervé Murat (déjà la quatrième année…) pour découvrir sa production sur 2008 et 2009. L’exploitation s’agrandit peu à peu et l’espace fait cruellement défaut mais un projet de nouvelle construction est en cours : sa réalisation durant l’année à venir permettra à ce jeune vigneron de travailler dans des locaux plus fonctionnels et d’envisager sereinement le développement de son domaine. C’est dans un chai climatisé nouvellement aménagé pour stocker les bouteilles et les barriques qu’Hervé Murat nous convie pour une visite verre en main de sa production.


Nous commençons par déguster les vins du millésime 2008 en bouteilles :

 

Hautes Côtes de Nuits Les Herbues : le nez est ouvert et très gourmand sur la griotte, la bouche est charpentée, finement tannique avec une acidité longiligne, la finale est fraîche et marquée par des arômes de griotte et de réglisse.
Bien structuré mais très facile d’accès, les 15% de fût neuf apportent du velouté sans pervertir la pureté du fruit. Joli vin !


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Chambolle Musigny Les Echezaux : le nez est discret et élégant sur un registre associant le sous-bois et les fleurs, la bouche est pleine de suavité, fraîche et délicatement acidulée elle nous offre un beau retour floral et une finale longue et légèrement boisée.
Elaboré avec des raisins achetés, ce vin plein de chair et de charme tient son rang et est promis à un bel avenir.

 

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Morey Saint Denis : le nez est ouvert et bien intense avec des arômes de fruits noirs, d’épices et de fumée, la bouche est puissante avec de la chair et du velouté, la finale est bien longue, légèrement fumée et boisée.
Elaboré avec des raisins achetés, ce Morey est déjà très expressif, malgré sa matière concentrée, il flatte le palais et se boit avec une facilité déconcertante..


Morey Saint Denis 1° Cru Les Charrières : le nez est discret, fermé avec des nuances torréfiées, la bouche est ample et puissante, la longue finale révèle de belles notes épicées.
L’élevage marque encore un peu cette cuvée solidement charpentée, dotée d’un potentiel d’évolution évident.


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Nous enchaînons par un tour d’horizon du millésime 2009 encore en cours d’élevage :

Hautes Côtes de Nuits Le Clos Duc : le nez est marqué par l’élevage avec ses arômes boisés et torréfiés, la bouche est charpentée, pleine de puissance et de rondeur, la finale est d’une longueur surprenante.
Prélevé sur une barrique neuve, cette cuvée du Clos Duc est l’une des 3 références de Hautes Côtes de Nuits qu’Hervé Murat proposera sur le millésime 2009 : c’est plein de richesse et empreint d’une certaine douceur…attention, gros séducteur en perspective !

 Beaune 1° Cru Les Tuvilains : le nez est bien ouvert avec des notes de tabac blond et de caramel, la bouche est soyeuse, ample et pleine d’énergie, avec une palette toujours très « amsterdamer », la finale très longue s’enrichit de nuances épicées.
Un très belle cuvée, qu’Hervé Murat a récupéré pour ce millésime (après le superbe 2005), rond, velouté, charmeur…très beau tout simplement !
 

 

Morey Saint Denis 1° Cru Les Charrières : un nez qui s’ouvre sur des notes de réduction et d’élevage (torréfaction et boisé délicat), la bouche est volumineuse avec beaucoup de gras et de puissance, la finale est très belle et révèle une palette aromatique naissante pleine de promesses.
Un vin prélevé sur un fût neuf, marqué par l’élevage mais avec une bouche vraiment prometteuse…un gros calibre en gestation !


Pour finir Hervé Murat nous débouche une bouteille de son premier vin produit sous son nom, c’est un Hautes Côtes de Nuits 2005 : le nez est assez replié sur lui-même, avec un peu de persévérance on y trouve de subtils arômes de fruits noirs, la bouche est charnue, d’un toucher très agréable, la finale possède une belle allonge.
Les 2005 ne sont pas au mieux en ce moment mais ce HCN se présente à nous avec une belle structure et une palette naissante très intéressante. Une bouteille à carafer si on veut en profiter aujourd’hui, mais le mieux serait d’attendre encore un peu…


Avec ces 2008 irréprochables et ces 2009 très prometteurs, Hervé Murat peut avoir confiance : ses projets d’installation comme exploitant à temps plein sont en très bonne voie.
Sa gamme de vins commence à avoir une très belle allure : 3 cuvées en HCN et quelques jolies références sur la Côte de Nuits, le tout travaillé avec beaucoup de sensibilité et de précision…une adresse toujours aussi recommandable !

 



Domaine Castagnier à Morey-Saint-Denis

 


Avec son patrimoine familial riche en terroirs prestigieux et son activité de négoce qu’il a lancée depuis 2009, Jérôme Castagnier propose une gamme de vins époustouflante. Il n’en fallait pas moins pour que ce passionné de musique lâche un peu ses cuivres pour se retrouver entre les bois des barriques qui garnissent sa cave à Morey-Saint-Denis.
Après une première visite mémorable où la barre qualitative avait été placée très haut nous voici à nouveau le verre à la main dans l’attente de quelques belles envolées sensorielles en compagnie de ce jeune vigneron plein d’enthousiasme et de générosité.

Nous commençons cette séquence de dégustation par un petit tour de chauffe avec quelques vins en bouteilles :

Aligoté 2007 : le nez est frais, floral, aérien avec des notes miellées, la présence en bouche est vive et rafraîchissante.
Une entrée de gamme qui tient son rang et qui offre un excellent rapport Q/P…en nous rappelant que Morey possède de beaux terroirs à vins blancs où même un cépage comme l’aligoté prend une dimension gastronomique.

Bourgogne Grand Ordinaire Rosé : le nez est frais et bien complexe, les petits fruits rouges ouvrent le bal suivis par des nuances un peu exotiques, la bouche est vive et légère avec une finale très fraîche.
Une appellation boudée par les buveurs d’étiquette mais un joli vin très polyvalent à table : récolté sur une parcelle et soumis à un pressurage direct très doux après 2 heures de macération ce rosé constitue une belle alternative à ces bibines sudistes qui inondent les terrasses en été.


Notre visite se poursuit dans le chai où Jérôme Castagnier nous propose des échantillons du millésime 2009 prélevés uniquement sur des barriques neuves.


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Une partie du chai à barriques du domaine Castagnier


Chambolle Musigny : le nez est très gourmand avec un fruit très pur (framboise), la bouche est élégante, le fruit croque, la matière est dense et la finale garde une très belle fraîcheur.
Le millésime marque la structure, plus riche qu’en 2008, mais l’indispensable élégance est au rendez-vous : Chambolle reste Chambolle.

Gevrey Chambertin : le nez est complexe et expressif sur le fruit (cassis, griotte), les épices (clou de girofle) et une légère touche fumée, la bouche possède un joli gras, une opulence presque douce mais un fond bien charpenté.
Bien ouvert et presque plus féminin que le Chambolle, un peu déroutant par rapport aux idées reçues sur le gevrey mais quel beau vin !

Morey Saint Denis Cuvée Gabin : le nez est complexe, presque un peu mystérieux, avec sa palette très profonde sur les fruits rouges et les épices (poivre blanc), la bouche est charnue et dotée d’une structure assez carrée,  la finale est évidemment très longue et marquée par des senteurs de terre humide.
Une superbe cuvée choisie pour célébrer la naissance du fiston…c’est sûr, 2009 sera un très grand millésime chez les Castagnier !

Charmes Chambertin : le nez s’ouvre sur des notes torréfiées rapidement remplacées par une palette très agréable où on peut reconnaître la griotte et le noyau de cerise, la bouche est puissante avec du volume et une grande minéralité qui soutient longuement le vin en finale.
Alliance parfaite entre suavité et puissance : on ne s’appelle pas Charmes-Chambertin pour rien !

Echezeaux : le nez est discret et complexe, les fruits rouges mûrs se montrent timidement avant des notes florales persistantes, la bouche est dense, profonde et toujours très minérale.
Tout en retenue mais avec une complexité au niveau de la palette comme au niveau de la structure qui ne trompe pas : c’est un grand vin !

Clos Saint Denis : le nez s’ouvre sur de puissantes notes de poudre à canon, les arômes très gourmand de cerise burlat suivent et s’imposent peu à peu, la bouche est ample, veloutée et la finale est très longue.
Encore dominée par l’élevage la matière subtile et gourmande de ce vin demande encore du temps pour s’affirmer…un Grand Cru pour esthètes patients.

Clos de la Roche : le nez intense de fruits rouges domine un fond aromatique minéral très raffiné, la bouche est sphérique mais la présence minérale (terre, graphite, craie) reprend progressivement le dessus pour s’imposer durant la finale.
Une alliance fruit/terroir du plus bel effet et une longueur en bouche qui ne laisse aucun doute : ce vin est bien né. Quel régal !

Clos de Vougeot : le nez est ouvert et racé sur un registre fruité et floral (violette), la bouche est riche et mûre avec des tanins fins et serrés et un fruité profond, la finale est incroyable, longue, florale et minérale.
Pas la peine de chercher d’autres mots, ce vin est déjà grandiose !


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Une barrique de Clos de Vougeot 2009…ah si nous avions eu une remorque !!!

 

 

Grands Echezeaux : le nez s’ouvre à nouveau sur des notes de poudre à canon (un peu comme le Clos Saint Denis) mais les arômes de torréfaction (moka et cacao amer) et de fruits rouges prennent rapidement le relais, l’équilibre en bouche est une perfection et la longueur aromatique est inimaginable.
Le Clos de Vougeot est un sommet absolu…là on est au delà. Je ne cherche même plus à comprendre !

Pour terminer ce tour de cave d’anthologie, nous revenons vers notre point de départ où nous attendent quelques bouteilles mystère :

Le premier vin joue dans un registre suave et fruité avec une bouche à l’équilibre superbe et un beau potentiel de séduction…je me lance « Chambolle ? » Notre hôte me fait les gros yeux : c’est un Grand Cru et c’est le vin préféré de son épouse, c’est un Charmes-Chambertin 2008.
Encore une c… comme ça et je sens que mon nom va disparaître de la liste des clients du domaine…mais bon, après la puissance explosive des 2009, ce retour sur la finesse peut dérouter et demande quand même un petit recalibrage du palais


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Le deuxième flacon anonyme nous livre un vin ouvert, épicé et très minéral (craie et graphite) avec une bouche ronde, soyeuse et charnue dotée d’une longue finale finement poivrée. Je crois reconnaître les caractéristiques des crus de Morey, mais je décide (lâchement) de laisser parler mon collègue qui ressent les mêmes impressions que moi… Gagné, c’est le Clos de la Roche 2008
Un vin dont la race transcende le millésime : la filiation avec le grand 2009 est une évidence.

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Le troisième est épanoui et très complexe, fruits, épices et violette sont au rendez-vous, la bouche est ample, sphérique avec un velouté incomparable et une longueur finale exceptionnelle. Fastoche : c’est le Clos de Vougeot 2008
D’un millésime à l’autre, cette parcelle du haut du Clos, dans le secteur du Grand

Maupertuis, produit un vin exceptionnel !

 

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Nous terminons cette longue séance par un grand cru blanc du négoce Jérôme Castagnier :
Corton Charlemagne 2008 : le nez est ouvert sur des notes de fruits blancs et de craie, la bouche allie opulence et minéralité sur une structure acide très large, la finale sur le citron confit et la pâte sablée est très longue.
Une version accessible, généreuse et superbement balancée de ce cru mythique.


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Jérôme Castagnier aime les beaux terroirs et se consacre avec passion à son beau métier de vigneron pour nous proposer une gamme de vins de très haute tenue.
Son travail à la vigne est exemplaire : taille sévère, vendanges vertes si nécessaire, effeuillage sélectif pour bien aérer les raisins et traitements influencés par les principes de la bio-dynamie. En cave le niveau d’exigence est maximal, tri et égrappage complet de la vendange, fermentations sans intrants, élevage en barriques (neuves à 40%), sans filtration ni collage et sulfitage très léger (4cl par barrique).
La dégustation des crus sur fûts neufs révèle des jus puissants dont le profond marquage du terroir domine facilement l’élevage. Après les assemblages les vins nous livrent des expressions tout en finesse et en pureté de leurs prestigieuses origines…Du grand art vous dis-je !

Merci à Jérôme Castagnier de nous avoir convié une nouvelle fois pour ce voyage extraordinaire parmi ces terroirs et ces crus sublimes !

 

 

 

Domaine Masse à Barizey

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Nous terminons cette première journée par une visite au domaine Masse à Barizey.
La coqueluche chalonnaise de DC se trouve dans un petit hameau que même un GPS peine à repérer mais bon, cette petite virée dans les collines au dessus de Givry est tout à fait charmante…ne boudons pas notre plaisir !
Ce sont M. et Mme Masse, les parents des actuels exploitants, qui nous reçoivent : en cette fin août, ces jeunes vignerons profitent de la disponibilité de ces derniers pour s’accorder quelques jours de repos avant le coup de chaud des vendanges.



Nous commençons par déguster les vins des millésimes 2007 et 2008 en bouteilles :

Givry Clos de la Brûlée blanc 2007 : le nez est fin et discret sur les fruits blancs (groseille, pomme granny), la bouche est vive, citronnée, la finale marquée par quelques notes de noisette et de longueur moyenne.
Un chardonnay fringant qui joue sur le registre de la vivacité et du fruit.

Bourgogne Côte Chalonnaise Vieilles Vignes 2008 : le nez franc et direct livre des arômes de fruits rouges, la bouche est assez rustique avec une présence tannique assez sévère.
Une matière encore anguleuse qu’il faudra laisser s’assagir un peu.

Givry Clos de la Brûlée rouge 2007 : le nez pinote agréablement avec un fruité mûr (cassis) et un léger fumé, la bouche est charmeuse, le fruit reste bien croquant sur une structure très soyeuse.
Un profil olfactif joliment typé et une belle tenue en bouche…un séducteur !

 

Givry Champ Lalot 2007 : le nez est profond et flatteur avec de beaux arômes de fruits noirs (cassis, griotte), la bouche est ronde et charnue, les tanins sont souples et veloutés, la cerise noire persiste longuement en finale.
Richesse et longueur aromatique, matière concentré et structure harmonieuse…cette cuvée prend position au sommet de la gamme.


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Givry En Veau-Vieilles Vignes 2008 : le nez est complexe avec ses notes de cerise noire, d’épices, son boisé fin et un léger fumé, la bouche n’est pas en reste avec une structure solide, un fruité pur et une belle fraîcheur en finale.
Le millésime change mais le niveau qualitatif reste, voilà pour moi la seconde très belle cuvée du domaine.

 

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La suite de la dégustation se passe dans le nouveau chai où séjournent les vins de 2009.

 

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Une partie du nouveau chai avec les barriques de vins de 2009, un aménagement superbe !

 

 

M. Masse nous propose un petit tour d’horizon sur ce millésime, qui, en Côte Chalonnaise aussi, est annoncé comme très réussi.

Givry Clos de la Brûlée blanc : le fruit est charmeur et plein de gourmandise, la bouche est ronde avec une matière dense et soyeuse.

Givry Clos de la Brûlée rouge : le nez est riche, plein de fruit, la bouche est veloutée, ample avec une finale bien longue.

Givry Champ Lalot : le nez est pur et puissant sur le cerise, la bouche est élégante, charnue mais avec une fraîcheur réjouissante en finale.

Givry En Veau-Vieilles Vignes : le nez s’ouvre sur des notes un peu végétales mais très rapidement on se régale avec de beaux arômes de fruits rouges, la bouche est très belle, le gras, la soie et la fraîcheur construisent une structure parfaitement équilibrée.

Ces vins du millésime 2009 se caractérisent par un fruité puissant tout en laissant une très belle impression de richesse et d’équilibre en bouche : des vins plaisir à encaver sans hésiter.

Passer des cuvées d’élite de la Côte de Nuits aux crus de la Côte Chalonnaise ressemble à un grand écart mais il faut bien reconnaître que ces Givry tiennent bien leur rang en offrant une vraie typicité et un beau rapport Q/P.
Avec des locaux professionnels fonctionnels et bien tenus, des terroirs intéressants et un travail exigeant à la vigne et en cave, le domaine Masse se positionne clairement parmi les références dans ce vignoble chalonnais et mérite amplement sa place dans le carnet d’adresses de l’oenophile.

 

 

N'oubliez pas de découvrir le Pèlerinage en Bourgogne 2010 - Jour 2

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 17:25

VDP des Coteaux de l’Ardèche Nature 2009 – J. Mazel à Pradons
 

Robe : grenat assez profond avec une frange violine.
Nez : l’olfaction est fortement perturbée par de puissantes notes de brulé et de fumé et il faut une longue aération pour déceler de belles notes de mûre, de résine et de basilic frais.
Bouche : ce vin s’offre à nous avec simplicité et gourmandise, le fruit est plus évident et la finale reste bien digeste, finement acidulée et légèrement tannique.
Un premier essai assez concluant sur un assemblage complexe de cépages locaux vinifiés sans sulfites et sans filtration. Le nez demande une certaine ouverture d’esprit et beaucoup de patience pour se faire comprendre mais la structure en bouche est vraiment pleine de charme. La voie est ouverte…


Sylvaner Grand A 2004 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten

 
Robe : jaune clair avec des éclats métalliques et une frange vert clair.
Nez : fin et discret sur la noisette fraîche, la poire évoluant vers les agrumes et le silex après une aération conséquente.
Bouche : une acidité droite et profonde s’impose d’entrée de jeu mais une sensation de gras arrive en milieu de bouche et tapisse agréablement le palais, la finale est agréablement saline avec des arômes de citron et de zestes d’agrumes.
Un sylvaner récolté sur le Grand  Cru de Bergbieten, qui s’exprime parfaitement après quelques années de garde. On est loin de l’opulence du 2009 mais la minéralité du terroir est révélée de façon magnifique.


Riesling Grand Cru Steinert 2006 – Domaine Rieflé à Pfaffenheim
 

Robe : jaune lumineux, avec des reflets d’or clair.
Nez : le premier nez est monopolisé par les épices (poivre blanc, girofle, cannelle), les agrumes mûrs s’invitent par la suite pour compléter cette palette vraiment riche et complexe.
Bouche : la structure est ample et massive, la matière est très riche mais une acidité incisive et profonde apporte un équilibre bien tonique, la finale est longue et finement tannique.
Un riesling issu d’un terroir calcaire et solaire qui ne renie pas ses origines : riche, généreux et doté d’une forte personnalité qui le rend presque atypique. Avec une palette épicée proche de celle d’un gewurztraminer il est à  réserver aux consommateurs qui ne craignent pas les émotions fortes !


Puligny Montrachet 2000 – Domaine Carillon à Puligny

Robe : jaune clair éclatant, avec des reflets dorés.
Nez : pur discret et très classique sur le citron, le beurre frais et la craie humide.
Bouche : le gras et le soyeux s’imposent dès la mise en bouche, l’acidité large et vibrante s’installe progressivement et bâtit une structure parfaitement équilibrée, la finale est fraîche avec des arômes de pamplemousse et quelques nuances épicées.
Un puligny villages qui a atteint sa vitesse de croisière, tout en élégance et en puissance contenue. Très beau !


Mas de Daumas Gassac blanc 1999

Robe : jaune profond, avec des éclats d’or clair.
Nez : discret, racé et complexe sur un registre balsamique et épicé.
Bouche : gras et velouté sans lourdeur, la structure est ample et équilibrée, la finale est longue avec des notes de résine et d’agrumes mûrs.
Mon plus vieux DG blanc nous a fait une très belle surprise, l’étiquette n’étant plus présentable, j’ai quand même tenu à monter la beauté de la robe de ce grand vin arrivé dans sa phase de plénitude.
Ce domaine très (trop) médiatique d’Aniane crée souvent la polémique parmi les amateurs de vins… il n’en reste pas moins que certaines de leurs bouteilles, dont celle-ci à mon avis, méritent une place de choix parmi les grands vins du Languedoc.


Gewurztraminer Glinzberg 2006 – Domaine Schmitt à Bergbieten

Robe : jaune brillant, dense avec des reflets dorés.
Nez : puissant et très pur avec une palette agréable sur les agrumes mûrs et les épices.
Bouche : le vin est charnu et très gras avec un développement aromatique d’une grande complexité (mandarine, abricot, réglisse, épices…), la finale est bien longue, marquée par le poivre blanc et soutenue par une forte salinité.
Un gewurztraminer très pur et fortement typé (aucune trace de déviance aromatique liée au millésime) qui accompagne à merveille les plats épicés de la cuisine exotique.


Riesling Grand Cru Frankstein 2004 – Domaine Beck-Hartweg à Dambach

Robe : jaune clair et lumineux avec des reflets verts.
Nez : pur et très agréable sur la mandarine et la pierre chaude.
Bouche : l’équilibre est sec avec une acidité un peu ondulante, assez souple mais toujours présente, le fruit est bien marqué, la finale est longue et saline.
Une belle bouteille sur un millésime assez compliqué : élégante mais soutenue par une belle minéralité.


Mas de Daumas Gassac rouge 1997
 
Robe : grenat dense avec une frange brunissante.
Nez : agréable et gourmand, il offre une palette de cabernet bien mûr (surprenant…), myrtille, tabac, épices douces et fumée.
Bouche : soyeux et superbement équilibré avec des tanins suaves et une finale d’une fraîcheur réjouissante marquée par quelques notes d’herbes aromatiques qui rappellent un peu l’origine sudiste du vin (laurier, thym).
Une bouteille ouverte dans la lancée du blanc 1999 qui m’avait vraiment séduit… et qui contre toute attente, a vraiment tenu son rang. Ce vin allie rondeur, fraîcheur et richesse aromatique, il se boit avec une facilité déconcertante et un plaisir certain. Les 1997 bus un peu plus jeunes, ne m’avaient pas laissé les mêmes impressions (pas de C.R. =.pas bon signe chez moi !), il faut peut-être vraiment attendre les rouges de ce domaine bien au-delà de 10 ans ?


Riesling Belzbrunnen 2008 – Domaine Dirler à Bergholtz
 
Robe : jaune très clair avec des reflets métalliques.
Nez : discret et très pur avec des arômes de groseille blanche et de zestes d’agrumes.
Bouche : une acidité immédiate, droite et profonde tend la structure dès l’attaque pour construire un équilibre sec mais gourmand, la finale est citronnée et puissamment saline.
Récoltée sur une parcelle juste en dessous du Grand Cru Kessler ce riesling que Jean-Pierre Dirler qualifie de « petit Kessler » est sans conteste déjà un très grand vin !

 

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Une belle cave bourguignonne visitée lors de mon traditionnel séjour du mois d'août dans ce vignoble.

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 18:35

LE KESSLER SELON…

 

 

 

 

Le choix de ma dixième étape ne fut pas chose aisée, surtout qu’après le dernier Grand Cru de la Couronne d’Or, me voici de retour dans le Haut-Rhin, avec tous ces terroirs merveilleux servis par des vignerons pleins de talent…il y a vraiment de quoi hésiter !
Après avoir éliminé (pour le moment) les têtes d’affiches comme le Rangen, le Brand et autres Schoenenbourg qui n’ont pas forcément besoin d’être mis en lumière, il reste malgré tout un grand nombre de possibilités…
Je vais donc me laisser porter par le souvenir des dernières rencontres mémorables avec des rieslings Heisse Wanne de la maison Dirler-Cadé pour choisir de me rendre du côté de Guebwiller pour étudier de plus près le Grand Cru Kessler.

 


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Le coteau du Kessler vu de Bergholtz


Bien des choses ont déjà été écrites sur ces terroirs et un angle d’approche original et intéressant est à priori difficile à définir…mais je vais quand même essayer de relever le défi.
Je vous propose de me suivre dans mes ballades personnelles avec un peu de théorie (le socle nécessaire à une bonne compréhension), des documents photographiques et surtout des rencontres avec les vignerons qui travaillent dans ces parcelles classées.
Bon, ça je l’avais déjà dit…mais c’est pour les nouveaux.

 

 

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Guebwiller est une ville de près de 12000 habitants, située au sud-ouest de Colmar, au pied des Vosges et de son point culminant, le Grand Ballon, appelé d’ailleurs également le Ballon de Guebwiller.

 

 

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L’entrée de la vallée de Guebwiller avec le Grand Ballon au fond et la pente vertigineuse du Kitterlé sur le côté.


Cette petite ville marque l’entrée du Florival, nom poétique de la vallée de la Lauch, que Flurandus, un moine du XI° siècle, décrivait ainsi : « Salut, ô Florival, tu es presque rivale du paradis, avec tes collines fécondes et tes coteaux que les pampres de la vigne recouvrent ».

 

 

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La Lauch, un torrent qui descend des crêtes vosgiennes et qui traverse Guebwiller.

 


Même si, comme pour de la plupart des sites du piémont vosgien, les origines de cette ville remontent aux carolingiens, l’histoire de Guebwiller est intimement liée à celle de l’Abbaye de Murbach. C’est en 774 que Gebunvillare est mentionnée pour la première fois dans un acte de donation en faveur de cette abbaye : il s’agit alors d’un simple domaine agricole qui attendra quelques siècles avant de devenir une ville. En effet, ce n’est qu’au XII° siècle qu’une cité médiévale prendra forme autour de l’église Saint Léger et du château Burgstall.

 

 

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L’église romane Saint Léger de Guebwiller.

 

 

Fortifiée au XIII° siècle avec la construction d’un mur d’enceinte, Guebwiller, devenue capitale administrative de la principauté de Murbach, compte 1350 habitants en 1394.
La domination de cette institution religieuse sur la ville ne prendra fin qu’avec la Révolution Française.
Comme bien d’autres communes viticoles alsaciennes, Guebwiller n’a pas été épargnée au cours de son histoire : entre le XIV° et le XVII° siècle, les invasions se sont succédées semant leur lot de malheurs et de destructions. Malgré tout, le patrimoine historique et architectural de cette ville reste remarquable aujourd’hui et offre au promeneur curieux de nombreux vestiges qui témoignent de son riche passé.

 

 

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L’étrange blason de Guebwiller : crée au XVI° siècle, il représente un bonnet albanais, choisi probablement pour rendre hommage aux nombreux travailleurs immigrés venus de ce pays pour prêter main forte aux les vignerons d’antan.

 

 

A l’aube du XIX° siècle apparaissent les premières entreprises textiles qui vont prospérer jusqu’au milieu du XX° siècle. Actuellement, seule la société NSC (Nicolas Schlumberger et Cie) perpétue cet héritage en construisant des machines-outils spécialisées pour la filature.
Idéalement placée à l’entrée de cette belle vallée et dotée d’un patrimoine architectural exceptionnel, Guebwiller se tourne peu à peu vers le tourisme.

 

 

 

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Le musée du Florival installé dans une des nombreuses maisons canoniales de Guebwiller.

 

Avec ses 3 églises, toutes d’un style différent (roman, gothique et néo-classique), son Hôtel de Ville datant de 1585, les vestiges des fortifications et du château de Burgstall (XIII°), le château Neuenburg (XVIII°) restauré en 1850, les maisons canoniales du XVIII° siècle…, le visiteur féru d’histoire et d’architecture sera comblé.

 

 

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L’église Notre Dame de Guebwiller, en grès comme de nombreux bâtiments de la ville.
 

 

Le touriste plus sportif pourra profiter des magnifiques chemins de randonnée ou des superbes espaces VTT entre plaine, vignoble et montagne.
Pour l’œnophile, la région est vraiment exceptionnelle, car, ne l’oublions pas, avec pas moins de 4 Grands Crus sur son ban communal, Guebwiller est la cité viticole alsacienne la plus richement dotée en terroirs classés. Paradoxalement, il n’y a que très peu d’exploitations vigneronnes dans la ville : pour trouver une cave à visiter, il faut se rendre dans l’un des charmants villages voisins, où les bonnes adresses ne manquent pas (Orschwihr ou Bergholtz par exemple).



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Au pied du Kessler, le village de Bergholtz


Il y a quelques années, la municipalité a décidé de rendre un hommage marqué à son vignoble lors du Festival des Grands Crus d’Alsace organisé aux Dominicains, avec au programme récitals, spectacles et dégustations.

 

 

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De style gothique, l’église des Capucins accueille de nombreux concerts durant l’année.
 

 

 

 

 

 

Le Grand Cru Kessler se situe au nord du finage de Guebwiller, sur le flanc est de la colline Unterlinger, à une altitude variant de 300 à 390 mètres.

 


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Des parcelles dans la partie sud du Kessler.

 

 

Sa superficie totale est de 28,53 hectares et ses parcelles relativement pentues, orientées sud-est, jouxtent le Grand Cru Kitterlé dans la partie haute et les Grands Crus Saering et Spiegel dans la partie basse.

 

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La délimitation du Grand Cru avec en bas les quartiers nord de Guebwiller et en haut à gauche
les premières maisons du village de Bergholtz.

 

Le nom Kessler, qu’on traduit littéralement par « chaudronnier » évoque la configuration générale en forme de cuvette de ce Grand Cru. Le vallon qui se dessine en son centre constitue un véritable régulateur thermique dans la mesure où, en plus de la barrière vosgienne qui l’isole des vents d’ouest, ce terroir est naturellement protégé des courants d’air froid venant du nord et de la vallée de Guebwiller.

 

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  La partie centrale du Grand Cru.


Sur le plan géologique  ce Grand Cru fait partie de la famille des terroirs gréseux : des colluvions de grès Vosgien du Bundsandstein et un peu d’argile recouvrent un affleurement linéaire de calcaire du Muschelkalk. Le sol et le sous-sol du Kessler, sont épais et tendres avec une structure sablonneuse assez homogène même si on peut y identifier d’autres dépôts minéraux plus ou moins abondants selon les endroits.

 

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Le sol du Kessler : du sable gréseux avec plus ou moins de cailloux.
 

 

Le cœur de ce Grand Cru est constitué par une cuvette qui est cadastrée sous le nom de « Heisse Wanne » (« cuve chaude »). C’est cette dénomination qui est à l’origine du nom Kessler (par sa référence au chaudron).


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La « Wanne » au centre du Grand Cru.


La vigne trouve sur ce terroir un environnement particulièrement favorable : les raisins atteignent leur maturité plus tôt qu’ailleurs, les rendements sont naturellement très faibles (30 à 40 hl/ha) et la grande qualité des fruits est d’une constance remarquable quels que soient le cépage ou le millésime. « Tout se passe comme si le terroir s’équilibrait de lui-même » affirment les vignerons locaux. De plus, grâce aux brumes matinales favorisées par la morphologie de ce terroir (toujours la forme en cuvette), le botrytis se développe assez facilement dans les vignes du Kessler et permet l’élaboration des prestigieuses cuvées de Grains Nobles. Comme le dit Alain Freyburger « Le paradoxe de ce terroir est que, tout en étant très précoce, le Kessler permet de retarder les vendanges jusqu’au mois de décembre pour ne récolter que le sublime nectar ».

 

 

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Une parcelle dans la partie haute du Kessler : terrasses et murets en grès rose.

 

 

Sur le plan historique, on sait que ce terroir a été remarqué dès le VIII° siècle par les moines de l’abbaye de Murbach. Les princes-abbés qui se succédèrent à Guebwiller ont œuvré sans relâche pour donner à leurs vins la place qu’ils méritent au sommet de la hiérarchie alsacienne. En 1575, l’écrivain humaniste, Sébastien Munster parlait de Guebwiller en ces termes : « Cette ville assise à la gueule des montagnes abonde en vignes et est sujette à l’abbé de Murbach qui y fait là souvent sa résidence » (Cosmographia Universalis)
En 1394, le nom de Kessler est mentionné pour la première fois par écrit dans des documents administratifs.
Un dicton du XVI° siècle affirme que « Dans le Rangen de Thann, la Wanne de Guebwiller et le Brand de Turckheim pousse le meilleur vin du pays » : ce témoignage de la sagesse populaire marque la reconnaissance de l’indiscutable grandeur de la Wanne – l’autre nom du Kessler – qui trouve une place de choix dans ce trio de terroirs prestigieux.
Depuis 1830, la récolte de ce lieu-dit est vinifiée à part et commercialisée sous le nom Kessler ou Wanne : près de 150 ans avant les lois sur les Grands Crus les vins de ce fameux terroir de Guebwiller ont été des précurseurs dans la reconnaissance de l’élite alsacienne.
Bien entendu, le Kessler fera partie de la première sélection de terroirs classés en 1975 (décret d’application en 1983)… et ce n’est que justice !

Au niveau de la viticulture, ce Grand Cru, présenté comme un terroir assez facile à travailler (cf. plus haut) est exploité par une poignée de vignerons très sensibles à préservation des sols. « Notre ligne de conduite obéit au souci d’assurer la pérennité du vignoble ». assure Alain Freyburger.

 

 

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Sur les pentes du Kessler : un tapis végétal dense et diversifié.

 

 

La conduite de la vigne sur ce coteau traduit ce souci de façon assez explicite : enherbement, bio-diversité végétale, labour dans les rangs et au niveau du cavaillon…

 

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L’inter-cep est travaillé malgré la pente.


On sent une belle harmonie dans cet environnement préservé où les fleurs s’épanouissent, les lézards prolifèrent et la vigne y rencontre un terroir propice à une maturation sereine.

 

 

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Une rencontre impromptue au pied du Kessler



Le gewurztraminer est le cépage le plus planté sur ce Grand Cru : comme l’affirme Mireille Walker, la sommelière du restaurant Aux Armes de France à Ammerschwihr, « En dégustant les gewurztraminer du Kessler, nous sentons que ce cépage est heureux dans ce terroir gréseux ».Le pinot gris profite également très bien de la qualité de ce terroir et le riesling peut donner des résultats exceptionnels si les rendements sont contrôlés : ce cépage occupe souvent les parcelles du secteur haut, plus pentues et moins riches en argile.
Les vins du Kessler sont à la fois puissants et fins avec un équilibre sucre/acidité d’une grande élégance qui se révèle pleinement après quelques années de garde.
Comparés à leurs voisins du Kitterlé au caractère montagnard parfois un peu rude, Alain Freyburger présente les vins du Kessler comme des « gentlemen affables ».
Les gewurztraminers sont puissants mais toujours élégants avec une palette aromatique épicée qui s’épanouit et persiste très longuement en bouche.
Les rieslings sont plus secrets, plus subtils avec une structure droite et une profondeur aromatique incomparable.

 

Un microclimat qui donne une belle richesse, un sol gréseux qui appelle la finesse et des vignerons qui travaillent en harmonie avec ce grand terroir… une association idéale pour concevoir de très grands vins !

 

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Les pentes de la partie nord du Kessler.






…JEAN-PIERRE DIRLER

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Le domaine Dirler-Cadé se trouve à Bergholtz, un charmant village situé au pied de la colline Unterlinger, à quelques kilomètres au nord de Guebwiller.

 

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Une grande maison vigneronne avec un portail toujours grand ouvert…

 

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  … et un caveau qui accueille les visiteurs du lundi au samedi.

 

 

En cette fin août, les actuels exploitants Jean et Ludivine Dirler sont partis en famille pour une petite semaine de congés bien mérités, c’est donc Jean-Pierre Dirler, le papa toujours présent et actif au domaine, qui m’accueille dans le caveau de dégustation pour répondre à mes questions sur ce Grand Cru.

 

 

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  Cosy et chaleureux, le coin-dégustation du domaine Dirler-Cadé.

 

 

 

Comment définir ce terroir ?

Jean-Pierre Dirler possède un dossier extrêmement complet sur les caractéristiques géologiques des deux terroirs voisins, le Kessler et le Saering : cette étude scientifique est une source de renseignements d’une grande précision pour comprendre l’infinie complexité du vignoble alsacien. Il s’avère que le Kessler possède un sous-sol de sables gréseux, plus ou moins profond, qui repose sur une couche rocheuse compacte. Vers le bas, la roche-mère est de nature calcaire alors que dans les parcelles hautes et dans celles dans la Wanne on trouve une sous-couche de nature schisteuse.
« C’est un terroir drainant où les racines plongent facilement en assurant un apport hydrique et minéral régulier à la vigne » Au niveau de la Wanne la couche arable est la moins épaisse (90 centimètres) alors que dans le secteur bas les terrains sont plus profonds et plus riches en argiles. « La partie haute du Grand Cru qui se trouve dans le prolongement du Kitterlé est pauvre et presque exclusivement gréseuse ».
Des analyses pédologiques plus précises relèvent deux éléments spécifiques au Kessler : l’absence quasi-totale de calcaire et une richesse peu commune en potassium.
Au niveau du microclimat, ce terroir est protégé des vents violents « mais il reste quand même bien aéré » préservant naturellement les raisins de la pourriture, noble ou non. Dans ces conditions, les V.T. réussissent bien mais les S.G.N. sont beaucoup plus difficiles à réaliser.
Par sa forme concave, la Wanne présente des variations de l’exposition assez conséquentes  « Notre parcelle de riesling est idéalement placée face au sud ».

 

 

Quels sont les cépages les mieux adaptés ?

« Le riesling se plait dans les parties hautes, pauvres et très pentues », alors que les sols plus profonds, plus argileux du bas de coteau sont généralement plus favorables aux pinots gris et aux gewurztraminers. D’après Jean-Pierre Dirler le muscat est le seul cépage qui ne réussit pas sur ce terroir « ce cépage donne des vins lourds et pâteux sur le Kessler »…tout à l’opposé du style qu’il recherche.


Quels caractères spécifiques ce terroir transmet-il aux vins ?

Dans cette configuration si particulière qui voit 4 Grands Crus placés côte à côte, la question du lien au terroir se pose tout naturellement. Jean-Pierre Dirler est catégorique : « lorsque nous dégustons notre production, nous nous rendons compte chaque année qu’on ne peut pas confondre un Spiegel, un Kitterlé, un Saering ou un Kessler, ce sont des vins vraiment différents ».
Ceci dit, Jean-Pierre Dirler ne pense pas qu’il soit possible de déterminer des marqueurs aromatiques propres à un Grand Cru « l’effet millésime et la main du vigneron sont des éléments plus déterminants que la nature du terroir pour construire le profil aromatique d’un vin ».
Les Kessler se distinguent par leur charpente minérale puissante, car le grès transmet une grande salinité aux vins : « il suffit de sucer un fragment de grès ramassé dans nos vignes pour percevoir les notes salées et ce goût de roche qu’on retrouve dans les vins ».
Pour préciser les caractéristiques de ses Grands Crus, ce vigneron fait surtout référence à leur qualité gastronomique : « nos vins sont conçus avant tout pour accompagner un repas ».
Les rieslings du Kessler sont puissants, gras et complexes avec un fruit souvent bien mûr, ils se marient idéalement avec les crustacés alors que les rieslings du Saering s’associent plutôt avec des poissons marins et ceux du Spiegel s’épanouissent en compagnie d’un poisson de rivière.
Les gewurztraminers du Kessler, opulents et solidement charpentés, font merveille sur les desserts aux fruits et même sur le chocolat, ceux du Saering moins exubérants et plus épicés accompagneront la cuisine exotique.
Les vins du Kessler sont taillés pour la garde : 5 ans pour qu’ils expriment la subtilité du terroir et plus de 10 ans pour atteindre la pleine maturité... à condition bien qu’ils réunissent 3 conditions essentielles au vieillissement « le bon état sanitaire de la vendange, une belle acidité et une matière concentré ».


Y-a-t-il dans votre mémoire de vigneron le souvenir d’un vin mythique sur ce Grand Cru ?

Malgré sa très longue expérience de vigneron et de dégustateur, Jean-Pierre Dirler ne remonte pas trop loin dans le temps pour choisir ses coups de cœur. Il choisit de me parler de 3 vins goûtés récemment :
- le riesling Heisse Wanne 1995 : « une perfection dans l’équilibre, la référence absolue »
- le riesling Kessler 2000 : issu d’un assemblage des raisins de la Wanne et des autres parcelles sur le Grand Cru, « il commence sa phase de pleine maturité, il est puissant et charpenté et se comporte magnifiquement à table ».
- le riesling Heisse Wanne 2006 : encensé par la presse spécialisée et les guides : « une référence pour l’année certes, l’effet drainant du Kessler a bien joué son rôle, le vin est net et très agréable à déguster mais trop riche à mon goût… ».


Quelles perspectives pour ce terroir ?

C’est le domaine Schlumberger qui possède la majeure partie du Kessler (environ 25 hectares sur 28,5) et qui a la main mise sur la gestion locale du Grand Cru, « mais cela se passe plutôt bien entre cette grande maison et les quelques vignerons qui se partagent le reste de la surface ».
La famille Dirler qui milite pour le respect des sols et de l’écosystème dans les vignes se fait entendre de plus en plus dans les débats sur l’avenir du vignoble de Guebwiller « même une grande maison comme Schlumberger évolue peu à peu dans ce sens, c’est encourageant ».
En ce qui concerne les débats actuels sur les vins d’Alsace, le domaine Dirler défend une conception très claire : le vigneron est le maître d’œuvre dont le travail doit permettre au cépage d’exprimer au mieux son terroir. « La conception graphique de nos étiquettes symbolise en quelque sorte notre idée du vin : le nom du vigneron bien en évidence, puis le nom du terroir, le lieu-dit, le cépage et le millésime ».


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Jean-Pierre Dirler n’est que très peu convaincu par les cuvées issues d’une complantation « dans le temps, la Wanne était complantée, nous y réalisions un vin agréable mais sans personnalité, sans l’expression minérale de ce terroir »… rien à voir avec les superbes rieslings qui y naissent aujourd’hui !
Pour ce qui est de la communication sur ce Grand Cru on constate que depuis quelques années, l’engouement de la presse spécialisée pour les vins du Kessler (dans les guides d’achat ou les revues gastronomiques) fonctionne comme un excellent vecteur de reconnaissance nationale et internationale. Jean-Pierre Dirler apprécie pleinement le phénomène mais regrette quelque peu que cette mise en lumière refoule au second plan ses autres Grands Crus, dont il connaît et apprécie les qualités : « le succès actuel des vins du Kessler est justifié mais n’oublions pas pour autant les autres terroirs de Guebwiller, ils sont tout aussi aptes à produire de très grands vins ». A bon entendeur….


Les vins du domaine : quelle conception ?

Crée en 1871, le domaine est aujourd’hui exploité par Jean Dirler, représentant la 5° génération de la famille fondatrice, et par son épouse Ludivine, fille de Léon Hell-Cadé, un vigneron de Guebwiller. A partir du millésime 2000, l’exploitation a repris les parcelles des parents de Ludivine et le domaine a pris le nom actuel de Dirler-Cadé.
Bien évidemment, Jean-Pierre Dirler et son épouse sont restés très actifs et secondent leur fils et leur belle-fille, notamment en accueillant la clientèle au caveau ou en présentant leurs vins sur les salons en France et à l’étranger.
Aujourd’hui le domaine possède 18 hectares de vignes dont 42% sur les 4 Grands Crus de Guebwiller (2,5 hectares sur le Kessler).
5 autres lieux-dits (Schimberg, Belzbrunnen, Schwartzberg, Bux et Bollenberg) sont vinifiés à part et complètent l’impressionnante gamme du domaine Dirler-Cadé : plus de 30 cuvées par millésime !
Ceci dit, c’est un choix assumé du domaine « c’est une démarche difficile mais fondamentale pour respecter et mettre en valeur l’identité de chaque terroir ».

Au niveau de la viticulture, le domaine Dirler-Cadé est en culture bio-dynamique depuis 1998. Intrigué par les pratiques d’Eugène Meyer, un vigneron de Bergholz en bio-dynamie depuis 1969 (le plus ancien d’Alsace) et sensibilisé par un cycle de formation sur la préservation des sols à Rouffach, Jean-Pierre Dirler n’a pas hésité à soutenir pleinement son fils Jean et sa belle-fille Ludivine dans leur décision de travailler leurs vignes en bio-dynamie. « Nous avons fait un essai sur quelques parcelles (1 hectare en tout) en 1996, pour prendre conscience des problèmes que cette pratique allait poser, puis nous avons étendu la bio-dynamie à l’ensemble du domaine en 1998 ».
Malgré quelques soucis d’ordre matériel « le labour à cheval sur des parcelles pentues est parfois très difficile », Jean-Pierre Dirler est très satisfait de cette démarche « en plus de l’effet sur la préservation des sols, la qualité des raisins est beaucoup plus régulière avec la bio-dynamie…mais ne me demandez pas pourquoi ! La seule chose que nous constatons depuis des années, c’est que ces pratiques sont efficaces, laissons aux scientifiques le soin de trouver des explications à cela… ». L’exigeant cahier de charge de la bio-dynamie est donc appliqué sur l’ensemble de la surface viticole du domaine Dirler-Cadé depuis plus de 10 ans.
L’effeuillage est pratiqué à la main sur toutes les vignes du domaine car cela permet de l’adapter à chaque parcelle « notre effeuillage est sélectif selon l’orientation de la parcelle, cela nous permet de contrôler mieux la maturation des raisins. Nous voulons éviter l’excès de richesse et le déficit en acide malique qui rendraient les vins trop plats ».
Le moment des vendanges est fixé en tenant compte à la fois des résultats d’analyse des prélèvements et des impressions laissées par la dégustation des raisins « le sucre ne fait pas tout, ce sont les pépins et les peaux qui doivent être mûrs ».


A niveau des vinifications, les raisins sont triés avant de passer dans l’un des 2 pressoirs pneumatiques du domaine. Le travail en cave est très traditionnel, les Dirler n’adoptent pas de position dogmatique sur les pratiques œnologiques : « notre objectif est de faire le meilleur vin possible avec la matière première dont nous disposons ». Les levurages sont pratiqués exceptionnellement si nécessaire (en 2006 par exemple), les sulfitages sont très faibles mais jugés indispensables à la bonne santé du vin, les élevages se font sur lies sans bâtonnage dans des contenants en inox (3/4) et en bois (1/4). Les mises se font au domaine au cours du mois de juin : « nous sommes adeptes des mises précoces qui laissent toujours un peu plus de CO2 dans le vin et nous permettent de limiter le sulfitage ».
Pour les vins moelleux (VT et SGN) les fermentations sont arrêtées par réfrigération des cuves : « c’est le verdict du palais qui détermine le moment où nous décidons de boquer les fermentations pour obtenir le meilleur équilibre possible sur chaque cuvée ».

Le domaine Dirler produit environ 100000 bouteilles par millésime : 50% partent à l’export dans le monde entier (Europe, Japon, Australie…) mais presque un tiers du chiffre d’affaires est réalisé par les ventes au caveau. C’est une juste récompense pour ces vignerons qui, malgré une notoriété bien assise, consacrent encore beaucoup d’énergie et de temps pour bien accueillir leurs clients de passage. Bravo !


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Les Stammtisch du domaine Dirler... on s’y attablerait volontiers !

 


Et dans le verre ça donne quoi ?


Pour illustrer notre discussion sur les terroirs de Guebwiller, Jean-Pierre Dirler me propose de déguster en parallèle des vins du Kessler et du Saering.
Evidemment, je me laisse faire… la tentation est bien trop forte pour ne pas s’autoriser une petite modification du protocole habituel !

Riesling G.C. Saering 2008 : le nez est aérien, fin et floral avec quelques notes d’agrumes mûrs, la bouche est dense, l’acidité est profonde et pure et la finale bien longue offre une palette fraîche sur la craie et le citron.
Une cuvée pleine de charme et doté d’un redoutable pouvoir de séduction avec une structure élégante et un équilibre de funambule.

Riesling G.C. Kessler 2008 : le nez est discret et très pur sur le fruit mur et les zestes d’agrumes, la bouche est charnue avec de la richesse et une belle concentration, une acidité pointue et longue soutient admirablement la finale.
Un riesling avec une matière très puissante, encore un peu sauvage aujourd’hui, mais l’avenir lui appartient…


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Riesling G.C. Kessler-Heisse Wanne 2008 : un nez pur et très élégant sur le fruit mûr et le miel, la bouche volumineuse et ample possède beaucoup de gras et de salinité, la finale est très longue et la sensation minérale véritablement hors du commun.
Puissant et riche ce riesling grandiose repose sur une trame minérale d’une profondeur que j’ai rarement rencontrée. Une claque absolue !!!


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Orientée plein sud, la parcelle de riesling de la Heisse Wanne se trouve derrière le menhir en grès

 

 

Gewurztraminer G.C. Saering 2008 : le fruité est très élégant sur les agrumes mûrs, le vin envahit la bouche tout en douceur et en finesse dans un équilibre très gourmand, la finale est fraîche et digeste.
Un gewurztraminer de haute couture avec une structure parfaitement équilibrée (malgré les 18g de SR). Un vin taillé pour la haute gastronomie.

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Gewurztraminer G.C. Kessler 2008 : le nez est riche et généreux avec une palette complexe sur les fruits mûrs (abricot, banane) complétés par des notes plus exotiques et légèrement épicées, la bouche est d’une puissance inouïe, la matière est concentrée et riche, une salinité profonde apporte fraîcheur et longueur à la finale.
Un peu à l’image du riesling issu du même terroir, ce gewurztraminer est un vin riche (32g de SR) et ultra-puissant, plein d’une énergie encore trop exubérante…mais quel potentiel !
 

 

Gewurztraminer G.C. Kessler 2007 : le nez est discret, subtil sur un registre exotique (mangue), la bouche est riche (52g de SR) avec des arômes de fruits confits, une texture veloutée et une finale très minérale qui donne un équilibre très digeste à l’ensemble.
Ce gewurztraminer possède à la générosité bien assumée et bien intégrée dispose d’un pouvoir de séduction redoutable : se boit, se reboit, se re-reboit vraiment tout seul !l

Gewurztraminer G.C. Saering V.T. 2007 : le nez est délicat et complexe, la palette associe de subtils arômes d’agrumes confits, de miel d’acacia et de rose, la bouche est opulente, mais le gras trouve un bel équilibre avec la minéralité, la finale est longue et sapide.
A peine plus riche que le vin précédent (54g de SR) ce gewurztraminer est plus épais et plus massif tout en conservant un fond de fraîcheur, grâce à une présence saline vraiment intense. Magnifique équilibre !

 

Gewurztraminer G.C. Kessler V.T. 2006 : le nez s’ouvre sur des notes d’humus mais un beau fruité confit et très gourmand prend le relais rapidement, la bouche est veloutée et richement parfumée (orange confite et épices douces), la persistance aromatique est très longue.
Un gewurztraminer harmonieux, ouvert et plein de volupté (74g de SR)… beaucoup de classe ! Associé à du chocolat ce vin fait merveille avec ses aromes d’agrumes qui résonnent superbement. Une alternative aux Portos et autres Maury très originale et riche en saveurs…il faut absolument essayer !

Gewurztraminer G.C. Kessler V.T. 2007 : le nez est pur, profond et très complexe sur les fruits mûrs et le poivre blanc, la bouche est opulente et parfaitement équilibrée avec un fruité exotique qui se développe au palais, la petite touche acidulée et poivrée de la finale nous laisse une sensation de fraîcheur réjouissante.
Une grande puissance et un équilibre idéal pour ce gewurztraminer, qui s’offre à nous aujourd’hui avec beaucoup de classe mais qui sera surement grandiose dans quelques années.


Pour conclure, un petit bilan sur cette dixième expérience de visite approfondie d’un terroir Grand Cru (attention je risque de me répéter…) :

-    Une fois de plus, j’ai pu vérifier que la convivialité et la disponibilité des vignerons alsaciens ne sont pas une légende. Encore mille mercis à Jean-Pierre Dirler pour son accueil.

-    J’ ai renforcé ma conviction qu’une bonne compréhension d’un vin passe évidemment par la dégustation mais s’enrichit considérablement si on fait la démarche d’aller sur place, sentir l’énergie des terroirs où il naît et rencontrer les gens qui le conçoivent…je ne boirai plus jamais des Kessler comme avant !

-    Le Kessler est un terroir qui engendre des vins assez surprenants : les équilibres toujours très élégants se construisent souvent autour d’une synergie entre la richesse de la matière produite par le microclimat chaud et aéré et la puissance minérale hors du commun apportée par le sous-sol de sables gréseux. Flatteurs par leur générosité immédiate ces crus méritent vraiment d’être attendus (8 à 10 ans selon J.-P. Dirler) pour atteindre le niveau d’harmonie et de complexité qui les rend uniques et qui témoigne de leur grandeur.

-    Jean-Pierre Dirler est un personnage un peu secret mais passionnant : dégustateur hors-pair et vigneron profondément impliqué dans la valorisation et la reconnaissance des terroirs alsaciens, il reste un personnage clé du paysage viticole de notre région. Toujours actif et animé d’une passion réelle pour ses vins, il soutient son fils et sa belle-fille dans leur quête de l’excellence.
A voir les classements du domaine Dirler dans les guides comme le BD ou celui de la RVF on est forcé de constater que ce travail porte ses fruits… Il ne vous reste plus qu’à vous faire une idée par vous-même en vous précipitant sur les fabuleux 2007, 2008 et bientôt 2009 qui vous attendent au domaine.

 

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La partie centrale du Kessler.

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 10:32

 



Comme l’année précédente, nous nous retrouvons en famille pour un séjour estival dans cette Ardèche méridionale que nous apprécions particulièrement, pour ses paysages, ses villages, son ambiance et, bien évidemment, ses vins.


Jérôme Mazel fait partie de cette génération montante de jeunes vignerons qui ont envie de faire leurs vins en tirant le meilleur parti des beaux terroirs ardéchois.
Il a récupéré 5,5 hectares de vignes sur le patrimoine viticole de son père, coopérateur à la cave des Vignerons Ardéchois à Ruoms : « il bichonne de très belles parcelles situées en hauteur au dessus de Pradons » me confieront fièrement les parents de Jérôme.
 

Ces parcelles sont exposées nord/nord-est sur des terrains argilo-marneux.

 


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Les vignes de Jérôme Mazel, entre genévriers et chênes sur les hauteurs de Pradons

 

 

Pour limiter les traitements à leur strict minimum, il passe beaucoup de temps dans ses vignes afin de garantir naturellement les conditions d’un état sanitaire impeccable.

 

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Les vignes sont labourées 1 rang sur 2.

 

 

 

En ce moment c’est l’époque des vendanges vertes « 4 à 6 grappes par pied selon la vigueur de la plante, cela permet à la vigne de trouver son équilibre ».

 

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Les vendanges exclusivement manuelles se déroulent en général fin août et la récolte des viogniers destinés à produire la cuvée moelleuse a lieu fin septembre.
Sauf pour les rosés, l’élevage des vins se fait en barrique : 8 mois pour les viogniers et la cuvée Cœur de Pierre à dominante grenache, autour de 12 mois pour les autres.


 
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Le chai à barriques avec l’entrée d’un souterrain qui assure une climatisation naturelle… mais qui va être aménagée prochainement en caveau de dégustation.

 

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Il vend sa production à une clientèle de passage dans son caveau ouvert quotidiennement à partir de 18 heures ou dans le point de vente tenu par ses parents, où on trouve aussi des légumes du jardin et d’excellents fromages de chèvre de la Ferme des Divols (une exploitation hautement recommandable située sur les hauteurs de Beaulieu).

 

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Après une journée de travail à la vigne, Jérôme fait découvrir ses vins aux clients de passage.

 

Sa gamme comporte 3 vins blancs, 2 rosés et 3 rouges d’appellation VDP des Coteaux de l’Ardèche. En cette mi-juillet, 2 cuvées sont déjà épuisées : Alter Ego 2008 (100% chardonnay) et Magie Noire 2008 (100% syrah). Il a aussi produit une cuvée confidentielle de vin Nature, dont j’ai récupéré un flacon (merci Cyril) mais que je n’ai pas encore dégusté.

Odyssée 2009 (100% viognier) : le nez est fin et délicat sur un registre floral (violette), la bouche est équilibrée avec une belle richesse aromatique et une nervosité tout à fait réjouissante, la finale est un peu chaude mais reste digeste.
Au pays des viogniers souvent explosifs au nez et désespérément plats en bouche, ce vin se démarque nettement avec sa structure solide et sa profondeur aromatique. Une très belle réussite !

Equinoxe 2009 (100% viognier en surmaturité) : le profil aromatique est plus opulent avec de puissantes notes de fruits mûrs (banane, abricot) et de miel qui cachent quelque peu le côté floral propre à ce cépage, la bouche possède un joli gras, la moelleux est évident mais sans excès de lourdeur, la finale est un peu vanillée et de belle longueur.
Issu de raisins surmuris et passerillés ce viognier doux et suave se laisse vraiment boire avec facilité. Gourmands gourmandes à vos verres !

Ribambelle 2009 (grenache, syrah, merlot et quelques autres…) : les fruits rouges défilent dans cette palette aromatique fraîche et fringante, la bouche est gouleyante et pleine de gourmandise.
Une ribambelle de cépages pour une ribambelle d’arômes… le tout pour enchanter les repas d’été. Un must pour estivant assoiffé.

Chamboultou 2009 (dominante grenache) : le nez s’exprime avec un fruit très charmeur (fraise, framboise) et quelques notes de bonbon anglais, la bouche est riche, le moelleux est perceptible mais l’équilibre reste digeste et friand.
Un rosé de fruit et de douceur qui est conçu pour séduire sans tomber dans la démonstration excessive. Hélas pour vous, j’ai acheté le dernier carton il y a quelques jours… hélas pour moi, il est déjà vide !

Corps et Âme 2008 (80% de merlot + 20% de syrah) : le nez est complexe sur les fruits noirs, la violette et les épices, la bouche est riche avec une belle trame tannique qui soutient une finale bien longue.
Une cuvée très marquée par le merlot mûr qui se laisse déjà appréhender facilement mais qui ne donne pas encore toute sa mesure à l’heure actuelle. Patience !

Cœur de Pierre 2009 (90% de grenache + 10% de merlot) : le nez est ouvert, intense et complexe avec des arômes de cerise à l’eau de vie, de noyau et d’épices douces, la bouche est charnue, structurée, avec un fruit croquant et une finale bien épicée.
Un assemblage largement dominé par le grenache, non filtré et élevé 8 mois en barriques : voici le rouge de l’été, légèrement rafraîchi il se goûte parfaitement aujourd’hui !

 

 

Pour conclure :

- Repéré par mon ami Cyril (grand spécialiste es vins d’Ardèche), Jérôme Mazel peut être considéré comme un très jeune vigneron, puisque 2009 n’est que son troisième millésime. Mais ne vous y trompez pas, avec sa passion inaltérable pour son métier et sa maîtrise grandissante de tous les processus de conception du vin, je pense que ce vigneron s’imposera comme une référence dans la région.
Il a choisi de limiter sa surface de production et de conduire sa vigne pour contrôler sévèrement les rendements (autour de 20 hl/ha) : c’est le prix qu’il est prêt à payer pour pouvoir travailler le plus proprement possible en restant maître de la qualité de ses vins. Bravo !

- Les vins de Jérôme Mazel possèdent de très belles expressions aromatiques et des structures bien équilibrées avec des sensations olfactives et gustatives en harmonie : des personnalités festives mais toujours cohérentes, des vins plaisir à savourer sans modération…A la bonne votre !

 

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Vigne, chênes et genévriers et au loin le Cirque des Gens… comment ne pas tomber sous le charme de cette région !

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 09:45

 

 

Chambolle Musigny 2007 – Domaine Castagnier à Morey Saint Denis

Robe : rubis très clair, lumineuse.
Nez : fin, subtil et évolutif marqué par les fruits rouges (cerise, fraise) et le noyau de cerise.
Bouche : la texture est d’un velouté incomparable, la matière est charnue, les tanins sont d’une grande suavité et la palette aromatique s’enrichit avec de délicates notes de violette et de réglisse.
Une robe diaphane, un nez délicat et une structure en bouche d’une rare élégance... un Chambolle archétypique… si j’osais je parlerai de « perfection au féminin ».


Le Clos de l’Aven 2007 – Y. et F. Ayala à Montpeyroux

Robe : rubis franc avec une densité moyenne et une frange mauve.
Nez : intense et riche sur le cassis confit, le chocolat et l’amande grillée.
Bouche : l’équilibre est vraiment gourmand, beaucoup de suavité et de rondeur avec une petite touche acidulée qui relève une finale encore un peu marqués par l’élevage.
Un Coteaux du Languedoc opulent et concentré qui aurait mérité quelques années de plus en cave pour affiner sa silhouette et se construire une personnalité plus originale. Eric Supply qui croit beaucoup à ce domaine, nous a offert cette bouteille pour la soumettre à l’avis de quelques DCiens : les avis furent très partagés, à croire que ce vin n’a pas encore trouvé sa véritable identité…

 

 

Chardonnay Révélation 2009 – Les vignerons de Cers-Portirargues

Robe : jaune moyen, très lumineux.
Nez : fin et fruité sur le citron mûr et la mangue fraîche.
Bouche : l’équilibre est très frais, la palette se développe et s’enrichit de notes d’agrumes très raffinées, la finale est délicatement acidulée.
Un VDP d’Oc, charmeur et gouleyant, offert par Eric Supply, fin connaisseur de chardonnay, qui n’hésite pas à mettre en avant la qualité du travail des vignerons de sa région. La classe !

 

 

Comme chaque été, mes nombreuses visites à la Maison des Vins de l’Espiguette à Port Camargue, me permettent de faire de belles découvertes sudistes :

 

- une sélection de 3 vins conseillés par Jean-Sylvain, un caviste incollable sur les crus du Languedoc

 

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Une petite niche réservée aux cuvées prestige de la Maison des vins de l’Espiguette.




Bergerie de l’Hortus Classique 2009 – J. Orliac à Valflaunes

Robe : jaune moyen, bien brillant, avec des reflets verts.
Nez : direct et agréable sur les fruits blancs accompagnés de quelques notes florales.
Bouche : la structure est avenante, la palette aromatique s’oriente vers des nuances plus exotiques (ananas), l’équilibre reste bien frais, la finale assez courte est marquée par une petite amertume.
Un VDP du Val de Montferrand blanc léger, gourmand et bien désaltérant issu d’un assemblage de roussane, chardonnay, viognier et sauvignon …la série des vins d’été commence plutôt bien !


Les Augustins Les Bambins 2008 – SARL Les Augustins à Saint Mathieu de Tréviers

Robe : rubis profond, dense, avec une frange bleutée.
Nez : un fruité mûr et expressif dominé par la mûre confite, les épices douces s’invitent après quelques minutes d’aération.
Bouche : une matière juteuse et croquante, bien équilibrée malgré une certaine richesse, la finale est délicatement réglissée.
Un Coteau du Languedoc Pic Saint Loup qui séduit par un fruité magnifique et une belle buvabilité. Issu d’un assemblage de syrah et de grenache ce joli vin descend tout seul sous le soleil de Camargue !


Château Montner Premium 2008 – Les Vignerons des Côtes d’Agly à Estagel

Robe : rubis sombre, dense, avec une frange violacée.
Nez : fermé à l’ouverture, il livre de très beaux aromes de fruits rouges, d’épices et de boisé fin après quelques minutes dans le verre.
Bouche : gras, soyeux et charnu avec une très belle présence aromatique et une finale de longueur moyenne et discrètement boisée.
Cela fait très longtemps que je n’avais plus goûté de Côtes du Roussillon Villages mais ce très beau vin, issu d’un assemblage carignan-syrah-grenache, avec son élevage parfaitement intégré, me donne une furieuse envie d’y retourner…
Il faut aussi relever qu’à moins de 6 euros cette bouteille offre un rapport Q/P exceptionnel.



- une sélection de 3 vins conseillés par Jérôme, défenseur émérite des vins du Gard et dénicheur de bons rapports Q/P.

 

 

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Une partie du secteur vins du Gard de la Maison des Vins de l’Espiguette



Terre des Chardons Le Bien Luné 2009 – SARL Terre des Chardons à Bellegarde

Robe : rubis très sombre, dense et épais.
Nez : un fruité explosif et complexe, fruits rouges très mûrs, prune… avec quelques touches épicées.
Bouche : rond, souple avec une texture veloutée, une palette toujours aussi fruitée et une finale bine fraîche.
Issu d’un assemblage classique de 60% de syrah et de 40% de grenache, ce Costières de Nîmes certifié Demeter, qui nous régale par son fruit d’une grande pureté et sa structure glissante et désaltérante… Attention ça descend vraiment tout seul !

 

 

Mas d’Espanet Freesia 2009 – D. Armand à Saint Mamert du Gard

Robe : jaune clair, avec des reflets argentés.
Nez : frais et fringant avec un fruité gourmand, pêche de vigne, abricot et une belle touche florale sur l’acacia.
Bouche : l’attaque est vive, le milieu souple et glissant et la finale plus nerveuse révèle des arômes de pamplemousse.
Issu d’un assemblage de 90% de viognier et de 10% de grenache blanc, cette cuvée de VDP d’Oc produite par un grand domaine de la région possède une fraîcheur réjouissante et une palette aromatique terriblement séduisante.
Vendue autour de 5 euros cette bouteille est une réelle aubaine pour étancher les soifs estivales.


Mas de la Salle Les Quatuors 2008 – Allione, Fabre et Mazer à Corbès

Robe : jaune prononcé avec des reflets dorés.
Nez : riche et complexe, il s’ouvre sur des nuances un peu oxydatives peuvent surprendre au premier abord mais le fruité revient très vite reprendre la main avec des arômes d’abricot, de coing et de miel.
Bouche : la structure est très belle, une matière riche et grasse bien équilibrée par une présence minérale bien affirmée, la finale est longue avec de beaux arômes de marron glacé.
Un vin presque « nature » généreux et d’une grande buvabilité : il peut surprendre le palais formaté mais procure un énorme plaisir à celui qui essaie de rentrer dans son univers. Ce VDP des Cévennes, issu d’un assemblage dominé par le viognier et complété par du chardonnay, du chenin et de la roussane, révèle les belles potentialités de ces terroirs du piémont cévenol… à suivre !

 

 

5

 

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 15:15



Après avoir passé l’après-midi dans les eaux fraîches de l’Hérault, sur le site du Pont du Diable, nous nous rendons à Arboras où nous avons rendez-vous avec Marie-Ange Royer et Eric Supply pour découvrir leur production sur le millésime 2009.

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La plage de galets du Pont du Diable

 

 

1 Arboras 
Arboras, charmant village perché au dessus des vignes.


C’est en fin d’après-midi, au frais dans la petite cave sous la maison des Supply-Royer, que nous partons à la rencontre des vins de cette année chaude et sèche qui a donné quelques belles frayeurs aux vignerons du Languedoc.


Nous commençons par les cuvées 2009 qui sont encore en cours d’élevage :

Lo Mescladis : la couleur est très vive, le nez a le charme immédiat du fruit bien mûr, la bouche est grasse et riche mais la finale un peu plus nerveuse confère un bel équilibre à l’ensemble.
Décidément cette cuvée 100% roussane se fait attendre au domaine Supply-Royer ! En 2009 ce cépage a produit un très petit volume avec une très forte maturité, l’assemblage avec du bourboulenc a permis le remplissage de la barrique tout en apportant une touche de fraîcheur à l’ensemble. Un vin opulent et complet qui se présente a nous de façon tout à fait avenante mais qui gagnera surement à reposer un peu en cave.

Le Bourboulenc de Nega Saumas : le nez est un peu brouillé par des notes fermentaires, la bouche révèle une très belle matière avec un fruité plus expressif et une acidité pure et profonde, la finale est très longue.
Un vin dont le profil olfactif est brouillé par une fermentation alcoolique qui se prolonge (« il finit ses sucres ») mais dont la présence en bouche affirme un très haut niveau de qualité… très prometteur.

 

 

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Un pied de bourboulenc sur Nega Saumas


Un intrus rouge : la robe est noire, le nez est intense avec une belle complexité (suie, réglisse, herbes aromatiques), la bouche est très agréable, fraîche avec un fruit discret et une trame tannique assez serrée mais bien mûre.
Ce joli vin rouge gourmand et gouleyant (qui va être vendu comme vin de table) provient d’un assemblage à dominante syrah avec toute une ribambelle de cépages rouges plus ou moins connus (merlot, carignan, aramon…).Quelques caisses de raisins cédées par un ami viticulteur à Viallat du Tarn et provenant du vignoble aveyronnais ont permis à Eric Supply de vinifier cette cuvée originale : « Cette région viticole oubliée possède des terroirs superbes du villafranchien, où on pourrait faire de grands vins, des blancs notamment ». A bon entendeur…

Le Mourvèdre des Crouzets 1 : le nez est fortement marqué par l’élevage, avec des notes de poudre brulée (pétard), de croûte de pain grillée qui couvrent un fruit discret qu’il faut chercher loin au fond du verre, la bouche possède une matière riche et suave avec un fruit plus présent, la finale est longue et finement boisée.
Cette cuvée, prélevée sur un fût neuf de 3 bois, est encore dominée par l’élevage. L’olfaction est monopolisée par des arômes de torréfaction mais la présence en bouche témoigne d’une très belle matière qui prend déjà l’ascendant sur ce boisé un peu trop puissant.

Le Mourvèdre des Crouzets 2 : le nez est pur et fruité avec de très beaux arômes de cerise mûre, la bouche est très gourmande, la finale revient sur le fruit et les épices avec une belle fraîcheur.
Cette cuvée, prélevée sur une feuillette de 2 vins, se goûte bien plus facilement à l’heure actuelle.
Le Mourvèdre du domaine se réalisera assemblant ces 2 vins ; il demandera surement quelques années de garde pour s’harmoniser, mais il a les ressources pour tenir face au temps, c’est une certitude.

La Syrah de Pey Cherres 1 : la robe est sombre et dense, le nez est un peu brouillé et il faut un peu de patience pour percevoir le fruit discret mais très précis, la bouche est équilibrée avec une structure bien carrée.
Même si la malo en cours voile un peu la qualité de l’olfaction, cette cuvée prélevée sur une barrique de 3 bois qui date de 2007, se présente avec une matière riche et prometteuse.

La Syrah de Pey Cherres 2 : le nez est plus expressif sur les fruits noirs (cassis, myrtille), le toucher de bouche est rond avec des tanins fins et soyeux.
Cette cuvée prélevée sur une barrique de chêne des Vosges est plus avancée que la précédente et offre un profil flatteur et gourmand.
La Syrah du domaine sera le résultat de l’assemblage de ces 2 cuvées : le marquage boisé est plus discret, les matières sont très concentrées… 2009 sera un millésime de plénitude pour ce vin.

La dégustation se poursuit par quelques vins en bouteilles puisés dans la réserve personnelle du vigneron :

La Syrah de Pey Cherres 2008 : le nez est dense et concentré avec des notes de cassis, de noyau de cerise et quelques évocations plus minérales, la bouche concentrée et soyeuse offre de belles nuances truffées en finale.
Située entre deux années caniculaires, cette syrah 2008 se présente aujourd’hui comme un vin déjà bien en place, aromatiquement très riche et d’une longueur remarquable.

La Syrah de Pey Cherres 2007 : le nez est riche et gourmand sur des fruits noirs confits et les épices douces, la bouche est volumineuse, pleine de rondeur et de soie, la finale reste un peu marquée par l’alcool.
Plus massif et plus fougueux que le 2008, ce vin devra encore s’assagir quelques années en cave : il sera prêt à boire après les 2006 et après les 2008.

Le Bourboulenc de Nega Saumas 2002 : le nez s’ouvre sur quelques notes oxydatives qui laissent rapidement la place à une palette riche et complexe avec des aromes de fleurs (sureau, acacia) et de miel de garrigue, ce vin possède une chair agréable, généreuse avec une pointe de fraîcheur bienvenue qui se révèle dès le milieu de bouche, la finale est profondément aromatique et très longue.
Cette cuvée dont certaines bouteilles présentaient un défaut olfactif dans leur prime jeunesse, n’a pas été proposée à la vente ; aujourd’hui ce bourboulenc se livre avec une belle patine faite de complexité aromatique et d’équilibre en bouche. Au cas où on aurait des doutes sur le potentiel de garde des vins du domaine…


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La nouvelle référence du domaine : la cuvée d’assemblage roussane-bourboulenc



Ayant tous les deux une activité professionnelle principale (dans l’univers du vin bien-sûr) les Supply-Royer font du vin sur leur temps de loisir. Ils vendent leurs bouteilles pour couvrir les frais de production, afin que leur passion commune ne grève pas le budget familial. Leurs bénéfices, ils les trouvent avant tout dans le plaisir de réussir de belles cuvées mais aussi dans la reconnaissance des amateurs qui apprécient leurs vins. Cette démarche originale constitue, à mon sens, la clé pour entrer dans leur univers.

Avec un cœur languedocien et une culture viticole fortement marquée par la Bourgogne, Eric réussit à concevoir des vins qui expriment pleinement les terroirs locaux tout en gardant des principes bourguignons dans ses pratiques : il privilégie les cuvées mono-cépage issues d’une seule parcelle et ne conçoit pas la vinification sans utiliser des contenants en bois.

J’aime la générosité et l’authenticité qui se dégage de chacun des vins de ce domaine : ils ne renient pas leurs origines résolument sudistes tout en montrant un côté extrêmement raffiné qui s’affirme de plus en plus au vieillissement.
J’aime ce couple de vignerons dont l’amabilité, l’humilité et la passion partagée pour les vins me ravit à chaque nouvelle rencontre.

Vivement l’été prochain pour ma quatrième visite à Arboras.

 

 

NB Si vous voulez en savoir plus la visite 2009 est relatée ICI

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 10:08



A l’occasion de cette nouvelle Masterclass de l’Oenothèque Alsace, une petite vingtaine d’œnophiles avait choisi d’oublier pendant quelques heures la belle météo estivale de cette fin juin pour se retrouver sur les bancs de la salle de dégustation de la maison Wolfberger à Colmar : les leçons de savoir-boire alsacien de Thierry Meyer demandent parfois des sacrifices…

Comme pour les sessions précédentes le principe des 3 thèmes d’études a été reconduit :
- Thème 1 : 3 vins pour se faire une petite idée du millésime 2009.
- Thème 2 : comment se portent les pinots gris 2005 ?
- Thème 3 : les gewurztraminers GC 2008, une grande réussite !

Alléchant non… ?

 

 

 

Thème 1 : 3 vins

Riesling Le Kottabe 2009 – Josmeyer à Wintzenheim : un nez pur et très agréable sur le raisin frais et les fruits blancs, la bouche est finement acidulée avec une structure ample tout en gardant un caractère désaltérant.
Les aficionados du style Josmeyer sont quelque peu déroutés par le caractère charmeur et gourmand de ce riesling… moi j’ai beaucoup aimé ce mélange de facilité et d’élégance !

Sylvaner 2009 – G. Lorentz à Bergheim : le nez s’ouvre sur des notes de champignon blanc avant de livrer quelques délicats arômes floraux, la bouche est désaltérante avec un équilibre sec et une finale très austère, un peu piquante et amère.
Un vin très serré, dont la structure ferait presque penser à un déficit de maturité… étonnant pour ce millésime !

Gewurztraminer Cuvée Saint Léon IX – Wolf berger à Eguisheim : le nez est intense avec un profil aromatique classique sur l’eau de rose, la bouche allie gras et ampleur tout en restant bien équilibrée, le marquage floral s’intensifie jusqu’en finale.
Un gewurztraminer élégant et festif, très marqué par le cépage mais avec une structure bien balancée.


2009 est un millésime chaud qui réservera de nombreuses surprises, bonnes ou mauvaises. Ce riesling et ce gewurztraminer tiennent leur rang : les matières sont puissantes et concentrées mais l’équilibre est parfaitement assuré. Le sylvaner déçoit car il y avait assurément mieux à faire sur ce millésime : le « grand A » du Domaine Schmitt ou les sylvaners du domaine Lissner goûtés récemment se sont montrés pleins de belles promesses…



Thème 2 : 6 vins

Pinot Gris K 2005 – Paul Kubler à Soultzmatt : le nez est fin et discret sur un registre floral que quelques notes de vanille et de noisette enrichissent agréablement, la bouche est ample avec un beau gras et une finale marquée par le bois.
Malgré le caractère un peu bourguignon de cette cuvée qui peut dérouter le puriste, ce pinot gris procure un réel plaisir à la dégustation.

Pinot Gris Tradition 2005 – Hugel à Riquewihr : le nez est dominé par de puissantes notes de réduction (charcuterie, rillettes…), l’aération révèle une palette un peu plus avenante sur le miel et les fleurs, la bouche est plus flatteuse avec une belle ampleur, un profil aromatique plus pur et quelques notes fumées en finale.
Un nez vraiment peu agréable qu’une bouche plus avenante ne peut faire oublier…regoûté une heure plus tard l’olfaction ne s’était guère améliorée. Déception !

Pinot Gris Tradition 2005 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr : le nez ressemble au précédent avec les mêmes notes charcutières mais l’intensité et la persistance sont moindres : des notes fumées (couenne de lard) et presque un peu iodées s’imposent assez rapidement. La bouche est ronde agréable, bien glissante.
Une personnalité très forte au nez et un caractère plus consensuel en bouche… un pinot gris déjà bien évolué qui surprend par sa palette olfactive très particulière.

Pinot Gris Tradition 2005 – Domaine Pfister à Dahlenheim : le nez est fin et très agréable avec des notes de farine, de froment, de mie de pain, la bouche possède un beau volume, une acidité large, un gras conséquent, la finale est longue, bien fraîche, délicatement citronnée et fumée.
Un pinot gris à maturité avec une matière équilibrée et un profil aromatique très intéressant. Une très belle réussite !

Pinot Gris Cuvée Terroir 2005 – Cave de Ribeauvillé : le nez est très mûr avec des notes de raisin sec et d’abricot, la bouche est légèrement moelleuse, le fruité reste très gourmand avec une belle touche acidulée, la finale est marquée par des arômes de fruits confits.
Un équilibre assez tonique malgré une richesse évidente… une version opulente du cépage bien réussie.

Pinot Gris Cuvée Sainte Catherine 2005 – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est intense et agréable sur les fruits mûrs et la noisette, l’équilibre en bouche se réalise entre une acidité bien vive et un gras imposant, la finale est ample et concentrée avec quelques touches fumées.
Une cuvée sérieuse et concentrée, un pinot gris terriblement bien vinifié, qui peut surement encore gagner en complexité avec l’âge.


2005 fut une très belle année pour le vignoble alsacien : des matières premières riches et saines ont permis la réalisation de très grands vins secs ou moelleux.
Cette série de pinots gris « terroir » (récoltés sur des parcelles sélectionnées mais non classées G.C.) nous a permis de faire un petit état des lieux sur ce cépage après 5 années de bouteille.
Pour remplacer le traditionnel exercice d’évaluation des vins selon l’échelle « meyerienne », Thierry nous propose une hiérarchisation de 1 à 6 des bouteilles dégustées.
Pour moi, comme pour la majorité des dégustateurs présents, ce fut la cuvée de Pfister qui a remporté la palme devant le pinot gris du Clos des Capucins. Deux très beaux vins sans conteste et une différence qui s’est faite sur l’harmonie : le Weinbach semblait encore en phase de construction alors que le Pfister avait atteint la phase de plénitude… match retour dans quelques années ?


Thème 3 : 6 vins.

Gewurztraminer G.C. Altenberg de Wolxheim 2008 – Domaine Lissner à Wolxheim : le nez est délicat et très complexe sur un registre floral qui fait penser à des senteurs d’arbres fruitiers en fleurs, les notes épicées pointent en filigrane, la bouche est ample, opulente mais équilibrée, la guimauve et la réglisse viennent enrichir la palette aromatique, la finale est longue, un peu tannique et fortement épicée.
Un joli festival aromatique pour ce gewurztraminer techniquement sec mais qui laisse une belle impression de richesse.

Gewurztraminer G.C. Steingrubler 2008 – Domaine Mann à Wettolsheim : le nez est discret mais très pur, les notes florales sont magnifiques (rose et jasmin), la bouche est équilibrée, élégante, la finale légèrement tannique révèle les classiques arômes d’épices douces.
Un gewurztraminer de dentelle avec un équilibre presque gouleyant mais avec une personnalité très raffinée.

Gewurztraminer G.C. Rangen-Clos Saint Théobald 2008 – Domaine Schoffit à Colmar : le nez est direct et de belle intensité sur le fruit exotique et les épices, la bouche est concentrée, riche et corsée, marquée par d’intenses aromes épicés, la finale acidulée et fraîche est d’une longueur exceptionnelle.
Avec un cépage exacerbé par le terroir et une structure aussi imposante, ce vin ne peut laisser personne indifférent…incroyable Rangen !

Gewurztraminer G.C. Marckrain 2008 – Domaine Barth à Bennwihr : un fruité pur et concentré qui se complexifie avec l’aération par l’apparition de belles notes florales (violette), la bouche possède une texture remarquable, charnue, croquante, avec une finale délicatement acidulée et profondément aromatique.
Terroir et cépage en synergie parfaite : une magnifique expression de gewurztraminer !

Gewurztraminer G.C. Kessler 2008 – Domaine Dirler à Bergholtz : le nez se présente avec quelques notes de réduction qui laissent rapidement la place à une palette fruitée très fraîche, en bouche l’attaque est finement acidulée, la matière est généreuse s’exprime progressivement, la finale est longue, saline et puissamment épicée.
Un gewurztraminer qui donne l’impression d’une grande force, encore contenue à l’heure actuelle, mais qui atteindra des sommets qualitatifs dans quelques années.

Gewurztraminer G.C. Kirchberg de Barr-Clos Gaensbronnel 2008 – Domaine Hering à Barr : une petite pointe de volatile n’altère que très peu la très belle olfaction sur les épices et la torréfaction, la bouche est ample, opulente avec une chair croquante et riche, la finale est longue, aromatique et discrètement fumée.
Un gewurztraminer qui apporte 3 certitudes, le Kirchberg est un très grand terroir, Hering est un très grand vigneron et 2008 est un très grand millésime… que demander de plus !


6 flacons délicieux pour nous convaincre que 2008 a permis de réussir de très beaux Grands Crus de gewurztraminer : un fruit magnifique et un support minéral d’une intensité exceptionnelle, les synergies terroir/cépage nous entraînent vers des sommets qualitatifs.
Pour les coups de cœur : le Marckrain, le Steingrubler et l’Altenberg se goûtent déjà merveilleusement bien aujourd’hui, mais les autres cuvées sont tellement pleines de belles promesses que le choix est quasiment impossible… Je trouverai donc une place dans ma cave pour chaque référence, c’est dit !

Et encore une partie de l’argent du ménage qui va se transformer en liquide… bravo et merci Thierry !

(PS ma femme, mes enfants et mon banquier ne s’associent pas à mes remerciements…)

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Présentation

  • : Vins, vignobles et vignerons.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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