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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 10:04



Lors d’un petit retour en arrière sur mes notes de l’année écoulée, j’ai pris conscience que, d’après le contenu de mes commentaires, j’étais un dégustateur qui ne buvait que de très bons vins : conséquence d’une propension au dithyrambe gratuit, liée à mon grand âge…éventuellement, chance éhontée dans le choix de mes bouteilles…peut-être !
Ces hypothèses si peu flatteuses à mon égard ont surement leur part de vérité (hélas…), néanmoins je vais quand même essayer de vous livrer quelques explications plus personnelles sur la manière dont je conçois ma pratique d’œnophile et de bloggeur vinique.

En premier lieu, je voudrais préciser que je ne rédige pas de compte-rendu sur tous les vins que je goûte : ma vitesse d’écriture étant inversement proportionnelle à la vitesse à laquelle je vide ma cave, le rapport exhaustif de mes aventures viniques monopoliserait l’intégralité du temps libre que m’octroie l’Education Nationale.
Je suis donc obligé de sélectionner les bouteilles qui feront l’objet de mes élucubrations.
Pour ce faire, j’utilise un critère très simple : si je n’aime pas un vin, je m’interdis d’écrire une ligne à son sujet. Cela va de soi pour certains, vraiment mauvais, qui ne méritent pas qu’on en parle (mais à vrai dire, j’en croise très peu…) mais cela s’applique aussi à d’autres, bien plus nombreux, qui sont certainement bien faits mais qui auront été desservis par un contexte, une ambiance et se présenteront à moi sans charme et parfois même sans intérêt. Dans ces conditions, je ne vois pas comment, avec ma seule légitimité de critique amateur autoproclamé, je pourrais, d’un coup de plume, torpiller le produit du travail d’un vigneron sans avoir essayé de comprendre sa conception du vin.
Le vin n’est pas une boisson comme une autre (pour ceux qui en doutent, allez faire un tour chez Jean-Robert Pitte), c’est un objet de culture dont la pleine jouissance demande parfois certaines connaissances. Pour moi, la démarche d’œnophile est une démarche d’apprentissage permanent, dans les livres, les clubs de dégustation, les forums (DC étant une source de très bon niveau, faut-il le rappeler…), mais surtout sur le terrain avec les vignerons.
Lorsque je suis en face d’une bouteille qui me laisse perplexe, je me demande toujours si je suis assez informé pour l’apprécier pleinement… en général, l’envie d’écrire des sentences définitives sur sa qualité me passe très vite.

En second lieu, je doute que le seul fait de publier des articles sur un site qui s’appelle degustateurs.com, me confère le statut de dégustateur…
D’ailleurs, lorsque j’entends parler de la vie de ces stakhanovistes du crachoir, je suis très heureux de me retrouver à ma place et de profiter de leurs travaux de défrichage pour choisir sereinement les vins que je vais goûter ou les vignerons que je vais rencontrer.
Je me souviens de ces temps anciens, où je partais à la découverte d’un vignoble sans guide et où je me retrouvais dans des caves choisies au hasard de la route. Je dégustais des vins qui, l’ambiance aidant (je ne crachais pas à l’époque), me semblaient remarquables mais qui, une fois de retour au bercail, se montraient beaucoup moins à leur avantage…
Dieu merci, ce genre de mésaventure est devenue beaucoup plus rare à l’heure actuelle !

Les dégustateurs goûtent évaluent et hiérarchisent, c’est leur travail qui permet à l’amateur de se retrouver dans le dédale de l’offre vinique actuelle.
Moi je parle de vins, de vignerons, de régions qui me plaisent, c’est ma manière de prolonger les émotions liées à ces rencontres et de pérenniser quelques beaux souvenirs…

Plaisir de goûter, plaisir d’écrire et plaisir de pouvoir partager ces émotions avec vous…
3 raisons de ne boire que du bon vin.

A la bonne votre !

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 11:29



Suite à la journée de palissage sur le Sommerberg , me voici de retour au domaine de l’Oriel pour participer à une opération de mise en bouteilles. L’été est bien installé sur la région et l’unité d’embouteillage a été installée dans la ruelle entre la maison parentale et celle de la famille de Claude Weinzorn.



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L’unité mobile de mise en bouteilles est en place.



Pour cette ultime phase de la conception d’un vin Claude a fait appel à son prestataire habituel, à son équipe de saisonniers et à quelques amis : 2 jours durant les précieuses cuvées du domaine seront transvasées dans leurs contenants définitifs.


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Le défilé des bouteilles commence


Au programme de la demi-journée : le pinot gris Grand Cru Sommerberg Terrasses, le gewurztraminer Cuvée Claire, le pinot noir Rosé et le pinot noir Tradition.
C’est toujours émouvant de voir les heures de travail dans les vignes et dans la cave se concrétiser par une belle série de bouteilles qui se présente en rangs cliquetants au bout de la chaîne avant d’être empilées dans les palettes.


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Le travail terminé, les palettes attendent leur transfert vers les locaux de stockage…

 

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… avec des noms qui font rêver…


Ce fut une nouvelle expérience pratique dans le monde du vin avec un travail certes moins harassant que dans la vigne (le palissage) mais le rythme de l’unité d’embouteillage avec des bouteilles qui arrivent sans discontinuer pendant des heures peut déjà surprendre le néophyte…sans parler de la crainte de laisser tomber une poignée de flacons de Grand Cru ou de VT !


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Vue sur le Sommerberg avec la parcelle récemment palissée sur le versant à gauche.


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L’oriel qui donne son nom au domaine, magnifique sur fond de ciel bleu

 



Une fois de plus, merci à Sandrine et à Claude pour leur accueil
.

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 08:43



Riesling Thalberg 2008 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten

Robe : jaune moyen avec un bel éclat.
Nez : très discret mais très complexe des notes de fruit et d’herbes aromatiques (romarin, verveine).
Bouche : l’équilibre est très sec, la matière est ample, la salinité vibre avec force et porte la structure jusque vers la finale dont la longueur est vraiment étonnante.
Le terroir (contigu à l’ Altenberg de Bergbieten) et le millésime ont conjugué leurs influences pour générer ce riesling droit et profondément minéral. Un vin de méditation ou de (très) longue garde…


Domaine de l’Aiguelière Côte Rousse 2002 – SCEA du Domaine à Montpeyroux


Robe : rubis sombre et dense avec une frange compacte et légèrement brunissante.
Nez : riche, complexe et évolué avec des arômes de prune, d’épices, d’origan, de chocolat et de fumé.
Bouche : la texture est très agréable : épaisse, soyeuse et juteuse, le fond est délicatement acidulé et seule la finale dénote un peu avec des tanins un peu secs.
Après une jeunesse marquée par une matière très concentrée et un boisé dominateur, ce vin se présente aujourd’hui comme un cru sudiste bien typé qui se boit avec facilité et plaisir.


Mâcon-Pierreclos Le Chavigne 2008 – Guffens-Heynen à Vergisson


Robe : jaune clair, lumineuse.
Nez : fin et délicat avec de discrètes notes de pêche blanche bien mûre et un peu d’épices et de vanille.
Bouche : l’attaque est souple, la matière est généreuse, l’acidité est belle, précise et profonde, le gras imposant équilibre la structure, la finale est longue, aromatique (noisette, vanille) et rafraîchie par une petite amertume.
Mon second Guffens et toujours cette impression de maîtrise et d’équilibre... même si cette cuvée a mis un peu de temps à s’ouvrir (j’ai été trop pressé de déboucher…une fois de plus !), son potentiel est magnifique.

 


Vosne Romanée Aux Réas 2003 – A. Guyard à Marsannay la Côte

Robe : rubis sombre et dense avec une texture concentrée.
Nez : élégant et profond sur un registre fruité (mûre, cassis) complété par des notes réglissées et minérales (terre humide, sous-bois)
Bouche : la structure est onctueuse, tanins soyeux et gras se développent avec beaucoup d’ampleur, la finale est longue, délicatement acidulée et légèrement épicée.
Une belle bouteille provenant d’un producteur de Marsannay qui possède quelques belles parcelles en Côte de Nuits et qui propose des vins gourmands et généreux, très bien vinifié… et avec un beau rapport Q/P. Incomparable Bourgogne !


La Syrah de Pey Cherres 2007 – Domaine Supply-Royer à Arboras


Robe : noire, concentrée avec une frange violette très dense.
Nez : plein de discrétion et de retenue, il faut une oxygénation conséquente pour que la palette olfactive complexe commence à se livrer : cacao amer, épices, suie, encens et boisé fin.
Bouche : la structure est massive mais parfaitement équilibrée, une trame acidulée apporte une fraîcheur réjouissante, les tanins sont serrés mais d’une grande maturité et la finale laisse une belle impression longue et très juteuse.
Une très belle bouteille, débouchée peut-être un peu prématurément pour faire un peu de place dans ma cave avant l’arrivée de ma commande annuelle chez ces vignerons. Le 2006 bu il y a quelques semaines se livrait avec plus de spontanéité et de générosité mais, face à une si belle matière, la sérénité est de mise : ce vin évoluera bien !


Roussette de Savoie Marestel 2005 – Domaine Dupasquier à Jongieux


Robe : jaune doré avec beaucoup d’éclat.
Nez : pur et profond, marqué par la poire et le miel de forêt.
Bouche : l’attaque est soyeuse, la matière est riche et onctueuse, le miel coule à profusion et la minéralité s’amplifie progressivement pour construire une belle finale marquée par une fine amertume.
Un vin d’une classe évidente qui se déguste avec une facilité déconcertante : tout est là pour ravir les palais les plus exigeants… Chapeau !



Riesling Grand Cru Engelberg 2007 – Domaine Bechtold à Dahlenheim

Robe : jaune assez prononcé, lumineux.
Nez : un fruit pur (citron mûr, abricot frais), une minéralité déjà bien marquée (craie humide), cette palette olfactive est d’une gourmandise absolue.
Bouche : l’attaque est douce, la matière est ample et grasse, la trame acide est mûre et très relachée, la salinité s’impose progressivement pour donner un équilibre très digeste à cette belle structure, la finale est fraîche et profondément aromatique.
Un riesling splendide qui se goûte remarquablement aujourd’hui : plus ouvert et plus expressif que lors de ma visite au domaine cette cuvée magnifie le terroir calcaire de l’Engelberg avec des accents très bourguignons (à l’aveugle, je serai parti vers un Pouilly Vinzelles des frères Bret…).

 


Riesling Grand Cru Sommerberg 2004 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr

Robe : jaune franc avec des éclats dorés.
Nez : pur et très expressif, un panier d’agrumes bien mûrs, des herbes aromatiques (basilic, citronnelle), l’envie de mettre ce liquide en bouche est immédiate.
Bouche : une acidité très fine se présente dès l’attaque pour construire un équilibre idéal avec une matière riche et onctueuse, la finale est très longue avec des notes de citronnelle et de menthe qui laissent une superbe impression de fraîcheur.
Cette petite récompense que je me suis offerte au retour d’une journée de travail sur le Sommerberg m'a littéralement subjugué : un vin qui allie parfaitement exubérance et droiture… un riesling immense !!!
Une magnifique cuvée pour justifier (peut-être…) les efforts demandés aux vignerons sur ce Grand Cru, et pour témoigner, une fois de plus, de la qualité du travail de Claude Weinzorn.
Bravo et merci !
 

 

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Niedermorschwihr vue du coteau du Sommerberg au printemps

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 17:02



Chargé par une collègue de trouver un bon crémant pour arroser une petite réception de fin d’année scolaire, j’ai immédiatement pensé à la Cuvée Tradition du domaine Lissner : le rapport Q/P de cette bouteille est extra, Wolxheim n’est qu’à 20 minutes de Strasbourg et la rencontre avec Bruno Schloegel et ses vins ne se refuse jamais.

 

Il y a des jours où j’aime me montrer serviable… !

C’est Marianne Lissner, toute en discrétion et retenue, qui m’accueille en m’annonçant que Bruno était parti en promenade sur les terroirs de Wolxheim avec des visiteurs œnophiles suédois, mais qu’il ne tarderait pas à rentrer.
Au bout de quelques minutes le groupe arrive, petits échanges sympathiques en allemand (fastoche für mich) et en anglais (plus dur for me) et fin de leçon de vin d’Alsace par Bruno qui s’éclate visiblement dans ce rôle de pédagogue polyglotte pour amateurs scandinaves…

Après le départ de ces visiteurs du grand nord, nous nous installons autour du traditionnel Stammtisch pour goûter quelques vins choisis parmi la trentaine de références actuellement proposées sur la carte du domaine Lissner :

Sylvaner Dionysiuskapelle 2008
 : le nez est marqué par les fruits blancs (poire) et un epointe de miel, la bouche est d’une fraîcheur réjouissante avec des arômes de groseille blanche et un bel équilibre.
Né sur des parcelles au bas de l’Altenberg de Wolxheim, près de la fameuse chapelle Saint Denis, ce sylvaner est pur et gourmand appelle la convivialité et les libations festives.

Sylvaner Dionysiuskapelle
2009
 : le profil aromatique est proche du 2008 mais la structure est plus mûre et plus riche, la bouche possède un joli gras et la pointe d’acidité en finale est agréablement salivante.
Le millésime s’impose dans cette cuvée en cours d’élevage mais le terroir (alluvions sur calcaire) laisse une empreinte déjà perceptible… prometteur !

Sylvaner Horn 2009 : le nez de raisin frais écrasé est encore très proche du cépage, la bouche est équilibrée malgré des S.R. présents, la belle salinité apporte beaucoup d’élégance à la finale.
Cette cuvée très riche issue d’une parcelle située tout en haut du Grand Cru (derrière la statue du Sacré Cœur) est encore en cours d’élevage : la matière est généreuse, déjà séduisante mais encore beaucoup trop jeune pour se livrer pleinement.

Pinot gris 2009 
: le nez est fin avec un fruit discret et quelques notes fumées, la bouche est équilibrée avec une richesse perceptible (peu de S.R. mais beaucoup de glycérol), la finale légèrement tannique laisse une belle impression de densité.
Une olfaction encore un peu réservée, une présence en bouche charnue et gourmande… un pinot gris bien balancé qui doit encore s’ouvrir un peu.

Riesling Grand Cru Altenberg de Wolxheim 2008
 : le nez est discret et très pur, le raisin frais est encore perceptible mais le citron et les épices commencent à se manifester, la bouche possède une structure magnifique, solide, équilibrée, très verticale avec une acidité vibrante, profonde et très longue.
Evidemment trop jeune pour pouvoir donner toute la mesure de son potentiel mais ce riesling complexe à la structure cristalline deviendra très grand.

Riesling Grand Cru Altenberg de Wolxheim 2005
 : le nez est ouvert et complexe sur les agrumes mûrs et les herbes aromatiques, la bouche se pose agréablement avec une rondeur épanouie tendue par une acidité bien droite, la finale est puissamment saline.
Un vin goûté il y a peu avec le club AOC et assez moyennement apprécié à cette occasion. Je l’ai dit à Bruno Schloegel (quoiqu’on en dise, les vignerons apprécient aussi certaines critiques négatives…), il m’a donc proposé de redéguster cette référence (qui n’est plus au tarif depuis longtemps) pour voir… Rien à redire, c’est très bon !

Gewurztraminer Grand Cru Altenberg de Wolxheim 2008
 : le nez est flatteur, exotique et délicatement poivré, la bouche est riche, généreuse, dense, la finale est longue mais très fraîche.
Un vin encore bien jeune qui laisse une belle impression de moelleux sans lourdeur. A mettre en cave pour la prochaine décennie.

Pinot Noir Tradition 2009 
: les fruits rouges croquants explosent au nez (cerise, bigarreau), la matière est assez dense, l’équilibre reste frais et la trame tannique est fine et soyeuse.
Une première cuvée d’excellente facture, un bel exemple représentatif de ce millésime qui fera date au niveau des pinots noirs alsaciens.

Pinot Noir 2009 : le nez est plus discret, encore très fermé, la bouche offre un profil plus avenant avec un fruité bien claquant (cerise noire), une matière mûre et une belle finale épicée.
Un pinot noir plein de sève dont la texture marque la montée qualitative même si le profil olfactif reste encore très réservé.

Pinot Noir Barriques 2009 
: le nez est fermé, marqué par des notes fermentaires, la bouche est bien mieux en place avec un grain soyeux, une structure juteuse, beaucoup de gras et une finale ample, bien épicée.
Ce vin est vraiment en début de carrière mais la matière est concentrée et riche… Un pinot noir charnu qui va demander un peu de patience pour livrer la pleine expression de son potentiel.


Pour conclure :

- Comme je l’ai déjà dit plus haut, c’est toujours avec grand plaisir que je vais à la rencontre de Bruno Schloegel et de ses vins. L’homme est cultivé, féru de géologie, de botanique, de musique… défenseur d’une viticulture propre et adepte des techniques de vinifications les plus naturelles possible. Il a un réel sens de la communication et une profonde envie de partager sa passion et ses connaissances avec les œnophiles de passage à son domaine.

- Bruno Schloegel travaille ses vignes organiquement depuis 2002 et a demandé la reconversion officielle à la viticulture biologique en 2007. Hormis le SO2 dont les doses sont sévèrement limitées, il refuse tout intrant durant les vinifications : ni sucres, ni levures, pas d’acidification ou de désacidification, pas de collage…

- Les vins du domaine Lissner sont droits, précis et fidèles interprètes de leurs terroirs respectifs. Ils jouent moins sur le registre de l’exubérance que sur celui de la finesse et de l’équilibre et constituent en général d’excellents compagnons de table.

Encore une adresse incontournable à quelques kilomètres de Strasbourg…est-il encore possible d’hésiter !


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L’Altenberg de Wolxheim au printemps avec la statue du Sacré-Cœur en haut et la Dyonisiuskapelle en bas.

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 17:32

 

 

Grâce aux disponibilités laissées par mon service d’enseignement un peu réduit du mois de juin, j’ai pu honorer la promesse faite à mon ami Claude Weinzorn du domaine de l’Oriel, de lui prêter main forte dès que mon emploi du temps me le permettra. C’est donc par un petit matin pluvieux que je me retrouve en compagnie du grand Claude et d’une poignée de saisonniers pour une journée de palissage sur le mythique Sommerberg.


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Niedermorschwihr vue du Sommerberg : on ne s’en lasse pas…


Le palissage est une opération destinée à aider les rameaux de la vigne à pousser vers le haut tout en répartissant au mieux sa masse foliaire. Pour plus de détails je vous renvoie à la leçon filmée de Florian enema sur le site de mon ami Eric.


 

 

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Un rang de vigne avant le palissage…

 

 

 

 

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Un rang de vigne après le palissage.


Dans cette parcelle de pinots gris en terrasses cette opération fut extrêmement compliquée. Avec une végétation prolifique grâce aux récentes pluies, des pieds de pinot gris qui ont une propension à pousser partout et n’importe comment le tout situé sur le coteau du Sommerberg dont la pente est vraiment vertigineuse par endroits, nous avions réuni des conditions idéales pour une belle journée de galère… et je ne parle même pas de la pluie du matin (les photos, c’était l’après-midi…).


 

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Une végétation un peu sauvage…

 



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…mais agréablement colorée…

 
 

 

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… et cette pente qui n’a rien à envier au célébrissime Rangen.



Près de 7 heures de travail à 7 pour une parcelle de 80 ares… « une bonne journée ! » dira Claude « car pour une vigne normale on compte 1 homme pour 3 hectares, sur le Sommerberg, il faut 1 homme pour 1 hectare ».


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Claude qui repasse dans les rangs pour attacher séparément les petits rameaux… à moins de 30 hl/ha de rendement on ne peut pas se permettre de gâcher !

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Les jeunes pousses de pinot gris à petits grains
 

 

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La journée n’est pas finie pour tout le monde… entre les rangs bien palissés, Claude prépare déjà la journée de travail du lendemain. Dur métier !

 

 

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Au dessus des terrasses, les jeunes rieslings de la parcelle Z.

 

 

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Un dernier coup d’œil sur la pente du Sommerberg.

 

 

De retour dans le caveau du domaine de l’Oriel, Claude Weinzorn nous offre un petit tour d’horizon sur quelques cuvées 2009 :
- un muscat croquant et très rond
- un pinot noir rosé d’un charme fou, une véritable infusion de fruits rouges
- le pinot gris Terrasses, charnu, savoureux, dense.
- le gewurztraminer Cuvée Claire plein de fruit et de générosité.


Un petit moment de convivialité et de bonheur gustatif pour se convaincre que les efforts consentis par les vignerons ne sont pas toujours vains... Respect !


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Le pinot gris G.C. Sommerberg Les Terrasses 2008 : un vin magnifique d’équilibre et de richesse, une bouteille qui va défier le temps… comme quoi le travail paye…parfois !

 

Merci à Claude et à Sandrine pour leur accueil et leur générosité et rendez-vous dans quelques jours pour une journée de mise en bouteilles.

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 17:07


Nous sommes le vendredi 11 mai 2010, il est 20 heures et nous nous retrouvons autour d’une table avec une douzaine de convives invités par le facétieux Thierry Meyer qui a choisi de tester le patriotisme des membres de son club en leur proposant un rendez-vous gastronomique à Ingersheim, en même temps que le premier match de l’équipe de France au Mundial...
En comparant la qualité des manifestations gastronomiques organisées sous l’égide de l’Œnothèque à celle des récentes prestations de notre équipe nationale de millionnaires en short, mon choix a été très facile à faire : direction La Taverne Alsacienne  et au diable le concert de vuvuzelas !

Mon ouverture de la Coupe du Monde se fera donc en compagnie d’une joyeuse tablée d’œnophiles prêts à s’extasier devant ces 17 flacons issus de la réserve de l’Œnothèque Alsace ou de la collection privée de Philippe Blanck tout en savourant les mets de ce casse-croûte très rabelaisien, proposé par notre chef attitré Jean-Philippe Guggenbuhl.

Muscat Altenbourg 1979 – Domaine Blanck à Kientzheim : un nez qui s’ouvre sur des notes un peu poussiéreuses, mais dominé rapidement par d’intenses arômes de menthe fraîche et de chlorophylle, la bouche est fluide, agréable mais un peu fluette, la finale est courte et légèrement camphrée.
Né sur un terroir situé sous le G.C. Furstentum, ce muscat au registre olfactif obsédant reste charmeur malgré la fragilité de sa structure.

Riesling V.T. 1983 – Vignes de l’I.N.R.A. à Ribeauvillé : le nez est discret sur le citron mûr, le froment et le champignon blanc, la bouche est sapide avec un équilibre sec et une structure bien droite, la finale est fraîche et de longueur moyenne.
Une belle bouteille dont le caractère démontre les effets du temps sur les sucres résiduels… la patience récompensée.

Pinot Blanc Cave des Hospices de Strasbourg 2005 – Beblenheim : le nez est délicat sur un registre floral, la structure en bouche est ronde avec un joli gras et une tenue remarquable d’équilibre, seule la finale un peu courte trahit la modeste origine de ce vin.
Une bouteille au charme simple et immédiat…un compagnon idéal pour de joyeuses tablées estivales.

Riesling Burgreben de Zellenberg 1998 – Bott-Geyl à Zellenberg : le nez est dominé par des notes de sous-bois et de cèpe, le citron mûr se cache au fond du registre, la bouche possède une rondeur avenante, la finale est un peu plate.
La texture en bouche est séduisante mais la structure manque de solidité… un vin dont l’apogée semble dépassé.

Riesling G.C. Brand 2002 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr : le nez est pur et charmeur avec des notes de fleurs et de sucre d’orge, la bouche est parfaitement équilibrée, le gras et l’acidité s’harmonisent pour laisser une impression de rondeur confortable, la finale possède une longueur aromatique remarquable.
Ce riesling arrivé à maturité possède un charme irrésistible… le grand Claude (Weinzorn) a réussi une cuvée exceptionnelle sur ce terroir en 2002… Chapeau !
Ce Grand Cru que j’avais tendance à laisser dans l’ombre des magnifiques Sommerberg du domaine, m’a particulièrement séduit ce soir…il va falloir regoûter ça rapidement in situ !

Riesling G.C. Schlossberg Cuvée Sainte Catherine 2002 – Clos des Capucins à Kaysersberg : le nez est discret sur le citron et le sous-bois, la bouche est tendue, l’acidité est mure et profonde, la finale très longue est rafraîchie par une petite amertume délicate.
Un riesling sérieux, d’un classicisme absolu…une expression parfaitement maîtrisée de ce cépage.

Pinot Gris Altenbourg 2006 – Clos des Capucins à Kaysersberg : le nez nécessite une petite oxygénation pour livrer des aromes de sous-bois et de torréfaction, la bouche est pleine de rondeur et d’opulence, le finale est marquée par une belle présence saline et de fines notes fumées.
Une olfaction classique et une matière généreuse mais bien équilibrée : un archétype de pinot gris réussi.

Riesling Altenbourg 2001 – Domaine Sparr à Sigolsheim : le nez est discret, le registre est résolument minéral (pierre chaude, silex), la bouche est droite, saline avec une mâche presque tannique en finale.
Le marquage minéral est impressionnant sur cette cuvée, à croire que le millésime 2001 a littéralement exacerbé les terroirs.

Riesling G.C. Kitterlé 2001 – Domaine Schlumberger à Guebwiller : le nez est engageant, marqué par de belles notes florales, la bouche est droite, tendue et très saline avec une finale bien longue.
Un profil similaire au vin précédent avec une matière plus raffinée…une belle interprétation de ce terroir gréseux.

Pinot Gris G.C. Fustentum 1991 – Domaine Blanck à Kientzheim : le nez est intense, complexe, sur un registre floral agrémenté de notes de menthe fraîche, la bouche est ronde et opulente avec des S.R. bien intégrés et une finale un peu courte mais très digeste.
Issu d’une parcelle de jeunes vignes sur le Grand Cru, avec un très petit rendement, cette cuvée a déjà la noblesse d’un grand vin même si la présence finale trahit la juvénilité de la matière végétale.

Gewurztraminer Altenbourg Cuvée Laurence 2001 – Clos des Capucins à Kaysersberg : le nez est direct et pur sur l’eau de rose, les fruits exotiques s’invitent après oxygénation, la bouche possède une matière juteuse, gourmande et une profondeur aromatique rare.
Une expression pleine et festive de ce cépage…à ce niveau là le gewurztraminer s’impose comme un vin unique, inimitable, grandiose !

Pinot Gris G.C. Rangen Clos Saint Urbain 1997 – Domaine Zind-Humbrecht à Turckheim : le nez est discret mais très typé, farine, malt et petites notes de truffe blanche, la bouche est concentrée avec un équilibre sec mais une texture riche et complexe, la finale est très longue.
Atypique, inclassable mais d’une noblesse et d’une grandeur évidentes… un Rangen quoi !

Gewurztraminer G.C. Furstentum 2001 – Domaine Blanck à Kientzheim : le nez est discret avec des arômes floraux rehaussés par de belles notes poivrées, la bouche est bien équilibrée, la profondeur aromatique est impressionnante, la finale bien longue est entièrement dédiée aux épices.
Une version classique très épicée du gewurztraminer …palais sensibles s’abstenir !

Gewurztraminer G.C. Rosacker 1996 – Domaine Mallo à Hunawihr : les puissants arômes de miel sont un peu perturbés par des notes de fruits blets qui trahissent l’âge avancé de cette cuvée, la bouche se présente avec une fraîcheur et un équilibre inattendus, la finale est longue et soutenue par une puissante salinité.
Une olfaction marquée par l’évolution mais une très belle présence en bouche… certains vins sont décidément très difficiles à cerner !

Pinot Gris V.T. Altenbourg 1989 – Domaine Blanck à Kientzheim : le nez est discret mais très élégant avec une palette complexe sur les fruits jaunes confits et les herbes aromatiques, la bouche se livre avec beaucoup de gras et de soie, la finale est belle, les notes de raisin sec nous rappellent la grande maturité de cette cuvée.
Un vin dont la générosité n’a pas pris le pas sur la finesse : une belle réussite et surtout un beau pied de nez au temps qui passe. Je suis de plus en plus convaincu que les grands pinots gris nécessitent vraiment une longue garde pour affirmer leur classe.

Gewurztraminer G.C. Hengst 2006 – Domaine Josmeyer à Wintzenheim : le nez est discret sur un registre exotique et miellé, la bouche est fine, élégante, pleinement aboutie, la longueur aromatique finale est exceptionnelle.
Un vin magnifique qui appelle davantage la méditation que la fête… mais quel bonheur !

Gewurztraminer V.T. 2003 – Domaine Hugel à Riquewihr : le nez est d’une pureté inouïe, les fleurs, la fraise des bois, quelques épices discrètes composent une palette riche et engageante, la bouche est soyeuse, sapide, parfaitement équilibrée et la finale se prolonge avec une fraîcheur réjouissante.
Quelle maîtrise, quel équilibre, quel vin… ! Le contenant ne paye pas de mine (bouteille basique, étiquette classique) mais le contenu vous met à genoux… l’excellence alsacienne dans toute sa simplicité.


Pour conclure :

- Après un tel festival gustatif, il faut évidemment remercier en premier lieu les organisateurs de cette belle rencontre : Jean-Philippe Guggenbuhl pour son accueil, Philippe Blanck pour toutes les pépites sorties de la réserve privée de son domaine et Thierry Meyer pour son inaltérable enthousiasme et sa générosité…

- Une fois encore nous avons pu voir combien les grands vins d’Alsace se moquaient du temps qui passe : même si certains d’entre eux avaient dépassé leur pleine maturité, tous gardaient une structure cohérente en se laissant boire avec un plaisir indiscutable.

- A mon goût ce son vraiment les grands pinots gris qui profitent le plus d’un long vieillissement : ce cépage, qui a tendance à m’ennuyer un peu actuellement, a généré quelques cuvées mémorables dans la série de ce soir.

- Pour définir des coups de cœur, je ne peux m’empêcher d’évoquer l’adage qui affirme que choisir consiste avant tout à éliminer… difficile de trouver une bouteille que je n’aurai pas aimé trouver sur notre table ce soir !
Je ferai donc comme à l’Ecole des Fans : ils ont tous gagné NA !

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 08:03



Nouvelle séance du club à 2 thèmes avec une série de rieslings grand cru du Bas-Rhin et une série de rouges espagnols.

La sélection de rieslings a été faite par Eric et les vins espagnols ont été achetés par Stéphane sur Caveprivée. François, un émigré (immatriculé 66 en Alsace, ça se remarque…), qui nous rend visite régulièrement, nous a fourni quelques bouteilles en provenance directe d’Espagne. Muchas gracias !

Les rieslings sont dégustés à l’aveugle et les rouges d’Espagne sont servis après une petite présentation orale par Stéphane ou François.
Verres Spiegelau et Taster Impitoyable (surtout pour les rieslings)

Soirée club AOC du 27 mai 2010 à Kientzville


Première série : 6 rieslings Grand Cru du Bas-Rhin.



Grand Cru Frankstein 2005 – Domaine du Rempart à Dambach la Ville

Le nez est discret et complexe avec des notes d’agrumes et d’aspérule, la bouche possède une structure avenante avec du gras, une acidité enrobée et une finale moyenne marquée par des nuances un peu terreuses.
Une matière agréable en bouche mais un profil aromatique qui manque un peu de séduction…


Grand Cru Bruderthal 2005 – G. Neumeyer à Molsheim

Un nez évolutif, fin et aérien qui s’ouvre sur d’étranges notes de toile de jute mais qui évolue rapidement vers des nuances florales très élégantes, la bouche est charnue mais l’équilibre est sec avec une acidité minérale très large et une finale longue sur le pamplemousse.
Un vin encore un peu fermé mais qui impressionne par l’ampleur de sa matière et par sa puissante minéralité. A attendre encore…


Grand Cru Altenberg de Wolxheim 2005 – C. Lissner à Wolxheim

Le nez est précis et expressif, citron frais, chlorophylle et mélisse s’accordent parfaitement, l’équilibre en bouche est très sec, l’acidité tendue et verticale confère à ce vin une structure très longiligne, la finale est assez longue et marquée par quelques amers très fins.
Ce riesling svelte et racé joue résolument la carte de la finesse.


Grand Cru Kastelberg 2005 – Domaine Gresser à Andlau

Une bouteille hélas défectueuse qui n’a pas pu être évaluée.



Grand Cru Zotzenberg 2007 – Domaine Rietsch à Mittelbergheim

Le nez est intense, pur et très gourmand avec du citron, du sucre d’orge et des évocations florales complexes, la bouche est très mûre, la texture est agréable et l’acidité se montre longue et profonde. La finale reste fraîche avec de beaux amers.
Face à des 2005 pleins de retenue ce charmeur expressif a un peu écrasé la concurrence. Un plébiscite pour ce vin généreux mais bien équilibré, mais il faut reconnaître que le millésime y est sûrement pour quelque chose…


Grand Cru Kirchberg de Barr 2005 – Domaine Hering à Barr

Le nez est mûr, complexe, le fruité est assez intense (fraise des bois), la palette florale est plus discrète mais bien complexe, la bouche présente une matière riche avec beaucoup de gras, une minéralité puissante et un finale qu’une délicate amertume rend très digeste.
De retour sur le millésime 2005 mais sur un très grand terroir : ce riesling est magnifique !

 


Pour conclure :

- Cette petite incursion dans l’élite bas-rhinoise nous a un peu laissés sur notre faim : ces rieslings 2005 ne se présentent pas sous leur meilleur jour à l’heure actuelle, ils semblent bien repliés sur eux-mêmes avec des olfactions tout en retenue qui contrastent avec des matières en bouche d’une belle qualité.
Cette impression générale dénote nettement avec celle laissé par 2 récentes dégustations de riesling 2005 ICI et LA.
- Pour le coup de cœur : hormis le Rietsch que j’aurai tendance à classer hors concours, c’est le Kirchberg de Hering qui a vraiment tranché, par sa complexité et sa minéralité.




Deuxième série : rouges d’Espagne

 


Pour faire la transition avec les rieslings alsaciens nous commençons cette série par un blanc espagnol.

 

 

Rias Baixas - Pazo Seniorans 2004

Un nez expressif et agréable, citronné et végétal, la bouche est très charnue avec beaucoup de gras, une acidité un peu molle et un perlant léger, la finale est bien longue.
Un vin que la critique internationale a plébiscité mais qui n’a pas séduit l’assemblée de ce soir… son manque de vivacité a vraiment trop contrasté avec la droiture des rieslings de la série précédente.


Toro – Finca Sobreno Reserva 2005


Le nez est dominé par de puissantes notes d’élevage (vanille, noix de coco) qui écrasent complètement le fruit (des arômes très agréables de cerise), la bouche possède une attaque ronde, une structure charnue fort avenante, le boisé revient et assèche la finale.
Une matière surement très belle complètement dominée par un élevage excessif…quel dommage !!!


Rioja – Luis Canas Reserva 2004


Le nez s’ouvre sur des notes alcooleuses puis se complexifie avec du fruit rouge confit, des épices et un boisé discret, la bouche est solidement charpentée avec un très beau grain tannique et une finale étonnamment fraîche.
Une matière riche assez massive mais assez bien équilibrée, même si on aurait apprécié un peu plus de finesse.

 


Rioja – Luis Canas Gran Reserva 2001

Le nez est assez intense avec beaucoup d’épices, des nuances de pâte d’amande et quelques notes alcooleuses en fin, la bouche est ronde, soyeuse, les tanins sont bien présents mais très bien enrobés, la finale est moyennement longue et un peu marquée par le bois.
Encore excessif après 9 années de garde… le doute sur une évolution vers plus de finesse me semble légitime.


Ribero del Douro – Conde de San Cristobal 2005

Le nez est subtil et complexe, fruits noirs, épices et boisé fin composent une palette raffinée, la bouche est bien équilibrée avec une matière ronde et grasse et une acidité délicate et fraîche, l’amertume finale est un peu asséchante.
Une belle présence aromatique et un équilibre digeste en bouche, un rouge puissant mais d’une grande buvabilité.


Emporda – Liavors 2007

Le nez est puissant et racé, la palette florale s’enrichit de notes d’herbes de garrigue et d’évocations un peu terreuses, la bouche est généreuse avec des tannins serrés mais soyeux, du gras et un boisé fin, la finale est longue mais un peu chaude.
Le registre aromatique est d’une richesse peu commune, la bouche reste typée sud avec un alcool dominateur en finale mais au bout du compte le plaisir est au rendez-vous.


Vi de la Terra de Mallorca – An 2005

Le nez s’ouvre sur des notes fortement torréfiées, boisées et toastées, l’oxygénation révèle de beau arômes d’épices et de réglisse, la présence en bouche est séduisante, les tanins sont soyeux, les épices douces (cannelle, girofle…) s’épanouissent, mais la finale est à nouveau dominée par le bois.
Encore une belle matière écrasée par un élevage trop massif ! C’est bon, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’il y avait mieux à faire…

 


Priorat – Clos Martinet 2005

Le nez s’ouvre sur des notes de vernis, après oxygénation les épices, les agrumes mûrs, l’orange sanguine composent une palette typée et gourmande, la bouche est pleine, ronde et charnue, la finale est agréablement fraîche avec quelques tanins encore un peu accrocheurs.
Une belle bouteille peut-être encore un peu jeune, mais l’équilibre de la structure plaide pour un beau potentiel de garde.



Pour conclure :

- Cette série très éclectique a marqué nos premiers pas dans cette autre grande nation viticole : des vins solides, riches, goûteux et, hélas, parfois sur-extraits et sur-boisés. Ceci dit, le niveau qualitatif est resté élevé même si nos petits palais nordistes se fatiguent bien vite face à la virulence de ces cuvées.
- Pour les coups de cœur mon choix se portera sur 2 bouteilles : le Ribera del Douro 2005, qui apporte la preuve qu’on peut trouver des équilibres très fins dans ces contrées et le Clos Martinet 2005 dont la grandeur s’impose avec évidence.

 


Merci à Eric pour son accueil

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 09:41



Sylvaner de Mittelbergheim 2009 – E. Hirtz à Mittelbergheim

Robe : jaune clair, brillant avec des reflets vert pâle.
Nez : discret mais joliment complexe avec des notes florales et une touche de fraise des bois.
Bouche : la structure est équilibrée, les arômes de pamplemousse se révèlent, l’acidité se pose progressivement pour bien occuper le palais et s’imposer lors de la finale.
Un sylvaner vraiment bien fait qui se boit facilement (pratiquement sans soif…) et qui répond superbement à l’asperge. Une belle découverte lors d’une première visite à ce jeune vigneron de Mittelbergheim qui propose des vins avec un très bon rapport Q/P (3,70 euros pour ce vin… c’est cadeau !).

 

 

Sablet 2006 – Domaine du Terme à Gigondas

Robe : grenat moyen avec une frange légèrement dégradée.
Nez : intense et expressif il offre une palette complexe sur la violette, la réglisse et les herbes de garrigue.
Bouche : du volume et de la structure, de la rondeur et une trame de fond d’une belle fraicheur, on n’est pas très loin d’une forme d’équilibre idéal…
Ce CDR villages rouge est splendide, un peu chaud et massif il y a un an (14°), il a atteint aujourd’hui une plénitude gourmande. Un plaisir énorme pour un tout petit prix (autour de 6,5 euros)…les Gaudin sont des vignerons qui font honneur à leur métier. Bravo !

 

 

Pouilly-Fuissé Tradition 2005 – Larochette-Manciat à Chaintré


Robe : jaune clair avec des éclats dorés.
Nez : direct et franc, il est marqué par la mangue, le froment, la craie.
Bouche : un gras riche et une acidité large structurent une matière très opulente, la minéralité et quelques beaux amers s’invitent en finale pour laisser une impression de fraîcheur bienvenue.
Cette cuvée tradition, élevée exclusivement en cuve possède une richesse vraiment peu commune. L’équilibre se réalise grâce à une minéralité très présente en finale mais on est quand même tout près de l’excès à mon goût…


Mâcon-Vinzelles Le Clos de Grand Père 2006 – La Soufrandière à Vinzelles

Robe : jaune clair éclatant.
Nez : profond, agréable avec une palette subtile sur les fruits jaunes, un peu d’orange, de la réglisse et des nuances de craie humide.
Bouche : l’attaque est souple, le fruité très croquant laisse une impression presque sucrée, l’acidité s’installe délicatement pour s’imposer en finale et laisser une belle impression de fraîcheur.
Un « petit » mâcon blanc, récolté sur une parcelle au bas des vignes du Pouilly Vinzelles de la Soufrandière et un plaisir énorme dans le verre. Les frères Bret nous régalent vraiment sur ces cuvées d’entrée de gamme. Bravo et merci !

 


Morgon Côte de Py Réserve 2007 – J.M. Burgaud à Villié-Morgon

Robe : rubis dense avec des bords mauves.
Nez : pur, profond et racé avec un registre aromatique très noir : mûre, réglisse et terre humide.
Bouche : la matière est séveuse et savoureuse, la mâche grenue reste très soyeuse, le vin remplit le palais et finit sur une impression de fraîcheur réjouissante.
Même si elle est conçue pour une belle garde, cette cuvée issue de vieilles vignes et élevée 12 mois en fût de chêne se goûte exceptionnellement bien aujourd’hui.
Un morgon qui me rappelle un compagnon fidèle qui a vécu près de 16 ans à mes côtés…émotion et plaisir absolu. Merci Jean-Marc !

 

Morgon


Morgon

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 11:20

 

Comme chaque année le week-end de Pentecôte est consacré à l’opération pique-nique chez le vigneron, qui voit de nombreux domaines viticoles ouvrir leurs portes et inviter leur clientèle à partager un grand moment de convivialité et d’échange sur le thème du vin d’Alsace.
Cette manifestation constitue une occasion rêvée pour approfondir ses connaissances sur le vin d’Alsace, pour apprendre à mieux connaitre un vigneron ou pour rencontrer des gens qui partagent votre passion.

Depuis de nombreuses années, la famille Schmitt propose une version personnelle de ce pique-nique : leurs clients sont conviés le dimanche ou le lundi pour partager un repas crée par de grands chefs locaux autour de quelques vins issus de la production de ce domaine.

Inutile de préciser que c’est toujours un grand plaisir de faire partie de ces quelques 300 privilégiés qui pourront se délecter des audaces gastronomiques et des associations mets-vins proposées lors de ce beau voyage gourmand.


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Les convives du dimanche de Pentecôte sous les tonnelles dans la cour intérieure du domaine Roland Schmitt



Riesling Ostenberg Vendange Tardive 2007
Le nez est très mûr mais bien complexe avec une touche fruitée exotique (mangue) et des notes fleuries, l’attaque en bouche est marquée par une acidité vive et immédiate qui s’enrobe peu à peu d’une rondeur confortable, le fruit bien présent réjouit le palais jusqu’en finale. La persistance est très longue.
Récolté sur une parcelle nouvellement acquise sur un coteau pentu du village voisin de Westhoffen, ce beau riesling possède une matière riche, équilibrée et pleine de belles promesses.
Ce vin a été servi avec des lamelles de Parmesan pour un accord osé mais réussi qui nous rappelle les origines napolitaines de notre hôtesse.

 

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Julien Schmitt au service



Muscat Glintzberg 2009

Le nez est fin, complexe avec des nuances florales très subtiles, la bouche est très élégante, l’équilibre est sec et bien frais, la finale est longue avec un marquage minéral bien perceptible.
Le Glintzberg est un coteau contigu au grand cru Altenberg de Bergbieten et partage avec ce dernier cette propension à marquer fortement les vins par une grande salinité. Ce muscat, ottonel à 95%, n’a pas échappé à cette influence : le cépage se manifeste au nez mais la bouche laisse parler le terroir.
L’accord avec une terrine d’asperges et poireaux a été un peu moins réussi : le poireau et les quelques lames de poivron de cette terrine évoluaient dans un registre gustatif difficilement compatible avec la finesse de ce muscat (dommage car avec les asperges seules, c’est top !).


Riesling GC. Altenberg de Bergbieten 2008
Le nez est discret mais d’une pureté cristalline, on y décèle des notes de citron, de zeste et d’herbes aromatiques, la bouche est solidement charpentée avec une trame acide large et profonde, de beaux arômes d’agrumes (pamplemousse) et une finale longue et saline.
Un très beau riesling regoûté avec grand plaisir, une minéralité vibrante et un accord classique mais parfait avec le carpaccio de Saint Jacques sur sa mousseline aux deux pommes.

Riesling Glintzberg 2009
Le nez ouvert et très gourmand livre des notes de fruits mûrs et de craie humide, la bouche est riche avec du croquant et une minéralité profonde.
Un riesling jeune mais avec un caractère vraiment festif qui tient la dragée haute à un plat aussi riche en goût que cette verrine d’empereur à la gelée de safran et aux pointes d’asperge.
Effet millésime mais surement aussi qualité du terroir, ce riesling n’a eu aucune difficulté à s’affirmer après un grand cru.



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        Bruno Schmitt au service


Sylvaner Grand A du petit Léon 2009
Le nez est puissant, très riche et très complexe avec un fruité mûr et une minéralité affirmée (silex, fumée…), la bouche est solidement charpentée, l’acidité est contenue mais la salinité puissante soutient la structure. La longue finale laisse une impression légèrement tannique.
C’est le monde à l’envers ! Après le grand cru, le riesling de terroir, voilà qu’on nous propose un sylvaner… !
Il fallait oser, mais ce vin a une personnalité un peu hors normes : le millésime a généré une richesse peu commune (15° et 6 g de SR) et le terroir de l’Altenberg parle avec toute sa verve minérale.
Il fallait bien ça pour répondre à cette gelée de queues d’écrevisses, poitrine de pigeon et foie gras de canard. Un festival de saveurs !


Gewurztraminer GC. Engelberg 2008
Le nez est pur et un peu mystérieux, tout en retenue, la bouche se livre davantage avec de beaux arômes de poivre blanc et de gingembre, la structure est élégante avec une matière ronde et une acidité très verticale. La finale est longue et bien épicée.
Un gewurztraminer très féminin qui offre de nombreuses possibilités d’accords gastronomiques : les arômes complexes de ces rouleaux de printemps aux radis blancs et de la petite gelée de canard aux épices ont résonné joliment avec la personnalité de ce vin.

Gewurztraminer GC. Altenlberg de Bergbieten - Les Jardins d’Aurélien 2008

Le nez est franc, immédiat mais très concentré, des fruits jaunes mûrs et des épices envahissantes (clou de girofle, baies roses, muscade…), l’équilibre en bouche est opulent avec un fruité bien net et une puissante salinité qui prend le dessus en finale pour laisser une belle impression de fraîcheur.
Comme le dirait Julien « avec l’Engelberg nous sommes en présence d’un vin vertical, ici c’est une sensation très horizontale qui domine ». En tous cas, voilà un duo de vins pour faire douter ceux qui pensent qu’avec les gewurztraminers le cépage domine le terroir…
Le profil aromatique de ce vin appelle le dessert aux fruits : le pâtissier J.P. Oppé l’a bien compris en y associant un sablé breton aux abricots cuits, ananas et fraises… avec la pointe de sel dans le fond sablé l’accord a été grandiose.




Pour conclure :

- En premier lieu, il faut remercier la famille Schmitt pour l’organisation de ce déjeuner-dégustation, qui a pleinement tenu ses promesses en nous offrant la possibilité de savourer leurs vins avec des plats conçus spécialement pour l’occasion par des chefs-cuisiniers, amis de la maison et fidèles à ce rendez-vous depuis de longues années. Bravo !

- Une fois de plus nous avons pu vérifier que les vins d’Alsace étaient d’excellents compagnons de table : leurs multiples possibilités d’accords gastronomiques constituent de véritables appels à la créativité pour tout amoureux de bonne chère.

- Comme je l’ai déjà relevé lors de mes précédentes visites (pour mon travail sur l’Altenberg de Bergbieten notamment), les vins du domaine Schmitt se caractérisent par une grande homogénéité qualitative et nous offrent une expression très marquée de leurs terroirs.

- Pour les coups de cœur… difficile de choisir entre ces 7 vins tellement bien mis en valeur !
Je me contenterai donc de relever la belle réussite des 2 nouvelles cuvées : le riesling VT Ostenberg 2007, riche, gourmand, équilibré et le gewurztraminer GC Engelberg 2008, élégant, racé, épicé…

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 17:18

L’ALTENBERG DE BERGBIETEN SELON…

 


Depuis que j’ai commencé ma quête des 51 Grands Crus, j’ai été amené à me promener souvent dans le secteur de la Couronne d’Or ; depuis lors, ces paysages sereins et ces villages paisibles constituent mon bol d’oxygène hebdomadaire.
C’est donc tout naturellement que ma 9° étape nous conduira à Bergbieten pour une visite approfondie du dernier terroir classé du vignoble de Strasbourg : l’Altenberg de Bergbieten.

 

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Le coteau de l’Altenberg de Bergbieten au printemps



Bien des choses ont déjà été écrites sur ces terroirs et un angle d’approche original et intéressant est à priori difficile à définir…mais je vais quand même essayer de relever le défi.
Je vous propose de me suivre dans mes ballades personnelles avec un peu de théorie (le socle nécessaire à une bonne compréhension), des documents photographiques et surtout des rencontres avec les vignerons qui travaillent dans ces parcelles classées.
Bon, ça je l’avais déjà dit…mais c’est pour les nouveaux.


La plus grande partie de ce Grand Cru se situe sur le ban communal de Bergbieten, un petit village de 640 habitants où on ne trouve qu’un seul domaine viticole.


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Dans ces conditions, personne ne s’étonnera que, pour asseoir sa réputation, l’Altenberg de Bergbieten a du s’appuyer sur le soutien des vignerons des communes voisines, notamment ceux de Traenheim.


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Bergbieten vu du bas de l’Altenberg

 

Le village de Bergbieten a été fondé au IX° siècle et, comme presque toutes les communes de la Couronne d’Or, il s’est développé grâce à l’intérêt des rois mérovingiens et carolingiens pour cette région. Par la suite ce sont les congrégations religieuses qui se sont octroyé la gestion de Bergbieten : des documents datant de 1120 mentionnent ce village comme une possession de l’Evêché de Strasbourg.


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Le blason de Bergbieten : saint Laurent et ses attributs, le grill et la palme.



Cité prospère, notamment grâce à son vignoble, Bergbieten a été partiellement détruite à deux reprises : lors de la Guerre des Paysans les « Armagnac » ont saccagé le village et au XV° siècle durant la Guerre de Trente Ans, le château et une grande partie des fortifications ont été dévastés.
Aujourd’hui, il ne reste que très peu de vestiges de cette époque, pourtant, en 1895, un forgeron chanceux a trouvé dans sa parcelle de vigne, deux vases contenant 7000 pièces d’argent datant du XII° siècle (ce trésor est exposé dans un musée à Berlin). Quelques années plus tard un vigneron de l’Altenberg tomba sur un coffre contenant des sesterces à l’effigie de César…qui peut encore douter de la richesse de ce terroir !

Jusqu’à nos jours, Bergbieten a conservé sa vocation agricole et fruitière.


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Arbres fruitiers et prairies remplacent la vigne dans la plaine devant l’Altenberg


C’est un village fleuri et accueillant où on peut visiter la petite église rurale Saint Laurent avec des décors en trompe l’œil de Roland Perret.

 

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L’encadrement de la porte d’entrée de l’église Saint Laurent…faux grès et vrai trompe l’œil.

 


L’art du trompe l’œil a d’ailleurs inspiré quelques habitants de ce village et au coin d’une rue, le promeneur peut se retrouver nez à nez avec des façades décorées.

 

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Bien le bonjour messieurs-dames !

 

 

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Des cigognes qui ne migrent jamais.

 

 

Bergbieten n’a pas une vocation touristique affirmée mais le visiteur pourra apprécier sa situation privilégiée entre de verdoyantes collines dans un environnement préservé des excès d’une tendance au « Disneyland » alsacien qui caractérise parfois certains villages de la route des vins.
Au détour d’une rue on pourra se ressourcer à côté de l’une des nombreuses fontaines anciennes, qui vont se couvrir de fleurs avec l’arrivée des beaux jours.


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Une fontaine au centre du village au printemps.

 

 

Le Grand Cru Altenberg de Bergbieten s’étend sur les flancs d’une colline aux pentes très douces exposées sud-sud-est.
Sa superficie totale est de 29,07 hectares avec une altitude qui se situe entre 210 et 265 mètres.


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La délimitation du Grand Cru avec en bas à gauche la limite du village de Bergbieten et en haut à droite la limite du village d’Irmstett.

 

 

Situé au cœur d’un large amphithéâtre naturel dans la plaine du Rhin, l’Altenberg de Bergbieten offre un microclimat très favorable à la vigne : la protection des collines environnantes limite la pluviométrie et l’éloignement des montagnes vosgiennes rallonge considérablement la possibilité d’ensoleillement quotidien. L’exposition à dominante sud et la douceur de la pente en font un vignoble agréable à travailler et propice à une maturation homogène des raisins.


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Une parcelle en pente douce de l’Altenberg avec le Scharrachberg et le coteau de l’Obere Hund au second plan.



Sur le plan géologique ce Grand Cru fait partie de la famille des terroirs argilo-marneux : un sous-sol riche en magnésium, composé de marnes bleues et noires et d’argiles recouvre uniformément ce coteau en lui donnant une belle unité. Dans les parties hautes on constate une présence accrue de cailloutis calcaires dolomitiques et on trouve des interférences gypsifères un peu partout dans l’Altenberg.
Une base homogène enrichie par une grande complexité minérale…personne ne s’étonnera plus du fait que ce terroir ait été repéré dès le Moyen-âge pour son grand potentiel.


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Des pieds de vignes dans l’Altenberg, argiles, marnes et cailloux plus ou moins abondants.

 


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Le sol gris bleuté caractéristique des terrains riches en marnes.


La vigne n’est pas seule à se plaire dans cet environnement doux et paisible : au printemps d’innombrables petites fleurs apportent leurs belles touches colorées entre les rangs et l’été voit l’apparition de nombreux lézards qui se prélassent sur les pierres surchauffées. Un petit coin de paradis en somme…


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Fin avril, les fleurs de printemps ont colonisé l’Altenberg.


Sur le plan historique, on sait que le vignoble de Bergbieten existe depuis la fondation du village au Moyen-âge. Cependant, certains historiens s’accordent à penser qu’on peut remonter bien plus loin dans le temps pour situer l’origine de la culture de la vigne dans ce secteur : comme pour les vignobles voisins de Wolxheim ou de Dahlenheim les premiers ceps y ont surement été plantés du temps de l’Empire romain.
Le lieu-dit Altenberg est repéré dès le Moyen-âge : il est cité dans des documents d’archives relatives au Pape Léon IX, datant de l’an 1050. Une fois de plus, ce sont les congrégations religieuses locales et l’Evêché de Strasbourg qui ont fait main basse sur une belle partie des parcelles de ce coteau.
Il faut croire que la transsubstantiation en sang divin exigeait un liquide d’origine soigneusement sélectionnée…
A la Révolution les possessions du clergé sont restituées aux vignerons qui se feront un point d’honneur à faire de l’Altenberg de Bergbieten un cru reconnu et distribué dans de nombreux pays grâce à la proximité de Strasbourg et de ses structures portuaires sur le Rhin.
Un peu plus de 2 siècles plus tard, en 1977, ce terroir se retrouvera tout naturellement dans la première liste du classement Alsace Grand Cru.
Une belle reconnaissance pour le travail accompli !

Au niveau de la viticulture, ce Grand Cru est exploité par une poignée de vignerons indépendants et par quelques Caves Coopératives dont La Cave du Roi Dagobert.


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L’entrée du caveau de la Cave du Roi Dagobert : une locomotive pour le vignoble de la Couronne d’Or.


Paradoxe absolu, dans le village de Bergbieten qui donne son nom au Grand Cru, il n’y a plus aujourd’hui, qu’un seul domaine viticole. Les vignerons du village voisin de Traenheim sont largement majoritaires sur ce Grand Cru : plus dynamiques et plus unis que leurs voisins, ils ont raflé la mise dans le partage d’après-guerre et ont travaillé d’arrache-pied pour valoriser et faire reconnaître l’Altenberg, à l’image de Frédéric Mochel qui relève fièrement « Nous avons été l’un des premiers terroirs classés ».

 
Dans les parcelles, l’herbe est omniprésente, le plus souvent un rang sur deux avec des techniques de travail de l’inter-cep et des rangs assez diversifié.


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Une vieille vigne de gewurztraminer du domaine Mochel.
 

 

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Julien Schmitt qui entretient le palissage dans une très vieille vigne de gewurztraminer au sommet de l’Altenberg


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Un labour profond dans une parcelle du secteur ouest de l’Altenberg.

 


Le riesling et le gewurztraminer règnent en maîtres incontestés sur ce Grand Cru (plus de 80% de la superficie). Les surfaces consacrées aux autres cépages sont anecdotiques, même si le domaine Schmitt y produit un pinot gris de belle tenue et le domaine Mochel un muscat haut de gamme.

Les vins de l’Altenberg de Bergbieten sont francs et solidement charpentés avec une palette aromatique discrète qui se complexifie merveilleusement avec le temps. Le riesling traduit le mieux ce terroir mais les gewurztraminers y trouvent un équilibre droit et élancé qui les rend éminemment gastronomiques.
Il faut en général 4 à 5 ans de bouteille pour que les vins de ce Grand Cru dégagent toute leur amplitude fruitée et manifestent pleinement leur identité minérale.

Ils sont une sorte d’archétype de ces crus nordistes longtemps restés dans l’ombre de leurs frères haut-rhinois, mais qui n’ont pas cédé à la tentation du vin facile et qui se retrouvent aujourd’hui au top de la hiérarchie alsacienne… et ce n’est que justice !

 

 

 

 

…JULIEN SCHMITT

 

 

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Le domaine Roland Schmitt se situe au centre de Bergbieten à deux pas de la mairie et de l’église Saint Laurent.


 

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C’est une grande maison vigneronne qui a été rénovée tout en gardant son identité profondément ancrée dans la tradition locale.


 

 

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Passé le porche on se retrouve dans une vraie cour de ferme traditionnelle.

 

 

Julien Schmitt me reçoit dans un beau caveau de dégustation avec un bar et un « Stammtisch »… tout ce qu’il faut pour passer un bon moment !

 

 

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Le coin bar-dégustation du domaine Schmitt



Ce vigneron, qui dès son plus jeune âge, a crapahuté dans l’Altenberg au côté de ses parents, s’occupe de la production des vins du domaine depuis plus de 10 ans. Bien entendu il connaît parfaitement ce Grand Cru et se réjouit de pouvoir en parler avec moi.
Que demander de plus !


 

 

 

Comment définir ce terroir ?

« Au niveau géologique ce terroir est généralement répertorié dans le famille des marno-calcaro-gypseux, mais je le qualifierai plutôt de marno-gypseux car c’est le gypse qui constitue la vraie identité de ce terroir ». Julien insiste particulièrement sur l’importance de cet élément minéral qu’on retrouve un peu partout sur l’Altenberg à une profondeur entre 30 et 60 centimètres selon le secteur. « Les dégustations organisées par la gestion locale de l’Altenberg révèlent une vraie typicité…je suis convaincu que c’est le gypse qui imprime sa marque sur ces vins ».
Le calcaire à dolomies (calcaire magnésien du secondaire) intervient plus sur la structure du sol, dans la mesure où il confère des propriétés drainantes accrues à ce sol marneux généralement assez lourd.
Au niveau géographique, c’est la conjonction de 3 éléments qui caractérisent ce Grand Cru :
- la protection des massifs montagneux environnants garantissent un micro-climat sec et peu venté,
- la faible pente privilégie un murissement doux des raisins « il n’y pas de maturités explosives sur l’Altenberg »,
- la faible altitude entraine une maturation très homogène des fruits sur tout le coteau.
Quels sont les cépages les mieux adaptés ?

Le riesling est le révélateur privilégié de la race de l’Altenberg de Bergbieten : « c’est le cépage qui exprime le mieux la salinité de ce terroir ». Le gewurztraminer qui bénéficie d’une vraie assise historique sur ce coteau y a bien sûr aussi sa place : « de mémoire de vigneron, il y a toujours eu du gewurztraminer sur l’Altenberg ».
Les 2 autres cépages autorisés occupent quelques parcelles mais leur présence est très marginale.


Quels caractères spécifiques ce terroir transmet-il aux vins ?

Les vignerons de la gestion locale de ce Grand Cru alsacien ont défini ensemble un certain nombre de caractéristiques propres aux vins issus de ce terroir : les vins de l’Altenberg de Bergbieten possèdent une acidité carrée et massive, ils sont amples et profonds avec une structure élégante et un équilibre très digeste. Leur tenue en bouche est remarquable : « on les reconnaît grâce à leur grande sapidité, leur longue persistance aromatique et leur présence tannique en finale ».
Les rieslings sont particulièrement salins et les gewurztraminers marqués par les fruits mûrs dans leur jeunesse évoluent vers une palette plus florale avec l’âge, tout en conservant une belle trame acide.
Ce sont des vins de grande garde : ils tiennent admirablement au vieillissement et ne devraient pas être dégustés avant 18 mois de bouteille minimum.


Quelles perspectives pour ce terroir ?


Il y a 6 caves particulières et 2 grandes structures de production (la maison Arthur Metz de Marlenheim et la Cave Coopérative de Traenheim) qui proposent des vins de l’Altenberg de Bergbieten. « Nous avons la chance d’être assez nombreux et d’avoir une Gestion Locale du Grand Cru efficace : peu d’absentéisme, des discussions constructives sans guéguerres partisanes et une démocratie qui fonctionne bien… »
Les opérations de communication sur l’Altenberg sont très limitées : « grâce au dynamisme de Jean-Jacques Muller, notre Grand Cru est mis à l’honneur lors de la fête du vin à Traenheim, qui connaît un succès grandissant » (elle a lieu lors du dernier ou de l’avant-dernier WE du mois de mai).
Pour l’avenir de l’Altenberg de Bergbieten les discussions sont bien avancées et les positions se clarifient :
- ce Grand Cru est destiné à produire des vins secs (des rieslings à moins de 10g de SR),
- les gewurztraminers et muscats ne sont pas limités en termes de SR, mais les VT et SGN vont être exclues du Grand Cru « le botrytis ne peut pas dominer le marquage minéral de ce terroir ».
- le pinot gris est amené à disparaitre à terme de l’appellation « les parcelles existantes sont maintenues mais aucune nouvelle plantation ne sera acceptée ».

Julien Schmitt se passionne pour les débats actuels sur les appellations alsaciennes mais son positionnement est clair et tout à fait cohérent : il milite pour un cahier de charge précis et déposé qui définirait l’appellation Grand Cru Altenberg de Bergbieten.
« Se limiter à la définition d’une appellation générique Alsace Grand Cru serait un pas en arrière ». Dans cet univers mondialisé où la concurrence est rude, ce jeune vigneron a parfaitement conscience que la seule notion de vin honnête et marchand ne suffit plus pour faire reconnaître sa qualité aux yeux des consommateurs.
Ceci dit, on reste serein au domaine Schmitt « qu’ils plantent nos cépages où bon leur semble, nous sommes convaincus que les terroirs alsaciens sont vraiment uniques ». Même pas peur !!!

En ce qui concerne la tendance aux vins d’assemblage sur les Grands Crus, Julien est assez catégorique : il reste sur une position tranchée de défense des cuvées mono-cépages en Alsace et ne voit pas pourquoi il devrait céder à cette mode de l’assemblage. « Jusqu’à présent je n’ai pas été particulièrement impressionné par un vin d’Alsace issu d’un assemblage (…) de toute façon on n’a pas besoin d’assembler des cépages pour faire un grand vin : le cépage qui apporte la touche variétale et le terroir qui donne son identité minérale se complètent parfaitement dans notre région »
Visiblement, ce débat est loin d’être clos dans le vignoble alsacien…


 

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Les vins du domaine : quelle conception ?

Les archives familiales révèlent que le premier vin vinifié au domaine daterait de l’année 1610, ce qui fait que 2010 correspondrait au 400° millésime de la famille Schmitt... « Nous allons surement sortir une cuvée spéciale pour l’occasion… mais pas un assemblage ! »

Nous voilà prévenus…

Le domaine possède un peu plus de 10 Ha de vignes sur de beaux terroirs autour de Bergbieten : des parcelles sur le Glinzberg et le Thalberg complètent celles sur l’Altenberg. Ces dernières années l’exploitation a augmenté son patrimoine foncier en acquérant une vigne de gewurztraminer sur le Grand Cru Engelberg (13 ares) et une autre sur l’Ostenberg (47 ares) « une colline entre Westhoffen et Wangen, très pentue, très dure à travailler en bio mais où le raisin mûrit bien »…de belles VT en perspective !
2010 sera également le premier millésime certifié bio du domaine Schmitt : malgré sa fierté légitime « j’ai du passer outre les réticences de maman (Anne-Marie Schmitt) mais elle est pleinement satisfaite de notre réussite aujourd’hui », il regrette juste de ne pas s’être engagé plus tôt dans le processus de certification « je respecte scrupuleusement le cahier de charges de l’agriculture biologique depuis 2004, mais j’ai attendu d’être vraiment sûr pour demander la certification officielle (en 2007) ». Sensibilisé au problème de la pollution dès son plus jeune âge, Julien s’est forgé des convictions fortes au contact de Patrick Meyer et d’autres jeunes vignerons (Rietsch, Loew, Kreydenweiss, Rieffel…) avec lesquels il participe régulièrement à des sessions de dégustation et d’échanges. Le bio se justifie tant par des convictions philosophiques que par des réalités esthétiques au niveau des vins produits suivant ces méthodes « dans 10 ou 15 ans, ceux qui n’auront pas intégré les normes bio auront beaucoup de mal à s’imposer sur le marché du vin »
Visionnaire, réaliste ou utopiste…l’avenir le dira bientôt.

Au niveau de la viticulture, les vignes sont enherbées un rang sur 2 et traitées par pulvérisation de tisanes. Le travail du sol se fait en profondeur en automne, après les vendanges (c’est un besoin particulier des sols marneux) ; à partir du printemps les interventions sont plus superficielles avec du grattage et du fauchage.
Dans la mesure du possible ce sont les équilibres secs qui sont recherchés sur l’Altenberg : « si la maturité physiologique le permet évidemment ». Le verdict du réfractomètre et la dégustation des raisins sont les 2 indicateurs qui guident le choix des dates de vendange.

« Les techniques de vinification sont très classiques » : les raisins arrivent au pressoir en bottiches et subissent un pressurage direct pendant 6 heures environ. Le débourbage statique se fait sous contrôle de température et les fermentations se déclenchent sous l’action des levures indigènes. « Les malos ne sont pas recherchées mais se produisent assez fréquemment, surtout après une chauffe pour dynamiser une fermentation alcoolique un peu paresseuse ».
Il n’y a pas de foudres en bois au domaine Schmitt « Notre père a très vite compris l’intérêt des contenants modernes et a intégralement remplacé la futaille traditionnelle par des cuves inox ».
Les jus subissent 3 sulfitages légers, une pré-filtration sur Kieselguhr et une filtration stérile avant les mises en bouteilles qui se déroulent entre avril et août selon les cuvées.


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Une partie de la cuverie du domaine dans la grand cave sous la maison familiale.

 

 

Le domaine Schmitt produit environ 50000 bouteilles par millésime (20% de la vendange est vendue à la Cave Coopérative d’Obernai).
Les principales destinations à l’export sont la Norvège et la Côte Ouest des Etats Unis. « certaines années nous écoulons 5 à 6000 bouteilles sur ces deux destinations ».
Pourtant c’est la vente aux particuliers qui représente la part la plus importante du chiffre annuel, même si au bout du compte il y a assez peu de passages au domaine. C’est surement lié à la situation particulière de Bergbieten qui se trouve un peu isolée des grands axes régionaux du vin… et c’est bien dommage lorsqu’on connaît la qualité de l’accueil dans cette maison.

Les vins de la famille Schmitt se retrouvent également et depuis de nombreuses années, sur la carte des principaux restaurants étoilés de la région (Auberge de l’Ill, Cerf, Crocodile, Arnsbourg…) : une très belle carte de visite !

Dans cette belle entreprise, Julien peut compter sur le soutien de Bruno, son frère ainé qui a rejoint le domaine en 2002 et qui s’occupe de la relation clientèle et du marketing (les étiquettes originales, le site internet, c’est lui).
Enfin, last but not least, tirons un grand coup de chapeau à Anne-Marie, la maman qui, après la disparition de son époux, a géré seule cette exploitation pendant de longues années : son courage et son dynamisme sont devenus presque légendaires dans le vignoble de la Couronne d’Or.


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Anne-Marie Schmitt en train d’arquer les rieslings sur l’Altenberg

 



Et dans le verre ça donne quoi ?

La dégustation commence par une petite visite aux nouveau-nés de 2009 qui sont encore en cuves :
 


Riesling Altenberg de Bergbieten 2009
 : une robe étonnamment claire et brillante, le nez est précis et richement fruité, la bouche est ample avec une structure sphérique (14° - 6,5g de SR), la finale est tendue, longue et bien tannique.
Une matière première exceptionnelle tout simplement !

Pinot Gris Altenberg de Bergbieten 2009 : le nez est net mais discret, la présence en bouche est vraiment gourmande avec du gras, une acidité puissante et une belle profondeur.
La présence du terroir apporte un équilibre tonique à ce vin très riche (14° - 16g de SR).

Pinot noir 2009: le nez est puissant, élégant et complexe (fruits rouges, épices…) la bouche possède un équilibre proche de la perfection et une persistance finale d’une longueur étonnante.
Trié sévèrement à la vigne et complètement égrappé, ce pinot noir d’une gourmandise peu commune est une réussite absolue… à encaver d’urgence (il est encore en cuve pour l’heure…patience !).


De retour au Stammtisch nous voilà partis à la découverte de ce terroir à travers quelques flacons issus de l’oenothèque du domaine.


Sylvaner Grand A du petit Léon 2009
 : le nez est discret, précis avec des notes de groseille blanche mûre et de citron confit, la bouche est riche, très juteuse, avec un volume imposant et une belle tension, la finale est longue et très saline.
Un magnifique sylvaner issu de vieilles vignes sur le Grand Cru, un grand vin de terroir avec un rapport Q/P au sommet (moins de 6 euros…).


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Sylvaner Grand A 2007 : le nez est aérien, particulièrement flatteur et délicieusement fruité, la bouche allie gras et acidité avec mesure, la présence de ce vin est vraiment agréable.
Le même sylvaner avec 2 ans de plus, l’évolution est réussie et comme le dit son concepteur « il est à boire aujourd’hui »… ne nous privons pas !

Riesling Altenberg de Bergbieten 2008 : le nez est frais, discret avec des nuances citronnées et minérales (pierre, silex), en bouche, la matière est fine et élégante, l’acidité longue et vibrante s’associe à une puissante salinité et à de belles sensations tanniques pour construire une finale expressive et longue.
Précis, riche, équilibré, avec une présence en bouche exceptionnelle… aucun doute n’est permis : c’est un très grand riesling. Ceci dit, avec un grand terroir, un grand millésime et un grand vigneron c’est presque obligatoire !


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Riesling Altenberg de Bergbieten 2007 : le miel, la pierre chaude, la résine et les épices se complètent pour composer un bouquet complexe et bien typé, la bouche est ronde et agréable avec du gras, de la salinité et toujours ces nuances tanniques en finale.
Le millésime marque un peu la bouche mais le terroir signe la finale et l’évolution a crée une palette aromatique de toute beauté. Un plaisir absolu !

Riesling Altenberg de Bergbieten 2005 : le nez est intense et expressif (notes minérales, résine, silex), la bouche est magnifique, juteuse, délicatement citronnée avec une acidité puissante et profonde et une persistance aromatique d’une longueur peu commune.
« C’est ma référence, j’aimerai que tous mes Altenberg se rapprochent de cet équilibre… » un bel objectif, car ce riesling est vraiment très grand aujourd’hui. Ceci dit nous reparlerons du 2008 et du 2009 dans quelques années…

Riesling Altenberg de Bergbieten 2004
 : le nez est avenant sur des fruits compotés, du miel et un peu de caramel, la bouche est équilibrée mais l’acidité est plus fluctuante et la finale moins précise.
Un millésime difficile servi après la bombe de 2005, ce vin n’a pas eu beaucoup de chance dans cette série. Ceci dit, même s’il n’a pas la profondeur et l’ampleur des précédents, il se déguste avec un réel plaisir à l’heure actuelle.

Riesling Altenberg de Bergbieten 2003 
: un premier nez légèrement torréfié qui évolue vers des notes de résine et de pierre chaude, la bouche possède une ossature tannique puissante qui équilibre parfaitement le gras et la richesse.
Un riesling complexe et profondément minéral qui se goûte sec… c’est étrange pour le millésime mais c’est réussi !

Riesling Altenberg de Bergbieten 1993 
: un nez d’une complexité inouïe, des fruits frais (mandarine, rhubarbe…) et des évocations florales très subtiles, la bouche possède une classe et une race incomparables, le fruit est toujours aussi pur, l’acidité est longue et précise et la finale s’enrichit de notes de gingembre et de poivre.
Le dernier vin de Roland…le témoignage ultime d’un grand vigneron disparu bien trop tôt.
Plus de 16 ans et une tenue d’aristocrate, inoubliable, une sacrée claque !

 

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La vigne de riesling du domaine Schmitt sur le Birkel, dans le secteur ouest du Grand Cru.

 


Pinot Gris Altenberg de Bergbieten 2008
 : un nez pur et classique où on reconnaît les fruits mûrs et le beurre frais, la bouche offre une richesse perceptible mais reste digeste grâce à une trame acide longue et fine.
Un pinot gris jeune et riche qui a su garder une belle fraîcheur et qui possède un joli potentiel de garde.

Gewurztraminer Altenberg de Bergbieten 2008
 : le nez est marqué par le fruit très mûr et quelques notes grillées, la bouche est riche et moelleuse (50g de SR), la puissante acidité, la salinité et la présence tannique se conjuguent pour donner un joli relief à la structure et laisser une belle impression de fraîcheur en finale.
Une matière généreuse, un terroir qui s’exprime déjà très fort et un cépage vraiment unique, un vin qui porte au plus haut une certaine idée de la typicité alsacienne... incomparable gewurztraminer !

Gewurztraminer Altenberg de Bergbieten 1996 : le premier nez fugace, légèrement truffé laisse rapidement la place à de puissants arômes de litchis, la bouche est opulente mais bien équilibrée, la persistance aromatique fruitée est très longue.
Du litchi partout, même le lendemain : 14 ans ont passé, il semblerait que le cépage ait repris la main…mais ce n’est pas pour me déplaire, quelle gourmandise !


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Quelques Altenberg de la collection particulière de la famille Schmitt.



Pour conclure, un petit bilan sur cette neuvième expérience de visite approfondie d’un terroir Grand Cru (attention je risque de me répéter…) :

-    Une fois de plus, j’ai pu vérifier que la convivialité et la disponibilité des vignerons alsaciens ne sont pas une légende. Encore mille mercis à Julien pour son accueil.

-    J’ ai renforcé ma conviction qu’une bonne compréhension d’un vin passe évidemment par la dégustation mais s’enrichit considérablement si on fait la démarche d’aller sur place, sentir l’énergie des terroirs où il naît et rencontrer les gens qui le conçoivent…je ne boirai plus jamais des Altenberg de Bergbieten comme avant !

-    L’Altenberg de Bergbieten est un terroir magnifique : ne vous laissez pas tromper par la discrétion de ce petit village ni par l’aspect serein et calme de ce coteau, les crus qui y naissent sont pleins d’énergie positive et de fougue.
Si vous cherchez la salinité dans un vin, ce Grand Cru vous comblera, si vous pensez que seuls les rouges peuvent être tanniques, ce Grand Cru vous prouvera le contraire, si vous voulez encaver des bouteilles pour le mariage de votre dernier-né, ce Grand Cru vous livrera des vins qui vieilliront admirablement.
Même si aujourd’hui les vins de l’Altenberg se laissent approcher facilement dès leur plus jeune âge, ils restent par essence des vins pour esthètes patients : charmeurs dans leur jeunesse ils deviennent vraiment très grands avec l’âge.

-    Julien Schmitt est un vigneron cultivé, généreux et perfectionniste qui partage volontiers ses connaissances et ses convictions avec les oenophiles de passage. Chargé depuis 1999 de la production du vin au domaine Schmitt, il conçoit ses cuvées en recherchant l’expression la plus pure et la plus naturelle de leurs terroirs respectifs. Le haut niveau de qualité des vins que nous avons goûtés ensemble tend à prouver que les choix effectués sont judicieux.
Ce domaine que je fréquente maintenant depuis plus de 10 ans est une référence absolue sur ce Grand Cru et une adresse incontournable (une de plus) pour tout amateur de vin d’Alsace.!


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Le coteau de l’Altenberg vu des hauteurs de Dangolsheim.

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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