Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 15:06



Pour oublier la grisaille de ce 1° mai, rien de tel qu’une visite au Château de Kientzheim, siège de la célèbre Confrérie Saint Etienne, où les producteurs bios alsaciens se sont donné rendez-vous pour un week-end d’échanges et de dégustations.


p 003 
Le château de Kietzheim


C’est en compagnie d’Eric, membre éminent du club AOC, que je découvre la salle du chapitre de cette prestigieuse assemblée vinique ainsi que les salons de l’étage supérieur, transformés pour l’occasion en espace de dégustation.

 

p 001
Une chapelle où les adorateurs de Bacchus peuvent se recueillir

 


p 005-copie-1
Dans le salon avec les premiers visiteurs du matin.

 

Pour cette septième édition plus d’une centaine de crus bio (103 pour être précis) sont proposés aux visiteurs. Les vignerons sont sur place et se relaient aux différentes tables pour servir les vins et, le cas échéant, en expliquer leur conception.
Nous avons pu goûter une bonne trentaine de références parmi lesquelles nous avons repéré certaines cuvées particulièrement réussies :

Pinot noir Bollenberg 2007 – Valentin Zusslin à Orschwihr
Un nez pur et séduisant de fruits rouges mûrs, une bouche avec un beau volume, une mâche agréable et une finale longue et fraîche.
Un rouge bio et nature (pas de filtration et pas de soufre) qui procure un énorme plaisir. Hélas le prix un peu élevé à mon sens (23 euros au domaine) peut faire réfléchir et c’est vraiment dommage !

Riesling Genèse 2009 – Clos des 2 Lunes à Wettolsheim

Le nez est pur et avenant avec de belles notes de fruits blancs, la bouche est remarquable d’élégance, il y a une rondeur sympathique (5,4g de SR), une acidité longue et une belle salinité finale.
Avec ce riesling d’une présence surprenante, ce domaine que nous ne connaissions pas (c’est le nouveau nom du domaine Buecher et fils de Wettolsheim) a marqué les esprits. Si en plus on sait que cette cuvée est encore en cours d’élevage (ce 2009 a été mis en bouteille pour l’occasion)… ça promet ! Certifié en biodynamie pour 2010, ce nouveau domaine mérite qu’on suive son évolution…

Sylvaner Brandstatt 2007 – Domaine Otter et fils à Hattstatt

Le nez est complexe et fin sur les fruits blancs et le tilleul, la bouche est charpentée avec du gras, une acidité mûre et des notes salines et finement poivrées en finale.
Un exemple parfait pour convaincre les sylvano-sceptiques que ce cépage possède les ressources pour faire un grand vin.

Riesling Sussenberg 2007 – Domaine Bechtold à Dahlenheim
Le nez est pur avec  des notes florales très printanières et de belles nuances minérales, la bouche est droite sans tension excessive et la finale possède une salinité puissante.
Un vin de pierre jeune avec une matière riche (6g de SR) mais un équilibre sec gourmand et digeste.

Riesling Grand Cru Kanzlerberg 2004 – S. Spielmann à Bergheim
Un nez puissamment minéral et légèrement fumé, pur et très profond, la bouche est charpentée, volumineuse avec une finale longue, saline et marquée par de fines notes d’herbes aromatiques (origan).
Une présence magnifique, que les mots ne peuvent décrire que de façon imparfaite hélas...le plus beau vin de la journée sans hésitation !

Riesling Grand Cru Hengst 2008 – Domaine Josmeyer à Wintzenheim
Riesling Grand Cru Kessler 2008 – Domaine Dirler-Cade à Bergholtz

Le nez est discret, austère et pierreux, la bouche possède une matière imposante mais équilibrée et une acidité fine très profonde, la finale est très longue.
Ces deux grosses pointures se ressemblent et tiennent parfaitement leur rang malgré leur jeunesse…un investissement sans risque pour des vins très prometteurs.

Muscat Grand Cru Steinert 2008 V.T. – J.P. Frick à Pfaffenheim
Le nez est subtil, floral et très complexe, la tenue en bouche est exemplaire, c’est frais acidulé et terriblement gourmand.
Le dernier vin de cette longue dégustation, un Steinert pour me rappeler ma récente visite à Pfaffenheim, J.P. Frick pour voir comment ce vigneron un peu atypique travaille son muscat sur un Grand Cru… au bout du compte une très belle surprise !

 

 

 

En début d’après-midi les organisateurs avaient programmé une dégustation commentée de vins bios par les vignerons qui ont assuré leur conception. C’est ainsi que nous avons eu le plaisir de regoûter le riesling Kanzlerberg 2004 de Sylvie Spielmann, le pinot noir Bollenberg 2007 du domaine Zusslin et le riesling Kessler 2008 de Dirler.

Pour compléter ce petit tour d’horizon de la production de vins bios nous avons également dégusté :


- le riesling Pfersigberg 2008 du domaine Kuentz-Bas : né sur un terroir argilo-calcaire ce vin à l’olfaction pure, au fruité discret, est tendu par une belle acidité.


- le riesling Kirchberg de Barr 2007 du domaine Kleinknecht à Mittelbergheim : plus ouvert et plus épanoui que le précédent, ce Grand Cru présente une matière encore un peu sauvage mais l’équilibre est beau et le potentiel évident.


- le crémant Nature 2007 du domaine Binner à Ammerschwihr : issu d’une vieille vigne d’auxerrois située près du Schlossberg ce crémant possède un nez frais et fin sur les fruits blancs et la noisette, une bouche avec une bulle fine et une très belle vinosité.


- le riesling Muenchberg 2007 du domaine Meyer à Nothalten : cette bouteille qui avait déboussolé l’assemblée de l’Oenothèque Alsace, se goûte très bien aujourd’hui. Un nez juteux d’agrumes bien mûrs, une bouche souple, large qui pose progressivement sa structure acide et minérale et qui laisse une belle impression saline en finale.


p 009 

Patrick Meyer qui nous livre les clés pour comprendre ses vins…


- le pinot blanc de noir 2009 du domaine Frick à Pfaffenheim : ce vin initialement prévu pour faire du crémant a fait des siennes lors de la fermentation et a conduit Jean Pierre Frick à opter pour une vinification en vin tranquille. Les résultat final est original et agréable avec d’élégantes notes de fraise au nez et une bouche puissamment vineuse et délicatement fruitée.


p 008 

Pierre Frick, toujours aussi militant et engagé…

 

 

Pour conclure :

- en premier lieu tirons un grand coup de chapeau à l’organisation : le nombre de vins présentés, la disponibilité des vignerons sur place et la qualité des conférences proposées (des contraintes d’emploi de temps familial ne m’ont pas permis d’assister aux interventions de J.M. PELT, qu’on ne présente plus, et de R. ILTIS le sommelier de la Verte Vallée à Munster) valent plus que largement le déplacement.
- l’ensemble des vins dégustés a révélé un niveau de qualité tout à fait satisfaisant avec quelques perles dont j’ai parlé plus haut et d’autres cuvées, moins éclatantes pour l’instant, mais souvent très jeunes (2007-2008-2009 pour la majorité des vins présentés).
- les vins bio et nature sont des actes militants qui interpellent le dégustateur conditionné dans ses références gustatives par certains équilibres standard propres à chaque région. En ce qui me concerne, je suis parfois dérouté face à certaines cuvées et j’ai besoin de clés pour les comprendre : l’approche sensorielle seule est insuffisante, une démarche intellectuelle est nécessaire, mais est-on toujours disposé à réfléchir lorsqu’on recherche le plaisir ?
- ceci dit, les vignerons qui défendent ces pratiques font l’objet de nombreuses critiques que personnellement j’ai beaucoup de mal à accepter. A mon sens, ce sont pour la plupart d’entre eux, des hommes et des femmes qui pensent leurs pratiques dans une optique de développement durable et qui ont de réelles convictions écologiques. N’oublions pas qu’ils prennent surement des risques à produire des vins qui sortent des canons traditionnels : ils sont plus difficiles à faire et moins consensuels au goût…quel intérêt ?
En tous cas, ils sont dans un courant de pensée qui va dans un sens positif (mais non, je ne fais pas de politique) et je suis heureux de constater que ces « agitateurs empêcheurs de polluer en rond » entraînent dans leur sillage de plus en plus de vignerons de notre région. Merci à tous

Repost 0
9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 12:51



Deuxième séance du club à 2 thèmes avec une petite série de rouges autrichiens et une verticale de Gondonne du Domaine Goisot.

Je me suis chargé de l’achat des rouges autrichiens dans la Vinothek de Neustift im Stubaital lors de mon dernier séjour dans ce pays.
Pour la verticale de Gondonne, Stéphane a prélevé les précieux flacons dans sa réserve personnelle et dans l’oenothèque d’OliH, notre ami nancéen toujours prêt à secourir des dégustateurs en quête de références rares.

Les 4 rouges autrichiens et le vin pirate sont passés en carafe et dégustés à l’aveugle (sauf pour moi évidemment), la verticale de Gondonne se fait du vin le plus jeune (2007) au plus vieux (2000). Verres INAO ou Spiegelau.

Soirée club AOC du 30 avril 2010 à Kilstett


Première série : 4 vins rouges d’Autriche et 1 pirate.


Les vins proviennent du domaine Tschida à Apleton, dans le Burgenland, à quelques kilomètres de la frontière hongroise. Cette région représente 36% de la superficie totale viticole autrichienne. Le climat est continental, avec des hivers très froids et des étés caniculaires, mais le Neusiedlersee, un lac étendu et peu profond, assure une forme de régulation thermique favorable à une maturation douce des raisins.
La vigne pousse en plaine sur des sols de terre noire sablonneuse et saline.
Le Domaine Tschida pratique une viticulture exigeante, lutte intégrée et contrôle strict des rendements, ainsi qu’un travail en cave précis et moderne avec des vinifications thermo-régulées et un élevage en cuves inox, en foudres ou en barriques selon les cuvées.


Blauer Zweigelt Médium 2009


Le nez est marqué par les fruits rouges et par quelques notes lactées, la bouche est ronde et légère avec une finale finement acidulée.
Issu du cépage rouge le plus répandu en Autriche et élevé uniquement en cuve inox, ce vin simple et gourmand est fait pour accompagner les futures libations estivales


Blauer Zweigelt Fuchsloch 2008


De puissantes notes de torréfaction monopolisent l’attaque olfactive et dominent un peu les beaux arômes de cerise mûre et d’épices. La bouche est soyeuse avec une belle trame tannique et une finale assez vive de longueur moyenne.
Le boisé est présent mais cette cuvée élevée en barriques neuves à 80% se boit avec facilité et plaisir.


Blaufränkisch Vier Eimer Fass 2008

Le nez est discret mais agréable avec des notes de petits fruits noirs (mûre et myrtille) et quelques nuances boisées, la bouche est très ronde à l’attaque, elle offre une palette de fruits noirs confits et de poivre, la finale est assez longue mais un peu sévère.
Issu de l’un des deux cépages à l’origine du Zweigelt (l’autre est le Saint-Laurent) et élevé en barrique de 228 l (1 « Eimer » - fait 57 litres en Autriche), ce vin rouge se goûte fort bien jeune, mais on sent un vrai potentiel de garde.


Morgon Côte de Py James 2007 – J.M. Burgaud à Morgon


Le nez est discret et pur avec des notes de fraise mûre et d’épices, complétées par un fond délicatement floral, la bouche est vive et tendue avec une trame tannique profonde et une belle persistance en finale.
Un pirate facilement démasqué par Florian : la puissance de sa charpente et la longueur finale dénotaient franchement avec la série.
Ceci dit, malgré une année de moins au compteur, ce vin semblait nettement trop jeune pour donner toute sa mesure aujourd’hui. La rondeur du 2006 goûté quelques jours plus tôt aurait mieux tenu son rôle d’invité surprise.


Blauer Burgunder 2008


Le nez est intense avec de la framboise, un léger fumé et même un peu de miel, la bouche est ronde et fruitée, la finale est longue et finement acidulée..
Un pinot noir élevé en foudres, à la robe diaphane mais avec un équilibre tonique et une belle présence en bouche



p 042
La série rouge au complet




Pour conclure :

- Les vins rouges autrichiens représentent une production encore marginale dans ce pays (les blancs représentent près de 80% de l’encépagement) mais les quatre cuvées dégustées ce soir nous ont laissé une impression de vins très bien travaillés, plaisants et faciles d’accès dès leur plus jeune âge.


- L’utilisation quasi-systématique de bois dans les élevages peut surprendre mais ne dérange pas à la dégustation. Cependant la question du comportement de ces vins dans le temps reste ouverte...


- Le seul bémol reste le prix de ces vins : ces cuvées de moyenne gamme se situent toutes au dessus des 12 euros, ce qui les met en concurrence avec des crus qui leur sont supérieurs à mon sens : entre un Blau Burgunder à 14 euros et un Pinot Noir Côte de Rouffach de Rieflé à 11 euros ou un Givry… il n’y a vraiment pas photo !


- Pour le coup de cœur : hormis le Burgaud, qui après une bonne oxygénation s’est révélé vraiment au dessus du lot, j’ai une nette préférence pour ce Vier Eimer Fass, complet et séveux, qui a copieusement arrosé mes agapes post-glisse dans ma villégiature autrichienne.




Deuxième série : verticale de Gondonne.

Le domaine Goisot est l’adresse incontournable de l’appellation Bourgogne Côtes d’Auxerre et La Gondonne est un des 3 climats sélectionnés par la maison pour élaborer leurs cuvées prestige.
La Gondonne est une parcelle calcaire de 1,2 hectares avec des vignes de chardonnay de plus de 40 ans, travaillées en bio-dynamie.
Les vins se font à la bourguignonne avec fermentation et élevage sur lies fines pendant 12 mois en barriques de chêne.


2007

Un premier nez intense sur l’abricot cède assez vite la place à une palette plus complexe où on reconnaît des nuances florales, du fenouil et un léger boisé, la bouche est serrée avec un équilibre sec et une belle présence minérale. La finale est de longueur moyenne.
Un vin séduisant avec une touche racée déjà bien définie…une entrée en matière tout à fait réussie !


2006

Le nez est posé, complexe, simplement beau, où quelques notes de caramel assez fugaces cèdent très vite la place à un fruité très pur (mandarine) avec une touche de vanille, la bouche est ample, gras et vivacité se répondent parfaitement, la finale est longue et puissamment minérale.
Une cuvée qui laisse une belle sensation de plénitude, la matière est conséquente mais le terroir calcaire parle fort et bien en apportant tension et salinité.

 


2005

Le nez surprend par une attaque sur des notes assez envahissantes de champignon blanc, par la suite cette sensation peu agréable s’estompe mais l’olfaction reste marquée par des nuances très végétales. La bouche est charpentée avec une belle matière, une acidité puissante, mais les saveurs végétales dominent toujours. La longue finale est un peu plus plaisante avec de fines notes de menthol.
Un vin bizarre qui possède une belle structure mais dont le registre aromatique pose vraiment problème : une déception d’autant plus grande que l’on perçoit facilement les constituants d’un beau vin.


2004

La Suze et d’autres notes vraiment moins avenantes (moisi, serpillière humide) rendent ce nez peu engageant, la bouche possède une belle matière, la finales est intéressante avec des notes de silex et de fumée, mais le milieu de bouche reste irrémédiablement pollué par ce faux goût.
Une nouvelle déception, que la particularité du millésime ne suffit pas à justifier…la bouteille semble vraiment défectueuse…Dommage !


2003


Le nez est intense et gourmand avec de belles notes d’agrumes confits, la bouche est opulente, le gras est très présent, l’acidité très mûre s’installe progressivement et marque une belle finale bien ouverte et fraîche.
Encore un bel exemple d’effet millésime sur un vin, mais là le résultat final est bien plus positif : cette bouteille est quelque peu atypique mais se laisse boire avec un énorme plaisir.


2002

Le nez est discret, d’une grande complexité et d’une race évidente, les registre est floral et minéral (évocations pierreuses, silex), l’attaque en bouche est assez douce mais le gras et l’acidité s’amplifient progressivement. La finale est fraîche et marquée par des notes de silex.
J’aime beaucoup ces cuvées qui prennent le temps de se poser : nous avons ici un bel exemple de vin qui chuchote mais dont le message du terroir est fort et sincère.


2000

Le nez s’ouvre sur des notes de réduction assez fortes, qu’une légère aération dissipera au profit d’une palette complexe évoluant entre arômes floraux et arômes fruités, la bouche offre une impression de plénitude bien équilibrée avec une finale longue et finement saline.
Un vin qui offre au dégustateur l’expression aboutie d’un cru arrivé à maturité et qui se livre avec facilité... Ne boudons pas notre plaisir, buvons !

 


p 041  
Les blancs classés du plus ancien au plus jeune… 

 


Pour conclure :

- Ce fut une série très intéressante à plus d’un titre : j’ai pu participer à une dégustation verticale, exercice que je trouve particulièrement intéressant et formateur, et j’ai découvert une appellation et un domaine dont j’avais beaucoup entendu parler mais dont je n’avais goûté que très peu de vins jusqu’ici.


- Si on excepte les 2 flacons visiblement défectueux, ces Gondonne sont de très beaux vins de terroir qui résistent bien face au temps en interprétant les millésimes avec beaucoup de subtilité.


- Pour les coups de cœur mon choix se porte sur 2 bouteilles : le 2006, plein de vivacité et de fraîcheur et le 2002 qui exprime profondément son terroir. Accessible dans sa jeunesse et très beau à maturité… la signature d’une belle cuvée sans aucun doute !


- Notons enfin que cette Gondonne, proposée dans une luxueuse bouteille, se vend à moins de 11 euros au domaine, ce qui place incontestablement ce cru au rang des excellents rapports Q/P du vignoble bourguignon.


Merci à Lionel pour son accueil et à Stéphane pour les bouteilles.

Repost 0
5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 08:07

p 010


Soultz les Bains, Wolxheim et ses carrières, la capitale alsacienne et sa cathédrale au loin...

 


Muscat 2008 – Rieflé à Pfaffenheim

Robe : jaune très pâle avec des reflets argentés.
Nez : suave et aérien avec des notes florales très printannières.
Bouche : sec et savoureux, le vin s’épanouit en livrant de beaux arômes classiques de sureau, la finale est ample et de belle longueur.
Un muscat assez fringant au nez mais qui se révèle racé et classieux en bouche. A siroter à l’apéritif évidemment mais je pense que ce joli vin se tiendra parfaitement à table.


Riesling Côte de Rouffach 2007 – Rieflé à Pfaffenheim

Robe : jaune pâle avec des reflets métalliques.
Nez : discret mais très pur et très profond, avec de belles notes citronnées.
Bouche : la structure est très belle avec beaucoup de gras, une acidité large qui envahit le palais et un fruité sur les agrumes qui s’épanouit progressivement. La finale est légèrement épicée, saline à souhait et d’une longueur étonnante.
Un très beau riesling récolté sur une parcelle au bas du G.C. Steinert, qui surprend par sa présence en bouche, minéralité et persistance de très haut de gamme !

 


Gewurztraminer G.C. Saering 2001 – Dirler-Cadé à Bergholtz

Robe : jaune intense avec une texture épaisse.
Nez : une réduction discrète mais tenace brouille un peu la palette agréable par ailleurs avec de très belles notes de fruits mûrs (abricot, litchi, mangue…) et d’épices douces.
Bouche : l’attaque est souple, la matière est ronde et relâchée, les arômes se complexifient avec la violette, la réglisse et de discrètes nuances minérales qui s’invitent en finale.
Un gewurztraminer subtil et élégant avec un profil aromatique très complet, malgré un léger manque de pureté qui, à mon sens, le prive du statut de grand vin.


Riesling G.C. Kastelberg 2003 – Domaine des Marronniers à Andlau

Robe : jaune moyen avec des reflets argentés.
Nez : complexe et frais il s’ouvre sur des notes d’agrumes, allant du zeste jusqu’au fruit frais puis évolue en se complexifiant avec des nuances de sauge.
Bouche : l’attaque se passe en douceur, l’ensemble possède une rondeur délicatement acidulée, l’acidité et la minéralité s’imposent lentement et s’étirent vers la finale. La persistance reste moyenne.
Ce riesling est plaisant et flatteur sans aucun doute mais on ne sent pas vraiment de personnalité affirmée au bout du compte. Effet millésime ou vin qui cherche encore son équilibre, la question reste ouverte…


Pinot noir 2003 Rouge de Marlenheim – Barriques – R. Fritsch à Marlenheim
 
Robe : grenat, brillant et moyennement intense avec des nuances orangées sur la frange.
Nez : discret et pur, il s’ouvre sur la pêche de vigne et l’amande, la violette s’invite après aération.
Bouche : la structure est riche et intensément aromatique, la texture est soyeuse, le gras est évident mais la finale finement tannique, acidulée et légèrement boisée laisse une belle impression de fraîcheur.
Une très belle matière qui a eu besoin de temps pour se livrer pleinement. Dense et concentré dans sa jeunesse, ce pinot noir s’est teinté d’élégance et de noblesse après quelques années de garde. Un beau vin rouge alsacien !



 

Riesling G.C. Altenberg de Wolxheim 2007 – Lissner à Wolxheim

Robe : jaune clair avec des reflets métalliques.
Nez : discret, pur et complexe sur un registre très floral complété par des notes de romarin pour finir sur des évocations pierreuses.
Bouche : la structure magnifique associe le gras et une trame acide assez tranchante, le milieu de bouche révèle de beaux arômes de sucre d’orge et de bergamote et la longue finale s’enrichit encore avec citron et romarin.
Un très grand riesling qui commence à donner la mesure de son potentiel… et je pense que l’on est encore loin du compte…

Repost 0
23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 16:50



Le soleil est de retour sur les coteaux de la Couronne d’Or, les arcures sont bien en place, sur les parcelles exposées au sud on voit pointer les premières feuilles…bref c’est le moment idéal pour le promeneur œnophile d’aller s’oxygéner sainement sur les pentes du vignoble alsacien.



Photo 001-copie-2 

L’Altenberg de Wolxheim

 

 

Photo 004-copie-1 

Une partie de l’Engelberg


 

 

Photo 003-copie-1 

Un peu de philosophie sur le sentier viticole de l’Altenberg de Wolxheim

Repost 0
22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 08:52


Le hasard a voulu que quelques jours après notre dégustation de vins blancs autrichiens (CR ICI), je me retrouve dans ce beau pays pour un séjour dans un hôtel du Stubaital.
Je vous ai déjà parlé de l’Autriche LA : l’exceptionnelle qualité de leurs prestations hôtelières force l’admiration et le niveau de certains de leurs vins peut surprendre chaque amateur.

La neige de printemps est exceptionnelle sur le glacier du Stubai, la météo est super et l’Hôtel Edelweiss nous bichonne…je ne suis pas sûr de déguster de façon complètement objective mais bon…


p 005
Le glacier vu de l’hôtel

 

p 012 
Le paradis de la glisse


Bon, assez rêvé, passons aux choses sérieuses et revenons au sujet qui nous intéresse et nous rassemble sur cet espace. L’Autriche n’est pas qu’un pays de ski et de skieurs, on y trouve des vignobles magnifiques, des vignerons de haut vol et des espaces de ventes dignes des plus belles régions viticoles.


t1 

La vinothèque de Neustift im Stubaital


On y rencontre aussi des amateurs érudits et cultivés comme Ernst, notre sommelier avec qui j’ai eu le plaisir de partager de beaux moments autour de la chose vinique, notamment une passionnante séquence de dégustation au bar de l’hôtel avec 2 grandissimes bouteilles de F.X. Pichler comme point d’orgue.

Voici le report des quelques notes prises durant ce séjour :



Zweigelt Fuchsloch Barriques 2007 – G. Tschida à Apetlon (BURGENLAND)


Le nez est sur les fruits rouges avec un léger fumé, la bouche est souple et gourmande avec un fruit intense et un joli gras, la finale est fraîche et discrètement boisée.
Un vin rouge simple mais terriblement bien conçu, issu d’un terroir situé près de la frontière hongroise et vinifié par G. Tschida. Le zweigelt est un cépage typiquement autrichien issu du croisement entre le blaufrankisch (apparenté au gamay) et le saint Laurent (apparenté au pinot noir).


Imperial 2OO7 – Schloss Halbturn à Halbturn – (BURGENLAND)

Le fruité est pur et précis avec beaucoup de fruits noirs (mûre, myrtille), quelques notes de torréfaction et de tabac complètent cette palette raffinée, la bouche est volumineuse et donne une impression de rondeur malgré une mâche tannique conséquente, la finale est longue et finement réglissée.
Cette cuvée est produite par un assemblage de cabernet sauvignon, de cabernet franc, de merlot et de blaufränkisch récoltés sur un terroir de graves rouges et de sédiments calcaires et élevés 14 mois en barriques bordelaises.
Ce vin est gourmand et frais mais sa belle structure laisse présager un très beau potentiel de garde.



Harterberg 2006 – L. Aumann à Tribuswinkel (THERMENREGION)

Le nez est direct, intense et immédiatement charmeur avec des notes torréfiées qui font rapidement place à des arômes de cerise noire et d’épices, après aération on décèle quelques nuances florales très élégantes, la bouche est soyeuse et bien juteuse avec des tanins souples en finale, la longueur est moyenne mais offre une beau retour fruité sur la cerise.
Issu d’un assemblage de 40% de cabernet sauvignon de 40% de merlot et de 20% de Zweigelt et élevé 20 mois en barriques neuves, ce vin étonne et séduit par sa charpente solide mais tout en rondeur et son incroyable richesse aromatique.


t1 (1)
Mon tiercé gagnant en rouge…


Grüner Veltliner Smaragd 2006 – F.X. Pichler à Loiben (WACHAU)

Le nez possède un fruité puissant sur la pêche jaune et l’abricot puis quelques évocations florales discrètes viennent compléter cette palette très pure (et pourtant le millésime…en France du moins !), la bouche est somptueuse d’ampleur et de gras, le fruit reste présent mais le poivre fait son apparition et marque la longue finale qui laisse une belle impression de fraîcheur.
Noté 94/100 par David Schildknecht, ce vin est un modèle de richesse et d’équilibre, il se goûte sec mais possède une rondeur qui le rend terriblement séduisant. Un cru immense qui se livre sans chichis avec une belle authenticité.

Riesling Smaragd 2004 – F.X. Pichler à Loiben (WACHAU)

Le nez s’ouvre sur quelques notes terpéniques qui font rapidement place à un fruité pur et gourmand sur la pèche blanche et le miel de forêt, la bouche est suave, l’équilibre est sec mais la structure est bien déliée, la vivacité revient en finale pour laisser une belle impression de fraîcheur et de profondeur.
Un vin exceptionnel à plus d’un titre…attention, je vais sérieusement m’écorcher la bouche : « C’est l’un des meilleurs riesling qu’il m’ait été donné de boire sur ce millésime ! » Que dire de plus !


PichlerSign250 

La Romanée Conti autrichienne d’après R. Parker…

 

Pour conclure :

- Comme je l’ai déjà évoqué plus haut, je ne suis pas forcément objectif sur ce sujet mais il faut se rendre à l’évidence : le vignoble autrichien est riche de nombreux terroirs remarquables et de grands domaines mondialement reconnus (Pichler est comparé aux plus grands domaines français par la critique internationale) qui pratiquent une viticulture de très haut niveau.


- Les vins rouges que j’ai pu goûter jusqu’ici m’ont particulièrement séduit par leur équilibre et leur grand pouvoir de séduction.


- Les 2 blancs commentés ci-dessus sont sans aucune comparaison avec les vins dégustés lors de la session AOC relatée ICI…pour faire court : ce Riesling et ce Grüner Veltliner font partie de mes grandes rencontres viniques de ces dernières années !


- La question du vieillissement de ces cuvées reste ouverte, je n’ai pas encore goûté de vieux rouges ou de vieux blancs autrichiens, mais avec des vins jeunes aussi complets, on ne peut qu’être confiant…


- Le seul bémol se situerait au niveau des tarifs : la gamme basique des vins rouges se situe autour de 10 à 12 euros mais certaines cuvées peuvent s’envoler rapidement au dessus de 30 euros. Pour les blancs de Pichler on est autour de 50 euros la quille, mais bon, ces vins sont réservés d’une année à l’autre par les amateurs du monde entier… tout va bien !

Repost 0
17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 11:02

LE STEINERT SELON…

 

C’est en me promenant parmi les stands des vignerons invités à Strasbourg pour la « Présentation des Grands Crus 2009 » que j’ai croisé Jean-Claude Rieflé et que j’ai pu apprécier quelques uns de ses vins dont un superbe riesling issu d’un terroir que je n’avais que très peu goûté jusque là…


La huitième étape de mon tour d’horizon des grands crus alsaciens était toute trouvée : ce sera Pfaffenheim et son fameux Steinert.


 Photo 040
Pas de doute… c’est bien là !



Bien des choses ont déjà été écrites sur ces terroirs et un angle d’approche original et intéressant est à priori difficile à définir…mais je vais quand même essayer de relever le défi.
Je vous propose de me suivre dans mes ballades personnelles avec un peu de théorie (le socle nécessaire à une bonne compréhension), des documents photographiques et surtout des rencontres avec les vignerons qui travaillent dans ces parcelles classées.
Bon, ça je l’avais déjà dit…mais c’est pour les nouveaux.


La plus grande partie de ce Grand Cru se trouve sur le ban communal de Pfaffenheim, un beau petit bourg viticole (1300 habitants) situé à quelques kilomètres au sud de Colmar, au bord de la RN 83 qui traverse l’Alsace du nord au sud.

 

 Photo 001

 


Comme très souvent en Alsace, ce village d’apparence si paisible a pourtant une longue histoire intimement liée à deux éléments fondamentaux : la religion et la vigne.

 

Photo 015

 
Vue sur Pfaffenheim à partir des pentes du Steinert.




La Table des Druides, un dolmen situé à proximité du village est un vestige dont la présence accrédite les thèses actuelles qui attribuent des origines celtes à Pfaffenheim.

 

 5-picture2


La table des druides



Pfaffenheim doit son nom, Papanheim, puis Pfaphinheim en 1186, Phaffinheim en 1264 ou encore Pfaffinheim en 1278, à cette présence permanente de religieux et d’institutions ecclésiastiques dans son environnement proche : même si l’orthographe change le préfixe "Pfaffe" est d’origine allemande et signifie "prêtre".


 

Photo 005


Taillé dans le grès de la fontaine du centre village, le blason de Pfaffenheim : une croix latine sur une demi-sphère, symbole de l’omniprésence de la religion dans l’histoire de cette commune.

 


A partir du haut Moyen-âge de nombreuses terres et propriétés de Pfaffenheim sont détenues par des institutions religieuses comme le couvent Unterlinden de Colmar, le monastère de Murbach ou l’évêché de Bâle. Par la suite c’est le Haut-Mundat (le Mandat Haut) de l’évêché de Strasbourg qui s’octroie la gestion de ce village en nommant un bailli chargé d’en administrer les biens.
Durant le moyen-âge, bien que fortifiée, cette citée prospère fut mise à sac à plusieurs reprises : qui dit richesse, dit convoitise et Pfaffenheim a payé chèrement cette prodigalité de la nature. Le village fut détruit à quatre reprises entre le XIV° et le XVII° siècle, si bien que, malgré la richesse de son histoire, Pfaffenheim ne dispose que de très peu de vestiges de son passé : les 3 châteaux qu’il y avait dans le village au XV° siècle ont tous disparu sans laisser de traces.
A la fin du XVII° siècle Vauban fit creuser un canal entre Pfaffenheim et Neuf-Brisach pour acheminer les matériaux nécessaires à la fortification de cette cité : le calcaire pour la pierre de taille et la chaux, le grès et même le bois qui ont servi à transformer Neuf-Brisach en place forte imprenable provenaient en grande partie des environs de Pfaffenheim, notamment de la montagne de Hohenberg.

 

Photo 039


Sur le Hohenberg, les anciennes carrières de grès où la nature a repris ses droits.

 

 

 

Photo-050.jpg


La carrière de calcaire du Schiffweier, où débutait le canal vers Neuf-Brisach

 


Mais la richesse première de Pfaffenheim a de tous temps été liée à la vigne, qui occupe aujourd’hui encore la plus grande partie des terres de la région et qui constitue l’activité principale de plus d’un tiers des habitants de ce village.

 

Photo 019

 
Pfaffenheim…île perdue dans une mer de vignes.

 


Pfaffenheim possède plusieurs monuments et sites historiques remarquables :

- l’église Saint Martin dont le chœur datant du XII° siècle constitue une référence architecturale de la transition roman-gothique en Alsace.

 

Photo 002 


L’église Saint Martin et son chœur du XII° siècle.


 

- le pèlerinage du Schauenberg, une chapelle fondée au XV° siècle sur un des nombreux haut-lieux vibratoires du massif vosgien, qui fut restaurée à partir de 1860 et qui accueille de plus en plus de visiteurs et de pèlerins.

 

Photo 022


La chapelle du Schauenberg au loin, dans la forêt au dessus du vignoble.

 

 

Photo 036


A proximité de la Chapelle de N.D. du Schauenberg : la montée est sévère mais la vue sur la plaine d’Alsace est belle (les initiés auront reconnu le coteau du Hatschbourg au loin).

 



Dans le village, le promeneur curieux pourra admirer les nombreuses maisons typiques de vignerons, dont certaines datent de la Renaissance.


Photo 004  

Anciennes maisons vigneronnes, au centre du village.


Aux alentours
, le promeneur plus sportif pourra se faire plaisir en arpentant les multiples sentiers balisés par le Club Vosgien.


Photo 033
 
Sur le sentier des calvaires, des écoliers nullement impressionnés par le « Teufelstein », un rocher où le diable aurait laissé des traces de griffes…


Le promeneur oenophile aura la possibilité de découvrir le vignoble de Pfaffenheim en empruntant son sentier viticole (autour du Grand Cru) et en se rendant dans l’un des nombreux caveaux de dégustation tenus par des vignerons indépendants ou dans la belle Cave Coopérative qui a longuement œuvré pour la défense des vins de cette région.


Photo 027  

Le sentier viticole en haut du Steinert.

 

 

 

Photo 042
 
Exemplaire et incontournable, la cave coopérative.






Le Grand Cru Steinert se situe sur les flancs du Schauenberg au milieu d’un paysage viticole où les lieux-dits réputés rivalisent de qualité.
Situées au sud du ban communal de Pfaffenheim les vignes du Steinert couvrent une surface totale de 38,9 hectares entre 245 et 348 mètres d’altitude.

 

Steinert

 

Les parcelles sont orientées sud/sud-est et sont les plus abruptes du vignoble de cette commune. Elles s’organisent en paliers successifs en suivant les saillies calcaires de cette pente escarpée et très pierreuse. Le nom du grand cru fait directement référence à cette présence de pierres dans le sol : Steinert vient de l’allemand Stein qui se traduit par pierre.

 

Photo 013  

Des parcelles dans la partie basse du Steinert



Sur le plan géologique ce Grand Cru fait partie de la famille des terroirs calcaires, avec des sols secs, filtrants et très homogènes. La roche mère est composée de calcaire jaune oolithique du Dogger. Une matrice argileuse recouverte d’éboulis pierreux, dont l’épaisseur varie en fonction de la situation des parcelles, constitue la couche superficielle du Grand Cru : le calcaire affleure à certains endroits en haut du Steinert alors qu’on trouve plus d’agile et plus de pierres dans les parcelles en bas du coteau.
Serge Dubs identifie le Steinert comme « l’un des terroirs alsaciens le plus proche des grands terroirs à blanc de Bourgogne ».

 

Photo 012

 
Un pied de vigne sur une parcelle du bas du Steinert : beaucoup de cailloux et de l’argile

 

 

 

Photo 028


Un pied de vigne sur en haut du Steinert : la roche mère dégradée en fragments de calcaire.



La vigne pousse sur des sols raides et caillouteux mais bien exposés : orientées vers l’est les parcelles Steinert profitent des premiers rayons du soleil matinal et la chaleur accumulée dans les éboulis pierreux assure ensuite une maturation homogène des raisins jusqu’à la tombée du jour.


Photo 018  

Une parcelle dans le haut du secteur sud du Grand Cru

 

Sur le plan historique, la qualité du Steinert est repérée et reconnue dès le XII° siècle : à croire que les puissantes forces telluriques ressenties sur la montagne du Schauenberg et l’énergie mystérieuse de ces pierres du Steinert ont constitué un pôle d’attraction pour les vignerons de cette époque. Par la suite, les abbayes de Lautenbach, de Colmar, ou de Bâle, les chevaliers teutoniques de Rouffach et les princes évêques de Strasbourg y ont revendiqué des possessions et s’enorgueillissaient  de pouvoir servir à leur table les vins puissants et capiteux produits sur ce coteau.  
Depuis ce temps  jusqu’à nos jours, la viticulture s’est toujours maintenue comme activité principale à Pfaffenheim, si bien qu’avec ses 300 hectares de vignes cultivées, ce village figure aujourd’hui parmi le peloton de tête des communes viticoles alsaciennes. Une belle leçon de persévérance !

 

545px-Blason de la ville de Pfaffenheim (68)


Au niveau de la viticulture
, le Steinert est d’abord renommé pour sa capacité à produire des vins de grande qualité avec une régularité surprenante. La géologie et le microclimat particulier  de ce Grand Cru offrent aux vignerons consciencieux, la possibilité de réussir leurs vins dans chaque millésime.
Le gewurztraminer et le pinot gris sont encore dominants sur le Steinert mais le riesling gagne de la surface depuis quelques années : ce cépage que les anciens déconseillaient sur ce terroir a montré durant ces dernières décennies qu’il pouvait générer des vins de dentelle, à la pureté cristalline, capables de se hisser à la hauteur des plus grands.
Les pratiques culturales semblent relativement homogènes, l’enherbement est généralisé mais le travail du sol est encore très différent d’une parcelle à l’autre.


Photo 030  

L’herbe est présente partout mais le travail du sol varie d’une parcelle à l’autre

 
Photo 029

 

Pour optimiser l’équilibre hydrique de la plante et permettre l’assimilation des substances minérales sur ce terroir chaud et très pauvre, les vignerons ont choisi de privilégier des porte-greffe peu vigoureux et peu productifs, résistants au calcaire actif et à la sècheresse. Comme pour tout grand vin, la réussite passe d’abord par des choix judicieux de pratiques viticoles et par un contrôle sévère des rendements. Les maturités doivent être dosées avec justesse car comme l’affirme Michaël Moltes « il faut éviter que le sucre se concentre et gomme la minéralité dans le gras et la puissance accumulée dans la pulpe ».
Pour les vignerons du Steinert la position est claire : dans un Grand Cru, la fidélité au terroir implique la conception de vins de pierre plutôt que de vins de fruits.

Les vins du Steinert jouent souvent sur le registre de la finesse et demandent quelques années de garde pour dompter quelque peu l’énergie de leur jeunesse souvent tumultueuse.
Les rieslings sont frais et floraux, les gewurztraminer ont une palette aromatique complexe et les pinots gris ont une structure dense et grasse qui peut faire penser à celle d’un grand blanc de Bourgogne, surtout après quelques années de vieillissement.

Est-ce ici que je vais me rabibocher avec les vins de ce cépage ???

 

 

 

…JEAN CLAUDE RIEFLE

 
Photo 025
 


La famille Rieflé est très profondément enracinée en Alsace : la maison de vigneron datant de 1609 et située au centre de Pfaffenheim est encore habitée par les parents de Jean Claude Rieflé.
La tradition viticole établie depuis 1850 s’est poursuivie jusqu’à nos jours pour aboutir à cette structure moderne et performante située à l’extrême sud du village, au pied du Grand Cru Steinert.


Photo 024
 
Le domaine Rieflé au pied du coteau du Steinert

 


Jean Claude me reçoit dans le magnifique caveau de dégustation du domaine et se prête avec franchise et pertinence au jeu des questions-réponses sur le sujet du jour.


Photo 038  

Le caveau du domaine Rieflé, chaleur et convivialité.

 

 

Comment définir ce terroir ?

« Le Steinert est un terroir très chaud, très sec, solaire », exposé de façon très homogène à l’est et protégé des phénomènes aérologiques par le double verrou du Schauenberg et du massif vosgien. La roche mère est constituée de calcaire oolithique très dur et la couche arable argileuse est mélangée à de nombreux fragments calcaires, d’où le nom « Steinert » qu’on peut traduire par « pierrier ».


Quels sont les cépages les mieux adaptés ?


« Le gewurztraminer et le pinot gris sont les alliés naturels de ce type de terroir, ils dominent aujourd’hui encore sur ce Grand Cru ». Il y a un peu de muscat (« Pierre Frick y cultive une parcelle ») et le riesling se révèle de plus en plus comme un excellent révélateur du Steinert : « la générosité issue du terroir et la trame acide du cépage peuvent s’associer pour construire un grand vin ».
Ceci dit, Jean Claude Rieflé n’hésite pas à le prôner haut et fort : « Le Steinert est avant tout un terroir propice aux assemblages »… un choix revendiqué et assumé par les membres de la Gestion Locale du Grand Cru, qui n’ont pas hésité à proposer cette pratique dans leur document sur la spécificité du Steinert. On y préconise un assemblage sur moût comprenant au minimum 50% de Gewurztraminer ou de pinot gris.



Quels caractères spécifiques ce terroir transmet-il aux vins ?


« Les vins du Steinert sont puissants, massifs, très riches et rarement secs », les raisins botrytisent très peu mais la surmaturité est très fréquente sur ce coteau. L’acidité est moyenne mais le calcaire apporte une belle fraîcheur à tous les cépages. Le profil aromatique est épanoui et complexe avec des notes fruitées, fleuries et légèrement épicées. « Si on devait définir un marqueur, ce serait la présence d’arômes mentholés qui apparaissent très régulièrement sur les rieslings et les gewurztraminers ».


Quelles perspectives pour ce terroir ?


Il y a la Cave Coopérative et 3 domaines (Frick, Moltès et Rieflé) qui se sentent vraiment concernés par la promotion du Grand Cru… c’est peu, mais pas surprenant lorsqu’on sait que plus de la moitié des parcelles du Steinert ne sont pas revendiquées pour l’appellation Alsace Grand Cru.
La Gestion Locale du Steinert (comme le syndicat viticole de Pfaffenheim d’ailleurs) fonctionne grâce à la motivation de ce petit groupe de vignerons convaincus de la qualité de ce terroir. Les caractéristiques spécifiques des vins issus du Grand Cru ont été définies et la nécessité de privilégier les assemblages est clairement évoquée sur le document de synthèse.
« Dans très peu de temps on trouvera sur le marché des rieslings du Languedoc ou d’ailleurs à 1euro50 la bouteille…nous ne pourrons plus communiquer sur le cépage »
« Nos terroirs ne sont pas délocalisables, ce sont les éléments fondamentaux qui nous permettrons d’affirmer l’identité de nos vins à l’avenir ».

 
Voici une position tranchée qui ne manquera pas d’alimenter la polémique dans le vignoble alsacien !


Les vins du domaine : quelle conception ?


Le domaine Rieflé dispose de 8,5 hectares de vignes en propriété propre mais la surface totale en production est presque triplée lorsqu’on prend en compte une activité de négoce. Pour augmenter son volume et sa gamme de vins Jean Claude Rieflé achète le raisin, pour l’essentiel chez le cousin qui a hérité d’une partie importante du domaine familial lors de la séparation de biens en 2003.
« Je produis des vins issus de parcelles que je connais très bien »
Sur le Steinert le domaine possède 2 ha plantés de 45% de pinot gris, 45% de riesling et 10% de gewurztraminer.

Au niveau des vignes,
c’est le fils Thomas, 21 ans, qui assume la responsabilité de chef de culture.
Formé au domaine Schlumberger et sensibilisé aux méthodes biologiques et bio-dynamiques, ce jeune homme est bien décidé à faire évoluer sa viticulture dans ce sens. La récente acquisition d’une machine inter-ceps permettra le passage progressif au travail intégral du sol et la fin de l’utilisation d’herbicides au niveau du cavaillon. Jean Claude Rieflé approuve tout en gardant les pieds sur terre : « le bio est devenu un argument de communication c’est indéniable, mais il faut reconnaître que les vins produits avec ces méthodes sont souvent plus purs et plus proches de leur terroirs ».
« Ceci dit, il ne faut rien précipiter, il y a des méthodes de travail à changer, des coûts en temps et en matériel à assumer et une clientèle à éduquer ».
Pour l’heure, les parcelles sont enherbées et labourées 1 rang sur 2, avec une densité de plantation 4500 pieds/ha. Les vendanges s’étalent sur 5 semaines et se terminent par les parcelles du Grand Cru avec des maturités généralement très fortes. Les raisins arrivent entiers au pressoir et passent si nécessaire sur table de tri « J’ai acheté cet outil après 2006 (étonnant !)…depuis elle n’a servi que pour les pinots noirs »


 Photo 044

Le pressoir et la table de tri

 

 

Les vinifications sont traditionnelles en foudres bois où en cuve inox ; le choix du contenant se fait en fonction du volume « le Grand Cru se retrouve souvent dans les foudres pour des raisons pratiques (les volumes correspondent), car même si personnellement j’aime le bois, je suis persuadé que pour réussir un bon vin, le contenant n’a que peu d’importance, c’est la qualité des raisins qui est déterminante ».


Photo 046  

La cave à foudres du domaine en pleine opération de nettoyage-détartrage.

 


Les fermentations malo-lactiques se font sur certaines cuvées : « souvent sur les pinots gris du Steinert, mais cela ne pose aucun problème ».
Les vins du Grand Cru et des Côtes de Rouffach sont élevés sur lies fines avec 2 à 3 remontages, jusqu’au mois d’avril : « la présence de SR dans la plupart de nos vins nous imposent des mises assez précoces ».

Le domaine produit 270000 bouteilles par an et exporte plus de 60% de ses vins principalement au Canada, dans les pays nordiques mais également au Japon, aux Etats Unis… c’est d’ailleurs, avec la Cave Coopérative, le plus gros exportateur de Grand Cru Steinert dans le monde. Une belle référence !


Photo 041  

Le Domaine Rieflé, au pied du Steinert.

 

 

 

Et dans le verre ça donne quoi ?

 

p 013


 
Riesling Steinert 2007 : le nez est pur et très élégant avec des notes de citron et de chlorophylle, en bouche, l’attaque est pointue, l’acidité est franche et très longue avec une matière riche et concentrée. La finale possède une grande salinité et une longueur étonnante.
Une olfaction discrète qui contraste avec une structure très puissante mais très bien équilibrée. Une très belle réussite !

Riesling Steinert 2006 : le nez est ouvert et expressif sur les fruits blancs et le sucre de candi, la bouche est séduisante avec une acidité bien enrobée par une matière riche qui laisse une belle impression de gras, la finale est longue te saline.
Une belle pureté et une structure opulente sur un millésime difficile. Bravo !


Gewurztraminer Steinert 2007
 : le nez est suave sur la rose et les épices, la bouche est onctueuse, grasse et opulente et la finale poivrée et mentholée laisse une belle impression de fraîcheur.
Un cépage généreux, un terroir solaire et une année chaude…personne ne sera surpris par la richesse de ce vin mais son équilibre en bluffera plus d’un.

Pinot Gris Steinert 2008 : le nez est aérien et d’une grande pureté avec un fruité délicat, la bouche est opulente avec beaucoup de gras et un fumé qui s’impose progressivement. La finale est longue et puissamment saline.
Un très beau cru dans la force de la jeunesse et avec de très belles perspectives d’avenir. Une quille à mettre en cave pour célébrer la prochaine décennie.

Pinot Gris Steinert 2007 : le nez est ouvert, intense et d’une belle complexité, maturité et fruité livrent des notes de fruits exotiques et de miel, la bouche possède une matière riche (56 g de SR) mais l’équilibre reste tonique grâce à une acidité bien présente (7g) qui s’installe progressivement pour soutenir cette structure puissante jusque vers cette finale très longue que l’extrême salinité rend presque tannique.
Un Steinert archétypique avec sa richesse et sa puissance hors normes. Issu de raisins très mûrs sans botrytis (mais avec un passerillage sur beaucoup de grappes) ce vin impressionne par son équilibre et son énergie. Une belle claque !

Pinot Gris Steinert 2005 : le nez est très gourmand avec des arômes de fruits jaunes (abricot frais notamment), la matière est d’une rondeur bonhomme, la palette suave et élégante flatte le palais et la finale fumée et très minérale nous rappelle le cépage et la race du terroir.
Un Steinert qui a atteint sa vitesse de croisière, comme le suggère J.C. Rieflé, après la fougue peu commune du 2007, voici un cru apaisé plein de classe et de race.

Cuvée S 2008 : le nez est subtil et complexe avec des notes florales et légèrement citronnées, la bouche possède une matière généreuse et charnue, peut-être encore un peu déstructurée, la finale est belle, tendue et fraîche, elle possède une longueur aromatique qui révèle la noblesse de l’extraction.
45% de pinot gris, 45% de riesling et 10% de gewurztraminer issus du Grand Cru et assemblés sur moût pour ce vin en devenir (mieux goûté l’automne dernier à Strasbourg) dont les caractéristiques révèlent le potentiel d’un très grand vin. Une sorte d’acte fondateur et militant de J.C. Rieflé pour la typicité du Steinert..

Côte de Rouffach 2008 
: le nez est subtil, sur un registre floral, la bouche est tendue avec un caractère très viril, la finale est belle et révèle des notes de citron et un fumé délicat.
Un assemblage de 45% de pinot gris, 35% de riesling et 20% de gewurztraminer vendangés sur des parcelles situées sous le Grand Cru, révélant un très beau potentiel : la belle acidité caractéristique de ce millésime et la matière riche issue du terroir… tout ce qui faut pour réaliser un grand vin.

Pinot Noir Côte de Rouffach 2008 : le nez séduit d’emblée avec de belles notes de fruits rouges et un léger fumé, la bouche est superbement structurée avec toujours beaucoup de fruit, des tannins fins et serrés et une finale très fraîche.
Issu d’un coteau calcaire et caillouteux entre Pfaffenheim et Rouffach, dans le prolongement du Steinert mais orienté au nord, ce pinot noir,repéré récemment par la RVF, est simplement splendide.

 

p 014  

 

Pour conclure, un petit bilan sur cette huitième expérience de visite approfondie d’un terroir Grand Cru (attention je risque de me répéter…) :


-    Une fois de plus, j’ai pu vérifier que la convivialité et la disponibilité des vignerons alsaciens ne sont pas une légende.
Encore mille mercis à Jean Claude Rieflé pour son accueil.


-    J’ ai renforcé ma conviction qu’une bonne compréhension d’un vin passe évidemment par la dégustation mais s’enrichit considérablement si on fait la démarche d’aller sur place, sentir l’énergie des terroirs où il naît et rencontrer les gens qui le conçoivent…je ne boirai plus jamais des Steinert comme avant !


-    Le Steinert est un terroir qui génère des vins extrêmement puissants : la matière première est souvent d’une grande richesse mais la minéralité de ce sol calcaire s’exprime toujours assez fort pour ne pas nous faire oublier que nous évoluons dans la cour des grands. Sur les pentes du Steinert, le gewurztraminer se trouve dans sont milieu naturel et peut laisser libre cours à sa nature fantasque, le riesling n’est encore qu’un jeune pensionnaire mais il commence à justifier pleinement sa place. Le pinot gris qui, je le reconnais volontiers, ne m’intéresse plus trop depuis quelques temps, trouve sur ce Grand Cru un éclat et une complexité que je ne rencontre que très rarement.


-    Jean Claude Rieflé est un vigneron accueillant et volubile qui aime et connaît bien son Grand Cru et qui ne ménage pas ses efforts pour communiquer sur les qualités exceptionnelles du Steinert. Il aime parler de son travail et de ses vins et se pose en ambassadeur de luxe pour Pfaffenheim et son terroir classé.
Cette belle entreprise familiale ancrée dans une longue tradition vigneronne mais recherchant sans cesse le progrès dans leurs méthodes de travail et dans l’élaboration de leurs cuvées fera dorénavant partie de ma (longue) liste de très bonnes adresses alsaciennes.


A bientôt pour le N° 9 !

Repost 0
15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 10:05



Cette nouvelle soirée de notre club AOC chez Florian Beck à Dambach inaugure une nouvelle formule à 2 thèmes : Eric nous propose une série de bouteilles provenant du vignoble jurassien suivie de quelques vins blancs autrichiens.

Les vins sont servis dans des verres INAO à 10° environ, la dégustation se fait à l’aveugle.

Soirée club AOC du 1 avril 2010 à Dambach


Première série : 9 vins blancs du Jura



Crémant du Jura – A. et M. Tissot à Montigny les Arsures

Le nez livre des notes de fruits blancs (pomme granny, poire) et de noisette, en bouche la mousse est dense et assez virulente, l’équilibre très sec est organisé autour d’une acidité pointue, la finale est légèrement amère.
Un crémant correct, un peu vif à mon goût… aucun danger pour nos belles bulles alsaciennes !


Côtes du Jura Tradition 2005 – Domaine Baud à Le Vernois

Le nez est discret et complexe avec de belles notes de pomme mûre, de noix fraîche et d’épices, la bouche est dotée d’un très bel équilibre, du volume, du gras, de la densité et une longue finale sur la noix verte.
Piochée un peu au hasard lors du salon des vignerons indépendants de Strasbourg, cette bouteille a constitué la très bonne surprise de la soirée… une très belle inspiration de notre ami Eric.


Côtes du Jura Tradition 2006 – Domaine Berthet-Bondet à Château Châlon

Le nez est complexe et typé avec de la noix fraîche et du curry, la bouche est puissamment structurée autour d’un l’alcool assez présent et d’une acidité très vive, la finale un peu amère revient sur des arômes de noix.
Un vin qui semble encore trop jeune, il y a de la matière certes, mais l’ensemble manque cruellement d’harmonie à l’heure actuelle.


Arbois Savagnin 2004 – Domaine de la Pinte à Arbois

Le nez est discret avec un fort marquage végétal et quelques notes de noix, la bouche est assez équilibrée, un peu fuyante vers le milieu, mais la finale se pose avec une belle expression minérale.
Même un cépage aussi puissant que le savagnin n’a pas échappé à la marque du millésime, la matière première de ce vin manquait peut-être un peu de maturité mais le résultat final est plaisant et bien typé.


 

Arbois Sélection 2006 – A. et M. Tissot à Montigny les Arsures

Le nez est d’une grande finesse avec une palette complexe sur les épices et les fruits secs (noisette, noix), la bouche est charpentée, très aromatique avec un toucher presque tannique, la finale est longue et saline.
Un vin avec un profil raffiné comme le Côtes du Jura de Baud mais qui possède plus de corps et une matière plus concentrée. Une belle réussite.


Arbois Pupillin 2000 – Fruitière Viticole de Pupillin

Le nez est classique et bien typé sur la pomme et la noix avec quelques notes légèrement alcooleuse, la bouche est riche mais la structure acide est assez bizarre et la finale manque de pureté.
Un pur savagnin qui a hélas mal vieilli…ça peut arriver à tout le monde !


Arbois Pupillin 2000 – P. Overnoy à Pupillin

Le nez est intense, un peu surprenant, avec des notes boisées et fruitées, la bouche possède une acidité puissante, à la limite agressive, et une matière généreuse, la finale est longue.
Une structure imposante qui manque cependant d’harmonie… faut-il encore attendre ?
Personnellement je reste un peu sceptique quant aux perspectives d’évolution de ce vin.


Côtes du Jura La Mailloche 2007 – A. et M. Tissot à Montigny les Arsures

Un nez magnifique, très profond, sur les épices (safran, curcuma) et les fruits secs, la bouche est agréable, d’une rondeur pleine d’élégance, la finale est de longueur moyenne mais richement aromatique (boisé et épices).
Un grand chardonnay jurassien, le vin de la soirée sans aucune hésitation !


Château Châlon 1982 – Cave Coopérative de Voiteur

Après quelques notes fugaces de réduction, le nez présente une palette dominée par des nuances végétales (herbe, foin) avec quelques arômes discrets de noix fraîche, la bouche est dense et volumineuse avec une acidité profonde et une finale de longueur moyenne.
Après 28 ans, le vin se tient droit dans ses bottes en bouche mais le registre aromatique est trop marqué par une probable sous-maturité initiale. Dommage !


Pour conclure :

Cette rapide escapade oenophilique dans le vignoble jurassien nous a permis de comprendre un peu mieux les vins blancs de cette région voisine :
- les équilibres sont souvent marqués par une tension acide très puissante avec laquelle il faut d’abord se familiariser pour pouvoir comprendre la subtilité de ces crus.
- la noix sous toutes ses formes et dans tous ses états (verte, fraîche, sèche) est omniprésente dans le registre aromatique des vins du Jura ; en général lorsque des épices s’invitent en complément, on se trouve face à une belle bouteille.
- pour les coups de cœur, aucune hésitation : le Côtes du Jura 2005 de Baud pour sa haute tenue qui a surpris toute l’assemblée des dégustateurs et, bien sûr, La Mailloche 2007 de Tissot, l’expression parfaite d’un blanc du Jura !




Deuxième série : 5 vins blancs autrichiens

 

La suite de la soirée fut consacrée à la découverte de quelques vins blancs autrichiens.
Nous avons dégusté successivement 2 Grüner Veltliner et 2 Riesling du domaine Schloss Gobelsberg dans le Kamptal sur le millésime 2008.

Ces vins présentaient des profils aromatiques agréables, nets et joliment fruités mais les acidités tranchantes et le CO2 très présent leur conféraient un équilibre ultra-sec, agressif et somme toute assez désagréable.
La cuvée Auslese 2008 du domaine Kracher dans le Burgenland possède une matière puissante mais l’équilibre acidité-moelleux reste basique sur ce vin qui manque un peu de personnalité.

Pour conclure :


5 vins assez peu appréciés dans l’ensemble :
- peut-être trop jeunes, mais lorsqu’on se trouve confronté à une matière aussi peu harmonieuse, on peut légitimement émettre des doutes sur les perspectives d’évolution,
- peut-être pénalisés par la série précédente, cela n’étonnera personne qu’après des vins aussi fortement typés que ces blancs jurassiens des blancs plus légers courbent un peu l’échine,
- en tous cas, avec des prix caviste entre 15 et 25 euros la bouteille il y a quand même de quoi être dubitatif.
Mais bon, dans quelques jours je serai sur place pour tâter la neige de printemps, ce sera l’occasion de revoir le sujet in-situ…je vous tiendrai au courant, promis !

Merci à Eric et Florian, parfaits G.O. de cette soirée.

Repost 0
4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 10:05



Cette quatrième édition du week-end caves ouvertes baptisée « Hinter ‘m Kallerladel » a drainé un public nombreux dans les pittoresques ruelles de Mittelbergheim, malgré un temps frais et humide, somme toute assez classique en ce début de printemps alsacien.

(NB vous trouverez le commentaire sur l'édition 2009 ICI )

 

Photo 003
Dimanche 28 mars à Mittelbergheim : la pluie n’a pas dissuadé les nombreux visiteurs.

 

Comme chaque année les vignerons ont ouvert leurs caves aux oenophiles tout en permettant certains artistes locaux de profiter de leurs espaces professionnels pour des concerts ou des expositions dans un contexte original.
Un concept et surtout une ambiance qui m’ont très vite fait oublier la tristesse de la météo de ce dimanche…



Photo 001-copie-1
Ma première étape : la maison Gilg.


Après un parcours dans le dédale chargé d’histoire de la grande cave de ce domaine, où on pouvait admirer plusieurs expositions de peinture ainsi que quelques démonstrations d’artisanat local, me voilà de retour en surface dans le beau caveau de dégustation où Jean-Pierre Gilg et ses collaborateurs proposent aux visiteurs de découvrir ses vins. Face à la richesse de la carte (plus de 20 références) je décide sagement de limiter ma dégustation aux sylvaners :


Sylvaner Mittelbergheim 2008 : le nez est flatteur, très floral, la bouche est ronde, plaisante et bien équilibrée.
Un vin de soif, simple mais séduisant et joliment typé avec un rapport Q/P extra (4,40 euros)

Sylvaner Mittelbergheim-Vieilles Vignes 2009 : le nez est plus retenu sur de délicats arômes de fruits blancs (poire), le milieu de bouche est encore un peu fuyant, mais la matière est riche et bien équilibrée et la finale légèrement citronnée possède une belle fraîcheur.
Un sylvaner avec de très beaux arguments mais ce vin doit encore se poser un peu pour trouver son harmonie.

Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2007
 : le nez est discret sur le citron mûr, les fruits blancs et même quelques épices, l’attaque en bouche est douce, la matière est assez ronde (11g de SR) mais la salinité s’impose peu à peu pour soutenir l’ensemble jusqu’en finale.
Reconnu par un célèbre Guide qui distribue des étoiles (non pas Michelin…) ce sylvaner n’en reste pas moins un très beau vin de terroir et de gastronomie… le tout pour moins de 10 euros, que demander de plus ?

Sylvaner Grand Cru Zotzenberg-Cuvée Prestige 2008 : le nez est complexe, mûr et bien expressif avec des notes d’abricot frais et de subtiles nuances épicées, la bouche se caractérise par une attaque très douce et une structure volumineuse et riche (plus de 30g de SR) qui met un peu de temps pour se mettre en place, la finales est longue et aromatique.
Une matière très mûre qui possède tous les éléments pour construire un très bel équilibre… ce sylvaner a un bel avenir devant lui.

 



Photo 002-copie-1
 
A quelques pas de la maison Gilg, le domaine Rieffel accueille ses visiteurs

 

Dans la cour du domaine Rieffel, sous le « Schopf », quelques lève-tard du dimanche dégustent une tarte flambée, d’autres se promènent dans les caves pour une visite des lieux. C’est en compagnie de Julien Schmitt (domaine R. Schmitt à Bergbieten dont vous entendrez parler incessamment…) que je me retrouve dans la « Stub » de la maison Rieffel, où Lucas et sa mère s’occupent des amateurs venus découvrir leurs vins. Là aussi la gamme de vins proposés est conséquente et la nécessaire prudence du dégustateur amateur exige un choix :

Sylvaner de Mitelbergheim 2008 : le nez est aérien sur un registre finement fleuri, la bouche est droite et marquée par un belle minéralité.
Principalement issu de jeunes vignes sur le Zotzenberg, ce sylvaner pur et frais possède déjà de très beaux accents de terroir.

Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2008
 : le nez est délicat, les arômes de fleurs blanches séduisent par leur grande finesse, la bouche est grasse et saline avec une belle tension et une finale marquée par une délicat amertume.
Un grand sylvaner sec et profondément minéral.

Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2007 : le nez est riche sur des fruits blancs mûrs, la bouche est opulente, ample et bien équilibrée grâce à une puissante salinité qui répond aux quelques SR inévitables sur ce millésime.
Un sylvaner gourmand qui, d’après Lucas Rieffel « ne correspond pas au style recherché » mais qui possède néanmoins un pouvoir de séduction incontestable.

Riesling Grand Cru Zotzenberg 2008 
: le nez est intense et pur sur les fruits frais (groseille blanche), la bouche est ample, droite, tendue et saline, la groseille est toujours bien présente et il faut attendre la finale pour sentir poindre quelques notes d’agrumes (pamplemousse).
Le profil aromatique est encore un peu monolithique mais la structure de ce vin est remarquable… un très grand riesling en devenir !

Pinot Noir Runz 2008 
: après quelques notes fugaces de réduction, l’olfaction nous offre d’intenses arômes fruités (cerise, framboise) et épicés, la bouche est parfaitement équilibrée, les tanins sont soyeux, on ressent une belle impression de volume et la persistance aromatique est d’une longueur peu commune.
Ce terroir qui se trouve au bas du Zotzenberg a engendré un pinot noir de haut vol qui possède le charme fougueux de la jeunesse et une structure promettant un très bel avenir. Tout ce qu’on doit attendre d’un très grand vin !

 


A quelques enjambées, plus bas dans la rue, se trouve l’entrée du domaine Rietsch, une maison qu’on ne présente plus mais où, comme chaque fois, les surprises ne manquent pas : les artistes sont au rendez-vous, les nouvelles cuvées imaginées par Jean-Pierre également.

 

Photo-copie-2
Un domaine qu’on ne présente plus, comme dernière étape de cette après-midi.

 


 

Murmure – Muscat 2009 Nature : le nez est délicat avec des notes lactées et florales, la bouche est souple, avenante avec un profil aromatique plus typique du cépage (fleur de sureau), la finale est large et relâchée.
Un muscat « nature » né d’une fermentation spontanée avec levures indigènes et mis en bouteilles sans filtration ni sulfitage, qui déroute un peu au nez mais qui se révèle d’une grande gourmandise en bouche.

Klevener de Heiligenstein 2008 : le fruité est léger et agréable avec quelques nuances lactées, la bouche possède une acidité pointue et très profonde, du gras qui donne une belle onctuosité à l’ensemble, la finale est longue et minérale.
Du savagnin rose élevé sur lies totales pendant 13 mois et mis en bouteilles sans filtration, qui se cherche encore un peu au nez mais dont la présence en bouche signe la race d’un très beau vin.

Riesling Stein 2008 : le nez est discret et complexe avec un fruité d’une grande pureté accompagné par quelques évocations florales et crayeuses, l’équilibre est sec, le gras et l’acidité mûre et profonde se répondent joliment, la finale ample révèle les notes pierreuses bien typiques de ce terroir calcaire.
Elevé en foudre sur lies totales pendant 13 mois et mis en bouteilles sans filtration, ce riesling est une grande réussite : il est certes moins exubérant que sur les précédents millésimes mais la race du Stein apparaît avec force.

Riesling Vieille Vigne Brandluft 2007
 : le nez est discret et élégant, noisette et fleurs blanches, la matière est généreuse, l’équilibre est souple mais la minéralité structure l’ensemble et soutient une finale très longue.
Des vieilles vignes sur un terroir exposé est, jouxtant le Wiebelsberg on livré un riesling d’une grande maturité, que Jean-Pierre a décidé d’élever en cuve durant 26 mois. Le vin surprend (une fois de plus) mais la qualité est au rendez-vous… encore un pari gagné !

Pinot Noir Vieilles Vignes 2008 : le nez est charmeur et profond avec beaucoup d’épices et une touche de cacao, la bouche est riche, les tanins sont serrés et la finale possède une belle fraîcheur agrémentée par de discrètes évocations boisées.
Un pinot noir généreux, surement encore jeune, mais plein de promesses.

Entre le classicisme traditionnel des vins de la maison Gilg, l’exigence et la précision des cuvées de Lucas Rieffel et le foisonnement créatif de Jean-Pierre Rietsch, l’amateur éclectique que je suis a une nouvelle fois été conquis. Encore une manifestation pleinement réussie dans ce magnifique village où les vignerons ne se contentent pas de faire d’excellents vins mais n’hésitent jamais à se transformer, l’espace d’un week-end, en parfaits promoteurs de la culture alsacienne.


Mille mercis pour ces moments délicieux.

Repost 0
2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 15:52

Photo 031

 

Dans le bois au dessus du vignoble de Pfaffenheim...c'est le printemps !

 

 

 

Sylvaner Bollenberg 2008 – F. Schmitt à Orschwihr

Robe : jaune pâle avec des reflets argentés.
Nez : aérien et d’une grande finesse, il s’ouvre sur de belles notes florales (acacia) soutenues par des arômes très frais de citron mûr.
Bouche : la structure est gourmande avec un fruité plein de croquant et une acidité longue qui construit un équilibre d’une grande subtilité.

Sylvaner 2008 – Domaine Weinbach à Kaysersberg

Robe : jaune très clair, brillante avec des éclats vert-pâle.
Nez : frais et très pur avec des notes discrètes de feuille de cassis et de pomme verte, quelques nuances pierreuses apportent une touche minérale du plus bel effet.
Bouche : l’attaque est franche, le vin ne triche pas sur son origine avec un équilibre sec et une acidité vibrante, les fruits blancs reviennent en milieu de bouche mais la finale est toute entière dédiée à une puissante salinité.

Ces 2 bouteilles nous montrent, une fois de plus, que le sylvaner peut faire de très beaux vins en Alsace :
- le premier est riche (13°5) mais parfaitement équilibré... et à moins de 5 euros, il offre un rapport Q/P simplement hallucinant !
- le second est encore sur sa réserve car il lui a fallu quelques heures pour s’exprimer pleinement, mais après, quel plaisir ! Tout est en place dans une cohérence et une harmonie proche de la perfection.
Au risque de me répéter, n’oubliez pas que ce cépage trop souvent maltraité par les producteurs et trop souvent mal considéré par les consommateurs ne mérite pas le sort qui lui est réservé…n’hésitez plus à goûter les sylvaner chez les producteurs, vous serez peut-être surpris !



Riesling Sussenberg 2007 – Domaine Bechtold à Dahlenheim

Robe : jaune très clair, avec des éclats métalliques et une frange vert-pâle.
Nez : pur et aérien avec une palette très distinguée où se révèlent des arômes de fruits blancs frais et d’herbes aromatiques.
Bouche : elle possède une fraîcheur suave avec une acidité tonique mais sans agressivité, qui vibre longuement, l’équilibre est sec mais il y a une belle sensation de gras, la finale revient sur des notes d’herbes aromatiques complétées par des évocations plus minérales.

Riesling Grand Cru Sommerberg  2007 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr

Robe : jaune très clair, brillante avec des éclats argentés.
Nez : ouvert et exubérant, il nous flatte par ses arômes de fruits exotiques mûr et de citron confit.
Bouche : la richesse est évidente mais l’acidité très tendue soutient une structure généreuse mais équilibrée, le fruit croque encore sous la dent mais la finale nous rappelle le terroir avec ses nuances citronnées, pierreuses et légèrement fumées.


Ces deux bouteilles du même cépage et sur un millésime identique nous ravissent par leurs expressions magnifiquement abouties de leur terroir : l’un avec finesse et élégance, l’autre avec davantage de truculence… mais les deux avec un niveau de qualité exceptionnel. Bravo et merci messieurs ! 



Pinot noir Barriques 2003 – Domaine Pfister à Dahlenheim

Robe : rubis sombre avec une belle densité et des bords légèrement dégradés.
Nez : discret et fin avec une palette fruitée, réglissée et délicatement fumée. 
Bouche : la structure est onctueuse, le fruit mûr s’épanouit, le boisé est imperceptible, les tanins sont soyeux à souhait et la finale de longueur moyenne laisse une belle impression de fraîcheur.
La matière est riche mais l’énergie du millésime est contenue (13°5) pour nous livrer un vin équilibré et savoureux, résultat d’une vinification d’une grande précision.


Grand Vin de Reignac 2007 – S.C. du Château Reignac à Saint Loubes

Robe : grenat, sombre, dense et concentré.
Nez : riche, complexe et d’une belle intensité, on y reconnaît tour à tour, les fruits noirs, un boisé raffiné et de délicates notes florales (violette, rose).
Bouche : la structure est généreuse, la matière est ronde et charnue, les tanins sont serrés et la palette s’enrichit de quelques nuances camphrées et épicées. La finale est un peu austère avec une légère astringence et un retour un peu amer.
Une bouteille que l’hyper du coin proposait à 12 euros et que je me suis dépêché d’acheter parce qu’il s’agit du château qui a fait tomber les plus grands lors d’une fameuse dégustation à l’aveugle (en juin 2009 sur le millésime 2001) relatée sur le site.
Un vin bien typé, plaisant mais débouché sûrement un peu trop jeune…en tous cas, une dégustation qui appelle certaines questions :
- est-ce que la dégustation à l’aveugle est vraiment la seule épreuve de vérité pour un vin ? N’y a-t-il pas, derrière l’étiquette d’une grande bouteille, une part de rêve, une dimension symbolique, qui contribue au plaisir ? La dégustation à l’aveugle n’aurait-elle pas tendance à réduire le vin au rang d’aliment, en gommant la charge historique, mythique ou peut-être même, fantasmatique, qui fait partie de son identité ?
- comment certains Grands Crus peuvent-ils encore justifier leurs prix exorbitants ? Le moins cher des Grands Crus que Reignac a dominé vaut 10 fois plus cher (sans parler de Pétrus qui se vend 100 fois plus cher…), est-ce bien raisonnable ?
Non, bien sûr que non…mais tant qu’il y aura des acheteurs fortunés prêts à lâcher un Smic pour acquérir la bouteille qui va les distinguer de leurs contemporains et leur donner l’illusion de faire partie d’une caste élue, la détestable dérive spéculative qui vérole de plus en plus le monde du vin, a encore quelques belle décennies devant elle. Hélas !



Santenay Blanc 2003 – Domaine Dorine à Santenay

Robe : jaune franc avec des éclats dorés.
Nez : un fruité gourmand sur l’orange mûre évoluant vers des notes plus exotiques (mangue) et épicées (vanille cannelle).
Bouche : la structure est ample avec du gras et une acidité large, bien présente, la palette évolue vers des nuance plus classiques de noisette et de citron, la finale est longue et saline.
Un très beau chardonnay bourguignon qui allie richesse et fraîcheur… le tout avec un très beau rapport Q/P (dans les 10 euros). A consommer sans modération !


Abbaye de Sylva Plana-Le Songe de l’Abbé Faugères 2003 – Deshenrys à Alignan du Vent

Robe : très sombre et dense, la nuance tend vers le grenat et la frange brunit légèrement.
Nez : riche et chaleureux, il rappelle les fruits rouges à l’eau de vie, les épices douces (cannelle, anis, vanille) et l’amande amère.
Bouche : tout y est douceur, les arômes suaves, le toucher soyeux mais la finale reste fraîche et bien équilibrée.
Une cuvée vinifiée avec mesure (12°5) qui ne renie ni son millésime ni son origine mais qui procure un très grand plaisir… Un joli Faugères !


Pinot noir Barriques 2008 – Domaine Lissner à Wolxheim

Robe : rubis assez clair avec des bords rose pâle.
Nez : puissant et très gourmand avec des arômes précis de petits fruits rouges et d’épices.
Bouche : la structure est ronde, la matière est suave, le grain tannique est présent mais d’une finesse extrême la framboise revient nettement en milieu de bouche et la finale longue est discrètement signée par le bois.
Sigillée par la Confrérie Saint Etienne cette cuvée fait partie de la série « Les Perles Rares » qui n’a jamais aussi bien porté son nom. Quel plaisir… Bravo !

Repost 0
20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 19:05


La première session de l’année 2010 des fameuses masterclass de l’Oenothèque Alsace a réuni plus d’une vingtaine de passionnés sur les bancs de la salle de dégustation de la maison Wolfberger à Colmar. Thierry Meyer a officié devant un public très cosmopolite d’amateurs et de vignerons pour une nouvelle leçon de savoir-boire alsacien.

Copie de Photo 001

Le guide spirituel en phase contemplative…


Copie de Photo 004-copie-1

…les fidèles en phase méditative.


Le cours du jour propose 3 thématiques illustrées par 3 séries de vins servis un par un ou par paire, dégustés et commentés à l’aveugle.
 

Thème 1
Un vin de soif et 2 premiers coups de cœur en 2008

Pinot Blanc 2008  – Cave d’Obernai : le nez est discret avec un fruité léger, la bouche très vive est marqué par une acidité pointue un peu piquante, la finale est courte.
Un vin techniquement bien fait, conditionné en flacon de 1 litre… mais la matière première manquait peut-être un peu de maturité. Pour moi, c’est beaucoup trop vert pour un vin de soif !

Pinot Blanc 2008 – L. Sipp à Ribeauvillé : le nez est fin et aérien sur des fruits blancs accompagnés de délicates notes florales, la bouche est équilibrée avec du gras, une acidité large, un fruité épanoui et une finale saline.
Avec 100% de pinot blanc récolté sur une parcelle de vieilles vignes dans la partie supérieure du Grand Cru Kirchberg cette cuvée nous prouve une fois de plus, qu’avec un beau terroir et un travail de qualité, la notion de petit cépage disparaît. Un vin parfaitement réussi… Bravo !

Riesling G.C. Vorbourg - Clos Saint Landelin  2008 – R. Muré à Rouffach : le nez est discret mais on y décèle progressivement de belles notes de citron frais qui évoluent vers des nuances exotiques puis légèrement épicées, la bouche possède une matière généreuse avec du gras et une acidité virulente et profonde. Un fruité sur les agrumes frais se pose doucement  et les épices font leur retour pour soutenir une finale bien longue.
Un riesling rigoureux mais plein de concentration et empreint d’une certaine noblesse… Bref, une très haute expression de ce cépage et du millésime 2008 qui s’annonce de plus en plus comme une très grande année en Alsace.

Thème 2
Les terroirs gréseux : quels types de vins ?

Riesling Andlau 2008 – M. Kreydenweiss à Andlau : le nez est discret et très pur, la structure en bouche est ronde et avenante mais l’équilibre reste sec, la finale se prolonge  sur des notes d’écorce d’agrumes d’une grande subtilité.
Une parcelle juste en dessous de la limite du Grand Cru Wiebelsberg à livré ce beau vin, expression épurée mais élégante de ce cépage.

Pinot Gris Fronholtz 2007 – A. Ostertag à Epfig : le nez est discret mais plein de charme avec de belles notes de beurre frais et un boisé délicat, la bouche possède une matière riche, du gras, quelques SR, un boisé encore bien présent mais la finale reste légère et digeste avec de belles notes de pamplemousse.
Une constitution très riche et un élevage qui doit encore se fondre un peu… ce vin sera grand si on lui laisse le temps de construire son équilibre.

Riesling G.C. Muenchberg 2007 – J. Meyer à Nothalten 
: l’originalité des arômes révélés par l’olfaction est très déstabilisante (pomme très mûre, marc de raisin…), les sensations au palais ne sont pas beaucoup plus rassurantes, l’équilibre est sec, la minéralité est perceptible, mais le milieu de bouche est mou et fuyant, la finale est marquée par une amertume un peu prononcée.
Certains diront que ce vin a une vraie personnalité… en ce qui me concerne je ne l’ai vraiment pas comprise. Dommage !

Riesling G.C. Kessler - Heisse Wanne 2006 – Dirler-Cadé à Bergholtz 
: le nez est typé, très pur avec des arômes pierreux et finement terpéniques,  la bouche est parfaite avec sa structure sphérique et son équilibre entre richesse (17g de SR) et acidité. La finale est majestueuse,  longue, saline, avec des amers magnifiques.
Ce vin était déjà sorti du lot lors d’une autre session consacrée aux réussites du millésime 2006, je ne l’ai pas reconnu mais le verdict qualitatif a été sans appel : c’est un très grand riesling !        

Pinot Gris Clos Liebenberg 2005 – V. Zusslin à Orschwihr : le nez est agréable, d’un beau classicisme avec ses notes de céréales et de fruits jaunes soutenues par un fumé léger, l’équilibre en bouche est sec, la structure est ample et la finale présente une amertume assez importante.
La palette est classique, la présence en bouche est imposante mais la finale peut dérouter certains dégustateurs sensibles à l’amertume…J’en fais partie… hélas !

Gewurztraminer G.C. Kessler 2001 – Schlumberger à Guebwiller : pur et complexe ce nez  a véritablement beaucoup de classe avec une palette sur les fruits jaunes mûrs et la vanille, la bouche est tout en finesse avec une rondeur moelleuse mais une finale d’une grande fraîcheur, où les notes d’épices douces persistent longuement.
Un gewurztraminer de belle facture, un profil aromatique avenant, une silhouette racée… bref un grand séducteur qui montre que certains vins issus de terroirs gréseux tiennent bien dans le temps. Chapeau !
    
                                   
Thème 3
Les riesling  en 2002 : à boire ou à garder ?

Riesling Princes Abbés 2002 – Schlumberger à Guebwiller
 : le nez est racé et complexe avec des notes d’agrumes frais, de bergamote, d’épices complétées par un fumé très léger, en bouche, l’attaque est vive, la structure est droite et un peu austère, la finale est pointue avec quelques nuances terpéniques.
Tiens donc, encore un vin qui témoigne du beau potentiel de garde des terroirs de grès… Ce riesling, assemblage de raisins provenant des 3 Grands Crus de Guebwiller est d’un beau classicisme : une constitution un peu stricte mais grande richesse aromatique. Un paradoxe comme on les aime par chez nous !

Riesling Bouquet de Clémence 2002 – F. Bleger à Saint Hippolyte
: le nez est assez intense, le fruité est très mûr, la bouche est ronde mais la structure semble un peu fragile et la finale, très courte, manque de netteté.
Ce riesling récolté sur un terroir très léger a connu son heure de gloire en remportant une médaille d’or aux concours des « Rieslings du Monde » en 2004. Le vaillant lauréat d’antan a encore quelques beaux restes mais, il faut bien le reconnaître, aujourd’hui son apogée est bel et bien dépassé.

Riesling Andlau 2002 – G. Wach à Andlau : le nez est fringant et pur avec de délicates notes citronnées, la bouche finement acidulée, possède un équilibre sec, la finale est gourmande, saline et légèrement épicée.
Comme pour le riesling de M. Kreydenweiss cette cuvée provient également d’une parcelle juste en dessous de la limite du Grand Cru Wiebelsberg. Encore une grande réussite sur un terroir gréseux… et, ne l’oublions pas, un très beau rapport Q/P. (7,5 euros au domaine pour le 2008)

Riesling Saint Hippolyte 2002 – M. Deiss à Bergheim
 : le nez est très bizarre, la palette aromatique semble très évoluée et manque de pureté, la bouche est massive (presque trop lourde…)  avec un profil toujours très confus (amertume, notes animales, un peu de CO2…), la finale est longue mais peu avenante.
Un vin qui laisse une impression peu agréable… effet du temps ou d’une vinification un peu expérimentale ? En tous cas très peu de plaisir pour moi…

Riesling Herrenweg 2002 – Zind-Humbrecht à Turkheim 
: le nez est expressif avec un fruité très pur sur les agrumes mûrs, la bouche est parfaitement équilibrée, il y a une certaine opulence mais l’acidité bien large et la grande salinité s’associent pour garantir une belle fraîcheur à l’ensemble. La finale est longue et délicatement épicée.
Un très beau riesling riche et équilibré, qui a atteint son plateau de maturité. Miam !

Riesling Zellenberg 2002 – M. Tempé à Zellenberg : le nez s’ouvre sur des arômes très mûrs de miel et de caramel, les agrumes se manifestent après une aération conséquente, la bouche est volumineuse mais avec un profil assez confus. Après un long moment dans le verre, la matière s’harmonise pour nous entraîner vers une finale longue marquée par une amertume un peu excessive.
Une constitution généreuse mais un ensemble qui manque de cohérence… un vin en devenir ou dont l’apogée est déjà dépassé ? Je reste perplexe…

Pour conclure :

-    Le premier thème m’a permis de découvrir deux très beaux vins de 2008 : la grandeur de ce millésime se confirme après chaque nouvelle dégustation… je sens que ce n’est pas cette année que je ferai un peu de place dans ma cave ou que je me réconcilierai avec mon banquier…

-     Le second thème nous a permis de prendre conscience de la personnalité très particulière de ces vins de grès : pas si simples et légers que çà, reconnaissables à leur structure élégante, leur profonde salinité et leur finale toujours délicatement amère.

-    La série de rieslings de 2002 rassemblait des vins issus de terroirs non classés Grand Cru a été assez hétérogène : des vins magnifiques côtoyaient des cuvées presque moribondes. Comme quoi, en faisant vieillir des vins issus de terroirs moins prestigieux, on joue un peu avec le feu mais on n’est pas à l’abri d’une bonne surprise…

-    Pour les coups de cœur personnels je m’arrêterai sur 3 bouteilles :
> le pinot blanc 2008 de Sipp parce que j’aime bien les petits-grands…
> le riesling Heisse Wanne 2006 de Dirler parce qu’il est simplement parfait
> le riesling Herrenweg 2002 de Zind parce qu’il nous montre qu’un grand vigneron peut produire de beaux vins sur des terroirs moins prestigieux.

-    Comme d’habitude, Thierry Meyer a mené cette leçon de dégustation avec brio et compétence en nous proposant 3 sujets intéressants et relativement pointus, illustrés par une riche sélection de bouteilles.
Des moments simplement indispensables pour tout amateur de vin d’Alsace !
Merci Maître !

Copie de Photo 006
 
Repost 0

Présentation

  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
  • Contact

Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

@+

Recherche

Archives