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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 14:11



La première étape de notre petit périple hivernal nous conduit à Dambach, au domaine Beck-Hartweg, où Florian et ses parents fêtent le passage de Saint Nicolas dans leur village, en ouvrant les portes de leur cave à tous les amateurs de bon vin et de bonne chère.
Les vins du domaine étaient proposés à la dégustation en compagnie d’autres spécialités fabriqués par des producteurs locaux partenaires de cette opération : miel, nougat, foie gras, terrines, rillettes, magrets et crus alsaciens… le bonheur quoi !
Bien évidement je n’ai pas résisté au plaisir de goûter ou regoûter quelques références de la carte :

Riesling 2008 
: un fruit pur et charmeur, une bouche avenante mais dotée d’une solide charpente… encore un 2008 qui rassure...

Photo 003
 

Riesling G.C. Frankstein 2006
 
: redégusté par pure gourmandise (ou vice !!!) et apprécié pleinement pour sa salinité et son expression de terroir très prononcée (fruits blancs et résine).

Photo 004

 
Auxerrois Vieilles Vignes 2007
 : une cuvée sélectionnée pleine d’énergie et de croquant, la bouche est charnue avec une finale légèrement fumée, assez proche d’un bon pinot gris.


Pinot noir F 2007 : le granit du Frankstein, marque profondément ce vin de garde, doté d’une matière mûre et riche.


Gewurztraminer Cuvée de l’Ours 2007 : un vin qui trouve peu à peu son équilibre, avec un moelleux qui s’intègre de mieux en mieux et un profil aromatique diablement séduisant.


Avant de reprendre la route, je ne résiste pas à l’envie de faire un petit tour dans la belle cave traditionnelle où les 2009 finissent leurs fermentations dans de vieux  foudres en bois…un joli moment de sérénité interrompu par le bruyant cortège musical du Saint Nicolas : fanfare et friandises à la volée, la fête est partout ce 6 décembre à Dambach !



Au domaine Rietsch, comme chaque année, Jean Pierre et son équipe accueillent les visiteurs en leur proposant des expositions temporaires d’artistes locaux ainsi qu’une rencontre gustative avec leurs vins.

Photo 010
 
La cuverie du domaine transformée en galerie d’art pour l’occasion.

Certaines cuvées du millésime 2009 sont proposées à la dégustation pour nous permettre un premier aperçu sur ces vins en cours d’élaboration.
Comme un peu partout en Alsace le millésime 2009 n’a pas posé de problèmes majeurs, même si le choix des dates de vendange pour trouver les maturités optimales s’est avéré beaucoup plus complexe que prévu. Une fois de plus, il va falloir goûter pour se faire une réelle idée de la valeur réelle des différentes cuvées : le verdict des papilles sera indispensable … et c’est très bien ainsi !

La dégustation de vins nouveaux est un exercice intéressant et formateur quoique difficile.
Jean-Pierre n’utilise que des levures indigènes pour les fermentations, ce qui explique la diversité des niveaux d’évolution des différents échantillons : ici on laisse chaque cuvée vivre sa vie à son rythme.

Pinot noir classique (vendangé le 24 septembre, 56hl/ha, 12°7, 3g de SR, acidité 6,4 g/l) : malgré une malo en cours on décèle déjà une matière pure, gourmande avec des arômes bien nets de fruits rouges.

Pinot noir macération carbonique
(vendangé le 25 septembre, 56hl/ha, 13°, 1,3g de SR, acidité 5,4 g/l) : cette cuvée expérimentale avec une malo terminée possède un fruit profond, pur, encore un peu retenu avec des notes de cacao amer en bouche.

Muscat (vendangé le 16 septembre, 54hl/ha, 11°7, 1,3g de SR, acidité 4g/l) : la malo est faite sur ce vin qui possède une robe étonnamment claire, un nez complexe avec des notes de raisin frais et de fleurs et une bouche avec un bel équilibre sec. Jean-Pierre projette de mettre cette cuvée étonnante en bouteille sans filtration… un vin qui se sera fait presque tout seul en quelque sorte !

Riesling (vendangé le 7 et le 14 septembre, 72hl/ha, 13°potentiels) : la malo est faite et la matière est pure et très concentrée (malgré un rendement confortable) pour ce riesling prometteur.

Sylvaner Vieilles Vignes (vendangé le 2 octobre, 59hl/ha, 13°3 potentiels) ce vin encore en fermentation possède un charme réel avec de beaux arômes de fruits blancs et de vanille.

Pinot gris G.C. Zotzenberg
(vendangé le 1 octobre, 50hl/ha, 14°6 potentiels) : ce vin encore en fermentation a un profil aromatique net et discret avec une structure grasse et riche en bouche.

Gewurztraminer V.T. (vendangé le 30 octobre sur des parcelles de la Hardt, du Rotland et du Weinberg, 44hl/ha, 16°9 potentiels) : ce vin fermente encore mais la palette est déjà très belle et bien typée (rose, poivre blanc) et la bouche possède une suavité et un équilibre pleins de belles promesses.

Photo 012
 
Une œuvre de M. DREA sur un foudre contenant des jus de 2009



La seconde étape nous fait passer directement à la dégustation de vieux millésimes avec quelques bouteilles sorties de la réserve personnelle du vigneron :

Riesling Brandluft 1999 (vendangé le 27/10/99 – 12°7 – SR 5,9g/l – acidité 7,2g/l) : un nez complexe d’herbes aromatiques et d’épices, une bouche ample avec une acidité large et une puissante salinité en finale.
Un terroir que je ne goûte pas trop bien jeune mais là, rien à jeter… je suis sous le charme !


Sylvaner Zotzenberg 1999 (vendangé le 15/11/99 – 13°4 – SR 9,3g/l – acidité 5,4g/l) : un nez exubérant de fleurs blanches et de tilleul, une bouche élégante avec une minéralité perceptible mais une trame acide un peu relâchée.
La richesse du terroir est évidente mais la structure manque un peu de nerf à mon goût… un vin plus Zotzenberg que sylvaner !


Pinot Noir L’âge de pierre 2003 (rendement 56 hl/ha – 13°6 – SR 3g/l – acidité 5,5g/l – élevé 12 mois en barriques) : un nez flatteur de fruits rouges mûrs, de massepain et de vanille, une bouche charnue, sphérique avec une finale longue et finement boisée.
2003 a produit 2 cuvées fameuses au domaine Rietsch, « Les quatre Eléments » et cette dernière, qui, après 6 ans de garde, s’est un peu assagie en domestiquant une matière puissante et un boisé un peu marqué pour s’offrir au dégustateur avec un équilibre plein d’élégance et de distinction.



La dernière étape se déroule dans le caveau du domaine où les 24 références en vente à l’heure actuelle sont proposées à la dégustation.

Photo 009
 
Ambiance chaleureuse dans le caveau du domaine

La journée étant déjà bien avancée et mon carnet de notes déjà bien rempli… je vais être obligé de faire un tri sévère pour choisir les quelques vins que je pourrai encore apprécier pleinement (c’est là qu’on se rend compte que dégustateur professionnel est un vrai métier… !).

Pinot noir Vieilles Vignes 2008 : le nez s’ouvre sur des fruits rouges et quelques notes fumées, la bouche est suave et ronde avec une trame tannique mure et une fraîcheur avenante en finale.
Même sur un millésime un peu moins solaire le pinot noir du domaine séduit par sa palette gourmande et son équilibre tonique.


Sylvaner Vieilles Vignes 2008 : le nez est pur, discret, sur un registre floral très élégant, la bouche possède un beau gras et une longue finale minérale.
Alors que le G.C. engendre des vins plus mûrs, ce sylvaner issu de parcelles voisines du Zotzenberg, constitue une belle alternative plus tendue et plus droite sur ce cépage.


Riesling Sans doute 2008 : la palette aromatique est marquée par les fruits blancs mûrs, le vin tapisse bien la bouche, la texture possède un joli gras et la finale assez longue révèle quelques notes de coing.
Ce riesling élevé 11 mois sur lies et mis en bouteille sans filtration ni sulfitage est l’une des cuvées expérimentales du domaine… je le goûte moyennement aujourd’hui (manque de vivacité en bouche) mais d’après Jean-Pierre c’est un vin à déguster après un long passage en carafe ou sur plusieurs jours… une expérience à tenter, bien sûr !


Riesling Brandluft 2007
: un nez pur, délicat et aérien avec un profil séveux et épicé qui se dessine peu à peu en bouche et une finale d’une longueur étonnante.
Pas de doute, ce terroir produit des rieslings taillés pour la garde… le 1999 parfaitement épanoui et ce 2007 en train d’évoluer joliment sont là pour le montrer.


Pas Sage 2007 : un nez surprenant, d’une grande profondeur avec une palette complexe (fruits secs, épices, vanille…) et une bouche superbe avec de l’acidité et du gras en parfaite harmonie, des arômes de petits fruits rouges et une finale très longue, légèrement tannique et délicatement boisée.
Attention OVNI de très haut niveau… Ce pinot noir récolté en surmaturité (15°3 au compteur quand même !) et élevé durant 22 mois en milieu oxydatif est bluffant…
Jean-Pierre nous livre une cuvée hors norme, hors des canons alsaciens et un peu provocante peut-être… !
Absence de sagesse ou passage vers une forme de sagesse ultime…en tous cas moi je suis pleinement conquis par cette nouvelle création.

           
Photo

                       


Merci à ces 2 vignerons qui continuent de nous proposer des sorties dominicales intéressantes durant une période où le calendrier des manifestations locales est pollué par le fameux climat de Noël, prétexte à d’innombrables et inutiles « foires au vin chaud »…
Eh oui, je suis toujours aussi rabat-joie à cette époque de l’année, mais bon… joyeuses fêtes de fin d’année à tous !
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 19:05


L’édition hivernale des fameuses masterclass de l’Oenothèque Alsace a réuni une petite vingtaine de passionnés sur les bancs de la salle de dégustation de la maison Wolfberger à Colmar. Malgré la concurrence du Salon des Vins du Languedoc et des innombrables marchés de Noël, les oenophiles alsaciens se sont retrouvés une fois de plus pour une nouvelle leçon du professeur Meyer.

Le cours du jour propose 3 thématiques illustrées par 3 séries de vins servis un par un, dégustés et commentés à l’aveugle.


Thème 1
Les vins de fête : comment réussir un réveillon digeste ?

Crémant Chardonnay – J.C. Buecher
 : le nez est délicat et suave propose les classiques arômes de brioche et de citron confit, la bouche est aérienne avec une bulle fine et une acidité vive qui donnent une belle fraîcheur à la structure.
En règle générale, le crémant de chardonnay est moins dosé que ses concurrents issus des traditionnels cépages et comme le dit Thierry « dans ce cas, le masquage des défauts par la liqueur de dosage est très difficile ». Issu d’une vendange 2006 sur le Rothenberg de Wettolsheim et dégorgé en 2008, ce crémant de la maison Buecher constitue, à coup sûr, une belle alternative aux crus champenois

Sylvaner Clos de la Folie Marco 2008 - Hering
 : des notes florales, des arômes de fruits blancs et quelques nuances pierreuses composent un registre olfactif bien complexe, la bouche est aérienne avec un toucher soyeux et une finale assez longue marquée par le pamplemousse et un léger fumé.
Une expression aboutie et complexe de ce cépage…en plus, à 6 euros, ce vin devient un choix presque indispensable pour tenir compagnie aux plats de fruits de mer de nos futurs repas de fête.

Riesling G.C. Brand 2007 – Cave de Turckheim 
: le nez est magnifique de pureté et d’élégance (fleurs blanches, mandarine…), la bouche pleine de gourmandise et d’harmonie possède un équilibre gras et rond et une finale bien fraîche.
Un riesling harmonieux avec une grande buvabilité mais qui a su garder sa typicité : un vin consensuel qui ne trahit pas son origine… pour les premiers pas dans le monde du roi des cépages alsaciens !

Pinot Noir Weid 2006 – L. Albrecht : le nez est beau et flatteur avec des arômes de griotte, de chocolat et un boisé fin et noble, la bouche possède un équilibre réjouissant, le fruit gourmand, les tanins mûrs et la délicate acidité sont parfaitement en phase, la finale est longue et délicatement boisée.
Le Bollenberg, où est né ce vin, est un terroir calcaire très proche de ceux qu’on peut trouver en Bourgogne…rien d’étonnant à ce que ce magnifique pinot noir nous fasse penser à un cru de cette région…

Gewurztraminer Vieilles Vignes 2007 - A. Landmann : le nez est avenant et complexe avec des notes de litchi, de pétale de rose, la bouche possède un fruité mûr et un équilibre élégant où le moelleux et la fraîcheur se répondent sans s’affronter, la finale est digeste et marquée par de fines notes fumées.
Un gewurztraminer conçu pour plaire sans trop flatter… un compagnon avenant et léger pour les desserts.

Kiro-Z-épices – Cave de Ribeauvillé : le nez est envahissant et nous propose une déclinaison complète des épices de Noël, la cannelle et l’anis ouvrent le bal, le poivre se montre un peu plus tard…, la bouche offre légèreté et douceur avec une bulle nerveuse et une finale épicée.
Dans cette cuvée créée par la Cave de Ribeauvillé à l’occasion des fêtes, la liqueur de dosage a été remplacée par un sirop aux épices. Ce crémant expérimental connaît un beau succès commercial en ce moment… une alternative originale au classique vin chaud. Ceci dit, il me semble difficile voire périlleux de placer cette bombinette aromatique au cours d’un repas !


Thème 2
Les terroirs du pinot gris – Variation sur 4 millésimes

Pinot gris G.C. Eichberg 2007 – Kuentz-Bas 
: le nez est discret, légèrement vanillé et fumé, la bouche est ample avec du gras et une finale un peu amère.
Un premier vin issu d’un terroir marno-calcaire avec une belle matière mais un profil peu flatteur à l’heure actuelle.

Pinot Gris G.C. Brand 2006 – Josmeyer
 : le nez est réservé mais assez complexe avec des notes de céréales et d’acacia, la bouche est d’un équilibre sec avec une structure en demi-corps et une finale assez courte.
Un pinot gris sur granit avec un sérieux qui frise l’austérité, il faut reconnaître que ce vin procure peu de plaisir aujourd’hui… à réserver, peut-être pour des accords gastronomiques.

Pinot Gris Thann 2005 – Zind-Humbrecht
 : le nez possède un registre envoutant et puissamment typé (fumée, tourbe, iode, notes de truffe…), en bouche le vin révèle une puissance rare avec une acidité profonde, du gras et une finale longue, légèrement tannique et délicatement fumée.
Issu du Rangen, ce pinot gris se caractérise par une matière sauvage et une personnalité haute en couleur. Ce vin « volcanique » va avoir besoin de temps pour s’assagir…

Pinot Gris G.C. Wineck-Schlossberg 2002 – V. Spannagel 
: le nez est riche et gourmand avec des notes de fruits exotiques et de pain grillé, la bouche est aérienne, juteuse et délicatement acidulée, la finale est longue et marquée par l’orange mure.
Un millésime prolixe sur le terroir granitique du Wineck a engendré ce vin pur et équilibré avec un très beau fruité.

Pinot Gris Altenbourg Cuvée Laurence 2006 – Clos des Capucins : le nez est quelque peu étrange avec ses notes grillées suivies par des arômes de graine de moutarde, la bouche est puissante, ample et sphérique avec une longue finale légèrement fumée
Cette cuvée marquée par le botrytis et dotée d’un registre aromatique surprenant est surtout remarquable par sa structure en bouche… ce vin doit encore se poser un peu avant de s’exprimer pleinement.


Thème 3

Le muscat en 2004 : à finir, à boire ou à garder ?

Muscat 2004 – Cave du Roi Dagobert 
: le nez est expressif avec des arômes d’herbe fraîche, de chlorophylle, la bouche est légère, d’une fraîcheur agréable avec un registre toujours végétal qui se complexifie (foin coupé, fleurs…), la finale est très courte.
Un vin plaisant et frais qui a déjà évolué vers un profil plus gastronomique.

Muscat 2004 – Machtum Hoffels (Luxembourg) : le nez est frais, un peu monolithique avec d’intenses notes de chlorophylle, la bouche reste dans la ligne « Holywood » et la finale est courte et aqueuse.
Surprenant par ses arômes entêtants mais sans plus, la structure en bouche est quasi inexistante.

Muscat Tradition 2004 – Hugel : le nez s’ouvre sur des arômes classiques, raisin frais et notes musquées mais la menthe fraîche prend rapidement le dessus, la bouche possède un équilibre classique, sec et tendu avec une longueur moyenne.
Un muscat bien fait, sans trop de fantaisie et d’exubérance mais qui a vraiment bien résisté à l'usure du temps.

Muscat 2004 – P. Frick 
: le nez est étrange et peu typique avec des notes de coing, de pomme blette et quelques évocations fumées, la bouche est vraiment très fatiguée avec des arômes peu agréables.
Etrange et déstabilisant au nez… en bouche le verdict est plus simple, ce vin est passé.

Dry Muscat 2004 – Brown Brothers (Australie)
 : le nez est peu agréable, marqué par des notes végétales peu mures, voire médicamenteuses, la bouche est flotteuse, l’acidité est acerbe, la finale est inexistante.
Un vin passé…qui n’a peut-être jamais été présent…

Muscat Bergheim 2004 – J.M. Deiss 
: le nez est d’une extrême discrétion, la bouche qui possède une structure intéressante avec de la rondeur et un léger CO2, révèle des une palette aromatique végétale très agréable (herbe fraîche et menthe).
Malgré une bouche intéressante, la faiblesse des sensations au nez constitue, à mon avis, une vraie lacune pour un muscat…

Muscat 2004 – L. Barth 
: le nez est discret et fin avec des notes d’herbe coupée, de citron, la bouche est délicatement acidulée et offre une palette qui s’enrichit d’arômes floraux (lavande) et épicés.
Un vin avec une réelle dimension et une belle complexité…à réserver à l’accompagnement gastronomique.

Muscat G.C. Saering 2004 – Dirler-Cadé : le nez est flatteur et engageant, les arômes sont riches et racés (herbe coupée, résine de sapin, eucalyptus…), la bouche est puissante avec une belle minéralité et une longueur considérable.
Un muscat de terroir, puissant, plein de jeunesse et de noblesse… un vin de gastronomie ou de plaisir qui nous prouve que grandeur et polyvalence ne sont pas forcément antinomiques.

Pour conclure :
-    Le premier thème m’a permis de découvrir une série de vins sélectionnés pour leurs personnalités typées mais consensuelles et leur excellent rapport Q/P : des idées précieuses pour choisir des bouteilles destinées à plaire à un large panel de convives… me voilà fin prêt pour arroser copieusement les fêtes de fin d’année !
-    Le second thème m’a laissé un peu sur ma faim… ma réconciliation avec les vins de ce cépage n’est pas pour demain, même si la riche expression de terroir du « Thann » de Zind-Humbrecht et la suavité de la palette du « Wineck-Schlossberg » de Spannagel m’ont particulièrement touchés.
-    Entre les vins vraiment passés, peu agréables et les vins buvables sans plus, la série du troisième thème, a renforcé ma conviction que le muscat ne supporte pas facilement la longue garde. Après 5 ans de vieillissement, beaucoup de cuvées avaient vraiment pas mal décliné… même si le G.C. de Dirler fait office d’exception (qui confirme la règle… ?).
-    Comme d’habitude, Thierry Meyer a mené cette leçon de dégustation avec brio et compétence en nous proposant 3 sujets intéressants et relativement pointus, illustrés par une riche sélection de bouteilles.
Des moments simplement indispensables pour tout amateur de vin d’Alsace !
Merci Maître !
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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 21:42


A quelques jours de Noël Thierry Meyer a invité les membres de son club à un dîner au restaurant « La Cuiller à Pot » à Strasbourg pour une symphonie d’accords gastronomiques autour du vin d’Alsace.


Muscat Herrenweg 2002 – Zind-Humbrecht : au nez, les arômes finement musqués évoluent rapidement vers des nuances mentholées, la bouche est fraîche, acidulée et marquée par des notes de pierre à fusil, la finale révèle une délicate amertume. (13°2 – 4 g de SR)

Muscat Herrenweg 2001 – Zind-Humbrecht : au nez, d’élégantes notes fleuries précèdent des nuances fruitées très pures (agrumes mûrs), la bouche possède un équilibre gourmand et une belle longueur (12°8 – 9 g de SR)

Muscat Herrenweg 2000 – Zind-Humbrecht
 : la robe est d’un jaune profond, le nez est discret avec des arômes de raisin sec, complétées par des notes légèrement épicées, la bouche est surprenante car le vin est sec avec du gras et de l’acidité qui construisent une structure puissante. La finale est très longue. (14°7 – O g de SR)

Ces trois vins issus de ce terroir de graves drainantes sur 3 millésimes successifs révèlent des personnalités complètement différentes. Une expérience gustative constructive pour comprendre le poids de l’influence du millésime sur une cuvée, même si je n’ai pas été complètement séduit par la nature de ces muscats, trop sérieux à mon goût…

L’association avec la « Langoustine à la citronnelle Thaï » a fonctionné parfaitement sur le 2001… mais j’y aurais bien confronté la pétulance d’un riesling Sommerberg de l’Oriel (le premier qui me traite d’obsédé va m’entendre…)




Roussette de Savoie Marestel 2005 – Dupasquier : le nez très pur et plein d’élégance est dominé par des arômes de miel, la bouche est ronde, glissante et digeste, la finale est longue et fraîche.

Auxerrois H 2005 – Josmeyer : le nez assez peu engageant avec des notes pierreuses et un peu réduites, la bouche est assez stricte avec une minéralité puissante et une finale longue et droite.

Clos du Zahnacker 2005 – Cave de Ribeauvillé : le nez possède un registre floral très fin, en bouche le vin gagne en complexité, l’équilibre est gourmand et la persistance aromatique finale est longue.

Sur cette triplette 2005 dégustée à l’aveugle, c’est le magnifique intrus savoyard qui gagne la partie face à un auxerrois H trop austère (voire avec un petit défaut au nez…) et un Zahnacker un peu dominé par les marqueurs du gewurztraminer.

L’accord avec les « Saint Jacques snackées sur polenta » fonctionne parfaitement avec le Marestel (synergie sur la douceur) mais aussi avec l’auxerrois H qui par sa texture en bouche joue sur le contraste et la complémentarité avec le plat.




Riesling Cuvée Altenberg 1976 – Lorentz : le nez est d’une complexité inouïe, les notes de torréfaction, de pain d’épices, de tabac blond ouvrent le festival avant de laisser place à de fines nuances florales (lavande), l’attaque en bouche est très vive, le vin envahit le palais avec une structure acide mûre et profonde, la belle salinité finale marque la belle origine de ce cru.

Pinot Gris Réserve Personnelle 2000 – Trimbach : le nez est discret, somme toute peu engageant mais la bouche est remarquable par l’équilibre de sa structure, un vin sec mais rond et une grande longueur finale.

Pinot Gris Réserve Personnelle 1990 – Kuentz-Bas : le nez pur et fin livre des notes de fruits blancs (poire, coing frais…), la bouche est légère, aérienne, avec une longueur moyenne mais un équilibre parfait.

Des pinots gris d’âge vénérable avec des équilibres irréprochables et un riesling grandiose sur un terroir futur grand cru et sur un millésime solaire (l’année de mon BAC…comme c’est loin déjà… je suis vieux… vite un coup à boire, avant que je ne déprime !), un cadeau royal ajouté in-extrémis par Thierry… Mille mercis, Maître !

Les pinots gris sont restés dans l’ombre de ce géant mais se sont révélés comme de délicieux compagnons de table : l’accord avec « la queue de lotte rôtie au beurre salé et sa mousse de céleri aux girolles » à pleinement fonctionné. Le riesling s’est senti à l’aise en compagnie de ce plat raffiné mais je pense qu’un vin aussi exceptionnel se savoure sans accompagnement, l’univers de ce riesling mérite d’être découvert sans intermédiaire…




Gewurztraminer Sonnenglanz 1967 – Bott-Geyl : un nez riche et follement distingué avec des arômes pénétrants de rose fanée et de menthe poivrée, la bouche est équilibrée, sans lourdeur avec une profondeur rare.

Traminer Grande Réserve 1961 – L. Beyer : le nez est original et complexe avec des notes de torréfaction auxquelles répondent d’élégants arômes végétaux (houblon, menthe fraîche), l’équilibre en bouche est parfait, la finale est longue, finement fumée et torréfiée.

Un Sonnenglanz 67 qui pousse à la méditation et le Traminer 61 (provenant de l’Eichberg) qui laisse sans voix… deux grands vins d’Alsace de plus de 40 ans pour prouver une nouvelle fois le potentiel de longévité des crus de notre région… une rencontre unique et magique !

Sur le « munster affiné » le Sonnenglanz a su opposer sa distinction à la rusticité de ce fromage fermier, avec le « vieux comté » le Traminer a réalisé un accord simplement divin, une belle alternative alsacienne au vin jaune.




Pinot Gris G.C. Sommerberg VT 2005 – A. Boxler : le nez est complexe et profond avec des arômes de fruits exotiques et quelques notes briochées, la bouche possède une puissance hors du commun avec une acidité large et un fruit concentré qui envahit le palais, la persistance est superlative.

Pinot Gris G.C. Furstentum SGN 1995 – P. Blanck : le nez livre des arômes suaves de raisin de Corinthe avec de légères évocations de fumée et de truffe blanche, la bouche grasse et délicatement acidulée offre une palette bien complexe avec des notes finement iodées.

Deux vins au moelleux délicieusement équilibré qui tiennent parfaitement leur rang de bouquet final de ce feu d’artifice gustatif…

Les arômes du « croustillant de fruits exotiques » sont parfaitement en phase avec les 2 vins Sommerberg pour le registre fruité et le Furstentum pour les notes caramélisés…dans ce cas on ne choisit pas, on savoure pleinement les deux !


Que dire de plus après une telle soirée ?
Signalons d’abord, la belle initiative du restaurant « La cuiller à pot » à Strasbourg, qui, chaque jeudi, offre à leurs clients la possibilité d’apporter leurs vins pour accompagner les plats proposés à la carte (sans facturer un droit de bouchon).
Enfin, pour changer, tirons une nouvelle fois un énorme coup de chapeau à Thierry, notre sympathique gourou, dont l’enthousiasme, la compétence et le sens du partage forcent l'admiration.
Merci mille fois pour ce beau moment ce convivialité.
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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 18:35


Le vignoble de Westhoffen en novembre



Hautes Côtes de Nuits Les Herbues 2007 – H. Murat à Concoeur


Robe : rubis avec une frange mauve clair.
Nez : franc et complexe avec des notes fumées et épicées à l’attaque et des évocations florales très subtiles après oxygénation.
Bouche : ample et gourmand avec une matière très mûre, un grain tannique soyeux, un développement aromatique sur les fruits rouges et une finale moyenne dotée d’une belle fraîcheur acidulée.
Premier contact at home avec ce vin dégusté sur place cet été et une très bonne surprise : cette cuvée qui porte le nom de la parcelle d’où sont originaires les raisins se goûte magnifiquement aujourd’hui…Bravo M. Murat !



Riesling Grand Cru Sommerberg 2005 – G. Weinzorn à Niedermorschwihr

Robe : Jaune étincelant avec une frange aux nuances argentées.
Nez : pur et envoutant, une grande complexité et une délicatesse infinie…des arômes de coings fraichement cueillis ouvrent le bal, suivis pars des notes exotiques d’une grande richesse (ananas, mangue).
Bouche : la structure est grandiose, l’attaque est pleine de vivacité avec une acidité mûre et tendue qui se prolonge et qui soutient un corps charnu et sapide où naissent des fragrances d’agrumes et d’épices. La minéralité est d’une puissance rare et la finale est d’une longueur peu commune.
LA CLAQUE !
Un riesling presque magique réussi par un grand vigneron… et les 2007 et 2008 dégustés récemment au domaine sont du même acabit.
Il est vraiment GEANT le grand Claude !!!


Pinot noir Les Quatre Eléments 2003 – J.P. Rietsch à Mittelbergheim

Robe : Rubis très foncé, dense avec une fine frange rose.
Nez : concentré et complexe avec une palette très riche de griotte, d’épices douces, de réglisse...
Bouche : une matière croquante, pleine d’énergie, la chair est voluptueuse et pleine d’élégance, la finale de longueur moyenne reste d’une fraîcheur réjouissante.
Un pinot noir certes un peu atypique mais d’une beauté profonde… l’une des bouteilles qui m’a définitivement réconcilié avec ce cépage en Alsace



Gewurztraminer G.C. Altenberg de Wolxheim 2007 – Dom. Lissner à Wolxheim

Robe : Jaune clair avec des reflets argentés.
Nez : de timides notes de sureau à l’attaque mais la palette s’enrichit et se complexifie à l’aération pour nous livrer de beaux arômes floraux (rose) et fruités (agrumes confits).
Bouche : un équilibre très fin avec une acidité tonique mais bien mûre et une longue finale marquée par la bergamote et les épices douces (baies roses, cannelle)
Pas trop d’exubérance mais de la profondeur et de la complexité pour ce gewurztraminer qui va offrir de belles possibilités d’accords gastronomiques.



Le Blanc de Brulesécaille – Côtes de Bourg 2000 – Rodet Recapet à Tauriac

Robe : Jaune paille, assez épais mais brillant.
Nez : surprenant mais très direct avec une palette puissante et complexe allant de la cire d’abeille et la menthe vers des notes camphrées et presque naphtées.
Bouche : l’attaque est souple, la structure est large avec beaucoup de gras et de rondeur, la finale de longueur moyenne est légèrement boisée.
Un sauvignon assez vif dans sa jeunesse qui a pris une patine originale avec l’âge…mystérieux !



Riesling Grand Cru Ollwiller 2007 – Domaine Brucker à Wuenheim

Robe : jaune clair avec des reflets argentés.
Nez : fin et complexe avec des arômes très présents de citronnelle, de sauge et de basilic.
Bouche : la texture est juteuse, l’acidité est longiligne et tendue et la finale est belle avec d’agréables nuances d’agrumes.
Un équilibre sec avec 13° d’alcool pour ce riesling que Thomy Brucker ne trouve pas trop représentatif de son terroir… moi je suis tombé sous le charme de ce séducteur élégant et raffiné.



Pinot blanc Réserve de Bergheim 2004 – S. Spielmann à Bergheim

Robe : nuance paille clair avec une belle brillance.
Nez : un fruité mûr et très pur dominé par de belles notes d’agrumes (orange, mandarine).
Bouche : un équilibre magnifique avec du gras, une acidité profonde, une belle présence saline et une finale de longueur moyenne marquée par une délicate amertume.
Un vin pour ceux qui pensent qu’un « petit cépage » ne peut pas engendrer de grands vins… ce pinot blanc plein de jus et de minéralité est superbe !



Hermitage 1996 – Domaine Belle à Larnage

Robe : dense, presque noire avec une fine frange brunissante.
Nez : riche et voluptueux avec de puissants arômes de crème de cassis, de pâte d’amande et d’épices douces.
Bouche : une structure sphérique, beaucoup de velouté et de chair tout en gardant une belle fraîcheur. La finale est très longue avec un joli retour épicé.
Une forme éblouissante après 13 années de garde… et en plus j’ai pris ces notes en regoûtant ce vin le lendemain.
Ouvert lors d’un repas avec StéphaneW et servi après un Mâcon Pierreclos Chavigne 2004 de Guffens, une merveille de pureté et d’équilibre et un Bienvenues Bâtard 1997 de Carillon, un monstre de puissance et de noblesse, ce vin magnifique a tenu parfaitement son rang dans la série.



Gourmandise – Domaine de Saint Lannes à Lagraulet du Gers

Robe : étincelante, dorée avec une texture assez épaisse.
Nez : puissant, riche et bien expressif : poire confite, massepain, épices douces, vanille…
Bouche : la liqueur est concentrée mais l’acidité bien large rend la structure bien équilibrée. La confiture de coing vient compléter une palette déjà bien complexe. La finale légèrement vanillée est longue, pleine de puissance et de profondeur.
Du petit manseng en surmaturité sur de l’argilo-calcaire, 1 an de barrique, un conditionnement ultra-luxueux…et voici l’OVNI par excellence.
Aucune appellation mentionnée à part « vin de raisins surmûris », cette « chose », qui rappelle un peu un Jurançon haut de gamme est tout à fait étonnante…
C’est Claude Weinzorn du domaine de l’Oriel qui a rapporté ce vin du Salon des Vignerons Indépendants de Lyon… merci de nous avoir fait partager cette découverte.
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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 16:28

Après un séjour estival dans le Vaucluse, Stéphane a eu envie d’organiser une première rencontre de notre club avec cette région mythique, à travers une série de 12 Châteauneuf du Pape du millésime 2005.

Les bouteilles sélectionnées pour cette soirée provenaient toutes de la Maison des vins de Châteauneuf du Pape.

Tous les vins avaient été passés en carafe avant la dégustation.
La dégustation, les commentaires et l’évaluation se sont à l’aveugle, seul le millésime était connu.

Soirée du 20 novembre à Reichstett
Verre Spiegelau.


1. CNP 2005 – Domaine Albin Jacumin
Le nez est net et moyennement intense avec un fruité discret un peu dominé par des notes alcooleuses. La bouche est large, les tanins serrés et mûrs sont d’un abord aimable mais la finale légèrement épicée est assez courte et un peu chaude.
Un vin somme toute bien travaillé mais visiblement trop jeune… fermé au niveau aromatique et légèrement déséquilibré par une puissance alcoolique trop dominante.
BIEN

2. CNP 2005 – Domlaine Lucien Barrot et fils
Le nez est discret, pur et marqué par des notes d’herbes aromatiques et de poivre. L’attaque en bouche est vive, la structure tannique est compacte mais assez soyeuse, l’équilibre est agréablement frais mais la finale est un peu sèche.
80% de grenache et 10% de syrah pour cette cuvée bien équilibrée quoique un peu austère à l’heure actuelle.
BIEN+

3. Château des Fines Roches 2005
Le nez est expressif et complexe avec des notes de guimauve, de grenadine et de cerise à l’eau de vie. La bouche est longiligne et assez fraîche avec un bel équilibre mais la finale un peu sèche est à nouveau un peu dominée par l’alcool.
Ce vin svelte et élégant avec un profil aromatique est très intéressant est encore en devenir mais le potentiel est réel.
BIEN+

4. Cuvée du Chêne Vert 2005
Le nez est fin et complexe avec un fruité bien net et de belles notes d’épices douces. La bouche est ample, sphérique et richement aromatique. La finale est longue mais encore dominée par l’alcool.
Le toucher de bouche est vraiment flatteur, la matière est friande mais l’ensemble demande encore de la patience pour trouver l’harmonie
TRES BIEN-

5. Bosquet des Papes Cuvée Tradition 2005
Le nez plein de franchise offre un fruité mûr et séduisant. La bouche est ample et soyeuse avec un grain plein de gourmandise, la finale est longue mais reste très fraîche.
Un joli vin avec une très belle structure en bouche…en plus, à 18 euros environ, cette bouteille a un excellent rapport Q/P.
TRES BIEN

6. Château de Vaudieu 2005
Le nez est torréfié (café moulu) avec un fruit masqué par un alcool un peu dominateur. La bouche est d’une rondeur avenante, mais la structure est puissante. La finale est moyennement longue et légèrement amère.
L’élevage est très présent et la bouche cherche son harmonie… un vin dégusté beaucoup trop jeune.
BIEN-

7. Bosquet des Papes Chante le Merle 2005

Le nez est savoureux et assez profond, on y perçoit des fruits très mûrs, des épices et des herbes aromatiques (romarin). La bouche est large mais la fermeté des tanins donne à l’ensemble une austérité assez redoutable qui se prolonge jusqu’en finale.
Un vin intéressant par la richesse de son registre aromatique mais la virulence de sa structure tannique est un peu déroutante…
BIEN+

8. Château de Vaudieu Cuvée Val de Dieu 2005
La palette aromatique est dominée par des notes de torréfaction (café, croûte de pain), le fruité mûr apparaît progressivement. La bouche est ample, opulente et charnue avec une finale longue, boisée et légèrement fumée.
Une matière riche et voluptueuse travaillée avec une grande maîtrise, déjà flatteur dans sa prime jeunesse.
TRES BIEN

9. Château La Nerthe 2005

Le nez est séduisant et riche avec une belle pureté et une palette sur des notes de fruits noirs, d’agrumes et de fleurs (violette). La bouche est magnifique, il y a de la rondeur, des tanins soyeux, beaucoup d’ampleur et de profondeur et un finale longue et fraîche.
Jeune, plein d’avenir mais déjà terriblement séduisant, un très beau vin !
TRES BIEN+

10. Les Cailloux 2005
Le nez s’ouvre sur d’éphémères notes de réduction avant de laisser la place à un fruité élégant et riche (prune, agrumes, épices…). La bouche est opulente avec une structure ronde alliant gras et tanins mûrs, de fines fragrances chocolatées marquent une finale longue et pleine de fraîcheur.
André Brunel soigne visiblement son Châteauneuf de base comme sa mythique « Cuvée centenaire ». Ce vin est superbement vinifié, d’un abord avenant dès sa prime jeunesse il a sans conteste les épaules pour défier le temps … et à moins de 20 euros, il constitue vraiment une belle opportunité.
TRES BIEN+

11. Cuvée de mon Aïeul 2005
Le nez est assez discret avec des fruits noirs et des notes un peu alcooleuses. La bouche est très ample, large et très puissante avec des tanins serrés mais un peu rêches et une finale poivrée et mais trop chaude.
Ce Châteauneuf de Pierre Usséglio est vraiment too much pour l’heure… mais je reste dubitatif quant aux perspectives d’évolution (combien de temps va-t-il falloir pour qu’une telle matière s’harmonise ?), mais aussi face au prix très élevé affiché par cette cuvée (environ 50 euros !!!)
BIEN+

12. Clos du Mont Olivet Cuvée du Papet 2005
Le nez est franc et très pur avec une palette riche où on reconnaît la fraise mûre, les agrumes et les épices douces (baies roses, girofle). La matière en bouche est puissante, les tanins restent assez fermes et la finale est bien longue mais présente une certaine astringence.
Une autre cuvée assez luxueuse (36 euros) avec un décalage entre un registre aromatique séduisant et une structure un peu rustique… mais je suis nettement plus convaincu…
TRES BIEN


Conclusions

·    Malgré mon très long parcours de picoleur, c’est la première fois que je me retrouve face à 12 Châteauneuf du Pape pour une soirée… merci à Stéphane pour cette initiative et surtout pour son organisation impeccable.
·    Ces vins se sont laissé boire sans difficulté même si leur concentration et leur puissance pouvaient fatiguer à la longue… signe qui ne trompe pas : il n’y pas eu de second tour de dégustation lors de la soirée !
·    Il semble évident que la plupart de ces vins ont été dégustés beaucoup trop jeunes… mais j’ai quand même quelques gros doutes sur certaines cuvée où la présence alcoolique est vraiment trop dominatrice.
·    Un grand coup de cœur pour le Château La Nerthe, le vin le plus complet de la série d’après moi et pour l’excellent rapport Q/P de la Cuvée Tradition du Bosquet des Papes…les 2 priorités d’achat en ce qui me concerne.

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 17:33
SALON DU LIVRE A COLMAR


« Allez, c’est décidé aujourd’hui on ne parle pas de vin… » voici la bonne résolution que j’ai prise ce samedi 21 novembre en décidant d’aller élargir mon univers culturel en me rendant en compagnie de mon épouse au Salon du Livre à Colmar.

Dans cet immense espace dédié à la littérature sous toutes ses formes, je n’ai pas mis très longtemps à tomber sur ça :

 

Un très beau livre avec des articles passionnants écrits par l’historien Claude Muller illustrés par de superbes photos noir et blanc. J’en parlerai plus longuement lorsque je l’aurai lu…

Décidément même ici… je suis poursuivi !
Je décide donc de m’échapper vers le Café Littéraire pour me changer les idées…et je tombe sur ça :

 
Cinq écrivains commentant un Muscat SGN 2003 du Domaine Otter à Hattsatt…

On reconnaît de gauche à droite : le vigneron Jean-François Otter, les écrivains Patrick Raynal, Jean-Marie Laclavetine, Jacques Gaillard, l’animatrice du débat, Michel Quint et Alix de Saint André.

Serait-ce une malédiction !!!  

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 23:33
L’OLLWILLER SELON…


Fidèle à mon habitude, après une halte bas-rhinoise me voilà de retour dans le Haut-Rhin pour une sixième étape vraiment spéciale : le Grand Cru Ollwiller de Wuenheim.
Même si j’ai évité jusque là les têtes d’affiches du casting des Grands Crus, j’ai quand même voyagé dans des contrées qui m’étaient assez familières… Mais là, je l’avoue humblement, c’est l’aventure en terre inconnue !
En fait, c’est en revenant d’une promenade historique au Mémorial du Vieil Armand que j’ai aperçu ce coteau au bord de la route départementale 5, au sud du village de Wuenheim.

 

Me voilà donc parti pour une vraie découverte… merci de m’accompagner !

Bien des choses ont déjà été écrites sur ces terroirs et un angle d’approche original et intéressant est à priori difficile à définir…mais je vais quand même essayer de relever le défi.
Je vous propose de me suivre dans mes ballades personnelles avec un peu de théorie (le socle nécessaire à une bonne compréhension), des documents photographiques et surtout des rencontres avec les vignerons qui travaillent dans ces parcelles classées.
Bon, ça je l’avais déjà dit…mais c’est pour les nouveaux.



Si on excepte le célébrissime Rangen, isolé dans son enclave près de Thann, on peut considérer Ollwiller comme le terroir situé le plus au sud sur la Route des Vins d’Alsace.


 
Le Château Ollwiller et le coteau Grand Cru dans l’ambiance brumeuse du jour d’Halloween


Ce Grand Cru se trouve sur le ban communal de Wuenheim, un charmant petit village perché à 320 mètres d’altitude, sur un balcon au pied du Hartmannswillerkopf.



 
Les origines de Wuenheim remontent au XIII° siècle : Wunach est cité comme paroisse dès 1272. Comme très souvent, les historiens ne sont pas d’accord sur les racines du nom de ce village : certains soutiennent que Wuenheim viendrait du patronyme Wuno qui est celui du premier propriétaire des lieux, d’autres pensent que ce toponyme fait référence au terme Wunne, qui signifie « terre défrichée »

En étudiant le blason du village, on serait tenté d’accréditer la seconde hypothèse : en ces temps anciens, les moines pratiquaient le défrichement des forêts de conifères pour rendre les terres cultivables.

 
Le blason de Wuenheim : une serpette, une branche de sapin et un soc de charrue, le symbole de la forêt locale et les outils pour défricher et cultiver la terre…

Jusqu’en 1832, Wuenheim était rattaché au village voisin de Soultz. Ces deux petites communes faisaient partie du Haut Mundat appartenant à l’Evêché de Strasbourg.
L’exploitation forestière et la viticulture ont été pendant très longtemps les principales activités de cette localité. Au XVIII° siècle une usine textile fut implantée dans le village mais les vignerons de Wuenheim continuèrent à entretenir la réputation des crus locaux jusqu’à la première Guerre Mondiale.
Situé en première ligne lors des effroyables combats qui ont ensanglanté le Hartmannswillerkopf en 14/18, le village fut évacué et presque entièrement détruit par l’artillerie française.

 
Le Hartmannswillerkopf vu du chemin qui délimite le haut du Grand Cru.


      


Tranchées et casemates sur le Hartmannswillerkopf…



…la douloureuse mémoire des terribles combats de la Grande Guerre.

Wuenheim fut rapidement reconstruit mais pour le vignoble complètement sinistré ce fut plus difficile. Face à ces tragiques évènements, les vignerons choisirent de s’associer pour relever le défi de la restructuration de leurs domaines viticoles. De cet effort de travail en commun est née l’idée d’une coopérative, qui a vu le jour en 1959 et qui, pour honorer la mémoire des vies sacrifiées durant ces sombres années, a pris le nom de « Vieil Armand », dérivation phonétique française de « Hartmannswillerkopf ».

Aujourd'hui, Wuenheim est une localité paisible de 850 habitants, située sur la Route des Vins d’Alsace et intégrée au Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges. Le touriste pourra profiter des nombreux chemins de randonnée, des circuits VTT et du sentier viticole.

L’oenophile trouvera son bonheur en visitant le Musée du Vigneron ou en partant à la découverte des crus locaux dans les quelques caves particulières du secteur ou à la Cave Coopérative du Vieil Armand.


 
La cave vinicole du Vieil Armand et le Musée du vigneron à l’entrée de Wuenheim


Le Grand Cru Ollwiller
se situe dans un amphithéâtre naturel au pied du massif vosgien entre le château qui lui a donné son nom et le village de Wuenheim. Ce terroir, orienté sud/sud-est profite d’un climat sec et protégé des vents dominants par les montagnes du Freundstein et du Vieil Armand.



Des parcelles dans la partie centrale du Grand Cru Ollwiller


Ce Grand Cru méconnu a été pourtant classé en 1983 avec les 25 premiers lieux-dits sélectionnés pour cette prestigieuse appellation. Les parcelles de l’Ollwiller occupent une superficie totale de 35,86 hectares sur un coteau aux pentes douces, dont l’altitude varie de 280 à 335 mètres.


Sur le plan géologique ce Grand Cru, issu du champ de fracture de Thann, fait partie de la famille des calcaires, à tendance marno-gréseuse : un sol rougeâtre très profond et particulièrement drainant repose sur un socle calcaire qui se trouve entre 10 et 15 mètres de profondeur. Si le sable gréseux (à base de grès rose) règne en maître incontesté sur le haut du coteau, les marnes argileuses de l’Oligocène deviennent dominantes au fur et à mesure que l’on descend vers le pied du Grand Cru.

 
La terre rougeâtre de ce terroir marno-gréseux au pied d’un vieux cep…



...et au niveau d’une jeune vigne sur le haut du coteau.



Des rangs de vignes en bas de coteau sur des terrains plus marneux.


La vigne pousse sur des sols profonds, parfois lourds mais avec un excellent pouvoir filtrant et bénéficie d’un climat particulièrement doux et sec. Avec 450 mm de précipitations par an, ce lieu-dit fait partie d’une des régions les moins arrosées de France ; si on ajoute à ceci une exposition particulièrement favorable, on comprend aisément pourquoi on n’hésite pas à parler de micro-climat méditerranéen à propos de ce Grand Cru


Sur le plan historique, les destinées du Grand Cru Ollwiller et du château homonyme sont intimement liées. La présence de la vigne y est très ancienne, elle remonte probablement au XII° siècle : les premières parcelles ont été mises en culture lorsque le premier château a été édifié. Une fois n’est pas coutume, ce sont les moines cisterciens, paysans et intellectuels polyvalents, qui ont donné ses premières lettres de noblesse à ce grand terroir alsacien. Ce vignoble, placé sous l’égide de l’évêché de Strasbourg subvenait aux impérieux besoins de vins de messe des curies et des abbayes du sud de l’Alsace et du pays de Bâle. Par la suite, cette région connut une histoire mouvementée et souvent tragique mais, malgré les guerres et les dévastations qui se sont succédées durant les siècles passés, le château comme le vignoble renaîtront de leur ruines comme le phénix mythique renaît de ses cendres.

 
Une dépendance du château Ollwiller au bas du Grand Cru


Au niveau de la viticulture, l’encépagement est dominé par le riesling et le gewurztraminer. L’enherbement est quasi-généralisé et de nombreuses parcelles sont labourées.

L’herbe omniprésente à limite ouest du Grand Cru…



…ou sur des parcelles à la hauteur du château Ollwiller.


Les vins de l’Ollwiller sont particulièrement fins et élégants avec une grande aptitude au vieillissement. L’âge des vignes (pour permettre aux racines d’aller jusqu’au socle calcaire riche en minéraux) et la maîtrise des rendements sont des éléments déterminants dans la réussite de grands vins sur ce terroir.

 
Une superbe grappe de pinot noir oubliée par les vendangeurs…le 31 octobre.






…THOMY BRUCKER




 

Le domaine Brucker se trouve pratiquement en face de la Cave Coopérative du Vieil Armand, à deux pas des premiers rangs de vignes du Grand Cru. C’est une exploitation familiale très jeune puisque c’est Germain Brucker (le père de Thomy), qui occupait une place de cadre dans l’industrie textile locale, qui a acheté les premières parcelles en 1956 « pour se changer les idées en travaillant au grand air ». Tout d’abord producteur de raisins pour l’U.V.A. à Colmar, Germain Brucker a réalisé sa première mise en bouteilles en 1964.
En 1998 il a passé la main à son fils Thomy, qui gère cette exploitation depuis ce temps.

C’est ce dernier qui me reçoit dans un pittoresque caveau-winstub, alors que la maman s’occupe des clients de passage et que le papa s’affaire auprès de l’alambic pour distiller l’une des nombreuses eaux de vie que produit ce domaine (15 sortes d’eaux de vie blanches… il va falloir que je repasse pour goûter ces alcools fins dont la liste a attisé ma curiosité !)


 
Le caveau winstub du domaine Brucker



Soucieux de présenter son Grand Cru avec la plus grande précision, Thomy Brucker a pris soin de consulter mes articles précédents pour préparer avec beaucoup de sérieux les questions que j’ai l’habitude d’aborder lors de mes entretiens.


Comment définir ce terroir ?

Au niveau géologique l’Ollwiller se caractérise par « un sol assez lourd, profond, riche et chaud », plus gréseux dans les parties hautes et plus marneux vers le bas (effet du ravinement).

Au niveau géographique l’Ollwiller occupe un coteau en pente douce dont l’orientation permet un ensoleillement maximum des premiers rayons du matin jusqu’au soir. Le microclimat est très sec, les montagnes environnantes constituent un barrage naturel pour les nuages et protègent ce lieu-dit des intempéries « il n’y a  jamais d’orage de grêle sur l’Ollwiller ».

Au niveau historique l’Ollwiller est le seul Grand Cru alsacien qui porte le nom du château qui a fait sa notoriété. Le bâtiment principal a été détruit lors des combats de la première Guerre Mondiale : les propriétaires actuels occupent les luxueuses dépendances du lieu et continuent d’exploiter leurs vignes sur le Grand Cru. « La famille Gros qui habite le château depuis plusieurs générations est le principal exploitant sur l’Ollwiller, mais il n’y a pas de mise en bouteilles au domaine, l’intégralité de la récolte va à la Coopérative du Vieil Armand »

Au niveau de la vigne, l’Ollwiller est un terroir fertile et facile à travailler « ces conditions favorables peuvent apparaître comme un inconvénient en terme de viticulture…cependant elles permettent au vigneron désireux de faire le choix de la qualité d’utiliser des méthodes culturales exigeantes » (labourage inter-cep et cavaillon, choix de porte-greffes qualitatifs…).
Le problème majeur qui se pose aux vignerons c’est la maîtrise de la vigueur et de la prolixité des vignes sur ce terroir « la vigne ne souffre pas sur l’Ollwiller »…serait-ce au vigneron de la malmener un peu pour la pousser à révéler tout son potentiel ?


Fin octobre, il reste des pieds de vigne bien chargés sur de l’Ollwiller.


Quels sont les cépages les mieux adaptés ?


Le riesling occupe près de la moitié du Grand Cru, un bon tiers pour le pinot gris et autour de 13% pour le gewurztraminer (chiffres de la déclaration de récolte sur Wuenheim en 2008). Thomy Brucker pense que le choix du riesling se justifie par le fait que ce cépage reste le plus réceptif à la minéralité de ce terroir mais que la polyvalence de l’Ollwiller permet l’épanouissement de tous les cépages nobles : « nous sommes les seuls à produire des cuvées Grand Cru avec les 4 cépages autorisés ...le muscat 2005 a d’ailleurs été cité par le Guide Hachette 2008 ».


Quels caractères spécifiques ce terroir transmet-il aux vins ?

« C’est la question la plus difficile… » reconnaît Thomy Brucker, mais, s’il fallait trouver une constante on pourrait dire que c’est au niveau de la structure et après 4 à 5 ans de vieillissement que le terroir de l’Ollwiller s’exprime le plus fortement. En règle générale, les vins de ce Grand Cru ont toujours une souplesse avenante mais avec un fond souvent très riche et puissant. « il est très difficile de faire des vins secs sur l’Ollwiller ».
Les rieslings sont souples et citronnés dans leur jeunesse et se complexifient après 4 à 5 ans, avec des accents minéraux qui se déclinent sur des notes d’herbes aromatiques.
Les pinots gris et les gewurztraminer sont des vins très puissants, très mûrs avec des arômes assez discrets mais complexes. Les caractères variétaux ne dominent pas, même dans leur jeunesse.
Le muscat possède de beaux arômes dans sa jeunesse mais évolue rapidement vers un registre proche de celui des rieslings (herbes aromatiques) tout en conservant une solide structure.


Quelles perspectives pour ce terroir ?


L’Ollwiller est un Grand Cru particulièrement méconnu, exploité par seulement 2 vignerons indépendants : le domaine Ledermann et le domaine Brucker.
Les autres viticulteurs locaux fournissent leurs raisins aux Coopératives de Wuenheim (Vieil Armand), Turkheim et Wolfberger ainsi qu’à des maisons de négoce comme Trimbach, Hugel ou Divinal.
Ces conditions particulières font que « malgré de nombreux efforts consentis par certains vignerons qui croient en leur Grand Cru, les choses ne bougent que très lentement ».Le rôle des caves coopératives et des maisons de négoce est ambigu : d’un côté, ces structures  constituent un outil de communication performant pour ce Grand Cru d’un autre côté elles ne poussent pas toujours leurs fournisseurs de raisins à une démarche assez qualitative. « L’absence de contrôles dans les vignes a pour conséquence le fait que certains viticulteurs sont tentés de faire passer l’aspect financier avant la qualité des raisins…les rendements ne sont pas assez maitrisés, les 60 premiers hectolitres passent en Grand Cru, le reste en AOC… ».
Ceci dit, depuis quelques années, les Caves Coopératives ont changé de politique en entrant dans une démarche plus qualitative et « c’est tant mieux car ce vignoble a vraiment besoin de ces locomotives pour reprendre confiance en son avenir ».
Signe des temps, depuis quelques années, de nombreux vignerons arrêtent leur activité faute de trouver un successeur « les jeunes sont souvent dissuadés par les sacrifices à consentir pour exercer ce métier à l’heure actuelle ».
Il paraît évident qu’il va falloir inverser cette tendance, Wuenheim et son Grand Cru ont leur place dans la longue histoire du vignoble alsacien. Il s’agit aujourd’hui de ne perdre ni la mémoire ni l’espoir en des jours meilleurs…Courage !


Les vins du domaine : quelle conception ?

Le domaine Brucker exploite 15 ha de vignes dont 2,5 ha sur les Grands Crus Ollwiller et Rangen (depuis le millésime 2008). 2/3 de la production est mise en bouteilles au domaine, le reste est vendu en raisins.
Au niveau viticulture Thomy a choisi la taille courte sur une seule baguette pour contrôler les rendements et obtenir les meilleures maturités possible. La densité de plantation se situe entre 4500 à 5000 pieds par hectare.
Au niveau traitement, c’est l’option lutte raisonnée qui a été retenue : « le moins possible et plus rien à partir de la fin juillet (…) Le bio m’a bien tenté un moment mais la fertilité de l’Ollwiller est vraiment trop favorable à la prolifération de plantes indésirables. Il y a quelques années, une invasion massive de liserons sur mes parcelles m’a contraint à l’emploi d’un désherbant ».
Les rangs de vigne sont enherbés et labourés en alternance un rang sur deux « ça oblige les racines à descendre plus profond et ça aère le sol en le rendant plus léger et plus vivant ».

 
Une parcelle du domaine Brucker labourée un rang sur deux.


Les vendanges entièrement manuelles s’étalent sur 6 semaines. Après le pressurage et le débourbage, la fermentation (sans levurage) et l’élevage se déroulent dans les vieux foudres plus que centenaires du domaine. Thomy Brucker est un ardent défenseur du travail avec des contenants en bois « c’est avant tout une tradition familiale, les vins élevés de 8 à 12 mois en foudres s’ouvrent plus rapidement tout en conservant un excellent potentiel de vieillissement… notre clientèle de particuliers recherche de type de vins ».

 

La cave du domaine Brucker…



…avec des foudres millésimés !


Le domaine Brucker produit 50 à 60000 cols par an, vendus principalement à une clientèle locale de particuliers.




Et dans le verre ça donne quoi ?

Riesling G.C. Ollwiller 2003 : le nez est assez complexe marqué par des notes d’herbes aromatiques (sauge, mélisse), la bouche possède un bel équilibre acidité/SR et une délicate pointe chlorophyllée en finale.

 
Riesling G.C. Ollwiller 2005 : le nez s’ouvre sur des fruits blancs très mûrs (poires au sirop), la bouche reste équilibrée malgré sa richesse, la finale est longue et saline.

Riesling G.C. Ollwiller 2008 : le nez est complexe et frais avec des notes de fruits blancs (pomme verte, groseille à maquereaux) complétées par des nuances de fumée et de pierre à fusil, la bouche est soyeuse avec une acidité fine et longue, du résiduel qui commence à se fondre et une minéralité affirmée en finale.



Pinot Gris G.C. Ollwiller 2005 : le nez est engageant et très mûr sur des fruits jaunes, la bouche est opulente avec des notes grillée et torréfiées, la finale est saline et légèrement fumée.

Pinot Gris G.C. Ollwiller 2008 : le nez très pur est marqué par les fruits mûrs avec des notes biscuitées et légèrement fumées, la bouche possède une structure ample, un toucher onctueux et un finale très longue.



Muscat G.C. Ollwiller 2002 : le nez est riche et bien expressif avec des notes de chlorophylle et de fruits secs, la bouche est structurée autour d’une acidité longue et profonde, la finale revient sur les arômes très frais de menthe verte et de chlorophylle.

Muscat G.C. Ollwiller 2005 : le nez et pur et riche sur le sureau et le raisin mûr, la surmaturité sensible en bouche donne une rondeur avenant à la structure.

 
Muscat G.C. Ollwiller 2008 : le nez s’ouvre sur des notes très fraîches et légèrement musquées avant de se complexifier avec des fines nuances d’agrumes (mandarine), la bouche est ronde et gourmande avec une finale bien longue.



Gewurztraminer G.G. Ollwiller 2001 : le nez est fin et subtil sur du raisin mûr et de la menthe poivrée, la bouche est ronde et soyeuse avec une finale un peu caramélisée.

Gewurztraminer G.G. Ollwiller 2003 : le nez assez complexe et légèrement torréfié présente des notes exotiques de litchi, la bouche est puissante avec une matière surmurie et une finale où la salinité laisse un impression presque tannique.

Gewurztraminer G.G. Ollwiller 2006 : le nez est fin et délicat sur un registre floral, la bouche présente une matière mûre avec des arômes de raisins de Corinthe, la finale est longue.

Gewurztraminer G.G. Ollwiller 2008 : le nez est délicat, aérien, sur un registre floral, la bouche est ample et concentrée, la surmaturité est perceptible et la finale est longue et épicée (poivre blanc).

 

Le tour d’horizon du Grand Cru vu à travers l’expression des 4 cépages livre un verdict sans appel : lorsque les rendements sont bien maîtrisés, l’Ollwiller génère des vins très riches. Thomy Brucker a pris l’option de contrôler le degré alcoolique (entre 13° et 14°) quitte à laisser des sucres résiduels dans ses vins.
Ses cuvées s’apprécient dans leur jeunesse pour leur moelleux avenant mais l’amateur de sensations plus typées devra faire preuve de patience (5 années de garde au minimum).
Les 2008 sont terriblement séduisants, grâce à cette belle acidité qui caractérise ce millésime en Alsace.




Riesling G.C. Rangen 2008 : le nez pur et racé offre de discrets arômes de miel et de silex, l’attaque en bouche est pointue, la structure est large avec quelques SR discrets et une finale longue et très saline.

La nouvelle cuvée du domaine dans son premier millésime, le terroir est encore discret mais la matière est là pour attendre sereinement les années de plénitude.

 


Pour conclure, un petit bilan sur cette sixème expérience de visite approfondie d’un terroir Grand Cru (attention je risque de me répéter…) :


- Une fois de plus, j’ai pu vérifier que la convivialité et la disponibilité des vignerons alsaciens ne sont pas une légende. La façon dont Thomy Brucker a préparé notre entrevue force le respect.                                                             
Mille mercis pour ce moment convivial et enrichissant.


- J’ ai renforcé ma conviction qu’une bonne compréhension d’un vin passe évidemment par la dégustation mais s’enrichit considérablement si on fait la démarche d’aller sur place, sentir l’énergie des terroirs où il naît et rencontrer les gens qui le conçoivent…je ne boirai plus jamais des Ollwiller comme avant !

- L’Ollwiller est un terroir fertile où une vigne dont les rendements sont maîtrisés produit une matière première d’une grande richesse, rendant difficile (voire impossible) la production de vins techniquement secs. L’oenophile recherchant la droiture et la tension dans les vins jeunes devra passer son chemin… ou s’armer de patience pour que le temps patine quelque peu l’opulence naturelle de ce Grand Cru.
En dégustant différents cépages sur plusieurs millésimes, j’ai pu constater que tous ces vins présentent comme intérêt d’être aimables et avenants à chaque phase de leur évolution… et à l’heure actuelle où on n’a plus forcément ni le temps, ni les moyens de gérer un grand stock de bouteilles, cette polyvalence des crus de l’Ollwiller peut constituer un bel argument en leur faveur.
- Thomy Brucker croit en son Grand Cru, mais il sait le chemin long et difficile qu’il lui reste à parcourir pour que l’Ollwiller se fasse un nom dans le classement alsacien. Ce jeune vigneron, président du Syndicat Viticole de Wuenheim, Hartmannswiller et Berrwiller, se sent souvent bien seul pour faire connaître et reconnaître ce terroir…cependant, lors de notre entretien, il a fait preuve d’un tel niveau de connaissance et de motivation qu’on a forcément envie d’avoir confiance en lui.
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 10:51




Impossible de quitter Katzenthal sans emprunter la petite route col qui débouche entre le Florimont et le Sommerberg pour nous mener dans la vallée voisine où nous attend noter ami Claude Weinzorn au Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr (allez…je vous aide un peu : DITES « nidaire-morche-vire »).

De retour de Lyon où il a participé au Salon des Vignerons Indépendants, Claude est en train de nettoyer sa cave où les moûts de 2009 fermentent. Ses nouveau-nés tellement prometteurs font l’objet de toutes ses attentions. La nature a été plus que généreuse cette année…c’est presque un devoir pour un vigneron que de réussir de grands vins sur ce millésime !
Nous dégustons des pinots blancs vinifiés en barriques qui sont déjà très clairs avec une matière riche et un pinot noir dense et concentré, issu de raisins rentrés à plus de 14° naturels…des jus savoureux et de belles cuvées en devenir. Confiance !

Après ce premier contact avec 2009, nous nous rendons au « Bunker », une cave de stockage enterrée à flanc de coteau face au Sommerberg, à la recherche de quelques flacons pour se faire plaisir…
Pour moi, aucune hésitation : je veux voir comment va la fameuse cuvée « » dont la richesse et la pureté m’avaient bluffé en début d’année. Claude prélève aussi un flacon sur une petite pile de demi-bouteilles…le gewurztraminer « vin de glace » bien sûr…et nous voilà partis vers le caveau de dégustation


1. Riesling Cuvée Z 2008
 : un nez exubérant et complexe démarrant sur les fruits exotiques frais révèle progressivement de délicates notes florales, la bouche possède une acidité très longue qui tend une structure ample où les 20g de SR sont pratiquement imperceptibles, la finale est longue, saline et délicatement épicée (le poivre blanc qui marque les Sommerberg de Claude).
Une cuvée étonnante : une vigne de 3 ans sur la calotte sommitale du Sommerberg (pas d’appellation G.C. en raison de la jeunesse de la parcelle) a engendré un vin magique…La juste récompense d’un travail de forçat sur une parcelle où le granit règne en maître absolu.
Cette première vendange a produit des vins qui feront date !


 

La parcelle Z sur le Sommerberg


2. Riesling G.C. Sommerberg 2007
 : le nez discret allie le citron et les fruits exotiques (ananas frais), la bouche est volumineuse, puissante et pleine de saveurs fruitées, la finale est longue, minérale et délicatement poivrée.
Dans la lignée des 2004, 2005, 2006… une réussite majeure sur ce Grand Cru.

3. Riesling G.C. Brand 2007 : un nez plus expressif livre de beaux arômes de citronnelle et de verveine, la bouche est sphérique avec du gras, de la salinité et une belle finale bien fraîche.
Un registre aromatique plus épanoui mais une personnalité plus classique, on est loin de l’expressivité presque baroque du Sommerberg mais nous voilà en présence d’un riesling de granit archétypique.

4. Riesling G.C. Florimont 2007 : le nez est floral et aérien, la bouche est tendue avec une allonge citronnée et une belle finale sur des notes crayeuses.
Une parcelle à l’extrême ouest du Grand Cru, sous la falaise calcaire, a donné ce riesling fin et profondément minéral.

5. Gewurztraminer Vin de Glace : le nez puissant et expressif offre un répertoire complet avec l’eau de rose, les épices et les agrumes confits, la bouche est grasse, moelleuse sans lourdeur avec une grande salinité qui laisse une impression presque tannique en finale.
L’OVNI du domaine se porte à merveille visiblement, la richesse aromatique est confondante et la structure en bouche trouve peu à peu son équilibre. Nous voilà rassurés, il ne reste plus qu’a trouver un nom (vin de glace n’est pas autorisé) et un millésime (2008 pour les raisins mais 2009 pour la vendange…)… d’ailleurs Claude et Sandrine Weinzorn attendent vos suggestions.

Quelques impressions pour conclure :

- voilà un vigneron que j’ai découvert il y a quelques années suivant les conseils d’un certain Thierry Meyer (c’est un jeune qui touche en vin d’Alsace, à ce qui paraît…) et dont j’apprécie les vins depuis le millésime 2004.
- j’ai presque envie de dire que la générosité et la chaleur humaine de Claude Weinzorn se ressentent dans toutes ses cuvées… ici pas de vins en demi-teinte, les terroirs et les cépages s’expriment avec une sincérité assumée.
- Claude aime les défis, après la conquête du sommet du Sommerberg, la vendange de vin de glace, le voilà en train de tester la vinification des pinots blancs à la bourguignonne…ce travailleur infatigable n’a certainement pas fini de nous étonner
- coup de cœur ému pour la cuvée « Z »…comment cette jeune vigne peut-elle engendrer un tel vin ?
La nature reconnaîtrait elle le travail du vigneron à Niedermorschwihr… ?


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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 19:26



Petite virée automnale dans le vignoble haut-rhinois en compagnie de Stéphane : il fait beau, la vigne est flamboyante, j’en oublierai presque que la fin des vacances approche…

Après une brève étape à Eguisheim chez Emile Beyer (un accueil BOF, BOF...), nous nous rendons à Katzenthal au domaine Jean Marc Bernhard.
Mme Bernhard nous reçoit dans son caveau à côté de la cuverie où les jus de l’année fermentent bruyamment…et nous voilà partis à la découverte des 2008 :

1. Sylvaner Vignoble de Katzenthal 2008 : un nez plaisant de fruits blancs, de raisin frais et une légère touche fumée, une bouche équilibrée et fraîche avec une acidité longue et pointue qui contrebalance une matière très mûre.
Un sylvaner issu de vieilles vignes autour de Katzenthal avec une légère surmaturité qui le rend diablement séduisant.

 

2. Pinot blanc Bouquet de Printemps 2008 : un nez discret et très pur avec des notes de fruits jaunes, une bouche d’un équilibre sec mais d’une structure bien sphérique.
Pinot blanc et auxerrois sont associés dans cette cuvée simple mais dotée d’une belle franchise.


Une petite parenthèse sur 2007 pour calibrer le palais :

3. Riesling G.C. Wineck-Schlossberg 2007 : un nez pur et délicatement citronné, la bouche est joliment construite autour d’une acidité fine et tendue.
Petit retour sur 2007 pour ce G.C. remarquablement équilibré qui s’exprime avec une élégance discrète.


Retour sur 2008 :

4. Riesling G.C. Wineck-Schlossberg 2008 : un nez fermé où on décèle du citron et des notes fumées, une bouche avec une acidité profonde et tendue et une salinité remarquable.
Nerveux et minéral, la signature du millésime sur ce Grand Cru est bien affirmée.

5. Riesling G.C. Schlossberg 2008 : un nez franc mais discret sur le pamplemousse, une bouche ample et sphérique avec une acidité mûre et profonde et une salinité intense.
Un riesling classique et parfaitement vinifié, issu d’une parcelle acquise récemment cet autre Grand Cru granitique de la vallée voisine. La différence de personnalité enter ce vin et le Wineck est évidente…tellement proches et pourtant si différents.

 

6. Pinot Gris G.C. Furstentum 2008 : un nez avenant mais très discret, une bouche large et soyeuse avec un équilibre très fin sur la richesse et la minéralité.
Ce pinot gris se plaira en compagnie de nombreux mets : un beau vin de gastronomie.

7. Pinot Gris G.C. Kaefferkopf 2008
: un nez plus riche avec des fruits jaunes et un léger fumé, une bouche qui associe une acidité longue et profonde et un moelleux présent sans être envahissant.
Un pinot gris plus solaire, gras et savoureux à réserver aux plats plus riches ou à laisser vieillir pour assagir la virulence de sa structure.

8. Gewurztraminer G.C. Kaefferkopf 2008 : un nez charmeur où la rose domine dès l’attaque mais qui laisse transparaître de délicates senteurs exotiques par la suite. La bouche ample, opulente laisse une impression de puissance et se termine par une finale longue et poivrée.
Une matière opulente et concentrée, qui se laisse approcher facilement dès aujourd’hui mais qui gagnera en harmonie après quelques années de garde.


Finale sur 2007 avec des cuvées qui demandent plus de patience :

9. Gewurztraminer G.C. Mambourg 2007 : un nez expressif marqué par des arômes de banane et de fruits blancs, une bouche onctueuse qui s’allonge sur des notes d’épices douces.
Un vin qui manque un peu de fraîcheur à l’heure actuelle mais la matière est là…laissons lui le temps de se construire !

10. Pinot noir 2007 : un nez pur et gourmand sur la griotte et le noyau de cerise, une bouche pleine de soie et de légèreté.
Un pinot noir simple mais diablement séducteur récolté sur des vignes en plaine mais vinifié avec justesse. Un vin de copains comme je les aime…

11. Pinot noir Barriques 2007
: un nez discret qui livre des arômes légèrement torréfiés et discrètement épicés, la bouche est somptueuse avec du gras, de la fraîcheur et une très belle longueur.
Des raisins provenant du coteau du Hinterbourg et un élevage en barriques ont permis à ce vigneron d’élaborer ce vin qui n’est qu’à l’aube de sa vie mais qui possède la panoplie complète du beau pinot noir. Ces rouges alsaciens me surprennent vraiment de plus en plus !

 


8. Riesling S.G.N. 2007
: un nez marqué par une belle surmaturité avec un rôti très agréable et des nuances exotiques. La puissance en bouche est remarquable : une liqueur onctueuse soutenue par une acidité longue et une finale très longue.
L’adepte inconditionnel de vins secs, que je suis, se voit contraint de rendre les armes devant la finesse de cette cuvée exceptionnelle. Bravo !


Quelques impressions pour conclure :

- c’est toujours une expérience réjouissante que de parcourir la gamme du domaine Bernhard : des vins purs, sincères et profondément marqués par leur terroir.
- après des 2007 parfaitement réussis, les 2008 m’ont surpris par leur haut niveau qualitatif avec des acidités magnifiques, longues, profondes et bien mûres.
- avec 2009 qui s’annonce encore plus grand, il va falloir que je songe à agrandir ma cave (mais ça va être difficile…) ou que je décide de boire plus (ça aussi ce sera très difficile !)

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 10:45
 

Publiée par les Dernières Nouvelles d’Alsace, cette revue fait la part belle aux vins et aux vignerons de notre région. On y parle de réchauffement climatique, de polémiques sur l’appellation Grand Cru, de biodynamie avec un super article sur Sylvie Spielmann. On y présente des vignerons (Mélanie Pfister, Etienne Loew, Marc Tempé, Vincent Sipp entre autres), on donne la parole à des écrivains et à des cavistes...
Bref, c’est plein de belles photos, de textes courts mais intéressants et de conseils d’achats avisés.
Bon, il y a quelques coquilles par ci par là dans les textes et les recettes de cuisine de Serge Burckel me paraissent vraiment infaisables, mais ne boudons pas notre plaisir : c’est une revue qui propose une vision originale et pertinente de la chose vinique en Alsace, allez-y sans hésiter !

Longue vie à ce magazine !
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Présentation

  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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