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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 17:35







La rencontre entre un journaliste fou amoureux du vignoble alsacien, un sommelier de renommée mondiale et les meilleurs vins de notre région, ne pouvait que générer un livre exceptionnel.

Après une première partie qui situe le contexte de façon précise, intéressante et solidement argumentée, les auteurs entrent dans le vif du sujet en détaillant chaque Grand Cru alsacien. On parle histoire, géologie et surtout dégustation : la manière dont chaque terroir marque ses vins est expliquée de façon claire et détaillée. Les analyses organoleptiques de Serge Dubs sont des modèles du genre et constituent une source d’information précieuse pour l’amateur désireux de comprendre cette relation particulière entre terroir et vin.

La troisième partie propose des bilans et des synthèses pratiques pour le lecteur pressé de passer aux travaux pratiques ou désireux de raviver rapidement ses connaissances.

Bref, un livre enthousiasmant, une bible pour tout amateur de vin d’Alsace.


S’il fallait néanmoins formuler quelques critiques, je dirais que les descriptions de Serge Dubs sont parfois déroutantes pour un lecteur non-averti. Le bougre a un nez et un palais surhumains : lorsque dans un riesling Sommerberg 1999 de Boxler, il décèle des arômes de citron vert, pamplemousse, pêche blanche, ananas, lilas sauvage, fleur de houblon, sureau, violette, menthe poivrée et iode…ça laisse songeur !
Il faut aussi préciser que le livre date de 2002 et n’a été ni réactualisée – le Kaefferkopf d’Ammerschwihr manque à l’appel et le sylvaner est encore exclu de l’A.O.C. Grand Cru sur le Zotzenberg – ni rééditée à ce jour – ce qui rend ce livre pratiquement introuvable aujourd’hui. Dommage !
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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 19:10


LE STEINKLOTZ SELON…


Voici donc le premier article d’une série consacrée aux Grands Crus alsaciens, que je vous propose de réaliser en cheminant du nord au sud sur notre belle route des vins.
Bien des choses ont déjà été écrites sur ces terroirs et un angle d’approche original et intéressant est à priori difficile à définir…mais je vais quand même essayer de relever le défi.
Je vous propose de me suivre dans mes ballades personnelles avec un peu de théorie (le socle nécessaire à une bonne compréhension), des documents photographiques et surtout des rencontres avec les vignerons qui travaillent dans ces parcelles classées.

Le grand cru Steinklotz se trouve sur le ban communal de Marlenheim.

 
Marlenheim fait partie du vignoble de la Couronne d’Or

 
Lumière de printemps sur Marlenheim et le Marlenberg


Ce village, qui compte un peu moins de 3500 habitants se situe à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Strasbourg. On le considère comme la porte d’entrée nord de la route du vin d’Alsace (en oubliant la petite enclave septentrionale de Cleebourg).

 
Ce n’est pas moi qui le dit…







Le coteau du Steinklotz s’étend à flanc de la colline du Marlenberg qui domine le côté nord du village. Les parcelles du Steinklotz occupent une superficie totale de 40,6 hectares entre 200 et 300 mètres d’altitude et bénéficient d’une exposition sud-sud-est.

 

 

Au dessus de Marlenheim, sur les pentes du Steinklotz



Sur le plan géologique
ce Grand Cru est à dominante calcaire : Muschelkalk (calcaire coquiller) et calcaire du Keuper dolomitique constituent la roche mère de ce coteau. La terre végétale est rare (20 cm de profondeur) et la roche affleure régulièrement : la dénomination Steinklotz, qu’on peut traduire par bloc (Klotz) de pierre (Stein), n’est vraiment pas usurpée…


La roche apparaît un peu partout entre les rangs de vigne.

Ce sous-sol pauvre et très caillouteux a été depuis toujours exploité pour produire du pinot noir de grande qualité : en 2000 le pinot noir représentait encore 50% de l’encépagement.

   

D’une parcelle à l’autre la pierre calcaire est omniprésente.



Les cépages blancs se retrouvent principalement sur les quelques zones argileuses ou sableuses, un peu plus humides.

 

La chapelle au milieu du Steinklotz se trouve dans une zone plus riche en argile...

 
...un secteur plus particulièrement favorable aux cépages blancs, où on retrouve les rangs de vignes en lyre de Romain Fritsch


Sur le plan historique on s’accorde à dire que ce cru est né avec le Haut Moyen-Age.
C’est d’ailleurs à Marlenheim que l’on situe l’origine du plus ancien témoignage écrit sur la culture de la vigne en Alsace, à la fin du 6° siècle.
Une autre particularité vient du fait que ce sont surtout les vins rouges qui ont fait la renommée de ce terroir : le Roter Marlheimer (rouge de Marlenheim) a été encensé par les poètes et les écrivains dès le XVI° siècle et jusqu’à nos jours, à tel point que même les vignerons d’aujourd’hui continuent d’avoir un penchant affectif pour le rouge de leur ancêtres.

 
Jérôme Fritsch (le papa de Romain) a beaucoup œuvré pour que le pinot noir reste le vin roi dans son village. Pour cela il a milité, avec Serge Fend et d’autres collègues vignerons, pour que ce cépage puisse être autorisé dans l’appellation Alsace Grand Cru sur le Steinklotz. Gageons qu’avec l’énergie déployée par la nouvelle génération qui a pris le relais, ce dossier aboutira bientôt.






Au niveau de la viticulture
, le labour et l’enherbement se généralisent peu à peu sur le Steinklotz. La taille courte, l’éclaircissement des grappes ou l’élargissement des rangées sont également des pratiques qui se répandent et qui témoignent d’un vrai changement de cap.
N’oublions pas qu’il y a un demi-siècle, la logique commerciale qui prévalait a conduit les vignerons a adopter des pratiques peu recommandables…on a même arraché de la vigne pour planter des pruniers ou des mirabelliers sur le Steinklotz, compte tenu du fait que l’eau de vie se vendait mieux que le vin à l’époque… !



L’extrême ouest du Steinklotz : au premier plan une parcelle de jeunes vignes sur un sol plus gréseux et au deuxième plan une parcelle d’arbres fruitiers.


L’âge moyen des vignes sur le Steinklotz est de 30 ans, les rendements sont de mieux en mieux maîtrisés, les pratiques culturales progressent à tout niveau

   



Des rangs enherbés du domaine Mosbach avec, au pied des ceps, un tapis de lamiers pourpres… c’est vraiment le printemps !



…ROMAIN FRITSCH


Le domaine Fritsch se situe au centre du bourg sur l’artère principale qui traverse Marlenheim en direction de Saverne. C’est une exploitation familiale de 7,5 hectares.


Nous débutons notre entretien alors que Romain Fritsch est en train de terminer les travaux de consolidation de son ancien four à Flammekueche. Dès les premières questions, je sens l’homme passionné par son métier et par l’histoire de son vignoble.

Comment définir ce terroir ?
La caractéristique principale du Steinklotz c’est le calcaire, il est omniprésent même si la partie ouest du coteau, après la chapelle, est un peu plus riche en argile. A l’est les sables gréseux issus des falaises du Krontal marquent la fin de ce terroir classé Grand Cru. C’est la partie ouest exclusivement calcaire qui est la plus typique du Steinklotz, les vins qui y naissent possèdent une profonde minéralité et une bonne aptitude à la garde. Le côté est, vers Nordheim, est propice à l’élaboration de vins plus fruités.

Quels sont les cépages les mieux adaptés ?
A ce sujet, aucune ambiguïté, Romain se situe dans la ligne de pensée de son père : le pinot noir est le cépage le mieux adapté sur le Steinklotz.
On y réussit aussi de beaux rieslings, bien entendu, mais Romain avoue avoir une nette préférence pour le gewurztraminer qui offre une belle homogénéité qualitative quel que soit le millésime et qui joue souvent sur le registre de la finesse et de l’élégance, des gewurz de gastronomie, en fait.

Quelles perspectives pour ce terroir ?
A ce sujet, les positions sont claires et tranchées :
-    La notion de terroir doit absolument primer sur la notion de cépage : le vigneron vendra des vins de cépage et du Grand Cru Steinklotz. Les caractères variétaux se retrouveront dans les vins de cépage traditionnels et le terroir parlera haut et fort dans le Grand Cru. A chaque vigneron de trouver le ou les cépages qui seront le plus à même de traduire les particularités de ce terroir.
Les vignerons alsaciens se doivent de réfléchir à une réforme destinée à organiser de façon plus rationnelle et plus lisible cette mosaïque d’appellations, dans laquelle le non-initié se perd trop souvent. Avec les modifications des lois sur les autorisations de plantation de la vigne qui se profilent à très court terme (2013), c’est une question de survie pure et simple.
-    Il est essentiel que le vin rouge retrouve sa place sur le Grand Cru : à ce sujet Romain Fritsch est convaincu que la solution idéale serait de réaliser une cuvée avec un assemblage de cépages rouges…et même un peu de blanc comme pour le Côte Rôtie. Il verrait fort bien un assemblage avec 80 à 85% de pinot noir, 10 à 15% de syrah et 5% de gewurztraminer.
Il est vrai que lorsque l’on se réfère à Médard Barth (historien du vignoble alsacien) on apprend que le fameux vin rouge qui avait fait la renommée du terroir de Marlenheim était déjà un assemblage avec du pinot noir mais aussi du gamay que l’on plantait sur les sols plus acides près du Krontal et du Bayonner, un cépage teinturier sûrement originaire du sud-ouest (l’idée de planter de la syrah vient de là d’ailleurs).

Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire pour faire basculer une interprofession attachée à ses valeurs et souvent obnubilée par la rentabilité immédiate, mais Romain garde bon espoir d’y parvenir un jour…En 1982, il passait bien pour un illuminé parce qu’il était le seul à enherber ses vignes, alors qu’aujourd’hui c’est devenu une pratique courante sur le Steinklotz, alors…

Pourquoi des vignes en lyre sur le Steinklotz ?


Ce mode de conduite de la vigne, né en Allemagne avant-guerre et rendu réellement performant par un travail de recherche dans le vignoble bordelais dans les années 70, a été expérimenté et adopté par Romain Fritsch sur certaines parcelles de muscat, riesling, gewurztraminer, pinot gris et pinot noir, depuis une dizaine d’années.
     





Des rangs de vignes en lyre sur le Steinklotz, 2300 pieds/HA

La raison de ce choix est double :
-    C’est une conduite de la vigne qui permet une exposition plus complète aux rayons du soleil et un développement accru de la surface foliaire. La grande largeur de l’espace inter-rangs permet également une meilleur préservation du sol au pied des ceps (les engins passent beaucoup plus loin des rangs).
-    C’est une pratique originale qui démarque le domaine Fritsch des autres en lui procurant un argument de communication non négligeable « A Marlenheim, tout le monde fait du Steinklotz, en ce qui me concerne, je suis surtout connu pour mes vignes en lyre…»
Ces cuvées exclues de l’appellation Alsace Grand Cru et baptisées Cuvée du Banni sont devenues les produits phare du domaine.

Et dans le verre ça donne quoi ?
La dégustation qui a suivi ce long entretien m’a permis de goûter quelques références d’une carte très complète (une vingtaine de vins). Malheureusement, comme pour la soirée gewurztraminer, les antihistaminiques sont restés sans effets notables pour le moment, me laissant avec un nez inopérant et un palais défaillant face à une série de bouteilles, dont je vais dire quelques mots mais que je re-dégusterai sûrement beaucoup mieux dans quelques temps…Promis.

Muscat Cuvée du banni 2007 : une robe claire et lumineuse un nez associant raisin frais et fleur de sureau et un équilibre droit et tendu en bouche.
Un muscat polyvalent (apéritif et gastronomie) composé à parts égales de muscat d’Alsace et de muscat ottonel.

Riesling Grand Cru Steinklotz 2006 : une attaque très franche, une belle pureté au nez (je n’ai pas identifié les marqueurs de 2006) et un belle profondeur en bouche.
Un riesling sérieux et droit, taillé pour la garde.

Pinot Noir Rouge de Marlenheim Cuvée Tradition 2005 : une robe d’un rubis profond, un nez sur le fruit et une bouche gourmande et bien structurée.
Pour se convaincre que le terroir de Marlenheim est fait pour générer de beaux pinots noirs.

Pinot Noir Rouge de Marlenheim Barriques 2003 : une robe sombre et dense, un nez très concentré et complexe et une bouche charnue et ronde.
Un dosage idéal entre la puissance du millésime et l’élevage, un vin avec un beau potentiel même s’il est déjà agréable à boire aujourd’hui.


Nous avons même testé le fameux assemblage prôné par Romain Fritsch en rajoutant quelques gouttes de gewurztraminer dans un verre de pinot noir. La synergie entre ces deux cépages, que tout sépare à priori, est étonnante…une piste à explorer sans aucun doute !
A noter les prix très sages : les GC et le pinot noir barriques à moins de 10 euros, c’est cadeau…

Pour conclure, un petit bilan sur cette première expérience de visite approfondie d’un terroir Grand Cru :
-    Tout d’abord, j’ai été heureux de pouvoir passer 2 belles demi-journées dans notre vignoble, l’une sur un V.T.T. sur les pentes du Steinklotz et l’autre en compagnie d’un hôte passionnant.
-    Une fois de plus, j’ai pu vérifier que la convivialité et la disponibilité des vignerons alsaciens ne sont pas une légende. Encore mille mercis à Romain pour son accueil.
-    J’ ai renforcé ma conviction qu’une bonne compréhension d’un vin passe évidemment par la dégustation mais s’enrichit considérablement si on fait la démarche d’aller sur place, sentir l’énergie des terroirs où il naît et rencontrer les gens qui le conçoivent…je ne boirai plus jamais des Steinklotz comme avant !
-    Par contre, je suis toujours navré d’entendre que si peu de strasbourgeois viennent s’approvisionner dans ce secteur : c’est à quelques minutes du centre-ville, les caveaux sont presque toujours ouverts, les vins sont bons et offrent un excellent rapport Q/P… c’est incompréhensible !


Vue sur Strasbourg depuis le Steinklotz, la flèche de la cathédrale est visible à l’horizon.




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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 10:19




Nouvelle soirée de notre club A.O.C. avec un retour aux sources par la diagonale S/O – N/E, pour un rendez-vous avec le cépage le plus typique de notre région : le gewurztraminer.
Ce cépage occupe 18,6% de la surface totale du vignoble alsacien et 37,8% de la surface des Grands Crus (juste derrière le riesling).

Malheureusement, la traditionnelle rhinite allergique du printemps a une nouvelle fois eu raison de ma muqueuse olfactive et c’est avec une anosmie partielle que j’ai vécu (subi) cette nouvelle séance de dégustation. L’effort de concentration pour analyser ces vins a été considérable, mais les arômes du gewurztraminer sont vraiment très puissants. J’ai donc pu identifier quelques nuances odorantes mais j’ai surtout été attentif à structure en bouche.
Ceci dit, une dégustation de vins plaisir par excellence, qui se transforme en un fastidieux exercice physique et mental, c’est rageant. P….. DE POLLENS !

Les vins étaient servis aux alentours de 10° sans carafage. La dégustation, les commentaires et l’évaluation se sont faits pratiquement à l’aveugle : l’ordre des vins étant établi par Stéphane, nous avions comme information que les Grands Crus allaient succéder aux génériques et comme présupposé un probable crescendo qualitatif...

Soirée du 9 avril mars 2009 à Kientzville
Verres INAO + un Taster de la série des Impitoyables pour creuser un peu… Dégustation et notes à l’aveugle.


1. Gewurztraminer Les 2 M 2007 – G. Neumeyer à Molsheim
Aérien, sur un registre floral avec une bouche alliant harmonieusement fraîcheur et gras.
Equilibré, fin et digeste…un bon compagnon de table sans aucun doute.
BIEN+

2. Gewurztraminer 2006 – Ginglinger-Fix à Eguisheim
Des arômes mûrs et classiques (rose et fruits exotiques) et une bouche opulente à la limite de la lourdeur.
Un gewurztraminer traditionnel un peu trop riche à mon goût.
BIEN -

3. Gewurztraminer Vieilles Vignes 2005 – Sipp-Mack à Hunawihr
Un nez précis avec une palette évolutive déclinant plein d’arômes de fruits blancs (banane, pèche blanche, poire…) et une bouche svelte et élégante avec une belle persistance sur des notes fruitées.
Les épices (gewurz) manquent un peu dans la palette mais le fruité est remarquable…une gourmandise !
TRES BIEN

4. Gewurztraminer Cuvée Saint Urbain 2005 – V. Spannagel à Katzental
Un profil aromatique discret sur le fruit, une complexité moyenne et une bouche nette et bien définie qui manque un peu d’ampleur.
Un vin sérieux mais qui manque un peu de volume.
BIEN -

5. Gewurztraminer Tradition 2006 – Hugel à Riquewihr

Un nez discret sur un registre plutôt floral et épicé, une bouche nette et bien définie avec une rondeur avenante, agréable sans plus.
Il manque vraiment un brin de fantaisie à ce vin…dommage !
BIEN -

6. Gewurztraminer G.C. Kirchberg de Barr 2007 – Hering à Barr

Un nez discret, floral et une bouche très élégante avec une belle acidité qui se pose progressivement et qui soutient une longue finale.
Un premier Grand Cru qui marque bien le changement de registre : un nez un peu plus fermé et une structure en bouche plus profonde et plus ample.
BIEN +

7. Gewurztraminer G.C. Zinnköpfle 2007 – A. Bursin à Westhalten
Un fruité exotique puissant, du poivre blanc au nez et une bouche tout en rondeur et en opulence avec une finale longue.
Un séducteur invétéré…presque à la limite de la flagornerie…Qui sait ?
BIEN +

8. Gewurztraminer G.C. Bollenberg 2006 – V. Zusslin à Orschwihr
Un nez peu d’intense et assez peu typé au nez avec quelques notes fumées, la bouche est fraîche, légèrement mentholée avec une petite amertume en finale.
Un vin que nous avons peut-être surpris dans une mauvaise phase…!
BIEN

9. Gewurztraminer G.C. Engelberg 2005 – Pfister à Dahlenheim

Discrétion mais grande complexité au nez, la bouche possède une structure puissante, de magnifiques notes salines viennent soutenir une longue finale.
Un grand gewurztraminer encore sur la réserve mais le potentiel semble énorme.
TRES BIEN

10. Gewurztraminer G.C. Altenberg de Bergbieten 2006 – Mochel à Traenheim
Un nez très réservé, une bouche massive dotée d’une acidité puissante et d’une finale longue et profondément minérale.
Un vin qui a séduit l’assemblée, à juste titre sûrement…moi je suis un peu passé à côté, dérangé par l’austérité de ce vin (la fatigue peut-être). Et pourtant c’est un des domaines que je fréquente depuis le plus longtemps…il est peut-être temps d’aller me coucher !
BIEN +

11. Gewurztraminer G.C. Mambourg 2006 – J.M. Bernhard à Katzental

Plein de fruits blancs et d’épices au nez et un équilibre en bouche qui frise la perfection. Un vin profond et doté d’une belle fraîcheur avec une finale très longue et saline.
Finalement j’ai bien fait de rester encore un peu pour recevoir cette claque magistrale… le vin de la soirée pour moi !
TRES BIEN +

12. Gewurztraminer Cuvée des Seigneurs de Ribeaupierre 2000 – Trimbach à Ribeauvillé
Un nez complexe sur les fruits blancs, le miel et la réglisse. La bouche est ronde et bien équilibrée, la finale est belle avec de classiques notes de poivre blanc.
Un vin qui a un peu divisé l’assemblée par son profil un peu évolué (c’était une bouteille insérée au dernier moment dans la dégustation). Pour moi, pas de problème, c’est une belle expression d’un gewurztraminer dans la force de l’âge.
TRES BIEN

13. Gewurztraminer G.C. Mambourg 2003 – Tempé à Zellenberg
Un fruité surmûri et des notes de menthe poivrée au nez, une bouche très puissante mais bien équilibrée malgré des S.R. perceptibles. La finale est longue et marquée par une belle minéralité.
Tempé fait du Tempé, mais, au bout du compte, c’est très bon…
TRES BIEN


Conclusions

·    Le gewurztraminer est vraiment un cépage à nul autre pareil. Tout d’abord, parce que ses marqueurs aromatiques très puissants résistent à l’empreinte des terroirs les plus expressifs. Ensuite, parce que la réalisation d’un équilibre gustatif est toujours une affaire extrêmement complexe pour les vignerons : le dosage des S.R. par rapport à une trame acide parfois un peu fragile constitue un véritable exercice d’équilibriste, tant la frontière entre opulent et pâteux est ténue.
·    Pas de réelle fausse note dans la sélection du soir : les vins étaient généralement bien vinifiés même si les évaluations du groupe ont été quelquefois bien dispersées sur la grille. Comme beaucoup de vins à forte personnalité, les gewurztraminers ont tendance à segmenter les groupes de dégustateurs.
·    Pour les coups de cœur, pas d’hésitation pour moi : en premier le Mambourg de Bernhard, une bombe (en plus à moins de 15 euros, ça frise l’indécence !) et en second l’Engelberg de Pfister pour sa structure et son potentiel.

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 15:01


Dans ce livre Denis Saverot (rédacteur en chef de la Revue du Vin de France) et Benoist Simmat (reporter éco au Journal du Dimanche) se proposent de nous aider à mieux comprendre le « fait vineux » en France.



Faisant fi du politiquement correct, ils osent affirmer que le vin est une exception culturelle française dont les habitants de ce pays n’ont pas à avoir honte et qu’il serait opportun que le simple bon sens ne soit pas mis à l’index par un stupide principe de précaution uniquement prohibitif.
C’est vrai que qu’en France le vin est devenu une chose honteuse dont il vaut mieux éviter de parler si l’on ne veut pas passer pour un dangereux extrémiste… c’est ridicule !
Un cri d’alarme providentiel dans cette France qui a oublié Rabelais pour sombrer lentement dans un délire hygiéniste !

Cependant, pour aller dans un sens plus critique je dirais que, passé un certain enthousiasme personnel pour la cause défendue, la forme et le contenu de ce livre me conduisent néanmoins à formuler quelques réserves.
Entre les passages où il m’est presque tombé des mains parce que c’est poussif et ennuyeux… et les moments où je le jette par terre parce que les histoires de gros sous et de faux-derches politiques me hérissent le poil, il n’y a eu que peu de place pour la lecture...

J’en arrive presque à regretter le manifeste de Nossiter.
Mais je vais plutôt me resservir quelques lignes de Kermit.


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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 15:56



Ce livre est une sorte de road-book d’un importateur passionné par le vin français.
Kermit Lynch nous emmène en promenade à travers le vignoble français qu’il décrit avec sensibilité et justesse.


Certes, il prend position de façon tranchée pour une viticulture authentique et traditionnelle et n'est pas tendre avec le bordelais ou avec les chantres de la modernité dans le monde du vin, mais cette description des régions viticoles et de vignerons de la génération précédente, le tout par un américain ne manque vraiment pas de charme.
 Bref, j'ai bien aimé :
- le style de l'auteur qui rend la lecture très agréable : c'est plutôt bien écrit, contrairement à Nossiter par exemple,
- les personnages rencontrés et décrits qui sont pittoresques et attachants,
- l'analyse un peu décalée de l'esprit des régions françaises : c'est comme un petit essai rafraîchissant d'ethnologie viticole...

Je suis un peu plus réservé sur le type de vin qu'il recherche à tout prix : on flirte souvent avec un forme de bio-connerie.

Par contre lorsque j'ai vu les quantités de vin qu'un importateur peut commander, je mesure le privilège que ces vignerons accordent à l'oenophile de passage en l'accueillant et en lui consacrant leur temps pour partager leur passion.

Ce petit bouquin n’est pas vraiment une nouveauté (la première édition date de 1988), mais il vient d'être réédité en poche, profitons en sans tarder !

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 15:51


Je viens de terminer « Le goût et le pouvoir »de Nossiter et mon impression est plus que mitigée.
Après une introduction alléchante, où l’on reconnaissait bien l’esprit du réalisateur de Mondovino, le reste du livre m’a laissé dubitatif…



Tout d’abord sur la forme :
o    La rédaction de plusieurs chapitres comme des dialogues d’une pièce de théâtre, fait plus penser à un scénario qu’à un essai littéraire. J’y verrais presque une certaine facilité, d’autant plus que la plupart des interventions, retranscrites telles quelles, relevaient de la narration pure et simple et m’ont très rapidement ennuyé. Bref, ça sent le travail facile, inachevé… et un peu l’exploitation d’un gros filon et le surf sur une vague médiatique.
o    Le choix des interlocuteurs et des endroits visités relève plus d’un parcours mondain (vignerons stars, restaurants et cavistes ultra branchés…) que d’une quête de l’authentique que notre trublion alter-mondialiste revendique pourtant à toutes les pages.

Le fond du discours m’a encore un peu plus dérouté.
o    Le terroir selon Nossiter, n’est pas à la portée de toutes les bourses : les petites bouteilles dénichées chez de petits cavistes ou de modestes vignerons affichent toutes des prix dépassant largement les possibilités de la classe moyenne, si elles ne sont pas tout simplement introuvables pour le commun des mortels.
o    Le style de vin apprécié par l’auteur et qui, selon lui, devrait être plébiscité par tout vrai dégustateur adulte ne me fait vraiment pas saliver : Nossiter ne cesse de faire l’apologie, sans réelle nuance, de breuvages clairets, acides et amers tout en jetant l’anathème sur les horribles vins modernes faciles et agréables à déguster. Personnellement, je ne m’y retrouve pas ou alors je suis passé à côté du message…
En tous cas, je continuerai sans complexe à passer pour un béotien en me régalant avec de beaux vins équilibrés, issus de raisins bien mûrs et vinifiés pour flatter mon palais d’éternel enfant. Je continuerai à rendre visite à d’infréquentables artisans (artistes) vignerons, qui loin de tout battage médiatique s’appliqueront jour après jour à faire pousser les plus beaux fruits sur de beaux terroirs pour en extraire de divins liquides pour le plaisir de leurs clients.

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 10:11
 
Le Bourboulenc de Nega Saumas 2007 – Supply-Royer à Arboras  
  
Robe : Jaune clair avec beaucoup d’éclat.      
Nez : Puissant et complexe avec du citron confit, de la verveine puis des notes beurrées et finement boisées.      
Bouche : Concentré et pur avec une équilibre tendu et une belle finale laissant apparaître de beaux arômes épicés.      
Toujours aussi bourguignon dans sa conception… ce Bourboulenc trompe son petit monde tout en le séduisant pleinement d’ailleurs !      
TRES BIEN  
 
 
Abbaye de Sylva Plana Le songe de l’Abbé – Faugères 2003 – Deshenrys à Alignan du vent  
   
Robe : Très dense, un rubis profond tirant vers le noir et une frange purpurine.      
Nez : Puissant mais agréable avec des arômes de cerise noire confite et d’herbes provençales. (ciste, romarin)      
Bouche : Soie et concentration mais aussi gourmandise pour une présence en bouche bien équilibrée avec une finale fraîche et de belle longueur marquée par une petite amertume bien agréable.      
Un assemblage classique de syrah, de vieux carignans, grenaches et mourvèdres récoltés sur un terroir schisteux. L’élevage partiel en bois neuf est habilement dosé, 5 ans plus tard il est parfaitement intégré…
Bref, un très beau vin pour un très beau rapport Q/P.   
  
TRES BIEN    

 
Puligny Montrachet 1° Cru Les Perrières 1995 – Carillon à Puligny Montrachet      

Robe : Jaune assez profond avec des reflets dorés      
Nez : 2 heures de carafage sont venues à bout de ces arômes de réduction assez tenaces pour laisser place à une palette discrète mais agréable : notes balsamiques et craie humide.      
Bouche : Un équilibre classique entre le gras et une puissante minéralité. Le vin est très concentré et laisse une finale longue et tendue avec des évocations citronnées.      
Il faut vraiment décanter ces vieux Puligny de Carillon pour leur permettre de se réveiller en douceur sans quoi ils font le gros dos en cachant leurs charmes au dégustateur trop pressé…      
BIEN +   
 
 
Mas de Daumas Gassac blanc 2004   
  
Robe : Jaune franc avec des reflets dorés      
Nez : Complexe et fin avec quelques notes oxydatives très légères qui font rapidement place à des arômes fruités délicats (abricot frais).      
Bouche : Un équilibre gras et soyeux avec un beau toucher de bouche et une palette qui se complexifie tout au long de la dégustation (notes balsamiques et épicées).      
Un vin charmeur qui manque quand même un peu de fond mais qui nous a fait passer un agréable moment en sa compagnie.      
BIEN     


 
Ladoix – Côte de Beaune 2001 – Maréchal-Caillot à Bligny les Beaune 
    
Robe : Une nuance grenat avec une densité moyenne et une frange légèrement dégradée.     
Nez : Intense et flatteur avec de belle notes de fruits rouges très mûrs (framboise et cerise confites).      
Bouche : Une attaque très franche mais soyeuse et un développement charnu et velouté. La finale est assez longue et marquée par des arômes de café.      
Tout en rondeur pour un beau moment de plaisir… 2001 est vraiment un beau millésime en Bourgogne !      
TRES BIEN -     
 

Gevrey Chambertin 1999 – A. Guyard à Marsannay  
  
Robe : Sombre et dense avec une frange grenat.      
Nez : Complexe mais assez discret avec une palette qui fait son âge en nous proposant de beaux arômes de crème de cassis, de réglisse et de cuir.      
Bouche : Une attaque assez douce et un développement sur le registre de la suavité et de la gourmandise sans trop de profondeur cependant.      
Un vin de demi-corps assez atypique pour un Gevrey. Il n’en reste pas moins que la dégustation est bien agréable… sans oublier que les flacons de la maison Guyard offrent des rapports Q/P super !      
BIEN     
 

Riesling Grand Cru Altenberg de Bergbieten 2005 - Domaine R. Schmitt à Bergbieten 
  
  
Robe : Jaune clair avec des reflets argentés.      
Nez : Discret mais complexe avec des arômes de citronnelle, de fougère, d’anis et un léger fumé.      
Bouche : Très sec avec une acidité cinglante mais beaucoup de matière. Des notes citronnées apparaissent en milieu de bouche et la finale est longue et profondément minérale.      
Un riesling de puriste : sérieux presque ascétique, droit dans ses bottes même après  3 jours d’ouverture. Il faudra peut-être encore quelques années de garde supplémentaires pour domestiquer cette énergie…      
BIEN +     
 

Quincy 2008 – J. Rouze à Quincy 
    
Robe : Jaune très pâle avec des reflets vert clair.      
Nez : Intense et bien typé avec des notes de groseilles, de bourgeon de cassis sur fond d’amande douce.      
Bouche : Très vif avec des arômes de groseille à maquereaux qui explosent en bouche. La finale est assez brève et présente une légère amertume.      
Un sauvignon très classique avec de magnifiques arômes de fruits qui m’ont ramené 40 ans en arrière dans le jardin de ma grand-mère, où nous mordions à belles dents dans ces grosses baies dont l’acidité nous faisait grimacer…
Le vin est certes un peu simple, mais ne boudons pas notre plaisir, un voyage dans le temps pour une poignée d’euros, cela ne se refuse pas !      

BIEN +     


Riesling Grand Cru Frankstein 2004 – Beck-Hartweg à Dambach
   
  
Robe : Jaune clair, brillant.      
Nez : Pur et aérien avec de belles notes de citronnelle, de menthe verte et de sauge.      
Bouche : Une belle structure où le gras et minéralité s’équilibrent parfaitement. La finale est fraîche et bien longue avec de la salinité et une délicate amertume.      
Un très beau riesling fin et digeste sans les classiques marqueurs végétaux de ce millésime. Une très belle surprise.
En repensant aux Sommerberg de Claude Weinzorn également très réussis, je me demande si 2004 n’a pas été un millésime spécialement propice à l’expression des terroirs granitiques ?      

TRES BIEN     
 

Domaine Les Clapas Ibie 2006 – J. Jouret à Villeneuve de Berg 
 
   
Robe : Noire et concentrée avec une fine frange violine.      
Nez : Complexe et évolutif avec une palette très riche : griotte à l’eau de vie, pain d’épice, rhum…      
Bouche : Une attaque assez douce et un développement progressif avec une matière soyeuse et gourmande. Les tanins se manifestent en finale avec une longueur plus structurelle qu’aromatique.      
Un Vin des Coteaux de l’Ardèche avec une matière concentrée mais suave et un potentiel certain…malheureusement c’était la dernière.
Là, mon rayon ardéchois est à sec…Cyril, j’arrive ! 
     
BIEN+     
 

Ladoix – Côte de Beaune 2001 – Maréchal-Caillot à Bligny les Beaune
      
Robe : Une nuance grenat avec une densité moyenne et une frange légèrement dégradée.    
Nez : Intense et flatteur avec de belle notes de fruits rouges très mûrs (framboise et cerise confites).      
Bouche : Une attaque très franche mais soyeuse et un développement charnu et velouté. La finale est assez longue et marquée par des arômes de café.      
Tout en rondeur pour un beau moment de plaisir… 2001 est vraiment un beau millésime en Bourgogne !      
TRES BIEN -     
 

Château l’Escart Cuvée Tradition 2006 – G. et D. Laurent à Saint Loubes
      
Robe : Sombre et dense avec une frange violine.      
Nez : Puissant et profond avec des notes de cassis, de réglisse et de bois noble.      
Bouche : Un beau volume, des tanins mûrs et soyeux et de belles notes de fruits noirs qui s’épanouissent au palais. La finale est assez longue avec quelques touches boisées discrètes.      
Un Bordeaux Supérieur qui fait honneur à cette appellation qui recèle d’excellents rapports Q/P et dont les vignerons méritent d’être soutenus.
Le domaine produit aussi une cuvée de luxe la « Cuvée Omar Khayam » dont je parlerai très prochainement.      

BIEN+     

 
Pinot Gris Grand Cru Sommerberg 2004 - Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr   
  
Robe : Jaune paille avec beaucoup d’éclat.      
Nez : Riche et élégant avec d’intenses arômes de fruits jaunes (abricot frais, brugnon), de miel suivies en profondeur par des notes de cuir et de tabac.      
Bouche : Un toucher de bouche presque bourguignon avec beaucoup de gras et de matière. La trame acide est fine mais longue et les S.R. sont bien intégrés. L’ensemble est harmonieux et doté d’une belle fraîcheur finale.      
Un très beau P.G diablement séduisant et très pur issu d’un terroir granitique…encore un 2004 pleinement réussi !
Encore une preuve pour ma théorie sur 2004 et le granit…mais je continue les recherches. Dur labeur !      

TRES BIEN     
 

Santenay 1° Cru Clos Rousseau 2003 – Sorine et fils à Santenay    
 
Robe : Foncée et dense avec une fine frange grenat.      
Nez : Puissant et agréable sur les fruits rouges (cerise bigarreau, framboise…) agrémenté de notes de pain d’épices.      
Bouche : Une matière imposante, des tanins serrés, mûrs et soyeux et une douceur assez classique dans ce millésime. La finale est assez longue avec quelques notes alcooleuses.     
Opulence et rondeur pour ce vin solaire, plaisant et savoureux…en plus le rapport Q/P est top…      
BIEN+     
 

Roussette Aimavigne 2006 – Dupasquier à Jongieux      
       
Robe : Jaune clair avec des reflets dorés.      
Nez : Très élégant et très mûr avec des évocations fruités (abricot et pèche) et de belles notes de miel.      
Bouche : L’attaque se fait tout en souplesse puis le vin prend du volume en bouche pour finir sur un bel équilibre entre minéralité et rondeur miellée.      
Une superbe cuvée issue du cépage altesse, très proche du fameux Marestel, déjà bien connu sur le site.
Je ne vous parle pas du rapport Q/P « c’est indécent » comme dirait l’autre…
      
TRES BIEN     



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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 09:26

Je dois l’avouer, j’ai un faible pour Mittelbergheim

Ce petit village viticole (moins de 700 âmes) au nom imprononçable par les « gens de l’intérieur » se situe sur la route des vins d’Alsace entre Andlau et Barr à une trentaine de kilomètres de Strasbourg.


Mittelbergheim - traduisez le village (Heim) au milieu (Mittel) des montagnes (Berg)-

dans la lumière un peu blafarde du premier jour sans pluie de ce printemps.

Au fond, les 2 tours du Haut Andlau.


A chaque nouvelle visite je suis frappé par la beauté sereine de ce site (officiellement classé parmi les plus beaux villages de France quand même !).

Selon l’humeur ou le temps disponible je flâne dans les ruelles étroites entre de pittoresques maisons vigneronnes, j’arpente les nombreux chemins qui sillonnent la vigne ou alors, prenant mon courage à deux mains, je me lance dans une randonnée à travers le Zotzenberg et les collines vosgiennes, jusqu’au château du Haut Andlau dont les deux tours dominent le paysage.

Mittelbergheim est aussi l’un des bourgs viticoles les plus dynamiques de toute l’Alsace… il y a des fêtes et des animations tout le temps !

Le week-end du 28 et 29 mars c’était l’opération « Henter’m Kallerladel » (qu’on peut traduire par : derrière la porte de la cave) qui invitait les vignerons à ouvrir leurs caves aux visiteurs pour leur faire découvrir leur production mais aussi pour leur faire rencontrer des artistes ou des artisans, qui avaient investi les lieux pour ces deux jours.

Ma première visite me conduit naturellement au domaine Rietsch où M. Rietsch père nous faisait une petite démonstration de distillation de marc à l’aide d’un alambic mobile le tout rythmé par un orchestre de jazz…ambiance, ambiance…


Le chapiteau et le col de cygne ont été enlevés…

le marc fumant est dans la cuve , la distillation est terminée.


C’est en compagnie d’Eric (un A.O.C.) et de Philppe (Zappa pour les Dciens) que Jean-Pierre Rietsch nous propose de déguster quelques nouveautés de sa carte 2009 :

-     un muscat 2008 : récolté sur le Stein et le Zotzenberg, finement aromatique, pur et tendu en bouche.

-     un auxerrois Entre chien et loup 2007, passé quelques temps dans les fameux demi-muid, charnu avec une belle finale légèrement fumée.

-     un riesling Grand Cru Wiebelsberg 2007, gras, élégant, soutenu par une acidité longue avec une finale laissant apparaître quelques notes oxydatives.

-     Un riesling Stein 2007, déjà commenté sur DC, égal à lui même c’est à dire très bon.

-     Un pinot noir Réserve 2007 à la robe assez claire mais au fruité éclatant, des notes légèrement fumées et une grande profondeur en bouche. Très beau vin !

Bref des cuvées séduisantes pleines d’originalité et de belles promesses, conçues par un vigneron qui cherche inlassablement a faire s’exprimer ses terroirs de la façon la plus authentique possible.



Un vieux pressoir en bois à côté de l’entrée du Domaine Rietsch.


Notre périple se poursuit par la visite des caves du domaine Brandner et par un passage dans la Stub où madame Brandner, nous offre un Riesling Stein 2007.


Mme Brandner au service… il n’y a pas d’âge pour participer à la fête !



Etape suivante : le domaine Wittmann qui possède une cave avec une série de foudres en chêne vraiment magnifiques, utilisées pour l’occasion comme support pour mettre en valeur les toiles du peintre Pascklin.

  

 

De belles pièces de tonnellerie de la cave Wittmann décorées par les œuvres de Pascklin.



La cuverie creusée dans la roche est climatisée par un ancien puits qui descend à plus de 20 mètres…pratique !



Dans la cuverie, une climatisation naturelle…



Après un rapide passage dans les sous-sols de l’Hôtel de Ville où dorment quelques générations de Zotzenberg nous nous rendons chez Albert Seltz pour une visite guidée de sa cave.


L’oenothèque de Mittelbergheim, sous l’Hôtel de Ville.



Albert Seltz est une personnalité incontournable de Mittelbergheim. Vigneron talentueux et reconnu, il défend ardemment ses convictions relatives à la meilleure façon de faire du vin dans sa région. Son discours est direct, argumenté et sans langue de bois…

« En Alsace il n’y a pas de mauvais millésimes, il n’y a que de mauvais vignerons »

« En Alsace il n’y a pas de petits cépages, il n’y a que des vignerons qui ne savent pas les travailler correctement »

« Nos arrière-grands-pères faisaient déjà du bio…de toute façon ils n’avaient pas d’autre alternative, les produits phytosanitaires n’existaient pas en ce temps. Ils savaient soigner la vigne naturellement, ils passaient beaucoup de temps à la regarder pousser…nous devons absolument revenir à cette proximité avec la nature ».

Albert Seltz ne revendique pas le fameux label, pourtant il a surmonté toutes les difficultés du millésime 2008 avec des huiles essentielles, du lait et un peu de sulfate de cuivre…

Sa cave est un véritable labyrinthe creusé dans la roche avec un chai à foudres et barriques et des galeries presque champenoises où sont stockés des milliers de flacons qui attendent d’être mis en vente.

Une réserve de 80 000 bouteilles de V.T. et de S.G.N. attendent leur heure…

« Je veux prouver de façon incontestable que mes vins résistent à l’épreuve du temps… » nous explique Albert Seltz.

Gageons que ce défi sera relevé…c’est tout le mal que nous pouvons lui souhaiter.


   


Foudres et barriques dans la cave d’Albert Seltz



 

Une partie du trésor..



et la climatisation naturelle par le puits.




Un petit sourire de bienvenue au domaine Seltz…



et un petite vue avant de repartir vers Strasbourg.


En tous cas merci à tous les organisateurs et participants de cette belle manifestation.

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 16:10





Comme à l’accoutumée, cette première rencontre de l’année 2009 organisée par l’Oenothèque a lieu dans l’espace dégustation de la Maison Wolfberger à Colmar.
Thierry Meyer est toujours fidèle au poste avec une belle série de bouteilles qu’il a soigneusement sélectionnées pour les partager avec nous.

Ces nouvelles séances de dégustation baptisées Masterclass (ça le fait un peu quand même… !) garderont toujours leur vocation première qui est de faire découvrir et apprécier les pépites de notre vignoble.
Mais cet anglicisme un peu ronflant marque un changement de cap dans la conception de ces sessions dédiées aux vins d’Alsace : en effet Thierry à opté pour une approche plus pédagogique en organisant sa dégustation selon des thématiques choisies.
C’est ainsi que pour cette première séance nous aborderons les sujets suivants :
-    les crémants d’Alsace
-    le vin d’Alsace à table
-    les effets du terroir sur le vin d’Alsace
-    les effets de l’âge sur le vin d’Alsace

Les vins sont proposés 2 par 2 ou 3 par 3, la dégustation et l’évaluation se font à l’aveugle.

Voici les quelques commentaires notés durant cette séance :

 En guise de mise en bouche :

1. Riesling Pfingstberg Vin de paille 1997 – L. Albrecht à Orschwihr     
 
Robe : Jaune prononcé.      
Nez : Agréable et aérien avec des notes de fruits jaunes et un léger fumé.      
Bouche : Un moelleux imposant mais sans lourdeur soutenu par une acidité fine et très longue.      
Une couleur qui trahit l’âge mais les sensations organoleptiques sont celles d'un vin beaucoup plus jeune.
Cette cuvée est issue de fruits récoltés à l’automne 1997 et séchés sur fil dans un grenier jusqu’en avril 1998… un vin énigmatique.      

BIEN +     
 
2. Pinot Noir Les Princes Abbés 2008 – Schlumberger à Guebwiller      
Robe : Rubis clair avec une frange mauve.      
Nez : Franc et direct avec des notes de fruits rouges croquants.      
Bouche : Frais et goûteux avec une belle maturité et une finale gourmande.      
Un pinot noir léger et gouleyant avec une belle palette aromatique. Une belle expression de ce cépage sur un terroir gréseux… un seul bémol, le prix : 11 euros la quille c’est un peu trop pour ce type de vin, à mon avis…      
BIEN +    

Dans la série crémants :
 
3. Crémant d’Alsace 2006 – Schoenheitz à Wihr au Val      
Robe : Jaune très pâle avec des reflets verts et une mousse abondante.      
Nez : Très fin, aérien avec de délicates notes florales.      
Bouche : Un équilibre sur la légèreté et la fraîcheur, désaltérant et digeste.      
Dosé à 8 g c’est un beau vin d’apéritif…ou de soi. La belle saison n’est pas loin et le prix n’invite pas vraiment à la continence (8,30 euros).      
BIEN     
 
4. Crémant d’Alsace Extra brut 2005 – P. Gaschy à Eguisheim 
     
Robe : Jaune clair avec des reflets verts et une bulle fine et persistante.      
Nez : Discret mais agréable avec des notes briochées et fruitées (pomme verte).      
Bouche : Une belle charpente avec une vinosité forte, une mousse un peu agressive et une petite amertume en finale.      
Un assemblage pinot noir et chardonnay pour ce crémant conçu selon un modèle plus champenois … à réserver pour accompagner un repas.
Par contre, à 6,60 euros c’est quand même un très bon rapport Q/P
.      
BIEN -     
 
5. Crémant d’Alsace – Wolfberger à Eguisheim      
Robe : Jaune très clair avec des reflets verts et une bulle fine.      
Nez : Fin et élégant avec des arômes de fraise des bois et quelques notes biscuitées.      
Bouche : Une mousse fine et crémeuse, une très belle fraîcheur et une délicate amertume en finale.      
Classique mais très plaisant, digeste malgré un dosage à 12 g…une petite friandise !      
TRES BIEN      
 
6. Crémant d’Alsace Blanc de Blancs Extra Brut – Wolfberger à Eguisheim 
     
Robe : Jaune clair avec un fin cordon de bulles.      
Nez : Fin et discret sur un registre floral.      
Bouche : Une mousse dense, quelques notes florales et une finale assez longue.      
Un crémant sec et vineux 100% chardonnay… très (trop) proche d’un champagne pour ne pas être tenté de comparer…      
BIEN -     


Dans la série les a
lsaces s’invitent à table :

7. Pinot blanc 2007 – P. Klee à Katzenthal      
Robe : Jaune clair avec des reflets vert-pâle et une belle brillance.      
Nez : Fin, discret, avec de délicates évocations florales.      
Bouche : Sec avec une belle pureté mais étonnamment soyeux et gras.       
Une structure tout à fait intéressante pour ce vin sans SR mais très rond…son quasi-mutisme sur le plan aromatique le dessert un peu à l’heure actuelle.      
BIEN     
 
8. Pinot blanc 2007 – Stoeffler à Barr      
Robe : Jaune clair avec des reflets vert-pâle et une belle brillance.      
Nez : Fin et précis avec des notes de fruits blancs.      
Bouche : Une acidité puissante mais une structure sphérique avec une finale saline de belle facture.      
Encore un vin techniquement sec et cependant très rond. Une très belle expression du cépage, une viticulture bio et surtout un super rapport Q/P (moins de 6 euros !)      
BIEN +     
 
9. Pinot blanc Les Lutins – Josmeyer à Wintzenheim      
Robe : Jaune clair avec des reflets vert-pâle et une belle brillance.      
Nez : Subtil et complexe avec des notes de fruits blancs et de beaux arômes floraux.      
Bouche : Quelques S.R. et une acidité longue et profonde structurent ce vin complet et très gourmand. La finale est longue et saline.      
Un excellent terroir (le Rotenberg), une viticulture exigeante (bio-dymamique) et une vinification maîtrisée voilà des conditions parfaites pour prouver que l’auxerrois est un cépage qui peut faire de grands vins. La classe !
Petit bémol : à 13 euros, cette bouteille rentre dans une gamme où la concurrence est vraiment rude en Alsace.      

TRES BIEN -     
 
10. Sylvaner Brandstatt 2007 – Domaine Otter à Hattstatt      
Robe : Jaune paille brillant.      
Nez : Une belle élégance avec des notes de chèvrefeuille et de fleurs blanches.      
Bouche : Le vin est parfaitement sec mais laisse une belle impression de gras. La finale est belle sur de surprenants arômes de cidre brut…      
Un très beau sylvaner sans SR (moins de 1g) mais avec un corps tout en rondeur. La finale très étonnante à un peu surpris l’assemblée… pour ma part, pas ou peu de réserves, j’ai beaucoup aimé ce vin !      
TRES BIEN -      
      
11. Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2007 – L. Rieffel à Mittelbergheim      
Robe : Jaune paille brillant.      
Nez : Beaucoup de pureté et de netteté avec des arômes de fruits blancs.      
Bouche : Très rond et soyeux avec des SR perceptibles mais bien intégrés et une finale de belle longueur.      
Un sylvaner pur et charmeur qui doit encore vieillir un peu pour laisser davantage la parole au terroir.      
BIEN +     
 
12. Sylvaner Z 2007 – P. Kubler à Soutzmatt      
Robe : Jaune paille brillant.      
Nez : Une attaque légèrement boisée suivie par de fines notes fruitées.      
Bouche : Beaucoup de gras et quelques notes boisées, un équilibre parfait et une finale longue .      
Une esthétique un peu bourguignonne pour ce sylvaner atypique mais très plaisant.      
BIEN +     


Dans la série effet terroir :

13. Gewurztraminer Grand Cru Kaefferkopf 2007– Simonis à Ammerschwihr      
Robe : Jaune prononcé avec des reflets dorés.      
Nez : Puissant et riche avec des arômes d’abricot frais et de fruits exotiques.      
Bouche : Un moelleux très sphérique, des notes confites et une finale longue.      
51 grammes de SR mais une belle finesse, le terroir granitique du Kaefferkopf marque de son empreinte ce gewurztraminer rond et savoureux.      
BIEN +     
 
14. Gewurztraminer Rotenberg 2007 – L. Sipp à Ribeauvillé      

Robe : Jaune clair avec des reflets d’or blanc.      
Nez : Une attaque un peu atypique sur des fruits blancs suivi par de discrètes évocations florales plus classiques.      
Bouche : Une bouche tout en rondeur et en finesse mais l’ensemble manque un peu de définition.      
Un gewurztraminer un peu atypique qui semble encore un peu fermé à l’heure actuelle.     
BIEN     
 
15. Gewurztraminer G.C. Schoenenbourg 2007 – Domaine de l’Agapé à Riquewihr    
Robe : Jaune clair et brillant.      
Nez : Fin, élégant et racé avec des notes de rose et d’épices douces.      
Bouche : Un vin savoureux, parfaitement équilibré avec une finale longue et saline.      
Un terroir exceptionnel qui magnifie le cépage…une grande réussite.      
TRES BIEN      
 
16. Grasberg 2005 – M. Deiss à Bergheim
      
Robe : Jaune profond avec des reflets orangés.      
Nez : Puissant avec une palette riche et complexe offrant successivement des notes de citron confit, de raisin sec, de miel et de tabac blond.      
Bouche : Un équilibre magistral entre un moelleux très gourmand et une acidité profonde. La finale est très longue.      
Une complantation de riesling, pinot gris et gewurztraminer sur le sommet du coteau de l’Altenberg… un potentiel énorme, un grand vin tout simplement.      
TRES BIEN +     


Dans la série effet temps :
 
17. Pinot Gris Réserve 1997 – Rolly Gassmann à Rorschwihr      
Robe : Or clair plein d’éclat.      
Nez : Intense et riche avec des notes de raisin sec, de coing et de truffe.      
Bouche : Une belle fraîcheur malgré le moelleux perceptible et une fin de bouche longue et complexe sur le sous-bois et la fumée.      
Le style Rolly Gassmann à l’épreuve du temps…tout à fait concluant !      
TRES BIEN     
 
18. Riesling G.C. Fustentum 1973 – P. Blanck à  Kientzheim     
Robe : Jaune profond avec des reflets oranges presque fluo.      
Nez : Très violent (presque une claque !) sur des notes d’herbes aromatiques très complexes (menthe fraîche, marjolaine…).      
Bouche : Une tenue très droite avec une acidité fine et tendue. La finale est longue et révèle des notes terpéniques.      
Une belle émotion sur ce riesling qui porte fièrement ses 35 ans.      
TRES BIEN     
 
19. Gewurztraminer 1959 – Wolfberger à Eguisheim       
Robe : Or liquide, étincelant.      
Nez : Profond et complexe avec des notes de menthe poivrée et de truffe.      
Bouche : Une belle puissance avec des notes oxydatives très fines et une palette proche d’un xères ou d’un vin jaune (noix, morille). La finale est très longue.      
Un demi siècle pour ce gewurztraminer vénérable qui s’est construit une personnalité très marquée au fil des ans. L’assemblée des dégustateurs a été nettement partagée dans ses évaluations (ça a navigué entre beurk et excellent…) un événement rare pour un vin rare !
En tous cas moi j’ai été ému (la première fois que je croisais un petit jeune qui faisait presque mon âge…) et forcément conquis.    
  
EXCELLENT     


Quelques remarques pour conclure :

* Encore une belle expérience de dégustation même si un riesling-addict de mon acabit a pu un peu rester sur sa faim…

* Quelques leçons de cette première Masterclass :
- on peut faire des vins ronds et gourmands sans S.R. en Alsace 
- sylvaner et auxerrois peuvent faire de très beaux vins lorsque le vigneron les conçoit en associant un beau terroir des rendements maîtrisés et des vinifications précises et soignées.
 - l’âge ne fait vraiment pas peur aux vins de notre région

* Mes coups de cœur :
- le crémant classique de Wolfberger pour sa gourmandise un peu canaille et parce que je n’aime pas trop les crémants qui se prennent pour des champagnes.
- Le Grasberg de Deiss : un monstre…
- Le gewurztraminer 1959 … un copain de classe à un an près, séquence émotion !

Merci à Thierry de continuer à nous faire partager sa connaissance et son expérience.

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 11:35

Lors d’une petite tournée impromptue dans le vignoble haut-rhinois avec Stéphane nous nous sommes arrêtés dans le caveau du Domaine Sipp-Mack à Hunawihr pour une petite visite express.


 L’entrée du caveau du Domaine Sipp-Mack *

Jacques Sipp nous reçoit autour de son Stammtisch dans un petit caveau bien aménagé, qui jouxte sa cuverie traditionnelle, où on peut admirer de beaux foudres en bois à travers une porte vitrée. Il nous explique, qu’en plus d’être décoratifs, ces contenants naturels sont encore très précieux pour l’élevage de ses vins. Les différentes cuvées font ainsi plusieurs aller-retour entre la cuverie inox qui se trouve à l’étage au dessus et cette cuverie bois.

Le domaine s’étend sur un quinzaine d’hectares et dont 1 ha sur le Grand Cru Rosacker et 88 a sur le Grand Cru Osterberg.

Le domaine adhère à l’association Tyflo et pratique donc des méthode culturales très respectueuses de l’environnement : lutte intégrée, vignes enherbées, labour, préservation de l’écosystème…

La carte de la maison comprend une bonne vingtaine de références, mais le manque de temps nous oblige à effectuer des choix pour notre dégustation du jour.

1. Pinot Blanc Barriques 2005 : le nez révèle plein d’arômes de fruits jaunes et une bouche grasse et gourmande avec un boisé très discret et une finale délicatement épicée.
Voilà un type de vin dont je me méfie à priori mais qui, dans ce cas, m’a pleinement séduit : les barriques sont à leur troisième vendange (les 2 premières années elles ont servi à l’élevage des pinots noirs) et apportent juste ce qu’il faut pour enrichir cette cuvée sans la dénaturer…je suis conquis.
TRES BIEN

2. Muscat Cuvée asperges 2007 : un fruit croquant et éclatant et une bouche puissante et ample avec une trame acide très profonde.
Un muscat vinifié pour accompagner un repas, le cépage est parfaitement valorisé, mais je préfère la version un peu plus gourmande (et peut-être plus facile..) à déguster à grande lampées lors d’un apéritif.
BIEN

3. Riesling Vieilles Vignes 2006 : un nez avec de belles notes citronnées, une bouche tendue et dotée d’une belle puissance et d'une finale longue et minérale.
Un riesling archétypique qui se goûte parfaitement sec malgré quelques 5 à 6 grammes de S.R. et d’une belle pureté sur ce millésime qui a joué de bien vilains tours à certains vignerons alsaciens.
BIEN+

4. Riesling Grand Cru Rosacker 2005
: un nez fin et complexe d’agrumes frais et de fumée, une bouche très puissante et très tonique avec 11 grammes de S.R. parfaitement intégrés. La finale est longue et laisse une belle impression de salinité.
Un très grand vin sans aucun doute, même s’il ne parle pas encore très fort aujourd’hui.
EXCELLENT

5. Riesling Grand Cru Osterberg 2005
 : un nez élégant et riche avec des notes de fruits exotiques et de fleurs. La bouche très juteuse est équilibrée par une acidité profonde qui monopolise un peu la finale.
Un contraste assez saisissant entre une palette olfactive flatteuse et une bouche très droite… mais quel potentiel !
TRES BIEN

6. Riesling Grand Cru Rosacker 2007 : quelques notes levurées qui disparaissent très vite derrière un fruité magnifique (ananas frais notamment) et une bouche imposante de profondeur et d’ampleur.
Encore en cours d’élevage, mais une future bombe... décidément je craque de plus en plus sur les 2007 en Alsace !
TRES BIEN…et sûrement plus dans quelques temps.

7. Gewurztraminer Vieilles Vignes 2005
 : un nez riche et opulent avec des fruits exotiques (mangue, papaye) et du poivre blanc. La bouche est soyeuse, presque onctueuse avec une longue finale très marquée par des notes poivrées.
Le cépage dans son expression classique et accomplie.
TRES BIEN

8. Riesling S.G.N. 2002
: une petite gourmandise pour clore cette dégustation forcément trop brève avec de belle notes de fruits jaunes et de miel. La bouche est gourmande avec une belle liqueur soutenue par une trame acide bien tendue.
Du beau travail, mais ce vin n’est encore qu’au tout début de son évolution…Grand frisson probable dans quelques années !
BIEN+


Quelques impressions pour conclure :

- un vigneron sympathique et accueillant, de très beaux vins mais une visite bien trop courte…Dans ces conditions, un nouveau passage devient presque obligatoire…

- les coups de cœur : les rieslings d’une belle pureté et d’un très haut niveau qualitatif et le pinot barriques tout à fait étonnant.

- un seul bémol : lorsqu’on les compare à ceux des domaines de même niveau, les prix des Grand Crus sont un peu élevé (plus de 15 euros). Mais bon, des rangs de vignes à quelques mètres d’un célèbre Clos, où naissent des vins dont le prix à la bouteille s’écrit avec 3 chiffres, ça donne parfois des idées…



NB : les photos proviennent du site de la maison Sipp Mack


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  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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