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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 18:04
Visite et dégustation à la cave historique des Hospices de Strasbourg


C'était le vendredi 14 novembre 2008, il faisait nuit et il faisait froid sur Strasbourg mais, n’écoutant que mon courage (et un peu ma curiosité maladive) je suis parti pour une plongée dans les sous-sols des Hospices Civils de notre capitale alsacienne.

Une lourde porte s’ouvre sur un escalier en grès et, quelques marches plus bas, nous voilà dans les entrailles de cette énorme structure (1200 m²), face à une table avec des rangées de verres et les traditionnels « kougelhopf » et « zopf »alsacien.
Les voûtes sont magnifiques et les rangées de foudres sont impressionnantes.

              

    



Les rangées de foudres sous les voûtes.








Comme pour notre cathédrale, les soubassements des bâtiments de l’hôpital sont constituésde piliers en grès posés dur des troncs de chêne.

Le maître des lieux nous fait un exposé de haute tenue sur l’histoire de cette noble institution.
La Cave Historique des Hospices de Strasbourg a été créée en 1395. Elle participait à l'autosuffisance alimentaire de cette institution caritative et permettait de stocker les dons en nature (surtout des céréales ou du vin) que les patients ou des bienfaiteurs en tout genre lui concédaient. Très vite on s’est rendu compte qu’il fallait créer une structure pour stocker ces précieux breuvages : c’est ainsi que les pièces et les foudres ont commencé à investir ce lieu.
Cette cave a permis la conservation du vin pour la messe et pour l’alimentation quotidienne durant six siècles. La pharmacopée de l’époque étant un peu plus pauvre qu’à l’heure actuelle, le vin était même utilisé pour soulager les malades. « Le vin apaisait la soif, la douleur et la peine dans l’espérance de jours meilleurs ».
Quelle sombre époque… même pas de Prozac pour les déprimés !!!

En 1995, faute de résultats et sans perspective de développement la Cave était quasiment
condamnée à disparaître. Ce ne sera que grâce à l'application rigoureuse d'une nouvelle politique commerciale et de gestion que la Cave, grâce à un repositionnement qualitatif de son magasin de vente et à une dynamisation par des visites commentées qu'elle réussira à survivre. Des vignerons alsaciens, soucieux de conserver cet élément du patrimoine local se sont engagés par une convention pour participer à la vie de cette Cave pour une durée de 50 ans. C’est ainsi que sous ces voûtes, vignerons bas-rhinois et haut-rhinois, indépendants, coopératives ou négociants se retrouvent pour perpétuer cette tradition généreuse.

Chaque année 150000 bouteilles sont vendues avec l’étiquette des hospices de Strasbourg et le nom du producteur ayant proposé son vin.



 
Les bénéfices de la Cave sont réinvestis intégralement pour les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. C’est ainsi que la Cave a financé récemment l’achat d’un échographe en couleur et d’une ambulance.

La Cave possède également une exceptionnelle collection de pièces de tonnellerie : elle présente quelques chefs d’œuvres fabriquées par des maîtres tonneliers rivalisant d’ingéniosité et de créativité.


                               









Un exemplaire de cette magnifique collection

 










Dernière curiosité : le plus vieux vin en fût du monde. Eh oui, le vin originel date de 1472 ! Même si plus d’un demi millénaire d’ouillages réguliers ont sûrement considérablement modifié les 300 litres du produit initial, mettre le nez sur une bonde imbibée de ce liquide mythique reste un beau moment d’émotion. Je sens de la figue sèche, du raisin sec, de la vanille et du camphre… c’est surprenant et somme toute très agréable.
 











Bien à l'abri derrière des grilles...


















le tonneau contenant l’élixir qui défie le temps.









Pour les sceptiques sachez que ce breuvage a été analysé récemment dans les laboratoires de la Répression des Fraudes.
La conclusion est formelle : c’est encore du vin… Bluffant quand même.
Pour les spécialistes, l’analyse révèle : 9,4° d’alcool – 9 g/l d’acidité totale – 1,12g/l d’acidité volatile – 45,5 g/l d’extrait sec.


La visite se termine par la dégustation de 4 références de la Cave des Hospices :

-    Crémant Brut – Cuvée des Hospitaliers – Cave de Beblenheim
La bulle est fine et persistante, le nez présente des notes de mie de pain et de raisin frais. La bouche présente une acidité fine mais pointue, l’ensemble est équilibré et frais.
Agréable mais sans grande personnalité…pour un plaisir simple. BIEN

-    Riesling 2005 – Altenbourg – Sparr à Sigolsheim
Une robe jaune pâle et un nez typé et classique où on décèle de délicates notes de fruits jaunes et de menthe. La bouche est droite et minérale avec une finale un peu courte.
Discret et très rectiligne mais un peu léger pour le millésime. Peut-être en phase de repli en ce moment ? BIEN-

-    Klevener de Heiligenstein 2005 – Klipfel à Barr
Un nez discret mais très fin avec une attaque sur le caramel et des notes florales. La bouche opulente mais bien équilibrée est marquée par de l’abricot mûr et de l’amande. La finale est assez longue.
Un séducteur, très sensuel et peut-être un peu consensuel… BIEN+

-    Gewurztraminer 2006 – Cuvée Chloé – J.M. Vorburger à Voeltlingshoffen
Un nez explosif et caractéristique avec de la mangue et de la rose. La bouche est ample et soyeuse sans lourdeur avec une finale assez longue présentant de belles notes de poivre blanc.
Classique mais bien équilibré. BIEN+

Bref, une visite au cœur de l’histoire de notre région avec à la clé une dégustation tout à fait sympathique… A faire et à refaire !
Bien sûr, les vins qui sont de qualité honnête n’atteignent pas les sommets qualitatifs que l’on peut parfois tutoyer chez certains producteurs alsaciens mais je retiendrai néanmoins l’intense jubilation d’avoir pu célébrer le dieu Bacchus dans les fondations d’un hôpital. A l’heure où les discours hygiénistes les plus extrêmes sont de mise, c’est vraiment jouissif !!!


Dernières informations : si vous voulez contribuer à financer nos C.H.U. n’hésitez pas à aller faire un tour à la boutique de la Cave des Hospices.
Elle est ouverte au public tous les jours sauf le dimanche.

@+
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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 09:17
Visite au domaine Rolly-Gassmann à Rorschwihr


L'automne est une période tout à fait propice pour une petite virée dans le vignoble alsacien.
Les vendanges sont terminées et la vigne nous offre son plus beau visage en se parant d’ocre et d’or comme pour une dernière parade flamboyante avant le sommeil hivernal.

C’est en compagnie de deux coreligionnaires bachiques que nous décidons de nous rendre à Rorschwihr au domaine Rolly Gassmann.

Cette étape s’est imposée à nous tout naturellement, après la grande émotion que nous avions partagée lors du dîner de rentrée de l’Oenothèque Alsace avec le Riesling Pflaenzerreben de ce domaine.

Derrière l’église du village de Rorschwihr nous pénétrons dans une cave où règne une joyeuse cohue : Pierre Gassmann virevolte entre les groupes de dégustateurs avec des bouteilles à la main en remplissant les verres qui se tendent, tout en profitant des rares moments de répit pour préparer les commandes… Mme Gassmann a également fort à faire avec la gestion des factures et le service des vins. Faute de temps pour tergiverser longuement sur le choix des vins à déguster, Pierre Gassmann a choisi la solution la plus simple : commencer par servir le premier vin sur la carte et enchaîner jusqu’au dernier.
Normal me direz-vous…, sauf que cette fameuse carte comporte plus de 50 références !
Qu’à cela ne tienne, nos papilles sont affûtées et la crachoir est prêt… partons pour un voyage au cœur des terroirs de Rorschwihr.

Nous passons en revue : 2 sylvaner, 4 auxerrois, 9 riesling, 6 pinot noir, 5 muscat, 9 pinot gris et une douzaine de gewurztraminer…

Rorschwihr ne possède pas de terroir classé Grand Cru mais la maison Rolly-Gassmann exploite une dizaine de parcelles à forte personnalité :
-    Le Weingarten est composé de calcaire oolitique colluvionné à matrice de marnes argileuses. Cette parcelle est dédiée exclusivement au sylvaner.
-    L’Ober-Weingarten est constitué de lentilles argilo-limoneuses sur calcaire oolithique. Cette parcelle, située au dessus de la précédente (comme son nom l’indique), donne de fabuleux gewurztraminer.
-    Le Rotleibel est constitué de limon argileux marneux brun caillouteux, plaqué sporadiquement de lœss. Cette parcelle est dédiée aux pinots (auxerrois et pinot gris).
-    Le Moenchreben est constitué de limon argilo-marneux, colluvionné d’argile et de calcaire. Cette parcelle donne de beaux muscats et des pinots auxerrois de grande tenue.
-    Le Pflaenzerreben est constitué de limon argilo-calcaire de type Muschelkalk. Cette parcelle produit des riesling magnifiques.
-    Le Kappelweg est constitué de marne calcaire gris bleu du Rupelien. Cette parcelle est destinée au riesling et au gewurztraminer.
-    Le Silberberg est constitué de Muschelkalk silicifié. Cette parcelle produit un riesling V.T. qui défie le temps : la fraîcheur du 1997 est stupéfiante.
-    Le Stegreben est constitué de conglomérats de calcaire oolithiques et de marnes interstratifiées. Cette parcelle est réservée au gewurztraminer et voit naître d’extraordinaires cuvées de S.G.N.
-    Le Brandhurst est un terroir de Bergheim à dominante calcaire. Cette parcelle est donne de beaux pinot gris et gewurztraminer, notamment en S.G.N.
Une des autres particularités de la maison, c’est le grand nombre de millésimes disponibles à la vente : en ce moment 1997 à 2007 avec une référence en 1989 (Gewurztraminer S.G.N.). Un stock impressionnant de près de 1 million de cols permet aux propriétaires de laisser certaines cuvées se faire un peu en bouteille avant d’être proposées à la dégustation et à la vente.

Bien entendu, je n’ai ni le temps, ni l’envie d’ailleurs, de prendre des notes sur l’ensemble des crus dégustés , je vous donnerai simplement quelques impressions générales sur les vins de ce domaine :
-    la production est d’une homogénéité qualitative exceptionnelle : le choix pour l’acheteur est un vrai casse-tête (50 cartons de 6, ça fait beaucoup quand même !!!)
-    on trouve une présence perceptible de S.R. dans la plupart des cuvées mais ces vins possèdent une telle cohérence et un tel équilibre que même un amateur de vins d’Alsace secs se laissera séduire par cette subtile alliance entre opulence et fraîcheur.
-    Les cuvées moelleuses (V.T. et S.G.N.) sont, pour la plupart, de très grandes réussites et raviront tout oenophile à la recherche de liquoreux alsaciens, d’autant que la carte propose près de 20 références dans cette catégorie…impressionnant !

La philosophie de ce domaine pourrait se définir ainsi : « conduire la vigne de façon à ce qu’elle puisse exprimer pleinement la spécificité de son terroir. »
Et les terroirs, Pierre Gassmann les connaît sur le bout des doigts. Il est capable de décrire chaque parcelle est avec une précision quasi-scientifique : géologie, exposition, pentes, ensoleillement… aucun paramètre n’est négligé. C’est cette proximité avec ses terroirs qui conduit ce vigneron à choisir de pousser systématiquement les maturités le plus loin possible, à la limite du potentiel de chaque parcelle, pour « prendre tout ce qu’elle peut donner ».
Il n’est pas rare de trouver des cuvées génériques avec des teneurs en sucres proches des V.T… ça surprend au début mais on s’y fait très vite et là où on peut s’attendre à de la lourdeur, on ne trouve que profondeur et amplitude.


Bref, des vins magnifiques et une dégustation mémorable…une adresse incontournable tout simplement.
Bien évidemment, je suis reparti avec quelques flacons dont je me ferai un grand plaisir de vous livrer des commentaires de dégustation plus précis… Promis !



NB : pour les prix, il y en a pour toutes les bourses => de 6 à 80 euros.
@+
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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 16:46
Week-end Portes Ouvertes au domaine RIETSCH à Mittelbergheim



C’est l’hiver en Alsace, le ciel est gris, la pluie est fine et froide, un vent glacé souffle et les gogos affluent en masse pour se faire plumer dans les diverses Foires à la Vinasse Chaude organisées durant tout le mois de décembre dans notre région…
Je sais, j’insiste lourdement pour démystifier ces manifestations touristiques complètement dévoyées de leur sens initial… mais ça m’énerve !

Heureusement que l’Alsace offre d’autres possibilités de sorties pour ceux qui veulent fuir ce Disneyland de Noël. C’est ainsi que j’ai eu le plaisir de rendre une nouvelle visite à Jean-Pierre Rietsch pour son opération Portes Ouvertes, avec un programme encore plus riche que les années précédentes.
En effet, 3 artistes invités exposaient leurs productions dans les caves du domaine et un film sur l’œuvre graphique de Tomi Ungerer était projeté dans la cuverie aménagée pour l’occasion.

Bien évidemment les vins étaient également à l’honneur puisque comme d’habitude, Jean Pierre et son équipe ont permis aux amateurs de rencontrer leurs cuvées à différents stades de leur évolution :
-    les 2008 en gestation
-    les 2005, 2006 et 2007 dans leur prime jeunesse
-    les vieux millésimes


Au domaine Rietsch on est très content du millésime 2008 : l’état sanitaire de la vendange était très satisfaisant, les maturités étaient suffisantes sans être excessives par contre la matière était très concentrée.
Ce seront des vins denses et fortement imprégnés par leur terroir (les analyses révèlent des taux très élevés d’extrait sec).
Comme je l’ai déjà fait sur un autre post je ne peux que vous renvoyer sur la séquence vidéo du blog de Philippe Bon qui montre les vendanges au domaine.

La première étape de la visite offre au dégustateur la possibilité d’apprécier les vins nouveaux. L’exercice est intéressant et formateur quoique difficile. Jean-Pierre n’utilise que des levures indigènes pour les fermentations, ce qui explique la diversité des niveaux d’évolution des différents échantillons : ici on laisse chaque cuvée vivre sa vie à son rythme.
·    Le pinot noir (12°3) est marqué par les fruits rouges frais et présente une belle structure et une belle vinosité. Avec un rendement moyen (50hl/ha) ce vin est encore assez sauvage avec une malo qui n’est pas encore faite.
En bio et avec un joli potentiel
·    Le muscat (11°7) est un peu plus avancé avec une malo en cours. Il présente de discrètes notes de sureau et de sucre d’orge. En bouche c’est un vin bien équilibré et sec.
Avec une coulure qui a réduit les rendements de façon drastique (16 hl/ha) cette référence va constituer une rareté dans la gamme de ce domaine.
·    Le sylvaner G.C. Zotzenberg (encore en fermentation, 12°8 et environ 20g/l de sucres restants) délivre des arômes très purs de fruits blancs et possède une belle expression minérale en bouche.
Le terroir parle dès la naissance.
·    Le gewurztraminer Weinberg (encore en fermentation, 12°8 et 23 g/l de sucres restants) possède un nez discret mais une bouche très riche avec beaucoup de gras.
Une nouvelle cuvée avec un beau terroir et un petit rendement (36hl/ha). A suivre.
·    Le pinot gris Rippelholz (encore en fermentation, 13,4° potentiels) possède également un nez de fruits blancs. La bouche est dotée d’une solide charpente avec une tension acide très droite.
Un futur P.G. sec mais avec une personnalité forte.
·    Le riesling Stein (encore en fermentation, 13° potentiels) est puissant, dense et profondément minéral.
Ce terroir calcaire qui jouxte le domaine est magnifique, bien drainé, exposé sud, avec juste ce qu’il faut de pente produira probablement un des grands vins secs du millésime.
·    Le gewurztraminer Heiligenstein (encore en fermentation, 15°5 potentiels) est déjà bien expressif au nez avec des fleurs et du raisin frais et possède une matière très concentrée en bouche.
Une cuvée opulente vendangée au pays du klevener.






Les 2008, tirés sur cuves et en train de se faire doucement…
on se trouve entre le jus et le vin mais chaque cru a déjà son (sacré) caractère.






La seconde étape nous fait passer directement à la dégustation de vieux millésimes avec 5 références sortie de la réserve personnelle du vigneron :
1 pinot noir Quatre Eléments 2003, 1 riesling Zotzenberg 1993, 1 riesling Stein 1997, 1 gewurztraminer Hardt 1999 et un pinot gris Rippelholtz 1999.

La robe des deux rieslings était d’un jaune éclatant (on devine un peu la couleur sur la bouteille du milieu), le Zotzenberg 1993 avait des arômes de tilleul et de fleur d’oranger et présentait une bouche très droite mais d’une grande élégance (BIEN+) ; le Stein 1997 avait des arômes d’agrumes frais et présentait une bouche puissante et minérale avec une finale vanillée (TRES BIEN).
Le presque déjà mythique pinot noir Quatre Eléments 2003 se présentait dans une robe sombre et dense et développait d’intenses arômes de cacao et de cerise à l’eau de vie (Mon Chéri pour les gourmands). La bouche puissante et équilibrée finissait longuement en laissant apparaître quelques notes boisées et fumées.
(TRES BIEN+)

La dernière étape se déroule dans le chaleureux caveau de dégustation du domaine, où les groupes de convives sont attablés près d’un feu de bois qui crépite dans la cheminée.
Il y a à un peu plus de 20 références en vente à l’heure actuelle mais des contraintes de temps m’ont contraint à opérer une sélection resserrée dans ma dégustation.
Mon goût personnel pour les vins plutôt secs m’a orienté vers les sylvaners et les rieslings 2007 :
·    Sylvaner Vieilles Vignes 2007 : jaune clair avec un nez très fin de fruits blancs, une bouche légère et gourmande et une belle salinité en finale.
La parcelle de vieilles vignes jouxte le Zotzenberg et la parenté est évidente : c’est un sylvaner de terroir.
BIEN+
·    Sylvaner G.C. Zotzenberg 2006 : jaune plus prononcé avec un nez plus complexe de fruits blancs, de fleurs et de miel, une bouche élégante et une finale minérale et saline.
Le terroir du Grand Cru est présent mais le vin reste assez léger.
BIEN+
·    Sylvaner G.C. Zotzenberg 2007 : jaune clair et brillant avec un nez de raisin frais et de miel, une bouche équilibrée avec une touche de surmaturité équilibrée par une acidité très longue et une finale profondément minérale.
Le terroir magnifié par le millésime : un sylvaner de haut vol !
TRES BIEN
·    Riesling Stein 2007 : très clair avec un nez discret, aérien et floral, une bouche ample et très profonde et une belle allonge finale.
Le jardin de la famille Rietsch a produit un super vin sec cette année : encore un peu sur la retenue mais une typicité et une concentration dignes d’un G.C.
TRES BIEN
·    Riesling G.C. Zotzenberg 2007 : jaune clair brillant avec un nez de belle intensité où les zestes d’agrumes s’épanouissent, une bouche vive et ample avec un équilibre parfait malgré quelques touches surmûries et une finale minérale et saline.
Certainement une des grandes réussites du millésime : le cépage et le terroir nous interprètent un duo classique de très haut niveau.
EXCELLENT
·    Pinot Gris G.C. Zotzenberg 2007 : dans le rôle du petit dernier pour la route, dégusté sans notes juste pour le plaisir avec Philippe… Une maturité V.T., des notes de fruits exotiques à n’en plus finir et une trame acide bien définie…une petite bombe !

Merci à la famille Rietsch pour ce bon moment.

@+
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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 09:38
Pique-nique au domaine RIETSCH à Mittelbergheim




Un pique-nique chez le vigneron sous un soleil éclatant et une animation musicale assurée par Clémentine et son limonaire, que du bonheur…

 





Sous la tonnelle et au dessus du lieu-dit Stein le pique-nique est lancé.

 











A l’orgue de Barbarie Jean Pierre RIETSCH himself, et au chant notre amie Clémentine.





Malheureusement,  ma sinusite allergique m’a un peu gâché la fête et mon odorat m’a trahi une fois de plus.
Je m’excuserai donc par avance auprès des oenophiles exigeants et auprès de Jean-Pierre et son équipe pour la pauvreté de mes commentaires sur les vins proposés à la dégustation.
·    A l’apéritif pour accompagner des mauricettes maison, un Crémant extra-dry avec une bulle fine et persistante et une belle structure.
·    Pour débuter le repas, un Sylvaner Vieilles Vignes 2007 avec un grande richesse et un équilibre tonique.
·    Pour suivre un Pinot noir 2007, bio, non filtré et sans sulfites, qui présente un aspect légèrement trouble mais qui enchante le palais avec des arômes de fruits rouges.
·    Pour finir un Gewurztraminer 2007 issu de jeunes vignes d’une parcelle nouvellement acquise sur Heiligenstein, qui possède un fruité très pur soutenu par une minéralité surprenante.

Comme en 2007 mais avec une météo tout à fait estivale, nous avons pu redécouvrir, sous le soleil cette fois, quelques une des parcelles du domaine Rietsch. En compagnie de Jean-Pierre et de Valmont nous avons parcouru le sentier viticole qui nous a conduit du Stein, au Zotzenberg  en passant par le Brandluft

 





La parcelle du domaine Rietsch sur le lieu dit Stein (en français : caillou, pierre) : un sol calcaire à oolithes et une belle vigne orientée au sud.







L’aspect de cette parcelle, avec l’enherbement naturel et le labour caractérise bien le style de ce domaine qui se dirige vers une reconversion en agriculture biologique. C’est déjà chose faite sur tous les pinots noirs et cela se met en place de façon progressive et raisonnée sur l’ensemble des surfaces plantées.
 






Le lieu-dit Brandluft  (en français : air brûlant) : un coteau orienté à l’est avec un sol calcaro-gréseux qui se prolonge vers Andlau avec le sol gréseux du Grand Cru Wiebelsberg.


 








Une vue sur une partie du Grand Cru Zotzenberg  (en français : parmi toutes les traductions possibles la plus plausible serait colline aux épicéas), où le sylvaner a évincé le muscat de la liste des cépages autorisés pour l’appellation Alsace G.C.

 









Une vue sur le sous-sol du Zotzenberg : une roche calcaro-gréseuse avec une forte présence de fer qui lui donne cette couleur rouge (qui n’est pas due uniquement au grès) et surtout une densité surprenante (les fragments sont étonnamment lourds).






De retour à la maison, le groupe a été convié à une dégustation de vins nouveaux dans la fraîcheur de la cave où les 2007 terminaient leurs fermentations : j’y ai trouvé des jus riches mais équilibrés pleins de belles promesses.
Pour clore dignement cette journée, Jean-Pierre nous propose quelques vieilles bouteilles de sa réserve personnelle, entre autres un Pinot noir Les 4 éléments 2003 et un Riesling Brandluft 1988.

Hélas pour moi, toujours pas de nez, je n’ai pas eu le cœur de goûter… retour à destination de Strasbourg avec la ferme intention de revenir prochainement en pleine possession de mes sens…

Merci à la famille Rietsch pour ce bon moment.

Comme l’année passée, je ne peux que vous conseiller de participer un jour à ces fameux au pique-nique, vous ne le regretterez sûrement pas.

N’oubliez pas de consulter le site du domaine Rietsch :
ici
Pour le pique-nique chez le vigneron il y a plusieurs sites relatifs au vin d’Alsace, qui éditent les adresses des vignerons participants entre autres :



@+
Pierre

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 15:28

Domaine Beck-Hartweg à Dambach


Pour la première sortie de l’année avec des membres de notre club oenophile (Alsace Oenophiles Club ou A.O.C. pour faire simple…), quoi de plus naturel que de rendre visite à l’un de nos membres V.I.P., qui n’est autre que Florian Hartweg, notre jeune et talentueux vigneron de Dambach.
 

Il est 10 heures du matin, il fait très froid, même dans la cave, où sont alignés de vieux foudres contenant les différentes cuvées du millésime 2008.

 





Dégustation des cuvées 2008…concentration et recueillement dans les tréfonds de la maison parentale









Florian est très attaché à ses vieux foudres et, malgré le travail souvent fastidieux qu’exige leur entretien, il n’envisage absolument pas de se passer de ces nobles contenants chargés d’histoire pour élaborer ses vins.

Quelques foudres de la cave Beck-Hartweg…
      
            





avec un verre de gewurztraminer GC 2008









 




 avec  un verre de riesling GC 2008      










Ce jeune homme, qui a suivi un cursus de formation moderne, reste très attaché à la tradition tant dans la cave que dans la vigne.

Nous commençons donc notre dégustation par une série de vins en cours d’élevage :

·    Sylvaner : des arômes de pomme verte, sec et nerveux en bouche et une finale légèrement fumée.
·    Riesling Réserve : droit et profond avec de fines notes citronnées, des S.R. très discrets ( 5 petits grammes), une acidité fine et quelques touches fumées en finale.
·    Riesling G.C. Frankstein : c’est le seul qui fermente encore ; il présente un nez très discret mais possède une très belle présence en bouche : l’équilibre gras/acidité est superbe et la finale est longue et saline.
·    Pinot Gris G.C. Frankstein : subtil et complexe au nez avec de la fraîcheur et du gras…sans conteste un futur grand vin de gastronomie.
·    Pinot noir rosé : la malo est terminée et le nez présente des arômes de fruits rouges croquants. Rondeur et gourmandise en bouche avec un très bel équilibre.
·    Pinot noir rouge : la malo est terminée et le vin présente une robe sombre et un nez complexe avec réglisse, fumé et épices. Plus d’extraction mais l’ensemble reste équilibré et très frais.
Deux très beaux pinots noirs récoltés sur des coteaux granitiques (le bas du Frankstein notamment) avec des rendements maîtrisés (45hl/ha)…je vais finir par me réconcilier définitivement avec ce vin !
·    Gewurztraminer : cette cuvée de base possède un bel équilibre sec avec une finale épicée.
·    Gewurztraminer G.C. Frankstein : fermé au nez mais avec une belle puissance en bouche, les 25 à 30 g. de S.R. sont très bien intégrés, la finale est longue et épicée.


Pour la suite de la dégustation, Florian nous invite dans la maison parentale, où nous passons en revue une partie de sa gamme de vins en bouteilles.


 
           














Poursuite de la dégustation dans la chaleur douillette de la « Stube » où la famille Beck Hartweg reçoit sa clientèle.

















Le domaine commercialise actuellement une vingtaine de références avec des cuvées génériques, des cuvées de réserve, des cuvées Grand Cru et des cuvées spéciales issues de vieilles vignes ou de vendanges tardives.
Comme nous sommes bien installés au chaud près du vieux poêle en faïence… et comme l’heure de l’apéritif n’est plus très loin, nous acceptons de bon cœur la dégustation approfondie que nous propose note hôte.

·    Pinot blanc 2006 : floral et miellé au nez, pur et gouleyant en bouche.
Ce vin est un miraculé, issu d’une parcelle où il a fallu éliminer 70% des raisins au moment des vendanges.
·    Riesling 2007 : des agrumes et des fleurs au nez (orange et violette), la bouche est pure et profonde avec des arômes de fleur d’oranger.
·    Riesling Cuvée Prestige 2004 : le nez est balsamique, la bouche davantage sur un registre végétal possède une acidité profonde et longue.
·    Riesling Grand Cru Frankstein 2002 : un nez très aérien avec des notes de miel et de sucre d’orge, en bouche l’attaque est délicate avec des arômes de miel et de froment, le vin se développe progressivement avec une trame acide très pure.
·    Riesling Grand Cru Frankstein 2004 : un nez très complexe mêlant des arômes balsamiques et miellés, la bouche est ample et offre une finale longue et saline.
·    Auxerrois Vieilles Vignes 2007 : un nez classique de poire mûre et de fruits blancs, une bouche avec du gras, de la salinité et une longueur surprenante.
Cette cuvée est issue d’une vieille parcelle exposée plein sud et jouxtant les pentes granitiques du Frankstein.
·    Riesling Vieilles Vignes 2006 : un nez marqué par des arômes de fruits du soleil (abricot, mangue), une bouche bien équilibrée avec des notes de raisins secs (surmaturité) et une belle longueur.
·    Pinot Gris Grand Cru Frankstein 2005 : un nez d’une étonnante fraîcheur avec des arômes de chlorophylle et de menthe, la bouche est opulente avec un côté acidulé qui apporte un bel équilibre, de légères notes fumées apparaissent en finale.
·    Pinot noir 2007 : une gourmandise alliant fruit et vinosité.
·    Pinot noir Cuvée du soleil 2005 : des notes de fruits noirs et de fumé avec une bouche puissante où tanins et gras trouvent un bel équilibre.
·    Gewurztraminer Cuvée Prestige 2006 : le cépage parle haut et fort et la rose est omniprésente, la bouche évolue peu à peu vers des notes plus fruitées pour finir sur de classiques évocations épicées.
·    Gewurztraminer Grand Cru Frankstein 2004 : le nez est monopolisé par des arômes balsamiques (résine, eucalyptus), la bouche est d’une belle fraîcheur un peu mentholée et la finale est très longue.
Là c’est net, le terroir domine vraiment le cépage.

Pour compléter, je rajouterai les notes de hier soir sur un vin du domaine, qui a séduit les membres du club A.O.C. lors de notre première réunion de l’année 2009 :
·    Pinot gris Cuvée de l’Ours 2007 : une robe jaune clair, très brillante, un nez fin et subtil avec de délicates notes florales, une bouche offrant un équilibre parfait entre des S.R. et une acidité pure et profonde. Le registre aromatique se situe sur le miel et les fruits jaunes et la finale est longue.
Surmaturité sans botrytis  pour cette belle cuvée qui réjouit le palais mais qui est encore loin de son apogée.


Après un solide repas de midi, dans une winstub de Dambach, Florian nous invite à une promenade digestive dans le Frankstein. Ce Grand Cru est constitué de plus sieurs coteaux orientés sud, sud-est, qui ont la même composition géologique. Les sols sont granitiques (granit à 2 micas), ils laissent facilement filtrer l’eau et les petites caillasses qui tapissent le sol entre les ceps captent et retiennent la chaleur du moindre rayon de soleil.

 
           






Les caillasses granitiques du Frankstein
















Un pied du domaine Beck-Hartweg











C’est vrai qu l’endroit est beau, on domine la plaine d’Alsace… et en plus il y a un rayon de soleil et un coin de ciel bleu !
Florian nous explique l’évolution de ses méthodes culturales : le domaine est passé de la viticulture intégrée (association Tyflo) en conversion bio.
« Produire du raisin de qualité le plus naturellement possible et dans le respect absolu de l’environnement » résume bien la conception qu’a ce jeune homme du métier de vigneron…Bravo !

 
            














Petite leçon de viticulture dans une parcelle de gewurztraminer  taillée récemment.     
 

     






















Une parcelle de pinot gris du domaine Beck-Hartweg









Quelques impressions pour conclure :
·    Le Frankstein est un terroir qui marque puissamment les vins : les notes balsamiques et fumées sont omniprésentes même sur des gewurztraminer ou des pinot gris, qui voient leurs caractères variétaux mis au second plan.
·    Les pinot noir du domaine sont souvent de belle réussites : après le 2007, le 2004 et le 1998 dégustés lors d’une soirée consacrée à ce cépage, ce sont les 2005 et 2008 qui ont séduit l’assistance aujourd’hui. La politique de la maison qui prône les rendements maîtrisés et la recherche des maturités optimales porte visiblement ses fruits.
·    Florian et ses parents arrivent à conjuguer ancrage dans la tradition et modernisation progressive, le tout dans un climat qui respire la sagesse et la sérénité… je pense qu’on n’a pas fini de parler du domaine Beck-Hartweg…


Avis à tous les oenophiles de passage en Alsace…

 

La plaine d’Alsace du haut du Frankstein


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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 14:56
 
Puligny Montrachet 2004 – L. Carillon à Puligny
 
Robe : Jaune pâle avec des reflets argentés.      
Nez : Discret mais d’une belle pureté avec des notes de citronnelle et de fougère.      
Bouche : Une attaque en douceur avec un toucher de bouche très gras puis un développement ample marqué par une acidité profonde et longue. La finale est belle et marquée par un boisé très discret      
Encore un peu austère sur le plan aromatique, c’est en bouche que ce vin révèle toute sa puissance. Un Puligny  mystique…      
TRES BIEN     
 
Prieuré Saint Jean de Bébian 1999 – Lebrun Lecouty à Pézenas
   
Robe : Noire et concentrée avec une fine frange grenat      
Nez : Puissant et typé tertiaire avec des notes de conduit de cheminée, de lard fumé et de laurier.      
Bouche : Une trame tannique très serrée mais ultra soyeuse, une grande buvabilité et une finale discrètement réglissée de longueur moyenne.      
Un caractère sudiste évident mais un bel équilibre et une personnalité intéressante.      
TRES BIEN     

 
Muscat 2007 – Schoenheitz à Wihr au Val
                   
Robe : Jaune clair avec un éclat un peu argenté.      
Nez : Puissant et classique mais extrêmement séduisant avec du raisin frais, de la rose sauvage…      
Bouche :  Des S.R. perceptibles en harmonie avec une belle trame acide et une finale digeste présentant une légère amertume et quelques notes épicées.      
Que j’aime ces vins clairs, légers, croquants et glissants ! Et à moins de 7 euros c’est Epicure qui applaudit…      
TRES BIEN    

 
Riesling 2006 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr
                 
Robe : Jaune clair et brillant.      
Nez : Discrétion et distinction avec des notes très pures de citron et de gingembre.      
Bouche : Un équilibre sec sans être austère. Une belle buvabilité et une finale de longueur moyenne marquée par une fine amertume et des arômes de zestes d’agrumes.      
Le riesling générique de Claude Weinzorn : très bien vinifié dans un millésime difficile. Une valeur sûre !      
TRES BIEN     
 

Pinot gris G.C. Brand 1993 – A. Boxler à Niedermorschwihr
                  
Robe : Jaune prononcé avec des reflets or, épais , presque huileux.      
Nez : Complexe et évolutif avec une attaque sur des fruits jaunes suivie de notes de miel d’acacia et de caramel pour finir sur des arômes tertiaires presque animaux.      
Bouche : Beaucoup de richesse et d’opulence mais l’ensemble manque un peu de fraîcheur . La finale est assez longue avec des notes fumées discrètes.      
Après 15 ans en cave, le vin se montre aimable et bien typé, mais le style est un peu trop lourd pour moi. Dommage !      
BIEN     

 
Vosne Romanée Aux Réas 1997 – B. Machart de Gramont à Nuits-Saint Georges 
   
Robe : Rouge sombre, dense avec une frange grenat à peine dégradée.      
Nez : Puissant, profond et racé : cassis, noyau de cerise, cendre et bois noble…      
Bouche : Un équilibre magistral entre soie, acidité et tanins. Il y a de la matière mais l’ensemble est digeste et gourmand. La finale est belle sur des notes de bois de réglisse.     
Mûr et magnifique, tout semble dosé avec sagesse pour laisser au vin la possibilité de s’exprimer pleinement. Un breuvage complexe qui se laisse pourtant approcher avec facilité et plaisir.      
TRES BIEN +     
 

Morey Saint Denis 1° Cru Les Millandes 2004 – Marchand Frères à Gevrey
          
Robe : Rubis brillant, assez clair.      
Nez : Complexe et très agréable avec des fruits noirs (mûre et griotte) et un fond réglissé et légèrement fumé.      
Bouche : Une synergie superbe entre une acidité pure, du gras et des tanins soyeux. Le vin se pose en bouche en se faisant caressant et savoureux à souhait. La finale est belle, mais forcément trop courte tant on voudrait que ça dure…      
Superbe de fraîcheur et de concentration… la Bourgogne sur le registre de la classe et de la race… Inégalable !      
TRES BIEN +     

 
Muscat 2007 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr
            
Robe : Jaune clair avec beaucoup d’éclat      
Nez : Classique et très pur avec du raisin frais craquant et croquant et des notes florales très subtiles (rose, sureau)      
Bouche : Une attaque nerveuse, un milieu de bouche tout en douceur et une belle fraîcheur en finale…un équilibre magistral      
Quel plaisir de siroter ce vin juteux et parfaitement équilibré ! Une superbe version de ce beau cépage.      
TRES BIEN     
 

Pouilly Vinzelles La Soufrandière 2006 – Bret Brothers    
 
Robe : Jaune pâle avec des reflets argentés.      
Nez : Subtil et complexe avec un registre aromatique d’une grande richesse (fruits blancs, fleurs, craie…). Il y a tout ou presque dans un ensemble d’une harmonie magnifique.      
Bouche : Fraîcheur et gras sont en synergie, c’est très ample sans être lourd, c’est puissant tout en restant élégant, c’est long sans être entêtant. On a presque pas envie d’analyser tant le plaisir de boire est grand.      
Magnifique…tout ce que j’attends d’un vin blanc ! Les sensations se multiplient, se complètent et s’accordent parfaitement à chaque phase de la dégustation…une partition de Mozart !      
EXCELLENT     
 

Riesling Grand Cru Altenberg de Bergbieten 2004 – R. Schmitt à Bergbieten
             
Robe : Jaune clair avec des reflets dorés.      
Nez : Très discret à l’ouverture, ce vin a besoin d’une très longue oxygénation pour donner sa pleine mesure et nous réjouir d’une palette complexe où on identifie des agrumes frais, de la cannelle, des notes balsamiques…      
Bouche : Ample et rond avec une acidité profonde et longue qui soutient et structure l’ensemble. La finale est longue et marquée par une minéralité puissante      
L’homme pressé n’a aucune chance de profiter de ce vin… mais le sage qui sait attendre est grandement récompensé.
Et celui qui le laissera encore quelques années en cave le sera encore davantage peut-être !      

TRES BIEN     
 

Pinot gris Grand Cru Steinklotz 1993 - R. Fritsch à Marlenheim
           
Robe :  Jaune clair brillant avec des reflets vert-clair.      
Nez : Puissant et très pur avec des arômes de pamplemousse, de marmelade d’oranges et un peu de violette.      
Bouche : Pratiquement sec mais très ample, presque envahissant, mais d’un équilibre magistral. La finale est longue avec une amertume délicate et de classiques notes fumées.      
Un beau terroir de calcaire coquillier et plus de 15 ans au fond de ma cave et voilà un très beau pinot gris alliant volupté et sérénité.     
TRES BIEN    

 
Riesling Stein 2007 – Domaine Rietsch à Mittelbergheim
           
Robe : Jaune clair, très lumineuse.      
Nez : L’intensité est moyenne mais la finesse est superbe : mandarine, épices (poivre blanc) et quelques notes vanillées.      
Bouche : Après une attaque pointue assez nerveuse le vin se pose et s’épanoui en bouche. Le fruit reste très présent et la finale longue laisse apparaître quelques nuances balsamiques très racées.      
Un riesling issu d’un terroir calcaire et caillouteux, d’une belle pureté et d’une grande ampleur, qui m’avait déjà favorablement impressionné lors de la première dégustation et qui confirme son niveau.
Un très beau vin      

TRES BIEN+     


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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 22:00


Sécateurs et balayettes sur le Sommerberg




Le Sommerberg et Claude Weinzorn, c’est l’histoire d’une longue relation, parfois tumultueuse mais toujours passionnelle, entre un terroir et un vigneron.

Claude connaît le moindre recoin de ce coteau classé Grand Cru et l’aime profondément, malgré les efforts surhumains que ces abruptes pentes granitiques exigent de tous ceux qui veulent en exploiter la richesse.

Après la conquête du sommet, avec la plantation de la parcelle « Z » dans une zone particulièrement difficile (voir C.R. sur D.C.), Claude a décidé de faire du vin de glace sur les quelques rangs de gewurztraminer situés à l’extrémité est du Sommerberg.


C’est ainsi que je me suis retrouvés le 7 janvier 2009 dans la froidure d’un petit matin d’hiver (- 6°), en compagnie de la famille Weinzorn, de Stéphane et d’une petite dizaine d’amis du domaine, armés de sécateurs et de balayettes pour vendanger les 25 ares de cette petite vigne qui a défié le temps.



Gants, sécateurs et balayettes… cherchez l’erreur !




Début des vendanges au petit jour.




La fille au sécateur...



et le papa à la balayette.


Les raisins sont dans un état surprenant : les grappes sont quasiment intactes et recouvertes d’une fine pellicule de neige que le chef nous demande de faire tomber avant de prélever les fruits… c’est là qu’interviennent les fameuses balayettes.

Bon sang, mais c’est bien sûr !


La coupe est relativement facile : il n’y a plus de feuilles et les raisins sont beaux avec des grains compacts et durs qui lâchent un jus épais et collant sur nos gants. Il ne faut pourtant pas se précipiter, la rafle est ultra fragile et tout geste trop brusque est immédiatement sanctionné par une volée de baies bleutées qui s’éparpillent dans la neige… et qu’il faut aller ramasser car Claude ne veut pas que ses précieuses pépites se perdent.



Des pieds de gewurztraminer en janvier…magique, non ?


Après une première heure de travail, Sandrine Weinzorn nous propose un délicieux vin chaud maison épicé à souhait, pour nous réchauffer et nous donner petit coup de fouet avant l’attaque des derniers rangs de la parcelle.

Claude n’a aucune envie de boire un verre, il ne tient plus en place : il a peur que les raisins dégèlent, il est harcelé par les journalistes qui ont littéralement envahi le coteau (les D.N.A., L’Alsace et TF1…rien que ça !), il s’interroge encore sur la manière de presser…

Vers 10 heures, la parcelle est vendangée et 7 bottiches pleines prennent le chemin de la cave… l’heure de vérité approche.



Le jour s’est levé et Stéphane termine le dernier rang…


A peine une demi-heure plus tard on peut entendre le clac clac des billes de raisin qui tombent dans le tambour en inox du pressoir pneumatique.



TF1 filme le chargement du pressoir, Claude commence à se détendre…



Le pressurage démarre en douceur, suivant les conseils avisés de Jacky Bind venu de Scherwiller pour épauler son ami, et, très rapidement, les premières gouttes d’un jus huileux et joliment parfumé, tombent…





Malgré la couleur peu engageante de ce premier jus, tout le monde a envie de goûter. Il faut dire que le résultat est assez impressionnant : le nectar possède une sucrosité puissante mais reste tendu par une belle trame acide sous-jacente. Claude sourit à pleines dents et nous lâche enfin son légendaire « C’est bon, hein ! ».



Les premières mesures dépassent toutes les espérances : le mustimètre ne possède pas assez de graduations pour évaluer la densité de ce jus exceptionnel.



Claude et Jacky avec le mustimètre…ils n’en croient pas leurs yeux


Une première mesure nous donne une densité supérieure à 1135 pour un jus à moins 1°C.

Après plus de 150 litres une seconde mesure révèle une densité encore plus élevé pour un jus à moins 3°C.


Après une petite heure de pressurage lent, la membrane est dégonflée et le tambour du pressoir est ouvert pour vérifier l’état des raisins restants… édifiant !



Des baies presque intactes après le premier pressurage


Le deuxième pressurage est lancé, Claude et Jacky parlent stratégie… et finissent par fixer le point limite pour cette tête de cuvée à une densité de 1130.

Le reste sera gardé dans le tambour et sera pressé après un dégel complet avec peut-être une autre cuvée surprenante à la clé… qui sait ?

Aux dernières nouvelles , le volume final pour ce fameux vin de glace est de 340 litres avec un degré potentiel de 19°2, si tout va bien ce sera une S.G.N.

Notre roi du Sommerberg est comblé : non seulement il a réussi son pari mais le résultat dépasse largement ses espérances.

Il lui reste maintenant à exploiter toute cette belle matière première pour nous concocter un GRAND VIN… mais ça c’est une autre histoire !


Une dernière surprise avant de partir, Claude nous invite à déguster sa première récolte sur la parcelle « Z ». La vigne n’a que 3 ans mais le riesling qu’elle a engendré frise déjà l’exceptionnel : un nez d’une puissance et d’une précision rares (une corbeille de fruits exotiques) et une bouche ample, équilibré avec une profondeur digne d’un très grand vin. Incroyable !

Je ne suis pas visionnaire (ni même qualifié pour parler comme je le fais) mais je ne pense pas me tromper si je vous dis que cette parcelle engendrera des vins d’anthologie dans les années à venir.


11 heures 30, le jus continue de s’écouler doucement, Claude est sur le qui-vive dans sa cave, une part de galette des rois et une dernière dégustation de quelques 2005, 2006 et 2007 avec Madame et nous voilà repartis vers Strasbourg avec plein de beaux souvenirs … et quelques beaux flacons généreusement offerts par la maison.

Qui a dit que cette année commençait mal !



L’extrême est du Sommerberg, appelé Kougelhopf par les autochtones, avec en haut, les filets bleus de la parcelle de Claude Weinzorn



Niedermorschwihr

@+
Pierre
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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 21:02
Visite au Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr



Bien qu’imprononçable pour les non autochtones ce village, adossé aux collines vosgiennes sur la route vers les Trois Epis mérite un petit crochet sur la route des vins.

Le Domaine de l’Oriel, situé au centre de ce petit bourg viticole, offre une large gamme de vins d’Alsace avec des cuvées issues de 3 terroirs Grand Cru : Brand, Sommerberg et Florimont.

Claude Weinzorn se trouve à la tête de cette exploitation. C’est un personnage attachant, qui partage facilement et avec beaucoup de spontanéité son enthousiasme pour son métier, ses vignes et ses vins.

Tel un père qui aurait un petit faible pour son enfant le plus turbulent et le plus rebelle, ce viticulteur est particulièrement attaché à son coteau du Sommerberg.



Montée entre les rangs de vigne du Sommerberg





Le Sommerberg (Montagne de l’été) est un coteau abrupt et aride exposé plein sud, à la limite nord de Niedermorschwihr. La forte pente (45°) et le sol granitique rend le travail du vigneron particulièrement pénible, mais les vins qui y naissent peuvent atteindre des sommets de qualité.





Les vignes en terrasse sur le Sommerberg






Récemment, Claude Weinzorn a décidé de partir à la conquête du sommet de ce coteau en plantant des vignes sur l’impressionnante calotte rocheuse, qui culmine au dessus de 400 m. Cette parcelle, située dans la caillasse entre les lacets en Z d’un sentier, qui a du laisser quelques courbatures mémorables dans les mollets des VTTistes locaux, a demandé un travail de titan pour la mettre en culture. Bien évidemment, les plus grands espoirs sont de mise pour la qualité des futurs produits issus de ces quelques rangs de vigne…Patience…





La roche granitique qui caractérise ce terroir au niveau de la parcelle Z.

 




 





Les nouvelles vignes au bas de la parcelle Z





La dégustation de quelques références de la gamme produite a révélé une belle homogénéité qualitative. Je n’ai malheureusement pas pris de notes détaillées et je ne peux vous livrer que quelques impressions globales sur les vins goûtés.


  • Assemblage de cépages nobles – L’Oriel.
    Marqué par des arômes complexes de fruits frais, bouche opulente et ronde. Vin plaisir par excellence BIEN-TRES BIEN
  • Muscat 2005.
    Des arômes d’une grande finesse et d’une grande subtilité, qu’il faut chercher patiemment, un équilibre sec et désaltérant en bouche. Frais et friand.
    TRES BIEN
  • Riesling GC – Sommerberg 2004.
    Un panier de fruits exotiques et d’agrumes, une trame acide franche et très digeste et un développement aromatique long et puissant en bouche. Superbe ! TRES BIEN-EXCELLENT
  • Riesling GC – Sommerberg Cuvée Arnaud 2004.
    Version vieilles vignes du précédent : le registre aromatique est similaire mais l’ensemble est plus puissant et l’équilibre en bouche est parfait. Bluffant ! EXCELLENT.
  • Pinot gris GC – Sommerberg 2004.
    L’alliance entre une belle acidité minérale et le gras et l’opulence de ce cépage : un Pinot Gris équilibré et puissant, parfait pour de beaux accords gastronomiques. TRES BIEN


Des notes de dégustations plus précises suivront très certainement.

@+

Pierre

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 21:49

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  • : Vins, vignobles et vignerons.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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