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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 14:53


Comme la météo annonce avec insistance l’arrivée très prochaine de l’hiver, j’ai décidé de profiter des derniers rayons de soleil automnaux pour aller faire une petite escapade dans mon vignoble préféré.
Lorsque les coteaux viticoles prennent des teintes que l’impressionniste le plus exalté n’aurait jamais pu imaginer, chaque promenade dans les collines sous-vosgiennes est un véritable enchantement.

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Le vignoble entre Andlau et Itterswiller sous le soleil d’octobre.


Bien évidemment pour un ivrogne de mon acabit une sortie dans une région viticole déclenche toujours les mêmes symptômes qui se manifestent par une irrépressible envie de sonner à la porte d’un vigneron pour déboucher quelques bouteilles en sa compagnie.

 

CIMG4460Andlau en octobre…simplement magnifique !

 

Baignée dans un océan de vignes qui flamboie de toutes les couleurs de l’automne, Andlau me tente bien, mais comme j’ai un rendez-vous prévu dans quelques jours chez Antoine Kreydenweiss pour parler de ses Grands Crus, je décide de m’engager dans une vallée parallèle en direction des Vosges vers le petit village de Reichsfeld.

 

CIMG4461Au calme entre vigne et montagne, le village de Reichsfeld


Bernard Bohn est un vigneron-artiste qui se plaît à élaborer des cuvées originales dont certaines m’ont interpelé récemment, comme ce riesling 2006 élevé en barriques d’acacia ou cette incroyable et inclassable Lumière de Feu 2004, dégustés lors d’une session du club AOC.
Il n’en fallait évidemment pas plus pour que je choisisse d’aller voir d’un peu plus près le travail de ce producteur de Reichsfeld.

 

CIMG4473Le domaine Bohn sur les pentes du Schifferberg.
 

Bernard Bohn m’accueille devant sa cave et me propose de commencer la visite par une petite balade sur le Schieferberg (la montagne aux ardoises) : un vaste coteau schisteux qui constitue le terroir emblématique de ce village.

 

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Vue enchanteresse sur le Schieferberg

 

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Une coupe géologique naturelle devant une parcelle du domaine Bohn


Géologiquement très ancien, le sol du Schieferberg repose sur une base constituée de schistes de Villé et la couche arable est formée de sables et de cailloux provenant de la dégradation de la roche mère. C’est un sol pauvre et drainant dont la structure feuilletée permet aux ceps de s’enraciner très profondément.


CIMG4466Un pied de vigne dans le Schieferberg.

 

Pentu, exposé au sud et avec un sol dont les pierres emmagasinent facilement la chaleur, ce coteau offre à la vigne des conditions idéales pour arriver à pleine maturité. Verrouillée à l’ouest par l’Ungersberg qui culmine à plus de 900 mètres, cette vallée est particulièrement bien protégée des orages : « l’Ungersberg coupe les masses nuageuses et les fait dévier vers le sud et vers le nord ».

Le côté sud du vallon est délimité par un massif à base de grès rose sur lequel Bernard Bohn exploite également quelques parcelles, notamment dans le Grand Cru Muenchberg.

Après cette promenade fort instructive où nous avons profité de quelques points de vues magnifiques, nous revenons vers le domaine et avant de nous installer dans l’espace dégustation nous faisons un rapide tour dans la cave pour découvrir des espaces de travail très traditionnels dans lesquels Bernard Bohn élabore ses cuvées.

 

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L’entrée de la cave du domaine Bohn
 
CIMG4471Une partie du cuvage.

 
CIMG4468Les fameuses barriques d’acacia.

 
CIMG4467Le pupitre à crémants.
 
CIMG4470Le coin dégustation


Comme la carte du domaine compte près de 30 références et que ma capacité d’évaluer correctement des vins est toujours aussi limitée, je laisse le soin au vigneron de me présenter une petite sélection personnelle d’une dizaine de flacons :

Riesling Nature 2010 : le nez est intense et riche sur la mirabelle et le miel avec une petite nuance iodée, la bouche est avenante avec un toucher bien gras, une acidité noble et une finale longue mais encore un peu marquée par l’élevage.

 

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Issu d’un assemblage entre une parcelle de grès et une parcelle de schistes, travaillé sans soufre et élevé en partie en barriques d’acacia, ce riesling séduit par sa complexité aromatique et sa tenue en bouche très classieuse. Ce fut une cuvée expérimentale pour Bernard Bohn qui avoue sans détour qu’il ne compte pas réaliser ce type de vin chaque année « le travail sans soufre demande des conditions très spéciales qui ne sont pas réunies à chaque millésime »…en ce qui concerne ce vin ouvert depuis 24 heures, j’ai été étonné par son équilibre et sa pureté, même si je pense qu’il faudrait encore lui laisser un peu de temps pour qu’il assimile mieux son élevage si particulier.

 

Sylvaner Vieilles Vignes 2010 : le nez est franc et précis avec des notes de fruits blancs et une fine touche pierreuse, la bouche possède une matière qui surprend par son ampleur, l’équilibre est frais et la finale bien pointue livre quelques amers très élégants.
Issu de parcelles de très vieilles vignes sur schistes et sur grès ce sylvaner très complet donne une belle image des potentialités de ce cépage : avec un terroir qualitatif, des rendements limités et un travail soigné et précis, il surprendra toujours le dégustateur par sa finesse et sa stature…MIAM !

Vin de France Charbohnnais 2010 : le nez est intense et atypique sur la poire mûre, les épices avec un fond un peu boisé, l’équilibre est sec et la matière très volumineuse donne une impression de rondeur et de gras, la finale laisse se manifester quelques notes amères très rafraichissantes.
Avec un nom basé sur un amalgame entre le nom du cépage et celui du vigneron, cette cuvée 100% chardonnay, vinifiée à la bourguignonne est une des références vraiment atypiques de la gamme du domaine. Exclu de l’appellation Alsace par la nature de son encépagement, ce Charbohnnais est un vin bien réalisé, même si personnellement je ne suis pas forcément réceptif à son style.

Riesling Grand Cru Muenchberg 2007 : le nez est discret sur les fruits jaunes avec une petite touche exotique (mangue), en bouche on est agréablement surpris par l’onctuosité de la texture et par une présence physique qui s’amplifie pour donner une vraie impression de puissance en finale.
Comme tous les grands vins de 2007, ce Muenchberg commence sa phase de plénitude où la matière se pose avec assurance tout en laissant poindre les premières nuances minérales.

Riesling Schieferberg 2007 : le nez est fin et délicat avec des notes florales et miellées, en bouche il affirme une structure solide, volumineuse et très verticale, la finale bien longue laisse une petit impression tannique et révèle une belle salinité.
Moins expressif au plan aromatique mais plus profond et plus complexe que le Grand Cru ce riesling prouve que ces sols schisteux de Reichsfeld sont capables de générer de très belles cuvées et auraient surement mérité de figurer dans la liste des terroirs classés alsaciens.

Riesling Oberhagel 1997 : le nez est délicat sur le miel et les fleurs, en bouche la minéralité se manifeste dès l’attaque et se déploie pour marquer l’aromatique avec des notes de zeste, de camphre et de graphite, la finale est droite avec une allonge toujours très minérale où le silex et l’iode apportent une touche de complexité supplémentaire à la palette.

 

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Exposée plein sud et très pentue, l’Oberhagel est l’un des secteurs les plus qualitatifs du Schieferberg. Ce riesling d’une quinzaine d’années donne une idée de la puissance minérale de ce terroir et de sa capacité à engendrer des vins qui résistent vaillamment face au temps qui passe…émouvant !

 

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Au dessus du chemin, la parcelle de riesling de l’Oberhagel du domaine Bohn.


Pinot Gris Schieferberg 2007 : le nez est flatteur et très gourmand sur la fumée, les fruits jaunes mûrs et les épices, la bouche possède une matière généreuse tenue par une acidité très verticale et offre un très beau développement aromatique.
Ouvert et très complexe cette cuvée de pinot gris montre que les schistes ne réussissent pas qu’au riesling : malgré une silhouette très dodue ce vin bénéficie d’une présence minérale qui le rend particulièrement sapide…MIAM !

Riesling Schieferberg-Barriques d’acacia 2010 : le nez intense mais encore un peu décousu se partage entre des arômes d’agrumes de toute beauté et la marque de cet élevage très particulier, en bouche on apprécie la qualité de la matière et on assiste à nouveau au dialogue encore un peu cacophonique entre la puissance du fruit et le marque du bois.
Le jus est de très grande qualité mais l’élevage 100% barriques d’acacia est encore très présent…personnellement je goûte cette cuvée avec un réel plaisir tout en étant convaincu que quelques années de garde lui conféreront un côté plus apaisé et plus harmonieux…patience !
 

Pinot Noir Tradition 2009 : le nez intense et d’une grande franchise est dédié à 100% à la cerise, la bouche est très guillerette avec une matière gouleyante et une palette qui se développe encore un peu plus, tout en s’enrichissant de quelques notes d’amande en finale (un peu amaretto).

 

 

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Récolté sur des terroirs gréseux ce pinot noir est un vrai séducteur : expressif, glissant et très facile d’accès. Les esprits chagrins y verront surement un peu trop de facilité mais moi j’ai craqué…une fois de plus hélas !

 

Pinot Noir Les Roches Rouges 2007 : le nez est discret mais plus complexe, on y devine des notes de fruits noirs (griotte, mûre, cassis) et de réglisse, la bouche révèle une matière pleine et riche avec un boisé parfaitement intégré et une finale où on perçoit une solide charpente tannique.
Ce pinot noir élevé 10 mois en barriques est issu parcelles de grès (80%) et de schistes (20%). Son ossature très solide et sa chair généreuse appellent une table bien garnie : aucun doute, c’est un vin rouge de gastronomie.

Muscat d’Alsace Rosé 2010 : le nez est flatteur et complexe avec des notes de raisin mûr et de fraise des bois complétées par de délicates nuances florales, la bouche est fraîche mais assez puissante avec une aromatique qui s’intensifie et une finale très élégante sur les petits fruits rouges.

 

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Issu exclusivement de raisins de muscat d’Alsace noirs (dont j’ai récemment découvert l’existence d’ailleurs…), égrappés et travaillés comme le pinot noir rosé, ce vin surprend avec sa robe rose-orangée et sa palette un peu déroutante. Il n’en reste pas moins qu’avec sa structure équilibrée et sa texture glissante cette cuvée d’une gourmandise absolue vous fera craquer à coup sûr !

Crémant Cuvée Millésimée 2003 : le nez est très raffiné sur les fruits blancs très mûrs (presque compotés) et la brioche, la bouche est splendide avec une bulle abondante et d’une finesse extrême, le toucher est onctueux et les arômes s’épanouissent, la finale nette et fringante laisse persister longuement un sillage aromatique d’une grande complexité.
 

 

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Cet assemblage à base de chardonnay et de pinot noir (à parts égales) complété par une pointe de riesling a été travaillé à l’ancienne avec des levures champenoises traditionnelles « Elles précipitent moins vite et demandent un remuage plus long, c’est pour cette raison que je fais cette opération manuellement ».
Elevé sur lattes durant 9 ans, ce crémant est un pur bonheur…peut-être l’un des plus aboutis qu’il m’ait été donné de déguster jusqu’ici. Un grosse claque !

Lumière de Feu 2004 : le nez est fin et évolutif avec une palette très complexe sur les fruits jaunes mûrs, la noisette, la violette et une touche un peu rancio, la bouche est ample et grasse avec un côté velouté très agréable qui enrobe une colonne vertébrale assez solide pour soutenir cet ensemble très riche et pour donner un caractère net et frais à la finale.

 

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Cette cuvée inclassable est conçue à partir d’un assemblage de 3 cépages (60% de gewurztraminer, 30% de riesling, 10% de pinot gris) élevés durant 5 années sur beaucoup de lies sans ouillage durant les quatre dernières années. « J’ai voulu faire un vin pour réunir deux vignobles voisins, l’Alsace et le Jura »
Le gewurztraminer a été choisi naturellement en tant que cousin du savagnin, le riesling pour apporter la structure et le pinot gris un peu de chair supplémentaire « Je n’aime pas trop le côté oxydatif trop prononcé des vins jaunes, c’est pour ça que j’ai choisi de procéder à un ouillage régulier durant la première année. Le voile s’est formé durant les 4 années suivantes ».
Au final, nous nous retrouvons en présence d’un vin qui va déconcerter les puristes des deux régions mais qui traduit bien l’état d’esprit de ce vigneron créatif qui n’a pas peur de prendre des risques pour innover.
En ce qui me concerne, je goûte une nouvelle fois avec beaucoup de plaisir cette Lumière de Feu, dont la richesse et l’originalité illumine mes papilles…ça y est je commence à faire de la poésie à deux balles, l’effet du vin sans nul doute !!!
 
Riesling Grand Cru Muenchberg V.T. 2000 : le nez est assez discret sur les agrumes bien mûrs, en bouche on sent que le temps a bien patiné la richesse originelle de ce vin qui se goûte presque sec et qui continue à libérer des arômes d’agrumes et de zestes confits tout en laissant pointer quelques notes plus exotiques (ananas, mangue), la finale est équilibrée et très digeste.
Avec ce Muenchberg V.T. je reviens vers des sensations plus conventionnelles tout en restant impressionné par la manière dont cette cuvée initialement moelleuse a évolué dans le temps.
Encore au tarif actuellement, cette bouteille permet de découvrir (sans se ruiner d’ailleurs…) un Grand Cru de riesling V.T. dans sa phase de plénitude.

La Délicieuse 2007 : le nez assez intense expose une jolie palette exotique et délicatement épicée (gingembre, poivre blanc), la bouche est ample avec du gras et une acidité bien large qui se tend un peu plus fermement en finale.

 

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Cette cuvée moelleuse est issue d’un assemblage de gewurztraminer (60%) et de pinot gris (40%) que Bernard Bohn a choisi de vendanger et de vinifier ensemble. « L’assemblage apporte une touche de complexité supplémentaire aux cuvées moelleuses et la fermentation commune permet de gagner en harmonie ».
Encore jeune mais déjà terriblement séduisant…GRAND MIAM pour finir !

 
Pour conclure :

- La rencontre de cet après-midi avecBernard Bohn fait partie de ces moments qui me rappellent pourquoi j'aime ce petites escapades dans les vignobles d'Alsace ou d'ailleurs.

Vigneron passionné et novateur il dit qu’il conçoit ses vins comme un artiste peint ses toiles : il considère les cépages, les terroirs, les techniques de vinification, les types d’élevage…
comme une palette où il trouve les d’éléments avec lesquels il va créer ses vins.
Bernard Bohn avoue sans détour qu’il fait avant tout des vins qui lui plaisent : « Comme Reichsfeld se situe bien à l’écart de la Route des Vins je ne me sens pas obligé de produire des vins pour séduire des touristes de passage ».
Et pourtant ce vigneron vend près des ¾ de sa production au domaine à des clients particuliers : « Les amateurs de vin ne viennent pas chez moi par hasard, s’ils sonnent à la porte de ma cave, c’est qu’ils savent déjà un peu ce qu’ils vont y trouver ».
On ne saurait être plus clair !

- Riche, éclectique et originale la gamme de vins du domaine Bohn nous propose des cuvées assez classiques et d’autres plus « expérimentales » mais l’ensemble porte la marque d’une très grande homogénéité qualitative.
La viticulture de Bernard Bohn est exigeante et éco-responsable : enherbement naturel, pas de labour (utilisation du Rolofaca), peu de passage mécanique dans les vignes, pas d’engrais chimiques, taille courte et ébourgeonnage sévère et bien sûr, vendanges manuelles.
En cave, le pressurage avec un pressoir mécanique traditionnel permet d’extraire des jus très riches qui fermenteront sous l’effet exclusif des levures indigènes, l’élevage se fait durant plusieurs mois sur lies fines dans des contenants que le vigneron va choisir pour donner son style à chaque cuvée.
Créateur de vins de caractère qui demandent quelques années de garde pour s’exprimer pleinement, Bernard Bohn a pour habitude de commercialiser ses vins lorsqu’il estime qu’ils sont prêts à boire, de ce fait on trouve de nombreux millésimes en vente au domaine…une aubaine pour tous ceux qui ne peuvent pas stocker des bouteilles chez eux.

- Pour les coups de cœur du jour, je choisirai en premier le crémant millésimé 2003 qui m’a subjugué par la complexité de son aromatique et la noblesse de sa texture en bouche, une bouteille à moins de 12 euros qui, a mon humble avis, mettra KO bon nombre de cuvées champenoises.
En second lieu, j’aimerais mettre en avant les créations originales de ce vigneron comme La Délicieuse, Lumière de Feu ou le Riesling Schieferberg 2010 : des vins qui vont à coup sûr segmenter une assemblée de dégustateurs mais dont l’énergie positive et le caractère original ont un peu bousculé quelques unes de mes idées reçues pour finir par me séduire définitivement.

- Mille mercis à Bernard Bohn pour sa disponibilité et sa gentillesse.

 

CIMG4474Dernière vue sur le coteau du Schieferberg.

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 12:02

Riesling Le Z 2011 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr

Robe : jaune clair avec beaucoup d’éclat.
Nez : intense et expressif, il évolue entre des notes d’agrumes frais, de zeste et de camphre avant de s’épanouir sur une palette plus exotique.
Bouche : la matière est ample, riche et épanouie, le fruité est bien complexe et la finale laisse pointer les premières nuances minérales.
Issu d’une petite parcelle de très jeunes vignes plantées par Claude sur le bloc de granit sommital du Sommerberg, ce riesling fait encore un peu penser à un « feu follet » partagé entre l’exubérance du cépage et la salinité du terroir qui commence à se montrer…les patients qui laisseront la matière trouver son harmonie découvriront un vin complexe et noble et les impatients (dont je fais hélas partie) se délecteront dès aujourd’hui face à cette énergie virevoltante…au choix !


Riesling Patergarten 2009 – Domaine P. Blanck à Kientzheim

Robe : jaune pâle avec des reflets métalliques.
Nez : les premières impressions révèlent un caractère très empyreumatique (fumée, pierre chaude) avant de proposer une palette plus classique sur les zestes d’agrumes et le pamplemousse.
Bouche : l’attaque est vive et pointue, la matière ample se tend grâce à une acidité mûre et puissante pour donner l’impression d’une structure très carrée, la finale est nette, longuement aromatique (agrumes et camphre) et bien minérale.
Ce lieu-dit dont le nom évoque les moines qui ont commencé à mettre en valeur ce terroir (« Patergarten » peut se traduire par « Jardin des pères ») est situé dans la plaine près du village de Kientzheim sur un sol argilo-calcaire recouvert de graves et de cailloutis. Même si son caractère empyreumatique me surprend à chaque dégustation, ce vin possède une pureté et une précision dans l’expression qui en font un véritable modèle de grand riesling sec…avis aux amateurs !


Riesling G.C. Altenberg de Bergbieten 2009 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten

Robe : jaune clair avec des reflets argentés.
Nez : intense et très pur, il révèle des arômes d’agrumes (citron vert), d’ananas frais, de résine et de craie
Bouche : l’attaque est franche et vive, la structure est ample avec beaucoup de chair et une acidité pointue et très profonde, la finale revient sur des évocations minérales et développe de puissantes notes salines très persistantes.
J’avais dégusté ce superbe riesling lors du pique-nique de la Pentecôte au domaine Schmitt et l’excellente impression qu’il avait faite à cette occasion s’est largement confirmée : la richesse aromatique et minérale est impressionnante et l’équilibre frise la perfection.



Riesling G.C. Kanzlerberg 2000 – Domaine S. Spielmann à Bergheim

Robe : jaune moyen avec des bords vert-pâle.
Nez : il s’ouvre sur des notes fumées et tourbées avant de s’affiner en nous livrant une palette plus classique sur les agrumes, les zestes et la menthe fraîche.
Bouche : après une attaque très tonique, la matière s’élargit au milieu pour laisser une belle impression de gourmandise, la finale est nette et bien droite avec de petits amers très nobles et de fines notes mentholées.
Net, précis et bien vertical, ce riesling Grand Cru a remarquablement résisté dans le temps : si on excepte ce sillage finement mentholé qui nous donne un petit indice sur son âge, on ne peut que s’incliner devant cette tenue remarquable et cette belle complexité aromatique…Après quelques désillusions sur des alsace 2000 cette bouteille est une très bonne surprise.


Pinot Noir 2007 – Domaine Lissner à Wolxheim

Robe : rouge sombre avec des bords denses légèrement brunissants.
Nez : intense et charmeur il livre une palette mûre et gourmande sur les fruits rouges et noirs avec un soupçon d’amande amère.
Bouche : la matière allie douceur et puissance pour donner la sensation d’une structure bien sphérique, les tanins sont denses et soyeux, l’acidité se pose en largeur et la finale longuement aromatique se complexifie encore avec quelques notes épicées.
Vendangé en légère surmaturité sur les terroirs calcaires de Wolxheim ce pinot noir a été élevé durant 13 mois en barriques par Bruno Schloegel. L’étiquette originale a été éditée en série très limitée (100 bouteilles) à l’occasion du vernissage de l’exposition « Skeyelines » de Jean-Michel Hérin.
Après quelques années de garde ce très beau vin rouge s’exprime aujourd’hui avec beaucoup de classe et d’allant…à l’aveugle je suis persuadé que j’aurai cherché du côté de la Côte de Nuits. Superbe cuvée !

 

 

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Vue automnale sur les 3 Grands Crus d'Andlau...ma prochaine grand étape !

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 17:18


Pour ma troisième journée de vendanges à Niedermorschwihr le beau temps est enfin au rendez-vous et le programme prévu par Claude et Sandrine Weinzorn se révèle particulièrement intéressant : rentrer les derniers sylvaners et les derniers chasselas, presser les rieslings du Sommerberg et bien sûr fêter la fin des vendanges 2012 !
Malgré les petites festivités prévues, on ne déroge pas pour autant aux bonnes habitudes : départ au petit matin (6H45 à Strasbourg, il fait encore bien nuit…) pour arriver à pied d’œuvre sous les premiers rayons d’un beau soleil d’automne.
 

CIMG4408Une vigne entre Katzenthal et Niedermorschwir au petit matin.


CIMG4412 Vue sur les terrassses du Sommerberg sous la lumière naissante du jour…une juste récompense pour les lève-tôt.
 

La première étape nous mène vers une parcelle de sylvaners située au bas du versant nord de la colline du Brand.

 

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C’est reparti…
 
CIMG4414…avec une vue splendide sur les 3 derniers amphithéâtres du Sommerberg

 

Après avoir déposé l’équipe de vendangeurs nous repartons vers la cave du domaine de l’Oriel pour effectuer le pressurage des rieslings du Sommerberg.

 

CIMG4416Cela à l’air d’un petit soin esthétique matinal par enveloppement au marc de raisin, mais en réalité c’est un exercice de contorsion pour se glisser dans le pressoir.
 
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Nettoyage méticuleux à grande eau.

 CIMG4420Le marc qui va partir à la distillerie.

 

Pour Claude la propreté du matériel est une véritable obsession « je consacre énormément de temps et d’énergie pour soigner mas vignes afin d’obtenir les plus beaux fruits possibles et je n’ai pas l’intention de tout gâcher avec du matériel de cave douteux… » : à chaque phase de l’élaboration des vins du domaine de l’Oriel, l’exigence est absolue !

 

 

 
CIMG4423Les raisins 2012 de la colline de l’été : de petites baies sucrées et riches en arômes.
 
CIMG4427Le deuxième amphithéâtre du Sommerberg avec les parcelles de riesling du domaine de l’Oriel


Le pressoir est programmé pour un pressurage très lent et le premier jus qui s’écoule dans la maie confirme la qualité de la vendange : près de 14° potentiels et un goût déjà très complexe où on décèle déjà une présence saline importante.

 

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Si, si, c’est du riesling Sommerberg !

 

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 Le verdict du mustimètre…14° potentiels !
 

 

Après cette opération matinale dans la cave, nous repartons à la vigne pour partager la pause-café avec les vendangeurs.


 
CIMG4428C’est quand même plus sympa sous le soleil…

 

CIMG4426 …en plus les vendangeuses de ce dernier jour sont particulièrement sexy !

 

La dernière étape nous mène au pied du Kougelhopf pour vendanger la dernière parcelle : des chasselas destinés à être livrée à la cave de Beblenheim.


 CIMG4434Les chasselas des Weinzorn au pied du Sommerberg et de la parcelle que le domaine Zind-Humbrecht prépare pour une replantation.

 

Les fruits sont magnifiques et la cueillette est particulièrement agréable…une finale toute en beauté et en facilité !

 
CIMG4431Par ici les beaux chasselas !

 CIMG4439Le dernier rang par l’ensemble des coupeurs…


CIMG4436 …pour une récolte splendide !
 
CIMG4441Dernières notes dans le cahier à spirales où Claude consigne méticuleusement toutes les données relatives à ce millésime…


CIMG4442 …mais chez les vendangeurs, la fête a déjà commencé !

CIMG4444 La belle équipe au grand complet (il manque juste le photographe !)
 
CIMG4447Apéritif festif avec crémant, muscat et pinot blanc…

 CIMG4446…et quelques feuilletés fabriqués par une autre « star » du village.

 

Claude Weinzorn a le sourire car ces vendanges qui s’annonçaient particulièrement difficiles se sont très bien terminées « on a eu très peur, mais en fin de compte, nous avons réussi à rentrer des raisins de grand qualité sur la plupart de nos parcelles ». La matière première pour réaliser de beaux vins est là, maintenant c’est dans la cave qu’il va falloir prendre les bonnes décisions.
Mais nous savons tous que le grand Claude possède une solide expérience à ce niveau (et de précieuses notes dans ses cahiers à spirale)...il ne peut que réussir !


CIMG4440 Claude et Sandrine, fatigués mais souriants…2012 sera bon au domaine de l’Oriel.

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 13:06

Après une session de reprise festive et détendue, notre club se recentre sur des thèmes plus sérieux – même si certains membres s’obstinent à ne pas l’être – avec un programme classique, associant deux thèmes bien alléchants :

- Les syrahs du domaine Ferraton
- Les muscats d’Alsace.

Nous avons découvert le Cornas Grands Mûriers 2008 du domaine Ferraton lors d’une précédente réunion, ce qui m’a donné l’idée de programmer une visite à Tain l’Hermitage au printemps dernier. Après avoir dégusté une grande partie des vins produits par ce domaine, j’ai eu envie de faire découvrir ces rouges charmeurs et concentrés à mes amis du club : nous goûterons donc quelques flacons emblématiques sélectionnés dans la large gamme de crus rhodaniens élaborés par ces producteurs.

Pour traiter le second thème, Guy et Stefan se sont concertés et ont prélevé dans leur cave un certain nombre de flacons pour constituer une série capable de nous donner un aperçu des personnalités multiples du muscat d’Alsace.

Hoppla, jetzt geht’s loos !

 

Les deux séries de bouteilles sont dégustées 2 par 2, étiquettes découvertes après une courte présentation orale des vins proposés.

Verres Spiegelau Expert

 

Soirée Club AOC du 5 octobre 2012 à La Wantzenau

   

En attendant l’arrivée de tous les participants, nous dégustons un Chinon rosé Cuvée Mathilde 2011 du Domaine B. et P. Lambert à Cravant les Coteaux : le nez est intense et charmeur sur la framboise écrasée, la bouche est très aérienne avec une matière détendue et une finale très fraiche et finement fruitée.
Ce rosé issu d’une vigne en biodynamie et travaillé sans intrants est un pur régal...presque un vaccin pour un allergique au cabernet franc comme moi ! Le fond de bouteille regouté le lendemain laissait la même impression suave et fruitée. Un MIAM spécial dédicace à François.

 

2012 0198

 

 

 

Thème 1 : petite promenade parmi les syrahs du domaine Ferraton.
 

 

Côtes du Rhône blanc Samorëns 2011 : le nez est assez expressif sur la poire verte, la pomme granny et les fleurs blanches, la bouche est droite, précise avec une aromatique qui révèle un côté végétal pas désagréable, la finale bien fraîche est marquée par une discrète amertume.
Cet assemblage de grenache blanc (60%) et de clairette (40%) est le vin blanc d’entrée de gamme du domaine Ferraton. Frais, aromatique et bien équilibré il offre un rapport Q/P particulièrement avantageux et constitue une entrée en matière très prometteuse pour la suite…son homonyme rouge tout aussi réussi aurait mérité de figurer dans la série.

 

2012 0191

 

Crozes Hermitage La Madinière 2009 : le nez est surprenant avec un côté fumé très puissant et des notes de griotte et de tabac brun, en bouche le toucher est très velouté et la présence fruitée se définit un peu plus, la finale est très joliment équilibrée avec une longueur moyenne.
Crozes Hermitage Les Pichères 2009 : le nez est discret avec un style très épicé, la bouche est ample et concentrée mais un peu plus stricte et plus fermée, la finale est tenue mais encore un peu marquée par l’élevage.
La Madinière et Les Pichères sont des cuvées provenant de vignes situées sur des terroirs de graviers et de galets roulés autour de Mercurol et de Beaumont-Monteux. Les deux vins sont issus d’une vendange de syrah 100% égrappée et sont élevés pendant un an en fûts de chêne et le Crozes Les Pichères porte le label BIO.
Curieusement ces deux vins se goûtent moins bien ce soir que lors de ma visite au printemps : le premier qui m’avait particulièrement séduit a dérouté l’assemblée par son aromatique très particulière et le second s’était vraiment replié sur lui-même.
Il n’en reste pas moins qu’avec ces deux premières cuvées, on ressent en bouche cette structure ronde et suave qui constitue un peu le leitmotiv de la production Ferraton.

 

2012 0188

 

Saint Joseph La Source 2010 : le nez met du temps à s’ouvrir et livre des arômes assez rustiques de poudre à canon et de couenne de lard, la bouche développe une belle rondeur et flatte le palais par sa texture très soyeuse mais en finale on assiste au retour d’une certaine austérité avec un côté rocailleux très dominateur.
Cornas Les Grands Mûriers 2008 : le nez est flatteur et épanoui sur les fruits noirs bien mûrs (griotte, cassis) et les épices (muscade et cardamome), la bouche possède un très bel équilibre avec une matière dense et charnue et une acidité bien tonique et des tanins fins et souples, la finale est longue et délicatement réglissée.
Pur vin de granit, ce Saint Joseph à qui le millésime a conféré une grande droiture montre une minéralité très affirmée qui peut heurter certains palais trop sensibles.
Le Cornas issu de deux parcelles distinctes – l’une de granit décomposé (gore) et l’autre plus argilo-calcaire – a gardé ce fruité gourmand et cette structure caressante qui en font un séducteur presque irrésistible. La troisième rencontre avec ce vin confirme mes précédentes impressions, c’est une très belle réussite !

 

2012 0189

 

Hermitage Les Miaux 2007 : le nez est discret et complexe avec des notes poudrées, fruitées (cerise bigarreau) et épicées, en bouche il y a une matière charnue et gourmande, du fruit, des tanins soyeux et une finale longue et délicatement réglissée.
Ermitage Les Dionnières 2006 : le nez est ouvert, expressif et complexe, il évoque un panier de fruits bien mûrs (petits fruits rouges et noirs, fruits à noyau), la vanille et les épices douces, la bouche est profonde, ample, suave et la finale laisse persister longuement des notes de pêche de vigne et d’épices.
Issue d’un assemblage de syrahs provenant du Méal et des Dionnières cette cuvée a été élevée durant 16 mois en fûts de chêne (10% de fûts neufs). Avec son aromatique raffinée et sa structure dense et racée l’Hermitage Les Miaux est un superbe vin, plaisant dès aujourd’hui mais avec un remarquable potentiel d’évolution.
Avec l’Ermitage Les Dionnières on change de monde…pour s’approcher d’une forme de perfection qui me ferait presque croire en l’au-delà !
D’ailleurs, après le plébiscite obtenu au niveau du groupe (un vin noté « excellent » par tous les dégustateurs présents) je crois que je n’ai pas été le seul à faire une petite crise de foi ce soir !

 

2012 0190

 

Pour conclure :

- Ces 6 bouteilles du domaine Ferraton, nous ont permis d’apprécier la belle diversité d’expression des syrahs nord-rhodaniennes, si bien mises en valeur par ce domaine viticole de Tain.

- Quels que soient l’appellation ou le millésime, je reste admiratif face à la qualité du travail de ces vignerons : chaque vin à son niveau m’a vraiment régalé en particulier avec sa texture très suave en bouche. Les matières sont riches et équilibrées et les élevages d’une grande finesse…Chapeau !
- l’Ermitage qui fait partie des cuvées haut de gamme du domaine toutes travaillées en biodynamie, fut la superstar de la soirée…et a pris une place de choix dans le palmarès des grandes quilles débouchées au sein de notre club.

- ma déception personnelle fut occasionnée par la réaction du groupe face au Crozes Madinières : très peu apprécié ou très mal compris, ce vin qui m’avait vraiment convaincu au printemps dernier s’est montré un peu plus revêche ce soir et n’a pas séduit grand monde…votre serviteur mis à part. Dommage !
 

 

 

Thème 2 : le muscat d’Alsace dans tous ses états.


Muscat 1986 – Cave de Pfaffenheim : le nez est évolué mais assez expressif avec des notes de tisane, camomille et verveine, perturbées par une pointe un peu liégeuse, la bouche est très légère, pour ne pas dire rachitique et la finale est flotteuse et courte.
Muscat 1990 – Domaine Runner à Pfaffenheim : le nez est plus discret, torréfié et finement épicé, la matière en bouche est plus conséquente mais l’ensemble reste déséquilibré par un manque de vivacité, la finale est très molle mais la longueur aromatique est respectable.
Avec plus de deux décennies au compteur ces deux muscats ont très largement dépassé leur apogée. Le 86 fait illusion par son aromatique avec une pureté douteuse mais une intensité qui en envoie, par contre le corps complètement désossé évacue tout doute possible sur son état de décrépitude avancée…un vin ectoplasmique !
Le 90, qui devait être bien mûr dans sa jeunesse a un peu mieux résisté, mais le verdict du palais est sans appel, lourdaud et mou il semble avoir perdu toute charpente…un vin moribond !

 

2012 0193

 

Muscat Réserve Bergheim 2011 – Domaine S. Spielmann à Bergheim : le nez est ouvert et épanoui avec de belles notes de fleurs et d’eau de rose, la bouche est agréable avec un côté charnu très rondouillard qui devient hélas un peu pesant en finale.
Muscat 2009 – Domaine Zind-Humbrecht à Turckheim : le nez est discret avec des notes florales et un peu pierreuses, la bouche est assez sévère avec une acidité très présente, un perlant léger et une finale assez longue mais peu aimable.
Le muscat de Sylvie Spielmann possède une palette de toute beauté mais souffre d’un léger manque de fraîcheur, celui de Zind-Humbrecht est vraiment trop austère à mon goût. Bref, deux vins honnêtes qui pourtant ne rentrent pas dans mon cadre de référence pour l’expression de ce cépage alsacien.

 

2012 0194

 

Muscat 2011 – Domaine Sipp-Mack à Hunawihr : le nez est fin et élégant avec un registre bien complexe qui associe le raisin frais et les fleurs, la bouche est avenante, il y a un léger moelleux mais l’équilibre reste bien frais, la finale est très aérienne avec un jolie touche mentholée.
Muscat 2009 – Domaine Rieflé à Pfaffenheim : le nez trahit un début d’oxydation mais garde une palette assez agréable avec des notes florales et une petite touche grillée, la bouche possède un équilibre sec et une matière dont l’opulence finit par dominer l’ensemble, la finale est longue, toujours marquée par des arômes grillés mais un peu trop lourde à mon goût.
Ouvert, facile d’accès et très guilleret le muscat de Jacky Sipp me fait penser celui de Jean-Marc Bernhard qui constitue pour moi une des références sur ce cépage. Le vin de Jean Claude Rieflé surprend par son niveau d’évolution : son aromatique et sa structure semblent déjà bien fatiguées après quelques années de vieillissement…et pourtant la matière devait être très belle dans sa prime jeunesse !

2012 0195

 

 

Muscat Moenchreben de Rorschwihr V.T. 1997 – Domaine Rolly-Gassmann à Rorschwihr : le nez est intense et complexe avec un registre tisanier du plus bel effet (mélisse, verveine, menthe…), la bouche est superbe avec une silhouette d’une élégante rondeur et une aromatique très fine qui se développe et se prolonge longuement en finale.
Muscat Bollenberg V.T. 2009 – Domaine Zusslin à Orschwihr : le nez est charmeur et très complexe, on y sent en premier un fruité très frais suivi par de belles évocations florales et une discrète pointe minérale, la bouche est généreuse, l’équilibre est moelleux mais on ne sent aucune lourdeur dans la structure, la finale n’est pas trop longue mais séduit par sa finesse et sa précision.
Cela fait la troisième fois que je rencontre le muscat V.T. du domaine Zusslin et c’est toujours le même bonheur : un vin fin, complexe, équilibré et d’une grande buvabilité…une vraie friandise !
La cuvée des Rolly-Gassmann est surprenante avec une aromatique qui trahit son âge avancé mais la avec une présence en bouche dont la tenue force le respect…la classe !


2012 0196

 

 

Muscat Kaefferkopf V.T. 2000 – Domaine Binner à Ammerschwihr : le nez est complexe et assez intense sur les agrumes confits, la bouche est généreuse avec un joli gras et une réelle puissance, la finale est fraîche sur le pomelo.
Très attendu au tournant par les « naturo-sceptiques » le muscat V.T. des Binner nous a vraiment cloué le bec : pur, plaisant et avec une très belle structure, après 12 de garde ce vin se porte comme un charme…Etonnant !

 

2012 0197

 

 

Pour conclure :

- En réfléchissant bien, je m’aperçois que le muscat se trouve sur la seconde marche du podium de mes vins d’Alsace préférés, après le riesling et avant le gewurztraminer. J’aime son côté frais, aromatique, guilleret, facile d’accès et je me laisse séduire sans résister à chaque fois que je rencontre une version bien « canaille » de ce cépage. En revanche, je suis beaucoup moins sensible à l’esthétique des muscats d’Alsace plus vieux : lorsque le fruit et la fleur « sèchent » pour livrer des notes de tisane, mes papilles s’enthousiasment plus difficilement. Comme en plus, je pense que dans la majeure partie des cas ce vin n’est pas vinifié pour tenir trop longtemps dans le temps, lorsqu’on attend trop longtemps on risque de retrouver en bouche, des charpentes vacillantes et des matières faméliques, qui parlent plus à l’intellect qu’au sens.

- Sur cette série de 9 bouteilles, ma position face à ces vins n’a pas été remise en question : j’ai adoré le muscat 2011 de Jacky Sipp (qui me fait beaucoup penser à celui de Jean-Marc Bernhard) et, dans un autre style, j’ai également très bien goûté la version moelleuse 2009 du domaine Zusslin.
Ceci dit, après une quinzaine d’années de garde, le Moenchreben 1997 de Rolly-Gassmann reste un très beau vin qui ne montre aucun signe de fatigue en bouche : la surmaturité est surement l’un des éléments qui permettent à ce cépage de bien résister dans le temps…mais bon, je reste dubitatif !

- Merci aux organisateurs d’avoir réussi à construire cette série de vins aussi riche et diversifiée.

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 19:05



Avec cet automne 2012 où la météo se montre vraiment très capricieuse le vigneron alsacien vit un stress intense : il doit profiter de la moindre embellie pour rassembler son équipe de vendangeurs afin de pouvoir rentre des raisins les plus sains et les plus secs possible…c’est une course contre la montre de tous les instants !

En ce début d’octobre, je vais donc profiter des libertés que m’accorde généreusement mon Ministère pour prêter main forte à Claude et à Sandrine et participer à une seconde journée de vendanges au domaine de l’Oriel.

 

CIMG4388En arrivant à Niedermorschwihr…où est le soleil annoncé par Météo France ?


Le programme de cette journée s’annonce très chargé puisqu’il va s’agir de vendanger toutes les parcelles de pinots noirs du domaine.

 

 

La première étape sur le coteau du Brand arrosé par une petite bruine fine mais particulièrement pénétrante nous permet de récolter de très beaux raisins : les fruits sont sains et se présentent sous forme de grappes compactes avec de petits grains. A la dégustation, les baies se montrent bien sucrées, les peaux sont assez épaisses et les pépins croquent sous la dent sans laisser de sensations astringentes.

Résultat : des bottiches titrant entre 11°4 pour les plus faibles et 13°8 pour les meilleures.
 

CIMG4365
Pause café bienvenue au sommet du Brand.

 


Pour l’étape suivante nous restons sur la colline du Brand pour nous rendre sur la Schneid et vendanger une parcelle située sur son versant ouest, non-classé Grand Cru.


 
CIMG4386Sur la Schneid, la vigne apporte un peu de couleur dans la grisaille ambiante.


Résultat : des raisins toujours très beaux mais avec des jus un peu moins concentrés (11°2 – 12°8).
 

 

La troisième parcelle se situe dans un secteur plus plat entre les collines du Brand du Sommerberg et du Florimont, ur le lieu-dit Pairiser Matten (les prés de Pairis). Le ciel s’éclaircit un peu et inonde les paysages d’une lumière étrange en offrant une vue de toute beauté sur les coteaux classés qui nous entourent.

 

CIMG4378Dans la parcelle des Pairiser Matten avec la colline du Florimont à droite…

  CIMG4383
…et le majestueux Kougelhopf du Sommerberg en face.

 

 

Sur ce terroir plus argileux, l’état des raisins est légèrement moins bon et oblige les vendangeurs à trier un peu, mais la maturité des jus reste correcte (11°1 – 12°7).

 
Après le repas de midi (arrosé par un riesling G.C. Florimont 2007 de toute beauté !) c’est reparti sur les pentes du Weschelberg et de la Raenck, deux secteurs granitiques situés dans le prolongement du Sommerberg.
Ces coteaux très pentus (surtout le Raenck !) se trouvent au pied des montagnes et sont bordés par la forêt vosgienne. Sur ces parcelles, les vendangeurs sont mis à rude épreuve : obligés de trier sévèrement car les fruits ne sont pas très beaux (je pense qu’on a jeté près de la moitié…) et contraints de s’accrocher fortement à la pente sous peine de se retrouver sur les fesses et quelques dizaines de mètres plus bas…

 

CIMG4395
Niedermorschwihr vue du haut de la Raenck
 
CIMG4394Vue plongeante sur les pentes de la Raenck.
 
CIMG4397Le sol détrempé proscrit l’usage du tracteur…retour à la tradition avec les porteurs et leur hotte : dur, dur pour les cuisses !


Résultat : des raisins pas trop beaux mais avec un bon niveau de maturité (12°3 – 13°2)…une maigre consolation au regard des efforts fournis !

L’avant dernière étape nous mène vers une vigne un peu plus « tranquille », histoire de se refaire une santé !
La Flieh est une jeune parcelle de pinots noirs plantée par Claude il y a quelques années.

 

CIMG4400La Flieh…un peu de repos après les pentes redoutables de la Raenck
 

 

La vendange est agréable, la pente est bien plus faible et les fruits sont très beaux… mais nous n’avons visiblement pas été les seuls à nous en rendre compte car des sangliers qui avaient forcé un passage sous le grillage de protection ont opéré une razzia sur les 4 derniers rangs…il ne restait pratiquement plus de grain de raisin sur les rafles. Vandales mais connaisseurs, ces bestiaux !


 
CIMG4381Que des beaux fruits…les sangliers ne se sont pas trompés de parcelle !


Résultat : des raisins dans un très bel état sanitaire titrant entre 12° et 12°8 mais une récolte amputée d’un quart à cause d’une bande de sangliers…GRRRR !

 

 

Pour terminer cette longue journée, l’équipe des vendangeurs se rend sur le Florimont pour récolter les 7 rangs de rieslings situés dans le secteur sous la grotte.

 

CIMG4389La grotte du Florimont
 

 

Je n’accompagne pas le groupe sur cette dernière parcelle mais je vais seconder Claude à la cave où il finit la mise en cuve du pinot noir.

 
CIMG4366Montage ingénieux avec un élévateur pour charger le fouloir-égrappoir
 
CIMG4401C’est parti…
 
CIMG4391
…on ne laisse pas de grappe dans la bottiche…

  CIMG4375
…et pendant ce temps le niveau monte dans la cuve.
 

 

 

Au bout de la journée, la cuve de pinot noir est remplie à ras bord et le jus est pesé à 13,1° potentiels. Les bottiches restantes (issues principalement de la Raenck) sont mises au pressoir pour une vinification en blanc.

Une fois de plus, malgré une météo peu favorable la qualité des terroirs mais aussi celle de la viticulture du grand Claude ont fait la différence.

J'ai comme l'impression qu'on pourra trouver une très belle cuvée de pinot noir 2012 l'année prochaine au domaine de l’Oriel.

 

CIMG4387Premier jour de vendanges pour Aurélie…un sourire dans la froidure alsacienne !

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 10:42



Depuis l’année passée nous avons choisi de donner un caractère un peu plus festif à la réunion de rentrée de notre club AOC : en ce mois de septembre 2012 les papilles des notre vénérable assemblée vont donc être flattées par des associations gustatives entre :

des fromages et des vins, mais pas que...

Grand amateur de fromages, Eric a coordonné la composition des divers mariages aromatiques à tester et s’est également chargé de la création de la petite assiette rassemblant quelques pépites de la production fromagère nationale, complétées par un Cheddar rapporté directement de la Great Britain par Jamie.

 

Bouteilles 0147
 

 

MIAMMMM !!!!

 

Les vins ont été prélevés dans les caves personnelles de plusieurs membres du club.

Les fromages sont présentés par Eric, les vins sont d’abord dégustés seuls, étiquette découverte, puis regoûtés avec les fromages.
 

 

Les notes prises sont assez succinctes…eh oui, la soirée festive c’est pour tout le monde, que diable !

Verres Spiegelau Expert


Soirée Club AOC du 7 septembre 2012 à La Wantzenau
 

 

 

Thème : fromage et vins…mariages et divorces dans une même soirée.

 

 

1. Fromage frais de brebis du sud-ouest et Crottin de Chavignol

Muscat 2011 – Domaine Bernhard à Katzenthal : le nez est floral, la bouche est facile et gouleyante avec une finale bien vive.


Bouteilles 0155 

 

Sancerre Clos de la Néore 2009 – E. et A. Vatan à Chavignol : le nez est discret mais typé sur la groseille blanche bien mûre complété par de belles notes pierreuses, la bouche est solidement charpentée avec une puissance inhabituelle, la finale possède un volume très généreux qui laisse une petite sensation de lourdeur.

 

Bouteilles 0146 

 

Assez neutre en goût le brebis frais laisse s’exprimer pleinement l’aromatique des deux vins mais au niveau de la bouche j’ai préféré la vivacité du muscat pour trancher avec le gras du fromage.
Avec le crottin la sensation est presque identique car c’est le muscat qui propose le plus bel accord…mais bon, reconnaissons que ce Sancerre est quand même un peu atypique pour

réaliser cette harmonie régionale très classique.
 

 

 

2. Chaource et Camembert fermier

Cidre brut Héritage 1900 millésime 2003 – F. Goussin à Pâlis : le nez est peu aromatique, en bouche l’équilibre est sec et la finale délicatement acidulée.
Cidre brut Héritage 1900 – F. Goussin à Pâlis : le nez est un peu plus expressif avec un fruit encore bien présent, la bouche est finement perlante et légèrement tannique en finale.
Bière allemande Edelsteiner : le nez est très céréalier, la bouche propose une bulle assez fine et une amertume bien marquée.
Avec son équilibre frais et son aromatique très discrète, l’étonnant cidre millésimé (presque 10 ans de garde) constitue le plus bel accord avec les deux fromages. Plus jeune et plus virulent dans son expression le cidre jeune fonctionne très bien avec le chaource mais réagit de façon peu élégante avec les arômes puissants du camembert. L’essai avec une bière allemande ne fut pas concluant : l’amertume de la bière a exacerbé celle des fromages.

 

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3. Saint Nectaire et Epoisses

Pommard Le 19 Vingt 2007 – Domaine Cyrot-Buthiau à Pommard : le nez est bien marqué par des notes de fruits rouges très mûrs, la bouche est solidement charpentée mais les tannins sont d’une grande souplesse, la finale est longuement aromatique.
Fleurie Chapelle des Bois 2010 – Domaine de la Grand’Cour à Fleurie : le nez est fin et ouvert sur la prune, la pêche de vigne et la pivoine, la bouche est charnue et joliment acidulée en finale.
Sans sa croûte le Saint Nectaire s’accorde parfaitement avec ces deux vins rouges mais face au tonitruant Epoisses, le pommard tient en début de relation mais se trouve écrasé en finale par les puissants arômes du fromage. Le Fleurie résiste un peu mieux grâce à sa finale plus acide mais on n’ira pas jusqu’à parler de mariage réussi.
Ceci dit, voilà deux cuvées particulièrement intéressantes qui se sont goûtées superbement ce soir…mais toutes seules.

 

Bouteilles 0148

 


4. Comté

Vin de Savoie Les Alpes 2010 – Domaine Belluard à Ayse : le nez est d’une grande élégance avec des notes florales et finement briochées, la bouche est avenante, très bien équilibrée et la finale est longue et bien fraîche.
Château Châlon En Beaumont 1997 – Domaine Grand à Passenans : le nez est très intense et bien typé sur la noix fraîche et les épices, la bouche est extrêmement puissante, il y a du volume, de l’onctuosité et une finale très longue.
Issu du cépage gringuet, le vin des Belluard fut pour moi la révélation de la soirée en offrant une alternative de très belle facture au majestueux Château Châlon face au comté. Bien évidemment, le mariage régional entre le vin jaune et le fromage s’est montré à la hauteur des attentes : simplement parfait.
Mais pour les papilles rétives à la force aromatique du cru jurassien le blanc savoyard s’est montré tout à fait convaincant.
Les deux vins et le comté se rencontrent et s’épanouissent mutuellement. Superbe !


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5. Roquefort

Banyuls Rimage muté sur grains mise précoce 2006 – Cornet et Cie – Cave de l’abbé Rous à Banyuls : le nez est expressif avec un registre très flatteur où les notes de cerise noire et d’amande font penser à l’amaretto, la bouche est vineuse avec une trame tannique assez présente et une finale fruité et finement  cacaotée.
Château Filhot 2009 - Sauternes : le nez est ouvert, épanoui et complexe sur l’ananas rôti, la vanille et les épices, la bouche est onctueuse avec un gras très distingué, un équilibre sans lourdeur aucune et une finale d’une très grande longueur aromatique.
Malgré des effluves fromagères très intenses libérées par ce roquefort, particulièrement affiné, les deux vins ont tenu sans faillir : avec le Rimage ce fut un mariage évident, avec Sauternes aussi, mais ce dernier s’est offert le luxe de dominer le fromage par sa puissance aromatique…Bluffant !

 

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6. Cheddar

Ce cru fromager d’Outre-Manche fut un invité surprise délicieux qui a épaté l’assemblée par ses qualité gastronomiques et par la facilité avec laquelle il s’est accordé avec les vins de la soirée. Thanks a lot Jamie !
 


Pour conclure :

- cette soirée de reprise fut une vraie réussite puisqu’elle nous a permis de vivre un beau moment de convivialité tout en testant quelques associations fromago-viniques intéressantes.

- pour moi, le plus beau mariage fut réalisé par le couple Roquefort-Banyuls Rimage et le plus surprenant fut réalisé par le couple Crottin-Muscat…à croire que ce cépage alsacien (qui sera en vedette dans notre prochaine réunion AOC) possède une polyvalence gastronomique dont on n’a pas encore mesuré l’étendue.

-le vin qui m’a vraiment scotché par sa puissance et sa complexité fut le Château Filhot…et pourtant je ne suis pas un grand fan des liquoreux, c’est dire !

- le cheddar et sa propension à s’accorder avec beaucoup de vins m’a donné l’idée d’une nouvelle expérience : tester un ou deux fromages sur une douzaine de vins ce qui permettrait de comparer vraiment la qualité des associations gustatives…et peut-être de faire quelques découvertes. A voir…

- en tous cas, mille mercis aux organisateurs de nous avoir concocté cette belle séance de reprise.

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 19:16

Château Pierre-Bise Le Haut de la Garde Anjou blanc 2007 – Papin-Chevalier à Beaulieu sur Layon


Robe : jaune prononcé avec des reflets dorés et une grande brillance.
Nez : discret et complexe, il livre des arômes raffinés de fruits jaunes (abricot), de miel, de vanille et de pierre chaude.
Bouche : l’attaque est très douce, la structure est ample et la texture très caressante tapisse la bouche, la finale revient sur des évocations minérales et épicées.
Le nez se mérite car il demande beaucoup de patience pour livrer sa palette pure et racée mais la bouche est bien plus évidente avec une structure dont la sphéricité est quasiment parfaite…superbe !


Pernand Vergelesses Les Cloux 2009 – Domaine Rollin à Pernand Vergelesses

Robe : jaune clair avec des reflets vert clair sur la frange.
Nez : discret mais complexe, on y distingue tour à tour des arômes de tilleul et d’agrumes complétés par quelques notes pierreuses.
Bouche : l’équilibre est vif et tendu avec une structure très ample et une finale assez pointue où on retrouve de belles nuances minérales.
Ce Pernand blanc m’a particulièrement séduit par sa pureté et sa droiture. Un peu étonnant pour le millésime mais super bon…MIAM !
 

 

Bienvenues Bâtard Montrachet 2000 – Domaine Louis Carillon à Puligny.

Robe : jaune prononcé mais très brillant.
Nez : un peu anesthésié par le froid, le nez s’ouvre très lentement pour révéler de très beaux arômes de pierre à feu et d’amande torréfiée avant de se livrer plus franchement avec une palette qui ne cessera de se complexifier : beurre frais, épices (safran, poivre blanc) et toujours ces nuances minérales très raffinées…
Bouche : la matière extrêmement puissante soutenue par une tension très forte donne une impression d’ampleur…comme une sphère qui gonfle, l’aromatique s’épanouit et persiste très longuement sur un registre épicé et minéral.
Lors de mon récent passage à Puligny, François Carillon m’a alerté à propos d’un bouchage problématique sur des flacons du millésime 2000, qui pouvait entrainer des oxydations prématurées, même sur les grands crus…et je me suis souvenu de la déception ressentie face au Bienvenues-Bâtard 2000 dans une verticale mémorable sur cette appellation.
J’ai voulu en avoir le cœur net et j’ai profité de la visite de Stéphane W avec son palais particulièrement sensible au goût oxydé pour lui soumettre cette cuvée qui, malgré une robe vraiment bien dorée, ne laissait aucun doute sur sa fraîcheur et sa pureté. Ce vin magnifique s’est bonifié durant plus de 24 heures sans jamais montrer une trace de fatigue…à croire que j’avais vraiment tiré un bon numéro !
IMMENSE MIAM !


Prieuré Saint Jean de Bébian blanc 2003 – Lebrun-Lecouty à Pezenas

Robe : brillante avec une nuance bouton d’or et une texture très épaisse.
Nez : charmeur et très complexe, il livre des arômes très épanouis d’abricots confits, de raisin de Corinthe, de noisette grillée et de pralin.
Bouche : la matière est dense, volumineuse et concentrée avec un toucher très onctueux et une finale précise et longuement aromatique où pointent de belles notes épicées.
Issu d’un assemblage de roussane (50%), de clairette (20%), de picpoul (20%) et de grenache blanc, récoltés en surmaturité (20 hl/ha) sur un terroir de calcaire lacustre, ce vin semble avoir atteint son pic de maturité aujourd’hui. La richesse du millésime et l’élevage en barriques qui marquaient profondément cette cuvée à sa sortie se sont fondus et harmonisés pour nous offrir un jus gourmand et digeste aujourd’hui…MIAM !
 

 

Le Mourvèdre des Crouzets 2007 – Supply-Royer à Arboras

Robe : très sombre, épaisse avec des bords violacés.
Nez : intense et complexe, il nous transporte de l’autre côté de la méditerranée avec des effluves d’épices orientales, de bois de cèdre et quelques fruits noirs très mûrs en fond.
Bouche : la matière est riche, profondément aromatique mais l’équilibre reste très tonique, la finale est longue, fraîche et bien épicée.
Puissant et démonstratif dans sa jeunesse ce mourvèdre s’est bien assagi après 5 années en cave, les esprits très critiques déploreront encore un soupçon de chaleur en finale, mais en ce qui me concerne je suis pleinement en accord avec ce vin…d’ailleurs j’ai du faire un effort surhumain pour lâcher mon verre et prendre mon stylo, c’est dire !

 

CIMG4355 

Premiers muscats du millésime 2012

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 12:51

 

Avec l’âge, je me rends compte que j’aime de plus en plus ces habitudes qui ponctuent le cours du temps en me donnant la trompeuse impression d’un défilement un peu moins rapide des années.
Depuis près de deux décennies, ce périple bourguignon fait partie des virgules temporelles indispensables à mon bien-être : ces quelques jours dans le vignoble de la Côte d’Or me permettent d’envisager la fin de mes vacances estivales avec sérénité, gonflé d’une énergie positive nécessaire pour entamer cette nouvelle année scolaire.
Comme nos deux jeunes membres du club A.O.C. qui nous avaient accompagnés en 2011 étaient retenus en Alsace pour des raisons familiales ou professionnelles, nous voilà « on the road again » dans notre formation habituelle : en duo avec Martial, l’inventeur du béton au riesling.
Le programme de cette année est assez conséquent : trois étapes traditionnelles – Murat, Carillon et Castagnier – et trois nouvelles adresses – Carré, Rion et Chicotot.
Hoppla c’est parti !

 

 

Jour 2. : domaine Jérôme Castagnier à Morey


Depuis maintenant 4 ans mon périple bourguignon n’est vraiment complet qu’après avoir fait étape à Morey Saint Denis pour une visite chez Jérôme Castagnier : ce voyage gustatif parmi les plus belles appellations de la côte de nuits est entré de façon définitive dans mon rituel vinique du mois d’août.
Nous retrouvons notre vigneron musicien dans sa cave en compagnie d’un couple de cavistes tchèques qui viennent de dévaliser ses stocks et qui ont quelques soucis avec la transaction bancaire au moment de régler leur facture. Après de longues tergiversations, qu’un problème de langue a rendues encore plus complexes d’ailleurs, notre hôte peut enfin s’occuper de nous et nous accompagner dans notre habituel tour de cave…ouf !

Nous commençons cette séquence de dégustation par un petit échauffement avec les seuls vins en bouteilles qui restent disponibles à la vente (et encore, il ne reste que quelques bouteilles !) :

Aligoté 2009 : le nez est discret sur le citron et la poire, la bouche est légère et très droite avec une finale nette et pointue où on perçoit quelques notes de menthe fraîche.
Cet aligoté laisse toujours une belle impression de finesse et d’élégance qui lui confère un côté très immédiat et très avenant tout en laissant deviner de belles potentialités gastronomiques. Rapport Q/P exceptionnel !

Bourgogne Grand Ordinaire Rosé 2009 : le nez est pur et flatteur sur la mandarine, l’abricot et le miel, la bouche est d’un abord particulièrement agréable avec une rondeur avenante et une pointe acidulée en finale.
Lorsqu’on passe l’obstacle de ce nom vraiment peu engageant on retrouve dans son verre un rosé vif, facile et joliment aromatique : 100% pinot noir sur une parcelle près de Morey…comment ne pas craquer !
 

 

 

Notre visite se poursuit dans le chai où Jérôme Castagnier nous propose des échantillons du millésime 2011 :

 

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Jérôme Castagnier en pleine séance de dégustation dans son chai à barriques.


Coteaux Bourguignons : le nez présente un léger fumé et un fruité très discret, la bouche est gourmande avec un fruit qui croque sous la dent et une structure bien solide qui soutient une finale d’une longueur appréciable.
Bien que complètement hors sujet – le secteur concerné par cette nouvelle appellation étant désespérément plat – il faut reconnaître que le nouveau nom de ce vin est quad même plus vendeur que l’ancien : exit l’horrible « Bourgogne Grand Ordinaire »…il était temps !
Il n’en reste pas moins que cette cuvée que je goûte pour la première fois en cours d’élevage étonne par sa personnalité franche et gourmande…le rapport Q/P est exceptionnel mais le volume produit est souvent assez faible. Avis aux amateurs !

Chambolle Musigny : le nez est discret, finement torréfié et développant des arômes de cerise et de noyau sur un fond de pain grillé, la bouche est gourmande et joliment bâtie, la finale est fraîche et très déliée.
Modèle d’équilibre et d’élégance ce vin se laisse approcher sans difficulté dès son plus jeune âge tout en présentant une matière solidement assise et prête pour tenir quelques belles années en cave.

Gevrey Chambertin : le nez est ouvert et bien complexe, vanille, mûre et griotte accompagnées par une petite touche épicée composent une palette particulièrement séduisante, après une attaque assez vive, la matière s’arrondit voluptueusement en bouche avant de se tendre à nouveau un peu plus en finale.
Comme sur les vins de 2009, ce Gevrey se montre plus ouvert et plus caressant que le Chambolle : il y a des millésimes qui nous rappellent avec beaucoup d’à propos que les idées reçues ne tiennent pas face à la complexité du monde du vin. Il n’en reste pas moins que cette cuvée est d’une beauté confondante…MIAM !
 
Bourgogne-2012 0143Le gevrey édition 2010


Morey Saint Denis : le nez s’ouvre sur des notes torréfiées (grain de café grillé) avant de laisser transparaître de beaux arômes de fruits rouges bien mûrs, la bouche est dense, concentrée et pleine de sève, la finale commence à affirmer un marquage minéral bien profond.
Comme les années précédentes, ce Morey reste la cuvée de la série « villages » qui parle explicitement de son terroir dès son plus jeune âge. Superbe vin !

Charmes Chambertin : le nez est plaisant mais encore un peu discret, on y reconnaît quelques notes de cerise rouge avec une touche minérale qui commence à pointer, la bouche dense, concentrée mais bien équilibrée est d’un abord particulièrement agréable.
Jérôme a pour habitude de comparer les vins issus de ce grand cru à une « très belle femme » : il y a de l’élégance, une classe affirmée mais aussi un côté immédiat très séduisant. Pour cette cuvée, il à choisi un élevage en barriques de chêne originaire de l’Yonne qui apporte un grain particulièrement soyeux sans marquer excessivement l’aromatique. Superbe vin !

Clos Saint Denis : le nez est aimable, avenant, légèrement torréfié et discrètement fruité, en bouche l’attaque est bien souple et la matière s’épanouit progressivement en révélant un très beau fruit et de petites notes épicées, la finale est longue avec une trame tannique fine et serrée.
« Le Clos Saint Denis est un gentil fou, un peu à l’image d’un musicien comme Mozart…au début, on ne sait pas toujours où il va aller mais ce qui est sûr c’est qu’au bout du compte, il va nous émouvoir et nous séduire » : notre vigneron-musicien possède l’art de la formule…mais c’est ce qu’il ressent face à cette cuvée qu’il a choisi d’élever en barriques de chêne du Tronçais.
Comme chaque année, à ce stade d’évolution ce vin garde un certain mystère pour moi mais les éléments pour réaliser une belle composition sont bien là. Patience !

Clos de la Roche : le nez est plus ouvert avec des notes de fruits rouges bien mûrs, d’épices douces et de café, en bouche l’attaque est très franche, le vin affirme immédiatement sa puissance, la matière est dense avec une structure ample et sphérique, la finale est très longue et finement boisée.
Prélevé sur une barrique de chêne des Vosges, ce Grand Cru montre ses muscles sans complexe dès son plus jeune âge, mais la profondeur est bien présente et la complexité aromatique commence à se révéler…la noble provenance est signée. Plus wagnérien que mozartien, peut-être…mais grand vin sûrement !


Bourgogne-2012 0142Le couple de grands crus de Morey édition 2010.


Clos de Vougeot : le nez est charmeur, complexe et pénétrant, on y perçoit des notes de fruits noirs (griotte, cassis), de fleurs (violette, iris) et de discrètes nuances minérales, la bouche est ronde, dense, très concentrée avec une trame tannique veloutée et une finale longue où on sent des arômes de cacao et de pierre chaude.
Face à ce vin qui, une fois de plus, me séduit pleinement je vais copier-coller ma remarque concernant la cuvée 2009 : « Pas la peine de chercher d’autres mots, ce vin est déjà grandiose ». C’est dit !

Bourgogne-2012 0141Clos de Vougeot 2010


Grands Echezeaux : le nez encore très réservé livre quelques délicates notes florales, la présence en bouche est plus manifeste avec une attaque généreuse, une matière large et très concentrée et une finale où on sent une belle présence tannique.
Après le flamboyant Clos de Vougeot, la retenue de ce Grands Echezeaux peut surprendre mais la bouche montre un caractère bien trempé d’une personnalité dont le charisme va s’affirmer avec l’âge.


2012 fut une année très contrastée pour Jérôme Castagnier : d’un côté il y a beaucoup de joie et de fierté face au succès grandissant et largement mérité des vins qu’il produit et de l’autre une immense tristesse suite à la disparition de son père « 2011 sera le dernier millésime où j’aurai bénéficié des conseils et du soutien de mon père, je souhaite que les crus de cette année soient à la hauteur de l’hommage qu’il mérite ».
A mon humble avis, après ce tour d’horizon sur la production de ce jeune vigneron en 2011, Monsieur Castagnier peut reposer en paix, son nom et sa mémoire resteront associés à des vins d’exception !
Comme je l’ai déjà souligné dans mes précédentes contributions Jérôme Castagnier est un perfectionniste à la vigne comme à la cave. A l’heure actuelle il peaufine ses élevages en recherchant l’harmonie parfaite entre la futaille et le terroir : pour le Charmes Chambertin il pense avoir trouvé l’association idéale, pour les autres grands crus, il ne s’est pas encore forgé de convictions absolues mais cela ne saurait tarder…
Pour ce qui est de la durée d’élevage, les mises sont théoriquement prévues en janvier 2013 pour les villages 2011 et en mars 2013 pour les grands crus 2011 mais comme chaque année, Jérôme Castagnier procèdera à une dégustation de tous les vins avant de décider de soutirer et de mettre en bouteilles.
Une fois de plus, je sors de cette dégustation en étant vraiment impressionné par la gamme de vins de ce domaine : dans ces cuvées en cours d’élevage les terroirs sont déjà marqués avec une grande précision et l’homogénéité qualitative de l’ensemble des vins est impressionnante. S’il fallait vraiment faire émerger quelques bouteilles de cette belle série de 2011, je choisirai les vins du secteur de Gevrey pour leur suavité étonnante et le Clos de Vougeot dont la noble prestance m’a laissé bouche bée…

Merci à Jérôme Castagnier de nous avoir accompagnés une nouvelle fois pour cette promenade gustative en compagnie de ces sublimes crus bourguignons !


 
ScanJérôme jouant du bugle dans ses vignes, photographié pour la revue « Cuisine et vins de France »…je n’ai pas résisté !

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 09:02



En cette fin septembre, les averses prévues par la météo nationale épargnent le secteur de Niedermorschwihr mais une brume tenace s’accroche aux coteaux couverts de vignes qui entourent le village.
Claude et Sandrine Weinzorn ont convoqué leur équipe de vendangeurs pour couper les muscats du millésime 2012 : les raisins sont mûrs et sains et le programme de ce début d’automne est extrêmement serré « ce brouillard va humidifier les grappes, mais je ne peux pas prendre le risque d’attende encore… ».
 

 

 

C’est parti en direction du lieu-dit Heimbourg situé sur le versant est-nord/est de la colline du Brand.

 

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Premiers coups de sécateur en face du Sommerberg noyé dans le brouillard.


 
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Des raisins impeccables !
 

 

Les fruits sont très beaux et se dégustent avec beaucoup de plaisir : jolie sucrosité, acidité présente et arômes purs et expressifs…du muscat comme je l’aime !


 
CIMG4356Mon premier seau du millésime 2012…posé sur le sol d’arènes granitque du Heimbourg


L’étape suivante nous conduit sur le ban viticole de Katzenthal, dans un secteur plus plat entre le Kougelhopf (la dernière colline du Sommerberg) et la colline du Brand. Ces parcelles qui ont permis à Claude de réaliser sa première cuvée de muscat V.T. en 2011, produisent généralement des fruits plus avancés en maturité…même si sur 2012, on sera loin des 16° potentiels réalisés l’an dernier.


 
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Les vendangeurs dans la seconde parcelle.
 

 

Malgré l’état impeccable des raisins, le boss n’a pas le sourire : « cette foutue humidité, va me faire perdre des degrés… »…mais on ne peut pas battre des records chaque année quand même !


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Le grand Claude demande le verdict du refractomètre dès le chargement des bottiches sur le camion…

 
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Mais en observant notre compagnon à quatre pattes qui se régale avec les grains tombés au sol, le doute n’est plus permis…ces raisins sont très bons !



En fin de matinée j’accompagne Claude à la cave pour charger le pressoir. Avant de vider les bottiches sur le tapis roulant la densité est mesurée dans chacune d’elles : le résultat n’est pas trop mal puisque les chiffres se situent entre 10,2° et 13,1°.

 
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Muscats ottonels au fond et muscats d’Alsace blanc et noirs devant…la vendange est belle !

 
CIMG4364En route vers le pressoir pneumatique.


Les raisins sont laissés à égoutter dans le pressoir pendant plus d’une heure, résultat : 200 litres de jus bien aromatique à 10° potentiels qui sont pompés dans une petite cuve à part. Une fois le pressoir en action la densité des jus extraits augmente de façon notable pour dépasser les 11°5 après une heure de pressurage.
La dégustation régulière des jus de presse révèle une belle concentration aromatique, une acidité très agréable qui marque les bords de la langue et qui équilibre parfaitement l’ensemble.


Pour ce premier jour de vendanges, Claude a réussi à rentrer une très belle matière première : sur ces beaux terroirs autour de Niedermorschwihr la qualité du travail à la vigne a porté ses fruits en déjouant les pièges de cette année où la nature s’est montrée particulièrement capricieuse.
Maintenant la balle est dans le camp du vinificateur : je sens que le grand Claude va nous sortir une cuvée légère, digeste et joliment aromatique…un muscat comme je les aime quoi !

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 14:47

Avec l’âge, je me rends compte que j’aime de plus en plus ces habitudes qui ponctuent le cours du temps en me donnant la trompeuse impression d’un défilement un peu moins rapide des années.
Depuis près de deux décennies, ce périple bourguignon fait partie des virgules temporelles indispensables à mon bien-être : ces quelques jours dans le vignoble de la Côte d’Or me permettent d’envisager la fin de mes vacances estivales avec sérénité, gonflé d’une énergie positive nécessaire pour entamer cette nouvelle année scolaire.
Comme nos deux jeunes membres du club A.O.C. qui nous avaient accompagnés en 2011 étaient retenus en Alsace pour des raisons familiales ou professionnelles, nous voilà « on the road again » dans notre formation habituelle : en duo avec Martial, l’inventeur du béton au riesling.
Le programme de cette année est assez conséquent : trois étapes traditionnelles – Murat, Carillon et Castagnier – et trois nouvelles adresses – Carré, Rion et Chicotot.
Hoppla c’est parti !

 

 

 

Jour 2. : domaine Georges Chicotot à Nuits


L’avant dernière halte de ce périple nous conduit également vers une nouvelle adresse située en plein centre du village de Nuits : le domaine Georges Chicotot. Là aussi la lecture de quelques articles élogieux dans les guides viniques ou dans la blogosphère œnophile a attisé ma curiosité et m’a conduit à demander un rendez-vous chez ces vignerons pour pouvoir me faire ma propre idée sur le sujet.
 

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Après un repas de midi bien arrosé…surtout par l’orage qui menaçait depuis le début de la matinée, nous nous rendons donc au domaine Chicotot pour notre avant dernière visite bourguignonne.

 

Bourgogne-2012 0118L’entrée du domaine Chicotot

 

Nous sommes accueillis par madame Chicotot, actuellement en charge des vinifications au domaine. Elle nous invite sans tarder à la suivre dans les profondeurs de la cave où séjournent les cuvées du millésime 2011.

 

Bourgogne-2012 0113Un long escalier mène à une cave d’une profondeur assez inhabituelle en Bourgogne

 

 

Originaire de Riquewihr, cette bourguignonne d’adoption nous présente sans langue de bois ses convictions sur son métier de vigneronne et sa façon de concevoir ses vins, avant de nous inviter pour des travaux pratiques le verre à la main face aux cuvées 2011 encore en cours d’élevage.

Bourgogne Pinot Noir : le nez très discret semble un peu brouillé mais la bouche nous régale avec une superbe matière charnue et profondément fruitée.
Des parcelles de vieilles vignes situées dans le secteur de Prémeaux qui produisent naturellement un petit volume (40 hl/ha) sont à l’origine de ce vin très concentré dégusté alors que la malo était encore en cours. Certes l’olfaction n’est pas très expressive mais la bouche révèle un vrai potentiel…voilà un générique qui met la barre qualitative déjà bien haut. Vivement la suite !

Nuits Saint Georges Les Charmottes : comme la cuvée précédente, le nez de ce vin est marqué par la malo, mais la bouche séduit sans réserve par sa matière juteuse et sa trame tannique très fine.
Issu d’un lieu-dit situé à la limite entre Nuits et Vosne, ce vin est encore en gestation mais sa présence en bouche est déjà de toute beauté…attention, superbe cuvée en vue !

 

Bourgogne-2012 0114 Dégustation de cuvées en cours d’élevage avec Mme Chicotot


Nuits Saint Georges Les Plantes au Baron : le nez est discret mais un peu moins marqué que les cuvées précédentes, la bouche possède une structure plus ferme, la matière est encore un peu anguleuse mais donne une belle impression de puissance, en finale se révèlent de subtiles évocations épicées.
Comme nous le dit Mme Chicotot, « Cette parcelle située sous Les Saint Georges produit régulièrement des vins qui se comportent comme un premier cru ». La dégustation confirme effectivement cette assertion : malgré une malo en cours, la bouche donne une impression de puissance et de profondeur qui ne trompe pas.

 

Nuits Saint Georges 1°Cru Les Rues de Chaux : le nez est timide mais le fruité commence à se dessiner, la bouche est corsée avec une charpente solide et une finale où on ressent une présence minérale accompagnée par quelques notes épicées.
Ce premier cru qui jouxte le village de Nuits côté sud, est un peu plus avancé dans son évolution (fin de malo) et commence à montrer une présence aromatique gourmande mais son corps particulièrement solide et volumineux ne laisse aucun doute sur la noblesse de son origine.

Nuits Saint Georges 1°Cru Les Saint Georges : au nez le côté empyreumatique et minéral (fumée, poudre à canon et silex) domine encore l’expression fruitée, en bouche on sent un très léger CO2 mais cette matière est d’une richesse et d’un équilibre qui frisent la perfection.
Issu d’une vigne plantée en 1942 ce Nuits d’une beauté confondante est une réussite absolue…pour moi c’est l’un des plus grands vins rouges que j’ai dégusté durant ce périple !
 
Bourgogne-2012 0115Je veux le même dans ma cave… !


Nuits Saint Georges 1°Cru Les Vaucrains : le nez ressemble à celui du Saint Georges avec un soupçon d’élégance en moins, la bouche est plus massive, très puissante et terminant sur une grande longueur aromatique.
Egalement âgées de 70 ans les vignes de cette parcelle de premier cru ont produit un vin corpulent et racé qui affirme déjà son très grand potentiel de garde.

Nous passons à quelques cuvées en bouteilles figurant au tarif actuel du domaine :

Ladoix 2009 : le nez ouvert et charmeur flatte les sens par des arômes très élégants  de prune et de fleurs, la bouche est douce et soyeuse, la finale revient longuement sur les évocations florales perçues à l’olfaction.
Issu d’une vigne en métayage, cet intrus dans la gamme nuitonne du domaine assume pleinement son identité plus beaunoise en flattant nos papilles pas sa texture caressante et sa jolie palette aromatique…une petite friandise !


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Nuits Saint Georges Les Charmottes 2010 : le fruit commence à s’exprimer au nez, en bouche, après une attaque tout en souplesse, le vin se montre davantage avec un beau développement aromatique, une matière généreuse et une tension palpable qui tient bien la finale en laissant une belle impression de fraîcheur.
Avec son olfaction qui commence à s’ouvrir et sa structure en bouche dense et onctueuse, ce vin commence à peine à parler…mais on sent qu’il va avoir beaucoup de choses à dire dans les années qui viennent !

 

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Nuits Saint Georges 1°Cru Les Rues de Chaux 2010 : le nez est encore un peu plus discret que le précédent mais la bouche en impose vraiment avec sa matière ample et concentrée et sa finale bien nette où pointent de très belles notes minérales.
Le marquage minéral du terroir commence à s’affirmer sur une matière bien mûre : à garder un peu mais déjà fort agréable à boire.

Nuits Saint Georges 1°Cru Les Saint Georges 2010 : le nez est très intense sur la framboise et la groseille bien mûre, la bouche est simplement magnifique, ample, sphérique avec des arômes très purs et très puissants de fruits rouges confits, la finale est nette, précise avec une jolie pointe acidulée.
Cette cuvée égrappée à 100% est présentée comme étant un peu atypique pour un premier cru Saint Georges mais pour moi ce fut un bonheur absolu…j’ai failli me mettre à genoux, c’est dire !

 

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Pour mettre un point final à cette jolie série notre hôtesse nous présente un vin mystère dans une bouteille couverte de poussière : le nez est délicat et complexe avec un registre floral très fin, la bouche est élégante avec une structure en demi-corps mais une belle énergie, la finale est longue et minérale.
Après les deux cuvées précédentes ce vin paraît plus léger avec sa silhouette très longiligne mai son énergie très juvénile et sa jolie complexité révèle une belle origine…Je suggère timidement un premier cru de Nuits d’une dizaine d’années : au vu de la production du domaine Chicotot, je n’ai eu que très peu de mérite à deviner le type de vin mais pour le millésime je me suis juste trompé de 35 années car il s’agissait d’un Nuits Saint Georges 1°Cru Les Vaucrains 1967

Décidément, je n’y arriverai jamais !


Bourgogne-2012 0116La bouteille mystère du domaine Chicotot.

 

Georges Chicotot et son épouse incarnent la huitième génération de vignerons à la tête de ce domaine bourguignon de 7 hectares et depuis l’année 2011 la relève se prépare avec l’arrivée au domaine de leur fils Clément.
Avec des parcelles de vieilles vignes situées dans les secteurs les plus qualitatifs de Nuits et le choix de pratiques très traditionnelles en cave, ces vignerons produisent des vins pleins et typés qui se présentent de façon toujours très avenante à la dégustation.
Pascale Chicotot assume des choix très radicaux en terme de vinification : profitant de l’inertie thermique des caves profondément enterrées (13° en permanence) elle a choisi de laisser les différentes cuvées vivre leur vie à leur rythme avec un minimum d’interventions : « les jus sont entonnés par gravité puis ils restent sur leurs lies sans triturage le temps qu’il faut ». Les fermentations sont très lentes (c’est vrai que des malos en cours fin août ce n’est pas très courant) mais cette lenteur laisse aux vins le temps de se stabiliser naturellement ce qui permet une réduction des intrants en particulier du SO2 : « En principe, au bout de 2 ans de garde on relève moins de 8 mg de SO2 libre dans nos vins ».
Ces pratiques très « naturelles » sont rendues possibles car le domaine Chicotot ne travaille que très peu à l’export : « 87% de notre production est vendue au domaine à une clientèle particulière ».
Personnellement j’ai été conquis par l’homogénéité qualitative des vins de ce domaine et, comme je l’ai déjà laissé entendre dans mes commentaires de dégustation, certaines cuvées de Nuits m’ont littéralement subjugué par leur plénitude et leur gourmandise véritablement exceptionnelles.

Un très bel accueil dans une cave qui respire la tradition, une vigneronne passionnée par son métier et des vins superbes…bref, voilà une adresse qui répond à tout ce qu’un amateur bourguignophile de mon acabit recherche durant son périple.
J’ai comme l’impression que je vais souvent aller trainer du côté de Nuits dans les prochaines années.

 

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  • : Vins, vignobles et vignerons.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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