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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 17:32

Avec l’âge, je me rends compte que j’aime de plus en plus ces habitudes qui ponctuent le cours du temps en me donnant la trompeuse impression d’un défilement un peu moins rapide des années.
Depuis près de deux décennies, ce périple bourguignon fait partie des virgules temporelles indispensables à mon bien-être : ces quelques jours dans le vignoble de la Côte d’Or me permettent d’envisager la fin de mes vacances estivales avec sérénité, gonflé d’une énergie positive nécessaire pour entamer cette nouvelle année scolaire.
Comme nos deux jeunes membres du club A.O.C. qui nous avaient accompagnés en 2011 étaient retenus en Alsace pour des raisons familiales ou professionnelles, nous voilà « on the road again » dans notre formation habituelle : en duo avec Martial, l’inventeur du béton au riesling.
Le programme de cette année est assez conséquent : trois étapes traditionnelles – Murat, Carillon et Castagnier – et trois nouvelles adresses – Carré, Rion et Chicotot.
Hoppla c’est parti !

 

 

 

Jour 2. : domaine Armelle et Bernard Rion à Vosne 


Le domaine Armelle et Bernard Rion est ma première « vraie » nouvelle adresse de ce périple bourguignon 2012 car même s’il n’y a pas eu de trace écrite, j’avais déjà fait une première visite au domaine Carré il y a quelques années. Ces découvertes constituent un peu le piment de mon séjour : certes les adresses sont choisies en croisant plusieurs sources d’information (les guides, DC, le bouche à oreille…) mais il reste toujours une part d’incertitude somme toute assez excitante. Le style de vins va-t-il correspondre à mon goût ? L’accueil va-t-il être à la hauteur de mes attentes… ?
Mystère et suspens !

 


Bourgogne-2012 0112L’enseigne du domaine très facilement repérable sur le borde de la route nationale qui traverse Vosne.


C’est sous un ciel particulièrement menaçant que nous arrivons à Vosne Romanée pour la quatrième étape de notre parcours. Nous sommes accueillis par Alice Rion qui travaille avec ses parents depuis 2006 et qui nous propose une visite commentée des installations du domaine Rion.

 

Bourgogne-2012 0110
Les caves labyrinthiques du domaine Rion datent des années 50.

 

 

Après cette petite promenade entre futs et rangées de bouteilles qui reposent dans cet impressionnant sous-sol nous nous retrouvons dans l’espace dédié à la dégustation où Bernard Rion est déjà au travail car il présente ses crus à l’équipe d’un restaurant gastronomique de la région.
Alice Rion nous invite à goûter les différents vins du domaine :

Aligoté Albidum : le fruité est pur et délicat au nez, en bouche c’est la vivacité et la légèreté qui dominent.
Vinifié et élevé en cuves ce vin net et aérien témoigne d’une belle précision dans la vinification… prometteur pour la suite !

Bourgogne La Croix Blanche 2009 : le nez est précis et fin sur les fruits rouges, la bouche est solidement charpentée avec une matière conséquente et une finale encore un peu serrée.
La parcelle de la Croix Blanche est une vieille vigne située dans le secteur entre Nuits et Vosne, sur 2009 elle a produit un bourgogne générique dense et viril qui demandera encore un peu de garde pour se livrer.

 

Bourgogne-2012 0136

 
Nuits Saint Georges Les Lavières 2009 : le nez est complexe et gourmand avec de belles notes de fruits rouges et de fleurs, en bouche la chair est ronde et croquante avec des tanins très fins, la finale laisse une belle impression de finesse.
Issu d’une vieille vigne qui se trouve dans le voisinage du 1° cru les Murgers, ce Nuits nous séduit par son accessibilité et sa texture bien gourmande.

Nuits Saint Georges Cuvée Dame Marguerite 2010 : le nez est discret mais on y devine une grande complexité, la bouche est très bien équilibrée, la structure est ample, les tanins sont très fins et la finale longuement aromatique se tend avec une acidité bien pointue.
Cet assemblage issu de plusieurs parcelles situées sur les lieux-dits Aux Allots, Aux Saint Jacques et Les Lavières rend hommage à l’arrière-grand-mère de notre hôtesse.
Aujourd’hui ce vin se livre avec beaucoup de retenue mais on peut apprécier néanmoins sa magnifique tenue en bouche qui donne une belle impression d’énergie et laisse entrevoir un très grand potentiel de garde.
 

Bourgogne-2012 0135


Chambolle Musigny 1° Cru Les Gruenchers 2010 : le nez offre une palette fruitée très complexe avec quelques notes légèrement grillées, en bouche tout n’est qu’élégance, une matière gourmande assise sur une fine trame tannique et une finale très longue marquée par quelques arômes toastés et un très beau retour fruité.
Issu d’une parcelle classée premier cru située dans le voisinage des Bonnes Mares ce Chambolle est un ravissement : finesse, distinction, grande race. MIAM !

 

Bourgogne-2012 0134

 
Nuits Saint Georges 1°Cru Les Murgers 2009 : le nez présente un fruité plus mûr et plus évolué qui flatte les sens, la bouche se situe dans le même esprit avec un profil rond et charmeur, un toucher velouté et une finale très persistante.
Issu d’une parcelle de très vieilles vignes (85 ans) ce 1° cru de Nuits qui a été élevé 15 mois en barriques (neuves à 50%) se montre déjà très gourmand aujourd’hui tout en laissant deviner un énorme potentiel…voilà un grand vin en devenir !

Vosne Romanée Cuvée Dame Juliette 2010 : un nez est discret et bien complexe avec de très belles notes de fruits noirs et de fumée complétées par une fine touche florale, en bouche révèle une structure ronde et très avenante avec une trame tannique très élégante mais la finale se montre nettement plus tonique grâce à une acidité bien tendue qui soutient un long sillage aromatique épicé.
Cette cuvée qui rend également hommage à une aïeule du domaine Rion (la grand-mère d’Alice Rion) est issue de 3 lieux-dits différents situés près de Nuits (Aux Raviolles, Les Jacquines et La Croix Blanche). L’harmonie n’est pas encore complète mais la matière est d’une beauté confondante…décidément la mémoire des gentes Dames du domaine Rion est honorée comme il se doit par ces deux vins
 

Bourgogne-2012 0133



Nuits Saint Georges 1°Cru Les Damodes 2008 : le nez est délicat sur les fruits rouges, la bouche s’ouvre avec beaucoup d’amabilité sur une matière concentré mais bien ronde mais en finale la trame tannique se resserre en dégageant une impression plutôt virile.
L’altitude de ce terroir et la nature du millésime marquent encore fortement cette cuvée qui dégage une force très virile et qu’il faudra surement encore un peu attendre avant de pouvoir l’apprécier pleinement.

Clos de Vougeot 2002 : le nez est ouvert et offre une palette très élégante où on identifie des arômes de prune et de pêche de vigne complétés par quelques fines notes florales, la bouche est bien charnue, mais sa charpente tannique très solide lui confère un toucher un peu austère, la finale laisse persister un long sillage aromatique où on retrouve les notes fruitées perçues à l’olfaction.
Issu d’une parcelle de vieilles vignes (80 ans) du secteur des Baudes ce Grand Cru se présente à nous avec un registre aromatique très complexe mais avec une structure encore un peu crispée en bouche. Malgré déjà 10 ans d’âge ce Clos de Vougeot semble encore un peu trop jeune pour se livrer.

 

Bourgogne-2012 0111Etiquette spéciale pour le millésime 2002

 

 

Etablie à Vosne Romanée depuis 5 générations la famille Rion exploite 8 hectares de vignes situées entre les montagnes de Nuits et de Vosne.
Leurs parcelles implantées sur des secteurs très qualitatifs sont toutes d’un âge respectable « la moyenne d’âge de nos vignes se situe entre 70 et 75 ans et les plus jeunes parcelles ont été plantées il y a 50 ans ».
Ces très vieilles vignes travaillées en lutte raisonnée produisent naturellement peu de raisins, mais ces grappes avec de très petits grains gorgés d’un jus très concentré permettent chaque année de produire des vins denses et puissamment marqués par leur terroir.
Notre dégustation presque complète de la gamme du domaine confirme effectivement que les Rion conçoivent des vins solides, équilibrés et typés.
Les différentes cuvées se distinguent toutes par des registres aromatiques et des textures bien à elles mais toutes sont bâties autour d’ossatures épaisses avec des matières compactes et concentrées : de grands vins de garde par excellence !
Pour compléter le bonheur des papilles du gastronome le domaine propose également un superbe jus de raisin d’aligoté qui surprend par sa richesse en sucre et ses arômes miellés mais surtout de splendides truffes de Bourgogne. En effet, depuis 1988 la famille Rion développé deux activités liées à la truffe : la recherche de truffes dans les forêts bourguignonnes d’une part et l’élevage d’une race de chiens truffiers, les Lagotto Romagnolo, d’autre part.
En ce qui me concerne, cette visite m’a donné une furieuse envie de mariages gastronomiques signés Rion : Vosne ou Nuits et truffe…j’ai comme l’impression que ça va le faire !

 p 003

Miammmm !!!

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 17:27

  

 


Avec l’âge, je me rends compte que j’aime de plus en plus ces habitudes qui ponctuent le cours du temps en me donnant la trompeuse impression d’un défilement un peu moins rapide des années.
Depuis près de deux décennies, ce périple bourguignon fait partie des virgules temporelles indispensables à mon bien-être : ces quelques jours dans le vignoble de la Côte d’Or me permettent d’envisager la fin de mes vacances estivales avec sérénité, gonflé d’une énergie positive nécessaire pour entamer cette nouvelle année scolaire.
Comme nos deux jeunes membres du club A.O.C. qui nous avaient accompagnés en 2011 étaient retenus en Alsace pour des raisons familiales ou professionnelles, nous voilà « on the road again » dans notre formation habituelle : en duo avec Martial, l’inventeur du béton au riesling.
Le programme de cette année est assez conséquent : trois étapes traditionnelles – Murat, Carillon et Castagnier – et trois nouvelles adresses – Carré, Rion et Chicotot.
Hoppla c’est parti !

 

 

 

Jour 1 : domaine François Carillon à Puligny

 

 

Depuis la fin des années 80, l’étape chez les Carillon figure au programme de chacune de mes virées en terre bourguignonne et, même si 2012 est une année de changement (si peu d’ailleurs…hélas !), en ce qui concerne mon circuit œnophile la constance sera de mise…direction place de l’Eglise pour une nouvelle rencontre avec François Carillon.

 

 

Nous commençons la dégustation dans la cuverie avec les vins de 2011 qui séjournent sur lies fines en cuves inox. Après près d’un an en barriques où les vins effectuent leurs fermentations alcoolique et malo-lactique, les différentes cuvées passent 6 mois en cuves pour affiner l’élevage et harmoniser les matières.

 


Bourgogne-2012 0096François Carillon jouant de la pipette dans sa cuverie.

 

 

Bourgogne blanc : le nez est charmeur sur les fruits blancs, la bouche est onctueuse avec une matière concentrée et un joli gras, la finale révèle un caractère déjà bien minéral et une fine touche vanillée.
Cette parcelle de vieille vigne située sur le lieu-dit la Combe donne régulièrement de petits raisins de très belle qualité et permet à François Carillon de réaliser cette superbe cuvée d’entrée de gamme au prix très attractif (10 euros) qui nous fait entrer de plein pied dans l’esthétique des vins du domaine : pureté, équilibre et minéralité.

 

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La nouvelle étiquette des vins du domaine François Carillon.
 

Puligny Villages : la robe est un peu trouble, le nez est discret mais franc et la bouche révèle une matière superbe : malgré une sensation de richesse et d’opulence, l’équilibre est parfaitement sec et la finale se montre tendue et finement boisée.
Cette cuvée villages qui provient du lieu-dit « Noyer Bret » a été soutirée il y a moins d’une semaine mais se goûte parfaitement bien aujourd’hui : quel équilibre, quelle présence, quel beau vin !

Puligny Villages Les Enseignières : le nez est ouvert, épanoui, presque exubérant, sur la vanille et l’ananas frais, en bouche le côté très charmeur se confirme avec une matière gourmande qui allie gars et vivacité, la finale est bien droite avec une belle longueur aromatique.
La parcelle des Enseignières est une vieille vigne (plus de 50 ans) située sous Bâtard Montrachet, qui produit des grappes avec de très petits grains souvent bien concentrés. Cette cuvée élevée pour 20% en fûts neufs séduit d’emblée par son aromatique très expressive tout en marquant son origine par une très belle tenue en bouche. MIAM !

 

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Les deux cuvées « villages » 2010


Puligny 1° Cru Les Champs Gain : le nez est discret sur le pamplemousse et la craie, la bouche est vive avec un équilibre sec et une finale nette et pointue où persistent longuement des notes de zestes d’agrumes soutenues par de belles évocations minérales.
Ce 1°Cru situé à une altitude relativement élevée révèle sa nature minérale dès son plus jeune âge…un vin un peu austère mais de grande race.

Puligny 1° Cru Les Referts : le nez est marqué par de puissantes notes minérales (craie, silex), la bouche possède un équilibre sec mais révèle une chair étonnamment gourmande, la finale nette et assez pointue laisse apparaître quelques amers très nobles.
Comme souvent, ce 1°Cru se situe dans un registre complexe entre générosité et empreinte minérale. Hélas, le bail relatif à cette parcelle arrive à échéance à la fin de l’année…espérons que François Carillon arrivera à conserver ce beau terroir dans sa gamme de vins.

 

 

Pour la suite de la dégustation nous passons dans le chai à barriques où séjournent les cuvées 2011 qui passent leurs dernières heures dans les contenants en chêne (le soutirage est programmé le lendemain).

 

Puligny 1° Cru Les Folatières : le nez est discret et très fin sur le tilleul, le citron, la mélisse, la bouche possède un toucher bien gras, un équilibre tonique et une finale minérale avec des amers très fins.
Achetée cette année par François Carillon cette parcelle classée qui fait dorénavant partie du patrimoine de ce domaine a produit un vin à l’aromatique très raffinée et dont l’ampleur et la profondeur en bouche présagent d’un très grand potentiel de garde.

Puligny 1° Cru Les Combettes : le nez est délicat avec des notes beurrées et discrètement vanillées, la bouche est ample et juteuse avec un fruité très présent (orange) et une finale longue marquée par les épices douces.
Ce 1°Cru se livre à nous avec beaucoup d’élégance en révélant un profil très murisaltien…MIAM !

Puligny 1° Cru Les Perrières : le nez est discret sur le pomelo et la pierre chaude, la bouche est superbe avec une matière ample, un toucher très gras et une finale tendue, minérale et d’une grande longueur.
En me remémorant mes précédentes visites je me rends compte que je ne goûte pas toujours très bien ce 1°Cru à cette période de l’année mais aujourd’hui ce n’est vraiment pas le cas : plein, abouti avec un potentiel énorme…voilà le grand vin de cette très belle série de crus de Puligny.

 

Bourgogne-2012 0124Triplette de 1° crus sur le millésime 2010

 


Chassagne Montrachet 1°Cru Le Clos saint Jean : le nez est discrètement fruité et vanillé, la bouche possède une matière charnue soutenue par une structure vive et laisse s’épanouir une aromatique toujours bien fruitée et légèrement épicée.
Cette cuvée est issue d’une jeune vigne replantée sur une parcelle où le domaine produisait traditionnellement ses Chassagne rouges. On n’y retrouve pas forcément la profondeur minérale des Puligny mais le charme est évident. MIAM !

Chassagne Montrachet 1°Cru Les Macherelles : le nez est ouvert et séduisant sur le citron et l’ananas frais, la bouche très tonique développe progressivement une belle complexité aromatique.
Cet assemblage à parts égales de jeunes et de vieilles vignes nous livre un vin semblable au précédent par son côté facile d’accès et avenant mais se distingue par un petit supplément d’élégance et de complexité.
 

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Une petite pause dans le chai à barriques du domaine.

 

 

Avec le millésime 2010, la séparation du domaine Carillon en deux entités de production distinctes est définitivement établie : les nouvelles étiquettes estampillées François Carillon marquent de façon objective cette étape importante dans l’histoire de cette famille vigneronne implantée depuis plusieurs siècles à Puligny. Cependant, comme je l’ai déjà évoqué lors de mes dernières visites, cette exigence qualitative absolue qui a fait la renommée du domaine Louis Carillon et fils ne semble pas être remise en cause par ces récents bouleversements.

Après ses deux premiers millésimes « en solo », François Carillon commence à imprimer sa patte de vigneron et de vinificateur à ses cuvées :
- il s’applique à mettre la vigne en condition de la façon la plus naturelle possible pour lui permettre de produire les plus beaux raisins possible.
- il choisit des élevages longs pour laisser au vin le temps de s’affiner mais aussi de se stabiliser davantage, ce qui lui permet de limiter l’apport excessif de soufre : « Je ne suis pas un adepte des vins nature mais je refuse le matraquage des vins par le soufre…je recherche des valeurs de SO2 libre comprises entre 40 et 45 mg/l ».
- il utilise de la matière sèche de première qualité, au niveau des bouchons en particulier « nos crus sont destinés à une garde de 10 ans et plus, les bouchons doivent être parfaits ».

Après les vins de 2010 qui m’avaient fait forte impression l’année passée, le nouveau millésime en cours d’élevage m’a littéralement enchanté : les différentes cuvées dégustées ont montré de façon très nette des personnalités fortement typées par leur origine et des matières ciselées avec une précision d’orfèvre. Les vins de 2011 seront peut-être un peu plus riches que ceux du millésime précédent mais chez François Carillon, les équilibres sont parfaitement secs avec des ossatures minérales qui donnent à toutes les cuvées cette droiture recherchée par les amateurs de Puligny.
Les blancs de Chassagne que j’ai dégustés pour la première fois cette année ont constitué une très belle surprise. Lors de mes premières visites au domaine Carillon, j’avais pour habitude de goûter la cuvée de Chassagne Montrachet rouge, qui était un vin rouge solide et rustique nécessitant pas mal d’années de garde avant de se laisser approcher. Le changement de couleur sur ces parcelles a permis à François Carillon d’enrichir encore un peu sa gamme avec des vins vraiment prometteurs.

Pour 2012, notre vigneron se montre un peu fataliste « Des gelées violentes en hiver et au printemps, beaucoup d’humidité, de fortes pressions du mildiou et de l’oïdium et de très violents orages de grêle en juillet et en août…je crois qu’on a tout eu ! » mais le moral reste au beau fixe : il accepte ces aléas de la nature qui font partie intégrante de la vie d’un vigneron.
Personnellement je suis convaincu qu’il réussira de grands vins cette année…mais il n’y en aura peut-être pas pour tout le monde !

Merci à François Carillon pour cette superbe visite…et vivement l’année prochaine !

 

 

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Les Bienvenues-Bâtard et Puligny vus de la route vers Chassagne…

 
Bourgogne-2012 0107
...et notre point de chute pour le soir à Santenay : une adresse hautement recommandable pour son bon rapport Q/P et sa carte des vins qui fait vraiment la part belle aux crus du secteur…ah si les restaurant d’Alsace pouvaient en prendre de la graine !!!

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 10:18


Avec l’âge, je me rends compte que j’aime de plus en plus ces habitudes qui ponctuent le cours du temps en me donnant la trompeuse impression d’un défilement un peu moins rapide des années.
Depuis près de deux décennies, ce périple bourguignon fait partie des virgules temporelles indispensables à mon bien-être : ces quelques jours dans le vignoble de la Côte d’Or me permettent d’envisager la fin de mes vacances estivales avec sérénité, gonflé d’une énergie positive nécessaire pour entamer cette nouvelle année scolaire.
Comme nos deux jeunes membres du club A.O.C. qui nous avaient accompagnés en 2011 étaient retenus en Alsace pour des raisons familiales ou professionnelles, nous voilà « on the road again » dans notre formation habituelle : en duo avec Martial, l’inventeur du béton au riesling.
Le programme de cette année est assez conséquent : trois étapes traditionnelles – Murat, Carillon et Castagnier – et trois nouvelles adresses – Carré, Rion et Chicotot.
Hoppla c’est parti !

 

Jour 1. : domaine Denis Carré à Meloisey


J’ai découvert le domaine Denis Carré il y a quelques années (avant que je commence à publier sur le net) et j’ai terminé récemment la série de vins achetés sur place à l’époque. Issus du difficile millésime 2004, les rouges de ce domaine se sont goûtés à la perfection du début à la fin de leur séjour dans ma cave…il n’en fallait évidemment pas moins pour que j’aie envie de remonter sur les hauteurs de Beaune pour une nouvelle visite chez cette famille vigneronne de Meloisey.

 

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Nous sommes reçus par Denis Carré qui interrompt ses travaux en cuverie pour nous accompagner dans sa grande cave et nous inviter à déguster la gamme de vins en vente actuellement.

 

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Une partie du vaste chai à barriques du domaine Carré.


Comme la journée est encore très longue nous sélectionnons 8 vins sur les 12 proposés sur le tarif du domaine :

Bourgogne blanc Sous la Velle 2010 : le nez est fin, citronné et beurré, la bouche est droite mais l’ensemble reste particulièrement élégant.
Récoltés à l’est du village de Meursault, pas très loin du domaine Buisson-Charles d’ailleurs, ces chardonnays ont engendré en vin très franc et déjà bien gourmand.

Meursault Les Tillets 2010 : le nez est profond et minéral avec des notes de beurre frais et de zestes d’agrumes, la bouche est ample, grasse et concentrée avec une belle finale minérale.
Cette parcelle située au dessus des Genévriers nous a livré un Meursault bien typé, très minéral mais charmeur, un peu dans l’esprit du vin précédent mais avec une matière plus dense et plus complexe…belle réussite !


 

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Denis Carré dans sa cave.


Savigny les Beaune Vieilles Vignes 2010 : le nez flatte par son côté immédiat et très gourmand sur les fruits rouges bien mûrs, la bouche est tout aussi charmeuse avec une structure souple, soyeuse et légère et une finale bien glissante.
Gouleyant et déjà bien expressif ce Savigny est prêt à boire…une vraie friandise !

Saint Romain Le Jarron 2010 : le nez est plus discret avec des notes de sous-bois et de terre, la bouche plus concentrée confirme son profil très minéral, la finale est solide et longue avec un retour aromatique bien présent.
Après le Savigny très guilleret, vin de fruit par excellence, voici un Saint Romain très sérieux, vin de terroir encore un peu refermé dans sa gangue minérale. A garder.

Auxey-Duresses 1°Cru Le Bas des Duresses 2009 : le nez est bien épanoui sur les fruits rouges et le noyau de cerise, la bouche montre une belle plénitude avec une matière gourmande, charnue et une finale solidement tenue.
Le changement de millésime est sensible mais cet Auxey 1°cru s’offre à nous avec harmonie et élégance...voilà une superbe bouteille avec un beau rapport Q/P (16 euros départ cave).

 

Bourgogne-2012 0131

 
Beaune 1°Cru Les Tuvilains 2009 : le nez est encore très discret mais la bouche révèle une matière puissante et concentrée avec une finale qui développe progressivement un joli sillage fruité et vanillé.
Cette cuvée qui m’avait particulièrement séduit sur le millésime 2004 est encore sur la retenue aujourd’hui mais quelle belle présence en bouche !
A garder quelques années en cave pour lui laisser le temps de révéler ses potentialités…Très prometteur.

Pommard Les Noizons 2009 : au nez le fruité est ouvert et mûr avec quelques notes minérales et une fine touche beurrée, la bouche puissante et solidement charpentée garde cependant un côté très velouté, la finale se prolonge sur des évocations minérales très nobles.
Issu d’une parcelle située sur les coteaux au dessus des Epenots et des Pézerolles et exposée plein sud, ce Pommard séduit par sa richesse aromatique et sa belle densité…déjà accessible aujourd’hui, ce vin mérite évidemment quelques années en cave pour se bonifier encore.

Pommard 1°Cru Les Charmots 2009 : le nez s’ouvre sur quelques nuances un peu lactiques, mais très rapidement les notes de fruits noirs et de pierre chaude remplissent le verre, la bouche est puissante et solidement structurée avec un toucher onctueux et une finale fraîche et longuement aromatique.
Malgré ce statut de premier cru ce Pommard se montre déjà très accessible dans sa jeunesse…il mériterait un peu de garde pour se complexifier mais s’offre déjà avec tant de gourmandise que son cas va constituer un crève-cœur pour l’œnophile. MIAM !

 

Bourgogne-2012 0130

 

Denis Carré a démarré son exploitation viticole en 1975 « avec 3 pièces de Passetougrain », garagiste la nuit et vigneron le jour, il a monté petit à petit cette exploitation viticole qui a vraiment belle allure aujourd’hui : des installations spacieuses et fonctionnelles et un patrimoine foncier de 13 hectares répartis sur la Côte de Beaune. « Nos parcelles de vigne sont dispersées sur un secteur très large (entre Savigny et Saint Romain) ce qui nous protège un peu des catastrophes occasionnées par la grêle ».
Martial, son fils de 24 ans qui travaille avec lui depuis quelques années a choisi le travail intégral du sol pour ses vignes : depuis 3 ans, les rangs sont labourés et les contours sont enherbés pour stabiliser le sol.
En cave les cuvaisons durent entre 12 jours pour les petites appellations et 20 jours pour les 1°Crus et les pommards ; les élevages se font en barriques durant environ 14 mois. Les cuvées sont oxygénés régulièrement pour leur donner ce côté flatteur et facile à approcher, qui constitue un peu la signature des vins du domaine.
Malgré sa situation un peu excentrée par rapport aux villages réputés de la Côte de Beaune, le domaine Carré vend 1/3 des 100000 bouteilles produites à une clientèle particulière…un signe qui ne trompe pas !
Les vins du domaine se caractérisent par un charme direct et immédiat qui se manifeste dès le plus jeune âge, mais leurs cuvées issues de terroirs classés sont taillées pour tenir et se bonifier dans le temps.
Avec des prix relativement sages et une gamme qui couvre quelques appellations prestigieuses de la Côte de Beaune, ce domaine reste une belle aubaine pour les amateurs de vins de Bourgogne…qu’on se le dise !


Bourgogne-2012 0092En allant vers Puligny, une belle surprise nous attendait en haut des falaises de Saint Romain…une vue exceptionnelle sur le Mont Blanc.

Bourgogne-2012 0092 - Copie
 …si si si c’est bien le Mont Blanc !

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 10:15



Avec l’âge, je me rends compte que j’aime de plus en plus ces habitudes qui ponctuent le cours du temps en me donnant la trompeuse impression d’un défilement un peu moins rapide des années.
Depuis près de deux décennies, ce périple bourguignon fait partie des virgules temporelles indispensables à mon bien-être : ces quelques jours dans le vignoble de la Côte d’Or me permettent d’envisager la fin de mes vacances estivales avec sérénité, gonflé d’une énergie positive nécessaire pour entamer cette nouvelle année scolaire.
Comme nos deux jeunes membres du club A.O.C. qui nous avaient accompagnés en 2011 étaient retenus en Alsace pour des raisons familiales ou professionnelles, nous voilà « on the road again » dans notre formation habituelle : en duo avec Martial, l’inventeur du béton au riesling.
Le programme de cette année est assez conséquent : trois étapes traditionnelles – Murat, Carillon et Castagnier – et trois nouvelles adresses – Carré, Rion et Chicotot.
Hoppla c’est parti !



Jour 1. : domaine Hervé Murat à Concoeur


La traversée du secteur des Grands Crus de Vosne par la petite route qui monte à Concoeur nous montre des vignes relativement belles mais très peu chargées en raisins par endroits. Cette impression visuelle assez inquiétante va hélas être confirmée par tous les vignerons que nous allons rencontrer par la suite : 2012 s’annonce comme un millésime peu généreux…difficile pour les producteurs et sûrement aussi pour les clients qui peineront à trouver certains vins sur le marché !
Hervé Murat nous attend près de ses futures installations en construction et nous propose de faire une rapide visite du chantier avant la dégustation.

 

Bourgogne-2012 0082Le chai qui sera complètement enterré est terminé et l’espace cuverie du rez-de-chaussée est en cours de réalisation.

 

Dès le prochain millésime Hervé bénéficiera de ce bel outil pour travailler dans des espaces plus spacieux et plus fonctionnels, mais pour 2012, il va falloir qu’il se contente des anciens locaux pour faire ses vins.
Malgré le soleil qui brille depuis plusieurs jours, notre vigneron est inquiet pour sa vendange : « Cette année on a tout eu, gel, mildiou, grêle…il ne manque plus que des attaques de botrytis ! ».
Pour l’heure, la vigne se tient bien même s’il n’y a que peu de fruits : le millésime s’annonce prometteur au niveau qualitatif mais les rendements seront historiquement bas.


Nous nous rendons dans la petite cave où reposent les barriques contenant les vins du millésime 2011, pour déguster quelques cuvées en cours d’élevage.

 

Bourgogne-2012 0084Hervé Murat un peu pensif…on le serait à moins !

 

Hautes Côtes de Nuits Les Herbues : le nez est fin sur les fruits rouges (fraise) la bouche est élégante et bien charnue avec une finale nette et bien équilibrée où on perçoit des notes fruitées et légèrement chocolatées.
Avec sa belle matière et sa silhouette déjà joliment dessinée ce vin se montre très gourmand dès son plus jeune âge.

Hautes Côtes de Nuits Le Clos Duc : le nez est discret sur un registre assez proche du précédent, la bouche est un peu plus concentrée avec une matière toujours très bien équilibrée et une finale plus longue qui développe de belles notes de framboise.
Plus dense et plus de séveux que les Herbues ce Clos Duc nous apporte une fois de plus la preuve que ces terroirs des hautes côtes peuvent générer de bien belles cuvées. MIAM !
 

 

Morey Saint Denis Le Village : le nez est discret, la matière est riche avec un côté très charnu (presque charnel…) apporté par une belle trame tannique souple et élégante, la finale est délicatement acidulée.
Avec ce Morey, on redescend vers les coteaux plus réputés de la Côte de Nuits pour découvrir un vin tout en retenue avec une aromatique encore bien timide mais une présence en bouche pleine de belles promesses.

Chambolle Musigny Les Echézeaux : le nez est élégant et aérien sur un registre floral (violette) déjà bien défini, la bouche est juteuse et bien équilibrée, la finale est fraîche avec un fruité très agréable qui commence à se montrer.
Après un Morey plutôt masculin, voici un vin tout en grâce et en distinction…sur ce millésime, l’image classique et parfois galvaudée de la féminité du Chambolle est justifiée. MIAM !

Nous finissons cette série par une cuvée que je découvre pour la première fois cette année :

Hautes Côtes de Nuits Cuvée Marius 2010 : le nez est assez discret sur un registre floral, la bouche est dense et volumineuse, la finale encore un peu anguleuse possède une belle longueur en développant d’élégantes notes de cassis et d’épices.
Cette cuvée est issue du Clos Duc mais est élevée 26 mois en demi-muid est un vin travaillé pour la garde. L’équilibre actuel est encore un peu austère mais le corps est assez athlétique pour supporter avec bonheur quelques années de vieillissement qui lisseront ces aspérités…Je crois bien que Marius, le fils d’Hervé, se régalera avec ces bouteilles, lorsqu’il sera en âge d’apprécier le vin !


Nous enchaînons par un tour d’horizon du millésime 2010 en bouteilles :

Hautes Côtes de Nuits Les Herbues : le nez est finement fruité (groseille) la bouche est vive avec une tension palpable et une belle présence aromatique en finale.
Comme nous le verrons par la suite chez Hervé Murat, les vins de 2010 se caractérisent par un fruité bien frais et une présence en bouche très tonique. Ce HCN est encore un peu serré mais dispose d’une jolie matière.

 

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Hautes Côtes de Nuits Le Clos Duc : le nez est plus ouvert que sur les Herbues avec un fruité plus mûr et une légère touche fumée, en bouche la chair est élégante mais la tension repérée sur la cuvée précédente est bien là, la finale est longue mais un peu tannique.
Plus ouvert au nez mais plus verrouillé en bouche, ce Clos Duc devra attendre en cave pour trouver son harmonie…le 2009 et le 2011 (et peut-être même le 2012) seront là pour nous faire patienter…

Chambolle Musigny Les Echézeaux : le nez est ouvert avec un côté très gourmand sur les fruits noirs (cassis) complétés par une touche florale discrète, en bouche l’attaque est pleine de rondeur avant de revenir sur une structure plus vive avec une acidité très large, la finale est nette et longuement aromatique.
Malgré une vivacité bien présente ce Chambolle se montre déjà très flatteur...voilà une bouteille très polyvalente : on y trouve déjà beaucoup d’agrément aujourd’hui mais son corps solidement charpenté est taillé pour évoluer favorablement quelques années.

 

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Nuits Saint Georges La Petite Charmotte : le nez très discret est encore difficile à définir mais il laisse une belle impression de pureté, en bouche l’attaque est franche et le fruit commence à s’épanouir, l’équilibre est magnifique et la finale reste dans cette ligne très élégante par sa netteté et sa fraîcheur.
Découvert l’année passé ce vin joue la carte de la noblesse et de la distinction : il ne se donne pas au premier venu mais possède une classe presque aristocratique qui va s’affirmer avec quelques années de vieillissement. En tous cas, comme pour le millésime 2009 ce Nuits m’a pleinement séduit…Très belle cuvée !

Morey Saint Denis Le Village : très discret à l’ouverture le nez révèle quelques belles notes florales après oxygénation, la silhouette en bouche est toute en élégance, la finale délicatement acidulée laisse persister un sillage aromatique finement épicé.
Décidément, ce millésime est bien particulier ! Cette cuvée de Morey qui se montre d’habitude la plus fermée de la série se goûte parfaitement bien aujourd’hui : l’aromatique est en train de se dessiner et la présence en bouche est déjà plus qu’avenante…Etonnant !

 

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Morey Saint Denis 1° Cru Les Charrières : le nez est peu causant mais la bouche montre un côté très charnu avec un toucher superbe et une expression aromatique qui se révèle progressivement et qui persiste longuement en finale en révélant quelques belles notes minérales.
Pour l’heure ce premier cru se montre surtout en bouche avec une texture raffinée et la marque du terroir qui commence à s’imprimer. A attendre, évidemment…

Beaune 1° Cru Les Tuvilains : la robe dénote un peu dans la série par son côté diaphane, le nez est encore sur la retenue mais en bouche le vin se livre en développant une belle matière et une présence aromatique joliment fruitée.
L’intensité de la robe marque nettement le changement de côte mais en bouche ce Beaune tient son rang et sa place dans cette série. Gourmand !

Vosne Romanée Les Champs Perdrix : le nez s’ouvre sur des notes de fruits noirs et d’épices, la bouche est volumineuse avec une charpente solide et une belle tension, la finale particulièrement longue révèle des notes fruitées et cacaotées.
Je n’ai pas relu toutes mes notes sur le domaine mais je crois bien que c’est la première fois que je déguste cette cuvée. Issue d’un lieu-dit situé en hauteur dans le voisinage des grands crus La Romanée ou La Grand Rue ce Vosne est splendide…la belle découverte de cette année au domaine Murat !

 

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Pour finir nous revenons sur 2009 avec un Hautes Côtes de Nuits Cuvée Marius : le nez est plus épanoui avec une palette séduisante sur la griotte et les épices, la bouche est ronde, veloutée mais solidement charpentée, la finale est assez longue et finement boisée.
Cette cuvée dédiée au fils d’Hervé Murat possède un charme naturel et évident comme pas mal de vins issus de ce millésime. Il se distingue néanmoins par une présence en bouche généreuse et onctueuse assise sur une ossature solide. Ce HCN pourra arroser facilement quelques anniversaires du petit Marius !

 


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Une étiquette qui va surement faire de l’effet du côté de Vallon Pont d’Arc…
 

 

Le point final de cette belle série sera posé avec la cuvée rare du domaine, le Hautes Côtes de Nuits Blanc 2010 : le nez est vif et fin avec des notes de citron et de fleurs, la bouche est assez souple et légère avec une acidité qui s’élargit progressivement pour redonner une belle énergie à la finale.
Cette cuvée confidentielle issue à 100% de pinot blanc est un vin franc et charmeur, mais avec ce cépage que je connais très bien sous d’autres cieux je n’ai pas réussi à réinitialiser mon référentiel pour l’apprécier à sa juste mesure…à croire que lorsqu’on chasse sur son terrain le palais alsacien peut se montrer un peu chauvin.
Mea Culpa !


Cette nouvelle visite au domaine Murat nous a comblé une fois de plus, autant par la qualité de l’accueil que par celle des vins.
Hervé Murat fait son chemin avec la patience des hommes sages, construisant petit à petit une exploitation viticole de haut niveau dans le hameau de Concoeur, avec comme projet de porter au plus haut les vins des hautes côtes et comme ambition de pouvoir continuer à travailler des terroirs prestigieux sur les coteaux nuitons.
Sur 2010 les vins du domaine sont purs et droits avec des équilibres un peu plus classiques que sur 2009. A 11 heures du matin, juste après le café croissant sur la placette de Nuits Saint Georges, les premières gorgées sont quelque peu rudes mais par la suite tout n’est que bonheur immédiat ou belles promesses pour les années à venir.
2011 s’annonce un poil plus riche avec des matières situées entre l’exubérance des 2009 et la nervosité des 2010.
Ceci dit, j’ai l’impression que sur ces derniers millésimes les vins d’Hervé Murat ont beaucoup gagné en justesse en ce qui concerne l’extraction et l’élevage. Il va sans dire que la mise en service de son nouvel outil de production va permettre à ce jeune vigneron de continuer sa progression…Vivement les prochains millésimes !
Mille mercis à Hervé pour sa disponibilité.

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 21:20

Chablis Grand Cru Bougros 2005 – Domaine du Colombier à Fontenay

Robe : jaune paille, très brillante.
Nez : délicat, complexe et bien typé il livre des arômes de beurre frais, d’amande et de miel d’acacia.
Bouche : l’attaque est assez souple, la structure est ample et volumineuse avec une acidité très mûre qui donne un côté gras et onctueux à la texture, la finale est nette et persistante, le sillage est résolument minéral et finement iodé.
Ce 2005 déjà très ouvert lors de sa mise en vente ce Bougros Cru a bien profité de ces quelques années de garde pour se construire une silhouette très élégante et une personnalité fort attachante.
Voilà un grand cru de Chablis qu’on peut s’offrir sans se ruiner (autour de 20 euros la quille) et qui nous apporte aujourd’hui un plaisir vraiment sans faille…Merci M. Mothe !


Gewurztraminer Glintzberg-400 Millésimes 2010 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten

Robe : jaune clair, très vif.
Nez : fin, délicat et très élégant sur la rose, la vanille et l’abricot frais.
Bouche : la matière est ample, gourmande et fruitée avec une pointe de vivacité qui donne une belle énergie à l’ensemble, la finale est du même tonneau, fraîche, bien tendue et longuement aromatique avec des notes de vanille et de poivre blanc.
Je connais ce gewurztraminer Glintzberg depuis de longues années et j’ai toujours été étonné par la régularité qualitative de ce cépage sur ce terroir voisin du Grand Cru Altenberg de Bergbieten.
Mais là c’est autre chose ! Avec ce 2010, choisi par les Schmitt pour célébrer les 4 siècles d’existence de leur domaine, on titille la perfection…pour moi c’est un des gewurztraminers les plus aboutis qu’il m’ait été donné de déguster.
 

 

 

Pouilly-Fuissé En Carementrant 2008 – Bret Brothers à Vinzelles

Robe : jaune clair avec des reflets dorés.
Nez : discret mais très distingué, on y perçoit d’entrée une minéralité puissante avec des notes de pierre chaude et de craie, sur un fond d’abricot frais et de citron...une palette gourmande qui donne envie de boire !
Bouche : la matière est ample, à la fois juteuse et « pierreuse », le toucher de bouche est onctueux et la finale longuement aromatique possède une pointe saline du plus bel effet.
Parfait dans son équilibre minéral et doté d’un potentiel de séduction presque irrésistible, ce vin souffre du syndrome du « verre qui se vide tout seul » très répandu dans la production des Brothers… Un Pouilly Fuissé qui s’impose comme une évidence…un modèle de maîtrise !


Riesling G.C. Frankstein 2006 – Domaine Beck-Hartweg à Dambach la Ville.
 
Robe : jaune très clair avec un éclat métallique.
Nez : fin, assez discret mais d’une grande pureté, on y reconnaît des arômes bien typés de miel de sapin et de résine sur un fond d’agrumes.
Bouche : le vin se livre immédiatement avec une structure ample et équilibrée, une acidité droite mais bien mûre et une finale pointue où la minéralité se manifeste par une fine amertume et un toucher un peu tannique.
Plein, épanoui et joliment imprégné par la marque granitique du Frankstein ce riesling semble arrivé à sa phase de maturité optimale…un pur bonheur !


Columbia Valley Red Wine Big Nose 2007 – Shady Grove Winery à Wishram (Washington)

Robe : très sombre, presque noire avec une fine frange rubis.
Nez : très immédiat, flatteur et agréablement parfumé, on y perçoit nettement des notes de crème de cassis, de confiture de mûre sur un fond d’amaretto.
Bouche : la matière est très riche, l’équilibre est doux et suave, le vin tapisse la bouche avec une texture charnue et très veloutée.
Comme le précise la contre-étiquette, rendue indispensable par le minimalisme de l’étiquette, ce vin rouge est issu d’un assemblage de 39% de cabernet sauvignon, 37% de syrah et 24% de cabernet franc.
Ce vin techniquement parfait procure un plaisir facile et immédiat mais la vraie émotion se fait attendre… et ne vient pas !
Si j’osais, je le comparerais volontiers ce rouge d’outre-atlantique à une espèce de Miss Monde sans cerveau et sans libido…mais je ne vais pas le faire.
Hein, quoi…je l’ai dit ? Oui mais alors je ne l’ai pas dit fort…

 

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Du haut des falaises de Saint Romain une vue exceptionnelle sur le Mont Blanc (à l'horizon au centre de l'image)...magnifique Bourgogne !

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 10:23

 
Cette Masterclass Alsace que Thierry a programmé en plein mois d’août retrouve ses locaux habituels dans l’espace dégustation de la maison Wolfberger à Colmar.
Au dehors, la chaleur est écrasante, mais fort heureusement la salle est climatisée et les bouteilles de blanc sont bien fraîches…tout est prêt pour aborder dans les meilleures conditions les deux thèmes d’étude choisis pour cette session :

- Y-a-t’il un lien de dépendance entre terroir et concentration ?
- 9 vins pour revenir sur le millésime 2000.

Le premier thème nous permettra de comparer des vins issus du même millésime mais de terroirs différents : nous dégusterons 5 paires de vins issus des millésimes 2010, 2005, 2002 et 2000 en essayant de détecter lequel provient de l’origine la plus noble.

Le second thème nous fera remonter au début de notre siècle avec une série de 9 flacons qui nous permettrons de situer le niveau de quelques belles quilles alsaciennes après plus de 10 ans de garde.


Masterclass Alsace du 18 août 2012 à Colmar

 

Les bouteilles sont dégustées et commentées à l’aveugle, mais pour faciliter la comparaison, le millésime des vins de la première série est annoncé  – verres INAO.



Thème 1 : terroir et concentration.

 

Riesling Clos de la Folie Marco 2010 – Domaine Hering à Barr : le nez est léger et plaisant avec des notes de poire et de mirabelle, en bouche la structure est assez ondulante avec un côté très aérien, mais la finale est nette et assez nerveuse.
Riesling G.C. Schlossberg 2010 – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est franc et intense sur les agrumes mûrs (orange, pomelo), la bouche possède une matière riche, l’acidité très longue donne une grande profondeur à la structure, la finale déjà bien longue continue de livrer des arômes d’agrumes.
Voilà un premier couple qui pose le problème avec beaucoup d’à propos : d’un côté un riesling subtil et presque un peu atypique (même si je l’ai trouvé un peu moins tonique que lors d’une précédente dégustation), de l’autre un monstre de puissance avec une aromatique très monolithique.
Difficile de ne pas reconnaître la différence de concentration entre ces deux cuvées mais le Schlossberg reste encore dominé par la marque du cépage. Ce grand terroir granitique aura besoin de quelques années de garde pour exprimer le message du terroir, le Clos de la Folie Marco situé au bas du Grand Cru Kirchberg montre une olfaction déjà plus affinée mais un niveau de concentration bien inférieur.

 

Copie de p 003

 

Sylvaner 2005 – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est discret avec un registre très empyreumatique (fumée, conduit de cheminée), en bouche la matière est pure, la structure est bien construite et la finale est assez longue et légèrement poivrée.
Sylvaner Mittelbergheim 2005 – Domaine A. Seltz à Mittelbergheim : le nez est très discret avec des notes d’abricot confit et de fleurs, la bouche est rondouillarde, presque un peu lourde, la finales est un peu courte.
Verdict mitigé pour ces deux vins avec un premier à l’aromatique peu avenante mais montrant une très belle tenue en bouche, le second, très flatteur au nez semble particulièrement fatigué… Le terroir de galets roulés du Clos de Capucins donne davantage de structure à ce cépage que les coteaux marno-calcaires de Mittelbergheim…mais il me semble que ces deux vins ont dépassé leur apogée depuis quelques temps.


p 003

 

 
Riesling Schenkenberg-Vieilles Vignes 2002 – Domaine Seilly à Obernai : le nez est plaisant et complexe sur le miel, la résine et les fruits blancs très mûrs, la bouche est ronde mais avec une structure un peu chancelante et une finale bien courte.
Riesling G.C. Geisberg 2002 – Domaine Kientzler à Ribeauvillé : le nez est vif et précis sur les zestes d’agrumes avec une délicate touche florale, la bouche est très bien définie, l’acidité assez incisive est contrebalancée par une matière dense, la finale longue et minérale révèle quelques amers très nobles.
Le Grand Cru domine haut la main ce duel très intéressant et d’un beau niveau, sans forcément répondre à notre question : après 10 ans de garde, le style Kientzler marque surement autant ce vin que le terroir marno-calcaire du Grand Cru…mais en tous cas, aujourd’hui c’est une vraie belle quille !

Pinot blanc Zellenberg 2000 – Domaine Tempé à Zellenberg : le nez très discret garde son mystère malgré une aération énergique (crampes au poignet à force de tourner le verre…), la bouche est assez belle avec un beau gras, une matière concentrée et une finale un peu courte qui révèle quelques notes lactiques.
Auxerrois H 2000 – Domaine Josmeyer à Wintzenheim : après une légère touche de réduction, le nez livre quelques belles notes florales, la bouche est nettement plus structurée et plus tendue que celle du vin précédent mais la finale flanche très nettement avec une aromatique un peu douteuse (amertume, liège).
Issu d’une parcelle d’auxerrois située dans la plaine au pied du Mambourg, le vin de Marc Tempé tient encore le coup et domine facilement la fameuse cuvée H récoltée sur le Grand Cru Hengst, visiblement pénalisée par un défaut de bouchage.

Pinot gris Herrenweg-Cuvée Vieilles Vignes 2000 – Domaine Zind-Humbrecht à Turckheim : le nez est flatteur et gourmand avec un registre un peu « pâtissier » sur l’abricot mûr, le miel et la noisette grillée, la bouche est ample, délicatement moelleuse et la finale assez longue possède un équilibre bien tonique.
Pinot gris G.C. Pfersigberg 2000 – Wolfberger : le nez est agréable sur le miel et les fleurs, la bouche est légère mais la finale très courte avec une amertume assez disgracieuse déçoit un peu.
Avec la dernière paire de protagonistes, le duel est facilement remporté par le Herrenweg : cette cuvée très concentrée (15° et 29g de SR) issue d’un terroir alluvial situé dans la plaine près de Colmar montre encore une très belle présence après 12 ans de garde, face à cette bouteille le Grand Cru fait une bien piètre figure et révèle un état de fatigue avancé.

 

Copie de p 004

 

 
En conclusion :

- Dans cette petite série assez parlante on se rend compte qu’en règle générale, la concentration d’un vin dépend davantage du vigneron que du terroir. Cette composante qui pèse considérablement (à tort ou à raison d’ailleurs… !) sur l’impression de qualité laissée par un vin traduit surtout l’effet de la main de l’homme dans les différentes étapes de l’élaboration de ce vin : conduite de la vigne, maîtrise des rendements, choix de la date des vendanges et pratiques œnologiques en cave.
La signature du terroir se détecte peut-être plus dans la complexité des arômes et de la structure ressentie lors de la dégustation…mais ce critère est sûrement plus difficile à noter, sans compter que certains crus demandent une longue garde avant d’exprimer la marque de leur origine.

- Pour le coup de cœur, je retiendrai sans hésiter le riesling Geisberg 2002 de Kientzler, insolent de jeunesse avec un accessit pour le Schlossberg 2010, massif mais très bien équilibré qui fera surement parler de lui dans quelques années.



Thème 2 : comment vont les 2000 ?


 

Riesling Tradition – Domaine Hugel à Riquewihr : le nez est discret, peu avenant avec des notes bizarres de caoutchouc et une touche végétale, la bouche est assez agréable mais la finale semble douteuse.
Riesling G.C. Frankstein – Domaine Beck-Hartweg à Dambach la Ville : le nez est délicatement miellé mais la bouche est assez insipide un peu aqueuse, la finale est courte et amère.
Ouch !!! Voilà une entame de série qui ne pousse pas forcément à l’optimisme !
Face au Hugel, l’assemblée est partagée : défaut de bouchage pour certains ou grave déficit de maturité pour d’autres…personnellement je penche pour la seconde hypothèse.
Pour le Frankstein, le diagnostic est unanime et sans appel : le vin est définitivement mort !

Riesling G.C.Schoenenbourg – Domaine Dopf au Moulin à Riquewihr : le nez est très élégant avec une palette florale complétée par de délicates notes de citron et d’anis, la bouche possède un équilibre sec mais avec une matière particulièrement suave, l’acidité s’élargit pour donner une belle fraîcheur à la finale.
Riesling Clos Häuserer – Domaine Zind-Humbrecht à Turckheim : le nez est discret avec un caractère très minéral, des notes de pierre à feu et de fumée se révèlent progressivement après oxygénation, la bouche est concentrée avec une acidité mûre et puissante, la finale très saline laisse une légère impression tannique.
Cette seconde paire de rieslings à de quoi rassurer tout le monde : avec son élégance presque aristocratique le Schoenenbourg est un vrai bonheur, quant au Clos Häuserer (un clos situé sous le G.C. Hengst) sa matière concentrée et sa force minérale m’avaient emmené bien plus au sud, sur les pentes abruptes du Rangen. En tous cas, un superbe binôme avec des personnalités bien différentes mais d’un niveau qualitatif exceptionnel.

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Pinot gris Réserve Personnelle – Domaine Trimbach à Ribeauvillé : des notes liégeuses au nez, confirmées en bouche.
Pinot gris G.C. Kitterlé – Domaine Schlumberger à Guebwiller : le nez est expressif sur un registre un peu pâtissier sur le pralin, le citron confit et la pâte de coing, la bouche est généreuse avec du moelleux et un beau gras, le toucher est onctueux et la finale bien nette et finement acidulée livre quelques notes fumées.
Avec une surmaturité évidente tant au nez qu’en bouche ce pinot gris Kitterlé a su garder une certaine élégance dans sa silhouette. Cette cuvée est vraiment une belle réussite…et qui tient encore très bien la route après 12 ans de garde.
Le Trimbach est hélas victime d’un bouchon défectueux.

Gewurztraminer G.C. Wineck-Schlossberg – Domaine V. Spannagel à Katzenthal : le nez allie un registre floral bien complexe et un fruité encore très frais, la bouche est onctueuse et délicatement moelleuse, la finale se prolonge longuement sur des notes d’agrumes et de poivre.
Gewurztraminer Altenbourg-Cuvée Laurence – Domaine Weinbach à Kaysersberg : franchement bouchonné.
Le terroir granitique du Wineck-Schlossberg étant très largement dédié au riesling, j’ai été vraiment étonné de croiser ce gewurztraminer particulièrement réussi : une jolie complexité aromatique et une tenue en bouche d’une grande distinction…Bravo !
Cette cuvée Altenbourg bien flinguée par une déviance liégeuse très prononcée clôt la série des grandes maisons victimes de bouchages défectueux.

Riesling G.C. Kastelberg S.G.N. – Domaine des Marronniers à Andlau : le nez est délicat et complexe sur le miel, les épices et les herbes aromatiques, le toucher de bouche est très velouté mais l’équilibre reste assez tonique, la finale est longue et marquée par un sillage safrané très raffiné .
La palette est riche et racée et la structure en bouche offre une belle sensation d’harmonie et de plénitude…voilà une bien belle bouteille débouchée dans sa phase de pleine maturité. MIAM !

 

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En conclusion :

- Comme il fallait s’y attendre 2000 a été le millésime de tous les fantasmes : première année du XXI° siècle pour certains ou dernière du XX° pour d’autres, en tous cas les attentes par rapport à ce millésime étaient considérables…d’autant plus que dans le vignoble bordelais on annonçait une très belle vendange.
En Alsace l’année fut précoce avec un été très mitigé mais un retour durable du soleil en septembre-octobre. Les raisins pour le crémant on été rentrés à partir du 11-septembre et ceux pour les autres vins à partir du 21. Vendangées à partir du 2 octobre les V.T et S.G.N. sont plutôt issues de raisins passerillés, le botrytis s’est développé de façon plus ponctuelle dans certain secteurs du vignoble alsacien.

- Comme nous le montre cette série de 9 vins, 12 ans plus tard les bouteilles de ce millésime historique montrent une qualité assez hétérogène. Le tiers de la série est flingué par un problème de bouchon : manque de chance ou choix d’un bouchon non adapté à une longue garde…avec ce pourcentage de ratés, la question se pose. Mis à part le Frankstein les autres vins se tiennent très bien et se dégustent avec plaisir aujourd’hui. Ceci dit, j’avais quand même l’impression que l’apogée était dépassé pour la plupart des vins…mais je crois qu’avec l’âge j’ai du mal avec les « vieux » !!!!
 

 

- pour le coup de cœur, je choisirai le second couple de rieslings : d’un côté une élégance fragile mais pleine de séduction et de l’autre la force qui impose le respect…deux belles émotions !

- Merci à Thierry de continuer son œuvre pédagogique pour les amateurs de vins d’Alsace…et vivement ma prochaine session !

 

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Le trio victime d’un bouchage défectueux...comme quoi, même les grands ne sont pas épargnés !

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 12:17


Cette année la remontée de notre villégiature ardèchoise vers le grand nord s’est effectuée en deux étapes : nos amis Dominique et Linda qui habitent une coquette maison au bord du lac Léman nous ont invités à faire une boucle du côté de la Haute Savoie pour partager quelques moments de convivialité avec eux avant de retourner à Strasbourg.
Lors d’un précédent séjour (il y a 4 ans) notre hôte nous a fait découvrir le vin de Crépy en me faisant déguster deux bouteilles qui m’avaient agréablement surpris.

C’est les vacances, le temps ne manque pas et les coteaux de ce vignoble se trouvent à quelques kilomètres de notre lieu de résidence…il n’en fallait évidemment pas plus pour que je décide d’aller fureter sur les hauteurs de Douvaine pour découvrir cette appellation. C’est parti pour une visite au Domaine de Senoche.

 

Vacances-ete 0686-copie-1
   Par ici l’entrée…


C’est Henri Deturche qui nous reçoit dans le caveau de dégustation où nous nous installons autour d’une table pour siroter gaillardement une bouteille de Crépy 2011 tout en discutant de cette appellation assez méconnue.

Crépy est une toute petite appellation qui s’étend sur 4 communes de la rive sud du Léman (Massigny, Douvaine, Ballaison et Loisin) et dont la production moyenne s’élève à 4200 hl par année.

 


crepy Vue aérienne du vignoble de Crépy.



Les frères Deturche ont acheté ce domaine en 1982 pour compléter leur activité de production laitière et se faire plaisir en produisant leur vin.
Henri Deturche est à la retraite depuis 4 ans mais il continue de travailler au domaine de Senoche parce qu’il aime passer du temps dans ses vignes « sur un terroir comme celui de Crépy la présence régulière dans les vignes est absolument nécessaire, depuis le 1° mai, j’y suis tous les jours… ».

Ces collines implantées sur une molasse calcaire sont recouvertes d’une couche argilo-limoneuse plus ou moins profonde, qui offre à la vigne un sol assez fertile.


 

Vacances-ete 0684-copie-1Un pied de chasselas du domaine.
 

 

Les vins sont issus du chasselas, un cépage prolixe qui exige un contrôle très sévère des rendements pour donner le meilleur de lui-même « Le rendement idéal pour notre appellation se situe entre 50 et 60 hl/ha ». Sur 2011, malgré la taille et l’ébourgeonnage « il faut couper du raisin tous les jours pour ne garder que 8 grappes au maximum par pied de vigne ».

 

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Petit tour dans les vignes du domaine.

 

Les 3 hectares de vignes du domaine se trouvent sur un coteau exposé au nord-ouest, juste à côté de la maison, à une altitude de 650 mètres.

 

Vacances-ete 0683Partie basse des vignes du domaine de Senoche.
 


Les vignes sont travaillées sans désherbant ni insecticide et enherbées depuis 15 ans « au début c’était pour éviter l’érosion et le ravalement en stabilisant le sol sur ces rangs qui font 120 mètres de long…mais très rapidement nous avons constaté bien d’autres avantages liés à cette pratique : le feuillage est d’un très beau vert clair, et les fruits sont épanouis millésime après millésime ».
 

Vacances-ete 0682Les rangs de vigne du domaine en juillet.

 

 

Les vendanges sont manuelles et les raisins sont pressés entiers dans un vieux pressoir vertical.

 

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Henri Deturche face à son pressoir vertical

 

Les vins fermentent sous l’effet des levures indigènes et sont mis en bouteilles au printemps « Nos levures indigènes sont de très bonne qualité, les fermentations alcooliques et malo-lactiques se déclenchent facilement et sont très régulières ».
Ils sont mis en bouteilles au mois de mai avec un sulfitage très léger (environ 20 mg de SO2 libre).
 

 

Actuellement le domaine de Senoche commercialise son Crépy 2011 que nous dégustons de façon très approfondie (un euphémisme pour dire que la bouteille y est passée comme une lettre à la poste !) :
l’aromatique évolue continuellement pour nous offrir une palette complexe sur la paille fraîche, la pomme reinette, le miel de fleurs avant de dévoiler une touche pierreuse et crayeuse très intéressante. En bouche, l’attaque est souple, une acidité bien mûre soutient une structure élégante et légère, la finale est marquée par une pointe minérale agréable et quelques jolis amers.

Vacances-ete 0691


Ce vin blanc léger (11°5 – 0g de SR – 3g AT) guilleret et très « glissant » se goûte fabuleusement bien aujourd’hui. Certes on n’entre pas dans le monde des grands vins mais ce Crépy rudement bien fait possède un potentiel de séduction diabolique…et un prix qui ne va pas vraiment dissuader un boit sans soif comme moi (5,50 la quille !).

 

 

Le Crépy 2009, dégusté le soir, présente une structure un peu plus généreuse avec quelques grammes de SR en plus et une palette proche de celle du 2011 mais avec davantage de notes de fruits secs (amande) et de miel.

 

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Contrairement à ce qu’on pourrait penser les vins blancs de Crépy se comportent très bien face au temps qui passe, même si dans le cas des vins du domaine de Senoche c’est le millésime qui a le dernier mot, ce 2009 est à point mais comme nous l’a dit Henri Deturche «  dans les millésimes froids comme 2010, les acidités sont plus marquées et tiennent les vins durant de longues années »


A force de séjourner sur la rive sud du lac Léman et de voir ces coteaux couverts de vignes, l’envie de faire une petite escapade du côté du vignoble de Crépy grandissait et cette étape savoyarde fut une occasion toute trouvée pour donner corps à ce projet.
Situé en haut du coteau de Crépy, le domaine de Senoche est la concrétisation d’un rêve d’une famille de fermiers éleveurs passionnés de vin.
Aujourd’hui Henri Deturche est à la retraite depuis 5 ans et prend visiblement beaucoup de plaisir à exercer son activité de vigneron à plein temps.
Les pratiques viticoles sont exigeantes et respectueuses de l’environnement et le travail en cave est traditionnel et bien maîtrisé. Comme nous le rappelle Henri Deturche : « l’important c’est les raisins, avec une vendange de très bonne qualité, le vin se fait pratiquement tout seul »…et il faut croire que ça ne fonctionne pas trop mal car ces Crépy 2011 et 2009 dégustés aujourd’hui nous ont particulièrement séduit.

Merci à Henri Deturche pour son accueil !

 

Vacances-ete 0690Le coteau du Crépy avec le domaine Mercier à mi-pente et le domaine de Senoche en haut.

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 22:48

Musigny 1990 – Domaine Moine Hudelot à Chambolle Musigny

Robe : rubis moyen, belle densité et une frange brunissante avec un léger dégradé.
Nez : les effluves sont intenses et pénétrantes, la complexité est superlative, cerise confite, amande, rose fanée…
Bouche : après une attaque vive et fringante, la matière s’épanouit avec sa chair raffinée et sa structure tannique d’une grande finesse, la longueur aromatique finale est époustouflante.
Parfois je me demande pourquoi je m’obstine à préférer les rouges bourguignons à tous les autres…et parfois la réponse s’impose à moi comme une évidence indiscutable lorsque je rencontre des vins comme ce Musigny.
Simplement exceptionnel !!!


Corton Charlemagne 2008 – Domaine Castagnier à Morey Saint Denis

Robe : jaune clair avec un éclat métallique.
Nez : très discret à l’ouverture il commence à parler après quelques minutes d’aération pour nous exposer une palette très racée sur l’amande et la pierre à feu avec une petite nuance fumée.
Bouche : très puissant dès l’attaque, le vin se pose en bouche et monopolise le palais avec un gras imposant et une acidité profonde et pointue qui soutient une finale très longue marquée par de belles notes minérales et un boisé très noble.
Encore très jeune ce vin a pris un peu de temps pour s’ouvrir au plan aromatique mais la présence en bouche est déjà magnifique : une ellipse parfaite qui flatte longuement les papilles. MIAM !!!!


VDP des Coteaux de l’Ardèche - Odyssée 2011 – J. Mazel à Pradons

Robe : jaune paille clair avec une belle brillance.
Nez : assez peu expansif mais d’une jolie complexité, il associe des notes d’ananas frais avec une palette florale (mauve, violette, lavande).
Bouche : l’attaque est assez vive, la matière est riche (14°) mais l’équilibre reste étonnamment tendu, le vin cède un peu en finale avec une persistance un peu courte mais une belle netteté aromatique.
Cela fait quelques années que pour moi, cette cuvée conçue par Jérôme Mazel compte parmi les viogniers les plus aboutis du vignoble sudiste. Des vins qui tiennent en bouche les promesses faites au nez…rare !


Crozes-Hermitage Clos des Grives 2006 – Domaine Combier à Tain l’Hermitage

Robe : très sombre, dense avec une frange rubis.
Nez : intense et complexe avec des notes de la baie de cassis accompagnées d’une farandole d’arômes d’herbes méridionales (thym, romarin, sariette…)
Bouche : Concentré, soyeux, souple et superbement équilibré avec une finale très longue qui sent la garrigue et la réglisse.
Issu de vieilles vignes de plus de 50 ans sur un plateau argilo-calcaire avec des  galets roulés, ce vin qui a été élevé 12 mois en fûts a profité de quelques années de garde pour s’offrir à nous dans toute sa splendeur…Un Crozes d’exception !


Macon Cruzille 2009 – Bret Brothers à Vinzelles
 
Robe : jaune clair brillant et reflets argentés.
Nez : discret mais très distingué il offre une palette complexe et raffinée sur le pamplemousse, le tilleul, la fougère et de petites notes camphrées.
Bouche : la matière est dense et pleine, l’acidité tranchante à l’attaque s’élargit et soutient une finale longue et profondément minérale.
Sur le terroir argilo-calcaire de Cruzille Ies Brothers ont sélectionné deux parcelles de vieilles vignes (50 et 80 ans) travaillées en bio pour concevoir cette cuvée qui en surprendra plus d’un par sa force et sa classe…s’il y en a qui doutent encore qu’on peut trouver de grands vins dans l’appellation Mâcon cette bouteille leur ouvrira de nouveaux horizons.


VDP des Côtes Catalanes – Le Soula 2008 – G. Gauby et associés à Prugnanes

Robe : jaune clair très lumineux.
Nez : Moyennement intense mais très distingué avec des notes de citron confit et de tilleul sur un fond légèrement boisé vanillé.
Bouche : l’attaque est franche et bien vive mais le toucher se fait très caressant dès le milieu de bouche, la finale est tonique mais encore un peu marquée aromatiquement par l’élevage (palette lactée, vanillée).
Assemblage de près d’une dizaine de cépages (dominé par le sauvignon-38% et le maccabeu-35%) vendangés sur des terroirs granitiques d’altitude (autour de 500m) ce vin blanc se présente à nous avec un marquage boisé assez prononcé mais une structure en bouche particulièrement élégante.
Regoûté le lendemain ce vin s’est harmonisé, les arômes d’élevages se sont fondus et le fruit s’est joliment défini…MIAM à retardement !

 

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Quelques parcelles de vignes écrasées par le soleil ardéchois de l'été 2012.

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 12:44

 
Comme l’année passée, j’ai profité de mon séjour à Grospierres (07) pour faire une visite expresse dans le vignoble autour des Dentelles de Montmirail en compagnie de l’ami Cyril. A la fois cycliste confirmé et œnophile passionné, cet ardèchois est un guide de premier choix : il connaît parfaitement les routes qui serpentent à travers ces superbes paysages au pied du Mont Ventoux mais aussi un bon nombre de caves où il fait bon s’arrêter pour déguster les meilleurs crus locaux.

 

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Les Dentelles d’un côté…

 
Vacances-ete 0679…et le Ventoux de l’autre, le Paradis ne doit pas être très loin !



Après Beaumes de Venise, c’est la montée vers le Col de Suzette où nous dépassons de nombreux cyclistes qui profitent des dernières fraîcheurs matinales pour se chauffer les jambes sur cette très belle route (ceci dit, elle est belle pour moi parce que je suis assis dans une voiture…sur un vélo je crois que j’apprécierai nettement moins le paysage !). Arrivés à la « Ferme Saint Martin », la vue est toujours aussi splendide et je ne peux m’empêcher de refaire les mêmes photos que l’année passée avant de pénétrer dans le caveau de dégustation du domaine.

 

Vacances-ete 0678Suzette vu de la Ferme Saint Martin…version 2012

 

Comme l’année passée nous sommes reçus par mademoiselle Jullien toujours aussi sympathique dans un caveau toujours aussi accueillant et une gamme de vins proposant 3 couleurs et 3 A.O.C. toujours aussi belle…je crois que je suis en train de développer une addiction !
 

Vacances-ete 0684Une partie du caveau est dédiée à des expositions d’œuvres d’art.


C’est parti pour un nouveau tour complet des cuvées proposées à la vente actuellement :

Rosé d’Entrevon – Ventoux 2011 : le nez est assez discret mais très fin avec des notes florales sur fond de bonbon acidulé, la bouche est gourmande avec un équilibre sec et une finale très dynamique qui réveille bien les papilles.
Avec une palette plus subtile et un équilibre plus vif que sur 2010, cet assemblage à parts égales de grenache, cinsault et syrah est toujours aussi charmeur et désaltérant. Un rosé d’été fin et précis…super !

 

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Les Romanins – Côtes du Rhône 2011 : le nez est fin et discret sur la cerise bigarreau et les herbes de garrigue, la bouche se montre assez charpentée avec un équilibre frais et une finale où les tanins sont assez présents.
Assemblage de jeunes vignes de grenache (80%) et de syrah (20%) sur le terroir de Beaumes de Venise ce vin séduit par une palette aromatique très raffinée mais reste encore un peu dur en fin de bouche. J’ai un peu la même sensation que lors de la dégustation des cuvées rouges des Bernardins…sur le moment je ne saurai pas dire si cette sensation est due à une caractéristique du millésime ou à mon incapacité personnelle de goûter correctement ce type de vin en matinée…
Gageons que la suite de la série nous apportera quelques éléments de réponse.

La Gérine – Ventoux 2011 : le nez est flatteur sur la cerise noire, le noyau et l’amande douce, la bouche est charnue avec une matière assez concentrée et une finale marquée par une légère présence tannique, beaucoup de fraîcheur et des arômes de réglisse persistants.
Issue d’un assemblage de grenache (50%), cinsault (25%) et carignan (25%) récoltés sur le terroir de Saint Hippolyte le Graveyron, cette cuvée rouge est l’œuvre du fils Jullien qui a choisi une vinification en macération carbonique pour apporter ce côté fringant et croquant à ce vin particulièrement séduisant. Joli !

Les Estaillades – Ventoux 2011 : l’olfaction est complexe sur les fruits noirs et les épices, en bouche la matière est dense, les tanins sont serrés mais très fins et la finale bien longue révèle de jolies notes d’herbes aromatiques méridionales.
Issu de grenaches (95%) et de cinsaults (5%) récoltés sur le secteur de Barroux ce très beau vin flatte les sens par sa subtile palette très typée « sud » et son équilibre très gourmand en bouche…MIAM !

 
Vacances-ete 0681L’espace de dégustation du domaine de la Ferme Saint Martin…chaleureux et convivial.


 

Les Terres Jaunes – Beaumes de Venise 2011 : le nez est raffiné avec un fruité épanoui et quelques notes réglissées, la bouche possède un côté rond et glissant très agréable, les tanins sont présents mais enrobés par une matière assez généreuse, la finale est bien longue et légèrement marquée par un pointe alcooleuse.
Issue d’un assemblage de grenache (80%) et de syrah (20%) récoltés sur des parcelles argilo-calcaires situées autour du domaine, cette cuvée se montre immédiatement plus puissante que sur 2010 et cette dégustation très matinale laisse une petite impression de chaleur en finale mais la bouteille ouverte le lendemain pour accompagner un dîner estival était superbe d’élégance et de gourmandise…Rassuré !


 

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Saint Martin – Beaumes de Venise 2010 : le nez s’ouvre su des notes de fumée avant de laisser place à une palette très avenante sur la cerise, la pêche de vigne et les herbes de garrigue, la bouche est charnue et concentrée avec une trame tannique assez virile et une finale discrètement boisée.
Cette cuvée conçue à partir d’un assemblage de très vieilles vignes (entre 75 et 100 ans) de grenache (90%) et de syrah (10%) élevé en partie en foudres est le vin de la gamme qui doit vieillir un peu avant de se livrer pleinement… d’ailleurs le Saint Martin 2007 dégusté quelques jours plus tard avec mon compagnon d’échappée était simplement parfait !

Costancia – CDR Beaumes de Venise 2010 : l’olfaction est très expressive sur les fruits noirs très mûrs (cassis, myrtille), l’amande douce et une pointe de genièvre, la bouche se livre très facilement avec une texture très soyeuse, la matière est très juteuse et le grain tannique d’une belle finesse, la finale est longuement aromatique et délicatement acidulée.
Cet assemblage à parts égales de syrah et de grenache récoltés sur les terroirs d’éboulis calcaires sous les Dentelles de Montmirail est élevé pour une partie en barriques de chêne. Cette très belle cuvée haut de gamme est construite pour durer dans le temps mais son charme actuel presque irrésistible donne un côté cornélien à ce choix…mais je vais quand même essayer de sauver une ou deux bouteilles de l’infanticide !



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Fleur de Terroir – Côtes du Rhône blanc 2010 : le nez est intense et très flatteur sur les agrumes mûrs avec une fine touche boisée, en bouche l’attaque est vive et la matière bien charnue garde un équilibre plein de peps, la finale est nette et prolonge l’aromatique du nez avec un sillage assez long sur le pamplemousse.
La « surprise » de l’année dernière tient son rang sur le millésime 2010 : cet assemblage à parts égales de roussane et de clairette est plein d’énergie et de gourmandise. Voilà un blanc sudiste qui parle avec un accent q’un alsaco comprend sans efforts…Etonnant, non… ?

 

 

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- Crée en 1964 sur les vestiges d’un ancien édifice religieux du XII° siècle (le couvent ou la chapelle Saint Martin) ce domaine exploite 23 hectares de vignes plantées entre forêts et garrigues au pied des Dentelles de Montmirail. La famille Julien pratique une viticulture exigeante pour récolter une matière première de qualité irréprochable : culture bio, vendanges manuelles, tries sévères et égrappage total. La récolte de raisins parfaitement sains et mûrs permet à ces vignerons d’élaborer leurs cuvées avec des processus de vinification très naturels : pas d’intrants en cave et un sulfitage minimal à la mise (10 à 20 mg/l selon les cuvées).
D’accord, j’ai repris mon paragraphe de l’année passée…mais c’est les vacances quand même !!!

- Sur 2011 les vins montrent des équilibres toujours aussi frais et dynamiques même si les matières semblent un peu plus solides. D’après mes impressions personnelles, les rouges demanderont un léger carafage ou un accompagnement culinaire parfumé aux senteurs méridionales pour nous procurer un maximum de plaisir dès aujourd’hui. Les chanceux qui ont de la place dans leur cave peuvent choisir quelques références de cette jolie gamme pour les faire vieillir et profiter de leur phase de plénitude dans quelques années (de 3 à 7 ans selon la cuvée). Sur 2010 Saint Martin demandera le même traitement que les 2011 par contre, Costancia et Fleur de Terroir sont presque irrésistibles à l’heure actuelle…MIAM !!!

- Pour les coups de cœur, j’ai simplement envie d’en octroyer un ENORME au domaine dans son ensemble pour la qualité du travail, de l’accueil et des vins, pour la sagesse des prix pratiqués, pour la beauté du site…et bien d’autres choses encore qui me feront y revenir l’année prochaine et qui, je l’espère donneront envie à plein d’œnophiles d’aller faire un crochet derrière les Dentelles pour visiter ce petit coin de Paradis.

 
Vacances-ete 0686La ferme Saint Martin sous le soleil généreux du mois de juillet 2012.

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 11:19

 

Comme l’année passée, j’ai profité de mon séjour à Grospierres (07) pour faire une visite expresse dans le vignoble autour des Dentelles de Montmirail en compagnie de l’ami Cyril. A la fois cycliste confirmé et œnophile passionné, cet ardèchois est un guide de premier choix : il connaît parfaitement les routes qui serpentent à travers ces superbes paysages au pied du Mont Ventoux mais aussi un bon nombre de caves où il fait bon s’arrêter pour déguster les meilleurs crus locaux.

 

Vacances-ete 0687Les Dentelles d’un côté…

 

 

Vacances-ete 0679 …et le Ventoux de l’autre, le Paradis ne doit pas être très loin !

 

 

Pour des raisons de timing, l’ordre des visites a été inversé par rapport à 2011 et c’est ainsi que notre première halte vinique se situe à Beaumes de Venise pour une dégustation matinale de muscats au Domaine des Bernardins.

La gamme de vins est restée la même par contre, comme nous disposons d’un peu plus de temps que l’année passée, nous pouvons commencer par goûter les cuvées de vins rouges que nous avions été contraints d’ignorer lors de notre dernier passage.

Les Balmes – Côtes du Rhône 2011 : le fruité est bien expressif au nez, en bouche, après une attaque assez ronde les tannins un peu accrocheurs donnent un côté assez rustique à la finale.
Cet assemblage dominé par le grenache (90%) et complété par la syrah possède une expression aromatique séduisante mais se montre un peu rude en fin de bouche…ceci dit, il est 10 heures du matin et mon palais est sûrement un peu sensible.

Beaumes de Venise 2011 : le nez est plus discret mais plus complexe avec un fruit toujours présent et de jolies notes méridionales de garrigue, la bouche est bien gourmande avec une matière charnue et une trame tannique plus soyeuse.
Avec 65% de grenache et 35% de syrah ce vin rouge à l’aromatique bien typée est d’une approche plus facile, même s’il semble encore bien trop jeune pour montrer toutes ses qualités.

Doré des Bernardins 2011 – VDP de Méditerranée : le nez est intense avec un bouquet floral particulièrement charmeur (rose, violette…), en bouche la matière est bien onctueuse mais l’équilibre est sec (moins de 2g de SR), la finale est fraîche mais assez courte.
Malgré les sensations olfactives qui nous promettent une certaine richesse en bouche, ce vin blanc est techniquement sec. Surprenant au premier abord mais au bout du compte on tombe très facilement sous le charme de ce vin au caractère très primesautier…J’adore !

 

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L’Esprit Libre 2011 – VDP de Méditerranée : le nez est subtil et raffiné sur le raisin frais, l’abricot et le pétale de rose, la bouche est délicatement moelleuse avec une pointe de nervosité pour créer un équilibre assez tonique, la finale est plus longue et le sillage aromatique fruité se complexifie avec quelques notes de poivre blanc.
Plus réservée mais plus complexe que la cuvée dégustée l’année passée, ce muscat demi-sec (autour de 30g de SR) s’impose à nouveau comme le vin d’apéritif par excellence : aromatique à souhait mais d’une grande légèreté en bouche…MIAM !

 

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Muscat de Beaumes de Venise 2011 : la robe est plus soutenue, l’olfaction encore un peu discrète mais déjà bien complexe livre des arômes très caractéristiques de raisins de Corinthe, de fleurs et d’épices douces, la bouche est très suave, le moelleux est présent mais pas trop pesant, le toucher est onctueux et la finale finement miellée et épicée est très longue.
Moins direct et moins exubérante que sur le millésime précédent, cette cuvée emblématique du domaine révèle cependant des éléments constitutifs de très grande classe. Ce vin qui présente l’originalité d’associer des muscats à petits grains blancs et noirs (75/25) demandera un peu de patience pour s’exprimer pleinement…ça tombe bien, il me reste des 2010 en cave !

 

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Muscat de Beaumes de Venise Hommage : le nez très complexe révèle de séduisants arômes de fruits secs (raisins, figues, banane, noisette…), la bouche est dense avec un moelleux plus élégant et plus raffiné, la finale est particulièrement longue.
Cet assemblage de plusieurs millésimes de muscats (certains très vieux d’ailleurs…) exprime une forme de quintessence de ce terroir sableux et solaire et révèle ce cépage dans son expression la plus noble…Voilà une bouteille à déguster plus comme un vieux cognac que comme un vins…Bluffant !

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- La famille Castaud qui se trouve à la tête de ce domaine depuis plusieurs générations est à l’origine du classement en A.O.C. de l’appellation Muscat de Beaumes de Venise. Cet ancrage profond dans l’histoire viticole de cette région explique sûrement un peu la constance qualitative dans la production du Domaine des Bernardins. Grâce à une viticulture soignée et respectueuse de l’environnement (travail manuel dans les vignes, pas de désherbants et utilisation d’engrais organiques) et à un contrôle strict des rendements par des opérations d’ébourgeonnage très sévères ces vignerons récoltent des fruits mûrs et parfaitement sains qui leur permettent de réussir ces vins épanouis si faciles à aimer…

- Les rouges m’ont semblé un peu rustiques : les tanins de 2011 paraissent un peu plus durs que sur 2010 (le constat sera le même à la Ferme Saint Martin d’ailleurs) mais le fruit et la typicité étaient bien définis surtout sur la cuvée d’appellation Beaumes de Venise.
Les cuvées de muscats sont étonnantes : les palettes aromatiques présentent un air de famille évident mais les équilibres marquent de réelles différences et donnent à cette gamme de vins des potentialités d’accords gastronomiques très larges.

- Pour le coup de cœur, je citerai volontiers le « Doré » 2011, vin léger au bouquet particulièrement séduisant que j’ai particulièrement bien goûté ce matin mais dans l’absolu la palme de l’élégance et du raffinement revient quand même à cet « Hommage » plein de complexité et de mystère.

- Tous ces vins et quelques autres issus de millésimes plus anciens sont disponibles à la vente à des prix extrêmement sages et peuvent être dégustés dans le caveau situé au centre du village…avis à tous les œnophiles de passage dans la région !

 


8g23ctbzBeaumes de Venise

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

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