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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 11:52


Quelques jours après mon arrivée dans notre villégiature estivale en Ardèche, j’ai rendu visite à un caviste de Ruoms pour me faire une petite sélection de vins locaux et j’ai été particulièrement séduit par une belle cuvée de rouge provenant du domaine Salel-Renaud à Faugères. Le lendemain, oh surprise, ne voilà t’il pas que mon conseiller particulier en vins ardéchois (vous aurez reconnu l’ami cyra) me propose un vin blanc de ce même domaine…et je retombe sous le charme.
Il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité d’œnophile...

 

Vacances-ete 0654Vue du gîte de Grospierres…Faugères se trouve dans la montagne à l’arrière-plan

 

 

Faugères est un petit village de montagne qu’on atteint en empruntant une route étroite et sinueuse qui serpente entre rochers et bois de résineux. Avec la chaleur et le chant des cigales en moins on se croirait presque dans le massif vosgien. Les points de vue sur la vallée et sur les sommets cévenols sont magnifiques.

 

Vacances-ete 0636Dans la montée entre Paysac et Faugères
 

 

Après plus d’une demi-heure de promenade dans Faugères à la recherche de la maison des vignerons, je tombe, presque par hasard, sur Benoît Salel qui m’indique la route à suivre pour arriver à leur cave.


Vacances-ete 0639La petite route qui mène à la cave

 

 

Pour l’heure, le couple Salel-Renaud dispose du sous-sol de la maison d’un oncle située en contrebas de leur habitation principale pour exercer leur activité professionnelle.
Les installations sont complètes et fonctionnelles mais l’espace fait un peu défaut « Nous projetons de nous établir dans des locaux plus grands en nous rapprochant un peu de nos vignes ». En effet, la plus grande partie de leur surface viticole se situe près de Largentière, à une vingtaine de kilomètres de leur village…et dans la montagne ardèchoise 20 kilomètres c’est très loin !
« Nous travaillons environ 9 hectares de vignes répartis sur 3 ilots de 3 hectares, l’un à Faugères et les autres près de Sanilhac et de Montréal ».
Au niveau du terroir, les sols sont granitiques, gréseux ou schisteux « la vigne s’y enracine profondément et ne souffre jamais de la sécheresse ». Les différentes parcelles se situent à une altitude entre 400 et 500 mètres et garantissent une belle fraîcheur naturelle aux vins qui y naissent.
Les raisins sont rentrés à parfaite maturité phénolique « c’est en goûtant les raisins que nous déterminons les dates des vendanges...et nous sommes souvent les derniers à rentrer nos fruits dans la région ».
Les blancs sont vinifiés et élevés en barriques et les rouges fermentent en cuves avant de passer plusieurs mois en fûts.
A l’heure actuelle le domaine commercialise une gamme comprenant 2 vins blancs, 1 vin rosé et 3 vins rouges (et une cuvée blanche en BIB)

Le Canichet 2011 : la robe est claire et brillante, le nez est discret avec des arômes de pulpe de raisin agrémenté d’une pointe un peu mentholée, la bouche simple mais bien équilibrée se caractérise par une jolie vivacité.
Issu d’un assemblage dominé par l’ugni blanc et conditionné en BIB ce vin n’a pas un potentiel de séduction irrésistible mais révèle la finesse et la précision du travail de vinification…une entrée de gamme tout à fait honnête.
 

 

Piqueberle 2011 : la robe est saumon clair, le nez franc et flatteur révèle des notes de bonbon anglais et de fraise, la bouche est bien vineuse avec un équilibre sec et une texture assez grasse, un fruité bien gourmand marque la finale.
« Piqueberle » est le nom donné aux habitants de Sanilhac, le village où se situent les vignes de grenache qui ont produit ce rosé. Elevé en cuves sur lies et bâtonné régulièrement ce vin reste très guilleret à l’olfaction mais possède une profondeur et une densité peu courantes pour ce style de cuvée. Plaisant mais déjà un peu gastronomique.

 

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Imagin’aïre 2011 : après une attaque finement boisée, un fruité subtil se manifeste pour composer une palette olfactive très élégante, en bouche la matière est dense, un joli gras donne un caractère très onctueux au toucher, la finale reste souple avec quelques amers nobles qui marquent la minéralité du terroir de Faugères.
Cette parcelle de roussane a été plantée en 2008 par les vignerons sur un coteau du village avec un sol de grès très décomposé…cette initiative qui leur a valu un sympathique quolibet de la part des habitants : les « imagin’aïre »ce qui signifie « rêveurs » ou « illuminés » en occitan. Mais au bout du compte nous avons une cuvée 100% roussane, vinifiée et élevée 8 mois en pièces bourguignonnes ; sophistiquée mais terriblement gourmande elle porte avec beaucoup de classe ce beau terroir d’altitude…MIAM !

 
Vacances-ete 0640La parcelle de roussane de Faugères.
 


Qué sa quo 2011 : le fruit est complexe et élégant au nez (abricot frais et fleurs), la bouche est joliment aromatique avec une texture onctueuse et une finale bien nette qui laisse persister longuement un sillage marqué par la vanille et la violette.
Des viogniers âgés de 25 à 30 ans sont à l’origine de cette cuvée très bien construite : la balance entre les promesses du nez et la réalité de la bouche est parfaitement équilibrée…ce qui est très rare sur les vins issus de ce cépage.
Je ne suis pas un grand adepte du viognier mais là j’avoue que je suis tombé sous le charme.

 

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Mescladis 2010 : le nez est intense et flatteur sur la griotte, le chocolat (un peu « Mon Chéri ») et les épices, la bouche est charnue mais bien fraîche avec une trame tannique fine et une finale de longueur moyenne mais bien définie sur le cassis et la vanille.
Cette cuvée est un assemblage – « Mescladis » en occitan – de 70% de gamay et 30% de grenache, élevé de 8 à 10 mois en fûts de chêne de 1 à 3 vins. Beaucoup de fruit, une chair savoureuse et un élevage parfaitement dosé…J’adore !

Trefol 2010 : le nez est très racé avec des notes de fruits noirs bien mûrs te d’épices, en bouche l’attaque est assez pointue mais dès le milieu le vin pose sa matière concentrée et sa trame tannique souple et veloutée, la finale nette et très fraîche offre une persistance aromatique longue sur la pêche de vigne et les épices.
Trefol signifie « trèfle » en occitan et fait référence aux trois cépages (55% de merlot, 25% de syrah et 20% de grenache) qui entrent dans la composition de cette cuvée rouge élevée 13 mois en fûts de chêne. Goûté sur place, regouté le lendemain et le surlendemain…le verdict est sans appel : ce vin est splendide !

 

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Jeux Interdits 2010 : le nez est discret mais complexe avec une palette très « noire » sur le cassis, la mûre, la réglisse et les épices, la bouche est absolument superbe de concentration, de distinction et d’équilibre, la finale est fraîche et laisse un sillage aromatique très classe qui se prolonge longuement.
Issu d’une parcelle de syrah plantée à haute densité (10000 pieds/ha) sur un terroir schisteux cette cuvée très haut de gamme est magique... La densité, l’équilibre, la qualité de l’élevage, la complexité aromatique…tous les éléments sont réunis pour mériter le titre de vin d’exception. Bravo !

 

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Trefol 2009 : le nez est assez discret, la bouche montre une belle concentration mais sans chaleur excessive, la trame tannique est noble mais un peu resserrée en finale.
Trefol 2008 : après une pointe de réduction très fugace, le nez révèle une belle palette sur les fruits mûrs et les herbes de garrigue, la bouche est bien posée avec un équilibre assez frais, des tanins présents mais avec un grain très fin et une finale qui revient sur les notes d’herbes aromatiques.
La dégustation des premiers vins produits par ces jeunes vignerons témoigne d’une belle maîtrise technique avec des cuvées qui se présentent à nous avec la marque du millésime et du terroir : le 2009 est encore un peu crispé et le 2008 commence à proposer une jolie complexité tant dans son aromatique et que dans sa structure mais le leitmotiv équilibre-fraîcheur est évident sur les deux vins.

 

 

Chatus 2010 : le nez est complexe et gourmand avec un fruité discret et de belles notes cacaotées, la bouche est volumineuse, concentrée avec des tannins puissants mais la finale est pleine de soie et de fraîcheur.
Le chatus est un cépage local, souvent utilisé pour concevoir des vins souvent plus pittoresques que gastronomiques. Avec cette belle cuvée encore en cours d’élevage, qui surprend par sa chair dense et raffinée, on se rapproche davantage du monde des grands vins que de celui des gadgets pour touristes. Très prometteur…


Sympathiques et accueillants, ces jeunes vignerons s’appuient sur une solide formation professionnelle effectuée notamment dans les vignobles de la vallée du Rhône pour concevoir des vins qui donnent la pleine mesure de la qualité de ces terroirs d’altitude des montagnes ardèchoises. Dans une région où la politique viticole est encore largement déterminée par les grosses unités de production (caves coopératives et grands négociants) et où la qualité d’une vigne s’évalue souvent par rapport à sa capacité à produire de grandes quantités de raisin, Benoît Salel et Elise Renaud font figure d’exception.
Ils savent la valeur des terres qu’ils travaillent et ont pris le risque de miser sur une viticulture exigeante et hautement qualitative pour créer de grands vins.
Dans ce petit coin de paradis, loin des sites touristiques de l’Ardèche, le pari est certes très osé mais je suis convaincu que ces vignerons qui ne manquent ni de motivation ni de courage ont fait le bon choix et vont réussir à imposer leurs produits.

Leur gamme de vins que j’ai pu déguster sur place et dont j’ai regoûté une bonne partie lors de nos repas d’été dans notre gîte de Grospierres est absolument irréprochable. Le style recherché sur les blancs ne correspond pas forcément à mon goût personnel qui m’emmène vers des vins plus droits et plus vifs, mais j’ai beaucoup apprécié la précision et la finesse expressive de ces cuvées. En ce qui concerne les rouges, mon verdict est sans appel : avec les cuvées 2010, ce domaine a sorti les meilleurs vins qu’il m’a été donné de boire dans la région jusqu’à aujourd’hui…tout simplement !

Au niveau des prix la gamme commence autour de 5 euros pour le rosé pour terminer un peu au-dessus de 20 euros pour l’exceptionnelle syrah.
Lorsqu’on considère l’appellation, çà peut paraître cher, lorsqu’on se réfère à la qualité irréprochable de ces vins c’est parfaitement justifié, avec une citation particulière pour Trefol 2010 qui à 11,50 euros est une super affaire.

Bravo et merci à ces vignerons enthousiastes, ce fut un réel plaisir de les rencontrer et de découvrir leurs vins.

 



Vacances-ete 0646Faugères

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 11:43

 
Notre ami Martial, membre émérite du club A.O.C. a choisi le jour de sa fête pour convoler en justes noces avec sa bien-aimée.
Après la cérémonie officielle à la mairie de Brumath menée par un adjoint au Maire avec un sens de l’humour et de la répartie particulièrement aiguisé, nous nous sommes retrouvés dans une salle décorée avec un grand souci du détail sur le thème du rouge et noir.

 

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Beau travail de déco…


 

CIMG4237Même le buffet apéritif était dans le thème.

 

 

Ce souci du détail a bien évidemment dirigé le choix des vins qui allaient accompagner ces différents buffets. Il fallait trouver des cuvées susceptibles de flatter des palais très diversifiés allant de ceux bien éduqués des connaisseurs du club A.O.C. à ceux un peu plus frustes des autres convives moins intéressés par la chose vinique mais au courant de la passion œnophile de Martial…autant dire que tout le monde attendait le jeune marié au tournant…

 

 

Pour l’apéritif le choix fut facile : une branche de la famille de la mariée ayant quelques racines en champagne c’est donc avec des bulles que s’ouvrira la fête.
Brut Tradition Premier Cru – Champion-Rifflard à Vertus : l’aromatique est classique mais d’une grande finesse avec des notes de beurre frais et de cake au citron, en bouche la bulle est fine et vive mais la mousse ne se fait pas envahissante, l’équilibre reste bien frais et la finale longue et digeste laisse le palais frais et dispos pour la suite…

 

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Sous le soleil de cette fin de mois de juin, ce champagne premier cru issu d’un assemblage de chardonnay et de pinot noir, très raffiné mais particulièrement désaltérant fut une véritable bénédiction…et il a fallu faire preuve de continence pour ne pas tomber dans l’abus et risquer de rater la suite des évènements…


Pour le repas il a fallu faire quelques essais pour trouver les vins qui allaient se laisser approcher facilement par le profane tout en gardant une personnalité assez typée pour interpeller les amateurs plus éclairés…une forme de quadrature du cercle que nous avons essayé de résoudre avec quelques membres du club A.O.C. lors du Salon des Vignerons Indépendants de Strasbourg.

Le choix vin blanc ce fut assez facile : le riesling 2009 du domaine de l’Oriel s’est imposé comme une évidence. Avec sa palette aromatique bien mûre, gourmande mais complexe et sa structure en bouche où le côté rond et juteux était contrebalancé par une salinité fine et très profonde, ce vin a parfaitement répondu aux attentes et fut largement plébiscité.

 

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Provenant en grande partie de jeunes vignes sur le Sommerberg ce riesling flatteur mais digeste a séduit les convives. Avec un buffet d’entrée très marin il s’est montré bien à son aise sur des préparations de crustacés et de Saint Jacques un peu exotiques mais a beaucoup souffert face au saumon et au flétan.

 

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Le choix du vin rouge fut un peu plus complexe mais après pas mal d’essais nous Martial s’est fixé sur le Cairanne Cuvée Vieilles Vignes 2008 du domaine des Hautes Cances : le nez complexe et très pénétrant est marqué par le noir (mûre, myrtille, réglisse), la bouche possède une matière fruitée très juteuse et une trame tannique assez dense mais bien mûre qui confère un côté velouté au toucher, la finale est fraîche et finement boisée.

 

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Avec son côté flatteur et particulièrement gourmand et sa palette aromatique tout à fait raccord avec le dress-code de la soirée, ce Cairanne issu d’un assemblage dominé par le grenache (70%) complété par 15% de syrah et 15% de mourvèdre, s’est imposé avec une grande facilité. Face à la galantine de pintade ce vin rouge séduisant mais quand même assez puissant s’est montré un peu dominateur mais l’accord  fonctionné.


Pour conclure :

- Trouver des vins capables de plaire à un public aussi hétérogène que celui d’un banquet de mariage n’est pas chose aisée d’autant plus que, comme je l’ai déjà signalé plus haut, la plupart des convives connaissent la réputation d’œnophile du jeune marié et s’attendaient à une belle sélection de bouteilles.

- Les trois cuvées proposées ont parfaitement rempli leur mission en s’accordant joliment avec les plats proposés et avec l’ambiance festive et détendue de la soirée.

- En plus, si jamais quelques flacons de blanc et de rouge ont survécu à la fête, les jeunes mariés pourront commémorer le jour de leur union durant quelques années car je pense que ce riesling et ce Cairanne possèdent un réel potentiel de garde.

 

2012 0610

 

Vive les mariés !

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 12:07

Pinot Gris Brandhurst de Bergheim 2004 – Domaine Rolly-Gassmann à Rorschwihr

Robe : jaune moyen, brillant avec des bords très clairs.
Nez : fin et complexe sur l’abricot, le beurre frais avec quelques notes florales très distinguées.
Bouche : après une attaque marquée par une richesse évidente, une acidité très incisive se manifeste dès le milieu de bouche et tend solidement une finale qui nous offre un joli retour aromatique sur la mandarine, le poivre et la minéralité.
Un cépage que je ne goûte pas forcément très bien ces derniers temps sur un millésime très difficile…autant vous dire que je n’ai pas débouché cette quille avec un à priori trop favorable.
Et pourtant quel vin splendide ! Il n’y a pas à dire, les Rolly-Gassmann sont des virtuoses lorsqu’il s’agit de concevoir des vins moelleux en Alsace. Chapeau !


Pinot Gris G.C. Steinert 2007 – Domaine Rieflé à Pfaffenheim

Robe : jaune franc, brillant avec des reflets argentés.
Nez : intense et complexe avec une palette très mûre sur la pèche jaune, l’ananas, la mangue avec un fond légèrement pierreux.
Bouche : l’attaque est très douce avec un moelleux sensible mais très vite une trame acide très large se place pour structurer cette matière très riche, en finale on se délecte véritablement avec un sillage aromatique bien long et une présence saline particulièrement marquée.
Les calcaires brûlants du Steinert ont permis à ce pinot gris de construire un équilibre autour d’une matière très généreuse structurée par une puissante minéralité. Après quelques années de garde le vin se présente à la dégustation dans une expression pleine d’harmonie…MIAM !
 


Beaune 1° Cru Les Tuvilains 2004 – P. Carré à Meloisey

Robe : rubis clair avec des bords brunissants.
Nez : pur et charmeur sur les fruits rouges avec des fines notes de sous-bois en fond.
Bouche : la matière soyeuse et gourmande donne au vin un toucher de bouche particulièrement fin et raffiné, le fruit reste bien présent et la finale offre un sillage aromatique très long sur les fruits rouges et un boisé très fin.
Cette dernière bouteille de ce cru se distingue, comme toutes ses petites sœurs dégustées précédemment, par une pureté absolue et une structure de dentelle qui forcent l’admiration…surtout sur ce millésime. Ce vigneron mérite incontestablement un grand coup de chapeau !


Puligny Montrachet 2006 – Domaine Carillon à Puligny

Robe : jaune très clair avec un éclat argenté.
Nez : très discret mais vif, il est dominé par de profondes notes minérales (craie, pierre à fusil) et une petite touche de zestes d’agrumes.
Bouche : l’attaque est marquée par une acidité très incisive qui imprègne fortement toute la présence en bouche, l’élevage parfaitement dosé apporte une touche de soyeux et la finale agrémentée de quelques beaux amers nous renvoie vers cette force minérale très dominatrice.
Sur cette cuvée qu’il faut aérer un bon moment avant de l’approcher on perçoit bien comment l’acidité imposante de ce millésime favorise une expression intense de la minéralité de Puligny.
Un vin archétypique du style Carillon : droit, sans concession et taillé pour une longue garde


Meursault Les Tessons 2006 – Domaine Buisson-Charles à Meursault

Robe : jaune paille clair avec une belle brillance.
Nez : pur et assez discret avec une palette complexe sur le miel, le beurre frais, le gingembre et de petites notes de sous-bois et de mousseron.
Bouche : avec une matière riche et une acidité très profonde ce vin gagne progressivement de l’ampleur après l’ouverture, le gras très noble donne un côté très agréable au toucher, la finale est de toute beauté avec une très belle persistance aromatique.
Plus disert et moins crispé que son voisin de Puligny ce Meursault étale sans retenue sa puissance et sa race…quel vin !


Hermitage Les Nobles Rives 1994 – Cave Coopérative de Tain

Robe : grenat moyen avec des nuances fauves et une très légère turbidité.
Nez : très animal à l’ouverture il laisse apparaître de très belle notes de fruits noirs mûrs et de violette, mais le fond de l’aromatique reste très tertiaire.
Bouche : assez rude à l’attaque, la matière se domestique un peu en bouche grâce à une chair généreuse et une trame tannique serrée mais fine, la finale très longue et bien complexe nous régale avec une palette sur le cacao, la réglisse et la violette.
Cette syrah a atteint sa majorité mais montre un profil que je ne goûte pas toujours avec plaisir (je suis un peu « chochotte » avec les arômes tertiaires) malgré tout, la présence en bouche est absolument captivante : complexe dans sa structure comme dans son registre aromatique et surtout d’une longueur tout à fait exceptionnelle…Belle émotion !

 

 

2012 0535Vallon Pont d'Arc au printemps : on arrive bientôt pour de nouvelles aventures viniques...

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 09:18

 

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Cette dernière réunion avant les grandes migrations estivales sera l’occasion de tester une formule inédite jusqu’ici au club A.O.C. puisqu’elle sera consacrée exclusivement à la découverte de la production d’un domaine viticole du Bergeracois : le Château Moulin Caresse qui propose une large gamme de vins de la région avec des blancs secs et moelleux, un rosé et des rouges.

Thème unique  : tendres Caresses de Montravel et d’ailleurs…

La série a été constituée par Martial et Frantz, lors d’une visite organisée au Château Moulin Caresse pendant leur séjour dans le Périgord en avril dernier : des souvenirs de vacances passées pour en préparer de futures…bonne idée non ?

Les vins sont servis bouteilles découvertes, seuls ou 2 par 2.

Verres Spiegelau Expert.


Soirée Club AOC du 15 juin 2012 à La Wantzenau


 

Caresses tricolores du Moulin.

 

 

Cuvée Perle d’Ecume – Brut Méthode Traditionnelle : le nez est agréable avec des notes de froment et de fruits blancs, en bouche la mousse se montre un peu envahissante, la présence aromatique reste très discrète et la finale fraîche et légère donne un caractère assez guilleret à l’ensemble

 

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Issu de cabernet franc et d’ugni blanc ce vin simple et techniquement bien élaboré constitue une mise en condition tout à fait agréable…des bulles festives avec une énergie très juvénile !


Montravel Cuvée Cépages-Sauvignon 2010 : le nez est intense sur la groseille à maquereaux et la feuille de cassis, la bouche est simple et assez légère avec un milieu un peu fluctuant au niveau de la tenue mais une finale qui se montre très franche et bien vive.
Montravel Cuvée Magie d’Automne 2010 : le nez s’ouvre sur une touche un peu lactée avant de livrer de belles notes de fruits blancs et de fumé, la bouche présente un très beau gras et une structure très solide, la finale est nette avec une aromatique bien fruitée et très légèrement marquée par l’élevage.
Montravel Cuvée Cent pour 100 2010 : le nez est fin et raffiné, le fruité est bien net avec une pointe minérale dessinée avec précision, la bouche est ample, le volume est conséquent et un joli gras donne un côté très caressant à la texture, la finale est délicatement anisée et se prolonge avec de beaux amers.

 

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Issu d’un assemblage dominée par le sauvignon (60%, complété par 10% de sémillon et 30% de sauvignon gris) la cuvée « Cépages » est un peu simple mais séduit par sa franchise aromatique et sa nervosité très guillerette. Avec un assemblage plus équilibré et un élevage plus travaillé « Magie d’Automne » est aujourd’hui le vin le plus séduisant du trio (70% de sauvignon, 15% de sémillon et 15% de muscadelle, vinifié et élevé en fûts). La cuvée « Cent pour 100 » est un vin abouti et racé qui garde encore un peu de mystère ce soir mais dont le potentiel d’évolution est vraiment assuré (80% de muscadelle et 20% de sauvignon vinifié et élevé en fûts). En tous cas cette triplette blanche du domaine Moulin Caresse se déguste avec beaucoup de plaisir !

 

 

Bergerac rosé Cuvée Cépages-Cabernet Sauvignon 2010 : le nez est très flatteur avec des notes de fruits rouges (fraise des bois) et de fleurs, en bouche l’ensemble se montre aérien et très gourmand sur un registre fruité très agréable.

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Issu de cabernet sauvignon ce rosé croquant et frais possède une structure souple et déliée qui lui donne un côté amical et plaisant…voilà une belle bouteille qui trouvera une place de choix sur les tables estivales.


Bergerac rouge Cuvée Cépages-Merlot 2010 : le nez est agréable et frais sur les fruits noirs (mûre) avec une petite pointe fumée, la bouche se trouve dans la même ligne avec de la souplesse et de la fraîcheur, la finale est marquée par une légère amertume.
Bergerac rouge Cuvée Magie d’Automne 2008 : le nez est plus complexe avec ces arômes fruités (cerise, mûre), épicés et une fine touche boisée, la bouche est ronde, joliment balancée avec une finale assez longue mais un peu asséchante.
La première cuvée propose une expression simple et gourmande de ce cépage bordelais, la seconde qui est issue d’un assemblage (50% de merlot, 20% de cabernet sauvignon, 20% de cabernet franc et 10% de malbec) se montre plus complexe et plus complet avec un style très bordelais.

Montravel Cuvée Cent pour 100 2008 : le nez est complexe et ouvert sur la croûte de pain grillée, le cassis et l’orange sanguine, la bouche est riche, ample avec une matière juteuse soutenue par une fine trame tannique, la finale est longue et aromatique.
Montravel Cuvée Cent pour 100 2004 : le nez plus évolué associe des notes tertiaires avec un fond de fruits noirs, après une attaque assez souple, une trame tannique puissante et assez astringente s’impose pour donner à l’ensemble un côté très austère.
Avec un assemblage proche de celui de la cuvée Magie d’Automne mais issue des meilleurs terroirs du domaine, cette cuvée cent pour 100 est le grand vin du domaine. Sur 2008, on retrouve un vin complet au fruité expressif et à la structure puissante et racée (dans la série « mariages étonnants » ce vin a fait merveille récemment sur un pavé de saumon grillé), sur 2004, le vin est nettement moins flatteur…maturité limite et apogée surement dépassé.

 

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Montravel Cuvée Cœur de Roche 2009 : le nez est classieux avec des notes de fruits noirs confits et une fine touche vanillée, la bouche est sphérique avec une matière ample et veloutée, une mâche serrée mais très gourmande et une finale profonde et longuement aromatique où on sent une petite pointe de chaleur.

 

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Après le grand vin du domaine voici le cru d’exception : une cuvée qui n’est produite que dans des années exceptionnelles à partir d’un tri des meilleurs raisins sur les plus belles parcelles, vinifiés et élevés dans des barriques de 400 litres.
Cœur de Roche est un vin concentré et puissant (15°5 au compteur…) qui s’apprécie déjà bien aujourd’hui mais qui gagnera encore en distinction après quelques années de garde.


Haut Montravel Cuvée Cépages-Sémillon 2010 : le nez est frais et flatteur sur les fruits à chair blanche et la groseille à maquereau, la bouche et simple, la matière est fluette et l’équilibre légèrement moelleux, la finale est fraîche mais très courte.
Haut Montravel Cuvée Magie d’Automne 2010 : le nez est plus intense avec des notes de fruits mûrs et un boisé perceptible mais très fin, la bouche est très élégante avec un moelleux plus affirmé et une finale bien fraîche et aérienne avec un sillage aromatique qui sauvignonne agréablement.
Haut Montravel Cuvée Cent pour 100 2009 : le nez est fin sur les fruits blancs confits (poire, coing), en bouche le moelleux est présent mais pas dominateur, mais l’ensemble est encore un peu étriqué, la finale est nette, un peu miellée mais relativement courte.

 

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Ces trois cuvées moelleuses laissent une impression d’ensemble un peu mitigée : la première issue principalement de sémillon (90%) et complétée par de la muscadelle possède une aromatique séduisante mais se montre vraiment trop famélique en bouche. Le Haut-Monravel moelleux 2010 est issu d’un assemblage plus complexe (60% de sémillon, 30% de muscadelle et 10% de sauvignon) et se révèle le plus abouti des 3, sans toutefois atteindre le niveau général des vins secs du domaine. La cuvée liquoreuse 2009 issue d’un assemblage à parts égales de sémillon, de sauvignon et de muscadelle s’est goûtée assez difficilement ce soir et a constitué la seule déception de la série…Dommage !
 

 

Pour conclure :

- Cette première expérience de visite approfondie d’un domaine fut unanimement appréciée par le groupe de dégustateurs présents lors de cette réunion du club A.O.C. Il faut dire qu’avec sa gamme de vins très diversifiée le Château Moulin Caresse constituait un thème d’étude idéal.
Merci à Frantz et à Martial d’avoir « sacrifié » une demi-journée de leurs vacances de printemps pour nous préparer cette belle soirée.

- Implanté depuis le milieu du XVIII° siècle au cœur de l’aire d’appellation Montravel, le Château Moulin Caresse est dirigé aujourd’hui par Jean-François Defarge et sa famille. Les 52 hectares de vignes du domaine se partagent entre coteaux argilo-calcaires et plateau plus sablonneux de boulbènes ; les coteaux sont des terroirs de prédilection pour vins rouges alors que le plateau est réservé aux blancs.
Avec des citations multiples dans tous les guides (Hachette, Bettane, RVF, Gault et Millau…) le Château Moulin Caresse est reconnu de façon presque unanime comme l’une des exploitations les plus performantes de la région.


- La qualité générale des vins dégustés témoigne d’une grande rigueur dans le travail à la vigne et en cave. Les blancs secs s’expriment avec beaucoup de franchise et d’énergie, les rouges nous ont régalés par leur fruité très gourmand et leur texture soyeuse et élégante en bouche, seuls les moelleux et liquoreux ont un peu déçu : la distorsion entre leurs palettes aromatiques flatteuses et leur présence en bouche vraiment trop simple était trop grande.


- Pour le coup de cœur, le Montravel rouge « Cent pour 100 » s’impose tout naturellement comme premier choix : c’est un pur bonheur…en plus avec un prix de vente entre 10 et 15 euros le rapport Q/P est vraiment exceptionnel. « Magie d’Automne » blanc 2010 mérite amplement sa place sur le podium : peut-être encore un poil trop jeune mais extrêmement prometteur voilà un vin pour lequel je serrerai volontiers quelques flûtes alsaciennes pour pouvoir en coincer quelques bouteilles dans ma cave.

 


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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 12:10

 

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Dans cette Halle aux Vins du Parc des Expositions de Colmar le décor est très sobre et les installations se limitent à une table et une chaise pour chaque vigneron mais malgré ces conditions somme toute assez « spartiates », le casting du jour a plutôt fière allure : on y retrouve une grande partie de l’élite vigneronne alsacienne invitée par les organisateurs pour rendre l’hommage qu’il mérite au cépage roi de notre région.

 

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Une liste qui en fera surement rêver plus d’un….

Inutile de préciser que j’ai été particulièrement motivé lorsqu’il à fallu trouver une solution pour réussir à dégager une petite fenêtre de liberté dans mon emploi du temps toujours un peu chaotique en fin d’année scolaire.
Mais lorsqu’on a la chance d’avoir près de 60 grands domaines qui vous proposent de déguster leurs meilleures cuvées de riesling il est difficile (voire impossible) de ne pas répondre à l’invitation.

C’est en compagnie de quelques membres du club A.O.C. que je fais ma petite tournée : pas mal de vins dégustés, peu de notes prises et aucune photo…désolé d’être un si piètre témoin de cette belle journée !

 

Parmi les rencontres marquantes au pays du riesling j’aurais envie de relever :

- Le Domaine de l’Oriel
Placé dans la première rangée de tables le grand Claude est évidemment incontournable et je me laisse volontiers tenter pour déguster une fois de plus quelques superbes cuvées dont j’ai déjà largement vanté les mérites, comme le Brand 2007 ou le Florimont 2008 mais j’ai aussi pu découvrir le Sommerberg 2009 avec son expressivité généreuse et sa fine trame minérale.

- Le Domaine Emile Beyer
Dans la série « je cède trop facilement à ma gourmandise », l’arrêt à la table de Christian Beyer avec quelques dégustateurs qui ne connaissaient pas ce domaine d’Eguisheim me permet de savourer une fois encore le Pfersigberg 2008 avec sa matière d’une pureté et d’une élégance rares, et le Pfersigberg 2010 qui marche dans les pas de son ainé et qui constituera une alternative de choix pour remplacer le 2008 épuisé depuis bien longtemps.

- Le Domaine Paul Blanck
Lorsqu’on rencontre Philippe Blanck il ne faut jamais être trop pressé : ce vigneron qui aime partager son amour du vin est un adepte de l’exhaustivité dans la visite de sa gamme. L’organisation lui a demandé de limiter le nombre des échantillons à faire déguster, il s’y est plié à regret mais en revanche, il ne vous laisse pas quitter son stand sans que vous ayez tout goûté. Dans cette série très homogène et d’un très haut niveau qualitatif, j’ai été particulièrement séduit par le Patergarten 2009 et ses puissantes effluves fumées, le Schlossberg 2008, encore discret au nez mais remarquable d’équilibre et de noblesse en bouche et par le Furstentum SGN 2007 avec son aromatique très « explosive », sa grande richesse et sa puissante acidité…une vraie « bombinette » !

- Le Domaine Albert Boxler
J’ai goûté l’une ou l’autre fois un Sommerberg de ce domaine dans les séries proposées par Thierry Meyer lors de l’une de ses Masterclass mais je n’avais jamais pu faire une approche horizontale de ce cru…voilà donc une occasion toute trouvée pour combler cette lacune avec les 3 cuvées de Sommerberg 2010 (Sommerberg, Sommerberg D et Sommerberg E) proposées à la dégustation.
Les 3 vins possèdent des matières concentrées qui s’appuient sur une solide structure acide pour construire des équilibres secs et droits. A l’heure actuelle c’est la cuvée D qui exprime de la façon la plus nette la profondeur minérale de ce terroir.

- Le Domaine Agathe Bursin
J’ai souvent entendu parler de cette vigneronne mais je n’avais goûté que très peu de ses vins jusqu’ici. La lecture d’un grand nombre de critiques élogieuses au sujet de sa production m’a souvent fait penser qu’il serait intéressant de programmer une sortie du côté de Westhalten. Hélas, le manque de temps et peut-être aussi la perspective de ne pas trouver grand-chose à acheter au domaine ont été des éléments fortement dissuasifs…bien évidemment, il était absolument inenvisageable que je ne profite pas de cette occasion rêvée d’aller me faire une idée plus précise sur les fameux vins d’Agathe. La petite verticale de rieslings (6 millésimes entre 2010 et 2001) permet de nous rendre compte qu’un vin peut être très flatteur dans son plus jeune âge et tenir gaillardement face au temps qui passe. Le Zinnkoepflé 2010 est riche, opulent et particulièrement gourmand mais son équilibre très dynamique laisse envisager son évolution avec beaucoup sérénité. Le Zinnkoepflé 2004 est d’une pureté confondante (et pourtant j’ai cherché…), on y perçoit une matière pleine sur un équilibre très serein...un vin eu peu ZEN !

- Le Domaine Paul Ginglinger
Michel Ginglinger, secondé par Nicolas Scholtus, propose également une petite remonté dans le temps sur les deux grands crus du domaine, Pfersigberg (2010, 2004, 2007) et Eichberg (2010, 2007, 2004). Nous constatons qu’avec l’âge ces vins gardent fière allure avec des registres aromatiques très fins et des équilibres particulièrement frais.
L’Eichberg 2010 qui possède une palette pure et précise (un peu de zestes et quelques notes de fleurs) et une matière dense et saline se place d’ores et déjà dans la catégorie des « grosses cartouches » du millésime 2010.

- Le Domaine Marc Kreydenweiss
J’ai effectué une petite halte à la table d’Antoine Kreydenweiss, juste pour confirmer notre projet de travailler ensemble sur l’étude des trois Grands Crus d’Andlau au cours du mois d’août prochain…vaste programme !
Il a quand même tenu à me faire déguster son Clos Rebberg 2009, un riesling pur et droit avec une structure très granuleuse en bouche qui exprime avec force cette minéralité si particulière aux terroirs de schiste…superbe !

- Le Domaine André Ostertag
Je suis toujours un peu dérouté face à l’attitude d’André Ostertag lorsqu’il présente ses vins : il semble tout à fait détaché des commentaires qui fusent après la dégustation de l’une ou l’autre de ses cuvées…à croire que comme tout artiste, il laisse aux autres le soin de parler de ses œuvres.
Sur 2010 son Clos Mathis (terroir granitique sur Ribeauvillé) son Fronholtz (terroir argilo-sablonneux sur Epfig) et son Muenchberg (terroir gréso-volcanique classé grand cru) sont des vins lumineux et puissants avec une structure bien droite et un marquage minéral intense et profond.

- Le Domaine Trimbach
Avec ses cuvées les plus prestigieuses offertes à la dégustation la table du domaine Trimbach constitue évidemment une halte incontournable pour tout œnophile…le magnétisme d’une bouteille de Clos Saint Hune fait toujours son effet.
Les Frédéric Emile (2007 – 2006 – 2002) sont des vins purs et droits qui montrent le grand potentiel de vieillissement des cuvées de ce domaine. Le mythique Clos Saint Hune présenté sur 2006 et 2007 demande une grande concentration pour apprécier l’exceptionnelle qualité de sa texture en bouche : une expressivité très contenue mais une ampleur et une profondeur en bouche qui forcent le respect.

- Le Domaine Paul Kubler
Comme d’habitude dans ce type de manifestation ma gestion de l’horaire manque de rationalité et mon projet de profiter de ce salon pour rencontrer des vignerons que je ne connaissais pas est loin d’avoir abouti car au vu de l’heure très avancée, il me reste juste assez de temps pour m’arrêter à une dernière table : ce sera chez Philippe Kubler qui dirige le domaine Paul Kubler à Soultzmatt.
Issus d’un terroir gréseux exposé au sud mais rafraîchi par sa situation très proche du massif vosgien, les rieslings Breitenberg (2007 – 2008 – 2010) montrent une grande homogénéité qualitative et se distinguent par leurs profils aromatiques fins et complexes et leurs structures ciselées avec une très grande précision…un très beau trio !
Pour terminer sur une note plus originale le vigneron nous sert une cuvée « pirate » : le sylvaner Z 2010.
Intrus dans le salon puisque ce n’est pas un riesling et intrus sur le Zinnkoepflé puisqu’il n’est pas autorisé dans l’appellation Grand Cru, ce vin hautement expressif, concentré et tendu par une solide structure acide, apporte une fois de plus la preuve que ce cépage est apte à produire de très belles cuvées en Alsace.


Pour conclure :

Malgré les petites réserves concernant l’aménagement un peu rudimentaire de l’espace, ce premier salon « Millésimes Alsace » a été une manifestation tout à fait réussie. Un grand merci aux organisateurs et aux vignerons qui se sont prêtés au jeu avec gentillesse et professionnalisme.

En tant qu’œnophile amoureux des vins de ma région je ne peux que souhaiter longue vie à cette initiative en espérant qu’elle sera reconduite dans les années à venir.

Pour trouver d’autres commentaires et quelques photos je vous invite à vous rendre sur le blog de mon ami Eric.

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 07:58

 

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Dans ce livre solidement documenté et richement illustré, l’historien  Claude Muller nous raconte l’Alsace viticole du VIII° siècle à nos jours.
Sur une période qui dépasse largement le millénaire, l’auteur étudie comment le vignoble a évolué en suivant une progression chronologique des temps médiévaux jusqu’à l’époque contemporaine.
Le contenu et les références témoignent de la grande érudition de l’auteur : le texte est dense, riche et souvent un peu ardu…ça reste un livre d’histoire, ne l’oublions pas !

Claude Muller nous montre notamment combien la géopolitique a pesé sur l’évolution de la viticulture alsacienne : il nous explique comment et à quels niveaux le yoyo de l’Alsace entre France et Allemagne a influé sur le développement du vignoble. L’étude des circuits commerciaux du vin d’Alsace apporte une preuve chiffrée de ce lien : les fluctuations de la demande s’expliquent presque toujours par des changements politiques.
Cette remontée dans le temps nous permet également de constater que jusqu’au milieu du XX° siècle le métier de vigneron était d’une extrême difficulté : face aux aléas de la nature (météo, maladies et ravageurs de tous genres), il n’était pas rare de ne dénombrer que 2 à 3 bons millésimes par décennie…en n’oubliant pas que la notion de « bon millésime » n’avait pas le même sens que de nos jours : lorsque la vendange était assez abondante et le vin buvable, c’était une très bonne année.
Enfin, ce récit nous permet de suivre pas à pas l’avancée des recherches viticoles et œnologiques à travers l’histoire. On apprend que jusqu’après la seconde guerre mondiale le nombre de cépages utilisés en Alsace était bien supérieur à celui défini par l’INAO aujourd’hui : la grande variété des terroirs alsaciens a toujours obligé les vignerons à tester une multitude de plants de vigne avant de trouver celui qui leur permettra de réaliser le meilleur vin. On assiste aussi aux balbutiements de l’œnologie à travers la description de pratiques parfois complètement fantaisistes : on nous explique comment faire du rouge avec du blanc à l’aide de myrtilles et d’épices, comment récupérer un vin aqueux avec des jaunes d’œuf, de la farine et de la tuile broyée…c’est assez croustillant !

Bref, voilà un livre touffu mais passionnant, tout à fait indispensable pour qui veut améliorer sa compréhension de l’Alsace et de ses vins.
Je regrette juste l’absence d’index détaillé à la fin du livre : voilà un outil qui aurait permis de rendre cet ouvrage plus facile à utiliser et à réutiliser, en offrant au lecteur un petit guidage assisté dans ce contenu foisonnant d’informations.

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 18:23

JEAN-PHILIPPE BRET ET THIBAULT LIGIER-BELAIR AU RESTAURANT LA SOURCE DES SENS

 

 

Après déjà deux soirées tout à fait réussies dans cet hôtel-restaurant de Morsbronn, je n’ai pas hésité une seconde à m’inscrire pour ce nouveau repas dégustation autour des vins de Bourgogne…c’est reparti direction l’Outre-Forêt !


 
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  L’entrée de la Source des Sens

 

Je ne présenterai plus François Machi, sommelier engagé et passionné par son travail, mais je constate avec grand plaisir qu’il est parvenu à pérenniser l’organisation de rencontres gastronomico-viniques à la Source des Sens…et j’en suis ravi, bien évidemment !
Le binôme vigneron du soir est bourguignon : d’un côté nous avons le sud de l’appellation représenté par Jean-Philippe Bret et d’un autre le nord représenté par Thibault Ligier-Belair. Jean-Philippe présentera des vins blancs provenant du domaine familial de la Soufrandière à Vinzelles et de leur unité de négoce Bret Brothers. Thibault nous proposera des vins rouges des deux côtes, issus de la production de son domaine de Vosne-Romanée et de sa structure de négoce.
En cuisine, le chef Pierre Weller relèvera le défi suivant : créer une suite de plats pouvant s’accorder avec les deux couleurs à l’honneur ce soir…MIAM, ça promet !

 

 
CIMG4202La table est mise.
 

 

Les vins sont présentés par les vignerons puis dégustés bouteilles découvertes. Comme je l’ai annoncé plus haut, le principe adopté pour ce repas consiste à associer un vin blanc et un vin rouge avec chaque plat…c’est parti !



 
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Thibault et Jean-Philippe en grande discussion…


A l’apéritif : Espuma de homard, tartare de saumon et gaspacho pour agrémenter l’apéritif.

 

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Pouilly-Vinzelles La Soufrandière 2010 : le nez est discret sur les fleurs blanches et la craie avec de fines notes de brioche au beurre, en bouche l’attaque est incisive avec une acidité droite et profonde qui tend une matière très séveuse, la finale est longue et très minérale.
Ce vin qui me semble-t-il s’est un peu crispé depuis cet automne révèle une matière puissante et pure qui doit encore un peu s’harmoniser. Il n’en reste pas moins que cette cuvée qui se déguste avec plaisir ce soir, mérite largement son statut de valeur sûre du domaine de la Soufrandière.
Seul face à trois verrines, ce vin répond avec beaucoup d’aplomb : tranchant avec facilité sur le gaspacho, il résiste plus difficilement face aux saveurs corsées du tartare de saumon mais réalise un accord naturel presque parfait avec l’espuma de homard.

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Pour accompagner le Foie gras poêlé sur compote de rhubarbe au miel, tuile sésame-pavot :


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Viré-Clessé La Verchère 2009 : le nez est épanoui et bien expressif sur l’ananas frais et la craie, en bouche l’attaque est vive et la structure acide plus large que profonde s’associe avec une matière riche pour créer un équilibre très gourmand, la finale se prolonge sur une minéralité qui surprend par sa puissance.
Vosne Romanée Aux Réas 2006 : le nez est délicat avec des notes de ronce, de baie de cassis, de pierre chaude et de fumée, la bouche est très ciselée avec une matière équilibrée qui allie douceur au toucher et pointe minérale pour finir sur une belle sensation de fraîcheur.
Issu d’un terroir argilo-calcaire exposé au levant et d’un millésime particulièrement généreux le Viré-Clessé se montre riche et juteux à souhait et répond ton sur ton à cette association foie gras et fruit…ceci dit, face à l’acidité très pointue de la rhubarbe on aurait aussi pu essayer un vin de 2010.
Le Vosne 2006 provenant de la parcelle très calcaire des Réas commence sa phase de maturité bien épanouie avec une belle définition aromatique et une présence très voluptueuse en bouche. La matière de ce vin rouge enrobe le plat pour établir une cohabitation très paisible sans pourtant créer une véritable synergie…Etonnant tout de même !


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Pour accompagner le Filet de rouget aux asperges, mousseline au safran et beurre d’anchois :
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Pouilly-Vinzelles Les Quarts 2008 : le nez est encore tout en retenue sur le miel avec une touche florale très séduisante, la bouche est équilibrée avec une acidité mûre, profonde et déjà bien intégrée dans une matière très charnue, la finale est longue et joliment aromatique.
Corton Renardes 2007 : le nez s’ouvre su des notes torréfiées avant de livrer de beaux arômes de fruits rouges bien mûrs, en bouche c’est un pur bonheur, une rondeur très gourmande, un toucher soyeux, un très beau volume et une touche de fraîcheur en finale...que demander de plus !
Les vieilles vignes des Quarts, ce coteau prestigieux de Vinzelles riche en oxyde de fer, ont généré un cru de très haute tenue qui commence à peine à s’ouvrir aujourd’hui, la matière est noble et équilibrée mais l’aromatique reste encore très timide. L’accord avec le rouget est superbe : les deux éléments se conjuguent pour créer une belle harmonie. Lorsqu’on rajoute le beurre d’anchois le vin est hélas écrasé (en plus, je n’aime vraiment pas l’anchois…)
Malgré un style caressant très « nuitton » le Corton montre sa puissance en passant facilement sur les goûts très forts de ce plat pour réaliser un accord osé mais étonnamment gastronomique.

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Pour accompagner la Fricassée de sot-l’y-laisse, gésiers et magrets fumés, réduction au vinaigre de framboise, caneloni aux fèves :
 
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Macon-Cruzille 2002 : le nez pur et précis s’ouvre sur des notes de citron et de pierre chaude avant de révéler une palette un peu plus « pâtissière » sur la tarte au citron, en bouche l’attaque est pointue, le milieu développe une matière assez riche avec un gras sensible et la finale se montre particulièrement minérale.
Nuits Saint Georges 1° Cru Les Saint Georges 2004 : le nez se montre un peu rétif à l’ouverture, avant de composer une discrète palette fuitée, hélas un peu marquée par ce fond végétal caractéristique du millésime, la bouche se montre plus agréable avec un volume moins imposant que celui du vin précédent mais avec une belle texture et une finale nette et fraîche.
Issu d’une vieille vigne travaillée en bio depuis 1954 dont les fruits murissent très tardivement (vendangée en moyenne 15 jours après les autres parcelles du domaine), le Mâcon est d’une insolente jeunesse et arrive à réagir très harmonieusement sur le plat, même si la force épicée de la sauce se montre un peu écrasante en finale.
Malgré sa noble origine le Nuits porte la signature du millésime en filigrane mais le mariage avec le plat gomme ce petit défaut pour créer une très belle synergie gustative…le vin sort vraiment grandi de la rencontre avec le plat !


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Pour accompagner la Tomate farcie au chèvre frais :

 

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Pouilly-Loché La Colonge 2007 : le nez est discret et très fin avec des notes biscuitées sur un fond très citronné, la bouche montre un beau volume et un gras confortable avant de se tendre pour structurer un finale très riche en évocations minérales (silex, pierre à feu).
Moulin à Vent La Roche 2010 : le nez est net mais relativement discret même si on y décèle une palette bien complexe sur la framboise et les fleurs (mauve, violette), en bouche on sent une belle puissance équilibrée par une touche acidulée et une minéralité qui s’impose peu à peu en rendant la finale assez pointue.
Proposé à l’aveugle le Moulin à Vent n’a pas gardé son mystère très longtemps, le côté acidulé du gamay a rapidement trahi l’origine et la tension en bouche signe le millésime…mais après, j’ai plutôt cherché du côté de Morgon, puisque ce vin me rappelait assez le style des cuvées haut de gamme de J.M. Burgaud.
Produit sur les sols argileux et limoneux de cette toute petite appellation (30 ha en tout et pour tout…) le Pouilly Loché 2007 commence sa phase de plénitude en assumant sa belle minéralité.
Avec le plat, il ne se passe pas grand-chose, ni pour le blanc, ni pour le rouge : pas de conflit, mais pas d’harmonie non plus…les protagonistes s’ignorent tout simplement.


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Pour accompagner l’Entremet au chocolat et sa pulpe exotique :
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Vosne-Romanée 1° Cru Les Petits Monts 2005 : le nez est plein de mystère avec une première impression grillée, torréfiée (café, cacao) qui laisse peu à peu la place à une palette dominée par des évocations très minérales (terre mouillée, pierre à feu) et quelques notes de griotte, en bouche la structure est très élégante avec un texture charnue et une finale nette et fraîche où on retrouve un sillage aromatique très cacaoté.
Cette parcelle située juste au dessus du Grand Cru Richebourg offre à Thibaut la possibilité de concevoir une cuvée d’exception à partir d’une vendange entière vinifiée sans aucun intrant. Ce vin n’est pas destiné à la vente : il séjourne en fût depuis le début et n’est mis en bouteille que pour être dégusté.
C’est une cuvée avec une minéralité stupéfiante…comme de l’extrait de terroir bourguignon.
Le dessert donne plus d’ampleur aux notes fruitées perçues au nez, en bouche le premier contact est difficile mais l’harmonie se construit doucement avec le cacao comme élément fédérateur.

 

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  Pouilly-Vinzelles X-Mur 2007 : le nez est expressif et épanoui sur la banane, l’acacia, le coing et le miel, la bouche est dotée d’une matière riche et puissamment aromatique, équilibrée par un léger perlant, l’ensemble est moelleux mais reste léger et digeste.
Côté cuvées originales, le domaine de la Soufrandière n’est pas en reste, cette bouteille de Pouilly-Vinzelles très opulente et légèrement perlante est une sorte de dessert à elle toute seule.
Même si le mariage sur les saveurs de la pulpe exotique est évident, ce vin blanc très original se rend sans combattre face aux puissants arômes chocolatés de l’entremet.


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Pour conclure :

- Ce nouveau dîner œnologique à la Source des Sens, où nous avons pu découvrir le potentiel gastronomique des vins provenant de deux beaux domaines bourguignons, fut une totale réussite et nous a permis de passer un beau moment de convivialité et de plaisir gustatif. Mille mercis à ceux qui ont préparé et animé cette soirée : le chef Pierre Weller, son sommelier François Machi et les deux vignerons Thibault Ligier-Belair et Jean-Philippe Bret.

- Le défi qui consistait à marier un vin rouge et un vin blanc sur un même plat a été brillamment relevé et les associations gastronomiques parfois très osées ont toutes bien fonctionné. Les vins de la Soufrandière ont montré une grande aisance dans le dialogue avec les plats les plus divers…ceci dit, en tant qu’alsacien je dois avouer que la polyvalence des blancs à table ne me surprend plus trop aujourd’hui.
Avec les vins rouges ce fut plus étonnant, mais tout aussi réussi : le Vosne sur le foie gras et surtout le Corton sur le plat autour du rouget ont généré des harmonies gustatives d’une grande beauté…là j’ai senti comme une invitation à partir vers des univers gastronomiques que je n’ai encore que très peu explorés.
 
- Pour les coups de cœur viniques je choisirai évidemment le Corton Renardes 2007 simplement magnifique et les Quarts 2008, un vin encore un peu secret mais plein de noblesse et de distinction.
J’aimerai aussi relever les belle émotions ressenties face à la tenue du Mâcon-Cruzille après dix années de garde et surtout face à la confondante minéralité du Vosne Les Petits Monts…un grand merci aux vignerons pour ces deux cadeaux !

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 15:06

 
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Design plus moderne pour la nouvelle enseigne du domaine.

 

 

Comme chaque année le week-end de Pentecôte est consacré à l’opération pique-nique chez le vigneron, qui voit de nombreux domaines viticoles ouvrir leurs portes et inviter leur clientèle à partager un grand moment de convivialité et d’échange sur le thème du vin d’Alsace.

2012 est une année de jubilée au domaine Roland Schmitt : depuis 10 ans cette famille vigneronne de Bergbieten convie sa clientèle pour un pique nique gastronomique exceptionnel : des chefs locaux conçoivent des plats pour les associer au vins du domaine pour permettre aux convives de mesurer à quel point les blancs d’Alsace sont des compagnons gastronomiques incontournables.
 

CIMG4182Des tables jusqu’autour du pressoir...tous les espaces sont colonisés pour installer les invités de plus en plus nombreux chaque année.  

 

 

Pour l’apéritif :

Muscat Glinzberg 2011

 

Le nez est très discret sur un registre plus floral que fruité, en bouche la matière est présente mais le côté minéral qui se montre très dominateur confère un équilibre très sec à l’ensemble.
Voilà un muscat étonnant où on ne retrouve que très peu  la marque du cépage et pas du tout celle du millésime...La minéralité du Glinzberg s’exprime avec intensité et donne un côté un peu austère à ce vin lorsqu’on le déguste seul…par contre il trouvera aisément sa place à table face à des asperges ou du saumon fumé.


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Anne-Marie Schmitt n’hésite jamais à donner de la voix pour présente les vins du domaine.

 

 

  Le Menu

 

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  Sylvaner Grand A du petit Léon 2011


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  Le nez est encore un peu retenu mais on y sent de belles notes de fruits blancs (chair de poire, pomme golden), la bouche surprend par une attaque très minérale, vraiment « pierreuse », l’équilibre est sec mais la structure est ample avec un joli gras et de beaux amers en finale.
Millésime après millésime cette parcelle de sylvaner sur le Grand Cru produit une cuvée superbe ; plus « Altenberg de Bergbieten » que « sylvaner », ce vin trouve aisément sa place à côté des plats les plus raffinés.
Avec le Tartare de hareng printanier aux herbes du jardin proposé par l’Hostellerie du Cerf à Marlenheim, un plat typique alsacien très fort en goût, l’accord se réalise sous forme de cohabitation pacifique mais sans forcément donner une impression d’harmonie.


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Les chefs travaillent ensemble à la préparation des différents plats    

 

 

Riesling Thalberg 2011


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Le nez est discret et raffiné sur un registre fruité (fruits blancs sur fond légèrement citronné) et finement anisé, la bouche est ample et grasse avec un équilibre bien sec et un magnifique retour salin en finale.
Exposé à l’ouest mais situé sur la colline de l’Altenberg, le Thalberg n’est pas classé mais possède la même nature géologique que le Grand Cru et produit chaque année de belles grappes de riesling avec des grains plutôt petits mais puissamment aromatiques. Ce vin est à l’image de cette belle matière première, le fruité se dessine peu à peu mais la minéralité s’affirme déjà.
Avec le Saumon mi-cuit et sa cervelle de Canut à l’huile d’agrumes proposé par le restaurant  La Belle Vue à Saulxures l’accord est impeccable au niveau des textures : le gras du saumon et du vin se donnent la main et au niveau gustatif le riesling garde le dernier mot (exploit à noter quand même face à du saumon !). Avec la cervelle de Canut et son assaisonnement à base d’herbes aromatiques et de concombre, l’accord se fait plus difficilement : le vin résiste mais n’est vraiment pas mis en valeur.

CIMG4188Les assiettes avec les médaillons de saumon prêts pour le service
 

 

Riesling G.C. Altenberg de Bergbieten 2009

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Le nez est sublime de finesse et de complexité, il y a des arômes d’agrumes, de citronnelle et des notes minérales qui se définissent progressivement, la silhouette en bouche est superbe d’élégance avec des formes généreuses mais très sexy, la finale profonde et très saline nous rappelle la noblesse de son origine.
Ce riesling qui commence à exprimer sa nature minérale de Grand Cru avec une classe absolue séduit par sa complexité et son équilibre proche de la perfection.
Avec le Pimento farci de tourteau et céleri rave à la vinaigrette aux fleurs de câpres proposé par le restaurant La Vieille Tour à Strasbourg, l’accord est magique : les deux éléments interagissent en créant une dynamique qui les transcende. MIAM !

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M. Lercher, le chef de la Vieille Tour, présente son plat.
 

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Pimentos farcis et fleurs de câpres…HMMMM !

 

Pinot gris 2011


Le nez se cache pendant un bon bout de temps avant de nous montrer une palette discrète sur les fruits jaunes et les herbes aromatiques, la bouche est tendue avec une matière dense et solidement charpentée (13°5), la finale bien courte et un peu austère nous fait penser que ce vin est encore bien jeune (mise en mars 2012).
Dégusté tout seul ce pinot gris n’est pas trop séduisant à l’heure actuelle mais il possède une matière concentrée qui lui garantit un beau potentiel de garde.
Avec la Terrine de pot au feu et foie gras à la vinaigrette de raifort proposée par le restaurant Chez Anthon à Obersteinbach il y a un petit miracle gustatif : le mariage est très classique mais les deux éléments du couple se grandissent mutuellement…Joli coup !
 

CIMG4194Louis Danicher, artiste peintre et amateurs de vins, a peint la fleur qui orne les étiquettes du domaine Schmitt...ses commentaires élogieux sont toujours appréciés par la patronne.

 

Gewurztraminer Glinzberg 2011

L’aromatique est discrète encore un peu confuse mais en bouche on sent une matière très concentrée, un toucher de bouche presque tannique, en finale on perçoit une acidité de belle facture et quelques jolies notes de poivre blanc.


Gewurztraminer G.C. Altenberg de Bergbieten-Les Jardins d’Aurélien 2010
 

Le nez est très intense avec une palette sur la mangue, le citron mûr et le poivre, en bouche la matière est tout en finesse avec une puissance très contenue mais une finale sur les épices dont la grande longueur signe la belle origine.

A défaut d’arriver à choisir un vin…les Schmitt on simplement décidé d’en aligner deux (ce que personne ne leur a reproché d’ailleurs…). Le Glinzberg est très jeune mais possède une puissance assez rare mais l’Altenberg marque son statut de Grand Cru par une grande élégance et une complexité aromatique qui commence à se dessiner…superbe bouteille !
Avec le Lomo de cochon mariné au soja proposé par le restaurant La Table 77 à Strasbourg les deux vins souffrent un peu face à la présence très marquée de la sauce soja : le Glinzberg tient tête mais n’a pas encore assez développé son côté épicé pour répondre au plat, l’Altenberg, trop fin et trop subtil perd par KO à la première bouchée…de toute façon, ce vin se suffit à lui-même !

  
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La famille Kaiser du restaurant La Table 77, ensemble pour nous régaler…

 
CIMG4197L’assiette de lomo mariné.

 

 

Gewurztraminer G.C. Altenberg de Bergbieten V.T. 2009
 

Le nez est complexe et épanoui sur la rhubarbe confite, la bergamote et les épices douces, la bouche est à la fois charnue et moelleuse avec une palette qui s’enrichit de fines notes de liqueur d’orange, les épices et la minéralité tiennent une finale avec beaucoup de classe…Excellent !
Lorsqu’on rencontre un vin de ce niveau on peut se dire qu’il ne faut pas prendre le risque de l’associer avec un dessert car il perdrait inéluctablement de sa superbe…
Voilà une erreur que j’aurai surement commise et qui m’aurai empêché de constater qu’avec la Tarte à la rhubarbe-meringue aux zestes d’orange proposée par le pâtissier J.P. Oppé à Mutzig l’accord relève du feu d’artifice gustatif…une véritable explosion de saveurs !

CIMG4199La fameuse tarte avec sa meringue aromatisée aux zestes d’orange…quel bonheur !
 

Pour conclure :

- Pour le dixième anniversaire de cette opération « Week-end gastronomique à Bergbieten » la famille Schmitt n’a pas failli à la tradition : des plats recherchés et raffinés, des vins typés et hautement qualitatifs et des mariages gustatifs novateurs et gourmands…quelle belle réussite !
Bravo et merci à tous !

- Comme pour 2011, l’édition de cette année a été placée sous l’égide de l’audace et de la créativité : vignerons et cuisiniers sont parfois allés aux confins des possibles gastronomiques pour voir jusqu’à quel point un grand vin d’Alsace peut se transcender à table.
Une fois encore les vins ont tenu leur rang face à des préparations parfois redoutables d’intensité aromatique…Chapeau !

- Les vins dégustés ont montré des matières pures, des équilibres précis et des finales rendues sapides et digestes par une salinité omniprésente dans chaque cuvée du domaine.
Les vins de 2011 ne sont pas encore complètement en place mais sont assez solidement constitués pour permettre d’attendre sereinement qu’ils se fondent un peu.
Les 2010 sont de grands vins qu’une petite récolte a rendu très rares et l’équilibre splendide du gewurztraminer Altenberg, nous fait évidemment regretter cette pénurie.
Les 2009 trouvent peu à peu leur point d’harmonie : leurs personnalités généreuses et épanouies les rendent presque irrésistibles.

- Pour les coups de cœur j’aurais envie de relever deux accords qui figureront en bonne place au palmarès de mes plus belles émotions gustatives : pimentos et riesling Altenberg 2009 et tarte à la rhubarbe et gewurztraminer Altenberg V.T 2009.
Tout est là, à la bonne place et avec la bonne intensité…des accords mozartiens en quelque sorte !

 

Pique-Nique-Schmitt-2012 0578  

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 10:27

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Comme en 2011, le domaine organise des journées « Portes Ouvertes » pour les professionnels (restaurateurs et cavistes) et, à cette occasion, les Schoenheitz reconduisent leur initiative de l’année dernière en invitant quelques blogueurs alsaciens à cette manifestation.
Ceci étant, Wihr au Val est bien loin de Strasbourg, en plus c’est un lundi et même si je suis invité en compagnie de professionnels du vin, je reste un amateur…donc obligé de travailler encore un peu à côté pour gagner ma vie ! Dilemme…
En fait, la solution viendra de mon employeur puisque l’E.N. a eu la bonne idée de me convoquer pour un jury Bac ce même jour…et où me direz-vous ?
Mais à Colmar bien sûr !
C’est donc un ordre de mission rectoral qui lèvera mes ultimes réticences … étonnant non !

 

CIMG4156Des pinots noirs, un crémant et Aude pour l’accueil…
 

 

Je commence par un verre de crémant pour me désaltérer (il a fait beau et chaud sur le stade de Colmar…) puis j’enchaîne avec la dégustation de quelques pinots noirs, des rouges qui m’avaient fait une très forte impression l’année dernière :

Crémant Brut Blanc de blancs 2009 : le nez est pur et très aérien sur le beurre frais, les fruits blancs avec en fond de belles notes de fleurs printanières, la bouche est particulièrement vineuse avec un toucher gras et une mousse fine et onctueuse, la finale reste est vive avec une belle longueur aromatique.
(12° – 5 g/l de SR – 4,89 g/l AT – rendement 73 hl/ha)
Ce crémant 100% auxerrois qui a passé 2 ans sur lattes possède une belle matière tout en gardant un côté désaltérant et léger. Très belle réussite !

 

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Pinot Noir Classique 2011 : mûr, charnu et très bien équilibré ce pinot noir flatte les sens par un fruité très gourmand.
(13°8  – 2,84 g/l AT)
Pinot Noir Saint Grégoire 2011 : le nez est encore très discret mais le fruit s’épanouit en bouche avec une matière bien concentrée.
(13°5 – rendement 40 hl/ha)
Ces deux pinots noirs élevés en barriques anciennes possèdent une matière équilibrée mais très généreuse qui montre que 2011 sera un millésime pour rouges corsés.

Les deux cuvées issues des terroirs plus prestigieux de Wihr-au-Val montreront surement plus leurs muscles sur 2011 que pour le millésime précédent, mais pour l’heure je vais les laisser se faire encore un peu en cave et pour revoir les cuvées 2010 qui m’avaient fait un foret impression l’année passée.

Pinot Noir Saint Grégoire 2010 : le nez est finement fruité avec des notes de cerise, la bouche est parfaitement en place et flatte le palais par un équilibre très gourmand.
(12°3 – 3,80 g/l AT – rendement 25 hl/ha).
Pinot Noir Herrenreben 2010 : le nez est splendide avec une palette expressive sur les petits fruits rouges, la bouche allie vinosité, chair croquante et fraîcheur.
(12°8 – 3,95 g/l AT – rendement 25 hl/ha).
Pinot Noir Linsenberg 2010 : le nez est plus réservé mais très pur, la bouche est très puissante, la matière est voluptueuse et la finale d’une longueur étonnante.
(12°7 – 3,9 g/l AT – rendement 39 hl/ha)
Ces trois cuvées sa montrent à la hauteur de mes attentes : le Saint Grégoire superbe de fruit et d’équilibre est prêt à boire, le Herrenreben (élevé en barriques neuves à 25% complétées par 25% de barriques d’un vin, 25% de barriques de deux vins et 25% de barriques de 3 vins) nous emmène carrément du côté de la Côte de Nuits (presqu’un peu Chambolle…) et le Linsenberg (50% de bois neuf) possède la matière mais aussi la réserve d’un tout grand…Quel trio !

 

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Un trio magique !
 

Comme pour l’édition précédente la série de vins blancs proposé aux dégustateurs est conséquente : hélas, il est déjà 18 heures et la maison Schoenheitz n’a pas forcément prévu de prolonger leur opération « Portes Ouvertes » jusqu’au bout de la nuit…Il va encore falloir choisir !

CIMG4153Dominique et Henri Schoenheitz au service des blancs.

 

 

Ceci dit, à la relecture de mes notes, je m’aperçois que j’ai quand même enchaîné 14 cuvées…

Et pour commencer, les vins de 2011 bruts de cuve :

Pinot blanc Val Saint Grégoire : un vin très charmeur avec un fruité bien épanoui au nez comme en bouche et une matière généreuse qui laisse une impression de douceur en finale.
(12°5 – moins de 2g/l de SR – rendement 67 hl/ha)
Ce vin 100% auxerrois est techniquement sec mais laisse une impression très suave en bouche…une entrée de gamme séduisante à souhait !

Muscat : le nez est expressif sur le raisin frais et la rose, en bouche la chair est douce et généreuse et la finale délicatement acidulée.
(12°6 – 9,5 g/l SR – 2,75 g/l AT – rendement 40 hl/ha))
Ce beau muscat flatte les sens avec facilité et simplicité : c’est le type de vin un peu rondouillard mais très aromatique qu’on retrouvera avec plaisir à l’apéritif…MIAM !

Riesling Classique : le nez est épanoui et expressif avec une palette sur l’ananas frais et le citron, la bouche est finement ciselée et se montre très avenante malgré une trame acide bien pointue.
(12°8 – moins de 5 g/l de SR – rendement 40 hl/ha)
Riesling Herrenreben : citronné et pierreux au nez, ce vin possède une matière puissante, une structure très droite et une finale longue et intensément minérale.
(13°2 - moins de 5 g/l de SR – rendement 45 hl/ha)
Riesling Holder : le nez est discret avec des notes minérales et légèrement grillées, la bouche est ample et sphérique, l’aromatique se développe un peu en révélant des arômes de raisin mûr, la finale est tendue par une profonde salinité.
(13° – moins de 20 g/l SR – rendement 39 hl/ha)
Comme le montre la cuvée classique 2011 sera un millésime où les rieslings auront un côté ouvert et exubérant qui leur donnera un charme immédiat et une grande facilité d’accès au risque de nous faire oublier que les sélections parcellaires sont aussi des vins de terroir et donc de garde. Le sol granitique et sablonneux du Herrenreben marque le cépage en lui conférant une structure solidement tendue, le sol granitique très pauvre du secteur central du Holder lui apporte la maturité mais aussi une salinité intense.

 

Pinot gris Linsenberg : le nez est complexe mais très engageant, en bouche ce vin ample et généreux possède un équilibre rond et gourmand.
(13° - moins de 15 g/l de SR – rendement 35 hl/ha)
Le Linsenberg est le troisième lieu-dit mis en valeur par les Schoenheitz sur le ban de Wihr-au-Val. Ce pinot gris a profité des effets conjugués d’un millésime chaud et d’un sol caillouteux granitique favorable aux belles maturités pour se forger un caractère très opulent.

Gewurztraminer Holder V.T. : l’aromatique florale très expressive au nez prend un caractère carrément explosif en bouche, ce vin moelleux montre un volume imposant et une finale qui flatte les sens par sa complexité et sa longueur.
(13° - moins de 50 g/l de SR – rendement 25 hl/ha)
Voilà un gewurztraminer nous donne une très belle image de ce cépage sur 2011 : le côté surmuri est présent mais il se décline en expressivité et en structure. MIAM !
 

 

 

Après ce choix conséquent de cuvées 2011, il ne me reste hélas que très peu de temps pour voir comment se tiennent les vins issus d’autres millésimes. Je laisse le soin à Henri Schoenheitz de me faire une sélection personnelle d’une petite dizaine de bouteilles…c’est parti :

Riesling Linsenberg 2008 : le nez est d’une finesse inouïe avec une palette suave et complexe, la bouche est vive, très épurée avec un équilibre parfaitement vertical.
(12,2° - 7,8 g/l SR – 5,67 g/l AT – rendement 59 hl/ha)
Riesling Herrenreben 2008 : le nez est franc et fruité sur l’orange et la mandarine, la bouche est plus large, un peu plus opulente mais la finale révèle de très belles notes salines qui lui apportent un coté salivant très agréable.
(12,6° - 9;6 g/l SR – 4,4 g/l AT – rendement 31 hl/ha)

 

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Avec l’âge, la matière de ces 2008 a trouvé équilibre et harmonie en dessinant des personnalités très différentes sur ces deux rieslings : le Linsenberg est remarquable de précision et de profondeur, le Herrenreben se révèle plus épanoui avec une structure très large qui s’équilibre grâce à la minéralité très présente en finale.
Deux très grands vins !

Riesling Holder 2007 : le nez est franc et très élégant sur les agrumes et les harbes aromatiques, la bouche est pleine et sphérique, la finale est longue et finement poivrée.
(13,3° - 6,6 g/l SR – 4,72 g/l AT – rendement 57 hl/ha))

 

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Riesling Holder 2005 : le nez est fin et raffiné sur le miel et les fleurs, la bouche est épanouie, savoureuse avec un équilibre riche mais une finale très saline.
(13° - 25 g/l SR – 4,51 g/l AT – rendement 43 hl/ha))
Ces deux rieslings ont atteint leur âge mûr, les palettes aromatiques sont classieuses, les structures en bouches dessinent des silhouettes d’une élégance rare et les finales affirment leur minéralité avec beaucoup de conviction…c’est beau !

 

 

Audace 2010 (riesling Holder élevé durant 12 mois en barriques de chêne et d’acacia) : le nez est torréfié et joliment citronné, la bouche est encore un peu dissociée, mais le gras est très joli, l’acidité est droite et la finale est longue et finement boisée.
(12°5 - 3 g/l SR – 5,67 g/l AT – rendement 41 hl/ha)
Tokade 2010 (pinot gris Holder élevé durant 12 mois en barriques de chêne et d’acacia) : le nez est très empyreumatique avec des notes grillées et cacaotées complétées par une touche de noisette, la bouche a un côté très charmeur, très souple mais d’une grande ampleur et avec une finale agréable sur la noisette grillée.
(14,5° - 0,4 g/l SR – 3,58 g/l AT – rendement 20 hl/ha)
Ces deux vins atypiques ont été élaborés par le fiston qui fait ses expériences de vinificateur en sortant quelque peu des sentiers battus régionaux. Finalement le bois d’acacia ne marque pas trop le registre aromatique mais ce type d’élevage très bourguignon apporte ce gras très particulier un peu inhabituel en Alsace.
Des vins à déguster sans trop se référer aux canons esthétiques alsaciens…mais au bout du compte, j’aime bien !

Pinot gris Holder 2009 : le nez est très intense sur le fruit blanc confit, la bouche est opulente mais d’une belle tenue, la finale est relativement légère mais offre une belle persistance aromatique fruitée.
(12°8 – 59,5 g/l de SR – 3,70 g/l AT – rendement 40 hl/ha)
Pour la dernière bouteille de la série (il est largement temps de regagner mes pénates…) j’ai une nouvelle fois laissé à Henri Schoenheitz le soin de me proposer un dernier vin. Il a choisi cette cuvée résolument moelleuse qui donne une interprétation fidèle du cépage et du millésime…je n’aime pas trop ce style de vin mais je dois reconnaître que ce pinot gris est conçu avec une maîtrise absolue…impeccable et à l’image de la production de ce domaine.


Pour conclure :

- Depuis plus de vingt ans, les Schoenheitz portent la tradition viticole de Wihr-au-Val avec passion et conviction : ils travaillent sans relâche pour mettre en valeur les terroirs granitiques situés sur les coteaux qui dominent leur village et produisent une gamme de vins de très belle facture.
Précis et méticuleux à la vigne comme en cave, ces vignerons arrivent à exprimer avec beaucoup de classe et de distinction leur idée du vin d’Alsace. Chapeau !

- Leurs pinots noirs que je connais maintenant depuis près de 3 ans figurent sur mon podium personnel des meilleurs vins rouges alsaciens et leurs vins blancs livrent des interprétations authentiques et équilibrées de leur terroir et de leur millésime.

- Pour les coups de cœur du jour je choisirai sans trop hésiter, le pinot noir Herrenreben 2010 pour sa grande classe et le riesling Herrenreben 2008 pour sa matière très noble et sa belle minéralité. Pour être complet je citerai également le riesling Classique 2011 plein de fruit et de gourmandise qui se placera dès sa sortie dans la catégorie des rapports Q/P exceptionnels. A bon entendeur…

- Un grand merci aux vignerons et à leur équipe.

 

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Wihr au Val et ses coteaux au printemps.

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 10:42

 

La 4° réunion annuelle de notre club se propose d’aborder deux thèmes qui ne me tentent pas forcément…mais je ne demande pas mieux que de me faire convertir par les deux séries de vins proposées ce soir.
Allez, j’abandonne tous mes préjugés et je pars à la découverte de ces régions qui, jusqu’à aujourd’hui, ont gardé pas mal de mystères pour moi.
A.O.C. c’est aussi « Amitié-Ouverture-Convivialité » que diable !

- Thème 1 : il paraît qu’il y a de grands blancs en pays bordelais…
- Thème 2 : peut-on atteindre les sommets lorsqu’on vient du Piémont ?

Pour la série bordeaux, Paul, notre ami britannique, a réuni quelques pépites blanches issues de cette région historiquement très lié à son pays…soirée nostalgie pour l’English !
Pour les rouges italiens c’est notre « Flying François » qui a profité d’un séjour aux Etats-Unis pour constituer une série représentative de cette grande région viticole.


Les vins des deux séries sont servis à l’aveugle, seuls ou 2 par 2.

Verres INAO.

Soirée Club AOC du  mai 2012 à La Wantzenau


Thème 1 : les grands blancs de Bordeaux…Myth or Reality ?

 


Château de Chantegrive Cuvée Caroline 2010 : le nez est vif et fringant sur les fleurs et la pêche blanche, la bouche est bien grasse avec un joli volume et une légère amertume qui s’invite en finale en compagnie de quelques notes de groseille blanche.
Château Pont de Brion 2010 : le nez très discret à l’ouverture demande une longue aération pour exprimer sa palette complexe sur la pêche blanche, la résine et l’ananas frais, en bouche l’attaque est pointue, la structure ample et révèle progressivement un très beau fruit, la finale épicée et finement boisée persiste longuement.
La série commence par deux blancs d’appellation « Graves » très plaisants : le premier issu de vignes trentenaires sur terroir sablo-argilo-calcaire est composé à parts égales de sémillon et de sauvignon et a été élevé durant 9 mois en fûts neufs, le second issu d’une vigne plus âgée (45 ans) sur un terroir sablo-argilo-graveleux est dominé par le sémillon (65%).
« Caroline » procure un plaisir simple et très immédiat, « Pont de Brion » demande un peu de patience pour montrer sa très belle personnalité…nous commençons cette dégustation par deux vins particulièrement séduisants et accessibles avec un rapport Q/P très avantageux.

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Château Larrivet Haut-Brion 2007 : le nez est intense sur la groseille à maquereaux, les fleurs blanches et les écorces d’agrumes, la bouche fraîche et élégante s’épanouit sur une palette longue et complexe où on reconnaît des notes de fruits blancs, de zestes et de citron mûr.
Château Carbonnieux 2006 : à l’ouverture, le nez est dominé par une forte marque oxydative mais la palette s’affine progressivement pour laisser apparaître de belles notes de fruits jaunes mûrs, de grillé, de pralin et de miel, la bouche possède une chair un peu molle avec un équilibre assez lourd, la finale livre des arômes de fruits secs.
La première paire d’appellation « Pessac Léognan » est très contrastée : l’un est d’une grande pureté et d’un très haut niveau qualitatif mais l’autre se montre très décevant, touché par une oxydation prématurée qui perturbe fortement dégustation.
Acheté sur un linéaire de GD le Carbonnieux est visiblement très fatigué mais le Larrivet est vraiment magnifique : une belle définition aromatique sans trace d’élevage (100% bois neuf pourtant…) et une structure volumineuse mais très fraîche en bouche.

 

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Domaine de la Solitude 2005 : le nez est très douteux avec des notes liégeuses qui couvrent les arômes de miel et de fruits blancs, la bouche est droite mais le défaut constaté au nez s’impose complètement en polluant définitivement l’ensemble.
Y du Château d’Yquem 2005 : le nez est fin, complexe et très raffiné avec une palette qui développe des arômes de craie, de fruits jaunes mûrs et de fleurs blanches, la matière en bouche est riche avec un toucher très gras et un équilibre qui semble légèrement moelleux, la finale est très longue et toujours bien complexe avec une pointe vanillée très agréable.
Comme prévu Y s’impose de façon magistrale comme le grand vin de la série avec son élégance et sa tenue très aristocratique. Rien à redire, la « star » tient son rang, ceci dit, à l’annonce du prix pour cette bouteille (200 et plus actuellement) l’enthousiasme général à considérablement baissé. Certes lorsqu’on s’approche du saint des saint bordelais il ne faut plus réfléchir en terme que qualité/prix ou de prix/plaisir, mais quand même…
Avec le blanc du Domaine de la Solitude (dirigé par la famille Bernard qui dirige aussi le Domaine de Chevalier) il y a eu un réel souci : les deux bouteilles ouvertes présentaient le même défaut : un liège perceptible au nez et en bouche.
Problème, les bouteilles étaient bouchées au « Nomacorc »…Mystère ou (probablement) contamination au TCA.
J’ai soumis la question au domaine de la Solitude ; trois semaines ont passé et j’attends toujours une réponse…j’ai comme l’impression qu’elle ne viendra jamais !

 

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Domaine de Chevalier 1983 : le nez est discret mais d’une belle fraîcheur, on y décèle des notes d’herbes aromatiques et une minéralité très expressive, la bouche est volumineuse mais sa vivacité lui laisse un côté très fringant, la rétro-olfaction révèle des nuances de thé et de craie, la finale est longue et d’une incroyable fraîcheur.
Tel Saint Georges face au dragon ce Chevalier vient de terrasser un Y pourtant somptueux. Quelle jeunesse, quelle beauté !
On en oublierait presque que Solitude 2005 a été conçu sous la même égide que ce vin…


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Pour conclure :

- Comme beaucoup de citoyens de sa gracieuse majesté, notre ami Paul a gardé un amour particulier pour les vins de cette région bordelaise que leur royaume insulaire a possédé dans le temps. Il suggère régulièrement des visites gustatives dans ce vignoble et nous concocte des séries qui nous emmènent vers des vins que je ne goûte plus aussi souvent qu’au début de ma longue carrière d’ivrogne…Thank you very much !

- Dans cette série les très belles surprises ont côtoyé les déceptions mais les ratages (que j’ai fourni personnellement d’ailleurs…) ne doivent pas faire oublier les réussites vraiment magnifiques qui prouvent que le bordelais est aussi une belle terre à blancs
Lorsque le sémillon partage l’encépagement avec le sauvignon on obtient très souvent des cuvées qui se dégustent remarquablement bien : l’aromatique est fine et complexe et la bouche parfaitement équilibrée et d’une grande suavité nous rappelle que les bordelais possèdent une vraie maîtrise dans l’élevage de leurs vins.
Reste hélas le problème de surévaluation tarifaire un peu endémique dans cette région…dommage !

- Pour le coup de cœur, Chevalier 1983 s’impose tout naturellement et restera dans le « top ten » des grands vins bus cette année au club…hélas, pour en mettre en cave il faudra lâcher plus de 100 euros la quille, ça fait réfléchir ! Pont de Brion 2010, très réservé le soir mais qui s’est montré beaucoup plus épanoui le lendemain est sans aucun doute et de loin le meilleur rapport Q/P de la série (11,50 euros au domaine).
 

 

 

 

Thème 2 : ma que bella Italia…

 

 

 

Dolcetto di Diano d’Alba 2008 – S. Farina à Diano d’Alba : le nez est expressif avec un registre très flatteur sur les fruits rouges et la pivoine, la bouche est ronde et gourmande et, malgré une finale un peu courte, l’ensemble reste très plaisant.
La série commence par une vraie bonne surprise : issu du cépage dolcetto sur un terroir argilo-calcaire, ce vin rouge juteux et fruité possède un charme simple et direct. MIAM !

 

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Baccanera-Langhe Rosso 2006 – Cascina Lo Zoccolaïolo à Barolo : nez est expressif sur les fruits rouges mûrs (framboise, cerise) avec une touche un peu champignonnée, la bouche est ample et charnue, la palette reste fruitée mais des notes de sous-bois refont leur apparition en finale.
Gavarini-Langhe Rosso 2009 – Elio Grasso à Monforte d’Alba : le nez est intense et bien franc sur la cerise très mûre et le noyau, la bouche est simple mais assez bien équilibrée ; même si l’alcool marque un peu le milieu, la finale est rafraîchie par une belle acidité et une fine présence tannique.
Issus du terroir de Barolo mais provenant de coteaux non-classés dans cette appellation ces deux rouges ont des identités très différentes : Baccanera est un assemblage de barbera, cabernet et nébiolo qui possède un équilibre très gourmand malgré un marquage « champignonesque » un peu douteux, Gavarini est une cuvée100% de nebiolo qui n’est pas encore tout à fait en place mais qui affirme un beau potentiel.


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Carema Classico 2007 – Cantina del Produttori à Nebiolo di Carema : le nez s’ouvre avec des notes de torréfaction et de terre humide avant de partir sur un registre plus fruité marqué par la griotte, la bouche est très joliment balancée avec un équilibre très dynamique entre une chair gourmande et une belle fraîcheur acidulée, en finale le retour aromatique est très long.
Carema Riserva 2003 – Cantina del Produttori à Nebiolo di Carema : le nez s’ouvre sur un registre tertiaire très évolué (notes animales), après oxygénation un fruité agréable se manifeste (cerise rouge et noyau de cerise), la bouche est bien équilibrée, la matière est juteuse avec un toucher est très agréable, la finale souffre d’une présence alcoolique et tannique dont la virulence donne une impression de sécheresse peu avenante.
Ces deux vins de coopérative 100% nebiolo sont très différents mais somme toute assez plaisants : la cuvée classique 2007 est a maturité et se goûte avec facilité et plaisir aujourd’hui, la cuvée réserve 2003 affirme sa classe à travers une palette aromatique complexe à souhait mais déçoit en bouche par son côté un peu excessif.

 

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Barbaresco Ovello 2006 – Cantina del Pino à Barbaresco : le nez est intense sur le caramel, l’amande douce et la cerise, en bouche la chair est veloutée et l’aromatique devient plus intense, la finale marquée par des tanins virulents et une présence alcoolique très puissante laisse une impression de chaleur et de sécheresse.
Barolo 2004 – Eraldo Viberti à La Morra : le nez est puissant avec des notes de fruits rouges et d’épices mais aussi une touche alcoolique assez prononcée, la bouche est sphérique et très massive, la finale possède une longueur aromatique considérable mais souffre d’une présence tannique excessive qui rend l’ensemble sec et austère.
Ces deux vins 100% nebiolo, issus des terroirs prestigieux du Piémont flattent les sens par des palettes aromatiques nobles et complexes et par une présence intense et veloutée en bouche…s’il n’y avait pas eu ces finales excessives, j’aurai volontiers accordé un plébiscite à ces deux bouteilles.

 

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Pour conclure :

- Cette série somme toute assez plaisante nous a permis de découvrir quelques une des multiples facettes de cette région viticole. En jouant sur l’altitude des parcelles, les vignerons piémontais arrivent à contrôler les excès de maturité et produisent des vins somme toute assez bien équilibrés. Les cuvées d’entrée de gamme ou de gamme intermédiaire possèdent de réels atouts pour séduire l’amateur : fruitées, gourmandes et digestes, elles offrent en plus un rapport Q/P vraiment intéressant.
Je serai beaucoup plus réservé sur les vins plus prestigieux dont le caractère excessif me dérange toujours un peu : les matières concentrées et très extraites ont une virulence tannique dont j’ai du mal à croire qu’elle se patinera avec le temps…et les prix vraiment très élevés à mon sens ne m’encourageront pas forcément à passer les Alpes pour enrichir ma collection de bouteilles…

-Comme coup de cœur, je choisirai sans hésiter le Carema Classico 2007 de la Coopérative de Nebiolo di Carema, un vin séduisant, frais et facile d’accès avec un prix tout à fait cohérent (autour de 10 euros)…une belle découverte !
Si j’avais besoin de compléter ma cave en vin de garde (mais ce n’est pas trop le cas en ce moment…) je n’hésiterai pas à acquérir quelques Langhe rosso 2009 de Grasso, pour leur potentiel évident et leur rapport Q/P encore acceptable (autour de 20 euros quand même…)

- En tous cas, merci à François d’essayer sans relâche d’ouvrir l’esprit à vieil œnophile bougon et chauvin comme moi.

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Présentation

  • : Vins, vignobles et vignerons.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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