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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 23:13



Je connais un peu les vins signés « Paul Blanck » parce qu’ils font régulièrement partie des séries sélectionnées par Thierry Meyer pour les dégustations organisées sous l’égide de l’Oenothèque Alsace (Masterclass ou dîners thématiques), en revanche je n’ai encore jamais eu l’occasion de visiter ce domaine.
Bien évidemment lorsque Stéphane m’a proposé de me joindre à lui pour passer une après-midi à Kientzheim en compagnie de Philippe Blanck je n’ai pas hésité une seconde…malgré un emploi du temps familial un peu chargé (comme souvent le week-end) j’ai pensé qu’il ne fallait pas rater pareille occasion !
Grand bien m’en a pris car le programme prévu pour cette séquence de dégustation était somptueux : une horizontale sur le millésime 2011 en cours d’élevage, une verticale de riesling Schlossberg et une verticale de pinot noir « F »…comment résister !

Nous débutons notre visite par une petite sortie à la périphérie du village, au pied des Vosges et face aux coteaux du Schlossberg, du Furstentum et du Mambourg. Dans un froid polaire, Philippe Blanck nous propose une brève leçon de géologie vosgienne pour nous présenter les prestigieux terroirs autour de Kientzheim que sa famille travaille depuis plusieurs siècles. A l’aide d’une carte nous repérons les différents secteurs du Schlossberg, l’Altenbourg et le Fustentum qui jouxtent le village, enfin le Mambourg coiffé de son cimetière militaire (c’est là que fut tournée la scène finale du film « Indigènes » d’ailleurs).

 

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Mes doigts étant trop engourdis par le froid pour manipuler un appareil photo vous devrez vous contenter d’un plan pour situer quelques uns des les différents terroirs travaillés par la famille Blanck.


Avant de regagner le caveau de dégustation situé au centre de Kientzheim, le vigneron nous invite à le suivre dans ses vastes locaux professionnels situés à l’extérieur de la vieille ville pour découvrir une partie des différentes cuvées produites en 2011.
Avec une surface totale de 36 hectares dont 12 de Grands Crus et 12 sur des lieux-dits non-classés mais hautement qualitatifs, ce domaine de possède un superbe patrimoine de terroirs. Pour les mettre en valeur, les pratiques viticoles sont très exigeantes et éco-responsables : enherbement depuis 1980, travail intégral du sol, pas de pesticides et pas d’engrais.
Après des vendanges 100% manuelles les raisins sont pressés en douceur et restent sur lies fines jusqu’à la mise. Les Crus (lieux-dits non-classés) et Grands Crus du domaine Blanck séjournent en foudres durant une année.
Les Crus et les Grands Crus sont gardés durant deux ans en bouteille avant d’être commercialisés.

Les cuvées classiques 2011 sont élevées en cuve inox pour garder leur expression fruitée ; cette gamme constitue la plus grande partie du volume à l’export.
La cuvée de pinot blanc originaire des vignes de Kientzheim encore nettement fermentaire au nez (banane) possède une chair très gourmande, la cuvée issue des vignes de Katzenthal se montre plus vive. Voilà deux vins qui vont parfaitement se compléter dans l’assemblage final.
Le pinot noir  révèle une robe brillante et bien colorée, son premier nez est marqué par une petite réduction mais s’ouvre très rapidement sur un fruité expressif , la bouche est légère et particulièrement gourmande.
Le riesling se montre droit, précis et bien frais en finale.
Le chasselas possède un nez bien ouvert sur la pomme golden mais reste un peu serré et austère en bouche.
Le muscat est remarquable de fruit et d’équilibre : cet assemblage de 60% de muscat ottonel et de 40% de muscat d’Alsace qui provient pour 2/3 du volume de parcelles situées en coteau allie une structure très verticale avec un profil aromatique complexe et aérien…superbe !

Constatant que le froid commence à avoir raison de notre résistance physique (il fait à peine 0° dans la cave) Philippe Blanck nous propose de déguster rapidement quelques vins de terroir avant de rejoindre le caveau.
Le riesling G.C. Sommerberg déjà bien expressif au nez surprend par sa présence minérale très tactile en bouche.
Le gewurztraminer Altenbourg livre une palette aromatique primaire très intense et développe une structure ample et charnue en bouche.
Le pinot gris Patergarten est riche et gourmand tout en gardant une finale bien verticale.
Le riesling Patergarten encore très retenu sur le plan olfactif est particulièrement tendu en bouche mais développe de beaux arômes de pamplemousse en finale.
Le riesling G.C. Schlossberg 1 développe un registre complexe et raffiné sur les agrumes, la fumée, la pierre à feu, en bouche minéralité et gourmandise cohabitent paisiblement…un potentiel évident !
Le riesling G.C. Schlossberg 2 semble plus ouvert au nez mais reste plus austère en bouche malgré un fond fruité pur et discret.
Face à ces deux crus si différents dans leur prime jeunesse, les frères Blanck s’interrogent sur la possibilité de proposer deux cuvées distinctes sur le Schlossberg 2011…wait and see !
 

 

Ce tour d’horizon forcément incomplet (la gamme compte près de 30 références) nous donne un aperçu assez précis des caractéristiques de ce millésime au domaine Paul Blanck : des arômes purs et charmeurs sur des matières amples mais toujours bien droites dans leur équilibre...Grand MIAM général !


Même si les cuvées 2011 dégustées dans la cave avait un joli goût de revenez y, le retour au caveau fut unanimement apprécié : la chaleur douillette et les deux impressionnants alignements de bouteilles nous ont très vite fait baigner dans une ambiance vinique très conviviale.

 

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Comme sur un rayon de bibliothèque, les rieslings Schlossberg (avec un prestigieux intrus…) de 1978 à 2008 attendent d’être choisies pour la dégustation.


 
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Même Philippe Blanck semble dubitatif face à cette longue série…

 

Finalement ce fut Stéphane qui eut la lourde charge de sélectionner les vins qui constitueront la série du jour et qui seront dégustés en partant du plus vieux pour arriver au plus jeune.

 

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Le groupe au travail...

 

 

 

Riesling Schlossberg 1979 : issu d’une année assez chaude ce vin flatte l’odorat par de délicats arômes de miel, de résine et quelques évocations pierreuses, en bouche l’équilibre est sec avec un joli gras et une finale fraîche qui se prolonge avec des notes de thé vert et de verveine.

 

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Riesling Schlossberg 1984 : issu d’une année froide sauvée par un bel automne ce riesling exhale des notes de pierre à feu, de citron frais et de pomme granny, en bouche la structure est large avec une légère amertume au milieu et une finale marquée par une superbe salinité.

 

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Riesling Schlossberg 1986 : issu d’une année froide mais d’une vendange bien mûre avec des raisins un peu botrytisés, ce vin a gardé une fraîcheur absolument parfaite avec une palette raffinée qui révèle des arômes de zestes d’agrumes complétés par de discrètes notes terpéniques. En bouche, la structure est très verticale enrobée par un gras encore bien présent, la finale très profonde se prolonge longuement avec des notes d’herbes aromatiques et de miel.


Riesling Clos Saint Hune 1986 : placé par le maître de cérémonie pour « étalonner le palais » cette grosse cartouche tient son rang. Discret mais complexe au nez, ce vin droit et parfaitement équilibré possède une structure large, un gras presque « bourguignon » et une finale longue sur le citron et l’infusion (verveine, mélisse).


Riesling Schlossberg 1987 : voilà encore un riesling issu d’un « petit millésime » qui se tient remarquablement bien après près de 25 ans de garde. La robe est éclatante, le nez s’ouvre sur des notes de pétrole avant de s’épanouir sur une palette florale très primesautière, en bouche on retrouve un équilibre frais et aérien avec un toucher qui reste soyeux et un joli développement aromatique, la finale sur le citron frais est longue et digeste.


Riesling Schlossberg 1989 : sur cette année chaude avec botrytis, la maison Blanck a produit un Grand Cru à la robe d’un jaune éclatant (presque fluo) et au fruité bien mûr sur les zestes d’agrumes confits. En bouche ce vin donne une impression de plénitude avec sa structure sphérique, équilibre parfait entre matière concentrée et minéralité profonde.

 

Riesling Schlossberg 1990 : issu d’un millésime chaud, sans botrytis mais avec du passerillage, ce riesling met quelques temps à s’ouvrir pour remplacer les notes de réduction par une superbe palette aromatique sur les agrumes mûrs et juteux, la bouche est constituée d’un bloc assez massif qui se déploie sans faiblir de l’attaque jusqu’en finale…quelle jeunesse !


Riesling Schlossberg 1995 : issu d’une vendange avec botrytis, ce riesling joue la séduction avec une robe bien colorée, un nez fin et pur sur le miel et la bergamote, en bouche l’attaque est d’une rondeur agréable mais très vite l’acidité franche et droite tend la structure. Le toucher de bouche reste bien gras mais l’équilibre est résolument sec, la finale étonne par sa très grande longueur.

Le Schlossberg est un coteau granitique exposé plein sud avec des pentes souvent très fortes qui contraignent les vignerons à une culture en terrasses. Ce fut le tout premier Grand Cru classé en Alsace, en 1975.

Pour essayer de comprendre l’interprétation de ce terroir par la famille Blanck nous avons dégusté une première série de bouteilles regroupant des millésimes du siècle dernier en laissant une belle place aux années réputées difficiles en Alsace.
Le verdict est sans appel : avec près de 17 ans de garde pour le plus jeune de la série et plus de 30 ans pour le plus ancien, ces vins possèdent des registres aromatiques particuliers, marqués par le millésime et l’âge, mais sont restés frais et équilibrés ; la plupart d’ailleurs ne montrent aucun signe avant coureurs d’un futur déclin
Une remontée dans le temps sans fausse note…Chapeau !

La patine du temps apporte à ces rieslings une touche de complexité supplémentaire au niveau des arômes et un surplus de finesse et de raffinement dans leur présence en bouche. Le domaine Blanck a opté pour la conception de vins de terroirs destinés à la garde…voilà une preuve éclatante de la pertinence de ce choix !

Pour le coup de cœur personnel je choisirai sans hésiter le 1986, qui a tenu la dragée haute au célèbre Clos de Hunawihr…une référence !

 


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L’étiquette actuelle et le millésime en vente en ce moment


Stéphane fut également invité à sélectionner la série des pinots noirs provenant du terroir classé Grand Cru Furstentum. Suivant les conseils de notre hôte les rouges seront dégustés en partant du plus jeune pour arriver au plus vieux :

 

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  Les pinots noirs F : une série un peu moins longue mais u choix tout aussi difficile…
 

 

Pinot Noir F 2005 : le nez pur, expressif séduit facilement avec ses arômes de griotte, de cassis, de mûr, la bouche vineuse, gourmande et finement tannique possède une finale longue et fruitée.


Pinot Noir F 1998 : confit, mûr et légèrement torréfié au nez, ce vin se montre robuste et vineux en bouche avec un fruit bien défini relevé par quelques notes un peu sanguines, l’acidité longue et profonde et la trame tannique fine mais présente soutiennent vaillamment la structure.


Pinot Noir F 1993 : le nez est très agréable sur la confiture de myrtilles mais on ressent à nouveau ce côté sanguin déjà perçu sur 98, la bouche se tient bien droite avec un fond acidulé et un fruit plus discret complété par des nuances plus terriennes (terre humide), les tanins sont fins et serrés mais sèchent un peu en finale.


Pinot Noir F 1990 : le premier nez évoque la forêt au printemps avec ses senteurs d’ail des ours, puis viennent de belles notes de fruits bien mûrs (prune, quetsche) et de noyau, la bouche est splendide, riche, fruitée avec un grain tannique serré mais très soyeux.


Pinot Noir F 1989 : le nez riche et généreux annonce une vinosité qui s’exprimera pleinement en bouche, le fruit est présent et la matière opulente est contrebalancée par un mâche tannique solide, la finale reste cependant un peu trop austère à mon goût.


Pinot Noir F 1988 : le nez très mûr offre de belles notes de confiture de fruits rouges avec une pointe de torréfaction, la bouche est très gourmande avec un toucher soyeux et une finale de longueur moyenne mais d’une fraîcheur bien  agréable.


Pinot Noir F 1983 : le nez se rapproche du précédent par son côté très mûr mais les notes torréfiées sont moins sensibles, la fraise s’épanouit au nez et au palais, en bouche, la structure est tenue mais l’équilibre reste assez léger, la finale qui n’en impose pas trop a su garder une belle vivacité.

Le Furstentum est un terroir classé Grand Cru situé sur un coteau assez pentu exposé plein sud. Son sous-sol qui associe calcaire, grès et marnes ferrugineuses est favorable à la production de vins puissants.
Les Blanck y ont vu un terroir d’élection pour réussir de grands vins rouges : millésime après millésime cette cuvée F en fournit la preuve incontestable.

Cette série de 9 bouteilles nous a montré avec force que ce cépage exclu de l’appellation Alsace Grand Cru méritait largement sa place parmi l’élite alsacienne. Après une remontée dans le temps sur plus de 20 ans nous n’avons rencontré que des vins en bonne forme avec des palettes aromatiques pleines de charme et des équilibres encore très toniques.
A vrai dire, j’ai commencé à m’intéresser vraiment au pinot noir alsacien après 2003 mais cette sélection de jolies bouteilles me fait prendre conscience que j’ai peut-être eu tort…

Pour le coup de cœur personnel je choisirai le 1990, étonnant de jeunesse et de raffinement : simplement un très grand vin rouge !

 

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F 2008 au tarif du domaine actuellement.



Riesling Schlossberg V.T. 1988 : pour finir en beauté cette petite délicatesse qui embaume les agrumes confits ravit nos papilles par son équilibre riche et sa finale légèrement pointue et longuement aromatique.


Cette superbe bouteille de riesling, qui semble commencer sa phase de pleine maturité, met un point final à notre visite qui restera dans ma mémoire comme une belle rencontre avec de grands vins et un vigneron ouvert et généreux.

Le domaine Blanck produit une gamme de vins ciselés avec une précision d’orfèvre :
- la gamme « classique », dont une bonne partie part à l’export, regroupe des vins qui magnifient la pureté de l’expression des différents cépages.
- la gamme « vins de terroir » propose des cuvées aux personnalités marquées par une trame minérale très profonde et dont nous avons pu éprouver, verre en main, l’exceptionnelle tenue dans le temps.
- la gamme « nectars » comprend tous les vins moelleux que le domaine produit et dont le remarquable dernier flacon nous a donné un petit aperçu…
Bref, voilà une maison sérieuse qui travaille ses vignes et ses vins avec le souci d’associer authenticité et qualité sur chaque cuvée…que demander de plus !

Mille mercis à Philippe Blanck de nous avoir consacré une après-midi pour nous faire partager son amour du vin…et vivement notre prochaine rencontre, car je crois bien qu’il reste quelques bouteilles à déboucher.

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 15:57

 

 

LE HOMARD DANS TOUS SES ETATS
DÎNER AU RESTAURANT « LA VIGNETTE »



Organisé pour la deuxième année consécutive par Thierry Meyer ce repas autour du homard s’est déroulé au restaurant « La Vignette » à Strasbourg-Koenigshoffen (à ne pas confondre avec son homonyme – fort recommandable d’ailleurs – qui se trouve à Strasbourg-Robertsau).
Le menu qui proposait 3 plats mettant en valeur ce prestigieux crustacé a permis à une joyeuse tablée de becs fins de déguster quelques belles quilles sorties de leur caves personnelles.

 


Plat 1 : Bisque de homard – Chantilly de cerfeuil tubéreux et croûtons persillés


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Pour accompagner :

Savennières Roche aux Moines 2009 – Domaine Pierre Bise : ce vin fin et complexe flatte l’olfaction avec des arômes de miel, de fleurs et de coing frais. En bouche il se révèle très droit, presque austère, avec une structure alliant gras et salinité et une acidité vive qui monopolise la finale.
Gewurztraminer G.C. Rangen-Clos Saint Urbain 1990 – Domaine Zind-Humbrecht : ce vin raffiné possède une palette complexe sur les fleurs (rose, lilas, guimauve…) et le truffe, en bouche il se caractérise par du gras, un léger moelleux et une puissante minéralité, le volume et la longueur sont impressionnantes.
Chablis 1°Cru Mont de Milieu 1979 – Domaine Albert Pic : le nez est bien typé avec des notes de mie de pain et une minéralité très présente (craie humide), la bouche est encore vive et tendue, la finale discrètement iodée révèle malheureusement quelques notes liégeuses.
La bisque qui affirme une personnalité très « homardine » particulièrement forte en goût a lancé un défi difficile à relever pour ces trois bouteilles :
- le Savennières encore un peu jeune a tranché sans faiblesse avec les arômes du plat, créant une association basée sur un contraste très dynamique.
- le Rangen m’a étonné parce que je n’attendais pas un gewurztraminer sur ce plat mais ces deux éléments très « forts en gueule » ont chanté ensemble en parfaite harmonie…superbe !
- l’alliance Chablis-bisque s’est illustrée par l’exacerbation du côté minéral : à réserver aux amateurs de saveurs maritimes et iodées dont je ne fais hélas pas partie.
 

 

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Le premier trio en bouteilles…


 
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…et dans les verres.

 

 

En attendant la suite :

Montlouis sur Loire Les Choisilles 2008 – Domaine François Chidaine : le nez est ouvert et bien expressif sur les fruits blancs (pomme golden, poire), la bouche est très gourmande avec beaucoup de gras et de soie malgré la pointe acidulée qui soutien vaillamment l’ensemble.
Un peu plus aimable que le Savennières ce beau Montlouis nous régale avec une version très conviviale du chenin. Voilà une belle bouteille à savourer pour elle-même…un très beau choix pour attendre la suite !

 

 

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Plat 2 : Pinces en tartare aux fruits de la passion – Râpée de radis noir à l’orange sanguine.

 

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Pour accompagner :

Puligny Montrachet 1°Cru Les Perrières 2006 – Domaine Louis Carillon : le nez est discret avec des notes de tilleul, de pierre et d’herbes aromatiques, en bouche le vin séduit par son caractère gras, sa texture raffinée et son acidité franche mais bien souple.
Riesling G.C. Hengst 2007 – Domaine Josmeyer : le nez est pur et expressif sur les agrumes frais, la pierre chaude et un fond miellé très agréable, après une attaque vive et pointue, la matière s’élargit pour occuper la bouche avec une chair gourmande et une texture très grenue, presque tannique, la finale est très longue.
Chassagne Montrachet 1°Cru Les Caillerets 1997 – Domaine Marc Colin : le nez est bien évolué avec des notes de beurre et de noisette grillée, en bouche la structure est avenante mais l’équilibre final un peu chancelant trahit un apogée déjà largement dépassé.
Face à un plat au goût riche et puissant le Puligny qui s’est bien tenu, tout en distinction et en droiture, aurait eu besoin d’un peu plus de fantaisie pour s’accorder idéalement, le second bourgogne de la sélection a rendu les armes sans vraiment pouvoir livrer bataille quant au Hengst, il a été unanimement reconnu comme le compagnon idéal sur les arômes exotiques et complexes de cette préparation.

 

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En guise de bonus :

Riesling G.C. Florimont 2008 – Domaine de l’Oriel : le nez est assez proche de celui du Hengst avec quelques très belles notes florales et miellées qui viennent encore complexifier la palette, en bouche l’équilibre entre cette acidité bien large et cette matière très puissante est simplement magnifique.
J’ai déjà souvent dégusté ce Grand Cru chez Claude Weinzorn et jamais il n’a réussi à me séduire face aux exubérants Brand et Sommerberg…mais il s’avère qu’à table, il s’impose comme une référence et nous offre le plus bel accord de la soirée avec ce second plat.

 

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Plat 3 : Sabayon de homard au champagne – Héliantis et Oca du Pérou juste poêlés à l’huile d’olive citronnée.

 

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Pour accompagner :

Crémant d’Alsace Clos Saint Landelin-Cuvée Oenothèque Alsace 2005 – Domaine René Muré : la bulle est très fine mais la mousse est dense et persistante, le nez est discret sur les fruits blancs et la bouche très vineuse s’appuie sur une solide charpente, la finale reste un peu austère.
Riesling G.C. Florimont 2007 – Domaine de l’Oriel : le nez est flatteur dominé par une palette florale bien épanouie, la bouche est généreuse, très gourmande mais la finale laisse parler le terroir en livrant de très belles notes salines.
Vouvray sec 1961 – Domaine Clovis Lefèvre : le nez est marqué par l’évolution et s’ouvre sur un registre un peu fermentaire (pâte à pain) avant de révéler quelques discrètes notes florales, en bouche les arômes s’affinent quelque peu mais la matière semble un peu fluette et la finale relativement courte peut faire penser que ce vin à largement dépassé son apogée.
Ce plat aux senteurs un peu plus discrètes a permis d’associer avec facilité ces trois vins forts différents :
- le crémant 2005 dégorgé en 2010 et non dosé s’est montré très à l’aise pour créer une rupture très tonique avec les textures moelleuses de cette préparation
- un peu moins abouti que son cadet de 2008 (mais si peu…) le Florimont 2007 s’est montré très à l’aise dans un accord presque ton sur ton.
- âgé de plus d’un demi-siècle le vouvray n’a pas vraiment convaincu face au verdict des papilles mais avec des vins de cet âge il faut sûrement rentrer dans un autre référentiel pour les évaluer comme ils le méritent…respect !

 

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Dessert : Carpaccio de mangue à l’huile d’olive vanillée et au poivre de Java – Granité d’ananas au rhum.

 


Pour accompagner :

Riesling Vendanges Tardives 2007 – Domaine Louis Hauller : délicatement aromatisé de notes d’agrumes confits et de mandarine ce vin charme avec simplicité et aisance tant sa matière est harmonieuse et gourmande.
Muscat Clos Saint Landelin Vendanges Tardives 2007 – Domaine René Muré : le nez est intense et surprenant sur la fumée, le cigare et un soupçon de menthe poivrée, la bouche est dense et concentrée avec une palette toujours dominée par des arômes de fumée et de tabac, la finale est très longue.
Pinot Gris Altenbourg Quintessence de Grains Nobles 2008 – Clos des Capucins : le nez est intense sur la mangue et l’abricot mûr, en bouche la matière riche et résolument liquoreuse une extraordinaire impression de puissance et d’équilibre. 10°5, 180g de S.R., 7,8g d’A.T., voilà les mensurations de la « bête » qui se laisse déjà apprivoiser très facilement malgré son jeune âge…
      

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Bouquet final en bouteilles…

 

 

 

 

Sur un dessert très raffiné dédié aux fruits exotiques les trois vins trouvent des registres harmoniques différents mais bien réussis :
- avec son profil avenant et relativement simple le riesling V.T. cohabite paisiblement avec le plat
- la forte personnalité du muscat ne se prête surement pas facilement à des mariages culinaires mais là, la résonnance se fait grâce au fond épicé que l’on retrouve aussi bien dans l’assiette que dans le verre
- avec la mangue comme point commun le mariage du pinot gris et de ce dessert paraissait évident mais à mon sens la force du vin domine un peu trop le plat pour pouvoir parler de réelle harmonie. Cette cuvée est peut-être un peu too much pour être appréciée autrement que pour elle-même…Egoïste !

 

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…et dans les verres.
 

 

 

Pour conclure :

- C’est toujours un plaisir de se retrouver en bonne compagnie autour d’une table garnie de mets raffinés et de belles bouteilles. Grâce aux talents d’organisateur de Thierry Meyer et à la qualité de l’accueil des restaurateurs nous avons passé une très bonne soirée…Merci à tous !

- Le divin crustacé était mis à l’honneur et le chef Michaël Levi nous a montré sa force créatrice en livrant 3 préparations très originales sur le thème du homard. Il n’aura cependant pas réussi à me faire oublier la version Guggenbuhl de 2010, peut-être moins sophistiquée mais tellement plus « homardine »

- Au niveau des vins ce repas m’a permis de vérifier une fois encore que les blancs alsaciens se tenaient véritablement très bien face à des préparations gastronomiques : sur le homard, ils dominent même les blancs de Bourgogne, surtout lorsque les préparations font la part belle à des saveurs exotiques et épicées.

- Pour déterminer les coups de cœur pas de suspense, même si l’Altenbourg 2008 des Weinbach se pose tout naturellement comme la star de la série, pour moi, le Florimont 2008 du domaine de l’Oriel s’est montré le plus grand sur la table de ce soir…

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 08:40

 

Riesling G.C. Altenberg de Bergbieten-Cuvée Roland 2004 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten

Robe : jaune clair, brillant.
Nez : pur et complexe, il nous régale d’une pléiade d’arômes allant du citron mûr, de craie, de terre humide, d’estragon…
Bouche : l’attaque est vive, le milieu développe une vraie générosité tout en restant marqué par une trame acide bien tendue, le toucher de bouche est gras et la finale très en largeur associe fruit et minéralité.
Comme d’habitude avec des vins de 2004, je débouche la bouteille et je me mets à la recherche des marqueurs végétaux du millésime. Mais là, je renifle tant que je peux mais aucune trace de gentiane, persil ou asperge…cette cuvée séduit par sa maturité, sa précision et sa gourmandise. Il faut croire que l’Altenberg servi par la compétence d’un vigneron comme Julien Schmitt se rit des millésimes compliqués !


Sauvageon 2009 – Domaine Pignier à Montaigu

Robe : jaune clair, avec des reflets métalliques et une très légère présence de gaz.
Nez : charmeur et très complexe, il délivre des arômes de pêche, d’abricot, de beurre frais et de vanille sur un fond délicatement mentholé
Bouche : la matière est dense charnue et bien fruitée avec un gras très agréable, le CO2 reste perceptible durant les premières minutes après l’ouverture mais c’est bien la minéralité très affirmée qui équilibre la structure, la finale se prolonge sur des notes pierreuses et fumées en révélant des amers nobles.
Cette cuvée dont le nom ne fait pas référence aux énergumènes stigmatisés par le « Che » franc-comtois mais bien à l’ancienne dénomination du savagnin, a été vinifiée en pièces durant 18 mois mais avec ouillage. Les Pignier nous proposent ici une expression originale mais particulièrement séduisante de ce cépage jurassien…MIAM !


Cairanne Domaine des Hautes Cances-Cuvée Vieilles Vignes 2006 – S.C.E.A. Achiary-Ascart à Cairanne

Robe : grenat moyen, assez dense avec une frange rosée.
Nez : expressif avec de belles notes de cacao amer, de fruits noirs, d’amandes et d’épices douces.
Bouche : l’attaque est très guillerette, vive et fruitée, par la suite on ressent une matière riche, charnue, très juteuse avec des tanins gourmands et une finale où la sensation de fraîcheur initiale reprend le dessus pour laisser le palais frais et dispos.
Issue de grenaches centenaires associés à du mourvèdre et de la syrah, élevée un an en fûts de chêne cette cuvée assume son origine sud-rhodanienne mais garde une sorte de retenue pleine de classe et d’élégance. Un très beau vin avec un excellent rapport Q/P.


Bourgogne Grand Ordinaire 2009 – Domaine Castagnier à Morey Saint Denis

Robe : rubis assez sombre mais sans trop de profondeur.
Nez : flatteur et gourmand il séduit avec une palette simple mais très agréable sur la cerise et quelques petites notes torréfiées.
Bouche : simple, frais et glissant avec un fruit bien en place, un toucher au grain particulièrement soyeux et une finale délicatement aromatique, pas très longue mais avec une touche acidulée très guillerette.
Quel horrible nom pour un vrai vin plaisir !
« Je travaille ces pinots noirs comme mes autres appellations plus prestigieuses » nous a dit Jérôme Castagnier…et quand on sait qu’il vinifie une bonne demi-douzaine de Grands Crus, on peut logiquement trouver une explication à cette incroyable réussite.
En plus, avec un prix en dessous de 5 euros, cette bouteille présente un rapport Q/P exceptionnel…à acheter sans hésitation pour consommer sans modération.

 

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Ambiance hivernale et brumeuse à Husseren les Châteaux

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 14:13



Chers visiteurs œnophiles et néanmoins attirés par la fameuse « Féerie de Noël strasbourgeoise » (sans commentaire… !), s’il y a un endroit où je vous conseille de  passer en ces temps de festivités aussi artificielles qu’ennuyeuses, c’est au Marché de Noël de la Place d’Austerlitz. Cachés dans quelques chalets en bois entre deux marchands de « Bredele » alsaciens, quelques très bons vignerons indépendants de la « Couronne d’Or » (Anstotz, Brand, Bechtold, Fritsch, Loew et Schmitt…pour ne citer qu’eux) se relaient durant un mois pour faire déguster leurs vins aux visiteurs.
J’y ai rencontré Jean-Marie Bechtold par deux fois et, tout en me régalant avec un riesling Engelberg 2009, notre discussion a dérivé vers la qualité du dernier millésime : « si tu veux tu viens prochainement à Dahlenheim, on fera un tour de cave pour voir comment se portent mes  cuvées 2011 »…voilà le type d’invitation que j’ai beaucoup de mal à décliner !

C’est ainsi qu’une petite semaine à peine après le réveillon je me retrouve en compagnie de Philippe  « l’oenophil » chez Jean-Marie Bechtold pour un retour vinique sur 2011. Voilà une année qui commence plutôt bien !

 

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La gravure de la « Nef des Folles » est présente sur toute les cuvées du domaine

 

 

Armés de nos INAO nous nous retrouvons tous les trois dans le chai où, entre cuves inox, foudres et barriques nous passons en revue les jus du dernier millésime. Je ne prends pas de notes détaillées mais j’essaie de mémoriser quelques sensations pour les retranscrire une fois de retour chez moi : exercice difficile, forcément imprécis mais qui laisse la place à des échanges plus conviviaux lors de la dégustation.

Le blanc de base pour le Crémant d’Alsace est déjà bien en place, précis, frais et fruité, il se boirait très bien sans bulles, le rosé qui servira pour fabriquer la cuvée crémant rosé est un peu léger et se montre assez impersonnel, en voilà un qui aura bien besoin de quelques bulles pour se construire !

 

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Assemblage de pinot noir et de chardonnay et très peu dosé…un crémant très « champenois »



Les cuvées génériques ont presque toutes terminé leurs fermentations et présentent des matières agréables, sans trop de volume mais avec un fruit délicat et des acidités très franches…une belle série de vins guillerets et gourmands en perspective.

Sur les terroirs autour de Dahlenheim, Jean-Marie a rentré quelques pépites, notamment sur le Sussenberg avec une cuvée de riesling vraiment flatteuse qui se montre déjà presque prête à boire et sur le Silberberg avec un gewurztraminer tout en délicatesse. Comme chaque année l’Obere Hund a produit un muscat exceptionnel, sec et profondément aromatique, et un pinot noir dense et charnu avec une trame tannique fine et serrée.

On trouve aussi beaucoup de concentration et d’équilibre sur les trois cuvées du Grand Cru Engelberg. Le riesling droit et sec se situe dans la lignée des belles réussites du domaine et le gewurztraminer est étonnant parce qu’il allie une grande fraîcheur (il est quasiment sec) avec une chair dense et ferme et une grande finesse aromatique…voilà un vin dont on reparlera surement !

Avec un hiver long et froid, un printemps estival et sec, un été frais et humide et un début d’automne chaud et ensoleillé, le millésime 2011 a obligé les vignerons a effectuer des choix stratégiques lors de chaque étape de la conception de leurs vins.
Au domaine Bechtold, les risques d’attaque de pourriture durant l’été ont été considérablement limités par un contrôle des rendements qui a bien équilibré la vigne et par un travail du sol bien dosé qui a permis à la plante de s’épanouir et se fortifier malgré des conditions climatiques complexes. Pour les vendanges Jean-Marie Bechtold  a pris l’option de ramasser dès que la maturité physiologique était atteinte « on a attendu que les peaux et les pépins soient mûrs et on a vendangé sans essayer de gagner des degrés supplémentaires ».
Depuis quelques millésimes ce vigneron recherche a concevoir des vins plutôt secs «  mais ce n’est pas facile dans chaque millésime car lorsqu’on travaille pour contrôler les rendements, on a les degrés qui montent facilement ». Pourtant, après ce rapide tour de cave, il y a de quoi être confiant. A  l’heure actuelle, la plupart des cuvées ont terminé leurs fermentations et commencent à révéler leur style sur ce millésime : les matières bien mûres et les équilibres frais et toniques de ces vins  en gestation laissent voir l’avenir avec une bonne dose d’optimisme…
 

 

Nous remontons dans le caveau de dégustation avec un vigneron qui vient de faire un tour dans sa réserve personnelle de bouteilles et qui nous invite à goûter en sa compagnie une série de flacons couverts de poussière.
Les vins qui nous sont proposés sont tous issus du millésime 1983 : le débouchage de plusieurs de ces bouteilles s’avère extrêmement problématiques et annoncent d’inévitables déviations liégeuses…dommage car aucun de ces vins ne semblait véritablement souffrir de son grand âge. Il n’en reste pas moins que dans la série nous avons rencontrés 2 superbes vins : un Sylvaner 1983, complexe et d’une fraîcheur incroyable et un très grand Pinot gris Silberberg V.T. 1983 qui se goûtait pratiquement sec mais qui possédait une palette très racée et une structure où le gras et la tension résonnaient en une parfaite harmonie…Superbe émotion !

Ces vieux flacons confirment que les terroirs de Dahlenheim sont aptes à produire de grands vins de garde : après près de 30 ans de vieillissement  toutes ces cuvées se tenaient encore très bien dans nos verres même si des altérations liégeuses ont gâché notre plaisir sur plusieurs échantillons : « en 83 les vignerons alsaciens  étaient souvent servis en dernier par les bouchonniers, avec des qualités de liège plutôt médiocres »…espérons que ces pratiques discriminatoires n’ont plus cours aujourd’hui !
Le pinot gris 83 était splendide « une V.T. qu’on avait essayé de vinifier en sec car à l’époque on n’avait pas l’habitude de concevoir des cuvées moelleuses au domaine… »
Etrange et atypique, peut-être…mais il n’en reste pas moins  qu’après 3 décennies en cave, ce vin s’exprime avec une grande plénitude. Une jolie claque !

 

 

L’heure étant déjà bien avancée, Jean-Marie nous sort une dernière cartouche sélectionnée sur sa carte actuelle, c’est le Muscat Obere Hund 2010 : un fruité irrésistible et une présence en bouche qui répond bien à l’exubérance du nez…le muscat comme je les aime…MIAM !


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Après trois heures dans une cave à parler vin, viticulture, vinifications et de bien d’autres sujets d’ailleurs je me dis que ce premier week-end de 2012 commence plutôt bien…voilà une après-midi bien remplie !

La dégustation de vins nouveaux reste toujours très compliquée pour un profane comme moi mais l’exercice me plaît de plus en plus : taster des matières brutes et souvent perturbées par de récentes réactions chimiques pour imaginer la personnalité d’une future cuvée demande une compétence que seule une longue expérience pratique peut construire. Guidé par le vigneron on essaie de prélever quelques indices pertinents dans ce vin en devenir : équilibre de la structure, nature de l’acidité, sensations salines…
Le verdict dépend essentiellement des sensations en bouche et je me rends compte qu’il me reste encore bien du chemin à parcourir avant de pouvoir décrypter ces breuvages avec précision et pertinence…mais je ne désespère pas, j’ai bien l’intention de continuer à m’entraîner !

Pour les vins d’un âge vénérable comme cette série de quasi-trentenaires du millésime 83, j’ai pris pour habitude de changer de logiciel d’analyse pour les apprécier : lorsque je reste sur un registre purement organoleptique j’avoue préférer très souvent l’expression des vins un peu plus jeunes…mais face à ces témoins de l’histoire, je n’hésite plus à partir dans des univers moins rationnels faits de souvenirs et d’émotions…et le plaisir est toujours au rendez-vous.

Je crois que j’ai beaucoup de la chance d’avoir des vignerons comme Jean-Marie Bechtold dans le cercle de mes relations œnophiles.
Merci à lui, pour ces instants précieux.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 17:47

LES IGNORANTS – ETIENNE DAVODEAU

 

 

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Ca fait depuis bien longtemps que je n’ai pas publié de billet sur un livre et je suis vraiment heureux de reprendre cette bonne habitude avec cette bande dessinée qui a rencontré un très beau succès commercial en cette fin d’année mais dont la blogosphère vinique a étonnamment peu parlé jusqu’ici (à ma connaissance du moins…).


Dans ce volume de 270 pages Etienne Davodeau nous raconte sa rencontre et ses échanges avec Richard Leroy : c’est l’histoire d’un auteur de BD qui ne sait rien (ou si peu) du monde du vin et d’un vigneron ligérien qui n’a jamais lu de BD qui ont décidé de durant une année leurs connaissances, leurs expériences et même une partie de leurs vies quotidiennes.
Etienne Davodeau va apprendre les mystères qui se cachent derrière une bouteille de vin et Richard Leroy va suivre une sorte de parcours initiatique dans le monde de la bande dessinée.
Les vignettes sont en noir et blanc mais le dessin est stylé et précis, les textes clairs foisonnent d’informations sur ces deux univers à priori si différents…un vrai plaisir de plonger dans ce livre qu’on a beaucoup de mal à lâcher avant la fin.

Les vins et les livres comme vecteurs pour développer et enrichir des relations humaines…voilà une philosophie de vie que je partage toujours avec enthousiasme.

Pour les assoiffés sachez que Richard Leroy est vigneron à Rablay sur Layon. Il travaille ses vignes en biodynamie et produit des vins blancs à base de chenin sans revendiquer l’A.O.C.
C’est ainsi que ses deux cuvées « Clos des Rouliers » et « Noëls de Montbenault » sont vendues sous l’appellation « Vin de France ».


« Les Noëls de Montbenault » a été dégusté lors d’une soirée du club A.O.C. l’année dernière.

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 14:38



Le dernier bouchon de champagne des festivités de fin d’année a sauté il y a moins d’une semaine et déjà notre club A.O.C. reprend ses activités oenophiliques avec un programme assez ambitieux. Espérons que les palais de nos dégustateurs seront frais et dispos pour apprécier pleinement les deux séries de bouteilles collectées pour illustrer les thèmes suivants :

- Thème 1 : suite bourguignonne en rouge majeur.
- Thème 2 : variations alsaciennes monochromatiques.


J’ai accepté la difficile mission de trouver des belles quilles bourguignonnes à maturité pour taster un peu ce que cette région peut nous offrir de mieux.
Eric le rieslingomane militant s’est chargé de nous composer une série de blancs alsaciens pour nous surprendre…agréablement je l’espère.

Les vins de la première série sont servis cachés, 2 par 2 puis 1 par 1 pour les 3 dernières bouteilles.
Les vins de la seconde série sont cachés et servis 2 par 2.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 6 janvier 2012 à La Wantzenau



Thème 1 : suite bourguignonne en rouge majeur…harmonie et dissonances.



Morey Saint Denis Le Village 2008 – H. Murat à Concoeur : le nez est discret avec de subtiles notes florales, la bouche attaque sur la rondeur et la soie mais la matière reste très légère et la finale déçoit par son austérité peu agréable.
Santenay 1° Cru Clos de la Comme 2008 – D. Clair à Santenay : le nez reste discret mais offre de beaux arômes de fruits noirs, en bouche la texture est charnue avec une belle mâche et la finale séduit par sa fraicheur acidulée très tonique.
Le Morey en très petite forme a franchement déçu : peu aromatique avec une structure bien fluette, ce vin a dérouté les dégustateurs dont quelques uns connaissaient le domaine depuis plusieurs années.
Le Santenay 1° Cru a bien mieux tenu son rang avec une matière plus charnue et un potentiel d’évolution évident.
1-0 pour le Côte de Beaune…étonnant non ?

 

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Gevrey Chambertin 2003 – A. Guyard à Marsannay : le nez est d’intensité moyenne avec des notes de prune mûre et quelques nuances plus évoluées, la bouche est fine avec une petite rondeur très élégante, la finale de longueur moyenne livre quelques belles notes minérales.
Pommard Les Noizons 2003 – D. Carre à Meloisey : le nez est expressif, un peu confit, on y reconnait la mûres et les épices, après une attaque bien pointue, la bouche révèle un joli volume et une densité considérable, la finale longue et bien aromatique laisse un sillage finement poivré.
Voilà deux vins issus du caniculaire millésime 2003 qui se montrent encore très alertes avec une belle palette olfactive et un équilibre agréable et encore assez tonique en bouche. Le supplément de densité du pommard par rapport au gevrey me fait pencher une fois de plus vers la Côte de Beaune dans mes préférences

 

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Corton Bressandes 1998 – J.R. Nudant à Ladoix Serrigny : le nez est peu intense et marqué par des notes de sous-bois, terreuse et végétales, la bouche est dense avec une matière concentrée mais au toucher un peu revêche, la finale est sèche et végétale.
Dégusté il y a quelques années ce vin m’avait semblé peu en place et demandait peut-être encore un peu de garde…aujourd’hui le verdict est différent : l’analyse des sensations perçues me ferait plutôt diagnostiquer un cruel déficit de maturité. Décevant !

Echezeaux 1998 – D. Duband à Chevannes : le nez est complexe et raffiné sur les fruits rouges très mûrs et une touche de violette, la bouche est corsée et richement aromatique tout en gardant une belle vivacité en fond, la finale est très longue et laisse persister de belles notes de cerise burlat et de noyau.
Précis, racé mais très gourmand, ce Grand Cru semble avoir entamé sa phase de maturité optimale, tout en gardant une belle réserve pour durer encore…Très grande bouteille !

Mazis Chambertin 1997 – Harmand-Geoffroy à Gevrey Chambertin : le nez discret se déploie sur un registre tertiaire subtil et très agréable, la bouche semble beaucoup plus jeune avec une belle tonicité et des arômes fruités très distingués, la finale révèle une trame tannique fine et serrée et une acidité assez vive.
Même si l’olfaction trahit son âge, ce vin a gardé une bouche insolente de jeunesse. D’habitude je crains un peu les profils aromatiques trop évolués (je suis un peu « chocotte » avec les notes animales…) mais là je dois reconnaître que cette bouteille m’a particulièrement séduit…La classe !

 

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Pour conclure :

- le principe de cette petite dégustation bourguignonne consistait à associer un cru de la Côte de Beaune et un cru de la Côte de Nuits sur les mêmes millésimes avec une série qui remonte dans le temps pour terminer avec quelques belles pointures arrivées à maturité. Le choix des flacons ne fut pas chose aisée mais avec 4 bonnes surprises et 2 franches déceptions nous pouvons qualifier cette sélection de positive même si la magie n’a véritablement opéré qu’une seule fois !

- aujourd’hui, les rouges de 2008 ont montré un profil assez austère et difficile à approcher, les 2003 se sont révélés gourmands et équilibrés et la grande différence de niveau des deux Grands Crus de 1998 nous a rappelé que ce millésime fut assez compliqué en Bourgogne même sur les grands terroirs. Quant au 1997, invité de dernière minute, il a tenu vaillamment de rôle de cerise sur le gâteau…on aurait eu tort de s’en priver !

- Pour le coup de cœur aucune hésitation, l’Echezeaux 1998 s’impose sans hésitation mais je n’oublie pas la très belle surprise créee par le Pommard 2003, qui ne joue pas dans la même catégorie (de prix en l’occurrence) mais qui tient crânement sa place face aux Grands Crus.

 

 

 

Thème 2 : variations alsaciennes…sur 6 tons blancs.

 

 

Pinot Blanc Clos des Capucins 2008 – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est discret et précis, fruits blancs et notes pierreuses se partagent la palette, la bouche se montre nette et bien gourmande et la finale est fraîche et complexe avec des notes de pamplemousse et une touche minérale très affirmée.
Sylvaner Cuvée Hors la Loi 2002 – S. Landmann à Soultzmatt : le nez est intense et expressif sur le raisin sec et la pomme confite, la bouche est généreuse avec une palette révélant la surmaturité et le botrytis, le fruit est encore bien présent mais le caramel et la torréfaction (café) dominent la finale.
Les petits cépages alsaciens se montrent de façon complètement opposée dans ces deux cuvées : le vin de Seppi est hors norme à tous points de vue (même son prix d’ailleurs…) mais la vraie bonne surprise fut l’impeccable tenue du pinot blanc du Clos des Capucins. Superbe bouteille !

 

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Riesling G.C. Sommerberg 2007 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr : le nez est fin et bien guilleret avec une palette sur le citron et les fleurs blanches, en bouche l’attaque est vive et pointue mais le milieu montre une douceur très gourmande et la finale se prolonge sur des évocations minérales très nobles.
Auxerrois 2004 – Rolli-Gassmann à Rohrschwihr : le nez est pur mais pas très expansif avec un fruité discret, la bouche est plutôt ronde sans être trop volumineuse, l’équilibre reste très digeste et la finale livre un joli bouquet de notes florales.
J’ai reconnu tout de suite la patte de Claude Weinzorn sur le premier vin mais j’aurai parié sur un Brand, trompé par la finesse et la distinction qu’à montré cette bouteille ce soir. L’auxerrois a été le vin surprenant de la série : j’ai largement préféré le riesling mais cette cuvée d’entrée de gamme n’a absolument pas démérité…dans un millésime très difficile les Rolli-Gassmann un réussi un vin simple mais vraiment bon. Chapeau !

 

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Pinot gris Le Maréchal 2008 – F. Schmitt à Orschwihr : le nez est intense et complexe sur les fruits jaunes et les épices douces avec quelques notes boisées et mentholées, la bouche est généreuse, le gras est sensible et le milieu révèle une touche moelleuse bien intégrée, la finale est longue et de grande tenue.
Gewurztraminer G.C Osterberg V.T. 2006 – L. Sipp à Ribeauvillé : le nez est fin et précis sur la rose et la guimauve, la bouche est très riche avec une texture épaisse, presque huileuse et un volume tout en largeur, la finale est longue, très aromatique mais peut-être un peu monolithique.
Les deux cuvées plus baroques de cette série jouent leur partition sans fausse note : les matières sont concentrées et les équilibres tenus avec aplomb malgré une grande richesse. Le pinot gris, que j’ai découvert cette année lors de mes visites au domaine, a pris une patine de toute beauté et a trouvé une harmonie que je ne lui connaissais pas jusqu’ici. Le gewurztraminer possède un moelleux de très belle facture mais qui reste encore très dominant…un vin qui a surement encore besoin de quelques années d’affinage en cave.


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Pour conclure :

- cette série proposant 6 vins aux styles très différents a tenu ses promesses en livrant son lot de vraies « surprises » : une fois de plus l’incroyable diversité des vins d’Alsace a étonné les dégustateurs présents.

- avec des variables comme les cépages, les terroirs, les millésimes et les différentes méthodes de vinification on n’est pas prêt à sombrer dans l’uniformité dans la production viticole alsacienne. Ces six bouteilles nous ont proposé un tout petit aperçu du champ des possibles tout en montrant un très haut niveau d’exigence qualitative.
Voilà un thème que je reprogrammerais bien pour la saison suivante !

- difficile d’isoler un coup de cœur dans cette sélection où la hiérarchisation des cuvées est rendue très difficile par la grande variété des bouteilles présentées. Néanmoins, j’ai envie de mettre en avant ma préférence très « affective » pour le riesling de Claude Weinzorn et pourquoi pas pour le pinot gris de Frédéric Schmitt qui ouvre une voie nouvelle et originale dans la conception des vins d’Alsace…

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 11:38

Château Chalon 1983 – Fruitère Viticole de Château Chalon à Voiteur

Robe : jaune doré, épais dense mais avec une belle brillance.
Nez : fin et très complexe, il s’ouvre sur des arômes de croûte de pain et d’herbe sèche avant de développer une palette riche et racée sur les fruits secs et les épices comme le curcuma et le cumin.
Bouche : l’attaque est assez douce mais une acidité très large et bien pointue s’invite rapidement pour donner le change à une matière très grasse, la finale fraîche et bien minérale possède une longueur aromatique inouïe avec des notes d’épices particulièrement raffinées.
A 28 ans ce Château Chalon semble avoir atteint une maturité parfaite…les arômes ont perdu leur côté entêtant, la matière en bouche a pris une patine de très grande classe. Pour faire court, voilà une superbe bouteille qui n’a comme seul défaut le volume beaucoup trop petit de son contenant.


Pinot Gris Grand Cru Bruderthal 2004 – G. Neumeyer à Molsheim

Robe : or jaune brillant mais avec une texture visiblement bien épaisse.
Nez : subtil, complexe, assez classieux il exprime de belles notes d’abricot mûr et de pêche jaune avec une touche délicatement fumée.
Bouche : l’attaque est moelleuse mais la vivacité se manifeste assez vite pour tendre la structure, les fruits jaunes restent très présents et la finale garde une belle sapidité avec des notes épicées et une délicate amertume.
J’ai toujours quelque inquiétude lorsque j’ouvre une bouteille de ce millésime 2004 où des marqueurs végétaux souvent assez inélégants limitent grandement le plaisir, mais avec ce pinot gris tout n’est que gourmandise, finesse et équilibre.
Effets du terroir ? Patte du vigneron ? Patine du temps ?…sûrement une conjonction des trois pour cette bien belle bouteille. MIAM !       


Riesling Brut 2008 – Weingut Kessler à Esslingen

Robe : jaune clair, limpide avec une effervescence très fine.
Nez : très frais avec d’agréables notes de citron, de pomme granny, d’amande et une très légère touche boisée.
Bouche : l’équilibre est vif et tonique avec un fruit toujours bien présent et une bulle très fine.
Ce crémant de riesling allemand récolté sur le terroir du Schenkenberg à Esslingen et dégorgé en juin 2010 est d’une qualité irréprochable : vif, aromatique et parfaitement équilibré (12°4, 8,5 g/l AT et dosé à 8,5 g/l)…tout ce qu’on demande à ce style de vin.
Ceci dit, lorsqu’on sait que la maison Kessler est le plus ancien producteur de vins effervescents d’Allemagne cette maitrise est tout à fait explicable. Très beau vin !
 

 

 

Sylvaner Grand A 2005 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten

Robe : jaune clair encore très vif.
Nez : net, précis et bien pointu avec de beaux arômes de pamplemousse, d’herbe sèche et d’amande.
Bouche : vive et équilibrée elle étonne par son volume et sa tenue, la finale est précise et profondément saline.
Avec un 2004 dégusté récemment et qui avait vraiment le chapeau sur l’oreille, j’ai ouvert cette bouteille avec quelque inquiétude…mais au premier coup de nez la fraîcheur de cette cuvée s’est révélée avec force. Cette belle parcelle de vieux sylvaners sur le Grand Cru Altenberg de Bergbieten, produit parfois des vins miraculeux…MIAM !


Humagne blanche Gypsum 2008-Clos de Mangold – S. Reynard et D. Vorone à Saviese

Robe : jaune clair et très brillant.
Nez : fin et raffiné il s’ouvre avec quelques notes d’élevage avant de laisser la place à des arômes très gourmands de citron et de verveine complétés par des nuances plus pierreuses.
Bouche : l’attaque révèle un léger CO2, la bouche est très gourmande avec du gras, de la vivacité et un finale fruitée et minérale de grande classe.
Offerte par Nicolas Herbin lors d’une soirée d’échanges oenophiliques en Ardèche cette bouteille m’a particulièrement séduit par son caractère original et sa distinction. Je ne connais vraiment rien aux vins suisses mais cette bouteille d’A.O.C. Valais m’a donné une furieuse envie d’Hélvétie…Il va vraiment falloir que j’agrandisse ma cave !


Riesling Grand Cru Osterberg 2005 – L. Sipp à Ribeauvillé

Robe : jaune franc avec un bel éclat.
Nez : intense et très complexe, il offre une palette sur l’orange mure, l’anis et quelques notes minérales de craie et de pierre chaude.
Bouche : le gras et la chair sont présents et donnent une belle onctuosité à la matière mais la minéralité qui sous-tend la structure crée un équilibre raffiné avant de s’imposer en finale où on ressent à nouveau des nuances pierreuses et légèrement fumées..
Ouvert pour accompagner notre repas du soir après notre dégustation musicale au domaine Sipp, ce vin a pleinement tenu ses promesses : grand terroir, grand vigneron et millésime superbe dont les belles quilles commencent à donner la pleine mesure…Grosse CLAQUE !

 

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 14:57

 

Déjà un an passé depuis la dernière édition de la « Dégustation musicale aux chandelles » au domaine Louis Sipp !
Mais qu’importe…la perspective de revivre cette belle expérience me fait rapidement oublier l’inéluctable défilement du temps, toujours trop rapide pour les gens de mon âge.
Après quelques pas dans les rues de Ribeauvillé, sous une pluie fine et pénétrante, nous nous retrouvons au premier étage de la maison Sipp, dans la chaleur douillette de la « Stube » où nous attendent Etienne, son équipe et les deux artistes qui vont animer la soirée.

 

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  La rue principale de Ribeauvillé en décembre.


Comme l’année dernière, pour cette soirée à la lumière des chandelles, notre vigneron mélomane nous propose de combler nos sens par quatre nouvelles associations musico-viniques.
L’altiste Anne-Irène Kempf qui nous avait gratifié d’un très beau concert en 2010 est accompagnée ce soir par la violoniste Claire Monjauze : voilà une belle occasion pour alterner des pièces pour instrument seul et des duos, à la recherche d’une synergie sensorielle avec quelques vins du domaine Sipp.
 

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  Claire Monjauze et Anne-Irène Kempf.

 


Le verre de Crémant d’Alsace Rosé proposé à l’apéritif est illustré par le Madrigal pour violon et alto de Bohuslav Martinu :
Ce crémant issu du millésime 2007 possède un cordon de bulles fin et persistant et une robe rose pâle qui donnent immédiatement un côté festif à la table. Son nez est agréable sur le pain grillé et les petits fruits rouges et sa bouche est vive et fruitée avec une finale où on sent un petit côté tannique très subtil.
Cette musique énergique et inventive a résonné presqu’à l’unisson avec la pétillance de ce vin…la soirée est bien lancée !

 

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  Une table qui sent bon la fête…

 


Le Riesling Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé 2009 a été accompagné par la Troisième partita pour violon seul, en mi majeur BWV 1006 de Jean-Sébastien Bach :
Ce riesling précis et pointu dont le nez s’ouvre sur des arômes de citron, de citron vert et de craie avant de livrer quelques belles notes florales, possède une structure droite et minérale et une finale très agréable où on décèle une petite douceur et quelques notes fumées.
La musique de Bach qui nous emmène dans un monde où cohabitent rigueur classique et inventivité sans fin, sied parfaitement à ce vin très vertical au premier abord mais qui se révèle de plus en plus charmeur lorsqu’on le côtoie assez longtemps pour en saisir toute les subtilités.


La Sonate pour alto seul opus 25 N°1 de Paul Hindemith qui nous emmène presque aux antipodes par rapport à la pièce précédente se déguste en compagnie du Pinot Gris Grand Cru Osterberg 2007 :
Ce vin au nez charmeur avec un fruité presque confit possède une bouche ample et charnue avec du gras et un moelleux bien intégré, la finale est fraîche et délicatement acidulée.
Cette pièce en 4 mouvements de ce compositeur ouvertement iconoclaste nous emporte dans une musique qui alterne des moments assez sauvages avec des parties très poétiques…comment trouver un vin qui s’harmonise avec cette œuvre ?
Etienne Sipp a parié sur le côté « enraciné et terrien » de ce vin pour accompagner les envolées parfois dissonnantes de ce morceau. Habile et très réussi, chapeau !

 

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  Le pinot gris 2007.



Le Gewurztraminer Grand Cru Osterberg 2007 et le Duo en sol majeur pour violon et alto K. 423 de Wolfgang-Amadeus Mozart ont été choisis comme le dernier couple musico-vinique de cette belle soirée :
Issu d’une vieille parcelle au cœur du Grand Cru, ce vin est étonnant de complexité aromatique (fruits exotiques, rose, violette, épice) et nous séduit complètement avec une bouche suave et élégante. Le bouquet est bien complexe sur les fleurs et la craie humide, la finale revient longuement sur des notes de rose.
La perfection de Mozart et celle d’un gewuztraminer où tout semble être à la juste place avec la juste mesure…que dire de plus ?
 

 

Rien……………juste un silence mozartien !


Pour conclure :

- Penser à associer des vins et des mets est une démarche naturelle, réfléchir à d’éventuelles synergies positives entre vin et musique est un peu plus rare…saluons avant toutes choses l’initiative d’Etienne Sipp qui nous a permis de réaliser cette seconde expérience sur ce thème.

- Avec des morceaux de musique savamment choisis et brillamment interprétés dans une ambiance sereine et intimiste, les vins du domaine Sipp ont été servis dans des conditions de dégustation plutôt inhabituelles. Mais goûter des vins comme des œuvres musicales, et vice-versa nous emmène dans un univers sensoriel insoupçonné…quel beau voyage !

- La mise en scène inhabituelle de cette dégustation m’a soumis à un monde de sensations gustatives et auditives d’une rare densité : de la musique, des arômes, des goûts, très peu de paroles…une expérience rare !
Vivement la prochaine édition !

- Les esprits chafouins me traiteront de fainéant mais qu’importe, j’ai relu ma conclusion rédigée à l’occasion de l’édition 2010 et je n’ai rien de mieux à dire en 2011…cette soirée était simplement parfaite !

Bravo et merci à tous ceux qui ont œuvré pour nous régaler ce soir.

 

p 009 Ouverte dès notre retour à Strasbourg pour prolonger encore un peu la soirée…Très grande bouteille !

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 11:11

 

Pour cette dernière Masterclass de 2011, une petite dizaine d’amateurs de vins d’Alsace se sont retrouvés dans l’espace dégustation de la maison Wolfberger à Colmar pour écouter la bonne parole vinique de Thierry Meyer avant les festivités de fin d’année.
Les quelques vignerons membres de l’Oenothèque Alsace et habituellement fidèles à ce rendez-vous manquent à l’appel : ils ont choisi de rester dans leurs caveaux pour accueillir une clientèle saisonnière attirée dans notre région par la fameuse « Magie de Noël ». Dommage !

Comme l’année passée les 2 thèmes du jour sont de circonstance :

·    Qu’en est-il de l’apogée des gewurztraminers 2004 ?
·    Des vins de fête pour chaque circonstance.
 

Tous les vins sont dégustés et commentés à l’aveugle – verres INAO


Masterclass Alsace du 10 décembre 2011 à Colmar

 

 

 

Thème 1 : gewurztraminers 2004.

 

 

Kaefferkopf – J.M. Bernhard à Katzenthal : le nez d’intensité moyenne flatte les sens par des notes d’eau de rose, la bouche est équilibrée, harmonieuse mais sans grande profondeur, la finale révèle de beaux arômes floraux et épicés.
Ce duettiste contraint de jouer en solo par un partenaire qu’un goût de bouchon a rendu infréquentable, se montre encore bien à son avantage : sphérique, harmonieux et finement bouqueté. Certes on n’a ni la concentration, ni l’ampleur d’un grand vin mais le bougre est diablement séduisant !

G.C. Eichberg – P. Ginglinger à Eguisheim : le nez est assez discret sur un registre complexe alliant fleurs et fruits jaunes, la bouche ronde et suave laisse une sensation de gras qui tapisse bien la bouche, la finale bien glissante est relevée par de fins amers.
G.C. Pfersigberg – P. Ginglinger à Eguisheim : le nez est intense avec un profil épicé bien affirmé et une touche légèrement fumée, la bouche est solidement structurée, un peu anguleuse mais avec un très beau volume, la finale est assez longue et soutenue par une délicate amertume.
Même producteur, même millésime sur deux terroirs géographiquement très proches et au bout du compte deux vins qui se tiennent encore très bien mais qui nous montrent des personnalités complètement différentes…à croire qu’avec le temps la signature de chaque Grand Cru devient de plus en plus lisible.

G.C. Altenberg de Bergbieten – F. Mochel à Traenheim : le nez est troublé par des notes cartonneuses peu élégantes, la bouche garde une belle générosité avec une acidité bien large mais la finale se montre à nouveau très sèche avec une amertume un peu rude et des notes de gentiane.
G.C. Furstentum – Clos des Capucins à Kaysersberg : le nez est fin et très aérien avec des notes exotiques très pures et une touche minérale encore perceptible, la bouche est superbe, richesse, suavité et une finale longue, bien digeste et délicatement fumée.
L’Altenberg porte la marque d’un défaut de bouchage en plus de celle du millésime…dommage car sa présence en bouche ne laisse pas de doute sur la qualité de la cuvée. Ceci dit, même en pleine forme il n’aurait pas pu rivaliser avec la classe absolue du Furstentum qui a montré qu’on pouvait réussir de très grands vins en 2004…Chapeau !

G.C. Zinnkoepflé V.T. – A. Bursin à Westhalten : le nez est fin et peu intense mais offre une palette complexe sur les fruits et les fleurs jaunes, la bouche se livre sans retenue avec un fruité charnu et épanoui, la finale marquée par des notes de raisins secs n’a pas une longueur exceptionnelle mais reste très sapide.
Patinée par le temps la matière de ce vin a gagné en distinction pour nous laisser entrevoir quelques beaux accords gastronomiques. Ce gewurztraminer nous démontre que le moelleux qui impressionne au début peut se révéler un élément structurant pour dans le temps.

 

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Pour conclure :

-    Comme nous l’a rappelé Thierry, 2004 fut un millésime assez difficile en Alsace : après un été très pluvieux et un mois de septembre sec et ensoleillé les dates des vendanges ont été repoussées au 30 septembre pour les vins d’appellation « Alsace » et au 11 octobre pour les « Alsace Grand Cru ».
Dans ces conditions beaucoup de vins secs ont souffert d’un manque de maturité mais les cuvées moelleuses issues de fruits surmûris sont généralement plus réussies. Comme souvent dans ces millésimes où le soleil s’est montré trop rarement ce sont les terroirs précoces qui ont produit les plus beaux vins.

-    Trouver des gewurztraminers issus de ce millésime compliqué qui tiennent encore après 7 ans fut un pari osé mais si on oublie les deux victimes d’un défaut de bouchon, cette série fut d’un très bon niveau qualitatif et nous a permis de constater que le temps apporte une patine intéressante à ces vins en les rendant beaucoup plus gastronomiques.

-    Aucune hésitation pour le coup de cœur, le Furstentum 2004 du domaine Weinbach est superbe de pureté et d’équilibre et semble encore avoir des réserves pour continuer d’évoluer positivement durant quelques temps.



Thème 2 : vins de fête pour toutes les occasions.

 

Série 1 : les beaux vins pour un déjeuner gastronomique.

Riesling Clos Saint Landelin 2009 – Domaine Muré à Rouffach : le nez est typé riesling avec des notes pierreuses et citronnées complétées par une touche épicée, la bouche est précise, cristalline avec une acidité droite et profonde et une finale longue et minérale.
Issu du Grand Cru Vorbourg ce riesling a un peu trompé son monde par son côté droit et pointu qui nous a orienté vers des millésimes moins chauds que 2009. Passé l’effet de surprise, cette cuvée se livre avec beaucoup d’agrément en révélant la force minérale de ce terroir…Très belle bouteille !

Gewurztraminer Seigneurs de Ribeaupierre 2000 – Domaine Trimbach à Ribeauvillé : le nez est discret, assez mystérieux sur un registre floral et légèrement fumé, la bouche est élégante, finement acidulée, la finale est fraîche et longuement aromatique.
Ce gewurztraminer plein de retenue et de distinction a pu développer un caractère subtil et raffiné durant une décennie de garde…Voilà un vin très gastronomique !

Gewurztraminer Prestige 1989 – Domaine P. Buecher à Wettolsheim : le nez est dominé par des notes très pâtissières de brioche grillée et de pralin mais aussi de discrètes évocations odorantes de sous-bois, la bouche est charnue, profondément aromatique avec un finale à nouveau dominée par des notes de torréfaction (café).
Ce vin marqué davantage par le botrytis que le cépage a trouvé un très bel équilibre aujourd’hui…comme le précédent le temps lui a apporté une grande aptitude à passer à table.

Muscat Bollenberg V.T. 2009 – Domaine V. Zusslin à Orschwihr : le nez révèle une magnifique palette florale, la bouche suave et structurée avec beaucoup de finesse développe d’intenses arômes de fleur d’oranger qui persistent longuement en finale.
Ce muscat exceptionnel se montre onctueux et très aromatique tout en restant élégant et digeste…Superbe réussite !

 

 

Série 2 : les vins simples et conviviaux pour un repas du soir.

Auxerrois Vieilles Vignes 2008 – Domaine P. Blanck à Kientzheim : le nez est léger, peu intense avec un profil assez difficile à cerner, la bouche est bien digeste avec du gras et de la salinité, la finale est un peu amère.
Cet auxerrois issu en grande partie d’une parcelle sur le Grand Cru Furstentum est certainement bien fait mais n’offre que peu d’agrément à la dégustation aujourd’hui…ceci dit, pas facile de succéder à un muscat V.T. !

Pinot Noir Gaensbrunnen 2002 – Cave de Pfaffenheim : le nez est très évolué et s’exprime sur une palette tertiaire peu avenante, la bouche est plate avec une matière famélique…trop vieux, sans aucun doute !
Un pinot noir qui se laisse boire sans plus…mais est ce bien suffisant pour ne pas être tenté de se rabattre sur une Badoit bien fraîche ?

Pinot Gris Rotenberg 2002 – Domaine Zind-Humbrecht à Turckheim : le nez est mûr mais reste très fin avec de belles notes de citron confit, la bouche se distingue par son équilibre très cohérent entre acidité et moelleux, la finale bien fraîche laisse une petite impression tannique.
Ce pinot gris étonne par sa jeunesse et séduit par son équilibre très digeste.


Série 3 : les vins de méditation à siroter dans la chaleur douillette d’un feu de cheminée

Gewurztraminer Cuvée Christine 1990 – Domaine Schlumberger à Guebwiller : la robe est surprenante, jaune brillant avec des reflets presque fluo, le nez est assez évolué mais agréable sur une palette empyreumatique, pain grillé, torréfaction et tabac blond, la bouche est onctueuse, bien charnue mais sans lourdeur, la finale trahit enfin le cépage par ses notes poivrées et pimentées.
Récolté sur le Grand Cru Kessler, ce gewurztraminer qui porte vaillamment ses deux décennies a perdu une grande partie de ses notes variétales pour se présenter à nous comme un vin plein de complexité et de distinction…à siroter à petites gorgées au coin du feu, un peu comme une eau-de-vie.

Riesling G.C. Schlossberg- L’Epicentre 2009 – Domaine A. Mann à Wettolsheim : le nez est discret mais très pur sur le citron mûr et la pierre chaude, en bouche l’attaque est vive, la richesse est évidente mais l’ensemble est déjà bien fondu, la pêche jaune s’invite pour compléter la palette aromatique et la finale est très longue tenue par une puissante salinité.
Récolté sur le Schlossberg avec une maturité S.G.N. et un équilibre un peu « mosellan » 10° - 133 g de SR – 8g AT) ce riesling est simplement grandiose !
Hélas, avec 350 demi-bouteilles produites, ce vin sera quasiment introuvable sur le marché.
 

 

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Les vins de fête…


 
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…et la star de la série !

 

 

 

Pour conclure :

 

- Cette série très variée avec des vins d’origines et de millésimes forts différents nous a rappelé que le caractère polymorphe de nos crus alsaciens leur conférait un potentiel gastronomique incomparable.
Les grandes bouteilles qui ont illustré le premier sujet nous ont fait rêver d’un réveillon tout en blanc avec un sublime muscat en guise de vin de dessert ou plus simplement de vin-dessert…
Les petites bouteilles pour l’en-cas du soir ont eu beaucoup de mal à s’exprimer après les crus de la série précédente…mais bon, après les copieuses agapes de midi, on peut aussi se contenter de diner avec soupe et eau de Vichy.
Les vins de méditation au coin du feu sont un peu mes préférés : entouré de quelques amis connaisseurs, déboucher une bouteille, la siroter avec recueillement et partager ses sensations et ses émotions…quelle plus belle circonstance pour rendre honneur à un grand vin !

- Pour le coup de cœur, moi qui ne suis pas trop sensible à des équilibres sucrés dans des vins, je dois me rendre à l’évidence que sur cette série ce sont les deux cuvées les plus moelleuses qui m’ont bluffé : la première mention sera pour le muscat Bollenberg et son incomparable finesse aromatique mais le choix ultime sera pour le riesling Epicentre, qui est simplement parfait et que je place sans hésiter parmi les plus grands vins que j’ai bus cette année.

- Comme c’est la fin de l’année j’en profite pour souhaiter un maximum de bonnes choses pour 2012, à tous les membres de l’Oenothèque Alsace, à son infatigable animateur et à tous ceux qui viennent me lire sur ces espaces virtuels.

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 09:59

 
Comme chaque année à l’approche de la Saint Nicolas, le domaine Rietsch invite sa clientèle à une journée « Portes Ouvertes » où le vin et l’art sont à l’honneur.
Malgré ma toute récente visite pour parler du Zotzenberg avec Jean-Pierre, je ne résiste pas au plaisir de retourner chez lui pour humer l’ambiance des caves en regardant quelques œuvres d’art un verre à la main.
Cette année les œuvres de deux plasticiennes, Odile Ligier et Ilana Isehayek étaient mises à l’honneur et avaient colonisé les espaces professionnels du domaine entre cuves et foudres…toujours aussi étonnant !

 

Odile Ligier a choisi les murs :
 

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  Quelques sourires au dessus des demi-muids où fermentent des cuvées 2011.

 

p 013   Dans la cuverie béton, l’exposition continue…

 

  p 019   Les œuvres s’invitent sur tous les supports

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Ilana Isehayek préfère visiblement les espaces moins conventionnels :
  p 015   …comme le sol devant la vinothèque du domaine que tapissent de drôles de vagues en bois…

 

  p 016

  …ou le vieux puits au fond de la cave d’où surgit un monstre ligneux.

  p 020   …même les allées entre les fûts sont envahies par d’étranges mobiles qui défient les lois de l’équilibre.

   

Bien évidemment le vin n’est pas oublié : comme chaque année les Rietsch lui ont dédié les trois points de rendez-vous habituels : l’un pour quelques cuvées du dernier millésime en cours de fermentation, l’autre pour une sélection de vieux millésimes et le dernier pour les vins actuellement au tarif.

p 010

  Dégustation de vins nouveaux dans la cave à foudres du domaine.

 

Face aux vins de 2011, qui se présentent encore comme des liquides troubles et mystérieux, j’ai toujours autant de difficultés à me projeter dans l’avenir pour percevoir avec précision le futur profil de ces cuvées, mais c’est un exercice que je commence à apprécier de plus en plus. Les éléments sont encore bien dissociés mais on se plaît à rêver des possibles synergies qui vont se construire dans le temps pour faire naître de belles cuvées.

 

En 2011, on sent des matières riches et pures assises sur une base saline toujours très expressive à ce stade.

Cette année, 6 vins étaient proposés à la dégustation :

- Pinot noir (12°5, rendement 53 hl/ha) : du fruit, de la légèreté et un bel équilibre.


- Auxerrois Entre Chien et Loup (12°3 potentiels, rendement 67 hl/ha) : un joli nez de fruits blancs et un équilibre tonique.


- Muscat (12°7 potentiels, rendement 47 hl/ha) : une très belle définition aromatique et une grande finesse dans la structure.


- Sylvaner Vieilles Vignes (13° potentiels, rendement 64 hl/ha) : une palette discrète mais très pure et une matière gourmande qui nous avait déjà impressionné lors de notre visite d’octobre.
- Riesling Stein (13°2 potentiels, rendement 54 hl/ha) : une chair riche et une salinité puissante.


- Riesling Zotzenberg (13°2 potentiels, rendement 52 hl/ha) : très proche du Stein par sa profonde minéralité.


- Gewurztraminer V.T. Weinberg (18°4, rendement 41 hl/ha) : une très grande richesse et déjà un caractère épicé et pimenté en finale.
 

p 021   La série complète de 2011, dans l’ordre de dégustation de gauche à droite.


Avant de passer au caveau pour regoûter quelques vins en vente actuellement nous nous rendons à l’atelier « histoire » pour effectuer une petite remontée dans le temps avec quelques flacons prélevés dans la réserve du domaine.
Cette année nous avions la possibilité de déguster le Pinot Noir 2006, le Sylvaner V.T. Zotzenberg-Sacré Sylvaner 2005, le Sylvaner Zotzenberg 2003, le Pinot Noir Les Quatre Eléments 2003 et le Riesling Brandluft 2000.
 

p 023   De 2000 à 2006…une remontée vers le début de ce millénaire.


Comme pour la dégustation des vins jeunes, l’ambiance chaleureuse et conviviale de cette manifestation ne se prête pas trop à la prise de notes…et malgré quelques impressions griffonnées sur un papier après mon retour at home je me sens un peu démuni pour rédiger un C.R. précis.
Parmi ces vénérables quilles offertes ce jour, j’ai quand même envie de relever deux superbes cuvées : le Quatre Eléments 2003 qui a gardé son type un peu sudiste mais à qui les années de garde ont apporté une patine très agréable et le Sacré Sylvaner 2005 qui a construit un équilibre particulièrement réussi entre richesse et salinité.
 

Comme à l’accoutumée, le temps a passé plus vite que prévu et nous arrivons au caveau de dégustation avec une juste petite demi-heure devant nous avant de penser au retour vers Strasbourg. Pierre Rietsch (le papa de Jean-Pierre) nous propose de goûter quelques cuvées en vente actuellement : je ne résiste pas au plaisir de me refaire une petite lichette des superbes rieslings Stein et Nature 2010 avant de finir par la gourmandise de son assemblage Coup de Cœur 2010.

Comme chaque année cette journée d’animation qui fait cohabiter le vin et l’art au domaine Rietsch fut une belle réussite.
La dégustation des vins de 2011 nous révèle des jus équilibrés, bien concentrés avec une minéralité naturelle étonnamment présente malgré l’extrême jeunesse des cuvées…d’après Jean-Pierre l’évolution des pratiques culturales vers le bio depuis 2007 a permis de mettre davantage en valeur la salinité des terroirs de Mittelbergheim dans ses vins.
Placée sous le signe de la chaleur humaine et de l’ouverture d’esprit cette après-midi passée entre tonneaux et œuvres d’art me procure toujours un beau sentiment de sérénité…à l’heure des bousculades dans les magasins et sur les marchés de Noël pour répondre à l’appel d’une consommation frénétique programmée, c’est une parenthèse que j’apprécie de plus en plus…RV en 2012.

 


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  • : Vins, vignobles et vignerons.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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