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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 17:13


Après avoir bravé les affres d’une circulation que le début du week-end pascal a rendue extrêmement difficile, les membres de notre confrérie de picoleurs éclairés se retrouve dans leur repaire de La Wantzenau pour leur 3° réunion de l’année 2012.
Comme pour la session précédente nous avons choisi d’associer deux thèmes très différents en associant la visite d’une région avec un survol en 7 flacons de la production des vignobles du sud-ouest et la visite d’un domaine avec la dégustation d’une partie de la gamme d’une maison champenoise.

- Thème 1 : champagne pour tout le monde avec la Veuve Fourny
- Thème 2 : quelques jalons rouges dans le vignoble du sud-ouest.

Pour la série des rouges du sud-ouest, Lionel et Guy ont prélevé quelques flacons dans leur cave personnelle et Lionel, client attitré de ce domaine champenois de Vertus, a fourni les 6 roteuses de la série pétillante


Les vins des deux séries sont servis à l’aveugle, seuls ou 2 par 2.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 5 avril 2012 à La Wantzenau




Thème 1 : çà pétille pour tout le monde et c’est la Veuve qui Fourny…



Champagne 1° Cru Rosé : la robe saumon clair et le cordon de bulles d’une grande finesse rend ce champagne très agréable à l’œil, le nez est charmeur sur des notes de fruits rouges (fraise), la bouche que la mousse rend assez onctueuse possède un équilibre sec et une finale à qui une petite amertume apporte une touche d’austérité qui me dérange un peu.
Champagne 1° Cru Douces Vertus : le nez est aérien avec une palette d’une grande finesse alliant des arômes de fleurs et quelques notes beurrées, la bouche est vive avec une mousse abondante et crémeuse, la finale est fraîche avec une longueur moyenne et de fines nuances boisées.
Voilà une belle entrée en matière sur le premier sujet du soir : un rosé subtil et gourmand et une première cuvée issue d’un assemblage de chardonnay et de pinot noir légèrement dosé pour lui conférer un côté très séduisant et facile d’accès…MIAM !!!

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Champagne 1° Cru Grande Réserve : le nez est discret et complexe sur la groseille, le citron et quelques notes de champignon blanc, la bouche possède une équilibre sec et une belle vinosité, la finale séduit par son côté frais et aérien.
Champagne 1° Cru Blanc de Blancs : le nez est discret et racé avec de fines notes de fruits et de brioche, la bouche est dense, toujours très vineuse avec une finale longue et délicatement acidulée.
 Ces deux cuvées qui se caractérisent par une très belle vinosité en bouche ont obtenu un succès quasi général dans notre assemblée du soir. Le blanc de blanc affirme un côté très classieux presque un peu distant, alors que la Grande Réserve joue la carte de l’élégance tout en se montrant plus simple d’approche.

 

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Champagne 1° Cru Millésime 2004 : le nez est très raffiné sur le beurre et la noisette fraîche, la bouche se montre verticale, équilibrée avec une belle densité et une finale longuement aromatique.
Champagne 1° Cru Cuvée R : le nez est mûr et opulent avec un fruité bien marqué et un boisé fin, la bouche est généreuse, vineuse avec un toucher gras, une mousse onctueuse et une finale longue et délicatement boisée.
Ces deux champagnes sont bien différents mais d’un très haut niveau qualitatif : la cuvée millésimée est un blanc de blanc qui brille par son équilibre et sa classe, la cuvée R, avec sa base vinifiée à la bourguignonne dans de petits contenants de chêne (de 3 à 6 vins), est un champagne  généreux marqué par son élevage mais terriblement séduisant.

 

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Pour conclure :

- Cette première expérience avec une série de champagnes provenant d’un même producteur a été tout à fait réussie : une dégustation exclusivement consacrée à des vins effervescents est en général un exercice assez difficile pour moi, mais là, je dois avouer que j’aurai bien goûté une ou deux bouteilles supplémentaires…Surpris, mais très agréablement !
Située à Vertus, un village du sud de la prestigieuse Côte des Blancs, le domaine de la Veuve Fourny, élabore une belle gamme de vins fins, élégants et bien typés… en plus, les prix sont d’une douceur angélique (entre 15 et 25 euros selon les cuvées).
Une superbe adresse tout simplement !

- Comme j’ai pu l’évoquer en d’autres occasions, j’ai tendance à considérer les champagnes (et les autres « bulles » d’ailleurs) comme des vins festifs et désaltérants qu’on débouche bruyamment et qu’on boit sans trop chercher à épiloguer sur leurs qualités organoleptiques…Si, si, parfois ça fait du bien !
Avec cette série de 6 bouteilles, j’ai pu apprécier pleinement, la complexe alchimie entre matière et mousse si particulière à chaque cuvée ainsi que la subtilité des nuances aromatiques qui différenciaient chaque vin en lui conférant sa propre identité. Voilà une expérience qui mérite d’être reconduite très prochainement…

- Pour le coup de cœur, je resterai sur la fraîcheur guillerette du Douces Vertus et la classe absolue de la cuvée Millésimée…sans oublier la Cuvée R, dense et concentré…peut-être plus proche d’un grand vin blanc tranquille que d’un champagne mais terriblement bon !




 

Thème 2 : étapes rouges dans le sud-ouest.

 

 

 

Cahors Château Lacapelle Cabanac 2008 – T. Simon et P. Verax à Lacapelle Cabanac : le nez s’ouvre en douceur avec une palette bien complexe sur les fruits noirs, la violette et le sous-bois, en bouche le fruité s’affirme sur une structure équilibrée avec des tanins soyeux et une finale épicée mais un peu asséchante.
Gaillac Renaissance 2006 – Domaine Rotier à Cadalen : le nez est louche, terreux voire poussiéreux avec des notes de bois moisi, la bouche est dense et compacte avec des tanins serrés mais très vite on est submergé par cette aromatique peu élégante mais persistante.
Cette série s’engage plutôt bien avec ce vin issu d’un assemblage de 80% de malbec et de 20% de merlot travaillés en viticulture bio qui se montre vraiment épanoui et gourmand…hélas, la seconde bouteille montre un profil beaucoup moins avenant. Tout plaide en faveur d’une contamination à la géosmine…Dommage !

 

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Madiran Château Montus 2002 – A. de Brumont à Maumusson : le nez est complexe avec des arômes de cassis, de violette et quelques notes de terre humide, la bouche est volumineuse avec une mâche compacte, mais des tanins bien mûrs, la finale est un peu sévère.
Madiran Château Bouscassé  1998 – A. de Brumont à Maumusson : le nez est vraiment repoussant, entre le siphon et le vestiaire de rugby après match…, la bouche est dense et concentrée mais toujours polluée par cette palette aromatique désagréable.
Regoûté le lendemain (12 heures, bouteille vidée à moitié), le vin se montrait plus avenant avec une olfaction un peu plus harmonieuse (mais sans plus) et une bouche soyeuse et bien équilibrée.
Voilà un bilan bien terne pour ce grand nom du Madiran : une première cuvée correcte mais sans atteindre des sommets et une seconde cuvée quasiment imbuvable le soir et juste acceptable le lendemain…décevant pour ce domaine !

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Irouléguy Cuvée Lehengoa 1999 – Etxegraya à St. Etienne de Baïgorry : le nez s’ouvre avec des notes de torréfaction assez prononcées (cacao, café) pour évoluer vers une palette plus fine sur la myrtille, le laurier et l’humus, en bouche l’attaque est souple, la matière est ronde, soyeuse, pleine de fruit mais la finale est marquée par un retour tannique assez virulent.
Irouléguy Omenaldi 1998 – Les Vignerons du Pays Basque à St. Etienne de Baïgorry : le nez est assez intense avec un fruité complexe et un boisé fin, la bouche est concentrée avec un milieu charnu et fruité, la finale révèle des tanins très accrocheurs qui laissent une impression très rustique.
Le pays basque est une région magnifique dont j’ai pu découvrir un domaine viticole il y a quelques années et que j’ai re-visité avec grand plaisir avec ces deux flacons qui n’ont pas démérité malgré leur âge certain. Le 1998 ne manquait pas de charme, même si l’austérité finale m’a semblé dérangeante, malgré sa finale également trop dure à mon goût, le 1999 était incontestablement le plus complet des deux…peut-être même le meilleur vin de la série !

 

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Madiran Domaine des Bories 1994 – Borie-Pierson à Lembeye : bouchonné !

 

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Pour conclure :

- Avec 3 vins sur 7 qui se sont révélés plus ou moins défectueux, on ne peut pas dire que cette série fut une réussite…cette grande région viticole mérite mieux et sera sûrement convoquée une nouvelle fois pour une session de rattrapage.

- Il n’en reste pas moins que lorsque je remonte dans ma mémoire de dégustateur, je ne trouve pas vraiment de vin du sud-ouest qui a marqué mon esprit : on me rétorquera comme toujours que je n’ai pas encore fait la bonne rencontre mais de mon côté je pense que, comme pour les cabernets francs ligériens, ces crus possèdent une esthétique qui ne me parle pas vraiment…une sorte d’incompatibilité gustative entre ces matières qui gardent toujours un côté rustique et mon palais d’alsaco plus familiarisé avec les chatouilles acidulées que les gratouillis tanniques.

- je ne parlerai pas vraiment de coup de cœur pour cette série mais j’ai quand même été agréablement surpris par la gourmandise du cahors et la tenue presque parfaite de l’Irouléguy 1999 après plus de 12 ans de garde.

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 09:14



Après un mois de février sans rencontre « officielle » la joyeuse confrérie des leveurs de coude du club A.O.C. se retrouve presque au complet dans leur repaire de La Wantzenau pour cette deuxième session 2012 consacrée à la découverte d’un couleur dans le vignoble ligérien et l’étude approfondie de la production d’une fratrie mâconnaise :

- Thème 1 : la Loire voit rouge
- Thème 2 : les trois frères du Mâconnais.

Pour la série des rouges de Loire, Lionel, amateur éclairé de ce style de vins, nous a proposé une série de bouteilles prélevées pour la plupart dans sa réserve personnelle, pour la série mâconnaise, j’ai profité de ma visite automnale dans la région pour demander à Jean-Guillaume Bret himself de nous préparer une Bret-box spéciale pour l’occasion.


Les vins de la première série sont servis à l’aveugle, 2 par 2.
Les vins de la seconde série sont servis 2 par 2, à l’aveugle mais millésime annoncé.


Verres INAO.


Soirée Club AOC du 16 mars 2012 à La Wantzenau

 


Thème 1 : nouvelle tentative pour comprendre l’esthétique des rouges de Loire...


Bourgueil Cuvée Prestige 2006 – Domaine Guion à Benais : le nez est franc, moyennement intense sur la framboise et le poivron mûr, la bouche est fraîche avec un côté charnu bien agréable mais une finale que des tanins très asséchants rendent particulièrement austère. (100% cabernet franc – viticulture bio).
Touraine Franc du Cot Lié 2007 – A. et B. Minchin à Selles sur Cher : le nez très intense s’ouvre sur de belles notes de fruits noirs mais très rapidement on sent la marque d’un élevage qui devient dominateur, en bouche l’attaque est plus mûre, la cerise noire est pleine de charme mais le boisé revient à la charge en apportant une pointe très sèche en finale. (Assemblage cabernet franc et cot)
Bon, je dois l’avouer (de toutes façons, tout le monde le sait !) j’ai beaucoup de mal avec les rouges de Loire…et les deux premiers vins de cette série ne vont hélas pas me faire changer d’avis : malgré des olfactions plutôt flatteuses les matières en bouche sont d’une austérité rédhibitoire pour mon goût.


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VDP des Fiefs Vendéens Domaine Saint Nicolas-Cuvée Jacques 2006 – T. Michon à Brem sur Mer : le nez est marqué par d’intenses notes de torréfaction, de fumée et de suie, la bouche est assez gourmande avec une belle concentration et une fraîcheur finale agréable. (Assemblage 85% pinot noir et 15% cabernet franc – domaine en bio-dynamie).
Chinon L’Huisserie 2006 – P. Alliet à Chinon : le nez est riche, complexe et charmeur sur un registre fruité très épanoui, la bouche séduit par sa chair gourmande où les fruits croquent sous la dent, la finale précise et fraîche laisse un sillage aromatique sur la violette. (100% cabernet franc)
La Cuvée Jacques est étrangement marquée par des notes empyreumatiques trop dominatrices à l’heure actuelle…peut-être un peu jeune ? Le Chinon d’Alliet est splendide…c’est peut-être bien la première fois que j’emploie cet adjectif pour un rouge de Loire !

 

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Sancerre La Moussière 2008 – A. Mellot à Sancerre : le nez est complexe avec une palette associant fleurs et fruits rouges, en bouche l’attaque est pointue mais la matière se montre agréablement fruitée, la finale très tannique est un peu rude à mon goût.
Saumur-Champigny Terres Chaudes 2002 – T. Germain à Varrains : le nez est marqué par des notes de réduction intenses et tenaces (animal, fromage…) qui écrasent le fruité discret et bien raffiné qu’on devine en fond, en bouche la matière est riche et concentrée mais la finale se montre de nouveau trop austère avec des tanins très serrés et très secs.
Ces deux bouteilles avec une structure bien trop ferme pour mon palais ne m’ont guère séduit ce soir…par contre, le Saumur Champigny était vraiment méconnaissable le lendemain : plus harmonieux, plus soyeux il s’est laissé boire avec un réel plaisir !

 

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Pour conclure :

- cette série relativement éclectique mais regroupant quelques belles références du Val de Loire ne m’a pas définitivement réconcilié avec ce type de vins, mais je dois avouer que la qualité générale de ces 6 flacons m’a agréablement surpris.

- j’ai toujours un peu de mal à apprécier ce différentiel marqué entre des olfactions flatteuses et guillerettes et des présences en bouche où le sérieux confine trop souvent à l’austérité.
En tous cas les deux bouteilles regoûtées le lendemain se sont révélées particulièrement aimables : le Saumur Champigny avait perdu sa dureté pour n’être plus que rondeur et densité, le Chinon déjà superbe le soir s’était encore affiné…MIAM !

- Pour le coup de cœur pas de surprise, c’est le Chinon 2006 de Philippe Alliet, qui a d’ailleurs largement convaincu l’assemblée œnophile de cette soirée…voilà un vin rouge ligérien poule lequel  je serai prêt à faire une petite place sur les rayonnages de ma cave !

 

 

 

Thème 2 : Brothers in Wine.

 

Macon-Uchizy La Martine 2010 : le nez est fin et discret avec un fruité épanoui (citron mûr) et quelques notes florales, la bouche est gouleyante avec une matière bien glissante et délicieusement citronnée en finale.
Pouilly Vinzelles La Soufrandière 2010 : le nez est pur et précis sur les fruits blancs (poire) et le miel de sapin, la bouche est riche et mûre avec un toucher onctueux qui donne une impression de moelleux très agréable, la finale est plus fraîche avec une belle touche minérale sur la craie.
Avec ces deux premières friandises le décor de la série est planté : les vieilles vignes de la « Martine » ont produit un vin pur et convivial et les jeunes vignes du climat des Quarts un vin au fruit épanoui et la vibrante minéralité. Voilà deux flacons qui n’auront qu’un seul défaut, leur faible durée de vie après ouverture…les verres qui se vident tout seul !

 

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Viré-Clessé Sous les Plantes 2009 : le nez est fin avec un registre un peu « pâtissier » (notes de fraise et de brioche), la bouche se développe avec beaucoup de charme avec du gras, une chair gourmande et une finale qui redevient fraîche et aérienne.
Issu d’un terroir assez limoneux (en viticulture bio) situé au sud de Viré, ce vin porte la marque d’un millésime généreux mais garde une silhouette élégante et une buvabilité exceptionnelle…encore une bouteille qui ne fera pas long feu sur une table d’amateurs, même éclairés !

 

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Saint Véran En Combe 2008 : nez est discret sur le citron et la craie, la bouche set droite, fraîche et très minérale en finale.
Pouilly Fuissé Terres de Vergisson 2008 : nez est plus expressif, un peu grillé, avec des notes de pierre à feu, de poudre à canon et une pointe mentholée, après une attaque en souplesse, la bouche monte en puissance progressivement et révèle une matière dense et fortement minérale.
Avec ce Saint Véran issu d’une parcelle de vieilles vignes sur Chasselas et ce Pouilly Fuissé issu de vignes situées entre les roches de Solutré et de Vergisson, nous sommes en présence de deux monstres de minéralité qui se goûtent encore assez difficilement aujourd’hui mais dont on pressent un très beau potentiel d’évolution.
A revoir dans 2 ou 3 ans !

 

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Pouilly Loché La Colonge 2007 : le nez est discret et précis sur les fruits blancs et la craie, la bouche allie soie et fraîcheur dans un équilibre bien sec, la finale est droite et laisse persister de beaux aromes de pamplemousse.
Pouilly Vinzelles Les Quarts 2005 : nez est ouvert mais très minéral sur la craie, le silex et une touche de mie de pain et de citron, la bouche est concentrée avec grain fin mais perceptible au toucher, l’équilibre est sec et la finale très longue associe des notes de calyptol et de pierre à feu.
Une cuvée issue de la plus petite appellation du Mâconnais et le vin emblématique de la Soufrandière ont clôturé cette série en toute beauté : si le premier se montre strict et droit, le second assume sa nature minérale sans complexe. Ces vins dont les personnalités solidement plantées ont dérangé certains dégustateurs de l’assemblée sont de très grands vins tout simplement avec des pics de maturité qui je pense ne sont pas encore atteints.

 

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Pour conclure :

- Les frères Bret sont d’ardents défenseurs de la qualité des vins du Mâconnais en portant une attention particulière à l’identité des différentes parcelles qu’ils essaient de mettre en valeur dans leurs cuvées. Ils pratiquent une viticulture respectueuse de l’environnement (les vignes de la Soufrandière sont travaillées en biodynamie et de plus en plus de parcelles exploitées par le négoce Bret Brothers sont en agriculture biologique) et accomplissent un travail en cave d’une exigence absolue. Le choix d’une série de 7 cuvées produites par ces vignerons nous a permis d’étudier et de ressentir les nuances qui différencient les vins issus de quelques terroirs réputés de cette région bourguignonne.

- Avec une petite remontée dans le temps de 2010 à 2005 nous avons également pu évaluer les effets du vieillissement sur ces différentes cuvées : avec la finesse et la précision comme leitmotiv ces vins qui savent se montrer accessibles et gourmands dans leur jeunesse révèlent leur côté minéral avec l’âge…parfois de façon assez péremptoire comme sur le Pouilly Fuissé « Terre de Vergisson » (mais aussi « La Roche » qu’on n’a pas dégusté ce soir) ou encore sur le Vinzelles « Les Quarts ».

- Etant un aficionado avoué du domaine depuis de longues années, j’ai quelques difficultés à faire un classement parmi ces bouteilles qui m’ont séduit une fois de plus ce soir. J’ai néanmoins été particulièrement sensible au charme juvénile mais irrésistible du Pouilly Vinzelles 2010 et à la qualité du grain minéral du Pouilly Fuissé 2008.

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 14:38



Le dernier bouchon de champagne des festivités de fin d’année a sauté il y a moins d’une semaine et déjà notre club A.O.C. reprend ses activités oenophiliques avec un programme assez ambitieux. Espérons que les palais de nos dégustateurs seront frais et dispos pour apprécier pleinement les deux séries de bouteilles collectées pour illustrer les thèmes suivants :

- Thème 1 : suite bourguignonne en rouge majeur.
- Thème 2 : variations alsaciennes monochromatiques.


J’ai accepté la difficile mission de trouver des belles quilles bourguignonnes à maturité pour taster un peu ce que cette région peut nous offrir de mieux.
Eric le rieslingomane militant s’est chargé de nous composer une série de blancs alsaciens pour nous surprendre…agréablement je l’espère.

Les vins de la première série sont servis cachés, 2 par 2 puis 1 par 1 pour les 3 dernières bouteilles.
Les vins de la seconde série sont cachés et servis 2 par 2.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 6 janvier 2012 à La Wantzenau



Thème 1 : suite bourguignonne en rouge majeur…harmonie et dissonances.



Morey Saint Denis Le Village 2008 – H. Murat à Concoeur : le nez est discret avec de subtiles notes florales, la bouche attaque sur la rondeur et la soie mais la matière reste très légère et la finale déçoit par son austérité peu agréable.
Santenay 1° Cru Clos de la Comme 2008 – D. Clair à Santenay : le nez reste discret mais offre de beaux arômes de fruits noirs, en bouche la texture est charnue avec une belle mâche et la finale séduit par sa fraicheur acidulée très tonique.
Le Morey en très petite forme a franchement déçu : peu aromatique avec une structure bien fluette, ce vin a dérouté les dégustateurs dont quelques uns connaissaient le domaine depuis plusieurs années.
Le Santenay 1° Cru a bien mieux tenu son rang avec une matière plus charnue et un potentiel d’évolution évident.
1-0 pour le Côte de Beaune…étonnant non ?

 

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Gevrey Chambertin 2003 – A. Guyard à Marsannay : le nez est d’intensité moyenne avec des notes de prune mûre et quelques nuances plus évoluées, la bouche est fine avec une petite rondeur très élégante, la finale de longueur moyenne livre quelques belles notes minérales.
Pommard Les Noizons 2003 – D. Carre à Meloisey : le nez est expressif, un peu confit, on y reconnait la mûres et les épices, après une attaque bien pointue, la bouche révèle un joli volume et une densité considérable, la finale longue et bien aromatique laisse un sillage finement poivré.
Voilà deux vins issus du caniculaire millésime 2003 qui se montrent encore très alertes avec une belle palette olfactive et un équilibre agréable et encore assez tonique en bouche. Le supplément de densité du pommard par rapport au gevrey me fait pencher une fois de plus vers la Côte de Beaune dans mes préférences

 

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Corton Bressandes 1998 – J.R. Nudant à Ladoix Serrigny : le nez est peu intense et marqué par des notes de sous-bois, terreuse et végétales, la bouche est dense avec une matière concentrée mais au toucher un peu revêche, la finale est sèche et végétale.
Dégusté il y a quelques années ce vin m’avait semblé peu en place et demandait peut-être encore un peu de garde…aujourd’hui le verdict est différent : l’analyse des sensations perçues me ferait plutôt diagnostiquer un cruel déficit de maturité. Décevant !

Echezeaux 1998 – D. Duband à Chevannes : le nez est complexe et raffiné sur les fruits rouges très mûrs et une touche de violette, la bouche est corsée et richement aromatique tout en gardant une belle vivacité en fond, la finale est très longue et laisse persister de belles notes de cerise burlat et de noyau.
Précis, racé mais très gourmand, ce Grand Cru semble avoir entamé sa phase de maturité optimale, tout en gardant une belle réserve pour durer encore…Très grande bouteille !

Mazis Chambertin 1997 – Harmand-Geoffroy à Gevrey Chambertin : le nez discret se déploie sur un registre tertiaire subtil et très agréable, la bouche semble beaucoup plus jeune avec une belle tonicité et des arômes fruités très distingués, la finale révèle une trame tannique fine et serrée et une acidité assez vive.
Même si l’olfaction trahit son âge, ce vin a gardé une bouche insolente de jeunesse. D’habitude je crains un peu les profils aromatiques trop évolués (je suis un peu « chocotte » avec les notes animales…) mais là je dois reconnaître que cette bouteille m’a particulièrement séduit…La classe !

 

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Pour conclure :

- le principe de cette petite dégustation bourguignonne consistait à associer un cru de la Côte de Beaune et un cru de la Côte de Nuits sur les mêmes millésimes avec une série qui remonte dans le temps pour terminer avec quelques belles pointures arrivées à maturité. Le choix des flacons ne fut pas chose aisée mais avec 4 bonnes surprises et 2 franches déceptions nous pouvons qualifier cette sélection de positive même si la magie n’a véritablement opéré qu’une seule fois !

- aujourd’hui, les rouges de 2008 ont montré un profil assez austère et difficile à approcher, les 2003 se sont révélés gourmands et équilibrés et la grande différence de niveau des deux Grands Crus de 1998 nous a rappelé que ce millésime fut assez compliqué en Bourgogne même sur les grands terroirs. Quant au 1997, invité de dernière minute, il a tenu vaillamment de rôle de cerise sur le gâteau…on aurait eu tort de s’en priver !

- Pour le coup de cœur aucune hésitation, l’Echezeaux 1998 s’impose sans hésitation mais je n’oublie pas la très belle surprise créee par le Pommard 2003, qui ne joue pas dans la même catégorie (de prix en l’occurrence) mais qui tient crânement sa place face aux Grands Crus.

 

 

 

Thème 2 : variations alsaciennes…sur 6 tons blancs.

 

 

Pinot Blanc Clos des Capucins 2008 – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est discret et précis, fruits blancs et notes pierreuses se partagent la palette, la bouche se montre nette et bien gourmande et la finale est fraîche et complexe avec des notes de pamplemousse et une touche minérale très affirmée.
Sylvaner Cuvée Hors la Loi 2002 – S. Landmann à Soultzmatt : le nez est intense et expressif sur le raisin sec et la pomme confite, la bouche est généreuse avec une palette révélant la surmaturité et le botrytis, le fruit est encore bien présent mais le caramel et la torréfaction (café) dominent la finale.
Les petits cépages alsaciens se montrent de façon complètement opposée dans ces deux cuvées : le vin de Seppi est hors norme à tous points de vue (même son prix d’ailleurs…) mais la vraie bonne surprise fut l’impeccable tenue du pinot blanc du Clos des Capucins. Superbe bouteille !

 

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Riesling G.C. Sommerberg 2007 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr : le nez est fin et bien guilleret avec une palette sur le citron et les fleurs blanches, en bouche l’attaque est vive et pointue mais le milieu montre une douceur très gourmande et la finale se prolonge sur des évocations minérales très nobles.
Auxerrois 2004 – Rolli-Gassmann à Rohrschwihr : le nez est pur mais pas très expansif avec un fruité discret, la bouche est plutôt ronde sans être trop volumineuse, l’équilibre reste très digeste et la finale livre un joli bouquet de notes florales.
J’ai reconnu tout de suite la patte de Claude Weinzorn sur le premier vin mais j’aurai parié sur un Brand, trompé par la finesse et la distinction qu’à montré cette bouteille ce soir. L’auxerrois a été le vin surprenant de la série : j’ai largement préféré le riesling mais cette cuvée d’entrée de gamme n’a absolument pas démérité…dans un millésime très difficile les Rolli-Gassmann un réussi un vin simple mais vraiment bon. Chapeau !

 

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Pinot gris Le Maréchal 2008 – F. Schmitt à Orschwihr : le nez est intense et complexe sur les fruits jaunes et les épices douces avec quelques notes boisées et mentholées, la bouche est généreuse, le gras est sensible et le milieu révèle une touche moelleuse bien intégrée, la finale est longue et de grande tenue.
Gewurztraminer G.C Osterberg V.T. 2006 – L. Sipp à Ribeauvillé : le nez est fin et précis sur la rose et la guimauve, la bouche est très riche avec une texture épaisse, presque huileuse et un volume tout en largeur, la finale est longue, très aromatique mais peut-être un peu monolithique.
Les deux cuvées plus baroques de cette série jouent leur partition sans fausse note : les matières sont concentrées et les équilibres tenus avec aplomb malgré une grande richesse. Le pinot gris, que j’ai découvert cette année lors de mes visites au domaine, a pris une patine de toute beauté et a trouvé une harmonie que je ne lui connaissais pas jusqu’ici. Le gewurztraminer possède un moelleux de très belle facture mais qui reste encore très dominant…un vin qui a surement encore besoin de quelques années d’affinage en cave.


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Pour conclure :

- cette série proposant 6 vins aux styles très différents a tenu ses promesses en livrant son lot de vraies « surprises » : une fois de plus l’incroyable diversité des vins d’Alsace a étonné les dégustateurs présents.

- avec des variables comme les cépages, les terroirs, les millésimes et les différentes méthodes de vinification on n’est pas prêt à sombrer dans l’uniformité dans la production viticole alsacienne. Ces six bouteilles nous ont proposé un tout petit aperçu du champ des possibles tout en montrant un très haut niveau d’exigence qualitative.
Voilà un thème que je reprogrammerais bien pour la saison suivante !

- difficile d’isoler un coup de cœur dans cette sélection où la hiérarchisation des cuvées est rendue très difficile par la grande variété des bouteilles présentées. Néanmoins, j’ai envie de mettre en avant ma préférence très « affective » pour le riesling de Claude Weinzorn et pourquoi pas pour le pinot gris de Frédéric Schmitt qui ouvre une voie nouvelle et originale dans la conception des vins d’Alsace…

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 10:38

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Pour cette dernière réunion A.O.C. avant les fêtes de fin d’années nous avons choisi d’associer les 2 thèmes suivants :
- Thème 1 : quelques vins rouges pour visiter le Roussillon.
- Thème 2 : quelques beaux liquoreux français.

Avec l’hiver qui s’installe progressivement en Alsace ces deux séries de vins tombent à pic pour nous apporter un peu de chaleur et de douceur.
Les rouges costauds et épicés du Roussillon nous feront peut-être oublier les innombrables foires au vin chaud qui vont se multiplier en Alsace durant le mois à venir et les liquoreux festifs et raffinés nous donneront un petit avant-goût des traditionnelles réjouissances de fin d’année.

C’est Lionel qui a coordonné la conception des deux séries secondé par François, toujours à l’affût de l’une ou l’autre opportunité pour dénicher des cuvées rares et originales.

Les vins du premier thème sont servis 2 par 2, bouteilles cachées ; ils sont dégustés et notés à l’aveugle.
Les vins du deuxième thème sont servis 1 à 1, cachés pour les premiers et découverts pour les 3 Sauternes.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 2 décembre 2011 à La Wantzenau



Thème 1 : fait-il chaud dans le Roussillon en hiver ?

 

 

Côtes du Roussillon Villages Mas Karolina 2006 – C. Bonville à Saint Paul de Fenouillet : le nez est d’abord fortement marqué par l’élevage (vanille, notes lactées et bois) avant de livrer quelques arômes de cerise à l’eau de vie, la bouche est puissante, tant au niveau de la structure que des saveurs qui peuvent devenir entêtantes (épices, cacao), la finale se prolonge avec une amertume très présente.
Côtes du Roussillon Villages Chimères 2008 – Château Saint Roch à Perpignan : le nez est intense et un peu « sauvage » (caoutchouc, animal) avec de petites notes de fruits noirs qui peinent à se faire sentir, la bouche possède un toucher gras et soyeux avec une matière bien équilibrée et une finale qui laisse apparaître des tanins un peu secs.
Ces deux vins possèdent des jus riches et concentrés qu’un élevage un peu trop voyant a peut-être affecté outre mesure…dommage car on y perçoit des matières gourmandes et pleines d’énergie.
On pourrait envisager quelques années de garde supplémentaires pour donner une patine plus douce à ces vins mais les sensations de sècheresse laissées en finale ne laissent pas trop d’espoir quant à leur potentiel d’évolution.


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Côtes du Roussillon La Passion d’une Vie 2003 – B. Magrez à Estagel : le nez est fin et élégant sur les fruits rouges bien mûrs, l’équilibre en bouche est frais et le fruité particulièrement agréable, la finale est assez longue mais un peu austère.
Vin de Pays des Côtes Catalanes Clos du Rouge Gorge-Jeunes Vignes 2009 – C. Phal à Latour de France : le nez est intense avec un profil « nature » très marqué, médicinal (camphre, calyptol) et un peu animal, l’attaque en bouche est légèrement perlante mais l’équilibre est frais et très aérien avec un registre aromatique qui se purifie et se complexifie pour finir sur de très belles notes florales et épicées.
Voilà un couple de vins qui font la part belle au carignan (cépage majoritaire dans les deux cuvées : plus de 40% pour le premier et plus de 80% pour le second) mais qui se différencient du tout au tout dans leur expression.
Il est évident que sur ces deux vins la marque de la patte du vigneron est profonde : le premier précis, élégant et facile d’accès, le second très revêche à priori mais qui dévoile au fur et à mesure une matière gourmande et une palette très raffinée.
Comme il fallait s’y attendre le vin de Bernard Magrez a largement remporté les suffrages dans ce duel face à la cuvée de Cyril Phal qui ne se présentait pas sous son meilleur jour aujourd’hui…dommage !

 

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Collioure Domaine Berta-Maillol 2008 – Banyuls sur Mer : le nez est discret mais très fin avec une palette subtile sur la rose et la cerise rouge, la bouche possède un équilibre frais et un très beau fruit (une texture presque « bourguignonne » en fait…), la finale est longue et aromatique avec des notes de cerise et de noyau.
Collioure Domaine Saint Sébastien 2007 – Banyuls sur Mer : le nez est expressif sur les fruits noirs et les épices, la présence en bouche rappelle nettement la cuvée Chimères dégustée précédemment, une belle tenue un peu gâchée par une finale trop austère.
Plus complets et mieux équilibrés que les quatre premiers vins, ces Collioure se sont présentés comme de parfaits séducteurs ce soir…Une jolie surprise et une invitation à connaître un peu mieux cette appellation dont je n’ai que très peu de souvenirs gustatifs.
Avec 2012 qui approche, voilà déjà ma première bonne résolution !

 

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Côtes du Roussillon Villages La Muntada 2003 – Domaine Gauby à Calce : le nez est fin et complexe sur la framboise mûre, les épices et quelques notes boisées très nobles, en bouche l’attaque est vive, le milieu bien équilibré développe une belle palette aromatique et révèle une trame tannique polie et racée, la finale est très longue et particulièrement complexe.
Mûr, équilibré avec une palette aromatique épanouie et une présence en bouche suave et gourmande…Superbe !!!!

 

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Pour conclure :

- c’est avec grand plaisir que j’ai renoué ce contact gustatif avec une région que je n’ai plus visitée depuis bien longtemps : ces vins solaires m’ont rappelé mes escapades familiales dans le Roussillon et m’ont donné une furieuse envie d’y retourner prochainement.

- les 6 vins dégustés ce soir nous ont donné un petit aperçu sur la diversité de la production du Roussillon : certes la générosité (parfois excessive) constitue un caractère commun aux cuvées de cette série, cependant chaque bouteille révèle une personnalité bien particulière.
Diversité des terroirs…probablement, marque spécifique de chaque vigneron…sûrement.

- Pour le coup de cœur aucune hésitation : la Muntada s’impose largement en écrasant la concurrence par une classe un peu hors norme…ceci dit, en temps de crise, son prix (également hors norme) peut dissuader l’amateur le plus motivé qui pourra se rabattre sur l’une ou l’autre cuvée de Collioure qui ont également marqué les esprits par leur personnalité vraiment attachante.



Thème 2 : heureux avec des liquoreux ?


Banyuls Blanc Domaine Berta-Maillol 2008 – Banyuls sur Mer : le nez est riche et intense sur la gelée de coing, le miel et les épices, la bouche s’ouvre sur un moelleux très sensible suivi d’une présence alcooleuse assez forte, la finale revient sur davantage de finesse avec un profil aromatique bien complexe.
Dégustée à l’aveugle, cette cuvée a rapidement été identifiée comme un vin muté et a été bien appréciée pour son beau registre aromatique et sa finale de grande classe.

Coteaux du Layon Beaulieu Château Pierre Bize-Les Rouannières 2004 – C. Papin à Beaulieu sur Layon : le nez s’ouvre sur des notes végétales peu agréables (champignon blanc, betterave) avant de livrer quelques discrets arômes miellés, en bouche, l’attaque est souple et le registre aromatique devient plus agréable avec de belles notes de pain d’épices et de miel, la finale rappelle les sensations végétales perçues au nez.
Le millésime marque fortement cette cuvée avec des arômes peu élégants qui prennent le dessus et qui font oublier que la matière première ne manque pas de charme. Peut-être un peu trop vieux…dommage !

Pinot Gris V.T. 1998 – L. Sipp à Ribeauvillé : le nez est discret sur le miel et le raisin sec, la bouche est agréable mais un peu simple, le registre aromatique reste bien fin, toujours sur le raisin sec, pour se complexifier en finale avec des notes de tabac blond et une fine amertume.
Ce pinot gris pur mais un peu simple a déçu les trois membres du club qui avaient bien mieux goûté ce vin au domaine Sipp il y a quelques jours…ceci dit, ne boudons pas notre plaisir, cette V.T. reste une belle bouteille même, si son apogée semble dépassé !

 

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Château Lafaurie Peyraguey 2007 - Bommes : le nez est superbe de gourmandise avec sa palette épanouie et complexe sur la mangue, le citron confit et les épices (vanille, girofle) soutenue par un boisé très subtil, la bouche possède un moelleux sensible équilibré par une acidité fine qui s’élargit au fur et à mesure pour tendre une très belle finale longue et puissamment aromatique.
Ce Sauternes de grande classe s’offre à nous avec facilité tout en gardant toute sa distinction…Excellent, tout simplement !

Château La Tour Blanche 2005 - Bommes : le nez est plus secret avec des nuances exotiques bien timides, la bouche possède une structure sphérique quasi-parfaite, assez massive mais équilibrée la matière est bien épanouie, la finale reste bien moelleuse et développe d’intenses arômes épicés.
Plus fondu mais moins exubérant au plan aromatique, ce vin se fait remarquer par sa structure en bouche qui sait rester élégante et distinguée malgré une richesse affirmée.

Château Yquem 1998 - Sauternes : le nez est discret mais évolue en permanence pour donner un récital aromatique d’une rare complexité, cire, acacia, pralin, épices douces, léger fumé, encens…, en bouche la texture est soyeuse, extrêmement concentrée avec un équilibre évident et une palette qui se développe encore un peu plus, l’exceptionnelle longueur aromatique de la finale ne laisse plus aucun doute sur la grandeur de ce vin.
Ce vin mythique se montre un peu réservé à l’ouverture mais progressivement, il exprime une personnalité d’une richesse et d’une complexité inouïes ; le retour vers les très belles cuvées goûtées juste avant livre un verdict sans appel : Yquem est au dessus à tous points de vue et à l’unanimité…un vin immense qui a pleinement justifié son rang ce soir !
 

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Pour conclure :

- Il est toujours difficile d’aborder un thème comme les liquoreux : ces vins riches et capiteux peuvent fatiguer rapidement des dégustateurs. Le choix de constituer deux triplettes avec les incontournables Sauternes d’un côté et quelques moelleux provenant d’autres régions françaises, nous a donné l’occasion d’apprécier pleinement et sans lassitude les 6 bouteilles sélectionnées par Lionel.

- La première série très diversifiée qui avait comme objectif premier de nous mettre en appétit n’a pas franchement démérité : le Banyuls comme transition avec le thème précédent nous a obligés à recalibrer notre palais pour pouvoir l’apprécier pleinement, le Layon 2004 de Papin et le Pinot Gris VT 98 de Sipp se sont montrés moins à leur avantage et ont déçu les dégustateurs qui connaissaient ces vins et qui les avaient déjà beaucoup mieux goûtés par le passé...dommage !

- Les 3 Sauternes se sont facilement imposés face à cette concurrence somme toute assez modeste et Yquem s’est vraiment comporté en leader incontesté de l’appellation : les attentes par rapport à ce vin étaient évidemment très fortes et pourtant personne n’a été déçu…voilà une rencontre qui a marqué chaque dégustateur présent.

- Enorme coup de cœur pour cette bouteille qui rentre dans mon classement personnel à la deuxième place après le grandiose 1986 et bien avant 99, 91 ou 87 goûtés au cours de ces dernières années.

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 10:58

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Club AOC…la classe jusque dans les chaussettes à vin !

 

La réunion de novembre de notre club reprend le principe fort apprécié de l’association de deux thèmes très différents. D’un côté, la découverte gustative d’un domaine du Jura et de l’autre un aperçu d’une des plus célèbres régions viticoles d’Espagne :

- Thème 1 : les vins du domaine Pignier à Montaigu.
- Thème 2 : quelques beaux crus de la Rioja.

Après ma visite enthousiasmante de juin 2011 au domaine Pignier, j’ai pensé qu’il était tout à fait indispensable de faire découvrir cette vision particulière des vins du Jura à mes confrères du club A.O.C.
Les bouteilles de cette série ont donc été achetées pour cette occasion lors de mon passage à Montaigu…trop facile !


Pour choisir les vins de la Rioja, ce fut plus complexe : constituer une série raisonnable (8 à 10 bouteilles) et un tant soit peu représentative d’un vignoble qui produit en moyenne 250 millions d’hectolitres de vin chaque année ne fut sûrement pas une mince affaire. Ce sont Alain et François qui ont relevé le défi en nous proposant une sélection de 10 belles quilles…Chapeau bas, messieurs !

Les vins de la première série sont servis 1 par 1 ou 2 par 2, bouteilles cachées.
Les vins de la seconde série sont carafés et servis 2 par 2.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 4 novembre 2011 à La Wantzenau



Thème 1 : reculées jurassiennes et biodynamie, le vin selon les Pignier.

 

 

Crémant du Jura Brut : le nez est agréable, très floral, en bouche, la bulle est fine, la mousse bien crémeuse et la finale assez pointue laisse une jolie impression de fraîcheur.
Issu à 100% de chardonnays provenant de la reculée du Val de Sorne au sud de Montaigu, ce crémant a été élevé 18 mois sur lattes. Il se présente comme un vin techniquement bien maîtrisé, désaltérant et finement aromatique.

 

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Cotes du Jura A la Percenette 2008 : le nez est complexe et évolutif, il nous évoque les fruits jaunes et les fleurs avec quelques notes un peu briochées, la bouche est souple et aérienne mais avec des arômes qui s’intensifient progressivement, la longue finale laisse apparaître une touche mentholée.
Cotes du Jura Sauvageon 2009 : après des notes de réduction assez intenses mais fugaces le registre aromatique se précise et se purifie avec un fruité puissant et une pointe d’épices et de pierre à feu, la matière en bouche est ample et charnue avec une finale où on retrouve un équilibre plus vif et un retour très épicé.
Les chardonnays de la première cuvée et les savagnins de la seconde proviennent du terroir argilo-marno-calcaire de la reculée du Val de Vallière avec des rendements très limités (35 hl/ha pour les chardonnays et 25 hl/ha pour les savagnins). Vinifiés et élevés en fûts de chêne avec ouillage, ces vins se présentent à nous de façon un peu déstabilisante en sortant des canons jurassiens traditionnels, mais au bout du compte, les équilibres sont parfaits, les palettes aromatiques sont particulièrement raffinées et la buvabilité est maximale…que demander de plus ?

 

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Cotes du Jura Cellier des Chartreux 2007 : le nez est élégant et bien typé avec des notes de fruits secs et d’épices, la bouche se caractérise par une fort jolie prestance avec un toucher assez gras et une vivacité bien présente, la finale très aérienne laisse un sillage aromatique floral et discrètement épicé.
Cotes du Jura Savagnin 2006 : le nez est intense et fortement typé Jura avec des arômes de pomelo mûr, de noix, de fumée et d’épices (curcuma, safran), la bouche est puissante et volumineuse et la finale très longue revient sur la noix et les épices.
Ces deux vins sont issus de terroirs proches de ceux des deux cuvées précédentes (la reculée du Val de Vallière), mais leur élevage oxydatif (sans ouillage) leur confère un caractère nettement plus classique pour cette région. Après 36 mois en pièces bourguignonnes pour les chardonnays des « Chartreux » et 48 mois pour les savagnins, ces deux cuvées affirment avec force leur origine et leur personnalité complexe…pas toujours facile à comprendre.
Notre assemblée de dégustateurs se divise face à cette expressivité particulière…
personnellement je suis un fan de longue date de ce style si particulier et je me régale !

 

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Cotes du Jura Trousseau-Les Gauthières 2009 : le premier nez est intense mais assez désagréable (réduction, notes de caoutchouc), les fruits noirs, la réglisse et l’humus s’invitent discrètement après une longue aération, malgré une petite pointe de CO2 qui se résorbera assez rapidement, la bouche ne manque pas d’élégance, bien équilibrée et finement tannique, elle développe un fruité un peu plus expressif mais finit un peu court.
Cette cuvée vinifiée, élevée et mise en bouteille sans additif œnologique, est issue d’une parcelle de trousseau située dans la reculée du Val de Sorne. Avec les effets conjugués du millésime et de pratiques culturales qui limitent les rendements à 25 hl/ha, le domaine a sorti une cuvée assez riche et bien équilibrée mais qui a eu bien du mal à convaincre l’assemblée oenophile de ce soir : olfaction très « nature » intense et persistante et structure qui reste un peu austère malgré tout…ce vin m’avait fait une meilleure impression au domaine (bouteille ouverte depuis plus longtemps, je suppose), mais bon, je dois bien reconnaître que je ne suis pas trop réceptif à l’esthétique de ce type de vins.

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Pour conclure :

- Un crémant flatteur et guilleret, des blancs originaux et bien typés, un rouge avec une personnalité un peu « montagnarde », voilà 6 bouteilles qui traduisent bien l’esprit de la maison Pignier : alliance entre traditionalisme et créativité avec une démarche éco-responsable et une exigence qualitative absolue à chaque niveau de l’élaboration des différentes cuvées.

- Personnellement je reste sous le charme des 4 cuvées de blanc : les vins ouillés offrent une vision des très particulière du Jura mais leur finesse et leur gourmandise sont exceptionnelles quant aux vins non ouillés ce sont des modèles d’expressivité et d’équilibre jurassiens.

- Sur le tarif du domaine on trouve quelques autres vins non dégustés ce soir avec notamment :
* une cuvée baptisée GPS alliant les 3 principaux cépages du Jura, gamay blanc, poulsard et savagnin vinifiés en blanc et sans soufre ajouté…épuisée lors de mon passage à Montaigu
* un splendide Vin Jaune, version plus dense et plus concentrée de la cuvée de savagnin.
Certes, les prix des bouteilles, relativement élevés pour la région, peuvent surprendre, mais lorsqu’on considère les efforts consentis par ces vignerons dans leur démarche de production et surtout lorsqu’on déguste leurs vins, ce sont des considérations qui passent rapidement au second plan…malgré la crise et la croissance en berne.
Buvons moins mais buvons mieux, les bons producteurs, nos banquiers et nos foies nous en seront reconnaissants !

 

 

 

Thème 2 : Rioja, vins ibères pour l’hiver ?

 

 

 

Cepa Lebrel – Crianza 2008 : le nez est intense et flatteur sur la confiture de mûre avec un fond boisé-vanillé, la bouche est charnue et bien concentrée avec une finale bien fraîche où pointent des notes de violette.
Dominio de Laertes – Crianza 2008 : le nez est plus discret sur les fruits rouges (framboise et groseille) et la torréfaction, la bouche est solidement charpentée mais le fruité reste net (groseille) et se prolonge pour rendre la finale très gourmande.
Ces deux cuvées se caractérisent par une olfaction franche et terriblement séduisante et des équilibres en bouche tout à fait plaisants bien que très différents. On commence la série par deux vins très faciles à aimer…ne cherchons pas plus loin et régalons nous !

 

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Seniorio de P. Pecina – Crianza 2005 : à l’ouverture le nez est dominé par des notes de torréfaction, après oxygénation la palette révèle un fruité léger et des arômes plus raffinés de thym et d’encens, finement acidulée à l’attaque, la bouche évolue vers un bel équilibre entre rondeur et trame tannique fine, la finale revient sur le fruit et la fraîcheur.
R. Lopez de Heredia-Vina Cubillo – Crianza 2005 : le nez manque de netteté (notes liégeuses), en bouche la structure est belle, très proche de celle du vin précédent mais le registre aromatique reste marqué par le défaut constaté au nez…Dommage !
La première bouteille montre que le temps fait beaucoup de bien aux vins de la Rioja, la structures a gagné en finesse et la palette aromatique s’est joliment  complexifiée... la seconde montre que les problèmes de bouchage ne connaissent pas de frontière…Hélas !


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Marques de Riscal – Reserva 2005 : le nez s’ouvre sur des notes bien grillées, presque brûlées (caoutchouc) et légèrement boisées, par la suite l’ensemble devient plus harmonieux avec des arômes de fruits noirs et de rose, la bouche est très sphérique avec un beau volume et un toucher agréable, la finale est longue et bien fraîche.
Marques de Murrieta – Reserva 2005 : le nez est charmeur avec un fruité mûr et expressif (fruits rouges) et une touche boisée vanillée assez présente, la bouche est volumineuse avec une matière opulente mais une trame tannique serré assez rude, la finale garde malgré tout une belle fraîcheur.
On monte d’un cran dans la hiérarchie et on s’aperçoit que sur ces vins du même millésime que précédemment les matières ne sont pas encore assez patinées pour nous régaler vraiment. On sent un beau potentiel mais on ne peut pas s’empêcher de penser à des extractions excessives…

 

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Conde de Valdemar – Reserva 2004 : le nez est discret et finement épicé, la bouche est assez élancée avec un bouquet qui se révèle un peu plus mais la finale se montre très sèche en laissant une impression austère persistante.
Muga – Reserva 2004 : le nez est discret sur la cerise noire et un léger fumé, la bouche est ronde mais soutenue par une charpente bien solide, la finale revient sur de délicates saveurs de fruits noirs.
Lopez de Heredia – Reserva 2003 : le nez s’ouvre sur de fines notes de torréfaction et de fumée avant de laisser s’exprimer de beaux arômes de fruits rouges mûrs, la bouche possède un équilibre subtil, très « bordelais » avec une belle harmonie entre richesse et tanins, la finale nous rappelle la belle palette fruitée du nez.
La série se termine par une triplette qui nous montre comment ces beaux vins continuent d’évoluer dans le temps en jouant sur des matières toujours relativement riches mais en s’appuyant sur des charpentes bien solides et des trames acides qui se montrent avec beaucoup de netteté au moment de la finale…peut-être une des caractéristiques les plus évidentes de ces cuvées où le cépage tempranillo règne en maître.

 

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Lopez de Heredia-Vinia Tondonia – Reserva 1993 : le nez est complexe, évolutif et très raffiné, la bouche est splendide avec une structure sphérique, ample et un profil aromatique très distingué où de discrètes notes oxydatives agrémentent la longue finale.
Véritable rareté issue de cette région où les rouges dominent largement, ce blanc élevé durant 6 ans en barriques et vieilli 10 ans en bouteilles avant d’être commercialisé, a d’abord surpris tout le monde par sa personnalité tout à fait originale…mais à la deuxième gorgée il s’est imposé comme l’un des meilleurs vins de la soirée…SUPERBE !

 

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Pour conclure :

- De toutes mes visites gustatives dans des vignobles étrangers c’est toujours du côté de l’Espagne que je trouve le plus facilement des vins qui me parlent et cette série du jour a bien évidemment confirmé cette tendance. Fan absolu de l’élégance des grands Bourgognes, je ne déteste pas me frotter aux matières plus généreuses des rouges du sud, à condition qu’elles reposent sur des structures équilibrées : ces vins rouges de la Rioja dégustés ce soir, correspondent tout à fait à cette exigence…j’ai passé une bonne soirée en leur compagnie !

- Assise sur une histoire millénaire, la culture viticole de la Rioja est assez proche de la nôtre : certes les vieilles exploitations familiales ont souvent des dimensions qui dépassent de loin celles de nos domaines français mais on y parle terroir, climat, pédologie et, même si les procédés de vinification et d’élevage ne sont pas aussi réglementés qu’en France, on a senti au fond de chaque bouteille une vraie recherche d’excellence.

- Pour les coups de cœur, je choisirai en premier lieu le remarquable blanc 93 qui a terminé cette série en apothéose suivi de la cuvée Crianza 2005 - Seniorio de P. Pecina, peut-être la seule bouteille de cette série de vins rouges qui avait atteint sa maturité optimale en nous régalant par sa richesse et son équilibre.

- Pour être complet, il faut également relever l’excellent rapport Q/P offert par la plupart des crus de cette région…en ces temps de crise, c’est un élément qui a son importance !

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 08:41

 

 
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Club AOC…la classe jusque dans les chaussettes à vin !

 

 

Après une réunion de rentrée conviviale et copieusement arrosée en septembre, avec des tartes flambées brillamment réalisées par notre couple d’experts, Frantz et Martial, secondés dans leur tâche par François, « Monsieur Plus » et Alain, le stakhanoviste de la crème et du lardon, notre club reprend ses activités habituelles ce soir.
Au programme deux nouveau thèmes fort intéressants (comme d’habitude) :

- Thème 1 : à la découverte des vins de Moldavie.
- Thème 2 : les blancs de Bourgogne sont-ils vraiment les plus grands ?

 Stefan est citoyen moldave et membre émérite de notre club depuis plus de deux ans. Il a pu faire jouer son réseau relationnel chez ses compatriotes pour constituer une série de bouteilles qui pourra nous donner un petit aperçu de la production vinique de son pays.
L’occasion était trop belle : pouvoir parler de vins moldaves, ça n’est pas donné à tout le monde…je vais enfin pouvoir me distinguer dans les assemblées viniques !
 

 

Pour les bourgognes blancs ce fut plus classique et plus facile, mon addiction à ces vins m’ayant conduit à en encaver depuis plus de 2 décennies, je n’ai eu qu’à faire un petit tour dans ma réserve personnelle pour constituer une série de 6 pépites censées démontrer au groupe de ce soir que cette place au sommet de la planète vinique n’était pas fortuite.
Moi, j’en suis convaincu depuis longtemps…mais je vais avoir affaire à quelques alsacos purs et durs…Suspense !

Les vins de la première série sont servis 1 par 1 et 2 par 2 pour les 4 dernières références, bouteilles cachées.
Les vins de la seconde série sont cachés et servis 2 par 2.

Verres INAO.

Soirée Club AOC du 7 octobre 2011 à La Wantzenau

 

 

 

Thème 1 : c’est où déjà la Moldavie ?

Crémant Cricova Cuvée Prestige : le nez est agréable et très classique sur les fruits blancs, le beurre, la craie et une petite touche de miel, en bouche la mousse est virulent avec un CO2 qui altère peut-être un peu la pureté du goût, la finale est légèrement amère.
Située au centre de la Moldavie, près du village éponyme, la maison Cricova est connue pour ses caves gigantesques (100 km de galeries…ça calme !) implantées dans une ancienne mine. Ce crémant conçu selon la méthode champenoise est un assemblage de pinot blanc et de chardonnay constitue une plaisante entrée en matière même si sa bulle agresse un peu le palais.

 

Cricova 

Chardonnay Premium Wine 2008 – Purcari : le nez est discret avec quelques notes beurrées et boisées suivies par des arômes floraux très fins, l’attaque en bouche est empreinte d’une certaine douceur avant de révéler une matière assez légère mais bien fraîche, la finale est vive et discrètement boisée.
Avec un marquage chardonnay bien présent mais des éléments constitutifs qui apparaissent un peu dissociés à l’ouverture, ce vin se montrera bien plus à son avantage en fin de soirée après une longue oxygénation…une cuvée sûrement encore un peu jeune, mais avec un vrai potentiel !
Comme pour le vin précédent, Purcari est le nom d’un village situé dans le sud-est de ce pays mais aussi celui de l’exploitation viticole qui a produit cette bouteille. La plupart des vins de la soirée proviennent de ce domaine dont nous reparlerons plus loin.
 

 

Rara Neagra 2009 – Purcari : le nez est assez intense et bien net sur les petits fruits rouges, en bouche les arômes de groseille s’imposent, la matière est assez ample mais la finale est très austère.
Issu d’un cépage autochtone ce premier vin rouge de la série séduit par sa présence aromatique mais dérange un peu par un excès de sècheresse en bouche…étonnant pour un 2009 !

 

Rara Neagra de Purcari 2009

 

Shiraz Equinox 2009 : le nez est dominé par de puissantes notes d’élevage qui laissent peu à peu la place à d’élégants arômes floraux et épicés, la bouche est assez charmeuse avec du fruit, une pointe acidulée et un boisé plus discret qui revient en finale.
Ce vin de syrah, produit par un vigneron indépendant du village de Purcari, est un peu trop « planchu » à mon goût mais révèle une très belle matière en bouche…visiblement pas tout à fait en place aujourd’hui cette cuvée peut réserver une bonne surprise dans quelques temps.

 

Equinox Shiraz 2009

 

Pinot Noir 2006 – Purcari : d’entrée le nez se montre plus raffiné avec une palette sur les fruits mûrs et les épices, la bouche possède des tanins soyeux, une acidité bien verticale et une matière très gourmande, la finale est bien aromatique mais se révèle un peu court.
Même si le corps manque un peu de charpente, ce vin se déguste avec plaisir, tout en finesse et en douceur.
 

 

Cabernet Sauvignon 2003 – Purcari : le nez est discret mais très complexe avec des notes de petits fruits rouges, des épices et une touche légèrement fumée, la bouche est tonique, toujours bien fruitée mais la finale est marquée par une acidité très pointue et des tanins assez virils.
Malgré de belles promesses au nez ce vin se montre trop sévère en bouche…et pourtant avec ce millésime on aurait pu s’attendre à davantage d’agrément au bout de 8 ans de garde.

Rosu de Purcari 2003 – Purcari : le nez est dominé longuement par des notes empyreumatiques assez bizarres (caoutchouc, caramel brûlé), la bouche est très anguleuse mais avec un fruité qui commence à se manifester, la finale est dense mais la trame tannique reste assez râpeuse.
Château la Rose Brana 2003 – Vignobles Ollier à Saint Estèphe : le nez dénote avec le précédent par sa finesse, on y trouve des arômes de fruits rouges acidulés sur une fond boisé très fin, la bouche surprend par sa virulence, les tanins sont anguleux, l’acidité est puissante et la finale reste assez agressive malgré l’apparition de quelques notes de violette tout à fait charmantes.

 

Chateau La Rose Brana St Estephe

 
Cette paire de vins avec un pirate que personne n’a démasqué, ont des structures en bouche presque similaires, austères et excessivement viriles même si le Saint Estèphe offre une palette aromatique plus raffinée que la cuvée moldave. Issu d’un assemblage de cabernet-sauvignon, merlot et malbec élevé 3 ans dans des barriques de chêne français, ce Rosu n’a toujours pas digéré son élevage…mais y arrivera-t-il un jour ?
Le Saint-Estèphe a globalement déçu, surtout en bouche, même s’il s’est montré plus d’harmonieux le lendemain…


Negru de Purcari 2005 – Purcari : le nez est délicat et raffiné avec un registre sur les fruits noirs confits et les épices (muscade), en bouche l’attaque est vive, la matière est charnue, riche et très juteuse, la finale est légèrement acidulée et revient sur les notes épicées.


Negru de Purcari

 

Negru de Purcari 2003 – Purcari : comme le précédent le nez libère de beaux arômes de fruits noirs mûrs mais révèle un boisé subtil et bien intégré, la bouche est dense, veloutée avec une matière riche et des tanins souples, le finale reste bien fraîche mais d’une longueur conséquente.
Les Negru de Purcari sont des assemblages dominés par le cabernet sauvignon (70%) et complétés par 2 cépages locaux (20% de rara negra et 10% de saperavi). Ces 2 vins nous font faire un vrai bond qualitatif dans la série : une grande distinction au plan aromatique et un équilibre impeccable en bouche, ces fleurons de la maison Purcari sont de très beaux vins !

 

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La série complète.



Pour conclure :

- La Moldavie est une petite république de 4 millions d’habitants située entre la Roumanie et l’Ukraine. L’histoire viticole de ce pays est très longue puisque, dès le I° siècle avant J.C., les Grecs y ont introduit leurs cépages et leurs pratiques culturales.
Complètement détruit par les deux guerres mondiales et par les mesures drastiques de lutte contre l’alcoolisme imposées par l’U.R.S.S. des années 80 (arrachage d’une grande partie des vignes), la viticulture moldave renaît de ses cendres depuis la fin des années 1990 si bien qu’aujourd’hui on ne compte pas moins de 147000 hectares en culture .

 

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La Moldavie et ses principales villes…Purcari se trouve à l’est de Causeni sur les bords du fleuve Nistru

 

- Le secteur de Purcari est particulièrement propice à la culture de la vigne : avec une latitude équivalente à la Bourgogne, des vignes sur les coteaux qui bordent le fleuve Nistru, un sol argilo-calcaire recouvert d’une couche de terre noire plus fertile et un microclimat adouci par l’influence de la Mer Noire, on dispose de conditions très favorables pour concevoir de beaux vins.

 

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Purcari et les méandres du Nistru

 

- La plupart des vins dégustés ce soir sont encore un peu trop démonstratifs avec des élevages qui manquent de subtilité et des matières parfois un peu trop virulentes, mais les potentialités de ce vignoble sont évidentes…il suffit pour s’en convaincre de goûter les 2 magnifiques Negru de Purcari, coups de cœur absolus sur cette série.

- Après ce voyage culturel et gustatif tout à fait passionnant, il faut remercier chaleureusement Stefan notre guide en terre moldave pour la qualité de son travail : j’ai appris à connaître un peu mieux ce pays tout en me régalant avec cette dizaine de flacons venus d’une région plus qu’exotique pour un oenophile francocentré de mon acabit…on voyage, on s’ouvre de nouveaux horizons dans notre culture vinique, c’est ça aussi le club A.O.C. !

 

 

 

Thème 2 : les rois bourguignons méritent-ils leur trône ?

Pernand Vergelesses Les Cloux 2008 – Domaine Rollin à Pernand Vergelesses : le nez est discret mais raffiné avec des arômes de pamplemousse et quelques évocations très minérales (pierre, coquille d’huitre), la bouche est ample, verticale et minérale avec une acidité droite bien longue et une finale où apparaît une fine touche mentholée.
Meursault Vieilles Vignes 2008 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : le nez est épanoui et complexe avec des notes de miel, de mirabelle et de poire Williams, la bouche possède une structure large et sphérique, beaucoup de volume et de gras et une finale très longue où on retrouve la complexité aromatique perçue au nez.
Voilà une belle entrée en matière avec ces deux cuvées de caractère très différent mais avec un excellent niveau qualitatif : le Pernand est un vin de terre sans concession mais avec une structure solide et impeccablement construite alors que le Meursault se présente d’emblée comme un grand séducteur tout en révélant une matière dense et équilibrée, pleine de sève et d’énergie…et 2 MIAMS pour commencer !

 

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Puligny Montrachet 1°Cru Les Referts 2004 – Domaine Carillon à Puligny : à l’ouverture le nez se montre peu avenant avec des notes de poudre à canon et un peu de réduction, après oxygénation la palette se purifie pour évoquer des beaux arômes d’écorce d’agrumes, de fougère et d’épices, la bouche est puissante avec une structure verticale et une finale longue et complexe.
Meursault 1°Cru Bouches Chères 2004 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : le nez est très agréable, ouvert et disert, il fait parler l’assistance…miel de châtaigne, fleurs, notes fumées, épices douces, la bouche donne une impression de suavité par sa texture soyeuse et son gras très élégant, la finale longue laisse transparaître de discrètes notes de gentiane.
Ces deux premiers crus issus d’un millésime réputé difficile tiennent leur rang avec noblesse et distinction tout en gardant leurs différences : le Referts puissant et minéral et le Bouches-Chères caressant et raffiné…un couple magnifique !

 

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Corton Charlemagne 1997 – Domaine Marey à Pernand Vergelesses : le nez est complexe et évolutif, après des notes minérales (poudre à canon et silex), on perçoit l’amande grillée, les fruits jaunes et les épices, la bouche est opulente, riche et volumineuse avec un milieu un peu moins dense mais une finale qui impose avec force une longue persistance aromatique.
Bienvenues Bâtard Montrachet 1997 – Domaine Carillon à Puligny : le nez est discret et racé, craie, silex écorce de citron, la bouche est puissante, minérale et très grasse avec des arômes nobles et pénétrants qui persistent dans une finale de longueur exceptionnelle.
C’est toujours difficile d’ouvrir de grandes bouteilles car, au vu des attentes justement très élevées, le risque de déception est réel…mais ce soir, les « pointures » se sont imposées avec brio !
Des émotions pures et intenses face à l’évidente beauté ces 2 vins…silence et recueillement !

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Pour conclure :

- cette série très courte a été conçue pour offrir un crescendo qualitatif en associant deux vins de niveau et de millésime similaires mais d’origine et d’expression différentes. Après la dégustation on a le sentiment que ces 6 crus ont vraiment joué leur partition sans fausse note en assumant leur typicité et leur classement.

- Les villages 2008 se sont montrés bien ouverts et ont séduit par leur franchise et leur gourmandise, les premiers crus 2004 étaient à parfaite maturité, riches et complexes (et sans faux goûts végétaux…pour le meursault, il fallait vraiment chercher et donc connaître le millésime, j’étais d’ailleurs le seul à trouver un peu de gentiane…pas étonnant !), enfin les 2 Grands Crus nous ont mis une belle claque avec des présences olfactives complexes et des textures en bouche d’une densité et d’une puissance vraiment incomparables. De plus, après plus de 14 ans de garde, ils se tenaient magnifiquement bien et ne semblaient pas du tout prêts à partir sur le déclin, apportant ainsi la preuve que l’on peut garder sereinement de grands bourgognes blancs.

- à titre personnel, s’il fallait vraiment isoler l’un au l’autre coup de coeur de cette sélection, je choisirai d’un côté le Meursault Vieilles Vignes 2008, jeune mais déjà tellement séduisant et d’un autre côté le Bienvenues 1997 qui rentre dans le pinacle des très grands vins blancs que j’ai eu l’occasion de boire (comme  son grand frère de 1993 que j’ai dégoupillé quelques jours auparavant avec l’ami cyra).

 

 

Beaux Bourgognes Blancs

 

La série bourguignonne au complet avec des « tenues » plus ou moins présentables…mais comme on dit « l’habit ne fait pas le moine ».

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 15:28

 

 

Pour cette dernière réunion avant la trêve estivale nous avons choisi d’associer les 2 thèmes suivants :
- Thème 1 : des bulles de France et d’ailleurs.
- Thème 2 : retour en Languedoc avec des vins des Terrasses du Larzac.

François, Eric et Paul ont constitué une série de vins effervescents pour donner une touche festive et rafraichissante à cette session estivale et je me suis chargé de trouver quelques quilles languedociennes…comme un petit avant goût de vacances !

Les vins de la première série sont servis bouteilles cachées et pour la plupart 2 par 2 ; ils sont dégustés et notés à l’aveugle.
Les vins de la deuxième série ont été débouchés le matin, les 3 rouges de Daumas Gassac ont été passés en carafe 4 heures avant la dégustation, les autres vins ont été carafés juste avant le service.
Les Daumas sont servis un par un dans l’ordre décroissant des millésimes, les trois autres rouges sont dégustés à l’aveugle.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 1 juillet 2011 à Kientzville



Thème 1 : préparons les vacances en coinçant la bulle.


Prosecco Frizzante – Villa Sandi - Treviso : le nez est aimable sur des fruits blancs, la bouche est très aérienne avec une bulle légère et une petite amertume en finale.
Prosecco Il Fresco – Villa Sandi - Treviso : le nez est discret, un peu grillé avec des notes de cacahuète, la bouche possède une matière un peu plus concentrée, la bulle est dense et la finale assez fraîche.
Les Proseccos sont des vins effervescents destinés à être très largement diffusés dans le monde : leur profil facile d’accès et leur personnalité très fédératrice sont surement des éléments nécessaires pour prétendre séduire le plus grand nombre de consommateurs. En ce qui me concerne, je trouve que ces 2 vins manquent d’intérêt pour un œnophile un peu exigeant…mais bon, du moment que ça marche

Blanquette de Limoux – Delmas à Antugnac : le nez s’ouvre sur un registre bien agréable avec des notes d’abricot et une petite touche florale mais l’olfaction perd rapidement sa pureté originelle, la bouche présente un équilibre très sec, une bulle assez agressive et une finale très austère.
Travaillant en bio depuis 1986 ce domaine réalise une cuvée au profil un peu étrange qui a surpris la plupart des dégustateurs du soir…des interrogations mais surtout peu de plaisir au bout du compte !

Crémant de Bourgogne – P. Chollet à Savigny les Beaune : le nez est agréable et délicatement floral, la bouche possède une belle attaque très franche avec une mousse fin et crémeuse, la finale est un peu sèche.
Crémant d’Alsace Extra Brut Vintage 2007 – Bockel à Mittelbergheim : le nez est intense avec une palette complexe sur le melon, le citron mûr et quelques notes beurrées, la bouche manque de pureté et semble déjà un peu évoluée, malgré une matière riche et dense.
Ces deux versions « bulleuses » de chardonnay très différentes ont laissé perplexes pas mal de dégustateurs présents ce soir : l’un des spécialistes bourguignons du crémant nous propose un vin franc sans défaut, travaillé avec maîtrise et précision (16 mois sur lattes), alors que la maison Boeckel prend le risque de l’originalité avec cette cuvée issue du millésime 2007 sur une parcelle de vieux chardonnays (plus de 60 ans).
D’un côté un déficit de fantaisie de l’autre une personnalité excessivement complexe…et au bout du compte, deux vins que j’ai eu beaucoup de mal à comprendre et à apprécier vraiment !

Spätburgunder Rosé Brut – Schneider à Endingen am Kaiserstuhl : le nez est fin et élégant sur les petits fruits rouges et la brioche, la bouche est très vineuse avec une mousse légère et une finale fruitée mais qui manque un peu de fraîcheur.
Issu de pinot noir vendangé sur une éminence montagneuse située dans la vallée du Rhin entre Vosges et Forêt Noire, ce rosé dosé à 11g est original et très gourmand…même si la structure paraît un peu lourde pour ce type de vin.

 

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Champagne Brut non dosé – V. Couche à Buxeuil : le nez est fin et complexe avec des arômes de beurre et de brioche, suivis par de jolies notes fruitées (poire) et florales, la bulle est dense, fine et très agréable, la finale est délicatement acidulée avec une petite pointe d’amertume.
Champagne Grande Cuvée Brut – Krug à Reims : le nez s’ouvre sur d’intenses notes de poudre à canon qui mettront de longues minutes à s’estomper pour laisser apparaître des arômes très raffinés d’épices avec un léger fumé, la bouche est élégante, la bulle est d’une extrême finesse et la matière révèle une puissante vinosité qui soutient parfaitement la longue finale aromatique.
Placés en fin de série, les bulles champenoises tiennent leur rang sans conteste même si j’ai trouvé la première cuvée un poil trop austère. Le Krug étrangement marqué au nez brille par une présence en bouche qui ne laisse aucun doute sur sa grandeur de ce vin ceci dit, en considérant le prix très (trop) élevé de ce vin (plus de 100 euros, je crois) mon enthousiasme a tendance à retomber un peu…

 

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Pour conclure :

- Voilà un type de vin dont j’apprécie de plus en plus la compagnie dans des moments festifs, à l’apéritif et parfois même à table (une choucroute avec un crémant…c’est royal !) mais dont la dégustation en série a tendance à m’ennuyer…hélas !

- En relisant mes notes, je me rends compte que j’ai fait preuve d’une grande sévérité dans mes commentaires mais ils correspondent aux sensations et aux émotions ressenties lors d’une dégustation et doivent être compris en tant que tels.

- Pour cette série je ne parlerai pas vraiment de coup de cœur mais de quelques bonnes surprises comme ce crémant de Bourgogne très plaisant ou ce Spätburgunder allemand gourmand à souhait. La Grande Cuvée de Krug a incontestablement survolé les débats par son incomparable vinosité…malheureusement, le prix trop élevé ne trouve pas sa justification dans le verre et pour moi c’est un défaut rédhibitoire.

 

 

 

Thème 2 : Daumas Gassac et ses voisins, des visions contrastées d’un terroir languedocien.


Daumas Gassac rouge 2007 : le nez est expressif sur le poivron mûr et les fruits noirs, la bouche possède un joli volume avec des tanins présents mais très fins, la finale est fraîche avec une petite amertume et une discrète touche boisée.
Les arômes encore très variétaux du cabernet sauvignon dominent l’olfaction mais la matière en bouche est prometteuse…le profil très bordelais que les Guibert recherchent et revendiquent pour leur cuvée rouge se manifeste avec franchise mais je pense que sur ce vin l’expression du terroir de Daumas Gassac demande encore quelques années de garde pour se livrer.

Daumas Gassac rouge 2005 : le nez est bien mûr sur les fruits rouges confits, l’olive noire et les herbes de garrigue, la bouche est charnue, opulente et longuement aromatique avec une fraîcheur bien dosée qui tonifie la finale.
Pour ce 2005, malgré des vendanges précoces (fin août) la matière première était d’une telle richesse que les Guibert avaient choisi de réduire considérablement la durée de la cuvaison (8 jours au lieu de 4 à 6 semaines pour les autres millésimes…). Un choix osé mais visiblement judicieux, car après 6 années de garde ce vin qui se montre très gourmand et déjà joliment expressif a été plébiscité par l’assemblée des dégustateurs…Bravo !

Daumas Gassac rouge 2003 : le nez est discret et complexe avec des notes d’herbes aromatiques, d’épices et une touche d’encens, la bouche est plus virile et plus concentrée avec des tanins très denses, la finale tient longuement les arômes de noyau de cerise et d’épices révélés au palais.
Issu d’un millésime exceptionnel qui a produit des raisins mûrs, sains et très concentrés, ce rouge puissant et vineux se présente encore de façon bien virile à la dégustation. Les tanins dont la richesse initiale était peu commune (indice de Folin proche de 80) demanderont encore quelques années de garde pour se patiner…patience !

Daumas Gassac blanc 2008 : le nez est expressif et bien marqué par le viognier avec une palette sur l’abricot frais, la violette et la rose, la bouche associe un beau gras et une vraie tension pour créer un équilibre parfait, la chair est juteuse et gourmande, la finale tient longuement les arômes perçus à l’olfaction.
Issu principalement de viognier (25%), de chardonnay (25%), de petit manseng (25%) et de chenin (15%) ce blanc flatte et séduit par sa richesse aromatique et son équilibre frais et digeste…une très belle bouteille !

La Syrah de Pey Cherres 2008 – Supply-Royer à Arboras : le nez est très mûr avec des notes de fruits noirs confits, d’épices et d’encens, la bouche exprime une chair gourmande avec un toucher grenu et une longue finale qu’une pointe de fraîcheur rend particulièrement digeste.
On reste dans le même secteur (Arboras se trouve à une petite dizaine de kilomètres du Mas) mais le style de vin change du tout au tout : cette syrah dont j’ai déjà parlé à de très nombreuses reprises possède un profil très languedocien avec son expressivité et sa générosité.
Voilà un Vin de Pays du Mont Baudile qui se goûte avec un plaisir immédiat et évident…MIAM !

La Réserve d’O 2008 – F. et M. Chauffray à Arboras : le nez se montre plus discret mais d’une grande complexité avec un fruité riche complété par quelques notes végétales et une pointe de torréfaction, la bouche charnue et très bien équilibrée développe de puissants arômes de cerise qui se prolongent longuement en finale.
Eric Supply m’a offert cette bouteille pour nous faire découvrir ce domaine voisin qui travaille en biodynamie sur les mêmes terroirs que lui. Issu d’un assemblage classique pour la région (syrah, grenache, mourvèdre…je crois) cette cuvée a le droit à l’appellation Coteaux du Languedoc…et la défend de très belle façon !
A suivre…

Domaine de Montcalmès 2008 – S.A. domaine à Puechabon : le nez est très racé mais bien ouvert alliant notes empyreumatiques et fruité confit, la bouche se présente tout en élégance, la trame tannique est soyeuse et la palette aromatique développe une grande complexité avec une cerise très présente accompagnée de beaux arômes de cacao et d’épices.
Avec cette belle cuvée issue d’un assemblage classique de syrah (60%), de grenache (20%) et de mourvèdre (20%), ce domaine justifie pleinement son bon classement actuel dans la hiérarchie implicite de l’appellation Coteaux du Languedoc. Quel grand vin !

 

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La série languedocienne

 

Pour conclure :

- Après une première expérience avec une longue série de rouges du Languedoc, qui avait un peu secoué nos palais de « rieslingomanes » alsaciens, j’ai choisi de programmer une deuxième incursion dans cette région…plus limitée géographiquement mais avec deux styles de vins complètement différents. J’ai été très étonné de voir que ces crus ont suscité un grand nombre d’impressions très positives de la part du groupe. Ceci dit, il ne restait plus que 2 ou 3 rescapés de la première session parmi les 16 dégustateurs présents ce soir…mais je me permets de croire que le fait de se retrouver ensemble régulièrement pour apprendre à connaître de nouvelles régions viticoles a un peu contribué à nous ouvrir l’esprit et à élargir nos références gustatives…
- Avec leur assemblage très particulier les rouges de Daumas ne sont peut-être pas vraiment représentatifs de l’esprit languedocien (c’est d’ailleurs ce qui fonde la plupart des reproches qui leur sont faits), mais ils n’en restent pas moins de grands vins. Leur blanc 2008, placé comme une transition vers un style de vins rouges plus solaires, a tenu ses promesses. La recherche de fraîcheur et de pureté aromatique entreprise par le domaine depuis quelques années sur cette couleur porte ses fruits, cette cuvée a vraiment séduit le groupe ce soir...même si des réserves au niveau du rapport Q/P comparatif avec les vins d’Alsace ont été émises par quelques dégustateurs.

- Les 3 vrais languedociens ont flatté nos palais sans réserve : puissants et vineux, ils se sont surtout distingués par des finales où on décelait une vraie recherche d’équilibre et de fraîcheur…une tendance qui semble se préciser dans cette région et qui ne manquera pas de tirer cette production vers des niveaux de qualité qui les feront rivaliser avec les meilleures appellations françaises…et c’est un alsaco qui le pense !

- Pour les coups de cœur, 3 choix s’imposent : le Montcalmes 2008, jeune mais déjà splendide, le Daumas 2005 en phase de plénitude et la syrah de Supply pour son rapport Q/P inégalable.

- Merci à Eric et Clarisse pour leur accueil…et leurs tartines !

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 18:31

Club A.O.C.
Vins du domaine Sarrazin et chenins de Loire

 

 

 

 

Pour cette sixième réunion du club A.O.C. nous nous aborderons deux thématiques bien distinctes : une petite visite chez un producteur à travers quelques uns de ses vins et la découverte d’une région viticole.
Personnellement j’aime bien cette association qui permet, d’un côté, de goûter des vins d’une zone géographique très restreinte et, d’un autre côté, d’aller se promener sur plusieurs centaines de kilomètres dans une région viticole…tout ça en bonne compagnie et le verre à la main. Que demander de plus à la vie !

- Thème 1 : quelques vins du domaine Sarrazin.
- Thème 2 : à la découverte des chenins de Loire.

Lionel qui est un client fidèle du domaine Sarrazin nous a préparé une petite série de 4 cuvées pour nous donner un aperçu de la production de ces vignerons de la Côte Châlonnaise que je suis également depuis quelques années.
François a composé en grande partie la sélection ligérienne avec des bouteilles provenant de domaines pas encore très connus mais qui commencent à faire parler d’eux parce qu’ils proposent une vision originale mais hautement qualitative des vins de Loire.

Les vins de la première série sont servis 1 par 1, bouteilles découvertes.
Les vins de la seconde série sont cachés et servis 2 par 2.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 10 juin 2011 à La Wantzenau



Thème 1 : il y a des Sarrazin en Bourgogne !


Mercurey La Perrière 2008  : le nez est agréable avec des notes lactées rapidement submergées par un fruité gourmand, la bouche est charmeuse,  le toucher est gras et charnu, la palette aromatique est joliment marquée par la cerise, la finale délicatement boisée e tient parfaitement.
Encore un peu jeune mais déjà très séduisante cette cuvée de Mercurey que je n’avais que très peu dégustée jusqu’alors, est bien représentative de la conception des vins du domaine : matière mûre et vinifications précises avec une petite pointe boisée bien intégrée à la structure…J’aime !

Givry 1° Cru La Grande Berge 2007 : le nez offre de beaux arômes de cerise avec quelques notes un peu végétales, en bouche l’équilibre est un poil plus austère mais reste très plaisant, la finale sur le noyau de cerise possède une belle longueur.
Un vin qui flatte un peu moins le palais malgré un registre olfactif intéressant…la matière semble un peu moins mûre que sur 2008 mais laissons lui peut-être encore un peu de temps. Il a les épaules pour se tenir quelques années de plus.

 

Givry 1° Cru Les Grands Pretants 2006 : le nez est discret mais fin et complexe avec quelques notes torréfiées (café) complétées par un fruité délicat (framboise) et un petite touche fumée, la matière en bouche est généreuse avec du gras, du fruit et des tanins soyeux, la finale est bien longue.
Mon cru préféré du domaine a tenu ses promesse : un registre aromatique complexe et une tenue impeccable en bouche…Miam !

Givry Le Clos de la Putin 2005 : le nez ressemble un peu au précédent mais des notes de sous-bois et d’humus viennent perturber un peu la pureté du registre aromatique, la bouche vacille un peu avec une présence tannique bien sèche et une finale légèrement marquée par l’alcool.
La cuvée myrthique du domaine (surtout à cause du nom, il faut le reconnaître…) a un peu déçu : j’ai le souvenir d’un millésime 2005 superbement réussi par les Sarrazin…la je pense que la bouteille avait dépassé la limite d’age. Dommage !


 

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Le quatuor Sarrazin.

 

 

Cette petite série du domaine Sarrazin nous livre quelques enseignements fort utiles :

- ces vignerons établis dans le petit village de Jambles conçoivent leurs vins rouges avec une grande exigence (rendements sévèrement contrôlés par une taille courte et un ébourgeonnage strict, élevage de grande qualité…) pour mettre en valeur quelques beaux terroirs encore trop peu connus de la Côte Châlonnaise. Leur travail a été reconnu et mis en avant dans le numéro « Spécial Millésime 2011 » de la revue « Bourgogne Actuelle »…une belle référence !

- Ces 4 flacons s’expriment avec un style velouté et gourmand qui séduisent très facilement le dégustateur, même si le 2005 montre les limites de ces vins face au vieillissement. En tous cas, avec un rapport Q/P vraiment extra (autour de 10 euros la quille !) ces vins nous rappellent que c’est dans cette région que l’amateur pourra trouver de belles expressions bourguignonnes de pinot noir, qu’il pourra déboucher pour attendre la maturité de leurs voisins côte-doriens.

- Sur cette petite série de belle qualité, je choisirai le Mercurey 2008 comme coup de cœur : il fait jeu égal avec Le Grands Pretants 2006 mais comme c’est une découverte…


 

 

Thème 2 : tous les chenins mènent à la Loire

 


Vouvray brut – Domaine de Vodanis – F. Gilet à Parçay-Meslay : le nez s’ouvre sur de discrètes notes vanillées rapidement complété par des arômes de fleurs et de fruits blancs, en bouche la bulle est moyenne mais dense, après une attaque plutôt ronde la structure se tend pour finir sur une belle vivacité.
Agréablement parfumé, équilibré mais tonique et désaltérant…ce jeune domaine qui travaille des parcelles jadis exploitées par le domaine Huet a réussi une belle cuvée de belles bulles festives !

Vouvray Pagus Vaudanum – Domaine de Vodanis – F. Gilet à Parçay-Meslay : le nez est net et frais, très floral avec quelques notes de poire, la bouche est droite mais joliment parfumée (jasmin, lavande), la finale est bien pointue.
Les chenins de cette cuvée ont été récoltés sur le lieu-dit très réputé de « la vallée des roches » et ont été vinifiés avec beaucoup de sensibilité pour exprimer une belle palette aromatique en gardant une structure très vive…j’aime !

Montlouis sur Loire 2007 Singulier – L. et B. Jousset à Husseau : le nez complexe et évolutif s’ouvre sur quelques notes oxydatives rapidement complétées par des arômes de mirabelle et de griotte, la bouche est ample avec un joli gras, une palette épanouie, pomme au four, épices, griotte, la finale possède une très belle longueur aromatique.
Si géographiquement on est très proche du vin précédent, oenologiquement on se trouve aux antipodes avec cette cuvée issue d’une vielle vigne (80 ans) sur un terroir de sables et de silex. Les rendements sont minimes (25 hl/ha) et le travail à la cave est le plus naturel possible…au bout du compte il y a ce vin avec une très forte personnalité et une présence remarquable en bouche.

Chinon 2008 Cuvée Rochette – Domaine des Chesnaies à Cravant les Coteaux : le nez est agréable sur un registre très classique associant le miel, le coing frais, la bouche est légère, fluide avec une belle rondeur en finale.
Voici un chenin au profil très classique provenant d’un secteur plus connu pour ses rouges que ses blancs. En biodynamie depuis 2004 ce domaine produit cette cuvée depuis 2007 sur une parcelle de jeunes vignes : un vin assez simple mais avec beaucoup de charme…pour moi le plus typé Loire de la série.

 

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Saumur  2008 Arcane – Château de Fosse Sèche – Famille Keller à Saumur : le nez est discret, évolutif, assez difficile à cerner, parfois douteux quant à sa pureté, la bouche est bien mieux en place avec une matière douce et riche à l’attaque, qui évolue vers beaucoup de soie et une vraie gourmandise, la finale délicatement acidulée laisse deviner de belles notes salines.
Le domaine Keller travaille en biodynamie sur des terroirs riches (argiles, silex, calcaire) et élabore avec des raisins sévèrement triés un vin sec, de garde dont l’expression peut laisser perplexe certains dégustateurs au palais trop formaté. Sur cette cuvée, le nez est franchement problématique mais la bouche révèle une matière dense, équilibrée et concentrée de très haut niveau…un vin ouvert trop jeune qui aurait sûrement gagné à être décanté

Savennières 2007 Le Clos du Grand Beaupréau – Château Pierre Bise – C. Papin à Beaulieu sur Layon : le nez est malheureusement marqué par des notes liégeuses qui dominent une palette bien définie sur le miel et les fruits jaunes, la bouche est puissante avec une chair épanouie et une finale minérale même si le défaut perçu au nez reste présent.
Un problème de bouchage se trouve à l’origine de la grande déception de la soirée : un savennières avec une très belle matière pollué par le liège…quelle misère ! Regoûté le lendemain, ce vin s’est montré plus à son avantage car les arômes qui avaient gagné en intensité masquaient davantage les notes disgracieuses de la veille…mais quel dommage quand même !

Vin de France 2009 Les Noëls de Montbenoît – R. Leroy à Rablay sur Layon : le nez est discret avec des notes de pierre à fusil et de fruits blancs, la bouche est concentrée avec un toucher grenu et une structure pointue et bien profonde, la finale est très longue, minérale et légèrement fumée.
Déclassé parce que le vigneron ne le présente pas aux dégustations d’agrément, ce vin issu de vieilles vignes de chenin cultivées en biodynamie sur un terroir volcanique est étonnant : c’est une cuvée rare (presque un vin de garage) vinifiée sec mais avec une matière conséquente (due aux rendements minimes : 23 hl/ha). L’assemblée a été divisée sur l’évaluation de cette bouteille…personnellement j’ai beaucoup aimé même si je pense qu’une décantation préalable de quelques heure l’aurait révélée avec plus d’éclat.

Coteaux du Layon 1990 Saint Lambert – Jo Pithon à Saint Lambert du Lattay : la robe franchement dorée trahit l’âge, le nez a gardé une belle pureté avec des arômes de cire, de coing mûr et d’épices douces, la bouche est moelleuse, le toucher est gras et la finale discrètement amère  persiste longuement en révélant quelques notes de champignon blanc.
Une bouteille pour montrer une expression différente du chenin et pour vérifier ses possibilités de vieillissement : après plus de 20 ans ce moelleux se tient bien même si la fin de bouche annonce que la phase de déclin est en cours.

 

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Pour conclure :

- cette série m’a particulièrement intéressé par la grande diversité des expressions du chenin qu’elle a mis en évidence : c’est évidemment un effet des grandes variations du terroir sur cette région viticole très étendue…mais c’est sûrement aussi dû au choix des domaines par François qui a pris l’option de sortir des sentiers battus pour nous faire découvrir quelques jeunes vignerons de l’avant-garde ligérienne…Bravo !

- comme on pouvait s’y attendre, ces vins ont presque systématiquement divisé l’assemblée des dégustateurs du club : la grille de lecture du chenin est très éloignée des canons en vogue dans les vignobles de l’est et la sélection proposée n’a pas forcément recherché le classicisme. Personnellement j’ai toujours bien goûté ces vins blancs de Loire (contrairement aux vins de cabernet franc, d’ailleurs…) parce que j’aime bien leurs expressions gustatives (coing, fruits blancs, miel) et leur présence charnue et minérale en bouche, même si sur cette série quelques bouteilles sont nettement sorties de ce format classique…en nous procurant de très belles émotions d’ailleurs !

- mes coups de cœur se situent aux deux extrêmes de la série avec le Pagus Vaudanum, classique mais d’une richesse aromatique peu commune et le Noël de Montbenoît, complètement atypique, goûté un peu trop jeune, mais avec la structure d’un très grand vin blanc.

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 08:16

 


La cinquième réunion du club AOC est intégralement consacrée à des vins étrangers :
 - Thème 1 : les vins blancs de Franconie.
- Thème 2 : petite virée aux antipodes avec quelques vins néo-zélandais.

L’emploi du temps de François, l’oenophile voyageur du groupe, nous a contraints à une modification de notre programme initial et nous a conduits à associer 2 thèmes un peu « exotiques » dans la même soirée.
En bon connaisseur des vignobles allemands, François a sélectionné une série de flacons aux formes pour le moins curieuses, afin de nous livrer un aperçu de la production vineuse de cette région dont j’ignore vraiment tout…
La série suivante nous emmènera encore beaucoup loin avec une courte série de vins néo-zélandais également conçue par François.

Les vins de la première série sont servis bouteilles découvertes (de toute façon la forme des flacons franconiens n’est pas adaptée à la chaussette…) et 2 par 2.
Les vins de la seconde série sont cachés (effet de style, puisque personne ne connaît vraiment ces vins...), servis en carafe et 2 par 2.

Verres INAO.

Soirée Club AOC du 6 mai 2011 à La Wantzenau

 

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Le groupe AOC en plein travail.

 

 

 

Thème 1 : les bouteilles ventrues de Franconie !


Fraenzi Castell – Fürstlich Castellsches Domänenamt : le nez est agréable, délicatement floral et un peu muscaté, la bouche possède un équilibre légèrement moelleux rafraîchi par une bulle fine et désaltérante et une finale acidulée.
Un vin blanc effervescent « technique » (la bulle est obtenue par ajout de CO2) mais diablement séduisant.

 

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Vue du ciel la petite ville de Castell (à l’est de Würzurg) entourée de vignes.


Müller Thurgau Wurzburger Pfaffenberg 2009 – Bürgerspital Würzburg : le nez est flatteur, des notes florales, un peu de bonbon acidulé et un soupçon de vanille composent une palette assez complexe, la bouche reste simple, l’équilibre est correct mais la finale reste un peu aqueuse.
Müller Thurgau Casteller Bausch  2009 - Fürstlich Castellsches Domänenamt : le nez est marqué par de puissantes notes fumées qui laissent progressivement la place à de délicats arômes floraux, la bouche est un peu plus ample avec une matière plus concentrée, un léger CO2 et une présence plus longue malgré cette petite amertume qui durcit la finale.
Crée en 1882 par le professeur Müller dans le canton suisse de Thurgau, ce cépage très répandu en Franconie produit des vins simples, faciles d’accès mais manquant parfois de profondeur. Ces 2 bouteilles se dégustent sans déplaisir, la première jouant sur le charme immédiat et la seconde moins flatteuse mais avec un peu plus de matière.

 

 

Blauer Silvaner 2009 – Bürgerspital Würzburg : le nez est discret, floral et légèrement fumé, la présence en bouche est très agressive avec une acidité tranchante et une amertume sensible qui écrasent une matière pourtant assez riche.
Issu d’un cépage rare, ce vin surprend par son équilibre très sec. Problème de maturité ou besoin de vieillir un peu…les 2 probablement.

 

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Les caves du Bürgerspital de Würzburg.


Silvaner Casteller Hohnart 2009 - Fürstlich Castellsches Domänenamt : le nez est discret et fin, sur un registre floral et citronné, la bouche est bien équilibrée avec une acidité présente mais bien mûre et un longueur finale correcte.
Silvaner Würzburger Stein 2009 – Julius Spital Würzburg : le nez s’ouvre sur de puissantes notes de réduction avant de livrer quelques belle notes florales et pierreuses, en bouche, la matière est belle avec un CO2 présent et une fraîcheur agréable, la finale est bien aromatique avec quelques notes de zestes et une touche poivrée..
Le premier vin classique et consensuel (12°5 – 4g de SR – 5,9g d’acidité totale) est vraiment très bien fait, le second, doté d’une personnalité plus affirmée et d’une matière plus riche (14° - 2,8g de SR – 5,8g d’acidité totale), provient d’un des lieux-dits les plus réputés de la Franconie, il est encore bien jeune mais possède un beau potentiel de garde.

 

127 stein
Les pentes du Würzburger Stein

 

 

 

Riesling 2009 – Bürgerspital Würzburg : le nez est délicat avec des notes d’agrumes et une touche légèrement grillée, la bouche est particulièrement bien équilibrée entre une acidité fine et longue et un joli gras, la finale présente un caractère minéral bien affirmé.
Riesling Würzburger Stein 2010 – Julius Spital Würzburg : le nez est discret avec des notes pierreuses, un léger fumé et une touche d’agrumes frais, la bouche est très droite avec une acidité pointue et une profonde minéralité.
Voilà deux vins bien typés où le riesling s’imprègne de la marque minérale du terroir mais révèle aussi la spécificité de deux millésimes bien différents : généreux et direct sur 2009, plus austère solidement structuré sur 2010.

 

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Le Julius Spital de Würzburg.

 

 

Rieslaner Spätlese 2009 – Fürstlich Castellsches Domänenamt : le nez est très fin avec des notes florales et pierreuses, la bouche délicatement moelleuse révèle une palette riche et complexe sur la pêche blanche, les épice et une pointe de gentiane, la finale est très longue.
Comme son nom le laisse deviner ce cépage est issu d’un croisement entre riesling et silvaner ; récolté tardivement il produit un vin assez concentré (12°5 – 40g de SR – 7,5g AT) mais superbement équilibré et très aromatique…une très belle surprise !

 


CIMG3338Mon coup de cœur personnel
 

 

 

Pour conclure :

- Voilà encore une incursion outre-Rhin réussie dans cette région dont j’ignorais vraiment tout jusqu’à aujourd’hui. Le monde du vin n’a décidément pas fini de m’étonner…et c’est très bien comme ça !

- La région viticole de Franconie se situe autour de la ville de Würzburg entre Aschaffenburg et Schweinfurt. Son vignoble de 6000 hectares s’étend principalement sur les coteaux exposés sud qui bordent le Main et ses affluents. Les sols sont en majorité calcaires (portlandien et muschelkalk), marneux ou gréseux avec plus ou moins de loess et les cépages principaux sont le Müller-Thurgau, le Silvaner et le Riesling. Les plus grands vins sont produits dans les caves des Hospices dans les villes ou par quelques grandes exploitations comme celle du Comte Castell.

 

Würzburg
Würzburg


- Ces vins dans leurs drôles de flacons possèdent des équilibres très secs avec des acidités souvent tranchantes, assez proches de celles des vins mosellans. Ceci dit, cette série s’est dégustée assez facilement même si quelques années de garde auraient sûrement patiné les matières parfois virulentes de ces crus en leur conférant un soupçon d’élégance supplémentaire.

- Pour ce qui est du coup de cœur personnel : le Rieslaner Spätlese 2009 avec son équilibre délicieusement moelleux et sa richesse aromatique m’a vraiment régalé. MIAM !

 

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Vraiment étonnants ces flacons franconniens… !

 

 

 

 

Thème 2 : peut-on boire des vins la tête en bas ?


Riesling 2009 – Skyleaf Waipara Valley (Marlborough) : le nez est discret, fin avec une palette florale très subtile, la bouche est ronde, légèrement acidulée mais un peu courte.
Riesling 2008 – Felton Road Cental Otago : le nez est très spécial, peu flatteur avec des notes de torréfaction et d’hydrocarbures qui monopolisent le registre aromatique, l’attaque en bouche est vive, le milieu plus aimable et légèrement moelleux livre de beaux arômes de jus d’agrumes, mais le goût de pétrole revient très fort en finale.
Le premier riesling se présente sans défauts, avec une belle buvabilité mais sa personnalité passe-partout pourra lasser très vite, le second possède des éléments constitutifs très riches mais pour l’heure il manque cruellement d’élégance. Son équilibre (9°5 – 56g de SR – 8g AT) me fait penser à un jeune riesling de la Mosel et me conduit à penser que peut-être en vieillissant…


Pinot Noir 2008 – Dashwood Marlborough : le nez associe des arômes légèrement torréfiés à un fruité gourmand, la bouche est charnue, finement tannique avec toujours ces notes de torréfaction, la finale est assez longue mais un peu chaude.
Pinot Noir 2008 – Gum Estate Central Otago : le nez est peu agréable à l’attaque avec des notes de levain qui écrasent les reste de la palette où on devine un peu de torréfaction et des arômes de fruits rouges confits, la bouche est nettement plus agréable avec son toucher velouté, sa matière concentrée et bien aromatique (mûre) et sa finale équilibrée et de belle longueur.
Le premier vin est flatteur au nez mais un peu décevant en bouche, le second révèle présence concentrée et équilibrée au palais mais demande au dégustateur un peu de courage pour passer le cap d’une olfaction vraiment rédhibitoire…on prend le meilleur de l’un et de l’autre et on rêve d’un très grand vin.


Pinot Noir 2006 – Prophet’s Rock Central Otago : le nez est assez discret mais d’une belle complexité, un peu de poudre à canon au début mais très vite on se régale avec des arômes de cassis et d’épices, la bouche est riche avec beaucoup de soie et un fond très épicé, la finale est longue mais un peu chaude.
Pinot Noir 2006 – Craggy Range Martinborough : le nez s’ouvre sur des notes de assez désagréables, métalliques et végétales (un peu de réduction sûrement…), après aération l’ensemble s’harmonise sur un registre complex à la fois floral et fruité, la matière en bouche impressionne par sa puissance et son équilibre, la finale est très longue, soutenue par une fine acidité qui laisse une impression de fraîcheur bienvenue.
Voilà certainement deux très beaux vins qui ont un peu souffert des conditions de dégustation : ils auraient mérité un carafage beaucoup plus long pour s’exprimer pleinement. Mais il n’en reste pas moins que ces deux expressions très exotiques de ce cépage que j’affectionne particulièrement m’ont agréablement surpris.



 

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La « renversante » série néo-zélandaise…

 

Pour conclure :

- cette visite expresse dans ce vignoble aux antipodes m’a permis de me faire une toute petite idée sur le type de vin produit dans un pays dont je ne connaissait que leur équipe de rugby…merci à François de continuer à œuvrer pour ouvrir nos horizons culturels !

- ces vins ont incontestablement un style très « Nouveau Monde » qui bouscule un peu nos représentations et nos références gustatives. Les deux blancs issus de notre cépage régional vénéré ne m’ont guère convaincu : l’un sans relief, l’autre caricatural…mon alsaco-centrisme sur le riesling ne sera pas mis à mal par ces 2 références. Les rouges m’ont un peu plus séduit mais pas de quoi bousculer ma hiérarchie personnelle sur le pinot noir : ces vins sont très démonstratifs mais pêchent souvent par un manque de finesse.

- Je ne parlerai pas de véritable « Coup de coeur » sur cette série car aucun de ces vins ne m’a procuré de satisfaction sans réserve. Ceci dit, le doublette de 2006 a révélé en partie le potentiel viticole de ce pays lointain.
A revoir certainement…

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 17:24



Pour cette quatrième réunion de l’année 2011 du club AOC nous avons choisi d’associer les 2 thèmes suivants :
- Thème 1 : à la découverte des rieslings du Rheingau.
- Thème 2 : Margaux à travers quelques grands crus.

L’association d’un thème classique et d’un thème découverte commence à rentrer dans les mœurs au sein de notre petit club : ce soir ce sont les rieslings du Rheingau qui constitueront la partie « ouverture culturelle » de notre dégustation. Dans cette perspective, François, notre globe-trotter local, a composé une série de bouteilles pour nous initier à cette autre vision de ce cépage.
Rapporter en terre alsacienne, 6 flacons pour contester la suprématie du riesling local…audace ou inconscience ?


La série de Margaux regroupe 6 belles références de cette région, une courte série qui, avec 3 vins jeunes et 3 vins plus évolués, se propose de nous emmener dans l’univers luxueux de cette appellation dont la seule évocation du nom véhicule rêves et fantasmes…illusion ou réalité ?

Deux questions auxquelles le groupe ne manquera pas d’apporter ses réponses…le verre à la main comme d’habitude.

Les vins sont servis bouteilles sous chaussettes et 2 par 2. Les vins de la première série sont ouverts au moment du service ceux de la deuxième ont été débouchées plusieurs heures avant la dégustation.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 8 avril 2011 à La Wantzenau



Thème 1 : il y aurait des rieslings ailleurs qu’en Alsace !


Riesling Kabinett Halbtrocken 2008 – Weingut Robert Weil à Kiedrich/Rheingau : le nez est discret, citronné et un peu « pierreux », la bouche est élégante avec un fruité simple mais plaisant et une finale légère et courte.
Provenant d’un grand domaine qui appartient à une compagnie japonaise et dont une grosse partie de la production part à l’export (Etats Unis et Japon notamment), ce riesling propre, un peu basique mais bien travaillé se déguste avec facilité et plaisir…ça commence plutôt bien !

Bacharacher Riesling Hahnenhof Kabinett Trocken 2008 – Weingut Toni Jost à Bacharach : le nez est très fin avec de délicates nuances florales (acacia), la saveur acidulée et le léger perlant confèrent une belle vivacité à la présence en bouche, la finale laisse apparaître une impression de volume et de profondeur pleine de promesses.
Issu de la région du Mittel-Rhein, sur un terroir de schistes avec des pentes avoisinant les 60%, ce riesling moins expansif que le précédent se distingue par une structure plus élaborée et plus complexe…au niveau de la classification on reste en entrée de gamme « Kabinett » mais dans le verre on monte vraiment d’un cran !

Riesling Spätlese Trocken 2009 – Schloss Vollrads à Oestrich-Winkel : le nez est riche et expressif, à la fois exotique (mangue, citron vert) et finement épicé (cardamome) le toucher de bouche est avenant avec un gras très gourmand et une finale acidulée de longueur moyenne.
Cette cuvée « Spätlese » plus mûre (10 SR – 7,6 AT – 13°) que les deux précédentes garde un très bel équilibre sec tout en se livrant avec beaucoup de gourmandise…miam !

Riesling Winkeler Jesuitengarten Spätlese Trocken 2008 – Weingut Johannishof à Johannisberg : d’abord surprenant avec des notes fumées assez prononcées, le nez se développe sur un registre plus classique, écorces d’agrumes et nuances minérales, la bouche est large avec un fond solidement charpenté et une finale complexe, tour à tour acidulée, finement amère et légèrement tannique.
Ce riesling plus sec (5 SR – 7,4 AT – 11°5) évolue dans un registre très classique mais parfaitement maîtrisé. Une cuvée surprenante d’équilibre et de force.

Riesling Hölle Kabinett Trocken 2008 – Weingut Kunstler à Hoehheim : le nez est discret mais très pur avec de fines notes florales et minérales, la bouche est droite et précise, la minéralité longue et profonde apparaît dès l’attaque et tend la structure jusqu’en finale où une petite pointe camphrée se manifeste.
Ciselé avec finesse mais plein d’énergie, ce riesling est vraiment d’ « enfer » ! (pour ceux qui auraient quelques lacunes en allemand, « Hölle » se traduit par « enfer »).

Riesling G.C. Wiebelsberg 2006 – Domaine Rieffel à Mittelbergheim : le nez est très fin avec des notes de groseille blanche, de fleurs et des évocations minérales très pures, l’attaque en bouche est très ronde, la palette aromatique s’épanouit sur les agrumes confits et quelques nuances d’épices, la structure est bien large et puissamment minérale.
Le pirate a tombé son masque au premier coup de nez : la signature du grès du Wiebelsberg est vraiment très explicite. Ce riesling très opulent a dénoté dans cette série où les équilibres des différentes cuvées étaient bien plus secs, il n’en reste pas moins un bel exemple d’expressivité minérale.

Riesling Lorcher Burgweg Spätlese Trocken 2008 – Weingut Greulich à Huttenheim : le nez est délicat et particulièrement raffiné sur le citron confit, la citronnelle, la bouche est très sphérique avec un joli gras, une palette gourmande et une longue finale fraîche et minérale.
Des vieilles vignes (43 à 73 ans) sur des parcelles pentues de schistes et de limons ont produit quelques flacons de ce magnifique riesling (rendement 30hl/ha). Ce petit domaine qui commercialise 2500 bouteilles par an et qui pratique une viticulture très exigeante nous donne une parfaite image du potentiel de ces terroirs rhénans…pour moi le vin le plus abouti de la série !
 

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La série de riesling du Rheingau avec l’intrus alsacien.



Pour conclure :

- Suite à première soirée consacrée à des vins d’outre-Rhin avec les blancs de la Mosel, je m’attendais à goûter une série de cuvées où acidité puissante et sucrosité cohabitent sans trop d’harmonie...mais il n’en fut rien ! Ces rieslings allemands provenant de quelques domaines en vue du Rheingau m’ont vraiment étonné par leur constitution : équilibre, gourmandise et tenue en bouche dignes des meilleures références de notre région ont largement séduit l’assemblée des dégustateurs de ce soir. Bravo !

- Le vignoble du Rheingau borde le Rhin sur des coteaux pentus avec un sol principalement constitué de schistes et de limons et les meilleures parcelles sont orientées plein sud. Les grands domaines ont entrepris une démarche qualitative avec une viticulture qui leur permet d’obtenir une maturité optimale des raisins et des méthodes de vinification les plus naturelles possibles en interdisant notamment toute chaptalisation. Cette série très homogène nous a donné une belle image de la production de cet autre vignoble où le riesling règne en maître…l’alsacien est chauvin, certes, mais face à de telles bouteilles il s’incline et se lèche les babines.
S’il fallait mettre un bémol, ce serait le prix relativement élevé de ces vins : 12 à 15 euros pour les bons « Kabinett » et plus pour les « Spätlese » ça peut quand même faire réfléchir quand on habite en Alsace…

- Pour ce qui est du coup de cœur personnel aucune hésitation : le dernier vin de la série, le riesling Lorcher Burgweg Spätlese Trocken 2008 est un très grand vin…et le fond de bouteille dégusté le lendemain n’a fait que confirmer l’impression de la veille. En plus, à 13 euros la bouteille, même le prix est TOP…un must absolu !



Thème 2 : Margaux…une petite série de grands rouges.


Château d’Issan 2008 : le nez est délicat et très élégant, mûre, cassis et léger vanillé, la bouche est charnue et soyeuse avec une trame tannique mûre et racée et une jolie finale à qui une fine acidité donne une fraîcheur bien agréable.
Belle matière, élevage intégré et texture très raffinée en bouche…ce vin jeune charme par sa buvabilité et sa gourmandise. Jolie entrée en matière

Château Cantenac Brown 2008 : le nez est très empyreumatique, fumée, café moulu et pain grillé, en bouche la matière est très généreuse avec des tannins bien présents, la finale n’est pas encore en place, on y sent une légère amertume et un peu de chaleur.
Un vin dans un style très démonstratif, vraiment marqué par l’élevage… encore trop jeune pour être apprécié ou simplement trop boisé à la base ? La question se pose vraiment.

Château Rauzan Gassies 2008 : le nez est très fin avec un fruité subtil, de belles notes cacaotées et épicées et une pointe de réglisse, la bouche est corsée mais joliment équilibrée, il y a de l’amplitude et de la profondeur, la trame tannique est fine et la finale laisse une marque aromatique très persistante.
Ce Margaux flatte le nez et le palais par sa matière riche et complexe tout en conservant une élégance très distinguée…une jolie réussite !

Château Bel Air Marquis d’Aligre 2000 : le nez est peu agréable, évolué, tertiaire avec des nuances de jus de viande, de genièvre mais également des notes moins flatteuses (un peu chaussette de randonneur…), la bouche est fluette, décharnée et la finale sèche très rapidement.
Un Grand Cru Classé issu d’un grand millésime, mort au bout de 10 petites années…il y a de quoi se poser des questions !

Château Prieuré Lichine 2002 : le nez est élégant et charmeur sur les fruits noirs, la réglisse, les épices douces, la bouche est splendide, ample et sphérique, tenue par une trame tannique solide mais soyeuse, la finale est longue et d’une fraîcheur très gourmande.
Un vin qui se présente à nous sans trop d’esbroufe mais avec une personnalité séduisante et bien épanouie pour laquelle on ne peut que craquer…Superbe !

Château Margaux 1993 : le nez est discret et peu flatteur sur du poivron frais et quelques notes rappelant la craie ou la poussière, la violette se manifeste après une longue aération, la bouche possède une trame tannique serrée et fine mais l’ensemble manque de volume, malgré quelques notes légèrement réglissée la finale déçoit en laissant une impression de sècheresse.
Que dire ??????????????????????????????????????????????????????????
Un mythe qu’une dégustation à l’aveugle a placé à un niveau indigne…hélas mérité !
Quand je vois le prix d’un tel flacon sur le net, je me pose vraiment des questions…
Il me reste un exemplaire en cave que je garderai pour mon fils (c’est son millésime), il en fera ce qu’il voudra. Peut-être que dans quelques années, il se produira un miracle…mais l’espoir est maigre !



 

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La petite série de grands Margaux


Pour conclure :

- Voilà une série bien hétérogène avec des bouteilles supposées de bon niveau (25 à 45 euros…sans compter le Margaux) mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable dans l’historique du club.
Une très bonne surprise, deux vins prometteurs, un cru qui manque d’élégance et deux bouteilles indignes de leur rang…pas terrible pour cette appellation qui fait rêver la planète oenophile !

- Château Margaux fut un choc : dégusté une première fois il y a trois ans, ce 93 n’avait rien de transcendant mais se présentait comme une très beau vin. Rien à voir avec le vin dégusté ce soir…
Avec cette déconvenue se repose, entre autres, la question de la dégustation à l’aveugle pour les flacons mythiques.
En effet, je pense que ce type de vin gagne à être consommé avec l’état d’esprit d’un « buveur d’étiquette » : sans l’aspect symbolique on perd certainement une des dimensions essentielles de l’acte en occultant les rêves et les fantasmes liés à ces crus mythiques…et au prix de la chose c’est vraiment dommage !

- Pour le coup de cœur personnel le choix de Prieuré Lichine 2002 est évident : mûr, gourmand, avec une trame tannique finement ciselée…conforme à cette image de distinction et d’élégance des crus de Margaux.
De plus, c’est un des vins les moins chers de la série…Chapeau !

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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