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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 13:22




Pour cette troisième réunion de l’année 2011 du club AOC nous avons choisi d’associer les 2 thèmes suivants :
 

 

- Thème 1 : à la découverte des vins rouges d’Irancy.
- Thème 2 : les Pouilly Fuissé en approche verticale.

Irancy fait partie des rares appellations françaises dont je n’ai aucun souvenir de dégustation…cette série concoctée par Paul, l’ami british du club AOC, sera une vraie découverte pour moi.
C’est par son beau-père, souvent en villégiature du côté d’Auxerre, que Paul a découvert les vins de cette région : Irancy pour les rouges et Chablis pour les blancs.

La série de Pouilly Fuissé a été constituée à partir de 2 références du millésime 2002 qui restaient dans la réserve du club : ce sera une petite approche verticale de cette appellation de 2002 à 2008.

Les vins de la première série sont servis bouteilles découvertes et 2 par 2, avec 4 cuvées élevées en cuves inox suivies par 3 cuvées élevées en futs de chêne et une cuvée d’un millésime plus ancien.


Les vins de la deuxième série ont été débouchés 1 heure avant la dégustation et sont servis bouteilles cachées 2 par 2 (sauf le premier), l’appellation est connue des dégustateurs.


Verres Spiegelau.


Soirée Club AOC du 18 mars 2011 à La Wantzenau



Thème 1 : 8 Irancy rouges pour découvrir une appellation méconnue.


Irancy 2009 – Domaine D. Renaud à Irancy : le nez est intense sur la griotte avec un léger fumé, la bouche est stricte, l’équilibre est vif, les tanins fermes et la finale assez longue est marquée par une légère amertume.
Un nez très jovial mais une bouche très austère malgré une matière assez concentrée…un vin à oublier en cave quelques années avant de lui accorder une seconde chance.

Irancy Vieilles Vignes 2007 – Domaine Colinot à Irancy : le nez est fin et élégant sur la fraise et quelques notes florales, la bouche est légère, la matière est fine et délicatement aromatique, la présence tannique se fait sentir progressivement pour finir par dominer en finale.
Une cuvée qui commence à se laisser approcher doucement : la palette est charmeuse mais la structure en bouche est encore relativement virile.

Irancy Côte de Mazelots 2007 – Domaine Colinot à Irancy : le nez est fin, agréable avec de belles notes de fruits rouges, l’attaque en bouche est assez pointue, le milieu de bouche laisse apparaître une texture plus gourmande et la finale revient sur une sensation de légère amertume.
Du fruit croquant et une bouche bien complète avec une structure bien complexe : cet Irancy issu de l’un des 3 climats réputés de cette appellation ne manque pas d’atouts pour séduire.

Irancy Côte de Moutier 2007 – Domaine Colinot à Irancy : le nez est fermé, la feuille de cassis et un léger fumé se manifestent après une bonne aération, la bouche est vive, tannique avec une finale très sévère.
Même domaine, même millésime que le précédent mais issu de l’un des autres grands terroirs d’Irancy, ce vin se goûte très difficilement aujourd’hui. La matière semble belle mais l’harmonie n’est pas encore au rendez-vous…A oublier encore quelques années en cave.

Irancy 2007 – Domaine Cantin à Irancy : le nez est complexe, à la fois fruité et floral avec des notes torréfiées, la présence en bouche est très élégante, on sent une matière épanouie, beaucoup de soyeux, seule la finale vive et légèrement tannique nous ramène dans la ligne des vins précédents.
Certes la matière semble mûre mais cet élevage remarquablement bien dosé apporte vraiment quelque chose à la structure de ce vin…un Irancy fringant mais bien en chair qui se déguste avec plaisir.

Irancy Cuvée Emeline 2007 – Domaine Cantin à Irancy : l’élevage très présent avec ses notes boisées et vanillées masque le fruit et l’épice qu’il faut vraiment aller chercher…, en bouche on sent une matière généreuse et un fruité qui s’affirme davantage, mais l’équilibre reste quand même très austère avec des tanins très présents, la finale est assez longue.
Le nez est rédhibitoire pour les allergiques à la planche…mais la texture en bouche laisse de l’espoir. Ce vin a besoin de temps pour maîtriser l’énergie un peu fougueuse de ses éléments constitutifs. Patience…

Irancy Sillage 2007 – Domaine Verret à Irancy : le nez est plaisant et raffiné sur d’intenses notes de cerise complété par des nuances plus raffinées de violette et d’épices douces, la bouche est charnue, ample et veloutée avec une longue finale fraîche et profondément aromatique.
Un Irancy diablement séduisant avec une matière mure et généreuse tenue par une solide charpente qu’on devine plus qu’on ne la sent : un équilibre magistral pour un vin à savourer dès aujourd’hui.

Irancy 2000 – Domaine R. Delaloge à Irancy : la robe est très claire, le nez est fin et subtil avec des fruits rouges, de la feuille de cassis et une touche d’humus, la bouche est simple mais très bien équilibrée, la finale de longueur moyenne est bien fraîche.
Mis à part la nuance de la robe, rien ne trahit l’âge de cette bouteille : finesse aromatique, silhouette svelte mais élégante, finale vive et nette…un jeunot vous dis-je !

 

CIMG3078
La série d’Irancy



Pour conclure :

- Situé au sud d’Auxerre et de Chablis ce vignoble entièrement dédié au vin rouge à une longue histoire, même si la réputation de ses vins à beaucoup de mal à se faire un nom dans la production française. L’habile sélection de Paul nous a permis d’approcher les différents types de vins de cette appellation classée A.O.C. il y a une dizaine d’années…Thanks a lot !

- Les vins sont issus du cépage pinot noir complété parfois par une faible proportion (10% maximum) de césar, un cépage énigmatique datant probablement de l’époque romaine. Cette série nous a donné quelques pistes pour comprendre ces vins rustiques et terriens qui cultivent souvent l’art du paradoxe avec des nez très festifs sur les fruits rouges et une austérité parfois surprenante au palais. J’ai pu déceler une certaine permanence dans la présence en bouche de ces vins : une belle vivacité à l’attaque, une rondeur charmeuse en milieu et une présence tannique très virile en finale.
Il est évident que ces crus n’ont pas vraiment un profil destiné à faciliter une dégustation, par contre on imagine très facilement la belle présence de ces vins à table, en compagnie de mets simples et goûtus…miam !

- Pour ce qui est du coup de cœur personnel aucune hésitation : l’irrésistible gourmandise de la cuvée Sillage 2007 m’a véritablement bluffé…et je n’étais pas le seul ! Pour les accessits : Irancy 2007 de Cantin pour son élégance et Irancy 2000 de Verret parce que les « vieux » qui se tiennent bien m’émeuvent toujours un peu…




Thème 2 : voyage dans le temps avec quelques Pouilly Fuissé.


Mâcon Villages Terroirs du Mâconnais 2008 – Bret Brothers à Vinzelles : le nez est flatteur et bien ouvert avec des arômes de fleurs, de raisin frais et de vanille, la présence fruitée très mûre domine la bouche en lui conférant une rondeur agréable, la minéralité se manifeste en finale avec une pointe de fraîcheur et des notes de craie humide.
Cette nouvelle cuvée des frères Bret est issue d’un assemblage de raisins provenant de différents terroirs du Mâconnais. Placé en tête de série pour en guise d’introduction ce vin qui associe une belle trame minérale et un fruit charmeur a immédiatement séduit la plupart des membres de l’assemblée.

Pouilly Fuissé La Roche 2007 – Bret Brothers à Vinzelles : le nez s’ouvre sur des notes de poudre à canon avant de laisser la place à un fruit discret mais pur, la bouche est vive, sur le citron et la craie avec une structure tendue et une longue minéralité.
Resté longtemps dans l’ombre du vin précédent bien plus expressif, ce Pouilly Fuissé réservé, presque secret, est issu de l’un des terroirs les plus réputés de Vergisson. Solidement assis sur sa charpente minérale, ce vin pur et profond s’est livré avec timidité dans nos verres ce soir. A oublier encore un peu en cave…

Pouilly Fuissé Réserve du Domaine 2006 – Domaine Mathias à Chaintré : le nez est plaisant avec de discrets arômes de fruits jaunes et d’amande, la bouche est d’une rondeur avenante mais manque un peu de structure.
Issu de coteaux orientés sud sur Chaintré ce vin facile d’accès souffre d’un manque de profondeur et de structure…on est en droit d’attendre un peu plus d’un Pouilly Fuissé !

Pouilly Fuissé Cep Eternel 2005 – La Source des Fées à Fuissé : le nez s’ouvre sur d’étranges notes de pomme de terre, suivies par des arômes plus agréables de fruits secs (amande, noisette), la bouche légèrement miellée possède une structure très fluctuante, ondulante, avec une finale assez longue mais marquée par l’oxydation (noix).
La matière encore assez riche n’est plus tenue par l’acidité…pourtant ce vin issu de parcelles de vieilles vignes de plus de 60 ans sur Fuissé avait obtenu un « coup de cœur Hachette » en son temps…Cette oxydation prématurée est peut-être due à un problème de bouteille. Dommage !

Pouilly Fuissé Excellence 2003 – Larochette-Manciat à Chaintré : le nez est discret et très élégant avec des notes florales et légèrement épicées, la bouche est riche et opulente, le fruité très mur est complété par une touche de miel, la finale est très longue.
Issu d’une sélection des meilleures barriques de la cuvée « Vieilles Vignes » du domaine ce vin puissant et généreux, très marqué par l’élevage dans sa jeunesse, a trouvé sa vitesse de croisière aujourd’hui : un Pouilly Fuissé gourmand avec une structure minérale très discrète mais qui tient solidement l’ensemble. C’est un vin d’âge mûr mais qui a encore de la ressource.

Pouilly Fuissé Terroir de Vergisson 2002 – Domaine O. Merlin à La Roche Vineuse : le nez est complexe et très charmeur avec des arômes très pâtissiers, de beurre, de citron confit et de noisette, en bouche la matière est ample avec beaucoup de gras et une minéralité qui se pose tranquillement mais qui tient remarquablement la finale longue et salivante.
Ce Pouilly Fuissé pur avec un caractère minéral assez discret assume sa personnalité bien épanouie…un beau vin arrivé à maturité !

Pouilly Fuissé Alliance Vergisson 2002 – Domaine Barraud à Vergisson : le nez est complexe et raffiné avec des notes de fleurs et de pierre à fusil, la bouche est splendide, dense et riche et dotée d’une structure puissante étayée par une minéralité longue et vibrante.
Issu d’un assemblage de 4 parcelles de vignes quarantenaires sur Vergisson ce Pouilly Fuissé termine la série en apothéose en donnant une idée de ce que l’appellation peut produire de plus grand…Un vin magnifique !


 

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Un joli Mâcon villages et une petite verticale de Pouilly Fuissé : la série 2 au complet.



Pour conclure :

- face à la grande complexité du terroir de Pouilly Fuissé où des recherches pédologiques ont permis de réaliser une carte qui identifie 112 types de sols différents, notre modeste série ne peut être considérée que comme une approche très partielle de cette appellation. La compréhension des vins produits dans cette région demandera bien évidemment quelques autres séances sur ce thème.

- j’ai découvert cette appellation dans les années 80 grâce à une collègue professeur d’E.P.S. dont une copine de promotion avait épousé un vigneron de Fuissé (domaine Besson). Depuis lors ces vins ont toujours gardé une place réservée sur les rayonnages de ma cave. Plus accessibles mais parfois aussi distingués que leurs prestigieux concurrents de la Côte de Beaune ils offrent une alternative intéressante pour celui qui veut compléter sa collection de grands vins blancs avec des crus qui mettent un peu moins longtemps pour arriver à pleine maturité. Si on excepte le 2005 qui avait visiblement basculé, les vins de cette série se sont présentés à nous de façon très agréable et se sont laissé boire avec facilité...des vins plaisir tout simplement !

- pour les coups de cœur personnels je retiendrai 2 bouteilles : si Alliance Vergisson 2002 du domaine Barraud s’impose tout naturellement pour la perfection de son équilibre après plus de 8 années de garde, Excellence 2003 du domaine Larochette-Manciat constitue un choix plus personnel. Ayant connu cette cuvée dans les excès de sa jeunesse (matière très concentrée et boisé très présent) j’ai été étonné et séduit par sa plénitude actuelle…un vin riche et harmonieux. Comme quoi, avec le temps…parfois…

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 23:22




Pour cette deuxième réunion de la saison 2011 du club AOC nous avons choisi d’associer les 2 thèmes suivants :
- Thème 1 : 7 sylvaners pour réhabiliter un cépage injustement méprisé.
- Thème 2 : 7 crus pour une première visite dans le vignoble des Côtes du Rhône septentrionales.

La blanche plèbe alsacienne suivie de la rouge aristocratie nord-rhodanienne, un programme apparemment très contrasté, à moins que…. !

Les vins de la première série sont servis bouteilles cachées et 2 par 2 et son dégustées et notées à l’aveugle.
Les vins de la deuxième série ont été débouchés 2 heures avant la dégustation et sont servis en carafe 2 par 2, l’appellation est connue des dégustateurs.

Verres INAO.

Soirée Club AOC du 4 février 2011 à La Wantzenau



Thème 1 : 7 sylvaners pour découvrir la vraie nature de ce cépage.


Sylvaner 2008 – A. Metz à Marlenheim : le nez s’ouvre sur des notes de levure, de pâte à pain crue avant de laisser apparaître un fruité discret, la bouche est simple, assez plate et un peu insipide au bout du compte.
Un vin pas désagréable produit par une grosse maison de négoce…sans défaut rédhibitoire mais finalement sans grand intérêt.

Sylvaner Vérité 2009 – E. Loew à Westhoffen : le nez est net et bien expressif sur les fruits blancs (poire fraîche) et le froment, la bouche est charnue avec du fruit, un joli gras mais une finale un poil trop chaude même si quelques beaux amers laissent deviner un beau marquage minéral.
Cette cuvée a surpris les habitués du domaine Loew…l’équilibre trop chaud ne semble pas correspondre au style de la maison. Personnellement j’ai bien aimé la franchise du registre olfactif mais en bouche l’ensemble manquait une peu d’équilibre… riche, trop riche pour un sylvaner (14°, 2g de SR).

Sylvaner Vieilles Vignes 2008 – J.L. et F. Mann à Eguisheim : le nez est fin et bien complexe avec des notes briochées et légèrement fumées, la bouche est ample, élégante et dotée d’une belle persistance aromatique.
Beaucoup de finesse et d’équilibre pour ce sylvaner rudement bien balancé…difficile de résister à son charme direct et juvénile (12°5, 4g de SR).

Sylvaner Grand A du petit Léon 2009 – R. Schmitt à Bergbieten : le registre et l’exubérance du nez font immédiatement penser au sylvaner de Loew avec un soupçon de complexité supplémentaire et quelques notes minérales qui pointent en fond, la bouche est ample avec du gras et une puissante minéralité, la finale est très belle avec des arômes de pamplemousse et une salinité qui persistent longuement.
Vendangé sur le Grand Cru Altenberg de Bergbieten sur un millésime très chaud ce sylvaner impressionne par sa puissance et son équilibre : un peu hors norme, ce sylvaner est très loin du modèle classique et demandera des mets plus élaborés comme compagnon de table…mais au bout du compte, quel régal !

Sylvaner 2008 – Clos des Capucins à Kaysersberg : le nez est discret et élégant sur la pomme et les fleurs blanches, la bouche est droite et tendue par une belle acidité, la finale longue et profondément minérale révèle quelques amers très raffinés.
Moins baroque et plus typé sylvaner que le précédent, ce vin possède néanmoins une personnalité affirmée et une grande noblesse…La classe !

Sylvaner Sono Contento 2008 – A. Seltz à Mittelbergheim : le nez est discret avec d’élégantes notes végétales (herbe coupée, foin), la bouche est bien nette avec du gras, de l’ampleur et une vraie tension, la finale est puissante et épicée (poivre blanc).
Incontournables dans toute série de sylvaners qui se respecte les vins d’Albert Seltz sont un peu à son image : hauts en couleurs et forts en gueule. Cette cuvée pleine de fougue ne déroge pas à la règle…Jolie bouteille !

Sylvaner Bollenberg 2009 – F. Schmitt à Orschwihr : le nez est intense mais le registre est étrange, on y rencontre des notes de café, de cuir, de sueur…qui dominent longtemps un fond délicatement exotique, la bouche est très ronde avec un moelleux très présent, la finale est plus fringante et plus pure sur le plan aromatique avec un joli fruité exotique et une délicate amertume.
Un vin avec une matière très généreuse mais qui cherche encore son équilibre (et peut-être son style) à l’heure actuelle. Après un 2008 époustouflant dans sa prime jeunesse ce sylvaner 2009 nécessitera quelques années de garde pour exprimer sa vraie personnalité.

 

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La série de sylvaners au complet.
 

 

Pour conclure :

- Originaire d’Europe centrale et issu d’un métissage entre le traminer et l’autrichien blanc, le sylvaner dont le nom est associé au pays de Dracula (la Transylvanie) occupe moins de 10% de la surface du vignoble alsacien. Habituellement planté sur des terroirs peu prestigieux ce cépage donne souvent des vins dilués sans personnalité et sans grand intérêt pour l’œnophile. Mais lorsqu’un vigneron décide de travailler ce cépage sur de belles parcelles en appliquant des méthodes culturales et des pratiques œnologiques exigeantes, il peut réussir des sylvaners qui teindront leur rang au milieu des grands vins blancs de la région.

- Même si certaines cuvées très typées ont un peu déstabilisé les dégustateurs de ce soir on peut néanmoins affirmer que le groupe a été séduit par le haut niveau de qualité de cette série. Ceci dit, méfiance… un sylvaner de terroir ne rentre plus forcément dans le registre du vin de soif, léger et désaltérant, qui se plaît en compagnie de poissons grillés, de fruits de mer ou de choucroute.
La plupart des vins de cette série sont à réserver pour des associations gastronomiques plus raffinées : poissons cuisinés, viandes blanches…

- Pour ce qui est du coup de cœur personnel : le couple Grand A 2009 du domaine Schmitt et Sylvaner 2009 du Domaine Weinbach a montré les deux visages de ce cépage dans des expressions proches de la perfection…Bravo !

- Comme le dit le père d’Agathe Bursin le sylvaner et un révélateur de terroir hors pair « si tu veux connaître la valeur d’un terroir, plante du sylvaner. Si le vin est grand, c’est un grand terroir, sinon laisse tomber… »…
Comme je le dis depuis pas mal de temps, si on veut connaître la valeur d’un vigneron il faut jauger la qualité de ses crus d’entrée de gamme : en Alsace le sylvaner est pour moi un repère incontournable pour étalonner le niveau d’une gamme dans un domaine viticole…pensez-y quand vous irez déguster des vins chez un vigneron, ne vous précipitez pas sur les grandes étiquettes mais laissez vous le temps de vous imprégner de l’esprit de la maison en vous intéressant de près aux noms moins prestigieux…c’est imparable !
 

 

 

 

Thème 2 : petit parcours de découverte des Côtes du Rhône septentrionales.


Crozes Hermitage 2008 – Domaine des 7 chemins à Pont de l’Isère : le nez est ouvert et séduisant sur les fruits noirs mûrs (cassis, griotte), la vanille et les épices douces, la bouche est charnue, gourmande avec un fruité puissant, une touche boisée très fine et une finale longue et savoureuse.
Ce vin flatteur au nez et caressant en bouche est issu de vieilles vignes de syrah (plus de 30 ans) et élevé un an en barriques de 1 à 4 vins…une entrée très réussie dans cette grande région viticole. Si la suite est du même tonneau, on va se régaler !

Saint Joseph Cuvée du Prieur 2008 – Domaine Novis et Chapas à Saint Pierre de Boeuf : le nez est ouvert et très complexe avec des notes de fruits noirs, de violette et d’épices, la bouche est ronde et soyeuse, la texture est très charnue et la finale possède une belle richesse aromatique.
Saint Joseph 2007 – Domaine Souhaut à Arlebosc : le nez intense sur les fruits rouges très mûrs et le fumé évolue doucement vers un registre plus animal (cuir), en bouche la matière est agréable avec une structure équilibrée et un grain tannique très fin mais la finale est un peu fluctuante.
Le millésime est différent certes, mais c’est surtout la conception de ces deux vins qui fait leur identité : d’un côté un Saint Joseph classique très séduisant par son équilibre et son registre très gourmand de l’autre un Saint Joseph plus « nature » (viticulture nature, pas de levures, pas de filtration, peu de SO2…) qui se présente avec un profil plus sauvage…personnellement je suis plus sensible à l’esthétique du premier, mais Il en faut pour tous les goûts !

Cornas Les Grands Mûriers 2008 – Domaine Ferraton à Tain : le nez est riche, très élégant et bien évolutif, on y reconnaît tour à tour des arômes de griotte, de cacao, de pain d’épices, la bouche possède une structure charnue et généreuse avec un fruit très présent, une trame tannique serrée et soyeuse et une grande longueur finale.
Cornas Renaissance 2005 – Domaine Clape à Cornas : les notes de cuir et d’épices donnent à l’olfaction un caractère bien trempé, un peu rustaud mais non dénué de charme, la bouche est en harmonie avec le nez, dense, charpentée et puissamment tannique avec une finale profonde sur la violette et les épices.
« Les Grands Muriers » de Ferraton est un vin issu de vignes en biodynamie et travaillé de façon « moderne », le « Renaissance » de Clape est issu de jeunes vignes (20 ans quand même…) et vinifié de façon très traditionnelle pour une longue garde. Même si le très beau niveau qualitatif de ces 2 Cornas est indiscutable je reste sous le charme du premier : avec le « Renaissance » on sent bien l’enracinement dans le terroir mais avec l’irrésistible gourmandise des « Grands Mûriers » on décolle !

Côte Rôtie Madinière 2005 – Domaine Cuilleron à Chavanay : le nez possède la finesse des vins de noble extraction, fruits rouges frais, épices douces et léger fumé, en bouche la matière est riche et concentrée mais la trame acide et les notes minérales confèrent un équilibre très élégant à l’ensemble, la finale est longue, sapide et d’une fraîcheur réjouissante.
Côte Rôtie 2004 – Domaine Gaillard à Malleval : une bouteille marquée par des notes liégeuses, impossible à déguster ou à évaluer…dommage !
Avec un partenaire non évaluable, le Côte Rôtie de Cuilleron a eu la lourde responsabilité de représenter seul cette grande appellation. Cette cuvée 100% syrah provenant d’un terroir de schiste et élevée 18 mois en barriques est certainement encore bien jeune mais elle se distingue des autres par un surplus de finesse et par cette structure à la fois dense et très aérienne…Mission accomplie !

 

CIMG2979

 

La série de syrahs du Rhône…la vilaine bouchonnée a été privée de photo !

 

 

Pour conclure :

- cette série laisse une belle impression de plénitude et d’équilibre : ces terroirs des collines qui bordent le Rhône au nord de Valence sont une bénédiction pour la syrah. Ce cépage qui à tendance à produire des vins souvent « too much » dans des contrées plus méridionales trouve ici des conditions géologiques et climatiques qui lui permettent d’exprimer son incomparable finesse : le niveau de cette série a été vraiment superbe et nous a bien sûr donné une irrésistible envie de reprogrammer une prochaine visite dans ce vignoble.

- pour les coups de cœur personnels je retiendrai 2 bouteilles : le Cornas 2008 de Ferraton pour sa tenue irréprochable malgré sa jeunesse et le Crozes-Hermitage 2008 pour son rapport prix/plaisir inégalable (autour de 12 euros la bouteille)…et pour m’avoir réconcilié avec une appellation où l’on commercialise malgré tout pas mal de vins sans grand intérêt.

- ce premier voyage au pays des syrahs rhodaniennes a été une vraie réussite même si cette courte série de bouteilles manquait peut-être un peu de cohérence au niveau des millésimes.
Ce premier point de vue très incomplet nous a cependant donné une furieuse envie d’y revenir bientôt…le programme AOC pour la prochaine saison a déjà trouvé un thème.

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 17:04

 

 

 

A peine une semaine après les festivités de fin d’année nous voilà à nouveau réunis pour célébrer la dive bouteille… pas de répit pour les braves du club AOC !

Le club restructuré comprend maintenant 10 membres permanents dont 9 sont présents ce soir pour étudier les 2 thèmes choisis :


- Thème 1 : 6 rieslings 2005 – retour sur un grand millésime
- Thème 2 : 7 beaujolais 2009 – un premier voyage parmi quelques crus réputés

Les vins de la première série ont été débouchés une heure avant la dégustation et sont servis 2 par 2, bouteilles cachées.
Les vins de la deuxième série sont également servis à l’aveugle.

Verres INAO.

Soirée Club AOC du 8 janvier 2010 à La Wantzenau



Thème 1 : retour sur des rieslings 2005


Riesling Muhlforst – V. Stoeffler à Barr : le nez est discret et très mûr avec des notes de citron, de verveine, légèrement biscuitées, la bouche est charnue, ronde et gourmande, une acidité bien large s’impose et se conjugue à une belle salinité pour offrir une finale fraîche et salivante.
Vincent Stoeffler a son domaine viticole à Barr mais exploite quelques belles parcelles de vignes à Ribeauvillé, comme le Muhlforst. Ce terroir marno-calcaire a généré un beau riesling de terroir qui a profité de ces quelques années de garde pour gagner en complexité et en minéralité.

Riesling Brandluft – Rietsch à Mittelbergheim : le nez est vraiment bizarre sur des agrumes très (trop) mûrs, des notes végétales d’humus et de sous-bois, du poivre blanc…, la bouche est dans la même ligne, une acidité pointue, pas mal d’amertume, un milieu de bouche un peu aqueux et une finale très poivrée.
Même s’il montrait déjà une personnalité originale, ce riesling issu d’un terroir argilo-calcaire, se tenait plutôt correctement il y a deux ans…aujourd’hui ce vin a raté son examen de passage : problème de bouteille ou vraiment trop évolué, en tous cas très peu de plaisir à la dégustation, dommage !

Riesling Grand Cru Rosacker – Sipp-Mack à Hunawihr : le nez est assez discret mais très fin, on y sent de belles notes florales et une certaine maturité, la bouche est ronde, agréablement aromatique, le manque de tension qui marque le milieu de bouche est rapidement rattrapé par une finale bien longue, saline agrémentée de nuances épicées et légèrement fumées.
Un petit excès de richesse donne l’impression d’un milieu de bouche un peu trop mou mais la qualité des arômes et le retour minéral en finale compensent largement cette petite faiblesse…un bien beau riesling au bout du compte !

Riesling Jubilée Hugel - Hugel à Riquewihr : le nez est discret sur les fleurs et les herbes aromatiques, la vivacité en bouche donne un équilibre viril voire rustique à la l’ensemble mais la finale est belle et racée, avec une salinité qui signe sans conteste une noble origine.
Issu du GC Schoenenbourg ce vin pur mais sans grande fantaisie est à réserver aux adeptes de rieslings droits et austères…trop monolithique pour moi !

Riesling Grand Cru Engelberg – Pfister à Dahlenheim : le nez est superbe de finesse et de complexité, citron mûr, fleurs blanches avec des notes biscuitées et poudrées…la gamme aromatique est impressionnante, la bouche n’est pas en reste avec son acidité citronnée bien droite, ses nuances d’herbes aromatiques et sa belle salinité finale.
Un riesling exceptionnel à maturité…quand on arrive à saisir cet instant la magie opère et le moment est inoubliable. Une grande réussite !

Riesling Steinacker – L. Sipp à Ribeauvillé : le nez est pur et fin avec de subtiles notes d’agrumes frais, d’herbes aromatiques et de miel, la bouche possède une structure souple mais bien, la finale est fraîche et délicatement saline.
Issu d’une parcelle très caillouteuse ce riesling n’a pas du tout démérité face au précédent…le signe évident qu’il y a encore bien des terroirs prestigieux à mettre en valeur dans notre région.


 Photo 002-copie-3
La série de rieslings 2005 dans l’ordre de dégustation.



Pour conclure :

- comme j’ai déjà pu le vérifier au cours des derniers mois avec quelques 2005 qui m’ont fait une très belle impression, les crus alsaciens de ce millésime semblent parfaitement épanouis en ce moment. Les vins ont vraiment gagné en expressivité et en qualité de structure depuis la première dégustation sur ce thème il y a 2 ans.

 - La seule fausse note de la série a été jouée par le riesling Brandluft : le mystère autour de cette cuvée s’est encore un peu épaissi avec ce flacon…je vais aller me renseigner auprès de son concepteur pour trouver les clés et comprendre…peut-être ?

- Pour ce qui est du coup de cœur personnel, ce sera sans hésiter l’Engelberg de Pfister : ce vin qui a séduit l’assemblée (c’est rassurant !), m’a particulièrement impressionné par la richesse de sa palette aromatique et par la perfection de sa structure…Chapeau !




Thème 2 : premiers pas parmi les crus du Beaujolais.



Brouilly 2009 – Château Thivin à Odenas : le nez est ouvert et expressif, avec des fruits rouges bien mûrs, la bouche est avenante, de la chair, de la souplesse et une légère rondeur, la finale n’est pas très longue mais sa délicate touche acidulée rend ce vin vraiment gouleyant.
Un Bojo vraiment archétypique qui appelle le saucisson, les rillettes, le pain de campagne et la tablée de copains...un Brouilly qui exprime l’esprit guilleret du gamay comme nulle part ailleurs : flatteur, coulant, d’une amicale simplicité…j’aime !

Côte de Brouilly Clos Bertrand 2009 – Chateau Thivin à Odenas : le nez est un peu mystérieux, un peu réduit à l’ouverture puis discrètement floral (violette) et réglissé, avec quelques notes plus minérales (glaise humide), la bouche est corpulente, la matière est dense et les tannins fins tapissent le palais mais l’équilibre reste bien frais, la finale est longue et délicatement poivrée.
Ce cru dégusté en parallèle avec le précédent montre la puissance du terroir du Mont Brouilly : conçus par le même vigneron et d’appellations voisines ces deux vins n’ont que très peu de points communs sur le plan gustatif. Le Clos Bertrand provient de parcelles situées autour du domaine (partie basse du Mont Brouilly), il est encore très jeune mais sa concentration et sa texture pleine de sève et de soie lui garantissent un bel avenir et des perspectives de jolis accords gastronomiques.

Juliénas Les Crots 2009 – P. Aufranc à Chénas : le nez est discret sur les fruits rouges et la pêche mûre, la bouche possède un équilibre léger et acidulé avec une fine trame tannique et une finale bien longue.
Un Juliénas agréable à déguster sur le fruit dont la svelte silhouette peut faire oublier le millésime…il me semble cependant que ce vin manque un peu de densité pour un cru.

Beaujolais Villages Domaine des Vignes des Jumeaux 2009 – P. Janin à Romanèche : le nez est assez fermé, légèrement réduit à l’ouverture il développe progressivement une palette complexe de fruits noirs (surtout cassis) et de moka, la bouche est opulente et charnue, avec une finale réglissée et fumée, légèrement marquée par l’alcool.
La vigne des Jumeaux est une parcelle située derrière la maison des Janin sur la commune de Romanèche, en 2009 elle a produit un vin atypique par son expression aromatique et sa puissance…un vin qui tient largement sa place parmi au milieu d’une série de crus.

Moulin à Vent Les Thorins 2009 – L. Lardy à Fleurie : le nez discret, un peu végétal à l’ouverture (feuille de cassis) il développe de belles notes de fleurs après aération, la bouche présente une texture soyeuse qui rend le toucher de bouche très agréable, l’équilibre reste léger et aérien, la finale est acidulée et peut-être un peu sèche.
Un Moulin à Vent plutôt sur la dentelle dont la personnalité plus sensible a un peu été écrasée par la générosité exubérante du Morgon auquel il avait été associé…A regoûter avec un partenaire plus conciliant !

Morgon Javernières 2009 – J.M. Burgaud à Morgon : le nez possède la finesse te la classe des grands vins, les fruits noirs, la griotte, quelques épices et une petite touche boisée, la bouche est énorme de concentration, matière généreuse et charnue, trame tannique fine et longue avec une finale qui dure mais dont le caractère légèrement acidulé laisse une jolie sensation de fraîcheur.
Ce Morgon plein d’énergie et de fougue a subjugué l’assemblée par sa grande classe… sur ce lieu-dit situé dans la partie basse de la célèbre Côte du Py, Jean-Marc Burgaud a réussi un vin d’anthologie en 2009. Bravo !

Fleurie Vieilles Vignes 2007 – A. Chambard à Emeringes : le nez est fin, complexe offrant des senteurs florales et quelques notes d’épices raffinées, la bouche est parfaitement équilibrée, gourmande, élégante, profondément aromatique, la finale est longue et bien fraîche.
Une erreur de casting dans une série de 2009 (suite à une erreur d’expédition) bien vite oubliée tant la qualité de ce Fleurie était irréprochable.
Rencontre avec un très beau vin et petit aperçu des possibilités d’évolution de ces crus…une bévue salutaire en quelque sorte !

 

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La série beaujolaise dans l’ordre de dégustation.


Pour conclure :

- je me suis réconcilié avec le beaujolais depuis le millésime 2007 et la rencontre avec certains grands vignerons cette région. L’immense millésime 2009 a renforcé encore un peu plus mes convictions sur les potentialités de cette région où j’ai commencé à apprendre le vin…il y a bien longtemps hélas !

- sur 2009 les crus du Beaujolais restent d’une approche facile malgré leur densité et leur caractère de vins de garde. J’aime beaucoup l’idée qu’un grand vin puisse se livrer avec simplicité à tous les âges. Ce soir nous étions en présence d’un certain nombre de flacons dont la dégustation appelait plutôt le second verre que le commentaire alambiqué…c’est vous dire l’effort fourni par votre serviteur pour vous livrer ces quelques impressions !

- Pour les coups de cœur : le Fleurie qui a gagné en trichant sur son âge…mais ça n’enlève rien à sa grande qualité et le Morgon de Burgaud qui a montré un niveau et un potentiel hors norme.

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 11:27

 

 

 

 

 

Pour cette dernière réunion de notre club de dégustation nous restons fidèles à la tradition des 2 thématiques :
- Thème 1 : 6 vins rouges de 2007 du domaine Chantal Lescure
- Thème 2 : 9 vins blancs SURPRISE…

Cette ultime rencontre de 2010 se déroule dans une ambiance conviviale et détendue avec une dizaine d’amateurs impatients de découvrir quelques Pommards et Nuits Saint Georges du domaine Lescure et bien décidés à démasquer les flacons mystère fournis par les participants.

Les vins de la première série sont servis bouteilles découvertes et accompagnés des fiches techniques fournies par le domaine Lescure. Ces vins sont carafés un quart d’heure avant le service.
Les vins de la deuxième série sont servis à l’aveugle avec un ordre prédéfini du plus sec au plus moelleux.

Verres INAO.

Soirée Club AOC du 3 décembre 2010 à La Wantzenau



Thème 1 : découverte du domaine Lescure à travers 6 vins rouges.



Nuit Saint Georges 2007 : le nez est ouvert et profondément fruité, la bouche est charnue, finement tannique, la finale est fraîche et se prolonge avec de beaux arômes de fruits rouges croquants.
Issue de 3 parcelles situées au nord de Nuits, côté Vosne Romanée, cette cuvée nous donne une furieuse envie de nous intéresser de plus près à la production du domaine Lescure : une entrée en matière toute en élégance avec un vin gourmand et raffiné...vite la suite !

Nuits Saint Georges Les Damodes 2007 : le nez est riche avec des notes torréfiées et un fruité très concentré, la bouche est splendide, à la fois grenue et d’une grande souplesse, la finale est longue, fraîche et marquée par de belle notes minérales.
Deux parcelles de vieilles vignes (20 et 30 ans) exposées est dans un secteur très calcaire nord de Nuits, on engendré un vin vraiment exceptionnel : une classe incomparable tout en restant d’un abord extrêmement facile…je tombe sous le charme !

Nuits Saint Georges 1° Cru Les Vallerots 2007 : le nez est fin, complexe mais terriblement séduisant sur un fruité pur et puissant et quelques notes grillées, la bouche est superbe avec son équilibre qui frise la perfection absolue et sa finale très longue qui nous enchante avec ses arômes de vanille et d’épices.
Issu d’une parcelle de vieilles vignes dans une combe calcaire du côté de Comblanchien, ce vin est simplement grandiose...

 

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Pommard Les Vaumuriens 2007 : le nez est discret et très fin sur les épices douces avec quelques nuances terreuses, la bouche est virile, l’équilibre est strict  mais la matière est puissante, la finale est longue et marquée par de fines évocations minérales.
Issu de plusieurs parcelles de vieilles vignes (plus de 45 ans) sur au nord de Pommard, ce vin montre clairement le changement d terroir entre la Côte de Nuits et la Côte de Beaune, mais reste dans l’esprit de la maison, accessible et très élégant.

Pommard Les Vignots 2007 : le nez est discret, très pur avec des notes florales et délicatement poudrées, la bouche possède un toucher soyeux malgré une trame tannique très dense, la fraise s’invite pour complexifier la palette, la finale est longue et délicatement boisée.
Un joli coteau argilo-marneux entre Pommard et Beaune, une parcelle de vieilles vignes et une exigence maximale à chaque étape de la conception de ce vin : au bout du compte, on explique très facilement la réussite exceptionnelle de cette cuvée…Bravo !


Pommard 1°Cru Les Bertins 2007 : le nez est fin, délicat et d’une grande complexité, la bouche est suave avec une matière savoureuses et richement expressive, la finale longue révèle une palette raffinée où apparaissent de belles notes épicée et in boisé fin et noble.
Issu d’une parcelle de vieilles vignes en pied de coteau entre Pommard et Volnay, ce Pommard a mis l’assemblée à genoux...simplement parfait !.

 

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Pour conclure :

- Le domaine Chantal Lescure que nous avons découvert grâce à François a épaté l’ensemble des dégustateurs par l’exceptionnel niveau de qualité de ces 6 bouteilles dégustées : jamais encore jusqu’ici les évaluations ont été aussi unanimes et aussi élevées…quelle belle découverte !

 - Ce domaine de Nuits Saint Georges qui vinifie une large gamme d’appellations de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune, travaille ses vignes en bio et utilise des méthodes de vinification et des procédés d’élevage d’une grande finesse pour élaborer des vins charmeurs et extrêmement raffinés…une nouvelle adresse incontournable dans mon carnet bourguignon !

- Pour ce qui est du coup de cœur personnel, les 2 premiers crus ont un peu dominé la série par leur profondeur exceptionnelle et leur matière charnue et gourmande mais je ferai sans aucune hésitation une place d’honneur dans ma cave à n’importe laquelle des 6 références de cette série extraordinaire.
 

 

 

 

Thème 2 : 9 vins blancs surprise.

 

 

 

Vin 1 : le nez est complexe sur le miel, les herbes aromatiques, la mandarine, la structure en bouche est assez fluctuante, même si la finale se tend un peu plus avec une minéralité qui se manifeste complétée par de beaux arômes de pamplemousse.
Aucun suspense sur ce vin que j’ai rapporté de ma dernière visite au domaine Moritz, le cépage reste identifiable mais la bouche témoigne d’un apogée dépassé…pas inintéressant mais hélas un peu trop vieux, c’est un
Riesling Grand Cru Moenchberg 1997 – Domaine Moritz à Andlau

Vin 2 : le nez est franc et intense sur la groseille à maquereau, le buis et le beurre frais, la bouche est vive, parfumée au jus de groseille, la finale s’arrondit agréablement tout en restant très aromatique.
La palette ne laisse que très peu de doute sur le cépage, c’est du sauvignon blanc, la structure en bouche et la nationalité du donateur (hello Paul !) me fait penser à une origine « nouveau monde », entre dégustation et déduction, je ne suis pas très loin de démasquer ce premier inconnu car c’est un
Sauvignon blanc 2009 – Greywacke Marlborough-Nouvelle Zeelande

Vin 3 : le nez est fin et agréable sur le citron confit et quelques notes végétales, la bouche possède un équilibre fin et tendu avec un joli gras et une finale très longue marquée par quelques nuances végétales (gentiane).
Le cépage est bien identifié, le millésime hélas aussi…j’ai goûté un bon nombre de rieslings bien plus purs sur ce millésime ce qui explique que, malgré la belle qualité de cette cuvée, la découverte de l’étiquette me laisse un peu perplexe car c’est un
Riesling Cuvée Frédéric Emile 2004 – Trimbach à Ribeauvillé

Vin 4 : le nez est frais et fruité sur la groseille et un léger vanillé, la bouche est tonique, vive et droite avec une finale de longueur moyenne mais très minérale et discrètement épicée (poivre blanc).
La palette aromatique est déroutante, la structure en bouche fait penser à du riesling…le vin est très frais et bien agréable à goûter mais très difficile à identifier, c’est un
Riesling Grand Cru Kirchberg de Barr 2008 – V. Stoeffler à Barr
Une bouteille polémique sur laquelle Michel Bettane s’est un peu déchaîné (10/20) en lui reprochant son manque de typicité (incontestable) et son état d’évolution avancée (on n’a pas goûté le même vin !) reste un vin bien fait qui garde un réel potentiel d’évolution.

Vin 5 : le nez est complexe et agréable sur le citron mûr, l’abricot et la pierre, la bouche est souple, ronde avec un fruité expressif mais la structure ondulante un peu floue et la finale assez plate déçoivent un peu.
Un vin très mystérieux qui cultive le paradoxe entre un nez puissamment expressif et une bouche bien en retrait. Légèrement abricoté et une sensation un peu plate en fin de bouche…deux indices qui me rappellent le viognier, mais je suis quand même surpris par l’origine car c’est un
Condrieu Bassenon 2007 – Domaine G. Bernard à Tupin
Regouté en fin de dégustation, la bouche avait trouvé un équilibre un peu plus tendu mais je reste quand même un peu sur ma faim…le viognier est un cépage bien compliqué !

Vin 6 : le nez est complexe et charmeur sur le miel, les épices et la mie de pain, la bouche est tendue, parfaitement équilibrée, la finale est fraîche, longue et marquée par un boisé vanillé très élégant.
Un vin séduisant rudement bien travaillé qui nous a charmé mais qui a gardé son mystère jusqu’à la fin...il va falloir programmer une nouvelle session dédiée au chenin car c’est un
VDQS Fiefs Vendéens Domaine Saint Nicolas-Le Haut des Clous 2007 – T. Michon à Brem sur Mer

Vin 7 : le nez est discret et complexe sur l’abricot sec, la pierre à fusil et les épices douces, la bouche s’ouvre sur des notes un peu oxydatives qui font place assez rapidement vers des arômes de fruits jaunes mûrs, des épices et un peu de vanille, la finale est longue et délicatement boisée.
Un vin gras et très charnu avec quelques nuances oxydatives qui peuvent choquer certains palais trop formatés…un piège absolu pour mes hôtes qui ont finalement bien apprécié ce
VDP du Mont Baudile Lo Mescladis 2008 – Domaine Supply-Royer à Arboras

Vin 8 : le nez est très racé avec quelques notes terpéniques évanescentes suivies par de très beaux arômes d’agrumes mûrs, la structure en bouche est droite, très étirée, l’équilibre est délicat avec un gras palpable, la finale est longue avec des notes d’herbes aromatiques très raffinées (mélisse, verveine).
Le cépage est magnifiquement interprété c’est un riesling d’âge mûr, grand cru probablement, Rosacker peut-être (mais ça c’est parce que je connais le donateur…), en tous cas un retour au bercail réussi avec ce
Riesling Grand Cru Hengst 1998 – Domaine Hebinger à Eguisheim

Vin 9 : le nez est explosif, exotique à souhait (mangue, litchi, ananas…), les arômes de raisins de Corinthe emplissent la bouche mais la structure reste bien équilibrée entre tonus et onctuosité, la finale révèle des notes salines de toute beauté.
Une très belle fin de série avec ce vin qui enchante par sa palette et son équilibre, le gewurztraminer se reconnaît facilement, son âge un peu moins…c’est un
Gewurztraminer SGN 2002 – Domaine Sipp-Mack à Hunawihr

 

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Pour conclure :

- ce type de dégustation à l’aveugle est un exercice difficile mais particulièrement intéressant. Nous sommes confrontés à des énigmes qui nous obligent à nous concentrer sur nos sensations et à faire jouer notre mémoire gustative…tout en usant de quelques logiques déductives pas toujours bonnes conseillères au demeurant. En tous cas, malgré l’objectif un peu plus « détente » de cette seconde série, le groupe s’est lancé dans cette série-mystère avec un sérieux exemplaire…une expérience à reconduire.

- les cépages alsaciens et le sauvignon n’ont pas résisté trop longtemps aux investigations de nos papilles mais les autres vins ont gardé leur secret jusqu’à la fin…au cas où nous en douterions, il nous reste encre énormément de choses à apprendre !

- Pour les coups de cœur : le chenin de Thierry Michon m’a séduit par sa richesse aromatique et l’élégance de sa structure en bouche et le Hengst 1998 a été une vraie découverte : ce domaine encore très peu connu a sorti un très beau vin qui, après 12 ans de garde, s’exprime avec beaucoup de noblesse.

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 19:30



Pour cette avant dernière réunion de l’année 2010 c’est un groupe un peu resserré (8 dégustateurs) qui s’est retrouvé chez François pour une séance consacrée à l’Ardèche et à la Bourgogne.

Comme lors des sessions précédentes le principe de 2 thèmes d’études bien différenciés a été reconduit :
- Thème 1 : 6 vins pour une visite-découverte de l’Ardèche méridionale.
- Thème 2 : 6 vins pour comparer Meursault et Puligny.

D’un côté un vignoble encore méconnu où de jeunes vignerons travaillent avec beaucoup de conviction pour produire de beaux vins, de l’autre côté 2 appellations phares de la prestigieuse Côte de Beaune, placées face à face pour un duel fratricide…Alléchant non ?

Les vins de la première série sont servis bouteilles découvertes après quelques explications sur leur origine.
Les vins de la deuxième série sont servis à l’aveugle en carafe par 2 : un Puligny et un Meursault du même millésime.
Verres Riedel.

Soirée Club AOC du 5 novembre 2010 à Gambsheim



Thème 1 : 6 vins d’Ardèche.


Mon Bon Plaisir – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2009 – Domaine du Chapitre à Saint Marcel d’Ardèche : le nez est net et très franc, la palette complexe (fruits rouges, fleurs, poivre et léger fumé) surprend par sa complexité, la bouche est simple mais nette et bien équilibrée, la finale est bien fraîche mais la persistance est relativement courte.
Issu principalement de cinsault (60%) complété par du grenache et de la syrah, ce rouge délicieux que F. Dorthe a conçu pour être un vin plaisir, nous transporte immédiatement vers le sud et les vacances…j’entends presque les cigales !

Cœur de Pierre – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2009 – Domaine Mazel à Pradons : le nez est ouvert et de belle intensité sur les fruits rouges croquants et les épices, la bouche est riche et dense mais superbement équilibrée, la finale est soutenue par des tanins très gourmands.
Cette cuvée composée avec plus de 80% de grenache complété par du merlot a ravi l’assemblée. J’ai bu et rebu ce vin durant tout l’été et je le retrouve avec le même plaisir en cette fin d’automne…une superbe réussite pour ce jeune vigneron dont je vous ai déjà parlé ICI et LA.

Terroirs extrêmes – Côtes du Vivarais 2008 – Clos des Senteurs à Massargues : le nez est franc et engageant sur la cerise noire, la bouche est équilibrée mais la structure reste un peu fluette, la finale est fraîche et désaltérante.
Cette syrah digeste et assez légère est produite sur des vieilles vignes situées en altitude près d’Orgnac l’Aven. Plaisant et facile d’accès, ce vin resté quelque peu dans l’ombre du précédent, offre une vision séduisante et digeste de ce cépage.

Syrah – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2007 – Domaine du Grangeon à Balbiac : le nez s’ouvre sur des notes d’eucalyptus puis se développe avec race et complexité avec des arômes de cerise à l’eau de vie et d’épices douces, la bouche est remarquable d’équilibre et de concentration, ample, ronde et délicieusement aromatique avec une finale très longue légèrement fumée et poivrée.
Issu d’un terroir gréseux près du village de Rosières et élevé 12 à 18 mois en barriques bourguignonnes ce vin est vraiment magnifique. Pour une telle qualité à moins de 8 euros, on ne peut que dire une chose : bravo et merci M. Reynouard !

Fontaury – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2007 – Domaine Jouret à Villeneuve de Berg : le nez est très proche de celui du vin précédent avec un fruit très gourmand et peut-être une touche un peu plus alcooleuse en fond, la bouche est charnue avec de la rondeur et beaucoup de soyeux, la finale est longue mais un poil trop chaude à mon goût.
Jerôme Jouret exploite des vignes près de Villeneuve de Berg et dans la splendide vallée de l’Ibie, il recherche des vins authentiques et gourmands comme cette belle cuvée de syrah qui à conquis l’assemblée de ce soir. Encore du pur bonheur en bouteille pour un peu plus de 8 euros !

Ardèche-Chardonnay – VDP des Coteaux de l’Ardèche 2007 – Louis Latour à Beaune : le nez est frais et agréable sur les agrumes, la bouche est bien nette, équilibrée et la finale est courte mais dotée d’une fraîcheur agréable.
Ce vin constitue la transition entre les deux thèmes de la soirée mais évoque également un autre aspect de la viticulture ardéchoise : en effet, beaucoup de domaines viticoles ardéchois fournissent de grandes maisons de négoce bourguignonnes en raisins (comme le domaine du Chapitre d’ailleurs).
C’est une cuvée bien faite, agréable et immédiatement séduisante, elle se boit avec facilité et même avec un certain plaisir, mais on regrette quand même un manque de fond et une présence un peu impersonnelle.

 

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La série ardéchoise au complet.

 

 

- Cette première incursion bien incomplète en terre ardéchoise a révélé l’existence d’une jeune génération de vignerons motivés et bien décidés à se battre pour faire reconnaître les potentialités de ce vignoble en produisant des vins de très bonne qualité au rapports qualité/prix quasiment inégalables.

- Le groupe, dont la plupart des membres découvraient la production vinique de cette région, a été étonné et conquis par la qualité des bouteilles dégustées : Mazel, Grangeon et Clapas ont été plébiscités…
- Face à ces vins gourmands et immédiats la question de l’évolution dans le temps de ces cuvées a été évoquée…le message a été bien reçu : je vais donc profiter de mes 3 semaines estivales de villégiature ardéchoises pour dégotter quelques vieux flacons.
Nouvelle série et seconde visite gustative dans ce vignoble à venir…

- Pour ce qui est du coup de cœur personnel : je souscris pleinement au choix du tiercé gagnant par le groupe, avec une petite préférence pour la Syrah du Grangeon, exceptionnelle de classe et d’équilibre.



Thème 2 : 6 vins pour un match Puligny-Meursault.

 

 

Puligny Montrachet 2004 – Domaine Carillon à Puligny : le nez est franc et précis sur le citron et le cône de houblon, la bouche est finement ciselée avec une pureté minérale remarquable et une longueur finale exceptionnelle.
Meursault Tessons 2004 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : le nez est ouvert et complexe sur le miel, la mie de pain et quelques notes florales, la bouche est opulente avec une structure large et généreuse et une finale réglissée.
 

 

L’entrée en matière est réussie avec ces deux beaux vins fortement typés par leur origine. Dans ce premier face à face, le Puligny a séduit par sa droiture et sa tension minérale alors que le Meursault a dérouté certains dégustateurs par la complexité de sa structure.


Puligny Montrachet 2003 – Domaine Carillon à Puligny : le nez est précis et bien complexe avec des notes de citron, de fougère et quelques touches plus florales, la bouche est parfaitement équilibrée entre un gras sensible et une tension acide très droite, la finale est bien fraîche et de longueur moyenne.
Meursault Vieilles Vignes 2003 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : le nez est intense et complexe sur le miel de forêt, la mirabelle, la brioche au beurre, la bouche possède un toucher soyeux avec un gras perceptible et une présence aromatique puissante. La finale est bien longue, très goûteuse mais sans lourdeur.

 

Le millésime a généré des vins très expressifs et plein de gourmandise et ces deux cuvées ne renient pas le style. Le Puligny reste plus tendu que le Meursault, mais ce dernier se distingue par une richesse aromatique assez rare…difficile de choisir, mais le faut-il vraiment ?


Puligny Montrachet 1°Cru Les Referts 2002 – Domaine Carillon à Puligny : le nez est franc et riche avec des notes d’agrumes mûrs, de fleurs, de vanille et de craie, la bouche possède une structure généreuse, le gras et la rondeur sont affirmés mais une minéralité intense s’impose peu à peu sur toute la longueur de la finale.

Meursault Les Vireuils 2002 – Château Genot-Boulanger à Meursault : le nez est pur et profond sur les agrumes (mandarine) et la brioche, la bouche est dense et concentrée avec beaucoup de gras et une finale où de fines notes de pamplemousse apportent une fraîcheur bienvenue à la finale.
 

 

Les deux vins sont amples et très élégants avec des profils aromatiques complexes et des structures en bouche bien équilibrées. Entre ces deux cuvées très réussies et totalement épanouies aujourd’hui, le choix a légèrement penché en faveur du Puligny, mais le duel était un peu tronqué (le Puligny est un 1°Cru).

 

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Un trio bien sympathique (ma cave est vraiment très humide...et mon appareil photo vraiment pourri !!!)

 

 

- ce petit jeu bien sympathique nous a permis avant tout de nous concentrer pour identifier les particularités de ces 2 appellations géographiquement si proches mais gustativement si différentes : équilibre soyeux et miel à Meursault, tension et minéralité à Puligny… ces 6 vins n’ont vraiment pas trahi leur terroir.

- s’il faut désigner l’appellation gagnante de ce petit « match », ce sera Puligny devant Meursault, mais cela relève de l’anecdote…en tous cas, le plaisir procuré par la dégustation de ces 6 très beaux vins nous a donné une furieuse envie d’organiser très prochainement une rencontre retour.

- Pour les coups de cœur : Meursault Vieilles Vignes 2003 et Referts 2002, parfaits ambassadeurs de leurs prestigieux terroirs.

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 23:51

 

 



Nouvelle séance du club à 2 thèmes avec une série de vins de Chablis et une sélection de vins californiens : deux mondes qui parfois se retrouvent…
A ce titre, notre ami François, en est une preuve vivante : originaire de la région d’Auxerre et professionnellement exilé aux Etats-Unis durant 7 ans, il a fourni la plus grande partie des flacons qui ont illustré cette belle soirée de découverte.
De mon côté j’ai complété la série de Chablis en sortant quelques vieux flacons de ma collection personnelle.

Les vins sont présentés et expliqués par les organisateurs et ne sont donc pas dégustés à l’aveugle.
Verres Spiegelau et INAO

Soirée club AOC du 8 octobre 2010 à Schiltigheim


Crémant d’Alsace – Chardonnay-Cuvée Calixte – Cave de Hunawihr


Le nez est agréable et frais sur les fruits blancs et la brioche, la bouche est joliment crémeuse avec une bulle fine et légère et un finale bien désaltérante.
Ce crémant se distingue par sa pureté aromatique et sa belle présence en bouche mais aussi par son excellent rapport Q/P.
Je l’ai pris juste comme ça à la FAV du Simply pour une petite mise en bouche en accord avec le premier thème de la soirée…à moins de 6 euros c’est plutôt une bonne surprise !



Première série : premiers pas dans le chablisien.


Chablis 2008 – Domaine de la Meulière à Fleys


Le nez est franc et typé sur le citron, la pierre avec des notes légèrement mentholées, la bouche est vive, l’acidité est tranchante mais pas agressive, la minéralité s’impose progressivement jusqu’en finale.
Ce Chablis net et sans concession a été distingué à de nombreuses reprises mais aurait encore mérité une petit année de garde pour s’assagir un peu.


Chablis Vieilles Vignes 2008 – Domaine du Colombier à Fontenay


Le nez est discret et fin sur le beurre frais, la noisette avec quelques notes vanillées, la bouche est souple et finement acidulée, la finale est un peu courte et légèrement amère.
Une cuvée que je connais et que j’apprécie depuis plusieurs millésimes mais qui se présente à nous dans une phase peu flatteuse : la bouche semble chercher sa cohérence entre rondeur et vivacité, la finale n’est pas très avenante…nous avons peut-être été un peu pressés.

 


Chablis 1°Cru Vosgros 2008 – Domaine du Chardonnay à Chablis

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Le nez est pur et très fin avec des notes de poire et de fleurs blanches, la bouche possède une matière puissante mais la structure est encore bien confuse, la finale laisse apparaître de beaux arômes de groseille blanche.
La noblesse du terroir se ressent dans la pureté olfactive et dans la densité de la matière mais le vin n’est pas encore complètement en place…prometteur mais encore très jeune.


Chablis 1°Cru Fourchaume 2007 – Domaine du Colombier à Fontenay

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Le nez s’ouvre sur quelques notes de réduction rapidement remplacées par une palette classique sur le beurre, la noisette, la craie et la brioche, la bouche est ample et assez grasse avec une sensation minérale (silex) qui s’impose peu à peu, la finale est fraîche avec une légère amertume
On attendait un peu les fameuses notes de pierre à feu…nous voilà servis avec ce premier cru qui commence à parler même si la fin de bouche semble un peu marquée par la sous-maturité.


Chablis 1°Cru Fourchaume 2006 – Domaine du Colombier à Fontenay


Le nez est discret mais tout en élégance et en complexité avec des notes de fruits blancs et quelques évocations mentholées, la bouche attaque sur le gras et la rondeur, la minéralité s’impose progressivement pour marquer la finale d’une belle salinité.
Un Fourchaume épanoui et équilibré qui s’exprime bien et qui s’apprécie très facilement… Goûtu !


Chablis 1°Cru Fourchaume 2005 – Domaine du Colombier à Fontenay


Le nez est très fin avec une belle complexité, fruits blancs, beurre, brioche…, la bouche possède une superbe structure, un très bel équilibre et une finale délicatement réglissée et bien longue.
Un très beau premier cru issu d’un beau millésime dans sa phase de plénitude…une rencontre réussie !

 


Chablis 1°Cru Vaillons 2007 – Moreau Naudet à Chablis

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Le nez est flatteur sur les fruits blancs avec un boisé assez présent, la bouche possède une matière riche et complexe, une belle acidité, un équilibre tonique et finale longue mais marquée par le bois.
2/3 bois et 1/3 cuve pour ce Chablis version plus moderne..il est prometteur mais devra encore s’harmoniser un peu en cave pour exprimer sa classe.



Chablis Grand Cru Bougros 2002 – Domaine du Colombier à Fontenay

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Le nez est très complexe, un véritable récital olfactif sur le miel d’acacia, la résine, la sous-bois, le beurre, la brioche et les épices douces, la bouche est ample et grasse avec des arômes de miel très présents, la tension acide se révèle pleinement en finale.
Etonnant de complexité mais déroutant par sa structure ce Grand Cru a un peu divisé l’assemblée… pas trop Chablis mais sûrement très beau vin.


Pour conclure :

- Les chardonnays s’expriment vraiment de façon particulière sur ces fameux calcaires du Kimméridgien et du Portlandien : secs et droits, ils savent rester légers à la première approche mais révèlent très souvent des structures complexes où le gras enveloppe cette flamme minérale si particulière.
- Pour les coups de cœur : le Fourchaume 2005 a remporté facilement la mise, complexe et élégant il est dans la pleine force de l’âge, le Bougros 2002 m’a séduit par son opulence et sa richesse aromatique.
- Il faut également relever le rapport Q/P exceptionnel des crus de Chablis : si on oublie les inaccessibles superstars de la région, on reste dans des valeurs entre 10 et 20 euros… une aubaine pour amateurs de beaux blancs bourguignons !

 



Deuxième série : California Dream.


Lioco – Chardonnay 2007 – Sonoma County


Le nez est proche des Chablis, discret, légèrement beurré et délicatement floral, la bouche est opulente avec un joli gras et une puissante minéralité, la finale est un peu marquée par l’alcool mais la persistance aromatique est longue.
Un vin charnu et gourmand dont la richesse alcoolique choque un peu nos  palais français…en tous cas, une très belle entrée en matière !

 

 

Fess Parker – Chardonnay 2006 – St. Rita Hills


Le nez est franc et flatteur sur l’ananas, la vanille, la pierre, la bouche est riche avec un gras présent et une palette expressive sur le citron, le boisé et l’alcool dominent un peu la finale.
Fess Parker, le créateur de cette Vinery, fut l’acteur qui incarna Davy Crocket dans le milieu des années 50. Là où d’autres se lancèrent dans la politique avec plus ou moins de bonheur, ce comédien choisit de se reconvertir en producteur de vin…ses successeurs lui rendent l’hommage qu’il mérite avec cette cuvée très « spectaculaire »..


Noble Tree – Pinot Noir 2008 – Russian River Valley


Le nez est intense et expressif avec de belles notes de prune, de pêche de vigne et de pain d’épices, la bouche est ronde et suave avec un joli volume et une finale anisée et mentholée mais un poil trop chaude à mon goût.
Cette vision californienne du pinot noir a un potentiel de séduction indiscutable, même si la matière dense et riche de cette cuvée bouleverse un peu nos repères habituels sur ce cépage.


Cuvée de Trois – Pinot Noir 2005 – Russian River Valley

 Swan


Le nez est fin et élégant sur le cassis, la prune et le café moulu, la bouche est opulente, le gras est sensible mais la trame tannique est bien présente, la finale est longue et assez digeste.
Un très beau pinot noir avec un équilibre plus classique et plus conforme à nos habitudes gustatives.


Tamas – Zinfandel 2007 – Central Coast


Le nez est puissant et expressif avec des arômes de fruits noirs confits et quelques notes terreuses (sous-bois, terre humide), la bouche ronde et soyeuses fait la part belle à ces nuances minérales repérées à l’olfaction, la finale est longue mais un peu alcooleuse.
Ce cépage considéré comme le seul vraiment indigène au US, donne un vin flatteur et gourmand, qu’un excès d’alcool alourdit quelque peu (près de 15° quand même !).
 

 

Ridge 2007 – Sonoma County

 Ridge


Le nez est très flatteur, fruits à l’eau de vie, cerise confite et quelques épices emplissent les narines, la bouche est ronde, ample et charnue avec une belle mâche tannique et une finale longue, marquée par le poivre blanc…et toujours un peu par l’alcool.
Cette belle cuvée est issue d’un assemblage de 76% de Zinfnadel complété par des cépages importés (syrah, grenache, carignan…) et élevée 9 mois en barriques de chêne US (dont 1/3 de neuf). Le boisé est bien intégré, l’alcool commence à se fondre…pourquoi ne pas essayer de le garder encore un peu ?


Bucklin – Zinfandel Old Hill Ranch 2006 – Sonoma County


Le nez puissant et expressif est marqué par des arômes de torréfaction, de fruits rouges confits mais aussi par quelques notes alcooleuses, la bouche révèle une structure soyeuse avec de beaux tanins et une discrète acidité, la longue finale dévoile une très belle palette sur les épices et l’eucalyptus.
Comme la précédente, cette cuvée est constituée d’un assemblage de Zinfandel avec une vingtaine d’autres cépages (grenache, alicante, syrah…) et élevée 20 mois en barriques de chêne français (40% bois neuf). La conception de ce vin est ambitieuse mais le résultat final est un peu too much pour moi…



Corison – Cabernet Sauvignon 2003 – Napa Valley


Le nez est fin et subtil avec de belles notes de fruits noirs frais et d’eucalyptus, la bouche est ronde et ample, la trame tannique est soyeuse et la finale séduit par sa longueur et sa belle fraîcheur.
Cette cuvée qui titre moins de 14° (une rareté…) nous offre un beau récital aromatique avec une alliance pleinement réussie entre puissance et élégance…Grand vin !


Clos du Val – Cabernet Sauvignon 1998 – Napa Valley

 

2


Le nez est fin, délicat et d’une grande complexité, fruits noirs, humus, épices et tabac blond, la bouche est ample et charnue avec une trame tannique très solide et une finale longue où l’alcool domine un peu le fruit.
Une grosse cartouche (le 2005 se vend plus de 100 $…) qui tient son rang, même après plus de 10 ans de vieillissement… sans cette présence alcoolique encore excessive à mon goût on approcherai sûrement du sublime !

 
Pour conclure :

- Cette première incursion poussée dans le Nouveau Monde m’a plutôt convaincu. Certes nous sommes loin de notre conception du vin : ici on parle Vinery et cépage pour définir un cru, la notion de terroir étant le plus souvent occultée. Ceci dit, ces vins sont vraiment bien faits : très riches au niveau aromatique et d’une rondeur avenante en bouche, ils ont un pouvoir de séduction incontestable

- S’il fallait mettre un petit bémol je le situerai à 2 niveaux : la richesse alcoolique excessive (les 15° sont régulièrement atteints ou dépassés, ouch !!!) et les prix quand même très élevés (on dépasse vite les 30 $…), mais bon, pas de quoi mettre en cause la très bonne impression générale laissée par cette belle série.

- Pour le coup de cœur : aucune hésitation, c’est le cabernet sauvignon 2003 de Corison, à mon goût parfaitement équilibré. YESSS !

 

grapes

 

Une grappe de cabernet sauvignon sur une parcelle de la Corison Vinery (photo piquée sur le site du domaine)

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 17:22

 

Nouvelle séance du club à 2 thèmes avec une série de vins Savoie et une série de rouges italiens.

Comme souvent les vins ont été achetés par Eric et Stéphane sur Caveprivée pour les crus transalpins et chez les vignerons pour les savoyards.


Les vins sont tous dégustés à l’aveugle.
Verres Spiegelau.

Soirée club AOC du 3 septembre 2010 à Kilstett


Première série : la Savoie version blanche et rouge.




Vin de Savoie Chardonnay 2007 – Dupasquier à Jongieux

Le nez est discret avec des notes lactées et miellées, la bouche est assez simple mais agréable, le miel affirme fortement sa présence aromatique.
Bien fait, sans prétention… un vin franc et honnête.


Chignin Bergeron Les Terrassses 2008 – Quénard à Tormery
 

 

Le nez est discret mais très élégant sur la mirabelle, le miel, la bouche est ample avec beaucoup de gras, une rondeur miellée et une finale un peu chargée, légèrement amère et marquée par l’alcool.
Il y a du vin, c’est indiscutable mais l’ensemble manque un peut de cohérence à l’heure actuelle. A revoir dans quelques années…


Chignin Bergeron Grand Orgue 2006 – Magnin à Arbin

Le nez est très mûr avec des notes rôties et quelques évocations pierreuses, l’équilibre en bouche est surprenant, très sec, assez anguleux avec une finale un peu amère.
La matière a un joli volume mais l’ensemble reste un peu dissocié…sûrement encor un peu jeune ?


Roussette de Savoie Marestel 2006 – Dupasquier à Jongieux

Le nez est assez intense sur la mirabelle, le coing confit et quelques notes miellées, la bouche est ample mais un peu dissociée, les SR et un acidité assez pointue cohabitent sans trop d’harmonie. La finale révèle des arômes de miel de chataignier légèrement amères.
Une cuvée que j’apprécie particulièrement sur 2004 et 2005 mais que je n’ai absolument pas reconnue ce soir…un vin déstabilisant, voire décevant.

 

 

Mondeuse 2006 – Dupasquier à Jongieux

Le nez est franc avec des notes de fruits rouges frais et quelques nuances de poivre noir, la bouche est charnue, la trame tannique assez dense s’assouplit progressivement avec l’oxygénation, la finale est agréable mais un peu courte.
Léger, avec un fruité bien croquant, ce joli vin rouge respire le travail bien fait.…


Mondeuse La Brava 2006 – Magnin à Arbin

Le fruité agréable mais discret est un peu dominé par de puissantes notes torréfiées, l’attaque en bouche est soyeuse, les tanins serrés sont bien enrobés par un boisé fin, la finale assez austère est marquée par une sécheresse et une acidité très prononcée.
Visiblement cette cuvée est encore trop jeune pour se révéler pleinement mais cette virilité excessive en bouche sème un peu le doute…


Pour conclure :

- Pour moi ce fut une première visite assez décevante dans cette région : quelques vins séduisants mais simples et d’autres plus ambitieux qui se goûtent sans trop de plaisir aujourd’hui. En tant que fan avoué des Roussettes de Dupasquier j’attendais cette soirée avec impatience, je repars un peu déçu du voyage…
- Pour le coup de cœur : sans atteindre des sommets, le chardonnay et la Mondeuse de Dupasquier tiennent leur rang de vins plaisir au bon rapport Q/P.

 



Deuxième série : rouges d’Italie



Passopisciaro – Sicilia 2007 – Sicile

Le nez est expressif avec un fruité très pur, la bouche est généreuse, la trame tannique est serrée et assez virulente, la finale est acidulée et assez austère.
Ce vin, qui provient d’une vigne située à près de 1000 mètres d’altitude sur les pentes de l’Etna, a séduit l’assemblée par sa belle matière et son équilibre bien frais. Moi je suis complètement passé à côté : j’ai été perturbé par ces tanins qui m’ont paru vraiment trop rêches…


Cascina Francia – Barbera d’Alba 2007 – Piémont

Le nez est discret sur la mie de pain et quelques notes confites, la concentration en bouche est redoutable, la soie et les tanins se répondent et s’équilibrent, le fruité s’affirme un peu plus nettement , la finale est longue mais un poil trop chaude.
Une matière mûre et concentrée, encore marquée par la fougue de sa trop grande jeunesse : ce vin est intéressant sans conteste…reste le prix qui me semble bien trop élevé malgré tout (plus de 30 euros…)

 

 

Poggio di Sotto – Rosso di Montalcino 2006 – Toscane

Le nez est complexe et raffiné avec de belles notes de cerise à l’eau de vie et d’épices douces, la bouche est solidement charpentée mais bien équilibrée, la trame tannique est dense et la finale est très longue et délicatement acidulée.
Une belle cuvée 100% Sangiovese, un vin riche et prometteur…intéressant mais toujours un peu cher (37 euros)


Le Baroncole – Chianti Classico Riserva 2005 – Toscane

Le nez est assez intense et s’ouvre sur des notes un peu alcooleuses pour se complexifier progressivement en laissant apparaître des arômes de cerise noire et d’amande, la bouche est puissante, concentrée et structurée par des tanins virulents, la finale est longue mais toujours trop tannique.
5 années de garde et toujours cette matière très agressive…peut-on espérer une évolution vers plus d’harmonie…le doute est permis !


Brunello di Montalcino 2004 – Toscane

Le nez est ouvert et expressif sur des nuances poudrées, épicées et légèrement vanillée, la bouche est verrouillée, monopolisée par des tanins vifs qui donnent au toucher de bouche une dureté assez désagréable.
Un 100% Sangiovese avec une belle présence aromatique mais dont la matière en bouche ne me plaît pas du tout, une fois de plus, je me retrouve en marge du groupe qui apprécie beaucoup plus cette cuvée…dure, dure cette soirée !


Pour conclure :

- Cette nouvelle rencontre avec des vins italiens ne m’a toujours pas permis de comprendre leur esthétique particulière : je reste perplexe devant ces vins rouges massifs avec des mâches souvent très rudes….Dommage !
- Je ne parlerai pas de rapport Q/P qui m’avait déjà paru peu avantageux lors de ma première dégustation de vins Italiens : en tous cas, si je devais mettre près de 40 euros dans une bouteille j’irai chercher mon bonheur sous d’autres cieux…

 

p 010

 

Merci à Lionel pour son accueil.

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 08:03



Nouvelle séance du club à 2 thèmes avec une série de rieslings grand cru du Bas-Rhin et une série de rouges espagnols.

La sélection de rieslings a été faite par Eric et les vins espagnols ont été achetés par Stéphane sur Caveprivée. François, un émigré (immatriculé 66 en Alsace, ça se remarque…), qui nous rend visite régulièrement, nous a fourni quelques bouteilles en provenance directe d’Espagne. Muchas gracias !

Les rieslings sont dégustés à l’aveugle et les rouges d’Espagne sont servis après une petite présentation orale par Stéphane ou François.
Verres Spiegelau et Taster Impitoyable (surtout pour les rieslings)

Soirée club AOC du 27 mai 2010 à Kientzville


Première série : 6 rieslings Grand Cru du Bas-Rhin.



Grand Cru Frankstein 2005 – Domaine du Rempart à Dambach la Ville

Le nez est discret et complexe avec des notes d’agrumes et d’aspérule, la bouche possède une structure avenante avec du gras, une acidité enrobée et une finale moyenne marquée par des nuances un peu terreuses.
Une matière agréable en bouche mais un profil aromatique qui manque un peu de séduction…


Grand Cru Bruderthal 2005 – G. Neumeyer à Molsheim

Un nez évolutif, fin et aérien qui s’ouvre sur d’étranges notes de toile de jute mais qui évolue rapidement vers des nuances florales très élégantes, la bouche est charnue mais l’équilibre est sec avec une acidité minérale très large et une finale longue sur le pamplemousse.
Un vin encore un peu fermé mais qui impressionne par l’ampleur de sa matière et par sa puissante minéralité. A attendre encore…


Grand Cru Altenberg de Wolxheim 2005 – C. Lissner à Wolxheim

Le nez est précis et expressif, citron frais, chlorophylle et mélisse s’accordent parfaitement, l’équilibre en bouche est très sec, l’acidité tendue et verticale confère à ce vin une structure très longiligne, la finale est assez longue et marquée par quelques amers très fins.
Ce riesling svelte et racé joue résolument la carte de la finesse.


Grand Cru Kastelberg 2005 – Domaine Gresser à Andlau

Une bouteille hélas défectueuse qui n’a pas pu être évaluée.



Grand Cru Zotzenberg 2007 – Domaine Rietsch à Mittelbergheim

Le nez est intense, pur et très gourmand avec du citron, du sucre d’orge et des évocations florales complexes, la bouche est très mûre, la texture est agréable et l’acidité se montre longue et profonde. La finale reste fraîche avec de beaux amers.
Face à des 2005 pleins de retenue ce charmeur expressif a un peu écrasé la concurrence. Un plébiscite pour ce vin généreux mais bien équilibré, mais il faut reconnaître que le millésime y est sûrement pour quelque chose…


Grand Cru Kirchberg de Barr 2005 – Domaine Hering à Barr

Le nez est mûr, complexe, le fruité est assez intense (fraise des bois), la palette florale est plus discrète mais bien complexe, la bouche présente une matière riche avec beaucoup de gras, une minéralité puissante et un finale qu’une délicate amertume rend très digeste.
De retour sur le millésime 2005 mais sur un très grand terroir : ce riesling est magnifique !

 


Pour conclure :

- Cette petite incursion dans l’élite bas-rhinoise nous a un peu laissés sur notre faim : ces rieslings 2005 ne se présentent pas sous leur meilleur jour à l’heure actuelle, ils semblent bien repliés sur eux-mêmes avec des olfactions tout en retenue qui contrastent avec des matières en bouche d’une belle qualité.
Cette impression générale dénote nettement avec celle laissé par 2 récentes dégustations de riesling 2005 ICI et LA.
- Pour le coup de cœur : hormis le Rietsch que j’aurai tendance à classer hors concours, c’est le Kirchberg de Hering qui a vraiment tranché, par sa complexité et sa minéralité.




Deuxième série : rouges d’Espagne

 


Pour faire la transition avec les rieslings alsaciens nous commençons cette série par un blanc espagnol.

 

 

Rias Baixas - Pazo Seniorans 2004

Un nez expressif et agréable, citronné et végétal, la bouche est très charnue avec beaucoup de gras, une acidité un peu molle et un perlant léger, la finale est bien longue.
Un vin que la critique internationale a plébiscité mais qui n’a pas séduit l’assemblée de ce soir… son manque de vivacité a vraiment trop contrasté avec la droiture des rieslings de la série précédente.


Toro – Finca Sobreno Reserva 2005


Le nez est dominé par de puissantes notes d’élevage (vanille, noix de coco) qui écrasent complètement le fruit (des arômes très agréables de cerise), la bouche possède une attaque ronde, une structure charnue fort avenante, le boisé revient et assèche la finale.
Une matière surement très belle complètement dominée par un élevage excessif…quel dommage !!!


Rioja – Luis Canas Reserva 2004


Le nez s’ouvre sur des notes alcooleuses puis se complexifie avec du fruit rouge confit, des épices et un boisé discret, la bouche est solidement charpentée avec un très beau grain tannique et une finale étonnamment fraîche.
Une matière riche assez massive mais assez bien équilibrée, même si on aurait apprécié un peu plus de finesse.

 


Rioja – Luis Canas Gran Reserva 2001

Le nez est assez intense avec beaucoup d’épices, des nuances de pâte d’amande et quelques notes alcooleuses en fin, la bouche est ronde, soyeuse, les tanins sont bien présents mais très bien enrobés, la finale est moyennement longue et un peu marquée par le bois.
Encore excessif après 9 années de garde… le doute sur une évolution vers plus de finesse me semble légitime.


Ribero del Douro – Conde de San Cristobal 2005

Le nez est subtil et complexe, fruits noirs, épices et boisé fin composent une palette raffinée, la bouche est bien équilibrée avec une matière ronde et grasse et une acidité délicate et fraîche, l’amertume finale est un peu asséchante.
Une belle présence aromatique et un équilibre digeste en bouche, un rouge puissant mais d’une grande buvabilité.


Emporda – Liavors 2007

Le nez est puissant et racé, la palette florale s’enrichit de notes d’herbes de garrigue et d’évocations un peu terreuses, la bouche est généreuse avec des tannins serrés mais soyeux, du gras et un boisé fin, la finale est longue mais un peu chaude.
Le registre aromatique est d’une richesse peu commune, la bouche reste typée sud avec un alcool dominateur en finale mais au bout du compte le plaisir est au rendez-vous.


Vi de la Terra de Mallorca – An 2005

Le nez s’ouvre sur des notes fortement torréfiées, boisées et toastées, l’oxygénation révèle de beau arômes d’épices et de réglisse, la présence en bouche est séduisante, les tanins sont soyeux, les épices douces (cannelle, girofle…) s’épanouissent, mais la finale est à nouveau dominée par le bois.
Encore une belle matière écrasée par un élevage trop massif ! C’est bon, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’il y avait mieux à faire…

 


Priorat – Clos Martinet 2005

Le nez s’ouvre sur des notes de vernis, après oxygénation les épices, les agrumes mûrs, l’orange sanguine composent une palette typée et gourmande, la bouche est pleine, ronde et charnue, la finale est agréablement fraîche avec quelques tanins encore un peu accrocheurs.
Une belle bouteille peut-être encore un peu jeune, mais l’équilibre de la structure plaide pour un beau potentiel de garde.



Pour conclure :

- Cette série très éclectique a marqué nos premiers pas dans cette autre grande nation viticole : des vins solides, riches, goûteux et, hélas, parfois sur-extraits et sur-boisés. Ceci dit, le niveau qualitatif est resté élevé même si nos petits palais nordistes se fatiguent bien vite face à la virulence de ces cuvées.
- Pour les coups de cœur mon choix se portera sur 2 bouteilles : le Ribera del Douro 2005, qui apporte la preuve qu’on peut trouver des équilibres très fins dans ces contrées et le Clos Martinet 2005 dont la grandeur s’impose avec évidence.

 


Merci à Eric pour son accueil

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 12:51



Deuxième séance du club à 2 thèmes avec une petite série de rouges autrichiens et une verticale de Gondonne du Domaine Goisot.

Je me suis chargé de l’achat des rouges autrichiens dans la Vinothek de Neustift im Stubaital lors de mon dernier séjour dans ce pays.
Pour la verticale de Gondonne, Stéphane a prélevé les précieux flacons dans sa réserve personnelle et dans l’oenothèque d’OliH, notre ami nancéen toujours prêt à secourir des dégustateurs en quête de références rares.

Les 4 rouges autrichiens et le vin pirate sont passés en carafe et dégustés à l’aveugle (sauf pour moi évidemment), la verticale de Gondonne se fait du vin le plus jeune (2007) au plus vieux (2000). Verres INAO ou Spiegelau.

Soirée club AOC du 30 avril 2010 à Kilstett


Première série : 4 vins rouges d’Autriche et 1 pirate.


Les vins proviennent du domaine Tschida à Apleton, dans le Burgenland, à quelques kilomètres de la frontière hongroise. Cette région représente 36% de la superficie totale viticole autrichienne. Le climat est continental, avec des hivers très froids et des étés caniculaires, mais le Neusiedlersee, un lac étendu et peu profond, assure une forme de régulation thermique favorable à une maturation douce des raisins.
La vigne pousse en plaine sur des sols de terre noire sablonneuse et saline.
Le Domaine Tschida pratique une viticulture exigeante, lutte intégrée et contrôle strict des rendements, ainsi qu’un travail en cave précis et moderne avec des vinifications thermo-régulées et un élevage en cuves inox, en foudres ou en barriques selon les cuvées.


Blauer Zweigelt Médium 2009


Le nez est marqué par les fruits rouges et par quelques notes lactées, la bouche est ronde et légère avec une finale finement acidulée.
Issu du cépage rouge le plus répandu en Autriche et élevé uniquement en cuve inox, ce vin simple et gourmand est fait pour accompagner les futures libations estivales


Blauer Zweigelt Fuchsloch 2008


De puissantes notes de torréfaction monopolisent l’attaque olfactive et dominent un peu les beaux arômes de cerise mûre et d’épices. La bouche est soyeuse avec une belle trame tannique et une finale assez vive de longueur moyenne.
Le boisé est présent mais cette cuvée élevée en barriques neuves à 80% se boit avec facilité et plaisir.


Blaufränkisch Vier Eimer Fass 2008

Le nez est discret mais agréable avec des notes de petits fruits noirs (mûre et myrtille) et quelques nuances boisées, la bouche est très ronde à l’attaque, elle offre une palette de fruits noirs confits et de poivre, la finale est assez longue mais un peu sévère.
Issu de l’un des deux cépages à l’origine du Zweigelt (l’autre est le Saint-Laurent) et élevé en barrique de 228 l (1 « Eimer » - fait 57 litres en Autriche), ce vin rouge se goûte fort bien jeune, mais on sent un vrai potentiel de garde.


Morgon Côte de Py James 2007 – J.M. Burgaud à Morgon


Le nez est discret et pur avec des notes de fraise mûre et d’épices, complétées par un fond délicatement floral, la bouche est vive et tendue avec une trame tannique profonde et une belle persistance en finale.
Un pirate facilement démasqué par Florian : la puissance de sa charpente et la longueur finale dénotaient franchement avec la série.
Ceci dit, malgré une année de moins au compteur, ce vin semblait nettement trop jeune pour donner toute sa mesure aujourd’hui. La rondeur du 2006 goûté quelques jours plus tôt aurait mieux tenu son rôle d’invité surprise.


Blauer Burgunder 2008


Le nez est intense avec de la framboise, un léger fumé et même un peu de miel, la bouche est ronde et fruitée, la finale est longue et finement acidulée..
Un pinot noir élevé en foudres, à la robe diaphane mais avec un équilibre tonique et une belle présence en bouche



p 042
La série rouge au complet




Pour conclure :

- Les vins rouges autrichiens représentent une production encore marginale dans ce pays (les blancs représentent près de 80% de l’encépagement) mais les quatre cuvées dégustées ce soir nous ont laissé une impression de vins très bien travaillés, plaisants et faciles d’accès dès leur plus jeune âge.


- L’utilisation quasi-systématique de bois dans les élevages peut surprendre mais ne dérange pas à la dégustation. Cependant la question du comportement de ces vins dans le temps reste ouverte...


- Le seul bémol reste le prix de ces vins : ces cuvées de moyenne gamme se situent toutes au dessus des 12 euros, ce qui les met en concurrence avec des crus qui leur sont supérieurs à mon sens : entre un Blau Burgunder à 14 euros et un Pinot Noir Côte de Rouffach de Rieflé à 11 euros ou un Givry… il n’y a vraiment pas photo !


- Pour le coup de cœur : hormis le Burgaud, qui après une bonne oxygénation s’est révélé vraiment au dessus du lot, j’ai une nette préférence pour ce Vier Eimer Fass, complet et séveux, qui a copieusement arrosé mes agapes post-glisse dans ma villégiature autrichienne.




Deuxième série : verticale de Gondonne.

Le domaine Goisot est l’adresse incontournable de l’appellation Bourgogne Côtes d’Auxerre et La Gondonne est un des 3 climats sélectionnés par la maison pour élaborer leurs cuvées prestige.
La Gondonne est une parcelle calcaire de 1,2 hectares avec des vignes de chardonnay de plus de 40 ans, travaillées en bio-dynamie.
Les vins se font à la bourguignonne avec fermentation et élevage sur lies fines pendant 12 mois en barriques de chêne.


2007

Un premier nez intense sur l’abricot cède assez vite la place à une palette plus complexe où on reconnaît des nuances florales, du fenouil et un léger boisé, la bouche est serrée avec un équilibre sec et une belle présence minérale. La finale est de longueur moyenne.
Un vin séduisant avec une touche racée déjà bien définie…une entrée en matière tout à fait réussie !


2006

Le nez est posé, complexe, simplement beau, où quelques notes de caramel assez fugaces cèdent très vite la place à un fruité très pur (mandarine) avec une touche de vanille, la bouche est ample, gras et vivacité se répondent parfaitement, la finale est longue et puissamment minérale.
Une cuvée qui laisse une belle sensation de plénitude, la matière est conséquente mais le terroir calcaire parle fort et bien en apportant tension et salinité.

 


2005

Le nez surprend par une attaque sur des notes assez envahissantes de champignon blanc, par la suite cette sensation peu agréable s’estompe mais l’olfaction reste marquée par des nuances très végétales. La bouche est charpentée avec une belle matière, une acidité puissante, mais les saveurs végétales dominent toujours. La longue finale est un peu plus plaisante avec de fines notes de menthol.
Un vin bizarre qui possède une belle structure mais dont le registre aromatique pose vraiment problème : une déception d’autant plus grande que l’on perçoit facilement les constituants d’un beau vin.


2004

La Suze et d’autres notes vraiment moins avenantes (moisi, serpillière humide) rendent ce nez peu engageant, la bouche possède une belle matière, la finales est intéressante avec des notes de silex et de fumée, mais le milieu de bouche reste irrémédiablement pollué par ce faux goût.
Une nouvelle déception, que la particularité du millésime ne suffit pas à justifier…la bouteille semble vraiment défectueuse…Dommage !


2003


Le nez est intense et gourmand avec de belles notes d’agrumes confits, la bouche est opulente, le gras est très présent, l’acidité très mûre s’installe progressivement et marque une belle finale bien ouverte et fraîche.
Encore un bel exemple d’effet millésime sur un vin, mais là le résultat final est bien plus positif : cette bouteille est quelque peu atypique mais se laisse boire avec un énorme plaisir.


2002

Le nez est discret, d’une grande complexité et d’une race évidente, les registre est floral et minéral (évocations pierreuses, silex), l’attaque en bouche est assez douce mais le gras et l’acidité s’amplifient progressivement. La finale est fraîche et marquée par des notes de silex.
J’aime beaucoup ces cuvées qui prennent le temps de se poser : nous avons ici un bel exemple de vin qui chuchote mais dont le message du terroir est fort et sincère.


2000

Le nez s’ouvre sur des notes de réduction assez fortes, qu’une légère aération dissipera au profit d’une palette complexe évoluant entre arômes floraux et arômes fruités, la bouche offre une impression de plénitude bien équilibrée avec une finale longue et finement saline.
Un vin qui offre au dégustateur l’expression aboutie d’un cru arrivé à maturité et qui se livre avec facilité... Ne boudons pas notre plaisir, buvons !

 


p 041  
Les blancs classés du plus ancien au plus jeune… 

 


Pour conclure :

- Ce fut une série très intéressante à plus d’un titre : j’ai pu participer à une dégustation verticale, exercice que je trouve particulièrement intéressant et formateur, et j’ai découvert une appellation et un domaine dont j’avais beaucoup entendu parler mais dont je n’avais goûté que très peu de vins jusqu’ici.


- Si on excepte les 2 flacons visiblement défectueux, ces Gondonne sont de très beaux vins de terroir qui résistent bien face au temps en interprétant les millésimes avec beaucoup de subtilité.


- Pour les coups de cœur mon choix se porte sur 2 bouteilles : le 2006, plein de vivacité et de fraîcheur et le 2002 qui exprime profondément son terroir. Accessible dans sa jeunesse et très beau à maturité… la signature d’une belle cuvée sans aucun doute !


- Notons enfin que cette Gondonne, proposée dans une luxueuse bouteille, se vend à moins de 11 euros au domaine, ce qui place incontestablement ce cru au rang des excellents rapports Q/P du vignoble bourguignon.


Merci à Lionel pour son accueil et à Stéphane pour les bouteilles.

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 10:05



Cette nouvelle soirée de notre club AOC chez Florian Beck à Dambach inaugure une nouvelle formule à 2 thèmes : Eric nous propose une série de bouteilles provenant du vignoble jurassien suivie de quelques vins blancs autrichiens.

Les vins sont servis dans des verres INAO à 10° environ, la dégustation se fait à l’aveugle.

Soirée club AOC du 1 avril 2010 à Dambach


Première série : 9 vins blancs du Jura



Crémant du Jura – A. et M. Tissot à Montigny les Arsures

Le nez livre des notes de fruits blancs (pomme granny, poire) et de noisette, en bouche la mousse est dense et assez virulente, l’équilibre très sec est organisé autour d’une acidité pointue, la finale est légèrement amère.
Un crémant correct, un peu vif à mon goût… aucun danger pour nos belles bulles alsaciennes !


Côtes du Jura Tradition 2005 – Domaine Baud à Le Vernois

Le nez est discret et complexe avec de belles notes de pomme mûre, de noix fraîche et d’épices, la bouche est dotée d’un très bel équilibre, du volume, du gras, de la densité et une longue finale sur la noix verte.
Piochée un peu au hasard lors du salon des vignerons indépendants de Strasbourg, cette bouteille a constitué la très bonne surprise de la soirée… une très belle inspiration de notre ami Eric.


Côtes du Jura Tradition 2006 – Domaine Berthet-Bondet à Château Châlon

Le nez est complexe et typé avec de la noix fraîche et du curry, la bouche est puissamment structurée autour d’un l’alcool assez présent et d’une acidité très vive, la finale un peu amère revient sur des arômes de noix.
Un vin qui semble encore trop jeune, il y a de la matière certes, mais l’ensemble manque cruellement d’harmonie à l’heure actuelle.


Arbois Savagnin 2004 – Domaine de la Pinte à Arbois

Le nez est discret avec un fort marquage végétal et quelques notes de noix, la bouche est assez équilibrée, un peu fuyante vers le milieu, mais la finale se pose avec une belle expression minérale.
Même un cépage aussi puissant que le savagnin n’a pas échappé à la marque du millésime, la matière première de ce vin manquait peut-être un peu de maturité mais le résultat final est plaisant et bien typé.


 

Arbois Sélection 2006 – A. et M. Tissot à Montigny les Arsures

Le nez est d’une grande finesse avec une palette complexe sur les épices et les fruits secs (noisette, noix), la bouche est charpentée, très aromatique avec un toucher presque tannique, la finale est longue et saline.
Un vin avec un profil raffiné comme le Côtes du Jura de Baud mais qui possède plus de corps et une matière plus concentrée. Une belle réussite.


Arbois Pupillin 2000 – Fruitière Viticole de Pupillin

Le nez est classique et bien typé sur la pomme et la noix avec quelques notes légèrement alcooleuse, la bouche est riche mais la structure acide est assez bizarre et la finale manque de pureté.
Un pur savagnin qui a hélas mal vieilli…ça peut arriver à tout le monde !


Arbois Pupillin 2000 – P. Overnoy à Pupillin

Le nez est intense, un peu surprenant, avec des notes boisées et fruitées, la bouche possède une acidité puissante, à la limite agressive, et une matière généreuse, la finale est longue.
Une structure imposante qui manque cependant d’harmonie… faut-il encore attendre ?
Personnellement je reste un peu sceptique quant aux perspectives d’évolution de ce vin.


Côtes du Jura La Mailloche 2007 – A. et M. Tissot à Montigny les Arsures

Un nez magnifique, très profond, sur les épices (safran, curcuma) et les fruits secs, la bouche est agréable, d’une rondeur pleine d’élégance, la finale est de longueur moyenne mais richement aromatique (boisé et épices).
Un grand chardonnay jurassien, le vin de la soirée sans aucune hésitation !


Château Châlon 1982 – Cave Coopérative de Voiteur

Après quelques notes fugaces de réduction, le nez présente une palette dominée par des nuances végétales (herbe, foin) avec quelques arômes discrets de noix fraîche, la bouche est dense et volumineuse avec une acidité profonde et une finale de longueur moyenne.
Après 28 ans, le vin se tient droit dans ses bottes en bouche mais le registre aromatique est trop marqué par une probable sous-maturité initiale. Dommage !


Pour conclure :

Cette rapide escapade oenophilique dans le vignoble jurassien nous a permis de comprendre un peu mieux les vins blancs de cette région voisine :
- les équilibres sont souvent marqués par une tension acide très puissante avec laquelle il faut d’abord se familiariser pour pouvoir comprendre la subtilité de ces crus.
- la noix sous toutes ses formes et dans tous ses états (verte, fraîche, sèche) est omniprésente dans le registre aromatique des vins du Jura ; en général lorsque des épices s’invitent en complément, on se trouve face à une belle bouteille.
- pour les coups de cœur, aucune hésitation : le Côtes du Jura 2005 de Baud pour sa haute tenue qui a surpris toute l’assemblée des dégustateurs et, bien sûr, La Mailloche 2007 de Tissot, l’expression parfaite d’un blanc du Jura !




Deuxième série : 5 vins blancs autrichiens

 

La suite de la soirée fut consacrée à la découverte de quelques vins blancs autrichiens.
Nous avons dégusté successivement 2 Grüner Veltliner et 2 Riesling du domaine Schloss Gobelsberg dans le Kamptal sur le millésime 2008.

Ces vins présentaient des profils aromatiques agréables, nets et joliment fruités mais les acidités tranchantes et le CO2 très présent leur conféraient un équilibre ultra-sec, agressif et somme toute assez désagréable.
La cuvée Auslese 2008 du domaine Kracher dans le Burgenland possède une matière puissante mais l’équilibre acidité-moelleux reste basique sur ce vin qui manque un peu de personnalité.

Pour conclure :


5 vins assez peu appréciés dans l’ensemble :
- peut-être trop jeunes, mais lorsqu’on se trouve confronté à une matière aussi peu harmonieuse, on peut légitimement émettre des doutes sur les perspectives d’évolution,
- peut-être pénalisés par la série précédente, cela n’étonnera personne qu’après des vins aussi fortement typés que ces blancs jurassiens des blancs plus légers courbent un peu l’échine,
- en tous cas, avec des prix caviste entre 15 et 25 euros la bouteille il y a quand même de quoi être dubitatif.
Mais bon, dans quelques jours je serai sur place pour tâter la neige de printemps, ce sera l’occasion de revoir le sujet in-situ…je vous tiendrai au courant, promis !

Merci à Eric et Florian, parfaits G.O. de cette soirée.

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

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