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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 17:44

 
Comme mes nombreux vagabondages en terre viticole me conduisent à acheter de plus en plus de vin mais que la sagesse due à mon âge avancé me recommande un peu de continence dans ma consommation alcoolique…je me suis vu dans l’obligation de convier quelques gosiers pentus mais raffinés pour m’aider à libérer un peu de place sur les rayonnages de ma cave.
Le principe est simple : on descend dans la cave, on prélève quelques quilles, on débouche et on trinque.
Cette première édition a vu le passage de vie à trépas de 7 flacons.

La dégustation fut conviviale, sans prise de tête et, une fois de plus, sans papier nis stylo....
Il ne me reste que quelques impressions notées le lendemain pour rédiger ce petit compte-rendu.


Muscadet de Sèvre et Maine Tradition Stanislas 2002 – M. Luneau à Mouzillon : une complexité et un gras en bouche qui surprennent mais une belle salinité finale.

Un muscadet qui peut dérouter mais qui montre les vraies potentialités d’un terroir largement méconnu.

 

Bouteilles 0317

 

Riesling G.C. Altenberg de Bergbieten-Cuvée Henriette 2002 – Domaine Mochel à Traenheim : douteux au nez et très fatigué en bouche.
J’ai goûté cette cuvée déjà bien plus âgée sans trouver une évolution aussi avancée…une bouteille défectueuse sans aucun doute. Dommage !

 

Bouteilles 0320

 
Riesling G.C. Moenchberg 2000 – Domaine des Marronniers à Andlau : la robe trahit une certaine évolution, le nez est expressif sur les agrumes mûrs, la bouche manque un peu de tonus.
Avec un millésime qui n’a pas été simple et le terroir du Moenchberg qui ne réussit pas systématiquement au riesling, nous sommes bien forcés de constater que dans de telles circonstances, une garde de plus de 10 ans peut s’avérer très risquée…

Meursault 1° Cru Goutte d’Or 2006 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : discret et très fin au nez ce vin emplit la bouche avec un toucher très gras, une matière fruitée très gourmande et une finale tonique et dotée d’une très belle persistance aromatique.
Après deux blancs alsaciens en petite forme ce Meursault brille de toute sa classe et remporte un quasi plébiscite auprès des dégustateurs présents.

Vin de pays blanc 2009 – Domaine Dupere-Barrera à Carnoules : le nez s’exprime avec une belle intensité sur un registre original et complexe, presque un peu baroque (agrumes confits, épices, vanille, encens…), la bouche vive et superbement équilibrée est très gourmande, la finale est étonnante de longueur.
Ce vin qui n’est pas au tarif a été qualifié par Laurent Barrera de « Concept Wine » est un assemblage de rolle, d’ugni blanc et d’un troisième cépage dont j’ai oublié le nom (vermentino ? grenache blanc ?). Ce vin a évidemment segmenté l’assemblée mais en ce qui me concerne ce fut une des belles surprises de la soirée et j’espère que cette cuvée trouvera sa place au tarif du domaine dans les millésimes à venir.

Riesling G.C. Altenberg de Begbieten S.G.N. 2000 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten : le nez embaume les agrumes mûrs avec quelques notes grillées sur un fond minéral très présent, la bouche est riche et suave avec une finale ou la salinité du Grand Cru se montre avec élégance.
Un riesling SGN sur un terroir classé avec plus de 10 ans de vieillissement…ça peut vraiment être très bon ! Heureusement, car après 2 premiers Alsace en demi-teinte, il fallait vraiment une bouteille qui rassure un peu…on n’est pas chauvins mais quand même !

Riesling Pflaenzerreben 2002 – Domaine Rolli-Gassmann à Rorschwihr : le nez est splendide, il s’exprime avec précision et finesse sur des notes de fruits jaunes frais et de craie, la bouche gagne encore en complexité aromatique et s’épanouit avec un équilibre gourmand et une finale longue et digeste.
Choisie par Stéphane lors d’un ultime passage en cave, cette bouteille magnifique est la gagnante de la soirée : après une dizaine d’année de garde, le terroir argilo-calcaire de cette parcelle du Pflaenzerreben prend le dessus pour équilibrer la richesse de la matière…du grand art !

 

Bouteilles 0322

 
Pour conclure :

- cette petite session a débuté par une surprise, occasionnée par l’étonnant muscadet apporté par Stéphane – qui a refusé de se plier à la règle en ne venant pas les mains vides…carton jaune ! – pour finir sur une quille exceptionnelle, le riesling de Rolli-Gassmann. Entre ces deux bornes temporelles, il faudra retenir les belles prestations du Meursault qui monte sur la seconde marche du podium, très près du riesling et de l’inclassable vin blanc des Dupere-Barrera qui a divisé le groupe mais qui a trouvé quelques ardents supporters dont je fais évidemment partie.

- convivialité, bonne humeur, quelques belles bouteilles débouchées et un peu de place gagnée dans ma cave : cet apéro-vin a tenu ses promesses, pour moi du moins…
Je pense que me cave s’ouvrira encore l’une ou l’autre fois en 2012…à bon entendeur, salut !

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 08:47

 

Incontournable pour tout œnophile passionné de vins d’Alsace, l’édition 2011 de la Présentation des Grands Crus, a tenu toutes ses promesses. Après une délocalisation à Strasbourg en 2009, cette manifestation a retrouvé comme l’année passée le cadre solennel du Château de Kientzheim : siège de la Confrérie Saint Etienne ce magnifique édifice situé à l’entrée de la ville est devenu le haut lieu de la pensée vinique alsacienne.
Quel meilleur endroit pour promouvoir ce que nos multiples terroirs ont produit de meilleur ces dernières années !

 

 

 

2011 0068 

 
En ce dimanche après-midi de la mi-novembre, les vignerons, répartis par secteurs viticoles sur les 3 niveaux de l’édifice, recevaient les amateurs de vins pour leur faire découvrir quelques uns des fleurons de leur production.
En compagnie d’Eric et de Guy, deux comparses du club A.O.C., nous montons et descendons allègrement les étages du château pour rendre visite à quelques uns des 60 producteurs participant à cette manifestation…Epuisant !

Je ne prends pas de notes détaillées sur tous les vins dégustés (je sais ça commence à devenir une très mauvaise habitude…) mais, au fil des rencontres avec des vins et des vignerons durant cette demi-journée, j’ai pu dégager quelques impressions personnelles qu’il me semble intéressant de partager avec vous.


1. A propos des millésimes :

- 2010 est un millésime frais qui a donné naissance à des crus aux acidités puissantes (parfois plus de 10 g A.T.). Dans leur jeunesse, ces vins peuvent heurter les âmes et les palais sensibles, mais dans les grands terroirs mis en valeur par de grands vignerons on y trouve des cuvées pleinement abouties qui sont taillées pour défier le temps.

- 2009 est un millésime beaucoup plus solaire qui a engendré des vins généreux et faciles à goûter dans leur jeunesse mais qui aujourd’hui peuvent se montrer beaucoup plus difficiles à approcher. J’ai l’impression qu’à l’instar des 2007 qui commencent à sortir de leur coquille actuellement, il faudra oublier ces vins quelques temps pour leur permettre d’harmoniser leur matière.

- un peu sous-évalué (à tort bien sûr…) par rapport à 2007, au moment de sa sortie, 2008 est le millésime qui se goûte le mieux actuellement…on y trouve de vraies pépites à ne rater sous aucun prétexte.


2. A propos des vins présentés :

- les Rieslings ont constitué le thème central de notre parcours de dégustation (étonnant, non… !)  avec au bout du compte des confirmations attendues au niveau de la qualité des vins proposés : les domaines Schoffit et Zind-Humbrecht nous proposent des Rangen 2010 exceptionnels, le Sommerberg 2010 de Bernard Schoffit est étonnant de finesse et de pureté, celui de Paul Buecher, tonique et généreux est également une grande réussite, le Hengst 2010 de Josmeyer et lOsterberg 2010 d’Etienne Sipp (domaine L. Sipp) se présentent avec une distinction et une profondeur qu’on ne trouve que dans de très grands vins.

Lorsqu’on se retrouve au caveau et qu’on y trouve côte à côte, presque tous les vignerons leaders de la Couronne d’Or, on ne sait vraiment plus par où commencer…Les visions de l’Engelberg 2010 de Jean-Marie Bechtold ou de Mélanie Pfister ne sont pas forcément comparables mais sur ce millésime leurs rieslings sont des « must » entre lesquels il sera difficile de choisir. Bruno Schloegel (domaine C. LIssner) a travaillé son Altenberg de Wolxheim en recherchant l’expression saline la plus pure possible, son 2010 ne se goute pas trop facilement aujourd’hui mais son 2008 arrivé dans sa phase de plénitude est absolument incontournable. Pour terminer la force tranquille du Bruderthal 2010 déclinée dans un riesling déjà bien en place par Gérard Neumeyer, nous fait une très belle conclusion sur cette série consacrée à notre cépage fétiche.

- je pense que 2010 va réconcilier plus d’un amateur de vins d’Alsace avec le Pinot Gris : cet après-midi le Rangen de Bernard Schoffit et le Mambourg du domaine Maurice Schoech nous ont fait regretter de ne pas avoir assez de temps pour faire un tour plus complet de la production sur ce cépage. Digestes et d’une distinction aromatique rare ces vins sont des séducteurs absolus tout en étant taillés pour la garde…que demander de plus à un vin ?

- pour le Gewurztraminer, je n’ai pas goûté assez de vins pour comparer et hiérarchiser  mais je ne résisterai pas à mon envie de citer le magnifique Kaefferkopf 2010 du domaine Schoech qui, comme l’année passée, m’a littéralement mis sur le derrière…je pense avoir trouvé mon vigneron référent pour traiter ce Grand Cru prochainement !


3. A propos des vignerons :

Après une demi-journée comme celle-ci, je ne peux que mesurer combien l’œnophile alsacien est chanceux d’habiter dans une région où on trouve tant de bons vignerons aimables, souriants et toujours disponibles pour partager quelques instants de convivialité autour d’un bon verre de vin avec les amateurs qui viennent leur rendre visite.
Certains sont très volubiles avec un discours militant (suivez mon regard….) et d’autres se montrent plus posés et plus modérés dans leur idées…mais tous unis dans le but de promouvoir le vignoble alsacien et ses grands crus.

Respect Messieurs !

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 18:51

 
Je venais juste de rentrer de mon périple dans le beaujolais que le téléphone sonne avec au bout du fil Patrick, un collègue amateur de vin qui me propose une soirée consacrée à la dégustation de très vieux vins « c’est chez mon pote Patrice, à Lampertheim, on a rendez-vous dans une demi-heure… »
Ouch, moi qui pensais me poser et siroter tranquillement une bonne bouteille pour me rattraper après ces deux journées passées à recracher du vin, mais l’occasion semble bien trop belle pour que la laisse passer.
Le temps de vider le coffre bien rempli de mon monospace et c’est reparti pour un voyage dans l’histoire…on the road again camarades !

Les bouteilles sont débouchées juste avant la dégustation la plupart des vins sont mis en carafe pour éliminer les morceaux de bouchon qui y sont tombés lors du débouchage. Beaucoup de bouchons sont très dégradés et les très vieilles bouteilles ont des niveaux de remplissage en dessous de l’épaule.


Les vins sont goûtés à l’aveugle – Verres Mikasa

Champagne Piper-Heidsieck Cuvée des Ambassadeurs (fin des années 60) : la robe est cuivrée et assez terne, le nez s’ouvre sur des notes de fruits cuits avant de laisser place à une palette franchement oxydative, la bouche est quasiment celle d’un vin tranquille mais on y sent un joli gras et une belle générosité dans la structure.
Champagne Piper-Heidsieck 1966 : la robe est teintée d’or jaune avec une belle brillance, le nez est intense et évolue d’un registre minéral (silex, poudre à canon) vers un fruité agréable et mûr, en bouche l’attaque est bien vive, l’effervescence délicate reste bien perceptible, les fruits jaunes s’épanouissent et la minéralité revient apporter un peu de fraîcheur en finale.
Ces deux champagnes d’âge sensiblement égal ont résisté au temps de façon bien différente : le premier fantomatique et le second d’une jeunesse étonnante…comme quoi lorsque les champenois décident de millésimer une cuvée ce n’est pas par hasard.
           

 

Bouteilles 1096          Bouteilles 1097

 

Les 2 bulles ancestrales…ne me demandez pas qui est qui !

 

 

Gewurztraminer Kaefferkopf 1975 –J. Heitzmann à Ammerschwihr : la robe est jaune assez brillante, le nez est expressif sur la rose fanée et un soupçon de noix, en bouche la matière est fluette et la finale trahit l’âge avancé avec des notes oxydatives persistantes.
Gewurztraminer Château des Ifs 1934 – J. Schwartz à Kientzheim : la robe est trouble et de couleur topaze, le nez est intéressant avec des notes de fruits secs et de cuir, en bouche la matière est encore assez riche même si le profil oxydatif s’affirme au niveau du registre aromatique, la finale est longue sur la noix et les épices.
Malgré l’oxydation présente sur ces deux vins, ces gewurztraminers se boivent encore avec bonheur : le 75 est intéressant par la subtilité de son registre aromatique et le 34 montre encore une présence étonnante en bouche.

 

Bouteilles 1099       Bouteilles 1098

     

Meursault 1°Cru Charmes 1934 – J. Drouhin à Beaune : la robe est ambrée mais encore bien brillante, le nez est complexe sur les fruits secs, les épices et le thé, la bouche est assez décevante, assez pointue à l’attaque elle devient rapidement creuse et fuyante pour finir très court sur des notes d’oxydation assez fortes.
Après les belles promesses du nez, la bouche se montre vraiment décharnée et sans âme…ce Meursault avait un « Charmes » vraiment trop éphémère. Frustrant !

 

Château Rauzan Gassies 1931 – Margaux : le nez est très élégant sur les fleurs fanées et la griotte, la bouche est fluette mais l’équilibre reste très frais et la finale offre encore un joli retour aromatique.
Ce Margaux d’âge plus que vénérable possède l’équilibre fragile mais distingué d’un vieil aristocrate qui a fait son temps mais qui s’efforce encore de tenir debout. Emouvant !

 

Bouteilles 1103

 

Châteauneuf du Pape Château des Fines Roches (années 60) : après quelques notes torréfiées (café) le nez devient très gourmand avec des arômes de fruits noirs, de réglisse et de laurier, la bouche est superbe d’équilibre même si la finale est un peu courte.

 

Bouteilles 1104

 

Châteauneuf du Pape Château de la Font du Loup 1977 – J.R. Melia à Courthezon : le nez est avenant et bien défini sur les fruits noirs et un léger fumé, la bouche est un peu maigre avec un équilibre austère et un profil aromatique végétal sur la feuille de cassis, la finale est fraîche mais très courte.
Le premier vin est splendide même si la finale trahit une petite fatigue, le second, issu à 100% de grenache, souffre d’une maturité limite qui le rend sec et peu typé Châteauneuf (en fait, je suis parti immédiatement sur du cabernet…et vers Bordeaux)
 

 

Sainte Croix du Mont 1937 – Cave de Gaillardet : la robe est topaze avec quelques reflets rosés et une légère turbidité, le nez est intense et complexe sur la mandarine confite, le pain d’épice, le caramel…la bouche se montre très agréable avec un bel équilibre entre une acidité encore bien présente et un moelleux confortable, la finale révèle des notes d’orangette qui persistent longuement.
Ce liquoreux provenant d’une petite appellation se tient encore vraiment bien après 74 années de garde…étonnant et émouvant !

 

Bouteilles 1105

 

Pour conclure :

Dans mon long parcours de dégustateur j’ai rencontré beaucoup de vins qui parlaient aux sens et d’autres plus exigeants et plus complexes qui s’adressaient plus à l’esprit. Aujourd’hui, face à ces témoins d’un temps qui me dépasse j’ai l’impression d’avoir croisé des vins pour mon âme (si jamais elle existe…) : ces vieillards souvent faméliques mais toujours dignes, qui avaient pour certains l’âge de mes parents, m’ont profondément ému ce soir.

Si malgré tout, on revient à des considérations plus prosaïques, il faut reconnaître que tous ces vins sans exception avaient largement dépassé leur plateau de maturité et si certains donnaient encore le change au niveau aromatique presque tous accusaient leur trop grand âge au niveau des structures en bouche, plus ou moins vacillantes.

Les deux très grosses surprises furent le Piper 66, qui prouve qu’il peut s’avérer intéressant de faire vieillir de belles cuvées de champagne et le Château des Fines Roches gourmand et encore très profond…

Mille mercis aux organisateurs de cette soirée d’avoir pensé à moi pour ce voyage dans l’histoire…

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 15:40



En pleine campagne de dégustation pour le Guide Bettane-Desseauve, Thierry Meyer nous propose de partager avec lui quelques crus sélectionnés parmi plus de 150 échantillons qu’il vient de goûter et de noter ce week-end…voilà une invitation dominicale qui ne se refuse pas !
Poussé par son enthousiasme légendaire il nous emmène au pas de charge à la rencontre d’une série de flacons : crémants, pinots noirs, cuvées génériques, grands crus et VT… je n’ai pas compté mais le nombre de références goûtées dépasse largement mes capacités d’analyse et de mémorisation.

Les commentaires ont été rédigés le lendemain suite à une seconde dégustation de quelques bouteilles que Thierry nous avait demandé d’emporter chez nous pour faire un peu de place dans sa cuisine…il y a certains services qui sont plus faciles à rendre que d’autres !



Sylvaner Brandstatt 2009 – J.F. Otter à Hattstatt.

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La robe est d’un jaune assez vif avec des bords denses, le nez est élégant et subtil sur un registre floral et épicé, la bouche possède une chair bien grasse équilibrée par une belle salinité, la finale longue et droite est marquée par des notes pierreuses.
L’aspect de la robe nous met immédiatement sur la piste d’un sylvaner un peu hors normes, la complexité de l’olfaction et le structure en bouche confirment l’hypothèse : sur ce coteau marno-calcaire contigu au Grand Cru Hatschbourg Jean-François Otter a réussi un très grand sylvaner de terroir.



Pinot Gris Vieilles Vignes 2010 – Gilg à Mittelbergheim


La robe est pâle avec des reflets  argentés,  le nez est ouvert et charmeur sur les fruits blancs et les fleurs, l’attaque en bouche est acidulée, le milieu très large et avec un jolis gras révèle de beaux arômes de poire mûre, la finale est fraîche et finement saline.
Un pinot gris superbe, frais et très pur dans son expression qui séduit par la fraîcheur de son équilibre et dont le rapport Q/P en fait un premier « must » sur 2010.
 

 

 

Pinot Gris G.C. Rangen Clos Saint Théobald-Schistes 2007 – Schoffit à Colmar


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La robe est or vif, le nez est discret et complexe avec des fruits jaunes mûrs sur un fond très empyreumatique (tabac blond, pierre à feu), en bouche la matière étonne par sa grande richesse, corsé mais bien équilibré, ample et gras avec quelques tanins discrets, très long en finale.
Un vin capiteux qui se livre déjà de façon fort plaisante mais qui demandera une grande garde pour exprimer pleinement son potentiel.


Riesling G.C. Rangen Clos de la Ville de Thann 2008 – Schoffit à Colmar



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La robe est très claire mais lumineuse avec des bords vert pâle, le nez très frais s’exprime sur un registre exotique (ananas, citron mûr), la bouche est très ample avec un gras sensible mais un équilibre digeste, légèrement épicée la finale est marquée par une pointe minérale.
Issu de jeunes vignes sur le Grand Cru, ce « clos » se caractérise par un cépage très présent sur le plan olfactif mais une présence en bouche dont la belle facture promet…un peu comme une version « soft » du Rangen.


 

Riesling G.C. Schlossberg 2009 – Trapet à Riquewihr

 

La robe est très claire avec des reflets métalliques, le nez est discret, pur, le registre se développe sur la pierre, les agrumes mûrs et une pointe vanillée, la bouche est ronde et bien mûre avec un fruité puissant et une structure plus en largeur qu’en profondeur. Il faut attendre la finale pour trouver un peu de vivacité ainsi que la touche minérale du terroir.
Un riesling charmeur par son profil aromatique et sa structure opulente, peut-être un peu trop rondouillarde pour les puristes…mais le temps gommera sûrement ces petits excès.


Pinot Noir Côte de Rouffach 2009 – Rieflé à Pfaffenheim


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La robe est rubis clair, assez dense avec une frange rose, le nez est expressif et flatteur sur le bigarreau, le noyau de cerise, la pivoine…, la bouche est juteuse, très fruitée avec une présence tannique très soyeuse qui donne beaucoup de corps à la structure sans marquer la texture.
Un vin rouge au fruité très épanoui qui se goûte remarquablement bien dans sa prime jeunesse…et c’est tant mieux car avec une matière aussi ronde on peut logiquement se demander s’il a les épaules pour tenir dans le temps ?


Pour respecter la demande de Thierry, ces notes sont postées quelques mois après leur rédaction, pour laisser la légitime primauté aux notes du Guide BD qui vient de sortir il y a quelques jours.

La première conclusion que je pourrai énoncer après cette séquence, c’est que le métier de critique dégustateur, qui peut faire rêver des boit-sans-soif de mon acabit, n’est vraiment pas de tout repos : enchaîner des quilles à un rythme endiablé avec les papilles en éveil et l’esprit acéré, c’est vraiment du sport !

Sinon, parmi les bouteilles commentées, j’ai été particulièrement séduit par la version « jeunes vignes » du riesling Rangen de Schoffit, très juvénile par bien des aspects mais déjà terriblement mature dans sa présence et sa tenue. Pour être complet il faut aussi mentionner le pinot gris de Gilg, d’une part parce qu’il rassure sur la qualité de 2010 et d’autre part parce qu’il apporte la preuve qu’on peut encore faire bon et pas cher en Alsace.

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 14:50



Le domaine de Vens le Haut a expédié des échantillons de l’ensemble de sa gamme de vins sur le millésime 2010 à Thierry pour qu’il les déguste et donne ses impressions. Cette propriété situées sur les hauteurs de Seyssel et dirigée par Georges Siegenthaler a pour ambition avouée de produire des micro-cuvées d’excellence sur des terroirs savoyards : viticulture bio (le domaine est en conversion depuis 2 ans), rendements minuscules, vendanges manuelles à pleine maturité, tries méticuleuses, égrappage et vinifications précises avec un minimum d’intrants…tout a été mis en œuvre pour réussir ce projet.
Toujours soucieux de faire partager ses connaissances et ses expériences viniques avec d’autres amateurs, Thierry a invité quelques membres de l’Oenothèque Alsace pour l’accompagner dans cette visite gustative en pays de Savoie.

 

Les vins sont goûtés étiquettes découvertes, après quelques explications fort utiles de notre hôte sur ces appellations dont j’avoue ne pas connaître grand-chose.
Les-commentaires ont été rédigés au moment de la dégustation.

Vin de Savoie Aligoté 2010
Le registre olfactif est complexe et flatteur, groseille blanche, zeste de citron et notes pierreuses, la bouche est ample, fruitée avec une belle tension et une minéralité palpable qui tient longuement en finale.
D’une richesse peu commune (13°8) et d’un équilibre idéal ce transfuge bourguignon réussit à se transcender sur le piémont alpin…Superbe cuvée !

Vin de Savoie-Cru Chautagne Jacquère 2010
Le nez est résolument minéral avec des notes de craie et de plâtre frais, la bouche légère et finement acidulée révèle de délicates saveurs d’herbes sèches qui persistent bien en finale.
Cette cuvée, issue d’un cépage qui joue pourtant à domicile, ne se montre pastrop avenante ce matin même si la texture en bouche laisse présager d’un beau potentiel d’évolution…en plus après un aligoté en forme olympique, le défi était vraiment dur à relever !

Seyssel Altesse 2010
Le nez évolue assez vite et passe d’une phase de réduction à une phase de mutisme avant de livrer de beaux arômes floraux (les fruits exotiques ont attendu la soirée pour se manifester…), la bouche est généreuse et vraiment gourmande avec du gras et de la fraîcheur, la finale se prolonge sur une belle salinité.
Voilà un vin qui ne se livre pas facilement mais qui récompense largement le dégustateur patient. La matière est impressionnante (14°6) mais l’équilibre reste parfaitement digeste…une cuvée hautement gastronomique !

Vin de Pays d’Allobrogie Molette 2010
Le nez est charmeur avec des arômes très pâtissières de crème d’amande et de brioche au beurre, l’attaque en bouche est assez souple, la matière est plus fine mais l’équilibre reste bien tonique, la finale est marquée par une légère amertume et des notes de noix.
Je n’ai aucune référence gustative sur ce cépage rare utilisé principalement pour élaborer le vin mousseux de Seyssel ; vinifiée en vin tranquille avec des fruits issus d’une parcelle de très vieilles vignes cette cuvée étonne par sa palette originale mais reste assez marqué par un caractère un peu oxydatif…pour amateurs avertis !
 

 

Vin de Savoie Pinot Noir 2010
Le nez est ouvert et très avenant sur des fruits rouges mûrs, la bouche est équilibrée avec une texture soyeuse et un fruit très gourmande, la finale est e longueur moyenne et discrètement réglissée.
Pureté aromatique et tenue exemplaire en bouche…on tombe très facilement sous le charme de ce très beau pinot noir !

Vin de Savoie Gamay 2010
Le nez est plus secret mais très complexe, la bouche est dense et soyeuse avec une finale subtilement acidulée et d’une belle longueur.
Bizarre de goûter le gamay après le pinot noir…mais dans ce cas cela se justifie complètement tant ce vin se montre plus raffiné et plus élégant que le précédent même si à l’heure actuelle il reste encore un peu replié sur lui-même sur le plan aromatique.

Vin de Savoie Mondeuse Noire 2010
Le nez est un peu marqué par l’élevage mais révèle très rapidement de belles notes de mûre, d’épices et de violette, la bouche est ample, concentrée avec une trame tannique très solide mais bien mûre, la finale est fraîche et finement torréfiée.
Assez typé bordelais dans sa texture ce vin sombre, plein de sève et d’énergie nous séduit par sa belle matière mûre et friande, même si sa pleine expression demandera encore quelques années de garde.

 

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Altesse et Pinot noir…élégance et raffinement jusque dans les étiquettes
 

 

 

Pour conclure :

- Même si, à mon sens, rien ne remplace la visite sur place et le contact direct avec le vigneron, une dégustation  basée sur une série de vins produits par un même domaine permet d’approcher avec une certaine précision la philosophie du vigneron. Bien entendu, je n’ai pas hésité longtemps lorsque Thierry Meyer m’a proposé de partager un moment de convivialité avec lui et les vins du Domaine de Vens le Haut…Merci à lui pour son sens du partage !

- Cette série de très bon niveau a bousculé un peu mes idées reçues sur les vins de Savoie : grâce à des vignerons comme Dupasquier ou Quénard, j’avais pu apprécier quelques belles bouteilles de blanc mais par contre je n’ai jamais pu boire des rouges aussi réussis que ces trois cuvées savoyardes du Domaine de Vens. Avec des blancs précis et typés et des rouges mûrs et gourmands Georges Siegenthaler est en train de réussir son pari : il apporte là la preuve que les terroirs savoyards peuvent générer des vins d’exception.

- Avec des prix autour de 10 euros la bouteille, autant vous dire que le rapport Q/P de ses vins est exceptionnel : le domaine qui annonce un politique d’exploitation non lucrative met visiblement son principe en œuvre et en fait profiter les quelques clients privilégiés qui pourront acquérir quelques uns de ces précieux flacons.

- Pour le coup de cœur je relèverai bien sûr l’étonnant pinot noir, qui m’a donné un bel avant-goût de Bourgogne à quelques heures de mon départ pour mon pèlerinage annuel mais je reste définitivement sous le charme de cet incroyable aligoté dense et profondément minéral.

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 17:01



Je le confesse, je ne suis pas très fidèle à cette manifestation organisée chaque année pour célébrer le vin de ma région favorite : entouré de stands de foire expo classiques (matériel agricole, meubles, voitures, gadgets révolutionnaires indispensables...et marchands de boustifaille hors de prix) le hall n°1 complètement relooké propose des animations assez bruyantes et un ilot central où, moyennant quelques euros on peut déguster l’un ou l’autre vin d’Alsace sélectionné pour l’occasion.

 

p 005
La dégustation, c’est debout…mais la sélection des vins tient la route.

Ceci dit, certaines années le programme des concerts offre quelques opportunités capables de lever les derniers points de résistance : pour une quarantaine d’euros vous avez Selah Sue (un sens du rythme et une énergie irrésistibles), Gaëtan Roussel (trop de bruit et pas assez de musique…et pourtant c’est pour lui que je suis venu…) et Moby (un professionnel dans le sens le plus noble du terme !)…pourquoi hésiter ?

 

p 007
Selah Sue…une révélation !
 

 

Avant d’aller écouter ces 3 artistes, je me suis donc accoudé au comptoir du hall n°1 pour goûter une série de vins choisis dans une liste bien plus courte que lors des précédentes éditions mais d’un très beau niveau qualitatif :

Crémant Clos Saint Landelin-Cuvée Prestige – Domaine R. Muré à Rouffach
La palette est florale, très aérienne, la bouche est très vineuse, la mousse légère et la finale laisse une agréable sensation acidulée sur la langue.
Pas trop de fantaisie mais une maîtrise évidente de ce type de vins...du bon boulot !

Pinot Blanc Les Princes Abbés 2008 – Domaine Schlumberger à Guebwiller
Le nez est discret avec un fruit complexe et quelques notes herbacées très fraîches, la bouche est très généreuse avec un gras sensible et une finale un poil trop lourde à mon goût.
Un bon vin certes mais qui manque un peu de vivacité pour ce cépage.

Riesling Hagel 2009 – Domaine L. Sipp à Ribeauvillé
Le nez est aérien et élégant, zestes et notes pierreuses, la bouche est droite, tendue et la finale bien nette laisse la place à une belle sensation minérale.
Précis et archétypique…j’aime beaucoup !

Riesling Drei Exa 2009 – Domaine P. Ginglinger à Eguisheim
Le nez est pur et discret avec des notes de bonbon au miel et des évocations minérales, la bouche est fine, élégante mais avec une matière un peu légère pour ce cépage.
Un petit manque de profondeur mais une approche très avenante…léger et plaisant !

Riesling GC Mandelberg-Clos des Terres Brunes 2009 – Domaine J. Siegler à Mittelwihr
Le nez est fin et complexe sur la groseille, le sucre d’orge et quelques notes florales, l’attaque en bouche est douce, la vivacité du cépage se montre par la suite et il faut attendre la finale pour ressentir la salinité du terroir.
Ce grand cru que je n’ai que très peu dégusté jusqu’ici, m’a agréablement surpris : beaucoup d’harmonie et d’élégance.

Riesling GC Schlossberg-Clos des Capucins 2009 – Domaine Weinbach à Kaysersberg
Le nez très long à se mettre en place révèle de belles notes florales et pierreuses (pierre à fusil), la bouche attaque en souplesse, la puissante minéralité se livre progressivement jusqu’en finale où la complexité aromatique (épices, camphre) et la grande longueur signent la grande origine.
Un vin avec un grand potentiel qui doit surement encore se reposer un peu pour se livrer pleinement.

Riesling GC Muenchberg 2009 – Domaine Ostertag à Epfig
Le nez est expressif sur la mangue, l’ananas frais et une pointe de gingembre, après une attaque assez vive, le milieu de bouche offre une petite rondeur avant de se tendre pour soutenir une finale dotée d’une grande complexité aromatique.
Un riesling complet et dense, surement très grand, mais qui cherche encore sa cohérence en bouche…à encaver sans hésiter cependant !

Gewurztraminer Silberberg 2009 – Domaine Pfister à Dahlenheim
Le nez est dominé par d’intenses effluves de litchies, la bouche est d’une rondeur gourmande mais sans devenir pesante.
Un gewurztraminer franc et aromatique qui se distingue par une belle buvabilité...peu épicé mais avec un fruit très charmeur.

Gewurztraminer GC Furstentum-Clos des Capucins 2008 – Domaine Weinbach à Kaysersberg
L’olfaction est étonnamment discrète mais la bouche, dans un style assez opulent, nous propose une leçon d’équilibre et de finesse avec une finale très saline qui voit (enfin…) se manifester les arômes de rose et de fruits mûrs.
Voilà un vin dense et racé qui est encore dans sa gangue et qu’il faudra absolument regoûter dans quelques années…émotions majuscules garanties !



Pour conclure :

- Certes la Foire aux Vins de Colmar est avant tout une « foire » avec tout ce que cela comporte de bon et de moins bon, mais il n’en reste pas moins que cette manifestation nous offre la possibilité de passer une journée somme toute fort agréable. Pour 1, 2 ou 3 euros le verre généreusement rempli, l’amateur pourra tremper ses lèvres dans quelques cuvées de très bon niveau ; le dégustateur se verra même offrir la possibilité de goûter 2 demi-verres (c’est largement suffisant pour apprécier les vins) pour le prix de 1, avec un crachoir mis à disposition…que demander de plus ?

- Comme je l’ai déjà suggéré plus haut, la déception du jour est venue des concerts et de leur sonorisation en dépit du bon sens…à croire que certains groupes se lancent des défis pour voir qui fera exploser le plus de tympans dans une soirée. Après une Selah Sue mesurée dans la distribution de décibels, Gaëtan Roussel nous a inondés avec un son ultra-saturé qui transformait trop souvent sa musique en vacarme et Moby m’a administré le coup de grâce avec un enchaînement de morceaux qui me semblaient de plus en plus bruyants…j’ai craqué avant la fin et je suis parti lorsque j’ai senti que mes deux membranes auditives se touchaient dans ma tête.
Je dois être trop vieux pour ce genre de choses… !

- Les quelques vins dégustés (j’avais pris l’option grands verres, cette année…) ont témoigné du très bon niveau de la sélection. Malgré tout j’ai pu me rendre compte que les 2009 ne se goûtent pas trop bien aujourd’hui…serait-ce un de ces millésimes plus faciles à faire qu’à boire ?
On va attendre la prochaine Masterclass d’automne pour se refaire une idée…

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 14:37




Durant notre traditionnelle villégiature ardéchoise les rencontres avec l’ami cyra sont  toujours de beaux moments de convivialité où chacun essaie de faire partager à l’autre ses derniers coups de cœur viniques.
Cette année, nous avons posé nos valises pour 3 semaines dans notre gîte rural à Grospierres…avec un programme de rencontres Ardèche-Alsace très chargé bien évidemment !

 

 

Le match aller a eu lieu sur la terrasse de notre gîte à Grospierres.

 

BB
Vue à partir de notre espace de dégustation du jour…


Sylvaner Grand A du petit Léon 2009 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten : égal à lui-même, ce sylvaner dont j’ai déjà beaucoup parlé est riche, concentré, un peu baroque dans son expressivité mais équilibré par la puissante salinité que lui confère son terroir (l’Altenberg de Bergbieten).

Riesling G.C. Engelberg 2006 – Domaine Pfister à Dahlenheim : ce riesling est bien typé avec son attaque sur des arômes de zestes d’agrumes évoluant vers des notes plus juteuses d’orange et de mandarine. L’équilibre est sec avec un milieu de bouche qui fluctue un peu et une finale de longueur moyenne, mais ce vin se tient encore remarquablement bien pour un 2006, millésime difficile dont nous avons récemment mesuré les limites lors d’une Masterclass avec Thierry Meyer !
Une jolie performance de Mélanie pour ses débuts à la tête du domaine…Bravo !

Riesling G.C. Zotzenberg 2005 – Domaine Rietsch à Mittelbergheim : le registre olfactif de ce riesling est proche de celui du vin précédent florale, la bouche se différencie par un surcroit de puissance, une petite touche de SR et une finale plus longue où le Zotzenberg interprète sa partition avec des notes de cerise, de menthe fraîche et quelques amers très digestes.

Costières de Nîmes Perrières 2007 – M. Kreydenweiss à Manduel : on est au sud mais quand même un peu en Alsace, puisque c’est Marc Kreydenweiss qui a élaboré cette cuvée en assemblant 40% de carignan, 20% de grenache, 20% de mourvèdre et 20% de syrah. L’olfaction est assez perturbée, un peu « nature » et il faut attendre de longues minutes pour que la palette se révèle (fruits noirs mûrs et fumé léger), la bouche a un agrémant surtout tactile car on y sent un bel équilibre et une matière bien charnue.

Gewurztraminer G.C. Zinnkoepflé 2004 – Seppi Landmann à Soultzmatt : ce vin est très expressif avec son nez longtemps dédié aux litchies avant de livrer quelques arômes de miel et de raisin sec, la bouche est moelleuse, pas trop dense et la finale assez courte pour un gewurztraminer nous rappelle qu’il est issu d’un millésime assez difficile.

Le sylvaner 2009 a étonné nos amis ardéchois, mais il est vrai que par ici ce cépage qui occupe les rayons ultra bas de gamme des linéaires de la GD (à juste titre d’ailleurs, au vu des bouteilles proposées) est profondément méconnu et sous-estimé.., ceci dit, en Alsace ce n’est pas beaucoup mieux, hélas !
Les rieslings purs et droits ont tenu sereinement leur rang de GC, par contre le Costières a un peu déçu, même si l’accord original avec des papillotes de lotte à la provençale a très bien fonctionné.
Le gewurztraminer a joué sur un registre un peu épuré mais sur ce millésime complexe il faut reconnaître que le Seppi et le Zinnkoepflé ont réalisé une très belle performance !

 

CC
La série du soir photographiée le lendemain…désolé pour l’étiquette de Seppi, mais mon appareil photo n’est visiblement pas habitué à gérer la luminosité ardéchoise…

 

 

 

Le match retour s’est déroulé quelques jours plus tard à Vallon Pont d’Arc autour d’une belle tablée de 8 convives où les bouchons ont sauté sans discontinuer jusqu’au milieu de la nuit. Je n’ai pas pris de notes lors de cette superbe soirée mais après que Cyril m’ait confié les fonds de bouteilles avec comme mission de poster quelques impressions sur les vins dégustés, je me suis pris au jeu avec plaisir.

 

Crémant d’Alsace Les Bulles de Noémie – Domaine R. Schmitt à Bergbieten : un apéritif guilleret et désaltérant avec ses notes de fleurs blanches, sa mousse légère et sa belle présence aromatique en bouche…ça descend tout seul !

Sancerre Comtesse 2007 – Domaine G. Boulay à Chavignol : un vin qui sauvignonne avec beaucoup de finesse en développant une palette raffinée et complexe (bourgeon de cassis, craie et notes florales) ; la bouche est gourmande avec un équilibre très tonique, une acidité très enrobée et une finale très fraîche et délicatement fumée…une vraie friandise délicatement acidulée !

Meursault Tessons 2004 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : très franc, ciselé avec précision et complexe sur le plan aromatique, ce vin ravit l’assemblée par sa présence en bouche bien équilibrée entre un gras caressant et une minéralité presque tactile...un Meursault étonnant de pureté et de maturité pour ce millésime !

Chevalier Montrachet 2000 – Bouchard à Beaune : monumental de puissance et de complexité avec une matière équilibrée, une concentration inouïe et une persistance finale comme on en rencontre rarement…une très GROSSE claque !

Domaine de Montcalmès 2005 – S.A. du Domaine Puechabon : fruits noirs confits, pâte d’amande et épices au nez, charnu avec un grain tannique très élégant en bouche, seule la finale un poil chaleureuse dénote un peu sur cette belle cuvée…envers et contre tous, j’aime !

Domaine de la Grange des Pères 2008 – L. Vaillé à Aniane : on reste dans le même style mais on entre dans des sphères qualitatives exceptionnelles, la palette est délicate, complexe, raffinée, la chair allie une densité hors norme avec une absolue sapidité et quelle longueur…coup de foudre absolu pour la première rencontre avec ce vin mythique !

Cornas Domaine du Coulet-Billes Noires 2009 – M. Barret à Cornas : le nez un peu « nature » et légèrement marqué par de l’acidité volatile déroute un peu au premier abord mais la présence en bouche révèle un jus magnifique avec un fruit concentré et très gourmand…un vin goûté trop jeune et pénalisé par sa position dans la série, dur de succéder à la bombinette GDP !

Côte Rôtie Les Rochains 2003 – P. et C. Bonnefond à Ampuis : discret mais complexe au nez (fruits noirs, violette, réglisse…) ce vin dense et séveux en bouche se montre un peu austère en finale…peut-être en phase de fermeture, mais il n’en reste pas moins que ce Rochains se présente de façon un peu décevante aujourd’hui.

Muscat de Lunel Lacoste – Mas de Bellevue à Lunel : des notes de pêche et d’abricots mûrs résonnent avec bonheur sur la salade de fruits ardéchoise, la bouche est moelleuse avec des arômes de raisins secs…un mariage heureux certes mais là, les papilles sont vraiment un peu fatiguées !

 

Pour ce premier match retour, Cyril n’a pas fait dans la demi-mesure : il a envoyé sans pitié une rafale de cartouches de gros calibre qui ont placé le niveau de nos rencontres à une hauteur que le pauvre alsaco exilé à 700 kilomètres de sa réserve de bouteilles aura beaucoup de mal à atteindre…mais l’ardéchois ne perd rien pour attendre puisque je suis sensé le recevoir très prochainement dans ma région (maintenant que tout le monde le sait, il ne pourra vraiment plus se défiler…).
Aucune fausse note dans les accords mets-vins : le tartare de saumon-saint jacques sur un sancerre tonique et gourmand, les deux superbes bourgognes avec des saint jacques poêlées et les rouges sur une daube provençale mitonnée par notre hôte ont résonné en parfaite harmonie.
L’ordre de service des vins nous a offert un crescendo impeccable sur les blancs mais pour les rouges le Grange 2008, placé trop tôt dans la série a littéralement écrasé ses successeurs…dommage pour eux !
Mes premières rencontres avec un Chevalier-Montrachet et une Grange des Pères ont été éblouissantes : le blanc d’une pureté d’une profondeur vraiment rarissimes et le rouge qui construit à la perfection un équilibre entre richesse et sapidité auront leur place dans ma collection de souvenirs de vins inoubliables.


 

p 011
Photo de groupe des « devoirs à la maison » donnés par Cyril, les chapitres « Chevalier-Montrachet » et « Grange des Pères » avait été « traités » en entier lors de la leçon de la veille…

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 16:08



Pour cette dernière Masterclass Alsace avant des vacances d’été bien méritées, Thierry Meyer revient sur une structure classique à 2 thèmes en nous proposant :

- 6 « nouvelles têtes » sélectionnées lors de la campagne de dégustation de 2011.
- 8 vins pour revenir sur le millésime 2006.

Le premier thème nous propose de goûter quelques bouteilles repérées par Thierry Meyer lors de sa dernière campagne de dégustation pour le guide BD pour nous faire découvrir des domaines alsaciens peu ou pas connus, ayant produit une cuvée offrant un bon rapport Q/P.

Le second thème se situe dans le prolongement de la superbe session de sur les réussites du millésime 2006 et nous invite à vérifier comment ces vins ont évolué.


Masterclass Alsace du 18 juin 2011 à Colmar

Tous les vins sont dégustés et commentés à l’aveugle – verres INAO



Thème 1 : 6 découvertes à petit prix sur le millésime 2009.

Pinot blanc 2009 – Domaine E. Schillinger à Gueberschwihr : le nez est discret, un peu pierreux et délicatement floral, la bouche est ample, un peu ronde avec une finale légèrement amère.
Un pinot blanc bien fait, équilibré (13°6 – 4,4g SR – 5,74g AT) avec un caractère très désaltérant qui le rend facile à boire…mais sans plus.

Sylvaner Bollenberg 2009 – Domaine J.M. Welty à Orschwihr : le nez assez intense s’ouvre sur des notes pharmaceutiques (camphre, iode) avant de révéler des arômes de fruits blancs mûrs (pomme et poire), la bouche possède un gras et un volume appréciables mais la finale est un peu courte et légèrement amère.
Avec une olfaction un peu bizarre mais une matière est assez belle (13° - 1g SR – 4,73g AT), ce sylvaner se tient comme un honnête vin de soif.

Sylvaner Blienschwiller 2009 – Domaine R. Kientz à Blienschwiller : le nez est fin et discret sur un registre floral, la bouche est droite avec quelques nuances fumées et une légère amertume en finale.
Sans défaut mais sans trop de personnalité, ce sylvaner est vraiment très basique.

Sylvaner Meissenberg 2009 – Domaine C. Braun à Orschwihr : le nez est pur et discret sur la pêche blanche, en bouche l’équilibre est sec mais la structure possède un beau volume et la finale est gourmande et d’une longueur appréciable.
Un beau vin sans trop de fioritures mais avec une texture très gourmande…un beau sylvaner classique (13°5 – 3,8g SR – 5,02g AT).

Sylvaner Vieilles Vignes 2009 – Domaine J. Gruss à Eguisheim : le nez s’ouvre sur des notes suspectes, un peu fermentaires mais aussi légèrement liégeuses, l’oxygénation fait évoluer l’olfaction vers un registre floral, la bouche se tient très bien avec un joli volume et un équilibre digeste.
Un sylvaner avec une belle matière (13°3 – 4g SR – 6g AT) dont le nez laisse hélas une impression un peu douteuse…dommage !

Sylvaner G.C. Zotzenberg 2009 – Domaine Gilg à Mittelbergheim : le nez est expressif et complexe avec des notes florales et pierreuses, en bouche l’équilibre se réalise entre une richesse palpable et une acidité bien tendue, la finale révèle des notes de pomelo qui persistent longuement.
Ce n’est pas encore le grand frisson mais avec ce Zotzenberg on remonte d’un cran  en terme de qualité : un sylvaner qui a pleinement profité du millésime (14,27° - 7,88g SR – 5,2g AT) mais qui reste « borderline » quant à sa typicité.

 

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En conclusion :

- Pour découvrir ou redécouvrir le sylvaner, 2009 a tout du millésime providentiel : l’arrière-saison très chaude a permis à ce cépage tardif d’arriver à pleine maturité physiologique tout en gardant un bel équilibre physique. De plus, après une campagne d’arrachage soutenue, il ne reste presque que des parcelles de vieilles vignes en Alsace, situées souvent sur de beaux terroirs, dont ce cépage se fait un interprète presque aussi éloquent que le riesling.

- Cette sélection a montré que sur ce millésime, même des producteurs peu connus ont réussi des cuvées de sylvaner dignes d’intérêt et offrant des rapports Q/P exceptionnels : hormis le Grand Cru les vins goûtés ci-dessus se situent autour de 5 euros.

- Il n’en reste pas moins que cette série de bouteilles n’a pas réussi à me faire oublier certains noms plus connus du vignoble qui ont réalisé de très belles choses sur ce cépage en 2009 : Julien Schmitt et son Grand A, Guy Wach et son Duttenberg, Jean-Daniel Hering et son Clos de la Folie Marco, Jean Pierre Rietsch avec ses deux versions « Nature » et « Vieilles Vignes »…et bien d’autres.




Thème 2 : comment vont les 2006 ?

Pinot noir Grand P 2006 – Domaine A. Mann à Wettolsheim : la robe est dense et assez foncée, le nez est un peu réduit à l’ouverture puis se développe sur un registre empyreumatique et légèrement animal, en bouche la matière est dense et charnue avec une acidité bien large et une finale fraîche et discrètement réglissée.
Volnay 1° Cru Santenots 2006 – Domaine Buisson-Charles à Meursault : la robe est très claire, le nez est agréable mais semble assez évolué avec des notes lactées de caramel et un fruit discret type bigarreau et une touche boisée en fond, la bouche est très légère, presque décharnée et la finale se trouve dans la même ligne en laissant une impression peu agréable de sècheresse.
« Ne vous fiez pas à la forme des bouteilles, j’ai transvasé les vins car Il y a un bourgogne parmi les 2 »…nous voilà prévenus ! De but en blanc, c’est le premier vin qui se trouve dans le style bourguignon, mais connaissant le caractère facétieux de Thierry…je suis sûr que c’est le second. Bingo…mais quelle déception !
Je ne reconnais absolument pas le Santenots que j’ai pris l’habitude de déguster au domaine depuis quelques années (depuis le millésime 2005 en fait…), fin de vie ou problème de bouteille…la question est posée.
Le premier pinot noir vient du terroir G.C. Pfingstberg assure une performance honorable sans me séduire complètement.

Pinot blanc 2006 Clos des Capucins – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est mûr avec des notes de grillé, de fruits blancs compotés et une petite touche de champignon blanc, l’attaque en bouche est vive et agréable mais le vin s’arrête là, dès le milieu la structure devient fuyante, la finale est complètement aqueuse.
Belle réussite en son temps ce pinot blanc commence à révéler les stigmates du millésime et d’un vieillissement…année difficile et cépage modeste, même lorsqu’on s’appelle Faller et qu’on occupe le sommet de la hiérarchie alsacienne depuis de longues années, on ne peut pas faire de miracles dans certains cas…


Pinot gris 2006 – Domaine Klee à Katzenthal : le nez est discret mais net avec un fruité très discret, la bouche est riche mais une belle acidité lui laisse un caractère très désaltérant, en plus la finale persiste avec une longueur appréciable.
Pinot gris G.C. Eichberg 2006 – Domaine Ginglinger à Eguisheim : le nez est perturbé par une vilaine pointe liégeuse, la bouche possède un équilibre bien tonique mais la finale est de nouveau marquée par la déviation aromatique détectée au nez.
Les frères Klee ont réussi un joli vin qui impose sa précision sans faire trop d’esbroufe alors que le second pinot gris laisse une sensation de frustration car la matière vraiment belle est vraiment gâchée par le défaut de bouchage.

 

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Riesling Réserve 2006 – Domaine Trimbach à Ribeauvillé : le nez est délicat sur un registre classique (fruité et pierreux) avec une touche un peu grillée, la bouche est vive et droite, l’équilibre très sec devient légèrement austère en finale.
Riesling G.C. Kessler-Heisse Wanne 2006 – Domaine Dirler-Cade à Bergholtz : le nez est expressif et complexe sur les agrumes mûrs, la pierre et les fruits exotiques, la bouche est ample, l’équilibre est sec et la finale reste très stricte tout en livrant quelques belles notes épicées.
Ces deux rieslings tiennent bien debout mais le premier, très propre mais sans fantaisie, semble avoir dépassé son apogée alors que le second possède encore beaucoup d’éclat et de charme…cette cuvette du Kessler est magique !


Muscat G.C. Mambourg 2006 – Domaine Schoech à Ammerschwihr : le nez est épanoui et très séduisant sur un registre floral avec une petite pointe de champignon blanc, la bouche est belle et richement aromatique, fleur de sureau, menthe et pêche blanche composent une palette complexe, l’équilibre est un peu mollasson mais la finale est d’une longueur étonnante.
Très richement parfumé ce muscat Grand Cru est une belle réussite même s’il manque un peu de tonus…à savourer aujourd’hui pour le plaisir !

Gewurztraminer G.C. Altenberg de Bergbieten 2006 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten : le nez est pur, légèrement torréfié avec des notes de fruits bien mûrs (abricot, mangue), la bouche est riche, bien équilibrée et profondément saline, la finale se distingue par une belle longueur.
Un gewurztraminer sans trop d’exubérance mais avec un profil pur et précis et une belle trame minérale.

Pinot gris Breitenberg V.T. 2006 – Domaine L. Boesch à Soultzmatt : le nez est agréable et assez surprenant avec des arômes de céréales légèrement torréfiées et de tabac brun (un peu Gitane sans filtre), en bouche une matière très riche s’impose mais l’acidité fine et bien longue équilibre l’ensemble, la finale est très longue et revient avec insistance sur les notes de tabac.
Les allergiques aux odeurs de cigarettes auront peut-être du mal à accepter cette palette pour le moins curieuse, les autres apprécieront pleinement ce pinot gris généreux, issu d’un terroir situé dans le secteur ouest de la Vallée Noble et exposé au sud, qui se tient parfaitement bien après 5 ans de bouteille.

 

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En conclusion :

- 2006 a été un millésime vraiment problématique en Alsace : des épisodes pluvieux survenus au plus mauvais moment ont généré des foyers de pourriture qui se sont développés à très grande vitesse pour atteindre une grande partie des parcelles de vigne, même celles situées en coteaux. Vendanges en catastrophe, tries sévères obligatoires…un cauchemar pour tout vigneron !
Et pourtant je me souviens d’une session mémorable avec l’Oenothèque Alsace où Thierry nous avait vraiment étonnés en nous régalant avec une série exceptionnelle de crus 2006.

- néanmoins, quelques années plus tard, on se rend compte que la plupart de ces vins n’auront pas tenu dans le temps : les cuvées basiques sont vraiment fatiguées et les équilibres actuels des vins de terroir ne laissent plus trop d’espoir à l’amateur de vieux millésimes.

- pour le coup de cœur, le riesling Heisse Wanne de Dirler s’impose tout naturellement, avec sa palette complexe et son équilibre parfait…la classe !


 

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La série complète.

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 20:06

 


La Source des Sens est un superbe hôtel-restaurant situé à Morsbronn, une petite cité thermale au nord de Haguenau, connue des alsaciens pour son parc d’attraction (Didiland) que j’ai beaucoup fréquenté lorsque mes deux enfants étaient plus jeunes.
Prévenu in-extremis par Bruno Schloegel, j’ai réussi à trouver une petite place autour de la table en compagnie de quelques amateurs de vin, de Bruno Schloegel, vigneron  du domaine Lissner à Wolxheim et de François Wilhelm, ambassadeur de la Maison Trimbach de Ribeauvillé.
Le thème de ce repas dégustation proposait d’associer des plats crées par le chef Pierre Weller et des couples de rieslings provenant de ces 2 domaines : le genre de petite compétition bien sympathique à laquelle n’importe quel dégustateur rêve d’assister un jour.

 

 

A l’apéritif :

Crémant brut – Domaine Lissner : le nez est fin et complexe, fruits blancs et petites fleurs avec une petite touche de noix en fond, la bouche est fraîche et bien équilibrée avec une bulle fine, dense et persistante qui donne une texture bien crémeuse au palais, la finale est digeste et légèrement marquée par des notes de fruits secs (noisette, noix).
Resté 10 ans sur lattes et dégorgé il y a environ 2 ans ce crémant est superbe aujourd’hui, avec sa tenue exceptionnelle en bouche, malgré cette petite touche oxydative qui peut déranger les puristes mais qui, pour moi, participe à l’harmonie de l’ensemble.


Pour accompagner les Gambas poêlées à la livèche servies comme en un pot au feu en papillote :

Riesling Rothstein 2007 – Domaine Lissner : le nez est vif et fringant sur les agrumes, le citron vert, la bouche est pointue avec une minéralité raffinée et une profonde salinité en finale.
Riesling Réserve 2009 – Domaine Trimbach : le nez subtil se situe sur un registre floral, l’attaque en bouche est souple, le vin prend son temps pour mettre en place sa structure, la finale possède une belle persistance aromatique.
Le Rothstein s’exprime avec force et sans complexe là où le Réserve reste tout en retenue .. réservé le Réserve ???
Avec le premier vin l’accord se réalise parfaitement dans un équilibre basé sur le contraste avec les saveurs douces et complexes du plat. Le second vin se montre plus complaisant et résonne harmonieusement avec le plat…les deux associations fonctionnent superbement même si personnellement je préfère le premier style.

 


Pour accompagner les Saint Jacques de Saint Brieuc snackées, jus de coques au lait de coco, pomelos et rattes au thym :

Riesling Wolxheim 2008 – Domaine Lissner : le nez assez fermé livre progressivement de délicats parfums d’agrumes et d’herbes aromatiques, la bouche est très vive, la structure est virile, l’équilibre très tonique développe une belle minéralité.
Riesling Cuvée Frédéric Emile 2005 – Domaine Trimbach : le nez est ouvert, complexe et extrêmement raffiné sur le sucre d’orge, la mandarine confite et quelques épices douces, la bouche est sphérique avec un joli gras, une opulence très charmeuse et une finale longue et minérale.
Cette deuxième rencontre avec le Frédéric Emile 2005 confirme l’impression ressentie la première fois…c’est un vin splendide qui s’exprime parfaitement à l’heure actuelle. Le Wolxheim est resté dans l’ombre de ce grand vin…trop jeune mais avec une structure en bouche qui promet.
Sur le plat, les deux vins fonctionnent à merveille : agrumes, épices et aromates, tout est là pour répondre à ce mets extrêmement raffiné…même si je choisirai de déguster le Trimbach seul car dans sa forme actuelle j’estime qu’Il se suffit à lui-même !


Pour accompagner le Bar sauvage en soupe crémeuse au gingembre et citronnelle, nuage de lait de noisettes :
 
Riesling G.C. Altenberg de Wolxheim 2005 – Domaine Lissner : le nez est fin et séduisant sur le miel de forêt, la marmelade d’orange, la bouche est joliment posée avec son équilibre bien gras et sa longue finale dont les nuances légèrement caramélisées trahissent une certaine maturité.
Riesling Clos Sainte Hune 2005 – Domaine Trimbach : le nez est racé et d’une grande pureté avec de délicates notes de miel de fleurs, la bouche est droite et ample avec un équilibre très sec et une longue finale saline, un peu tannique.
Le Saint Hune est encore très jeune alors que l’Altenberg semble dans la force de l’âge…en tous cas ces deux vins se ressemblent à l’heure actuelle et entrent tout naturellement en synergie avec ce plat aux nuances extrême-orientales.


Pour accompagner le Sot l’y laisse et Pata Negra sur des gnocchis de charlottes au romarin et émulsion de parmesan :

Riesling G.C. Altenberg de Wolxheim 2008 – Domaine Lissner : le nez est pur et discret sur le miel et les agrumes, la bouche est très verticale, peu loquace sur le plan aromatique mais puissamment saline en finale.
Riesling Clos Sainte Hune 2004 – Domaine Trimbach : le nez est élégant et complexe sur le miel, les fruits blancs et quelques épices, la bouche est magnifique, une structure sphérique mais un équilibre sec, une richesse aromatique difficile à décrire et un finale interminable à laquelle de très beaux amers apportent une fraîcheur bienvenue.
Le Frédéric Emile 2004 dégusté récemment avait été décevant, le Saint Hune de ce même millésime est éblouissant…il exprime une forme de plénitude absolue. L’Altenberg jeune et plein de belles potentialités n’a pas résisté face à cette pointure. Le mariage de ce plat avec des rieslings était risqué mais cet accord original a fonctionné correctement avec les deux vins avec un net avantage cependant pour le Saint Hune dont la complexité aromatique a parfaitement répondu aux riches saveurs de cette composition gastronomique.



Pour accompagner la Variation de 3 fromages de chèvre de la ferme d’Obersteinbach :

Riesling Wolxheim 2005 – Domaine Lissner : le nez est bien expressif sur le miel et le coing frais, la bouche est droite avec un équilibre sec et une finale minérale.
Riesling Cuvée Frédéric Emile 1997 – Domaine Trimbach : le nez est discret  mais plein d’harmonie sur les fruits jaunes mûrs, la bouche est très franche avec de jolis arômes de groseille blanche et une finale tendue par une longue acidité.
Le sommelier sert généreusement, les crachoirs sont très loin de moi sur la table et ma voisine est une grande bavarde…mes notes deviennent de plus en plus lapidaires…ces deux vins sont beaux mais face à cet assortiment de fromages aucun accord ne m’a marqué outre mesure.


Pour accompagner les Fruits exotiques en bavarois et carpaccio, sorbet à la grenade :

Riesling G.C. Altenberg de Wolxheim 2003 – Domaine Lissner : le nez est expressif sur les agrumes confits, la bergamote, la bouche associe vivacité et rondeur dans un équilibre moelleux léger, la finale est très saline et de belle longueur.
Riesling Cuvée Frédéric Emile VT 2001 – Domaine Trimbach : le nez est torréfié, mûr et très raffiné, la bouche est ample et ronde avec un équilibre construit autour d’une puissante minéralité.
Avec ce dessert qui proposait une véritable bibliothèque aromatique pour rieslings en surmaturité l’accord s’est réalisé sans aucune difficulté. Là ou la cuvée FE s’exprime avec classe et distinction l’Altenberg offre une palette exubérante et gourmande de toute beauté… c’est magique !

 

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Portrait de groupe des victimes de la soirée…

 

Pour conclure :

- Ce retour sur cette belle soirée riche en émotions gustatives intenses m’invite avant tout à redire ma gratitude aux organisateurs : le chef Pierre Weller, son sommelier François Machi et les ambassadeurs des deux domaines viticoles, Bruno Schloegel et François Wilhelm, qui se sont prêté avec beaucoup de simplicité et de générosité à ce petit jeu de du duel amical entre leurs vins.

- Une fois encore le riesling a montré sa grande plasticité gastronomique : la diversité de ses expressions est tellement riche, qu’il peut s’harmoniser avec presque tous les mets…de l’entrée jusqu’au dessert, c’est un compagnon de table idéal !

- Pour les coups de cœur viniques je choisirai dans l’ordre l’Altenberg 2003 pour son équilibre original, le Frédéric Emile 2005 parfait à l’heure actuelle et le Saint Hune 2004 qui a été sans conteste le grand vin de la soirée.

- Enfin, pour revenir sur cette mise en parallèle de vins provenant de 2 domaines que bien des choses séparent (taille, renommée, conception des vins et de la viticulture…), j’ai trouvé l’entreprise osée voire risquée mais au bout du compte, les bouteilles présentées ont bien tiré leur épingle du jeu : les vins de Trimbach ont tenu leur rang face à un challenger contre qui ils avaient finalement tout à perdre, les vins de Lissner ont défendu vaillamment leur identité avec néanmoins pour eux l’avantage d’un rapport Q/P bien plus intéressant (le Saint Hune c’est quand même 10 fois le prix d’un Altenberg…ça fait réfléchir !!!!).

Mille merci à tous !

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 14:19



Cruel dilemme ce vendredi soir : soutenir notre équipe nationale de handball lors de sa demi-finale des championnats du monde contre la Suède ou accompagner mon pote Jean-Claude à une soirée de dégustation de vins de Hongrie et de Roumanie ?
Calcul rapide, la France joue à 18H et la soirée œnologique se déroule à 19H30 dans un petit village à 20 mn de Strasbourg…ça me laisse le temps de voir une bonne partie de la rencontre, grâce aux chaînes de télévision allemandes d’ailleurs, France Télévision ayant brillé une fois de plus par son absence dans la couverture de cet évènement. Notre service public persiste et signe dans la médiocrité de sa programmation, c’est désespérant !
Mais je m’emporte et je m’éloigne du sujet…
Revenons donc à Schaeffersheim un petit village près d’Erstein où Christophe Lasvigne attend les membres du club des « Hydropathes » dans son « Théâtre du Vin ».


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Lorsqu’on ouvre la vieille porte en bois qui coince pour rentrer dans cet espace de dégustation on se rend immédiatement compte que l’appellation n’a pas été choisie par hasard : notre hôte a vraiment transformé une ancienne salle de spectacle en petit caveau où il présente et fait déguster les vins qu’il commercialise.

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La scène du Théâtre du Vin

 

 

Christophe Lasvigne est un infatigable arpenteur des vignobles du monde, toujours à la recherche du produit qui saura le séduire par sa qualité et son originalité.
Il explique sa démarche très simplement : « j’aime bien les moutons à 5 pattes…je recherche des vins de qualité mais avec une personnalité forte et je suis particulièrement intéressé par les cépages autochtones de chaque région viticole ».
Son discours sur le vin est riche et solidement documenté, l’auditoire est rapidement captivé par sa verve et son enthousiasme…nous voilà partis en sa compagnie vers l’Europe centrale.

 

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Christophe Lasvigne en pleine séance de dégustation commentée.


La dégustation débute par 2 vins blancs secs, se poursuit par 2 vins rouges et se termine par une série de 5 vins moelleux.


Les blancs secs :


Terra Romana Milenium 2007 : un vin blanc clair, discrètement citronné, léger et agréable à boire même s’il manque un peu de chair en bouche.
Ce domaine situé en Roumanie, au nord-est de Bucarest, régi par des viticulteurs corses, produit de nombreuses cuvées dans les 3 couleurs. Cette entrée de gamme en blanc, issue d’un assemblage de sauvignon et de riesling se déguste sans déplaisir…mais manque vraiment de caractère à mon goût !

Tokaji Dry 2009 – Chateau Dereszla à Tokaj : une cuvée au nez expressif et gourmand sur les agrumes avec une bouche ample, bien équilibrée et une finale assez longue, délicatement amère et finement aromatique sur le citron et les épices.
Un très beau vin blanc avec une chair mûre et savoureuse, issu d’un assemblage des 3 cépages principaux de cette célèbre région viticole hongroise : furmint, muskotaly et harslevelü.
Ce grand domaine situé au cœur de l’appellation Tokaji produit un nombre impressionnant de cuvées et constitue le fournisseur attitré de vins hongrois de Christophe Lasvigne.
 

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Les 2 premiers vins blancs secs et le 1/2sec qui va débuter la 3° série.


Les rouges :


Portugieser 2007 – Gere Attila à Villany : un nez intense et charmeur avec un fruité mûr bien expressif et quelques notes d’épices douces, la bouche est équilibrée et bien fraîche mais manque un peu de corps et de tenue.
Moins réputée que Tokaj, Villany est une région viticole de Hongrie située au sud, près de la frontière croate. Gere Attila qui possède 45 ha de vignes dans la région est une référence reconnue par tous. Cette cuvée d’entrée de gamme, issue du cépage « blauer portugieser » (le portugais bleu, originaire d’Europe centrale comme son nom l’indique !!!), flatte le nez mais ne tient pas ses promesses en bouche…facile et gouleyant, pourquoi pas ?


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Terra Romana Feteasca Neagra 2008 : un nez intensément fruité et bien complexe où on reconnaît la griotte, les épices et un peu de violette, la bouche est riche et charnue, la finale fraîche et discrètement poivrée possède une longueur appréciable.
Complexe au nez et bien velouté en bouche ce rouge complet et plein de charme est une belle réussite…en plus, il se vend à moins de 10 euros… là c’est difficile de résister !


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Les vins blancs moelleux :


Tokaji Napos 2007 – Château Dereszla à Tokaj : le nez est richement fruité et la bouche possède un équilibre frais et une finale délicatement acidulée.
Ce vin blanc qualifié de demi-sec (11°5 et 17g de SR), issu d’un assemblage de furmint et de muskotaly se montre plaisant et facile d’accès…en plus, à moins de 7 euros, le rapport Q/P est remarquable.

Tokaji Muskotaly 2007 – Château Dereszla à Tokaj : le nez est discret et raffiné avec un fruité léger et de belles notes florales, la bouche d’une rondeur avenante avec un gras très présent mais la finale manque de vivacité.
Le cépage s’exprime dans un registre bien connu des palais alsaciens dans ce vin demi-sec (13° et 20g de SR) qui brille par une belle palette aromatique mais qui manque un peu de structure.

Tokaji Furmint V.T. 2003 – Château Dereszla à Tokaj : le nez est puissant et complexe sur les agrumes confits, le miel, la gelée de coing et un léger fumé, la bouche est large, agréablement moelleuse avec un joli gras mais sans lourdeur aucune, la finale est fraîche et finement amère.
La vendange tardive est un procédé inhabituel dans le vignoble de Tokaj…dommage car ce blanc moelleux (11°5 et 35g de SR) est un véritable régal !

Tokaji Aszu 3 Puttonyos 2006 – Château Dereszla à Tokaj : le nez est discret, complexe, chargé de mystère, il y a des épices, du sous-bois et un fumé délicat, la bouche est très franche avec une attaque vive, un beau volume et un gras sensible, les arômes assez réservés au nez s’expriment ici avec force et longueur, le retour acide laisse une belle impression de fraîcheur en finale.
Ce vin séduit par sa complexité aromatique et son équilibre qui reste tonique malgré une belle richesse (12° et 90g de SR)…la signature d’un grand vin !

Tokaji Aszu 5 Puttonyos 2000 – Château Dereszla à Tokaj : le nez est exubérant et charmeur sur le raisin de Corinthe, les agrumes confits et les épices, la bouche offre un toucher très glycériné mais l’acidité pleine et longue soutient parfaitement la structure de ce vin dont la palette puissante et complexe s’étire longuement en finale.
Noté 95 par Bob et cité dans les 100 meilleurs vins du monde, ce petit bijou d’une richesse aromatique rare, sait allier une matière riche et grasse (12°5 et 150g de SR) et une structure acide bien droite et bien présente…Remarquable !


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Un quatuor bien sympathique…



Pour conclure :

- cette séquence parfaitement orchestrée (ou mise en scène, puisqu’on se trouvait dans un théâtre…) par Christophe Lasvigne m’a permis de faire mes premiers pas dans des régions viticoles que je ne connaissais que très peu : j’ai appris, le verre à la main,  qu’on produisait des vins tout à fait honnêtes en Roumanie et que le vignoble hongrois recelait de véritables trésors.

- la dégustation des crus du domaine Terra Romana a révélé des vins simples mais francs et celle des vins du Château Dereszla nous a montré une gamme dont la qualité pourra convaincre l’amateur le plus exigeant.

- pour les coups de cœur de cette série je choisirai le rouge de Terra Romana pour sa simplicité bonhomme et sa gourmandise et bien évidemment l’incontournable Azsu 5 Puttonyos du Château Dereszla, un élixir qui transforme toute dégustation en instant inoubliable…

- en terme de vin, je dois reconnaître un coupable penchant pour les produits français : effet d’un certain chauvinisme, peut-être…conséquence d’un manque de connaissances, sûrement ! Ceci dit, avec la richesse et la diversité de notre vignoble, il y déjà de quoi bien remplir la vie (et la cave) d’un honnête homme.
Pourtant, lorsqu’on se trouve en présence d’un guide de la trempe de Christophe Lasvigne, on lâche facilement nos repères hexagonaux pour l’accompagner dans d’autres contrées viticoles et découvrir la vraie universalité de la culture du vin. Ce fut un très beau voyage…Merci !
Bravo et merci à tous ceux qui ont œuvré pour nous régaler ce soir.

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  • : Vins, vignobles et vignerons.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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