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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 10:32



En cette période un peu tristounette qui précède les festivités de fin d’année, nos vignerons redoublent d’imagination pour nous offrir la possibilité d’oublier la grisaille, la froidure et cette frénésie consumériste qui nous attire souvent très loin de l’essentiel…
Vigneron esthète et mélomane, Etienne Sipp a décidé de conjuguer ses deux passions en organisant un concert-dégustation aux chandelles : associer quelques belles références du domaine avec des morceaux de musique interprétés par l’altiste Anne-Irène Kempf…une fête sensorielle garantie !


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Le décor très intimiste


Dans la pénombre de la « Stube » située au premier étage, les chandelles diffusent leurs lueurs vacillantes, le Crémant d’Alsace pétille dans nos verres et la musicienne est devant son pupitre…c’est parti pour quelques instants de pur bonheur !

 


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Anne-Irène Kempf.

 

Après une mise en bouche très classique avec l’Allemande de la deuxième Partita BWV 1004 de Jean-Sébastien Bach où nous avons pu apprécier la sonorité chaude et harmonieuse de l’alto, Etienne Sipp nous a servi son Crémant d’Alsace Blanc de Noirs alors qu’Anne-Irène Kempf interprétait Ai Limiti della Notte pour alto seul de Salvatore Sciarrino :
Un vin splendide issu de raisins très mûrs avec un fruit épanoui et une mousse crémeuse qui a résonné avec les sonorités extravagantes de cette pièce. Un mariage réussi entre le style festif et virevoltant du crémant et la fantaisie un brin provocatrice de ce morceau de musique.

Le Riesling Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé 2008 a été accompagné par les Six esquisses pour alto seul de Paul Collin :
Un riesling droit, sérieux, d’une grande noblesse, qui nous accompagne dans l’ambiance profondément méditative de ce morceau de musique. Un vin et une pièce instrumentale qui nous conduisent au recueillement et à l’introspection…une expérience un peu mystique !

 


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La Fantaisie N°1 TWV 40:14 de Georg-Philipp Telemann nous ramène dans un univers plus classique en compagnie du Pinot Gris Grand Cru Osterberg 2008 :
Un moment de jovialité simple et immédiate parfaitement illustré par ce vin parfaitement équilibré à la structure bien ronde, qui se livre à nous avec une belle franchise : un instant béni de légèreté et d’insouciance.


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Etienne Sipp présente ses vins

 

 

Le Gewurztraminer Grand Cru Osterberg V.T. 2006 et la Suite N°1 en sol mineur opus 131d de Max Reger ont été choisis comme le dernier couple musico-vinique de cette belle soirée :
Ce vin à qui le botrytis a apporté une richesse aromatique supplémentaire étonne et séduit par son infinie complexité tout à fait en phase avec les volutes et circonvolutions très recherchées de l’œuvre de Reger : une apothéose sensorielle avec deux œuvres lyriques mais complexes face à face !


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Le mot de la fin est laissé à Antonio Vivaldi et sa Sonate en Fa M TV52 pour flûte à bec et basse continue, où nous avons eu le bonheur d’apprécier le talent de Diane Sipp à la flûte…comme quoi on ne sait pas faire que du vin chez les Sipp, BRAVO !


Pour conclure :

- Penser à associer des vins et des mets est une démarche naturelle, réfléchir à d’éventuelles synergies positives entre vin et musique est un peu plus rare…saluons avant toutes choses l’initiative d’Etienne Sipp qui nous a permis de réaliser une première expérience sur ce thème.

- Avec des morceaux de musique savamment choisis et brillamment interprétés dans une ambiance sereine et intimiste, les vins du domaine Sipp ont été servis dans des conditions de dégustation plutôt inhabituelles. Mais goûter des vins comme des œuvres musicales, et vice-versa nous emmène dans un univers sensoriel insoupçonné…quel beau voyage !

- La mise en scène inhabituelle de cette dégustation m’a soumis à un monde de sensations gustatives et auditives d’une rare densité : de la musique, des arômes, des goûts, très peu de paroles…une expérience rare !
Vivement la prochaine édition !

Bravo et merci à tous ceux qui ont œuvré pour nous régaler ce soir.

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 17:40

 

En cette fin novembre, la fantaisie polychrome des paysages d’automne a laissé la place à une ambiance un peu vaporeuse dans le vignoble alsacien.

 

 

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Vue d’Andlau sur les pentes du Kastelberg recouvertes des premières neiges de novembre

 

Après l’agitation de la période des vendanges la vigne profite de cette sérénité retrouvée pour se ressourcer et les vignerons retrouvent un rythme de vie moins trépidant dans leurs caves où les jus du nouveau millésime fermentent calmement.

A quelques kilomètres de la capitale alsacienne qui fête l’ouverture de la foire au gogos (mais non, je n’ai pas oublié le L) et au vin chaud, certains vignerons ont choisi de rompre la trêve hivernale en ouvrant grand les portes de leur domaine aux amateurs de vins d’Alsace.

C’est avec quelques semaines de retard (ah ces satanées vendanges 2010 !) que Claude Moritz, organise sa traditionnelle journée portes ouvertes en conviant les amis du domaine à une visite de cave et une dégustation verticale sur l’un de ses Grands Crus : au programme de cette année, les rieslings Moenchberg.

Arrivé au domaine vers 16 heures, je rejoins un groupe d’une bonne vingtaine de convives prêts à déguster une dizaine de millésimes de ce Grand Cru en compagnie du vigneron, de Didier Lobre, œnologue et dégustateur hors pair et du professeur Claude Sittler, éminent spécialiste de la géologie de l’Alsace…un casting de rêve !

M. Sittler introduit cette séquence de dégustation par un bref exposé sur la formation des terroirs alsaciens et par la description du Grand Cru Moenchberg : un coteau relativement fertile, orienté au sud et de nature géologique assez complexe, marno-calcaire avec plus ou moins de limons et de sables selon le secteur.


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Le professeur Sittler en pleine leçon et Claude Moritz au débouchage…théorie et pratique.

 

 

 

Dimanche 28 novembre 2010 : verticale de Riesling Grand Cru Moenchberg :

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2007 : le nez est riche, balsamique et légèrement anisé, la bouche est droite avec un équilibre sec et un beau gras, la finale est longue, sapide et marquée par quelques notes résineuses.
Un vin puissant mais déjà très convivial.

2005 : le nez est intense sur les agrumes mûrs et le caillou, en bouche la matière est concentrée, la structure équilibrée et la finale légèrement poivrée persiste longuement.
Un vin au caractère à la fois explosif et civilisé : une force tranquille.


2004 : le nez est complexe et bien minéral, légèrement miellé et marqué par des arômes d’herbes aromatiques, la bouche est svelte avec un équilibre strict et une finale qui révèle quelques notes épicées.
Un vin qui ne se livre pas facilement et qui réserve ses mystères aux dégustateurs patients…un riesling pour méditer.

2003 : le nez est puissant et très complexe sur le moka, le pamplemousse, le romarin et même une touche de noix, la bouche est ample, sphérique et puissamment aromatique, la finale est longue avec un retour des notes de noix.
Un festival aromatique sur une structure volumineuse : atypique mais vraiment grand !

2002 : le nez est classique, tout en élégance avec des notes d’agrumes et d’herbes aromatiques, la bouche est droite avec une acidité très noble et une belle finale aromatique sur le thym et les épices douces.
Un vin épanoui qui joue sur les paradoxes en alliant une structure verticale et une palette exubérante : un très beau riesling arrivé à son pic de maturité.

2000 : le nez est très franc mais profondément minéral avec des notes terpéniques et quelques touches de zestes d’agrumes, la bouche possède un toucher très agréable et une structure assez ondulante et souple qui se resserre progressivement, la finale est assez longue et marquée par des arômes de beurre et de vanille.
Un vin bien apprécié par la plupart des dégustateurs présents mais qui ne m’a pas entièrement conquis : la structure en bouche qui manque un peu de cohérence me fait craindre un déclin en cours…j’espère me tromper !

1999 : le nez est intense et riche sur l’orange confite et les épices (ambiance marché de Noël…), la bouche est ronde, équilibrée grâce à une belle acidité, la finale est longue et révèle une saline très intense.
Un riesling élégant et très séduisant arrivé à maturité…comme un avant-goût de la prochaine Masterclass de Thierry Meyer, dont l’un des thèmes sera « l’évolution des rieslings 99 », j’ai hâte d’y être !

1998 : le nez est intense et frais sur la menthe poivrée, des notes de zestes d’agrumes et d’épices se révèlent peu à peu pour composer une palette bien complexe, une acidité vive et immédiate se présente dès l’attaque en bouche, la structure est svelte et élégante avec un équilibre très tonique, la finale persiste longuement en laissant apparaître quelques arômes de torréfaction et de fruits secs (amande, noix).
Un riesling à qui la patine du temps a apporté élégance et complexité…une belle émotion !

1997 : le nez est discret avec des notes de zestes d’agrumes et de fenouil, la bouche est droite et minérale mais révèles de jolis arômes de bois de réglisse, la finale est un peu austère avec une amertume sensible.
Un vin qui se tient encore droit dans ses bottes mais dont l’apogée semble dépassé aujourd’hui.

 

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De retour dans le caveau du rez-de-chaussée où nous attendent quelques amuse-bouche alsaciens, Claude Moritz nous propose de déguster quelques autres cuvées sélectionnées sur la carte du domaine, avec entre autres :

Riesling Grand Cru Wiebelsberg 2004 : le nez est épanoui et complexe avec des notes florales et légèrement balsamiques, la bouche est stricte, l’acidité est fine et très longue et la finale se prolonge sur de belles nuances minérales.
Malgré la difficulté du millésime ce riesling bien net propose une interprétation très classique de ce cépage en bouche même si le nez assez exubérant nous fait attendre un équilibre moins austère.

Riesling Grand Cru Kastelberg 2008 : le nez est discret mais déjà bien complexe avec des notes de citron, d’herbes aromatiques et un léger fumé, la bouche est finement ciselée autour d’une structure acide tendue, la finale est longue et fraîche.
La matière est pure et très tonique mais on sent bien que ce riesling est encore bien fermé…en tous cas, le potentiel est indiscutable.

Gewurztraminer Grand Cru Wintzenberg 2003 : le nez expressif, d’une grande finesse aromatique est tout entier dédié aux fleurs (rose, mauve, violette…), la bouche est mûre et riche , des notes de raisins confit viennent compléter les arômes de bonbon à la rose qui persistent longuement en finale.
Un élixir floral qui a néanmoins une belle tenue en bouche…un vin pour esthètes.

Pinot Gris Collection Saint Charles 1999 : le nez est discret mais avec une palette classique sur les fruits avec un léger fumé, en bouche le vin se distingue par un matière riche, un profil aromatique qui se complexifie et un superbe équilibre.
Une vendange rentrée à 1111 oechslé a généré un pinot gris généreux à qui ces 10 ans de garde ont conféré une patine très raffinée…un vin qui dégage une sensation de plénitude qui me réconcilie avec ce cépage.

 

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Pour conclure :


- dans la mesure où il imprime aux vins une marque bien particulière (un beau gras en bouche, une palette avec des notes d’aromates et de tisane) le Moenchberg est à juste titre considéré comme un grand terroir.
Claude Moritz sert admirablement ce Grand Cru en élaborant des vins secs et droits qui jouent plus sur l’élégance et la minéralité que sur l’exubérance.

 

 

- pour les coups de cœur je choisirai 2 millésimes successifs qui montrent bien le potentiel de ce Grand Cru : le 2003 un peu baroque et le 2002 plus sérieux mais tous deux parfaitement équilibrés...du grand art !
Ceci dit, j’ai également beaucoup apprécié le Kastelberg 2008 pur et minéral et l’étonnante cuvée de pinot gris 1999, insolent de jeunesse.
 

 

- je ne dirai jamais assez combien les oenophiles comme moi apprécient la démarche de ces vignerons qui font un réel travail pédagogique pour nous aider à comprendre leurs vins.
Mille mercis à Claude Moritz et son équipe pour l’organisation régulière de ces exercices de dégustations verticales qui conjuguent admirablement apprentissage et plaisir.

 

 

NB : deux autres verticales du domaines Moritz sont consultables ICI

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 19:16



Pour cette nouvelle édition de la présentation automnale des Grands Crus, l’élite de la viticulture alsacienne s’est donné rendez-vous au château de Kientzheim pour offrir aux oenophiles la possibilité de déguster les plus grands vins de la région.
Les vignerons sont distribués sur 3 niveaux dans le caveau et les salons de ce très beau bâtiment dédié à la gloire du vin d’Alsace.

Evidemment, face à cette pléthore de superbes cuvées, un seul problème se pose à tout amateur : comment s’organiser pour choisir, quelle stratégie mettre en place pour se faire une idée pertinente sans passer par une dégustation exhaustive ?

Après un premier tour de visite et de salutations je décide d’un mode opératoire : je me limiterai aux rieslings (étonnant, non !!!) et j’essaierai de choisir des adresses sur toute la longueur de notre route des vins…jusqu’à l’épuisement de mes possibilités de dégustateur (en fait lorsque je ne sentirai plus aucune différence entre en Geisberg de Kientzler et un Rangen de Schoffit…).

Entre deux visites je m’accorde un peu de temps pour griffonner quelques impressions sommaires sur le luxueux carnet de notes, remis avec l’incontournable verre INAO à l’entrée du château.

C’est parti !

 

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Domaine Roland Schmitt à Bergbieten
Riesling Altenberg de Bergbieten 2009 : riche et généreux avec une structure équilibrée, ce vin est encore bien fermé sur le plan aromatique mais la matière est très pure.


Domaine Pfister à Dahlenheim
Riesling Engelberg 2008 : séduisant par de belles notes florales au nez, ce vin affirme son caractère très droit en bouche avec une tension importante et une minéralité très profonde.

Domaine Marc Kreydenweiss à Andlau
Riesling Wiebelsberg 2008 : le profil aromatique est fin et délicat (fruits et épices), la bouche d’une pureté cristalline possède une présence finale bien typée sur le poivre et la vanille.
Riesling Kastelberg 2008 : le nez est solidement verrouillé mais la bouche révèle une classe folle, sec, pur, très droit ce vin possède une matière grenue qui laisse une impression presque tannique en finale.

Domaine Gresser à Andlau
Riesling Moenchberg 2009 : bien ouvert aromatiquement avec de belles notes de fruits blancs, ce vin se livre avec une structure assez opulente en bouche mais la finale garde une fraîcheur bienvenue.
Riesling Wiebelsberg 2009 : fin et discret au nez, ce vin possède une structure très verticale avec une acidité large et une grande profondeur minérale.
Riesling Kastelberg 2009 : c’est un vin vif et très minéral avec des notes d’agrumes discrètes au nez mais envahissantes en bouche et une finale ample, longue qui laisse une sensation tannique.

Domaine Henry Fuchs à Ribeauvillé
Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2009 : ce beau vin possède un fruité bien mûr et une structure opulente avec un gras et une acidité qui s’équilibrent parfaitement.
Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2008 : c’est un riesling classique tout en élégance avec de fines notes d’agrumes et une longue acidité.

Domaine Louis Sipp à Ribeauvillé
Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2009 : le vin est ouvert et généreux mais la charpente qui sous-tend la structure est très solide.
Riesling Kirchberg de Ribeauvillé 2008 : le nez révèle des notes d’herbes aromatiques et quelques nuances terpéniques et la bouche possède un toucher très grenu et une puissante minéralité.

Domaine André Kientzler à Ribeauvillé
Riesling Osterberg 2009 : le nez possède un fruit discret, la bouche se fait remarquer par la belle synergie entre une matière riche et une tension acide très profonde.
Riesling Geisberg 2008 : fin et élégant, ce vin se présente à nous sur un registre assez gourmand même si la bouche révèle une structure puissamment minérale.
Riesling Geisberg 2007 : la palette est dominée par des notes terpéniques, la bouche possède une très belle longueur mais ce riesling se caractérise surtout par une austérité redoutable.

Domaine Jean Marc Bernhard à Katzenthal
Riesling Schlossberg 2009 : c’est un vin qui a fermenté très longtemps et qui n’est pas encore totalement en place aujourd’hui malgré une palette florale délicate et une matière généreuse en bouche.
Riesling Wineck-Schlossberg 2009 : discret et très complexe au nez ce riesling généreux et bien structuré marque sa race par la belle salinité finale.


Domaine Vincent Spannagel à Katzenthal
Riesling Wineck-Schlossberg 2007 : voilà un riesling agréable, floral, doté d’une belle matière (SR 20g et acidité 7g) mais qui garde un joli tonus.

Domaine Josmeyer à Wintzenheim
Riesling Brand 2008 : le nez est discret et pur, la bouche est droite et minérale, voilà un riesling bien sévère qui aura besoin de quelque temps pour s’amender.
Riesling Hengst-Samain 2008 : c’est un vin dense et concentré, au profil aromatique fin et complexe mais avec une assise acide très profonde.

Domaine Rieflé à Pfaffenheim
Riesling Steinert 2008 : ce vin est déjà bien ouvert avec son olfaction sur les agrumes frais et sa bouche où la rondeur et la belle acidité sont en train de construire un bel équilibre.

Domaine François Schmitt à Orschwihr
Riesling Pfingstberg 2009 : le nez est fin, complexe et bien intense, la bouche possède une structure étonnante, c’est un vins sec (2g de SR) avec beaucoup de gras et une finale saline qui laisse une impression presque tannique.
Riesling Pfingstberg-Paradis 2009 : cette parcelle historique du domaine a généré un riesling au profil très proche du précédent mais avec un degré de concentration supérieur.
Riesling Pfingstberg-Paradis 2008 : c’est un très beau riesling où le nez a gagné en complexité et en race ; la bouche est équilibrée avec une acidité verticale et une matière toujours aussi dense.

Domaine Schoffit à Colmar
Riesling Rangen-Clos Saint Théobald 2008 : le nez est discret et encore très marqué par un fruité vif, la bouche marie gras et salinité et s’appuie sur une très belle acidité.
Riesling Rangen-Clos Saint Théobald 2007 : ouvert et complexe le nez semble avoir trouvé son style avec un fruit encore bien présent mais également des notes de fumée et de tabac blond, la bouche est puissante, saline et dotée d’une longueur aromatique peu commune.

Seule exception à mon mode opératoire, la dégustation au Domaine Maurice Schoech à Ammerschwihr, où j’ai croisé l’ami Stéphane en train de faire une intégrale chez ce vigneron. Solidarité vinique oblige, je l’ai accompagné sans hésiter…

Riesling Kaefferkopf 2009 : le nez est délicat et subtil avec sa palette qui allie notes fruitées et florales, l’équilibre en bouche reste tonique malgré la belle richesse, la finale est longue et sapide.
Muscat Mambourg 2009 : la menthe et la chlorophylle monopolisent une palette olfactive très intense, la bouche possède une très belle structure avec une grande concentration et une belle longueur finale.
Kaefferkopf 2009 : cette cuvée issue d’un assemblage de riesling et de gewurztraminer sur une jeune parcelle se présente à nous avec charme et complexité, la bouche est concentrée mais soutenue par une structure très droite…un très bel hommage à la grande tradition du Kaefferkopf.
Gewurztraminer Kaefferkopf 2009 : le profil aromatique est très floral tout en restant bien complexe, la bouche est ronde, veloutée mais sans que l’opulence se transforme en lourdeur, un joli numéro d’équilibriste !
Cuvée Harmonie R 2007 : issu d’une complantation sur le Rangen ce vin est marqué par le pinot gris au nez (fruits jaunes mûrs) et possède une bouche solidement charpentée avec une acidité très verticale et une superbe finale longue et profondément saline.

Pour conclure :

- cette manifestation parfaitement organisée m’a permis, une fois de plus de rencontrer de grands vins d’Alsace et de partager quelques instants avec les vignerons qui les ont conçus.

- hélas, vu le grand nombre de domaines représentés et le peu de temps accordé aux amateurs pour les découvrir (4 heures, c’est très court…), je quitte la manifestation avec un sentiment partagé entre le plaisir des vins dégustés et la frustration face à tous ceux que j’ai été obligé de laisser de côté…

- parmi cette foison de belles cuvées j’aurai envie de mettre en avant 2 domaines que je connaissais très peu et dont les vins m’ont particulièrement séduit aujourd’hui : le domaine François Schmitt et sa vision un peu particulière mais terriblement séduisante des Pfingstberg et le domaine Schoech pour l’expressivité et la présence de toutes ses cuvées.


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Eh oui…il fait nuit très tôt en novembre !

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 08:42




Les vendanges sont terminées et les cuvées fermentent tranquillement dans la cave…profitant de ce retour au calme après le stress généré par ce millésime complexe, Jean-Marie Bechtold a donc décidé d’organiser une nouvelle soirée de dégustation vins-fromages.
C’est ainsi que nous nous retrouvons avec une trentaine de convives dans le caveau de dégustation du domaine pour tester des accords gastronomiques entre des vins d’Alsace et quelques unes des innombrables variétés fromagères de notre pays.
Les fromages proviennent des caves de l’affineur strasbourgeois Tourette ; il ont été sélectionnés par un maître fromager qui participe à l’animation de cette soirée.

 

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Le maître fromager en pleine leçon.


Les vins provenant du domaine Bechtold ont été sélectionnés pour donner la réplique à une superbe série de 13 fromages accompagnée de pains paysans au levain, au céréales et au seigle.


Pour l’apéritif :

Crémant Brut : le nez est discret et agréable, avec une belle complexité (froment, croûte de pain, citron…), en bouche la bulle est fine mais abondante, l’équilibre entre rondeur et fraîcheur est très gourmand et la finale est longue.
Chardonnays et pinots noirs de 2008 à parts égales composent ce crémant original mais très réussi.


Muscat Obere Hund 2009 : le nez est discret et très fin sur un registre floral (sureau, fleurs printanières), l’attaque en bouche est assez ronde mais l’équilibre se construit progressivement grâce à une belle présence saline qui s’impose pleinement en finale.
Un peu plus rond qu’en 2008 (mon muscat coup de cœur pour ce millésime), ce vin délicatement aromatique, se démarque par une présence en bouche charnue et équilibrée.
 

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Pour la ronde fromagère :


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Une ronde bien appétissante…



Klevner 2009 : le nez est frais et agréable sur le fruit (raisin frais), l’équilibre en bouche est simple mais convivial avec sa rondeur confortable et sa structure bien juteuse.

 


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Servi avec le Fleur de Selles, la Bonde de gâtine et le Pérail brebis ce vin était moyennement à son aise : un gras trop présent (0g de SR mais malo faite) n’a pas permis à ce pinot blanc d’offrir un contrepoint souhaité à ces 3 premiers fromages. Ceci dit, c’est un très beau vin plaisir à boire pour lui-même…

 


Riesling Grand Cru Engelberg 2008 : le nez est pur et racé sur le citron, la pierre, la craie, la bouche est précise avec une structure verticale mais sans tension extrême, la finale est longue soutenue par une acidité bien mûre et de délicats arômes de pamplemousse.


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Un vin magnifique qui s’est senti parfaitement à l’aise avec un Gaperon fermier et un Pavin d’Auvergne, mais qui a également fait merveille avec les chèvres et brebis de la première série…


Pinot Noir Obere Hund 2008 : le nez est discret, un léger fumé et quelques touches épicées, la bouche allie finesse et gourmandise avec une trame tannique soyeuse et un fruité qui se révèle peu à peu. La finale est acidulée et très légèrement perlante.

 

 

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Ce pinot noir très séduisant qui a eu la délicate mission de s’accorder avec un Camembert au lait cru moulé main s’en est tiré avec les honneurs grâce à ses tanins et à la touche de CO2.
Ceci dit, le crémant de l’apéritif, a fait bien meilleure figure face à ce fromage toujours très difficile à accorder… une piste à explorer.

 
Pinot Gris Cuvée Joseph 2008 : le fruité fin et précis s’affirme avec l’oxygénation et complète les notes délicatement fumées de cette palette classique du cépage, la bouche est très belle avec une rondeur avenante, équilibrée par une acidité mûre et bien large, la finale est puissante et longue avec une très belle salinité et un retour fumé.

 

 

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Un pinot gris de haute gastronomie avec un équilibre rond mais très digeste (moins de 10g de SR) associé à un Salers Buron et un Etivaz d’alpage ce vin a démontré son grand potentiel gastronomique. Un très bel accord !

 
Gewurztraminer Silberberg 2008 : le nez est fin et délicat sur un registre floral et un fond très épicé,  la bouche est ample, la structure est généreuse et la finale très longue laisse apparaître de belles évocations minérales derrière de puissants arômes de poivre noir.

 

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Evident face à un Munster fermier, ce très beau gewurztraminer n’a que très peu apprécié la présence du Livarot… y aurait-il un peu de chauvinisme chez ce vin ?



Riesling Sussenberg 2004 : le nez est fin et discret sur des arômes de zestes et quelques notes herbacées, la bouche est charnue, onctueuse avec une acidité fine mais profonde qui revient en finale.

 

 

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Légèrement marqué par le millésime mais d’une structure très généreuse ce riesling quelque peu atypique a été étonnant face à des fromages extrêmement puissants comme ce Bleu d’Auvergne ou ce Roquefort fermier très affiné
 

Pour conclure :

- Jean-Marie Bechtold fait partie de ces vignerons passionnés qui n’hésitent jamais à se mettre en quatre pour offrir aux oenophiles curieux l’occasion de compléter leur culture vinique et gastronomique. Cette soirée consacrée à l’expérimentation d’accords entre fromages et vins d’Alsace a été une belle réussite : fromages de qualité, beaux vins et quelques rencontres très réussies, le tout dans une ambiance chaleureuse et bon enfant…Bravo !

- Parmi les associations proposées je retiendrai surtout le couple parfait formé par le pinot gris et l’Etivaz, le mariage classique mais toujours réussi entre le gewurztraminer et le Munster, enfin, la surprenante synergie entre un riesling un peu évolué et légèrement moelleux et le Roquefort.

- Une fois de plus les vins d’Alsace ont prouvé leurs excellentes qualités gastronomiques… et leurs possibilités n’ont été que survolées ce soir.
Jean-Marie Bechtold a d’ailleurs déjà trouvé un nouveau thème pour une future dégustation : associer des fromages avec des rieslings en jouant sur l’âge des vins… Intéressant, non !

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 17:08

 




Dans le prolongement de la dégustation des gewurztraminers GC 2008 de la précédente Masterclass, Thierry Meyer nous propose de compléter le tour d’horizon de ce millésime particulier à travers 2 thèmes plutôt alléchants :

- Thème 1 : 6 vins d’AOC Alsace 2008 avec un bon rapport Q/P.
- Thème 2 : 9 grands vins de terroir 2008 (notés 18 et plus au BD 2011).

Ce millésime frais et tardif, coincé entre 2 années chaudes, a permis aux meilleurs vignerons de retrouver une vraie typicité alsacienne dans leurs vins : avec une vendange dans un très bon état sanitaire, des maturités correctes sans être excessives et de fortes acidités à dominante tartrique, ce fut une sorte de retour au classicisme.
En règle générale, les pinots et les gewurztraminers sont frais et bien équilibrés, les rieslings devaient être vendangés assez tardivement pour éviter la sous-maturité et la douceur de l’arrière-saison a permis l’élaboration de somptueuses VT et SGN.



Thème 1 : 6 Alsace 2008 pour le plaisir à petit prix



Pinot blanc La Tulipe – Domaine G. Neumeyer à Molsheim : le nez est pur et frais sur le citron et la groseille blanche, la bouche est vive avec une belle ampleur et une finale désaltérante, légèrement perlante, marquée par des arômes d’agrumes.
Un pinot blanc classique (50% PB et 50% auxerrois) droit et sec (3g de SR) dont la franchise en fait un excellent vin de convivialité.

Pinot Blanc – Domaine E. Rominger à Westhalten : le nez s’ouvre sur des notes de réduction discrètes mais assez tenaces  avant de livrer de jolis arômes de fruits mûrs et de froment, la bouche possède un beau volume avec d u gras, une salinité bien marquée, la finale est légèrement réglissée et fumée.
Issu à 100% d’auxerrois ce vin possède une très belle complexité et un marquage minéral bien prononcé…un pinot blanc de gastronomie.

Riesling Cuvée Vieilles Vignes – Cave de Ribeauvillé : le nez est bien expressif avec des arômes très purs d’agrumes frais, la bouche est charnue avec un milieu très fruité (mandarine) et une finale très saline qui révèle de belles notes d’herbes aromatiques.
Un riesling franc, généreux mais tendu, dont la vivacité et la jolie palette olfactive en font un compagnon de table de très bon niveau.

Sylvaner Mittelbergheim – Domaine Haegi à Mittelbergheim : le nez est discret sur un registre floral très fin, la bouche possède une structure légère et gouleyante, la finale est courte.
Un sylvaner aérien avec des arômes séduisants mais qui manque un peu de chair en bouche… un vin de soif.

Sylvaner Bollenberg – Domaine F. Schmitt à Orschwihr : le nez est expressif et complexe sur des notes de fruits mûrs et de céréales (grains de blé, farine), la bouche est ample avec du gras, de la chair et une très belle finale fraîche et bien aromatique.
Un sylvaner de haute tenue dont la qualité d’expression en fait un vrai vin de gastronomie…Bluffant, surtout lorsqu’en plus on considère son prix : 4,70 euros… Cette cuvée est épuisée aujourd’hui, dommage !

Sylvaner Vieilles Vignes – Domaine Sipp-Mack à Hunawihr : le nez est discret mais très pur avec des arômes de fruits blancs et de fines notes citronnées, la bouche est équilibrée, charnue avec un joli gras, la finale est bien tendue et délicatement réglissée.
La présence en bouche est magnifique, une matière très harmonieuse malgré un équilibre très sec (2g de SR), on sent le présence d’un grand terroir… et ce n’est pas étonnant puisqu’une partie des raisins de cette cuvée proviennent d’une parcelle sur l’Osterberg.

 

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Ces vins d’entrée de gamme parfaitement réussis, précis et joliment expressifs m’ont particulièrement séduit : ils sont un témoignage concret de la qualité du travail des vignerons et du respect de ces derniers pour leur clientèle. Avec ces cépages qui servent trop souvent à élaborer de la bibine bradée à moins de 2 euros la quille en supermarché, ces producteurs défendent brillamment la diversité alsacienne en élaborant ces superbes cuvées.
Chapeau bas messieurs !

Pas moyen d’isoler un coup de cœur dans cette série dédiée aux rapports Q/P quasiment inégalables (autour de 5 à 6 euros la bouteille)…il faut en remplir sa cave avant qu’il n’y en ait plus (pour le Bollenberg, c’est hélas déjà trop tard).




Thème 2 : 9 grosses pointures sur 2008

 

 


Riesling G.C. Kessler-Heisse Wanne – Domaine Dirler-Cadé à Bergholtz : le nez est fin et discret à l’ouverture, de belles notes de fruits mûrs et un léger vanillé se développent peu à peu, la bouche est ample, la matière est très concentrée, l’acidité est mûre et large, la finale est longue et tendue.
Très pur mais plus discret sur le plan aromatique que lors de ma dégustation au domaine, ce Kessler me laisse toujours cette même impression : une alliance un peu paradoxale entre finesse et puissance (à moins que le terme « puissance » ne soit pas approprié…n’est ce pas Nicolas ?)…en tous cas, malgré ce désaccord sur les mots, l’évaluation qualitative est unanime, c’est un très grand vin !
13°4 – 5g de SR – 9,1g d’acide tartrique.

Riesling G.C. Schlossberg – Domaine Bott-Geyl à Beblenheim : le nez est ouvert et assez intense, marqué par le fruit mûr (agrumes et ananas), la bouche est ronde, concentrée, charnue, la finales est longue et saline.
Un riesling mûr, ouvert et très séduisant issu d’une parcelle dans le fameux vallon du Schlossberg, qui flatte le palais dès aujourd’hui mais dont la densité en bouche laisse présager un très gros potentiel de garde. A cacher dans la cave…
13° – 8g de SR – 9,1g d’acide tartrique.

Riesling G.C. Kastelberg – Domaine Kreydenweiss à Andlau  : le nez est engageant et complexe malgré une certaine retenue, on y perçoit d’agréables notes de beurre frais et de vanille, la bouche est concentrée et très tendue (2g de SR) avec une longue finale légèrement tannique.
Une puissance rare et une race incroyable…quel grand vin !

Riesling G.C. Rangen-Clos Saint Urbain – Domaine Zind-Humbrecht à Turckheim  : le nez est discret mais très complexe, il s’ouvre sur des notes de pierre à fusil, de silex avant de révéler une palette bien fruitée (abricot mûr et citron), la bouche est puissante avec une acidité immédiate, un fruit qui s’affirme progressivement et une finale exceptionnelle de densité et de longueur.
Une salinité puissante, une présence tannique très particulière et une longueur en bouche phénoménale… un Rangen d’anthologie.
4g de SR – 6,3g d’acide tartrique.

Pinot Gris G.C. Muenchberg – Domaine A. Ostertag à Epfig : le nez s’ouvre sur des notes d’élevage (boisé, toasté, fumé), de belles notes florales se manifestent après aération, la bouche possède est très ample avec du gras, un léger moelleux et un puissant soutien acide, la finale est très longue.
Ce pinot gris visiblement travaillé à la « bourguignonne » est évidemment trop jeune pour se livrer pleinement, mais sa matière dense et bien équilibrée lui permettra d’affronter sereinement la future décennie… l’oenophile patient aura le plaisir de déboucher une très grande bouteille dans quelques années.

Pinot Gris G.C. Hengst – Domaine Josmeyer à Kaysersberg : le nez est pur et frais sur les fruits faunes mûrs avec un léger fumé, en bouche, le vin se révèle profond, gras, légèrement moelleux et très salin, la persistance aromatique est étonnante de longueur et de finesse.
Un pinot gris séduisant, extrêmement tentant, mais tellement loin de son optimum gustatif… encore un vin qui va nous faire vivre le dilemme freudien entre principe de plaisir et principe de réalité !


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Pinot Gris G.C. Sommerberg-Les Terrasses – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr : le nez est pur et profond avec un fruité très discret, l’équilibre en bouche est moelleux mais très digeste, la finale est longue et bien fraîche.
On sue sang et eau sur les fameuses terrasses du Sommerberg (je peux en témoigner…depuis cet été) mais lorsqu’on se retrouve face à ce liquide d’or et de miel on se dit que parfois le jeu en vaut la chandelle.
L’équilibre de ce pinot gris est très intéressant : il s’offre avec simplicité et générosité tout en laissant une impression de potentiel en devenir…
12° - 50g de SR – 8,26g d’acide tartrique

G.C. Altenberg de Bergheim – Domaine Deiss à Bergheim : le nez est intense mais un peu confus, des arômes d’agrumes confits et d’épices côtoient quelques notes liégeuses, la bouche est moelleuse, puissante avec une finale bien longue mais qui manque de pureté.
La matière est concentrée mais le profil aromatique manque de netteté…dommage !
Peut-être un souci au niveau du bouchage ???

Gewurztraminer G.C. Mambourg-Quintessence de Grains Nobles – Domaine Weinbach-Faller à Kaysersberg : le nez est intense et expressif sur la mangue et le raisin sec, l’équilibre en bouche est liquoreux, le toucher est gras, la palette est très pure et la persistance aromatique est interminable…
Un gewurztraminer évidemment magnifique… ceci dit, avec ce type de vin on rentre dans un univers que j’avoue ne plus comprendre : à 180.- la demi-bouteille, je me demande pourquoi et pour qui ce gewurztraminer est fait ? Boisson ou produit spéculatif, cette question me laisse un petit goût amer en fin de bouche…


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Coincé entre deux grandes années, 2008 s’impose comme un millésime tout à fait digne d’intégrer cette trilogie exceptionnelle en Alsace : ces vins magnifiques sélectionnés par Thierry constituent de superbes exemples de réussites proches de la perfection.
Je crois pouvoir dire que cette session de dégustation restera gravée dans la mémoire des quelques chanceux qui auront participé à cette Masterclass.

Bien évidemment il est difficile de choisir un vin dans cette prestigieuse série mais si on se prend à raisonner en terme de rapport Q/P le Riesling Kessler de Dirler à un peu mois de 20 euros et le Pinot Gris Terrasses de Claude Weinzorn à un peu plus de 20 euros, s’imposent tout naturellement…à encaver sans hésiter, pour tout de suite ou pour la prochaine décennie.

Mille mercis à Thierry de nous avoir offert ce moment d’exception.

 

PS. Désolé pour la piètre qualité des prises de vue, tout à fait indignes du niveau de ces bouteilles... mais les fêtes de fin d'année approchent,  peut-être que le Père Noël trouvera un appareil photo plus performant à mettre dans sa hotte.

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 15:06



Pour oublier la grisaille de ce 1° mai, rien de tel qu’une visite au Château de Kientzheim, siège de la célèbre Confrérie Saint Etienne, où les producteurs bios alsaciens se sont donné rendez-vous pour un week-end d’échanges et de dégustations.


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Le château de Kietzheim


C’est en compagnie d’Eric, membre éminent du club AOC, que je découvre la salle du chapitre de cette prestigieuse assemblée vinique ainsi que les salons de l’étage supérieur, transformés pour l’occasion en espace de dégustation.

 

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Une chapelle où les adorateurs de Bacchus peuvent se recueillir

 


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Dans le salon avec les premiers visiteurs du matin.

 

Pour cette septième édition plus d’une centaine de crus bio (103 pour être précis) sont proposés aux visiteurs. Les vignerons sont sur place et se relaient aux différentes tables pour servir les vins et, le cas échéant, en expliquer leur conception.
Nous avons pu goûter une bonne trentaine de références parmi lesquelles nous avons repéré certaines cuvées particulièrement réussies :

Pinot noir Bollenberg 2007 – Valentin Zusslin à Orschwihr
Un nez pur et séduisant de fruits rouges mûrs, une bouche avec un beau volume, une mâche agréable et une finale longue et fraîche.
Un rouge bio et nature (pas de filtration et pas de soufre) qui procure un énorme plaisir. Hélas le prix un peu élevé à mon sens (23 euros au domaine) peut faire réfléchir et c’est vraiment dommage !

Riesling Genèse 2009 – Clos des 2 Lunes à Wettolsheim

Le nez est pur et avenant avec de belles notes de fruits blancs, la bouche est remarquable d’élégance, il y a une rondeur sympathique (5,4g de SR), une acidité longue et une belle salinité finale.
Avec ce riesling d’une présence surprenante, ce domaine que nous ne connaissions pas (c’est le nouveau nom du domaine Buecher et fils de Wettolsheim) a marqué les esprits. Si en plus on sait que cette cuvée est encore en cours d’élevage (ce 2009 a été mis en bouteille pour l’occasion)… ça promet ! Certifié en biodynamie pour 2010, ce nouveau domaine mérite qu’on suive son évolution…

Sylvaner Brandstatt 2007 – Domaine Otter et fils à Hattstatt

Le nez est complexe et fin sur les fruits blancs et le tilleul, la bouche est charpentée avec du gras, une acidité mûre et des notes salines et finement poivrées en finale.
Un exemple parfait pour convaincre les sylvano-sceptiques que ce cépage possède les ressources pour faire un grand vin.

Riesling Sussenberg 2007 – Domaine Bechtold à Dahlenheim
Le nez est pur avec  des notes florales très printanières et de belles nuances minérales, la bouche est droite sans tension excessive et la finale possède une salinité puissante.
Un vin de pierre jeune avec une matière riche (6g de SR) mais un équilibre sec gourmand et digeste.

Riesling Grand Cru Kanzlerberg 2004 – S. Spielmann à Bergheim
Un nez puissamment minéral et légèrement fumé, pur et très profond, la bouche est charpentée, volumineuse avec une finale longue, saline et marquée par de fines notes d’herbes aromatiques (origan).
Une présence magnifique, que les mots ne peuvent décrire que de façon imparfaite hélas...le plus beau vin de la journée sans hésitation !

Riesling Grand Cru Hengst 2008 – Domaine Josmeyer à Wintzenheim
Riesling Grand Cru Kessler 2008 – Domaine Dirler-Cade à Bergholtz

Le nez est discret, austère et pierreux, la bouche possède une matière imposante mais équilibrée et une acidité fine très profonde, la finale est très longue.
Ces deux grosses pointures se ressemblent et tiennent parfaitement leur rang malgré leur jeunesse…un investissement sans risque pour des vins très prometteurs.

Muscat Grand Cru Steinert 2008 V.T. – J.P. Frick à Pfaffenheim
Le nez est subtil, floral et très complexe, la tenue en bouche est exemplaire, c’est frais acidulé et terriblement gourmand.
Le dernier vin de cette longue dégustation, un Steinert pour me rappeler ma récente visite à Pfaffenheim, J.P. Frick pour voir comment ce vigneron un peu atypique travaille son muscat sur un Grand Cru… au bout du compte une très belle surprise !

 

 

 

En début d’après-midi les organisateurs avaient programmé une dégustation commentée de vins bios par les vignerons qui ont assuré leur conception. C’est ainsi que nous avons eu le plaisir de regoûter le riesling Kanzlerberg 2004 de Sylvie Spielmann, le pinot noir Bollenberg 2007 du domaine Zusslin et le riesling Kessler 2008 de Dirler.

Pour compléter ce petit tour d’horizon de la production de vins bios nous avons également dégusté :


- le riesling Pfersigberg 2008 du domaine Kuentz-Bas : né sur un terroir argilo-calcaire ce vin à l’olfaction pure, au fruité discret, est tendu par une belle acidité.


- le riesling Kirchberg de Barr 2007 du domaine Kleinknecht à Mittelbergheim : plus ouvert et plus épanoui que le précédent, ce Grand Cru présente une matière encore un peu sauvage mais l’équilibre est beau et le potentiel évident.


- le crémant Nature 2007 du domaine Binner à Ammerschwihr : issu d’une vieille vigne d’auxerrois située près du Schlossberg ce crémant possède un nez frais et fin sur les fruits blancs et la noisette, une bouche avec une bulle fine et une très belle vinosité.


- le riesling Muenchberg 2007 du domaine Meyer à Nothalten : cette bouteille qui avait déboussolé l’assemblée de l’Oenothèque Alsace, se goûte très bien aujourd’hui. Un nez juteux d’agrumes bien mûrs, une bouche souple, large qui pose progressivement sa structure acide et minérale et qui laisse une belle impression saline en finale.


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Patrick Meyer qui nous livre les clés pour comprendre ses vins…


- le pinot blanc de noir 2009 du domaine Frick à Pfaffenheim : ce vin initialement prévu pour faire du crémant a fait des siennes lors de la fermentation et a conduit Jean Pierre Frick à opter pour une vinification en vin tranquille. Les résultat final est original et agréable avec d’élégantes notes de fraise au nez et une bouche puissamment vineuse et délicatement fruitée.


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Pierre Frick, toujours aussi militant et engagé…

 

 

Pour conclure :

- en premier lieu tirons un grand coup de chapeau à l’organisation : le nombre de vins présentés, la disponibilité des vignerons sur place et la qualité des conférences proposées (des contraintes d’emploi de temps familial ne m’ont pas permis d’assister aux interventions de J.M. PELT, qu’on ne présente plus, et de R. ILTIS le sommelier de la Verte Vallée à Munster) valent plus que largement le déplacement.
- l’ensemble des vins dégustés a révélé un niveau de qualité tout à fait satisfaisant avec quelques perles dont j’ai parlé plus haut et d’autres cuvées, moins éclatantes pour l’instant, mais souvent très jeunes (2007-2008-2009 pour la majorité des vins présentés).
- les vins bio et nature sont des actes militants qui interpellent le dégustateur conditionné dans ses références gustatives par certains équilibres standard propres à chaque région. En ce qui me concerne, je suis parfois dérouté face à certaines cuvées et j’ai besoin de clés pour les comprendre : l’approche sensorielle seule est insuffisante, une démarche intellectuelle est nécessaire, mais est-on toujours disposé à réfléchir lorsqu’on recherche le plaisir ?
- ceci dit, les vignerons qui défendent ces pratiques font l’objet de nombreuses critiques que personnellement j’ai beaucoup de mal à accepter. A mon sens, ce sont pour la plupart d’entre eux, des hommes et des femmes qui pensent leurs pratiques dans une optique de développement durable et qui ont de réelles convictions écologiques. N’oublions pas qu’ils prennent surement des risques à produire des vins qui sortent des canons traditionnels : ils sont plus difficiles à faire et moins consensuels au goût…quel intérêt ?
En tous cas, ils sont dans un courant de pensée qui va dans un sens positif (mais non, je ne fais pas de politique) et je suis heureux de constater que ces « agitateurs empêcheurs de polluer en rond » entraînent dans leur sillage de plus en plus de vignerons de notre région. Merci à tous

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 09:39


Sortie dominicale avec Stéphane pour une rencontre-dégustation avec Philippe Pacalet, organisée par les cavistes de Terres à Vins à Strasbourg.

Commentaires sur les vins dégustés :

·    Gevrey Chambertin 2007 : le nez est pur et gourmand sur les fruits rouges et les épices, la bouche est dotée d’une structure équilibrée avec des tanins ronds, une acidité fine et une finale puissamment minérale.
Un vin très jeune, qui se goûte remarquablement bien mais qui possède un caractère bien trempé prêt à défier le temps.
TRES BIEN

·    Gevrey Chambertin 2005 : après une attaque sur des notes de torréfaction, le nez s’affine et se complexifie en révélant des arômes floraux et réglissés. La bouche est ample et onctueuse avec un profil un peu viril qui peut encore s’affiner. La réglisse et le poivre gris accompagnent une finale bien longue.
Un gros potentiel qui doit encore être attendu.
TRES BIEN

·    Gevrey Chambertin 2001 : un premier nez sur de fugaces notes végétales (betterave) laisse rapidement la place à une palette subtile avec de délicats arômes floraux (violette) et des évocations de bois de réglisse. La bouche est fraîche et longiligne avec une finale un peu sèche.
Des arômes suaves et complexes mais une structure au palais assez austère, à la limite du déséquilibre.
BIEN

·    Pommard 1°Cru 2007 : le nez est agréable et évolutif avec des notes toastées suivies par des évocations de fruits rouges et une nuance un peu terreuse. La bouche est volumineuse et virile avec beaucoup de gras et une trame tannique mûre et serrée. La finale est longue et épicée.
Un vin complet avec un avenir plein de belles promesses.
TRES BIEN+

·    Meursault 2007 : le nez est net mais discret avec des notes de poire fraîche qui se révèlent progressivement dans le verre. La bouche est puissante et riche, le gras et la tension acide sont en harmonie, la finale est longue et discrètement boisée.
Une belle expression de chardonnay, une matière imposante qui demandera un peu de temps pour révéler tout son potentiel.
TRES BIEN-

Quelques remarques pour conclure :
-    Ce fut une dégustation de très bon niveau avec des cuvées pleines d’énergie vinifiées avec une grande précision.
Une preuve éclatante que le respect de la nature et la recherche de la pureté dans l’élaboration de vins, permettent de réaliser des produits d’un très haut niveau qualitatif.
-    Ce fut une rencontre intéressante avec un vigneron sympathique, ardent défenseur d’une conception naturelle du vin. Son discours intéressant, pédagogique et argumenté avec de solides connaissances scientifiques nous a permis de passer un moment riche et formateur.

-    Le seul bémol - et il est de taille - ce sont les prix… dont je n’ai eu connaissance qu’après la dégustation… OUCHHH !
Je dois avouer que je n’aurais sûrement pas évalué les vins de la même manière si j’avais eu connaissance des tarifs avant…
Du coup je comprends mieux la parcimonie du service et le peu de longueur de la « verticale » de Gevrey…

Un Meursault dont le prix atteint pratiquement celui d’un Bienvenues-Bâtard-Montrachet de chez Carillon…j’espère que cela ne va pas donner des idées à mon fournisseur attitré sur cette appellation !

Un Gevrey villages au prix d’un Clos de Vougeot de chez Castagnier… des 1°Crus qui flirtent avec les 100 euros…

Pour moi le charme est rompu M. Pacalet !
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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 15:43


Ayant un peu de temps à tuer avant l’ouverture des portes pour les concerts d’Anaïs et de Tryo, je me suis laissé aller à faire un petit tour dans la halle au vin de cette traditionnelle Foire de Colmar.
J’ai été agréablement surpris par la disponibilité et la sympathie des vignerons de permanence sur les différents stands : quand je leur ai expliqué que j’avais l’intention de déguster…et de cracher, ils m’ont spontanément proposé un verre INAO et un tarif spécial en rapport avec les doses versées. Bravo et merci !

Evidemment, en tant que rieslingomane assumé, mes choix se sont portés prioritairement sur ce cépage.
Désolé, mais il y avait vraiment beaucoup de références proposées et l’expérience m’a maintes fois montré que ma capacité d’analyse, déjà réduite par nature hélas, se rapprochait dangereusement du néant après une quinzaine d’échantillons…

·    Sylvaner Vieilles vignes 2007 – Dirler-Cade à Bergholtz
 : un nez surprenant présentant des notes végétales particulières (navet…) mais une bouche bien structurée avec une belle ampleur et une finale longue
Passé le nez un peu bizarre (jeunesse ?) ce sylvaner semble promis à un bel avenir.
BIEN

·    Riesling Réserve 2007 – J.B. Adam à Ammerschwihr : une palette végétale et légèrement citronnée, une bouche fraîche et légère dotée d’une acidité fine et avec une finale un peu courte.
Riesling franc et bien typé mais sur le registre de la légèreté.
BIEN

·    Riesling Le Kottabe 2007 – Josmeyer à Wintzenheim : un nez pur et discret avec des notes d’écorce d’agrumes, une bouche assez austère sur des notes de pomelo, avec une belle amertume sur une finale de longueur moyenne.
Techniquement bien fait mais manquant un peu de charme à mon goût.
BIEN

·    Riesling Réserve 2007 – Trimbach à Ribeauvillé : un fruit d’une grande pureté (ananas frais et citron), la tenue en bouche est exemplaire, un vin sec et droit avec un fruit présent (pamplemousse et citron) et une finale longue.
Peut-être une sorte de mètre-étalon pour ce cépage…tout est là, rien ne dépasse !
TRES BIEN

·    Riesling GC Schoenenbourg 2007 – Dopf et Irion à Riquewihr : un nez flatteur marqué par les fruits exotiques, une matière très mûre et dense, la finale est épicée et légèrement fumée.
Un séducteur affirmé, un équilibre sur l’opulence plus que sur la profondeur.
BIEN +

·    Riesling GC Geisberg 2007 – R. Faller à Ribeauvillé : un nez élégant et pur avec des notes de miel et de délicates évocations végétales (houblon), une bouche dotée d’une belle matière avec une acidité mure et longue.
Un riesling avec un beau potentiel même si on peut déjà se faire plaisir aujourd’hui.
TRES BIEN

·    Riesling GC Praelatenberg 2007 – Engel Frères à Orschwiller : puissant avec une palette empyreumatique assez surprenante (fumé, café grillé) suivie par des notes florales un peu plus classiques, en bouche la matière est ample et équilibrée entre gras et acidité longue et mûre.
Un nez atypique à l’ouverture…mais, au bout du compte, un beau riesling qui mérite quand même d’être un peu attendu.
TRES BIEN -

·    Riesling GC Kirchberg de Barr 2007 – Hering à Barr : un nez frais, pur et précis sur un registre résolument minéral, la bouche dotée d’une belle fraîcheur laisse apparaître de délicates notes fruitées (citron frais et pamplemousse).
Un très beau riesling tout en élégance et en retenue…j’aime !
TRES BIEN

·    Riesling GC Wineck-Schlossberg 2007 – P. Spannagel à Katzenthal : un nez élégant et très aérien avec un fruité bien expressif, une bouche ample, soutenue par une acidité profonde, bien mûre et quelques SR qui mériteraient une petite garde pour se fondre davantage.
Un riesling un peu solaire qui possède de belles perspectives d’évolution.
BIEN+
·    Riesling Steinacker 2006 – Louis Sipp à Ribeauvillé : un nez discret et pur avec un fruité délicat, une bouche avec une belle ampleur et une finale épicée et minérale.
Un an de garde et les premières notes de terroir qui se manifestent…un riesling classique et sérieux.
BIEN +

·    Riesling Lerchenberg 2005 – J.P. et J.F. Becker à Zellenberg : un nez discret qui manque un peu de netteté, une bouche intéressante sur un équilibre sec avec des notes un peu iodées et une finale assez longue.
Je suis un peu passé à côté de ce vin qui a obtenu une des meilleures notes à la dégustation du Sigille des vins d’Alsace. Je suis également passé à côté d’une bonne occasion de me taire lorsque j’ai dit à la vigneronne qui me servait que je n’aimais pas trop ce vin. En fait il s’agissait de Mme Becker en personne…boulette!
Décidément, je ne progresse vraiment pas en tant que dégustateur…et pourtant je m’entraîne !

BIEN -

·    Riesling Les Ecaillers 2004 – L. Beyer à Eguisheim : un nez très discret avec quelques notes florales et miellées, un bouche très austère, tendue par une acidité très virulente et une finale assez courte.
Peut-être un riesling pour de vrai puristes du cépage…mais en tous cas beaucoup trop rigoureux pour moi !
BIEN -

·    Riesling Cuvée Frédéric Emile 2004 – Trimbach à Ribeauvillé : après une première bouteille un peu « liégeuse » (comme quoi ça arrive même aux meilleurs…), la deuxième bouteille offre un nez pur, aérien sur un registre floral et une bouche structurée par une acidité fine, longue avec une finale où apparaissent quelques discrètes notes d’agrumes.
Très belle structure, d’un classicisme absolu…mais encore sur la réserve.
BIEN +

·    Riesling Les Pierrets 2003 – Josmeyer à Wintzenheim : un nez complexe et séduisant où on décèle des notes florales, miellées et légèrement camphrées, une bouche ample avec une acidité mûre et une puissante minéralité. La persistance aromatique est très longue.
Moi qui suis en général peu sensible à l’esthétique particulière des vins de ce domaine, je suis tombé sous le charme… Effet millésime où évolution de mon goût personnel ? En tous cas le meilleur vin de la série pour moi (il faut préciser que ce vin n’a pas été goûté en fin de série…j’ai refait le classement par la suite en tenant compte des cépages et des millésimes).
TRES BIEN +

·    Muscat GC Froehn 2007 – J.P. et J.F. Becker à Zellenberg : un nez flatteur et typique de raisin frais et de fleur de sureau, une bouche savoureuse avec une matière opulente (quelques SR) mais bien équilibrée par une pointe minérale bien nette. La finale est longue.
Un pur ottonel plein de gourmandise mais qui mériterait encore quelques années de garde… Je me suis réconcilié avec Mme Becker OUF !
TRES BIEN

Pour terminer et pour accompagner mon encas du soir avant le concert, je me suis offert 3 pointures 2007…Bon là, j’ai avalé, histoire de se mettre dans l’ambiance…

·    Riesling GC Sommerberg 2007 – J. Boxler à Niedermorschwihr : le nez est pur, précis et très aérien avec des notes de citronnelle et des nuances pierreuses, la bouche est harmonieusement équilibrée avec du gras et une acidité pointue et longue. La finale fraîche possède une belle allonge.
Beaucoup de classe et de retenue, un riesling de granit dans une expression bien aboutie et doté d’un beau potentiel sans conteste.
TRES BIEN +

·    Riesling GC Zinnkoepflé 2007 – L. Boesch à Westhalten : un nez expressif avec une palette complexe où on peut déceler de notes grillées (caramel, tabac) fruités (agrumes mûrs) et anisées, la bouche est puissante mais équilibrée avec une belle tension acide et un salinité vigoureuse qui contrebalancent une matière très riche. La finale est très longue.
Un terroir calcaro-gréseux nous livre ce vin opulent, un rien démonstratif, mais terriblement charmeur. Gageons que le temps saura transformer en distinction ce qui peut passer pour du tape-à-l’œil aujourd’hui.
TRES BIEN

·    Riesling GC Rangen Clos Saint Théobald - Schiste 2007 – Schoffit à Colmar : le nez est bien fermé et il faut une longue oxygénation pour déceler quelques notes fruitées et légèrement torréfiées, en bouche le cépage a déjà disparu derrière la puissance du terroir…la matière est imposante, la minéralité est superlative et la finale très longue laisse apparaître quelques nuances épicées, qui m’accompagneront d’ailleurs jusqu’à l’entrée de l’amphithéâtre…
Un grand vin dans sa prime jeunesse…quelle fougue !
TRES BIEN +

Quelques remarques pour conclure :
-    une belle après midi de dégustation clôturée par 2 superbes concerts… finalement, c’est pas si mal cette Foire aux Vins de Colmar !
-    les conditions pour goûter du vin ne sont certes pas idéales (debout dans le bruit…avec des odeurs de cuisine vers le soir…) mais je tiens néanmoins à souligner la gentillesse et la disponibilité des vignerons qui officient dans les différents stands…Un grand merci à eux !
-    quelques coups de cœur :
- les 3 « pointures » qui ont vraiment tenu leur rang.
- en 2007 : coup de chapeau pour le riesling réserve de Trimbach et le Kirchberg de Hering
- le riesling Pierrets de Josmeyer : arrivé à maturité…c’est très bon !
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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 09:11
Le 11 novembre, Claude Moritz a pris pour habitude de convier sa clientèle alsacienne à une dégustation verticale de riesling, issu de l’un des 3 terroirs classés Grand Cru à Andlau.
La dégustation verticale permet de suivre l'évolution d'un vin en le goûtant sur  plusieurs millésimes. C'est un exercice particulièrement intéressant et formateur qui permet de mieux comprendre un terroir et les vins qui y naissent.

En 2006 c'était  le Moenchberg qui était mis à l'honneur.

Avant de passer aux choses sérieuses, le maître de maison nous a parlé de ce fameux "Coteau des Moines"en nous expliquant son sous-sol marno-calcaire et son exposition sud sud-est, qui procure un ensoleillement maximal aux différentes parcelles de ce Grand Cru.

Les vins sont servis dans l’ordre des millésimes en allant du plus jeune (2005) au plus vieux (1996) et sont commentés par M. Moritz, M. Lobre (œnologue) et M. Gouello (Sommelier).


2005 : Alcool 12°4 – Sucre résiduel 0,4g – Acidité 4,5
Robe : jaune pâle brillante.
Nez : discret mais belle finesse, arômes floraux, nuances de bergamote et d’anis, notes balsamiques, cire.
Bouche : une belle structure et un équilibre très sec.
Ce vin, mis en bouteilles en septembre 2006, est en train de se construire et se goûte quand même assez difficilement à l’heure actuelle.

2004 : Alcool 13°1 – Sucre résiduel 5,7g – Acidité 5,4
Robe : nuance or pâle, brillante.
Nez : fin et complexe avec des notes florales immédiates suivies par des arômes de miel, de tilleul et de mirabelle.
Bouche : un toucher de bouche soyeux, des notes miellées, laisse une impression de franchise.
Ce vin semble un peu fermé mais possède un beau potentiel de garde.

2003 : Alcool 13° – Sucre résiduel 1,5g – Acidité 3,9
Robe : jaune pâle.
Nez : puissant, très riche en arômes, fleurs blanches, tilleul, foin coupé, vanille et quelques notes épicées.
Bouche : très complexe, un peu atypique mais bel équilibre, notes originales de raisin sec et de noisette.
Ce vin sec reste une exception dans ce millésime son équilibre acide a été préservé par des vendanges exceptionnellement précoces (les rieslings ont été vendangés avant les pinots gris et avant les gewurtztraminer). Très beau potentiel de garde.

2002 : Alcool 12°5 – Sucre résiduel 3g – Acidité 5,2
Robe : jaune soutenu.
Nez : fin et complexe, notes d’agrumes, de fenouil, de mirabelle.
Bouche : beaucoup d’élégance, avec une attaque souple, une acidité bien franche et une finale très longue, où on retrouve des notes de tilleul.

2001 : Alcool 12°4 – Sucre résiduel 5,3g – Acidité 4,2
Robe : jaune doré soutenu.
Nez : belle intensité, beaucoup de finesse et de fraîcheur, notes de raisin confit, de miel et de tilleul.
Bouche : beaucoup d’harmonie et d’équilibre avec une acidité d’une grande finesse.
Ce vin se goûte très bien à l’heure actuelle mais possède un beau potentiel de garde. A noter, une réelle originalité pour la région : ce vin a fait une fermentation malo-lactique.

2000 : Alcool 12°7 – Sucre résiduel 1,7g – Acidité 4,9
Robe : jaune soutenu.
Nez : intense et fin, notes balsamiques, anisées et citronnées.
Bouche : une attaque souple, une acidité bien longue et une finale sur des arômes d’agrumes.
Ce vin, moins massif que les 2 précédents, aurait mérité une décantation pour s’exprimer davantage.

1999 : Alcool 12°2 – Sucre résiduel 3,4g – Acidité 3,6
Robe : jaune clair.
Nez : belle intensité et grande finesse avec des arômes originaux de caramel et de fumé complétés par des notes épicées et anisées.
Bouche : fraîche, épicée, élégante et une finale bien longue.

1998 : Alcool 12°1 – Sucre résiduel 2,2g – Acidité 4,7
Robe : jaune or.
Nez : subtil avec des notes de cuir, de vanille, de coing et une belle minéralité.
Bouche : racée avec une belle fraîcheur acide et des notes de gingembre et de pétrole.
Comme le 2002, ce vin a fait une fermentation malo-lactique.

1997 : Alcool 12°1 – Sucre résiduel 2,2g – Acidité 4,7
Robe : jaune assez soutenu.
Nez : franc avec notes de cuir, de cire, d’herbes aromatiques et une touche vanillée.
Bouche : une attaque souple et une belle structure avec une acidité très fine. Semble avoir atteint sa pleine maturité.

1996 : Alcool 12°2
Robe : jaune très soutenu.
Nez : intense de caramel, de miel et de guimauve avec des notes légèrement toastées.
Bouche : un toucher de bouche soyeux, notes de citronnelle, bien équilibré et belle longueur.
Ce vin avait été légèrement désacidifié.

Pour finir en beauté une petite attention « hors sujet »

Riesling GC VT Kastelberg1998
 : Sucre résiduel 18,1g
Robe : jaune franc.
Nez : puissant, notes de miel, d’aneth, de nèfle et de pâte de fruits.
Bouche : une très belle structure, des arômes exubérants  et un équilibre basé sur la fraîcheur.
Un moelleux tout en élégance pour répondre à un foie gras avec grâce et légèreté.


En 2008 c’est le Kastelberg…l’un de mes terroirs préférés en Alsace, quelle aubaine !

Claude Moritz nous propose une petite introduction théorique sur ce Grand Cru si particulier. Le Kastelberg (de l’alsacien "Kaschte" qui peut se traduire par "terrasse") est le seul terroir G.C. exclusivement schisteux. Il se situe au bout d’une grande faille schisteuse qui a son origine au fin fond du val de Villé, à Steige, c’est pour cela que l’on évoque souvent les schistes de Steige pour caractériser la géologie de ce terroir. Ces schistes sont de très vieilles roches, dures et denses, dotées d’un remarquable pouvoir réfractaire. La vigne doit chercher très profondément son approvisionnement en eau mais bénéficie de la chaleur emmagasinée dans le sol.

Les vins sont servis dans l’ordre des millésimes en allant du plus jeune (2007) au plus vieux (1981) et sont commentés par M. Moritz, M. Lobre (œnologue) et M. Gouello (Sommelier).

2007 : un peu fermé au nez, avec de délicates notes florales, balsamiques et anisées. La bouche est pure et concentrée avec une belle acidité tout en longueur. Prometteur !
TRES BIEN


2006 : expressif et complexe au nez avec des fruits mûrs et un peu de fenouil. La bouche se situe sur un registre plus opulent avec une sensation presque tannique en finale.
BIEN+


2005 : un nez d’une grande puissance avec des notes d’agrumes et de pralin doux. La bouche est ample mais élégante avec une acidité très verticale et une finale longue où on retrouve quelques notes caramélisées. Un grand vin !
TRES BIEN+

2004 : un nez intense et complexe avec des notes de fruits jaunes, d’herbes aromatiques (romarin), d’épices. La bouche vive et légèrement fumée se présente de façon un peu austère en ce moment. A attendre un peu encore.
BIEN

2003 : un nez explosif de bonbon acidulé, citron confit, menthe poivrée et quelques notes grillées. Une bouche puissante et soyeuse avec d’étranges arômes un peu chocolatés. La finale est presque tannique. Un vin mahousse costaud…qui manque un peu de fraîcheur à mon goût, mais bon, c’est 2003 !
BIEN+

2002 : un nez élégant avec des notes de pain grillé, d’agrumes confits et de résine. Une bouche avec un bel équilibre entre le gras et une tension acide très verticale. Un vin puissant et mûr avec peut-être un début d’oxydation, mais c’est très bon.
TRES BIEN

2001 : un nez pur et complexe avec des fruits jaunes, des épices et un soupçon de menthe. La bouche est superbe : gras et tension s’équilibrent parfaitement, les arômes de citron confit et de vanille s’épanouissent et la finale est longue et suave avec de surprenantes notes de caramel au beurre salé. Magique…
TRES BIEN+

2000 : puissamment balsamique au nez (résine, eucalyptus, ambre) avec une bouche dotée d’une solide minéralité et une finale délicatement saline. Un vin intéressant et fin qui aura un peu souffert de la comparaison avec son prédécesseur.
BIEN+

1999 : un nez frais et toujours des notes balsamiques (résine, camphre) et d’herbes aromatiques (romarin). La bouche est équilibrée, la minéralité est perceptible mais l’ensemble manque un peu de profondeur.
BIEN

1998 : un nez intense avec des épices (poivre blanc), des agrumes et une touche légèrement vanillée. La bouche est élégante avec un bel équilibre et des notes de citronnelle et de vanille. La finale est un peu courte.
 BIEN+

1997 : nez fin et subtil toujours sur ce registre balsamique (menthe, cire, pin) complété par un léger fumé. La bouche présente des notes de sous-bois mais l’ensemble est un peu sec et la finale est courte. Peut-être sur le déclin ?
BIEN-

1996 : un nez évolué mais plaisant marqué par des notes de sous-bois, de truffe blanche et d’eucalyptus. La bouche est bien équilibrée, l’impression reste soyeuse malgré une belle trame acide. Les arômes de miel et les notes balsamiques s’épanouissent. La finale est de longueur moyenne. Belle maturité et grande classe !
TRES BIEN

1995 : fruité, camphre et fumée composent une gamme aromatique subtile. La bouche est marquée par de surprenantes notes d’ananas frais et de vanille. Un vin gras, bien structuré et long, la pleine maturité !
TRES BIEN

1985 : un nez puissant de chlorophylle et d’épices. Une bouche ample avec une belle longueur et une sensation tannique en finale.
BIEN+

1981 : un profil aromatique complexe : mie de pain, camphre et épices. La bouche présente un bel équilibre et du gras et la finale est longue et épicée.
 BIEN+

Pour conclure, quelques remarques :
-    cette superbe dégustation sur plus de 2 décennies nous a montré que le Kastelberg est sans conteste un des grands terroirs alsaciens
-    les marqueurs aromatiques de ce terroir sont très méridionaux (eucalyptus, herbes aromatiques, résine…)…effets conjugués de l’exposition sud/sud-est et des effets thermiques des schistes … ?
-    mes coups de cœur : le 2001 et le 2005 sublimes… mais aussi le 2007 pour sa pureté et son potentiel, sans oublier les 1995, 1985 ou 1981 pour l’émotion…
-    les vins de Claude Moritz sont très réussis et techniquement secs sur un terroir où d’autres grands vignerons (comme Wach ou Kreydenweiss) produisent de superbes bouteilles riches en S.R…l’Alsace est une terre de diversité et de tolérance. Plutôt que de vous chamailler sur le net venez goûter, vous ne le regretterez pas…


Un grand merci à Claude Moritz pour ces belles initiatives
.
Pour finir sachez que les prix restent très sages :
5,20 euros pour le muscat, 10 à 12 euros pour les Grands Crus et autour de 20 euros pour les VT.

@+

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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