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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 09:29




Face au succès grandissant de l’opération « Pique-nique chez le vigneron » du lundi de Pentecôte, certains domaines viticoles ont pris l’habitude d’organiser durant l’année une deuxième rencontre conviviale sur le même principe.
Jean Marie Bechtold a choisi de convier ses clients pour un second pique-nique au domaine en mi-septembre avec au programme : repas-barbecue, dégustation de vins et promenade dans les vignes pour goûter des raisins à quelques jours des vendanges.



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Les amis du domaine Bechtold sont au rendez-vous…

 

 

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Les braises de sarments de vignes sont presque prêtes…

 

 

Pour l’apéritif et pour accompagner le repas, les 25 cuvées du domaine sont proposées à la dégustation… on ne fait pas les choses à moitié chez les Bechtold !


 

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Jean-Marie Bechtold au service…

 

 

L’offre était on ne peut plus alléchante mais l’absence de crachoirs et la perspective de se remettre en selle dans quelques heures pour pédaler durant près de 3O KM jusqu’à Strasbourg m’a quand même encouragé à une certaine prudence…
J’ai donc opté pour une attitude de sage continence dans les choix des vins dégustés :

Muscat Obere Hund 2009 : le nez est pur et raffiné sur le raisin frais et la fleur de sureau, la bouche est généreuse avec beaucoup de gras et une belle trame acidulée, la finale est fraîche et délicatement parfumée (bergamote).
Flatteur avec une richesse sensible et un registre aromatique bien ouvert ce muscat est néanmoins très bien équilibré et d’une grande buvabilité... un beau vin !

Pinot noir Obere Hund 2009 : les fruits rouges croquent au nez comme en bouche, la structure est équilibrée avec beaucoup de souplesse et une belle fraîcheur, la finale est longue et aromatique.
Une récolte bien mûre égrappée aux 2/3 élevée sans pigeages dans des contenants en chêne de tailles différentes (barriques, foudres et ½ muids) a livré un splendide pinot noir épanoui et bien structuré.
Jean Marie Bechtold a pour ambition avouée de réaliser de grands vins rouges sur les terroirs de la Couronne d’Or : avec cette cuvée 2009 sur l’Obere Hund et la future cuvée sur sa nouvelle parcelle du Steinklotz voisin, on peut estimer qu’il est près de toucher au but…


Le buffet de desserts conçu par Mme Bechtold était de toute beauté et nous a permis d’apprécier la belle tenue des cuvées moelleuses du domaine sur des mets sucrés comme la ganache au chocolat, le tiramisu ou les tartes aux fruits…MIAMMMM !


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La belle gamme de douceurs du domaine Bechtold.



Riesling Sussenberg VT 2007 : le nez est pur et délicat avec de beaux arômes de fruits mûrs et d’épices, la bouche sapide et équilibrée est marquée par les agrumes confits, la finale set longue et délicatement épicée.
Un riesling de terroir qui assume sa richesse (54 g de SR) grâce à la puissante minéralité de ce lieu dit qui prolonge l’Engelberg vers l’ouest.

Gewurztraminer GC Engelberg 2008 : le nez allie franchise et délicatesse sur un registre floral et épicé, la bouche est charnue et gourmande, la trame acide est solide et la finale épicée et légèrement mentholée est d’une longueur considérable.
Un gewurztraminer dont la noble origine se manifeste à travers une structure ample et profonde en bouche… ce vin est loin d’avoir dit son dernier mot !

Muscat Obere Hund VT 2007 : le nez est précis mais surprenant de discrétion, la bouche est ronde, opulente avec une acidité bien large qui assure un équilibre tonique à l’ensemble.
Plus secret que le muscat 2009, goûté précédemment, ce vin est encore bien jeune pour s’exprimer pleinement…Patience !

Pour se remettre de nos joyeuses libations, Jean-Marie Bechtold nous emmène pour un petit circuit pédestre dans ses parcelles de vigne, histoire de nous expliquer in-situ ses pratiques viticoles et de nous permettre d’évaluer l’état de maturité des raisins en dégustant quelques baies.


 
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Promenade sur le Silberberg
 

 

En conversion bio depuis 2007, Jean-Marie Bechtold fera son premier millésime certifié AB en 2010.

 

 
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Leçon de viticulture dans une parcelle de gewurztraminer sur le Silberberg

 

 

Les vignes sont belles, le sol est bien meuble, les charges sont très modérées et les raisins ont l’air très sain. En dégustant les baies on sent une belle présence sucrée sur le gewurztraminer (entre 10 et 11 potentiels sur le réfractomètre) et une acidité tranchante sur les rieslings.
Commentaires de Jean-Marie Bechtold :
« Pour les gewurztraminers, la sucrosité est intéressante mais on est encore loin de la maturité physiologique : les peaux sont encore trop épaisses et les pépins sont verts »
« Pour les rieslings il va falloir se montrer patient pour obtenir un niveau de maturité satisfaisant pourvu que la météo tienne… »

 

 
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Une parcelle de riesling qui domine le village de Wolxheim
 

 

Notre circuit nous conduit sur les pentes abruptes de l’Obere Hund, où notre vigneron nous présente ses fameuses parcelles de muscat et de pinot noir.
« un terroir difficile à travailler mais très favorable à ces 2 cépages ».

 


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Un pied de muscat sur l’Obere Hund


 
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Un pied de pinot noir sur l’Obere Hund


Le retour au village nous fait passer par les terrasses du Sussenberg avant de traverser le Grand Cru Engelberg où Jean-Marie Bechtold nous explique sa conception du travail du sol dans ses vignes : une terre vivante et un écosystème diversifié et riche.

 

 
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Une parcelle de riesling du domaine Bechtold sur le Sussenberg.

 

 

Jean-Marie Bechtold est un vigneron comme je les apprécie particulièrement : cultivé, généreux, authentique et avec une réelle conscience écologique.
Sa viticulture est en cohérence avec son éthique et ses vins sont purs et fidèles à leur terroir : les Engelberg s’expriment avec une élégance discrète, les Sussenberg affichent un niveau digne d’un Grand Cru et sur l’Obere Hund naissent des muscats d’une gourmandise absolue et des pinots noirs rivalisant avec les plus grands rouges de la région.

Merci de nous avoir fait passer ce bon dimanche.


 
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Sur le Silberberg : vue sur Strasbourg et sa cathédrale (au loin)…et dire qu’il va falloir pédaler jusque là-bas !

 

 

 

Vous voulez en savoir plus sur le domaine, rendez-vous ICI

 

L'Obere Hund vous intéresse, rendez-vous ICI

 


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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 15:00

SEANCE DE REBOUCHAGE DE VIEUX FLACONS AU CHÂTEAU DE KIENTZHEIM

 

En cette fin de vacances les évènements s’enchaînent, les notes s’accumulent et je ne sais plus par quel bout commencer pour vous relater toutes ces expériences vécues autour de notre thématique favorite au cours de ces derniers jours. Avec 2 jours mémorables en Bourgogne, le repas « hommage au homard » et cette séance de rebouchage au Château de Kientzheim, le tout dans la même semaine…il y a de quoi se sentir un peu DEBORDE !
Mais bon, j’aime bien garder une trace écrite de tous ces beaux moments, histoire de prolonger un peu mon plaisir tout en le partageant avec vous.

 

Suite à l’invitation de Thierry Meyer je me retrouve donc en compagnie d’une dizaine d’amateurs de vins dans la cave du Château de Kientzheim pour une séance de rebouchage de vieux flacons de vins d’Alsace.


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L’entrée du «Saint des Saints » de la noble Confrérie alsacienne.


Ces bouteilles qui proviennent de l’ancienne réserve de la Confrérie Saint Etienne à Hunawihr doivent être préparées pour qu’elles puissant trouver leur place dans la magnifique oenothèque du Château de Kientzheim.


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Vue partielle de la superbe oenothèque où dorment plus d’une centaine de millésimes
 

 

Ce matin nous avons affaire à une série de vins issus des millésimes 1961, 1962 et 1963.
Sous la houlette de Martin (le major du Conseil des Jeunes de la Confrérie Saint Etienne) et de Thierry, l’équipe de volontaires s’organise pour assurer cette délicate opération avec un maximum de soin et d’efficacité.


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Le dispositif est en place…
 

 

Ces vénérables flacons passent par toute une série d’étapes destinées à leur garantir quelques années de longévité supplémentaires et à les rendre présentables pour intégrer les rayons de l’œnothèque :

1. Nettoyage des bouteilles et récupération des étiquettes (s’il y en a encore !)


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L’état des bouteilles ne laisse aucun doute sur leur âge…
 

 

2. Débouchage : là c’est du grand art pour experts de la vrille, du bilame ou de l’extracteur…

 

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Stéphane qui évalue le problème et Alain qui essaie de trouver une solution…



3. Dégustation : concentration absolue pour constater l’état de conservation du vin et parfois même pour identifier le cépage lorsqu’il n’y plus d’étiquette lisible.


4. Remise à niveau du vin dans la bouteille : le plus souvent c’est une bouteille de la même série qui sera sacrifiée pour cette opération.


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Martin, un Major qui remet à niveau…
 

 

5. Sulfitage léger et rebouchage.

6. Conditionnement des bouteilles : chacune dans un sachet micro-perforé avec une nouvelle étiquette si besoin.


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Les dames au conditionnement des flacons rebouchés.

 

7. Rangement : une dernière étape pour insérer ces nouveaux venus dans la prestigieuse collection de l’oenothèque de la Confrérie Saint Etienne.


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Replacés dans leur casiers les bouteilles rebouchées attendent de trouver une place sur les rayonnages.

 

Cette chaîne a fonctionné durant plus de deux heures pour traiter une bonne centaine de bouteilles. Le débouchage est certainement l'opération la plus difficile et la plus chronophage : les lièges de près de 50 ans se montrent souvent capricieux.
Pour la dégustation, c’est plus ludique…un peu comme une loterie : des liquides complètement imbuvables succèdent à des vins superbes parfaitement conservés. Certains demandent un examen très approfondi pour évaluer leur niveau et requièrent parfois l’expertise de Thierry ou de Martin pour valider une décision.

La matinée se termine dans la décontraction et la bonne humeur autour d’une table garnie d’un buffet alsacien et avec quelques échantillons prélevés dans cette fabuleuse réserve.

C’est avec plaisir et émotion que j’ai pénétré pour la première fois dans ce somptueux conservatoire du vin d’Alsace et que j’ai pu tremper mes lèvres dans des cuvées qui avaient pratiquement mon âge…eh oui !
Ceci dit, lorsqu’on essaie de déguster de façon objective, on ne peut s’empêcher de penser que ces vénérables flacons devaient être bien meilleurs dans leur jeunesse, mais bon, il y a quand même une forme de magie qui se dégage de certains de ces vins quinquagénaires. La série de rieslings et de gewurztraminers 1961 du domaine Beyer et certaines cuvées du domaine Jux (aujourd’hui absorbé par Wolfberger) auront marqué les palais par l’insolence de leur jeunesse et le raffinement de leurs palettes aromatiques.
Encore une fois, merci à Thierry Meyer de continuer à nous faire partager ces beaux moments autour du vin d’Alsace.

 

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La collection Mequillet avec des flacons datant du XIX° siècle.

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 11:29



Suite à la journée de palissage sur le Sommerberg , me voici de retour au domaine de l’Oriel pour participer à une opération de mise en bouteilles. L’été est bien installé sur la région et l’unité d’embouteillage a été installée dans la ruelle entre la maison parentale et celle de la famille de Claude Weinzorn.



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L’unité mobile de mise en bouteilles est en place.



Pour cette ultime phase de la conception d’un vin Claude a fait appel à son prestataire habituel, à son équipe de saisonniers et à quelques amis : 2 jours durant les précieuses cuvées du domaine seront transvasées dans leurs contenants définitifs.


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Le défilé des bouteilles commence


Au programme de la demi-journée : le pinot gris Grand Cru Sommerberg Terrasses, le gewurztraminer Cuvée Claire, le pinot noir Rosé et le pinot noir Tradition.
C’est toujours émouvant de voir les heures de travail dans les vignes et dans la cave se concrétiser par une belle série de bouteilles qui se présente en rangs cliquetants au bout de la chaîne avant d’être empilées dans les palettes.


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Le travail terminé, les palettes attendent leur transfert vers les locaux de stockage…

 

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… avec des noms qui font rêver…


Ce fut une nouvelle expérience pratique dans le monde du vin avec un travail certes moins harassant que dans la vigne (le palissage) mais le rythme de l’unité d’embouteillage avec des bouteilles qui arrivent sans discontinuer pendant des heures peut déjà surprendre le néophyte…sans parler de la crainte de laisser tomber une poignée de flacons de Grand Cru ou de VT !


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Vue sur le Sommerberg avec la parcelle récemment palissée sur le versant à gauche.


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L’oriel qui donne son nom au domaine, magnifique sur fond de ciel bleu

 



Une fois de plus, merci à Sandrine et à Claude pour leur accueil
.

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 17:02



Chargé par une collègue de trouver un bon crémant pour arroser une petite réception de fin d’année scolaire, j’ai immédiatement pensé à la Cuvée Tradition du domaine Lissner : le rapport Q/P de cette bouteille est extra, Wolxheim n’est qu’à 20 minutes de Strasbourg et la rencontre avec Bruno Schloegel et ses vins ne se refuse jamais.

 

Il y a des jours où j’aime me montrer serviable… !

C’est Marianne Lissner, toute en discrétion et retenue, qui m’accueille en m’annonçant que Bruno était parti en promenade sur les terroirs de Wolxheim avec des visiteurs œnophiles suédois, mais qu’il ne tarderait pas à rentrer.
Au bout de quelques minutes le groupe arrive, petits échanges sympathiques en allemand (fastoche für mich) et en anglais (plus dur for me) et fin de leçon de vin d’Alsace par Bruno qui s’éclate visiblement dans ce rôle de pédagogue polyglotte pour amateurs scandinaves…

Après le départ de ces visiteurs du grand nord, nous nous installons autour du traditionnel Stammtisch pour goûter quelques vins choisis parmi la trentaine de références actuellement proposées sur la carte du domaine Lissner :

Sylvaner Dionysiuskapelle 2008
 : le nez est marqué par les fruits blancs (poire) et un epointe de miel, la bouche est d’une fraîcheur réjouissante avec des arômes de groseille blanche et un bel équilibre.
Né sur des parcelles au bas de l’Altenberg de Wolxheim, près de la fameuse chapelle Saint Denis, ce sylvaner est pur et gourmand appelle la convivialité et les libations festives.

Sylvaner Dionysiuskapelle
2009
 : le profil aromatique est proche du 2008 mais la structure est plus mûre et plus riche, la bouche possède un joli gras et la pointe d’acidité en finale est agréablement salivante.
Le millésime s’impose dans cette cuvée en cours d’élevage mais le terroir (alluvions sur calcaire) laisse une empreinte déjà perceptible… prometteur !

Sylvaner Horn 2009 : le nez de raisin frais écrasé est encore très proche du cépage, la bouche est équilibrée malgré des S.R. présents, la belle salinité apporte beaucoup d’élégance à la finale.
Cette cuvée très riche issue d’une parcelle située tout en haut du Grand Cru (derrière la statue du Sacré Cœur) est encore en cours d’élevage : la matière est généreuse, déjà séduisante mais encore beaucoup trop jeune pour se livrer pleinement.

Pinot gris 2009 
: le nez est fin avec un fruit discret et quelques notes fumées, la bouche est équilibrée avec une richesse perceptible (peu de S.R. mais beaucoup de glycérol), la finale légèrement tannique laisse une belle impression de densité.
Une olfaction encore un peu réservée, une présence en bouche charnue et gourmande… un pinot gris bien balancé qui doit encore s’ouvrir un peu.

Riesling Grand Cru Altenberg de Wolxheim 2008
 : le nez est discret et très pur, le raisin frais est encore perceptible mais le citron et les épices commencent à se manifester, la bouche possède une structure magnifique, solide, équilibrée, très verticale avec une acidité vibrante, profonde et très longue.
Evidemment trop jeune pour pouvoir donner toute la mesure de son potentiel mais ce riesling complexe à la structure cristalline deviendra très grand.

Riesling Grand Cru Altenberg de Wolxheim 2005
 : le nez est ouvert et complexe sur les agrumes mûrs et les herbes aromatiques, la bouche se pose agréablement avec une rondeur épanouie tendue par une acidité bien droite, la finale est puissamment saline.
Un vin goûté il y a peu avec le club AOC et assez moyennement apprécié à cette occasion. Je l’ai dit à Bruno Schloegel (quoiqu’on en dise, les vignerons apprécient aussi certaines critiques négatives…), il m’a donc proposé de redéguster cette référence (qui n’est plus au tarif depuis longtemps) pour voir… Rien à redire, c’est très bon !

Gewurztraminer Grand Cru Altenberg de Wolxheim 2008
 : le nez est flatteur, exotique et délicatement poivré, la bouche est riche, généreuse, dense, la finale est longue mais très fraîche.
Un vin encore bien jeune qui laisse une belle impression de moelleux sans lourdeur. A mettre en cave pour la prochaine décennie.

Pinot Noir Tradition 2009 
: les fruits rouges croquants explosent au nez (cerise, bigarreau), la matière est assez dense, l’équilibre reste frais et la trame tannique est fine et soyeuse.
Une première cuvée d’excellente facture, un bel exemple représentatif de ce millésime qui fera date au niveau des pinots noirs alsaciens.

Pinot Noir 2009 : le nez est plus discret, encore très fermé, la bouche offre un profil plus avenant avec un fruité bien claquant (cerise noire), une matière mûre et une belle finale épicée.
Un pinot noir plein de sève dont la texture marque la montée qualitative même si le profil olfactif reste encore très réservé.

Pinot Noir Barriques 2009 
: le nez est fermé, marqué par des notes fermentaires, la bouche est bien mieux en place avec un grain soyeux, une structure juteuse, beaucoup de gras et une finale ample, bien épicée.
Ce vin est vraiment en début de carrière mais la matière est concentrée et riche… Un pinot noir charnu qui va demander un peu de patience pour livrer la pleine expression de son potentiel.


Pour conclure :

- Comme je l’ai déjà dit plus haut, c’est toujours avec grand plaisir que je vais à la rencontre de Bruno Schloegel et de ses vins. L’homme est cultivé, féru de géologie, de botanique, de musique… défenseur d’une viticulture propre et adepte des techniques de vinifications les plus naturelles possible. Il a un réel sens de la communication et une profonde envie de partager sa passion et ses connaissances avec les œnophiles de passage à son domaine.

- Bruno Schloegel travaille ses vignes organiquement depuis 2002 et a demandé la reconversion officielle à la viticulture biologique en 2007. Hormis le SO2 dont les doses sont sévèrement limitées, il refuse tout intrant durant les vinifications : ni sucres, ni levures, pas d’acidification ou de désacidification, pas de collage…

- Les vins du domaine Lissner sont droits, précis et fidèles interprètes de leurs terroirs respectifs. Ils jouent moins sur le registre de l’exubérance que sur celui de la finesse et de l’équilibre et constituent en général d’excellents compagnons de table.

Encore une adresse incontournable à quelques kilomètres de Strasbourg…est-il encore possible d’hésiter !


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L’Altenberg de Wolxheim au printemps avec la statue du Sacré-Cœur en haut et la Dyonisiuskapelle en bas.

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 17:32

 

 

Grâce aux disponibilités laissées par mon service d’enseignement un peu réduit du mois de juin, j’ai pu honorer la promesse faite à mon ami Claude Weinzorn du domaine de l’Oriel, de lui prêter main forte dès que mon emploi du temps me le permettra. C’est donc par un petit matin pluvieux que je me retrouve en compagnie du grand Claude et d’une poignée de saisonniers pour une journée de palissage sur le mythique Sommerberg.


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Niedermorschwihr vue du Sommerberg : on ne s’en lasse pas…


Le palissage est une opération destinée à aider les rameaux de la vigne à pousser vers le haut tout en répartissant au mieux sa masse foliaire. Pour plus de détails je vous renvoie à la leçon filmée de Florian enema sur le site de mon ami Eric.


 

 

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Un rang de vigne avant le palissage…

 

 

 

 

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Un rang de vigne après le palissage.


Dans cette parcelle de pinots gris en terrasses cette opération fut extrêmement compliquée. Avec une végétation prolifique grâce aux récentes pluies, des pieds de pinot gris qui ont une propension à pousser partout et n’importe comment le tout situé sur le coteau du Sommerberg dont la pente est vraiment vertigineuse par endroits, nous avions réuni des conditions idéales pour une belle journée de galère… et je ne parle même pas de la pluie du matin (les photos, c’était l’après-midi…).


 

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Une végétation un peu sauvage…

 



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…mais agréablement colorée…

 
 

 

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… et cette pente qui n’a rien à envier au célébrissime Rangen.



Près de 7 heures de travail à 7 pour une parcelle de 80 ares… « une bonne journée ! » dira Claude « car pour une vigne normale on compte 1 homme pour 3 hectares, sur le Sommerberg, il faut 1 homme pour 1 hectare ».


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Claude qui repasse dans les rangs pour attacher séparément les petits rameaux… à moins de 30 hl/ha de rendement on ne peut pas se permettre de gâcher !

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Les jeunes pousses de pinot gris à petits grains
 

 

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La journée n’est pas finie pour tout le monde… entre les rangs bien palissés, Claude prépare déjà la journée de travail du lendemain. Dur métier !

 

 

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Au dessus des terrasses, les jeunes rieslings de la parcelle Z.

 

 

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Un dernier coup d’œil sur la pente du Sommerberg.

 

 

De retour dans le caveau du domaine de l’Oriel, Claude Weinzorn nous offre un petit tour d’horizon sur quelques cuvées 2009 :
- un muscat croquant et très rond
- un pinot noir rosé d’un charme fou, une véritable infusion de fruits rouges
- le pinot gris Terrasses, charnu, savoureux, dense.
- le gewurztraminer Cuvée Claire plein de fruit et de générosité.


Un petit moment de convivialité et de bonheur gustatif pour se convaincre que les efforts consentis par les vignerons ne sont pas toujours vains... Respect !


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Le pinot gris G.C. Sommerberg Les Terrasses 2008 : un vin magnifique d’équilibre et de richesse, une bouteille qui va défier le temps… comme quoi le travail paye…parfois !

 

Merci à Claude et à Sandrine pour leur accueil et leur générosité et rendez-vous dans quelques jours pour une journée de mise en bouteilles.

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 11:20

 

Comme chaque année le week-end de Pentecôte est consacré à l’opération pique-nique chez le vigneron, qui voit de nombreux domaines viticoles ouvrir leurs portes et inviter leur clientèle à partager un grand moment de convivialité et d’échange sur le thème du vin d’Alsace.
Cette manifestation constitue une occasion rêvée pour approfondir ses connaissances sur le vin d’Alsace, pour apprendre à mieux connaitre un vigneron ou pour rencontrer des gens qui partagent votre passion.

Depuis de nombreuses années, la famille Schmitt propose une version personnelle de ce pique-nique : leurs clients sont conviés le dimanche ou le lundi pour partager un repas crée par de grands chefs locaux autour de quelques vins issus de la production de ce domaine.

Inutile de préciser que c’est toujours un grand plaisir de faire partie de ces quelques 300 privilégiés qui pourront se délecter des audaces gastronomiques et des associations mets-vins proposées lors de ce beau voyage gourmand.


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Les convives du dimanche de Pentecôte sous les tonnelles dans la cour intérieure du domaine Roland Schmitt



Riesling Ostenberg Vendange Tardive 2007
Le nez est très mûr mais bien complexe avec une touche fruitée exotique (mangue) et des notes fleuries, l’attaque en bouche est marquée par une acidité vive et immédiate qui s’enrobe peu à peu d’une rondeur confortable, le fruit bien présent réjouit le palais jusqu’en finale. La persistance est très longue.
Récolté sur une parcelle nouvellement acquise sur un coteau pentu du village voisin de Westhoffen, ce beau riesling possède une matière riche, équilibrée et pleine de belles promesses.
Ce vin a été servi avec des lamelles de Parmesan pour un accord osé mais réussi qui nous rappelle les origines napolitaines de notre hôtesse.

 

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Julien Schmitt au service



Muscat Glintzberg 2009

Le nez est fin, complexe avec des nuances florales très subtiles, la bouche est très élégante, l’équilibre est sec et bien frais, la finale est longue avec un marquage minéral bien perceptible.
Le Glintzberg est un coteau contigu au grand cru Altenberg de Bergbieten et partage avec ce dernier cette propension à marquer fortement les vins par une grande salinité. Ce muscat, ottonel à 95%, n’a pas échappé à cette influence : le cépage se manifeste au nez mais la bouche laisse parler le terroir.
L’accord avec une terrine d’asperges et poireaux a été un peu moins réussi : le poireau et les quelques lames de poivron de cette terrine évoluaient dans un registre gustatif difficilement compatible avec la finesse de ce muscat (dommage car avec les asperges seules, c’est top !).


Riesling GC. Altenberg de Bergbieten 2008
Le nez est discret mais d’une pureté cristalline, on y décèle des notes de citron, de zeste et d’herbes aromatiques, la bouche est solidement charpentée avec une trame acide large et profonde, de beaux arômes d’agrumes (pamplemousse) et une finale longue et saline.
Un très beau riesling regoûté avec grand plaisir, une minéralité vibrante et un accord classique mais parfait avec le carpaccio de Saint Jacques sur sa mousseline aux deux pommes.

Riesling Glintzberg 2009
Le nez ouvert et très gourmand livre des notes de fruits mûrs et de craie humide, la bouche est riche avec du croquant et une minéralité profonde.
Un riesling jeune mais avec un caractère vraiment festif qui tient la dragée haute à un plat aussi riche en goût que cette verrine d’empereur à la gelée de safran et aux pointes d’asperge.
Effet millésime mais surement aussi qualité du terroir, ce riesling n’a eu aucune difficulté à s’affirmer après un grand cru.



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        Bruno Schmitt au service


Sylvaner Grand A du petit Léon 2009
Le nez est puissant, très riche et très complexe avec un fruité mûr et une minéralité affirmée (silex, fumée…), la bouche est solidement charpentée, l’acidité est contenue mais la salinité puissante soutient la structure. La longue finale laisse une impression légèrement tannique.
C’est le monde à l’envers ! Après le grand cru, le riesling de terroir, voilà qu’on nous propose un sylvaner… !
Il fallait oser, mais ce vin a une personnalité un peu hors normes : le millésime a généré une richesse peu commune (15° et 6 g de SR) et le terroir de l’Altenberg parle avec toute sa verve minérale.
Il fallait bien ça pour répondre à cette gelée de queues d’écrevisses, poitrine de pigeon et foie gras de canard. Un festival de saveurs !


Gewurztraminer GC. Engelberg 2008
Le nez est pur et un peu mystérieux, tout en retenue, la bouche se livre davantage avec de beaux arômes de poivre blanc et de gingembre, la structure est élégante avec une matière ronde et une acidité très verticale. La finale est longue et bien épicée.
Un gewurztraminer très féminin qui offre de nombreuses possibilités d’accords gastronomiques : les arômes complexes de ces rouleaux de printemps aux radis blancs et de la petite gelée de canard aux épices ont résonné joliment avec la personnalité de ce vin.

Gewurztraminer GC. Altenlberg de Bergbieten - Les Jardins d’Aurélien 2008

Le nez est franc, immédiat mais très concentré, des fruits jaunes mûrs et des épices envahissantes (clou de girofle, baies roses, muscade…), l’équilibre en bouche est opulent avec un fruité bien net et une puissante salinité qui prend le dessus en finale pour laisser une belle impression de fraîcheur.
Comme le dirait Julien « avec l’Engelberg nous sommes en présence d’un vin vertical, ici c’est une sensation très horizontale qui domine ». En tous cas, voilà un duo de vins pour faire douter ceux qui pensent qu’avec les gewurztraminers le cépage domine le terroir…
Le profil aromatique de ce vin appelle le dessert aux fruits : le pâtissier J.P. Oppé l’a bien compris en y associant un sablé breton aux abricots cuits, ananas et fraises… avec la pointe de sel dans le fond sablé l’accord a été grandiose.




Pour conclure :

- En premier lieu, il faut remercier la famille Schmitt pour l’organisation de ce déjeuner-dégustation, qui a pleinement tenu ses promesses en nous offrant la possibilité de savourer leurs vins avec des plats conçus spécialement pour l’occasion par des chefs-cuisiniers, amis de la maison et fidèles à ce rendez-vous depuis de longues années. Bravo !

- Une fois de plus nous avons pu vérifier que les vins d’Alsace étaient d’excellents compagnons de table : leurs multiples possibilités d’accords gastronomiques constituent de véritables appels à la créativité pour tout amoureux de bonne chère.

- Comme je l’ai déjà relevé lors de mes précédentes visites (pour mon travail sur l’Altenberg de Bergbieten notamment), les vins du domaine Schmitt se caractérisent par une grande homogénéité qualitative et nous offrent une expression très marquée de leurs terroirs.

- Pour les coups de cœur… difficile de choisir entre ces 7 vins tellement bien mis en valeur !
Je me contenterai donc de relever la belle réussite des 2 nouvelles cuvées : le riesling VT Ostenberg 2007, riche, gourmand, équilibré et le gewurztraminer GC Engelberg 2008, élégant, racé, épicé…

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 10:05



Cette quatrième édition du week-end caves ouvertes baptisée « Hinter ‘m Kallerladel » a drainé un public nombreux dans les pittoresques ruelles de Mittelbergheim, malgré un temps frais et humide, somme toute assez classique en ce début de printemps alsacien.

(NB vous trouverez le commentaire sur l'édition 2009 ICI )

 

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Dimanche 28 mars à Mittelbergheim : la pluie n’a pas dissuadé les nombreux visiteurs.

 

Comme chaque année les vignerons ont ouvert leurs caves aux oenophiles tout en permettant certains artistes locaux de profiter de leurs espaces professionnels pour des concerts ou des expositions dans un contexte original.
Un concept et surtout une ambiance qui m’ont très vite fait oublier la tristesse de la météo de ce dimanche…



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Ma première étape : la maison Gilg.


Après un parcours dans le dédale chargé d’histoire de la grande cave de ce domaine, où on pouvait admirer plusieurs expositions de peinture ainsi que quelques démonstrations d’artisanat local, me voilà de retour en surface dans le beau caveau de dégustation où Jean-Pierre Gilg et ses collaborateurs proposent aux visiteurs de découvrir ses vins. Face à la richesse de la carte (plus de 20 références) je décide sagement de limiter ma dégustation aux sylvaners :


Sylvaner Mittelbergheim 2008 : le nez est flatteur, très floral, la bouche est ronde, plaisante et bien équilibrée.
Un vin de soif, simple mais séduisant et joliment typé avec un rapport Q/P extra (4,40 euros)

Sylvaner Mittelbergheim-Vieilles Vignes 2009 : le nez est plus retenu sur de délicats arômes de fruits blancs (poire), le milieu de bouche est encore un peu fuyant, mais la matière est riche et bien équilibrée et la finale légèrement citronnée possède une belle fraîcheur.
Un sylvaner avec de très beaux arguments mais ce vin doit encore se poser un peu pour trouver son harmonie.

Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2007
 : le nez est discret sur le citron mûr, les fruits blancs et même quelques épices, l’attaque en bouche est douce, la matière est assez ronde (11g de SR) mais la salinité s’impose peu à peu pour soutenir l’ensemble jusqu’en finale.
Reconnu par un célèbre Guide qui distribue des étoiles (non pas Michelin…) ce sylvaner n’en reste pas moins un très beau vin de terroir et de gastronomie… le tout pour moins de 10 euros, que demander de plus ?

Sylvaner Grand Cru Zotzenberg-Cuvée Prestige 2008 : le nez est complexe, mûr et bien expressif avec des notes d’abricot frais et de subtiles nuances épicées, la bouche se caractérise par une attaque très douce et une structure volumineuse et riche (plus de 30g de SR) qui met un peu de temps pour se mettre en place, la finales est longue et aromatique.
Une matière très mûre qui possède tous les éléments pour construire un très bel équilibre… ce sylvaner a un bel avenir devant lui.

 



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A quelques pas de la maison Gilg, le domaine Rieffel accueille ses visiteurs

 

Dans la cour du domaine Rieffel, sous le « Schopf », quelques lève-tard du dimanche dégustent une tarte flambée, d’autres se promènent dans les caves pour une visite des lieux. C’est en compagnie de Julien Schmitt (domaine R. Schmitt à Bergbieten dont vous entendrez parler incessamment…) que je me retrouve dans la « Stub » de la maison Rieffel, où Lucas et sa mère s’occupent des amateurs venus découvrir leurs vins. Là aussi la gamme de vins proposés est conséquente et la nécessaire prudence du dégustateur amateur exige un choix :

Sylvaner de Mitelbergheim 2008 : le nez est aérien sur un registre finement fleuri, la bouche est droite et marquée par un belle minéralité.
Principalement issu de jeunes vignes sur le Zotzenberg, ce sylvaner pur et frais possède déjà de très beaux accents de terroir.

Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2008
 : le nez est délicat, les arômes de fleurs blanches séduisent par leur grande finesse, la bouche est grasse et saline avec une belle tension et une finale marquée par une délicat amertume.
Un grand sylvaner sec et profondément minéral.

Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2007 : le nez est riche sur des fruits blancs mûrs, la bouche est opulente, ample et bien équilibrée grâce à une puissante salinité qui répond aux quelques SR inévitables sur ce millésime.
Un sylvaner gourmand qui, d’après Lucas Rieffel « ne correspond pas au style recherché » mais qui possède néanmoins un pouvoir de séduction incontestable.

Riesling Grand Cru Zotzenberg 2008 
: le nez est intense et pur sur les fruits frais (groseille blanche), la bouche est ample, droite, tendue et saline, la groseille est toujours bien présente et il faut attendre la finale pour sentir poindre quelques notes d’agrumes (pamplemousse).
Le profil aromatique est encore un peu monolithique mais la structure de ce vin est remarquable… un très grand riesling en devenir !

Pinot Noir Runz 2008 
: après quelques notes fugaces de réduction, l’olfaction nous offre d’intenses arômes fruités (cerise, framboise) et épicés, la bouche est parfaitement équilibrée, les tanins sont soyeux, on ressent une belle impression de volume et la persistance aromatique est d’une longueur peu commune.
Ce terroir qui se trouve au bas du Zotzenberg a engendré un pinot noir de haut vol qui possède le charme fougueux de la jeunesse et une structure promettant un très bel avenir. Tout ce qu’on doit attendre d’un très grand vin !

 


A quelques enjambées, plus bas dans la rue, se trouve l’entrée du domaine Rietsch, une maison qu’on ne présente plus mais où, comme chaque fois, les surprises ne manquent pas : les artistes sont au rendez-vous, les nouvelles cuvées imaginées par Jean-Pierre également.

 

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Un domaine qu’on ne présente plus, comme dernière étape de cette après-midi.

 


 

Murmure – Muscat 2009 Nature : le nez est délicat avec des notes lactées et florales, la bouche est souple, avenante avec un profil aromatique plus typique du cépage (fleur de sureau), la finale est large et relâchée.
Un muscat « nature » né d’une fermentation spontanée avec levures indigènes et mis en bouteilles sans filtration ni sulfitage, qui déroute un peu au nez mais qui se révèle d’une grande gourmandise en bouche.

Klevener de Heiligenstein 2008 : le fruité est léger et agréable avec quelques nuances lactées, la bouche possède une acidité pointue et très profonde, du gras qui donne une belle onctuosité à l’ensemble, la finale est longue et minérale.
Du savagnin rose élevé sur lies totales pendant 13 mois et mis en bouteilles sans filtration, qui se cherche encore un peu au nez mais dont la présence en bouche signe la race d’un très beau vin.

Riesling Stein 2008 : le nez est discret et complexe avec un fruité d’une grande pureté accompagné par quelques évocations florales et crayeuses, l’équilibre est sec, le gras et l’acidité mûre et profonde se répondent joliment, la finale ample révèle les notes pierreuses bien typiques de ce terroir calcaire.
Elevé en foudre sur lies totales pendant 13 mois et mis en bouteilles sans filtration, ce riesling est une grande réussite : il est certes moins exubérant que sur les précédents millésimes mais la race du Stein apparaît avec force.

Riesling Vieille Vigne Brandluft 2007
 : le nez est discret et élégant, noisette et fleurs blanches, la matière est généreuse, l’équilibre est souple mais la minéralité structure l’ensemble et soutient une finale très longue.
Des vieilles vignes sur un terroir exposé est, jouxtant le Wiebelsberg on livré un riesling d’une grande maturité, que Jean-Pierre a décidé d’élever en cuve durant 26 mois. Le vin surprend (une fois de plus) mais la qualité est au rendez-vous… encore un pari gagné !

Pinot Noir Vieilles Vignes 2008 : le nez est charmeur et profond avec beaucoup d’épices et une touche de cacao, la bouche est riche, les tanins sont serrés et la finale possède une belle fraîcheur agrémentée par de discrètes évocations boisées.
Un pinot noir généreux, surement encore jeune, mais plein de promesses.

Entre le classicisme traditionnel des vins de la maison Gilg, l’exigence et la précision des cuvées de Lucas Rieffel et le foisonnement créatif de Jean-Pierre Rietsch, l’amateur éclectique que je suis a une nouvelle fois été conquis. Encore une manifestation pleinement réussie dans ce magnifique village où les vignerons ne se contentent pas de faire d’excellents vins mais n’hésitent jamais à se transformer, l’espace d’un week-end, en parfaits promoteurs de la culture alsacienne.


Mille mercis pour ces moments délicieux.

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 14:11



La première étape de notre petit périple hivernal nous conduit à Dambach, au domaine Beck-Hartweg, où Florian et ses parents fêtent le passage de Saint Nicolas dans leur village, en ouvrant les portes de leur cave à tous les amateurs de bon vin et de bonne chère.
Les vins du domaine étaient proposés à la dégustation en compagnie d’autres spécialités fabriqués par des producteurs locaux partenaires de cette opération : miel, nougat, foie gras, terrines, rillettes, magrets et crus alsaciens… le bonheur quoi !
Bien évidement je n’ai pas résisté au plaisir de goûter ou regoûter quelques références de la carte :

Riesling 2008 
: un fruit pur et charmeur, une bouche avenante mais dotée d’une solide charpente… encore un 2008 qui rassure...

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Riesling G.C. Frankstein 2006
 
: redégusté par pure gourmandise (ou vice !!!) et apprécié pleinement pour sa salinité et son expression de terroir très prononcée (fruits blancs et résine).

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Auxerrois Vieilles Vignes 2007
 : une cuvée sélectionnée pleine d’énergie et de croquant, la bouche est charnue avec une finale légèrement fumée, assez proche d’un bon pinot gris.


Pinot noir F 2007 : le granit du Frankstein, marque profondément ce vin de garde, doté d’une matière mûre et riche.


Gewurztraminer Cuvée de l’Ours 2007 : un vin qui trouve peu à peu son équilibre, avec un moelleux qui s’intègre de mieux en mieux et un profil aromatique diablement séduisant.


Avant de reprendre la route, je ne résiste pas à l’envie de faire un petit tour dans la belle cave traditionnelle où les 2009 finissent leurs fermentations dans de vieux  foudres en bois…un joli moment de sérénité interrompu par le bruyant cortège musical du Saint Nicolas : fanfare et friandises à la volée, la fête est partout ce 6 décembre à Dambach !



Au domaine Rietsch, comme chaque année, Jean Pierre et son équipe accueillent les visiteurs en leur proposant des expositions temporaires d’artistes locaux ainsi qu’une rencontre gustative avec leurs vins.

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La cuverie du domaine transformée en galerie d’art pour l’occasion.

Certaines cuvées du millésime 2009 sont proposées à la dégustation pour nous permettre un premier aperçu sur ces vins en cours d’élaboration.
Comme un peu partout en Alsace le millésime 2009 n’a pas posé de problèmes majeurs, même si le choix des dates de vendange pour trouver les maturités optimales s’est avéré beaucoup plus complexe que prévu. Une fois de plus, il va falloir goûter pour se faire une réelle idée de la valeur réelle des différentes cuvées : le verdict des papilles sera indispensable … et c’est très bien ainsi !

La dégustation de vins nouveaux est un exercice intéressant et formateur quoique difficile.
Jean-Pierre n’utilise que des levures indigènes pour les fermentations, ce qui explique la diversité des niveaux d’évolution des différents échantillons : ici on laisse chaque cuvée vivre sa vie à son rythme.

Pinot noir classique (vendangé le 24 septembre, 56hl/ha, 12°7, 3g de SR, acidité 6,4 g/l) : malgré une malo en cours on décèle déjà une matière pure, gourmande avec des arômes bien nets de fruits rouges.

Pinot noir macération carbonique
(vendangé le 25 septembre, 56hl/ha, 13°, 1,3g de SR, acidité 5,4 g/l) : cette cuvée expérimentale avec une malo terminée possède un fruit profond, pur, encore un peu retenu avec des notes de cacao amer en bouche.

Muscat (vendangé le 16 septembre, 54hl/ha, 11°7, 1,3g de SR, acidité 4g/l) : la malo est faite sur ce vin qui possède une robe étonnamment claire, un nez complexe avec des notes de raisin frais et de fleurs et une bouche avec un bel équilibre sec. Jean-Pierre projette de mettre cette cuvée étonnante en bouteille sans filtration… un vin qui se sera fait presque tout seul en quelque sorte !

Riesling (vendangé le 7 et le 14 septembre, 72hl/ha, 13°potentiels) : la malo est faite et la matière est pure et très concentrée (malgré un rendement confortable) pour ce riesling prometteur.

Sylvaner Vieilles Vignes (vendangé le 2 octobre, 59hl/ha, 13°3 potentiels) ce vin encore en fermentation possède un charme réel avec de beaux arômes de fruits blancs et de vanille.

Pinot gris G.C. Zotzenberg
(vendangé le 1 octobre, 50hl/ha, 14°6 potentiels) : ce vin encore en fermentation a un profil aromatique net et discret avec une structure grasse et riche en bouche.

Gewurztraminer V.T. (vendangé le 30 octobre sur des parcelles de la Hardt, du Rotland et du Weinberg, 44hl/ha, 16°9 potentiels) : ce vin fermente encore mais la palette est déjà très belle et bien typée (rose, poivre blanc) et la bouche possède une suavité et un équilibre pleins de belles promesses.

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Une œuvre de M. DREA sur un foudre contenant des jus de 2009



La seconde étape nous fait passer directement à la dégustation de vieux millésimes avec quelques bouteilles sorties de la réserve personnelle du vigneron :

Riesling Brandluft 1999 (vendangé le 27/10/99 – 12°7 – SR 5,9g/l – acidité 7,2g/l) : un nez complexe d’herbes aromatiques et d’épices, une bouche ample avec une acidité large et une puissante salinité en finale.
Un terroir que je ne goûte pas trop bien jeune mais là, rien à jeter… je suis sous le charme !


Sylvaner Zotzenberg 1999 (vendangé le 15/11/99 – 13°4 – SR 9,3g/l – acidité 5,4g/l) : un nez exubérant de fleurs blanches et de tilleul, une bouche élégante avec une minéralité perceptible mais une trame acide un peu relâchée.
La richesse du terroir est évidente mais la structure manque un peu de nerf à mon goût… un vin plus Zotzenberg que sylvaner !


Pinot Noir L’âge de pierre 2003 (rendement 56 hl/ha – 13°6 – SR 3g/l – acidité 5,5g/l – élevé 12 mois en barriques) : un nez flatteur de fruits rouges mûrs, de massepain et de vanille, une bouche charnue, sphérique avec une finale longue et finement boisée.
2003 a produit 2 cuvées fameuses au domaine Rietsch, « Les quatre Eléments » et cette dernière, qui, après 6 ans de garde, s’est un peu assagie en domestiquant une matière puissante et un boisé un peu marqué pour s’offrir au dégustateur avec un équilibre plein d’élégance et de distinction.



La dernière étape se déroule dans le caveau du domaine où les 24 références en vente à l’heure actuelle sont proposées à la dégustation.

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Ambiance chaleureuse dans le caveau du domaine

La journée étant déjà bien avancée et mon carnet de notes déjà bien rempli… je vais être obligé de faire un tri sévère pour choisir les quelques vins que je pourrai encore apprécier pleinement (c’est là qu’on se rend compte que dégustateur professionnel est un vrai métier… !).

Pinot noir Vieilles Vignes 2008 : le nez s’ouvre sur des fruits rouges et quelques notes fumées, la bouche est suave et ronde avec une trame tannique mure et une fraîcheur avenante en finale.
Même sur un millésime un peu moins solaire le pinot noir du domaine séduit par sa palette gourmande et son équilibre tonique.


Sylvaner Vieilles Vignes 2008 : le nez est pur, discret, sur un registre floral très élégant, la bouche possède un beau gras et une longue finale minérale.
Alors que le G.C. engendre des vins plus mûrs, ce sylvaner issu de parcelles voisines du Zotzenberg, constitue une belle alternative plus tendue et plus droite sur ce cépage.


Riesling Sans doute 2008 : la palette aromatique est marquée par les fruits blancs mûrs, le vin tapisse bien la bouche, la texture possède un joli gras et la finale assez longue révèle quelques notes de coing.
Ce riesling élevé 11 mois sur lies et mis en bouteille sans filtration ni sulfitage est l’une des cuvées expérimentales du domaine… je le goûte moyennement aujourd’hui (manque de vivacité en bouche) mais d’après Jean-Pierre c’est un vin à déguster après un long passage en carafe ou sur plusieurs jours… une expérience à tenter, bien sûr !


Riesling Brandluft 2007
: un nez pur, délicat et aérien avec un profil séveux et épicé qui se dessine peu à peu en bouche et une finale d’une longueur étonnante.
Pas de doute, ce terroir produit des rieslings taillés pour la garde… le 1999 parfaitement épanoui et ce 2007 en train d’évoluer joliment sont là pour le montrer.


Pas Sage 2007 : un nez surprenant, d’une grande profondeur avec une palette complexe (fruits secs, épices, vanille…) et une bouche superbe avec de l’acidité et du gras en parfaite harmonie, des arômes de petits fruits rouges et une finale très longue, légèrement tannique et délicatement boisée.
Attention OVNI de très haut niveau… Ce pinot noir récolté en surmaturité (15°3 au compteur quand même !) et élevé durant 22 mois en milieu oxydatif est bluffant…
Jean-Pierre nous livre une cuvée hors norme, hors des canons alsaciens et un peu provocante peut-être… !
Absence de sagesse ou passage vers une forme de sagesse ultime…en tous cas moi je suis pleinement conquis par cette nouvelle création.

           
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Merci à ces 2 vignerons qui continuent de nous proposer des sorties dominicales intéressantes durant une période où le calendrier des manifestations locales est pollué par le fameux climat de Noël, prétexte à d’innombrables et inutiles « foires au vin chaud »…
Eh oui, je suis toujours aussi rabat-joie à cette époque de l’année, mais bon… joyeuses fêtes de fin d’année à tous !
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 10:51




Impossible de quitter Katzenthal sans emprunter la petite route col qui débouche entre le Florimont et le Sommerberg pour nous mener dans la vallée voisine où nous attend noter ami Claude Weinzorn au Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr (allez…je vous aide un peu : DITES « nidaire-morche-vire »).

De retour de Lyon où il a participé au Salon des Vignerons Indépendants, Claude est en train de nettoyer sa cave où les moûts de 2009 fermentent. Ses nouveau-nés tellement prometteurs font l’objet de toutes ses attentions. La nature a été plus que généreuse cette année…c’est presque un devoir pour un vigneron que de réussir de grands vins sur ce millésime !
Nous dégustons des pinots blancs vinifiés en barriques qui sont déjà très clairs avec une matière riche et un pinot noir dense et concentré, issu de raisins rentrés à plus de 14° naturels…des jus savoureux et de belles cuvées en devenir. Confiance !

Après ce premier contact avec 2009, nous nous rendons au « Bunker », une cave de stockage enterrée à flanc de coteau face au Sommerberg, à la recherche de quelques flacons pour se faire plaisir…
Pour moi, aucune hésitation : je veux voir comment va la fameuse cuvée « » dont la richesse et la pureté m’avaient bluffé en début d’année. Claude prélève aussi un flacon sur une petite pile de demi-bouteilles…le gewurztraminer « vin de glace » bien sûr…et nous voilà partis vers le caveau de dégustation


1. Riesling Cuvée Z 2008
 : un nez exubérant et complexe démarrant sur les fruits exotiques frais révèle progressivement de délicates notes florales, la bouche possède une acidité très longue qui tend une structure ample où les 20g de SR sont pratiquement imperceptibles, la finale est longue, saline et délicatement épicée (le poivre blanc qui marque les Sommerberg de Claude).
Une cuvée étonnante : une vigne de 3 ans sur la calotte sommitale du Sommerberg (pas d’appellation G.C. en raison de la jeunesse de la parcelle) a engendré un vin magique…La juste récompense d’un travail de forçat sur une parcelle où le granit règne en maître absolu.
Cette première vendange a produit des vins qui feront date !


 

La parcelle Z sur le Sommerberg


2. Riesling G.C. Sommerberg 2007
 : le nez discret allie le citron et les fruits exotiques (ananas frais), la bouche est volumineuse, puissante et pleine de saveurs fruitées, la finale est longue, minérale et délicatement poivrée.
Dans la lignée des 2004, 2005, 2006… une réussite majeure sur ce Grand Cru.

3. Riesling G.C. Brand 2007 : un nez plus expressif livre de beaux arômes de citronnelle et de verveine, la bouche est sphérique avec du gras, de la salinité et une belle finale bien fraîche.
Un registre aromatique plus épanoui mais une personnalité plus classique, on est loin de l’expressivité presque baroque du Sommerberg mais nous voilà en présence d’un riesling de granit archétypique.

4. Riesling G.C. Florimont 2007 : le nez est floral et aérien, la bouche est tendue avec une allonge citronnée et une belle finale sur des notes crayeuses.
Une parcelle à l’extrême ouest du Grand Cru, sous la falaise calcaire, a donné ce riesling fin et profondément minéral.

5. Gewurztraminer Vin de Glace : le nez puissant et expressif offre un répertoire complet avec l’eau de rose, les épices et les agrumes confits, la bouche est grasse, moelleuse sans lourdeur avec une grande salinité qui laisse une impression presque tannique en finale.
L’OVNI du domaine se porte à merveille visiblement, la richesse aromatique est confondante et la structure en bouche trouve peu à peu son équilibre. Nous voilà rassurés, il ne reste plus qu’a trouver un nom (vin de glace n’est pas autorisé) et un millésime (2008 pour les raisins mais 2009 pour la vendange…)… d’ailleurs Claude et Sandrine Weinzorn attendent vos suggestions.

Quelques impressions pour conclure :

- voilà un vigneron que j’ai découvert il y a quelques années suivant les conseils d’un certain Thierry Meyer (c’est un jeune qui touche en vin d’Alsace, à ce qui paraît…) et dont j’apprécie les vins depuis le millésime 2004.
- j’ai presque envie de dire que la générosité et la chaleur humaine de Claude Weinzorn se ressentent dans toutes ses cuvées… ici pas de vins en demi-teinte, les terroirs et les cépages s’expriment avec une sincérité assumée.
- Claude aime les défis, après la conquête du sommet du Sommerberg, la vendange de vin de glace, le voilà en train de tester la vinification des pinots blancs à la bourguignonne…ce travailleur infatigable n’a certainement pas fini de nous étonner
- coup de cœur ému pour la cuvée « Z »…comment cette jeune vigne peut-elle engendrer un tel vin ?
La nature reconnaîtrait elle le travail du vigneron à Niedermorschwihr… ?


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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 19:26



Petite virée automnale dans le vignoble haut-rhinois en compagnie de Stéphane : il fait beau, la vigne est flamboyante, j’en oublierai presque que la fin des vacances approche…

Après une brève étape à Eguisheim chez Emile Beyer (un accueil BOF, BOF...), nous nous rendons à Katzenthal au domaine Jean Marc Bernhard.
Mme Bernhard nous reçoit dans son caveau à côté de la cuverie où les jus de l’année fermentent bruyamment…et nous voilà partis à la découverte des 2008 :

1. Sylvaner Vignoble de Katzenthal 2008 : un nez plaisant de fruits blancs, de raisin frais et une légère touche fumée, une bouche équilibrée et fraîche avec une acidité longue et pointue qui contrebalance une matière très mûre.
Un sylvaner issu de vieilles vignes autour de Katzenthal avec une légère surmaturité qui le rend diablement séduisant.

 

2. Pinot blanc Bouquet de Printemps 2008 : un nez discret et très pur avec des notes de fruits jaunes, une bouche d’un équilibre sec mais d’une structure bien sphérique.
Pinot blanc et auxerrois sont associés dans cette cuvée simple mais dotée d’une belle franchise.


Une petite parenthèse sur 2007 pour calibrer le palais :

3. Riesling G.C. Wineck-Schlossberg 2007 : un nez pur et délicatement citronné, la bouche est joliment construite autour d’une acidité fine et tendue.
Petit retour sur 2007 pour ce G.C. remarquablement équilibré qui s’exprime avec une élégance discrète.


Retour sur 2008 :

4. Riesling G.C. Wineck-Schlossberg 2008 : un nez fermé où on décèle du citron et des notes fumées, une bouche avec une acidité profonde et tendue et une salinité remarquable.
Nerveux et minéral, la signature du millésime sur ce Grand Cru est bien affirmée.

5. Riesling G.C. Schlossberg 2008 : un nez franc mais discret sur le pamplemousse, une bouche ample et sphérique avec une acidité mûre et profonde et une salinité intense.
Un riesling classique et parfaitement vinifié, issu d’une parcelle acquise récemment cet autre Grand Cru granitique de la vallée voisine. La différence de personnalité enter ce vin et le Wineck est évidente…tellement proches et pourtant si différents.

 

6. Pinot Gris G.C. Furstentum 2008 : un nez avenant mais très discret, une bouche large et soyeuse avec un équilibre très fin sur la richesse et la minéralité.
Ce pinot gris se plaira en compagnie de nombreux mets : un beau vin de gastronomie.

7. Pinot Gris G.C. Kaefferkopf 2008
: un nez plus riche avec des fruits jaunes et un léger fumé, une bouche qui associe une acidité longue et profonde et un moelleux présent sans être envahissant.
Un pinot gris plus solaire, gras et savoureux à réserver aux plats plus riches ou à laisser vieillir pour assagir la virulence de sa structure.

8. Gewurztraminer G.C. Kaefferkopf 2008 : un nez charmeur où la rose domine dès l’attaque mais qui laisse transparaître de délicates senteurs exotiques par la suite. La bouche ample, opulente laisse une impression de puissance et se termine par une finale longue et poivrée.
Une matière opulente et concentrée, qui se laisse approcher facilement dès aujourd’hui mais qui gagnera en harmonie après quelques années de garde.


Finale sur 2007 avec des cuvées qui demandent plus de patience :

9. Gewurztraminer G.C. Mambourg 2007 : un nez expressif marqué par des arômes de banane et de fruits blancs, une bouche onctueuse qui s’allonge sur des notes d’épices douces.
Un vin qui manque un peu de fraîcheur à l’heure actuelle mais la matière est là…laissons lui le temps de se construire !

10. Pinot noir 2007 : un nez pur et gourmand sur la griotte et le noyau de cerise, une bouche pleine de soie et de légèreté.
Un pinot noir simple mais diablement séducteur récolté sur des vignes en plaine mais vinifié avec justesse. Un vin de copains comme je les aime…

11. Pinot noir Barriques 2007
: un nez discret qui livre des arômes légèrement torréfiés et discrètement épicés, la bouche est somptueuse avec du gras, de la fraîcheur et une très belle longueur.
Des raisins provenant du coteau du Hinterbourg et un élevage en barriques ont permis à ce vigneron d’élaborer ce vin qui n’est qu’à l’aube de sa vie mais qui possède la panoplie complète du beau pinot noir. Ces rouges alsaciens me surprennent vraiment de plus en plus !

 


8. Riesling S.G.N. 2007
: un nez marqué par une belle surmaturité avec un rôti très agréable et des nuances exotiques. La puissance en bouche est remarquable : une liqueur onctueuse soutenue par une acidité longue et une finale très longue.
L’adepte inconditionnel de vins secs, que je suis, se voit contraint de rendre les armes devant la finesse de cette cuvée exceptionnelle. Bravo !


Quelques impressions pour conclure :

- c’est toujours une expérience réjouissante que de parcourir la gamme du domaine Bernhard : des vins purs, sincères et profondément marqués par leur terroir.
- après des 2007 parfaitement réussis, les 2008 m’ont surpris par leur haut niveau qualitatif avec des acidités magnifiques, longues, profondes et bien mûres.
- avec 2009 qui s’annonce encore plus grand, il va falloir que je songe à agrandir ma cave (mais ça va être difficile…) ou que je décide de boire plus (ça aussi ce sera très difficile !)

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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