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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 10:18


Avec l’âge, je me rends compte que j’aime de plus en plus ces habitudes qui ponctuent le cours du temps en me donnant la trompeuse impression d’un défilement un peu moins rapide des années.
Depuis près de deux décennies, ce périple bourguignon fait partie des virgules temporelles indispensables à mon bien-être : ces quelques jours dans le vignoble de la Côte d’Or me permettent d’envisager la fin de mes vacances estivales avec sérénité, gonflé d’une énergie positive nécessaire pour entamer cette nouvelle année scolaire.
Comme nos deux jeunes membres du club A.O.C. qui nous avaient accompagnés en 2011 étaient retenus en Alsace pour des raisons familiales ou professionnelles, nous voilà « on the road again » dans notre formation habituelle : en duo avec Martial, l’inventeur du béton au riesling.
Le programme de cette année est assez conséquent : trois étapes traditionnelles – Murat, Carillon et Castagnier – et trois nouvelles adresses – Carré, Rion et Chicotot.
Hoppla c’est parti !

 

Jour 1. : domaine Denis Carré à Meloisey


J’ai découvert le domaine Denis Carré il y a quelques années (avant que je commence à publier sur le net) et j’ai terminé récemment la série de vins achetés sur place à l’époque. Issus du difficile millésime 2004, les rouges de ce domaine se sont goûtés à la perfection du début à la fin de leur séjour dans ma cave…il n’en fallait évidemment pas moins pour que j’aie envie de remonter sur les hauteurs de Beaune pour une nouvelle visite chez cette famille vigneronne de Meloisey.

 

Bourgogne-2012 0086

 

Nous sommes reçus par Denis Carré qui interrompt ses travaux en cuverie pour nous accompagner dans sa grande cave et nous inviter à déguster la gamme de vins en vente actuellement.

 

Bourgogne-2012 0087

Une partie du vaste chai à barriques du domaine Carré.


Comme la journée est encore très longue nous sélectionnons 8 vins sur les 12 proposés sur le tarif du domaine :

Bourgogne blanc Sous la Velle 2010 : le nez est fin, citronné et beurré, la bouche est droite mais l’ensemble reste particulièrement élégant.
Récoltés à l’est du village de Meursault, pas très loin du domaine Buisson-Charles d’ailleurs, ces chardonnays ont engendré en vin très franc et déjà bien gourmand.

Meursault Les Tillets 2010 : le nez est profond et minéral avec des notes de beurre frais et de zestes d’agrumes, la bouche est ample, grasse et concentrée avec une belle finale minérale.
Cette parcelle située au dessus des Genévriers nous a livré un Meursault bien typé, très minéral mais charmeur, un peu dans l’esprit du vin précédent mais avec une matière plus dense et plus complexe…belle réussite !


 

Bourgogne-2012 0088

Denis Carré dans sa cave.


Savigny les Beaune Vieilles Vignes 2010 : le nez flatte par son côté immédiat et très gourmand sur les fruits rouges bien mûrs, la bouche est tout aussi charmeuse avec une structure souple, soyeuse et légère et une finale bien glissante.
Gouleyant et déjà bien expressif ce Savigny est prêt à boire…une vraie friandise !

Saint Romain Le Jarron 2010 : le nez est plus discret avec des notes de sous-bois et de terre, la bouche plus concentrée confirme son profil très minéral, la finale est solide et longue avec un retour aromatique bien présent.
Après le Savigny très guilleret, vin de fruit par excellence, voici un Saint Romain très sérieux, vin de terroir encore un peu refermé dans sa gangue minérale. A garder.

Auxey-Duresses 1°Cru Le Bas des Duresses 2009 : le nez est bien épanoui sur les fruits rouges et le noyau de cerise, la bouche montre une belle plénitude avec une matière gourmande, charnue et une finale solidement tenue.
Le changement de millésime est sensible mais cet Auxey 1°cru s’offre à nous avec harmonie et élégance...voilà une superbe bouteille avec un beau rapport Q/P (16 euros départ cave).

 

Bourgogne-2012 0131

 
Beaune 1°Cru Les Tuvilains 2009 : le nez est encore très discret mais la bouche révèle une matière puissante et concentrée avec une finale qui développe progressivement un joli sillage fruité et vanillé.
Cette cuvée qui m’avait particulièrement séduit sur le millésime 2004 est encore sur la retenue aujourd’hui mais quelle belle présence en bouche !
A garder quelques années en cave pour lui laisser le temps de révéler ses potentialités…Très prometteur.

Pommard Les Noizons 2009 : au nez le fruité est ouvert et mûr avec quelques notes minérales et une fine touche beurrée, la bouche puissante et solidement charpentée garde cependant un côté très velouté, la finale se prolonge sur des évocations minérales très nobles.
Issu d’une parcelle située sur les coteaux au dessus des Epenots et des Pézerolles et exposée plein sud, ce Pommard séduit par sa richesse aromatique et sa belle densité…déjà accessible aujourd’hui, ce vin mérite évidemment quelques années en cave pour se bonifier encore.

Pommard 1°Cru Les Charmots 2009 : le nez s’ouvre sur quelques nuances un peu lactiques, mais très rapidement les notes de fruits noirs et de pierre chaude remplissent le verre, la bouche est puissante et solidement structurée avec un toucher onctueux et une finale fraîche et longuement aromatique.
Malgré ce statut de premier cru ce Pommard se montre déjà très accessible dans sa jeunesse…il mériterait un peu de garde pour se complexifier mais s’offre déjà avec tant de gourmandise que son cas va constituer un crève-cœur pour l’œnophile. MIAM !

 

Bourgogne-2012 0130

 

Denis Carré a démarré son exploitation viticole en 1975 « avec 3 pièces de Passetougrain », garagiste la nuit et vigneron le jour, il a monté petit à petit cette exploitation viticole qui a vraiment belle allure aujourd’hui : des installations spacieuses et fonctionnelles et un patrimoine foncier de 13 hectares répartis sur la Côte de Beaune. « Nos parcelles de vigne sont dispersées sur un secteur très large (entre Savigny et Saint Romain) ce qui nous protège un peu des catastrophes occasionnées par la grêle ».
Martial, son fils de 24 ans qui travaille avec lui depuis quelques années a choisi le travail intégral du sol pour ses vignes : depuis 3 ans, les rangs sont labourés et les contours sont enherbés pour stabiliser le sol.
En cave les cuvaisons durent entre 12 jours pour les petites appellations et 20 jours pour les 1°Crus et les pommards ; les élevages se font en barriques durant environ 14 mois. Les cuvées sont oxygénés régulièrement pour leur donner ce côté flatteur et facile à approcher, qui constitue un peu la signature des vins du domaine.
Malgré sa situation un peu excentrée par rapport aux villages réputés de la Côte de Beaune, le domaine Carré vend 1/3 des 100000 bouteilles produites à une clientèle particulière…un signe qui ne trompe pas !
Les vins du domaine se caractérisent par un charme direct et immédiat qui se manifeste dès le plus jeune âge, mais leurs cuvées issues de terroirs classés sont taillées pour tenir et se bonifier dans le temps.
Avec des prix relativement sages et une gamme qui couvre quelques appellations prestigieuses de la Côte de Beaune, ce domaine reste une belle aubaine pour les amateurs de vins de Bourgogne…qu’on se le dise !


Bourgogne-2012 0092En allant vers Puligny, une belle surprise nous attendait en haut des falaises de Saint Romain…une vue exceptionnelle sur le Mont Blanc.

Bourgogne-2012 0092 - Copie
 …si si si c’est bien le Mont Blanc !

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 10:15



Avec l’âge, je me rends compte que j’aime de plus en plus ces habitudes qui ponctuent le cours du temps en me donnant la trompeuse impression d’un défilement un peu moins rapide des années.
Depuis près de deux décennies, ce périple bourguignon fait partie des virgules temporelles indispensables à mon bien-être : ces quelques jours dans le vignoble de la Côte d’Or me permettent d’envisager la fin de mes vacances estivales avec sérénité, gonflé d’une énergie positive nécessaire pour entamer cette nouvelle année scolaire.
Comme nos deux jeunes membres du club A.O.C. qui nous avaient accompagnés en 2011 étaient retenus en Alsace pour des raisons familiales ou professionnelles, nous voilà « on the road again » dans notre formation habituelle : en duo avec Martial, l’inventeur du béton au riesling.
Le programme de cette année est assez conséquent : trois étapes traditionnelles – Murat, Carillon et Castagnier – et trois nouvelles adresses – Carré, Rion et Chicotot.
Hoppla c’est parti !



Jour 1. : domaine Hervé Murat à Concoeur


La traversée du secteur des Grands Crus de Vosne par la petite route qui monte à Concoeur nous montre des vignes relativement belles mais très peu chargées en raisins par endroits. Cette impression visuelle assez inquiétante va hélas être confirmée par tous les vignerons que nous allons rencontrer par la suite : 2012 s’annonce comme un millésime peu généreux…difficile pour les producteurs et sûrement aussi pour les clients qui peineront à trouver certains vins sur le marché !
Hervé Murat nous attend près de ses futures installations en construction et nous propose de faire une rapide visite du chantier avant la dégustation.

 

Bourgogne-2012 0082Le chai qui sera complètement enterré est terminé et l’espace cuverie du rez-de-chaussée est en cours de réalisation.

 

Dès le prochain millésime Hervé bénéficiera de ce bel outil pour travailler dans des espaces plus spacieux et plus fonctionnels, mais pour 2012, il va falloir qu’il se contente des anciens locaux pour faire ses vins.
Malgré le soleil qui brille depuis plusieurs jours, notre vigneron est inquiet pour sa vendange : « Cette année on a tout eu, gel, mildiou, grêle…il ne manque plus que des attaques de botrytis ! ».
Pour l’heure, la vigne se tient bien même s’il n’y a que peu de fruits : le millésime s’annonce prometteur au niveau qualitatif mais les rendements seront historiquement bas.


Nous nous rendons dans la petite cave où reposent les barriques contenant les vins du millésime 2011, pour déguster quelques cuvées en cours d’élevage.

 

Bourgogne-2012 0084Hervé Murat un peu pensif…on le serait à moins !

 

Hautes Côtes de Nuits Les Herbues : le nez est fin sur les fruits rouges (fraise) la bouche est élégante et bien charnue avec une finale nette et bien équilibrée où on perçoit des notes fruitées et légèrement chocolatées.
Avec sa belle matière et sa silhouette déjà joliment dessinée ce vin se montre très gourmand dès son plus jeune âge.

Hautes Côtes de Nuits Le Clos Duc : le nez est discret sur un registre assez proche du précédent, la bouche est un peu plus concentrée avec une matière toujours très bien équilibrée et une finale plus longue qui développe de belles notes de framboise.
Plus dense et plus de séveux que les Herbues ce Clos Duc nous apporte une fois de plus la preuve que ces terroirs des hautes côtes peuvent générer de bien belles cuvées. MIAM !
 

 

Morey Saint Denis Le Village : le nez est discret, la matière est riche avec un côté très charnu (presque charnel…) apporté par une belle trame tannique souple et élégante, la finale est délicatement acidulée.
Avec ce Morey, on redescend vers les coteaux plus réputés de la Côte de Nuits pour découvrir un vin tout en retenue avec une aromatique encore bien timide mais une présence en bouche pleine de belles promesses.

Chambolle Musigny Les Echézeaux : le nez est élégant et aérien sur un registre floral (violette) déjà bien défini, la bouche est juteuse et bien équilibrée, la finale est fraîche avec un fruité très agréable qui commence à se montrer.
Après un Morey plutôt masculin, voici un vin tout en grâce et en distinction…sur ce millésime, l’image classique et parfois galvaudée de la féminité du Chambolle est justifiée. MIAM !

Nous finissons cette série par une cuvée que je découvre pour la première fois cette année :

Hautes Côtes de Nuits Cuvée Marius 2010 : le nez est assez discret sur un registre floral, la bouche est dense et volumineuse, la finale encore un peu anguleuse possède une belle longueur en développant d’élégantes notes de cassis et d’épices.
Cette cuvée est issue du Clos Duc mais est élevée 26 mois en demi-muid est un vin travaillé pour la garde. L’équilibre actuel est encore un peu austère mais le corps est assez athlétique pour supporter avec bonheur quelques années de vieillissement qui lisseront ces aspérités…Je crois bien que Marius, le fils d’Hervé, se régalera avec ces bouteilles, lorsqu’il sera en âge d’apprécier le vin !


Nous enchaînons par un tour d’horizon du millésime 2010 en bouteilles :

Hautes Côtes de Nuits Les Herbues : le nez est finement fruité (groseille) la bouche est vive avec une tension palpable et une belle présence aromatique en finale.
Comme nous le verrons par la suite chez Hervé Murat, les vins de 2010 se caractérisent par un fruité bien frais et une présence en bouche très tonique. Ce HCN est encore un peu serré mais dispose d’une jolie matière.

 

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Hautes Côtes de Nuits Le Clos Duc : le nez est plus ouvert que sur les Herbues avec un fruité plus mûr et une légère touche fumée, en bouche la chair est élégante mais la tension repérée sur la cuvée précédente est bien là, la finale est longue mais un peu tannique.
Plus ouvert au nez mais plus verrouillé en bouche, ce Clos Duc devra attendre en cave pour trouver son harmonie…le 2009 et le 2011 (et peut-être même le 2012) seront là pour nous faire patienter…

Chambolle Musigny Les Echézeaux : le nez est ouvert avec un côté très gourmand sur les fruits noirs (cassis) complétés par une touche florale discrète, en bouche l’attaque est pleine de rondeur avant de revenir sur une structure plus vive avec une acidité très large, la finale est nette et longuement aromatique.
Malgré une vivacité bien présente ce Chambolle se montre déjà très flatteur...voilà une bouteille très polyvalente : on y trouve déjà beaucoup d’agrément aujourd’hui mais son corps solidement charpenté est taillé pour évoluer favorablement quelques années.

 

Bourgogne-2012 0128

 


Nuits Saint Georges La Petite Charmotte : le nez très discret est encore difficile à définir mais il laisse une belle impression de pureté, en bouche l’attaque est franche et le fruit commence à s’épanouir, l’équilibre est magnifique et la finale reste dans cette ligne très élégante par sa netteté et sa fraîcheur.
Découvert l’année passé ce vin joue la carte de la noblesse et de la distinction : il ne se donne pas au premier venu mais possède une classe presque aristocratique qui va s’affirmer avec quelques années de vieillissement. En tous cas, comme pour le millésime 2009 ce Nuits m’a pleinement séduit…Très belle cuvée !

Morey Saint Denis Le Village : très discret à l’ouverture le nez révèle quelques belles notes florales après oxygénation, la silhouette en bouche est toute en élégance, la finale délicatement acidulée laisse persister un sillage aromatique finement épicé.
Décidément, ce millésime est bien particulier ! Cette cuvée de Morey qui se montre d’habitude la plus fermée de la série se goûte parfaitement bien aujourd’hui : l’aromatique est en train de se dessiner et la présence en bouche est déjà plus qu’avenante…Etonnant !

 

Bourgogne-2012 0126

 


Morey Saint Denis 1° Cru Les Charrières : le nez est peu causant mais la bouche montre un côté très charnu avec un toucher superbe et une expression aromatique qui se révèle progressivement et qui persiste longuement en finale en révélant quelques belles notes minérales.
Pour l’heure ce premier cru se montre surtout en bouche avec une texture raffinée et la marque du terroir qui commence à s’imprimer. A attendre, évidemment…

Beaune 1° Cru Les Tuvilains : la robe dénote un peu dans la série par son côté diaphane, le nez est encore sur la retenue mais en bouche le vin se livre en développant une belle matière et une présence aromatique joliment fruitée.
L’intensité de la robe marque nettement le changement de côte mais en bouche ce Beaune tient son rang et sa place dans cette série. Gourmand !

Vosne Romanée Les Champs Perdrix : le nez s’ouvre sur des notes de fruits noirs et d’épices, la bouche est volumineuse avec une charpente solide et une belle tension, la finale particulièrement longue révèle des notes fruitées et cacaotées.
Je n’ai pas relu toutes mes notes sur le domaine mais je crois bien que c’est la première fois que je déguste cette cuvée. Issue d’un lieu-dit situé en hauteur dans le voisinage des grands crus La Romanée ou La Grand Rue ce Vosne est splendide…la belle découverte de cette année au domaine Murat !

 

Bourgogne-2012 0125

 


Pour finir nous revenons sur 2009 avec un Hautes Côtes de Nuits Cuvée Marius : le nez est plus épanoui avec une palette séduisante sur la griotte et les épices, la bouche est ronde, veloutée mais solidement charpentée, la finale est assez longue et finement boisée.
Cette cuvée dédiée au fils d’Hervé Murat possède un charme naturel et évident comme pas mal de vins issus de ce millésime. Il se distingue néanmoins par une présence en bouche généreuse et onctueuse assise sur une ossature solide. Ce HCN pourra arroser facilement quelques anniversaires du petit Marius !

 


Bourgogne-2012 0127
Une étiquette qui va surement faire de l’effet du côté de Vallon Pont d’Arc…
 

 

Le point final de cette belle série sera posé avec la cuvée rare du domaine, le Hautes Côtes de Nuits Blanc 2010 : le nez est vif et fin avec des notes de citron et de fleurs, la bouche est assez souple et légère avec une acidité qui s’élargit progressivement pour redonner une belle énergie à la finale.
Cette cuvée confidentielle issue à 100% de pinot blanc est un vin franc et charmeur, mais avec ce cépage que je connais très bien sous d’autres cieux je n’ai pas réussi à réinitialiser mon référentiel pour l’apprécier à sa juste mesure…à croire que lorsqu’on chasse sur son terrain le palais alsacien peut se montrer un peu chauvin.
Mea Culpa !


Cette nouvelle visite au domaine Murat nous a comblé une fois de plus, autant par la qualité de l’accueil que par celle des vins.
Hervé Murat fait son chemin avec la patience des hommes sages, construisant petit à petit une exploitation viticole de haut niveau dans le hameau de Concoeur, avec comme projet de porter au plus haut les vins des hautes côtes et comme ambition de pouvoir continuer à travailler des terroirs prestigieux sur les coteaux nuitons.
Sur 2010 les vins du domaine sont purs et droits avec des équilibres un peu plus classiques que sur 2009. A 11 heures du matin, juste après le café croissant sur la placette de Nuits Saint Georges, les premières gorgées sont quelque peu rudes mais par la suite tout n’est que bonheur immédiat ou belles promesses pour les années à venir.
2011 s’annonce un poil plus riche avec des matières situées entre l’exubérance des 2009 et la nervosité des 2010.
Ceci dit, j’ai l’impression que sur ces derniers millésimes les vins d’Hervé Murat ont beaucoup gagné en justesse en ce qui concerne l’extraction et l’élevage. Il va sans dire que la mise en service de son nouvel outil de production va permettre à ce jeune vigneron de continuer sa progression…Vivement les prochains millésimes !
Mille mercis à Hervé pour sa disponibilité.

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 14:19



La virée beaujolaise 2010 ayant tenu toutes ses promesses, j’ai donc décidé de reconduire cette expérience en 2011.
Cette année cependant mes contraintes familiales ne me permettent plus d’envisager des plages de liberté totale en dehors des congés scolaires, ce sera donc pendant les vacances de la Toussaint (je sais, il faut dire « d’automne ») que j’irai me promener sur les routes qui serpentent entre les collines de Belleville à Mâcon à la recherche de quelques bonnes quilles à encaver pour l’hiver.


 

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Sur les routes sinueuses du Beaujolais en automne…c’est pas beau ça !



Hélas, mes habituels copilotes m’ont fait faux bond cette fois-ci…qu’à cela ne tienne, le « poor lonesome alsacow-boy » ira se rincer le gosier tout seul.
Hoppla, c’est parti !

 

 

 

Jour 2. : nouvelle visite au domaine de la Soufrandière



Depuis quelques années l’étape de la Soufrandière s’est imposée à moi comme une visite incontournable dans le vignoble mâconnais. Aussi, avant de remonter vers l’Alsace je fais mon habituel crochet par Vinzelles où j’ai rendez-vous avec Jean-Guillaume Bret.
Comme le sommelier canadien qui est attendu au domaine en même temps que moi, a visiblement quelques difficultés pour trouver son chemin, j’ai le temps de faire un tour complet des nouvelles installations de cave, avec un vigneron soulagé de voir la fin de ce grand chantier.
Avec cette nouvelle construction, la superficie des caves à quasiment doublé et va permettre aux frères Bret de travailler dans des espaces moins exigus où ils pourront concrétiser quelques projets qui leur tiennent à cœur :

 
1. élever plus longuement certaines cuvées pour éviter des filtrations. Sur 2010 cet élevage rallongé est appliqué aux cuvées les Longeays et les Quarts sur Pouilly Vinzelles et au Pouilly Fuissé En Carementrant…verdict, l’année prochaine.

 CIMG3899

 

Les contenants inox où les Longeays, les Quarts et Carementrant peaufinent leurs matières.

 

2. augmenter la production pour arriver à 100000 bouteilles par millésime et profiter de l’espace disponible pour laisser vieillir certaines cuvées en bouteilles (40000) avant de les commercialiser.



CIMG3896 

 

Le nouvel espace de stockage où on respire enfin…


3. créer une vraie vinothèque où seront conservés des échantillons de toutes les cuvées produites au domaine depuis 2000.

 

En ce qui concerne le millésime 2011, Jean-Guillaume ne cache pas son enthousiasme « des rendements historiques…55hl/ha, ça fait 10 de plus que la moyenne habituelle, avec une vendange de qualité irréprochable : un état sanitaire parfait, une belle richesse naturelle (13° en moyenne, aucune chaptalisation ne sera nécessaire) et des acidités impeccables qui laissent prévoir des pH entre 3 et 3,2 au niveau des vins finis »

Grande année en perspective chez les « Brothers » !

 

 

 

Après cette visite approfondie et fort intéressante nous nous retrouvons le verre à la main, en compagnie du sommelier d’outre atlantique, pour une petite dégustation bilingue :

Mâcon Chardonnay 2010 : le nez est discret mais joliment typé avec des notes florales et crayeuses, la bouche est vive et citronnée avec une finale fraîche où pointent de beaux amers.
Cette nouvelle cuvée provient d’une vigne située sur le ban du village de Chardonnay. Elle a été élevée pour 90% en cuves et pour 10% en fûts de chêne et se goûte aujourd’hui avec facilité et gourmandise…un vrai vin plaisir !

Viré-Clessé Sous les Plantes 2010 : le nez possède un fruité discret agrémenté d’une touche de vanille, l’attaque en bouche est pointue, puis l’acidité s’élargit en soutenant une palette aromatique citronnée et minérale qui s’allonge en finale.
Le terroir limono-argilo-calcaire de Viré marque l’olfaction et la structure de façon déjà bien nette dans cette cuvée élevée en demi-muids et en pièces…Un vin déjà accessible mais sûrement pas à son apogée, l’amateur patient sera comblé !

Mâcon Cruzille Clos des Vignes du Mayne 2010 : le nez est mûr et profond avec des arômes de fruits blancs et une belle touche minérale, la bouche s’ouvre sur une acidité très pénétrante qui s’assouplit progressivement pour laisser une très belle sensation de plénitude en finale.
D’après Jean-Guillaume, cette parcelle appartient au plus ancien vigneron bio de la région, aujourd’hui elle est travaillée en agriculture biodynamique. Ce terroir argilo-calcaire très tardif a produit en 2010 un vin droit et profondément minéral qui pourra étonner bien plus d’un buveur d’étiquette parce qu’il se hisse à un niveau peu courant sur cette appellation.

Pouilly Fuissé Le Clos Reyssié 2010 : le nez est mûr et complexe sur le miel de fleurs, les épices douces et une fine touche vanillée, la bouche est ample et généreuse, l’acidité est bien large, la longue finale revient sur des arômes délicatement épicés.
Cette parcelle de vieilles vignes sur la commune de Chaintré possède un terroir avec des sols plus profonds et révèle très propice au développement du botrytis. Les vins qui y naissent sont flatteurs, gourmands et assez faciles d’accès dans leur jeunesse : ce 2010 ne fait pas exception car il est d’une suavité presque irrésistible…MIAM !

Pouilly Fuissé La Roche 2010 : le nez est profond et minéral (pierre chaude, silex), la bouche est vive et très tendue avec cette minéralité intense qui vibre longuement en finale.
Sur cette parcelle de vieilles vignes sous la roche de Vergisson naît un vin dont l’expression est diamétralement opposée au précédent : après l’exubérance et la gourmandise voici l’élégance monacale de la pierre !
A l’aveugle, je suis pratiquement sûr de partir vers Puligny. Très grand vin !
 

 

Pouilly Fuissé Le Clos Reyssié 2008 : le nez est flatteur et engageant sur le miel et les fruits jaunes mûrs, la bouche est ronde, équilibrée avec une palette gustative très suave et une finale sur le raisin sec et les épices douces.
Après 2 années de garde l’esprit de cette cuvée se définit avec davantage de précision : opulent mais sans tomber dans la lourdeur, ce vin reste dans sa trajectoire de séducteur impénitent.
La marque du botrytis est sensible en finale (25% de la vendange sur le Clos en 2008) mais elle s’intègre parfaitement dans l’esprit de la cuvée en apportant une touche de raffinement supplémentaire dans la palette aromatique. Etonnant !

Pouilly Fuissé La Roche 2008 : le nez est fin et racé sur le beurre et la craie humide, la bouche possède un équilibre tonique et minéral avec une grande profondeur, la présence finale est longue et intense avec quelques notes boisées très subtiles.
Sur ce 2008 superbe de droiture et de densité les promesses entrevues avec la cuvée 2010 se concrétisent de façon éclatante…on est encore plus près des grands blancs de la Côte de Beaune. Superbe !

 

 
CIMG3898 

 

La dégustation se fait au chai au milieu des jus de 2011 en pièces de chêne et en cuves.

 

CIMG3897
 

Pour les vins 2010 estampillés La Soufrandière, les Pouilly-Vinzelles Les Longeays et Les Quarts séjournent encore en cuve jusqu’en février-mars, il n’y a que la cuvée des jeunes vignes en bouteilles et prête à être dégustée :

Pouilly Vinzelles 2010 : le nez est pur et expressif sur les fruits blancs, en bouche, la minéralité longue et profonde s’impose dès l’attaque et résonne avec une matière riche et bien fruitée, la finale est très longue et toujours très minérale.
Les jeunes vignes plantées sur ce magnifique terroir des Quarts à Vinzelles produisent des cuvée d’une qualité impeccable avec une constance qui force l’admiration… ceci dit, cette régularité est moins étonnante lorsqu’on sait que sur cette « jeune vigne » certains pieds dépassent allègrement les 40 ans, comme quoi les mentions sur l’âge des vignes peuvent vraiment être relativisées…et dans les 2 sens !

Midi étant passé depuis bien longtemps, il faut songer à terminer cette dégustation et pour clore cette série en beauté notre hôte nous propose de déguster deux millésimes plus anciens :

Pouilly Loché Les Mûres 2007 : le nez est expressif et épanoui sur les fruits blancs et la craie, la bouche est d’un abord facile et agréable avec un équilibre qui reste bien vif et une finale où se manifestent de fines notes épicées.
Hélas plus connue pour sa gare TGV que pour son vignoble, Loché recèle pourtant quelques terroirs exceptionnels dont celui des Mûres, où les frère Bret produisent une très belle cuvée. Après quelques années de garde, ce Pouilly Loché s’offre à nous avec beaucoup de spontanéité, coulant et richement aromatique…un régal !

Saint Véran En Combe 2005 : le nez est resté discret mais révèle une grande complexité aromatique, la bouche est sublime de précision et de profondeur, la palette est raffinée et la minéralité très présente confère un caractère très grenu au toucher tout en soutenant une finale très longue et bien fraîche.
« Contrairement à ce qu’on peut penser, 2005 ne fut pas un millésime facile chez nous…les vins jeunes ne se goûtaient pas très bien mais en ce moment, ils commencent à s’ouvrir », nous confie Jean-Guillaume.
Je n’ai pas dégusté les 2005 dans leur jeunesse, mais là je me retrouve devant un très grand vin à qui semble encore loin d’avoir épuisé ses ressources. Superbe !

 

Bien évidemment, après une cinquième visite au domaine de la Soufrandière, il ne me reste plus trop d’éléments originaux à évoquer pour meubler ce traditionnel paragraphe de conclusion. En plus, maintenant que les travaux sont achevés, on pourrait craindre que le foisonnant esprit d’entreprise des 3 frères Bret se mette en « stand by » pour quelques temps.
Mais pour tout vous dire, ce n’est pas l’impression que j’ai eue lors de ma discussion avec Jean-Guillaume : ces nouveaux espaces semblent avoir engendré plein de nouvelles idées…Incorrigibles, vous dis-je !

La vinothèque, indispensable mémoire du domaine, est en cours de réalisation et l’acquisition d’un nouveau pressoir vertical est sérieusement envisagée après une expérimentation concluante sur les vins de 2011. En effet les analyses chimiques comparatives de jus issus de 2 types de pressoirs (l’un classique à membrane et l’autre de style champenois) ont montré que le pressurage vertical permettait de conserver davantage d’acidité dans les jus « ce qui nous intéresse au plus haut point pour l’équilibre de nos cuvées, mais hélas cet outil reste très cher… ».
Je peux donc repartir l’âme en paix : la belle histoire du domaine continue de s’écrire avec cette inextinguible recherche de perfection dans l’élaboration des vins.

Les vins de 2010 sont droits et purs avec déjà une belle complexité dans la diversité de leurs expressions aromatiques : la dégustation en parallèle du Clos Reyssie et de La Roche est une expérience édifiante à ce sujet.

A part ça, le millésime 2011 s’annonce très grand et les projets continuent de foisonner à la Soufrandière…bref, je sens qu’il va encore y avoir des choses à découvrir l’année prochaine !

 


CIMG3900 

 

L’entrée des caves du domaine : en 2010 il y avait un énorme trou à cet endroit…ça sent la fin du chantier

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 14:02



La virée beaujolaise 2010 ayant tenu toutes ses promesses, j’ai donc décidé de reconduire cette expérience en 2011.
Cette année cependant mes contraintes familiales ne me permettent plus d’envisager des plages de liberté totale en dehors des congés scolaires, ce sera donc pendant les vacances de la Toussaint (je sais, il faut dire « d’automne ») que j’irai me promener sur les routes qui serpentent entre les collines de Belleville à Mâcon à la recherche de quelques bonnes quilles à encaver pour l’hiver.


 


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Sur les routes sinueuses du Beaujolais en automne…c’est pas beau ça !




Hélas, mes habituels copilotes m’ont fait faux bond cette fois-ci…qu’à cela ne tienne, le « poor lonesome alsacow-boy » ira se rincer le gosier tout seul.
Hoppla, c’est parti !

 

 

 


Jour 1. : visite au domaine des Rosiers à Chenas


Très régulièrement « Hachettisés » les vins du domaine des Rosiers avaient attiré mon attention au début des années 90 : j’y ai fait des visites assez régulières à cette époque et j’ai dégusté il y a quelques mois le dernier Moulin à Vent qui avait encore très belle allure après près de 14 années de garde.

 

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Pour terminer tranquillement cette longue journée, j’ai donc choisi de retourner vers ce domaine situé sur les hauteurs de Chénas, histoire de remonter un peu dans le temps…à mon âge ça ne fait pas de mal !

 

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Vue su Chénas

 

 

Le domaine des Rosiers est dirigé par Gérard Charvet et son épouse, ils exploitent 16 ha et commercialisent 4 appellations : Chénas, Saint Amour, Moulin à vent et un peu de Beaujolais Villages Blanc.
Comme chez J.L. Dutraive le caveau de dégustation se situe juste à côté d’une cave où sont alignées des pièces en chêne qui contiennent une partie de la vendange 2011.

 

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Une partie du chai.


 
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Le bar pour déguster les crus du domaine des Rosiers.


Madame Charvet me propose de déguster la série de vins rouges en vente au domaine :

Chenas 2010 : le nez est discret sur les fruits noirs et la réglisse, l’attaque en bouche est ronde mais une belle trame tannique se montre progressivement en donnant à la finale un caractère assez rustique.
Cette cuvée 100% inox dense et concentrée qui a été récompensée par une médaille d’or à Mâcon se montre encore bien réservée aujourd’hui…quelques années de garde l’aideront à patiner sa matière un peu rugueuse et à développer une palette dont on ne sent que les prémices en ce moment.

 

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Saint Amour 2010 : le nez est plus expressif sur un registre floral, la bouche est dotée d’un joli volume avec un fruité qui se développe (notes de prune), la finale est un peu sévère avec des tanins très présents.
Ce Saint Amour élevé 100% en cuve inox (comme le Chénas) possède une structure très solide qui jure un peu avec le nom de l’appellation…mais bon, « amour » est du genre masculin et cette cuvée nous le rappelle avec force.

Moulin à Vent 2010 : le nez très discret et livre de subtiles notes florales, la bouche s’épanouit avec beaucoup de distinction, soie, rondeur et beau volume, la finale est longue et révèle une présence aromatique bien soutenue.
Issue de vieilles vignes et élevée dans des fûts de chêne dont 20% sont neufs, cette cuvée est encore un peu crispée sur le plan aromatique mais possède une matière de premier choix en bouche…à encaver en toute confiance !

Moulin à Vent 2009 : le nez est expressif et complexe avec des notes de fleurs, de pêche de vigne et d’amande fraîche, la bouche est sphérique, volumineuse et subtilement aromatique, la finale est longue, légèrement épicée et boisée.
Récompensé par un « Coup de Cœur » du Guide « Achète » (spécial tribute à OliH) ce Moulin à Vent élevé dans des fûts de chêne, neufs pour 40%, est particulièrement riche et gourmand. Il se présente aujourd’hui comme un séducteur mais possède un corps solide et une grande profondeur…c’est une très belle réussite !

 

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Cette visite un peu « historique » au domaine des Rosiers m’a rappelé des souvenirs viniques qui finalement étaient encore assez vivaces : chez les Charvet on trouve toujours une belle gamme de cuvées beaujolaises avec un rapport qualité/prix très avantageux.
Leurs vins sont travaillés dans un esprit assez « terrien » : les charpentes sont solides, les matières sont concentrées mais sans extractions excessives et les élevages en bois sont d’une absolue discrétion.
Les 2010 s’expriment avec beaucoup de retenue aujourd’hui, mais sont taillés pour durer, quant au Moulin à Vent 2009 c’est une réussite absolue…
A « Hachetter » d’urgence bien entendu !

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 15:32



La virée beaujolaise 2010 ayant tenu toutes ses promesses, j’ai donc décidé de reconduire cette expérience en 2011.
Cette année cependant mes contraintes familiales ne me permettent plus d’envisager des plages de liberté totale en dehors des congés scolaires, ce sera donc pendant les vacances de la Toussaint (je sais, il faut dire « d’automne ») que j’irai me promener sur les routes qui serpentent entre les collines de Belleville à Mâcon à la recherche de quelques bonnes quilles à encaver pour l’hiver.


 

 
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Sur les routes sinueuses du Beaujolais en automne…c’est pas beau ça !



Hélas, mes habituels copilotes m’ont fait faux bond cette fois-ci…qu’à cela ne tienne, le « poor lonesome alsacow-boy » ira se rincer le gosier tout seul.
Hoppla, c’est parti !

 

 

 

Jour 1. : visite au domaine de la Grand’Cour à Fleurie

 

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Après une pause de midi au restaurant « La Bascule » à Fleurie, où j’ai déjeuné en compagnie des deux cavistes rencontrés chez Jean-Marc Burgaud, je reviens aux choses sérieuses avec cette première visite au Domaine de la Grand’Cour.
J’avais goûté il y a peu, une bouteille de Fleurie « Chapelle des Bois » offerte par l’ami cyra, j’ai été immédiatement conquis par le côté pur et goûteux de ce vin et j’ai eu envie de voir d’un peu plus près cette exploitation dirigée par Jean Louis Dutraive qui a la particularité de s’être engagé dans la viticulture bio (certifié Ecocert depuis 2009)…ce qui n’est vraiment pas courant dans la région…
Le domaine se situe à La Chapelle des Bois un lieu-dit à la périphérie de Fleurie ; c’est un ensemble de bâtiments érigés au milieu de vignes. Un muret entoure l’ensemble et délimite le « Clos de la Grand’Cour ».

 

 

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Le domaine de la Grand’Cour au milieu des vignes
 

 

Jean Louis Dutraive m’accueille dans le caveau de dégustation qui jouxte le chai où sont alignés les fûts contenant le dernier millésime.


 
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Le caveau avec un bar assemblé avec les pièces d’un ancien pressoir.


 
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Les pièces bourguignonnes sous les voûtes du grand chai du domaine.
 

 

La carte du domaine de la Grand’Cour compte 5 cuvées, mais en ce moment, le Fleurie Chapelle des Bois 2010 est épuisé et les bouteilles de Fleurie Vieilles Vignes-Champagne 2010  vont être mises en vente incessamment. Pour l’heure les bouteilles de cette cuvée subissent une opération de capsulage avec de la cire.

 


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J.L. Dutraive surveillant le capsulage à la cire de la cuvée Fleurie Champagne.

 

 

 

Il ne reste donc plus que 3 vins au tarif ce jour :

Brouilly Cuvée Tradition 2010 : le nez est fin et délicat avec des notes de prune et de violette, la bouche est solidement construite avec une matière charnue et riche, équilibrée par une belle fraîcheur qui s’impose en finale.
Ce vin élevé en foudres, non filtré et vinifié sous levures indigènes en cuve, est complexe et concentré…un peu loin du modèle léger et gouleyant qu’on retrouve sous cette appellation, mais quel beau vin ! GRAND MIAM !

Fleurie Clos de la Grand’Cour 2010 : le nez est charmeur comme le précédent avec le même registre fin et délicat (prune, iris, violette), la bouche séduit par sa belle présence aromatique, son toucher soyeux et sa matière riche et gourmande, la finale est longue et marquée par quelques nuances minérales (pierre à fusil).
Les « jeunes vignes » (30 à 40 ans quand même) du clos entourant le domaine sont à l’origine de cette belle cuvée élevée pour moitié en foudres et pour moitié en pièces. Expressif, charnu et signé par une belle minéralité…tout ce qu’on attend d’un beau vin de terroir !

Fleurie Cuvée Vieilles Vignes 2009 : le nez est richement fleuri, le terme « bouquet » prend ici tout son sens, des notes minérales se manifestent également à l’arrière-plan, la bouche est très élégante, parfaitement équilibrée et délicatement acidulée, la finale se prolonge sur les fleurs et la minéralité.
Cette cuvée issue des vieilles vignes du clos (70 ans) a été élevée pour 80% en fûts de chêne et pour 20% en foudres. Avec ce vin on se situe davantage sur le registre de la finesse et de la complexité que sur celui de l’opulence…assez rare sur ce millésime, mais en tous cas, quel plaisir !


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Donner un avis sur un domaine après avoir dégusté seulement 3 références de leur production peut sembler prématuré…et peut-être même présomptueux, mais il n’en reste pas moins que ma première visite dans cette grande propriété de Fleurie a tenu ses promesses. J’y ai découvert des vins purs et authentiques qui se livrent avec aisance et simplicité mais qui recèlent des personnalités riches et complexes…avec un incomparable goût de « revenez-y », bien évidemment !
Peu loquace à priori, mais très accueillant, Jean-Louis Dutraive est un vigneron qui a choisi l’exigeante démarche d’une viticulture propre et qui travaille ses vins avec beaucoup d’à-propos en privilégiant des pratiques œnologiques peu interventionnistes pour garantir la pureté de ses jus mais sans pour autant basculer dans le dogmatisme du tout naturel.
Bref, avec un vigneron dont l’idée du vin me correspond bien et 3 cuvées qui méritent chacune un Coup de Cœur, le domaine d la Grand’Cour fait évidemment son entrée dans mon top adresses en terre beaujolaise.

 


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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 18:21



La virée beaujolaise 2010 ayant tenu toutes ses promesses, j’ai donc décidé de reconduire cette expérience en 2011.
Cette année cependant mes contraintes familiales ne me permettent plus d’envisager des plages de liberté totale en dehors des congés scolaires, ce sera donc pendant les vacances de la Toussaint (je sais, il faut dire « d’automne ») que j’irai me promener sur les routes qui serpentent entre les collines de Belleville à Mâcon à la recherche de quelques bonnes quilles à encaver pour l’hiver.


 


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Sur les routes sinueuses du Beaujolais en automne…c’est pas beau ça !


Hélas, mes habituels copilotes m’ont fait faux bond cette fois-ci…qu’à cela ne tienne, le « poor lonesome alsacow-boy » ira se rincer le gosier tout seul.
Hoppla, c’est parti !

 

 

 

Jour 1. : nouvelle visite chez Jean-Marc Burgaud

Après une bonne heure de voiture j’arrive en vue de la colline du Py…je vais donc réussir à m’annoncer chez Jean-Marc Burgaud avec moins de un quart d’heure de retard. Joli timing !

 

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La colline du Py avec son chêne au sommet…bienvenue dans le cœur du Beaujolais.

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L’entrée du domaine Burgaud sur les flancs de la côte du Py
 

 

Je me retrouve dans le caveau de dégustation du domaine en compagnie du vigneron et de deux cavistes en tournée dans les vignobles du Beaujolais et de la Bourgogne…je sens que ça va parler vin dans pas longtemps !


Nous commençons par la cuvée spéciale de Beaujolais Nouveau 2011 dont Jean-Marc fait une petite mise pour satisfaire à la demande de certains clients attachés à cette tradition.
Discret au nez avec quelques notes de fruits noirs, il surprend en bouche par une chair assez généreuse, du gras et une belle mâche.
La mise récente trouble un peu le nez mais la présence en bouche ne trompe pas…voilà un beaujolais primeur où on y sent plus la touche Burgaud que les levures banano-framboisières !


Nous poursuivons par un tour complet du millésime 2010 :

Beaujolais Villages Les Vignes de Thulon 2010 : le nez reste sur un registre fruits noirs avec un léger fumé, la bouche est dotée d’un joli volume et d’une charpente bien solide, la finale est fruitée avec un fond délicatement minéral.
Le nom de la cuvée a changé mais l’esprit reste, c’est un vrai beaujolais-villages de terroir…comme je les aime.

Regnié Vallières 2010 : le nez est pur et élégant sur un registre agréablement fleuri avec notamment de très beaux arômes de pivoine, la bouche est encore un peu serrée mais la matière est riche, les tanins sont fins et la finale très tonique lire quelques notes poivrées.
Encore un peu brouillé par sa mise ce Regnié, élevé à 100% en cuves béton, surprend par sa belle trame tannique et sa chair très gourmande. MAIM !

Morgon Les Charmes 2010 : l’olfaction très fruitée charme immédiatement avec ses notes de cerise bien nettes, la bouche se montre plus « sérieuse » avec une grande vivacité, une texture très grenue et une finale bien aromatique, délicatement réglissée.
Cette cuvée issue d’une seule parcelle et élevée en cuve est toujours la plus marquée par le millésime et lorsqu’on déguste ce Charmes on perçoit facilement les caractéristiques des 2010 : vins de fruit avec des structures moins riches que sur 2009…un style beaujolais plus classique en quelque sorte…et c’est très bien ainsi !

Morgon Côte du Py 2010 : le nez est discret et raffiné sur la cerise noire, en bouche l’attaque est vive, le milieu d’une rondeur épanouie et la finale redevient plus pointue avec une présence tannique sensible mais agréable.
La première des 4 cuvées de Morgon  produites par Jean-Marc Burgaud sur ce terroir mythique est élevée en cuve et nous livre une version brute du marquage de la Côte du Py : le fruité net sur la cerise, la profondeur de la structure et cette matière assez virile qui appelle un peu de garde pour se révéler pleinement.

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Morgon Côte du Py-Réserve 2010 : l’élevage se manifeste un peu à l’ouverture mais un fruité très complexe prend rapidement le relais, la bouche est superbe d’équilibre entre tension, rondeur et présence tannique, la finale se resserre un peu tout en laissant une longue empreinte aromatique.
Issue de 3 parcelles de vieilles vignes, élevées 100% en pièces bourguignonnes de 4 à 7 vins, cette cuvée solide mais pleine de charme est encore bien jeune mais se goûte déjà avec beaucoup de plaisir…J’ai vraiment du mal à recracher, mais la journée est encore longue !

Morgon Côte du Py-Javernières 2010 : le nez est discret encore bien marqué par des notes de torréfaction, la bouche est constituée d’éléments puissants mais encore un peu dissociés, la finale révèle la classe du vin par son retour aromatique très long sur la réglisse et les épices.
Javernières est une parcelle plus argileuse et moins solaire située sur le bas du versant est de la colline du Py. Elle produit généralement un Morgon un peu plus souple et plus facile d’accès dans sa jeunesse…après un 2009 diablement flatteur, ce 2010 est encore bien replié sur lui-même et demandera un peu plus de patience pour montrer son vrai visage.

Morgon Côte du Py-James 2010 : l’olfaction est discrète mais plus en place que pour le cru précédent, on y reconnaît assez rapidement des notes de cacao et de cerise à l’eau de vie (un peu « Mon Chéri »), la bouche est puissante, riche et solidement charpentée, la finale est longue déjà bien complexe sur les épices, avec une touche finement boisée et une minéralité qui pointe.
Issue d’une parcelle orientée au sud sur la calotte sommitale du Py et élevée dans des pièces bourguignonnes de 4 vins (de la maison Seguin-Moreau comme Javernières d’ailleurs), cette cuvée se révèle d’une gourmandise absolue dès son plus jeune âge. Etonnant, car sur 2009 c’était plutôt mutisme et mine renfrognée à la même période…le monde à l’envers !

 

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Après ce tour exhaustif de la production de 2010 nous nous rendons dans le chai à barriques pour goûter quelques échantillons du millésime 2011. Les vins, entonnés depuis 15 jours, seront assemblés pour constituer les 3 cuvées prestige issues de la Côte du Py : Réserve, Javernières et James.


 

 

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Une partie du chai à barriques du domaine Burgaud.

 

Pipette en main Jean-Marc s’active entre ses rangées de fûts de chêne pour prélever quelques centilitres de vin et nous faire partager son enthousiasme pour ce nouveau millésime qu’il juge particulièrement réussi.
Nous dégustons d’abord les jus des 3 parcelles qui composent  la cuvée Réserve 2011 :

Parcelle Py est : c’est le vin de base de cette cuvée Réserve, il possède une trame tannique solide, une belle vivacité et un fruité profond.
Parcelle Py sud : c’est un vin juteux avec un fuit acidulé et une matière épanouie.
Parcelle Py milieu de coteau : aromatiquement très discret, ce vin révèle en bouche une matière ronde et gourmande équilibrée par une pointe acidulée bien fraîche.

Pour terminer le passage en revue des nouveau-nés nous dégustons les 2 cuvées parcellaires :

Javernières 2011: l’olfaction est discrète mais la bouche montre une chair juteuse, une structure solide mais très élégante et une finale dont la longueur annonce la genèse d’une très grande cuvée.
James 2011 : encore verrouillé à double tour ce vin est riche et ultra puissant en bouche…il tiendra sans conteste son rang de cuvée haut de gamme en 2011.

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La parcelle James (photo de J.M. Burgaud).

 

Enfin, pour mettre un point final à cette longue série, Jean-Marc nous propose d’ouvrir une vieille bouteille sortie de sa réserve personnelle : le nez est complexe et très raffiné sur le brou de noix, la menthe et quelques notes épicées, le toucher bouche est velouté avec un joli gras et cette fraîcheur mentholée qui donne un côté aérien à l’ensemble, la finale est bien longue mais laisse apparaître des tanins un peu austères.
Avec sa palette mystérieuse, pas forcément typée morgon mais extrêmement agréable et sa bouche d’un équilibre encore très jeune ce vin serait vraiment parfait sans cette petite sècheresse en finale…typique du millésime d’après le vigneron car c’est un Morgon Côte du Py Réserve 1998.


Bon sang, que le temps passe vite en compagnie de beaux vins et d’un vigneron qui ne boude pas son plaisir lorsqu’il s’agit de partager un moment de convivialité vinique avec quelques amateurs passionnés…Superbe !
Jean-Marc Burgaud a réussi un millésime 2010 plus classique mais de très belle facture et nous prépare le suivant avec confiance : « Au niveau qualitatif, la matière première des 2011 est impeccable (état sanitaire parfait et des degrés naturels oscillant entre 12° et 13°2) et les volumes sont satisfaisants…il y a de quoi faire de jolies choses »…Chiche !
Certains vins de 2010 ne se goûtent pas encore très bien : le fruités sont purs et bien définis mais les bouches ne sont pas encore parfaitement en place. Ceci dit, les matières sont impeccablement équilibrées et laissent envisager avec sérénité les quelques années de garde qui seront nécessaires à leur pleine expression.
2011 se situerait entre l’opulence ronde des 2009 et la finesse verticale des 2010, tous les jus goûtés semblent confirmer cette assertion…attention très grand millésime en perspective !
Pour les coups de cœur personnels je retiendrai cette année : le Morgon Cote du Py 2010 déjà bien ouvert, fruité, bien balancé et séducteur en diable, le James 2010 étonnamment causant et exprimant pleinement la profondeur de son terroir et surtout, ne l’oublions jamais, la qualité de l’accueil et le sourire de Jean-Marc…irremplaçables !

 

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  Vue de la calotte sommitale du Py.

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 10:45

 


La virée beaujolaise 2010 ayant tenu toutes ses promesses, j’ai donc décidé de reconduire cette expérience en 2011.
Cette année cependant mes contraintes familiales ne me permettent plus d’envisager des plages de liberté totale en dehors des congés scolaires, ce sera donc pendant les vacances de la Toussaint (je sais, il faut dire « d’automne ») que j’irai me promener sur les routes qui serpentent entre les collines de Belleville à Mâcon à la recherche de quelques bonnes quilles à encaver pour l’hiver.



 
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Sur les routes sinueuses du Beaujolais en automne…c’est pas beau ça !



Hélas, mes habituels copilotes m’ont fait faux bond cette fois-ci…qu’à cela ne tienne, le « poor lonesome alsacow-boy » ira se rincer le gosier tout seul.
Hoppla, c’est parti !



Jour 1. : étape in-extremis au domaine Buisson-Charles à Meursault

Initialement prévue sur le chemin du retour ma halte au domaine BC a du être avancée au lundi matin 9 heures : réveil à 4 heures 30 pour partir de Strasbourg à 5 heures…dur, dur pour un premier jour de vacances !!!
Patrick est à Bordeaux, Michel Buisson et son épouse profitent de quelques jours de repos au bord de la grande bleue, c’est donc Catherine qui assure la permanence au domaine et qui m’accueille dès potron-minet pour me faire découvrir quelques références du millésime 2010.
Sous les voutes de la cave, les rangées de fûts de chêne sont un peu moins hautes que d’habitude, la partie stockage a été vidée pour un grand nettoyage et la vinothèque du domaine subit un inventaire détaillé et une réorganisation complète.

 

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Inventaire et nettoyage des précieuses bouteilles de la vinothèque du domaine Buisson-Charles…

 

 

Après l’incontournable discussion sur l’évolution des prix des vins du domaine – un sujet très sensible qui allait déclencher un débat virulent sur la toile – nous nous retrouvons dans la sérénité de la cave face à une série de bouteilles…comme une sorte de retour aux choses essentielles !

 

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Au fond de la cave pour l'épreuve de vérité…
 

 

Il est un peu plus de 9 heures du matin et me voilà face à une série de blancs du millésimes 2010 que je me réjouis de pouvoir déguster…C’est grave docteur ?

 

 

Aligoté: le nez est pur et précis sur la poire williams et autres fruits blancs, la bouche est agréable, coulante, finement acidulée et déjà marquée par une belle touche minérale.
Fin et très gourmand cet aligoté pourra surement  jouer les trouble-fête dans des séries de chardonnays de la Côte de Beaune. J’ai toujours aimé comment le domaine travaillait ce cépage et ça n’est pas près de changer…MIAM !

Meursault Vieilles Vignes : le nez est discret, finement  floral, la bouche est svelte, élégante et toute en longueur.
Un peu réservé mais d’une grande distinction, voilà une expression très classieuse d’un Meursault…RE-MIAM !

Meursault Tessons : le nez est très discret, légèrement mentholé, la bouche se présente toute en puissance et en profondeur, la palette aromatique se définit davantage en finale avec des notes de citron frais et de menthe.
Ce beau terroir oublié dans le classement a encore tenu ses promesses cette année en nous donnant un vin concentré avec un très joli potentiel d’évolution.

Meursault 1° Cru Les Cras : les arômes de fruits blancs et de fleurs composent une palette très harmonieuse, la bouche est assez généreuse avec un beau gras et une finale longue et discrètement vanillée.
Le vin se présente avec retenue mais la noblesse de l’origine se décèle dans la plus grande complexité qui caractérise la palette et la structure.

Meursault 1° Cru Les Bouches-Chères : le nez est élégant et subtil avec des notes de miel de fleurs, en bouche la matière est plaisante et bien équilibrée mais on sent une puissante présence minérale qui tend fermement la structure.
Les notes miellées très murisaltiennes sont au rendez-vous mais ne nous y trompons pas ce premier cru est encore bien trop jeune pour s’exprimer pleinement…attention gros potentiel !

Meursault 1° Cru Goutte d’Or : le nez est discret et raffiné sur les fruits blancs avec une petite touche boisée en fond, la bouche est puissante avec une minéralité vibrante et une très grande longueur.
Le nom très flatteur de ce premier cru en fait une cible de choix pour les acheteurs de tout bord…mais il faut bien reconnaître qu’il n’y a pas que ça, car la dégustation révèle aussi la belle tenue de ce vin et fait presque regretter qu’il ne figure pas dans mon allocation pour cette année !

Nous enchainons avec 2 cuvées du millésime 2009 :

Meursault Vieilles Vignes : le nez s’ouvre doucement et délivre son message plein de miellé et fleuri, la bouche s’épanouit avec une belle rondeur et un gras très distingué, la finale est fraîche, bien déliée et revient sur les arômes du nez avec beaucoup d’élégance.
Un meursault où on sent bien la typicité du millésime 2009 : l’olfaction est très flatteuse, l’équilibre est généreux et gourmand mais le vin conserve sa tenue toujours très classieuse…pour moi cette cuvée vieilles vignes reste un must chez B.C.

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Meursault Tessons : le nez tout en retenue mais avec beaucoup de classe nous offre de belles notes florales et légèrement épicées, la bouche est plus parlante et pose avec générosité sa matière très épanouie mais bien équilibrée par une structure minérale qui soutient l’ensemble.
Tout en puissance mais peut être encore un peu jeune pour imposer sa vraie personnalité…Ce Tessons demande encore un peu de garde mais les heureux possesseurs de cette belle cuvée verront leur patience amplement récompensée.

Hélas mon temps commence à manquer, car il me faudra bien une heure pour me rendre à Morgon où Jean Marc Burgaud m’attend pour 11 heures, mais Catherine vient de chercher dans sa réserve une bouteille mystère qu’elle a décidé de me soumettre.
Ouh lahhh ! Je vais encore être amené à m’humilier (en plus devant l’épouse du boss), car malgré plus de 30 ans d’entraînement, ma capacité à identifier un vin inconnu est restée d’un niveau désespérant. Mais bon, puisqu'il faut y aller...

Après une réduction très fugace le nez livre d’intenses notes de poudre et de pierre à feu avant de partir sur un registre citronné et fleuri, la bouche possède une matière vive et puissante avec une structure très tendue et une finale longue où s’invitent des notes de pamplemousse.
Bizarre…face à cette palette et cette structure, j’ai immédiatement en tête les 2 Corton-Charlemagne bus récemment, un 1996 et un 1997. Je partage cette impression avec la vigneronne et je suis étonné d’apprendre que le bel inconnu est issu de l’un des 2 millésimes que j’ai annoncé…et en repensant à l’acidité, il me semble évident maintenant que cela ne peut être que 96. Pour le cru j’avoue ne pas avoir la culture nécessaire pour me faire une idée pertinente de l’origine de ce très beau vin…en plus j’ai bien envie de finir cette dégustation sur une bonne réponse !
En fait, c’est un Meursault Tessons 1996.


En partance pour quelques jours de vacances transalpines bien méritées, Catherine Essa a eu la gentillesse de me « coincer » dans son emploi du temps déjà bien dense pour me permettre de me faire une petite idée sur les cuvées 2010 du domaine Buisson-Charles.
Inutile de vous dire que cette petite heure passée en cave m’a fait oublier très vite mon réveil aux aurores (en fait, il faisait nuit noire…) : la qualité de l’accueil toujours irréprochable et les vins proposés d’un niveau qualitatif extra…quelle meilleure thérapie pour oublier une nuit trop courte !
J’ai ressenti les 2010 comme des vins particulièrement ciselés : précis, fins, élégants…du travail d’orfèvre. Chapeau les artistes !
Comme pour 2009, l’aligoté 2010 est splendide avec un rapport prix/plaisir incomparable, le Meursault V.V. dont le prix restera néanmoins très accessible s’impose chaque année comme mon coup de cœur personnel, Tessons m’étonne toujours par sa structure minérale (le 96 est emblématique à ce sujet) et les premiers crus encore sur la retenue disposent d’un très beau potentiel de garde.
Bref, malgré tout ce qui a pu se dire sur ce domaine, les chanceux qui pourront encaver l’un ou l’autre flacon de cette gamme ne le regretteront surement pas.


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Meursault émergeant de la brume automnale…beau tout simplement !

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 18:35


Contrairement à l’année passée c’est sous la canicule de fin août que nous nous retrouvons à faire notre traditionnel périple bourguignon avant de penser à la rentrée scolaire. Avec Martial qui m’accompagne pour la 3° année consécutive et deux « jeunots » du club AOC désireux de vivre quelques émotions oenophiliques in-situ, nous partons pour 2 jours de visites à la recherche de bons vins et de caves fraîches.


 

Jour 2 : Morey et ses grands crus – Santenay et ses premiers crus.


 

Domaine Françoise et Denis Clair à Santenay



Comme d’habitude, j’essaie toujours d’inclure la visite d’un nouveau domaine dans ma tournée, histoire de se faire surprendre et de compléter mon carnet d’adresses bourguignon, déjà bien fourni au demeurant.
Après quelques recherches croisées auprès de sources dignes de confiance, j’ai choisi de programmer notre ultime étape du côté de Santenay, au domaine de Françoise et Denis Clair.

 

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Transportant un rack de bouteilles de vin blanc, Denis Clair sort de sa maison et se dirige vers le chai en s’étonnant que nous ne le suivions pas spontanément : « normalement, lorsqu’un alsaco voit passer un gars avec des bouteilles dans les mains, il n’hésite jamais à lui emboîter le pas… »…voilà une prise de contact qui a le mérite d’être très directe !
Entre 2 taquineries sur l’Alsace, qu’il connaît visiblement très bien, notre hôte nous propose la dégustation de 5 vins blancs et de 5 vins rouges pour se faire une idée précise de la production du domaine, qui compte 20 références à la carte en 2011 (et certaines cuvées disponibles sur 2 millésimes). Avec la saine fatigue des papilles après 2 jours d’intenses sollicitations et l’heure fatidique du voyage retour qui approche, cette proposition tombait à pic.

 

 

Nous commençons par goûter les vins blancs sur 2009 :


Hautes Côtes de Beaune : le nez est discret et agréable sur les petits fruits blancs, la bouche se livre avec facilité et bonhommie car la matière est souple mais assez généreuse.
Issue de parcelles situées sur les coteaux des Maranges cette cuvée séduit par sa simplicité vraiment gourmande. A 8 euros c’est une entrée de gamme fort recommandable.

Santenay : le nez est discret, délicatement fruité, en bouche cette cuvée se démarque nettement de la cuvée précédente par son volume et sa tension.
Récoltés sur plusieurs parcelles situées autour du village de Santenay, ces chardonnays ont généré un vin vif et bien structuré.

Saint Aubin 1°Cru Les Frionnes : le nez est très agréable avec un fruité frais et épanoui (fruits blancs), des notes florales et une touche crayeuse, la bouche est droite et tendue avec une très belle minéralité en finale.
Le terroir classé 1° cru sur ce coteau situé à l’entrée du village de Saint Aubin marque déjà très profondément ce vin qui possède une palette complexe et une belle trame minérale.

Saint Aubin 1°Cru Les Murgers des Dents de Chien : le nez est très élégant, floral et particulièrement minéral, la bouche trouve un équilibre très tonique entre gras et minéralité, la palette aromatique s’épanouit et propose de beaux arômes d’agrumes frais, la finale très saline est marquée par de très beaux amers
Né dans une parcelle très caillouteuse située à la limite de l’appellation Puligny ce premier cru de Saint Aubin brille par sa pureté et sa richesse…voilà un très grand vin !

Puligny Montrachet 1°Cru La Garenne : le nez est très complexe avec un fruit discret, des notes pierreuse et un boisé fin, en bouche la matière est ample, l’acidité est bien large et la finale que de beaux amers rendent particulièrement digeste s’étire avec une belle longueur.
La Garenne se situe près des Champs Gain mais aussi tout près des Murgers des Dents de Chien…lorsque le boisé un peu plus présent que sur les autres vins (30% de fûts neufs) se sera fondu dans la matière on constatera sûrement le véritable air de famille qui existe entre ces 2 belles cuvées.


Nous poursuivons la dégustation par une série de vins rouges sur 2009 :

Hautes Côtes de Beaune : le nez est très gourmand sur les fruits rouges, la bouche est simple avec une structure très aérienne et une finale bien fraîche qui laisse deviner une trame tannique très fine.
Comme son homonyme blanc ce vin provient des hauteurs de Maranges ; avec une vendange éraflée à 100% on retrouve une sorte de quintessence du fruit…direct, flatteur mais sans chichis. MIAM !

Saint Aubin 1°Cru Sur le Sentier du Clou : le nez est charmeur sur la cerise mûre et les épices douces, la bouche charnue et équilibrée est d’accès facile, même si une belle trame tannique se révèle pour soutenir une finale bien longue.
Cette parcelle au nom énigmatique se situe au dessus du climat des Frionnes et a produit sur 2009 un vin au fruité croquant, qui se livre avec simplicité et authenticité.

 

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Santenay Clos Genet : le nez est assez discret mais avenant avec de délicates notes de griotte, la bouche dénote un peu par une structure assez virile mais bien équilibrée, la finale est richement aromatique avec des notes de réglisse et d’épices douces.
Cette parcelle située en bas de coteau près du village et en dessous du 1°Cru Maladière, produit une première cuvée de Santenay qui séduit par l’élégance distinguées de sa palette son équilibre très « terrien ».

 


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Vue de la cour du domaine Clair sur les vignes du Clos Genet



Santenay 1°Cru Clos des Mouches : le nez est discret, complexe et racé sur la cerise noire et le cassis, la bouche possède une chair veloutée soutenue par une charpente tannique puissante, la finale est très longue.
Même si on y repère facilement la noblesse de la provenance, cette très belle cuvée s’impose sans esbroufe…tout en distinction et en classe. Très beau vin !

 

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Santenay 1°Cru Clos de la Comme : le nez est fin et complexe sur un registre frais et fruité, la bouche est tonique et concentrée avec une finale fraîche et délicatement minérale.
Une parcelle de vignes de plus de 60 ans située à la limite du ban de Chassagne (à côté du 1°Cru Morgeot de Chassagne) nous livre un vin corsé et plein de sève…comme quoi bon sang ne saurait mentir !

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Attention, la rencontre avec Denis Clair peut être surprenante : vigneron adepte du franc-parler et de pointes d’humour parfois provocantes, il prend un malin plaisir à « bousculer » gentiment ses clients tout en leur proposant de passer en revue sa production vinique…esprits chafouins et susceptibles vous voilà prévenus !

En revanche, la rencontre avec les vins du domaine réserve beaucoup moins de surprises : la belle homogénéité et le haut niveau qualitatif de l’ensemble des cuvées est tout à fait conforme à nos attentes…et c’est bien là l’essentiel !

Les blancs sont vifs et expressifs, faciles d’accès dès leur jeunesse ils ne manquent cependant pas de matière ni de profondeur. A titre personnel je relèverai la cuvée 1° cru Murgers des Dents de Chien  2009 que je trouve vraiment de toute beauté.

Les rouges permettent un tour d’horizon presque complet de tous les beaux terroirs de Santenay : très terriens dans leur fond ces vins ont profité de la richesse du millésime 2009 pour bâtir des équilibres gourmands et raffinés. Mon coup de cœur ira sans hésiter vers le magnifique Clos des Mouches…GRAND MIAM et GROS SLURP !!!!

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 15:11

 

Contrairement à l’année passée c’est sous la canicule de fin août que nous nous retrouvons à faire notre traditionnel périple bourguignon avant de penser à la rentrée scolaire. Avec Martial qui m’accompagne pour la 3° année consécutive et deux « jeunots » du club AOC désireux de vivre quelques émotions oenophiliques in-situ, nous partons pour 2 jours de visites à la recherche de bons vins et de caves fraîches.

 

 

Jour 2 : Morey et ses grands crus – Santenay et ses premiers crus.


Domaine Castagnier à Morey-Saint-Denis

 

Après une soirée très réussie avec un repas superbe à l’Ouillette, un restaurant hautement recommandable à Santenay (plats raffinés, carte de vins où les bons crus locaux abondent et rapport Q/P exceptionnel) et une nuit tranquille du côté de Meursault nous voilà « on the road again » pour notre avant-dernière étape à Morey Saint Denis, chez Jérôme Castagnier.
Depuis ma première visite, le passage chez ce vigneron s’est imposé comme une étape incontournable : des terroirs exceptionnels, de grands vins et un hôte dont la générosité et le sens de l’accueil étonnent à chaque fois…une bénédiction pour tout œnophile !
 

 

Comme d’habitude, nous commençons cette belle séquence de dégustation par quelques vins en bouteilles :

Aligoté 2008 : le nez est discret mais avec une minéralité très présente (notes de craie), la bouche est élégante et légère avec une structure droite et une finale fraîche et toujours bien minérale.
Ce vin simple mais très pur montre qu’on peut se faire plaisir avec un « petit » cépage comme l’aligoté, pour peu qu’on trouve un vigneron qui le traite avec autant d’égard qu’un cru plus réputé (je sais, je radote…).

Bourgogne Grand Ordinaire Rosé 2008 : le nez très aérien s’ouvre sur un registre floral pour évoluer vers des notes d’agrumes (pomelo), la bouche est fringante avec un équilibre juvénile et une finale bien fraîche bien marquée par les agrumes.
Toujours aussi surprenant, ce rosé léger et gourmand n’est vinifié que si le goût des raisins est conforme aux attentes du vigneron : « sur cette parcelle de pinot noir près du domaine où nous produisons nos cuvées génériques de bourgogne, je ne fais du rosé que si je trouve des arômes d’agrumes dans les raisins »…il n’y aura d’ailleurs pas de rosé 2010 ni de 2011. A bon entendeur…

 

 
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Jérôme Castagnier qui présente son travail et sa conception du vin…un exercice qu’il maîtrise avec brio.

 

Notre visite se poursuit dans le chai où Jérôme Castagnier nous propose de goûter des échantillons du millésime 2010: les vins sont finis et séjournent encore en barriques.

 

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Les vins de 2010, dans la cave nettement moins remplie que l’année passée…

 


Chambolle Musigny : le nez s’ouvre sur des notes légèrement torréfiées avant de se remplir de fruits rouges, la bouche est très élégante et propose une farandole d’arômes (bigarreau, framboise, noyau de cerise) qui se prolongent de façon très gourmande.
Une parcelle de vieilles vignes, (plantée en 1934…donc presque octogénaire) a produit cette année un Chambolle fin et racé…après 2009 et sa structure plus charpentée, revoilà une expression plus archétypique de ce beau terroir.

Gevrey Chambertin : le nez révèle d’abord des notes de poudre à canon et de pierre à feu, peu à peu de beaux arômes de cassis font leur apparition, la bouche est ample, très profonde, la finale revient sur les fruits noirs avec une petite touche réglissée.
Comme les années précédentes ce Gevrey joue les séducteurs…mais sa présence en bouche ne trompe pas, le 2010 sera un beau vin de garde.

Morey Saint Denis : le nez est assez réservé sur un registre fruité mais avec des notes bien minérales en fond, la bouche est ample, l’équilibre gourmand et la finale très longue revient de façon plus explicite sur le fruit et la minéralité.
Issu d’une parcelle extrêmement bien placée « juste en dessous des vignes de Charmes Chambertin », ce Morey est déjà profondément marqué par le terroir…pas étonnant lorsqu’on connaît son illustre voisin.

Charmes Chambertin : à l’ouverture, le nez se montre assez discret et proche de celui du Morey, par la suite des arômes très précis de cerise burlat envahissent le verre, en bouche l’attaque est bien vive mais très vite la matière se fait ronde et caressante avec toujours ces notes de cerise mûre, la finale revient sur plus de finesse et de minéralité.
Pur, précis, ample et profond mais déjà terriblement séduisant…un Charme irrésistible !
 

 

Clos Saint Denis : le nez est bien ouvert sur les fruits rouges et la prune, en bouche l’attaque est souple mais le volume est conséquent avec une trame tannique fine et soyeuse qui structure l’ensemble, la finale très longue révèle une belle minéralité mais aussi de délicieuses notes de pêche de vigne.
Ce Grand Cru petit par sa surface et exploité principalement par des vignerons indépendants reste toujours un peu dans l’ombre de ses prestigieux voisins. Chez Jérôme Castagnier cette bouteille s’impose millésime après millésime comme un modèle d’élégance et de raffinement.

Clos de la Roche : le nez marqué par des notes torréfiées à l’ouverture se développe sur un registre discret mais très minéral (pierre chaude, silex), la bouche est virile et corsée avec une trame tannique riche et une longue finale où se manifestent de beaux arômes de pêche de vigne et de poivre blanc.
Ce Grand Cru est un vrai concentré de minéralité…2010 est un millésime qui apporte une explication par les papilles du sens de l’appellation Clos de la Roche. Superbe !

 

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La paire de grands crus de Morey version 2009



Clos de Vougeot : le nez est déjà très charmeur avec un bouquet joliment floral et un fond bien minéral, la bouche est dense et charnue soutenue par une acidité longue et noble et une trame tannique veloutée, la finale possède une persistance aromatique de toute beauté.
Jérôme Castagnier travaille une parcelle dans le haut du Clos, dans le secteur du Grand Maupertuis. Entouré de noms prestigieux de la Côte, il s’applique à tirer chaque année la quintessence de ce terroir historique…en 2010 ce fût « Mission accomplie », bravo !

 

 

Pour terminer ce tour de cave toujours aussi passionnant, nous revenons vers notre point de départ où nous attendent 2 bouteilles mystère :

Le premier se montre ouvert sur des fruits rouges bien croquants, la bouche est pleine de charme et de gourmandise avec une finale fraîche et sapide…n’étant plus à une bêtise près chez Jérôme Castagnier (cf ma visite de l’an passé) je me lance « Chambolle ? »
Bien entendu, je viens encore de dire une énormité…mais notre hôte a l’air ravi (et on le comprend) car la première bouteille mystère est un « simple » Bourgogne Grand Ordinaire 2009.
Qui aurait pu dire qu’après cette série de grands vins on pouvait encore être étonné ? Malgré son nom vraiment « peu vendeur » ce vin est tellement bluffant qu’il arrive presque à me faire oublier l’humiliation que je lui dois. RRRRR !

 

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Le rapport Q/P exceptionnel du domaine…et une nouvelle humiliation pour votre serviteur !

 

 

Le deuxième flacon anonyme se montre tout aussi délicieusement fruité que le précédent avec une structure longiligne très élégante et une très belle présence en finale. Là, je n’ai même pas le courage de vous révéler le nom du cru que j’ai pensé avoir reconnu…mais sachez que si j’avais un peu d’amour propre, la honte subie aurait du me pousser à arrêter définitivement mon activité de chroniqueur vinique amateur, car ce n’était qu’un Bourgogne Passetougrain 2009.
Vendue à 4euros50 (comme le BGO d’ailleurs), cette bouteille d’entrée de gamme est aussi troublante que la précédente. Il va sans dire que le rapport Q/P de ces 2 références est absolument hallucinant !


Jérôme Castagnier a réussi un millésime 2010 dont on reparlera certainement : avec des rendements très bas (40 hl/ha en moyenne toutes appellations confondues) dus aux effets conjugués des gelées de décembre, des pluies lors de la floraison et du millerandage, mais une vendange d’une qualité remarquable, il a pu produire des cuvées splendides sur la plupart des appellations. « Selon les parcelles, j’ai perdu entre 30 et 100% de la récolte mais les raisins que j’ai rentrés étaient de toute beauté, sains et mûrs avec un degré naturel élevé qui a évité la nécessité de chaptaliser ».
Les cuvées dégustées en cours d’élevage étaient déjà fort bien dessinées avec un marquage du terroir encore plus évident que sur le millésime précédent. Sur 2009 la finesse de l’origine était parfois masquée par des matières très puissantes alors qu’avec ce nouveau millésime on commence déjà à ressentir la subtilité des terroirs bourguignons au fond du verre.
Je crains que, bien qu’ils le méritent amplement, les crus de 2010 seront très difficiles à garder…
Hélas, avec des prix maintenus volontairement à un niveau plus que raisonnable, les bouteilles de Jérôme Castagnier se vendent très facilement et les stocks sont rapidement épuisés sur la plupart des appellations : en cette fin août, il n’y avait plus aucun cru de 2009 à vendre et 4 références de 2010 étaient déjà épuisées…OUCH !
Moralité : réservation obligatoire si on veut avoir une chance de mettre l’un ou l’autre flacon du domaine dans sa cave.
Il est évident que Jérôme Castagnier se plaît dans son rôle de vigneron mais lorsqu’on a la chance de le découvrir dans sa cave en train de présenter ses vins et son travail à des clients, on voit bien que l’artiste n’est jamais très loin…voilà certainement un spectacle à ne pas rater du côté de Morey Saint Denis !

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 16:46

 

 

Contrairement à l’année passée c’est sous la canicule de fin août que nous nous retrouvons à faire notre traditionnel périple bourguignon avant de penser à la rentrée scolaire. Avec Martial qui m’accompagne pour la 3° année consécutive et deux « jeunots » du club AOC désireux de vivre quelques émotions oenophiliques in-situ, nous partons pour 2 jours de visites à la recherche de bons vins et de caves fraîches.


Jour 1. : petite descente nord-sud de Concoeur à Puligny en passant par Pernand.

 

 

 

Domaine François Carillon à Puligny-Montrachet

 

 

 

La dernière étape de cette journée déjà bien remplie nous conduit au pied de ce coteau béni où naissent les plus grands vins blancs du monde, dans le village de Puligny Montrachet, pour une nouvelle visite au domaine François Carillon.
 

 

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Puligny vu du secteur des Combettes


 

Après la séparation du domaine Louis Carillon et fils en deux exploitations distinctes, François Carillon ne ménage pas ses efforts et ses investissements pour se créer un outil de travail et de production performant afin de pouvoir maintenir le haut niveau de qualité lié à ce nom depuis des décennies.

 

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Lorsque nous nous présentons au domaine en fin d’après midi François Carillon nous attend pour nous faire découvrir ses vins et, malgré le stress lié aux vendanges qui approchent et aux travaux d’agrandissement qui se terminent doucement, ce vigneron nous reçoit avec le sourire et nous emmène pour une visite complète et particulièrement intéressante de son domaine. Chapeau monsieur !
 

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Dans cet ensemble de maisons place de l’église, François Carillon est en train de faire d’importants travaux de restructuration pour gagner des espaces professionnels.

 

Après un passage dans les  nouveaux chais en construction (photos l’année prochaine…promis) qui permettront à ce vigneron un maximum de souplesse dans le travail en cave nous nous rendons dans la cuverie où les vins de 2010 sont prêts pour la mise.

 

 

Nous dégustons tous les blancs 2010 prélevés sur cuve :

Aligoté : le nez est discret et pur sur les fruits blancs, la bouche possède un joli volume et une fraîcheur délicate.
Récolté sur 3 parcelles de vieilles vignes et élevé en fûts (non neufs) ce vin frais et guilleret réjouit les papilles. Voilà un aligoté travaillé comme un grand vin…la signature Carillon ne se met pas à la légère.

Bourgogne blanc : le nez est net et franc bien que très discret, la bouche étonne par la qualité de sa texture et par sa minéralité vibrante qui prolonge la finale.
Découverte l’année passée cette très belle cuvée tient ses promesses : une superbe entrée de gamme pour découvrir l’esprit hautement qualitatif de cette maison.

Puligny Villages : le nez s’ouvre sur des notes discrètes de mie de pain avant de livrer des fragrances de fougère particulièrement élégantes,  la bouche est finement ciselée avec un équilibre idéal et une jolie persistance aromatique.
Une fois de plus, la parcelle des Noyers Bret a produit une très belle cuvée sur 2010 : les arômes se révèlent progressivement et la structure en bouche est déjà très gourmande. Ce premier vin de l’appellation frappe un grand coup et nous rassure pleinement sur la qualité de ce millésime…vivement la suite de la série !

 

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1° Cru Champs Gain : le nez est fin et discret sur un registre floral, la bouche est très élégante, toute en soie et en puissance contenue, la finale est fraîche et bien minérale.
Ce vin frappe immédiatement par sa présence tout en distinction et en retenue assise sur une matière irréprochable. Le verdict du palais révèle de façon très nette qu’on est monté d’un cran dans la hiérarchie.

1° Cru Les Folatières : le nez s’exprime déjà joliment sur les agrumes frais et la craie, la bouche possède une matière puissante et une texture très caressante, la finale revient sur le fruit avec une petite touche mentholée.
Déjà bien en place sur le plan olfactif ce vin se montre déjà très séduisant mais ne vous y trompez pas, il y a vraiment du fond dans cette cuvée et les amateurs qui patienteront un peu se réservent de très belles émotions à venir…

1° Cru Les Combettes : le nez est d’une pureté cristalline mais assez discret sur le citron frais et la craie, la bouche laisse une impression de plénitude et d’évidence qui est presque magique.
Coincée entre les Champs Canet (en haut) et les Referts (en bas) cette parcelle a livré cette année une cuvée qui tutoie la perfection…rien à dire de plus, buvons que diable !

1° Cru Les Perrières : le nez est vif et pointu sur la pierre chaude et le pomelo, la bouche est droite et bien massive, la finale est très longue sur le fruit avec une minéralité particulièrement marquée.
Voilà peut-être le seul premier cru que je me sens capable d’identifier à l’aveugle (après plus de 20 ans de fidélité au domaine…quel exploit !!!!!), tant sa présence minérale est palpable à chaque étape de la dégustation…Très grand !

Chevalier Montrachet : le nez est discret et raffiné avec un peu de fougère, des épices et un boisé discret, en bouche la matière est imposante et laisse une impression de volume très sphérique, la finale très longue et profondément aromatique offre une palette bien complexe (agrumes frais, épices boisé fin).
Goûté une première fois en automne alors qu’il était encore en cours d’élevage, ce vin magnifique s’exprime aujourd’hui de façon plus nette en révélant une personnalité pleine d’énergie et de noblesse…

 

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Voilà un endroit où il fait bon posséder quelques rangs de vigne…


Avec près de 6,5 hectares en propriété et une grande envie de mettre son outil de travail à un niveau qui lui permet d’exprimer pleinement ses talents de vigneron et de vinificateur, François Carillon poursuit petit à petit son installation au centre du village de Puligny.
Au niveau de la vigne, il ne veut pas prendre le risque de se trouver les mains liées par la charte bio, mais s’astreint à des pratiques respectueuses de l’environnement en évitant ou en limitant autant que possible les interventions chimiques, notamment par un important travail du sol et une présence très régulière dans la vigne.
Pour les vinifications, ce vigneron envisage quelques évolutions : tout d’abord, avec l’augmentation de la surface des caves il pourra jouer avec davantage de souplesse sur la durée des élevages, ensuite, depuis qu’il signe les vins de son nom, François Carillon a choisi de baisser sensiblement le taux de SO2 libre dans ses cuvées. « 40 à 45 mg/l sont suffisants pour protéger mes vins ».
Les vins du millésime 2010 sont issus d’une belle vendange avec des degrés alcooliques naturels entre 13° et 13°8 et des acidités entre 6 et 6,5 g/l. Ils ont été vinifiés et élevés en pièces bourguignonnes (neuves pour ¼ sur les crus de Puligny) durant 10 à 12 mois.
La dégustation des vins de ce millésime a révélé un très haut niveau qualitatif et une grande homogénéité sur l’ensemble de la gamme : les palettes aromatiques sont plus ou moins expressives selon les cuvées mais toujours d’une pureté cristalline, les matières sont généreuses, les acidités sont profondes et mûres…des vins au charme déjà irrésistible aujourd’hui mais dont la structure leur permettra à coup sûr de durer dans le temps. MAGNIFIQUES tout simplement !
 

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Un trio « collector » avec les premiers crus du dernier millésime estampillé Louis Carillon…une page est tournée.



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  • : Vins, vignobles et vignerons.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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