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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 12:17


Cette année la remontée de notre villégiature ardèchoise vers le grand nord s’est effectuée en deux étapes : nos amis Dominique et Linda qui habitent une coquette maison au bord du lac Léman nous ont invités à faire une boucle du côté de la Haute Savoie pour partager quelques moments de convivialité avec eux avant de retourner à Strasbourg.
Lors d’un précédent séjour (il y a 4 ans) notre hôte nous a fait découvrir le vin de Crépy en me faisant déguster deux bouteilles qui m’avaient agréablement surpris.

C’est les vacances, le temps ne manque pas et les coteaux de ce vignoble se trouvent à quelques kilomètres de notre lieu de résidence…il n’en fallait évidemment pas plus pour que je décide d’aller fureter sur les hauteurs de Douvaine pour découvrir cette appellation. C’est parti pour une visite au Domaine de Senoche.

 

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   Par ici l’entrée…


C’est Henri Deturche qui nous reçoit dans le caveau de dégustation où nous nous installons autour d’une table pour siroter gaillardement une bouteille de Crépy 2011 tout en discutant de cette appellation assez méconnue.

Crépy est une toute petite appellation qui s’étend sur 4 communes de la rive sud du Léman (Massigny, Douvaine, Ballaison et Loisin) et dont la production moyenne s’élève à 4200 hl par année.

 


crepy Vue aérienne du vignoble de Crépy.



Les frères Deturche ont acheté ce domaine en 1982 pour compléter leur activité de production laitière et se faire plaisir en produisant leur vin.
Henri Deturche est à la retraite depuis 4 ans mais il continue de travailler au domaine de Senoche parce qu’il aime passer du temps dans ses vignes « sur un terroir comme celui de Crépy la présence régulière dans les vignes est absolument nécessaire, depuis le 1° mai, j’y suis tous les jours… ».

Ces collines implantées sur une molasse calcaire sont recouvertes d’une couche argilo-limoneuse plus ou moins profonde, qui offre à la vigne un sol assez fertile.


 

Vacances-ete 0684-copie-1Un pied de chasselas du domaine.
 

 

Les vins sont issus du chasselas, un cépage prolixe qui exige un contrôle très sévère des rendements pour donner le meilleur de lui-même « Le rendement idéal pour notre appellation se situe entre 50 et 60 hl/ha ». Sur 2011, malgré la taille et l’ébourgeonnage « il faut couper du raisin tous les jours pour ne garder que 8 grappes au maximum par pied de vigne ».

 

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Petit tour dans les vignes du domaine.

 

Les 3 hectares de vignes du domaine se trouvent sur un coteau exposé au nord-ouest, juste à côté de la maison, à une altitude de 650 mètres.

 

Vacances-ete 0683Partie basse des vignes du domaine de Senoche.
 


Les vignes sont travaillées sans désherbant ni insecticide et enherbées depuis 15 ans « au début c’était pour éviter l’érosion et le ravalement en stabilisant le sol sur ces rangs qui font 120 mètres de long…mais très rapidement nous avons constaté bien d’autres avantages liés à cette pratique : le feuillage est d’un très beau vert clair, et les fruits sont épanouis millésime après millésime ».
 

Vacances-ete 0682Les rangs de vigne du domaine en juillet.

 

 

Les vendanges sont manuelles et les raisins sont pressés entiers dans un vieux pressoir vertical.

 

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Henri Deturche face à son pressoir vertical

 

Les vins fermentent sous l’effet des levures indigènes et sont mis en bouteilles au printemps « Nos levures indigènes sont de très bonne qualité, les fermentations alcooliques et malo-lactiques se déclenchent facilement et sont très régulières ».
Ils sont mis en bouteilles au mois de mai avec un sulfitage très léger (environ 20 mg de SO2 libre).
 

 

Actuellement le domaine de Senoche commercialise son Crépy 2011 que nous dégustons de façon très approfondie (un euphémisme pour dire que la bouteille y est passée comme une lettre à la poste !) :
l’aromatique évolue continuellement pour nous offrir une palette complexe sur la paille fraîche, la pomme reinette, le miel de fleurs avant de dévoiler une touche pierreuse et crayeuse très intéressante. En bouche, l’attaque est souple, une acidité bien mûre soutient une structure élégante et légère, la finale est marquée par une pointe minérale agréable et quelques jolis amers.

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Ce vin blanc léger (11°5 – 0g de SR – 3g AT) guilleret et très « glissant » se goûte fabuleusement bien aujourd’hui. Certes on n’entre pas dans le monde des grands vins mais ce Crépy rudement bien fait possède un potentiel de séduction diabolique…et un prix qui ne va pas vraiment dissuader un boit sans soif comme moi (5,50 la quille !).

 

 

Le Crépy 2009, dégusté le soir, présente une structure un peu plus généreuse avec quelques grammes de SR en plus et une palette proche de celle du 2011 mais avec davantage de notes de fruits secs (amande) et de miel.

 

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Contrairement à ce qu’on pourrait penser les vins blancs de Crépy se comportent très bien face au temps qui passe, même si dans le cas des vins du domaine de Senoche c’est le millésime qui a le dernier mot, ce 2009 est à point mais comme nous l’a dit Henri Deturche «  dans les millésimes froids comme 2010, les acidités sont plus marquées et tiennent les vins durant de longues années »


A force de séjourner sur la rive sud du lac Léman et de voir ces coteaux couverts de vignes, l’envie de faire une petite escapade du côté du vignoble de Crépy grandissait et cette étape savoyarde fut une occasion toute trouvée pour donner corps à ce projet.
Situé en haut du coteau de Crépy, le domaine de Senoche est la concrétisation d’un rêve d’une famille de fermiers éleveurs passionnés de vin.
Aujourd’hui Henri Deturche est à la retraite depuis 5 ans et prend visiblement beaucoup de plaisir à exercer son activité de vigneron à plein temps.
Les pratiques viticoles sont exigeantes et respectueuses de l’environnement et le travail en cave est traditionnel et bien maîtrisé. Comme nous le rappelle Henri Deturche : « l’important c’est les raisins, avec une vendange de très bonne qualité, le vin se fait pratiquement tout seul »…et il faut croire que ça ne fonctionne pas trop mal car ces Crépy 2011 et 2009 dégustés aujourd’hui nous ont particulièrement séduit.

Merci à Henri Deturche pour son accueil !

 

Vacances-ete 0690Le coteau du Crépy avec le domaine Mercier à mi-pente et le domaine de Senoche en haut.

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 12:44

 
Comme l’année passée, j’ai profité de mon séjour à Grospierres (07) pour faire une visite expresse dans le vignoble autour des Dentelles de Montmirail en compagnie de l’ami Cyril. A la fois cycliste confirmé et œnophile passionné, cet ardèchois est un guide de premier choix : il connaît parfaitement les routes qui serpentent à travers ces superbes paysages au pied du Mont Ventoux mais aussi un bon nombre de caves où il fait bon s’arrêter pour déguster les meilleurs crus locaux.

 

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Les Dentelles d’un côté…

 
Vacances-ete 0679…et le Ventoux de l’autre, le Paradis ne doit pas être très loin !



Après Beaumes de Venise, c’est la montée vers le Col de Suzette où nous dépassons de nombreux cyclistes qui profitent des dernières fraîcheurs matinales pour se chauffer les jambes sur cette très belle route (ceci dit, elle est belle pour moi parce que je suis assis dans une voiture…sur un vélo je crois que j’apprécierai nettement moins le paysage !). Arrivés à la « Ferme Saint Martin », la vue est toujours aussi splendide et je ne peux m’empêcher de refaire les mêmes photos que l’année passée avant de pénétrer dans le caveau de dégustation du domaine.

 

Vacances-ete 0678Suzette vu de la Ferme Saint Martin…version 2012

 

Comme l’année passée nous sommes reçus par mademoiselle Jullien toujours aussi sympathique dans un caveau toujours aussi accueillant et une gamme de vins proposant 3 couleurs et 3 A.O.C. toujours aussi belle…je crois que je suis en train de développer une addiction !
 

Vacances-ete 0684Une partie du caveau est dédiée à des expositions d’œuvres d’art.


C’est parti pour un nouveau tour complet des cuvées proposées à la vente actuellement :

Rosé d’Entrevon – Ventoux 2011 : le nez est assez discret mais très fin avec des notes florales sur fond de bonbon acidulé, la bouche est gourmande avec un équilibre sec et une finale très dynamique qui réveille bien les papilles.
Avec une palette plus subtile et un équilibre plus vif que sur 2010, cet assemblage à parts égales de grenache, cinsault et syrah est toujours aussi charmeur et désaltérant. Un rosé d’été fin et précis…super !

 

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Les Romanins – Côtes du Rhône 2011 : le nez est fin et discret sur la cerise bigarreau et les herbes de garrigue, la bouche se montre assez charpentée avec un équilibre frais et une finale où les tanins sont assez présents.
Assemblage de jeunes vignes de grenache (80%) et de syrah (20%) sur le terroir de Beaumes de Venise ce vin séduit par une palette aromatique très raffinée mais reste encore un peu dur en fin de bouche. J’ai un peu la même sensation que lors de la dégustation des cuvées rouges des Bernardins…sur le moment je ne saurai pas dire si cette sensation est due à une caractéristique du millésime ou à mon incapacité personnelle de goûter correctement ce type de vin en matinée…
Gageons que la suite de la série nous apportera quelques éléments de réponse.

La Gérine – Ventoux 2011 : le nez est flatteur sur la cerise noire, le noyau et l’amande douce, la bouche est charnue avec une matière assez concentrée et une finale marquée par une légère présence tannique, beaucoup de fraîcheur et des arômes de réglisse persistants.
Issue d’un assemblage de grenache (50%), cinsault (25%) et carignan (25%) récoltés sur le terroir de Saint Hippolyte le Graveyron, cette cuvée rouge est l’œuvre du fils Jullien qui a choisi une vinification en macération carbonique pour apporter ce côté fringant et croquant à ce vin particulièrement séduisant. Joli !

Les Estaillades – Ventoux 2011 : l’olfaction est complexe sur les fruits noirs et les épices, en bouche la matière est dense, les tanins sont serrés mais très fins et la finale bien longue révèle de jolies notes d’herbes aromatiques méridionales.
Issu de grenaches (95%) et de cinsaults (5%) récoltés sur le secteur de Barroux ce très beau vin flatte les sens par sa subtile palette très typée « sud » et son équilibre très gourmand en bouche…MIAM !

 
Vacances-ete 0681L’espace de dégustation du domaine de la Ferme Saint Martin…chaleureux et convivial.


 

Les Terres Jaunes – Beaumes de Venise 2011 : le nez est raffiné avec un fruité épanoui et quelques notes réglissées, la bouche possède un côté rond et glissant très agréable, les tanins sont présents mais enrobés par une matière assez généreuse, la finale est bien longue et légèrement marquée par un pointe alcooleuse.
Issue d’un assemblage de grenache (80%) et de syrah (20%) récoltés sur des parcelles argilo-calcaires situées autour du domaine, cette cuvée se montre immédiatement plus puissante que sur 2010 et cette dégustation très matinale laisse une petite impression de chaleur en finale mais la bouteille ouverte le lendemain pour accompagner un dîner estival était superbe d’élégance et de gourmandise…Rassuré !


 

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Saint Martin – Beaumes de Venise 2010 : le nez s’ouvre su des notes de fumée avant de laisser place à une palette très avenante sur la cerise, la pêche de vigne et les herbes de garrigue, la bouche est charnue et concentrée avec une trame tannique assez virile et une finale discrètement boisée.
Cette cuvée conçue à partir d’un assemblage de très vieilles vignes (entre 75 et 100 ans) de grenache (90%) et de syrah (10%) élevé en partie en foudres est le vin de la gamme qui doit vieillir un peu avant de se livrer pleinement… d’ailleurs le Saint Martin 2007 dégusté quelques jours plus tard avec mon compagnon d’échappée était simplement parfait !

Costancia – CDR Beaumes de Venise 2010 : l’olfaction est très expressive sur les fruits noirs très mûrs (cassis, myrtille), l’amande douce et une pointe de genièvre, la bouche se livre très facilement avec une texture très soyeuse, la matière est très juteuse et le grain tannique d’une belle finesse, la finale est longuement aromatique et délicatement acidulée.
Cet assemblage à parts égales de syrah et de grenache récoltés sur les terroirs d’éboulis calcaires sous les Dentelles de Montmirail est élevé pour une partie en barriques de chêne. Cette très belle cuvée haut de gamme est construite pour durer dans le temps mais son charme actuel presque irrésistible donne un côté cornélien à ce choix…mais je vais quand même essayer de sauver une ou deux bouteilles de l’infanticide !



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Fleur de Terroir – Côtes du Rhône blanc 2010 : le nez est intense et très flatteur sur les agrumes mûrs avec une fine touche boisée, en bouche l’attaque est vive et la matière bien charnue garde un équilibre plein de peps, la finale est nette et prolonge l’aromatique du nez avec un sillage assez long sur le pamplemousse.
La « surprise » de l’année dernière tient son rang sur le millésime 2010 : cet assemblage à parts égales de roussane et de clairette est plein d’énergie et de gourmandise. Voilà un blanc sudiste qui parle avec un accent q’un alsaco comprend sans efforts…Etonnant, non… ?

 

 

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- Crée en 1964 sur les vestiges d’un ancien édifice religieux du XII° siècle (le couvent ou la chapelle Saint Martin) ce domaine exploite 23 hectares de vignes plantées entre forêts et garrigues au pied des Dentelles de Montmirail. La famille Julien pratique une viticulture exigeante pour récolter une matière première de qualité irréprochable : culture bio, vendanges manuelles, tries sévères et égrappage total. La récolte de raisins parfaitement sains et mûrs permet à ces vignerons d’élaborer leurs cuvées avec des processus de vinification très naturels : pas d’intrants en cave et un sulfitage minimal à la mise (10 à 20 mg/l selon les cuvées).
D’accord, j’ai repris mon paragraphe de l’année passée…mais c’est les vacances quand même !!!

- Sur 2011 les vins montrent des équilibres toujours aussi frais et dynamiques même si les matières semblent un peu plus solides. D’après mes impressions personnelles, les rouges demanderont un léger carafage ou un accompagnement culinaire parfumé aux senteurs méridionales pour nous procurer un maximum de plaisir dès aujourd’hui. Les chanceux qui ont de la place dans leur cave peuvent choisir quelques références de cette jolie gamme pour les faire vieillir et profiter de leur phase de plénitude dans quelques années (de 3 à 7 ans selon la cuvée). Sur 2010 Saint Martin demandera le même traitement que les 2011 par contre, Costancia et Fleur de Terroir sont presque irrésistibles à l’heure actuelle…MIAM !!!

- Pour les coups de cœur, j’ai simplement envie d’en octroyer un ENORME au domaine dans son ensemble pour la qualité du travail, de l’accueil et des vins, pour la sagesse des prix pratiqués, pour la beauté du site…et bien d’autres choses encore qui me feront y revenir l’année prochaine et qui, je l’espère donneront envie à plein d’œnophiles d’aller faire un crochet derrière les Dentelles pour visiter ce petit coin de Paradis.

 
Vacances-ete 0686La ferme Saint Martin sous le soleil généreux du mois de juillet 2012.

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 11:19

 

Comme l’année passée, j’ai profité de mon séjour à Grospierres (07) pour faire une visite expresse dans le vignoble autour des Dentelles de Montmirail en compagnie de l’ami Cyril. A la fois cycliste confirmé et œnophile passionné, cet ardèchois est un guide de premier choix : il connaît parfaitement les routes qui serpentent à travers ces superbes paysages au pied du Mont Ventoux mais aussi un bon nombre de caves où il fait bon s’arrêter pour déguster les meilleurs crus locaux.

 

Vacances-ete 0687Les Dentelles d’un côté…

 

 

Vacances-ete 0679 …et le Ventoux de l’autre, le Paradis ne doit pas être très loin !

 

 

Pour des raisons de timing, l’ordre des visites a été inversé par rapport à 2011 et c’est ainsi que notre première halte vinique se situe à Beaumes de Venise pour une dégustation matinale de muscats au Domaine des Bernardins.

La gamme de vins est restée la même par contre, comme nous disposons d’un peu plus de temps que l’année passée, nous pouvons commencer par goûter les cuvées de vins rouges que nous avions été contraints d’ignorer lors de notre dernier passage.

Les Balmes – Côtes du Rhône 2011 : le fruité est bien expressif au nez, en bouche, après une attaque assez ronde les tannins un peu accrocheurs donnent un côté assez rustique à la finale.
Cet assemblage dominé par le grenache (90%) et complété par la syrah possède une expression aromatique séduisante mais se montre un peu rude en fin de bouche…ceci dit, il est 10 heures du matin et mon palais est sûrement un peu sensible.

Beaumes de Venise 2011 : le nez est plus discret mais plus complexe avec un fruit toujours présent et de jolies notes méridionales de garrigue, la bouche est bien gourmande avec une matière charnue et une trame tannique plus soyeuse.
Avec 65% de grenache et 35% de syrah ce vin rouge à l’aromatique bien typée est d’une approche plus facile, même s’il semble encore bien trop jeune pour montrer toutes ses qualités.

Doré des Bernardins 2011 – VDP de Méditerranée : le nez est intense avec un bouquet floral particulièrement charmeur (rose, violette…), en bouche la matière est bien onctueuse mais l’équilibre est sec (moins de 2g de SR), la finale est fraîche mais assez courte.
Malgré les sensations olfactives qui nous promettent une certaine richesse en bouche, ce vin blanc est techniquement sec. Surprenant au premier abord mais au bout du compte on tombe très facilement sous le charme de ce vin au caractère très primesautier…J’adore !

 

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L’Esprit Libre 2011 – VDP de Méditerranée : le nez est subtil et raffiné sur le raisin frais, l’abricot et le pétale de rose, la bouche est délicatement moelleuse avec une pointe de nervosité pour créer un équilibre assez tonique, la finale est plus longue et le sillage aromatique fruité se complexifie avec quelques notes de poivre blanc.
Plus réservée mais plus complexe que la cuvée dégustée l’année passée, ce muscat demi-sec (autour de 30g de SR) s’impose à nouveau comme le vin d’apéritif par excellence : aromatique à souhait mais d’une grande légèreté en bouche…MIAM !

 

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Muscat de Beaumes de Venise 2011 : la robe est plus soutenue, l’olfaction encore un peu discrète mais déjà bien complexe livre des arômes très caractéristiques de raisins de Corinthe, de fleurs et d’épices douces, la bouche est très suave, le moelleux est présent mais pas trop pesant, le toucher est onctueux et la finale finement miellée et épicée est très longue.
Moins direct et moins exubérante que sur le millésime précédent, cette cuvée emblématique du domaine révèle cependant des éléments constitutifs de très grande classe. Ce vin qui présente l’originalité d’associer des muscats à petits grains blancs et noirs (75/25) demandera un peu de patience pour s’exprimer pleinement…ça tombe bien, il me reste des 2010 en cave !

 

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Muscat de Beaumes de Venise Hommage : le nez très complexe révèle de séduisants arômes de fruits secs (raisins, figues, banane, noisette…), la bouche est dense avec un moelleux plus élégant et plus raffiné, la finale est particulièrement longue.
Cet assemblage de plusieurs millésimes de muscats (certains très vieux d’ailleurs…) exprime une forme de quintessence de ce terroir sableux et solaire et révèle ce cépage dans son expression la plus noble…Voilà une bouteille à déguster plus comme un vieux cognac que comme un vins…Bluffant !

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- La famille Castaud qui se trouve à la tête de ce domaine depuis plusieurs générations est à l’origine du classement en A.O.C. de l’appellation Muscat de Beaumes de Venise. Cet ancrage profond dans l’histoire viticole de cette région explique sûrement un peu la constance qualitative dans la production du Domaine des Bernardins. Grâce à une viticulture soignée et respectueuse de l’environnement (travail manuel dans les vignes, pas de désherbants et utilisation d’engrais organiques) et à un contrôle strict des rendements par des opérations d’ébourgeonnage très sévères ces vignerons récoltent des fruits mûrs et parfaitement sains qui leur permettent de réussir ces vins épanouis si faciles à aimer…

- Les rouges m’ont semblé un peu rustiques : les tanins de 2011 paraissent un peu plus durs que sur 2010 (le constat sera le même à la Ferme Saint Martin d’ailleurs) mais le fruit et la typicité étaient bien définis surtout sur la cuvée d’appellation Beaumes de Venise.
Les cuvées de muscats sont étonnantes : les palettes aromatiques présentent un air de famille évident mais les équilibres marquent de réelles différences et donnent à cette gamme de vins des potentialités d’accords gastronomiques très larges.

- Pour le coup de cœur, je citerai volontiers le « Doré » 2011, vin léger au bouquet particulièrement séduisant que j’ai particulièrement bien goûté ce matin mais dans l’absolu la palme de l’élégance et du raffinement revient quand même à cet « Hommage » plein de complexité et de mystère.

- Tous ces vins et quelques autres issus de millésimes plus anciens sont disponibles à la vente à des prix extrêmement sages et peuvent être dégustés dans le caveau situé au centre du village…avis à tous les œnophiles de passage dans la région !

 


8g23ctbzBeaumes de Venise

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 11:52


Quelques jours après mon arrivée dans notre villégiature estivale en Ardèche, j’ai rendu visite à un caviste de Ruoms pour me faire une petite sélection de vins locaux et j’ai été particulièrement séduit par une belle cuvée de rouge provenant du domaine Salel-Renaud à Faugères. Le lendemain, oh surprise, ne voilà t’il pas que mon conseiller particulier en vins ardéchois (vous aurez reconnu l’ami cyra) me propose un vin blanc de ce même domaine…et je retombe sous le charme.
Il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité d’œnophile...

 

Vacances-ete 0654Vue du gîte de Grospierres…Faugères se trouve dans la montagne à l’arrière-plan

 

 

Faugères est un petit village de montagne qu’on atteint en empruntant une route étroite et sinueuse qui serpente entre rochers et bois de résineux. Avec la chaleur et le chant des cigales en moins on se croirait presque dans le massif vosgien. Les points de vue sur la vallée et sur les sommets cévenols sont magnifiques.

 

Vacances-ete 0636Dans la montée entre Paysac et Faugères
 

 

Après plus d’une demi-heure de promenade dans Faugères à la recherche de la maison des vignerons, je tombe, presque par hasard, sur Benoît Salel qui m’indique la route à suivre pour arriver à leur cave.


Vacances-ete 0639La petite route qui mène à la cave

 

 

Pour l’heure, le couple Salel-Renaud dispose du sous-sol de la maison d’un oncle située en contrebas de leur habitation principale pour exercer leur activité professionnelle.
Les installations sont complètes et fonctionnelles mais l’espace fait un peu défaut « Nous projetons de nous établir dans des locaux plus grands en nous rapprochant un peu de nos vignes ». En effet, la plus grande partie de leur surface viticole se situe près de Largentière, à une vingtaine de kilomètres de leur village…et dans la montagne ardèchoise 20 kilomètres c’est très loin !
« Nous travaillons environ 9 hectares de vignes répartis sur 3 ilots de 3 hectares, l’un à Faugères et les autres près de Sanilhac et de Montréal ».
Au niveau du terroir, les sols sont granitiques, gréseux ou schisteux « la vigne s’y enracine profondément et ne souffre jamais de la sécheresse ». Les différentes parcelles se situent à une altitude entre 400 et 500 mètres et garantissent une belle fraîcheur naturelle aux vins qui y naissent.
Les raisins sont rentrés à parfaite maturité phénolique « c’est en goûtant les raisins que nous déterminons les dates des vendanges...et nous sommes souvent les derniers à rentrer nos fruits dans la région ».
Les blancs sont vinifiés et élevés en barriques et les rouges fermentent en cuves avant de passer plusieurs mois en fûts.
A l’heure actuelle le domaine commercialise une gamme comprenant 2 vins blancs, 1 vin rosé et 3 vins rouges (et une cuvée blanche en BIB)

Le Canichet 2011 : la robe est claire et brillante, le nez est discret avec des arômes de pulpe de raisin agrémenté d’une pointe un peu mentholée, la bouche simple mais bien équilibrée se caractérise par une jolie vivacité.
Issu d’un assemblage dominé par l’ugni blanc et conditionné en BIB ce vin n’a pas un potentiel de séduction irrésistible mais révèle la finesse et la précision du travail de vinification…une entrée de gamme tout à fait honnête.
 

 

Piqueberle 2011 : la robe est saumon clair, le nez franc et flatteur révèle des notes de bonbon anglais et de fraise, la bouche est bien vineuse avec un équilibre sec et une texture assez grasse, un fruité bien gourmand marque la finale.
« Piqueberle » est le nom donné aux habitants de Sanilhac, le village où se situent les vignes de grenache qui ont produit ce rosé. Elevé en cuves sur lies et bâtonné régulièrement ce vin reste très guilleret à l’olfaction mais possède une profondeur et une densité peu courantes pour ce style de cuvée. Plaisant mais déjà un peu gastronomique.

 

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Imagin’aïre 2011 : après une attaque finement boisée, un fruité subtil se manifeste pour composer une palette olfactive très élégante, en bouche la matière est dense, un joli gras donne un caractère très onctueux au toucher, la finale reste souple avec quelques amers nobles qui marquent la minéralité du terroir de Faugères.
Cette parcelle de roussane a été plantée en 2008 par les vignerons sur un coteau du village avec un sol de grès très décomposé…cette initiative qui leur a valu un sympathique quolibet de la part des habitants : les « imagin’aïre »ce qui signifie « rêveurs » ou « illuminés » en occitan. Mais au bout du compte nous avons une cuvée 100% roussane, vinifiée et élevée 8 mois en pièces bourguignonnes ; sophistiquée mais terriblement gourmande elle porte avec beaucoup de classe ce beau terroir d’altitude…MIAM !

 
Vacances-ete 0640La parcelle de roussane de Faugères.
 


Qué sa quo 2011 : le fruit est complexe et élégant au nez (abricot frais et fleurs), la bouche est joliment aromatique avec une texture onctueuse et une finale bien nette qui laisse persister longuement un sillage marqué par la vanille et la violette.
Des viogniers âgés de 25 à 30 ans sont à l’origine de cette cuvée très bien construite : la balance entre les promesses du nez et la réalité de la bouche est parfaitement équilibrée…ce qui est très rare sur les vins issus de ce cépage.
Je ne suis pas un grand adepte du viognier mais là j’avoue que je suis tombé sous le charme.

 

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Mescladis 2010 : le nez est intense et flatteur sur la griotte, le chocolat (un peu « Mon Chéri ») et les épices, la bouche est charnue mais bien fraîche avec une trame tannique fine et une finale de longueur moyenne mais bien définie sur le cassis et la vanille.
Cette cuvée est un assemblage – « Mescladis » en occitan – de 70% de gamay et 30% de grenache, élevé de 8 à 10 mois en fûts de chêne de 1 à 3 vins. Beaucoup de fruit, une chair savoureuse et un élevage parfaitement dosé…J’adore !

Trefol 2010 : le nez est très racé avec des notes de fruits noirs bien mûrs te d’épices, en bouche l’attaque est assez pointue mais dès le milieu le vin pose sa matière concentrée et sa trame tannique souple et veloutée, la finale nette et très fraîche offre une persistance aromatique longue sur la pêche de vigne et les épices.
Trefol signifie « trèfle » en occitan et fait référence aux trois cépages (55% de merlot, 25% de syrah et 20% de grenache) qui entrent dans la composition de cette cuvée rouge élevée 13 mois en fûts de chêne. Goûté sur place, regouté le lendemain et le surlendemain…le verdict est sans appel : ce vin est splendide !

 

Vacances-ete 0651

 


Jeux Interdits 2010 : le nez est discret mais complexe avec une palette très « noire » sur le cassis, la mûre, la réglisse et les épices, la bouche est absolument superbe de concentration, de distinction et d’équilibre, la finale est fraîche et laisse un sillage aromatique très classe qui se prolonge longuement.
Issu d’une parcelle de syrah plantée à haute densité (10000 pieds/ha) sur un terroir schisteux cette cuvée très haut de gamme est magique... La densité, l’équilibre, la qualité de l’élevage, la complexité aromatique…tous les éléments sont réunis pour mériter le titre de vin d’exception. Bravo !

 

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Trefol 2009 : le nez est assez discret, la bouche montre une belle concentration mais sans chaleur excessive, la trame tannique est noble mais un peu resserrée en finale.
Trefol 2008 : après une pointe de réduction très fugace, le nez révèle une belle palette sur les fruits mûrs et les herbes de garrigue, la bouche est bien posée avec un équilibre assez frais, des tanins présents mais avec un grain très fin et une finale qui revient sur les notes d’herbes aromatiques.
La dégustation des premiers vins produits par ces jeunes vignerons témoigne d’une belle maîtrise technique avec des cuvées qui se présentent à nous avec la marque du millésime et du terroir : le 2009 est encore un peu crispé et le 2008 commence à proposer une jolie complexité tant dans son aromatique et que dans sa structure mais le leitmotiv équilibre-fraîcheur est évident sur les deux vins.

 

 

Chatus 2010 : le nez est complexe et gourmand avec un fruité discret et de belles notes cacaotées, la bouche est volumineuse, concentrée avec des tannins puissants mais la finale est pleine de soie et de fraîcheur.
Le chatus est un cépage local, souvent utilisé pour concevoir des vins souvent plus pittoresques que gastronomiques. Avec cette belle cuvée encore en cours d’élevage, qui surprend par sa chair dense et raffinée, on se rapproche davantage du monde des grands vins que de celui des gadgets pour touristes. Très prometteur…


Sympathiques et accueillants, ces jeunes vignerons s’appuient sur une solide formation professionnelle effectuée notamment dans les vignobles de la vallée du Rhône pour concevoir des vins qui donnent la pleine mesure de la qualité de ces terroirs d’altitude des montagnes ardèchoises. Dans une région où la politique viticole est encore largement déterminée par les grosses unités de production (caves coopératives et grands négociants) et où la qualité d’une vigne s’évalue souvent par rapport à sa capacité à produire de grandes quantités de raisin, Benoît Salel et Elise Renaud font figure d’exception.
Ils savent la valeur des terres qu’ils travaillent et ont pris le risque de miser sur une viticulture exigeante et hautement qualitative pour créer de grands vins.
Dans ce petit coin de paradis, loin des sites touristiques de l’Ardèche, le pari est certes très osé mais je suis convaincu que ces vignerons qui ne manquent ni de motivation ni de courage ont fait le bon choix et vont réussir à imposer leurs produits.

Leur gamme de vins que j’ai pu déguster sur place et dont j’ai regoûté une bonne partie lors de nos repas d’été dans notre gîte de Grospierres est absolument irréprochable. Le style recherché sur les blancs ne correspond pas forcément à mon goût personnel qui m’emmène vers des vins plus droits et plus vifs, mais j’ai beaucoup apprécié la précision et la finesse expressive de ces cuvées. En ce qui concerne les rouges, mon verdict est sans appel : avec les cuvées 2010, ce domaine a sorti les meilleurs vins qu’il m’a été donné de boire dans la région jusqu’à aujourd’hui…tout simplement !

Au niveau des prix la gamme commence autour de 5 euros pour le rosé pour terminer un peu au-dessus de 20 euros pour l’exceptionnelle syrah.
Lorsqu’on considère l’appellation, çà peut paraître cher, lorsqu’on se réfère à la qualité irréprochable de ces vins c’est parfaitement justifié, avec une citation particulière pour Trefol 2010 qui à 11,50 euros est une super affaire.

Bravo et merci à ces vignerons enthousiastes, ce fut un réel plaisir de les rencontrer et de découvrir leurs vins.

 



Vacances-ete 0646Faugères

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 09:29

   
Comme en 2011, je me suis octroyé quelques jours de liberté pour une virée en solitaire dans les vignobles du sud de la France. Le programme de ce séjour comprend évidemment le passage obligé à Arboras chez les Supply-Royer et la halte ardéchoise pour quelques agapes dignement arrosées chez l’ami cyra, mais un voyage dans ces contrées bénies par Bacchus offre évidemment bien d’autres possibilités de visite à des amateurs curieux et assoiffés comme moi…
C’est parti !
 

 

Mas de Cynanque à Cruzy

 

 

Avec un rendez-vous programmé pour à 9 heures du matin chez l’ami Dany Jaffuel qui habite près de Béziers, j’ai troqué mon habituel point de chute camarguais contre un hôtel à Pezenas…des kilomètres en moins et du sommeil en plus !
D’ailleurs, grand bien m’en a pris car avec le programme prévu par notre spécialiste des terroirs languedociens pour cette journée, il valait mieux être bien reposé.

Grâce à un guide attentionné, pétri de culture et profondément attaché à cette région, j’ai découvert avec grand plaisir les magnifiques paysages de l’arrière-pays biterrois : j’ai été surpris par leur côté très montagneux qui par moments m’a même fait penser au massif vosgien.

 

sud-2012 0528Paysage du saint-chinianais.


Nous nous sommes arrêtés à plusieurs reprises au bord de la route pour nous délecter d’un point de vue ou pour étudier de plus près les multiples configurations géologiques entre schistes et calcaires : des vagues minérales aux couleurs parfois surprenantes…

 

sud-2012 0502L’Orb avec le village de Roquebrun à l’arrière plan.
   

 

sud-2012 0505    Volutes minérales au bord de la route.

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Vue rapprochée du substrat géologique très complexe du terroir de Saint Chinian

 

 

Habituellement on distingue deux grandes familles géologiques au niveau des terroirs de Saint Chinian : les sols à dominante schisteuse et les sols à dominante argilo-calcaire.
 

 

Après notre belle promenade dans le monde des ardoises nous entrons dans le secteur argilo-calcaire de l’appellation

Vers 11 heures nous arrivons près de Cruzy au Mas de CynanqueViolaine et Xavier de Franssu nous attendent pour nous faire visiter leur domaine.

Nous commençons par une promenade dans les vignes avec Xavier : la plupart des parcelles se situent autour de la maison.

 

 
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Dany et Xavier sur une parcelle plus calcaire située sur une petite terrasse au dessus de la maison.
 

 

En arpentant ces rangs de vignes fraîchement labourés on se rend très vite compte du particularisme du Mas de Cynanque : le grès est omniprésent dans chaque parcelle.

   
sud-2012 0519Mourvèdres, syrahs, grenaches, carignans…
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sud-2012 0519…sur camaïeu de rouge.

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Les 12 hectares de vignes presque d’un seul tenant sont travaillés dans le respect absolu des sols et de l’écosystème, les vendanges sont manuelles, les vinifications et les élevages se font dans les chais nouvellement construits.

sud-2012 0513Les nouveaux locaux professionnels du domaine.
 
sud-2012 0527Vue sur une partie du nouveau chai : dans l’attente d’un agrandissement programmé prochainement, cuves, barriques et chaîne d’embouteillage cohabitent encore un peu…

 

La dégustation a lieu dans le nouveau chai : « dans notre projet d’agrandissement nous prévoyons évidemment de réserver une place pour un caveau de dégustation…mais pour l’heure, ce sera autour d’un tonneau ».
 

 

Peu importe, après cette visite passionnante dans ces vignes que j’ai trouvées très bien tenues je suis vraiment impatient d’en goûter la production :

Cuvée Fleur de Cynanque - Saint Chinian rosé  2011 : le nez très aérien nous propose de belles notes florales, la bouche est étonnante de vinosité mais l’ensemble reste très guilleret avec une finale fraîche mais dotée d’une persistance aromatique bien longue.
Je goûte toujours les rosés avec beaucoup de circonspection mais face à cette cuvée où le cinsault règne en maître (85% complété par du grenache blanc et du grenache noir) je me laisse séduire sans résister…un très beau vin d’été que j’aurais bine envie de déguster sur un poisson grillé !

 Cuvée Fleur de Cynanque - Saint Chinian rouge 2010 : le nez est charmeur sur un registre fruité très épanoui, la bouche est corsée, dotée d’un beau volume, d’une structure tannique soyeuse et d’une finale fraîche et délicatement épicée.
Assemblage dominé par le carignan et complété par du grenache et de la syrah ce vin élevé en cuve assume son statut de vin-plaisir tout en révélant une nature riche et une typicité bien marquée.

 Tintamarre - VDP rouge 2011 : le nez s’ouvre sur des notes un peu amyliques avant de laisser pointer un fruité très fin, la bouche est généreuse et gouleyante sur une matière très juteuse.
Cette cuvée 100% cinsault et 100% cuve, non pérenne au tarif du domaine, montre que le cinsault n’est pas qu’un cépage à rosé mais qu’il peut être utilisé pour produire de très belles cuvées de rouges, simples mais vraiment très gourmandes.

 

Cuvée Plein Grès - Saint Chinian rouge 2008 : le nez est ouvert et complexe avec des notes de cacao, de grillé, de fruits noirs et d’épices, la bouche allie volume et élégance avec une acidité large, une matière charnue et une présence tannique fine mais solide qui donne une très belle tenue à la finale.
Ce premier assemblage des cépages rois au Mas de Cynanque (mourvèdre 30%, syrah 30%, grenache 30% et carignan pour le reste) dont le nom fait clairement allusion à la nature du terroir, est un séducteur absolu : une palette épanouie et joliment typée et une impeccable tenue en bouche rendent ce vin carrément irrésistible…MIAM !

 

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 Cuvée Acutum Saint Chianian rouge 2009 : le nez est très racé avec une palette sur les herbes de garrigue la réglisse et les épices, en bouche la vinosité est imposante mais un fruité pur et frais se développe peu à peu pour apporter une touche vive et très juvénile à cette belle cuvée.
Cuvée Acutum - Saint Chinian rouge 2004 : le nez fait un peu penser à celui de Plein Grès 2008 mais avec un soupçon de complexité en plus (on y trouve notamment de belles notes de fleurs et de pâte d’amande), en bouche tout n’est qu’équilibre, élégance et finesse avec une finale d’une étonnante fraîcheur…Grand vin !
Cette cuvée dominée par la syrah (65%) complétée par les 3 autres cépages du domaine (20% de mourvèdre, 10% de grenache, 10% de carignan) dont une partie a été élevée en fûts (40%) nous montre ses deux visages à travers ces deux millésimes : fougueux et un peu démonstratif dans sa jeunesse ce vin se pose et gagne en harmonie et en noblesse après quelques années de garde…Grand vin !

 

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Les trois références suivantes sont un peu des vins d’avant-garde pour ce domaine : des cuvées mono-cépage élevées 100% en barriques avec comme objectif affirmé, la recherche de l’expression maximale d’une parcelle.

Amicythia – Vin de pays 2010 : le nez est encore très discret mais d’une grande pureté, la bouche est mûre, très concentrée mais la finale se montre bien franche avec une touche de fraîcheur agréable.
Ces grenaches sur terroir calcaires ont généré une cuvée d’une puissance un peu extrême (on approche des 16°…) mais c’est le choix du vigneron « ce sont des cuvées un peu expérimentales, l’équilibre n’est pas forcément recherché… ». A l’heure actuelle, mon palais d’alsaco a quelques difficultés face à cette force brute, mais il est évident que ce vin aura besoin de vieillir un peu pour se calmer...

Carissimo – Vin de pays 2010 : le nez est expressif, complexe et très élégant avec une palette sur les fleurs et les fruits rouges mûrs, la bouche surprend par son attaque très fraîche avant de développer une matière volumineuse soutenue par une fine trame tannique, la finale redevient plus pointue et offre une longue persistance aromatique.
Cette cuvée 100% carignan sur calcaire se montre beaucoup plus accessible que la précédente et ravit nos papilles par son registre aromatique très gourmand, son équilibre tonique et sa texture superbement veloutée…MIAM !

Nominaris – Vin de pays 2009 : le nez est puissant et bien typé sud avec ses arômes de fruits noirs confits, de réglisse, d’olives et d’épices, en bouche l’attaque est puissante, la structure laisse une belle impression sphérique qui s’étire un peu en finale, le retour aromatique est bien long avec des notes réglissées et finement boisées.
Ce vin 100% syrah, élevé 2 ans en barriques me fait vraiment penser à la syrah de Pey-Cherres d’Eric Supply, tant par son registre aromatique que par sa texture en bouche (c’est un compliment !). Mais attention, malgré son accessibilité actuelle je pense qu’il faut considérer cette cuvée comme un grand vin de garde. Patience…


L’heure de l’apéritif ayant sonné depuis quelques temps, nous passons donc aux cuvées blanches produites au Mas de Cynanque :

Althea – Saint Chinian blanc 2010 : le nez est très flatteur avec des notes florales et légèrement anisées sur fond de bonbon acidulé, en bouche l’attaque est vive, et tendue, le milieu ample et gras, la finale est marquée par de belles notes d’abricot et par une forte salinité.
Althea – Saint Chinian blanc 2007 : le nez s’est libéré des notes un peu amyliques ressenties sur la cuvée 2010 pour nous régaler avec une palette florale, anisée et délicatement miellée, en bouche l’élégance est au rendez-vous, le gras reste bien présent mais l’équilibre se construit autour d’une salinité finale qui a gagné en puissance.
Assemblage de vermentino et de grenache blanc complété par un peu de grenache gris, cette cuvée allie une matière riche très sudiste et une trame saline qu’on a plutôt tendance à identifier sur des cuvées plus septentrionales…le grès peut-être ?
En tous cas, le vin jeune propose une matière très gourmande qui se déguste avec bonheur dès aujourd’hui mais la cuvée 2007 montre qu’il n’est pas inintéressant de garder quelques bouteilles pour laisser davantage parler le terroir, qui mérite largement qu’on lui donne la parole…

 

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Hesperides 2010 : le nez est intense et complexe sur les agrumes très mûrs et le miel de sapin, en bouche l’attaque est franche et bien moelleuse, le milieu développe une aromatique très « pâtissière » (citron confit, vanille, caramel, biscuit) et la finale laisse parsister des arômes d’agrumes et de tabac soutenus par une touche saline très raffinée.
Cette cuvée originale est un assemblage de grenaches gris et blancs laissés sur pied après les vendanges et ramassés début novembre. La palette est d’une grande richesse et la matière très généreuse reste cependant très digeste grâce à la pointe minérale qui marque la finale…Très beau vin !

 

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- Malgré un soleil un peu parcimonieux, cette première incursion dans le saint-chinianais en compagnie de Dany Jaffuel m’a vraiment comblé : j’ai découvert des paysages magnifiques, j’ai rencontré des gens absolument charmants et j’ai bu des vins délicieux…que demander de plus !
Il faut dire que mon guide du jour avait organisé cette visite avec une minutie tout à fait « chirurgicale ». Encore une fois, mille mercis à lui…et à charge de revanche !

- Violaine et Xavier de Fransuu ne sont pas des autochtones mais ils ont choisi ce coin de Languedoc comme terre d’adoption pour donner corps à un rêve partagé. Après avoir travaillé dans un domaine des Costières de Nîmes, le Château d’Or et de Gueules, ils se sont installés dans ce mas entouré de vignes et de garrigue pour vivre pleinement leur passion commune pour le vin.
Grâce à une viticulture exigeante et respectueuse de la nature (conversion bio en cours), leurs parcelles de vignes sont d’une émouvante beauté. Les installations professionnelles sont modernes et fonctionnelles et le dernier agrandissement prévu qui va donner un peu d’espace supplémentaire rendra l’outil de production tout à fait performant. Ces jeunes vignerons du mas de Cynanque mettent tout œuvre pour réaliser les vins qu’ils aiment et qui leur ressemblent peut-être un peu…

- Les vins dégustés laissent une belle impression d’authenticité en donnent une interprétation très précise de ces terroirs calcaires et gréseux d’où ils sont issus. Les matières sont très méridionales par leur concentration et leur volume, mais les équilibres restent gourmands et digestes, grâce à un marquage minéral parfois très puissant.
Ces vins pleins de soleil et de pierre qui glissent avec une grande facilité sans fatiguer le palais nous feraient presque oublier qu’ils peuvent tous encore se bonifier avec un peu de garde...Quelle belle série !

- Difficile de sortir un vin dans cette gamme très homogène et hautement qualitative : Plein Grès séduit par son fruit et son accessibilité, Acutum a vraiment tout d’un grand vin, Carissimo est tout simplement exceptionnel…et même les blancs sont étonnants !

- Mille mercis à Xavier et Violaine pour ces moments très agréables passés en leur compagnie. A bientôt j’espère…

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 09:04

 
Comme en 2011, je me suis octroyé quelques jours de liberté pour une virée en solitaire dans les vignobles du sud de la France. Le programme de ce séjour comprend évidemment le passage obligé à Arboras chez les Supply-Royer et la halte ardéchoise pour quelques agapes dignement arrosées chez l’ami cyra, mais un voyage dans ces contrées bénies par Bacchus offre évidemment bien d’autres possibilités de visite à des amateurs curieux et assoiffés comme moi…
C’est parti !

 

Domaine Supply-Royer à Arboras

 

 

Avec le débat Hollande-Sarkozy et une bouteille de Crozes La Matinière 2009 en guise de berceuse, j’ai passé une nuit parfaite et je me retrouve frais et dispos pour cette deuxième journée de mon périple qui me conduira à Arboras chez mes amis Marie-Ange et Eric.
Comme d’habitude le rendez-vous au domaine Supply-Royer est fixé en fin d’après-midi et je peux donc profiter de cette météo particulièrement ensoleillée pour faire quelques pas dans le superbe cirque de Mourèze, où des circuits de randonnée serpentent entre des rochers aux formes étranges…un site sauvage et beau !
 

 

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Sculptures naturelles dans le cirque de Mourèze


 
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Arboras au pied du mont Baudile


 
sud-2012 0499Pour repérer la maison des Supply-Royer, il y a des cuves (parfois)…
 
sud-2012 0500…mais surtout la cardabelle, symbole des Causses du Larzac sur la porte de la cave.


C’est dans la cave, entre cuves, pressoir et barriques que nous passons en revue la production du millésime 2011 avec quelques nouveautés…


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Les vins blancs sont en barriques, les fermentations alcooliques sont achevées mais les malos sont en cours sur les bourboulencs et pas encore commencées sur les roussanes. Pour l’heure, les jus sont sur lies fines et n’ont pas encore subi de sulfitage.
Avec cette année un peu plus généreuse pour la récolte de bourboulenc, Eric a été obligé d’acheter une barrique supplémentaire « Je préfère m’assurer de la qualité et de l’origine en achetant de la futaille neuve ».

Le Bourboulenc de Nega Saumas 2011 : au nez l’aromatique est assez perturbée et l’échantillon prélevé sur la barrique neuve est bien marqué par l’élevage (pain grillé), en bouche les matières sont pures et charnues avec une belle tension sur la structure, le boisé marque la finale du vin provenant du fût neuf.
Comme souvent à ce stade le registre aromatique est assez peu flatteur, mais en se concentrant sur l’équilibre en bouche, on peut aisément supposer que ce vin sera à l’image de ceux qu’on a pris l’habitude d’apprécier ici : beaucoup de gras et de matière mais une silhouette qui reste très élégante...on ne peut qu’être impatient de goûter le résultat final !

La Roussane du Bramaïre 2011 : le nez est un peu plus parlant mais manque encore de précision avec des notes de fruits jaunes mais aussi une touche encore lactique et fermentaire, la bouche se fait remarquer par la noblesse de son toucher avec un très beau gras, une tension considérable et une fine amertume en finale.
La matière est là, c’est indiscutable, mais il faut se projeter dans l’avenir en pensant que la malo va gommer ce côté un peu incisif pour donner à cette roussane une assise acide solide et racée.
Belle surprise en perspective…d’ailleurs, ça me fait penser qu’il faut que j’aille voir très prochainement comment se porte la cuvée 2010 !

 

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Le couple de blancs 2010.


Les vins rouges sont en barriques, sur lies fines et ont terminé leurs phases de fermentation.

La Syrah de Pey Cherres 2011 : marqué par une légère réduction à l’ouverture, le nez se purifie rapidement après oxygénation pour livrer de beaux arômes de fruits noirs et de fumée, la bouche est concentrée, solidement charpentée mais avec un équilibre très gourmand en finale.
La matière très riche de cette cuvée (non encore sulfitée) donne une impression de puissance qui peut sembler excessive au premier abord. Comme d’habitude, il faudra donner un peu de temps à ce vin pour pouvoir le goûter dans la plénitude de son expression. Très prometteur !

Le Mourvèdre des Crouzets 2011 : le nez est discret et fin avec une palette sur les fruits noirs et le tabac blond, la bouche est superbe, riche, sphérique dans sa structure et bien fraîche en finale.
La parcelle des Crouzets a encore souffert cette année et le rendement de ces vieux mourvèdres s’est à nouveau limité à un niveau bien en dessous de 10 hl/ha « on y travaille pratiquement pour rien, mais tous nos amis nous supplient de pas arracher, alors on continue… ».

Résultat : une barrique de vin produit…il ne va pas y en avoir pour tout le monde !
Et pourtant, cette cuvée qui se montre déjà sous son meilleur jour semble déjà prête à boire. P…, qu’est ce que c’est bon !


 

sud-2012 0543Le couple « historique » de rouges sur 2010


Le Grenache du Badaïre (validation du nom en cours…) 2011 : le nez possède une palette déjà bien définie avec des notes de fruits rouges mûrs et un ensemble de délicates fragrances florales sur un fond un peu réglissé, la bouche est volumineuse, très charnue, la trame tannique est présente mais le grain est fin et souple, la finale se montre un peu plus distante en laissant une petite impression de sécheresse.
Riche et corsée cette cuvée 100% grenache élevée en ½ muid affirme sa personnalité sans complexe même si on sent qu’il faudra quelques années de patience pour l’apprécier à sa juste valeur.
Voilà une première « nouveauté » qui tient déjà fièrement sa place dans la gamme du domaine Supply-Royer.

Le Carignan des Intillères 2011 : la cuvée prélevée sur un fût de chêne d’origine vosgienne est discret au nez avec une grande élégance en bouche et une finale longue et finement boisée. La cuvée prélevée sur un fût de chêne de l’Allier est tout aussi discrète au nez mais montre plus de rondeur et de soie en bouche et présente une finale sans boisé perceptible. L’assemblage à 50/50 des deux cuvées propose une synthèse gourmande et déjà très facile d’accès.
Cette cuvée issue de la belle parcelle de vieux carignans située au bas du village tient ses promesses en récompensant le travail effectué par Eric et Marie-Ange dans cette vigne. « A terme ce sera la cuvée haut de gamme du domaine ».
En tous cas ce premier vin a déjà fière allure…on attend la suite avec impatience !

 

sud-2012 0497La parcelle des Intillères.


 
sud-2012 0496Un pied de carignan.


Pour finir Eric va chercher quelques bouteilles dans sa réserve personnelle :

Grenache 2011 : le nez est assez intense sur l’amande fraîche et les fruits à l’eau de vie, la bouche est très riche, presque lourde malgré une pointe de volatile, la finale est un peu chaude et marquée par l’alcool.
Avec une présence alcoolique excessive, ce vin peine à trouver son équilibre et les impressions ressenties en dégustation d’aujourd’hui ne poussent pas à un excès d’optimisme pour son évolution.
« Des problèmes de météo et de disponibilités de nos vendangeurs nous ont fait repousser la vendange de deux semaines…c’était beaucoup trop…les degrés sont montés beaucoup trop haut (plus de 16° ».
Une cuvée surement invendable en l’état…et dont l’avenir n’est pas encore fixé.
 

 

La Syrah de Pey Cherres 2010 : le nez est très pur et bien défini sur la mûre confite et les épices douces, en bouche la matière est très concentrée, les tanins sont mûrs et serrés et la finale se montre nette et bien fraîche.
La personnalité de cette cuvée commence à se dessiner : corsée et puissante en arômes tout en gardant un côté sapide en finale…Très beau vin !

La Syrah de Pey Cherres 2009 : le nez est encore plus ouvert que pour le 2010, le fruité est épanoui et les épices sont bien présentes, la bouche offre une chair généreuse et très gourmande avec une trame tannique très fine et une délicate acidité.
Puissante au niveau des arômes et de la matière, cette cuvée de syrah possède une personnalité sudiste qui ne se cache pas. Comme diraient les anciens : il y a du vin dans le verre !

Pour conclure cette visite Eric et Marie-Ange me proposent de partager le dîner avec eux sur la terrasse du petit restaurant qui vient d’ouvrir au centre d’Arboras. « Histoire de prolonger nos discussions en parlant un peu d’autre chose que de vin… »…Comment résister ?

Pour l’apéritif Eric, décide de sacrifier sa dernière bouteille de la cuvée Lo Mescladis 2009 : le nez est une merveille de complexité et de gourmandise, abricot frais, ananas, citron confit, épices douces…, en bouche on fond littéralement face à cette matière juteuse, opulente mais parfaitement équilibrée.
Excellentissime !
Et en plus, je suis sûr que j’en ai encore l’une ou l’autre dans ma cave…

 

sud-2012 0547

Eh oui…Heureux !
 

 

- Chaque année je reviens au domaine Supply-Royer, et chaque année je passe un moment exceptionnel autour de très beaux vins avec des gens absolument délicieux. J’ai beaucoup apprécié ce petit repas sur la placette d’Arboras qui nous à permis de dépasser le cadre du vin dans nos échanges en resserrant encore un peu ce lien d’amitié qui s’est crée depuis quelques années…ce petit crochet au pied du mont Baudile me semble plus que jamais nécessaire lors de ma tournée vinique dans le Languedoc !

- Avec deux nouvelles cuvées produites sur 2011, la carte du domaine commence à avoir vraiment fière allure.
Les blancs ne se sont pas montrés trop à leur avantage lors de ma visite : derrière des profils aromatiques peu flatteurs on reconnaît cependant des matières opulentes mais équilibrées par une trame acide bien dessinée…et, bonne nouvelle, il y a un peu plus de vin cette année, super !
D’ailleurs, pour régler définitivement le problème de la pénurie de bourboulenc Eric a décidé d’en replanter une parcelle à côté de celle de carignan.

 

sud-2012 0498Jouxtant les carignans du domaine cette parcelle triangulaire récemment défrichée sera replantée en bourboulenc.


Les rouges semblent plus à leur aise actuellement et certaines cuvées comme le mourvèdre ou le carignan se goûtent déjà avec bonheur. Dans tous les cas, on retrouve sur tous ces vins cette puissance très sudiste avec une chair généreuse mais un équilibre dépourvu de la moindre lourdeur.
Les nouvelles références proposées s’inscrivent parfaitement dans le style de la maison avec une cuvée de grenache plutôt taillée pour la garde et un superbe carignan ouvert et déjà très gourmand…MIAM !

- en guise de coup de cœur, je ne vais pas mettre en avant une cuvée, je ne vais même pas parler de vin…mais tout simplement du plaisir à chaque fois renouvelé (et partagé, j’espère…) de retrouver les sourires de Marie-Ange et d’Eric dans ce petit « pays » au pied du Mont Baudile.
A l’année prochaine, j’espère…

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 10:32

 

Comme en 2011, je me suis octroyé quelques jours de liberté pour une virée en solitaire dans les vignobles du sud de la France. Le programme de ce séjour comprend évidemment le passage obligé à Arboras chez les Supply-Royer et la halte ardéchoise pour quelques agapes dignement arrosées chez l’ami cyra, mais un voyage dans ces contrées bénies par Bacchus offre évidemment bien d’autres possibilités de visite à des amateurs curieux et assoiffés comme moi…
C’est parti !

 

Domaine Ferraton à Tain l'Hermitage

 

sud-2012 0463Première étape à Tain l’Hermitage.

 

Après plus de 600 kilomètres de route, il n’y a pas que la voiture qui a soif...c’est donc à Tain l’Hermitage, au pied des majestueux coteaux du même nom que j’interromps pour un temps ma migration méditerranéenne.

 

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Les vignes sur la colline de l’Hermitage et sa chapelle
 

 

J’ai découvert quelques vins signés Ferraton par le site vins-étonnants et par Chistophe Lasvigne qui distribue une partie de la production du domaine dans son Théâtre du vin à Schaeffersheim.
Leur côté précis, riche et soyeux m’avait vraiment impressionné…aucune hésitation, ces belles syrahs méritaient largement que j’aille rendre une petite visite à ces vignerons situés dans le centre du village de Tain sur les bords du Rhône.
 

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Une entrée très discrète avec un « f » stylisé au dessus du porche…


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Il faut vraiment s’approcher de très près pour être certain que c’est bien ici qu’on fait du bon vin…

 
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Le caveau a pourtant fort belle allure !
 

 

Ophélie Villedary, responsable de l’accueil au caveau me reçoit et me propose de faire une petite visite des installations du domaine. La cuverie est traditionnelle avec des cuves en béton, en fibre de verre et quelques contenants inox : le domaine Ferraton vinifie et élève la plupart de ses vins rouges sur place.

    

sud-2012 0473L’espace cuverie où le béton domine largement
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Pour les blancs et les vins de négoce des secteurs méridionaux (CDR, CDR villages, Châteauneuf) le domaine profite de la logistique de la maison Chapoutier, propriétaire de Ferraton depuis la fin des années 90.

Au niveau de la viticulture, les 10 hectares de vignes que possède le domaine Ferraton sont travaillés selon les principes de la biodynamie.
Pour les vins rouges, la vendange est égrappée à 90%, les macérations sont longues (de 2 à 4 semaines selon les cuvées) dans des cuves béton pour profiter de l’inertie thermique et les élevages se font généralement en barriques bourguignonnes.

 

sud-2012 0475Le chai d’élevage.

 

Pour guider un peu la clientèle, le domaine Ferraton a choisi d’organiser son imposante production en la déclinant à travers 3 gammes distinctes :
- les cuvées Tradition avec 11 vins rouges, 7 vins blancs et 2 vins rosés.
- les cuvées Lieux Dits avec 4 vins rouges
- les cuvées Séléction Parcellaires avec 3 vins rouges et 2 vins blancs.
 

 

Les cuvées des la gamme Lieux-Dits et de la gamme Sélection Parcellaire sont toutes travaillées en bio mais sont disponibles à la vente en faible quantité.
Les cuvées Tradition sont produites en viticulture raisonnée sauf les Hermitage rouge et blanc « Les Miaux » qui sont en bio.
 

 

Hormis les Sélections Parcellaires, rares et chères, tous les vins sont proposés à la dégustation : en calculant bien, ça ne fait pas loin de 24 références…beaucoup trop pour mon palais d’amateur !
Je vais donc être obligé de choisir…

 

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       Le Méal et Les Dionnières, deux Ermitage à déguster avec les yeux…

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Comme je l’ai déjà répété à maintes reprises, les vins d’entrée de gamme sont pour moi des bouteilles incontournables pour établir un calibrage qualitatif sur la production d’un domaine, pour le reste je vais me limiter aux vins d’origine septentrionale…c’est parti pour une petite quinzaine de quilles rhodaniennes !

Samorëns – Côtes du Rhône blanc 2010 : le nez est charmeur et très doux sur un registre floral, la bouche possède un toucher gras mais reste sans lourdeur avec une finale franche et bien fraîche.
Le nom des trois cuvées d’entrée de gamme fait référence au premier (Jean-Orëns) et au dernier (Samuel) Ferraton à la tête de ce domaine. Ce blanc issu d’un assemblage de 60% de grenache blanc et de 40% de clairette sur argilo-calcaire commence la série tambour battant avec son équilibre fin et aérien (malo non faite) et son accessibilité très gourmande. MIAM !

La Matinière – Crozes Hermitage blanc 2010 : le nez est discret et très élégant sur la noisette fraîche et l’acacia, après une attaque assez vive, le milieu de bouche se montre d’une rondeur confortable et la finale livre quelques touches amères très raffinées.
Moins flatteur mais plus racé que le vin précédent ce Crozes blanc issu de marsanne à 100% provient d’un terroir très calcaire sur Mercurol. La complexité naissante de cette belle cuvée et son équilibre très dynamique permettent d’envisager son avenir avec sérénité.
 

 

La Source – Saint Joseph blanc 2010 : le nez est fin et élégant sur la noisette et les fleurs blanches avec une touche de pierre à feu, en bouche on trouve un joli gras, une chair assez généreuse et une pointe minérale bien vive en finale.
Avec ce Saint Joseph 100% marsanne, on reste sur un vin monocépage mais sur un terroir granitique et un élevage un peu différent puisque sur cette cuvée, un petit volume passe en bois. En tous cas, l’élégance est au rendez-vous et la minéralité du terroir commence à parler...voilà une expression rhodanienne de blanc avec laquelle je suis peu familiarisée par ailleurs, mais que je goûte particulièrement bien aujourd’hui.

Les Mandouls – Condrieu 2010 : l’olfaction est intense et typée sur la violette et la noisette avec un fond de fruits exotiques, la bouche est ample, voluptueuse avec un développement aromatique très envahissant mais une structure finale qui se montre un peu pesante.
Ces viogniers récoltés sur un terroir d’arènes granitiques et d’alluvions ont été élevés pour 80% en cuves et pour 20% en demi-muids pour produire un Condrieu à l’aromatique particulièrement exubérante mais dont la présence en bouche manque de vivacité pour mon goût…mais je reconnais volontiers être très difficile (peut-être trop exigeant…) lorsque je déguste des vins issus de ce cépage.

Samorëns – Côtes du Rhône rosé 2010 : le nez est très plaisant avec de belles notes de fruits rouges frais (fraise, framboise) et de bonbon acidulé, la bouche est simple, bien équilibrée et d’une fraîcheur très primesautière.
Issue d’un assemblage à dominante grenache (75%) complété par de la syrah et du cinsault récoltés sur des terroirs d’alluvions, ce rosé est l’archétype du vin d’été bien fait et diablement séduisant.


 

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Petite série en blanc et rose du domaine Ferraton
 


Samorëns – Côtes du Rhône rouge 2009 : le nez est intense et bien ouvert sur les fruits mûrs et les épices douces, la bouche est juteuse, charnue avec un toucher particulièrement soyeux et une jolie fraîcheur finale.
Cet assemblage de grenache (80%) de syrah (15%) et de cinsault (5%) récoltés sur des parcelles de sables alluviaux et élevés en cuve est une réussite absolue : du fruit, de la générosité mais un équilibre qui reste bien tonique…un vrai régal !

Plan de Dieu – Côtes du Rhône Villages 2009 : le nez est moins flatteur mais plus complexe, on y trouve des notes de fruits noirs et d’aromates (laurier, ciste), la bouche est puissante avec des tannins serrés mais très doux et une finale tenue et bien longue.
Provenant de parcelles situées sur les terrasses de galets et de graviers qui surplombent l’Aygues et l’Ouvèze cette cuvée élevée exclusivement en cuve est un assemblage de grenache (55%) et de syrah (35%) complété par du mourvèdre et du carignan. On y sent vraiment une dimension supplémentaire même si à l’heure actuelle la simple cuvée de CDR possède un potentiel de séduction supérieur... à attendre encore un peu.

La Matinière – Crozes Hermitage rouge 2009 : intense et raffiné le nez développe une palette florale et fruitée qui invite à la mise en bouche où tout est élégance, soie et plaisir, la finale très juteuse mais finement minérale nous rappelle que malgré sa buvabilité exceptionnelle ce Crozes est tout de même un vin de terroir.
Des syrahs sur des terrasses d’alluvions glaciaires et de galets roulés du côté de Mercurol sont à la base de cette cuvée splendide…ENORME MIAM !
La première bouteille du carton a d’ailleurs été sacrifiée le soir même (en regardant le débat Sarkozy-Hollande), impressions identiques voire même meilleures puisque je n’ai pas été obligé de recracher RE-ENORME MIAM!

Les Pichères – Crozes Hermitage rouge 2009 : le nez riche et charmeur associe des notes de torréfaction et de fruits noirs bien mûrs (cassis, myrtille), la bouche est particulièrement généreuse avec son volume et sa trame tannique dense mais très veloutée et sa longue présence aromatique en finale.
Ce lieu-dit sur les bords de l’Isère près de Beaumont Monteux, travaillé en biodynamie, a produit des syrahs de toute beauté qui, après 4 semaines de macération, ont passé 10 mois en fûts. Bien que le charme du vin précédent frisait l’irrésistible, on sent bien qu’ici on entre dans une autre catégorie…Grand vin !

La Source – Saint Joseph rouge 2010 : le nez est plus réservé avec un fruité discret et des notes torréfiées et fumées, en bouche la matière se montre très élégante, l’acidité bien large apporte un côté bien frais, les tannins sont un peu plus resserrés et la finale est marquée par une minéralité déjà bien présente.
Cette cuvée de Saint Joseph est encore dans la gangue de sa jeunesse (mise très récente) mais montre un très beau potentiel, notamment à travers une empreinte minérale qui s’exprime déjà avec beaucoup de vigueur.

L’Eglantine – Côte Rôtie 2009 : le nez racé et très complexe s’ouvre sur de fines notes boisées avant de développer une palette florale, épicée et discrètement fruitée, la bouche est dense et concentrée avec une texture un peu virile et une finale bien fraîche où se définissent de beaux arômes de pêche de vigne et d’amande.
Issue d’un terroir de micaschiste et de granit cette cuvée 100% syrah, élevée en fûts de chêne sur une durée de 16 à 18 mois, flatte les sens par sa belle définition aromatique et la plénitude de sa matière. Un Côte Rôtie diablement séduisant !
 

 

Les Grands Mûriers – Cornas 2008 : le nez est complexe sur les épices, les fleurs rouges (pivoine) et une touche un peu pierreuse, en bouche la structure est douce et racée avec un équilibre parfaitement digeste et une finale où la minéralité reprend pleinement ses droits.
Issu d’un terroir alliant des granits décomposés et des sols argilo-calcaires alluviaux, ce Cornas, est le vin qui m’a permis de découvrir ce domaine il y a quelques mois lors d’une soirée A.O.C. La première très bonne impression est largement confirmée…MIAM !

Les Miaux – Hermitage rouge 2008 : le nez est profond et complexe avec des notes de chocolat, de confiture de mûres et d’épices douces, la bouche est ample, charnue et très gourmande avec une finale bien fraîche marquée par un puissant retour aromatique sur la réglisse et les fruits mûrs.
Cette cuvée d’Hermitage est un assemblage de vins provenant du lieu-dit « Le Méal » (terroir de galets roulés) et du lieu-dit « Les Dionnières » (argilo-calcaire avec sables et galets), élevé durant 14 à 16 mois en fûts de chêne (10% neufs). Chose rare, ce vin puissant, élégant et complexe se livre déjà avec beaucoup de facilité et de naturel…Grand tout simplement !

 

sud-2012 0478Une sélection dans l’imposante gamme de vins rouges du domaine Ferraton



- En premier lieu, après cette belle série, on ne peut que se dire que cette petite halte de deux heures à vraiment tenu ses promesses.
Le domaine Ferraton, qui n’était jusqu’ici qu’une référence sur une étiquette, s’est un peu « incarné » pour moi, même s’il a gardé une petite part de mystère. Il faut se rendre à l’évidence, malgré un ancrage très fort dans une longue histoire familiale, le domaine Ferraton est aujourd’hui profondément influencé par la maison Chapoutier, notamment au niveau des pratiques viticoles mais aussi au niveau des stratégies de communication.
J’ai été très étonné de constater que derrière ce porche très discret, presque caché dans une petite rue de Tain, se trouvait un caveau lumineux et esthétique où la clientèle de passage était accueillie avec beaucoup de professionnalisme.
J’ai eu la même impression de paradoxe, lorsque j’ai visité la cuverie et le chai : des installations simples, fonctionnelles et très traditionnelles qui renvoient une image pas du tout en rapport avec le côté très moderne de la communication autour du domaine et de ses vins…

- Ceci dit, les cuvées de la gamme Ferraton que j’ai pu goûter cet après-midi m’ont vraiment impressionné : du Côtes du Rhône à 5 euros50 aux vins les plus chers, la qualité est tout à fait irréprochable. Les expressions aromatiques sont précises et raffinées et les textures toujours très caressantes laissent une impression d’absolue gourmandise même avec les crus les plus réputés dégustés sûrement encore trop jeunes…je ne suis pas sûr de pouvoir retourner dans le sud sans bifurquer à droite à la hauteur de Tain l’Hermitage !

- Pour les coups de cœur…dans cette belle série où chaque bouteille est susceptible de trouver une place de choix dans ma cave, je ferai volontiers une citation particulière au Crozes Hermitage La Matinière pour son rapport qualité/prix imbattable (10,50 euros…un cadeau !) et à la cuvée d’Hermitage Les Miaux (43 euros quand même !) qui s’est imposée comme le plus grand vin de cette dégustation.

 

sud-2012 0465Vignes sur l’Hermitage au printmps

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 12:13

 

Pour moi, le site des Dentelles de Montmirail compte parmi les plus beaux de notre pays : un environnement un peu sauvage avec une barre rocheuse incroyable, une végétation provençale, une lumière incomparable et des vignes partout…tout est là pour donner au visiteur l’impression de poser le pied dans un petit coin de paradis !
Bien évidemment lorsque mon ami ardéchois m’a proposé une virée oenophilique dans ce coin je l’ai suivi sans hésiter d’autant plus qu’il m’avait déjà habilement appâté en m’offrant une bouteille de Terres Jaunes 2006 de la Ferme Saint Martin que j’ai dégustée avec un grand plaisir il y a quelques semaines.
C’est parti !

 

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Les Dentelles côté est.

 

 

Sur le chemin du retour vers le plateau ardéchois nous effectuons notre ultime halte au domaine Richaud à Cairanne.


 

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L’entrée du caveau du Domaine Richaud
 

 

L’espace dégustation est spacieux mais accueillant avec de petites tables où les amateurs de passage sont installés pour déguster tout ou partie de la gamme produite par ce domaine emblématique de Cairanne.
Comme tout grand professionnel confirmé (à qui nous nous efforçons de ressembler…), ou comme tout boit-sans-soif invétéré (à qui nous essayons de ne pas trop ressembler !!!!) nous partons pour une découverte exhaustive des cuvées proposées au tarif actuel :

CDR Villages Cairanne blanc 2010 : le nez est ouvert et présente une palette bien complexe, la bouche est assez gourmande mais finit avec une certaine lourdeur.
Issu d’un assemblage de nombreux cépages blancs (roussane, marsanne, viognier, clairette…) ce vin séduit facilement par sa richesse aromatique mais me laisse un peu dubitatif face à son équilibre en bouche bien trop opulent à mon goût.

Terres d’Argiles – CDR 2010 : le nez est expressif et joliment complexe avec des notes de figue fraîche et de garrigue, en bouche le fruité reste très fin avec un milieu où on sent une chair très gourmande et une finale légèrement astringente.
Assemblage de grenache (42%), syrah (23%), mourvèdre (21%) et carignan (14%) ce vin à l’équilibre droit et à la palette aromatique riche demandera quelques mois de patience pour que les tannins s’arrondissent un peu.

Terres de Galets – CDR 2010 : le nez est flatteur et d’un fruité riche et épanoui, la bouche est charnue avec un milieu marqué par une petite touche végétale et une finale qui revient sur un équilibre très gourmand.
Issu d’un assemblage identique au précédent mais sur des vignes plus vieilles, ce vin dense et élégant, se montre déjà très facile d’accès même si on devine également un vrai potentiel d’évolution dans les mois à venir.

CDR Villages Cairanne rouge 2009 : le fruité est très fin mais quelques notes de solvant le troublent légèrement, la bouche possède un très beau volume et une texture très généreuse, la finale étonne par sa longueur aromatique.
Sur cet assemblage de 5 cépages (grenache, syrah, carignan, mourvèdre, counoise) la mise récente peut expliquer que la palette olfactive reste encore un peu brouillée mais la très belle matière en bouche permet d’envisager l’avenir de cette cuvée avec confiance.

CDR Villages Cairanne rouge 2009 – sans soufre : le nez est pur et précis avec une palette sur les fruits mûrs et les herbes aromatiques, la bouche est charnue, gourmande, la finale est souple et mais bien tenue.
Cette cuvée « nature » exigera sûrement de bonnes conditions de stockage pour durer dans une cave mais pour l’heure c’est la révélation de la série…un pur régal !

L’Ebrescade – CDR Villages Cairanne rouge 2008 : le nez s’ouvre sur des notes de vernis avant de laisser la place à de beaux arômes de fruits noirs, d’épices et de réglisse, la bouche est très corsée mais bien équilibrée, on reconnaît un délicieux goût de brugnon mûr avant de revenir sur les épices en finale.
La matière est superbe de concentration et d’équilibre mais malgré une année supplémentaire en cave cette cuvée semble encore bien jeune pour exprimer toute sa classe…je crois qu’il faudra encore faire preuve d’un peu de patience pour profiter pleinement de ce vin.

Les Estrambords – Vin de Terroir rouge 2009 : le nez est ouvert et agréable sur la confiture de fruits noirs et la pêche mûre avec une petite pointe alcooleuse, la bouche est riche et volumineuse et la finale se révèle un peu courte.
Vendu uniquement en magnum cet OVNI issu à 100% du cépage counoise demande visiblement quelques années de garde pour livrer ses secrets et révéler l’originalité de sa personnalité.

 

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Un magnum Les Estrambords entre de bonnes griffes…


- Le domaine Richaud produit des vins concentrés et équilibrés grâce à une viticulture de très grande qualité et des pratiques œnologiques empreintes d’exigence et de bon sens. Bio à la vigne et très nature dans les vinifications – avec des intrants limités à une dose minuscule de SO2 à la mise – ces vignerons ont fait le choix de la qualité dans le respect des terroirs et de l’environnement. Cette visite qui s’est limitée, faute de temps, à une rapide dégustation de la gamme des vins au tarif, m’a donné envie d’en apprendre un peu plus sur ce domaine…retour en 2012, si tout va bien.

- Les vins dégustés sont en général plus denses et plus secrets que ceux découverts quelques heures plus tôt à la Ferme Saint Martin, mais leur texture révèle toujours une belle maîtrise dans le rapport richesse/sapidité qui, pour mon goût, pose souvent problème avec les vins de cette région.

- Pour le coup de cœur, même si les cuvées de Cairanne sont toutes les deux d’un très haut niveau, je reste sous le charme envoûtant de la version sans soufre : pure, évidente, riche et suave sans alourdir le palais…une classe naturelle absolue !

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 19:23



Si vous ne trouvez pas Jérôme Mazel à l’accueil de son caveau ouvert tous les jours à partir de 18 heures, c’est qu’il est déjà parti avec un groupe dans sa cuverie ou son chai à barriques pour une visite guidée…ou alors il faut aller le chercher au fond de sa cave dans le souterrain qu’il est en train d’aménager en espace d’accueil pour sa clientèle…
 

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Une partie du chai à barriques, au fond à droite l’entrée du souterrain.


 
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Le souterrain en chantier.

 

Ce vigneron, dont j’ai déjà longuement parlé dans d’autres articles, continue son bonhomme de chemin, travaillant dans ses vignes et dans le potager de ses parents dans la journée et passant le début de soirée avec ses clients qu’il accueille toujours avec gentillesse et disponibilité.
Sa gamme qui est restée inchangée depuis l’année passé comporte 3 vins blancs, 2 rosés et 3 rouges d’appellation VDP des Coteaux de l’Ardèche mais, comme en juillet 2010, il n’ya plus toutes les cuvées à la vente : Alter Ego 2009 (100% chardonnay), Magie Noire 2009 (100% syrah), Corps et Ame (90% merlot + 10% syrah) sont épuisées et les 2010 ne sont pas encore mis en bouteilles.

Odyssée 2010 (100% viognier) : le nez est élégant, floral (violette et fleur de sureau) et légèrement vanillé, l’attaque en bouche est assez timide mais la matière se révèle progressivement et développe une chair gourmande et un équilibre assez vif, la finale n’est pas trop longue mais laisse le palais frais et dispos.
Voilà un viognier comme je les aime avec une olfaction agréable sans être putassière et une bouche qui tient ses promesses. Jérôme Mazel maîtrise de mieux en mieux ce cépage : structure précise, boisé dosé avec beaucoup d’à-propos, matière mûre mais sans excès…un beau vin tout simplement !

Equinoxe 2010 (100% viognier en surmaturité) : le nez est intense et mûr sur l’abricot confit, la banane et le miel, la bouche est très moelleuse et bien aromatique mais la finale très généreuse peut fatiguer un peu les palais habitués à des équilibres plus verticaux.
Un peu comme pour les rosés ci-dessous, sur 2010 j’ai préféré l’expression la moins moelleuse du viognier… question de goût personnel sûrement car cette cuvée a été repérée par la critique spécialisée et a même constitué le sujet d’un reportage télé qui sera diffusé sur Arte en décembre 2011 (le 19, je crois)…A vos agendas !

Ribambelle 2010 (grenache, syrah, merlot et quelques autres…) : le nez est festif, aérien avec un très joli fruit (fraise des bois et petits fruits rouges), la bouche est parfaite, fruité croquant, délicatement acidulé et une pointe de douceur…comme dirait J.M. Bechtold « indice de torchabilité maximal ».
Mon rosé de l’été 2011…après un avant-goût proposé par l’ami Cyril, ce vin d’une gourmandise absolue a coulé à flots durant mon séjour ardéchois.

Chamboultou 2010 (70% de grenache) : le nez s’exprime sur le même registre que le précédent mais avec un caractère sensiblement plus confit, la bouche est franchement moelleuse tout en gardant une belle fringance et un fruité toujours aussi épanoui.
Irrésistible sur 2009, ce rosé atypique m’a un peu moins séduit cette année…mais il faut dire que le « Ribambelle » vraiment parfait cette année a placé la barre des rosés à une belle hauteur. Il n’en reste pas moins que cette cuvée appelle la convivialité et constitue un apéritif estival idéal !

Cœur de Pierre 2010 (90% de grenache + 10% de merlot) : le nez est un peu mystérieux, complexe et évolutif il s’ouvre sur des notes épicées qui rappellent le chorizo avant de partir sur un fruité mûr et gourmand pour finir sur de belle notes réglissées et fumées.
La « bombinette » fruitée de 2009 est nettement plus réservée cette année mais la structure en bouche et la belle complexité aromatique ne trompent pas…c’est une belle cuvée !
Jérôme pense que ce vin mériterait un peu de garde pour se livrer complètement…pour ma part je m’en suis déjà bien régalé cet été sur ma terrasse de Grospierres.

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La cuverie quasiment prête pour les vendanges…



Mon ultime visite à Pradons, avec mon filleul à qui j’essaie d’inculquer de saines pratiques œnophiles, nous a permis de déguster deux cuvées supplémentaires qui venaient d’être mises en bouteilles il y a quelques jours.
Après un gewurztraminer ardéchois, au nez de litchi et de loukoum à la rose mais très pâteux en bouche (du gewurztraminer à Pradons…ils ne se sentent plus ces ardéchois !), je termine par les deux vins fraîchement embouteillés :

Alter Ego 2010 (100% chardonnay) : le nez ne s’exprime pas encore très franchement mais la bouche possède une matière ample avec un équilibre très frais.
Un boisé très discret, une belle tenue en bouche et une vivacité étonnante…malgré une mise très récente qui brouille un peu la palette aromatique, ce chardonnay promet…et se dégusta déjà avec grand plaisir.
 
Magie Noire 2010 (100% syrah) : l’olfaction est très discrète, la bouche est dense, concentrée avec une trame tannique fine et serrée.
Comme le précédent, ce vin a été dégusté de façon prématurée (mais bon, j’ai vraiment insisté !), malgré tout la matière impressionne par sa texture charnue et très suave...une très belle syrah en devenir !

 

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La série presque complète de Jérôme Mazel (la flûte bleue, c’est le gewurtz)
 

 

Avant de quitter le domaine ou si vous voulez déguster les vins de Jérôme en dehors des heures d’ouverture du caveau, vous pouvez faire un petit crochet par la boutique de Mme Mazel. Vous y trouverez évidemment les vins de Jérôme mais aussi les légumes fraîchement cueillis dans le jardin familial et quelques produits locaux de grande qualité : saucissons de Puzzi, chèvres de la Ferme des Divols, crème de marrons, miels d’Ardèche…

 

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La boutique côté vins…

 
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La boutique côté légumes…

 
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Le potager

 

 

- Comme vous l’aurez compris, le domaine Mazel est devenu l’un de mes points de chute favoris en Ardèche : submergé par une clientèle de plus en plus nombreuse qui se presse dans son caveau, Jérôme fait déguster son vin en expliquant son métier avec un enthousiasme communicatif. On ne se lasse pas de l’écouter parler de ses cuvées, de ses terroirs, de ses copains vignerons et de son pays d’Ardèche.

- Ses vins gagnent chaque année en précision : Jérôme passe beaucoup de temps dans ses vignes pour récolter une matière première de plus en plus qualitative qu’il pourra travailler sereinement (pas toujours d’ailleurs, d’après ses dires…) dans sa cave équipée de cuves inox et d’un parc de pièces en chêne qu’il rachète en Bourgogne. Les cuvées de blancs effectuent une macération pré-fermentaire avant le pressurage puis sont entonnées dans des fûts de 1 à 2 vins, les rouges se font dans des fûts de 3 à 4 vins.

- Sur 2010, mes coups de cœur ont un peu changé : en dehors du viognier Odyssée trouve un équilibre presque idéal sur ce millésime je suis resté sous le charme du rosé Ribambelle, simple mais d’une gourmandise absolue…autant vous dire qu’a moins de 5 euros la quille, il a coulé à flots sur les hauteurs de Grospierres cette année !

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 10:20

 

Pour moi, le site des Dentelles de Montmirail compte parmi les plus beaux de notre pays : un environnement un peu sauvage avec une barre rocheuse incroyable, une végétation provençale, une lumière incomparable et des vignes partout…tout est là pour donner au visiteur l’impression de poser le pied dans un petit coin de paradis !
Bien évidemment lorsque mon ami ardéchois m’a proposé une virée oenophilique dans ce coin je l’ai suivi sans hésiter d’autant plus qu’il m’avait déjà habilement appâté en m’offrant une bouteille de Terres Jaunes 2006 de la Ferme Saint Martin que j’ai dégustée avec un grand plaisir il y a quelques semaines.
C’est parti !

 

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Les Dentelles côté est.

 

 

 

La seconde étape nous emmène vers Beaumes de Venise, dans un domaine recommandé par notre jeune hôtesse de la Ferme Saint Martin : le Domaine des Bernardins.


Cette exploitation familiale située au centre du village produit une cuvée de rosé, deux cuvées de rouge et quatre muscats. Adeptes d’une viticulture raisonnée ces vignerons ont prohibé les désherbants, utilisent des engrais organiques et pratiquent des vendanges manuelles permettant de trier précisément les fruits.


Le caveau de dégustation est accueillant mais nous sommes déjà pressés par le temps – eh oui, on a un peu traîné à Suzette – et nous choisissons de ne goûter que les muscats :

 

 

Doré des Bernardins – VDP de Méditerranée : le fruit est intense et précis au nez, la bouche présente un équilibre sec et digeste avec une finale légèrement amère.
Uniquement issu de muscat à petits grains ce vin surprend par sa fraîcheur et se déguste avec beaucoup d’agrément et de simplicité.

L’Esprit Libre – VDP de Méditerranée : le nez est subtil et avenant sur le raisin frais et bien mûr, la bouche possède un moelleux agréable et une finale légère et digeste.
Cette cuvée 100% muscat à petits grains à l’équilibre demi-sec est un vin plaisir par excellence avec juste ce qu’il faut de sucrosité et un fruit très épanoui…en plus, si on sait que cette petite merveille vous est cédée à moins de 6 euros au domaine, on craque complètement !

 

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Muscat de Beaumes de Venise 2010 : la robe étonne par sa couleur assez sombre, le nez intense et très fin s’ouvre sur des notes de pétale de rose avant de partir sur un registre fruité confit (raisin de Corinthe), la bouche possède une sucrosité mielleuse et une texture très grasse, la finale se prolonge avec de belles notes de raisin sec et d’épices douces.
Assemblage de 75% de muscat blanc et 25% de muscat noir ce vin riche et concentré se boit moins facilement que le précédent mais possède une matière extrêmement raffinée…un vin à siroter tranquillement pour lui-même ou à laisser vieillir quelques années pour lui permettre de trouver une place à table avec des fromages à pâte persillée.

 

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Muscat de Beaumes de Venise Hommage : le nez mystérieux et complexe sur les raisins secs, la bergamote et les épices, la bouche possède un moelleux plus élégant que la cuvée 2010, la finale persiste longuement sur les fruits secs (noix, figue…).
Voilà un vin précieux issu d’un assemblage de plusieurs millésimes de la cuvée précédente, qui flatte les sens par son équilibre et sa richesse aromatique. Présenté en bouteille de 50 cl, il permet au dégustateur de voir comment les muscats de Beaumes de Venise se comportent dans le temps…Très convaincant !

 

 

- Cette visite un peu impromptue, et surtout beaucoup trop rapide, au Domaine des Bernardins nous a permis de découvrir quelques vins blancs impeccablement travaillés avec un rapport Q/P exceptionnel.

- Cette propriété familiale dont le caveau est situé au centre du village de Beaumes de Venise propose des vins avec un pouvoir de séduction considérable : je n’étais pas forcément venu pour acheter mais je suis reparti avec un carton qui a d’ailleurs été bien entamé avant même notre retour en Alsace…un signe qui ne trompe pas !

- Pour le coup de cœur, pas d’hésitation « L’Esprit Libre » n’a pas seulement un joli nom, c’est un vin au charme direct et à l’équilibre guilleret avec un prix qui le rend absolument incontournable.

- La gamme de vins rouges (assemblage de grenache et de syrah) n’a pas été dégustée…une raison supplémentaire (si vraiment il en fallait une !) pour revenir faire une tournée dans cette région.


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Présentation

  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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