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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 19:09


Membre de mon forum préféré (degustateurs.com) depuis fort longtemps stf67 a tombé le masque du pseudo pour m’inviter à le rencontrer à l’occasion d’une dégustation d’échantillons de vins qu’il a réalisés dans le cadre de sa formation en B.T.S. viti-oeno.
En stage au domaine Sylvie Spielmann à Bergheim, Stéphane Cyran fait une étude sur l’effet du bâtonnage sur les caractéristiques du vin et pour avoir un avis le plus large possible sur le ressenti gustatif face à ses cuvées en cours d’élevage, il a choisi de convier un panel de dégustateurs très diversifié : professeurs du lycée de Rouffach, vignerons, collègues de promotion et amateurs.
Persuadé que cette expérience me fera avancer encore un peu dans ma connaissance de la chose vinique j’ai bien évidemment répondu favorablement à cette sympathique invitation.

 

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La session de dégustation se déroule dans la « Winstub du Sommelier » : situé dans le centre historique de Bergheim, ce restaurant propose une splendide carte des vins avec un nombre considérable de références alsaciennes de très haut niveau à des prix très sages...une adresse à noter pour tout gastronome amoureux de crus alsaciens !

Le groupe composé de 2 professeurs du lycée de Rouffach, de 4 étudiants de ce même lycée (dont l’organisateur de la dégustation), de 3 vignerons (Sylvie Spielmann, Marc Tempé et Antoine Kreydenweiss) et de deux amateurs (Antje, la patronne du restaurant et votre serviteur).
La mission de cette petite assemblée consiste à évaluer des échantillons de vins servis à l’aveugle : Stéphane nous verse 3 vins à la robe encore trouble et nous demande de remplir une fiche de dégustation sans communiquer entre nous…mystère !!!

 

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Stéphane au service…

 
2013 0195…et le groupe en plein travail.

 

 

Vin n°1 : notes fruitées très gourmandes et nuances végétales moins agréables, sucrosité encore sensible en bouche, mais fruit toujours bien présent, structure légère, assez court.

Vin n°2 : olfaction austère, sur des zestes d’agrumes avec une touche un peu métallique, précis, tendu et long en bouche, belle matière et grande minéralité en finale.

Vin n°3 : nez sur le fruit avec des notes de bois et d’épices, rond et souple en bouche avec une structure un peu confuse, belle finale minérale.

Après la collecte des fiches, un tour de table permet enfin aux dégustateurs d’échanger sur leurs impressions et d’annoncer leur « tiercé ».
Lorsque tout le monde s’est exprimé, Stéphane nous révèle enfin l’identité des cuvées proposées :
- le jus des 3 vins est issu d’une parcelle de pinot gris sur le Blosenberg
- le premier vin a été élevé en foudre.
- le deuxième vin a été élevé dans une barrique bourguignonne de 5 vins et a subi des bâtonnages réguliers
- le troisième vin a été élevé dans une barrique bourguignonne de 5 vins sans bâtonnage.

A titre personnel, j’ai préféré le 2° vin, devant le 3° et enfin le 1° mais il faut reconnaître qu’il n’y a pas eu de consensus sur la hiérarchie :
- seuls les deux enseignants du Lycée de Rouffach ont partagé mon avis
- les vignerons et les étudiants ont reconnus la qualité de la tenue en bouche du 2° vin mais lui ont trouvé un côté réduit bien trop important. Leurs suffrages se sont portés assez largement sur le 3° vin.
- le 1° vin a été préféré par Antje qui a été séduite par son côté juteux et gourmand et par Sylvie Spielmann qui, parlant d’expérience, lui reconnaît un très beau potentiel.

Conclusions :

- Même si je reste un piètre dégustateur de vins jeunes (et souvent de vins tout court d’ailleurs !), j’ai bien apprécié cet exercice qui m’a permis de constater de réelles différences entre amateurs et vignerons lorsqu’il s’agit de goûter et d’évaluer des vins : là où j’ai pensé sensations et plaisir induit, les professionnels se sont concentrés sur les qualités et les défauts des jus pour imaginer comment ces 3 cuvées vont évoluer.
Le côté réduit du 2° vin a visiblement beaucoup inquiété les vignerons présents ce soir, par contre ils ont analysé avec beaucoup d’optimisme les perspectives d’évolution du 3°.

- Selon mon ressenti personnel, sur ce pinot gris du Blosenberg le bâtonnage aura eu trois effets notables :
1. Le développement d’arômes de réduction assez puissants.
2. Une structuration plus solide de la matière en bouche.
3. Un marquage boisé plus discret.
En tous cas, j’ai été vraiment surpris par l’importance de l’effet des pratiques œnologiques sur la nature des vins…comme quoi, la patte du vigneron laisse des empreintes à la vigne comme à la cave.
 
- Merci à Stéphane de m’avoir permis de vivre cette expérience très enrichissante. J’espère qu’il nous fera partager plus largement les conclusions de son étude.

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 22:12


Après une bonne journée dans la poudreuse nous avons pour habitude de nous retrouver dans notre chambre d’hôtel pour partager un petit apéritif vinique avec des amis qui, comme nous, ont choisi de profiter de la qualité de l’offre touristique autrichienne pour réussir leurs vacances à la neige.
Dans cette ambiance cosy et conviviale, je ne suis que moyennement porté sur la prise de notes pendant la dégustation mais il y a eu 2 bouteilles qui ont mérité que je leur consacre quelques lignes.

Lumière de Feu 2004 – Domaine B. Bohn à Reichsfeld
Robe : jaune moyen avec des reflets dorés.
Nez : très discrète à l’ouverture, l’olfaction se montre de plus en plus volubile avec l’aération et nous offre un registre très complexe où on reconnaît entre autres des arômes d’agrumes mûrs, d’épices (safran, curry), de pierre à feu, de guimauve, de vanille avec une petite pointe de rancio.
Bouche : la matière s’épanouit et déploie un beau volume, rondeur agréable, toucher gras mais toujours soutenu par une acidité fraîche et finement citronnée, la finale est longuement aromatique.
(assemblage de gewurztraminer (70%), de pinot gris (20%) et de riesling (10%) élevé 5 ans sur lies sans ouillage).

 

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Je goûte toujours avec beaucoup d’intérêt ces cuvées spéciales qui nous proposent une vision du vin un peu décalée par rapport aux canons esthétiques de leur appellation. Certain me déçoivent, d’autres m’émeuvent et quelquefois je rencontre une bouteille vraiment enthousiasmante. Ce fut le cas ce soir avec cette « Lumière de Feu » qui nous a tous littéralement éblouis.

 

 

Château Lynch-Bages 1988 - Pauillac
Robe : presque noire et très dense avec des bords purpurins à peine dégradés.
Nez : fin, discret mais offrant une palette complexe et raffinée sur les fruits noirs bien mûrs, la violette, un fumé discret et une légère touche balsamique.
Bouche : parfait dans sa balance entre la matière en demi-corps, la fine acidité et la structure tannique joliment satinée, le vin impose sa classe avec beaucoup d’aisance, la finale est fraîche, bien aromatique mais avec une longueur assez moyenne pour un grand cru.

 

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Malgré la petite réserve sur la persistance finale ce très beau Pauillac nous parle d’un temps que les dégustateurs de moins de 40 ans ne peuvent pas connaître, celui où les grands bordeaux n’avaient pas encore cédé aux chants des sirènes de la spéculation mondialisée et restaient à la portée de la bourse d’un fonctionnaire de l’E.N.
Ce Lynch Bages 88 bien ouvert qui possède une beauté et une noblesse indiscutables est encore d’une jeunesse stupéfiante mais au bout du compte il me laisse quand même un petit goût amer en travers de la gorge…

 

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Notre terrain de jeu pour évacuer les effluves viniques de la veille…mais non maman ce n’est pas du hors piste !

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 13:22


Marc a été le conseiller pédagogique qui fut chargé de me guider lors de mes premiers pas dans le monde de l’enseignement. Non content de partager avec moi ses connaissances sur notre beau métier de « prof de gym », il m’apprit à aimer le vin en m’initiant à la dégustation et en m’entrainant dans mes premières virées dans les vignobles.
Il y a quelques temps, il hérita d’une bouteille de Meursault 1°Cru 1964 et lorsque je lui annonçais que c’était le millésime de mon épouse, il m’offrit le vénérable flacon.
Bien évidemment, il ne fut pas question de déguster cette belle quille sans lui…

Au menu : velouté de petits pois aux noix de Saint Jacques et pains de viande aux épices…et quelques flacons un peu plus jeunes pour tenir compagnie à la vieille dame.

 

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Cette soirée très conviviale excluait évidemment toute velléité de prise de notes sur ces vins…il va falloir vous contenter de quelques impressions en mémoire reportées le lendemain.


Mas de Daumas Gassac blanc 2005 : invité « exotique » dans cette série exclusivement bourguignonne ce blanc languedocien à l’olfaction très flatteuse (abricot frais, guimauve, violette…) mais avec un équilibre parfait en bouche a séduit tout le monde…Charmeur mais avec du fond !

Meursault 1°Cru Goutte d’Or 1964 – Battault-Rieusset à Meursault : la vedette de la soirée a surpris par sa tenue encore bien vaillante en bouche, même si la palette aromatique très « jurassienne » (noisette grillée, noix, safran) ne laisse plus aucun doute sur son âge…à presque 50 ans le respect s’impose !


Meursault 1°Cru Charmes 2006 – Buisson-Charles à Meursault : avec son nez très pur de miel et des fleurs blanches et sa bouche qui associe un gras très noble et une trame minérale d’une grande élégance, ce petit « jeunot » murisaltien est un vrai bonheur…je pense qu’il ne vieillira pas autant que le précédent, je ne lui en laisserai pas le temps !

Clos de la Roche 2004 – Marchand Frères à Gevrey Chambertin : très élégant et sans marquage excessif lié au millésime, ce Grand Cru caresse nos papilles avec sa matière charnue et très douce…Beauté et profondeur !

Echezeaux 1999 – D. Duband à Chevannes : la puissance de ce Grand Cru se manifeste dès l’olfaction et se confirme en bouche par une matière volumineuse, dense et finement tannique tout en gardant un côté très civilisé dans sa texture…un monstre que le temps a réussi à domestiquer !

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 09:54


Pour cette nouvelle rencontre gastronomique à l’hôtel-restaurant « La Source des Sens » à Morsbronn, le sommelier François Machi a invité deux vignerons de la Côte de Beaune pour qu’ils viennent présenter quelques unes de leurs cuvées en face d’une série de plats crées par le chef Pierre Weller.
En cette veille de Toussaint, pas moins de 40 convives ont choisi de participer à cette soirée (malgré un PSG-OM télévisé, quand même !) en compagnie d’Olivier Lamy et de Nicolas Rossignol…un joli succès et une belle reconnaissance pour le travail de l’équipe de la Source des Sens !


 
CIMG4484Olivier Lamy et Nicolas Rossignol durant les travaux préparatoires…

Olivier Lamy qui dirige avec son épouse le domaine Hubert Lamy à Saint Aubin nous présentera 5 vins blancs et Nicolas Rossignol à la tête du domaine éponyme à Volnay nous proposera 4 vins rouges.

Comme d’habitude, une petite concertation entre le sommelier, le chef et les vignerons a permis d’imaginer des associations gustatives entre un plat et deux vins. Ce soir, les mariages en rouge et blanc ne seront pas systématiques (comme lors de la soirée Ligier-Belair/Bret) puisque testerons deux paires monochromes sur une entrée et sur le plat de gibier.
C’est parti !


A l’apéritif :

Bourgogne Les Chataigners 2010 : le nez est complexe et charmeur avec des notes de citron et de craie, complétées par un fond discrètement mentholé et légèrement boisé, la bouche est vive et ciselée avec précision, la finale nette et légère laisse le palais frais et dispos.

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Issus d’une parcelle très calcaire située en altitude (autour de 350 m.) ces chardonnays ont été élevés en demi-muids de 2 ou 3 vins et travaillés avec beaucoup de soin et de pertinence pour nous donner ce vin tonique et gourmand. Voilà une très belle entrée en matière qui nous remplit d’impatience pour la suite…
Avec les deux amuse-bouche, la belle acidité de ce vin réagit parfaitement en réalisant un sans faute sur le saumon fumé mais en peinant en finale face aux puissantes effluves d’herbes aromatiques de l’émulsion fromagère.


 
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Emulsion au fromage blanc et aux herbes et tartelette au saumon fumé pour l’apéritif.

 

 


Pour accompagner les Saint Jacques au boudin noir et œuf de caille, purée de panais :

 

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Saint Aubin 1°Cru Les Frionnes 2008 : le nez est expressif et complexe sur l’amande grillée, le citron, les herbes fines et la vanille, la bouche possède une structure très verticale avec un bel équilibre entre gras et acidité et un toucher légèrement grenu, la finale est longue et saline.

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Volnay 1°Cru Chevrey 2010 : le nez très flatteur s’ouvre sur d’élégantes notes florales avant de livrer une palette dédiée aux fruits rouges, la bouche est charnue avec une trame tannique très gourmande et une aromatique sur les fruits rouges qui se définit progressivement pour dominer la finale longue et bien fraîche.


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Comme le vin blanc précédent ce Saint Aubin qui provient d’une parcelle argilo-calcaire très caillouteuse a été élevé par Olivier Lamy en demi-muids dont quelques uns étaient neufs. Il séduit par son registre complexe et évolutif et sa présence pleine de chair et de minéralité en bouche.
Issu d’une parcelle marno-calcaire, ce Volnay qui a été vinifié pour 50% en vendange entière étonne par son côté ouvert et charmeur déjà très affirmé, malgré son jeune âge. En tous cas, ce premier vin proposé par Nicolas Rossignol possède une personnalité franche et ouverte qui me parle bien…vivement la suite !
Avec le plat, la tension du Saint Aubin soutient vaillamment la confrontation avec la douceur des saveurs et des textures du plat mais trouve aussi un bel accord sensoriel avec la purée au panais grâce aux notes d’herbes aromatiques très présentes dans sa palette. Le Volnay ne réagit pas immédiatement avec le plat mais en finale les deux partenaires se combinent pour créer une harmonie raffinée, longue et vraiment gourmande…décidemment, ces accords terre-mer et vin rouge me surprendront toujours, MIAM !



Pour accompagner le Filet de bar grillé à la noix de coco et son croustillant à la bintje :

 

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Saint Aubin 1°Cru Les Murgers des Dents de Chien 2007 : le nez est fin et discret sur le beurre frais, le citron et la craie, l’attaque en bouche est marquée par un gras sensible et de beaux arômes d’agrumes, par la suite une acidité mûre, large et très envahissante redresse la structure et donne un côté franc et frais à la finale.

 

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Chassagne Montrachet 1°Cru Les Macherelles 2006 : le nez est mûr et exprssif sur des notes d’ananas frais et de pierre chaude, la bouche est opulente avec un joli gras et une aromatique très riche, la finale un peu plus pointue laisse un sillage très désaltérant sur le citron frais complété par une touche mentholée et une pointe minérale.

 

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Avec son sol pauvre et caillouteux situé au dessus des Champs Gains de Puligny, ce premier cru de Saint Aubin au nom si particulier a la réputation d’être un des meilleurs terroirs de cette appellation : cette magnifique cuvée des Murgers 2007 d’Olivier Lamy confirme largement cette réputation…voilà un des grands vins de la soirée !
Tout près du village de Chassagne, le terroir des Macherelles est un peu plus argileux et le vin de ce soir possède une matière plus épanouie mais on est rapidement conquis par la profondeur de sa structure et par la beauté de l’énergie qu’il dégage…Magnifique tout simplement !
Les deux vins réagissent très positivement avec ce plat au goût complexe, avec un petit avantage pour le Saint Aubin dont la structure et l’aromatique citronnée jouent une partition à l’unisson avec les saveurs de ce mets raffiné ; le côté exotique du Chassagne se marie superbement avec la sauce, hélas, en finale le sillage iodé assez courant lorsqu’on associe poisson de mer et chardonnay ne me plait guère…dommage !

 

Pour accompagner le Velouté de potiron au gingembre et au Munster :

 

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Saint Aubin 1°Cru Derrière chez Edouard-Haute Densité 2007 : le nez offre un registre ouvert et raffiné sur le fruit mûr, la boîte de craie et les épices douces, la bouche à l’attaque bien opulente libère de belles notes de mangue mais une puissante minéralité se manifeste progressivement en donnant à la finale un côté salin assez étonnant.

 

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Volnay 1°Cru Chevrey 2007 : le nez est profond et distingué sur les fruits rouges (cerise bigarreau) et les fleurs, la bouche se montre charnue, soyeuse, très gourmande malgré une belle minéralité qui soutient la finale.

 

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Cette cuvée 1° Cru de Saint Aubin qui est issue d’une parcelle de marnes blanches qu’Olivier Lamy a replanté en très haute densité (30000 pieds/ha !), est un pur bonheur et le Volnay Chevrey que Nicolas Rossignol avait choisi de travailler avec un égrappage total est une véritable caresse.
Ce couple rouge et blanc qui a ravi les convives de ce soir n’a malheureusement pas supporté les effluves très fermières du Munster fondu. Si Saint Aubin a réagi très positivement avec la texture et les notes de gingembre de la soupe au potiron le Volnay n’a vraiment pas trouvé sa place dans cet accord…on ne gagne pas à tous les coups !


Pour accompagner le Canneloni au gibier et sa poêlée de cèpes :

 

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Pommard 1°Cru Les Fremiers 2008 : le nez s’ouvre sur une palette très « sérieuse » avec des notes de graphite, de terre et de fumé qui laisseront la place à des arômes de fruits rouges qu’après une longue oxygénation, la bouche est puissante avec un caractère viril mais « pacifique », les tanins sont enrobés, l’acidité est très bien intégrée et la finale est marquée par un beau retour minéral.


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Pommard 1°Cru Les Chanlains 2007 : le nez est ouvert et mûr avec un fruité bien défini, en bouche la chair généreuse, tenue par une structure tonique laisse une belle impression veloutée, il faut attendre la finale pour retrouver le côté minéral de ce Pommard.
Issu d’une vendange égrappée à 100% sur une parcelle très caillouteuse, le Pommard Chanlins se montre plus gourmand et plus facile que le Pommard Fremiers 2008 qui est conçu à partir de 50% de raisins entiers récoltés sur une parcelle plus argileuse, qui se révèle plus viril et plus « terrien »…deux vins très différents mais qui se goûtent ce soir avec un égal bonheur !
Avec le plat, les deux cuvées jouent « en terrain conquis » avec beaucoup d’aisance : Chanlains s’accorde avec l’onctuosité des textures et la complexité du goût du gibier, Fremiers résonne avec le côté automnal et sous-bois de cette belle assiette. DOUBLE MIAM !


Pour accompagner la Forêt Noire revisitée :

 

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Grains d’Or 1996 : le nez est d’une incroyable complexité, on y trouve des notes de raisin confit, de brioche citronnée, d’orange confite, de vanille, d’épices (poivre blanc, gingembre), la bouche est ample, moelleuse et richement aromatique mais la finale a réussi à garder un côté très digeste.

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Voilà une splendide cuvée de SGN qui m’a vraiment bluffé par son incroyable complexité…Comme il nous l’avoue sans faux semblants Olivier Lamy est content d’avoir réussi à réaliser ce vin mais son équilibre très riche ne lui convient pas vraiment…un peu allergique aux S.R. comme beaucoup de bourguignons !
Le dessert particulièrement original (et plein de chocolat comme j’aime !) s’accorde très bien avec ce beau vin sur le plan des arômes : avec les effluves d’agrumes, de vanille et d’épices le chocolat se retrouve en présence d’alliés naturels. En bouche, il n’y a pas vraiment de dialogue entre les deux protagonistes, mais le vin affirme sa puissance en dominant nettement le dessert en finale.

 

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Pour conclure :

- Ce quatrième dîner œnologique à la Source des Sens m’a permis d’apprécier une fois de plus les talents de créateur gastronomique du chef Pierre Weller mais surtout de découvrir deux grands vignerons de la Côte de Beaune.
Mille mercis à ceux qui ont préparé et animé cette soirée, avec une mention particulière au sommelier François Machi, dont c’était la dernière édition des « Dîners œnologiques » à la Source des Sens, puisqu’il a choisi d’exprimer sa passion du vin dans une nouvelle voie.
Souhaitons-lui « bon vent » tout en espérant que ces soirées viniques et gastronomiques continueront d’être organisées par son successeur.

- Les vins d’Olivier Lamy m’ont subjugué par leur structure d’une précision absolue et par la pureté de l’expression de leur terroir : sa série de 5 bouteilles a montré une homogénéité qualitative exceptionnelle.
Même s’ils assument pleinement leur origine, les vins de Nicolas Rossignol sont avant tout des séducteurs invétérés : riches et gourmands, ils polissent avec brio l’image un peu rustique de certains crus rouges de la Côte de Beaune.
Les accords majeurs ont été réalisés par le Saint Aubin 1°Cru 2007 et le bar aux saveurs coco…un mariage un peu exotique mais très harmonieux, mais également par les deux Pommards 1°Cru et le plat de gibier…des évocations automnales riches et particulièrement sensuelles.

- Pour les coups de cœur viniques je choisirai le Volnay Chevrey 2007, un vin ouvert et plaisant assis sur une très belle structure, le Saint Aubin Derrière chez Edouard 2007 simplement sublime et peut-être aussi le Chassagne 1°Cru 2006 dont la matière et la profondeur m’ont bluffé…une bouteille que j’aurais bien sirotée juste pour elle-même.

- Même si je reste tout à fait enthousiaste sur la qualité de cette soirée je vais quand même émettre deux petites réserves. D’une part j’avoue que, très égoïstement, j’aurais préféré que ce repas se réalise comme les fois précédentes en plus petit comité : bien que les vignerons se soient mis en quatre pour venir présenter leurs aux différentes tables, les interactions furent quand même assez limitées…petite frustration !
D’autre part, je pense que le grand nombre de convives a également crée quelques difficultés au niveau du service : malgré des présentations et des façons irréprochables comme à l’accoutumée certains plats sont arrivés sur table avec des températures un peu basses.
Il n’en reste pas moins que c’est dans cet hôtel restaurant de Morsbronn que j’ai passé quelques unes de mes meilleures soirées de ces derniers mois…j’espère que cela va continuer !

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 12:10

 

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Dans cette Halle aux Vins du Parc des Expositions de Colmar le décor est très sobre et les installations se limitent à une table et une chaise pour chaque vigneron mais malgré ces conditions somme toute assez « spartiates », le casting du jour a plutôt fière allure : on y retrouve une grande partie de l’élite vigneronne alsacienne invitée par les organisateurs pour rendre l’hommage qu’il mérite au cépage roi de notre région.

 

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Une liste qui en fera surement rêver plus d’un….

Inutile de préciser que j’ai été particulièrement motivé lorsqu’il à fallu trouver une solution pour réussir à dégager une petite fenêtre de liberté dans mon emploi du temps toujours un peu chaotique en fin d’année scolaire.
Mais lorsqu’on a la chance d’avoir près de 60 grands domaines qui vous proposent de déguster leurs meilleures cuvées de riesling il est difficile (voire impossible) de ne pas répondre à l’invitation.

C’est en compagnie de quelques membres du club A.O.C. que je fais ma petite tournée : pas mal de vins dégustés, peu de notes prises et aucune photo…désolé d’être un si piètre témoin de cette belle journée !

 

Parmi les rencontres marquantes au pays du riesling j’aurais envie de relever :

- Le Domaine de l’Oriel
Placé dans la première rangée de tables le grand Claude est évidemment incontournable et je me laisse volontiers tenter pour déguster une fois de plus quelques superbes cuvées dont j’ai déjà largement vanté les mérites, comme le Brand 2007 ou le Florimont 2008 mais j’ai aussi pu découvrir le Sommerberg 2009 avec son expressivité généreuse et sa fine trame minérale.

- Le Domaine Emile Beyer
Dans la série « je cède trop facilement à ma gourmandise », l’arrêt à la table de Christian Beyer avec quelques dégustateurs qui ne connaissaient pas ce domaine d’Eguisheim me permet de savourer une fois encore le Pfersigberg 2008 avec sa matière d’une pureté et d’une élégance rares, et le Pfersigberg 2010 qui marche dans les pas de son ainé et qui constituera une alternative de choix pour remplacer le 2008 épuisé depuis bien longtemps.

- Le Domaine Paul Blanck
Lorsqu’on rencontre Philippe Blanck il ne faut jamais être trop pressé : ce vigneron qui aime partager son amour du vin est un adepte de l’exhaustivité dans la visite de sa gamme. L’organisation lui a demandé de limiter le nombre des échantillons à faire déguster, il s’y est plié à regret mais en revanche, il ne vous laisse pas quitter son stand sans que vous ayez tout goûté. Dans cette série très homogène et d’un très haut niveau qualitatif, j’ai été particulièrement séduit par le Patergarten 2009 et ses puissantes effluves fumées, le Schlossberg 2008, encore discret au nez mais remarquable d’équilibre et de noblesse en bouche et par le Furstentum SGN 2007 avec son aromatique très « explosive », sa grande richesse et sa puissante acidité…une vraie « bombinette » !

- Le Domaine Albert Boxler
J’ai goûté l’une ou l’autre fois un Sommerberg de ce domaine dans les séries proposées par Thierry Meyer lors de l’une de ses Masterclass mais je n’avais jamais pu faire une approche horizontale de ce cru…voilà donc une occasion toute trouvée pour combler cette lacune avec les 3 cuvées de Sommerberg 2010 (Sommerberg, Sommerberg D et Sommerberg E) proposées à la dégustation.
Les 3 vins possèdent des matières concentrées qui s’appuient sur une solide structure acide pour construire des équilibres secs et droits. A l’heure actuelle c’est la cuvée D qui exprime de la façon la plus nette la profondeur minérale de ce terroir.

- Le Domaine Agathe Bursin
J’ai souvent entendu parler de cette vigneronne mais je n’avais goûté que très peu de ses vins jusqu’ici. La lecture d’un grand nombre de critiques élogieuses au sujet de sa production m’a souvent fait penser qu’il serait intéressant de programmer une sortie du côté de Westhalten. Hélas, le manque de temps et peut-être aussi la perspective de ne pas trouver grand-chose à acheter au domaine ont été des éléments fortement dissuasifs…bien évidemment, il était absolument inenvisageable que je ne profite pas de cette occasion rêvée d’aller me faire une idée plus précise sur les fameux vins d’Agathe. La petite verticale de rieslings (6 millésimes entre 2010 et 2001) permet de nous rendre compte qu’un vin peut être très flatteur dans son plus jeune âge et tenir gaillardement face au temps qui passe. Le Zinnkoepflé 2010 est riche, opulent et particulièrement gourmand mais son équilibre très dynamique laisse envisager son évolution avec beaucoup sérénité. Le Zinnkoepflé 2004 est d’une pureté confondante (et pourtant j’ai cherché…), on y perçoit une matière pleine sur un équilibre très serein...un vin eu peu ZEN !

- Le Domaine Paul Ginglinger
Michel Ginglinger, secondé par Nicolas Scholtus, propose également une petite remonté dans le temps sur les deux grands crus du domaine, Pfersigberg (2010, 2004, 2007) et Eichberg (2010, 2007, 2004). Nous constatons qu’avec l’âge ces vins gardent fière allure avec des registres aromatiques très fins et des équilibres particulièrement frais.
L’Eichberg 2010 qui possède une palette pure et précise (un peu de zestes et quelques notes de fleurs) et une matière dense et saline se place d’ores et déjà dans la catégorie des « grosses cartouches » du millésime 2010.

- Le Domaine Marc Kreydenweiss
J’ai effectué une petite halte à la table d’Antoine Kreydenweiss, juste pour confirmer notre projet de travailler ensemble sur l’étude des trois Grands Crus d’Andlau au cours du mois d’août prochain…vaste programme !
Il a quand même tenu à me faire déguster son Clos Rebberg 2009, un riesling pur et droit avec une structure très granuleuse en bouche qui exprime avec force cette minéralité si particulière aux terroirs de schiste…superbe !

- Le Domaine André Ostertag
Je suis toujours un peu dérouté face à l’attitude d’André Ostertag lorsqu’il présente ses vins : il semble tout à fait détaché des commentaires qui fusent après la dégustation de l’une ou l’autre de ses cuvées…à croire que comme tout artiste, il laisse aux autres le soin de parler de ses œuvres.
Sur 2010 son Clos Mathis (terroir granitique sur Ribeauvillé) son Fronholtz (terroir argilo-sablonneux sur Epfig) et son Muenchberg (terroir gréso-volcanique classé grand cru) sont des vins lumineux et puissants avec une structure bien droite et un marquage minéral intense et profond.

- Le Domaine Trimbach
Avec ses cuvées les plus prestigieuses offertes à la dégustation la table du domaine Trimbach constitue évidemment une halte incontournable pour tout œnophile…le magnétisme d’une bouteille de Clos Saint Hune fait toujours son effet.
Les Frédéric Emile (2007 – 2006 – 2002) sont des vins purs et droits qui montrent le grand potentiel de vieillissement des cuvées de ce domaine. Le mythique Clos Saint Hune présenté sur 2006 et 2007 demande une grande concentration pour apprécier l’exceptionnelle qualité de sa texture en bouche : une expressivité très contenue mais une ampleur et une profondeur en bouche qui forcent le respect.

- Le Domaine Paul Kubler
Comme d’habitude dans ce type de manifestation ma gestion de l’horaire manque de rationalité et mon projet de profiter de ce salon pour rencontrer des vignerons que je ne connaissais pas est loin d’avoir abouti car au vu de l’heure très avancée, il me reste juste assez de temps pour m’arrêter à une dernière table : ce sera chez Philippe Kubler qui dirige le domaine Paul Kubler à Soultzmatt.
Issus d’un terroir gréseux exposé au sud mais rafraîchi par sa situation très proche du massif vosgien, les rieslings Breitenberg (2007 – 2008 – 2010) montrent une grande homogénéité qualitative et se distinguent par leurs profils aromatiques fins et complexes et leurs structures ciselées avec une très grande précision…un très beau trio !
Pour terminer sur une note plus originale le vigneron nous sert une cuvée « pirate » : le sylvaner Z 2010.
Intrus dans le salon puisque ce n’est pas un riesling et intrus sur le Zinnkoepflé puisqu’il n’est pas autorisé dans l’appellation Grand Cru, ce vin hautement expressif, concentré et tendu par une solide structure acide, apporte une fois de plus la preuve que ce cépage est apte à produire de très belles cuvées en Alsace.


Pour conclure :

Malgré les petites réserves concernant l’aménagement un peu rudimentaire de l’espace, ce premier salon « Millésimes Alsace » a été une manifestation tout à fait réussie. Un grand merci aux organisateurs et aux vignerons qui se sont prêtés au jeu avec gentillesse et professionnalisme.

En tant qu’œnophile amoureux des vins de ma région je ne peux que souhaiter longue vie à cette initiative en espérant qu’elle sera reconduite dans les années à venir.

Pour trouver d’autres commentaires et quelques photos je vous invite à vous rendre sur le blog de mon ami Eric.

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 18:23

JEAN-PHILIPPE BRET ET THIBAULT LIGIER-BELAIR AU RESTAURANT LA SOURCE DES SENS

 

 

Après déjà deux soirées tout à fait réussies dans cet hôtel-restaurant de Morsbronn, je n’ai pas hésité une seconde à m’inscrire pour ce nouveau repas dégustation autour des vins de Bourgogne…c’est reparti direction l’Outre-Forêt !


 
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  L’entrée de la Source des Sens

 

Je ne présenterai plus François Machi, sommelier engagé et passionné par son travail, mais je constate avec grand plaisir qu’il est parvenu à pérenniser l’organisation de rencontres gastronomico-viniques à la Source des Sens…et j’en suis ravi, bien évidemment !
Le binôme vigneron du soir est bourguignon : d’un côté nous avons le sud de l’appellation représenté par Jean-Philippe Bret et d’un autre le nord représenté par Thibault Ligier-Belair. Jean-Philippe présentera des vins blancs provenant du domaine familial de la Soufrandière à Vinzelles et de leur unité de négoce Bret Brothers. Thibault nous proposera des vins rouges des deux côtes, issus de la production de son domaine de Vosne-Romanée et de sa structure de négoce.
En cuisine, le chef Pierre Weller relèvera le défi suivant : créer une suite de plats pouvant s’accorder avec les deux couleurs à l’honneur ce soir…MIAM, ça promet !

 

 
CIMG4202La table est mise.
 

 

Les vins sont présentés par les vignerons puis dégustés bouteilles découvertes. Comme je l’ai annoncé plus haut, le principe adopté pour ce repas consiste à associer un vin blanc et un vin rouge avec chaque plat…c’est parti !



 
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Thibault et Jean-Philippe en grande discussion…


A l’apéritif : Espuma de homard, tartare de saumon et gaspacho pour agrémenter l’apéritif.

 

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Pouilly-Vinzelles La Soufrandière 2010 : le nez est discret sur les fleurs blanches et la craie avec de fines notes de brioche au beurre, en bouche l’attaque est incisive avec une acidité droite et profonde qui tend une matière très séveuse, la finale est longue et très minérale.
Ce vin qui me semble-t-il s’est un peu crispé depuis cet automne révèle une matière puissante et pure qui doit encore un peu s’harmoniser. Il n’en reste pas moins que cette cuvée qui se déguste avec plaisir ce soir, mérite largement son statut de valeur sûre du domaine de la Soufrandière.
Seul face à trois verrines, ce vin répond avec beaucoup d’aplomb : tranchant avec facilité sur le gaspacho, il résiste plus difficilement face aux saveurs corsées du tartare de saumon mais réalise un accord naturel presque parfait avec l’espuma de homard.

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Pour accompagner le Foie gras poêlé sur compote de rhubarbe au miel, tuile sésame-pavot :


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Viré-Clessé La Verchère 2009 : le nez est épanoui et bien expressif sur l’ananas frais et la craie, en bouche l’attaque est vive et la structure acide plus large que profonde s’associe avec une matière riche pour créer un équilibre très gourmand, la finale se prolonge sur une minéralité qui surprend par sa puissance.
Vosne Romanée Aux Réas 2006 : le nez est délicat avec des notes de ronce, de baie de cassis, de pierre chaude et de fumée, la bouche est très ciselée avec une matière équilibrée qui allie douceur au toucher et pointe minérale pour finir sur une belle sensation de fraîcheur.
Issu d’un terroir argilo-calcaire exposé au levant et d’un millésime particulièrement généreux le Viré-Clessé se montre riche et juteux à souhait et répond ton sur ton à cette association foie gras et fruit…ceci dit, face à l’acidité très pointue de la rhubarbe on aurait aussi pu essayer un vin de 2010.
Le Vosne 2006 provenant de la parcelle très calcaire des Réas commence sa phase de maturité bien épanouie avec une belle définition aromatique et une présence très voluptueuse en bouche. La matière de ce vin rouge enrobe le plat pour établir une cohabitation très paisible sans pourtant créer une véritable synergie…Etonnant tout de même !


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Pour accompagner le Filet de rouget aux asperges, mousseline au safran et beurre d’anchois :
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Pouilly-Vinzelles Les Quarts 2008 : le nez est encore tout en retenue sur le miel avec une touche florale très séduisante, la bouche est équilibrée avec une acidité mûre, profonde et déjà bien intégrée dans une matière très charnue, la finale est longue et joliment aromatique.
Corton Renardes 2007 : le nez s’ouvre su des notes torréfiées avant de livrer de beaux arômes de fruits rouges bien mûrs, en bouche c’est un pur bonheur, une rondeur très gourmande, un toucher soyeux, un très beau volume et une touche de fraîcheur en finale...que demander de plus !
Les vieilles vignes des Quarts, ce coteau prestigieux de Vinzelles riche en oxyde de fer, ont généré un cru de très haute tenue qui commence à peine à s’ouvrir aujourd’hui, la matière est noble et équilibrée mais l’aromatique reste encore très timide. L’accord avec le rouget est superbe : les deux éléments se conjuguent pour créer une belle harmonie. Lorsqu’on rajoute le beurre d’anchois le vin est hélas écrasé (en plus, je n’aime vraiment pas l’anchois…)
Malgré un style caressant très « nuitton » le Corton montre sa puissance en passant facilement sur les goûts très forts de ce plat pour réaliser un accord osé mais étonnamment gastronomique.

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Pour accompagner la Fricassée de sot-l’y-laisse, gésiers et magrets fumés, réduction au vinaigre de framboise, caneloni aux fèves :
 
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Macon-Cruzille 2002 : le nez pur et précis s’ouvre sur des notes de citron et de pierre chaude avant de révéler une palette un peu plus « pâtissière » sur la tarte au citron, en bouche l’attaque est pointue, le milieu développe une matière assez riche avec un gras sensible et la finale se montre particulièrement minérale.
Nuits Saint Georges 1° Cru Les Saint Georges 2004 : le nez se montre un peu rétif à l’ouverture, avant de composer une discrète palette fuitée, hélas un peu marquée par ce fond végétal caractéristique du millésime, la bouche se montre plus agréable avec un volume moins imposant que celui du vin précédent mais avec une belle texture et une finale nette et fraîche.
Issu d’une vieille vigne travaillée en bio depuis 1954 dont les fruits murissent très tardivement (vendangée en moyenne 15 jours après les autres parcelles du domaine), le Mâcon est d’une insolente jeunesse et arrive à réagir très harmonieusement sur le plat, même si la force épicée de la sauce se montre un peu écrasante en finale.
Malgré sa noble origine le Nuits porte la signature du millésime en filigrane mais le mariage avec le plat gomme ce petit défaut pour créer une très belle synergie gustative…le vin sort vraiment grandi de la rencontre avec le plat !


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Pour accompagner la Tomate farcie au chèvre frais :

 

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Pouilly-Loché La Colonge 2007 : le nez est discret et très fin avec des notes biscuitées sur un fond très citronné, la bouche montre un beau volume et un gras confortable avant de se tendre pour structurer un finale très riche en évocations minérales (silex, pierre à feu).
Moulin à Vent La Roche 2010 : le nez est net mais relativement discret même si on y décèle une palette bien complexe sur la framboise et les fleurs (mauve, violette), en bouche on sent une belle puissance équilibrée par une touche acidulée et une minéralité qui s’impose peu à peu en rendant la finale assez pointue.
Proposé à l’aveugle le Moulin à Vent n’a pas gardé son mystère très longtemps, le côté acidulé du gamay a rapidement trahi l’origine et la tension en bouche signe le millésime…mais après, j’ai plutôt cherché du côté de Morgon, puisque ce vin me rappelait assez le style des cuvées haut de gamme de J.M. Burgaud.
Produit sur les sols argileux et limoneux de cette toute petite appellation (30 ha en tout et pour tout…) le Pouilly Loché 2007 commence sa phase de plénitude en assumant sa belle minéralité.
Avec le plat, il ne se passe pas grand-chose, ni pour le blanc, ni pour le rouge : pas de conflit, mais pas d’harmonie non plus…les protagonistes s’ignorent tout simplement.


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Pour accompagner l’Entremet au chocolat et sa pulpe exotique :
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Vosne-Romanée 1° Cru Les Petits Monts 2005 : le nez est plein de mystère avec une première impression grillée, torréfiée (café, cacao) qui laisse peu à peu la place à une palette dominée par des évocations très minérales (terre mouillée, pierre à feu) et quelques notes de griotte, en bouche la structure est très élégante avec un texture charnue et une finale nette et fraîche où on retrouve un sillage aromatique très cacaoté.
Cette parcelle située juste au dessus du Grand Cru Richebourg offre à Thibaut la possibilité de concevoir une cuvée d’exception à partir d’une vendange entière vinifiée sans aucun intrant. Ce vin n’est pas destiné à la vente : il séjourne en fût depuis le début et n’est mis en bouteille que pour être dégusté.
C’est une cuvée avec une minéralité stupéfiante…comme de l’extrait de terroir bourguignon.
Le dessert donne plus d’ampleur aux notes fruitées perçues au nez, en bouche le premier contact est difficile mais l’harmonie se construit doucement avec le cacao comme élément fédérateur.

 

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  Pouilly-Vinzelles X-Mur 2007 : le nez est expressif et épanoui sur la banane, l’acacia, le coing et le miel, la bouche est dotée d’une matière riche et puissamment aromatique, équilibrée par un léger perlant, l’ensemble est moelleux mais reste léger et digeste.
Côté cuvées originales, le domaine de la Soufrandière n’est pas en reste, cette bouteille de Pouilly-Vinzelles très opulente et légèrement perlante est une sorte de dessert à elle toute seule.
Même si le mariage sur les saveurs de la pulpe exotique est évident, ce vin blanc très original se rend sans combattre face aux puissants arômes chocolatés de l’entremet.


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Pour conclure :

- Ce nouveau dîner œnologique à la Source des Sens, où nous avons pu découvrir le potentiel gastronomique des vins provenant de deux beaux domaines bourguignons, fut une totale réussite et nous a permis de passer un beau moment de convivialité et de plaisir gustatif. Mille mercis à ceux qui ont préparé et animé cette soirée : le chef Pierre Weller, son sommelier François Machi et les deux vignerons Thibault Ligier-Belair et Jean-Philippe Bret.

- Le défi qui consistait à marier un vin rouge et un vin blanc sur un même plat a été brillamment relevé et les associations gastronomiques parfois très osées ont toutes bien fonctionné. Les vins de la Soufrandière ont montré une grande aisance dans le dialogue avec les plats les plus divers…ceci dit, en tant qu’alsacien je dois avouer que la polyvalence des blancs à table ne me surprend plus trop aujourd’hui.
Avec les vins rouges ce fut plus étonnant, mais tout aussi réussi : le Vosne sur le foie gras et surtout le Corton sur le plat autour du rouget ont généré des harmonies gustatives d’une grande beauté…là j’ai senti comme une invitation à partir vers des univers gastronomiques que je n’ai encore que très peu explorés.
 
- Pour les coups de cœur viniques je choisirai évidemment le Corton Renardes 2007 simplement magnifique et les Quarts 2008, un vin encore un peu secret mais plein de noblesse et de distinction.
J’aimerai aussi relever les belle émotions ressenties face à la tenue du Mâcon-Cruzille après dix années de garde et surtout face à la confondante minéralité du Vosne Les Petits Monts…un grand merci aux vignerons pour ces deux cadeaux !

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 19:31


La traditionnelle soirée de dégustation associant des fromages et des vins d’Alsace organisée dans le caveau du domaine Bechtold a permis à une trentaine de convives de vérifier que les vins d’Alsace pouvaient accompagner avec bonheur les effluves souvent puissantes d’une assiette composée par les maîtres fromagers de la maison Tourrette à Strasbourg.

 

CIMG4096La série d’assiettes est prête…


Le couple Bechtold anime la dégustation, madame présente les fromages et monsieur nous parle de ses vins, l’ambiance est chaleureuse et conviviale…voilà une soirée qui s’annonce bien…

 

CIMG4097Les premiers convives bien calmes…mais ça ne durera pas !!!
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Pour l’apéritif :

Crémant Brut : le nez est fin et aérien, on y décèle des arômes de froment, de fleurs et de verveine, la bouche est vineuse avec une bulle très fine qui rafraîchit l’ensemble, la finale est sapide avec de beaux amers.

 

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L’assemblage est resté la même que pour la cuvée de l’année passé (chardonnay et pinot noir de 2009) mais le dosage est plus faible…on s’approche de l’extra-brut mais comme la matière première est bien mûre, l’équilibre reste très gourmand.

 

 

Gewurztraminer Silberberg 2010 : le nez est expressif mais très délicat sur un registre floral (violette, guimauve) et légèrement exotique, la bouche séduit par son développement aromatique qui s’intensifie progressivement et son équilibre tonique tenu par une acidité large, la finale est très salivante avec une pointe poivrée caractéristique.

 

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Avec sa richesse olfactive et sa grande sapidité en bouche ce gewurztraminer issu du coteau argilo-calcaire du Silberberg, flatte les sens sans les surmener...Superbe réussite !

        
Pour la ronde fromagère :

 

CIMG4101La ronde 2012 toujours aussi appétissante…


Klevner 2010 : le nez est fin et discret avec des notes de céréales et de fleurs, l’équilibre en bouche est sec et droit mais avec un joli gras, la finale est bien nette mais assez courte.

 

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Ce pinot blanc simple, convivial et très joliment balancé s’est montré très à son aise avec la Rouelle Cendrée qui a mis en valeur le côté floral et guilleret de ce vin, mais aussi avec le Poitevin Marbré assez doux pour s’harmoniser avec sa touche de gras, par contre, sur le Brebidin Fermier plus puissant au niveau gustatif, l’accord a moins bien fonctionné laissant un goût animal peu avenant au palais.
 

 

 

Riesling Grand Cru Engelberg 2009 : le nez commence à s’ouvrir en livrant de belles effluves florales sur un fond très pierreux, en bouche l’équilibre est sec mais la matière dense et concentrée donne une belle impression de plénitude, la minéralité déjà bien présente au nez s’impose complètement en finale.

 

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Ce riesling riche et gourmand qui possède néanmoins un équilibre bien sec (5g de SR) se goûte aujourd’hui avec facilité et plaisir. En le confrontant à des fromages fortement typés comme ce Langres ou ce Soumaintrain fermier, les Bechtold ne lui ont pas forcément facilité la tâche mais le vin s’en est plutôt bien tiré : face au premier fromage le riesling tient bon avant de se faire dominer en finale mais sur les second l’harmonie est au rendez-vous…MIAM !
Avec le même vin issu du millésime 2010 (pas encore en vente actuellement), l’accord est bien plus évident : la matière concentrée et la puissante acidité de ce vin résonnent parfaitement face à ces deux fromages très expressifs.

 

 

Pinot Noir Obere Hund 2009 : le nez est très agréable et d’une jolie complexité, fruits noirs, bois de réglisse, un peu de fumée et une touche d’humus, la bouche est dense avec beaucoup de chair et des tanins veloutés, la finale possède une belle allonge sur un registre fruité.

 

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Ce pinot noir mûr et complexe tient avec une grande aisance face à ce Camembert au lait cru moulé main à la personnalité très rustique…étonnant !
Ceci dit, malgré cet accord très réussi, j’aurai vraiment bien vu le crémant de l’apéritif face à ce fromage...l’année prochaine peut-être ?

 

 

Pinot Gris Grand Cru Engelberg 2007 : le nez est atypique mais terriblement séduisant avec des notes de fruits blancs (golden), de vanille et une discrète touche fumée, en bouche la texture est résolument bourguignonne avec un gras très noble, un équilibre bien sec et une longueur aromatique conséquente.

 

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On est un peu loin de l’Alsace mais ce grand cru élevé longuement en barriques m’a particulièrement séduit ce soir…pour moi ce type d’élevage est tout à fait approprié à ce cépage. A côté des pinots gris traditionnels dont la plus grande partie me laisse de marbre avec leur côté doucereux et passe-partout, ce vin sort des canons esthétiques alsaciens mais possède une vraie personnalité…en plus, il réalise un accord majeur avec l’Etivaz d’Alpage comme avec le Salers Buron, deux fromages montagnards qui ne se laissent pas impressionner facilement. Superbe !!!


Gewurztraminer Grand Cru Engelberg 2009 : le nez est d’une discrétion surprenante mais avec une palette originale et complexe sur les herbes aromatiques et les épices douces, la bouches est ample et généreuse mais la minéralité puissante de l’Engelberg se livre pleinement en finale pour redonner à l’ensemble un équilibre très digeste.
Face à un Livarot fermier, ce gewurztraminer éminemment complexe joue sur le registre du contraste en opposant la finesse de ses arômes et de sa structure à la virilité très rurale du fromage, hélas, comme l’année passée le Vieux Lille très affiné et un peu trop salé n’a laissé aucune chance au vin…victoire par KO à la première bouchée !


Riesling Sussenberg 2003 : le nez est mûr et très complexe sur les agrumes confits et la cannelle, complétés par une touche vanillée et rafraîchis par une fine pointe mentholée, la bouche est charnue, large et opulente, la finale revient sur une belle fraîcheur avec une acidité fine et quelques notes pierreuses.

 

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Avant de parler accord, il faut dire que ce vin absolument magnifique se suffit à lui-même et ne sera jamais aussi bien mis en valeur que seul sur une table…ceci dit, il entre parfaitement en résonance avec la Fourme d’Ambert et l’association avec le puissant Roquefort artisanal génère au palais un troisième goût de toute beauté sur les fruits secs.


Pinot Gris Silberberg SGN 2007 : le nez est expressif et très épanoui sur la mangue, l’abricot et un soupçon de vanille, en bouche la matière est riche, la texture caressante mais une touche acidulée et minérale apporte un côté bien frais à la finale.

 

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Prévu pour accompagner quelques mignardises ce vin est un dessert à lui tout seul : richement aromatique et d’une grande suavité en bouche cette SGN assume son côté moelleux (180 g de SR) mais se montre très tonique en finale…MIAM !


Pour conclure :

- A l’heure où l’association systématique de vin rouge sur un plateau de fromage est assez généralement reconnue comme une ineptie gastronomique, les vins blancs d’Alsace ont une exceptionnelle carte à jouer du fait de leur grande diversité : leurs palettes gustatives très variées et leurs équilibres multiples permettent à tous les fins-becs de tenter un nombre considérable de combinaisons.
Avec des accords classiques ton sur ton ou mariages plus téméraires basés sur des contrastes, Jean-Marie Bechtold et les siens nous ont prouvé qu’il y avait moyen de se faire vraiment plaisir avec un plateau de fromages soigneusement composé et quelques superbes quilles alsaciennes.

- Comme l’année passée le couple formé par le pinot gris 2007 et l’Etivaz fut la plus belle association de la soirée, même si le vin proposé n’avait pas grand-chose en commun avec celui de 2011…à croire que c’est le cépage qui aime particulièrement ce fromage !
La synergie entre un riesling légèrement moelleux et le Roquefort qui m’avait surpris lors de la précédente édition, s’est encore montrée parfaite ce soir…ce deuxième essai est une confirmation, un riesling surmûri et bien né n’a pas peur des fromages très forts en goût.

- Les vins du domaine Bechtold ont montré une très belle homogénéité qualitative mais avec des profils extrêmement diversifiés : cépages et millésimes s’expriment sur chaque cuvée avec pureté et authenticité…chaque bouteille débouchée est une nouvelle découverte avec au bout (presque) toujours une très bonne surprise !

- Merci à tous les organisateurs pour cette soirée instructive et conviviale.

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 08:13

 

Créée en 2011, l’association « Les diVINes d’Alsace » regroupe une soixantaine de femmes travaillant dans l’univers du vin : elles sont vigneronnes, œnologues, cavistes, sommelières ou commerciales et ont décidé de s’engager au féminin pour mettre en commun des énergies, des convictions et des compétences dans le but de promouvoir la production viticole alsacienne.

Pour marquer le premier anniversaire de sa création les diVINes ont décidé de convier les amoureux du vin d’Alsace à un rendez-vous original dans le hall d’un grand Hôtel situé au cœur de la Petite France à Strasbourg.

 

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Pour cette approche des vins d’Alsace qualifiée de « ludique et sensorielle » par les organisatrices, nous étions invités à suivre un parcours de 8 ateliers thématiques à la découverte de plus de 60 vins provenant de 36 domaines différents.
Une fois de plus, malgré la fourniture d’un carnet de dégustation à l’entrée, la prise de notes détaillées n’a pas été possible : il faut dire que la salle vraiment surpeuplée et l’ambiance très festive qui y régnait ne se prêtaient pas trop à l’exercice…mais bon, je vais quand même essayer de vous mettre un peu l’eau à la bouche !

 

523951 269943606429162 111975885559269 573428 1310650637 n…comme je vous le disais !

 

 

Atelier 1 : Effervescence.

Consacré aux crémants (10 cuvées à déguster) cet atelier porte bien son nom car l’effervescence y règne…et pas que dans les verres !
Accès quasi impossible…je passe directement à la deuxième étape.


Atelier 2 : Des sensations et des mots

Consacré à des cuvées dont l’expressivité est sensée délier les langues, cet atelier me permet de choisir deux muscats joliment fruités parmi la gamme de 9 vins proposés :
- le muscat 2010 du Domaine de l’Oriel, finement aromatique et bien sec sera un partenaire de choix pour les asperges dont c’est la saison actuellement.
- le muscat 2010 du domaine Allimant-Laugner, très floral et plus rond se montrera plus à son aise à l’apéritif.


Atelier 3 : Accords gourmands, nouvelles saveurs

Consacré à l’expérimentation gustative de quelques accords originaux avec des vins d’Alsace, cet atelier où Isabelle Sipp (Atelier Cardamome à Colmar) réalise quatre préparations culinaires originales est littéralement pris d’assaut mais les effluves qui se dégagent de ces marmites sont irrésistibles...et la patience est largement récompensée car les mariages proposés sont très intéressants…et j’ai pu en tester 2 :
- le sylvaner Vieilles Vignes 2010 du domaine Dirler-Cadé, très pur et finement minéral, résonne à l’unisson avec une salade de fenouil à l’orange.
- le gewurztraminer Bollenberg 2010 du domaine V. Zusslin, tout en équilibre et en suavité avec ses notes exotiques et épicées, a un peu de mal à résister pas face à la fougue d’un curry thaï de gambas…mais c’est très bon quand même !


Atelier 4 : Granit et calcaire

Consacré à des cuvées originaires des deux grandes familles de terroirs alsaciens, cet atelier propose la dégustation d’une douzaine de crus différents. J’y ai particulièrement apprécié :
- le pinot noir Herrenreben 2010 du domaine Schoenheitz, déjà étonnant dans sa prime jeunesse, ce vin prouve qu’en Alsace le granit peut engendrer des pinots noirs d’exception.
- le riesling G.C. Hengst 2009 du domaine Josmeyer, ciselé avec une précision diabolique, il possède l’élégance et la puissance…un must !
- le riesling G.C. Kanzlerberg 2005 du domaine S. Spielmann, avec sa matière épanouie et bien posée et son olfaction complexe, ce vin dégage une impression de plénitude.
- le gewurztaminer G.C. Mambourg 2009 du domaine Bernhard, déjà goûté à plusieurs reprises, ce vin flatteur, riche mais parfaitement équilibrée confirme son statut de « must » sur ce cépage.


Atelier 5 : Accords gourmands autour des fromages

Consacré à la découverte du potentiel encore largement méconnu des vins d’Alsace face à un plateau de fromages, cet atelier nous offrait la possibilité de savourer une sélection de 7 fromages affinés par Christelle Lorho (Maison Lorho à Strasbourg) avec un ou deux vins diVINement choisis.
Après quelques ateliers où j’ai esquivé la bousculade, là j’avoue que j’ai un peu abusé de mon physique pour me frayer une place près de cette magnifique table fromagère afin de pouvoir y tester quelques beaux accords :
- le riesling Bollenberg 2010 du domaine F. Schmitt, délicatement floral au nez mais très tranchant en bouche, il répond avec autorité au Pecura Nature (brebis, Corse, affiné 14 mois).
- le riesling G.C. Engelberg 2001 du domaine Pfister, patiné par les années il se montre très caressant avec ses arômes de miel et son gras sensible en bouche ; avec la Tome à Paulo (chèvre, Deux Sèvres, affiné 7 semaines), l’accord se fait tout naturellement sur la douceur et la suavité.
- le crémant d’Alsace KB 2007 du domaine Binner, la palette sur la golden est assez caractéristique du type de vin recherché par ce vigneron mais la bouche est agréablement vineuse et l’accord sur un Dôme de Boulogne (vache, Pas de Calais, affiné 6 semaines) est tout simplement parfait…comme quoi !
- le riesling Réserve 2009 du domaine Trimbach, la palette florale du nez est un ravissement mais la matière trop légère en bouche ne résiste pas face à la puissance de l’Etivaz (vache, Suisse-Pays d’En Haut, affinage 18 mois).
- le gewurztraminer G.C. Goldert 2009 du domaine Zinck, subit un peu le même sort que le vin précédent : le nez de violette est un pur bonheur mais le Bleu des Basques (brebis, Commingeois, affinage 5 mois) ne lui laisse aucune chance…je me suis refait un palais avec du pain et j’ai siroté ce superbe vin, juste pour lui-même…MIAM !


Atelier 6 : A l’aveugle

Consacré à la dégustation de 8 cuvées connues dans des verres noirs, cet atelier demande la focalisation sur l’olfaction et le goût pour trouver les éléments pertinents qui nous permettront d’émettre une hypothèse sur l’origine des vins présentés. En compagnie d’un Stéphane Wasser en très grande forme (il a reconnu presque tous les vins avant moi…GRRR !)., nous avons goûté tour à tour :
- le pinot gris Le Maréchal 2009 du domaine F. Schmitt, boisé, opulent et concentré, il possède une matière qui demandera encore un peu de temps pour s’harmoniser (le 2008 est superbe en ce moment !).
- la cuvée Gypse 2010 du domaine S. Spielmann, légèrement moelleux, cet assemblage de pinots sur un terroir de gypse étonne par la richesse de son olfaction été la complexité de sa structure.
- la cuvée Schoffweg 2008 du domaine Deiss, atypique, voire inclassable, ce vin montre quand même une présence en bouche d’une densité exceptionnelle.
- le pinot noir « F » 2009 du domaine J. Becker, charnu et fruité, ce vin rouge charme par sa trame veloutée et sa belle fraîcheur finale.


Atelier 7 : Accords gourmands, les gourmandises

Consacré au mariage souvent très compliqué entre vins et desserts, cet atelier proposait 5 douceurs conçues par la ravissante Sophie Laugel (Boulangerie-Pâtisserie Laugel à Hochfelden) face à 7 blancs moelleux mais aussi face à un pinot noir et un crémant. Là le rideau humain s’est avéré infranchissable pour moi…d’autant plus qu’il était essentiellement constitué de gastronomes féminines. J’aurai pu (dû ?) jouer des coudes et des épaules pour accéder à une petite mignardise et à un verre de V.T. mais j’ai choisi de me comporter en gentleman en passant à la table suivante…

 

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Moi aussi je n’ai eu droit qu’à la photo…
 

 

Atelier 8 : Arômes

Ce dernier atelier propose un tour d’horizon sur 6 cépages pour finir en beauté. Histoire d’en prendre un petit dernier pour la route (je suis venu à vélo…tranquille !) je me laisse tenter par un verre de riesling G.C.Brand 2007 du domaine de l’Oriel, déjà tellement goûté et regoûté, je retrouve cependant toujours cette même impression de plénitude et d’évidence sur ce vin. Enorme MIAM !


Pour conclure :

- Quelques bouchées délectables et une série impressionnante de vins soigneusement choisis, servis avec le sourire par de charmantes hôtesses passionnées de vin, voilà un endroit qui ressemble fort à un coin de Paradis pour œnophile avec de diVINes déesses bien sûr…

- Comme je l’ai évoqué à plusieurs reprises dans mon C.R., les conditions de dégustation n’étaient pas forcément optimales : pour cette première manifestation, l’affluence a peut-être un peu surpris les organisatrices et, très vite, le hall de ce bel hôtel strasbourgeois s’est révélé bien trop petit pour permettre à tous de suivre correctement le parcours prévu…dommage !

- Il n’en reste pas moins que ce fut encore une occasion de plus offerte aux amateurs de vins d’Alsace de vivre un grand moment de plaisir et de culture vinique et gastronomique…encore une preuve supplémentaire que notre région est une terre bénie pour les œnophiles.
A bon entendeur…

- Mille mercis, aux diVINes pour ces instants magiques !

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 09:28

 

Il y a des semaines où les rencontres autour de la chose vinique se multiplient et où un blogueur amateur comme moi a beaucoup de mal à suivre dans la tenue de ses chroniques viniques : après une journée à Eguisheim en compagnie de Christian Beyer, une session du club A.O.C., une visite rapide au domaine de l’Oriel, un salon des vins au Bollenberg, voilà que mon ami Jean-Claude (50 années de fidélité cette année…on ne pourra pas dire que je l’ai choisi pour sa cave !) me propose de me joindre à un groupe d’amateurs de vins qu’il a convié pour une verticale de Bienvenues-Bâtard-Montrachet…dans certaines situations il faut vraiment accepter de se laisser déborder par le travail !
Deux plateaux de fromages à pâte cuite, quelques conserves de foie gras et de rillettes de canard et un alignement de 10 flacons d Grand Cru : voilà une table capable de faire frétiller les papilles les plus exigeantes !

L’ambiance est festive et je n’ai pas trop envie de dégainer mon carnet de notes pour relever mes sensations en direct.
Les vins sont présentés bouteilles découvertes et les commentaires sont rédigés le lendemain en fonction de sensations mémorisées lors de cette soirée.



Bienvenues-Bâtard-Montrachet
Louis Carillon et fils à Puligny Montrachet



2009 : charmeur et généreux dès la première approche ce vin est soutenu par une minéralité profonde.
Opulent, flatteur mais encore jeune.

2008 : un vin équilibré et racé avec une acidité franche et noble, une matière riche et grasse.
En devenir mais déjà d’une grande élégance.

2007 : une olfaction plus ouverte (tilleul, craie humide et une pointe finement boisée), une bouche stricte et tendue avec un gras très raffiné.
Une minéralité intense qui commence à parler…et qu’on écoute religieusement !

 

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2006 : une olfaction épanouie sur le tilleul, le citron et le silex, une bouche puissante, tonique et très longuement aromatique.
Regoûté le lendemain, ce vin avait encore gagné en profondeur et en minéralité avec un côté pierreux presque palpable en bouche.
Un Grand Cru ouvert et racé…Magnifique !

2005 : plus évolué au nez avec des arômes de miel et un fruité bien mûr, en bouche, après une attaque confortablement ronde, la minéralité impose sa puissance.
Le lendemain l’équilibre du vin s’était posé avec sérénité offrant une longueur aromatique finale impressionnante
Un vin qui a eu besoin d’une nuit pour montrer sa grandeur…Exceptionnel, mais visiblement encore loin de son apogée !

2004 : un nez précis et fin où on cherche vainement les marqueurs végétaux du millésime, une bouche équilibrée, profonde qui finit sur la fraîcheur et la minéralité.
Le lendemain, la palette aromatique s’est définie davantage avec des nuances de mélisse, de verveine et de citron mûr, le toucher de bouche est resté très minéral et la finale a gardé sa fraîcheur et sa pureté.
Un vin déjà superbe le soir avec une place d’honneur (4° dans mon classement perso)…mais la magie a vraiment opéré le lendemain. MIAM !

 

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2003 : un nez ouvert et flatteur sur les fruits jaunes (prune, mirabelle) et quelques épices douces, une bouche gourmande qui se livre avec une grande facilité.
Séducteur…mais peut-être un peu trop !

2002 : un nez complexe, raffiné et d’une grande précision, une bouche parfaite où une minéralité intense et un gras charmeur s’équilibrent à la perfection.
Un grand vin dans la plénitude de ses moyens…Une pure merveille !

 

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2000 : un nez douteux sur le miel et la compote de pomme, une bouche plate et fatigué qui confirme les craintes…
Oxydation prématurée…Dommage !

1999 : complexité et raffinement au nez (fleurs, tilleul, craie), remarquable d’équilibre et de gourmandise en bouche avec une finale interminable…Parfait !
Comme pour le 2002, plénitude et maturité optimale…une autre merveille !


Pour conclure :

- Jean-Claude fait partie de ces œnophiles qui n’apprécient pleinement leurs vins que lorsqu’ils peuvent les partager entre amis…et je peux dire que ce soir nous étions quelques uns à être très heureux de pouvoir lui faire plaisir…
C’est bien la première fois que je me retrouve face à 10 bouteilles de Grands Crus bourguignons…une expérience rare pour un amateur comme moi.
Merci Hans !

- Hormis le 2000, toutes les bouteilles se sont montrées dignes de leur statut de vin d’exception, mais sur mon podium personnel je placerai sans hésiter et dans l’ordre : le 2002, le 1999 et le 2006 (talonné de près par le 2004)… en fait, avec le 2008 encore jeune mais plein de promesses, je dirai que chez les Carillon, les réussites de la première décennie du XXI° siècle sont à situer dans les années paires…et les 2010 dégustés cet été chez François Carillon ne vont pas déroger à la règle.

- sur cette verticale on a également pu constater que les très grands vins ont vraiment besoin de quelques années de garde pour exprimer leur classe : les vins jeunes sont très beaux (2009 à 2005) mais ils n’ont pas encore cette profondeur et cette complexité qui les rend vraiment incomparables. Les trois bouteilles que j’ai eu la chance de pouvoir regoûter le lendemain me confortent dans cette idée : après quelques heures en bouteilles vidées aux ¾ les vins sont apparus plus ouverts, plus complexes et plus harmonieux.

- malgré tout, cette soirée me laisse un petit pincement au cœur : l’ambiance conviviale et détendue aidant, nous avons finalement très peu parlé de ces vins magnifiques…en tous cas, pas assez à mon goût car je pense que ces aristocrates de la Côte d’Or méritaient une assemblée un peu plus attentive et des échanges un peu plus riches. Dommage, mais bon ne soyons pas rabat-joie, ce fut une magnifique expérience !

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 13:38

 
Après une soirée mémorable en 2011 dans ce même établissement, je n’ai pas hésité un seul instant à braver l’habituelle fatigue qui affecte tout bon fonctionnaire de l’Education Nationale après deux semaines de vacances, pour réserver ma place à l’hôtel-restaurant La Source des Sens qui organisait un repas dégustation autour des vins des domaines Rietsch de Mittelbergheim et Kreydenweiss d’Andlau.
Avec François Machi, un sommelier passionné, au tire-bouchon et Pierre Weller, un chef créatif, aux fourneaux, ces soirées s’annoncent toujours sous les meilleurs auspices et méritent largement le sacrifice de cette interminable traversée nocturne de l’Outre-Forêt qui nous emmène jusqu’au village thermal de Morsbronn-les-Bains.
Comme à l’accoutumée, François Machi a invité les vignerons pour partager le repas des convives en présentant et commentant leurs vins : pour ce soir, les maîtres de cérémonie s’appellent Antoine Kreydenweiss et Jean-Pierre Rietsch…j’ai comme l’impression que à va décoiffer un peu autour de la table et dans nos verres !


 
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Alléchant, non… ?
 

 

Les vins sont dégustés bouteilles découvertes.

 

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Une tablée encore bien sage à l’heure de l’apéritif…


 

A l’apéritif :


 
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Mini club sandwich maison bouchée boudin-œuf de caille en guise de mise en bouche.

 

Crémant Extra Brut 2009 – Domaine Rietsch : le nez est fin et très engageant sur les fruits blancs (poire William) avec un soupçon de craie humide et de brioche fraîche, il y a beaucoup d gras et de chair en bouche, la bulle est fine mais bien tonique, la petite amertume confère une jolie digestibilité à l’ensemble.
Jusqu’à présent je n’ai pas encore connu de coup de cœur pour des crémants non-dosés, mais avec cette cuvée issue d’un assemblage à dominante auxerrois complété par du chardonnay et une pointe de pinot gris, je suis sous le charme : flatteur, gourmand et particulièrement digeste…tout ce qu’on demande à un vin d’apéritif !


 
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Pour accompagner les Saint Jacques françaises grillées, carpaccio de betteraves crues et cuites, émulsion à l’oseille :

 

 

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Riesling Brandluft 2010 – Domaine Rietsch : le nez est discret sur un registre exotique très frais (lime et carambole), en bouche l’acidité qui se montre assez épineuse à l’attaque se fond progressivement dans une matière longiligne et élégante. La finale se prolonge avec de beaux arômes citronnés.
Riesling Clos Rebberg 2008 – Domaine Kreydenweiss : le nez plus ouvert et plus intense montre immédiatement sa belle palette sur le miel de fleurs et les fruits blancs mûrs, la bouche est bien en place, assise sur une acidité franche et très large elle développe une matière riche et complexe.
Issus de millésimes et de terroirs différents (le Brandluft est à dominante argilo-calcaire alors que le sous-sol du Clos Rebberg est composé de schistes de Villé), ces deux rieslings réagissent très positivement avec le plat. Les saveurs sont en harmonie et les acidités se transforment de façon spectaculaire : celle du Rebberg se tend davantage alors que celle du Branluft s’harmonise…en tous cas, accord majeur pour les deux !

 


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Pour accompagner le Bar côtier rôti, raviolis de daube de bœuf à la coriandre, jus acidulé et huile de thym :


Trop occupé à humer les 2 superbes vins présentés…j’ai oublié de prendre une photo du plat !


Riesling G.C. Kastelberg 2008 – Domaine Kreydenweiss : le nez est relativement discret mais très élégant avec des notes pierreuses et finement épicées, la bouche est très verticale avec une acidité précise et droite et une finale longue où la complexité aromatique s’exprime plus nettement.
Riesling G.C. Zotzenberg 2009 – Domaine Rietsch : le nez est fin et discret avec une touche de miel, du citron mûr et un léger vanillé, la bouche est bien détendue, il y a du gras et de la souplesse et une belle salinité qui attend la finale pour se manifester.
Voilà deux grands crus presque voisins qui se présentent à nous avec des personnalités très différentes mais qui tiennent pleinement leur rang d’aristocrates du vignoble alsacien par leur classe et leur noblesse…MIAM !!!
Dès l’arrivée du plat le fumet qui se dégage de l’assiette et les effluves aromatiques des deux vins résonnent en harmonie et, comme prévu, le passage en bouche se caractérise par l’évidence d’un accord gastronomique magistral…superbe !

 

 

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Pour accompagner le Filet mignon de veau rôti, poêlée de rattes et côtes de blettes, réduction de vin rouge :
 

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Pinot Gris Clos Rebberg 2007 – Domaine Kreydenweiss : le nez est mûr et flatteur avec des arômes de raisin sec et de frangipane, en bouche une matière grasse et soyeuse enveloppe le palais pour laisser une belle impression de plénitude en finale.
Pinot Gris 2010 – Domaine Rietsch : le nez est séduisant sur le miel d’acacia complété par des notes florales très complexes, la bouche révèle une matière équilibrée et une très belle tension en finale.
Ces deux vins toujours bien différents montrent combien le pinot gris est un cépage gastronomique par excellence : le Clos Rebberg se présente avec une personnalité très aboutie et joue la caresse sur les textures moelleuses de ce plat, le pinot gris encore un peu fougueux fonctionne sur un autre registre, plutôt en rupture, mais son côté « terrien » lui permet de fonctionner parfaitement…Etonnant !


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Pour changer de couleur :

Pinot Noir Vieille Vigne 2010 – Domaine Rietsch : le nez est très gourmand avec des arômes de bonbon acidulé et de framboises écrasées et de bonbon et acidulé, la bouche est gouleyante et juteuse, la longueur et la profondeur ne sont pas exceptionnelles mais la fraicheur de l’équilibre est tout à fait réjouissante.
Ce joli vin rouge vinifié sans soufre passe facilement sur ce plat mais l’accord est moins intéressant que celui réalisé avec les deux pinots gris. Il n’en reste pas moins que cette bouteille fera merveille pour ripailler entre copains…à siffler à grande lampées et sans retenue !


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Pour accompagner le Brie de Meaux glacé :


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Sylvaner Ni vu ni connu 2007 – Domaine Rietsch : le nez est intense et atypique avec des notes de fruits secs (noix, noisette, amande torréfiée) et d’épices, la bouche où on sent une matière confortable sur un équilibre très pointu laisse persister longtemps ces arômes complexes et inattendus.
Ce plat et ce vin tout à fait excentriques nous emmènent loin des sentiers battus gustatifs dans une association qui peut heurter les palais trop formatés. Mais avec des registres aromatiques qui se répondent et des matières qui interagissent pour créer une véritable synergie je pense qu’on s’approche d’une forme de perfection !


 
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Un sylvaner Zotzenberg 2007 après un élevage oxydatif de 3 ans et demi…sensations fortes assurées !
 


Pour accompagner la Fraîcheur exotique, feuilleté de coco, cylindre d’ananas rôti et espuma de vanille, sorbe rhum à la menthe :
 

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Riesling G.C. Wiebelsberg V.T. 2007 – Domaine Kreydenweiss : le nez est très mûr, presque confit, le gras et la richesse en bouche donnent une impression de sphéricité mais en finale l’équilibre s’affine et la matière gagne en digestibilité tout en restant profondément aromatique.
Muscat VT 2007 – Domaine Rietsch : le nez est expressif et épanoui, agrumes bien mûrs, mandarine confite et fleur de sureau composent une palette très gourmande, la bouche est délicatement moelleuse avec un équilibre fin et léger.
Avec ce muscat exubérant mais léger et ce riesling concentré et profond nous avons deux beaux vins moelleux qui prouvent que les vins d’Alsace peuvent se montrer tout à fait à leur aise sur des desserts à base de fruits…MIAM !
 

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Pour accompagner les Mignardises :

Curieusement, à l’heure où on pense généralement à commander des cafés, l’ambiance s’est brusquement enflammée et les bouteilles ont commencé à arriver sur la table par vagues de 2 ou de 3…Antoine, Jean-Pierre et François se relayant pour faire des aller-retour entre la cuisine et la salle et revenant les bras chargés de flacons. Etant le seul de la tablée à ne pas avoir prévu de rester à l’hôtel pour la nuit, la perspective d’un prochain retour vers Strasbourg en voiture (sans chauffeur…) m’avait conduit à user du crachoir depuis quelque temps, j’ai donc sagement continué sur ma lancée ce qui ma permis de déguster rapidement de belles petites perles comme les deux rouges sudistes du domaine Kreydenweiss (« Perrières » et « K »), le sylvaner « Nature », le Klevener de Heiligenstein « Nature » de Jean-Pierre Rietsch et quelques autres dont j’ai oublié le nom…

Fatigué, mais content !
 

 
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Les bouchons des deux domaines, auteurs d’un sans-faute sur la série de ce soir
 

 

 

Pour conclure :

- Ce retour sur cette belle soirée conviviale, animée et particulièrement riche sur le plan gustatif m’invite avant tout à redire ma gratitude à ceux qui ont contribué à la réussite de ce repas : le chef Pierre Weller, son sommelier François Machi et les deux vignerons Antoine Kreydenweiss et Jean-Pierre Rietsch.

- Les associations gastronomiques proposées ont toutes très bien fonctionné malgré l’originalité de certains plats ou de certains vins : du mariage convenu mais toujours réjouissant entre riesling et saveurs marines, à l’association plus étonnante entre une viande et des pinots gris pour arriver à cette incroyable synergie entre le Brie glacé et l’OVNI de Rietsch…on est allé très loin dans la recherche d’harmonies gustatives avec des vins d’Alsace…Bravo !

- Pour le coup de cœur vinique je choisirai sans hésiter le riesling Kastelberg 2008 d’Antoine Kreydenweiss, encore jeune mais déjà grand, mais je n’oublie pas le pinot gris 2010 et le crémant de Jean-Pierre Rietsch, deux bouteilles qui m’ont vraiment bluffé : en général peu enclin à m’enthousiasmer pour un pinot gris ou un crémant non-dosé, je dois reconnaître que je me suis laissé séduire complètement par ces deux vins au charme dévastateur.

- Une fois de plus, je terminerai par le réjouissant constat que nous avons beaucoup de chance en Alsace de pouvoir compter sur des vignerons comme Antoine ou Jean-Pierre toujours prêts à communiquer et échanger sur leurs vins et un sommelier comme François, débordant d’énergie et de créativité pour nous inviter à les accompagner dans des aventures gastronomiques exceptionnelles.

Mille mercis à tous !

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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