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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 09:09


Comme en 2011 et en 2012, l’équipe du domaine Kreydenweiss reconduit l’organisation de son week-end « Portes ouvertes » en invitant sa clientèle à découvrir son travail et ses vins.
Officiellement le printemps est arrivé depuis 2 jours mais dans la réalité alsacienne, on sent encore très fortement la présence de l’hiver et les tonnelles installées dans la cour de la maison Kreydenweiss ne serviront hélas qu’à protéger les visiteurs du petit crachin glacé qui tombe par intermittence entre quelques timides éclaircies.

 

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Ciel gris et froidure sur Andlau


Comme en 2011 et en 2012, le programme de cette journée nous propose une visite de cave avec la découverte de quelques vins de 2012, la dégustation des crus d’Andlau, de ceux de Manduel et la dégustation d’une sélection de vieux flacons sortis pour l’occasion de la réserve du domaine.
La nouveauté de cette année sera présentée par Antoine Kreydenweiss et « Sam » qui se produiront dans un numéro de labour dans les vignes du Clos Rebgarten.
C’est parti !

 

 

Dans la cave du domaine le bois règne en maître absolu, il fait doux (du moins par rapport à l’extérieur) et très humide : la maison des Kreydenweiss est un ancien moulin et certaines parties de la cave se situent en dessous du niveau de la rivière qui longe ses murs.

 

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L’Andlau qui passe juste derrière la maison.
 
3Une partie de la cave avec des murs que l’humidité fait briller.

 

 

Cette cave à l’ancienne, naturellement climatisée, offre un environnement propice à la réalisation d’élevages longs qu’Antoine Kreydenweiss a décidé de généraliser sur ces vins.

 

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La cuvée phare du domaine « travaille » encore calmement dans un foudre de 18 hectolitres

 

Avec la mise en œuvre de pratiques viticoles utilisant un minimum d’intrants de nombreuses cuvées de 2012 n’ont pas terminé leurs fermentations alcooliques mais nous dégustons quand même 2 vins issus de ce dernier millésime :

Pinot Blanc La Fontaine aux Enfants 2012 : le nez est riche et déjà bien expressif sur le miel, le sucre d’orge et la poire bien mûre, la bouche possède un très joli volume avec un gras sensible et une présence minérale affirmée en finale.
La Fontaine aux Enfants est une parcelle granitique située au sommet du Kastelberg que les Kreydenweiss ont acquis récemment (en 2007 je crois).
Sur ce dernier millésime, les pinots blancs et pinots auxerrois qui en sont issus ont généré un vin riche, ample et minéral qu’Antoine Kreydenweiss a décidé de commercialiser en primeur…dépêchez-vous, c’est une cuvée splendide !

 


Riesling Andlau 2012 : le nez est discret et encore marqué par des arômes fermentaires, en bouche, l’attaque est bien vive avec une structure acide solidement tendue et une matière longiligne très élégante, la finale révèle une présence saline particulièrement intense.
Produit sur des parcelles de sables gréseux et d’argiles situées dans le prolongement du Grand Cru Wiebelsberg, ce riesling a l’aromatique encore marquée par la fermentation montre cependant une structure acide et saline de très grande classe. Prometteur !

 

 

Pour la dégustation « en surface », les tables initialement installées sous les tonnelles de la cour ont été placées à l’abri dans la cave entre la chaîne d’embouteillage et les palettes de cartons prêtes pour l’expédition : c’était ça ou tenir nos Spiegelau avec des moufles…pas très pratique pour faire tourner le vin dans le verre !

 

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Dégustation « indoor » mais manteaux de rigueur…

 

 

Pinot Blanc Kritt 2011 : le nez est discret mais d’une belle complexité avec des notes florales et un fruité délicat, après une attaque bien vive, le vin se pose en bouche avec une matière en demi-corps agréablement détendue, la finale est nette, finement tendue et très sapide.
(12°5 – SR : 3,7 g/l – AT : 6 g/l)
La cuvée Fontaine aux Enfants n’ayant pas été produite en 2011 – la faute à une horde de sangliers gastronomes – le domaine nous propose la dégustation de la seconde référence de pinot blanc issue du lieu-dit « Kritt », une parcelle à mi-coteau très caillouteuse. Séduisant malgré une certaine retenue, ce vin nous propose une version raffinée et très gastronomique du pinot blanc alsacien…Joli !

 


Riesling Andlau 2011 : le nez est discret mais profondément minéral, la bouche se montre vive et ciselée avec précision, la finale est très saline et finement relevée par de beaux amers.
(13° – SR : 2g/l – AT : 6,8 g/l)
Encore jeune et un peu sur la retenue au plan de l’expression aromatique, ce riesling se distingue par une très belle salinité en bouche (déjà remarquée sur la version 2012 d’ailleurs)...Belle quille en devenir !

 

 

Pinot Gris Lerchenberg 2010 : l’olfaction est déjà précise sur les fruits blancs avec une petite note fumée, en bouche, la matière est tenue par une acidité bien tendue, l’équilibre est parfaitement sec, la finale s’étire longuement sur un sillage citronné très agréable.
(13°5 – SR : 6,2 g/l – AT : 8,1 g/l)

 

CIMG4593

 

Le Lerchenberg est une parcelle argilo-limoneuse située à l’ouest du Grand Cru Moenchberg. En 2010, ce terroir a permis la réalisation d’un pinot gris sec et gourmand de très haute tenue avec un potentiel gastronomique évident…une fois de plus, j’ai l’impression que ce millésime va réussir à me réconcilier avec ce cépage !

 

 

Clos du Val d’Eléon 2009 : le nez complexe et un peu mystérieux est entièrement dédié à la minéralité avec des notes de pierre chaude, de silex et de fumée, la bouche montre un équilibre sec mais avec un toucher bien gras, la finale est longue et profondément saline.
(14°g – SR : 1,4 g/l – AT : 6,2 g/l)

 

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Récolté sur une parcelle de schistes bleus de Villé complantée de rieslings et de pinots gris, ce vin vertical et puissant est une sorte de concentré de minéralité qui se déguste cependant avec un plaisir énorme…Excellent !
 

 

Riesling Clos Rebberg 2009 : le nez est ouvert, expressif et gourmand sur les agrumes mûrs et la pierre chaude, en bouche l’attaque est vive et tonique avec une acidité droite et incisive qu’une matière fruitée et gourmande vient envelopper rapidement avant de laisser se déployer une finale fraîche, saline et longuement aromatique.
(13°5 – SR : 3 g/l – AT : 8 g/l)

 

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Riesling Clos Rebberg 2010 : comme sur le précédent le nez se montre déjà très avenant avec une palette gourmande sur les agrumes et une petite touche fumée, la bouche est marquée par de fines nuances oxydatives et une structure acide pure et tendue, la finale étonne par sa longueur et sa salinité.
(13°5 – SR : 5,5 g/l – AT : 8,9 g/l)

 

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Malgré des millésimes très différents, les schistes de Villé du Rebberg marquent profondément l’aromatique et la structure de ces deux vins qui affirment une minéralité extrêmement puissante, même si le 2010 se distingue par son élevage particulier (24 mois avec un seul sulfitage à la mise)…Deux quilles absolument magnifiques

 

 

Riesling Grand Cru Wiebelsberg 2010 : le nez est encore très réservé avec un fruit très discret sur un fond minéral déjà sensible, la bouche est élancée avec une acidité droite et tendue et une finale saline où on perçoit un peu plus nettement quelques notes de bergamote et d’épices.

 

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Elevé durant 26 mois en foudres ce riesling porte la marque conjointe du millésime et de son terroir : l’acidité très ferme de 2010 associée à l’élégance naturelle générée par les grès du Wiebelsberg se conjuguent pour nous livrer un vin sec plein de sève et d’énergie qui montre dès aujourd’hui un potentiel énorme mais a qui il faudra laisser un peu de temps pour qu’il s’ouvre davantage.


Riesling Grand Cru Kastelberg 2010 : le nez est peu expansif et présente une subtile touche d’agrumes avec des notes pierreuses et fumées, la bouche est d’une puissance rare avec du gras, une acidité majuscule et une très longue finale saline et finement marquée par des nuances d’herbes aromatiques.
(13°5 – SR : 5,9 g/l – AT : 8,7 g/l)

 

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Chez les Kreydenweiss, quand le Wiebelsberg est grand, le Kastelberg devient immense…il n’est pas exclu que ce vin entre dans le gotha des plus belles cuvées produites en 2010 dans le vignoble alsacien. Magnifique !!!


Après cette série de claques, la promenade au grand air pour rejoindre le Clos Rebgarten au milieu du village tombe à pic : rien de tel qu’une petite promenade dans l’air vivifiant pour reprendre ses esprits.
Dans cette parcelle nouvellement replantée en gewurztraminer, Antoine Kreydenweiss et « Sam » nous présentent une démonstration de labour à cheval dans la vigne.

 

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Antoine et Sam en train de passer la charrue pour le buttage dans des rangs volontairement resserrés pour faciliter le guidage du cheval

 

Privé de sortie depuis plusieurs jours et face à la dizaine de spectateurs venus assister à la démonstration de labour, le grand « Sam » manifeste un enthousiasme débordant qui rend très difficile le guidage du soc sur le sinueux tracé de l’inter-cep.

 

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Changement d’outil pour continuer la démonstration par un travail de griffage.


 
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La griffe s’utilisant en ligne droite, Sam peut enfin se dégourdir les pattes…
 

 

La dernière étape de la visite nous emmène dans la salle de dégustation du domaine face au coteau du Kastelberg pour goûter quelques « trouvailles » sorties de la réserve du domaine.

 

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La salle de dégustation et le coteau du Kastelberg qu’on aperçoit à travers la baie vitrée

 

 

Muscat 1999 : l’olfaction est délicate avec des notes de tisane (verveine, mélisse, tilleul) et d’herbe sèche, la bouche est tendre et relâchée mais la matière est vraiment très légère et la finale très courte et aqueuse.
J’adore les vins de muscat dans leur jeunesse lorsqu’on sent le fruit croquer sous la dent, mais j’avoue que les vieux m’ennuient un peu…et celui-ci ne fait pas exception, malgré sa palette complexe et raffinée. Dommage pour moi !


Clos du Val d’Eleon 1997 : le nez est élégant et racé avec une palette très complexe sur le pamplemousse, les zestes d’agrumes confits, le miel d’acacia avec une touche de pierre à feu, la bouche droite et puissamment minérale dégage une belle impression de plénitude.

 

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Après plus de 15 ans de garde ce vin de schistes laisse sa force minérale s’exprimer avec beaucoup de classe…après un 2009 déjà impressionnant dans sa prime jeunesse de ce 97 prouve que les cuvées issues de ce Clos sont de vrais vins de garde…une révélation !
 

 

Riesling Grand Cru Kastelberg 2001 : l’aromatique est bien ouverte et d’une incroyable complexité (fruits blancs, herbes aromatiques, pierre à feu…), la bouche est posée avec une grande noblesse et développe une matière volumineuse et parfaitement équilibrée, la finale trace un sillage minéral d’une très grande longueur.

 

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Epoustouflant de pureté et de présence minérale, ce Château est vraiment royal ! Une belle grosse claque pour finir !


Pour conclure :

- Malgré la météo très hivernale qui a un peu bousculé l’organisation de ce troisième week-end « Portes Ouvertes », cette demi-journée que j’ai pu passer entre caves et vignes en compagnie d’Antoine et de son équipe fut une fois de plus un moment riche en sensations et en émotions.

- Après mon travail sur les Grands Crus d’Andlau, où j’ai pu m’entretenir quelques temps avec ce jeune vigneron pour tenter d’approcher la philosophie qui le guide dans la conception de ses vins, ce deuxième passage de l’année au domaine Kreydenweiss constituait une belle opportunité pour faire quelques travaux pratiques supplémentaires, verre en main bien sûr !

- L’institution d’une démonstration de labour à cheval dans le programme de la journée marque l’attachement profond d’Antoine à cette forme de travail : les sols sont beaucoup moins tassés qu’avec un tracteur et le rythme bien moins rapide de l’animal attelé permet de recréer un lien plus physique entre le vigneron et sa vigne…une pratique qui s’inscrit parfaitement dans le projet de ce domaine en biodynamie depuis de longues années.

- Les vins présentés cette année sont d’une étonnante pureté d’expression. Souvent discrets dans leur palette aromatique de jeunesse, ils se distinguent par la qualité de leur tenue en bouche : acidités précises et traçantes qui structurent des matières bien amples, finales montrant une force minérale déjà très marquée…qui dit mieux !

- Pour les coups de cœur personnels, j’ai été particulièrement sensible à l’énergie positive qui se dégageait des Clos Rebberg et par le Riesling Kastelberg 2001 époustouflant de profondeur et de noblesse. Pour être complet, je citerai aussi les deux vins du Clos du Val d’Eléon que j’ai pu déguster à des âges très différents : cette cuvée qui gardait un certain mystère pour moi jusqu’ici m’a fait une très forte impression cette fois ci…il faut croire que je commence à décrypter la subtile personnalité des vins de schistes !

- Mille mercis à l’équipe du domaine Kreydenweiss pour ces belles découvertes.

 

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Petite pose pour la photo…Sam, entre labour et cabotinage !

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 21:09

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Située à Wettolsheim, un village aux portes de Colmar, la maison Barmès-Buecher organise une journée portes ouvertes au domaine…quel meilleur moyen pour oublier l’ambiance un peu tristounette de ce dimanche de mars avec cet hiver alsacien qui s’éternise !

 

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Wettolsheim au pied du coteau du Hengst…et en plus il y a un peu de soleil !

 

Sous les voûtes du superbe chai que François Barmès a fait édifier en 2000, Geneviève la patronne, sa fille Sophie et son fils Maxime, secondés par quelques amis reçoivent leur clientèle particulière pour leur faire goûter une très belle sélection de bouteilles.
 

 

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La cave vue du haut de l’escalier.

 

La cave est organisée en 5 tables thématiques illustrées par quelques pépites produites au domaine durant ces dernières années : la première table est consacrée au pinot gris, la deuxième au riesling GC Hengst, la troisième au gewurztraminer GC Steingrubler, la quatrième au gewurztraminer GC Pfersigberg et la dernière aux cuvées moelleuses…et pour ceux qui n’auront pas trouvé leur bonheur sous terre, il y a la possibilité de remonter en surface dans le caveau de dégustation pour découvrir les autres références proposées sur le tarif actuel du domaine.
J’ai connu pire programme pour un dimanche après-midi d’hiver !

 

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La cinquième table et le petit coin restauration sur la droite…tout ce qu’il faut pour se régaler !
 

Table 1 :
Pinot gris Herrenweg 2005 : le nez est flatteur et très mûr avec des notes de miel, de sucre d’orge sur un fruité délicat, la bouche est ample et généreuse avec une aromatique dominée par le raisin sec, la finale est franche et nette mais la longueur reste assez modeste.
Pinot gris Pfleck 2005 : le nez est beaucoup plus réservé, une touche de fruits jaunes mûrs complétés par quelques nuances plus pierreuses, la bouche est élégante et bien droite avec une fine minéralité qui pose son empreinte sur la finale.
Sur ces deux pinots gris arrivés à pleine maturité le terroir ressort avec beaucoup de force : composé essentiellement de graves dans le cône de déjection de la Fecht, le Herrenweg a engendré un vin très charmeur par sa richesse et son opulence, alors que le coteau limono-calcaire du Pfleck a fait passer l’expression variétale du cépage au second plan en imprimant une belle marque minérale au vin.
En tous cas, voilà deux cuvées qui exposent clairement l’esprit des vins de la maison Barmès-Buecher : des matières gourmandes, des équilibres bien digestes et des expressions authentiques des différents terroirs.

Table 2 :
Riesling Grand Cru Hengst 2007 : le nez est vif et précis sur le citron confit, l’ananas frais sur un fond minéral très noble, la bouche est généreuse, bien fruitée avec une trame acide tendre mais bien présente, la finale est tenue par une belle minéralité et un retour acidulé bien frais.
Riesling Grand Cru Hengst 2008 : l’aromatique est vive et « claquante » sur le pamplemousse et les zestes d’agrumes, en bouche l’attaque est vive avec une acidité bien large, une trame minérale crayeuse, très tactile et une grande longueur aromatique.
Riesling Grand Cru Hengst 2009 : le nez est encore très réservé avec une palette discrète sur le citron frais et les herbes aromatiques, la bouche est très ample et charnue avec un équilibre sec et une finale de haute tenue où on décèle une petite touche épicée.

 

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Je ne connais le Hengst qu’à travers la dégustation de quelques rieslings du domaine Josmeyer mais j’ai comme l’impression que ce terroir marno-calcaire exprime assez puissamment l’influence du millésime sur la personnalité des vins : acidité noble et tendue pour le vin de 2008 et générosité pour les deux autres, avec un côté encore un peu jeune pour le 2009 et une patine plus raffinée pour le 2007. En tous cas, comme pour les pinots gris de la première table, ces 3 vins laissent une belle sensation d’équilibre et de finesse…de la belle ouvrage, bravo !

 

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Le coteau du Hengst au sortir de l’hiver
 

Table 3 :
Gewurztraminer Grand Cru Steingrubler 2004 : le nez est élégant et flatteur sur la rose et la guimauve, la bouche est svelte et aérienne avec une finale bien longue à qui une petite amertume apporte un côté sapide et digeste.
Gewurztraminer Grand Cru Steingrubler 2005 : le nez riche et complexe révèle un fruité bien mûr et quelques notes épicées, en bouche, la matière est opulente, avec un joli volume et une finale longue, finement poivrée avec une pointe acidulée très agréable.
Gewurztraminer Grand Cru Steingrubler 2006 : le nez est complexe sur les fruits blancs presque confits et de délicates notes florales, la bouche est avenante mais manque de corps et de structure, la finale révèle un côté sous bois assez disgracieux.
Le terroir complexe du Steingrubler (marno-calcaire sur arène granitique) a généré 3 gewurztraminer fortement typés : le 2004 étonnant de pureté est une friandise de très grande classe, le 2005 semble arrivé à sa pleine maturité et nous régale avec sa matière gourmande, sapide et son aromatique très épanouie, le 2006 se trouve un cran en dessous des deux autres avec une présence un peu vacillante en bouche et une finale où on détecte la marque d’un millésime difficile

Comme j’ai l’intention de déguster quelques cuvées en surface et que le temps commence à manquer, je me vois dans l’obligation d’écouter mon passage en cave en choisissant de goûter un seul vin sur les deux tables restantes.

Table 4 :
Gewurztraminer Grand Cru Pfersigberg 2005 : le nez est délicat et complexe avec des arômes de fleurs et de miel, la bouche possède un volume conséquent avec une rondeur fort agréable et une finale élégante où pointent de fines notes minérales.
A l’instar du Steingrubler, ce Pfersigberg 2005 semble avoir atteint son pic de forme avec une matière très épanouie et belle trame minérale qui soutient l’ensemble. Mature sans aucun doute, mais encore très loin du déclin…Belle bouteille !

 

Table 5 :
Gewurztraminer Wintzenheim-Cuvée Maxime 2006 : le nez est assez discret mais d’une belle complexité avec des notes de fruits exotiques bien mûrs et de délicates évocations d’épices douces, la bouche possède une rondeur avenante mais reste légère et digeste grâce à une profonde salinité qui tient longuement la finale.

 

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Issu d’une vigne se trouvant sur un coteau tout près de la maison Barmès-Buecher ce gewurztraminer récolté avec une maturité proche d’une SGN allie richesse et structure saline dans un équilibre très digeste…MIAM !

 

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La parcelle de gewurztraminer où est née la cuvée Maxime, juste derrière le domaine mais déjà sur le ban viticole de Wintzenheim

 

Avant de remonter vers le caveau, je m’octroie un petit arrêt au coin restauration pour me refaire le palais avec un morceau de pain de campagne et quelques fines tranches de Serrano…il n’y a pas à dire, nos hôtes vignerons ont pensé à tout !


Sur le tarif actuel du domaine qui comporte une bonne vingtaine de références, il n’y a pas mal de cuvées qui attisent ma curiosité mais avec l’heure de mon retour obligé vers Strasbourg qui approche, je me vois contraint de limiter ma dégustation complémentaire à 3 vins :

Pinot Noir Réserve 2011 : le nez est flatteur avec un registre très expressif sur la cerise bigarreau et le noyau, la bouche est d’une rondeur agréable soutenue par une jolie structure, la finale nette et précise laisse persister une rémanence fruitée très gourmande.
Pinot Noir Vieilles Vignes 2008 : la robe est rouge clair avec un léger trouble mais le nez est pur, raffiné et très complexe (fruits rouges bien mûrs, noyau de cerise, épices douces…), la bouche est ample, volumineuse et bien concentrée avec une trame tannique souple et une finale fraîche, délicatement acidulée et longuement aromatique.

 

Barmes-Buecher 0132

 

Voilà deux pinots noirs de très belle facture qui ne m’ont fait rapidement oublier que j’ai été contraint d’écourter ma dégustation en cave. Gorgé de fruit et caressant en bouche le Réserve 2011 est une friandise dotée d’un pouvoir de séduction immédiat.
La cuvée Vieilles Vignes porte indiscutablement la marque d’un très grand vin rouge : récoltée sur le coteau du Hengst et vinifiée à la bourguignonne (fermentation et élevage 24 mois en barriques) elle nous transporte immédiatement vers les crus de la Côte de Nuits…MIAM !
A quand le classement du Pinot Noir Hengst en Grand Cru ?


Muscat Ottonel 2011 : le nez est délicat avec de belles notes de raisin frais et de fleurs (sureau, rose), malgré un équilibre bien sec, la bouche reste douce et suave et laisse s’épanouir les arômes fruités et floraux repérés à l’olfaction, la finale est agréable, assez longue et très sapide.

 

Barmes-Buecher 0136

 

J’aime beaucoup le style très direct et l’authenticité de l’expression de ce muscat 100% ottonel, frais, léger et aromatique…classique mais parfaitement réussi. MIAM !

Pour conclure :

- Durant un bon quart de siècle, à force de travail et d’exigence, François Barmès a fait évoluer son exploitation viticole, pour la hisser au rang des domaines qui comptent dans le vignoble alsacien.
Après le décès accidentel de François Barmès en 2011, c’est son épouse et les deux enfants du couple qui assument la gestion du domaine en travaillant dur pour perpétuer la tradition d’excellence des vins estampillés Barmès-Buecher.

- Lors de cette journée « Portes Ouvertes » j’ai beaucoup apprécié le sens de l’organisation et la qualité de l’accueil de cette famille vigneronne et, bien évidemment, j’ai été conquis par la belle tenue des différents vins dégustés.
En biodynamie sur l’ensemble du domaine (16 hectares) depuis 1998, le domaine Barmès-Buecher produit des vins expressifs et purs qui laissent parler leur terroir et leur millésime avec beaucoup de sincérité : les 3 riesling Hengst et les 3 gewurztraminer Steingrubler illustrent bien cette philosophie.

- Parmi les vins marquants je citerai les Hengst 2007 et 2008, le premier pour son expression pleine et gourmande et le second pour la beauté de sa trame minérale, sans oublier la rencontre avec le pinot noir 2008…un très grand vin rouge, tout simplement !

 

Barmes-Buecher 0128

 

- Mille mercis pour ce beau moment vinique et bonne chance pour les futurs millésimes…que suivrai bien sûr avec le plus grand intérêt.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 14:32



Des obligations familiales m’ayant conduit du côté du sud de l’Alsace je n’ai pas résisté à l’envie de faire une petite halte sur la route des vins pour faire quelques photos et saluer l’un ou l’autre vigneron.
Comme je savais qu’entre Thann et Colmar l’offre d’escapades viniques était vraiment pléthorique, je suis parti de Strasbourg avec déjà une petite idée derrière la tête qui m’a conduit à programmer mon escapade œnophile du côté d’Eguisheim.
La cité du Pape alsacien, que j’ai visitée à plusieurs reprises en 2012 garde toujours pour moi un fort pouvoir d’attraction…c’est parti pour une petite séquence photo sur l’Eichberg, une prise de contact avec Michel Gingliger (Domaine Paul Ginglinger), un nouveau passage sur le Pfersigberg pour voir l’évolution du Clos Lucas conçu par Christian Beyer (Domaine Emile Beyer) et une rapide visite chez ce dernier vigneron afin de récupérer les quelques bouteilles de riesling Grand Cru Pfersigberg 2010 réservées l’année passée.

eguisheimEguisheim vu d’en haut…on ne s’en lasse pas (merci gogol earth)


Avec une météo assez terne et une carte du vignoble qui manque cruellement de précision je suis rapidement contraint d’abandonner mon projet de prises de vues sur le second Grand Cru d’Eguisheim…je reviendrai faires des photos de l’Eichberg sous le soleil !

 

2013 0067Au dessus de l’Eichberg, le village de Husseren les Châteaux dans les nuages

 

 

Malgré la faible luminosité ambiante je décide quand même d’aller faire une tour sur le Pfersigberg voisin pour voir comment a évolué le Clos Lucas depuis ma dernière visite.
Je suis content de constater que le projet de Chistian Beyer a bien avancé : le portail est en place, les délimitations du clos sont nettement dessinées et les jeunes vignes semblent aller pour le mieux au sortir d’un hiver assez rigoureux.
Tout est mis en œuvre pour que, sur ce coteau calcaire aux pentes régulières exposées au sud situé dans le secteur nord du Grand Cru, ce nouveau clos alsacien nous offrira quelques très grandes cuvées…Patience !

 

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Le portail est en place…

 

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…les jeunes vignes se portent bien…

 

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…et les murets de pierres sèches qui étayent les terrassent sont splendides.

 

De retour dans les rues de la vieille ville, où il fait bon se promener, même en hiver, je m’arrête quelques minutes dans le caveau du domaine Paul Ginglinger, histoire de saluer Michel Ginglinger qui me servira de guide dans mon futur travail sur le Grand Cru Eichberg.
Ce jeune vigneron semble particulièrement intéressé par les terroirs d’Eguisheim… c’est tout bon pour moi, vivement notre prochaine rencontre.

A quelques pas du domaine Ginglinger se trouve la maison Emile Beyer avec son caveau flambant neuf, clair, moderne et très accueillant…voilà une restructuration particulièrement réussie !
Comme mes rieslings sont encore stockés dans la nouvelle cave située à la périphérie du village, Christian Beyer me propose de le rejoindre sur place pour « goûter quelques trucs ».
Je ne dispose pas de beaucoup de temps et je n’ai pas de quoi prendre des notes (c’est le problème avec les visites improvisées…) mais les trois vins dégustés en cours d’élevage en cuves inox sont pleins de belles promesses :

Pinot gris Hostellerie 2012 : pur et discret au nez ce vin se montre parfaitement sec en bouche avec du gras du volume et une jolie minéralité en finale.
Sur cette cuvée, Christian Beyer a cherché une expression épurée et droite du pinot gris…personnellement je partage pleinement ce choix car je suis de plus en plus convaincu que ce cépage peut engendrer de grands vins secs en Alsace.
Il ne reste plus qu’à changer les repères d’une clientèle habituée à goûter des pinots gris demi-secs ou moelleux…vaste chantier en perspective !

Riesling Grand Cru Pfersigberg 2012 : l’aromatique est assez fermée avec un fruité très léger et des notes de craie humide déjà bien sensibles, la bouche est verticale avec un équilibre très frais et une finale tendue et minérale.
Riesling Grand Cru Pfersigberg 2011 : le nez est fin et suave avec une expression fruitée qui s’ébauche doucement et toujours ces notes crayeuses en fond, la bouche est assez proche de celle du 2012 avec une charpente acide ciselée et une matière élégante mais très droite.
Le choix de l’équilibre sec exprimé dans la conception du pinot gris se confirme sur ces deux jeunes rieslings : que ce soit le premier qui vient d’être filtré récemment ou le second qui va être mis en bouteilles prochainement, ces Grands Crus affirment fièrement leur style : un équilibre tonique, un caractère épuré mais une race évidente…deux belles cartouches !

 

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De retour at home, je ne résiste pas au plaisir de déboucher un Riesling Pfersigberg 2010, histoire de compléter mon tiercé de Grands Crus : la robe d’un jaune éclatant annonce la couleur…attention les papilles ! Le nez franc et précis livre une palette classique mais parfaitement définie sur les agrumes (citron, mandarine) avec un fond crayeux et finement balsamique, en bouche, après une attaque vive et pointue, l’acidité très large glisse sur les bords de la langue et structure une matière assez riche, le fruité citronné est très pur et la finale longue et salivante distille de fines notes minérales.
Que dire de plus ? Plein de fougue et d’énergie positive, malgré sa jeunesse, ce 2010 est déjà très grand !
Malheureusement la cuvée est très rare (elle risque d’être épuisée avant d’apparaître sur le tarif du domaine) ceci dit, les millésimes suivants s’annoncent tout aussi réussis…avis aux amateurs !

Malgré ce triste hiver qui n’en finit pas, je me suis régalé en me promenant dans le vignoble alsacien : à l’ombre des trois châteaux perdus dans la brume, les coteaux de l’Eichberg et du Pfersigberg possèdent un charme indéniable et l’enroulement des rues de la vieille ville d’Egusiheim garde sa magie même dans la grisaille.
Les quelques vins dégustés au domaine Emile Beyer se sont montrés particulièrement fins et racés et Michel Ginglinger m’a confirmé qu’il était prêt à m’aider dans le décryptage des mystères de l’EIchberg…qui a dit qu’il faisait froid en Alsace !

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 09:00


Avec ce mois de janvier froid et gris qui se termine doucement, mon moral qui flanche un peu me fait penser qu’il est grand temps d’aller respirer un peu d’air frais dans mon vignoble préféré : direction Mittelbergheim (pour changer… !) pour une petite promenade hivernale dans le village avec quelques étapes dans des caveaux vignerons…il faut bien se réchauffer de temps en temps !

 

Mittelbergheim-13 0019Le coteau du Moenchberg et Eichhoffen en janvier


La première halte se situe au domaine Rietsch, où j’ai fait une récente visite lors de la journée « Portes Ouvertes » sans avoir eu le temps de déguster les nouvelles cuvées. De plus, j’ai une commande ardéchoise à assurer sur le riesling Stein 2011 et le sylvaner Nature 2011 : la livraison n’est prévue qu’en avril mais certaines cuvées du domaine ne sont pas disponibles très longtemps…des mesures de prudence s’imposent !

 

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La maison Rietsch est en vue…vite au caveau pour se réchauffer un peu !
 

En l’absence de Jean-Pierre qui participe à une journée de formation professionnelle, c’est sa sœur Annelise qui m’accompagne au caveau de dégustation pour me faire déguster quelques références proposées sur la carte du moment :

Sylvaner Nature 2011 : le nez est assez discret mais révèle progressivement des arômes de fruits blancs bien mûrs complétés par de fines notes de tabac blond, la bouche est ample avec un joli gras et une structure acide qui ondule voluptueusement, la finale révèle une présence saline bien marquée et quelques amers nobles.
(13°2 – SR : 1,8 g/l – AT : 4,3 g/l)

 

Mittelbergheim-13 0021

 

Sylvaner Vieilles Vignes 2011 : le nez bien complexe développe des arômes de fruits blancs et de foin coupé avec une légère patine oxydative, en bouche l’attaque est vive et pointue, la structure bien tendue équilibre une matière très gourmande, la finale minérale et finement tannique possède un caractère sapide bien agréable.
(13°4 – SR : 1,6 g/l – AT : 5,9 g/l)


Issue de plusieurs parcelles situées sur Mittelbergheim et sur Heiligenstein, la cuvée « Nature » travaillée sans aucun intrant a été élevée en cuves durant 9 mois sur lies totales. La cuvée « Vieilles Vignes » provient de vieilles parcelles situées à Mittelbergheim et a été élevée en foudres durant 9 mois sur lies totales.
Malgré une petite graisse passagère qui épaissit sa texture le premier sylvaner séduit par sa matière pure et détendue qui lui confère une exceptionnelle buvabilité. Le côté discrètement oxydatif du second me déroute un peu sur ce millésime mais il n’en reste pas moins que ce sylvaner est vraiment superbement constitué en bouche…mais j’avoue que pour la première fois j’ai une prédilection pour le version nature de ce cépage.

 

 

Riesling Stein 2011 : le nez est pur et précis sur les agrumes avec une discrète pointe épicée, la bouche est bien droite mais avec une silhouette très élégante et une finale longue et aromatique sur le pamplemousse et les épices douces.
(13°1 – SR : 0,9 g/l – AT : 6,4 g/l)

 

Mittelbergheim-13 0022 

 

Issu de ce beau coteau très calcaire, exposé au sud et situé au bas de la maison Rietsch, ce riesling a été élevé durant 9 mois en foudres et très légèrement sulfité à la mise (SO2 total : 11 mg/l).
Ce vin que j’ai dégusté pour la première fois sur le millésime 2005 s’est fait une place de choix parmi les grandes cuvées de terroir du domaine en imposant son style très gourmand et son énergie débordante : un succès pleinement justifié…qu’on se le dise !

 

 

Pinot Gris 2011 : le nez est discrètement floral, la bouche possède une matière pure et assez généreuse mais l’équilibre reste parfaitement sec, la minéralité et un grain tannique léger confèrent un côté particulièrement sapide à la finale.
(12° - SR : 2,6 g/l – AT : 5,9 g/l)
Issu de la colline du Zotzenberg, ce pinot gris élevé en foudres durant 9 mois sur lies totales, est un très beau vin élégant et très droit qui prouve que ce cépage est capable de produire de grandes cuvées en Alsace pour peu qu’on le vinifie en sec. J’ai déjà dégusté quelques très belles cuvées sur le millésime précédent et ce 2011 se situe dans la même ligne…l’opération de réconciliation avec ce cépage continue !

 

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Ma seconde étape me conduit à quelques centaines de mètres plus loin (eh oui, il fait très froid !) au domaine Rieffel.

 

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La maison Rieffel…à quelques enjambées du domaine Rietsch.

 

En l’absence de Lucas, qui s’occupe de ses vignes, c’est Mme Rieffel qui assure la permanence au domaine et qui me reçoit dans le caveau de dégustation pour me présenter quelques cuvées de leur gamme actuelle :

Pinot blanc Gebreit 2011 : le nez est précis, vif et finement floral, en bouche l’équilibre est très sec mais l’ensemble reste d’un abord très agréable, la finale est franche avec quelques notes épicées et de fines évocations minérales.

 

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Issu du secteur granitique qui se trouve derrière le sommet du Kastelberg, cet assemblage de pinot blanc et d’auxerrois a été élevé durant une dizaine de mois en barriques. C’est un vin sérieux avec une matière tendue qui a parfaitement digéré son élevage et qui possède un grand potentiel gastronomique. Belle surprise !

 
Sylvaner G.C. Zotzenberg 2011 : le nez s’ouvre sur quelques notes fumées mais très vite on découvre une belle palette de fruits blancs, de foin coupé et de fleurs, la bouche est dense, volumineuse et tenue par une acidité très tonique, la finale longue et très saline laisse un sillage aromatique floral particulièrement charmeur.

 

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Face à une cuvée de cet acabit on ne peut que se féliciter de la persévérance des vignerons de Mittelbergheim qui ont permis au sylvaner de s’imposer dans l’appellation Zotzenberg. Pur, vif, ciselé et pourtant gourmand en diable…un régal !

 
Riesling G.C. Wiebelsberg 2009 : le nez est ouvert et séduisant avec de fines notes de fleurs printanières, de citron, d’écorces d’agrumes complétées par une petite touche résineuse, en bouche on perçoit une structure ovale avec une acidité très verticale enrobée d’une matière longiligne, la finale révèle une fine amertume et laisse persister longuement les arômes d’agrumes et d’herbes aromatiques (romarin)

 

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Issu d’une parcelle d’un seul tenant située en plein cœur du Grand Cru, ce riesling nous offre une expression archétypique de la finesse incomparable de ce terroir gréseux. Antoine Kreydenweiss m’avait largement vanté la qualité de cette cuvée vinifiée par Lucas Rieffel, j’ai voulu vérifier et j’ai été pleinement conquis…c’est un très grand vin !


Pinot Noir Nature 2011 : le fruité croque littéralement dès le premier coup de nez, la cerise est présente, voire omniprésente, en bouche l’équilibre est vif, la matière charnue et la finale fraîche et sapide nous remet du fruit plein les papilles.

 

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Issu de plusieurs parcelles autour de Mttelbergheim ce pinot noir a été vinifié sans aucun intrant à partir de 50% de vendange entière et 50% de vendange égrappée. Pur, juteux et plein de fruit ce joli vin rouge séduit par son côté guilleret et son exceptionnelle buvabilité…MIAM !


Pour conclure :

- Je n’ai nullement l’habitude de passer chez des vignerons sans prendre rendez-vous avant, mais en cette après-midi hivernale, le côté impromptu de cette escapade m’a conduit à déroger à cette règle. C’est vrai qu’en Alsace ces impulsions œnophiles sont rendues possibles car la plupart des domaines disposent de caveaux de dégustation ouverts pratiquement toute l’année : ce n’est pas pour rien que de nombreuses exploitations alsaciennes réalisent plus de la moitié de leur chiffre avec leur clientèle particulière.

- Mes visites expresses chez ces deux vignerons de Mittelbergheim m’ont permis de déguster quelques vins très stylés avec des personnalités bien marquées : Jean-Pierre Rietsch et Lucas Rieffel travaillent dans un souci permanent de restituer le plus fidèlement possible l’expression du terroir dans leurs vins. Ceci dit, même si ces deux vignerons se connaissent bien et partagent largement des idées communes sur leur métier et la façon de concevoir des vins de qualité, leurs productions respectives gardent une vraie identité. Chez Lucas Rieffel, les vins se caractérisent par leurs expressions pures, ciselées et assez classiques alors que chez Jean-Pierre Rietsch la lecture du message vinique est parfois plus complexe mais tout aussi passionnante.
S’il fallait tracer un parallèle avec le monde de la poésie, le style du premier s’apparente à celui d’un Parnassien alors que celui du second ferait plutôt penser à Prévert à Desnos.
On peut choisir, ou décider comme moi de mettre les deux auteurs dans sa bibliothèque…ou dans sa cave.

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 14:53


Comme la météo annonce avec insistance l’arrivée très prochaine de l’hiver, j’ai décidé de profiter des derniers rayons de soleil automnaux pour aller faire une petite escapade dans mon vignoble préféré.
Lorsque les coteaux viticoles prennent des teintes que l’impressionniste le plus exalté n’aurait jamais pu imaginer, chaque promenade dans les collines sous-vosgiennes est un véritable enchantement.

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Le vignoble entre Andlau et Itterswiller sous le soleil d’octobre.


Bien évidemment pour un ivrogne de mon acabit une sortie dans une région viticole déclenche toujours les mêmes symptômes qui se manifestent par une irrépressible envie de sonner à la porte d’un vigneron pour déboucher quelques bouteilles en sa compagnie.

 

CIMG4460Andlau en octobre…simplement magnifique !

 

Baignée dans un océan de vignes qui flamboie de toutes les couleurs de l’automne, Andlau me tente bien, mais comme j’ai un rendez-vous prévu dans quelques jours chez Antoine Kreydenweiss pour parler de ses Grands Crus, je décide de m’engager dans une vallée parallèle en direction des Vosges vers le petit village de Reichsfeld.

 

CIMG4461Au calme entre vigne et montagne, le village de Reichsfeld


Bernard Bohn est un vigneron-artiste qui se plaît à élaborer des cuvées originales dont certaines m’ont interpelé récemment, comme ce riesling 2006 élevé en barriques d’acacia ou cette incroyable et inclassable Lumière de Feu 2004, dégustés lors d’une session du club AOC.
Il n’en fallait évidemment pas plus pour que je choisisse d’aller voir d’un peu plus près le travail de ce producteur de Reichsfeld.

 

CIMG4473Le domaine Bohn sur les pentes du Schifferberg.
 

Bernard Bohn m’accueille devant sa cave et me propose de commencer la visite par une petite balade sur le Schieferberg (la montagne aux ardoises) : un vaste coteau schisteux qui constitue le terroir emblématique de ce village.

 

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Vue enchanteresse sur le Schieferberg

 

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Une coupe géologique naturelle devant une parcelle du domaine Bohn


Géologiquement très ancien, le sol du Schieferberg repose sur une base constituée de schistes de Villé et la couche arable est formée de sables et de cailloux provenant de la dégradation de la roche mère. C’est un sol pauvre et drainant dont la structure feuilletée permet aux ceps de s’enraciner très profondément.


CIMG4466Un pied de vigne dans le Schieferberg.

 

Pentu, exposé au sud et avec un sol dont les pierres emmagasinent facilement la chaleur, ce coteau offre à la vigne des conditions idéales pour arriver à pleine maturité. Verrouillée à l’ouest par l’Ungersberg qui culmine à plus de 900 mètres, cette vallée est particulièrement bien protégée des orages : « l’Ungersberg coupe les masses nuageuses et les fait dévier vers le sud et vers le nord ».

Le côté sud du vallon est délimité par un massif à base de grès rose sur lequel Bernard Bohn exploite également quelques parcelles, notamment dans le Grand Cru Muenchberg.

Après cette promenade fort instructive où nous avons profité de quelques points de vues magnifiques, nous revenons vers le domaine et avant de nous installer dans l’espace dégustation nous faisons un rapide tour dans la cave pour découvrir des espaces de travail très traditionnels dans lesquels Bernard Bohn élabore ses cuvées.

 

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L’entrée de la cave du domaine Bohn
 
CIMG4471Une partie du cuvage.

 
CIMG4468Les fameuses barriques d’acacia.

 
CIMG4467Le pupitre à crémants.
 
CIMG4470Le coin dégustation


Comme la carte du domaine compte près de 30 références et que ma capacité d’évaluer correctement des vins est toujours aussi limitée, je laisse le soin au vigneron de me présenter une petite sélection personnelle d’une dizaine de flacons :

Riesling Nature 2010 : le nez est intense et riche sur la mirabelle et le miel avec une petite nuance iodée, la bouche est avenante avec un toucher bien gras, une acidité noble et une finale longue mais encore un peu marquée par l’élevage.

 

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Issu d’un assemblage entre une parcelle de grès et une parcelle de schistes, travaillé sans soufre et élevé en partie en barriques d’acacia, ce riesling séduit par sa complexité aromatique et sa tenue en bouche très classieuse. Ce fut une cuvée expérimentale pour Bernard Bohn qui avoue sans détour qu’il ne compte pas réaliser ce type de vin chaque année « le travail sans soufre demande des conditions très spéciales qui ne sont pas réunies à chaque millésime »…en ce qui concerne ce vin ouvert depuis 24 heures, j’ai été étonné par son équilibre et sa pureté, même si je pense qu’il faudrait encore lui laisser un peu de temps pour qu’il assimile mieux son élevage si particulier.

 

Sylvaner Vieilles Vignes 2010 : le nez est franc et précis avec des notes de fruits blancs et une fine touche pierreuse, la bouche possède une matière qui surprend par son ampleur, l’équilibre est frais et la finale bien pointue livre quelques amers très élégants.
Issu de parcelles de très vieilles vignes sur schistes et sur grès ce sylvaner très complet donne une belle image des potentialités de ce cépage : avec un terroir qualitatif, des rendements limités et un travail soigné et précis, il surprendra toujours le dégustateur par sa finesse et sa stature…MIAM !

Vin de France Charbohnnais 2010 : le nez est intense et atypique sur la poire mûre, les épices avec un fond un peu boisé, l’équilibre est sec et la matière très volumineuse donne une impression de rondeur et de gras, la finale laisse se manifester quelques notes amères très rafraichissantes.
Avec un nom basé sur un amalgame entre le nom du cépage et celui du vigneron, cette cuvée 100% chardonnay, vinifiée à la bourguignonne est une des références vraiment atypiques de la gamme du domaine. Exclu de l’appellation Alsace par la nature de son encépagement, ce Charbohnnais est un vin bien réalisé, même si personnellement je ne suis pas forcément réceptif à son style.

Riesling Grand Cru Muenchberg 2007 : le nez est discret sur les fruits jaunes avec une petite touche exotique (mangue), en bouche on est agréablement surpris par l’onctuosité de la texture et par une présence physique qui s’amplifie pour donner une vraie impression de puissance en finale.
Comme tous les grands vins de 2007, ce Muenchberg commence sa phase de plénitude où la matière se pose avec assurance tout en laissant poindre les premières nuances minérales.

Riesling Schieferberg 2007 : le nez est fin et délicat avec des notes florales et miellées, en bouche il affirme une structure solide, volumineuse et très verticale, la finale bien longue laisse une petit impression tannique et révèle une belle salinité.
Moins expressif au plan aromatique mais plus profond et plus complexe que le Grand Cru ce riesling prouve que ces sols schisteux de Reichsfeld sont capables de générer de très belles cuvées et auraient surement mérité de figurer dans la liste des terroirs classés alsaciens.

Riesling Oberhagel 1997 : le nez est délicat sur le miel et les fleurs, en bouche la minéralité se manifeste dès l’attaque et se déploie pour marquer l’aromatique avec des notes de zeste, de camphre et de graphite, la finale est droite avec une allonge toujours très minérale où le silex et l’iode apportent une touche de complexité supplémentaire à la palette.

 

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Exposée plein sud et très pentue, l’Oberhagel est l’un des secteurs les plus qualitatifs du Schieferberg. Ce riesling d’une quinzaine d’années donne une idée de la puissance minérale de ce terroir et de sa capacité à engendrer des vins qui résistent vaillamment face au temps qui passe…émouvant !

 

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Au dessus du chemin, la parcelle de riesling de l’Oberhagel du domaine Bohn.


Pinot Gris Schieferberg 2007 : le nez est flatteur et très gourmand sur la fumée, les fruits jaunes mûrs et les épices, la bouche possède une matière généreuse tenue par une acidité très verticale et offre un très beau développement aromatique.
Ouvert et très complexe cette cuvée de pinot gris montre que les schistes ne réussissent pas qu’au riesling : malgré une silhouette très dodue ce vin bénéficie d’une présence minérale qui le rend particulièrement sapide…MIAM !

Riesling Schieferberg-Barriques d’acacia 2010 : le nez intense mais encore un peu décousu se partage entre des arômes d’agrumes de toute beauté et la marque de cet élevage très particulier, en bouche on apprécie la qualité de la matière et on assiste à nouveau au dialogue encore un peu cacophonique entre la puissance du fruit et le marque du bois.
Le jus est de très grande qualité mais l’élevage 100% barriques d’acacia est encore très présent…personnellement je goûte cette cuvée avec un réel plaisir tout en étant convaincu que quelques années de garde lui conféreront un côté plus apaisé et plus harmonieux…patience !
 

Pinot Noir Tradition 2009 : le nez intense et d’une grande franchise est dédié à 100% à la cerise, la bouche est très guillerette avec une matière gouleyante et une palette qui se développe encore un peu plus, tout en s’enrichissant de quelques notes d’amande en finale (un peu amaretto).

 

 

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Récolté sur des terroirs gréseux ce pinot noir est un vrai séducteur : expressif, glissant et très facile d’accès. Les esprits chagrins y verront surement un peu trop de facilité mais moi j’ai craqué…une fois de plus hélas !

 

Pinot Noir Les Roches Rouges 2007 : le nez est discret mais plus complexe, on y devine des notes de fruits noirs (griotte, mûre, cassis) et de réglisse, la bouche révèle une matière pleine et riche avec un boisé parfaitement intégré et une finale où on perçoit une solide charpente tannique.
Ce pinot noir élevé 10 mois en barriques est issu parcelles de grès (80%) et de schistes (20%). Son ossature très solide et sa chair généreuse appellent une table bien garnie : aucun doute, c’est un vin rouge de gastronomie.

Muscat d’Alsace Rosé 2010 : le nez est flatteur et complexe avec des notes de raisin mûr et de fraise des bois complétées par de délicates nuances florales, la bouche est fraîche mais assez puissante avec une aromatique qui s’intensifie et une finale très élégante sur les petits fruits rouges.

 

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Issu exclusivement de raisins de muscat d’Alsace noirs (dont j’ai récemment découvert l’existence d’ailleurs…), égrappés et travaillés comme le pinot noir rosé, ce vin surprend avec sa robe rose-orangée et sa palette un peu déroutante. Il n’en reste pas moins qu’avec sa structure équilibrée et sa texture glissante cette cuvée d’une gourmandise absolue vous fera craquer à coup sûr !

Crémant Cuvée Millésimée 2003 : le nez est très raffiné sur les fruits blancs très mûrs (presque compotés) et la brioche, la bouche est splendide avec une bulle abondante et d’une finesse extrême, le toucher est onctueux et les arômes s’épanouissent, la finale nette et fringante laisse persister longuement un sillage aromatique d’une grande complexité.
 

 

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Cet assemblage à base de chardonnay et de pinot noir (à parts égales) complété par une pointe de riesling a été travaillé à l’ancienne avec des levures champenoises traditionnelles « Elles précipitent moins vite et demandent un remuage plus long, c’est pour cette raison que je fais cette opération manuellement ».
Elevé sur lattes durant 9 ans, ce crémant est un pur bonheur…peut-être l’un des plus aboutis qu’il m’ait été donné de déguster jusqu’ici. Un grosse claque !

Lumière de Feu 2004 : le nez est fin et évolutif avec une palette très complexe sur les fruits jaunes mûrs, la noisette, la violette et une touche un peu rancio, la bouche est ample et grasse avec un côté velouté très agréable qui enrobe une colonne vertébrale assez solide pour soutenir cet ensemble très riche et pour donner un caractère net et frais à la finale.

 

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Cette cuvée inclassable est conçue à partir d’un assemblage de 3 cépages (60% de gewurztraminer, 30% de riesling, 10% de pinot gris) élevés durant 5 années sur beaucoup de lies sans ouillage durant les quatre dernières années. « J’ai voulu faire un vin pour réunir deux vignobles voisins, l’Alsace et le Jura »
Le gewurztraminer a été choisi naturellement en tant que cousin du savagnin, le riesling pour apporter la structure et le pinot gris un peu de chair supplémentaire « Je n’aime pas trop le côté oxydatif trop prononcé des vins jaunes, c’est pour ça que j’ai choisi de procéder à un ouillage régulier durant la première année. Le voile s’est formé durant les 4 années suivantes ».
Au final, nous nous retrouvons en présence d’un vin qui va déconcerter les puristes des deux régions mais qui traduit bien l’état d’esprit de ce vigneron créatif qui n’a pas peur de prendre des risques pour innover.
En ce qui me concerne, je goûte une nouvelle fois avec beaucoup de plaisir cette Lumière de Feu, dont la richesse et l’originalité illumine mes papilles…ça y est je commence à faire de la poésie à deux balles, l’effet du vin sans nul doute !!!
 
Riesling Grand Cru Muenchberg V.T. 2000 : le nez est assez discret sur les agrumes bien mûrs, en bouche on sent que le temps a bien patiné la richesse originelle de ce vin qui se goûte presque sec et qui continue à libérer des arômes d’agrumes et de zestes confits tout en laissant pointer quelques notes plus exotiques (ananas, mangue), la finale est équilibrée et très digeste.
Avec ce Muenchberg V.T. je reviens vers des sensations plus conventionnelles tout en restant impressionné par la manière dont cette cuvée initialement moelleuse a évolué dans le temps.
Encore au tarif actuellement, cette bouteille permet de découvrir (sans se ruiner d’ailleurs…) un Grand Cru de riesling V.T. dans sa phase de plénitude.

La Délicieuse 2007 : le nez assez intense expose une jolie palette exotique et délicatement épicée (gingembre, poivre blanc), la bouche est ample avec du gras et une acidité bien large qui se tend un peu plus fermement en finale.

 

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Cette cuvée moelleuse est issue d’un assemblage de gewurztraminer (60%) et de pinot gris (40%) que Bernard Bohn a choisi de vendanger et de vinifier ensemble. « L’assemblage apporte une touche de complexité supplémentaire aux cuvées moelleuses et la fermentation commune permet de gagner en harmonie ».
Encore jeune mais déjà terriblement séduisant…GRAND MIAM pour finir !

 
Pour conclure :

- La rencontre de cet après-midi avecBernard Bohn fait partie de ces moments qui me rappellent pourquoi j'aime ce petites escapades dans les vignobles d'Alsace ou d'ailleurs.

Vigneron passionné et novateur il dit qu’il conçoit ses vins comme un artiste peint ses toiles : il considère les cépages, les terroirs, les techniques de vinification, les types d’élevage…
comme une palette où il trouve les d’éléments avec lesquels il va créer ses vins.
Bernard Bohn avoue sans détour qu’il fait avant tout des vins qui lui plaisent : « Comme Reichsfeld se situe bien à l’écart de la Route des Vins je ne me sens pas obligé de produire des vins pour séduire des touristes de passage ».
Et pourtant ce vigneron vend près des ¾ de sa production au domaine à des clients particuliers : « Les amateurs de vin ne viennent pas chez moi par hasard, s’ils sonnent à la porte de ma cave, c’est qu’ils savent déjà un peu ce qu’ils vont y trouver ».
On ne saurait être plus clair !

- Riche, éclectique et originale la gamme de vins du domaine Bohn nous propose des cuvées assez classiques et d’autres plus « expérimentales » mais l’ensemble porte la marque d’une très grande homogénéité qualitative.
La viticulture de Bernard Bohn est exigeante et éco-responsable : enherbement naturel, pas de labour (utilisation du Rolofaca), peu de passage mécanique dans les vignes, pas d’engrais chimiques, taille courte et ébourgeonnage sévère et bien sûr, vendanges manuelles.
En cave, le pressurage avec un pressoir mécanique traditionnel permet d’extraire des jus très riches qui fermenteront sous l’effet exclusif des levures indigènes, l’élevage se fait durant plusieurs mois sur lies fines dans des contenants que le vigneron va choisir pour donner son style à chaque cuvée.
Créateur de vins de caractère qui demandent quelques années de garde pour s’exprimer pleinement, Bernard Bohn a pour habitude de commercialiser ses vins lorsqu’il estime qu’ils sont prêts à boire, de ce fait on trouve de nombreux millésimes en vente au domaine…une aubaine pour tous ceux qui ne peuvent pas stocker des bouteilles chez eux.

- Pour les coups de cœur du jour, je choisirai en premier le crémant millésimé 2003 qui m’a subjugué par la complexité de son aromatique et la noblesse de sa texture en bouche, une bouteille à moins de 12 euros qui, a mon humble avis, mettra KO bon nombre de cuvées champenoises.
En second lieu, j’aimerais mettre en avant les créations originales de ce vigneron comme La Délicieuse, Lumière de Feu ou le Riesling Schieferberg 2010 : des vins qui vont à coup sûr segmenter une assemblée de dégustateurs mais dont l’énergie positive et le caractère original ont un peu bousculé quelques unes de mes idées reçues pour finir par me séduire définitivement.

- Mille mercis à Bernard Bohn pour sa disponibilité et sa gentillesse.

 

CIMG4474Dernière vue sur le coteau du Schieferberg.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 17:18


Pour ma troisième journée de vendanges à Niedermorschwihr le beau temps est enfin au rendez-vous et le programme prévu par Claude et Sandrine Weinzorn se révèle particulièrement intéressant : rentrer les derniers sylvaners et les derniers chasselas, presser les rieslings du Sommerberg et bien sûr fêter la fin des vendanges 2012 !
Malgré les petites festivités prévues, on ne déroge pas pour autant aux bonnes habitudes : départ au petit matin (6H45 à Strasbourg, il fait encore bien nuit…) pour arriver à pied d’œuvre sous les premiers rayons d’un beau soleil d’automne.
 

CIMG4408Une vigne entre Katzenthal et Niedermorschwir au petit matin.


CIMG4412 Vue sur les terrassses du Sommerberg sous la lumière naissante du jour…une juste récompense pour les lève-tôt.
 

La première étape nous mène vers une parcelle de sylvaners située au bas du versant nord de la colline du Brand.

 

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C’est reparti…
 
CIMG4414…avec une vue splendide sur les 3 derniers amphithéâtres du Sommerberg

 

Après avoir déposé l’équipe de vendangeurs nous repartons vers la cave du domaine de l’Oriel pour effectuer le pressurage des rieslings du Sommerberg.

 

CIMG4416Cela à l’air d’un petit soin esthétique matinal par enveloppement au marc de raisin, mais en réalité c’est un exercice de contorsion pour se glisser dans le pressoir.
 
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Nettoyage méticuleux à grande eau.

 CIMG4420Le marc qui va partir à la distillerie.

 

Pour Claude la propreté du matériel est une véritable obsession « je consacre énormément de temps et d’énergie pour soigner mas vignes afin d’obtenir les plus beaux fruits possibles et je n’ai pas l’intention de tout gâcher avec du matériel de cave douteux… » : à chaque phase de l’élaboration des vins du domaine de l’Oriel, l’exigence est absolue !

 

 

 
CIMG4423Les raisins 2012 de la colline de l’été : de petites baies sucrées et riches en arômes.
 
CIMG4427Le deuxième amphithéâtre du Sommerberg avec les parcelles de riesling du domaine de l’Oriel


Le pressoir est programmé pour un pressurage très lent et le premier jus qui s’écoule dans la maie confirme la qualité de la vendange : près de 14° potentiels et un goût déjà très complexe où on décèle déjà une présence saline importante.

 

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Si, si, c’est du riesling Sommerberg !

 

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 Le verdict du mustimètre…14° potentiels !
 

 

Après cette opération matinale dans la cave, nous repartons à la vigne pour partager la pause-café avec les vendangeurs.


 
CIMG4428C’est quand même plus sympa sous le soleil…

 

CIMG4426 …en plus les vendangeuses de ce dernier jour sont particulièrement sexy !

 

La dernière étape nous mène au pied du Kougelhopf pour vendanger la dernière parcelle : des chasselas destinés à être livrée à la cave de Beblenheim.


 CIMG4434Les chasselas des Weinzorn au pied du Sommerberg et de la parcelle que le domaine Zind-Humbrecht prépare pour une replantation.

 

Les fruits sont magnifiques et la cueillette est particulièrement agréable…une finale toute en beauté et en facilité !

 
CIMG4431Par ici les beaux chasselas !

 CIMG4439Le dernier rang par l’ensemble des coupeurs…


CIMG4436 …pour une récolte splendide !
 
CIMG4441Dernières notes dans le cahier à spirales où Claude consigne méticuleusement toutes les données relatives à ce millésime…


CIMG4442 …mais chez les vendangeurs, la fête a déjà commencé !

CIMG4444 La belle équipe au grand complet (il manque juste le photographe !)
 
CIMG4447Apéritif festif avec crémant, muscat et pinot blanc…

 CIMG4446…et quelques feuilletés fabriqués par une autre « star » du village.

 

Claude Weinzorn a le sourire car ces vendanges qui s’annonçaient particulièrement difficiles se sont très bien terminées « on a eu très peur, mais en fin de compte, nous avons réussi à rentrer des raisins de grand qualité sur la plupart de nos parcelles ». La matière première pour réaliser de beaux vins est là, maintenant c’est dans la cave qu’il va falloir prendre les bonnes décisions.
Mais nous savons tous que le grand Claude possède une solide expérience à ce niveau (et de précieuses notes dans ses cahiers à spirale)...il ne peut que réussir !


CIMG4440 Claude et Sandrine, fatigués mais souriants…2012 sera bon au domaine de l’Oriel.

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 19:05



Avec cet automne 2012 où la météo se montre vraiment très capricieuse le vigneron alsacien vit un stress intense : il doit profiter de la moindre embellie pour rassembler son équipe de vendangeurs afin de pouvoir rentre des raisins les plus sains et les plus secs possible…c’est une course contre la montre de tous les instants !

En ce début d’octobre, je vais donc profiter des libertés que m’accorde généreusement mon Ministère pour prêter main forte à Claude et à Sandrine et participer à une seconde journée de vendanges au domaine de l’Oriel.

 

CIMG4388En arrivant à Niedermorschwihr…où est le soleil annoncé par Météo France ?


Le programme de cette journée s’annonce très chargé puisqu’il va s’agir de vendanger toutes les parcelles de pinots noirs du domaine.

 

 

La première étape sur le coteau du Brand arrosé par une petite bruine fine mais particulièrement pénétrante nous permet de récolter de très beaux raisins : les fruits sont sains et se présentent sous forme de grappes compactes avec de petits grains. A la dégustation, les baies se montrent bien sucrées, les peaux sont assez épaisses et les pépins croquent sous la dent sans laisser de sensations astringentes.

Résultat : des bottiches titrant entre 11°4 pour les plus faibles et 13°8 pour les meilleures.
 

CIMG4365
Pause café bienvenue au sommet du Brand.

 


Pour l’étape suivante nous restons sur la colline du Brand pour nous rendre sur la Schneid et vendanger une parcelle située sur son versant ouest, non-classé Grand Cru.


 
CIMG4386Sur la Schneid, la vigne apporte un peu de couleur dans la grisaille ambiante.


Résultat : des raisins toujours très beaux mais avec des jus un peu moins concentrés (11°2 – 12°8).
 

 

La troisième parcelle se situe dans un secteur plus plat entre les collines du Brand du Sommerberg et du Florimont, ur le lieu-dit Pairiser Matten (les prés de Pairis). Le ciel s’éclaircit un peu et inonde les paysages d’une lumière étrange en offrant une vue de toute beauté sur les coteaux classés qui nous entourent.

 

CIMG4378Dans la parcelle des Pairiser Matten avec la colline du Florimont à droite…

  CIMG4383
…et le majestueux Kougelhopf du Sommerberg en face.

 

 

Sur ce terroir plus argileux, l’état des raisins est légèrement moins bon et oblige les vendangeurs à trier un peu, mais la maturité des jus reste correcte (11°1 – 12°7).

 
Après le repas de midi (arrosé par un riesling G.C. Florimont 2007 de toute beauté !) c’est reparti sur les pentes du Weschelberg et de la Raenck, deux secteurs granitiques situés dans le prolongement du Sommerberg.
Ces coteaux très pentus (surtout le Raenck !) se trouvent au pied des montagnes et sont bordés par la forêt vosgienne. Sur ces parcelles, les vendangeurs sont mis à rude épreuve : obligés de trier sévèrement car les fruits ne sont pas très beaux (je pense qu’on a jeté près de la moitié…) et contraints de s’accrocher fortement à la pente sous peine de se retrouver sur les fesses et quelques dizaines de mètres plus bas…

 

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Niedermorschwihr vue du haut de la Raenck
 
CIMG4394Vue plongeante sur les pentes de la Raenck.
 
CIMG4397Le sol détrempé proscrit l’usage du tracteur…retour à la tradition avec les porteurs et leur hotte : dur, dur pour les cuisses !


Résultat : des raisins pas trop beaux mais avec un bon niveau de maturité (12°3 – 13°2)…une maigre consolation au regard des efforts fournis !

L’avant dernière étape nous mène vers une vigne un peu plus « tranquille », histoire de se refaire une santé !
La Flieh est une jeune parcelle de pinots noirs plantée par Claude il y a quelques années.

 

CIMG4400La Flieh…un peu de repos après les pentes redoutables de la Raenck
 

 

La vendange est agréable, la pente est bien plus faible et les fruits sont très beaux… mais nous n’avons visiblement pas été les seuls à nous en rendre compte car des sangliers qui avaient forcé un passage sous le grillage de protection ont opéré une razzia sur les 4 derniers rangs…il ne restait pratiquement plus de grain de raisin sur les rafles. Vandales mais connaisseurs, ces bestiaux !


 
CIMG4381Que des beaux fruits…les sangliers ne se sont pas trompés de parcelle !


Résultat : des raisins dans un très bel état sanitaire titrant entre 12° et 12°8 mais une récolte amputée d’un quart à cause d’une bande de sangliers…GRRRR !

 

 

Pour terminer cette longue journée, l’équipe des vendangeurs se rend sur le Florimont pour récolter les 7 rangs de rieslings situés dans le secteur sous la grotte.

 

CIMG4389La grotte du Florimont
 

 

Je n’accompagne pas le groupe sur cette dernière parcelle mais je vais seconder Claude à la cave où il finit la mise en cuve du pinot noir.

 
CIMG4366Montage ingénieux avec un élévateur pour charger le fouloir-égrappoir
 
CIMG4401C’est parti…
 
CIMG4391
…on ne laisse pas de grappe dans la bottiche…

  CIMG4375
…et pendant ce temps le niveau monte dans la cuve.
 

 

 

Au bout de la journée, la cuve de pinot noir est remplie à ras bord et le jus est pesé à 13,1° potentiels. Les bottiches restantes (issues principalement de la Raenck) sont mises au pressoir pour une vinification en blanc.

Une fois de plus, malgré une météo peu favorable la qualité des terroirs mais aussi celle de la viticulture du grand Claude ont fait la différence.

J'ai comme l'impression qu'on pourra trouver une très belle cuvée de pinot noir 2012 l'année prochaine au domaine de l’Oriel.

 

CIMG4387Premier jour de vendanges pour Aurélie…un sourire dans la froidure alsacienne !

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 09:02



En cette fin septembre, les averses prévues par la météo nationale épargnent le secteur de Niedermorschwihr mais une brume tenace s’accroche aux coteaux couverts de vignes qui entourent le village.
Claude et Sandrine Weinzorn ont convoqué leur équipe de vendangeurs pour couper les muscats du millésime 2012 : les raisins sont mûrs et sains et le programme de ce début d’automne est extrêmement serré « ce brouillard va humidifier les grappes, mais je ne peux pas prendre le risque d’attende encore… ».
 

 

 

C’est parti en direction du lieu-dit Heimbourg situé sur le versant est-nord/est de la colline du Brand.

 

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Premiers coups de sécateur en face du Sommerberg noyé dans le brouillard.


 
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Des raisins impeccables !
 

 

Les fruits sont très beaux et se dégustent avec beaucoup de plaisir : jolie sucrosité, acidité présente et arômes purs et expressifs…du muscat comme je l’aime !


 
CIMG4356Mon premier seau du millésime 2012…posé sur le sol d’arènes granitque du Heimbourg


L’étape suivante nous conduit sur le ban viticole de Katzenthal, dans un secteur plus plat entre le Kougelhopf (la dernière colline du Sommerberg) et la colline du Brand. Ces parcelles qui ont permis à Claude de réaliser sa première cuvée de muscat V.T. en 2011, produisent généralement des fruits plus avancés en maturité…même si sur 2012, on sera loin des 16° potentiels réalisés l’an dernier.


 
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Les vendangeurs dans la seconde parcelle.
 

 

Malgré l’état impeccable des raisins, le boss n’a pas le sourire : « cette foutue humidité, va me faire perdre des degrés… »…mais on ne peut pas battre des records chaque année quand même !


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Le grand Claude demande le verdict du refractomètre dès le chargement des bottiches sur le camion…

 
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Mais en observant notre compagnon à quatre pattes qui se régale avec les grains tombés au sol, le doute n’est plus permis…ces raisins sont très bons !



En fin de matinée j’accompagne Claude à la cave pour charger le pressoir. Avant de vider les bottiches sur le tapis roulant la densité est mesurée dans chacune d’elles : le résultat n’est pas trop mal puisque les chiffres se situent entre 10,2° et 13,1°.

 
CIMG4360
Muscats ottonels au fond et muscats d’Alsace blanc et noirs devant…la vendange est belle !

 
CIMG4364En route vers le pressoir pneumatique.


Les raisins sont laissés à égoutter dans le pressoir pendant plus d’une heure, résultat : 200 litres de jus bien aromatique à 10° potentiels qui sont pompés dans une petite cuve à part. Une fois le pressoir en action la densité des jus extraits augmente de façon notable pour dépasser les 11°5 après une heure de pressurage.
La dégustation régulière des jus de presse révèle une belle concentration aromatique, une acidité très agréable qui marque les bords de la langue et qui équilibre parfaitement l’ensemble.


Pour ce premier jour de vendanges, Claude a réussi à rentrer une très belle matière première : sur ces beaux terroirs autour de Niedermorschwihr la qualité du travail à la vigne a porté ses fruits en déjouant les pièges de cette année où la nature s’est montrée particulièrement capricieuse.
Maintenant la balle est dans le camp du vinificateur : je sens que le grand Claude va nous sortir une cuvée légère, digeste et joliment aromatique…un muscat comme je les aime quoi !

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 15:06

 
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Design plus moderne pour la nouvelle enseigne du domaine.

 

 

Comme chaque année le week-end de Pentecôte est consacré à l’opération pique-nique chez le vigneron, qui voit de nombreux domaines viticoles ouvrir leurs portes et inviter leur clientèle à partager un grand moment de convivialité et d’échange sur le thème du vin d’Alsace.

2012 est une année de jubilée au domaine Roland Schmitt : depuis 10 ans cette famille vigneronne de Bergbieten convie sa clientèle pour un pique nique gastronomique exceptionnel : des chefs locaux conçoivent des plats pour les associer au vins du domaine pour permettre aux convives de mesurer à quel point les blancs d’Alsace sont des compagnons gastronomiques incontournables.
 

CIMG4182Des tables jusqu’autour du pressoir...tous les espaces sont colonisés pour installer les invités de plus en plus nombreux chaque année.  

 

 

Pour l’apéritif :

Muscat Glinzberg 2011

 

Le nez est très discret sur un registre plus floral que fruité, en bouche la matière est présente mais le côté minéral qui se montre très dominateur confère un équilibre très sec à l’ensemble.
Voilà un muscat étonnant où on ne retrouve que très peu  la marque du cépage et pas du tout celle du millésime...La minéralité du Glinzberg s’exprime avec intensité et donne un côté un peu austère à ce vin lorsqu’on le déguste seul…par contre il trouvera aisément sa place à table face à des asperges ou du saumon fumé.


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Anne-Marie Schmitt n’hésite jamais à donner de la voix pour présente les vins du domaine.

 

 

  Le Menu

 

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  Sylvaner Grand A du petit Léon 2011


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  Le nez est encore un peu retenu mais on y sent de belles notes de fruits blancs (chair de poire, pomme golden), la bouche surprend par une attaque très minérale, vraiment « pierreuse », l’équilibre est sec mais la structure est ample avec un joli gras et de beaux amers en finale.
Millésime après millésime cette parcelle de sylvaner sur le Grand Cru produit une cuvée superbe ; plus « Altenberg de Bergbieten » que « sylvaner », ce vin trouve aisément sa place à côté des plats les plus raffinés.
Avec le Tartare de hareng printanier aux herbes du jardin proposé par l’Hostellerie du Cerf à Marlenheim, un plat typique alsacien très fort en goût, l’accord se réalise sous forme de cohabitation pacifique mais sans forcément donner une impression d’harmonie.


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Les chefs travaillent ensemble à la préparation des différents plats    

 

 

Riesling Thalberg 2011


Pique-Nique-Schmitt-2012 0569  


Le nez est discret et raffiné sur un registre fruité (fruits blancs sur fond légèrement citronné) et finement anisé, la bouche est ample et grasse avec un équilibre bien sec et un magnifique retour salin en finale.
Exposé à l’ouest mais situé sur la colline de l’Altenberg, le Thalberg n’est pas classé mais possède la même nature géologique que le Grand Cru et produit chaque année de belles grappes de riesling avec des grains plutôt petits mais puissamment aromatiques. Ce vin est à l’image de cette belle matière première, le fruité se dessine peu à peu mais la minéralité s’affirme déjà.
Avec le Saumon mi-cuit et sa cervelle de Canut à l’huile d’agrumes proposé par le restaurant  La Belle Vue à Saulxures l’accord est impeccable au niveau des textures : le gras du saumon et du vin se donnent la main et au niveau gustatif le riesling garde le dernier mot (exploit à noter quand même face à du saumon !). Avec la cervelle de Canut et son assaisonnement à base d’herbes aromatiques et de concombre, l’accord se fait plus difficilement : le vin résiste mais n’est vraiment pas mis en valeur.

CIMG4188Les assiettes avec les médaillons de saumon prêts pour le service
 

 

Riesling G.C. Altenberg de Bergbieten 2009

Pique-Nique-Schmitt-2012 0571

 

Le nez est sublime de finesse et de complexité, il y a des arômes d’agrumes, de citronnelle et des notes minérales qui se définissent progressivement, la silhouette en bouche est superbe d’élégance avec des formes généreuses mais très sexy, la finale profonde et très saline nous rappelle la noblesse de son origine.
Ce riesling qui commence à exprimer sa nature minérale de Grand Cru avec une classe absolue séduit par sa complexité et son équilibre proche de la perfection.
Avec le Pimento farci de tourteau et céleri rave à la vinaigrette aux fleurs de câpres proposé par le restaurant La Vieille Tour à Strasbourg, l’accord est magique : les deux éléments interagissent en créant une dynamique qui les transcende. MIAM !

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M. Lercher, le chef de la Vieille Tour, présente son plat.
 

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Pimentos farcis et fleurs de câpres…HMMMM !

 

Pinot gris 2011


Le nez se cache pendant un bon bout de temps avant de nous montrer une palette discrète sur les fruits jaunes et les herbes aromatiques, la bouche est tendue avec une matière dense et solidement charpentée (13°5), la finale bien courte et un peu austère nous fait penser que ce vin est encore bien jeune (mise en mars 2012).
Dégusté tout seul ce pinot gris n’est pas trop séduisant à l’heure actuelle mais il possède une matière concentrée qui lui garantit un beau potentiel de garde.
Avec la Terrine de pot au feu et foie gras à la vinaigrette de raifort proposée par le restaurant Chez Anthon à Obersteinbach il y a un petit miracle gustatif : le mariage est très classique mais les deux éléments du couple se grandissent mutuellement…Joli coup !
 

CIMG4194Louis Danicher, artiste peintre et amateurs de vins, a peint la fleur qui orne les étiquettes du domaine Schmitt...ses commentaires élogieux sont toujours appréciés par la patronne.

 

Gewurztraminer Glinzberg 2011

L’aromatique est discrète encore un peu confuse mais en bouche on sent une matière très concentrée, un toucher de bouche presque tannique, en finale on perçoit une acidité de belle facture et quelques jolies notes de poivre blanc.


Gewurztraminer G.C. Altenberg de Bergbieten-Les Jardins d’Aurélien 2010
 

Le nez est très intense avec une palette sur la mangue, le citron mûr et le poivre, en bouche la matière est tout en finesse avec une puissance très contenue mais une finale sur les épices dont la grande longueur signe la belle origine.

A défaut d’arriver à choisir un vin…les Schmitt on simplement décidé d’en aligner deux (ce que personne ne leur a reproché d’ailleurs…). Le Glinzberg est très jeune mais possède une puissance assez rare mais l’Altenberg marque son statut de Grand Cru par une grande élégance et une complexité aromatique qui commence à se dessiner…superbe bouteille !
Avec le Lomo de cochon mariné au soja proposé par le restaurant La Table 77 à Strasbourg les deux vins souffrent un peu face à la présence très marquée de la sauce soja : le Glinzberg tient tête mais n’a pas encore assez développé son côté épicé pour répondre au plat, l’Altenberg, trop fin et trop subtil perd par KO à la première bouchée…de toute façon, ce vin se suffit à lui-même !

  
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La famille Kaiser du restaurant La Table 77, ensemble pour nous régaler…

 
CIMG4197L’assiette de lomo mariné.

 

 

Gewurztraminer G.C. Altenberg de Bergbieten V.T. 2009
 

Le nez est complexe et épanoui sur la rhubarbe confite, la bergamote et les épices douces, la bouche est à la fois charnue et moelleuse avec une palette qui s’enrichit de fines notes de liqueur d’orange, les épices et la minéralité tiennent une finale avec beaucoup de classe…Excellent !
Lorsqu’on rencontre un vin de ce niveau on peut se dire qu’il ne faut pas prendre le risque de l’associer avec un dessert car il perdrait inéluctablement de sa superbe…
Voilà une erreur que j’aurai surement commise et qui m’aurai empêché de constater qu’avec la Tarte à la rhubarbe-meringue aux zestes d’orange proposée par le pâtissier J.P. Oppé à Mutzig l’accord relève du feu d’artifice gustatif…une véritable explosion de saveurs !

CIMG4199La fameuse tarte avec sa meringue aromatisée aux zestes d’orange…quel bonheur !
 

Pour conclure :

- Pour le dixième anniversaire de cette opération « Week-end gastronomique à Bergbieten » la famille Schmitt n’a pas failli à la tradition : des plats recherchés et raffinés, des vins typés et hautement qualitatifs et des mariages gustatifs novateurs et gourmands…quelle belle réussite !
Bravo et merci à tous !

- Comme pour 2011, l’édition de cette année a été placée sous l’égide de l’audace et de la créativité : vignerons et cuisiniers sont parfois allés aux confins des possibles gastronomiques pour voir jusqu’à quel point un grand vin d’Alsace peut se transcender à table.
Une fois encore les vins ont tenu leur rang face à des préparations parfois redoutables d’intensité aromatique…Chapeau !

- Les vins dégustés ont montré des matières pures, des équilibres précis et des finales rendues sapides et digestes par une salinité omniprésente dans chaque cuvée du domaine.
Les vins de 2011 ne sont pas encore complètement en place mais sont assez solidement constitués pour permettre d’attendre sereinement qu’ils se fondent un peu.
Les 2010 sont de grands vins qu’une petite récolte a rendu très rares et l’équilibre splendide du gewurztraminer Altenberg, nous fait évidemment regretter cette pénurie.
Les 2009 trouvent peu à peu leur point d’harmonie : leurs personnalités généreuses et épanouies les rendent presque irrésistibles.

- Pour les coups de cœur j’aurais envie de relever deux accords qui figureront en bonne place au palmarès de mes plus belles émotions gustatives : pimentos et riesling Altenberg 2009 et tarte à la rhubarbe et gewurztraminer Altenberg V.T 2009.
Tout est là, à la bonne place et avec la bonne intensité…des accords mozartiens en quelque sorte !

 

Pique-Nique-Schmitt-2012 0578  

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 10:27

CIMG4152 

 

Comme en 2011, le domaine organise des journées « Portes Ouvertes » pour les professionnels (restaurateurs et cavistes) et, à cette occasion, les Schoenheitz reconduisent leur initiative de l’année dernière en invitant quelques blogueurs alsaciens à cette manifestation.
Ceci étant, Wihr au Val est bien loin de Strasbourg, en plus c’est un lundi et même si je suis invité en compagnie de professionnels du vin, je reste un amateur…donc obligé de travailler encore un peu à côté pour gagner ma vie ! Dilemme…
En fait, la solution viendra de mon employeur puisque l’E.N. a eu la bonne idée de me convoquer pour un jury Bac ce même jour…et où me direz-vous ?
Mais à Colmar bien sûr !
C’est donc un ordre de mission rectoral qui lèvera mes ultimes réticences … étonnant non !

 

CIMG4156Des pinots noirs, un crémant et Aude pour l’accueil…
 

 

Je commence par un verre de crémant pour me désaltérer (il a fait beau et chaud sur le stade de Colmar…) puis j’enchaîne avec la dégustation de quelques pinots noirs, des rouges qui m’avaient fait une très forte impression l’année dernière :

Crémant Brut Blanc de blancs 2009 : le nez est pur et très aérien sur le beurre frais, les fruits blancs avec en fond de belles notes de fleurs printanières, la bouche est particulièrement vineuse avec un toucher gras et une mousse fine et onctueuse, la finale reste est vive avec une belle longueur aromatique.
(12° – 5 g/l de SR – 4,89 g/l AT – rendement 73 hl/ha)
Ce crémant 100% auxerrois qui a passé 2 ans sur lattes possède une belle matière tout en gardant un côté désaltérant et léger. Très belle réussite !

 

Alsace 0565

 

Pinot Noir Classique 2011 : mûr, charnu et très bien équilibré ce pinot noir flatte les sens par un fruité très gourmand.
(13°8  – 2,84 g/l AT)
Pinot Noir Saint Grégoire 2011 : le nez est encore très discret mais le fruit s’épanouit en bouche avec une matière bien concentrée.
(13°5 – rendement 40 hl/ha)
Ces deux pinots noirs élevés en barriques anciennes possèdent une matière équilibrée mais très généreuse qui montre que 2011 sera un millésime pour rouges corsés.

Les deux cuvées issues des terroirs plus prestigieux de Wihr-au-Val montreront surement plus leurs muscles sur 2011 que pour le millésime précédent, mais pour l’heure je vais les laisser se faire encore un peu en cave et pour revoir les cuvées 2010 qui m’avaient fait un foret impression l’année passée.

Pinot Noir Saint Grégoire 2010 : le nez est finement fruité avec des notes de cerise, la bouche est parfaitement en place et flatte le palais par un équilibre très gourmand.
(12°3 – 3,80 g/l AT – rendement 25 hl/ha).
Pinot Noir Herrenreben 2010 : le nez est splendide avec une palette expressive sur les petits fruits rouges, la bouche allie vinosité, chair croquante et fraîcheur.
(12°8 – 3,95 g/l AT – rendement 25 hl/ha).
Pinot Noir Linsenberg 2010 : le nez est plus réservé mais très pur, la bouche est très puissante, la matière est voluptueuse et la finale d’une longueur étonnante.
(12°7 – 3,9 g/l AT – rendement 39 hl/ha)
Ces trois cuvées sa montrent à la hauteur de mes attentes : le Saint Grégoire superbe de fruit et d’équilibre est prêt à boire, le Herrenreben (élevé en barriques neuves à 25% complétées par 25% de barriques d’un vin, 25% de barriques de deux vins et 25% de barriques de 3 vins) nous emmène carrément du côté de la Côte de Nuits (presqu’un peu Chambolle…) et le Linsenberg (50% de bois neuf) possède la matière mais aussi la réserve d’un tout grand…Quel trio !

 

 Alsace 0562
Un trio magique !
 

Comme pour l’édition précédente la série de vins blancs proposé aux dégustateurs est conséquente : hélas, il est déjà 18 heures et la maison Schoenheitz n’a pas forcément prévu de prolonger leur opération « Portes Ouvertes » jusqu’au bout de la nuit…Il va encore falloir choisir !

CIMG4153Dominique et Henri Schoenheitz au service des blancs.

 

 

Ceci dit, à la relecture de mes notes, je m’aperçois que j’ai quand même enchaîné 14 cuvées…

Et pour commencer, les vins de 2011 bruts de cuve :

Pinot blanc Val Saint Grégoire : un vin très charmeur avec un fruité bien épanoui au nez comme en bouche et une matière généreuse qui laisse une impression de douceur en finale.
(12°5 – moins de 2g/l de SR – rendement 67 hl/ha)
Ce vin 100% auxerrois est techniquement sec mais laisse une impression très suave en bouche…une entrée de gamme séduisante à souhait !

Muscat : le nez est expressif sur le raisin frais et la rose, en bouche la chair est douce et généreuse et la finale délicatement acidulée.
(12°6 – 9,5 g/l SR – 2,75 g/l AT – rendement 40 hl/ha))
Ce beau muscat flatte les sens avec facilité et simplicité : c’est le type de vin un peu rondouillard mais très aromatique qu’on retrouvera avec plaisir à l’apéritif…MIAM !

Riesling Classique : le nez est épanoui et expressif avec une palette sur l’ananas frais et le citron, la bouche est finement ciselée et se montre très avenante malgré une trame acide bien pointue.
(12°8 – moins de 5 g/l de SR – rendement 40 hl/ha)
Riesling Herrenreben : citronné et pierreux au nez, ce vin possède une matière puissante, une structure très droite et une finale longue et intensément minérale.
(13°2 - moins de 5 g/l de SR – rendement 45 hl/ha)
Riesling Holder : le nez est discret avec des notes minérales et légèrement grillées, la bouche est ample et sphérique, l’aromatique se développe un peu en révélant des arômes de raisin mûr, la finale est tendue par une profonde salinité.
(13° – moins de 20 g/l SR – rendement 39 hl/ha)
Comme le montre la cuvée classique 2011 sera un millésime où les rieslings auront un côté ouvert et exubérant qui leur donnera un charme immédiat et une grande facilité d’accès au risque de nous faire oublier que les sélections parcellaires sont aussi des vins de terroir et donc de garde. Le sol granitique et sablonneux du Herrenreben marque le cépage en lui conférant une structure solidement tendue, le sol granitique très pauvre du secteur central du Holder lui apporte la maturité mais aussi une salinité intense.

 

Pinot gris Linsenberg : le nez est complexe mais très engageant, en bouche ce vin ample et généreux possède un équilibre rond et gourmand.
(13° - moins de 15 g/l de SR – rendement 35 hl/ha)
Le Linsenberg est le troisième lieu-dit mis en valeur par les Schoenheitz sur le ban de Wihr-au-Val. Ce pinot gris a profité des effets conjugués d’un millésime chaud et d’un sol caillouteux granitique favorable aux belles maturités pour se forger un caractère très opulent.

Gewurztraminer Holder V.T. : l’aromatique florale très expressive au nez prend un caractère carrément explosif en bouche, ce vin moelleux montre un volume imposant et une finale qui flatte les sens par sa complexité et sa longueur.
(13° - moins de 50 g/l de SR – rendement 25 hl/ha)
Voilà un gewurztraminer nous donne une très belle image de ce cépage sur 2011 : le côté surmuri est présent mais il se décline en expressivité et en structure. MIAM !
 

 

 

Après ce choix conséquent de cuvées 2011, il ne me reste hélas que très peu de temps pour voir comment se tiennent les vins issus d’autres millésimes. Je laisse le soin à Henri Schoenheitz de me faire une sélection personnelle d’une petite dizaine de bouteilles…c’est parti :

Riesling Linsenberg 2008 : le nez est d’une finesse inouïe avec une palette suave et complexe, la bouche est vive, très épurée avec un équilibre parfaitement vertical.
(12,2° - 7,8 g/l SR – 5,67 g/l AT – rendement 59 hl/ha)
Riesling Herrenreben 2008 : le nez est franc et fruité sur l’orange et la mandarine, la bouche est plus large, un peu plus opulente mais la finale révèle de très belles notes salines qui lui apportent un coté salivant très agréable.
(12,6° - 9;6 g/l SR – 4,4 g/l AT – rendement 31 hl/ha)

 

CIMG4223

 
Avec l’âge, la matière de ces 2008 a trouvé équilibre et harmonie en dessinant des personnalités très différentes sur ces deux rieslings : le Linsenberg est remarquable de précision et de profondeur, le Herrenreben se révèle plus épanoui avec une structure très large qui s’équilibre grâce à la minéralité très présente en finale.
Deux très grands vins !

Riesling Holder 2007 : le nez est franc et très élégant sur les agrumes et les harbes aromatiques, la bouche est pleine et sphérique, la finale est longue et finement poivrée.
(13,3° - 6,6 g/l SR – 4,72 g/l AT – rendement 57 hl/ha))

 

Alsace 0561

 
Riesling Holder 2005 : le nez est fin et raffiné sur le miel et les fleurs, la bouche est épanouie, savoureuse avec un équilibre riche mais une finale très saline.
(13° - 25 g/l SR – 4,51 g/l AT – rendement 43 hl/ha))
Ces deux rieslings ont atteint leur âge mûr, les palettes aromatiques sont classieuses, les structures en bouches dessinent des silhouettes d’une élégance rare et les finales affirment leur minéralité avec beaucoup de conviction…c’est beau !

 

 

Audace 2010 (riesling Holder élevé durant 12 mois en barriques de chêne et d’acacia) : le nez est torréfié et joliment citronné, la bouche est encore un peu dissociée, mais le gras est très joli, l’acidité est droite et la finale est longue et finement boisée.
(12°5 - 3 g/l SR – 5,67 g/l AT – rendement 41 hl/ha)
Tokade 2010 (pinot gris Holder élevé durant 12 mois en barriques de chêne et d’acacia) : le nez est très empyreumatique avec des notes grillées et cacaotées complétées par une touche de noisette, la bouche a un côté très charmeur, très souple mais d’une grande ampleur et avec une finale agréable sur la noisette grillée.
(14,5° - 0,4 g/l SR – 3,58 g/l AT – rendement 20 hl/ha)
Ces deux vins atypiques ont été élaborés par le fiston qui fait ses expériences de vinificateur en sortant quelque peu des sentiers battus régionaux. Finalement le bois d’acacia ne marque pas trop le registre aromatique mais ce type d’élevage très bourguignon apporte ce gras très particulier un peu inhabituel en Alsace.
Des vins à déguster sans trop se référer aux canons esthétiques alsaciens…mais au bout du compte, j’aime bien !

Pinot gris Holder 2009 : le nez est très intense sur le fruit blanc confit, la bouche est opulente mais d’une belle tenue, la finale est relativement légère mais offre une belle persistance aromatique fruitée.
(12°8 – 59,5 g/l de SR – 3,70 g/l AT – rendement 40 hl/ha)
Pour la dernière bouteille de la série (il est largement temps de regagner mes pénates…) j’ai une nouvelle fois laissé à Henri Schoenheitz le soin de me proposer un dernier vin. Il a choisi cette cuvée résolument moelleuse qui donne une interprétation fidèle du cépage et du millésime…je n’aime pas trop ce style de vin mais je dois reconnaître que ce pinot gris est conçu avec une maîtrise absolue…impeccable et à l’image de la production de ce domaine.


Pour conclure :

- Depuis plus de vingt ans, les Schoenheitz portent la tradition viticole de Wihr-au-Val avec passion et conviction : ils travaillent sans relâche pour mettre en valeur les terroirs granitiques situés sur les coteaux qui dominent leur village et produisent une gamme de vins de très belle facture.
Précis et méticuleux à la vigne comme en cave, ces vignerons arrivent à exprimer avec beaucoup de classe et de distinction leur idée du vin d’Alsace. Chapeau !

- Leurs pinots noirs que je connais maintenant depuis près de 3 ans figurent sur mon podium personnel des meilleurs vins rouges alsaciens et leurs vins blancs livrent des interprétations authentiques et équilibrées de leur terroir et de leur millésime.

- Pour les coups de cœur du jour je choisirai sans trop hésiter, le pinot noir Herrenreben 2010 pour sa grande classe et le riesling Herrenreben 2008 pour sa matière très noble et sa belle minéralité. Pour être complet je citerai également le riesling Classique 2011 plein de fruit et de gourmandise qui se placera dès sa sortie dans la catégorie des rapports Q/P exceptionnels. A bon entendeur…

- Un grand merci aux vignerons et à leur équipe.

 

CIMG4151

Wihr au Val et ses coteaux au printemps.

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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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