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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 12:44

Bonjour chers visiteurs,

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 12:41

Chers lecteurs,

 

Après plus de 4 ans de présence sur over-blog et près de 400 articles publiés, j'ai choisi de migrer vers un autre espace.

 

Over-blog ayant choisi de modifier considérablement le fonctionnement de ses blogs et je me suis retrouvé bien involontairement dans un univers où je ne pourrai plus publier mes contributions dans des conditions favorables.

 

Ce blog ne disparaît pas mais il ne sera plus alimenté avec des nouveaux articles.

 

Si vous voulez continuer à me suivre dans mes voyages viniques il va falloir venir me voir sur mon SITE .

 

Merci de votre fidélité et à bientôt.

 

Pierre

 

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 11:48


Cette quatrième réunion 2013 de notre club A.O.C. nous emmène au pays du Muscadet, un vignoble vraiment mal connu en Alsace, et dans le Haut-Médoc, une région que nous ne visitons que très rarement aux cours de nos sessions de dégustation.
Ce soir, ces deux négligences vont être réparées et les 13 convives sont invités à se régaler (ou non) avec deux belles séries de bouteilles choisies pour illustrer les thèmes suivants :

1. Les grands muscadets de terroir
2. Les crus du Haut-Médoc face au temps.

La série de muscadets a été proposée par François qui a profité de rencontres viniques à l’occasion de ses voyages professionnels pour dégoter une belle collection de quilles (13 références quand même !) provenant de quelques domaines en vue du vignoble nantais.
La petite série de rouges d’appellation Haut-Médoc a bien évidemment été composée par Paul, l’un de nos deux « englishmen »...retour aux sources historiques oblige !

 

2013 0214

Une cartouchière bien garnie en début de réunion


Les vins blancs ont été débouchés juste avant la dégustation et servis 2 par 2 à l’aveugle.
Les rouges ont été débouchés 1 heure avant la dégustation et servis à l’aveugle.

Verres Spiegelau Authentis 01


Soirée Club AOC du 5 avril 2013 à La Wantzenau

 


Thème 1 : à la découverte de l’âme du Muscadet dans les terroirs de Sèvre et Maine.

 

 

Atmosphère – Domaine Jo Landron à La Haye-Fouassière : discret mais assez complexe le nez propose une palette sur les petits fruits rouges, le pain grillé avec une petite touche fumée, en bouche la bulle assez grosse provoque une forte sensation d’effervescence mais la mousse est peu persistante, l’équilibre est sec mais le manque de profondeur est trop flagrant.

 

2013 0215

 

Issu à 80% de folle blanche et à 20% de pinot noir et très légèrement dosé, ce blanc mousseux est agréable par son côté direct et léger mais sa mousse assez agressive et sa matière un peu fluette laissent une impression mitigée en bouche.
Facile mais sans profondeur.

 

 

Château de la Templerie 2011 – J. Huchet à Château Thébaud : le nez est plus épanoui avec une palette agréable sur les fruits blancs, en bouche la structure manque un peu de cohérence et la finale est marquée par une petite amertume.
Château de la Bretesche 2011 – J. Huchet à Château Thébaud : le nez est très discret avec des évocations minérales et un côté eau de roche, la bouche est filiforme mais nette et précise, la finale revient sur des notes pierreuses et une pointe finement citronnée.

 

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Cette première doublette nous propose deux cuvées d’entrée de gamme produites par Jérémie Huchet et provenant de deux terroirs emblématiques du muscadet : granit pour la Templerie et gneiss pour la Bretesche.
Deux vins vifs et légers qui ne sont pas déplaisants mais qui manquent un peu de personnalité…un peu à l’image des quelques rares cuvées que j’ai dégustées jusqu’ici…mais je sens qu’on ne va pas en rester là !

 

 

Clos les Montys 2011 – Y. et J. Huchet à Château Thébaud : le nez s’ouvre sur des notes très minérales (coquille d’huitre) avant de révéler une petite pointe citronnée bien tonique, en bouche la matière se tient avec élégance, belle présence et structure très aérienne avec une belle pointe minérale en finale.
Clos les Montys 2010 – Y. et J. Huchet à Château Thébaud : le nez est plus mûr sur le miel et les agrumes, en bouche la matière riche et dense donne l’impression d’un beau volume, la finale révèle un caractère salin bien affirmé.

 

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Avec ces deux cuvées issues d’un terroir complexe de limon et de sables gréseux sur une roche mère d’amphibolite et de méta-gabro, nous sommes passés dans une catégorie de muscadets que je ne connaissais pas jusqu’ici : complexes et profondément minéraux ces deux vins séduisent par la qualité de leur équilibre et par leur présence saline en finale. J’aurais une petite préférence pour le 2010 qui malgré son étiquette tape à l’œil un peu datée est une vrai gourmandise aujourd’hui.

 

 

Amphibolite Nature 2011 – Domaine Jo Landron à La Haye-Fouassière : après une phase d’ouverture un peu difficile avec des notes poussiéreuses, l’olfaction se purifie et s’affine en livrant une très belle palette sur le citron frais et la coquille d’huitre, en bouche l’équilibre est sec sur une matière détendue et élégante, la finale revient sur t des nuances citronnées et iodées.
Château de la Fessardière Climat 2011 – A. Sauvion à Vallet : le nez est discret avec de fines notes minérales, la bouche semble plus généreuse avec un volume conséquent mais une matière qui reste assez souple, la finale est bien longue laisse se développer une minéralité puissante qui lui donne un côté presque tannique.

 

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Ces deux muscadets sont conçus à partir de raisins issus de l’agriculture bio et très peu soufrés. La cuvée de Jo Landron qui provient, comme son nom l’indique, d’un terroir d’amphibolite m’a un peu surpris à l’ouverture par une aromatique qui manquait de netteté mais par la suite je suis tombé sous le charme de ce vin équilibré et minéral. Le vin d’Alexis Sauvion qui semble un peu plus dense avec une matière riche et une intense salinité est déjà très gourmand aujourd’hui mais gagnera surement encore en finesse et en harmonie après quelques années en cave.

 

 

Domaine de l’Ecu Cuvée Classique 2011 – G. Bossard et F. Niger à Le Landreau : le nez est ouvert et flatteur sur les fruits blancs (golden, poire) et le miel d’acacia, la bouche possède une rondeur très agréable avec un toucher gras et tapissant et une structure acide souple, la finale de longueur moyenne prolonge de belles notes fruitées avec de légères nuances oxydatives.
(Terroir de sables siliceux sur roche métamorphique – élevage en cuves su lies durant 10 mois)
Domaine de l’Ecu Granite 2011 – G. Bossard et F. Niger à Le Landreau : le nez est un peu douteux (petite déviance liégeuse peut-être) avec une palette minérale discrète (silex), la bouche est précise et droite avec un équilibre sec et une minéralité affirmée, mais l’aromatique reste un peu perturbée…et perturbante.
(Terroir de granit à 2 micas – élevage en cuves su lies durant 18 mois)
Domaine de l’Ecu Gneiss 2011 – G. Bossard et F. Niger à Le Landreau : le nez est superbe de finesse livre une palette complexe avec des notes végétales (chèvrefeuille, aspérule), complétés par des nuances de fleurs blanches, d’iode et de pierre chaude, la bouche est vineuse, ample et vive et profondément minérale.
(Terroir de gneiss et de gneiss altéré – élevage en cuves su lies durant 15 mois)
Domaine de l’Ecu Orthogneiss 2011 – G. Bossard et F. Niger à Le Landreau : le nez est ouvert et flatteur sur les agrumes avec une touche végétale délicate et quelques notes épicées, la bouche possède un volume imposant et une puissance minérale encore plus marquée que sur la cuvée précédente, en finale le côté pierreux, silex domine un sillage aromatique long et racé.
(Terroir d’orthogneiss – élevage en cuves su lies durant 18 mois)

 

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Le Domaine de L’Ecu travaille ses vignes en biodynamie depuis fort longtemps et propose des cuvées élaborées avec un minimum d’intrants (pas de levurages et sulfitages très faibles).
J’ai beaucoup apprécié l’esthétique et la typicité de ces vins réalisés avec un souci évident de pureté dans l’expression du message du terroir.
La cuvée classique est un modèle de gourmandise et de buvabilité et les deux dernières cuvées de terroir brillent par leur matière juteuse et leur trame minérale intense et cristalline.
Dommage pour le granit qui promettait mais « triple MIAM » quand même !!!

 

 

Domaine de la Grange Goulaine 2009 – Domaine Luneau à Le Landreau : le nez est bien mûr, presque confit avec une palette de fruits blancs complétée par des nuances exotique et finement épicées, la bouche est souple avec un beau volume et une petite rondeur très séduisante, la finale est agréable mais manque un peu de tonus.

 

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Cette cuvée issue de vieilles vignes sur un terroir de schistes a été élevée 30 mois sur lies fines avec des bâtonnages réguliers. Charmeur et bien balancé ce muscadet a néanmoins un peu de mal à s’affirmer après la dernière doublette. Moins minéral et peut-être plus consensuel il trouvera sa place à table avec facilité, mais peut-être pas dans la gamme d’accords traditionnelle du muscadet.

 

 

Château de la Chauvinière Granit de Château Thébaud 2008 – J. Huchet à Château Thébaud : le nez est vif et précis sur le citron vert et les fleurs printanières, la bouche est droite avec une matière concentrée et une acidité noble et solidement tendue, la finale laisse un beau sillage citronné et minéral très persistant.
Château de la Chauvinière Granit de Château Thébaud 2007 – J. Huchet à Château Thébaud : le nez est complexe et raffiné sur les agrumes, les herbes aromatiques (aneth, verveine) et la pierre à feu, la bouche est puissante et volumineuse, solidement structurée par une longue acidité qui soutient une belle finale bien expressive.

 

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Issus de parcelles granitiques sur Château Thébaud et élevés durant 4 ans sur lies ces deux Muscadets conçus par Jérémie Huchet sont simplement magnifiques. Très purs et assumant une expression de terroir digne des plus grands vins blancs ces deux dernières bouteilles se posent comme une forme d’apothéose de cette série qui m’a fait découvrir le Muscadet sous un jour vraiment nouveau. Enorme MIAM !


Pour conclure :

- Suivant les conseils d’un ami œnophile, j’ai remplacé les verres Spiegelau Expert par le modèle Authentis 01 du même fabricant et j’ai constaté que les vins réagissaient beaucoup mieux dans ces contenants plus amples, surtout sur ces muscadets dégustés très jeunes. La comparaison avec des voisins équipés en « Expert » a été très parlante : les notes de réduction ont disparu beaucoup plus rapidement et les expressions aromatiques se sont ouvertes et complexifiées très facilement.
Certes le volume conséquent de ces verres (presqu’un demi-litre) risque de vous faire passer pour un frimeur – genre « c’est moi qui ai les plus gros ! » – ou plus simplement pour un boit-sans-soif, mais il n’en reste pas moins que le gain sur le plan organoleptique est vraiment significatif.

 

 

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Le club AOC au travail

 

- Je l’avoue sans honte (et pourtant !) que, malgré une carrière de picoleur déjà bien longue, je ne savais quasiment rien de cette appellation. Pour moi, le muscadet c’était le petit blanc qu’on trouvait au rayon vins à bas prix et dont je prenais une bouteille de temps en temps pour remplacer l’edelzwicker dans mes sauces.
C’était aussi le petit vin sec et léger qu’on servait dans les bars de la capitale pour réveiller les papilles des parisiens et étancher la soif de l’inspecteur Pinaud…mais à part ça !!!
- La belle série de ce soir m’a permis de combler ces lacunes impardonnables pour tout œnophile qui se respecte : j’y ai rencontré 14 flacons gorgés d’énergie et de minéralité qui ont ravi mes sens.
Produits par des vignerons qui travaillent avec courage et conviction pour faire reconnaître la valeur de leurs terroirs ces vins aux rapports qualité/prix presque inégalables méritent une large place dans toute cave d’amateur éclairé…merci François pour cette remarquable sélection.

- Pour les coups de cœur j’ai envie de mettre en avant une belle doublette : Orthogneiss 2011du Domaine de l’Ecu qui sera mon champion en valeur absolue et le Granit 2007 de Jérémie Huchet qui a montré combien ces grandes cuvées de muscadet pouvaient s’affiner et se complexifier dans le temps.



Thème 2 : des rouges du Haut Médoc face au temps qui passe…

 

 

Château Citran 2005 – Avensan : le nez est intense et très gourmand sur les fruits rouges bien mûrs et une petite note de caramel au lait, la bouche montre un très beau volume avec une matière puissante mais bien équilibrée et une trame tannique noble et soyeuse, la finale de longueur moyenne libère de discrètes nuances épicées.
(52% cabernet sauvignon + 48% merlot – élevage 12 mois en fûts dont 40% bois neuf).
Château Coufran 2005 – Saint Seurin de Cadourne : le nez est discret sur un registre un peu plus austère avec des notes de fumée, de torréfaction et de fruits noirs, la bouche est solidement charpentée avec un équilibre très droit et une finale délicatement acidulée mais un peu trop tannique à mon goût.
(85% merlot + 12% cabernet sauvignon – élevage 12 mois en fûts dont 25% bois neuf).

 

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Avec Citran qui se situe dans un secteur proche de Margaux et Coufran qui est issu de parcelles dans le canton de Pauillac, la série commence par une paire de crus bourgeois très différents : effets des terroirs probablement, mais aussi conséquence d’un encépagement inhabituel pour Coufran, largement dominé par le merlot.
Ce soir, le premier a fait une très belle impression avec son élevage parfaitement maîtrisé et sa matière joliment patinée alors que le second a montré une dureté peu engageante et une grande retenue dans son expression aromatique.
Citran semble à point mais reste encore plein de ressources, pour Coufran encore bien revêche ce soir, je serai moins optimiste…


Karolus 2001 – Château Sénéjac à Le Pian : le nez est fin et racé avec un fruité complexe, des notes d’épices et de café, la bouche est généreuse avec une matière opulente et une personnalité très expansive, la finale est longue avec un fruit encore très frais et une fine touche camphrée.
(48% cabernet sauvignon + 37% merlot + 11% cabernet franc + 4% petit verdot).
Château Camensac 2000 – Saint Laurent-Médoc : le nez mystérieux et très évolutif s’ouvre sur une petite réduction passagère avant de livrer une aromatique raffinée sur les fruits noirs (cassis, mûre) et le bois noble, la bouche est encore bien concentrée et dotée d’une structure solide mais élégante, la finale est nette, bien fraîche et finement boisée.
(60% cabernet sauvignon + 40%merlot – élevage 17 à 20 mois en fûts neufs ou de un vin).

 

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Le grand cru classé issu du mythique millésime 2000 a tenu son rang mais la cuvée Karolus 2001 produite par le Château Sénéjac lui a volé la politesse en le dominant assez facilement par la qualité de sa chair et la finesse de son expression aromatique.
Ceci dit dans les deux cas, on se trouve face à des vins dans la force de l’âge qui se tiennent parfaitement droits dans leurs bottes et qui peuvent envisager la prochaine décennie avec optimisme. Belle doublette.

 

 

Château Citran 1990 – Avensan :  le nez est assez évolué mais doté d’une belle complexité, on y trouve des notes de petits fruits rouges très mûrs et de violette sur un délicat fond épicé, la bouche est charnu, gourmande avec des tanins joliment patinés, la finale de longueur moyenne garde un équilibre très frais et une grande netteté aromatique.
(52% cabernet sauvignon + 48% merlot – élevage 12 mois en fûts dont 40% bois neuf).

 

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Même si son étiquette porte les stigmates d’une longue vie de bouteille surement très agitée, ce Haut Médoc de 23 ans étonne vraiment par la précision de sa structure et par le raffinement de sa palette aromatique. Certes, la maturité est évidente mais le déclin ne semble pas encore pour demain…voilà un bourgeois que j’enfermerai bien encore un lustre ou deux dans ma cave pour voir…


Château Sociando-Mallet 2005 – Saint Seurin de Cadourne : le nez est ouvert et épanoui avec un fruité encore très expressif et un côté vanillé-épicé délicat, en bouche la matière est dense et grenue avec une trame tannique souple et soyeuse, l’ensemble donne une belle impression de puissance et d’équilibre, en finale la rémanence fruitée et épicée est très longue.
(48% cabernet sauvignon + 57 %merlot + 5% cabernet franc – élevage 12 mois en fûts 100% bois neuf).

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Issu de parcelles de vieilles vignes situées principalement à l’est du village de Saint Sernin de Cadourne, ce Haut Médoc prestigieux a démontré que sa grande notoriété n’était pas usurpée. C’est le vin le plus puissant et le plus complet de la série.
Aujourd’hui ouvert et facile d’accès, il peut évidemment encore se bonifier avec quelques année de garde…ceci dit, pourquoi attendre !


Pour conclure :

- Cette courte série d’un très bon niveau qualitatif nous a rappelé que derrière les façades flamboyantes des grands châteaux du Médoc dont les vins deviennent de plus en plus inaccessibles au commun des mortels, on trouve de très belles maisons qui nous proposent des crus avec d’excellents rapports qualité/prix. Hormis Sociando 2005 acheté plus de 60 euros chez un caviste, les autres bouteilles se situent dans une gamme de prix tout à fait cohérente (entre 10 et 25 euros).

- Ces vins se distinguent peut-être moins par l’expression de leur terroir mais nous nous étonnent par leur texture élégante, leur équilibre évident et leur belle tenue face au temps qui passe, ce qui témoigne incontestablement d’une maîtrise absolue des processus d’élaboration mis en œuvre en cave (extractions mesurées, élevages très précis, assemblages judicieux…).

- Souvent proposé à très petit prix lors des Foires au Vin dans la Grande Distribution, Château Citran s’est imposé ce soir comme la découverte (ou la redécouverte) de la série offrant un rapport qualité/prix de tout premier ordre. Ceci dit, en valeur absolue, il faut bien admettre que Sociando 2005 a largement survolé les débats…ceux qui auront eu la bonne idée d’acheter quelques bouteilles de ce grand vin à sa sortie peuvent se frotter les mains.

- Merci à Paul de nous avoir conçu cette belle sélection, j’espère qu’il continuera à nous emmener régulièrement en promenade sur les bords de la Gironde.

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 19:09


Membre de mon forum préféré (degustateurs.com) depuis fort longtemps stf67 a tombé le masque du pseudo pour m’inviter à le rencontrer à l’occasion d’une dégustation d’échantillons de vins qu’il a réalisés dans le cadre de sa formation en B.T.S. viti-oeno.
En stage au domaine Sylvie Spielmann à Bergheim, Stéphane Cyran fait une étude sur l’effet du bâtonnage sur les caractéristiques du vin et pour avoir un avis le plus large possible sur le ressenti gustatif face à ses cuvées en cours d’élevage, il a choisi de convier un panel de dégustateurs très diversifié : professeurs du lycée de Rouffach, vignerons, collègues de promotion et amateurs.
Persuadé que cette expérience me fera avancer encore un peu dans ma connaissance de la chose vinique j’ai bien évidemment répondu favorablement à cette sympathique invitation.

 

2013 0191

 

La session de dégustation se déroule dans la « Winstub du Sommelier » : situé dans le centre historique de Bergheim, ce restaurant propose une splendide carte des vins avec un nombre considérable de références alsaciennes de très haut niveau à des prix très sages...une adresse à noter pour tout gastronome amoureux de crus alsaciens !

Le groupe composé de 2 professeurs du lycée de Rouffach, de 4 étudiants de ce même lycée (dont l’organisateur de la dégustation), de 3 vignerons (Sylvie Spielmann, Marc Tempé et Antoine Kreydenweiss) et de deux amateurs (Antje, la patronne du restaurant et votre serviteur).
La mission de cette petite assemblée consiste à évaluer des échantillons de vins servis à l’aveugle : Stéphane nous verse 3 vins à la robe encore trouble et nous demande de remplir une fiche de dégustation sans communiquer entre nous…mystère !!!

 

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Stéphane au service…

 
2013 0195…et le groupe en plein travail.

 

 

Vin n°1 : notes fruitées très gourmandes et nuances végétales moins agréables, sucrosité encore sensible en bouche, mais fruit toujours bien présent, structure légère, assez court.

Vin n°2 : olfaction austère, sur des zestes d’agrumes avec une touche un peu métallique, précis, tendu et long en bouche, belle matière et grande minéralité en finale.

Vin n°3 : nez sur le fruit avec des notes de bois et d’épices, rond et souple en bouche avec une structure un peu confuse, belle finale minérale.

Après la collecte des fiches, un tour de table permet enfin aux dégustateurs d’échanger sur leurs impressions et d’annoncer leur « tiercé ».
Lorsque tout le monde s’est exprimé, Stéphane nous révèle enfin l’identité des cuvées proposées :
- le jus des 3 vins est issu d’une parcelle de pinot gris sur le Blosenberg
- le premier vin a été élevé en foudre.
- le deuxième vin a été élevé dans une barrique bourguignonne de 5 vins et a subi des bâtonnages réguliers
- le troisième vin a été élevé dans une barrique bourguignonne de 5 vins sans bâtonnage.

A titre personnel, j’ai préféré le 2° vin, devant le 3° et enfin le 1° mais il faut reconnaître qu’il n’y a pas eu de consensus sur la hiérarchie :
- seuls les deux enseignants du Lycée de Rouffach ont partagé mon avis
- les vignerons et les étudiants ont reconnus la qualité de la tenue en bouche du 2° vin mais lui ont trouvé un côté réduit bien trop important. Leurs suffrages se sont portés assez largement sur le 3° vin.
- le 1° vin a été préféré par Antje qui a été séduite par son côté juteux et gourmand et par Sylvie Spielmann qui, parlant d’expérience, lui reconnaît un très beau potentiel.

Conclusions :

- Même si je reste un piètre dégustateur de vins jeunes (et souvent de vins tout court d’ailleurs !), j’ai bien apprécié cet exercice qui m’a permis de constater de réelles différences entre amateurs et vignerons lorsqu’il s’agit de goûter et d’évaluer des vins : là où j’ai pensé sensations et plaisir induit, les professionnels se sont concentrés sur les qualités et les défauts des jus pour imaginer comment ces 3 cuvées vont évoluer.
Le côté réduit du 2° vin a visiblement beaucoup inquiété les vignerons présents ce soir, par contre ils ont analysé avec beaucoup d’optimisme les perspectives d’évolution du 3°.

- Selon mon ressenti personnel, sur ce pinot gris du Blosenberg le bâtonnage aura eu trois effets notables :
1. Le développement d’arômes de réduction assez puissants.
2. Une structuration plus solide de la matière en bouche.
3. Un marquage boisé plus discret.
En tous cas, j’ai été vraiment surpris par l’importance de l’effet des pratiques œnologiques sur la nature des vins…comme quoi, la patte du vigneron laisse des empreintes à la vigne comme à la cave.
 
- Merci à Stéphane de m’avoir permis de vivre cette expérience très enrichissante. J’espère qu’il nous fera partager plus largement les conclusions de son étude.

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 09:09


Comme en 2011 et en 2012, l’équipe du domaine Kreydenweiss reconduit l’organisation de son week-end « Portes ouvertes » en invitant sa clientèle à découvrir son travail et ses vins.
Officiellement le printemps est arrivé depuis 2 jours mais dans la réalité alsacienne, on sent encore très fortement la présence de l’hiver et les tonnelles installées dans la cour de la maison Kreydenweiss ne serviront hélas qu’à protéger les visiteurs du petit crachin glacé qui tombe par intermittence entre quelques timides éclaircies.

 

1

Ciel gris et froidure sur Andlau


Comme en 2011 et en 2012, le programme de cette journée nous propose une visite de cave avec la découverte de quelques vins de 2012, la dégustation des crus d’Andlau, de ceux de Manduel et la dégustation d’une sélection de vieux flacons sortis pour l’occasion de la réserve du domaine.
La nouveauté de cette année sera présentée par Antoine Kreydenweiss et « Sam » qui se produiront dans un numéro de labour dans les vignes du Clos Rebgarten.
C’est parti !

 

 

Dans la cave du domaine le bois règne en maître absolu, il fait doux (du moins par rapport à l’extérieur) et très humide : la maison des Kreydenweiss est un ancien moulin et certaines parties de la cave se situent en dessous du niveau de la rivière qui longe ses murs.

 

2

L’Andlau qui passe juste derrière la maison.
 
3Une partie de la cave avec des murs que l’humidité fait briller.

 

 

Cette cave à l’ancienne, naturellement climatisée, offre un environnement propice à la réalisation d’élevages longs qu’Antoine Kreydenweiss a décidé de généraliser sur ces vins.

 

4

La cuvée phare du domaine « travaille » encore calmement dans un foudre de 18 hectolitres

 

Avec la mise en œuvre de pratiques viticoles utilisant un minimum d’intrants de nombreuses cuvées de 2012 n’ont pas terminé leurs fermentations alcooliques mais nous dégustons quand même 2 vins issus de ce dernier millésime :

Pinot Blanc La Fontaine aux Enfants 2012 : le nez est riche et déjà bien expressif sur le miel, le sucre d’orge et la poire bien mûre, la bouche possède un très joli volume avec un gras sensible et une présence minérale affirmée en finale.
La Fontaine aux Enfants est une parcelle granitique située au sommet du Kastelberg que les Kreydenweiss ont acquis récemment (en 2007 je crois).
Sur ce dernier millésime, les pinots blancs et pinots auxerrois qui en sont issus ont généré un vin riche, ample et minéral qu’Antoine Kreydenweiss a décidé de commercialiser en primeur…dépêchez-vous, c’est une cuvée splendide !

 


Riesling Andlau 2012 : le nez est discret et encore marqué par des arômes fermentaires, en bouche, l’attaque est bien vive avec une structure acide solidement tendue et une matière longiligne très élégante, la finale révèle une présence saline particulièrement intense.
Produit sur des parcelles de sables gréseux et d’argiles situées dans le prolongement du Grand Cru Wiebelsberg, ce riesling a l’aromatique encore marquée par la fermentation montre cependant une structure acide et saline de très grande classe. Prometteur !

 

 

Pour la dégustation « en surface », les tables initialement installées sous les tonnelles de la cour ont été placées à l’abri dans la cave entre la chaîne d’embouteillage et les palettes de cartons prêtes pour l’expédition : c’était ça ou tenir nos Spiegelau avec des moufles…pas très pratique pour faire tourner le vin dans le verre !

 

6

Dégustation « indoor » mais manteaux de rigueur…

 

 

Pinot Blanc Kritt 2011 : le nez est discret mais d’une belle complexité avec des notes florales et un fruité délicat, après une attaque bien vive, le vin se pose en bouche avec une matière en demi-corps agréablement détendue, la finale est nette, finement tendue et très sapide.
(12°5 – SR : 3,7 g/l – AT : 6 g/l)
La cuvée Fontaine aux Enfants n’ayant pas été produite en 2011 – la faute à une horde de sangliers gastronomes – le domaine nous propose la dégustation de la seconde référence de pinot blanc issue du lieu-dit « Kritt », une parcelle à mi-coteau très caillouteuse. Séduisant malgré une certaine retenue, ce vin nous propose une version raffinée et très gastronomique du pinot blanc alsacien…Joli !

 


Riesling Andlau 2011 : le nez est discret mais profondément minéral, la bouche se montre vive et ciselée avec précision, la finale est très saline et finement relevée par de beaux amers.
(13° – SR : 2g/l – AT : 6,8 g/l)
Encore jeune et un peu sur la retenue au plan de l’expression aromatique, ce riesling se distingue par une très belle salinité en bouche (déjà remarquée sur la version 2012 d’ailleurs)...Belle quille en devenir !

 

 

Pinot Gris Lerchenberg 2010 : l’olfaction est déjà précise sur les fruits blancs avec une petite note fumée, en bouche, la matière est tenue par une acidité bien tendue, l’équilibre est parfaitement sec, la finale s’étire longuement sur un sillage citronné très agréable.
(13°5 – SR : 6,2 g/l – AT : 8,1 g/l)

 

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Le Lerchenberg est une parcelle argilo-limoneuse située à l’ouest du Grand Cru Moenchberg. En 2010, ce terroir a permis la réalisation d’un pinot gris sec et gourmand de très haute tenue avec un potentiel gastronomique évident…une fois de plus, j’ai l’impression que ce millésime va réussir à me réconcilier avec ce cépage !

 

 

Clos du Val d’Eléon 2009 : le nez complexe et un peu mystérieux est entièrement dédié à la minéralité avec des notes de pierre chaude, de silex et de fumée, la bouche montre un équilibre sec mais avec un toucher bien gras, la finale est longue et profondément saline.
(14°g – SR : 1,4 g/l – AT : 6,2 g/l)

 

7

 

Récolté sur une parcelle de schistes bleus de Villé complantée de rieslings et de pinots gris, ce vin vertical et puissant est une sorte de concentré de minéralité qui se déguste cependant avec un plaisir énorme…Excellent !
 

 

Riesling Clos Rebberg 2009 : le nez est ouvert, expressif et gourmand sur les agrumes mûrs et la pierre chaude, en bouche l’attaque est vive et tonique avec une acidité droite et incisive qu’une matière fruitée et gourmande vient envelopper rapidement avant de laisser se déployer une finale fraîche, saline et longuement aromatique.
(13°5 – SR : 3 g/l – AT : 8 g/l)

 

8

 

Riesling Clos Rebberg 2010 : comme sur le précédent le nez se montre déjà très avenant avec une palette gourmande sur les agrumes et une petite touche fumée, la bouche est marquée par de fines nuances oxydatives et une structure acide pure et tendue, la finale étonne par sa longueur et sa salinité.
(13°5 – SR : 5,5 g/l – AT : 8,9 g/l)

 

9

 

Malgré des millésimes très différents, les schistes de Villé du Rebberg marquent profondément l’aromatique et la structure de ces deux vins qui affirment une minéralité extrêmement puissante, même si le 2010 se distingue par son élevage particulier (24 mois avec un seul sulfitage à la mise)…Deux quilles absolument magnifiques

 

 

Riesling Grand Cru Wiebelsberg 2010 : le nez est encore très réservé avec un fruit très discret sur un fond minéral déjà sensible, la bouche est élancée avec une acidité droite et tendue et une finale saline où on perçoit un peu plus nettement quelques notes de bergamote et d’épices.

 

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Elevé durant 26 mois en foudres ce riesling porte la marque conjointe du millésime et de son terroir : l’acidité très ferme de 2010 associée à l’élégance naturelle générée par les grès du Wiebelsberg se conjuguent pour nous livrer un vin sec plein de sève et d’énergie qui montre dès aujourd’hui un potentiel énorme mais a qui il faudra laisser un peu de temps pour qu’il s’ouvre davantage.


Riesling Grand Cru Kastelberg 2010 : le nez est peu expansif et présente une subtile touche d’agrumes avec des notes pierreuses et fumées, la bouche est d’une puissance rare avec du gras, une acidité majuscule et une très longue finale saline et finement marquée par des nuances d’herbes aromatiques.
(13°5 – SR : 5,9 g/l – AT : 8,7 g/l)

 

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Chez les Kreydenweiss, quand le Wiebelsberg est grand, le Kastelberg devient immense…il n’est pas exclu que ce vin entre dans le gotha des plus belles cuvées produites en 2010 dans le vignoble alsacien. Magnifique !!!


Après cette série de claques, la promenade au grand air pour rejoindre le Clos Rebgarten au milieu du village tombe à pic : rien de tel qu’une petite promenade dans l’air vivifiant pour reprendre ses esprits.
Dans cette parcelle nouvellement replantée en gewurztraminer, Antoine Kreydenweiss et « Sam » nous présentent une démonstration de labour à cheval dans la vigne.

 

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Antoine et Sam en train de passer la charrue pour le buttage dans des rangs volontairement resserrés pour faciliter le guidage du cheval

 

Privé de sortie depuis plusieurs jours et face à la dizaine de spectateurs venus assister à la démonstration de labour, le grand « Sam » manifeste un enthousiasme débordant qui rend très difficile le guidage du soc sur le sinueux tracé de l’inter-cep.

 

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Changement d’outil pour continuer la démonstration par un travail de griffage.


 
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La griffe s’utilisant en ligne droite, Sam peut enfin se dégourdir les pattes…
 

 

La dernière étape de la visite nous emmène dans la salle de dégustation du domaine face au coteau du Kastelberg pour goûter quelques « trouvailles » sorties de la réserve du domaine.

 

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La salle de dégustation et le coteau du Kastelberg qu’on aperçoit à travers la baie vitrée

 

 

Muscat 1999 : l’olfaction est délicate avec des notes de tisane (verveine, mélisse, tilleul) et d’herbe sèche, la bouche est tendre et relâchée mais la matière est vraiment très légère et la finale très courte et aqueuse.
J’adore les vins de muscat dans leur jeunesse lorsqu’on sent le fruit croquer sous la dent, mais j’avoue que les vieux m’ennuient un peu…et celui-ci ne fait pas exception, malgré sa palette complexe et raffinée. Dommage pour moi !


Clos du Val d’Eleon 1997 : le nez est élégant et racé avec une palette très complexe sur le pamplemousse, les zestes d’agrumes confits, le miel d’acacia avec une touche de pierre à feu, la bouche droite et puissamment minérale dégage une belle impression de plénitude.

 

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Après plus de 15 ans de garde ce vin de schistes laisse sa force minérale s’exprimer avec beaucoup de classe…après un 2009 déjà impressionnant dans sa prime jeunesse de ce 97 prouve que les cuvées issues de ce Clos sont de vrais vins de garde…une révélation !
 

 

Riesling Grand Cru Kastelberg 2001 : l’aromatique est bien ouverte et d’une incroyable complexité (fruits blancs, herbes aromatiques, pierre à feu…), la bouche est posée avec une grande noblesse et développe une matière volumineuse et parfaitement équilibrée, la finale trace un sillage minéral d’une très grande longueur.

 

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Epoustouflant de pureté et de présence minérale, ce Château est vraiment royal ! Une belle grosse claque pour finir !


Pour conclure :

- Malgré la météo très hivernale qui a un peu bousculé l’organisation de ce troisième week-end « Portes Ouvertes », cette demi-journée que j’ai pu passer entre caves et vignes en compagnie d’Antoine et de son équipe fut une fois de plus un moment riche en sensations et en émotions.

- Après mon travail sur les Grands Crus d’Andlau, où j’ai pu m’entretenir quelques temps avec ce jeune vigneron pour tenter d’approcher la philosophie qui le guide dans la conception de ses vins, ce deuxième passage de l’année au domaine Kreydenweiss constituait une belle opportunité pour faire quelques travaux pratiques supplémentaires, verre en main bien sûr !

- L’institution d’une démonstration de labour à cheval dans le programme de la journée marque l’attachement profond d’Antoine à cette forme de travail : les sols sont beaucoup moins tassés qu’avec un tracteur et le rythme bien moins rapide de l’animal attelé permet de recréer un lien plus physique entre le vigneron et sa vigne…une pratique qui s’inscrit parfaitement dans le projet de ce domaine en biodynamie depuis de longues années.

- Les vins présentés cette année sont d’une étonnante pureté d’expression. Souvent discrets dans leur palette aromatique de jeunesse, ils se distinguent par la qualité de leur tenue en bouche : acidités précises et traçantes qui structurent des matières bien amples, finales montrant une force minérale déjà très marquée…qui dit mieux !

- Pour les coups de cœur personnels, j’ai été particulièrement sensible à l’énergie positive qui se dégageait des Clos Rebberg et par le Riesling Kastelberg 2001 époustouflant de profondeur et de noblesse. Pour être complet, je citerai aussi les deux vins du Clos du Val d’Eléon que j’ai pu déguster à des âges très différents : cette cuvée qui gardait un certain mystère pour moi jusqu’ici m’a fait une très forte impression cette fois ci…il faut croire que je commence à décrypter la subtile personnalité des vins de schistes !

- Mille mercis à l’équipe du domaine Kreydenweiss pour ces belles découvertes.

 

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Petite pose pour la photo…Sam, entre labour et cabotinage !

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 15:26

Chablis 1° Cru Les Fourneaux 2004 – Domaine Barat à Mily

Robe : jaune éclatant avec des reflets vert pâle.
Nez : raffiné et très complexe on y décèle des notes de beurre frais, d’amande, d’herbes aromatiques (menthe, mélisse) et de craie.
Bouche : l’équilibre est sec avec une acidité mûre et très large qui interagit avec une matière est assez généreuse pour bâtir une silhouette très élégante, la finale saline et minérale est soutenue par une fine amertume.
Après quelques années de garde ce Chablis a pris une patine de grande classe et nous régale avec sa grande complexité aromatique et sa tenue en bouche.
Mais attention, à table, c’est un vin qui s’accordera plus facilement avec des poissons de rivière cuisinés ou de la volaille crémée qu’avec les effluves iodées des fruits de mer.

 

 

Roussette de Savoie Marestel 2009 – Domaine Dupasquier à Jongieux

Robe : jaune éclatant avec une texture assez épaisse.
Nez : expressif et bien complexe, il livre une palette sur la golden mûre, le miel, les épices douces et les fleurs de printemps.
Bouche : l’attaque est douce et suave, la matière opulente donne une impression de sphéricité parfaite et la finale finement acidulée et bien minérale apporte une touche de fraîcheur bienvenue à l’ensemble.
Riche, exubérant mais de haute tenue ce Marestel 2009 est déjà un vrai régal mais bien évidemment, lorsqu’on suit un peu les vins du domaine on sait que cette Roussette est encore loin de son apogée...Il n’y a pas à dire, avec Noël Dupasquier, l’altesse a bien trouvé son roi !
 

 

 

Pouilly Fuissé Vieilles Vignes 2007 – Domaine Larochette-Manciat à Chaintré

Robe : jaune clair très brillant.
Nez : net et très fin, il s’ouvre sur des arômes typiques de craie humide et de citron frais complétés par de fines notes d’herbes aromatiques et une touche lactée très agréable.
Bouche : l’équilibre est bien sec avec une attaque vive et franche, un gras sensible mais qui reste délicat et une superbe finale longuement aromatique qui laisse persister une palette fruitée (pamplemousse) et balsamique.
Cette cuvée élevée en barriques, d’’ordinaire un peu trop planchue à mon goût, se révèle aujourd’hui de la plus belle manière qui soit avec un équilibre sec, une matière élégante et fruitée soutenue par une présence boisée parfaitement intégrée et une acidité verticale de grande classe. MIAM !

 

 

Riesling G.C. Pfingstberg-Paradis 2008 – Domaine F. Schmitt à Orschwihr

Robe : jaune clair très brillant.
Nez : réservé et complexe, il a besoin de temps pour livrer une palette classique et très élégante sur le pamplemousse, le citron vert puis la mandarine…sur un fond minéral très présent (pierre chaude, nuances terpéniques)
Bouche : la matière est charnue et solidement tendue par une trame acide puissante mais parfaitement mûre, l’aromatique fruitée complétée par une touche de poivre blanc s’épanouit et s’étire vers une finale citronnée et très minérale qi laisse le palais frais et dispos.
Issu d’une parcelle de vieilles vignes située dans le cœur du Grand Cru, ce riesling commence à sortir de sa réserve sans se livrer pleinement. La bouche avec sa matière noble et racée et sa droiture cistercienne porte la marque d’un très grand vin au potentiel de garde exceptionnel. A revoir dans 5 ans peut-être…


VDP du Mont Baudile La Syrah de Pey Cherres 2007 – Supply-Royer à Arboras

Robe : sombre, presque noir, avec une fine frange grenat.
Nez : complexe et assez intense moyenne, il présente une palette bien mûre sur la cerise à l’eau de vie avec une touche épicée (muscade) et de fines notes d’herbes aromatiques (thym, encens).
Bouche : l’attaque est assez vive avec une pointe acide très tonique, la matière charnue enveloppe des tanins drus mais très soyeux, la finale est longue mais encore un peu trop chaude à mon goût.
Riche et expressive cette cuvée 100% syrah respire exhale la générosité languedocienne avec beaucoup de charme et de spontanéité…la pointe alcooleuse en finale semble se fondre doucement et le vin commence à trouver un bel équilibre.

 

 

Coteaux du Languedoc Mas de Martin-Cuvée Cinarca 2008 – C. Mocci à Saint Bauzille de Montmel

Robe : sombre et dense avec une frange rubis.
Nez : riche, généreux mais très élégant, on y reconnaît la cerise confite et les épices avec une touche fumée et légèrement balsamique.
Bouche : suave et charnue avec un toucher onctueux et une finale finement acidulée qui laisse persister un long sillage balsamique et finement poivré.
Issue du terroir des Grès de Montpellier, la cuvée Cinarca réalisée à partir de 80% de grenache et 20% de syrah a été élevée pour moitié en fûts et pour moitié en foudres. Un peu virulent dans sa prime jeunesse, ce vin rouge languedocien commence sa phase de plénitude en nous régalant avec une palette raffinée et une matière riche et gourmande. MIAM !


VDP de l’Hérault Mas de Daumas Gassac rouge 2004 – A. Guibert à Aniane

Robe : rubis foncé, assez compact, avec une frange grenat légèrement brunissante.
Nez : discret mais complexe, il évoluera favorablement sur deux jours avec des notes réglissées, fumées et végétales (herbe fraîche, menthe verte) le premier soir et un fruité qui se montre davantage le lendemain (mûre, cassis) enrichi par des nuances balsamiques très nobles.
Bouche : la matière se montre charnue et équilibrée dès l’ouverture, l’ensemble est bien frais avec une acidité bien présente et une trame tannique qui se patine agréablement après un jour d’ouverture, la finale est nette parée d’une fine amertume et laissant persister un sillage de longueur acceptable sur les fruits noirs et les herbes aromatiques.
Même si son expression aromatique et la tonicité de sa structure sont quelque peu atypiques pour la région, ce vin rouge me séduit par sa belle complexité et son équilibre très digeste qui lui confèrent un caractère gastronomique bien marqué. Au risque de raviver une polémique récurrente sur la toile, je reste un adepte de cette maison que je visite presque chaque année avec plaisir, en général juste avant d’aller rencontrer les Supply-Royer, une sorte de grand écart que je fais encore très facilement malgré mon grand âge…d’ailleurs, j’y vais bientôt, youpi !

 

2013 0108

Eguisheim vue du coteau est de l'Eichbergen en mars

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 21:09

Barmes-Buecher 0125

 

Située à Wettolsheim, un village aux portes de Colmar, la maison Barmès-Buecher organise une journée portes ouvertes au domaine…quel meilleur moyen pour oublier l’ambiance un peu tristounette de ce dimanche de mars avec cet hiver alsacien qui s’éternise !

 

Barmes-Buecher 0124

Wettolsheim au pied du coteau du Hengst…et en plus il y a un peu de soleil !

 

Sous les voûtes du superbe chai que François Barmès a fait édifier en 2000, Geneviève la patronne, sa fille Sophie et son fils Maxime, secondés par quelques amis reçoivent leur clientèle particulière pour leur faire goûter une très belle sélection de bouteilles.
 

 

Barmes-Buecher 0127

La cave vue du haut de l’escalier.

 

La cave est organisée en 5 tables thématiques illustrées par quelques pépites produites au domaine durant ces dernières années : la première table est consacrée au pinot gris, la deuxième au riesling GC Hengst, la troisième au gewurztraminer GC Steingrubler, la quatrième au gewurztraminer GC Pfersigberg et la dernière aux cuvées moelleuses…et pour ceux qui n’auront pas trouvé leur bonheur sous terre, il y a la possibilité de remonter en surface dans le caveau de dégustation pour découvrir les autres références proposées sur le tarif actuel du domaine.
J’ai connu pire programme pour un dimanche après-midi d’hiver !

 

Barmes-Buecher 0129

La cinquième table et le petit coin restauration sur la droite…tout ce qu’il faut pour se régaler !
 

Table 1 :
Pinot gris Herrenweg 2005 : le nez est flatteur et très mûr avec des notes de miel, de sucre d’orge sur un fruité délicat, la bouche est ample et généreuse avec une aromatique dominée par le raisin sec, la finale est franche et nette mais la longueur reste assez modeste.
Pinot gris Pfleck 2005 : le nez est beaucoup plus réservé, une touche de fruits jaunes mûrs complétés par quelques nuances plus pierreuses, la bouche est élégante et bien droite avec une fine minéralité qui pose son empreinte sur la finale.
Sur ces deux pinots gris arrivés à pleine maturité le terroir ressort avec beaucoup de force : composé essentiellement de graves dans le cône de déjection de la Fecht, le Herrenweg a engendré un vin très charmeur par sa richesse et son opulence, alors que le coteau limono-calcaire du Pfleck a fait passer l’expression variétale du cépage au second plan en imprimant une belle marque minérale au vin.
En tous cas, voilà deux cuvées qui exposent clairement l’esprit des vins de la maison Barmès-Buecher : des matières gourmandes, des équilibres bien digestes et des expressions authentiques des différents terroirs.

Table 2 :
Riesling Grand Cru Hengst 2007 : le nez est vif et précis sur le citron confit, l’ananas frais sur un fond minéral très noble, la bouche est généreuse, bien fruitée avec une trame acide tendre mais bien présente, la finale est tenue par une belle minéralité et un retour acidulé bien frais.
Riesling Grand Cru Hengst 2008 : l’aromatique est vive et « claquante » sur le pamplemousse et les zestes d’agrumes, en bouche l’attaque est vive avec une acidité bien large, une trame minérale crayeuse, très tactile et une grande longueur aromatique.
Riesling Grand Cru Hengst 2009 : le nez est encore très réservé avec une palette discrète sur le citron frais et les herbes aromatiques, la bouche est très ample et charnue avec un équilibre sec et une finale de haute tenue où on décèle une petite touche épicée.

 

Barmes-Buecher 0137

 

Je ne connais le Hengst qu’à travers la dégustation de quelques rieslings du domaine Josmeyer mais j’ai comme l’impression que ce terroir marno-calcaire exprime assez puissamment l’influence du millésime sur la personnalité des vins : acidité noble et tendue pour le vin de 2008 et générosité pour les deux autres, avec un côté encore un peu jeune pour le 2009 et une patine plus raffinée pour le 2007. En tous cas, comme pour les pinots gris de la première table, ces 3 vins laissent une belle sensation d’équilibre et de finesse…de la belle ouvrage, bravo !

 

Barmes-Buecher 0135

Le coteau du Hengst au sortir de l’hiver
 

Table 3 :
Gewurztraminer Grand Cru Steingrubler 2004 : le nez est élégant et flatteur sur la rose et la guimauve, la bouche est svelte et aérienne avec une finale bien longue à qui une petite amertume apporte un côté sapide et digeste.
Gewurztraminer Grand Cru Steingrubler 2005 : le nez riche et complexe révèle un fruité bien mûr et quelques notes épicées, en bouche, la matière est opulente, avec un joli volume et une finale longue, finement poivrée avec une pointe acidulée très agréable.
Gewurztraminer Grand Cru Steingrubler 2006 : le nez est complexe sur les fruits blancs presque confits et de délicates notes florales, la bouche est avenante mais manque de corps et de structure, la finale révèle un côté sous bois assez disgracieux.
Le terroir complexe du Steingrubler (marno-calcaire sur arène granitique) a généré 3 gewurztraminer fortement typés : le 2004 étonnant de pureté est une friandise de très grande classe, le 2005 semble arrivé à sa pleine maturité et nous régale avec sa matière gourmande, sapide et son aromatique très épanouie, le 2006 se trouve un cran en dessous des deux autres avec une présence un peu vacillante en bouche et une finale où on détecte la marque d’un millésime difficile

Comme j’ai l’intention de déguster quelques cuvées en surface et que le temps commence à manquer, je me vois dans l’obligation d’écouter mon passage en cave en choisissant de goûter un seul vin sur les deux tables restantes.

Table 4 :
Gewurztraminer Grand Cru Pfersigberg 2005 : le nez est délicat et complexe avec des arômes de fleurs et de miel, la bouche possède un volume conséquent avec une rondeur fort agréable et une finale élégante où pointent de fines notes minérales.
A l’instar du Steingrubler, ce Pfersigberg 2005 semble avoir atteint son pic de forme avec une matière très épanouie et belle trame minérale qui soutient l’ensemble. Mature sans aucun doute, mais encore très loin du déclin…Belle bouteille !

 

Table 5 :
Gewurztraminer Wintzenheim-Cuvée Maxime 2006 : le nez est assez discret mais d’une belle complexité avec des notes de fruits exotiques bien mûrs et de délicates évocations d’épices douces, la bouche possède une rondeur avenante mais reste légère et digeste grâce à une profonde salinité qui tient longuement la finale.

 

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Issu d’une vigne se trouvant sur un coteau tout près de la maison Barmès-Buecher ce gewurztraminer récolté avec une maturité proche d’une SGN allie richesse et structure saline dans un équilibre très digeste…MIAM !

 

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La parcelle de gewurztraminer où est née la cuvée Maxime, juste derrière le domaine mais déjà sur le ban viticole de Wintzenheim

 

Avant de remonter vers le caveau, je m’octroie un petit arrêt au coin restauration pour me refaire le palais avec un morceau de pain de campagne et quelques fines tranches de Serrano…il n’y a pas à dire, nos hôtes vignerons ont pensé à tout !


Sur le tarif actuel du domaine qui comporte une bonne vingtaine de références, il n’y a pas mal de cuvées qui attisent ma curiosité mais avec l’heure de mon retour obligé vers Strasbourg qui approche, je me vois contraint de limiter ma dégustation complémentaire à 3 vins :

Pinot Noir Réserve 2011 : le nez est flatteur avec un registre très expressif sur la cerise bigarreau et le noyau, la bouche est d’une rondeur agréable soutenue par une jolie structure, la finale nette et précise laisse persister une rémanence fruitée très gourmande.
Pinot Noir Vieilles Vignes 2008 : la robe est rouge clair avec un léger trouble mais le nez est pur, raffiné et très complexe (fruits rouges bien mûrs, noyau de cerise, épices douces…), la bouche est ample, volumineuse et bien concentrée avec une trame tannique souple et une finale fraîche, délicatement acidulée et longuement aromatique.

 

Barmes-Buecher 0132

 

Voilà deux pinots noirs de très belle facture qui ne m’ont fait rapidement oublier que j’ai été contraint d’écourter ma dégustation en cave. Gorgé de fruit et caressant en bouche le Réserve 2011 est une friandise dotée d’un pouvoir de séduction immédiat.
La cuvée Vieilles Vignes porte indiscutablement la marque d’un très grand vin rouge : récoltée sur le coteau du Hengst et vinifiée à la bourguignonne (fermentation et élevage 24 mois en barriques) elle nous transporte immédiatement vers les crus de la Côte de Nuits…MIAM !
A quand le classement du Pinot Noir Hengst en Grand Cru ?


Muscat Ottonel 2011 : le nez est délicat avec de belles notes de raisin frais et de fleurs (sureau, rose), malgré un équilibre bien sec, la bouche reste douce et suave et laisse s’épanouir les arômes fruités et floraux repérés à l’olfaction, la finale est agréable, assez longue et très sapide.

 

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J’aime beaucoup le style très direct et l’authenticité de l’expression de ce muscat 100% ottonel, frais, léger et aromatique…classique mais parfaitement réussi. MIAM !

Pour conclure :

- Durant un bon quart de siècle, à force de travail et d’exigence, François Barmès a fait évoluer son exploitation viticole, pour la hisser au rang des domaines qui comptent dans le vignoble alsacien.
Après le décès accidentel de François Barmès en 2011, c’est son épouse et les deux enfants du couple qui assument la gestion du domaine en travaillant dur pour perpétuer la tradition d’excellence des vins estampillés Barmès-Buecher.

- Lors de cette journée « Portes Ouvertes » j’ai beaucoup apprécié le sens de l’organisation et la qualité de l’accueil de cette famille vigneronne et, bien évidemment, j’ai été conquis par la belle tenue des différents vins dégustés.
En biodynamie sur l’ensemble du domaine (16 hectares) depuis 1998, le domaine Barmès-Buecher produit des vins expressifs et purs qui laissent parler leur terroir et leur millésime avec beaucoup de sincérité : les 3 riesling Hengst et les 3 gewurztraminer Steingrubler illustrent bien cette philosophie.

- Parmi les vins marquants je citerai les Hengst 2007 et 2008, le premier pour son expression pleine et gourmande et le second pour la beauté de sa trame minérale, sans oublier la rencontre avec le pinot noir 2008…un très grand vin rouge, tout simplement !

 

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- Mille mercis pour ce beau moment vinique et bonne chance pour les futurs millésimes…que suivrai bien sûr avec le plus grand intérêt.

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 18:00


Cette troisième réunion 2013 de notre club A.O.C. se situe dans la continuité de la précédente en proposant la dégustation de la production d’un domaine du sud de la France et la découverte d’un vignoble étranger à travers quelques flacons emblématiques.
Ce soir, les 13 convives sont invités à se régaler (ou non…) avec 16 flacons choisis pour illustrer les deux thèmes suivants :

1. Les vins d’Ardèche selon Jérôme Mazel

2. Les grands vins blancs autrichiens.

Suite à la présentation d’une cuvée du domaine Mazel lors d’une session A.O.C. consacrée aux rouges d’Ardèche, certains membres ont émis le souhait d’approfondir la visite gustative de la production de ce petit domaine de Pradons. J’ai donc profité de mon séjour estival en Ardèche pour préparer une série presque exhaustive des vins estampillés Jérôme Mazel.
Après une série de vins rouges autrichiens proposée lors d’une autre réunion A.O.C., il m’a semblé nécessaire de compléter la visite de ce pays viticole assez méconnu (surtout en France d’ailleurs…) par la dégustation de quelques pépites blanches nées sur les rives du Danube. Mon récent séjour en Autriche m’a permis de passer chez un grand caviste (Vinoribis à Kampl près d’Innsbruck) pour acheter une sélection de bouteilles suivant les précieux conseils de François, notre spécialiste en vins étrangers.

 

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Le repaire A.O.C. est prêt pour la soirée…

 

Les blancs ont été débouchés juste avant la dégustation et servis 2 par 2.
Les rouges ont été débouchés, carafés et remis en bouteille le matin et servis 2 par 2 le soir.
Les vins des deux séries sont dégustés bouteilles découvertes.

Verres Spiegelau Expert
 

 

 

Soirée Club AOC du 8 mars 2013 à La Wantzenau


Petite bulle préliminaire : Crémant Millésime 2003 – Domaine Bohn à Reichsfeld

 

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Ce crémant qui a passé 9 années sur lattes développe une palette incroyablement complexe qui allie une fine touche oxydative avec des notes de fruits jaunes bien mûrs, de fleurs de printemps, d’épices douces…en bouche la mousse est fine et crémeuse, la matière très vineuse soutient un sillage aromatique très persistant.


Thème 1 : les belles cuvées ardéchoises de Jérôme


Ribambelle 2011 : le nez est net mais assez discret, la bouche est très aérienne et bien glissante avec un fruit un peu plus expressif, la finale est délicatement acidulée.
(13° - assemblage de cépages locaux)
Nature 2011 : à l’ouverture le nez est très marqué par de puissantes notes de zan et par une touche végétale qui manque d’élégance, la bouche est bien équilibrée, le fruit se montre très timidement mais l’aromatique manque quand même de netteté, la finale est marquée par une amertume un peu trop prononcée.
(13°5 – assemblage de cépages locaux – travaillé sans SO2)

 

2013 0084

 

La cuvée de rosé qui a arrosé copieusement nos agapes estivales 2012 a fait preuve de beaucoup de retenue ce soir : le vin est agréable, bien fait, gouleyant à souhait mais le fruité est resté beaucoup trop discret à mon goût.
Comme on pouvait s’y attendre, le vin « expérimental » de Jérôme n’a pas manqué de susciter la polémique mais il faut reconnaitre qu’il s’est montré peu à son avantage à l’ouverture. C’est le seul rouge que je n’avais pas ouvert le matin…erreur fatale, car après deux heures de carafe ce vin a vraiment pris son envol en exprimant un fruit très gourmand et en flattant le palais avec sa texture juteuse et détendue. Dommage pour ceux qui n’ont pas pris le temps de regoûter !

 

 

Cœur de Pierre 2011 : le nez s’ouvre sur des notes un peu alcooleuses avant de laisser apparaître de jolis arômes de petits fruits rouges, la bouche est assez riche mais garde une fraîcheur agréable, la fine trame tannique et une acidité bien fraîche portent la structure avec beaucoup d’aisance.
(14°5 – assemblage grenache-merlot)
Magie Noire 2011 : le nez très élégant allie des notes de torréfaction avec une palette fruitée discrète (fruits noirs, mûre, myrtille), la matière est riche et dense avec un toucher très grenu mais l’équilibre reste très gourmand, la finale est longue, fruitée et légèrement épicée.
(14° – 100% syrah)

 

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Ces deux rouges de 2011 se caractérisent par des matières assez dodues soutenues par de belles trames tanniques. Cœur de Pierre est encore un poil marqué par l’alcool mais la cuvée 100¨% syrah est pleinement réussie.
Déjà repérée pour sa belle tenue lors de notre dégustation estivale, la Magie Noire 2011 du domaine Mazel nous a véritablement ensorcelés ce soir.

 

 

Cœur de Pierre 2010 : le nez est intense et s’ouvre sur quelques notes de vernis avant de partir sur une belle palette fruitée, en bouche la chair est généreuse et gourmande, la charpente est solide et la finale encore un peu chaleureuse laisse s’épanouir un très beau fruité.
(14°5 – assemblage grenache-merlot).
Corps et Ame 2010 : le nez est puissant avec une palette complexe sur les fruits noirs, la feuille de cassis et les épices, en bouche l’équilibre est frais et tonique, la matière tannique est fine mais présente, la finale délicatement épicée est très franche et d’une belle fraîcheur
(14° – assemblage grenache-syrah).

 

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Avec un an de vieillissement supplémentaire et un millésime un peu plus frais, Cœur de Pierre commence à montrer sa vraie personnalité mais on sent qu’un peu de garde supplémentaire lui permettra de trouver une patine encore plus élégante.
J’avoue que je n’apprécie pas toujours la cuvée Corps et Ame lorsque je la déguste au domaine mais ce soir de nombreux dégustateurs ont été séduits par la finesse de l’aromatique et la fraîcheur de ce vin.


Alter Ego 2010 : le nez s’exprime avec retenue et distinction sur la croûte de pain, les fruits blancs avant de développer de très belles notes florales (après oxygénation), en bouche la matière est concentrée mais bien équilibrée, l’équilibre est vif et la finale légèrement marquée par le bois reste cependant très digeste.
(14° - 100% chardonnay)
Odyssée 2011 : le nez est étonnamment discret avec une palette classique sur l’abricot et les fleurs (violette, mauve), la bouche est très aérienne  avec une matière fine et bien glissante mais la finale montre déjà des signes de faiblesse…courte et fluette.
(14° - 100% viognier)

 

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Avec les deux blancs secs du domaine (Jérôme Mazel produit encore un viognier moelleux que je n’ai pas inclus dans cette série), c’est de nouveau le monde à l’envers pour moi : le chardonnay que je trouve trop gras et trop boisé en été se présente ce soir avec un équilibre fin et subtil qui me convient parfaitement alors que le viognier très explosif sous le soleil de juillet fait un peu grise mine dans l’hiver alsacien…Etonnant !

 

 

Pour conclure :

- Après les vins provençaux de janvier et ceux du pays des Dentelles en février cette série ardéchoise marque notre troisième incursion successive dans les vignobles sudistes…autant dire que certains palais locaux habitués à des breuvages tranchants comme des lames ont été mis à rude épreuve.
Mais les braves du club A.O.C. n’ont peur de rien !

- Jérôme Mazel fait partie de ces jeunes vignerons ardéchois qui ont fait le choix courageux de l’exigence qualitative dans la conception de leurs cuvées. Il a sélectionné les plus belles parcelles sur les hauteurs de Pradons pour les travailler avec un soin particulier afin qu’elles expriment au mieux leur potentiel. Découverts il y a quelques années, grâce aux conseils éclairés d’un ami œnophile de Vallon Pont d’Arc, les vins du domaine Mazel évoluent année après année en gagnant finesse et précision notamment au niveau des élevages. A suivre bien évidemment !

- Les vins rouges de ce soir se caractérisent par des trames tanniques présentes mais un peu moins sauvages que celles des provençaux de janvier, par une richesse évidente des jus mais sans cette chaleur excessive ressentie sur les cuvées des Beaumes de Venise de février.
Seule la cuvée nature n’a pas été appréciée à sa juste valeur…faute de préparation adéquate. Une fois de plus, mea culpa : plus que tout autre, ce vin aurait du être carafé.
Même s’ils ont un peu dérouté les dégustateurs qui connaissaient un peu les vins de Jérôme, les blancs ont été appréciés pour leur côté léger et facile d’accès.

- Le coup de cœur revient à Magie Noire 2011, réussite majeure sur ce millésime. Bravo Jérôme !

 

 

 

 

Thème 2 : au bord du Danube valsent de jolis vins blancs


Cette série de blancs nous emmène en Basse-Autriche, dans une grande région viticole située à l’ouest de Vienne sur les rives du Danube. C’est dans ce vignoble que les cépages Grüner Veltliner et Riesling engendrent de très grands vins blancs grâce au travail de quelques domaines mondialement connus et reconnus.
Notre voyage gustatif nous emmènera principalement dans la sous-région de Wachau où sont conçues quelques unes des références les plus prestigieuses du pays.

 

Scan

C’est plus simple avec une carte et des couleurs…

 

La première paire de vins est issue du cépage emblématique de l’Autriche, le Grüner Veltliner qui occupe un bon tiers de la surface viticole du pays.
Dans le Wachau les vins sont classifiés en fonction de leur degré alcoolique et de leur grammage en sucre résiduel. On distingue 3 catégories :
- les Steinfelder : vin léger et sec titrant autour de 11° d’alcool
- les Federspiel : vin sec titrant autour de 12°5 d’alcool et avec moins de 4 g/l de SR.
- les Smaragd : vin sec titrant 13° et plus d’alcool et avec moins de 8 g/l de SR.

Gruner Veltliner Donaugarten Steinfelder 2010 – Weingut F. Hirtzberger à Spitz : le nez est ouvert et très expressif sur les fruits bien mûrs (agrumes, ananas, fraise des bois…) avec une petite touche vanillée, la bouche est très gourmande avec un léger perlant qui apporte du tonus à une matière juteuse et fruitée, la finale est assez courte mais très digeste.
Gruner Veltliner Loibenberg Federspiel 2010 – Domäne Wachau à Dürnstein : le nez est frais et bien aromatique sur les agrumes (citron, pomelo), la bouche est vive et pointue avec un joli développement aromatique sur les zestes d’agrumes, la finale est légère mais très franche avec une discrète touche épicée.

 

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Le Steinfelder, issu d’une vigne trentenaire située au bord du fleuve sur un terroir alluvionnaire (« Donaugarten » se traduit par « Jardin du Danube ») est un régal de fraîcheur et de fruit. Le Federspiel qui provient de vignes situées en altitude (420 m) sur un terroir de gneiss, mica, loess et argile montre une personnalité plus raffinée et plus racée tout en restant très accessible.
En tous cas voilà une série qui commence bien !


Pour la seconde paire de vins nous retrouvons avec plaisir un cépage familier, « notre » Riesling, sur le dernier millésime mais originaire de deux sous-régions distinctes mais voisines : Wachau et Kamptal.

Riesling 1000-Eimer-Berg Federspiel 2011 – Domäne Wachau à Dürnstein : le nez est élégant, citronné et finement floral, la bouche possède une silhouette svelte, l’aromatique s’épanouit avec de belles notes de fruits à noyau, l’acidité est fine mais bien présente, la finale est d’une jolie fraîcheur mais souffre d’un léger manque de profondeur.
Riesling Heiligenstein Erste Lage 2011 – Weingut P. Dolle à Strass im Strassertale : le nez possède révèle une palette très classique sur la fleur d’oranger et les zestes d’agrumes complétées par des notes pierreuses, la bouche est ample, dense et très charnue, l’acidité est noble et mûre et la longueur finale est considérable.

 

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Le riesling de Wachau qui vient d’un coteau très pentu et pierreux (gneiss) flatte les sens par sa palette gourmande et son côté avenant en bouche, celui du Kamptal est nettement plus minéral et plus profond…peut-être plus proche d’un riesling alsacien. En tous cas, malgré une vraie différence de style ces deux vins se caractérisent surtout par leur excellent niveau qualitatif. Sehr schön !!!

 

 

Les deux derniers couples seront mixtes : un Grüner Veltliner face à un Riesling.

Gruner Veltliner Hohenberg 2011 – Weingut J. Ehmoser à Tiefental : le nez fin et délicat propose une palette complexe sur les fruits blancs et les fleurs, la bouche est élégante et racée avec une balance parfaite entre richesse (14°- 4,5 g/l de SR) et acidité (5,4 g/l), la finale est longuement aromatique et finement épicée.
Riesling Ried-Loibenberg Federspiel Lage 2011 – Weingut E. Knoll à Unterloiben : très nez est plus riche et bien mûr avec des notes d’agrumes, de fruits exotiques et de citronnelle, la bouche est puissante avec une matière dense et une acidité souple mais très profonde, la finale est longue, saline et légèrement fumée.

 

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Issus tous deux du millésime 2011 ces deux vins assument avec beaucoup de classe leur côté très généreux mais les équilibres sont absolument sublimes et leurs potentiels d’évolution sont incontestables. Absolument superbes !
Le Grüner Veltliner provient de la sous-région de Wagram située à l’est du Kamptal. Récolté sur une parcelle de vignes de 35 ans sur un terroir de loess avec un rendement de 40hl/ha, ce vin blanc a fait l’unanimité autour de la table.
Avec son étiquette improbable la cuvée de la maison Knoll a également été plébiscitée : originaire de la sous-région de Wachau, ce vin nous fait entrer dans le monde des très grands rieslings. Double MIAM géant !

 


Gruner Veltliner Urgestein Terrassen Smaragd 2008 – Weingut F.X. Pichler à Oberloiben : après quelques notes de réduction à l’ouverture, la palette olfactive se déploie tout en finesse avec des notes citronnées, fumées et légèrement tourbées, la bouche est splendide avec une silhouette svelte et déliée, un équilibre évident et une texture soyeuse et bien glissante, la finale très franche est longuement aromatique.
Riesling Kellerberg Smaragd 2011 – Weingut F.X. Pichler à Oberloiben : le nez est riche, mûr et très complexe avec des arômes de citron confit, ananas, d’épices douces sur un fond légèrement minéral, la bouche est ample, profonde avec un équilibre généreux et une aromatique qui envahit le palais pour le monopoliser pendant de longues minutes, la finale est énorme avec des notes fruitées et finement iodées.

 

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Cette série se termine en apothéose avec ces deux cartouches de très gros calibre issues de la production de la maison Pichler, domaine désigné comme étant le meilleur d’Autriche par Robert Parker…rien que ça !
Sur des parcelles très caillouteuses (granit, gneiss et schistes), celui que les œnophiles locaux appellent simplement « Ef-ix », réalise des cuvées exceptionnelles avec une régularité de métronome.
Dégusté dans sa prime jeunesse le riesling nous a bluffés par sa puissance et sa classe alors que le Grüner Veltliner nous a donné une petite idée de la personnalité racée et minérale que le vieillissement révélait sur les vins issus de ce cépage.
Très grande émotion !

 


Pour conclure :

- Après un premier contact réalisé lors d’une session AOC et la découverte du domaine Pichler avec le sommelier de notre hôtel de la vallée du Stubaï, cette session consacrée aux grands vins blancs autrichiens a confirmé qu’on trouve des vins d’exception en Autriche.
Ce constat est moins surprenant lorsqu’on sait que l’histoire de la viticulture autrichienne est au moins aussi ancienne que celle de notre pays : les Celtes avaient introduit la vigne en Autriche bien avant l’arrivée des Romains, Charlemagne lui-même s’est intéressé à ces vins en édictant une règlementation spécifique pour la viticulture et en 1526 on produisait déjà des Trockenbeerenauslesen dans ce pays…

- La Basse Autriche est une terre bénite pour les cépages blancs comme le Grüner Veltliner ou le Riesling et les villages qui bordent les méandres danubiens regorgent de domaines viticoles dont la réputation a déjà largement dépassé les frontières nationales…mais c’est vrai que ces vins peinent à pénétrer le marché hexagonal et sont donc assez méconnus par la sphère œnophile française.

 

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Paysage viticole du Wachau…joli non !
 

- la série de 8 flacons a marqué les esprits par leur grande homogénéité qualitative : des vins équilibrés, purs et souvent très gourmands qui témoignent d’une maîtrise technique de très haut niveau à la vigne et dans la cave…vivement les prochaines vacances de ski que je refasse le plein !

- Pour le coup de cœur, je mettrai hors concours les deux cuvées de Pichler, excellentissimes mais avec rapport Q/P pas très avantageux du fait de leur tarif très élevé (23 euros le GV 2008 et 53 euros le R 2011)…l’effet Parker sans doute !
Par contre, le Grüner Veltliner 2011 d’Ehmoser à 10,80 euros est un véritable cadeau et le Riesling 2011 de Knoll à 17,80 mérite de garnir les rayonnages de la cave de tout amateur de grands vins blancs secs (malgré l’étiquette… !).

- Evidemment, nous n’en resterons pas là…car dès la fin de la réunion, l’idée d’un prochain thème à vu le jour : match de riesling Alsace/Autriche…rendez-vous en 2014 !

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 14:32



Des obligations familiales m’ayant conduit du côté du sud de l’Alsace je n’ai pas résisté à l’envie de faire une petite halte sur la route des vins pour faire quelques photos et saluer l’un ou l’autre vigneron.
Comme je savais qu’entre Thann et Colmar l’offre d’escapades viniques était vraiment pléthorique, je suis parti de Strasbourg avec déjà une petite idée derrière la tête qui m’a conduit à programmer mon escapade œnophile du côté d’Eguisheim.
La cité du Pape alsacien, que j’ai visitée à plusieurs reprises en 2012 garde toujours pour moi un fort pouvoir d’attraction…c’est parti pour une petite séquence photo sur l’Eichberg, une prise de contact avec Michel Gingliger (Domaine Paul Ginglinger), un nouveau passage sur le Pfersigberg pour voir l’évolution du Clos Lucas conçu par Christian Beyer (Domaine Emile Beyer) et une rapide visite chez ce dernier vigneron afin de récupérer les quelques bouteilles de riesling Grand Cru Pfersigberg 2010 réservées l’année passée.

eguisheimEguisheim vu d’en haut…on ne s’en lasse pas (merci gogol earth)


Avec une météo assez terne et une carte du vignoble qui manque cruellement de précision je suis rapidement contraint d’abandonner mon projet de prises de vues sur le second Grand Cru d’Eguisheim…je reviendrai faires des photos de l’Eichberg sous le soleil !

 

2013 0067Au dessus de l’Eichberg, le village de Husseren les Châteaux dans les nuages

 

 

Malgré la faible luminosité ambiante je décide quand même d’aller faire une tour sur le Pfersigberg voisin pour voir comment a évolué le Clos Lucas depuis ma dernière visite.
Je suis content de constater que le projet de Chistian Beyer a bien avancé : le portail est en place, les délimitations du clos sont nettement dessinées et les jeunes vignes semblent aller pour le mieux au sortir d’un hiver assez rigoureux.
Tout est mis en œuvre pour que, sur ce coteau calcaire aux pentes régulières exposées au sud situé dans le secteur nord du Grand Cru, ce nouveau clos alsacien nous offrira quelques très grandes cuvées…Patience !

 

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Le portail est en place…

 

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…les jeunes vignes se portent bien…

 

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…et les murets de pierres sèches qui étayent les terrassent sont splendides.

 

De retour dans les rues de la vieille ville, où il fait bon se promener, même en hiver, je m’arrête quelques minutes dans le caveau du domaine Paul Ginglinger, histoire de saluer Michel Ginglinger qui me servira de guide dans mon futur travail sur le Grand Cru Eichberg.
Ce jeune vigneron semble particulièrement intéressé par les terroirs d’Eguisheim… c’est tout bon pour moi, vivement notre prochaine rencontre.

A quelques pas du domaine Ginglinger se trouve la maison Emile Beyer avec son caveau flambant neuf, clair, moderne et très accueillant…voilà une restructuration particulièrement réussie !
Comme mes rieslings sont encore stockés dans la nouvelle cave située à la périphérie du village, Christian Beyer me propose de le rejoindre sur place pour « goûter quelques trucs ».
Je ne dispose pas de beaucoup de temps et je n’ai pas de quoi prendre des notes (c’est le problème avec les visites improvisées…) mais les trois vins dégustés en cours d’élevage en cuves inox sont pleins de belles promesses :

Pinot gris Hostellerie 2012 : pur et discret au nez ce vin se montre parfaitement sec en bouche avec du gras du volume et une jolie minéralité en finale.
Sur cette cuvée, Christian Beyer a cherché une expression épurée et droite du pinot gris…personnellement je partage pleinement ce choix car je suis de plus en plus convaincu que ce cépage peut engendrer de grands vins secs en Alsace.
Il ne reste plus qu’à changer les repères d’une clientèle habituée à goûter des pinots gris demi-secs ou moelleux…vaste chantier en perspective !

Riesling Grand Cru Pfersigberg 2012 : l’aromatique est assez fermée avec un fruité très léger et des notes de craie humide déjà bien sensibles, la bouche est verticale avec un équilibre très frais et une finale tendue et minérale.
Riesling Grand Cru Pfersigberg 2011 : le nez est fin et suave avec une expression fruitée qui s’ébauche doucement et toujours ces notes crayeuses en fond, la bouche est assez proche de celle du 2012 avec une charpente acide ciselée et une matière élégante mais très droite.
Le choix de l’équilibre sec exprimé dans la conception du pinot gris se confirme sur ces deux jeunes rieslings : que ce soit le premier qui vient d’être filtré récemment ou le second qui va être mis en bouteilles prochainement, ces Grands Crus affirment fièrement leur style : un équilibre tonique, un caractère épuré mais une race évidente…deux belles cartouches !

 

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De retour at home, je ne résiste pas au plaisir de déboucher un Riesling Pfersigberg 2010, histoire de compléter mon tiercé de Grands Crus : la robe d’un jaune éclatant annonce la couleur…attention les papilles ! Le nez franc et précis livre une palette classique mais parfaitement définie sur les agrumes (citron, mandarine) avec un fond crayeux et finement balsamique, en bouche, après une attaque vive et pointue, l’acidité très large glisse sur les bords de la langue et structure une matière assez riche, le fruité citronné est très pur et la finale longue et salivante distille de fines notes minérales.
Que dire de plus ? Plein de fougue et d’énergie positive, malgré sa jeunesse, ce 2010 est déjà très grand !
Malheureusement la cuvée est très rare (elle risque d’être épuisée avant d’apparaître sur le tarif du domaine) ceci dit, les millésimes suivants s’annoncent tout aussi réussis…avis aux amateurs !

Malgré ce triste hiver qui n’en finit pas, je me suis régalé en me promenant dans le vignoble alsacien : à l’ombre des trois châteaux perdus dans la brume, les coteaux de l’Eichberg et du Pfersigberg possèdent un charme indéniable et l’enroulement des rues de la vieille ville d’Egusiheim garde sa magie même dans la grisaille.
Les quelques vins dégustés au domaine Emile Beyer se sont montrés particulièrement fins et racés et Michel Ginglinger m’a confirmé qu’il était prêt à m’aider dans le décryptage des mystères de l’EIchberg…qui a dit qu’il faisait froid en Alsace !

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 22:12


Après une bonne journée dans la poudreuse nous avons pour habitude de nous retrouver dans notre chambre d’hôtel pour partager un petit apéritif vinique avec des amis qui, comme nous, ont choisi de profiter de la qualité de l’offre touristique autrichienne pour réussir leurs vacances à la neige.
Dans cette ambiance cosy et conviviale, je ne suis que moyennement porté sur la prise de notes pendant la dégustation mais il y a eu 2 bouteilles qui ont mérité que je leur consacre quelques lignes.

Lumière de Feu 2004 – Domaine B. Bohn à Reichsfeld
Robe : jaune moyen avec des reflets dorés.
Nez : très discrète à l’ouverture, l’olfaction se montre de plus en plus volubile avec l’aération et nous offre un registre très complexe où on reconnaît entre autres des arômes d’agrumes mûrs, d’épices (safran, curry), de pierre à feu, de guimauve, de vanille avec une petite pointe de rancio.
Bouche : la matière s’épanouit et déploie un beau volume, rondeur agréable, toucher gras mais toujours soutenu par une acidité fraîche et finement citronnée, la finale est longuement aromatique.
(assemblage de gewurztraminer (70%), de pinot gris (20%) et de riesling (10%) élevé 5 ans sur lies sans ouillage).

 

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Je goûte toujours avec beaucoup d’intérêt ces cuvées spéciales qui nous proposent une vision du vin un peu décalée par rapport aux canons esthétiques de leur appellation. Certain me déçoivent, d’autres m’émeuvent et quelquefois je rencontre une bouteille vraiment enthousiasmante. Ce fut le cas ce soir avec cette « Lumière de Feu » qui nous a tous littéralement éblouis.

 

 

Château Lynch-Bages 1988 - Pauillac
Robe : presque noire et très dense avec des bords purpurins à peine dégradés.
Nez : fin, discret mais offrant une palette complexe et raffinée sur les fruits noirs bien mûrs, la violette, un fumé discret et une légère touche balsamique.
Bouche : parfait dans sa balance entre la matière en demi-corps, la fine acidité et la structure tannique joliment satinée, le vin impose sa classe avec beaucoup d’aisance, la finale est fraîche, bien aromatique mais avec une longueur assez moyenne pour un grand cru.

 

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Malgré la petite réserve sur la persistance finale ce très beau Pauillac nous parle d’un temps que les dégustateurs de moins de 40 ans ne peuvent pas connaître, celui où les grands bordeaux n’avaient pas encore cédé aux chants des sirènes de la spéculation mondialisée et restaient à la portée de la bourse d’un fonctionnaire de l’E.N.
Ce Lynch Bages 88 bien ouvert qui possède une beauté et une noblesse indiscutables est encore d’une jeunesse stupéfiante mais au bout du compte il me laisse quand même un petit goût amer en travers de la gorge…

 

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Notre terrain de jeu pour évacuer les effluves viniques de la veille…mais non maman ce n’est pas du hors piste !

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Présentation

  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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