Samedi 2 juin 2012 6 02 /06 /Juin /2012 09:29

   
Comme en 2011, je me suis octroyé quelques jours de liberté pour une virée en solitaire dans les vignobles du sud de la France. Le programme de ce séjour comprend évidemment le passage obligé à Arboras chez les Supply-Royer et la halte ardéchoise pour quelques agapes dignement arrosées chez l’ami cyra, mais un voyage dans ces contrées bénies par Bacchus offre évidemment bien d’autres possibilités de visite à des amateurs curieux et assoiffés comme moi…
C’est parti !
 

 

Mas de Cynanque à Cruzy

 

 

Avec un rendez-vous programmé pour à 9 heures du matin chez l’ami Dany Jaffuel qui habite près de Béziers, j’ai troqué mon habituel point de chute camarguais contre un hôtel à Pezenas…des kilomètres en moins et du sommeil en plus !
D’ailleurs, grand bien m’en a pris car avec le programme prévu par notre spécialiste des terroirs languedociens pour cette journée, il valait mieux être bien reposé.

Grâce à un guide attentionné, pétri de culture et profondément attaché à cette région, j’ai découvert avec grand plaisir les magnifiques paysages de l’arrière-pays biterrois : j’ai été surpris par leur côté très montagneux qui par moments m’a même fait penser au massif vosgien.

 

sud-2012 0528Paysage du saint-chinianais.


Nous nous sommes arrêtés à plusieurs reprises au bord de la route pour nous délecter d’un point de vue ou pour étudier de plus près les multiples configurations géologiques entre schistes et calcaires : des vagues minérales aux couleurs parfois surprenantes…

 

sud-2012 0502L’Orb avec le village de Roquebrun à l’arrière plan.
   

 

sud-2012 0505    Volutes minérales au bord de la route.

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Vue rapprochée du substrat géologique très complexe du terroir de Saint Chinian

 

 

Habituellement on distingue deux grandes familles géologiques au niveau des terroirs de Saint Chinian : les sols à dominante schisteuse et les sols à dominante argilo-calcaire.
 

 

Après notre belle promenade dans le monde des ardoises nous entrons dans le secteur argilo-calcaire de l’appellation

Vers 11 heures nous arrivons près de Cruzy au Mas de CynanqueViolaine et Xavier de Franssu nous attendent pour nous faire visiter leur domaine.

Nous commençons par une promenade dans les vignes avec Xavier : la plupart des parcelles se situent autour de la maison.

 

 
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Dany et Xavier sur une parcelle plus calcaire située sur une petite terrasse au dessus de la maison.
 

 

En arpentant ces rangs de vignes fraîchement labourés on se rend très vite compte du particularisme du Mas de Cynanque : le grès est omniprésent dans chaque parcelle.

   
sud-2012 0519Mourvèdres, syrahs, grenaches, carignans…
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sud-2012 0519…sur camaïeu de rouge.

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Les 12 hectares de vignes presque d’un seul tenant sont travaillés dans le respect absolu des sols et de l’écosystème, les vendanges sont manuelles, les vinifications et les élevages se font dans les chais nouvellement construits.

sud-2012 0513Les nouveaux locaux professionnels du domaine.
 
sud-2012 0527Vue sur une partie du nouveau chai : dans l’attente d’un agrandissement programmé prochainement, cuves, barriques et chaîne d’embouteillage cohabitent encore un peu…

 

La dégustation a lieu dans le nouveau chai : « dans notre projet d’agrandissement nous prévoyons évidemment de réserver une place pour un caveau de dégustation…mais pour l’heure, ce sera autour d’un tonneau ».
 

 

Peu importe, après cette visite passionnante dans ces vignes que j’ai trouvées très bien tenues je suis vraiment impatient d’en goûter la production :

Cuvée Fleur de Cynanque - Saint Chinian rosé  2011 : le nez très aérien nous propose de belles notes florales, la bouche est étonnante de vinosité mais l’ensemble reste très guilleret avec une finale fraîche mais dotée d’une persistance aromatique bien longue.
Je goûte toujours les rosés avec beaucoup de circonspection mais face à cette cuvée où le cinsault règne en maître (85% complété par du grenache blanc et du grenache noir) je me laisse séduire sans résister…un très beau vin d’été que j’aurais bine envie de déguster sur un poisson grillé !

 Cuvée Fleur de Cynanque - Saint Chinian rouge 2010 : le nez est charmeur sur un registre fruité très épanoui, la bouche est corsée, dotée d’un beau volume, d’une structure tannique soyeuse et d’une finale fraîche et délicatement épicée.
Assemblage dominé par le carignan et complété par du grenache et de la syrah ce vin élevé en cuve assume son statut de vin-plaisir tout en révélant une nature riche et une typicité bien marquée.

 Tintamarre - VDP rouge 2011 : le nez s’ouvre sur des notes un peu amyliques avant de laisser pointer un fruité très fin, la bouche est généreuse et gouleyante sur une matière très juteuse.
Cette cuvée 100% cinsault et 100% cuve, non pérenne au tarif du domaine, montre que le cinsault n’est pas qu’un cépage à rosé mais qu’il peut être utilisé pour produire de très belles cuvées de rouges, simples mais vraiment très gourmandes.

 

Cuvée Plein Grès - Saint Chinian rouge 2008 : le nez est ouvert et complexe avec des notes de cacao, de grillé, de fruits noirs et d’épices, la bouche allie volume et élégance avec une acidité large, une matière charnue et une présence tannique fine mais solide qui donne une très belle tenue à la finale.
Ce premier assemblage des cépages rois au Mas de Cynanque (mourvèdre 30%, syrah 30%, grenache 30% et carignan pour le reste) dont le nom fait clairement allusion à la nature du terroir, est un séducteur absolu : une palette épanouie et joliment typée et une impeccable tenue en bouche rendent ce vin carrément irrésistible…MIAM !

 

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 Cuvée Acutum Saint Chianian rouge 2009 : le nez est très racé avec une palette sur les herbes de garrigue la réglisse et les épices, en bouche la vinosité est imposante mais un fruité pur et frais se développe peu à peu pour apporter une touche vive et très juvénile à cette belle cuvée.
Cuvée Acutum - Saint Chinian rouge 2004 : le nez fait un peu penser à celui de Plein Grès 2008 mais avec un soupçon de complexité en plus (on y trouve notamment de belles notes de fleurs et de pâte d’amande), en bouche tout n’est qu’équilibre, élégance et finesse avec une finale d’une étonnante fraîcheur…Grand vin !
Cette cuvée dominée par la syrah (65%) complétée par les 3 autres cépages du domaine (20% de mourvèdre, 10% de grenache, 10% de carignan) dont une partie a été élevée en fûts (40%) nous montre ses deux visages à travers ces deux millésimes : fougueux et un peu démonstratif dans sa jeunesse ce vin se pose et gagne en harmonie et en noblesse après quelques années de garde…Grand vin !

 

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Les trois références suivantes sont un peu des vins d’avant-garde pour ce domaine : des cuvées mono-cépage élevées 100% en barriques avec comme objectif affirmé, la recherche de l’expression maximale d’une parcelle.

Amicythia – Vin de pays 2010 : le nez est encore très discret mais d’une grande pureté, la bouche est mûre, très concentrée mais la finale se montre bien franche avec une touche de fraîcheur agréable.
Ces grenaches sur terroir calcaires ont généré une cuvée d’une puissance un peu extrême (on approche des 16°…) mais c’est le choix du vigneron « ce sont des cuvées un peu expérimentales, l’équilibre n’est pas forcément recherché… ». A l’heure actuelle, mon palais d’alsaco a quelques difficultés face à cette force brute, mais il est évident que ce vin aura besoin de vieillir un peu pour se calmer...

Carissimo – Vin de pays 2010 : le nez est expressif, complexe et très élégant avec une palette sur les fleurs et les fruits rouges mûrs, la bouche surprend par son attaque très fraîche avant de développer une matière volumineuse soutenue par une fine trame tannique, la finale redevient plus pointue et offre une longue persistance aromatique.
Cette cuvée 100% carignan sur calcaire se montre beaucoup plus accessible que la précédente et ravit nos papilles par son registre aromatique très gourmand, son équilibre tonique et sa texture superbement veloutée…MIAM !

Nominaris – Vin de pays 2009 : le nez est puissant et bien typé sud avec ses arômes de fruits noirs confits, de réglisse, d’olives et d’épices, en bouche l’attaque est puissante, la structure laisse une belle impression sphérique qui s’étire un peu en finale, le retour aromatique est bien long avec des notes réglissées et finement boisées.
Ce vin 100% syrah, élevé 2 ans en barriques me fait vraiment penser à la syrah de Pey-Cherres d’Eric Supply, tant par son registre aromatique que par sa texture en bouche (c’est un compliment !). Mais attention, malgré son accessibilité actuelle je pense qu’il faut considérer cette cuvée comme un grand vin de garde. Patience…


L’heure de l’apéritif ayant sonné depuis quelques temps, nous passons donc aux cuvées blanches produites au Mas de Cynanque :

Althea – Saint Chinian blanc 2010 : le nez est très flatteur avec des notes florales et légèrement anisées sur fond de bonbon acidulé, en bouche l’attaque est vive, et tendue, le milieu ample et gras, la finale est marquée par de belles notes d’abricot et par une forte salinité.
Althea – Saint Chinian blanc 2007 : le nez s’est libéré des notes un peu amyliques ressenties sur la cuvée 2010 pour nous régaler avec une palette florale, anisée et délicatement miellée, en bouche l’élégance est au rendez-vous, le gras reste bien présent mais l’équilibre se construit autour d’une salinité finale qui a gagné en puissance.
Assemblage de vermentino et de grenache blanc complété par un peu de grenache gris, cette cuvée allie une matière riche très sudiste et une trame saline qu’on a plutôt tendance à identifier sur des cuvées plus septentrionales…le grès peut-être ?
En tous cas, le vin jeune propose une matière très gourmande qui se déguste avec bonheur dès aujourd’hui mais la cuvée 2007 montre qu’il n’est pas inintéressant de garder quelques bouteilles pour laisser davantage parler le terroir, qui mérite largement qu’on lui donne la parole…

 

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Hesperides 2010 : le nez est intense et complexe sur les agrumes très mûrs et le miel de sapin, en bouche l’attaque est franche et bien moelleuse, le milieu développe une aromatique très « pâtissière » (citron confit, vanille, caramel, biscuit) et la finale laisse parsister des arômes d’agrumes et de tabac soutenus par une touche saline très raffinée.
Cette cuvée originale est un assemblage de grenaches gris et blancs laissés sur pied après les vendanges et ramassés début novembre. La palette est d’une grande richesse et la matière très généreuse reste cependant très digeste grâce à la pointe minérale qui marque la finale…Très beau vin !

 

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- Malgré un soleil un peu parcimonieux, cette première incursion dans le saint-chinianais en compagnie de Dany Jaffuel m’a vraiment comblé : j’ai découvert des paysages magnifiques, j’ai rencontré des gens absolument charmants et j’ai bu des vins délicieux…que demander de plus !
Il faut dire que mon guide du jour avait organisé cette visite avec une minutie tout à fait « chirurgicale ». Encore une fois, mille mercis à lui…et à charge de revanche !

- Violaine et Xavier de Fransuu ne sont pas des autochtones mais ils ont choisi ce coin de Languedoc comme terre d’adoption pour donner corps à un rêve partagé. Après avoir travaillé dans un domaine des Costières de Nîmes, le Château d’Or et de Gueules, ils se sont installés dans ce mas entouré de vignes et de garrigue pour vivre pleinement leur passion commune pour le vin.
Grâce à une viticulture exigeante et respectueuse de la nature (conversion bio en cours), leurs parcelles de vignes sont d’une émouvante beauté. Les installations professionnelles sont modernes et fonctionnelles et le dernier agrandissement prévu qui va donner un peu d’espace supplémentaire rendra l’outil de production tout à fait performant. Ces jeunes vignerons du mas de Cynanque mettent tout œuvre pour réaliser les vins qu’ils aiment et qui leur ressemblent peut-être un peu…

- Les vins dégustés laissent une belle impression d’authenticité en donnent une interprétation très précise de ces terroirs calcaires et gréseux d’où ils sont issus. Les matières sont très méridionales par leur concentration et leur volume, mais les équilibres restent gourmands et digestes, grâce à un marquage minéral parfois très puissant.
Ces vins pleins de soleil et de pierre qui glissent avec une grande facilité sans fatiguer le palais nous feraient presque oublier qu’ils peuvent tous encore se bonifier avec un peu de garde...Quelle belle série !

- Difficile de sortir un vin dans cette gamme très homogène et hautement qualitative : Plein Grès séduit par son fruit et son accessibilité, Acutum a vraiment tout d’un grand vin, Carissimo est grand tout simplement…et même les blancs sont étonnants !

- Mille mercis à Xavier et Violaine pour ces moments très agréables passés en leur compagnie. A bientôt j’espère…

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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 14:48

 

Nos anciens voisins de palier avec qui nous avons partagé quelques moments de convivialité mémorables ont décidé de profiter du week-end prolongé du premier mai pour organiser un petit séjour en Alsace.
En compagnie de deux autres familles bruxelloises, ils ont posé leurs valises dans un hôtel au centre de vieille ville de Kientzheim et, comme ils se souvenaient parfaitement de mon incurable vinomanie, ils se sont tout naturellement adressé à moi pour leur proposer quelques haltes gourmandes dans les caveaux alsaciens.
Dans un secteur où les bonnes adresses se comptent par dizaines, j’ai choisi de leur faire découvrir le domaine Bernhardt à Katzenthal et le domaine Emile Beyer à Eguisheim.
C’est donc à la tête d’un groupe très cosmopolite (portugais, espagnol et belge) que je commence cette journée par la montée vers la Nécropole de Sigolsheim d’où on peut admirer un panorama magnifique sur le vignoble autour de Colmar avec ses nombreux terroirs classées Grand Cru, comme le Mambourg, le Furstentum, le Schlossberg ou le Kaefferkopf…désolé de le répéter mais quand j’aime, je radote !

 

 
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Un groupe international à la Nécropole de Sigolsheim

 

 

 

Domaine Jean-Marc Bernhard à Katzenthal

 

 

 

L’heure de l’apéritif approchant quelle meilleure destination que le caveau du domaine Jean-Marc Bernhard à Katzenthal, où nous sommes attendus pour cette fin de matinée !

En attendant Frédéric, encore occupé dans ses vignes, Jean-Marc Bernhard nous propose une petite visite de cave, où cuves en inox et en béton côtoient quelques foudres en bois. « Des volumes très différents pour avoir un maximum de souplesse dans la gestion de nos cuvées ».
 

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Le groupe dans la cuverie.

 


La suite se passe au caveau où nous succédons à un groupe scandinave…une matinée très internationale au domaine Bernhard !


 
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Dégustation au caveau avec Frédéric Bernhard au service.

 

 

 

Sylvaner Vignoble de Katzenthal 2011 : le nez est intense, très mûr sur un registre floral avec quelques notes grillées, en bouche l’équilibre est plutôt rond mais la finale se montre bien sapide.
Avec des vieilles vignes de plus de 40 ans, un millésime chaud et une malo faite cette cuvée décevra les amateurs de droiture mais régalera tous ceux qui cherchent un vin plaisir simple et facile d’accès…j’avoue faire plutôt partie de la deuxième catégorie.

 

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Pinot Blanc Bouquet de Printemps 2010 : le nez est très aérien avec des notes de citron et de verveine, la bouche est très verticale, l’équilibre est sec et la finale est finement mentholée
On change de millésime et on change de style avec ce pinot blanc vif et élégant qui s’offre à nous sans chichis. Voilà un superbe vin pour tablées estivales (apéritif, salades, asperges, charcuteries…)

Muscat 2011 : le nez est ouvert et très expressif avec des notes de raisin frais, de fleurs (lilas, sureau) et de tilleul, la bouche est vraiment gourmande avec une matière assez généreuse soutenue par une fine trame acidulée
Millésime après millésime, ce muscat provenant du coteau de l’Hinterburg (surement pas très loin du château du Wineck), constitue pour moi une sorte de référence personnelle de qualité…parfois égalée, très rarement dépassée.

 

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Riesling G.C. Wineck-Schlossberg 2010 : le nez finement citronné est marqué par quelques notes de pierre à feu, la bouche est tendue, très verticale et la finale se prolonge sur des évocations minérales très racées.
Ce Wineck encore très réservé, parle un peu plus qu’il y a quelques mois, malgré tout on sent qu’il commence à peine à s’ouvrir. Ceci dit, lorsqu’on considère la solidité de sa structure on se dit que, finalement, rien ne presse…

Riesling G.C. Schlossberg 2010 : complexe et expressif au nez avec des notes de fruits blancs et une touche minérale bien présente, ce vin révèle une matière dense et concentrée qui laisse une impression presque granuleuse en bouche, les arômes se développent et s’épanouissent en persistant longuement en finale.
Plus flatteur que le Wineck ce Grand Cru montre un peu ses muscles mais le granit du Schlossberg lui confère une ossature qui le soutient sans peine. Grande réussite sur ce millésime !

 

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Pinot Gris Cuvée Particulière 2010 : le fruité est complexe et l’équilibre est très gourmand en bouche, le cépage signe la finale avec une légère touche fumée.
Classique mais d’une grande précision…un pinot gris archétypique !

Pinot Gris G.C. Kaefferkopf 2010 : le nez est particulièrement séduisant sur les fruits jaunes mûrs avec quelques notes grillées, en bouche la matière est riche, puissante mais encore un peu dissociée.
Comme tout grand vin de terroir ce pinot gris est encore trop jeune pour se montrer sous son meilleur jour, les éléments qualitatifs sont bien présents mais leur coexistence est encore un peu houleuse. Prometteur en tous cas !

Gewurztraminer Vieilles Vignes 2011 : le nez est intense et plaisant sur les fleurs (rose, lavande, mauve…), la coriandre et le poivre blanc, la bouche est riche, l’équilibre résolument moelleux mais la finale marque les esprits par sa grande longueur aromatique avec un registre épicé très présent.
Voilà un gewurztraminer qui assume sans complexe sa puissance aromatique et son moelleux…MIAM !

Gewurztraminer G.C. Mambourg 2009 : le nez est bien mûr avec des notes exotiques et une touche de cannelle, la bouche est opulente avec un toucher particulièrement soyeux et une finale rendue très digeste par une belle salinité qui s’affirme de plus en plus.
Goûté, regoûté et commenté à maintes reprises, ce gewurztraminer tient toujours son rang de réussite emblématique sur ce millésime…Grand vin !

Pinot Gris V.T. 2009 : le nez est riche et ouvert sur les fruits jaunes très mûrs complétés par des notes de truffe et de cèpe, en bouche la chair se montre gourmande à souhait mais la finale soutenue par une fine acidité se montre légère et digeste.
Avec sa palette expressive déjà bien évoluée et sa matière généreuse, ce pinot gris semble déjà bien en place…à point pour être dégusté, pourquoi s’en priver !

Muscat V.T. 2007 : avec des arômes de fleurs et de raisin sec qui flattent le nez, la bouche semble presque trop simple malgré sa belle richesse et sa finale assez légère.
Avec cette suavité et cette douceur, le plaisir est immédiat mais peut-être un peu trop superficiel…une vraie friandise à boire en tant que tel.

Riesling S.G.N. 2007 : le nez est complexe sur le raisin sec, la pierre chaude, les épices et quelques notes grillées, la matière en bouche est très riche (120 g de SR) mais le soutien acide long et profond rend la finale parfaitement digeste.
Ce riesling issu de tries successives sur les Grands Crus Schlossberg et Wineck-Schlossberg fait parler la richesse du millésime tout en révélant la puissante minéralité de ses terroirs d’origine…Superbe !

- Je ne compte plus le nombre de mes visites au domaine Bernhard mais bon, l’accueil y est toujours aussi souriant et sympathique, la dégustation proposée exhaustive à souhait et la gamme de vins d’une homogénéité qualitative qui surprend à chaque fois…pourquoi chercher plus loin !


- Les vins purs et précis, toujours très fortement marqués par leur terroir d’origine, se montrent avec beaucoup de naturel et de sincérité dès le premier contact…d’ailleurs, lorsqu’on serre la main à Frédéric Bernhard et qu’on sent cette poignée énergique et ce regard franc, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a un véritable air de famille entre ce vigneron et ses vins.


- En guise de coups de cœur du jour, je choisirai évidemment le muscat 2011 qui, comme pour les précédents millésimes, constitue pour moi une sorte d’étalon qualitatif mais aussi le riesling Schlossberg 2010, ample et volumineux, alliant puissance et finesse pour notre plus grand plaisir.


- Merci à la famille Bernhard pour cette nouvelle rencontre pleinement réussie…et à la prochaine, bien sûr !


 

Domaine Emile Beyer à Eguisheim

 

 

Après un repas de midi à Turkheim et une promenade digestive dans les rues d’Eguisheim, dont j’ai récemment évoqué l’incroyable beauté ( ICI) nous sommes attendus au domaine Emile Beyer pour la seconde étape de cette journée sur la route des vins d’Alsace.

Comme prévu, nous sommes accueillis par Mme Beyer mère qui nous a préparé une belle table dans la cour du domaine : verres Spiegelau et liste de vins préparée par Christian Beyer…la dégustation peut commencer :

Pinot blanc Tradition 2010 : le nez est précis avec des nuances florales et une touche discrètement minérale, la bouche bien droite mais très aérienne donne à ce vin une personnalité d’une grande élégance.
Fin, gourmand, séducteur mais sans flagornerie, ce pinot blanc (assemblage de pinot blanc et d’auxerrois) est un pur bonheur !
Goûtez cette cuvée d’entrée de gamme et vous comprendrez très vite avec quel niveau d’exigence les Beyer conçoivent leurs vins.

 

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Muscat Tradition 2010 : le nez est discret avec des notes de fleur de sureau et d’anis, la bouche possède un équilibre assez sec avec une présence minérale bien marquée.
Face au muscat 2011 dégusté chez J.M. Bernhard ce matin, cette cuvée laisse une impression bien plus sérieuse : avec un millésime nettement moins chaud et une minéralité plus présente on se retrouve avec un vin plus gastronomique que festif, qui trouvera sa place à table en compagnie d’asperges ou de saumon fumé.

 

Riesling G.C. Pfersigberg 2010 : le nez est encore très réservé sur le citron et la craie, la bouche est d’une grande finesse avec une matière assez puissante, une acidité longue et très profonde et une finale qui persiste longuement en révélant une très grande salinité.
Toujours pas en vente mais toujours d’une qualité exceptionnelle ce Grand Cru qui m’avait déjà bluffé lors de mon récent passage au domaine, confirme son potentiel et sa grande race...j’ai comme l’impression que ce riesling fera date sur ce millésime.

 


Alsace 0454Notre arrivée plus tardive que prévue au domaine nous a permis de croiser Christian Beyer juste rentré d’un voyage aux Etats-Unis. Comme quoi le manque de ponctualité a parfois des conséquences positives…


Pinot Gris Hohrain 2010 : le fruité est déjà bien précis sur les fruits jaunes, la bouche est très complète avec une acidité longue, un gras sensible et une belle finale saline.
Pinot Gris Hohrain 2009 : le fruité est épanoui avec de légères notes grillées, en bouche la matière est riche, le toucher gras et soyeux mais la finale fait ressortir une touche saline très noble.
Situé sur un coteau faisant partie du Grand Cru Pfersigberg mais sur un versant moins exposé au soleil, ce lieu-dit est vraiment propice à la conception de pinots gris équilibrés et digestes. Le caractère du millésime se montre sans fard à travers les palettes aromatiques et les structures acides bien différentes de ces deux vins mais la trame minérale signe l’origine commune et atteste de la qualité de ce terroir.

Gewurztraminer L’Hostellerie 2010 : le nez est intense et complexe avec des arômes de cône de houblon, le lys, le poivre blanc…, la bouche est onctueuse mais avec un équilibre très fin et une palette qui s’enrichit encore en rétro-olfaction, l’élégante finale laisse un long sillage aromatique sur le poivre blanc.
Un registre aromatique d’une richesse inouïe et une présence pleine de vie et de fantaisie en bouche…pour moi c’est l’un des gewurztraminers les plus intéressants que j’ai pu goûter des derniers temps…MIAM !

 

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Gewurztraminer G.C. Pfersigberg 2008 : le nez est plus discret sur le raisin mûr, les épices douces (cannelle, cumin…) et quelques notes très timides de fruits exotiques, la bouche commence à révéler sa puissance mais le toucher reste très caressant et la finale longue et fortement épicée est rafraîchie par une minéralité qui s’affirme.
Voilà encore une bouteille qui confirme la belle impression ressentie il y a quelques semaines : l’aromatique est complexe et raffinée et la tenue en bouche est d’une grande classe. Superbe !

Gewurztraminer V.T. 2007 : le nez est discret mais d’une grande finesse avec des arômes de raisin confit et de rose, en bouche la matière très concentrée est tenue par une ligne acide bien marquée qui apporte une touche de fraîcheur en finale tout en exacerbant la présence aromatique.
Ce vin moelleux qui, avec 65g de SR et une trame acide très solide allie des éléments constitutifs puissants, commence à trouver son expression idéale…MIAM !

 

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- Avec des atouts touristiques majeurs, Eguisheim est une destination de choix pour faire apprécier l’Alsace à des visiteurs et s’impose donc comme une seconde étape évidente pour mon petit groupe.
Après avoir pleinement apprécié la richesse architecturale et historique de cette petite bourgade, nous avons terminé cette belle journée au domaine Emile Beyer où nous avons été accueillis avec beaucoup de prévenance et de sympathie.
En plus, comme je n’avais pas eu le temps de déguster tous les vins de la gamme, lors de mon entretien avec Christian Beyer à propos du Grand Cru Pfersigberg, ce fut une bonne occasion de faire d’une pierre deux coups !

 

- Complets, profonds et élégants, les vins du domaine Beyer montrent des personnalités bien complexes et parfois un peu secrètes: beaucoup de cuvées dégustées en cette fin d’après-midi demandent qu’on les appréhende avec un peu de patience et de réflexion avant d’entrer dans leur univers et de mesurer leur niveau de qualité souvent exceptionnel.


- En guise de coups de cœur du jour, je choisirai sans hésiter le gewurztraminer L’Hostellerie 2010 qui m’a subjugué par la complexité et l’originalité de sa palette et par sa suavité et sa fraîcheur en bouche, mais il faut également citer le pinot blanc Tradition 2011 pour son rapport Q/P exceptionnel. Un peu plus de 5 euros pour un vin de ce niveau, c’est un cadeau !


- Merci à la famille Beyer pour ces beaux moments d’échanges viniques.

Publié dans : Visite au domaine - Alsace - Communauté : vin d'alsace
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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 09:04

 
Comme en 2011, je me suis octroyé quelques jours de liberté pour une virée en solitaire dans les vignobles du sud de la France. Le programme de ce séjour comprend évidemment le passage obligé à Arboras chez les Supply-Royer et la halte ardéchoise pour quelques agapes dignement arrosées chez l’ami cyra, mais un voyage dans ces contrées bénies par Bacchus offre évidemment bien d’autres possibilités de visite à des amateurs curieux et assoiffés comme moi…
C’est parti !

 

Domaine Supply-Royer à Arboras

 

 

Avec le débat Hollande-Sarkozy et une bouteille de Crozes La Matinière 2009 en guise de berceuse, j’ai passé une nuit parfaite et je me retrouve frais et dispos pour cette deuxième journée de mon périple qui me conduira à Arboras chez mes amis Marie-Ange et Eric.
Comme d’habitude le rendez-vous au domaine Supply-Royer est fixé en fin d’après-midi et je peux donc profiter de cette météo particulièrement ensoleillée pour faire quelques pas dans le superbe cirque de Mourèze, où des circuits de randonnée serpentent entre des rochers aux formes étranges…un site sauvage et beau !
 

 

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Sculptures naturelles dans le cirque de Mourèze


 
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Arboras au pied du mont Baudile


 
sud-2012 0499Pour repérer la maison des Supply-Royer, il y a des cuves (parfois)…
 
sud-2012 0500…mais surtout la cardabelle, symbole des Causses du Larzac sur la porte de la cave.


C’est dans la cave, entre cuves, pressoir et barriques que nous passons en revue la production du millésime 2011 avec quelques nouveautés…


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Les vins blancs sont en barriques, les fermentations alcooliques sont achevées mais les malos sont en cours sur les bourboulencs et pas encore commencées sur les roussanes. Pour l’heure, les jus sont sur lies fines et n’ont pas encore subi de sulfitage.
Avec cette année un peu plus généreuse pour la récolte de bourboulenc, Eric a été obligé d’acheter une barrique supplémentaire « Je préfère m’assurer de la qualité et de l’origine en achetant de la futaille neuve ».

Le Bourboulenc de Nega Saumas 2011 : au nez l’aromatique est assez perturbée et l’échantillon prélevé sur la barrique neuve est bien marqué par l’élevage (pain grillé), en bouche les matières sont pures et charnues avec une belle tension sur la structure, le boisé marque la finale du vin provenant du fût neuf.
Comme souvent à ce stade le registre aromatique est assez peu flatteur, mais en se concentrant sur l’équilibre en bouche, on peut aisément supposer que ce vin sera à l’image de ceux qu’on a pris l’habitude d’apprécier ici : beaucoup de gras et de matière mais une silhouette qui reste très élégante...on ne peut qu’être impatient de goûter le résultat final !

La Roussane du Bramaïre 2011 : le nez est un peu plus parlant mais manque encore de précision avec des notes de fruits jaunes mais aussi une touche encore lactique et fermentaire, la bouche se fait remarquer par la noblesse de son toucher avec un très beau gras, une tension considérable et une fine amertume en finale.
La matière est là, c’est indiscutable, mais il faut se projeter dans l’avenir en pensant que la malo va gommer ce côté un peu incisif pour donner à cette roussane une assise acide solide et racée.
Belle surprise en perspective…d’ailleurs, ça me fait penser qu’il faut que j’aille voir très prochainement comment se porte la cuvée 2010 !

 

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Le couple de blancs 2010.


Les vins rouges sont en barriques, sur lies fines et ont terminé leurs phases de fermentation.

La Syrah de Pey Cherres 2011 : marqué par une légère réduction à l’ouverture, le nez se purifie rapidement après oxygénation pour livrer de beaux arômes de fruits noirs et de fumée, la bouche est concentrée, solidement charpentée mais avec un équilibre très gourmand en finale.
La matière très riche de cette cuvée (non encore sulfitée) donne une impression de puissance qui peut sembler excessive au premier abord. Comme d’habitude, il faudra donner un peu de temps à ce vin pour pouvoir le goûter dans la plénitude de son expression. Très prometteur !

Le Mourvèdre des Crouzets 2011 : le nez est discret et fin avec une palette sur les fruits noirs et le tabac blond, la bouche est superbe, riche, sphérique dans sa structure et bien fraîche en finale.
La parcelle des Crouzets a encore souffert cette année et le rendement de ces vieux mourvèdres s’est à nouveau limité à un niveau bien en dessous de 10 hl/ha « on y travaille pratiquement pour rien, mais tous nos amis nous supplient de pas arracher, alors on continue… ».

Résultat : une barrique de vin produit…il ne va pas y en avoir pour tout le monde !
Et pourtant, cette cuvée qui se montre déjà sous son meilleur jour semble déjà prête à boire. P…, qu’est ce que c’est bon !


 

sud-2012 0543Le couple « historique » de rouges sur 2010


Le Grenache du Badaïre (validation du nom en cours…) 2011 : le nez possède une palette déjà bien définie avec des notes de fruits rouges mûrs et un ensemble de délicates fragrances florales sur un fond un peu réglissé, la bouche est volumineuse, très charnue, la trame tannique est présente mais le grain est fin et souple, la finale se montre un peu plus distante en laissant une petite impression de sécheresse.
Riche et corsée cette cuvée 100% grenache élevée en ½ muid affirme sa personnalité sans complexe même si on sent qu’il faudra quelques années de patience pour l’apprécier à sa juste valeur.
Voilà une première « nouveauté » qui tient déjà fièrement sa place dans la gamme du domaine Supply-Royer.

Le Carignan des Intillères 2011 : la cuvée prélevée sur un fût de chêne d’origine vosgienne est discret au nez avec une grande élégance en bouche et une finale longue et finement boisée. La cuvée prélevée sur un fût de chêne de l’Allier est tout aussi discrète au nez mais montre plus de rondeur et de soie en bouche et présente une finale sans boisé perceptible. L’assemblage à 50/50 des deux cuvées propose une synthèse gourmande et déjà très facile d’accès.
Cette cuvée issue de la belle parcelle de vieux carignans située au bas du village tient ses promesses en récompensant le travail effectué par Eric et Marie-Ange dans cette vigne. « A terme ce sera la cuvée haut de gamme du domaine ».
En tous cas ce premier vin a déjà fière allure…on attend la suite avec impatience !

 

sud-2012 0497La parcelle des Intillères.


 
sud-2012 0496Un pied de carignan.


Pour finir Eric va chercher quelques bouteilles dans sa réserve personnelle :

Grenache 2011 : le nez est assez intense sur l’amande fraîche et les fruits à l’eau de vie, la bouche est très riche, presque lourde malgré une pointe de volatile, la finale est un peu chaude et marquée par l’alcool.
Avec une présence alcoolique excessive, ce vin peine à trouver son équilibre et les impressions ressenties en dégustation d’aujourd’hui ne poussent pas à un excès d’optimisme pour son évolution.
« Des problèmes de météo et de disponibilités de nos vendangeurs nous ont fait repousser la vendange de deux semaines…c’était beaucoup trop…les degrés sont montés beaucoup trop haut (plus de 16° ».
Une cuvée surement invendable en l’état…et dont l’avenir n’est pas encore fixé.
 

 

La Syrah de Pey Cherres 2010 : le nez est très pur et bien défini sur la mûre confite et les épices douces, en bouche la matière est très concentrée, les tanins sont mûrs et serrés et la finale se montre nette et bien fraîche.
La personnalité de cette cuvée commence à se dessiner : corsée et puissante en arômes tout en gardant un côté sapide en finale…Très beau vin !

La Syrah de Pey Cherres 2009 : le nez est encore plus ouvert que pour le 2010, le fruité est épanoui et les épices sont bien présentes, la bouche offre une chair généreuse et très gourmande avec une trame tannique très fine et une délicate acidité.
Puissante au niveau des arômes et de la matière, cette cuvée de syrah possède une personnalité sudiste qui ne se cache pas. Comme diraient les anciens : il y a du vin dans le verre !

Pour conclure cette visite Eric et Marie-Ange me proposent de partager le dîner avec eux sur la terrasse du petit restaurant qui vient d’ouvrir au centre d’Arboras. « Histoire de prolonger nos discussions en parlant un peu d’autre chose que de vin… »…Comment résister ?

Pour l’apéritif Eric, décide de sacrifier sa dernière bouteille de la cuvée Lo Mescladis 2009 : le nez est une merveille de complexité et de gourmandise, abricot frais, ananas, citron confit, épices douces…, en bouche on fond littéralement face à cette matière juteuse, opulente mais parfaitement équilibrée.
Excellentissime !
Et en plus, je suis sûr que j’en ai encore l’une ou l’autre dans ma cave…

 

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Eh oui…Heureux !
 

 

- Chaque année je reviens au domaine Supply-Royer, et chaque année je passe un moment exceptionnel autour de très beaux vins avec des gens absolument délicieux. J’ai beaucoup apprécié ce petit repas sur la placette d’Arboras qui nous à permis de dépasser le cadre du vin dans nos échanges en resserrant encore un peu ce lien d’amitié qui s’est crée depuis quelques années…ce petit crochet au pied du mont Baudile me semble plus que jamais nécessaire lors de ma tournée vinique dans le Languedoc !

- Avec deux nouvelles cuvées produites sur 2011, la carte du domaine commence à avoir vraiment fière allure.
Les blancs ne se sont pas montrés trop à leur avantage lors de ma visite : derrière des profils aromatiques peu flatteurs on reconnaît cependant des matières opulentes mais équilibrées par une trame acide bien dessinée…et, bonne nouvelle, il y a un peu plus de vin cette année, super !
D’ailleurs, pour régler définitivement le problème de la pénurie de bourboulenc Eric a décidé d’en replanter une parcelle à côté de celle de carignan.

 

sud-2012 0498Jouxtant les carignans du domaine cette parcelle triangulaire récemment défrichée sera replantée en bourboulenc.


Les rouges semblent plus à leur aise actuellement et certaines cuvées comme le mourvèdre ou le carignan se goûtent déjà avec bonheur. Dans tous les cas, on retrouve sur tous ces vins cette puissance très sudiste avec une chair généreuse mais un équilibre dépourvu de la moindre lourdeur.
Les nouvelles références proposées s’inscrivent parfaitement dans le style de la maison avec une cuvée de grenache plutôt taillée pour la garde et un superbe carignan ouvert et déjà très gourmand…MIAM !

- en guise de coup de cœur, je ne vais pas mettre en avant une cuvée, je ne vais même pas parler de vin…mais tout simplement du plaisir à chaque fois renouvelé (et partagé, j’espère…) de retrouver les sourires de Marie-Ange et d’Eric dans ce petit « pays » au pied du Mont Baudile.
A l’année prochaine, j’espère…

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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 10:32

 

Comme en 2011, je me suis octroyé quelques jours de liberté pour une virée en solitaire dans les vignobles du sud de la France. Le programme de ce séjour comprend évidemment le passage obligé à Arboras chez les Supply-Royer et la halte ardéchoise pour quelques agapes dignement arrosées chez l’ami cyra, mais un voyage dans ces contrées bénies par Bacchus offre évidemment bien d’autres possibilités de visite à des amateurs curieux et assoiffés comme moi…
C’est parti !

 

Domaine Ferraton à Tain l'Hermitage

 

sud-2012 0463 Première étape à Tain l’Hermitage.

 

Après plus de 600 kilomètres de route, il n’y a pas que la voiture qui a soif...c’est donc à Tain l’Hermitage, au pied des majestueux coteaux du même nom que j’interromps pour un temps ma migration méditerranéenne.

 

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Les vignes sur la colline de l’Hermitage et sa chapelle
 

 

J’ai découvert quelques vins signés Ferraton par le site vins-étonnants et par Chistophe Lasvigne qui distribue une partie de la production du domaine dans son Théâtre du vin à Schaeffersheim.
Leur côté précis, riche et soyeux m’avait vraiment impressionné…aucune hésitation, ces belles syrahs méritaient largement que j’aille rendre une petite visite à ces vignerons situés dans le centre du village de Tain sur les bords du Rhône.
 

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Une entrée très discrète avec un « f » stylisé au dessus du porche…


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Il faut vraiment s’approcher de très près pour être certain que c’est bien ici qu’on fait du bon vin…

 
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Le caveau a pourtant fort belle allure !
 

 

Ophélie Villedary, responsable de l’accueil au caveau me reçoit et me propose de faire une petite visite des installations du domaine. La cuverie est traditionnelle avec des cuves en béton, en fibre de verre et quelques contenants inox : le domaine Ferraton vinifie et élève la plupart de ses vins rouges sur place.

    

sud-2012 0473L’espace cuverie où le béton domine largement
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Pour les blancs et les vins de négoce des secteurs méridionaux (CDR, CDR villages, Châteauneuf) le domaine profite de la logistique de la maison Chapoutier, propriétaire de Ferraton depuis la fin des années 90.

Au niveau de la viticulture, les 10 hectares de vignes que possède le domaine Ferraton sont travaillés selon les principes de la biodynamie.
Pour les vins rouges, la vendange est égrappée à 90%, les macérations sont longues (de 2 à 4 semaines selon les cuvées) dans des cuves béton pour profiter de l’inertie thermique et les élevages se font généralement en barriques bourguignonnes.

 

sud-2012 0475Le chai d’élevage.

 

Pour guider un peu la clientèle, le domaine Ferraton a choisi d’organiser son imposante production en la déclinant à travers 3 gammes distinctes :
- les cuvées Tradition avec 11 vins rouges, 7 vins blancs et 2 vins rosés.
- les cuvées Lieux Dits avec 4 vins rouges
- les cuvées Séléction Parcellaires avec 3 vins rouges et 2 vins blancs.
 

 

Les cuvées des la gamme Lieux-Dits et de la gamme Sélection Parcellaire sont toutes travaillées en bio mais sont disponibles à la vente en faible quantité.
Les cuvées Tradition sont produites en viticulture raisonnée sauf les Hermitage rouge et blanc « Les Miaux » qui sont en bio.
 

 

Hormis les Sélections Parcellaires, rares et chères, tous les vins sont proposés à la dégustation : en calculant bien, ça ne fait pas loin de 24 références…beaucoup trop pour mon palais d’amateur !
Je vais donc être obligé de choisir…

 

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       Le Méal et Les Dionnières, deux Ermitage à déguster avec les yeux…

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Comme je l’ai déjà répété à maintes reprises, les vins d’entrée de gamme sont pour moi des bouteilles incontournables pour établir un calibrage qualitatif sur la production d’un domaine, pour le reste je vais me limiter aux vins d’origine septentrionale…c’est parti pour une petite quinzaine de quilles rhodaniennes !

Samorëns – Côtes du Rhône blanc 2010 : le nez est charmeur et très doux sur un registre floral, la bouche possède un toucher gras mais reste sans lourdeur avec une finale franche et bien fraîche.
Le nom des trois cuvées d’entrée de gamme fait référence au premier (Jean-Orëns) et au dernier (Samuel) Ferraton à la tête de ce domaine. Ce blanc issu d’un assemblage de 60% de grenache blanc et de 40% de clairette sur argilo-calcaire commence la série tambour battant avec son équilibre fin et aérien (malo non faite) et son accessibilité très gourmande. MIAM !

La Matinière – Crozes Hermitage blanc 2010 : le nez est discret et très élégant sur la noisette fraîche et l’acacia, après une attaque assez vive, le milieu de bouche se montre d’une rondeur confortable et la finale livre quelques touches amères très raffinées.
Moins flatteur mais plus racé que le vin précédent ce Crozes blanc issu de marsanne à 100% provient d’un terroir très calcaire sur Mercurol. La complexité naissante de cette belle cuvée et son équilibre très dynamique permettent d’envisager son avenir avec sérénité.
 

 

La Source – Saint Joseph blanc 2010 : le nez est fin et élégant sur la noisette et les fleurs blanches avec une touche de pierre à feu, en bouche on trouve un joli gras, une chair assez généreuse et une pointe minérale bien vive en finale.
Avec ce Saint Joseph 100% marsanne, on reste sur un vin monocépage mais sur un terroir granitique et un élevage un peu différent puisque sur cette cuvée, un petit volume passe en bois. En tous cas, l’élégance est au rendez-vous et la minéralité du terroir commence à parler...voilà une expression rhodanienne de blanc avec laquelle je suis peu familiarisée par ailleurs, mais que je goûte particulièrement bien aujourd’hui.

Les Mandouls – Condrieu 2010 : l’olfaction est intense et typée sur la violette et la noisette avec un fond de fruits exotiques, la bouche est ample, voluptueuse avec un développement aromatique très envahissant mais une structure finale qui se montre un peu pesante.
Ces viogniers récoltés sur un terroir d’arènes granitiques et d’alluvions ont été élevés pour 80% en cuves et pour 20% en demi-muids pour produire un Condrieu à l’aromatique particulièrement exubérante mais dont la présence en bouche manque de vivacité pour mon goût…mais je reconnais volontiers être très difficile (peut-être trop exigeant…) lorsque je déguste des vins issus de ce cépage.

Samorëns – Côtes du Rhône rosé 2010 : le nez est très plaisant avec de belles notes de fruits rouges frais (fraise, framboise) et de bonbon acidulé, la bouche est simple, bien équilibrée et d’une fraîcheur très primesautière.
Issue d’un assemblage à dominante grenache (75%) complété par de la syrah et du cinsault récoltés sur des terroirs d’alluvions, ce rosé est l’archétype du vin d’été bien fait et diablement séduisant.


 

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Petite série en blanc et rose du domaine Ferraton
 


Samorëns – Côtes du Rhône rouge 2009 : le nez est intense et bien ouvert sur les fruits mûrs et les épices douces, la bouche est juteuse, charnue avec un toucher particulièrement soyeux et une jolie fraîcheur finale.
Cet assemblage de grenache (80%) de syrah (15%) et de cinsault (5%) récoltés sur des parcelles de sables alluviaux et élevés en cuve est une réussite absolue : du fruit, de la générosité mais un équilibre qui reste bien tonique…un vrai régal !

Plan de Dieu – Côtes du Rhône Villages 2009 : le nez est moins flatteur mais plus complexe, on y trouve des notes de fruits noirs et d’aromates (laurier, ciste), la bouche est puissante avec des tannins serrés mais très doux et une finale tenue et bien longue.
Provenant de parcelles situées sur les terrasses de galets et de graviers qui surplombent l’Aygues et l’Ouvèze cette cuvée élevée exclusivement en cuve est un assemblage de grenache (55%) et de syrah (35%) complété par du mourvèdre et du carignan. On y sent vraiment une dimension supplémentaire même si à l’heure actuelle la simple cuvée de CDR possède un potentiel de séduction supérieur... à attendre encore un peu.

La Matinière – Crozes Hermitage rouge 2009 : intense et raffiné le nez développe une palette florale et fruitée qui invite à la mise en bouche où tout est élégance, soie et plaisir, la finale très juteuse mais finement minérale nous rappelle que malgré sa buvabilité exceptionnelle ce Crozes est tout de même un vin de terroir.
Des syrahs sur des terrasses d’alluvions glaciaires et de galets roulés du côté de Mercurol sont à la base de cette cuvée splendide…ENORME MIAM !
La première bouteille du carton a d’ailleurs été sacrifiée le soir même (en regardant le débat Sarkozy-Hollande), impressions identiques voire même meilleures puisque je n’ai pas été obligé de recracher RE-ENORME MIAM!

Les Pichères – Crozes Hermitage rouge 2009 : le nez riche et charmeur associe des notes de torréfaction et de fruits noirs bien mûrs (cassis, myrtille), la bouche est particulièrement généreuse avec son volume et sa trame tannique dense mais très veloutée et sa longue présence aromatique en finale.
Ce lieu-dit sur les bords de l’Isère près de Beaumont Monteux, travaillé en biodynamie, a produit des syrahs de toute beauté qui, après 4 semaines de macération, ont passé 10 mois en fûts. Bien que le charme du vin précédent frisait l’irrésistible, on sent bien qu’ici on entre dans une autre catégorie…Grand vin !

La Source – Saint Joseph rouge 2010 : le nez est plus réservé avec un fruité discret et des notes torréfiées et fumées, en bouche la matière se montre très élégante, l’acidité bien large apporte un côté bien frais, les tannins sont un peu plus resserrés et la finale est marquée par une minéralité déjà bien présente.
Cette cuvée de Saint Joseph est encore dans la gangue de sa jeunesse (mise très récente) mais montre un très beau potentiel, notamment à travers une empreinte minérale qui s’exprime déjà avec beaucoup de vigueur.

L’Eglantine – Côte Rôtie 2009 : le nez racé et très complexe s’ouvre sur de fines notes boisées avant de développer une palette florale, épicée et discrètement fruitée, la bouche est dense et concentrée avec une texture un peu virile et une finale bien fraîche où se définissent de beaux arômes de pêche de vigne et d’amande.
Issue d’un terroir de micaschiste et de granit cette cuvée 100% syrah, élevée en fûts de chêne sur une durée de 16 à 18 mois, flatte les sens par sa belle définition aromatique et la plénitude de sa matière. Un Côte Rôtie diablement séduisant !
 

 

Les Grands Mûriers – Cornas 2008 : le nez est complexe sur les épices, les fleurs rouges (pivoine) et une touche un peu pierreuse, en bouche la structure est douce et racée avec un équilibre parfaitement digeste et une finale où la minéralité reprend pleinement ses droits.
Issu d’un terroir alliant des granits décomposés et des sols argilo-calcaires alluviaux, ce Cornas, est le vin qui m’a permis de découvrir ce domaine il y a quelques mois lors d’une soirée A.O.C. La première très bonne impression est largement confirmée…MIAM !

Les Miaux – Hermitage rouge 2008 : le nez est profond et complexe avec des notes de chocolat, de confiture de mûres et d’épices douces, la bouche est ample, charnue et très gourmande avec une finale bien fraîche marquée par un puissant retour aromatique sur la réglisse et les fruits mûrs.
Cette cuvée d’Hermitage est un assemblage de vins provenant du lieu-dit « Le Méal » (terroir de galets roulés) et du lieu-dit « Les Dionnières » (argilo-calcaire avec sables et galets), élevé durant 14 à 16 mois en fûts de chêne (10% neufs). Chose rare, ce vin puissant, élégant et complexe se livre déjà avec beaucoup de facilité et de naturel…Grand tout simplement !

 

sud-2012 0478Une sélection dans l’imposante gamme de vins rouges du domaine Ferraton



- En premier lieu, après cette belle série, on ne peut que se dire que cette petite halte de deux heures à vraiment tenu ses promesses.
Le domaine Ferraton, qui n’était jusqu’ici qu’une référence sur une étiquette, s’est un peu « incarné » pour moi, même s’il a gardé une petite part de mystère. Il faut se rendre à l’évidence, malgré un ancrage très fort dans une longue histoire familiale, le domaine Ferraton est aujourd’hui profondément influencé par la maison Chapoutier, notamment au niveau des pratiques viticoles mais aussi au niveau des stratégies de communication.
J’ai été très étonné de constater que derrière ce porche très discret, presque caché dans une petite rue de Tain, se trouvait un caveau lumineux et esthétique où la clientèle de passage était accueillie avec beaucoup de professionnalisme.
J’ai eu la même impression de paradoxe, lorsque j’ai visité la cuverie et le chai : des installations simples, fonctionnelles et très traditionnelles qui renvoient une image pas du tout en rapport avec le côté très moderne de la communication autour du domaine et de ses vins…

- Ceci dit, les cuvées de la gamme Ferraton que j’ai pu goûter cet après-midi m’ont vraiment impressionné : du Côtes du Rhône à 5 euros50 aux vins les plus chers, la qualité est tout à fait irréprochable. Les expressions aromatiques sont précises et raffinées et les textures toujours très caressantes laissent une impression d’absolue gourmandise même avec les crus les plus réputés dégustés sûrement encore trop jeunes…je ne suis pas sûr de pouvoir retourner dans le sud sans bifurquer à droite à la hauteur de Tain l’Hermitage !

- Pour les coups de cœur…dans cette belle série où chaque bouteille est susceptible de trouver une place de choix dans ma cave, je ferai volontiers une citation particulière au Crozes Hermitage La Matinière pour son rapport qualité/prix imbattable (10,50 euros…un cadeau !) et à la cuvée d’Hermitage Les Miaux (43 euros quand même !) qui s’est imposée comme le plus grand vin de cette dégustation.

 

sud-2012 0465Vignes sur l’Hermitage au printmps

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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 18:24

 

Le soleil brille sur la capitale alsacienne, les températures sont estivales et le quartier de la cathédrale est envahi de touristes comme en plein mois d’août mais, malgré cette ambiance vacancière, quelques amateurs de vins ont choisi de se retrouver dans la salle de dégustation située à l’étage de la maison Wolfberger de Strasbourg pour suivre une nouvelle leçon de savoir-boire auprès de Thierry Meyer.

 

CIMG4118Effervescence presque estivale dans la rue des Orfèvres à Strasbourg…

 
CIMG4120…où se trouve l’antenne strasbourgeoise de la maison Wolfberger

 

Dans ce nouvel espace, plus petit et un peu moins bien équipé que l’amphithéâtre colmarien, nous ne sommes hélas que 7 dégustateurs présents pour assister à cette Masterclass délocalisée à Strasbourg pour la première fois…et peut-être la dernière, vu le nombre de participants !
 

CIMG4121Elle est pourtant fort accueillante cette salle de dégustation… !

 

 

 

Au programme du jour, deux thèmes très originaux :

·    A quel âge faut-il boire le muscat ?
·    Les vins d’Alsace sont-ils compétitifs dans le monde des vins moelleux français ?

Hoppla jetzt geht’s loos !


Masterclass Alsace du 28 avril 2012 à Strasbourg

Tous les vins sont dégustés et commentés à l’aveugle – verres INAO


Thème 1 : le muscat face au temps.

Muscat Les 3 Demoiselles 2011 – M. Pfister à Dahlenheim : le nez d’intensité moyenne est encore marqué par sa jeunesse avec des notes amyliques (bonbon) et fermentaires (mie de pain), la bouche flatte par sa belle rondeur et son équilibre, la finale manque un peu de profondeur mais possède un petit caractère minéral fort agréable.
Muscat 2010 – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est très discret mais d’une grande pureté sur un registre floral assez complexe, la bouche est droite, ample, la finale légèrement amère possède une longueur aromatique intéressante.
Cépage et millésime impriment leur marque sur ces deux muscats forts différents mais très plaisants. Le 2011, tiré sur cuve le matin à Dahlenheim, se montre très prometteur, séduisant malgré son caractère encore très primeur, le 2010 tendu et très pur avec une aromatique bien complexe fait déjà rêver à de beaux accords gastronomiques.

Muscat 2008 – Domaine Schoech à Ammerschwihr : le nez est intense et expressif avec une palette riche sur les herbes aromatiques (estragon), le buis et la feuille de cassis, en bouche, il y a de l’ampleur, une acidité bien large et un joli développement aromatique qui laisse un sillage persistant en finale malgré une matière qui va rapidement perdre sa tenue.
Muscat G.C. Kirchberg de Barr 2008 – Domaine Klipfel à Barr : le nez est plus discret sur un registre floral bien complexe et quelques notes d’agrumes, la bouche est riche et charnue, l’équilibre très rond et la finale qui manque un peu de tonus confirme ce caractère un poil trop mou pour mon goût.
Récolté en grande partie sur le coteau granitique du Sonnnenberg le muscat de Schoech est frais et relativement bien structuré mais le caractère aromatique particulier, qui révèle peut-être une maturité un peu juste, peut surprendre…moi j’ai bien accroché ! A l’inverse le Grand Cru possède une olfaction plus mûre et plus classique mais souffre d’un manque de nervosité en bouche…néanmoins il garde un beau potentiel de séduction.

Muscat Collection 2007 – Domaine Kuentz-Bas à Husseren les Châteaux : le nez est discret avec une palette végétale d’une belle finesse complétée par des notes de citron et un léger grillé, la bouche ample et la matière très souple donnent un aspect très rondouillard au milieu de bouche, la finale est un peu plus nerveuse et d’une jolie longueur, discrètement poivrée et minérale
Muscat Cuvée du Banni 2005 – Domaine Fritsch à Marlenheim : le nez est fin, complexe et très pur, sur la menthe sèche, le citron, les herbes à tisane et le raisin mûr, la bouche est très bien équilibrée, charnue et très gourmande avec une finale longue et aérienne rafraîchie par une délicate touche mentholée.
Les vignes en lyre sur le calcaire du Steinklotz ont permis à Romain Fritsch de réussir un superbe muscat qui aura très bien résisté dans le temps en gagnant en complexité tout en gardant une structure assez solide, le 2007 qui provient d’une parcelle calcaro-gréseuse située au dessus de la limite du Pfersigberg, flatte les sens par son aromatique très pure mais se montre un peu moins « punchy » en bouche, même si les sensations en finale laissent penser qu’il peut encore évoluer.

Muscat Andlau 2003 – Domaine des Marronniers à Andlau : le nez d’intensité moyenne révèle des notes de résine et de raisin sec, la bouche est agréable avec son toucher soyeux, sa matière généreuse et son équilibre étonnant de vivacité, la finale est rafraîchie par des arômes finement mentholés.
Le coté solaire du millésime marque le vin tant au niveau de l’olfaction qu’au niveau de la présence en bouche, mais l’équilibre tient sans faillir…c’est une très belle réussite !

Muscat Herrenweg 2002 – Domaine Zind-Humbrecht à Turkheimn : le nez est moyennement intense avec des notes de tisane et de poivre blanc, la bouche légère et bien équilibrée est fort agréable malgré une finale un peu courte.
Muscat Cuvée Exceptionnelle 2001 – Domaine Bott frères à Ribeauvillé : le nez, sur le raisin sec et l’abricot confit comme la bouche avec sa matière très généreuse révèlent une très belle maturité mais l’ensemble reste fin et équilibré avec une finale légère marquée par des notes de tisane discrètement mentholée.
Ces deux vins qui ont atteint la décennie ont gardé une belle fraîcheur avec la marque du terroir pour le premier (une certaine légèreté due aux sols d’alluvions de la plaine de la Fecht) et l’influence du millésime pour le second (récolté à la limite de le V.T.).

Muscat 1981 – Domaine Klipfel à Barr : le nez est intense et très complexe sur la menthe poivrée, la citronnelle et une touche finement anisée qui rappelle l’estragon, la bouche est en cohérence avec le nez, car après une attaque en douceur la présence aromatique s’affirme progressivement pour finir en beauté sur la menthe et les épices.
Récolté sur le coteau du Freiberg situé dans le prolongement du Kirchberg de Barr, ce muscat trentenaire est somptueux : raffiné, complexe et frais…je vais peut-être revoir ma politique de gestion de cave en commençant à garder quelques flacons de ce cépage !


 

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30 ans séparent la première de la dernière bouteille…


Pour conclure :

- Le muscat est depuis toujours l’un de mes cépages préférés en Alsace ; je l’aime pour ses arômes charmeurs de raisin frais et de fleurs et pour leur silhouette légère et juvénile. Pour moi, c’est avant tout un vin de plaisir simple et immédiat dont je n’ai que très rarement évalué le potentiel de garde. Pourtant, comme nous l’a rappelé Thierry dans son introduction, le muscat sait se tenir dans le temps et évolue en passant par 4 étapes :
=> lors de la première année il se goûte comme un vin primeur présentant un caractère fruité et amylique
=> jusqu’à 3 ans, le fruit s’épanouit et la salinité commence à pointer dans les vins issus de grands terroirs.
=> entre 4 et 10 ans, le fruité devient plus mûr, les notes de tisane font leur apparition et les grands vins de terroir arrivent à pleine maturité.
=> après 10 ans, le fruit s’estompe, les notes de tisane et d’herbes sèches dominent avec l’expressivité des terroirs.
Cette belle série nous a permis de vérifier, verre en main et papilles en éveil, la pertinence de ces allégations…Superbe leçon !


- Néanmoins, malgré la claque reçue en buvant le 81, mon goût personnel reste en faveur des vins jeunes : même si je suis très sensible à l’élégance des palettes aromatiques des muscats évolués, je suis moins convaincu face à leur présence en bouche qui a quand même tendance à s’étioler dans le temps. Certes tous les vins présentés dans cette série se tenaient tous très bien, mais dès les cuvées du millésime 2008 je n’ai pas pu m’empêcher de penser que j’aurais surement eu encore plus de plaisir à les boire quelques années plus tôt…


- Pour les coups de cœur c’est le grand écart : le muscat 3 Demoiselles 2011 a montré un profil conforme à mes attentes face à ce cépage (le 2010 dégusté récemment était également superbe !) mais à l’autre bout de la série il y a l’incroyable 1981 dont la finesse et la jeunesse m’ont bouleversé…Dilemme !


Thème 2 : les alsaces moelleux sont-ils de bonnes affaires pour l’amateur ?


Sainte Croix du Mont 2010 – Pierre Chanau (Auchan) : le nez est assez agréable avec des notes de tabac brun, de fruits jaunes mûrs et de pain grillé, la bouche est moelleuse, facile d’accès mais la finale est bien courte.
Coteaux du Layon Elysis 2010 – Caves de la Loire à Brassac : le nez est assez plaisant sur le miel et le champignon blanc, la bouche est très dissociée avec un côté acidulé et un côté moelleux qui cohabitent sans grande harmonie.
La série ne commence pas trop mal avec un premier moelleux honnête au charme consensuel mais superficiel, hélas, avec la seconde bouteille c’est un peu la punition…un vin brouillon sans intérêt.

Gewurztraminer 2010 – H. Eberhard négociant à Ammerschwihr pour Leclerc : le nez est complexe et fin sur la rose, la violette et le bois de réglisse, l’équilibre moelleux/acidité ne manque pas d’élégance, la finale séduit par sa belle fraîcheur mais déçoit un peu par sa faible longueur.
Château Valentin - Loupiac 2007 – Caves de Loze à Gabarnac : bouchonné, imbuvable.
Ne cherchez pas le domaine Rebmann (qui se traduit par « homme des vignes ») en Alsace, à l’instar du « grand » Pierre Chanau qui fournit des vins à Auchan, c’est également un vigneron virtuel crée par Leclerc. Malgré tout, il faut reconnaître que ce gewurztraminer bien typé et joliment balancé se déguste avec beaucoup de plaisir…avec un peu de profondeur en plus, il pourrait revendiquer une place parmi les beaux vins d’Alsace.

Blanc moelleux du Comté Tolosan – S.A. Trilles à Maureilhan : le nez assez franc est dominé par des notes de sauvignon, en bouche c’est Trafalgar : complètement dissocié, rachitique et aqueux en finale…reste une vague impression sucrée, mais c’est une bien maigre consolation !
Pinot Gris V.T. 2007 – Domaine Eblin-Fuchs à Zellenberg : le nez est discret sur les fruits jaunes avec une petite touche lactée, en bouche l’équilibre est rond, confortable et très consensuel, la finale marquée par des notes de caramel manqque un peu de longueur.
Inutile de s’étendre sur le cas du premier vin, un breuvage tout bonnement indigne qui nous a fait apprécier le second avec une certaine indulgence… Ceci dit, ce pinot gris, vinifié avec le souci de plaire au plus grand nombre, reste à un niveau de qualité tout à fait honorable.
 

 

Fonduroc - Côtes de Bergerac moelleux 2007 – U.C.V.D.A.F. : bouchonné, imbuvable.
Gewurztraminer V.T. 2009 – Bestheim : le nez est net mais assez discret avec des notes de fruits secs, de grillé et de fleurs, la bouche est onctueuse, l’équilibre est franchement liquoreux et la finale assez longue révèle de délicates nuances fumées et poivrées.
Après un deuxième bouchon défectueux sur cette série (ça commence à faire beaucoup !), cette bouteille de gewurztraminer nous propose une version classique mais bien séduisante de ce cépage en surmaturité…ouf, on commençait à désespérer !

Gewurztraminer V.T. 2005 – Cave Viticole de Turkheim : le nez est ouvert et très complexe avec une palette florale (lavande, rose) et exotique, la bouche est ample, moelleuse et solidement structurée avec un agréable goût de raisin sec, la finale est pure mais de longueur moyenne.
Enfin un moelleux complet et complexe à souhait…mais placé hors concours à la fin cette série somme toute un peu tristounette…une récompense bien méritée pour les dégustateurs du jour qui ont bien voulu se prêter à ce jeu de comparaison mettant en compétition des bouteilles d’un niveau qualitatif d’une faiblesse inhabituelle dans les sélections de l’Oenothèque


 

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Les sucrettes assez tristounettes…



Pour conclure :

- L’étalonnage du goût est un exercice parfois ingrat pour un dégustateur amateur. Cette série de bouteilles que Thierry a volontairement collectées dans la grande distribution avait comme objectif de situer les moelleux alsaciens dans l’offre française d’entrée de gamme : j’ai joué le jeu en classant tous les vins à l’aveugle.
    
1 : Gewurztraminer 2010 - 5,45 euros     
2 : Gewurztraminer VT 2009 - 17 euros    
3 : Sainte Croix du Mont 2010 - 4,59 euros    
4 : Pinot Gris VT 2007 - 16,15 euros    
5 : Coteaux du Layon 2010 - 6,79 euros     
6 : Blanc du Comté Tolosan - 1,49 euros     
Non évaluables : Loupiac 2007 -  4,11 euros (50 cl) et Côtes de Bergerac 2007 - 2,43 euros    

- L’analyse de ce petit tableau fait apparaître quelques évidences :
=> les moelleux alsaciens s’en sortent très bien en se classant au sommet de la hiérarchie (classement largement partagé par l’ensemble des dégustateurs présents) d’autant plus qu’il y a un réel fossé qualitatif entre le 4° et le 5° vin.
=> les moelleux alsaciens d’entrée de gamme sont chers : on ne trouve aucune bouteille libellée V.T. en dessous de 15 euros les 75 cl.
=> en terme de rapport Q/P, c’est le gewurztraminer 2010 qui remporte la palme suivi par le surprenant Sainte Croix du Mont qui, malgré sa simplicité, offre la possibilité d’entrer dans l’univers des vins moelleux à peu de frais.

- Ceci dit, comme tout œnophile convaincu qu’il vaut mieux boire moins et boire bien, je militerai évidemment en faveur de l’achat de V.T. alsaciennes…
à bon entendeur !

Publié dans : Oenothèque Alsace - Communauté : Oenologie: apprécier le vin.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

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rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

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