Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 14:13



Chers visiteurs œnophiles et néanmoins attirés par la fameuse « Féerie de Noël strasbourgeoise » (sans commentaire… !), s’il y a un endroit où je vous conseille de  passer en ces temps de festivités aussi artificielles qu’ennuyeuses, c’est au Marché de Noël de la Place d’Austerlitz. Cachés dans quelques chalets en bois entre deux marchands de « Bredele » alsaciens, quelques très bons vignerons indépendants de la « Couronne d’Or » (Anstotz, Brand, Bechtold, Fritsch, Loew et Schmitt…pour ne citer qu’eux) se relaient durant un mois pour faire déguster leurs vins aux visiteurs.
J’y ai rencontré Jean-Marie Bechtold par deux fois et, tout en me régalant avec un riesling Engelberg 2009, notre discussion a dérivé vers la qualité du dernier millésime : « si tu veux tu viens prochainement à Dahlenheim, on fera un tour de cave pour voir comment se portent mes  cuvées 2011 »…voilà le type d’invitation que j’ai beaucoup de mal à décliner !

C’est ainsi qu’une petite semaine à peine après le réveillon je me retrouve en compagnie de Philippe  « l’oenophil » chez Jean-Marie Bechtold pour un retour vinique sur 2011. Voilà une année qui commence plutôt bien !

 

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La gravure de la « Nef des Folles » est présente sur toute les cuvées du domaine

 

 

Armés de nos INAO nous nous retrouvons tous les trois dans le chai où, entre cuves inox, foudres et barriques nous passons en revue les jus du dernier millésime. Je ne prends pas de notes détaillées mais j’essaie de mémoriser quelques sensations pour les retranscrire une fois de retour chez moi : exercice difficile, forcément imprécis mais qui laisse la place à des échanges plus conviviaux lors de la dégustation.

Le blanc de base pour le Crémant d’Alsace est déjà bien en place, précis, frais et fruité, il se boirait très bien sans bulles, le rosé qui servira pour fabriquer la cuvée crémant rosé est un peu léger et se montre assez impersonnel, en voilà un qui aura bien besoin de quelques bulles pour se construire !

 

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Assemblage de pinot noir et de chardonnay et très peu dosé…un crémant très « champenois »



Les cuvées génériques ont presque toutes terminé leurs fermentations et présentent des matières agréables, sans trop de volume mais avec un fruit délicat et des acidités très franches…une belle série de vins guillerets et gourmands en perspective.

Sur les terroirs autour de Dahlenheim, Jean-Marie a rentré quelques pépites, notamment sur le Sussenberg avec une cuvée de riesling vraiment flatteuse qui se montre déjà presque prête à boire et sur le Silberberg avec un gewurztraminer tout en délicatesse. Comme chaque année l’Obere Hund a produit un muscat exceptionnel, sec et profondément aromatique, et un pinot noir dense et charnu avec une trame tannique fine et serrée.

On trouve aussi beaucoup de concentration et d’équilibre sur les trois cuvées du Grand Cru Engelberg. Le riesling droit et sec se situe dans la lignée des belles réussites du domaine et le gewurztraminer est étonnant parce qu’il allie une grande fraîcheur (il est quasiment sec) avec une chair dense et ferme et une grande finesse aromatique…voilà un vin dont on reparlera surement !

Avec un hiver long et froid, un printemps estival et sec, un été frais et humide et un début d’automne chaud et ensoleillé, le millésime 2011 a obligé les vignerons a effectuer des choix stratégiques lors de chaque étape de la conception de leurs vins.
Au domaine Bechtold, les risques d’attaque de pourriture durant l’été ont été considérablement limités par un contrôle des rendements qui a bien équilibré la vigne et par un travail du sol bien dosé qui a permis à la plante de s’épanouir et se fortifier malgré des conditions climatiques complexes. Pour les vendanges Jean-Marie Bechtold  a pris l’option de ramasser dès que la maturité physiologique était atteinte « on a attendu que les peaux et les pépins soient mûrs et on a vendangé sans essayer de gagner des degrés supplémentaires ».
Depuis quelques millésimes ce vigneron recherche a concevoir des vins plutôt secs «  mais ce n’est pas facile dans chaque millésime car lorsqu’on travaille pour contrôler les rendements, on a les degrés qui montent facilement ». Pourtant, après ce rapide tour de cave, il y a de quoi être confiant. A  l’heure actuelle, la plupart des cuvées ont terminé leurs fermentations et commencent à révéler leur style sur ce millésime : les matières bien mûres et les équilibres frais et toniques de ces vins  en gestation laissent voir l’avenir avec une bonne dose d’optimisme…
 

 

Nous remontons dans le caveau de dégustation avec un vigneron qui vient de faire un tour dans sa réserve personnelle de bouteilles et qui nous invite à goûter en sa compagnie une série de flacons couverts de poussière.
Les vins qui nous sont proposés sont tous issus du millésime 1983 : le débouchage de plusieurs de ces bouteilles s’avère extrêmement problématiques et annoncent d’inévitables déviations liégeuses…dommage car aucun de ces vins ne semblait véritablement souffrir de son grand âge. Il n’en reste pas moins que dans la série nous avons rencontrés 2 superbes vins : un Sylvaner 1983, complexe et d’une fraîcheur incroyable et un très grand Pinot gris Silberberg V.T. 1983 qui se goûtait pratiquement sec mais qui possédait une palette très racée et une structure où le gras et la tension résonnaient en une parfaite harmonie…Superbe émotion !

Ces vieux flacons confirment que les terroirs de Dahlenheim sont aptes à produire de grands vins de garde : après près de 30 ans de vieillissement  toutes ces cuvées se tenaient encore très bien dans nos verres même si des altérations liégeuses ont gâché notre plaisir sur plusieurs échantillons : « en 83 les vignerons alsaciens  étaient souvent servis en dernier par les bouchonniers, avec des qualités de liège plutôt médiocres »…espérons que ces pratiques discriminatoires n’ont plus cours aujourd’hui !
Le pinot gris 83 était splendide « une V.T. qu’on avait essayé de vinifier en sec car à l’époque on n’avait pas l’habitude de concevoir des cuvées moelleuses au domaine… »
Etrange et atypique, peut-être…mais il n’en reste pas moins  qu’après 3 décennies en cave, ce vin s’exprime avec une grande plénitude. Une jolie claque !

 

 

L’heure étant déjà bien avancée, Jean-Marie nous sort une dernière cartouche sélectionnée sur sa carte actuelle, c’est le Muscat Obere Hund 2010 : un fruité irrésistible et une présence en bouche qui répond bien à l’exubérance du nez…le muscat comme je les aime…MIAM !


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Après trois heures dans une cave à parler vin, viticulture, vinifications et de bien d’autres sujets d’ailleurs je me dis que ce premier week-end de 2012 commence plutôt bien…voilà une après-midi bien remplie !

La dégustation de vins nouveaux reste toujours très compliquée pour un profane comme moi mais l’exercice me plaît de plus en plus : taster des matières brutes et souvent perturbées par de récentes réactions chimiques pour imaginer la personnalité d’une future cuvée demande une compétence que seule une longue expérience pratique peut construire. Guidé par le vigneron on essaie de prélever quelques indices pertinents dans ce vin en devenir : équilibre de la structure, nature de l’acidité, sensations salines…
Le verdict dépend essentiellement des sensations en bouche et je me rends compte qu’il me reste encore bien du chemin à parcourir avant de pouvoir décrypter ces breuvages avec précision et pertinence…mais je ne désespère pas, j’ai bien l’intention de continuer à m’entraîner !

Pour les vins d’un âge vénérable comme cette série de quasi-trentenaires du millésime 83, j’ai pris pour habitude de changer de logiciel d’analyse pour les apprécier : lorsque je reste sur un registre purement organoleptique j’avoue préférer très souvent l’expression des vins un peu plus jeunes…mais face à ces témoins de l’histoire, je n’hésite plus à partir dans des univers moins rationnels faits de souvenirs et d’émotions…et le plaisir est toujours au rendez-vous.

Je crois que j’ai beaucoup de la chance d’avoir des vignerons comme Jean-Marie Bechtold dans le cercle de mes relations œnophiles.
Merci à lui, pour ces instants précieux.

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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 17:47

LES IGNORANTS – ETIENNE DAVODEAU

 

 

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Ca fait depuis bien longtemps que je n’ai pas publié de billet sur un livre et je suis vraiment heureux de reprendre cette bonne habitude avec cette bande dessinée qui a rencontré un très beau succès commercial en cette fin d’année mais dont la blogosphère vinique a étonnamment peu parlé jusqu’ici (à ma connaissance du moins…).


Dans ce volume de 270 pages Etienne Davodeau nous raconte sa rencontre et ses échanges avec Richard Leroy : c’est l’histoire d’un auteur de BD qui ne sait rien (ou si peu) du monde du vin et d’un vigneron ligérien qui n’a jamais lu de BD qui ont décidé de durant une année leurs connaissances, leurs expériences et même une partie de leurs vies quotidiennes.
Etienne Davodeau va apprendre les mystères qui se cachent derrière une bouteille de vin et Richard Leroy va suivre une sorte de parcours initiatique dans le monde de la bande dessinée.
Les vignettes sont en noir et blanc mais le dessin est stylé et précis, les textes clairs foisonnent d’informations sur ces deux univers à priori si différents…un vrai plaisir de plonger dans ce livre qu’on a beaucoup de mal à lâcher avant la fin.

Les vins et les livres comme vecteurs pour développer et enrichir des relations humaines…voilà une philosophie de vie que je partage toujours avec enthousiasme.

Pour les assoiffés sachez que Richard Leroy est vigneron à Rablay sur Layon. Il travaille ses vignes en biodynamie et produit des vins blancs à base de chenin sans revendiquer l’A.O.C.
C’est ainsi que ses deux cuvées « Clos des Rouliers » et « Noëls de Montbenault » sont vendues sous l’appellation « Vin de France ».


« Les Noëls de Montbenault » a été dégusté lors d’une soirée du club A.O.C. l’année dernière.

Publié dans : Feuilles à déguster
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 14:38



Le dernier bouchon de champagne des festivités de fin d’année a sauté il y a moins d’une semaine et déjà notre club A.O.C. reprend ses activités oenophiliques avec un programme assez ambitieux. Espérons que les palais de nos dégustateurs seront frais et dispos pour apprécier pleinement les deux séries de bouteilles collectées pour illustrer les thèmes suivants :

- Thème 1 : suite bourguignonne en rouge majeur.
- Thème 2 : variations alsaciennes monochromatiques.


J’ai accepté la difficile mission de trouver des belles quilles bourguignonnes à maturité pour taster un peu ce que cette région peut nous offrir de mieux.
Eric le rieslingomane militant s’est chargé de nous composer une série de blancs alsaciens pour nous surprendre…agréablement je l’espère.

Les vins de la première série sont servis cachés, 2 par 2 puis 1 par 1 pour les 3 dernières bouteilles.
Les vins de la seconde série sont cachés et servis 2 par 2.

Verres INAO.


Soirée Club AOC du 6 janvier 2012 à La Wantzenau



Thème 1 : suite bourguignonne en rouge majeur…harmonie et dissonances.



Morey Saint Denis Le Village 2008 – H. Murat à Concoeur : le nez est discret avec de subtiles notes florales, la bouche attaque sur la rondeur et la soie mais la matière reste très légère et la finale déçoit par son austérité peu agréable.
Santenay 1° Cru Clos de la Comme 2008 – D. Clair à Santenay : le nez reste discret mais offre de beaux arômes de fruits noirs, en bouche la texture est charnue avec une belle mâche et la finale séduit par sa fraicheur acidulée très tonique.
Le Morey en très petite forme a franchement déçu : peu aromatique avec une structure bien fluette, ce vin a dérouté les dégustateurs dont quelques uns connaissaient le domaine depuis plusieurs années.
Le Santenay 1° Cru a bien mieux tenu son rang avec une matière plus charnue et un potentiel d’évolution évident.
1-0 pour le Côte de Beaune…étonnant non ?

 

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Gevrey Chambertin 2003 – A. Guyard à Marsannay : le nez est d’intensité moyenne avec des notes de prune mûre et quelques nuances plus évoluées, la bouche est fine avec une petite rondeur très élégante, la finale de longueur moyenne livre quelques belles notes minérales.
Pommard Les Noizons 2003 – D. Carre à Meloisey : le nez est expressif, un peu confit, on y reconnait la mûres et les épices, après une attaque bien pointue, la bouche révèle un joli volume et une densité considérable, la finale longue et bien aromatique laisse un sillage finement poivré.
Voilà deux vins issus du caniculaire millésime 2003 qui se montrent encore très alertes avec une belle palette olfactive et un équilibre agréable et encore assez tonique en bouche. Le supplément de densité du pommard par rapport au gevrey me fait pencher une fois de plus vers la Côte de Beaune dans mes préférences

 

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Corton Bressandes 1998 – J.R. Nudant à Ladoix Serrigny : le nez est peu intense et marqué par des notes de sous-bois, terreuse et végétales, la bouche est dense avec une matière concentrée mais au toucher un peu revêche, la finale est sèche et végétale.
Dégusté il y a quelques années ce vin m’avait semblé peu en place et demandait peut-être encore un peu de garde…aujourd’hui le verdict est différent : l’analyse des sensations perçues me ferait plutôt diagnostiquer un cruel déficit de maturité. Décevant !

Echezeaux 1998 – D. Duband à Chevannes : le nez est complexe et raffiné sur les fruits rouges très mûrs et une touche de violette, la bouche est corsée et richement aromatique tout en gardant une belle vivacité en fond, la finale est très longue et laisse persister de belles notes de cerise burlat et de noyau.
Précis, racé mais très gourmand, ce Grand Cru semble avoir entamé sa phase de maturité optimale, tout en gardant une belle réserve pour durer encore…Très grande bouteille !

Mazis Chambertin 1997 – Harmand-Geoffroy à Gevrey Chambertin : le nez discret se déploie sur un registre tertiaire subtil et très agréable, la bouche semble beaucoup plus jeune avec une belle tonicité et des arômes fruités très distingués, la finale révèle une trame tannique fine et serrée et une acidité assez vive.
Même si l’olfaction trahit son âge, ce vin a gardé une bouche insolente de jeunesse. D’habitude je crains un peu les profils aromatiques trop évolués (je suis un peu « chocotte » avec les notes animales…) mais là je dois reconnaître que cette bouteille m’a particulièrement séduit…La classe !

 

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Pour conclure :

- le principe de cette petite dégustation bourguignonne consistait à associer un cru de la Côte de Beaune et un cru de la Côte de Nuits sur les mêmes millésimes avec une série qui remonte dans le temps pour terminer avec quelques belles pointures arrivées à maturité. Le choix des flacons ne fut pas chose aisée mais avec 4 bonnes surprises et 2 franches déceptions nous pouvons qualifier cette sélection de positive même si la magie n’a véritablement opéré qu’une seule fois !

- aujourd’hui, les rouges de 2008 ont montré un profil assez austère et difficile à approcher, les 2003 se sont révélés gourmands et équilibrés et la grande différence de niveau des deux Grands Crus de 1998 nous a rappelé que ce millésime fut assez compliqué en Bourgogne même sur les grands terroirs. Quant au 1997, invité de dernière minute, il a tenu vaillamment de rôle de cerise sur le gâteau…on aurait eu tort de s’en priver !

- Pour le coup de cœur aucune hésitation, l’Echezeaux 1998 s’impose sans hésitation mais je n’oublie pas la très belle surprise créee par le Pommard 2003, qui ne joue pas dans la même catégorie (de prix en l’occurrence) mais qui tient crânement sa place face aux Grands Crus.

 

 

 

Thème 2 : variations alsaciennes…sur 6 tons blancs.

 

 

Pinot Blanc Clos des Capucins 2008 – Domaine Weinbach à Kaysersberg : le nez est discret et précis, fruits blancs et notes pierreuses se partagent la palette, la bouche se montre nette et bien gourmande et la finale est fraîche et complexe avec des notes de pamplemousse et une touche minérale très affirmée.
Sylvaner Cuvée Hors la Loi 2002 – S. Landmann à Soultzmatt : le nez est intense et expressif sur le raisin sec et la pomme confite, la bouche est généreuse avec une palette révélant la surmaturité et le botrytis, le fruit est encore bien présent mais le caramel et la torréfaction (café) dominent la finale.
Les petits cépages alsaciens se montrent de façon complètement opposée dans ces deux cuvées : le vin de Seppi est hors norme à tous points de vue (même son prix d’ailleurs…) mais la vraie bonne surprise fut l’impeccable tenue du pinot blanc du Clos des Capucins. Superbe bouteille !

 

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Riesling G.C. Sommerberg 2007 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr : le nez est fin et bien guilleret avec une palette sur le citron et les fleurs blanches, en bouche l’attaque est vive et pointue mais le milieu montre une douceur très gourmande et la finale se prolonge sur des évocations minérales très nobles.
Auxerrois 2004 – Rolli-Gassmann à Rohrschwihr : le nez est pur mais pas très expansif avec un fruité discret, la bouche est plutôt ronde sans être trop volumineuse, l’équilibre reste très digeste et la finale livre un joli bouquet de notes florales.
J’ai reconnu tout de suite la patte de Claude Weinzorn sur le premier vin mais j’aurai parié sur un Brand, trompé par la finesse et la distinction qu’à montré cette bouteille ce soir. L’auxerrois a été le vin surprenant de la série : j’ai largement préféré le riesling mais cette cuvée d’entrée de gamme n’a absolument pas démérité…dans un millésime très difficile les Rolli-Gassmann un réussi un vin simple mais vraiment bon. Chapeau !

 

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Pinot gris Le Maréchal 2008 – F. Schmitt à Orschwihr : le nez est intense et complexe sur les fruits jaunes et les épices douces avec quelques notes boisées et mentholées, la bouche est généreuse, le gras est sensible et le milieu révèle une touche moelleuse bien intégrée, la finale est longue et de grande tenue.
Gewurztraminer G.C Osterberg V.T. 2006 – L. Sipp à Ribeauvillé : le nez est fin et précis sur la rose et la guimauve, la bouche est très riche avec une texture épaisse, presque huileuse et un volume tout en largeur, la finale est longue, très aromatique mais peut-être un peu monolithique.
Les deux cuvées plus baroques de cette série jouent leur partition sans fausse note : les matières sont concentrées et les équilibres tenus avec aplomb malgré une grande richesse. Le pinot gris, que j’ai découvert cette année lors de mes visites au domaine, a pris une patine de toute beauté et a trouvé une harmonie que je ne lui connaissais pas jusqu’ici. Le gewurztraminer possède un moelleux de très belle facture mais qui reste encore très dominant…un vin qui a surement encore besoin de quelques années d’affinage en cave.


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Pour conclure :

- cette série proposant 6 vins aux styles très différents a tenu ses promesses en livrant son lot de vraies « surprises » : une fois de plus l’incroyable diversité des vins d’Alsace a étonné les dégustateurs présents.

- avec des variables comme les cépages, les terroirs, les millésimes et les différentes méthodes de vinification on n’est pas prêt à sombrer dans l’uniformité dans la production viticole alsacienne. Ces six bouteilles nous ont proposé un tout petit aperçu du champ des possibles tout en montrant un très haut niveau d’exigence qualitative.
Voilà un thème que je reprogrammerais bien pour la saison suivante !

- difficile d’isoler un coup de cœur dans cette sélection où la hiérarchisation des cuvées est rendue très difficile par la grande variété des bouteilles présentées. Néanmoins, j’ai envie de mettre en avant ma préférence très « affective » pour le riesling de Claude Weinzorn et pourquoi pas pour le pinot gris de Frédéric Schmitt qui ouvre une voie nouvelle et originale dans la conception des vins d’Alsace…

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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 11:38

Château Chalon 1983 – Fruitère Viticole de Château Chalon à Voiteur

Robe : jaune doré, épais dense mais avec une belle brillance.
Nez : fin et très complexe, il s’ouvre sur des arômes de croûte de pain et d’herbe sèche avant de développer une palette riche et racée sur les fruits secs et les épices comme le curcuma et le cumin.
Bouche : l’attaque est assez douce mais une acidité très large et bien pointue s’invite rapidement pour donner le change à une matière très grasse, la finale fraîche et bien minérale possède une longueur aromatique inouïe avec des notes d’épices particulièrement raffinées.
A 28 ans ce Château Chalon semble avoir atteint une maturité parfaite…les arômes ont perdu leur côté entêtant, la matière en bouche a pris une patine de très grande classe. Pour faire court, voilà une superbe bouteille qui n’a comme seul défaut le volume beaucoup trop petit de son contenant.


Pinot Gris Grand Cru Bruderthal 2004 – G. Neumeyer à Molsheim

Robe : or jaune brillant mais avec une texture visiblement bien épaisse.
Nez : subtil, complexe, assez classieux il exprime de belles notes d’abricot mûr et de pêche jaune avec une touche délicatement fumée.
Bouche : l’attaque est moelleuse mais la vivacité se manifeste assez vite pour tendre la structure, les fruits jaunes restent très présents et la finale garde une belle sapidité avec des notes épicées et une délicate amertume.
J’ai toujours quelque inquiétude lorsque j’ouvre une bouteille de ce millésime 2004 où des marqueurs végétaux souvent assez inélégants limitent grandement le plaisir, mais avec ce pinot gris tout n’est que gourmandise, finesse et équilibre.
Effets du terroir ? Patte du vigneron ? Patine du temps ?…sûrement une conjonction des trois pour cette bien belle bouteille. MIAM !       


Riesling Brut 2008 – Weingut Kessler à Esslingen

Robe : jaune clair, limpide avec une effervescence très fine.
Nez : très frais avec d’agréables notes de citron, de pomme granny, d’amande et une très légère touche boisée.
Bouche : l’équilibre est vif et tonique avec un fruit toujours bien présent et une bulle très fine.
Ce crémant de riesling allemand récolté sur le terroir du Schenkenberg à Esslingen et dégorgé en juin 2010 est d’une qualité irréprochable : vif, aromatique et parfaitement équilibré (12°4, 8,5 g/l AT et dosé à 8,5 g/l)…tout ce qu’on demande à ce style de vin.
Ceci dit, lorsqu’on sait que la maison Kessler est le plus ancien producteur de vins effervescents d’Allemagne cette maitrise est tout à fait explicable. Très beau vin !
 

 

 

Sylvaner Grand A 2005 – Domaine R. Schmitt à Bergbieten

Robe : jaune clair encore très vif.
Nez : net, précis et bien pointu avec de beaux arômes de pamplemousse, d’herbe sèche et d’amande.
Bouche : vive et équilibrée elle étonne par son volume et sa tenue, la finale est précise et profondément saline.
Avec un 2004 dégusté récemment et qui avait vraiment le chapeau sur l’oreille, j’ai ouvert cette bouteille avec quelque inquiétude…mais au premier coup de nez la fraîcheur de cette cuvée s’est révélée avec force. Cette belle parcelle de vieux sylvaners sur le Grand Cru Altenberg de Bergbieten, produit parfois des vins miraculeux…MIAM !


Humagne blanche Gypsum 2008-Clos de Mangold – S. Reynard et D. Vorone à Saviese

Robe : jaune clair et très brillant.
Nez : fin et raffiné il s’ouvre avec quelques notes d’élevage avant de laisser la place à des arômes très gourmands de citron et de verveine complétés par des nuances plus pierreuses.
Bouche : l’attaque révèle un léger CO2, la bouche est très gourmande avec du gras, de la vivacité et un finale fruitée et minérale de grande classe.
Offerte par Nicolas Herbin lors d’une soirée d’échanges oenophiliques en Ardèche cette bouteille m’a particulièrement séduit par son caractère original et sa distinction. Je ne connais vraiment rien aux vins suisses mais cette bouteille d’A.O.C. Valais m’a donné une furieuse envie d’Hélvétie…Il va vraiment falloir que j’agrandisse ma cave !


Riesling Grand Cru Osterberg 2005 – L. Sipp à Ribeauvillé

Robe : jaune franc avec un bel éclat.
Nez : intense et très complexe, il offre une palette sur l’orange mure, l’anis et quelques notes minérales de craie et de pierre chaude.
Bouche : le gras et la chair sont présents et donnent une belle onctuosité à la matière mais la minéralité qui sous-tend la structure crée un équilibre raffiné avant de s’imposer en finale où on ressent à nouveau des nuances pierreuses et légèrement fumées..
Ouvert pour accompagner notre repas du soir après notre dégustation musicale au domaine Sipp, ce vin a pleinement tenu ses promesses : grand terroir, grand vigneron et millésime superbe dont les belles quilles commencent à donner la pleine mesure…Grosse CLAQUE !

 

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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 14:57

 

Déjà un an passé depuis la dernière édition de la « Dégustation musicale aux chandelles » au domaine Louis Sipp !
Mais qu’importe…la perspective de revivre cette belle expérience me fait rapidement oublier l’inéluctable défilement du temps, toujours trop rapide pour les gens de mon âge.
Après quelques pas dans les rues de Ribeauvillé, sous une pluie fine et pénétrante, nous nous retrouvons au premier étage de la maison Sipp, dans la chaleur douillette de la « Stube » où nous attendent Etienne, son équipe et les deux artistes qui vont animer la soirée.

 

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  La rue principale de Ribeauvillé en décembre.


Comme l’année dernière, pour cette soirée à la lumière des chandelles, notre vigneron mélomane nous propose de combler nos sens par quatre nouvelles associations musico-viniques.
L’altiste Anne-Irène Kempf qui nous avait gratifié d’un très beau concert en 2010 est accompagnée ce soir par la violoniste Claire Monjauze : voilà une belle occasion pour alterner des pièces pour instrument seul et des duos, à la recherche d’une synergie sensorielle avec quelques vins du domaine Sipp.
 

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  Claire Monjauze et Anne-Irène Kempf.

 


Le verre de Crémant d’Alsace Rosé proposé à l’apéritif est illustré par le Madrigal pour violon et alto de Bohuslav Martinu :
Ce crémant issu du millésime 2007 possède un cordon de bulles fin et persistant et une robe rose pâle qui donnent immédiatement un côté festif à la table. Son nez est agréable sur le pain grillé et les petits fruits rouges et sa bouche est vive et fruitée avec une finale où on sent un petit côté tannique très subtil.
Cette musique énergique et inventive a résonné presqu’à l’unisson avec la pétillance de ce vin…la soirée est bien lancée !

 

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  Une table qui sent bon la fête…

 


Le Riesling Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé 2009 a été accompagné par la Troisième partita pour violon seul, en mi majeur BWV 1006 de Jean-Sébastien Bach :
Ce riesling précis et pointu dont le nez s’ouvre sur des arômes de citron, de citron vert et de craie avant de livrer quelques belles notes florales, possède une structure droite et minérale et une finale très agréable où on décèle une petite douceur et quelques notes fumées.
La musique de Bach qui nous emmène dans un monde où cohabitent rigueur classique et inventivité sans fin, sied parfaitement à ce vin très vertical au premier abord mais qui se révèle de plus en plus charmeur lorsqu’on le côtoie assez longtemps pour en saisir toute les subtilités.


La Sonate pour alto seul opus 25 N°1 de Paul Hindemith qui nous emmène presque aux antipodes par rapport à la pièce précédente se déguste en compagnie du Pinot Gris Grand Cru Osterberg 2007 :
Ce vin au nez charmeur avec un fruité presque confit possède une bouche ample et charnue avec du gras et un moelleux bien intégré, la finale est fraîche et délicatement acidulée.
Cette pièce en 4 mouvements de ce compositeur ouvertement iconoclaste nous emporte dans une musique qui alterne des moments assez sauvages avec des parties très poétiques…comment trouver un vin qui s’harmonise avec cette œuvre ?
Etienne Sipp a parié sur le côté « enraciné et terrien » de ce vin pour accompagner les envolées parfois dissonnantes de ce morceau. Habile et très réussi, chapeau !

 

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  Le pinot gris 2007.



Le Gewurztraminer Grand Cru Osterberg 2007 et le Duo en sol majeur pour violon et alto K. 423 de Wolfgang-Amadeus Mozart ont été choisis comme le dernier couple musico-vinique de cette belle soirée :
Issu d’une vieille parcelle au cœur du Grand Cru, ce vin est étonnant de complexité aromatique (fruits exotiques, rose, violette, épice) et nous séduit complètement avec une bouche suave et élégante. Le bouquet est bien complexe sur les fleurs et la craie humide, la finale revient longuement sur des notes de rose.
La perfection de Mozart et celle d’un gewuztraminer où tout semble être à la juste place avec la juste mesure…que dire de plus ?
 

 

Rien……………juste un silence mozartien !


Pour conclure :

- Penser à associer des vins et des mets est une démarche naturelle, réfléchir à d’éventuelles synergies positives entre vin et musique est un peu plus rare…saluons avant toutes choses l’initiative d’Etienne Sipp qui nous a permis de réaliser cette seconde expérience sur ce thème.

- Avec des morceaux de musique savamment choisis et brillamment interprétés dans une ambiance sereine et intimiste, les vins du domaine Sipp ont été servis dans des conditions de dégustation plutôt inhabituelles. Mais goûter des vins comme des œuvres musicales, et vice-versa nous emmène dans un univers sensoriel insoupçonné…quel beau voyage !

- La mise en scène inhabituelle de cette dégustation m’a soumis à un monde de sensations gustatives et auditives d’une rare densité : de la musique, des arômes, des goûts, très peu de paroles…une expérience rare !
Vivement la prochaine édition !

- Les esprits chafouins me traiteront de fainéant mais qu’importe, j’ai relu ma conclusion rédigée à l’occasion de l’édition 2010 et je n’ai rien de mieux à dire en 2011…cette soirée était simplement parfaite !

Bravo et merci à tous ceux qui ont œuvré pour nous régaler ce soir.

 

p 009 Ouverte dès notre retour à Strasbourg pour prolonger encore un peu la soirée…Très grande bouteille !

Publié dans : Visite au domaine - Communauté : vin d'alsace
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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