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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 11:08


C’est à Arboras, un petit village accroché au flanc d’une colline au pied du Mont Baudile, que le couple Supply-Royer a décidé de s’installer pour se rapprocher de leurs lieux de travail respectifs et de leurs vignes.


Arboras

A l’occasion de cette deuxième visite au domaine, Eric Supply me propose une promenade pour me faire découvrir ses fameuses parcelles. Il est près de 18 heures lorsque nous partons sous un soleil de plomb dans le vignoble des Terrasses du Larzac.

 

Vignoble des Terrasses du Larzac vu d’Arboras


La première étape nous conduit au lieu dit « La Croix du Pin » où le couple a acheté une petite vigne de roussane.

 
La Roussane de la Croix du Pin


Un sol sec et caillouteux, une densité de plantation élevée (7000 pieds/Ha), des piquets en bois (« il n’y a qu’un seul fou ici qui plante des piquets en bois dans ses vignes ») et trois rangs d’aligoté (« pour le peps et en souvenir des 10 années passées en Bourgogne ») : la promesse d’une grande cuvée en perspective…

 
2 labours ont eu raison de la végétation inter-ceps, la sècheresse et la canicule ont fait le reste.


La deuxième étape nous conduit au lieu dit « Les Crouzets » où se trouve une vieille vigne de mourvèdre qui a livré sa première cuvée en 2007.

Le mourvèdre des Crouzets.

C’est une parcelle ingrate qui demande énormément de travail pour des rendements très faibles (autour de 10 hl/ha « si tout va bien »).
Comme on peut le constater sur la photo ci-dessus il y a des ceps atteints par l’esca, « il y en a de plus en plus, j’arrache et je replante de jeunes pieds qui ont l’air de prendre, mais certains jours je me demande s’il ne faudrait pas tout arracher… »
Quand on a eu la chance de goûter la première cuvée on ne peut qu’espérer qu’Eric hésitera encore longtemps avant de prendre cette mesure radicale…


De beaux pieds de mourvèdre sur le sol caillouteux des Crouzets avec au deuxième rang un petit nouveau…

La troisième halte se fait au niveau de la parcelle de bourboulenc : « une vigne qui souffre »
sur un terrain argileux et sableux en légère pente, exposé aux ardents rayons de ce soleil estival. Une petite haie borde cette vigne en contrebas « une haie magique, qui libère des arômes incroyables dès la tombée du jour ».
 

Les bourboulencs de Nega-Saumas

Acquise en 2001 (« notre premier investissement ») cette parcelle produit très peu (« peut-être 8hl/ha cette année ») mais dès les premiers millésimes le niveau de qualité s’est révélé exceptionnel.


Des ceps noueux dans un sol terriblement aride : les bourboulencs en souffrance !

La vigne de Pey-Cherres constitue la dernière étape de notre petit tour : elle se mérite en empruntant un petit sentier qui grimpe entre chênes, oliviers et garrigue. C’est une petite parcelle de syrah entourée d’arbres, un lieu qui respire la sérénité, « un coup de cœur absolu : dès que je l’ai aperçue, j’ai su que j’allais l’acheter ».
 

La syrah de Pey-Cherres

Des ceps vigoureux richement chargés en fruits (« il va falloir en faire tomber quelques uns prochainement ») s’épanouissent dans cet environnement protégé de la chaleur et du vent.

 

De belles grappes de syrah sur cette parcelle « coup de cœur ».

C’est ici aussi qu’Eric Supply a planté des oliviers et des chênes truffiers et envisage de mettre en culture une petite parcelle en friche : il faut croire que Pey-Cherres n’a pas encore révélé toutes ses richesses.


De retour dans la cave voûtée sous la maison d’Arboras, où Eric Supply a commencé à organiser son petit espace de travail, nous partons, verre à la main, pour une seconde visite des parcelles de ce domaine.

·    Le Bourboulenc de Nega Saumas 2008 est encore en cours d’élevage sur lies. Il est gras, puissant, concentré avec une finale tendue et de belle longueur.

·    La Roussanne de la Croix du Pin 2008 est un vin gourmand avec de délicieux arômes de fruits jaunes qui s’épanouissent en bouche. L’ensemble garde une belle fraîcheur, grâce notamment à un petit pourcentage de bourboulenc, qu’Eric a rajouté pour donner plus d’énergie à cette cuvée.

·    Le Mourvèdre des Crouzets 2008 est marqué par les fruits noirs et possède une structure charnue avec des tanins soyeux. Il allie parfaitement puissance et digestibilité.

·    La Syrah de Pey Cherres 2008 séjourne encore dans les 4 pièces de chêne avec des malos en cours. Nous goûtons néanmoins un assemblage réalisé à la pipette pour se faire une idée : la palette aromatique est discrète mais la matière est imposante. Le vin est gras, soyeux sans aucune lourdeur avec une persistance finale très longue… ça promet !

Le 2007 est une gourmandise, marquée par la griotte à l’eau de vie, le chocolat fin et un boisé assez présent. La matière est riche (14°5) mais sans aucune lourdeur et la finale est longue et fraîche.

Le 2006 est magnifique de concentration et d’expression aromatique. On sent la garrigue à plein nez (thym, genévrier…) avec quelques notes de vanille et de cacao amer. Les fruits noirs explosent en bouche sur une structure tannique serrée mais soyeuse…miraculeux !

Une nouvelle fois je suis parti de là, comblé par la qualité de l’accueil d’Eric Supply et par le niveau des vins dégustés.
Ce vigneron, qui occupe à temps plein le poste de maître de chai au domaine de Malavieille à Saint Saturnin de Lucian, nous prouve qu’avec de la passion, un solide savoir-faire et surtout un amour sans retenue de son pays et de son terroir, il n’est point besoin d’un arsenal sophistiqué pour réussir de grands vins. Avec quelques arpents de vigne bien choisis et quelques modestes équipements, Eric Supply nous régale chaque année avec des cuvées brillamment vinifiées qui, sans renier leurs solides origines méditerranéennes, offrent une subtile complexité et un équilibre parfait.
Merci pour tout !


Le mont Baudile
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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 15:56


Tout amateur de vin et autres bonnes choses, de passage sur le littoral gardois devrait se noter cette adresse : sur la route des magnifiques plages de l’Espiguette, se trouve un grand espace climatisé tout entier dédié à ce que cette région produit de meilleur en vins, huile d’olive et gastronomie.

Une petite partie de l’espace vin.

Jérôme et Jean-Sylvain, deux cavistes passionnés, règnent sur un espace vin entièrement rénové, où on dispose d’un choix impressionnant de références : on y trouve les grands Languedoc, les pointures de la Vallée du Rhône, les cuvées haut de gamme des appellations gardoises mais aussi toute une série de vins plaisir, au rapport Q/P imbattable.
En été, un bar dégustation accueille quotidiennement des vignerons locaux pour qu’ils viennent présenter directement leurs produits à leur clientèle…Que demander de plus ?

C’est un véritable endroit de perdition pour estivant eonophile…
à ne pas rater bien sûr !


Voici quelques bouteilles grappillées durant mon séjour 2009 :

Côtes du Roussillon Les Sorcières du Clos de Fées 2008 – H. Bizeul à Vingrau
Robe : sombre et dense avec une frange violine.
Nez : complexe et profond avec des notes de griotte confite, d’amande douce et d’herbes  aromatiques.
Bouche : une matière concentrée et suave avec une finale de longueur moyenne un peu marquée par l’alcool.
Un premier contact avec ce domaine et une agréable surprise : le vin est savoureux et charmeur mais déjà solidement charpenté… si le haut de gamme du Clos des Fées est encore plus puissant, je crains de ne plus pouvoir suivre…
BIEN+

V.D.P. d’Oc Viognier Grange des Rouquettes 2008 – Vignobles Boudinaud à Fournès

Robe : jaune clair brillant avec des reflets orangés.
Nez : fin et discret sur un registre floral agrémenté de nuances un peu patissières.
Bouche : un très bel équilibre, frais et acidulé avec une finale délicatement vanillée.
Un beau vin conseillé par l’incontournable Jérôme, caviste à la Maison des vins de l’Espiguette, qui m’a annoncé avec tristesse que 2008 était un millésime maudit pour le viognier. Ce VDP est superbement bien vinifié, agréable et d’une fraîcheur réjouissante, même si on est un peu éloigné de la classique exubérance de ce cépage…mais à moins de 5 euros c’est une très belle bouteille pour l’été.
BIEN+

VDP d’Oc Marselan – Cellier des Vestiges Romains à Bouillargues
Robe : rubis très sombre.
Nez : franc et d’une belle pureté avec une palette sur les fruits noirs (mûre et myrtille) et quelques notes de réglisse.
Bouche : une chair gourmande équilibrée par une fraîcheur agréable avec une finale moyenne mais délicatement fruitée.
Pas de millésime pour ce modeste VDP qui procure un plaisir énorme avec un rapport Q/P hallucinant (2,80 euros c’est pousse au crime…)
BIEN+ (mais bien plus dans sa catégorie)

Coteaux du Languedoc A l’improviste 2008 - Mas de la Barben à Nîmes
Robe : jaune très clair avec une frange transparente.
Nez : subtil et élégant avec des notes florales très agréables soutenues par des nuances de citron confit.
Bouche : une attaque pointue qui s’émousse assez vite, l’ensemble est franc et accessible mais la finale est un peu plate.
Finesse et la légèreté, un parti pris assumé pour ce vin d’été sans prétention mais très bien vinifié…et avec un beau rapport Q/P (4 euros).
BIEN

VDP de Cévennes Mas de la Salle Les Quatuors 2008 – Allione, Fabre et Mazer à Corbès
Robe : jaune clair, légèrement trouble.
Nez : fin et profond avec des notes de fruits blancs soutenues par de délicates évocations balsamiques.
Bouche : un équilibre gourmand et une matière vibrante avec des nuances fruitées (abricot frais) et vanillées qui apparaissent progressivement. La finale est fraîche et de longueur moyenne.
Un OVNI encensé par Jérôme de l’Espiguette, 4 cépages (chenin dominant + viognier + 2 autres que j’ai oublié…) vendangés et vinifiés ensemble de manière traditionnelle (no levures, no sulfites, collage au blanc d’œuf…) dans un vieux mas cévenol. Une cuvée spéciale, rare un peu hors du temps mais plein d’énergie. J’aime !
TRES BIEN

Costières de Nîmes Château de Rozier 2006 – L. de Bélair à Manduel

Robe : rubis dense et très foncé.
Nez : franc et intense de cerise noire et de cacao, complété par quelques notes de garrigue.
Bouche : beaucoup de soie et de rondeur avec une trame tannique compacte mais très mûre et une finale un peu marquée par l’alcool.
Un vin d’une puissance redoutable (14°5 au compteur) mais relativement digeste…à rafraîchir et à siroter sur un Pélardon des Cévennes (une des rares associations fromage/vin rouge qui me convient).
BIEN+

Clairette de Bellegarde Terre de Chardons 2007 – EARL à Bellegarde
Robe : jaune clair, brillante.
Nez : discret et racé avec du citron confit et quelques notes exotiques, soutenues par quelques épices et un léger boisé.
Bouche : un gras qui flirte avec la lourdeur sans jamais y tomber, quelques nuances balsamiques et une finale moyenne avec quelques touches amères.
Un des premiers domaines en biodynamie dans le secteur, un vin ambitieux et très bien vinifié…Le chemin vers des produits de haut niveau sur ce terroir est tracé.
BIEN+


@+ et bonnes vacances à tous !

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 09:51
Riesling Rothstein 2007 – Domaine Lissner à Wolxheim

Robe : jaune pâle, avec des reflets argentés.
Nez : fin, subtil et complexe avec des arômes floraux (acacia) et fruités (poire mûre, de pêche blanche)
Bouche : une acidité cristalline, finement ciselée, un milieu de bouche à la rondeur avenante et une finale minérale et légèrement fumée… Le tout se cherche encore un peu pour créer l’harmonie parfaite, mais la matière est très belle.
Un riesling presque pédagogique pour comprendre la mode d’expression d’un terroir gréseux. C’est prometteur mais déjà très agréable en l’état.
TRES BIEN


Pinot Noir Sommelières 2007 – Domaine Lissner à Wolxheim

Robe : rubis sombre, assez dense avec des reflets violacés.
Nez : puissant et complexe de fruits rouges confits, de réglisse avec un boisé discret.
Bouche : charnu et rond, avec une toucher avenant et une palette aromatique qui s’épanouit pour finir sur des notes de noyau de cerise (presque comme un vieux morgon).
Un pinot noir issu de raisins récoltés en légère surmaturité, vinifié sans intrant et élevé en barriques durant 15 mois : un exercice de style parfaitement réussi, même si la cuvée mérite encore quelques années de patience pour exprimer son potentie.
A moins de 9 euros c’est presque un must !

TRES BIEN


Chablis 1° Cru Fourchaume 2006 – G. Domaine du Colombier à Fontenay

Robe : Jaune clair, avec des reflets vert-pâle
Nez : pur et fin avec des arômes de fruits blancs, de craie humide et de beurre frais.
Bouche : soyeux et large, ce vin tapisse la bouche avec des notes fruitées et légèrement mentholées. La finale est un peu courte cependant.
Version suave et mûre d’un Fourchaume… les puristes seront peut-être un peu déconcertés par la rondeur mais moi je suis conquis depuis bien longtemps par cette vision particulière de ce terroir.
TRES BIEN


Riesling G.C. Altenberg de Bergbieten Sélection Vieilles Vignes 2000 – Domaine Schmitt à Bergbieten.

Robe : Jaune assez soutenu et bien lumineux
Nez : franc et typé d’agrumes mûrs (pomelo et orange) avec des notes fumées.
Bouche : une matière charnue et ronde avec une acidité profonde tendue de l’attaque jusqu’à la finale épanouie, large et puissamment saline.
Pas de surprises, tout y est, à la bonne place et à la bonne dose : un travail d’une grande précision pour un grand riesling !
TRES BIEN


Morgon Côte de Py 2007 – Domaine J.M. Burgaud à Morgon

Robe : rubis assez dense avec une frange mauve.
Nez : une attaque sur de la quetsche fraîche suivie par une série d’arômes bien typés  où on retrouve la cerise noire et d’amande amère.
Bouche : un vin charnu et velouté, une matière juteuse avec des tanins présents mais mûrs. La finale laisse apparaître quelques notes alcooleuses encore un peu trop présentes.
Une fin de bouche un peu dissociée qui demande sûrement encore un peu de temps pour trouver l’harmonie parfaite, mais c’est déjà très bon…à tel point que je ne suis pas très optimiste pour la longévité de ces flacons dans ma cave
TRES BIEN-


Viré-Clessé La Verchère 2005 – Bret Brothers à Vinzelles

Robe : Jaune paille, très brillante.
Nez : belle intensité et grande pureté avec des arômes fruités (abricot frais et poire) et minéraux (craie humide).
Bouche : attaque vive et développement ample et gras avec une finale tendue marquée par des notes épicées.
La touche Bret est évidente avec un élevage ultra précis où le boisé commence à faire place à une palette vanillée- épicée très raffinée. Un vin à la minéralité plus affirmée que les Vinzelles…seul bémol : le lendemain le fond de bouteille était moribond, je n’en laisserai plus dorénavant !
TRES BIEN

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 17:04


Le livre est sous-titré « Dico incorrect du vin » et se propose de relever les abus de langage, les concepts creux, le jargon prétentieux, les idées reçues…, qui fleurissent dans l’univers du vin. Mission salvatrice s’il en est !
Roland Lecarpentier, tour à tour sommelier, maître d’hôtel, caviste puis marchand de vin nous offre un petit florilège de ces expressions toutes faites qu’il a répertoriées et décryptées.
Le ton est impertinent, un rien provocateur et parfois drôle…il y a quelques fulgurances délectables mais on s’ennuie quand même un peu à la longue.
Le contenu souvent ultra-basique avec des remarques souvent dignes du café du commerce ou de la brève de comptoir laissera sur sa faim tout amateur un peu cultivé.
Je vous livre quand même quelques définitions assez croustillantes :
« La lutte raisonnée veut dire : ne pas trop polluer pour pouvoir polluer plus longtemps »
« La technique des vendanges en vert est simple : on taille long, il y a des grappes, pas mal même, et la prédominance des clones a garanti un potentiel élevé. Si des problèmes surviennent (gel, grêle, pourriture), il en restera toujours un peu. Si les conditions sont bonnes, on fait tomber des raisins, la charge fait désordre ! On veut nous faire croire que c’est une démarche qualitative, ça peut l’être…mais c’est surtout une garantie de volume »

Voilà pour les vignerons …mais il y en a aussi pour les dégustateurs :
« Dégustation : technique qui nous autorise à cracher devant tout le monde sans passer pour un rustre. Horizontale, elle se pratique couché, de préférence vêtu d’une toge en compagnie de femmes lascives. Verticale, elle n’amène pas forcément à la grandeur. C’est souvent un théâtre de boulevard où des acteurs hésitants se perdent dans des discours ineptes et longs comme un jour sans vin, tout en rivalisant d’inculture et de prétention. On y dépense inutilement beaucoup de salive, d’où les crachoirs »
Celle là je l’aime bien…elle m’interpelle et m’amène à me poser certaines questions existentielles :
-    Suis-je ou non un dégustateur ?
-    Quand est-ce que Thierry Meyer nous organisera une vraie dégustation horizontale ?

Mais en définitive, pour 17 euros je pense qu’il vaut mieux se payer une belle quille et la siroter en silence.

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 17:37


L’été et la Fête de la Musique, c’est pour demain… pour l’heure place aux vins d’Alsace avec Thierry Meyer qui nous convie pour la seconde Masterclass de l’Oenothèque Alsace.
Comme d’habitude une bonne vingtaine d’oenophiles se retrouvent dans l’espace de dégustation de la Maison Wolfberger à Colmar pour une séance proposant 3 thèmes d’étude :
-    Pour ou contre les rosés de coupage
-    Les terroirs alsaciens en 2007 – comparaison avec 2005
-    L’évolution des rieslings moelleux : l’âge charnière.
Les vins sont servis 2 par 2, la dégustation et l’évaluation se font à l’aveugle, à l’exception des 2 premiers qui nous ont été infligés sans chaussettes.

Voici les quelques commentaires notés durant cette séance :

Les rosés : faut-il défendre la tradition française ?

1. Rosé de pays Villaray 
Robe : Rose pâle      
Nez : Neutre, légèrement amylique avec quelques vagues arômes de groseille si on cherche vraiment.      
Bouche : Fluet, aqueux avec une finale inexistante.      
Pour se désaltérer, il vaut mieux choisir de l’eau…même si certaines sont vendues plus cher que ce rosé en magnum plastique.      
BOF     
 
2. Rosé de pays Vieux Papes   
Robe : Rose pâle.      
Nez : Louche et peu engageant, de fumée et de caoutchouc.      
Bouche : Aigrelette, fuyante et très courte.      
Franchement déplaisant, quel intérêt de boire ça ?      
BEURK     
 
3. Pinot Noir rosé 2007 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr
  
Robe : Rose très pâle, brillante.      
Nez : Discret mais très pur avec quelques touches florales et vanillées.      
Bouche : Une structure équilibrée avec de la rondeur et de la fraîcheur.      
Un rosé de dentelle, très fin mais qui manque un peu d’arômes à mon goût.      
BIEN     
 
4. Pinot noir rosé 2008 – Cave de Beblenheim 
Robe : Rose légèrement saumoné.      
Nez : Intense et charmeur avec de beaux arômes de fruits rouges (fraise, groseille)      
Bouche : De la fraîcheur, du gras et une belle vinosité avec une finale assez longue marquée par quelques notes fumées.      
Un rosé gourmand et charmeur avec un excellent rapport Q/P (4 euros)…un vrai vin d’été !     
BIEN +  
  
5. Muscat 2008 – M. Schoech à Ammerschwihr 
     
Robe : Jaune pâle.      
Nez : Intense et frais avec des arômes de bourgeon de cassis et de fleur de sureau évoluant vers des nuances légèrement musquées.      
Bouche : Fine et bien fraîche, délicatement acidulée avec quelques touches fumées en finale.   
Un muscat à la personnalité affirmée, sapide et désaltérant.      
TRES BIEN -     

Conclusions :
-    le rosé qui coule à flots durant l’été présente un intérêt économique certain et suscite trop souvent des pratiques viticoles peu recommandables : pourquoi s’élever contre l’officialisation d’une déréglementation, qui a cours depuis bien longtemps chez ces fabricants de breuvages insipides et sans intérêt ?
-    les A.O.C. françaises ne sont pas concernées par la loi sur le coupage : soyons exigeants et sélectifs dans le choix de nos références, il y a de quoi se faire plaisir dans toutes les régions.
-    Heureusement pour ceux qui, comme moi, sont peu sensible aux charmes des rosés, il y a des alternatives pour se réhydrater durant l’été : pinots blancs, sylvaners ou muscats par exemple…




Les terroirs alsaciens 2007 - 2005

 
6. Riesling G.C. Altenberg de Wolxheim – C. Lissner à Wolxheim

Robe : Jaune pâle avec des reflets vert-clair.      
Nez : Aérien et complexe avec des notes florales et miellées.      
Bouche : Une structure verticale mais avec une grande ampleur. La finale est longue et profondément saline.      
Un vin d’une grande pureté, une expression du cépage pleine de noblesse et d’élégance.      
TRES BIEN     
 
7. Riesling G.C. Schoenenbourg 2007 – Cave de Ribeauvillé    
Robe : Jaune assez intense.      
Nez : Discret et fin sur un registre floral.      
Bouche : Beaucoup de droiture et de puissance avec une acidité longue et mure et une finale saline.      
Un riesling racé avec un caractère bien trempé, un beau terroir bien mis en valeur.
TRES BIEN     
 
8. Riesling G.C. Pfersigberg 2007 – Wolfberger à Eguisheim
Robe : Jaune clair.      
Nez  : Discret et complexe avec des nuances fruitées (fruits blancs, citron) et un peu pierreuses.      
Bouche : Une acidité très verticale avec une finale saline légèrement amère.      
Une expression un peu austère du cépage, un vin viril, bien typé qui ne se livre pas encore pleinement.      
TRES BIEN -     
 
9. Riesling G.C. Kastelberg 2007 – G. Wach à Andlau      
Robe : Jaune assez intense avec une belle brillance.      
Nez : Une surmaturité perceptible dès l’attaque mais un registre complexe sur des agrumes et de petites touches vanillées.      
Bouche : Un matière ample, riche et puissante mais les S.R. et le minéralité sont encore un peu dissociés.      
Un riesling qui cherche encore sa cohérence mais un potentiel évident… un placement sûr pour l’avenir.      
BIEN +     
 
10. Sylvaner Vieilles Vignes 2007 – Cave de Beblenheim
Robe : Jaune pâle.      
Nez : Très discret, semble fermé.      
Bouche : Une matière un peu déstructurée avec une acidité peu franche.      
Je suis passé complètement à côte de ce sylvaner issu d’une parcelle de très vieilles vignes…peut-être la place dans la série, ou le fait que j’avais calibré le palais pour un riesling…à regoûter dans d’autres circonstances.      
BOF      
      
11. Pinot Blanc Cuvée B  2007 – A. Boxler à Niedermorschwihr
      
Robe : Jaune très pâle, brillant.      
Nez : Elégant et délicat avec d’intenses notes florales (muguet, guimauve) et quelques touches vanillées.      
Bouche : Une acidité mure, une belle ampleur et un finale longue et saline.      
Une palette aromatique superbe et une tenue en bouche digne d’une pointure régionale…même à 11 euros, ce pinot blanc est un must.      
TRES BIEN +     
 
12. Riesling G.C. Brand 2007 – A. Boxler à Niedermorschwihr 
     
Robe : Jaune clair, brillant.      
Nez : Une attaque discrète sur des notes florales, le fruit se manifeste progressivement à l’aération.      
Bouche : Une belle ampleur, une structure droite et solide, beaucoup de gras mais l’ensemble manque un peu d’unité.      
Un riesling puissant qui est encore loin de son optimum, la garde lui donnera sûrement l’harmonie qui lui fait un peu défaut aujourd’hui…un très grand vin en perspective.      
TRES BIEN -     
 
13. Riesling Fronholz 2007– A. Ostertag à Epfig      
Robe : Jaune assez prononcé, lumineux.      
Nez : Expressif mais plein de finesse avec de beaux arômes d’agrumes frais.      
Bouche : Opulent mais équilibré avec une acidité fine et tendue, une belle salinité et une finale longue.      
Une matière puissante et savoureuse pour de riesling provenant d’un terroir non classé… un vin qui s’impose sans discuter dans le cour des grands.      
TRES BIEN     

14. Riesling G.C. Altenberg de Wolxheim 2005 – Cavec du Roi Dagobert à Traenheim    
Robe : Jaune clair avec des reflets argentés.      
Nez : Riche et complexe avec une palette alliant les agrumes confits et les épices.      
Bouche : Une structure harmonieuse avec un bel équilibre et une finale longue et délicieusement aromatique.      
Le beau terroir de Wolxheim qui s’exprime après quelques années de garde. Un vin très réussi vendu à moins de 10 euros en G.D., la preuve qu’en matière de vin il vaut mieux goûter que de se crisper sur des préjugés.      
TRES BIEN     
 
15. Riesling G.C. Kirchberg de Barr 2005 – Domaine Hering à Barr      
Robe : Jaune clair et brillant.      
Nez : Raffiné et séduisant avec des notes de miel, de grillé et de fumé.      
Bouche : Un équilibre parfait alliant gras et minéralité. La finale est très longue.      
Un riesling puissant issu d’un grand terroir qui commence sa phase de maturité.      
TRES BIEN      

Conclusions :
-    les vins de cette série ont été d’un très haut niveau  qualitatif, avec des rieslings très homogènes, de très belle facture et deux intrus différemment appréciés : le sylvaner a souffert de ce voisinage prestigieux mais le pinot blanc a tenu la dragée haute à tous ses concurrents bien nés…
-    au risque de me répéter : 2007 est très beau en Alsace…la Masterclass d’automne consacrée aux meilleures bouteilles de ce millésime a de fortes chances de nous faite tutoyer le Nirvana bacchique !
-    le terroir commence à s’exprimer plus nettement en 2005, mais les 2 vins goûtés en on visiblement encore sous la semelle…



L’évolution des rieslings moelleux

 
16. Riesling C.C. Sommerberg Cuvée Arnaud  2004 – Domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr      
Robe : Jaune profond avec des reflets dorés.      
Nez : Intense et fruité avec des notes d’ananas frais et d’abricot soutenu par des évocations plus minérales.      
Bouche : Un équilibre encore fragile entre les S.R. et l’acidité longue et profonde mais la matière est ample avec une finale droite et longue.      
Un vin opulent et gras qui peut encore gagner en harmonie si on lui en laisse le temps…son petit frère du Sommerberg vendangé avec moins de surmaturité me semble plus facile à apprécier à l’heure actuelle.      
BIEN +     

17. Riesling G.C. Mambourg V.T. 1997 – M. Tempé à Zellenberg      
Robe : Or clair plein d’éclat.      
Nez : Puissant et complexe avec de l’orange confite, du miel, des épices puis évoluant vers des nuances de truffe.      
Bouche : Opulent mais intégrant parfaitement la douceur dans une structure acide et saline très longue.      
Puissant et harmonieux…un bel exercice de style dans un millésime où les équilibres n’étaient pas évidents à trouver.      
TRES BIEN     
 
18. Riesling S.G.N. 1995 – Domaine Hugel à Riquewihr 
     
Robe : Jaune profond avec des reflets dorés.      
Nez : Profond, pur et d’une grande complexité avec un bouquet d’herbes aromatiques (thym, origan, basilic…) puis des agrumes confits et quelques notes camphrées.      
Bouche : Ample et savoureux avec des S.R. (88 g) magnifiquement intégrés dans une trame acide fine. La finale est saline et très longue.      
Un vin mythique…un archétype…un hommage posthume à un grand Monsieur… Séquence émotion !      
EXCELLENT     

Conclusions :
En général, j’ai du mal à apprécier les rieslings moelleux dans leur prime jeunesse : je trouve que pour ce type de vin, la cohabitation entre sucres résiduels et trame acide n’est pas toujours harmonieuse. Le vin de Claude Weinzorn, dont je possède d’ailleurs quelques exemplaires en cave, est encore trop jeune à mon goût, il n’a pas encore tout à fait trouvé sa cohérence gustative. Les 2 autres ont bien passé ce stade et se révèlent dans leur plénitude, prêts à défier le temps et à séduire les amateurs qui auront la chance de les rencontrer.


Une fois de plus ce fut un grand moment de dégustation savamment préparé et magnifiquement orchestré par Thierry Meyer, que je remercie, une fois de plus, de continuer à nous faire partager sa connaissance et son expérience.

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 07:57
LE KANZLERBERG SELON...

Pour respecter l’alternance entre nos deux départements alsaciens, me voici donc de retour dans le Haut-Rhin, à Bergheim, pour essayer de percer les mystères du plus petit des Grands Crus, le Kanzlerberg.

Bien des choses ont déjà été écrites sur ces terroirs et un angle d’approche original et intéressant est à priori difficile à définir…mais je vais quand même essayer de relever le défi.
Je vous propose de me suivre dans mes ballades personnelles avec un peu de théorie (le socle nécessaire à une bonne compréhension), des documents photographiques et surtout des rencontres avec les vignerons qui travaillent dans ces parcelles classées.
Bon, ça je l’avais déjà dit…mais c’est pour les nouveaux.


Le grand cru Kanzlerberg se trouve sur le ban communal de Bergheim, un magnifique village fortifié.

 
Vue aérienne de Bergheim et ses fortifications.

Pour les ratés qui n’ont pas encore réussi à se payer un hélico à 50 ans, la vue plongeante sur cette belle cité médiévale se gagne au prix d’une petite grimpette sur le Grasberg, entre vignes, bosquets et prés fleuris (avec des orchidées SVP…)

 
Bergheim vue du Grasberg

   
« Ophrys abeille » du Grasberg

Les origines de Bergheim remontent au néolithique comme en témoignent les nombreux vestiges de l’âge de bronze, mis à jour sur le site de fouilles archéologiques du Grasberg.
La civilisation gallo-romaine a également marqué de son empreinte le site de ce village, mais c’est en 705 qu’apparaît pour la première fois le nom de « Berchheim », contraction phonétique de Berg (montagne) et Heim (habitation).
Par la suite, ce village connut une histoire particulièrement mouvementée en changeant plus de 30 fois de propriétaire durant le Moyen-Age. Les historiens n’hésitent pas à affirmer « qu’aucun lieu en Alsace n’a aussi souvent changé de maître ».
C’est sous la domination des Ribeaupierre que Bergheim fut incendiée en 1287, lors de leur terrible guerre de succession.
Pour éviter de nouveaux malheurs aux habitants de cette cité, Henri de Ribeaupierre décida de la fortifier en 1312.

   
Murs d’enceinte autour de la ville


Peu de temps après, Bergheim, qui avait été élevée au rang de « ville », passa aux mains des archiducs d’Autriche qui dotèrent cette cité de droits et de privilèges proches de ceux accordés aux « villes libres ».

 

Le blason de Bergheim : la symbolique d’une ville fortifiée et souveraine.

En fait, Bergheim a constitué un objectif stratégique convoité lors des nombreuses guerres qui ont marqué l’histoire de cette région durant une longue période allant du Moyen-Age jusqu’à la fin du XVII° siècle.
Curieusement, les tribulations historiques de Bergheim cessèrent peu après le rattachement de l’Alsace à la France par le Traité de Westphalie en 1648.
Même durant les deux dernières guerres mondiales, ce village a été miraculeusement épargné, alors qu’il se trouvait dans une zone où les combats ont été particulièrement violents et destructeurs.
Aujourd’hui encore, l’habitat de Bergheim se concentre principalement au-dedans d’un rectangle de 300m sur 500m, délimité par une double enceinte médiévale, conservée jusqu’à nos jours dans presque toute sa longueur.

 

La Tour-Haute, entrée ouest de la cité.

Ce village de 1850 habitants a su garder son authenticité et offre au promeneur la possibilité d’admirer des édifices de l’époque gothique ainsi que de nombreuses maisons vigneronnes de style renaissance…sans pour autant être importuné par des alignements d’échoppes attrape-touriste, comme dans certaines autres localités de la route des vins qui ont préféré vendre leur âme au dieu euro-dollar.



   
Rues pavées, façades et portails anciens…il y a juste les calèches modernes qui jurent un peu !
 


Un bas relief datant de l’époque médiévale placé à l’entrée du village et symbolisant le droit d’asile accordé à Bergheim : le personnage fait un pied de nez et montre son derrière à ses poursuivants. Son nom, le « Lack Mi » ne peut pas être traduit sans passer outre certaines règles de bienséance…


Le coteau du Kanzlerberg se trouve sur le versant d’une petite colline à l’entrée de la vallée de Thannenkirch. Les parcelles assez pentues se situent entre 230 et 255 m d’altitude et bénéficient d’une exposition sud – sud/ouest.
La superficie totale de ce petit Grand Cru est de 3,23 ha.


Le Kanzlerberg avec en bas à droite Bergheim, le Tempelhof en remontant vers la gauche et au dessus le domaine de S. Spielmann.

Sur le plan géologique ce Grand Cru fait partie de la famille des calcaires : un sol très lourd argilo-calcaire, composé de marnes grises et noires à gypse du Keuper recouvre une roche mère constituée de calcaire du Muschelkalk.
Ce socle dur et compact contient des minéraux rares comme la barytine ou la fluorine.

        
Des pieds de vigne sur des parcelles du haut du Kanzlerberg, une terre grise et argileuse



C’est un micro-climat frais où le raisin murit lentement : le Bergenbach, un ruisseau qui coule au bas du coteau, et les vents qui viennent du massif boisé du Taennchel font office de régulateurs naturels de température.

 
Le coteau du Kanzlerberg (au soleil) au pied du Grasberg (dans l’ombre)

Sur le plan historique, le Kanzlerberg tire son nom de la Commanderie des Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem qui possédaient ce coteau : Kanzlerberg peut se traduire par
« montagne de Jean » ou « mont Saint Jean »
Il faut remonter à 1312 et la suppression de l’Ordre de Malte pour trouver une mention précise de ce lieu-dit : il s’avère que ces chevaliers avaient déjà identifié l’exceptionnelle qualité de ce terroir, puisqu’ils vinifiaient séparément les vins du Kanzlerberg.
La terre prédisposée à produire de bons vins ne pouvait échapper à la convoitise des Templiers, qui, comme les autres chevaliers et moines du Moyen-Age, avaient développé la culture de la vigne sur les plus belles parcelles. Véritables précurseurs dans la reconnaissance de la qualité de ce terroir, ces dignitaires de Bergheim ont œuvré pour l’accession de ces vins parmi l’élite des crus alsaciens. Leur Commanderie, le « Tempelhof », érigée en 1558 se trouve à l’extérieur de Bergheim au bas du Kanzlerberg.

    
 
Le Tempelhof, devant le Kanzlerberg

En 1877, dans son livre « L’Ancienne Alsace à table » Charles Gerard citait « les excellents crus du Tempelhoff et du Canzelberg » (ces 2 noms désignaient en fait le même coteau). A la fin du XIX°siècle jusqu’au début du XX°, le prestige de ce cru était tel que, pour répondre à la demande de la clientèle, on vendait une partie des vins de l’Altenberg voisin sous le nom de Kanzlerberg.

Au niveau de la viticulture
, le Kanzlerberg convient à la fois au riesling et au gewurztraminer. Ces deux cépages qui demandent en principe des terrains bien différents pour s’épanouir trouvent là un terrain propice à une maturation lente, qui va générer des vins amples et structurés.
Il y a deux domaines qui se partagent la quasi-totalité de la surface de ce Grand Cru : Sylvie Spielmann qui pratique une viticulture bio-dynamique et la maison Lorentz où l’on est adepte d’une viticulture plus traditionnelle. Il y a encore quelques particuliers qui possèdent de petites parcelles (dont l’actuel propriétaire du Tempelhof) mais la plupart revendent leur raisin à la maison Lorentz. Tout ceci fait que, malgré sa petite taille, le Kanzlerberg n’échappe pas à cette hétérogénéité méthodologique qui règne au niveau des pratiques culturales dans parcelles classées alsaciennes.

 
Des vignes du domaine Spielmann sur le Kanzlerberg, la nature qui s’exprime pleinement.




…SYLVIE SPIELMANN


Le domaine Spielmann se situe à l’extérieur de la cité de Bergheim sur la route de Thannenkirch, juste au dessus du Kanzlerberg.
Cette propriété de 8,5 hectares regroupe des parcelles situées en grande partie autour de l’ancienne carrière de gypse dont la famille de Sylvie Spielmann a exploité les ressources durant plus d’un siècle.
Le domaine Spielmann possède des vignes sur les 2 Grands Crus de Bergheim ainsi que sur d’autres terroirs tout à fait intéressants comme l’Engelgarten (sols graveleux) et le Blosenberg (au dessus du Kanzlerberg).

En 2009, le domaine a pu fêter ses 50 ans de vente de vins en bouteilles et Sylvie la vinification de son vingtième millésime…et elle n’a que 44 ans ! (mais chut, on ne dit pas l’âge des dames).

Sylvie Spielmann me reçoit dans le caveau de dégustation du domaine et, malgré un agenda digne d’un ministre, elle se prête avec beaucoup de gentillesse et de simplicité au jeu des questions-réponses sur le sujet du jour.


Comment définir ce terroir ?

Le Kanzlerberg est un éperon rocheux composé d’une roche métamorphique très dure contenant des cristaux de fluorine violette et de barytine et recouvert d’une couche de terre arable argilo-marneuse de couleur grise. Une faille géologique le sépare de l’Altenberg de Bergheim : même si les parcelles des deux Grands Crus se jouxtent, les sols y sont très différents.
Le Kanzlerberg est un terroir froid et riche où les raisin mûrissent lentement : la terre argileuse est fraîche et retient assez bien l’eau, de plus le coteau est climatisé naturellement par les vents qui viennent du haut des forêts vosgiennes.
Ce n’est pas par hasard que le lieu-dit au dessus des parcelles du Grand Cru s’appelle le Blosenberg, « la montagne où ça souffle »

S. Spielmann donnant une petite leçon de viticulture sur le Blosenberg


Quels sont les cépages les mieux adaptés ?


Sylvie Spielmann cultive 90 ares de riesling et 50 ares de gewurztraminer sur le Kanzlerberg.
Ces deux cépages forts différents par nature donnent une interprétation très personnelle de ce terroir petit par la taille mais visiblement grand par la puissance de son registre, puisqu’il marque même le gewurztraminer de traits de caractère très particuliers.


Quels caractères spécifiques ce terroir transmet-il aux vins ?


Le terroir tempéré du Kanzlerberg favorise la maturation prolongée des raisins et la formation lente des arômes tout en développant une structure acide très profonde. Les marqueurs du terroir se trouvent essentiellement au niveau de la structure : « Mes vins ne sont pas des vins de nez mais des vins de bouche…ils sont dotés d’une acidité très verticale mais sans agressivité et d’une structure ample et puissante».
Les oligo-éléments qui proviennent de cette roche mère extrêmement riche en minéraux contribuent surement à apporter des éléments de typicité et de complexité supplémentaires.
Frais, élégants et discrets dans leur jeunesse ces vins sont dotés d’un potentiel de garde impressionnant. « Les vins du Kanzlerberg sont intéressants après 4 ou 5 ans mais leur vraie maturité se trouve plutôt entre 8 et 10 ans et se prolonge de façon presque illimitée »
Ce sont des vins timides et un peu renfermés qui ne se révèlent pas d’emblée, pas de tape à l’œil ou de flagornerie : « qui veut comprendre le Kanzlerberg doit faire preuve de patience ».
Les rieslings jeunes possèdent un fruité subtil avec des notes d’agrumes (citron vert et pomelo) et une acidité rectiligne mais très mûre. L’âge leur confère de la complexité et de la densité : la palette aromatique s’enrichit de notes florales, épicées et anisées et la bouche s’arrondit en gagnant de l’ampleur et de la minéralité.
Les gewurztraminers jouent dans le même registre avec de la retenue et de la profondeur : pas de fruit exubérant mais des épices, de la structure et de la fraîcheur.
En fait, quel que soit le cépage, le Kanzlerberg engendre de « grands vins de garde et de gastronomie ».


Quelles perspectives pour ce terroir ?


Les vignerons du Kanzlerberg ne conçoivent pas d’envisager le développement de ce Grand Cru sans l’associer à son illustre voisin l’Altenberg. Une dégustation des vins de terroir de Bergheim a lieu chaque année dans l’ancienne synagogue de la ville.
Sylvie Spielmann est persuadée qu’il faut absolument œuvrer pour valoriser la diversité et la complexité du vignoble de Bergheim : « il n’y pas moins de 14 lieux-dits répertoriés et reconnus sur notre ban communal, nous devons exploiter cette richesse ».
Face aux deux conceptions qui déchirent actuellement le vignoble alsacien, Sylvie Spielmann prend clairement position pour une primauté aux vins de terroir :
« En France et même en Europe, nous avons vocation à produire des vins de terroir…le cépage doit être considéré comme un médiateur qui permet au terroir de s’exprimer ».
Ceci dit, elle reste persuadée que c’est au vigneron de sélectionner les cépages ou les assemblages les mieux adaptés pour valoriser chaque terroir particulier : une conception finalement plus proche de celle de R. Fritsch (sur le Steinklotz à Marlenheim) que de son voisin J.M. Deiss, ardent défenseur de la complantation.
Pour le reste, la beauté du site, la dimension historique de la ville et la proximité du magnifique château du Haut Koenigsbourg constituent de puissants pôles d’attraction touristiques sur lesquels les vignerons du secteur peuvent s’appuyer pour élargir leur clientèle et développer la notoriété de leurs crus.

Sur le Grasberg, le village de Rorschwihr et le Haut-Koenigsbourg au fond


Les vins du domaine : quelle conception ?


Comme nous l’avons dit plus haut Sylvie Spielmann s’occupe du domaine familial depuis 20 ans.
Après avoir fait des études à Avize et à Beaune (B.T.S. viti-oeno.), elle est partie à la découverte des vignobles du monde en faisant étape aux Etats Unis et en Australie : « Sur le plan personnel, c’était une démarche d’ouverture sur le monde, une émancipation par rapport au milieu familial…Au niveau de la viticulture, c’était pour essayer de comprendre d’autres conceptions du vin…mais, en définitive, j’ai surtout pris conscience de ce qu je ne voulais pas faire… ».

De retour à Bergheim, elle a pris en charge l’exploitation familiale avec des convictions fortement ancrées sur la nécessité d’une viticulture respectueuse de l’environnement produisant des vins les plus naturels possibles.
Le cheminement vers la biodynamie s’est fait progressivement :
-    les cycles de formation continue à Rouffach (avec Claude Bourguignon notamment) sur les sols et sur la nécessité absolue de réduire l’usage des pesticides
-    les échanges avec Jean-Pierre Frick sur le principe du respect de la bio-diversité dans les vignes.
-    la rencontre avec les théories philosophiques de Rudolf Steiner : « la prise de conscience d’une vraie convergence intellectuelle sur la compréhension du monde »
-    la rencontre avec Jean Claude Rateau, le précurseur bourguignon de la biodynamie : « en 1999, c’est l’amour qui a levé les derniers obstacles… »

Sur ses terroirs à gypse Sylvie Spielmann expérimente la taille des pinots (blancs, gris et rouges) en cordon de Royat pour « une utilisation plus rationnelle de l’espace, des raisins mieux répartis sur la plante et une production de baies plus petites avec plus de peau et moins de jus ».

Une parcelle conduite en cordon de Royat.

 
Des rangs de vigne sur terroir à gypse au niveau de l’ancienne carrière.


Sur le Kanzlerberg comme pour tous les Grands Crus c’est une conduite en Guyot double avec des rendements qui se situent entre 45 et 50 hl/ha en moyenne.
Les vendanges sont programmées en fonction de la maturité des raisins : « sur le Kanzlerberg, je recherche une maturité optimale, ce terroir n’est pas destiné à générer des monstres de puissance…les vins dépassent rarement les 12°5 d’alcool »
Chaque parcelle est vinifiée séparément, sans chaptalisation et avec un minimum d’intrants : « aucune levure, un sulfitage ultra-léger et une clarification sur Kiesselgur ».
Les vins blancs restent en foudres sur lies, en général jusqu’en juin.

Des foudres dans l’une des caves du domaine.

Les Grands Crus ne sont commercialisés qu’après quelques années de vieillissement : pour le Kanzlerberg ce sont les millésimes de 1999 à 2002 qui sont en vente à l’heure actuelle. Les autres attendent leur tour dans les caves du domaine.
Soucieuse de prouver aux sceptiques l’extraordinaire potentiel de garde de ses vins Sylvie Spielmann s’est constitué une oenothèque de plus de 8000 flacons, du millésime 1976 à nos jours, ce qui lui permet d’organiser régulièrement des séquences de dégustations verticales sur ses crus.
Une belle preuve de confiance dans la qualité de ses vins mais aussi une véritable attitude de respect par rapport à sa clientèle d’amateurs !


Et dans le verre ça donne quoi ?


Riesling G.C. Kanzlerberg 2006 : un fruit pur et discret, une bouche avec du gras et une rondeur avenante, des arômes de pamplemousse rose et une finale très saline.
Trop riesling et pas assez Kanzlerberg pour Sylvie…moi je suis séduit par son équilibre gourmand (16g de SR).

Riesling G.C. Kanzlerberg 2005 : une nez assez puissante et bien typé, les agrumes sont fidèles au poste avec quelques notes fumées. La bouche est toujours très ronde malgré une belle tension acide. La finale est longue et presque tannique avec des arômes d’eucalyptus.
Les balbutiements du terroir sur une matière riche et puissante (13g de SR) qui laisse présager d’une longue garde.

Riesling G.C. Kanzlerberg 2002
 : un nez complexe de citron vert, de fleurs (peut-être un peu de violette ?) et de verveine. Une matière concentrée, un équilibre tonique et une finale fraîche sur des notes de fruits jaunes et d’épices douces.
On entre dans l’univers du Kanzlerberg : un vin de bouche gras alliant puissance et élégance.

Riesling G.C. Kanzlerberg 2001
 : un nez précis et pur avec des notes de miel et de fenouil. La bouche associe gras et vivacité, la finale est puissamment saline avec des nuances mentholées.
Un peu plus austère que le précédent mais la structure en bouche est toujours aussi remarquable.

Riesling G.C. Kanzlerberg 2000 : un nez très aérien et complexe avec des nuances fruitées (poire) et végétales (fenouil, origan). La bouche est bien rectiligne avec une acidité longue et fraîche, de belles notes minérales (silex) et une finale longue et délicatement anisée.
Une palette complexe et bien typée : un riesling archétype pour s’initier au terroir du Kanzlerberg.

Riesling G.C. Kanzlerberg 1995: un nez de miel, de raisin sec et de caramel et une bouche ronde et ample avec une finale acidulée bien fraîche.
Une surmaturité perceptible (15g de SR) et un riesling charmeur et flatteur…mais la force du terroir semble avoir cédé face à la puissance du fruit. Etat définitif ou passager…qui peut savoir ?

Riesling G.C. Kanzlerberg 1987 : un nez fin et discret avec des notes de bourgeon de cassis, de groseille blanche et quelques nuances naphtées. La bouche présente un équilibre sec avec du gras, de délicats arômes de sous-bois et une finale longue et minérale.
Un millésime difficile mais un vin droit dans ses bottes, prêt à affronter les prochaines décennies.

Gewurztraminer G.C. Kanzlerberg 1985 : un nez étonnamment discret avec de timides notes de fruits blancs mûrs mais une bouche où les arômes explosent littéralement (cumin, poivre, vanille…). La finale est longue, fraîche et très épicée.
Un gewurztraminer qui se fait tout petit…on n’entend que le Kanzlerberg mais c’est très beau !

Gewurztraminer GC Kanzlerberg S.G.N. 1997
 : un nez fin, discret et complexe avec des arômes d’abricot sec et de figue. La bouche est massive mais parfaitement équilibrée avec une acidité fine et longue qui soutient l’édifice jusque vers une finale somptueuse, profondément saline.
150g de SR parfaitement intégrés pour un vin qui porte la marque du terroir malgré une matière première impressionnante, issue d’un millésime avec une arrière saison très chaude.

Pour conclure, un petit bilan sur cette quatrième expérience de visite approfondie d’un terroir Grand Cru (attention je vais de me répéter…) :
-    J’ ai renforcé ma conviction qu’une bonne compréhension d’un vin passe évidemment par la dégustation mais s’enrichit considérablement si on fait la démarche d’aller sur place, sentir l’énergie des terroirs où il naît et rencontrer les gens qui le conçoivent…je ne boirai plus jamais des Kanzlerberg comme avant !
-    Le Kanzlerberg donne naissance à des vins pour esthètes patients et cultivés : ici pas de « blink-blink », mais des personnalités discrètes et complexes qui se laissent approcher sur la pointe des pieds.
Ce sont des vins de temps qui distillent leurs qualités avec lenteur et parcimonie et qui invitent l’amateur curieux à se mettre un peu en marge des trépidations du monde moderne pour entrer dans leur univers…ZEN !
-    Sylvie Spielmann est la figure emblématique de ce Grand Cru, qu’elle comprend surement mieux que quiconque et qu’elle défend avec ferveur. Elle fut une hôtesse patiente, pleine de sincérité et d’humanité : merci pour ce bon moment !


Pour info. : Sylvie organise des dîners gastronomiques avec la complicité de Henry Gagneux, le chef du restaurant La Palette à Wettolsheim, j’ai déjà eu l’occasion d’y participer…c’est fantastique !
Vous trouverez d’autres renseignements sur le site du domaine CLIC


 
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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 17:26



Après deux échecs cuisants et humiliants sur l’Altenberg de Wolxheim, ma persévérance a été récompensée et mes recherches enfin été couronnée de succès :

J’AI TROUVE LES FAMEUSES ORCHIDEES DU VIGNOBLE ALSACIEN !

Ceci dit, c’est dans le Haut-Rhin, au sommet du Grasberg que j’ai découvert ces fleurs magnifiques.
A croire que les Haut-Rhinoises sont moins farouches que les Bas-Rhinoises…!


  Le Grasberg, une colline entre Rorschwihr et Bergheim, un petit paradis pour botanistes.


 
 


 

Des « Ophrys abeille » en plein floraison…on ne peut qu’admirer et se taire

Une magnifique promenade à faire au dessus des vignes des Grands Crus Kanzlerberg et Altenberg de Bergheim…juste avant de redescendre par l’ancienne carrière de gypse pour goûter les vins de Sylvie Spielmann.

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 16:47

Dernière soirée du club AOC avant les vacances d’été avec un thème tout à fait d’actualité (à plus d’un titre d’ailleurs…) : les vins rosés.

Vin d’été, vin de soif, vin de barbecue, vin de copains… : le rosé a toujours été affublé de qualificatifs plus ou moins pertinents mais toujours vendeurs et malheureusement souvent trompeurs.

Qu’en est-il vraiment aujourd’hui ? Le rosé peut-il être un grand vin ou est-il condamné à occuper ce méchant rôle secondaire de sous-vin voire même de non-vin ?

Le rosé français mérite-t-il qu’on se batte pour sa tradition ? (Entre temps nous avons appris que le mélange blanc-rouge ne passera pas en Europe pour le moment…).

Stéphane nous a préparé un petit tour d’horizon dans les diverses régions viticoles françaises, à la recherche de la perle rare qui accompagnera nos futurs casse-croûtes ensoleillés.

Les vins étaient servis aux alentours de 10° sans carafage. La dégustation, les commentaires et l’évaluation se sont faits à l’aveugle

Soirée du 5 juin 2009 à Illkirch
Verres INAO et Taster.


1. Coteaux d’Aix 2008 - Domaine de la Réaltière

Robe très claire avec des reflets orangés
Nez flatteur avec quelques nuances amyliques fugaces puis de beaux arômes de groseille.
Bouche acidulée avec une finale courte et un peu amère.
Un rosé basique, assez agréable mais sans grande personnalité. A près de 8 euros la bouteille on peut exiger davantage…
BIEN -

2. Marsannay rosé 2007 – Domaine Bart

Robe saumon assez dense
Nez marqué par la réduction puis désespérément muet…
Bouche un peu plus concentrée, vineuse mais complètement neutre au niveau aromatique.
Un rosé que je n’ai pas compris, il ne répond pas du tout à mes attentes face à ce type de vins.

BOF

3.Alsace rosé 2008 – Premières vendanges de Marguerite – E. Loew

Robe rose assez dense avec des reflets un peu ambrés.
Nez discret de fruits rouges avec un léger fumé.
Bouche vineuse, assez dense avec une finale qui présente de petites touches épicées mais l’acidité est assez redoutable.
Une curiosité et une rareté : ce vin provient de sylvaner rose, mais le résultat final est un peu déséquilibré et manque de gras…une bouteille piège pour session de dégustation, mais pas un rosé d’été.
BIEN

4. Costières de Nîmes 2008 – Château Mourgues du Grès

Robe lumineuse avec un rose très accrocheur.
Nez sur les petits fruits rouges, les épices et l’alcool.
Bouche un peu déséquilibrée par un alcool trop présent malgré de belles notes de fruits et de menthol. La finale est assez longue avec quelques tanins.
Une matière assez imposante, un potentiel évident, mais un manque de fraîcheur rédhibitoire…dommage !
Ceci dit à 6 euros le rapport Q/P est correct.

BIEN

5. Coteaux du Languedoc 2007 – Mas Jullien
Robe rose assez dense.
Nez discret évoquant la feuille t le bourgeon de cassis.
Bouche manquant de cohérence avec une attaque vineuse, un milieu de bouche un peu mou et une finale légèrement trop alcooleuse.
Une structure chaotique et une neutralité aromatique surprenante…toujours pas de vin plaisir !
BIEN -

6. Coteaux du Languedoc 2008 – Domaine de la Limbardie

Robe d’un rose profond.
Nez fin, subtil et somme toute bien agréable.
Bouche présentant une douceur avenante à la limite de la mollesse…avec une finale un peu amère.
Basique, facile à boire, le tout à un prix très sage (moins de 5 euros)…ça peut faire vin d’été, mais sans grande conviction cependant.
BIEN +

7. Patrimonio 2007 – Domaine Leccia
Robe proche de l’orange clair avec des reflets roses.
Nez discret mais d’une belle pureté avec des notes florales et végétales.
Bouche ample et bien équilibrée avec une finale assez longue et délicatement acidulée.
Un beau vin, sans conteste mais le prix me semble vraiment dissuasif : à 16,50 euros on entre dans une catégorie où il ne fait vraiment plus le poids.
TRES BIEN -

8. Les Baux de Provence 2007 – Château Romanin

Robe rose orangée.
Nez présentant de belles notes de fruits rouges (fraises), malheureusement trop futiles.
Bouche agréable et dotée d’une belle rondeur mais pauvre en arômes et à la finale vraiment trop courte.
Un rosé gouleyant, agréable à boire mais peu intéressant à déguster…
BIEN -

9. Côtes de Provence 2008 – Cuvée Clarendon – Domaine Gavoty

Robe rose pâle.
Nez agréable avec des notes florales et légèrement amyliques.
Bouche bien équilibrée, ronde et charnue mais aromatiquement très pauvre.
Une belle structure sans conteste mais l’ensemble est un peu triste.
BIEN +

10. Tavel 2006 – La Dame Rousse – Domaine de la Mordorée
Robe d’un rose très profond.
Nez très discret, à la limite du mutisme.
Bouche assez concentrée avec une fine trame tannique et un bel équilibre frais, mais la finale est un peu courte.
Un rosé corpulent mais trop peu aromatique… et un peu cher quand même (près de 13 euros)
BIEN

11. Palette 2005 – Château Simone
Robe lumineuse d’un rose éclatant.
Nez riche et complexe avec des notes d’écorce d’agrumes, de pierre à fusil et même une touche un peu iodée.
Bouche équilibrée avec une belle ampleur et une grande vinosité, la trame tannique est fine et la finale est fraîche, aromatique et de belle longueur.
Un vrai vin enfin, complet, riche et bien structuré…mais avec un prix avoisinant les 30 euros, ça calme quand même un peu mon enthousiasme ! Il se retrouve là dans une gamme de prix où il ne constituera plus du tout une priorité d’achat pour moi.
TRES BIEN

12. Bandol 2008 – Domaine du Gros Noré
Robe rose clair, bien brillante
Nez discret de pêche blanche.
Bouche assez peu avenante, un peu anguleuse, avec une acidité forte et une finale courte et légèrement amère.
Un peu insipide et déséquilibré en bouche…trop jeune peut-être…en tous cas pas pour moi !
BOF

Conclusions :

·    Voilà une dégustation qui me laisse perplexe : en définitive, je crois que je ne comprends pas les vins rosés.
S’ils sont classiques, légers, sur le fruit…ils sont souvent d’une banalité affligeante
S’ils sont vinifiés de façon plus ambitieuse, ils rentrent dans un registre où on aura tendance à les comparer avec des vins rouges et, à ce petit jeu ils perdent presque systématiquement.

·    J’ai été désagréablement surpris par les prix très élevés de la plupart des bouteilles présentées : 8 à 10 euros pour une bibine sans personnalité c’est beaucoup… pour les autres (entre 15 et 30 euros) on se trouve dans des rapports Q/P à la limite de la décence…

Quelques coups de cœur personnels :….. ???

Sinon un petit vin de pays que Jérôme, le caviste de la Maison des Vins de l’Espiguette m’avait fait découvrir l’an passé et qui a arrosé une grande partie de mes agapes estivales : un VDP rosé de la cave pilote de Gallician (30), avec du fruit plein la bouche et un bel équilibre, une gourmandise à moins de 2 euros…incroyable mais vrai
!

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 11:40



A l’occasion de ce traditionnel pique-nique du week-end de Pentecôte, notre sympathique viticultrice a voulu associer les amis du domaine à la célébration d’un triple anniversaire :
-    les 50 années de vente en bouteilles
-    les 20 années de vinification pour Sylvie
-    les 10 années de tendre complicité entre Sylvie et Jean Claude Rateau, vigneron à Beaune.

De plus, comme ce lundi de Pentecôte devait être placé sous le signe de la solidarité, Sylvie Spielmann a décidé de reverser une partie des recettes de la journée à deux associations, l’une s’occupant de l’enfance inadaptée (APEI Centre Alsace) et l’autre de malades atteints de schizophrénie (Schizo-espoir Alsace).

La météo semblait être de la partie et la clientèle avait répondu massivement à l’invitation de ce Lundi de Pentecôte, au sommet du Kanzlerberg.

La manifestation commence par une dégustation verticale commentée de Grand Cru Kanzlerberg, dont je rendrai compte dans l’article consacré à ce terroir (rédaction en cours…)

Après avoir goûté ces quelques belles bouteilles tirées de la cave personnelle de notre hôtesse du jour, nous passons à l’apéritif en compagnie de 3 nouvelles cuvées… séquence découverte :

-    Alsace 2004 : léger, aérien avec des arômes subtils d’une belle pureté et un équilibre assez gourmand en bouche
Un assemblage de 80% de pinot gris + 10% de muscat + 10% de gewurztraminer pour ce vin friand et digeste.

-    Prémices 2008 : un nez de fruits blancs avec quelques notes fumées et une bouche sèche avec une acidité longue.
Un vin encore un peu sauvage issu d’une parcelle nouvellement acquise et complantée de sylvaner, de pinot blanc et noir et de riesling…de belles promesses pour l’avenir.

-    Gypse 2006 : un vin complexe et raffiné avec une bouche vineuse, des notes fumées et une belle finale marquée par une pointe d’amertume assez rafraîchissante.
Des pinots (noir, blanc et gris) sur le fameux terroir de marne à gypse et un vin avec un caractère bien trempé.

 
Près de 200 fidèles dans la cour du domaine.

Pour le pique-nique Sylvie Spielmann nous a proposé une sélection du domaine pour compléter la série et élargir les possiblités d’accords gastronomiques.

-    Sylvaner 2005 : un vin très ouvert et expressif avec des notes de fruits blancs et d’épices. La bouche est tendue par une acidité fine et mûre, la finale est profondément saline.
Une très belle expression de ce cépage avec une excellent rapport Q/P. (5,5 euros c’est cadeau !)

-    Riesling Engelgarten 2003 : un nez complexe et raffiné marqué par des notes d’herbes aromatiques (origan, menthe fraîche…) et une bouche fruitée avec du gras, de la rondeur et une belle salinité finale.
Un riesling complet qui a su garder une fraîcheur réjouissante sur ce millésime solaire.

-    Gewurztraminer G.C. Altenberg de Bergheim 2002 : un nez élégant et typé avec des notes florales (rose, guimauve), une bouche alliant une légère surmaturité avec une minéralité puissante et une finale longue et épicée (poivre blanc, cannelle)
Un gewurztraminer qui parle haut et fort sans nous fatiguer…assez rare pour être relevé.

-    Pinot Noir Réserve Bergheim 2007 : une robe assez claire mais des arômes puissants de fruits rouges mûrs et de réglisse. La bouche est suave et d’une rondeur avenante avec des tanins présents mais mûrs et souples. La finale est longue et très fraîche.
Goûté en cours d’élevage l’année passée ce pinot noir tient pleinement ses promesses avec un fruit croquant et une belle structure.

 
Le groupe Bal-us Trad à l’animation musicale

 
Petite leçon de viticulture biodynamique sur une parcelle au niveau de l’ancienne carrière de gypse




Des vignes de S. Spielmann au sommet du Blosenberg, au loin la tour du 3° château de Ribeauvillé.

Un grand merci à Sylvie et à tous ses collaborateurs qui ont œuvré pour nous offrir cette journée très réussie.

Et rendez-vous très prochainement pour une approche plus détaillée du Grand Cru Kanzlerberg.

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 00:07


Deuxième visite sur la colline du Horn à Wolxheim, une nouvelle belle ballade à vélo le long du canal de la Bruche et une nouvelle déconvenue : toujours pas d’orchidées en vue.
A croire que ces fleurs réservent leurs charmes aux promeneurs locaux…

Passé cette première déception j’ai quand même profité de l’exceptionnelle luminosité de ce dimanche de Pentecôte pour quelques belles photos.


 
La chapelle Saint Denis vue de l’Altenberg


 
Les multiples couleurs de la pelouse du Horn
 


La cathédrale de Strasbourg vue de la colline du Horn


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  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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