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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 14:09



J’ai l’impression de me voir encore mettre me point final à mon C.R. Bourgogne 2008 (visible ici : CLIC) et me voilà déjà en train de rédiger celui de 2009… nom d’un chien, cette année s’est littéralement volatilisée !
Mais oublions ce petit coup de blues au sujet du temps qui passe de plus en plus vite et revenons sur les bons moments passés en compagnie de mon collègue Martial dans cette région, où même un alsaco chauvin comme moi se délecte chaque année des paysages, des personnes et des vins qu’on peut y rencontrer.


Jour 1. : une descente Nord-Sud.


Domaine Hervé Murat à Concoeur


Pour trouver Hervé Murat il faut monter dans le petit village de Concoeur et Corboin, situé sur les hauteurs au-dessus de Vosne-Romanée. Quelle plus belle entrée en matière que de sillonner la petite route entourée de parcelles dont les noms font vibrer…La Tâche, Romanée Saint-Vivant, Richebourg… !
Ajoutez à cela un accueil chaleureux et des vins séduisants…et vous comprendrez pourquoi je reviens toujours avec autant de plaisir chez ce jeune vigneron.


Nous commençons par déguster les vins en cours d’élevage avec des malos en cours sur la plupart des barriques :

Hautes Côtes de Nuits 2008 : une attaque légèrement marquée par la réduction laisse place rapidement à un beau nez de fruits rouges, la bouche est fraîche avec une acidité pointue et des tanins charnus et gourmands.

Morey Saint Denis 2008 
: un nez de fruits rouges et de torréfaction, une bouche ample et large avec une structure tannique mûre et une belle longueur.

Chambolle Musigny Les Echezaux 2008 
: un registre aromatique proche des HCN mais une bouche d’une très élégante alliant finesse et fraîcheur avec une belle longueur finale.

Morey Saint Denis 1° Cru Les Charrières 2008 :
un nez charmeur et profond sur les fruits noirs et la torréfaction, une bouche dense et pleine de sève avec une belle longueur finale.

Pour compléter la gamme nous finissons par 2 références du millésime 2007 en bouteilles :

Hautes Côtes de Nuits Les Herbues 2007 : un nez sur les fruits rouges frais et les épices, une bouche avec une structure élégante et une finale longue et fraîche.
A noter, quelques changements sur cette belle cuvée, avec15% de fût neuf qui apportent un velouté bien agréable et un nom de parcelle qui permettra de la différencier avec la deuxième référence en HCN prévue sur le millésime 2009.

Chambolle Musigny Les Echezaux 2008 : un nez complexe et bien ouvert (fruits rouges confits, amande, un peu de violette…), une bouche avec un beau volume, des tanins mûrs, une texture soyeuse et concentrée, une finale très longue.
Goûtée en 2008 sur fût, cette cuvée a trouvé son équilibre et son style…résolument Chambolle !



C’est toujours un grand plaisir de rencontrer Hervé Murat et de partager quelques instants de dégustation avec lui dans sa cave modeste mais accueillante.
En plus avec une gamme de vins qui s’enrichit d’année en année et un niveau qualitatif qui s’affirme, il n’est pas étonnant de retrouver ce domaine à la page des adresses incontournables dans mon carnet bourguignon.




Domaine Carillon à Puligny-Montrachet


Comme je l’ai évoqué l’année dernière, mes premiers vins dégustés au domaine, en compagnie de Louis Carillon, étaient de 1988. C’est donc le vingtième millésime que je vais découvrir cette année dans cette maison de Puligny, où l’exigence et la discrétion règnent en maîtres absolus depuis plusieurs générations.
Malgré un emploi du temps chargé, du fait d’un récent retour de vacances et des vendanges qu’il faut préparer, Jacques Carillon nous fait faire un tour complet des crus du dernier millésime.

Les cuvées 2008 sont en cuve inox sur quelques lies fines en attendant la mise :

Puligny Villages
 : un nez assez ouvert sur un registre fruité très pur, une bouche citronnée avec du gras et une belle longueur finale sur des notes d’agrumes.

1° Cru Les Champs Canet : un nez très discret, une bouche ample, un peu austère et une finale puissante où on décèle quelques nuances mentholées.

1° Cru Les Perrières : le nez est fermé mais la bouche laisse deviner quelques nuances de noisette fraîche dans une structure d’une rare puissance. La finale est longue sur cette persistance minérale si particulière à ce climat.

1° Cru Les Referts : un nez sur la retenue avec quelques évocations d’agrumes frais, une bouche puissante et opulente avec des notes de beurre frais et une finale très longue marquée par une profonde minéralité.

Bienvenues Bâtard Montrachet : un nez discret avec de délicats arômes d’amandes et de beurre frais, le volume en bouche est ENORME, l’équilibre est magistral entre une acidité tonique, une minéralité affirmée et un gras incomparable. La persistance finale est évidemment très longue.

Nous terminons par la dégustation de quelques références sur 2007 :

Puligny Villages : le nez est timide avec de petites notes de fougère et d’herbes aromatiques qui se révèlent progressivement, la bouche possède un gras très gourmand et une acidité droite et profonde qui commence à se fondre. La finale est belle et marquée par de fines évocations d‘agrumes frais.

1° Cru Les Champs Canet : un nez plus flatteur qui offre une palette florale et quelques notes de noisette fraîche, une bouche puissante, verticale avec une finale minérale où pointent de subtiles évocations d’herbes aromatiques.

1° Cru Les Referts : le nez reste discret mais la bouche présente une charpente solide avec une palette complexe et intensément minérale (pierre à fusil, iode). La finale est très longue et légèrement fumée.



Un millésime 2008 plein de promesses et des crus 2007 conformes à l’esprit de la maison Carillon. 20 ans plus tard, les fils ont peu à peu repris le flambeau mais la tradition reste ancrée solidement dans ces vins fidèles au terroir de Puligny… Archétypique !



Domaine de la Soufrandière à Vinzelles

Petite déception à mon arrivée au domaine : une équipe de TV américaine et une équipe de TV hollandaise sont déjà sur place… je viens de perdre mon titre de premier enquiquineur d’après vacances chez les frères Bret !
Jean-Philippe trouve néanmoins un peu de temps pour nous accompagner sur la magnifique parcelle des Quarts qui jouxte la propriété parentale.
Il nous explique leur conception d’une viticulture respectueuse de la nature et propre à magnifier ces terroirs mâconnais dont la richesse et la diversité sont encore largement méconnues.


La parcelle du bas des Quarts baptisée « les petits rangs »



Les Quarts vers le haut du coteau de vieux ceps qui fourniront les raisins pour la grande cuvée.


De retour dans le chai nous faisons un petit tour d’horizon de la production du domaine :

Viré-Clessé Sous les Plantes 2007 : issu d’une parcelle de vieilles vignes (55 à 75 ans) riche en limons, ce vin possède un nez floral et délicat, un corps longiligne et bien équilibré et une belle finale citronnée.

Saint Véran En Combe 2007
 : issu d’une parcelle sur Chasselas exposé plein sud ce vin possède un nez flatteur avec des arômes de beurre frais et de noisette, la bouche s’appuie sur un bel équilibre tension/rondeur.

Pouilly-Loché La Colonge 2007 : un nez discret sur un registre floral, une matière ample et bien équilibrée en bouche, un beau potentiel sans aucun doute.

Pouilly-Fuissé Le Clos Reyssie 2007 
: un registre olfactif complexe et subtil avec quelques belles nuances florales, une bouche parfaitement en place, de la rondeur, du gras et une belle tension…beaucoup de soie et de fraîcheur.

Pouilly-Fuissé La Roche 2007 : un nez qui parle un peu plus (miel, amandes, agrumes frais), une bouche puissante offrant des notes un peu citronnées et soutenue par une magnifique acidité longue et mûre.

Pouilly-Vinzelles Les Quarts 2007 : un nez de miel et de grillé, une bouche où la rondeur et la puissante minéralité sont en parfaite harmonie, la finale est longue et délicatement vanillée.

Pouilly-Vinzelles La Soufrandière 2008 : des notes de poire fraîche, de fleurs et de miel composent une palette olfactive jeune et séduisante, la bouche est ample avec des notes citronnées complétées par de belles nuances minérales.
Des nouvelles rassurantes d’un millésime compliqué sur une parcelle grêlée à près de 40% et vendangée les 3 et 4 octobre.

Pouilly-Fuissé En Carementrant 2004 
: quelques notes fugaces de réduction laissent rapidement place à de beaux arômes floraux et briochés, la bouche est riche avec une rétro-olfaction complexe, fruitée et briochée, la finale est longue et fraîche.

Pouilly-Vinzelles La Soufrandière X-Taste 2006 : une vendange tardive sur Vinzelles et un vin atypique qui possède un nez de raisin sec et de coing, une bouche juteuse et concentrée avec une structure acidulée et une grande longueur.

Une troisième visite qui a tenu ses promesses : un accueil de grande qualité (même si Jean-Philippe regrette toujours de ne pas pouvoir nous consacrer assez de temps…), une viticulture bio réfléchie et des vins avec un pouvoir de séduction rare… INCONTOURNABLE vous dis-je !

 
2 cuvées emblématiques des frères Bret

@+
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 11:46



Puligny Montrachet 1° Cru Les Referts – L. Carillon et fils à Puligny

Robe : jaune bouton d’or, lumineuse avec des éclats dorés.
Nez : pur et profond avec de délicates notes d’amande fraîche et de beurre.
Bouche : la structure est parfaitement équilibrée avec une acidité très droite et un gras qui envahit le palais. La palette aromatique se complexifie et s’enrichit de belles notes d’agrumes. La finale est d’une longueur époustouflante.
Viril et puissant avec une race incontestable…un Puligny magnifique !
A croire que les grands blancs 2001 sont au top en ce moment.

EXCELLENT


Pinot Gris Vieilles Vignes 1997 – C. Brand à Ergersheim


Robe 
: jaune franc avec beaucoup d’éclat.
Nez : quelques notes oxydatives très fugaces à l’ouverture, mais après quelques minutes la palette aromatique est en place avec du citron confit, des fruits secs et du miel.
Bouche : une matière savoureuse et ample alliant le gras et une acidité profonde et longue, quelques notes de pamplemousse accompagnent une finale assez longue.
Une divine surprise avec cette bouteille que j’avais laissé traîner un peu pour voir et, pour tout dire, dont je n’attendais plus trop…Quelle erreur, je me suis retrouvé face à un vin complet et racé que je mettais sans hésiter en Côte de Beaune (je pensais à un Meursault bien mûr). Seule l’allonge finale trahissait peut-être une naissance un peu plus roturière…mais la ressemblance était confondante.
TRES BIEN+


Riesling G.C. Zotzenberg 2007 – Dom. Rietsch à Mittelbergheim

Robe : jaune pâle, brillant.
Nez : intense, marqué par des arômes de citron frais, de craie suivis. L’aération complexifie la palette avec des notes d’agrumes frais.
Bouche : une matière pleine d’énergie et de gourmandise avec une acidité vive et profonde, quelques SR et une salinité d’une puissance peu commune. La finale est longue sur le miel et les agrumes.
Un vin superbement équilibré qui a déjà considérablement évolué depuis la dernière dégustation (il y a 6 mois). La matière est imposante et l’amateur patient qui attendra que les forces en présence entrent en synergie, se retrouvera avec une véritable BOMBE entre les mains. Attention !
TRES BIEN


Côtes du Roussillon Villages Latour de France 2005 – Domaine Rivaton à Latour de France

Robe : noire, épaisse, très concentrée.
Nez : profond et complexe avec des notes de fruits noirs confits, de réglisse et d’épices. De délicats arômes d’olive noire apparaissent en fin (dans le verre vide en fait).
Bouche : un jus extrêmement concentré avec une mâche gourmande, un grain tannique très fin et une belle longueur.
Savoureux et facile à boire, malgré une structure puissante et un grand nombre d’éléments « noirs » suscités par la dégustation… un équilibre véritablement hors norme pour ce « vin nature » offert par cyra l’ardéchois.
Là aussi il y a un truc que nos vins rouge des contrées froides n’auront jamais… (histoire de réveiller les cerbères des vignobles septentrionaux…)

TRES BIEN-


Riesling G.C Sommerberg Cuvée Arnaud 2004 – Dom. De l’Oriel à Niedermorschwihr

Robe : jaune franc, très belle brillance.
Nez : intense et pur sur les agrumes mûrs évoluant peu à peu vers des nuances d’herbes aromatiques et de fleurs (génépi notamment).
Bouche : une matière suave et concentrée avec de beaux aromes d’orange sanguine, les SR dominent toujours un peu mais après 24 heures d’ouverture, l’ensemble commence à se fondre et s’harmoniser. On retrouve avec plaisir ces originales notes de génépi dans une finale bien longue.
Même si certains 2004 alsaciens commencent à se retrouver avec le chapeau sur l’oreille, pour ce beau riesling, aucune inquiétude, bien au contraire !
Il me reste quelques flacons en cave que je ne devrais vraiment pas oublier d’oublier…

TRES BIEN


Ladoix - Côte de Beaune 2000 – Maréchal-Caillot à Bligny les Beaune


Robe : rubis très clair avec une frange presque transparente
Nez : suave et élégant, après une attaque légèrement fumée, le fruité apparaît avec des notes de framboise et de bigarreau.
Bouche : la matière est savoureuse, les tannins sont lisses et veloutés, la trame acide est mûre et agréable, la finale assez longue révèle des notes de noyau de cerise (kirsch).
Un bourgogne rouge comme je les aime, tout en délicatesse, de la rondeur sans aucune lourdeur et une palette aromatique séduisante…j’ai craqué.
TRES BIEN


Gewurztraminer G.C. Florimont 2006 – Dom. Bernhard à Katzenthal

Robe : jaune pâle avec beaucoup d’éclat.
Nez : intense et très complexe : on y reconnaît la rose et le bois de réglisse mais très rapidement apparaissent des notes d’orange confite et d’herbes aromatiques.
Bouche : la structure en bouche est gourmande mais bien équilibrée. Des arômes de raisin confit trahissent une légère surmaturité qu’une salinité puissante contrebalance sans peine. La finale est délicatement épicée (poivre blanc et cumin).
Un beau gewurztraminer, charmeur et richement parfumé qui construit son équilibre autour d’une profonde minéralité. Le Florimont est sans conteste un très beau terroir pour ce cépage.
TRES BIEN


Domaine de l’Aiguelière Côte Rousse 2000 – Montpeyroux


Robe : sombre et dense avec une frange pratiquement opaque.
Nez : flatteur et de belle intensité avec des arômes très profonds de confiture de mûre, de noyau de cerise et de garrigue.
Bouche : la matière est assez massive, mais le toucher de bouche est soyeux et la finale est équilibrée et bien fraîche.
Un vin séduisant, mûr sans être lourd, le boisé initial est fondu, tout semble être en bonne place…finalement, j’aime bien !
BIEN+


Puligny Montrachet 2003 – J-L. Chavy à Puligny

Robe : jaune clair, limpide et brillante.
Nez : pur et élégant avec des notes de citronnelle, de pierre à feu et de fumée.
Bouche : une attaque fine et délicate, un toucher de bouche rond qui manque un peu de volume et une belle finale sur les agrumes.
Un Puligny qui joue la séduction avec un équilibre fin et subtil malgré le millésime… un vin facile à approcher mais qui manque un peu de corps à mon goût.
BIEN+

@+
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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 18:19
LE BRUDERTHAL SELON…



Déjà la cinquième étape de mon yoyo nord-sud pour découvrir les Grands Crus alsaciens et nous voilà de retour dans le Bas-Rhin, à Molsheim, pour tenter de nous initier aux mystères des vins du Bruderthal.


Bien des choses ont déjà été écrites sur ces terroirs et un angle d’approche original et intéressant est à priori difficile à définir…mais je vais quand même essayer de relever le défi.
Je vous propose de me suivre dans mes ballades personnelles avec un peu de théorie (le socle nécessaire à une bonne compréhension), des documents photographiques et surtout des rencontres avec les vignerons qui travaillent dans ces parcelles classées.
Bon, ça je l’avais déjà dit…mais c’est pour les nouveaux.


 
Molsheim vu du Molsheimer Berg

Molsheim est une petite ville (9335 habitants au dernier recensement) située sur la route des vins à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Strasbourg.
Comme de nombreuses localités du piémont vosgien ses origines remontent aux premiers siècles de notre ère : des sépultures mérovingiennes datant du VI° siècle ont été mises à jour en 1935 au nord de Molsheim.
Il n’y a pas de certitude absolue sur la provenance du nom de cette cité mais la toponymie la plus plausible nous emmène du côté de la culture celtique : « mol » (coteau) et « lios » (demeure) constituent la racine de Mollesheim, un nom qui apparaît pour la première fois en 820 dans un acte écrit de donation de vignes.
C’est à cette époque que cette ville entre vraiment dans l’histoire en se plaçant au centre d’un conflit qui oppose les princes-évêques de Strasbourg aux empereurs germaniques. Cette lutte prend fin au début du XIV° siècle en faveur des évêques qui transformeront Molsheim en ville fortifiée avec un mur d’enceinte et un château fort.

La tour des forgerons...


...et les  fortifications autour de la vieille ville

A la charnière du XVI° et du XVII siècle cette cité accueillera l’évêché de Strasbourg, chassé de son siège séculaire par la Réforme. Dès lors, Molsheim devient un centre culturel d'une grande vitalité. La ville accueille les jésuites en 1580, puis les chartreux dont le couvent de Koenigshoffen avait été détruit.

 
Le blason de Molsheim : le martyre de Saint Georges, un chevalier romain chrétien supplicié sur la roue, symbole de l’importance de la religion et des origines romaines de la ville.

Ces différentes congrégations feront régner un véritable bouillonnement spirituel et intellectuel sur ces lieux : théâtre, méthodes pédagogiques nouvelles, fondation d'une académie, d'une université, construction de 1615 à 1617 d'une église, dont l'élégance des formes continue de nous charmer.

L’Eglise des Jésuites

Ce prestige spirituel rejaillira bien au-delà des contrées environnantes et attirera bon nombre de personnages illustres séduits par les activités littéraires et artistiques de ce pôle culturel : Louis XIV séjourna au Collège des Jésuites et Goethe au Couvent des Chartreux.

L’entrée de l’ancien Couvent des Chartreux transformé en musée.


Molsheim conserva ce statut de ville de savoir et de culture durant près de 2 siècles, jusqu’à la Révolution Française qui mit fin à la société d’Ancien Régime et transforma peu à peu cette cité en important centre industriel et artisanal.
Les fans de belles voitures anciennes connaissent surement Molsheim pour les ateliers qu’Ettore Bugatti y installa au début du XX° siècle (1911). Les anciens se rappellent encore ces voitures légendaires qui firent leurs premiers tours de roues dans la ville pavée et sur les chemins alentours.

 

Aujourd'hui, Molsheim est une cité prospère, dotée d’un riche patrimoine historique et architectural. Elle constitue bien évidemment une étape de plus en plus prisée sur la Route des Vins d’Alsace.

Beaucoup de maisons traditionnelles et de zones pavées au centre de cette paisible cité alsacienne.


Le Grand Cru Bruderthal
se situe sur le Molsheimer Berg dans un petit vallon au centre du vignoble de Molsheim. Les rangs de vigne sont blottis entre les parois d’une dépression géologique et une forêt luxuriante qui délimite la partie supérieure du vignoble.


Une vue plongeante sur le Bruderthal

Les parcelles classées occupent une superficie totale de 18,40 hectares, disposées en paliers entre 230 et 300 mètres et exposées sud-est.


Sur le plan géologique ce Grand Cru fait partie de la famille des calcaires, à tendance marno-calcaire : une couche marno-calcaire très homogène repose sur un substrat de calcaires et de dolomies du Muschelkalk supérieur et de la Lettenkohle. C’est un sol pauvre, presque squelettique qui devient de plus en plus caillouteux au fur et à mesure qu’on s’élève dans la pente.


 Des pieds de vigne sur des parcelles du bas...

...et du haut : des cailloux, encore des cailloux !

Cette terre ingrate oblige la vigne à insinuer se racines dans les entrailles de la roche mère, pour puiser une eau naturellement enrichie de multiples substances minérales.
Pente, exposition et nature caillouteuse du sol constituent des éléments dont la conjugaison va favoriser la concentration de matière dans les baies : comme le dit Gérard Neumeyer, président du syndicat viticole de Molsheim «  La notion de rendement est ici écartée par la nature elle-même ».

Sur le plan historique, ce terroir de tous temps convoité a été mis en valeur  (une fois n’est pas coutume)  par les moines cisterciens qui l’ont délimité, cultivé et qui lui ont donné son nom actuel : Bruderthal, le « val des frères » (Bruder = frère et Thal = val).
En 1316, le Bruderthal est cité comme faisant partie des possessions viticoles de l’Evêché de Strasbourg (ça aussi on commence à en avoir l’habitude… !).
En ces temps anciens où cette région était profondément meurtrie par d’incessantes guerres, le vin de Molsheim était un élément central de la vie sociale et politique. L’historien Roland Oberlé écrit « L’importance du vin est telle, que les conflits armés s’arrêtent au moment des vendanges ». C’est autour du vin que se font les réconciliations et les alliances, que l’on traite toutes les affaires relatives à la paix et à la guerre.
Un enthousiasme pour ce divin breuvage que même la rigueur luthérienne n’arrivera pas à refroidir et qui reste encore très vivace de nos jours.
Ceci dit, avec le développement urbain de cette ville, la pression immobilière sur les parcelles classées se fait de plus en plus forte et la capacité de résistance des vignerons est souvent mise à rude épreuve par d’alléchantes offres émanant des bétonneurs locaux.

Au niveau de la viticulture, l’encépagement est largement dominé par le riesling et le gewurztraminer même si pinot gris et muscat réussissent également remarquablement sur ce coteau.
Les vins du Bruderthal ne se laissent pas approcher facilement, ils ne jouent pas sur un registre démonstratif mais se caractérisent par une structure remarquablement charpentée.
La plupart des vignerons locaux sont conscients que dans la deuxième moitié du siècle dernier certaines aberrations ont été commises avec l’utilisation abusive d’engrais ou de pesticides. Aujourd’hui, l’heure est à la raison et au pragmatisme avec des méthodes de travail de plus en plus homogènes soutenues par la conscience aigüe que l’avenir appartient à ceux qui recherchent la qualité.


Enherbement et labour…


une viticulture qui s’harmonise sur le Bruderthal

C’est la seule réponse viable à l’évolution de la demande mais également la seule position qui permet de résister à la pression des prédateurs immobiliers : il faut que le Bruderthal produise des vins qui justifient la défense de ces parcelles classées Grand Cru.



…GERARD NEUMEYER



Le domaine Neumeyer se situe dans le quartier ouest de la ville au pied du Molsheimer Berg, tout près des vignes du Grand Cru. C’est une exploitation familiale relativement jeune puisque c’est le grand-père, venu s’installer à Molsheim pour travailler chez Bugatti, qui a taillé les premiers pieds de vigne du domaine. A cette époque il n’était pas rare de posséder quelques arpents de terre et d’y pratiquer la viticulture, en plus de son activité professionnelle.
Peu à peu, la passion pour le métier de vigneron prit le dessus et la famille Neumeyer choisit de se consacrer exclusivement à la production de vin.
Héritier de deux générations de vignerons, Gérard Neumeyer est aujourd’hui a la tête d’un beau domaine de 16 hectares, avec de très belles parcelles sur le Grand Cru Bruderthal.

Gérard me reçoit dans le magnifique caveau de dégustation du domaine et se prête avec beaucoup de patience et d’à-propos au jeu des questions-réponses sur le sujet du jour.

 
Le coin dégustation du domaine Neumeyer


Comment définir ce terroir ?

Comme tout Grand Cru le Bruderthal obéit à la règle classique de la triple unité :
L’unité géologique : le sous-sol de ce Grand Cru est dominé par le calcaire coquillier, le Muschelkalk. Les parcelles regorgent de ces pierres calcaires pleines d’incrustations de fossiles marins.

Deux cailloux ramassés dans les parcelles du Bruderthal

L’unité géographique : dans le vallon du Bruderthal, seules les parcelles orientées au sud-est ont été retenues pour le classement en Grand Cru.

L’unité historique : comme nous l’avons déjà évoqué plus haut, ce Grand Cru a une histoire riche et longue, même si durant la première moitié du siècle dernier l’évolution du contexte économique et social a mis en péril l’existence du vignoble de Molsheim. En effet, à cette époque, Molsheim était beaucoup plus réputée pour son dynamisme économique que pour son vignoble : « les habitants délaissaient leurs vignes pour aller gagner leur vie plus facilement et plus surement dans les nombreuses entreprises installées à la périphérie de leur ville ».
Les quelques parcelles qui subsistaient se trouvaient principalement dans les zones fertiles (loess) en bas des coteaux et ce n’est que dans les années 60 que des rangs de vignes ont reconquis leur surface sur les pentes du Molsheimer Berg.
En fait, le Bruderthal est un Grand Cru très jeune « les plus vieilles vignes ont 35 ans » et il a fallu surement déployer beaucoup énergie pour arriver à faire accepter le Bruderthal dans le classement de 1992 « on revient de très loin ! »…mais le chemin parcouru jusqu’ici force le respect.

Au niveau de la vigne, le Bruderthal est un terroir très propice à une bonne maturation des raisins (« ce sont des parcelles à maturité facile ») mais, comme tout terroir calcaire, il procure aussi aux vins qui y naissent une fraîcheur et une salinité remarquables.


Quels sont les cépages les mieux adaptés ?

La question semble difficile et peut-être même incongrue à notre hôte qui considère qu’il est difficile d’établir une hiérarchie entre les cépages sur ce Grand Cru.
Le terroir du Bruderthal est très polyvalent : certes, on y réussit de grand rieslings et de grands pinots gris, mais les muscats et gewurztraminer s’y plaisent également. Ces cépages aromatiques se déclinent dans une version très gastronomique sur la fraîcheur et la finesse.
Gérard Neumeyer ne cache pas son inquiétude face aux nouvelles règlementations qui s’annoncent : pourquoi ne pas laisser au vigneron le soin de choisir le ou les cépages les mieux à même d’exprimer le terroir ?


Quels caractères spécifiques ce terroir transmet-il aux vins ?


C’est au niveau de la structure que le terroir s’exprime le plus fortement : les vins du Bruderthal associent une maturité généralement assez poussée (effet « géographique ») à une grande fraîcheur (effet « géologique »). Ce sont des vins droits, avec un caractère bien trempé, qui nécessitent une garde de quelques années pour se livrer pleinement et qui ont un très grand potentiel de vieillissement.
Les rieslings marqués par le citron et les agrumes mûrs dans leur jeunesse, voient leur bouquet s’affiner et se complexifier avec le temps : des notes de chlorophylle, de basilic, de sauge…complètent la gamme fruitée après quelques années de garde.
Les pinots gris, souvent très opulents dans leur jeunesse, trouvent un bel équilibre gras/fraîcheur après 4 à 5 ans de bouteille. Leur longévité est remarquable : « 20 ans et plus ne leur font pas peur…je me souviens d’un 1976, mon premier millésime au domaine avec mon père, dégusté récemment était d’une jeunesse insolente »
Les cépages aromatiques jouent la carte de l’élégance avec un registre très floral et une structure tendue par un belle acidité, malgré des maturités souvent élevées.


Quelles perspectives pour ce terroir ?

« Laissons du temps au temps » : le chemin parcouru depuis le début des années 60 est énorme mais il reste encore bien des défis à relever pour les vignerons du Bruderthal. Gérard Neumeyer ne croit pas trop à l’excès de communication sur un cru, sur un vigneron et même sur certaines pratiques (le bio par exemple) : avec une société qui a tendance à tout peopleliser, il est le premier à savoir que si on rentre dans cette logique «  on redescend souvent plus vite qu’on est monté ».
Pour ce vigneron le verdict des dégustations à l’aveugle fait office de référence : « c’est une épreuve de vérité d’où nos crus s’en sortent régulièrement avec les honneurs ».
Un Salon des Vins se tient chaque année le 1° mai, en même temps que le grand marché aux puces de Molsheim. Cette manifestation qui rassemble une vingtaine de producteurs offre une belle occasion pour découvrir les crus de cette région. Ceci dit, il faut se rendre à l’évidence « Même si elle se retrouve sur le Route des Vins d’Alsace, Molsheim reste avant tout une cité industrielle, avant d’être un village viticole » et, comme le regrette Gérard Neumeyer, la politique de la ville en faveur de ses vignerons manque un peu de tonus…
Par contre, en ce qui concerne les pressions immobilières au niveau du Molsheimer Berg, la tendance actuelle est plutôt orientée vers une politique de sauvegarde du vignoble : une zone de friches et de vergers à été délimitée en bas des parcelles classées, pour créer « un espace-tampon entre les habitations et le vignoble et une niche écologique pour offrir un lieu de vie aux amis naturels de la vigne ».

En fait, le Bruderthal est un Grand Cru avec un réel potentiel, mais finalement encore très jeune… patience, confiance et réalisme sont de mise : « laissons du temps au temps ».


Les vins du domaine : quelle conception ?


Pour Gérard Neumeyer le travail du vigneron se fonde essentiellement sur le pragmatisme et l’empirisme « on fait tous un peu pareil…on observe et on essaye de s’adapter ».
Au niveau de la viticulture, le domaine est en conversion bio « ce n’est pas de la com… c’est un cheminement naturel pour obtenir une meilleure qualité tout en respectant la nature ». Cette conscience écologique ne date pas d’hier « C’est une démarche de plus de 20 ans durant lesquels nous avons essayé de limiter les traitements (validation Tyflo)…à titre d’exemple nous n’utilisons plus d’anti-botrytis depuis 1982… »
Sur le Grand Cru Gérard Neumeyer a adopté une taille très courte avec de petites arcures : « chaque année notre rendement se situe à 20% en dessous du seuil autorisé ».
Les vinifications sont classiques et traditionnelles avec des foudres en bois pour les Grands Crus et des cuves inox pour le reste de la production.


Le chai du domaine avec les foudres, les cuves inox et les pupitres pour les crémants.

Le domaine vend 25% de sa production à l’export : Gérard Neumeyer est fier d’avoir décroché un marché en Italie « un pays où il y a une grande culture du vin », pour le reste c’est les Etats-Unis, l’Europe du Nord… et même une première commande pour l’Angola.


Et dans le verre ça donne quoi ?

 

La gamme classique du domaine Neumeyer

Auxerrois Les Marnes 2007 
: franc et élégant avec des notes d’amandes et de fleurs, la bouche est mûre, avec du gras, de la fraîcheur et une pointe de CO2.
Un auxerrois classique et flatteur, pour le plaisir !

Riesling Les Pinsons 2007 
: un nez fringant et tonique avec des notes de citron et de craie humide, la bouche est droite, la finale est vive et délicatement citronnée
Un riesling très pur récolté sur le coteau du Finkenberg (d’où le nom de la cuvée : « Finke » se traduit par « pinson »). Ce coteau calcaire était déjà exploité par les Chartreux, qui vendaient ce vin à la Cour Royale d’Angleterre.

Pinot Gris Le Berger 2008 : un nez frais et pur sur les fruits jaunes frais, la bouche est droite avec une tension acide bien marquée et une belle longueur finale.
Un pinot gris récolté sur le Schäfferstein (d’où le nom de la cuvée : « Schäffer » se traduit par « berger ») fringant et digeste, en un mot, « hüpsig » (sautillant) comme le décrit son concepteur.

Pinot Gris Les Chartreux 2008 : un nez franc et direct sur des fruits jaunes bien mûrs, la bouche révèle une maturité forte (14° et 24 g de SR) mais l’ensemble reste équilibré avec un équilibre digeste et une finale longue.
Un coteau calcaire et pentu pour ce pinot gris très mûr mais profondément minéral.

Gewurztraminer Les deux M 2007 : un nez très délicat sur un registre floral ( rose, guimauve…), la bouche est ample et bien équilibrée, la belle finale révèle des notes épicées (poivre blanc) et réglissées.
Un terroir calcaire (sur Molsheim) et gréseux (vers Mutzig) qui entrent en synergie pour livrer un beau gewurztraminer de gastronomie.



 

Riesling Grand Cru 2000 : le nez très racé est marqué par l’eucalyptus et la chlorophylle avec quelques notes grillées, la bouche est gourmande avec une rondeur avenante et une belle longueur.
Un Bruderthal évolué bien typé, mûr mais doté d’une belle salinité en bouche.

Riesling Grand Cru 2005 
: un nez un peu fermé où on décèle des notes de citron frais et de zestes, la bouche est soutenue par une acidité profonde et une salinité puissante. La finale est très longue.
Un riesling où le cépage et le terroir se disputent l’hégémonie, le potentiel est là, soyons patient, ces deux finiront bien par s’associer et nous offrir un superbe Grand cru.

Muscat Grand Cru 2005
 : un nez subtil et élégant avec des notes florales et légèrement fumées, la bouche est d’une rondeur avenante, mais l’ensemble manque un peu de tonus.
Ottonel et muscat d’Alsace sur un grand cru, le registre aromatique est très beau mais le vin manque de structure acide pour le tenir.

Muscat Grand Cru 2007
 : un nez agréable, franc et précis de raisin confit et de fleurs, la surmaturité perceptible à l’olfaction se confirme en bouche (densité de niveau VT) mais le terroir avec ses notes salines et son acidité rectiligne est bien présent.
Un grand muscat sans conteste, avec des éléments constitutifs très puissants…il est taillé pour défier le temps !

Pinot Gris Grand Cru 2004 : un nez fin et délicat avec des arômes de miel, de beurre, de brioche… (très murisaltien en fait), la bouche est équilibrée et gourmande avec une forte maturité (60g de SR) et une finale longue marquée par de classiques notes fumées.
Une palette très bourguignonne mais une bouche qui ne peut plus trahir ses origines…un très beau pinot gris !

Pinot Gris Grand Cru 2005
 : un nez pur et bien expressif de fruits jaunes et de fumée, une bouche avec une maturité énorme (95g de SR) contrebalancée par une acidité fine et longue.
A sa sortie ce vin a obtenu un « Coup de Cœur Hachette » mais, à mon goût, la bouche est encore un peu dissociée, il faut encore lui laisser un peu de temps pour que cette matière imposante s’harmonise.

Gewurztraminer Grand Cru 2007 : un nez frais et discret avec des notes d’agrumes mûrs et de craie, l’attaque en bouche est délicate mais le vin s’épanouit et prend de l’ampleur en bouche. Il faut attendre la finale longue et pleine de vivacité pour reconnaître la signature épicée du cépage.
Un vin de gastronomie ou une friandise… les deux versions me semblent correspondre, pourquoi choisir !


Pour conclure, un petit bilan sur cette cinquième expérience de visite approfondie d’un terroir Grand Cru (attention je risque de me répéter…) :
-    Une fois de plus, j’ai pu vérifier que la convivialité et la disponibilité des vignerons alsaciens ne sont pas une légende. Encore mille mercis à Gérard pour son accueil.
-    J’ ai renforcé ma conviction qu’une bonne compréhension d’un vin passe évidemment par la dégustation mais s’enrichit considérablement si on fait la démarche d’aller sur place, sentir l’énergie des terroirs où il naît et rencontrer les gens qui le conçoivent…je ne boirai plus jamais des Bruderthal comme avant !
-    Le Bruderthal est un terroir riche et complexe qui transmet à ses vins des éléments constitutifs souvent très puissants. Dans leur jeunesse ces crus peuvent se montrer timides et très réservés ou alors s’exprimer haut et fort mais de façon un peu décousue.
En tous cas, 5 ans de garde semblent être le minimum requis pour que les vins du Bruderthal trouvent cette harmonie qui magnifie leur terroir.
-    Gérard Neumeyer est un vigneron conscient des réalités mais convaincu de la valeur de son terroir et de ses vins. Il connaît le chemin parcouru et sait ce qui reste à faire pour valoriser pleinement les crus de Molsheim. Il reçoit une nombreuse clientèle de passage dans son beau caveau de dégustation… c’est sans conteste une étape à noter dans ce beau vignoble de la Couronne d’Or.

@+
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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 15:43


Ayant un peu de temps à tuer avant l’ouverture des portes pour les concerts d’Anaïs et de Tryo, je me suis laissé aller à faire un petit tour dans la halle au vin de cette traditionnelle Foire de Colmar.
J’ai été agréablement surpris par la disponibilité et la sympathie des vignerons de permanence sur les différents stands : quand je leur ai expliqué que j’avais l’intention de déguster…et de cracher, ils m’ont spontanément proposé un verre INAO et un tarif spécial en rapport avec les doses versées. Bravo et merci !

Evidemment, en tant que rieslingomane assumé, mes choix se sont portés prioritairement sur ce cépage.
Désolé, mais il y avait vraiment beaucoup de références proposées et l’expérience m’a maintes fois montré que ma capacité d’analyse, déjà réduite par nature hélas, se rapprochait dangereusement du néant après une quinzaine d’échantillons…

·    Sylvaner Vieilles vignes 2007 – Dirler-Cade à Bergholtz
 : un nez surprenant présentant des notes végétales particulières (navet…) mais une bouche bien structurée avec une belle ampleur et une finale longue
Passé le nez un peu bizarre (jeunesse ?) ce sylvaner semble promis à un bel avenir.
BIEN

·    Riesling Réserve 2007 – J.B. Adam à Ammerschwihr : une palette végétale et légèrement citronnée, une bouche fraîche et légère dotée d’une acidité fine et avec une finale un peu courte.
Riesling franc et bien typé mais sur le registre de la légèreté.
BIEN

·    Riesling Le Kottabe 2007 – Josmeyer à Wintzenheim : un nez pur et discret avec des notes d’écorce d’agrumes, une bouche assez austère sur des notes de pomelo, avec une belle amertume sur une finale de longueur moyenne.
Techniquement bien fait mais manquant un peu de charme à mon goût.
BIEN

·    Riesling Réserve 2007 – Trimbach à Ribeauvillé : un fruit d’une grande pureté (ananas frais et citron), la tenue en bouche est exemplaire, un vin sec et droit avec un fruit présent (pamplemousse et citron) et une finale longue.
Peut-être une sorte de mètre-étalon pour ce cépage…tout est là, rien ne dépasse !
TRES BIEN

·    Riesling GC Schoenenbourg 2007 – Dopf et Irion à Riquewihr : un nez flatteur marqué par les fruits exotiques, une matière très mûre et dense, la finale est épicée et légèrement fumée.
Un séducteur affirmé, un équilibre sur l’opulence plus que sur la profondeur.
BIEN +

·    Riesling GC Geisberg 2007 – R. Faller à Ribeauvillé : un nez élégant et pur avec des notes de miel et de délicates évocations végétales (houblon), une bouche dotée d’une belle matière avec une acidité mure et longue.
Un riesling avec un beau potentiel même si on peut déjà se faire plaisir aujourd’hui.
TRES BIEN

·    Riesling GC Praelatenberg 2007 – Engel Frères à Orschwiller : puissant avec une palette empyreumatique assez surprenante (fumé, café grillé) suivie par des notes florales un peu plus classiques, en bouche la matière est ample et équilibrée entre gras et acidité longue et mûre.
Un nez atypique à l’ouverture…mais, au bout du compte, un beau riesling qui mérite quand même d’être un peu attendu.
TRES BIEN -

·    Riesling GC Kirchberg de Barr 2007 – Hering à Barr : un nez frais, pur et précis sur un registre résolument minéral, la bouche dotée d’une belle fraîcheur laisse apparaître de délicates notes fruitées (citron frais et pamplemousse).
Un très beau riesling tout en élégance et en retenue…j’aime !
TRES BIEN

·    Riesling GC Wineck-Schlossberg 2007 – P. Spannagel à Katzenthal : un nez élégant et très aérien avec un fruité bien expressif, une bouche ample, soutenue par une acidité profonde, bien mûre et quelques SR qui mériteraient une petite garde pour se fondre davantage.
Un riesling un peu solaire qui possède de belles perspectives d’évolution.
BIEN+
·    Riesling Steinacker 2006 – Louis Sipp à Ribeauvillé : un nez discret et pur avec un fruité délicat, une bouche avec une belle ampleur et une finale épicée et minérale.
Un an de garde et les premières notes de terroir qui se manifestent…un riesling classique et sérieux.
BIEN +

·    Riesling Lerchenberg 2005 – J.P. et J.F. Becker à Zellenberg : un nez discret qui manque un peu de netteté, une bouche intéressante sur un équilibre sec avec des notes un peu iodées et une finale assez longue.
Je suis un peu passé à côté de ce vin qui a obtenu une des meilleures notes à la dégustation du Sigille des vins d’Alsace. Je suis également passé à côté d’une bonne occasion de me taire lorsque j’ai dit à la vigneronne qui me servait que je n’aimais pas trop ce vin. En fait il s’agissait de Mme Becker en personne…boulette!
Décidément, je ne progresse vraiment pas en tant que dégustateur…et pourtant je m’entraîne !

BIEN -

·    Riesling Les Ecaillers 2004 – L. Beyer à Eguisheim : un nez très discret avec quelques notes florales et miellées, un bouche très austère, tendue par une acidité très virulente et une finale assez courte.
Peut-être un riesling pour de vrai puristes du cépage…mais en tous cas beaucoup trop rigoureux pour moi !
BIEN -

·    Riesling Cuvée Frédéric Emile 2004 – Trimbach à Ribeauvillé : après une première bouteille un peu « liégeuse » (comme quoi ça arrive même aux meilleurs…), la deuxième bouteille offre un nez pur, aérien sur un registre floral et une bouche structurée par une acidité fine, longue avec une finale où apparaissent quelques discrètes notes d’agrumes.
Très belle structure, d’un classicisme absolu…mais encore sur la réserve.
BIEN +

·    Riesling Les Pierrets 2003 – Josmeyer à Wintzenheim : un nez complexe et séduisant où on décèle des notes florales, miellées et légèrement camphrées, une bouche ample avec une acidité mûre et une puissante minéralité. La persistance aromatique est très longue.
Moi qui suis en général peu sensible à l’esthétique particulière des vins de ce domaine, je suis tombé sous le charme… Effet millésime où évolution de mon goût personnel ? En tous cas le meilleur vin de la série pour moi (il faut préciser que ce vin n’a pas été goûté en fin de série…j’ai refait le classement par la suite en tenant compte des cépages et des millésimes).
TRES BIEN +

·    Muscat GC Froehn 2007 – J.P. et J.F. Becker à Zellenberg : un nez flatteur et typique de raisin frais et de fleur de sureau, une bouche savoureuse avec une matière opulente (quelques SR) mais bien équilibrée par une pointe minérale bien nette. La finale est longue.
Un pur ottonel plein de gourmandise mais qui mériterait encore quelques années de garde… Je me suis réconcilié avec Mme Becker OUF !
TRES BIEN

Pour terminer et pour accompagner mon encas du soir avant le concert, je me suis offert 3 pointures 2007…Bon là, j’ai avalé, histoire de se mettre dans l’ambiance…

·    Riesling GC Sommerberg 2007 – J. Boxler à Niedermorschwihr : le nez est pur, précis et très aérien avec des notes de citronnelle et des nuances pierreuses, la bouche est harmonieusement équilibrée avec du gras et une acidité pointue et longue. La finale fraîche possède une belle allonge.
Beaucoup de classe et de retenue, un riesling de granit dans une expression bien aboutie et doté d’un beau potentiel sans conteste.
TRES BIEN +

·    Riesling GC Zinnkoepflé 2007 – L. Boesch à Westhalten : un nez expressif avec une palette complexe où on peut déceler de notes grillées (caramel, tabac) fruités (agrumes mûrs) et anisées, la bouche est puissante mais équilibrée avec une belle tension acide et un salinité vigoureuse qui contrebalancent une matière très riche. La finale est très longue.
Un terroir calcaro-gréseux nous livre ce vin opulent, un rien démonstratif, mais terriblement charmeur. Gageons que le temps saura transformer en distinction ce qui peut passer pour du tape-à-l’œil aujourd’hui.
TRES BIEN

·    Riesling GC Rangen Clos Saint Théobald - Schiste 2007 – Schoffit à Colmar : le nez est bien fermé et il faut une longue oxygénation pour déceler quelques notes fruitées et légèrement torréfiées, en bouche le cépage a déjà disparu derrière la puissance du terroir…la matière est imposante, la minéralité est superlative et la finale très longue laisse apparaître quelques nuances épicées, qui m’accompagneront d’ailleurs jusqu’à l’entrée de l’amphithéâtre…
Un grand vin dans sa prime jeunesse…quelle fougue !
TRES BIEN +

Quelques remarques pour conclure :
-    une belle après midi de dégustation clôturée par 2 superbes concerts… finalement, c’est pas si mal cette Foire aux Vins de Colmar !
-    les conditions pour goûter du vin ne sont certes pas idéales (debout dans le bruit…avec des odeurs de cuisine vers le soir…) mais je tiens néanmoins à souligner la gentillesse et la disponibilité des vignerons qui officient dans les différents stands…Un grand merci à eux !
-    quelques coups de cœur :
- les 3 « pointures » qui ont vraiment tenu leur rang.
- en 2007 : coup de chapeau pour le riesling réserve de Trimbach et le Kirchberg de Hering
- le riesling Pierrets de Josmeyer : arrivé à maturité…c’est très bon !
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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 10:33


Dernières nouvelles du vignoble alsacien par Christophe Schneider de l'INRA dans la revue "Les vins d'Alsace" d'août 2009 :

- 2009 se présente comme un millésime précoce : l'ouverture prévisible des vendanges se situe au tout début septembre pour les crémants et vers le 10 pour les vins tranquilles.

- la prévision de récolte 2009 pour l'Alsace se monte à 1.100.000 hectolitres soit un rendement moyen de 71hl/ha.
Le volume est en baisse par rapport à 2008 et plus généralement en diminution sensible par rapport aux dernières années (excepté 2003). Le poids moyen d'une baie est dans la moyenne inter-annuelle mais le nombre de baie par grappe et le nombre de grappes par souche sont en nette diminution sur la plupart des cépages.

- l'état sanitaire est satisfaisant (mildiou et oïdium maîtrisés mais quelques apparitions de pourriture grise), le rapport feuilles/fruits est particulièrement favorable à l'obtention d'une très belle matière première.
Le millésime 2009 se présente à ce jour avec un potentiel qualitatif très élevé, voire exceptionnel.

Vous pouvez commencer à mettre des sous dans votre tirelire...
A bon entendeur salut.
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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 17:56



Après une première visite en 2007, me voici de retour chez ce vigneron ardéchois pour une dégustation en compagnie de 2 DCiens émérites, cyra et Père Nico.

Situé à Villeneuve de Berg à l’entrée de la splendide vallée de l’Ibie cette propriété familiale d’une douzaine d’hectares propose son vin en bouteilles depuis 2006. Jérôme Jouret a choisi l’indépendance par rapport à la cave coopérative locale pour pouvoir travailler ses vignes et ses vins comme il le souhaite : conversion bio, petits rendements et vinifications les plus naturelles possible.
Les nouveaux chais sont conçus dans une optique de développement durable : la construction à flanc de colline permet une organisation du travail de cave avec un minimum de technologie.
Les vendanges sont 100% manuelles, le pressurage des blancs se fait sur un magnifique pressoir vertical ancien.
Les vinifications se font parcelle par parcelle et sans intrants (le sulfitage est minimal voire inexistant sur certaines cuvées), la gravité est utilisée pour chaque transfert de jus et les vins ne sont pas filtrés.
Le cahier de charges très exigeant que s’impose ce vigneron demande évidemment un gros travail dans les vignes, mais c’est le prix librement consenti par Jérôme Jouret pour pouvoir nous régaler avec des vins authentiques et fidèles à leurs terroirs.

Je n‘ai pas pris de notes pendant la dégustation, mais comme chez l’autre Jérôme (Mazel) je suis reparti avec les quelques cuvées de rouges encore disponibles au tarif et je les ai regoûtées tranquillement chez moi.

Pour les blancs cela n’a pas été possible…plus le moindre petit flacon en stock !
Nous avons donc dégusté 3 cuvées 2008 en fin d’élevage :
·    Sauvignon : franc et facile d’accès sur le fruit et le fraîcheur.
·    Chardonnay : une matière concentrée, une énergie presque palpable, long et remarquablement équilibré.
·    Viognier : des arômes envoutants et une belle ampleur en bouche avec une sur-maturité pleine de gourmandise.

Les cuvées sans sulfites (2 rouges et 2 blancs) sont toutes épuisées, hélas !
Cyril a bien voulu me lâcher un petit grenache En avant doute 2007…je le dégusterai prochainement.

Pour les autres rouges nous avons goûté :
·    L’Abri 2006 : un 100% cabernet sauvignon à la robe sombre et au nez classique de poivron mûr évoluant rapidement vers le fruit noir. La bouche est charnue, les tanins sont serrés mais très mûrs et la finale est digeste avec une légère amertume.
·    Ibie 2007 : un assemblage grenache- merlot  élevé quelques mois en fûts et en foudres, avec un nez intense et séducteur de fruits rouges et d’épices. La bouche est pleine de chair et de croquant et la finale est bien longue sur des tannins parfaitement mûrs.
·    Les Amouriers 2007 : 100% merlot, des fruits très mûrs, une macération longue et un élevage de 18 mois en fûts pour ce vin dense et riche à la palette complexe sur la mûre, la réglisse, la cendre. La bouche est soyeuse et concentrée avec des tanins mûrs, une mâche agréable et une finale longue et fraîche.
·    Fontaury 2007 : une syrah travaillée dans le même esprit que la cuvée précédente, un peu sauvage mais avec une palette flatteuse (cassis, herbes aromatiques, épices…) et une bouche pleine de sève et de vivacité.

La première impression de 2007 est plus que confirmée, Jérôme Jouret et son épouse sont des vignerons talentueux avec une conscience écologique profonde et une recherche permanente de qualité au plus proche de ces beaux terroirs ardéchois qui n’ont pas encore livré toute l’étendue de leur potentiel.

Seul bémol, certaines cuvées sont épuisées peu de temps après leur mise, notamment les blancs (le sublime viognier Saint Giraud) et les grenaches (En avant Doute et Fesquier).

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 08:19



C’est au rayon Manga de la FNAC, alors que je cherchais quelques Naruto pour compléter la collection de mon petit dernier, que je suis tombé sur ce petit livre mystérieux dont le titre et la page de couverture m’ont immédiatement interpellé.

Une BD manga avec le vin comme thème principal…Inimaginable !

Je n’ai pas hésité et je me suis retrouvé face à un livre renversant à plus d’un titre.
« Les Gouttes de Dieu » est un manga : il se lit en commençant par la dernière page, qui en fait est la première, même si elle se trouve à la fin du livre qui, en fait, est le début …bon, enfin je me comprends !
Les vignettes et les bulles sont également disposées à l’inverse de nos BD, on va de la droite vers la gauche…

Après ce premier choc culturel, surmonté avec quelques difficultés, me voici confronté à un contenu tout aussi renversant : on y parle que de vin…et d’une façon intelligente, sensible et décomplexée. Je rêve !
Les héros sont de jeunes dégustateurs, apprentis-œnologues, qui s’affrontent en résolvant des énigmes liées à l’identification de bouteilles mystère.
On y débouche et commente les grands crus de la planète à chaque page : l’univers du vin y est appréhendé dans toute sa complexité, sa diversité et sa poésie.

Bon, je dois avouer que l’histoire en elle même est un peu difficile à comprendre…
En même temps, j’ai commencé par le N°8 de la série, ça ne facilite pas forcément mon entrée dans cet univers particulier.

En tous cas, la nature du discours sur le vin me correspond parfaitement : un mélange subtil de connaissance, de culture, de sensibilité et de gourmandise.
En plus, les graphismes sont très réussis et les étiquettes de ces beaux flacons représentées de façon très réaliste.
Les dernières pages du livre nous proposent de petits textes théoriques, concis et précis sur le b.a.-ba de l’œnologie (pour ce N° parmi les thèmes abordés on pouvait trouver « Les vins de Californie », « Les 5 plus grands châteaux bordelais » « Comment préparer une dégustation »).

Bref, je suis conquis par cette série venue du Japon et éditée par Glénat dans notre beau pays où, pour protéger et éduquer notre jeunesse, on arrache la clope à Lucky Luke, on casse la pipe à M. Hulot et on censure allègrement tout contenu parlant de vin.
Drôle de monde quand même !

@+
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 19:03



Pour tout boit sans soif, qui se respecte, l’arrivée dans une nouvelle région est toujours le signal de départ d’une quête sacrée à la recherche d’un vigneron local, susceptible de fournir les quilles nécessaires à ses futures libations estivales.
Dans de tels cas d’urgence, une solution s’impose tout naturellement : le réseau DCien.
Pour l’Ardèche, où je viens de me poser pour 2 semaines, l’ami cyra constitue évidemment la référence incontournable.
La voiture est à peine déchargée et me voilà déjà à Pradons, chez Jérôme Mazel, un des représentants de cette jeune garde ardéchoise bien décidée à fournir le travail nécessaire pour faire reconnaître la qualité de leur vignoble.

 

Non loin des rives de l’Ardèche, l’entrée du Domaine Mazel




Le caveau de dégustation.


Jérôme Mazel en est à son troisième millésime et propose des cuvées remarquablement bien vinifiées, aux noms poétiques et pleins de fantaisie.
Il succède à son père, viticulteur-coopérateur, mais a décidé de s’établir en tant que vigneron indépendant : des locaux bien équipés, une belle motivation pour mettre en valeur les terroirs ardéchois et un solide bagage professionnel, le tout assorti d’une réelle envie de communiquer et de partager sa passion avec sa clientèle d’oenophiles…le bougre a quelques beaux atouts dans son jeu pour s’imposer et relever son défi !


Jérôme Mazel dans sa cuverie.




Le chai à barriques.


Je n‘ai pas pris de notes pendant la dégustation, mais comme je suis reparti avec un échantillonnage assez complet de la gamme, j’ai pu regoûter tout ça tranquillement assis sur ma petite terrasse, avec le soleil couchant sur les monts d’Ardèche comme toile de fond…Le pied !

·    Odyssée 2008 (100% viognier) présente des notes d’abricots et d’agrumes, la bouche est agréable mais relativement simple et la finale un peu courte est marquée par le pamplemousse. Le nom de la cuvée évoque sûrement les difficultés rencontrées sur ce millésime pour réussir les viogniers. Après en avoir goûté quelques uns (assez médiocres) plus au sud, il faut reconnaître que celui-ci s’en tire avec les honneurs.

·    Alter Ego 2008 (100% chardonnay) est un vin rond et charnu avec un nez floral et finement boisé, une bouche ample qui allie gras et acidité bien droite et qui possède une finale longue et fraîche. C’est un très beau chardonnay, typé sud mais d’un équilibre exemplaire, étonnamment digeste mais un peu traitre sur les bords…il fait plus de 14 et se boit comme du petit lait, attention !

·    Ribambelle 2008 est un rosé clair avec un nez frais, aérien, marqué par les petits fruits rouges et une bouche d’une belle fraîcheur, délicatement acidulée et terriblement gourmande. Un rosé d’été, issu d’une saignée sur les cuves de rouge (merlot, grenache), friand et parfaitement équilibré. La triplette n’a même pas tenu 2 jours…et je ne bois jamais de vin avant le petit-déj. c’est dire !

·    Chamboultou 2008 est un rosé plus coloré et plus corsé, doté d’un registre fruité éclatant (fraise des bois notamment). La bouche est d’une suavité peu commune avec quelques SR qui ne pèsent absolument pas tant la finale est agréablement fringante. Un nom qui veut bien dire ce qu’il veut dire…Jérôme Mazel a un peu chamboulé cette cuvée durant la fermentation pour « fatiguer les levures avant qu’elles aient mangé tous les sucres ». Au final nous avons un vin délicieux, flatteur, facile à boire…un jus de fruit qui vous fait tourner la tête sans crier gare, attention !

·    Cœur de Pierre 2007 : est un rouge terriblement séduisant avec des arômes de fruits noirs (myrtille et mûre), d’épices douces et un boisé délicat. La bouche est charnue et très soyeuse avec une finale longue et fraîche. C’est un assemblage grenache et merlot vinifié avec beaucoup d’à propos pour obtenir un équilibre sudiste très digeste.

Les grenaches et merlots 2008 goûtés sur fûts en cours d’élevage sont juteux et bien équilibrés…Les Cœurs de Pierre 2008 vont encore nous faire fondre l’année prochaine !

Bref une gamme très homogène de vins extrêmement plaisants que Jérôme Mazel commercialise à des prix très sages…une belle adresse dans cette belle région !

@+
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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 23:58
Je viens de retrouver, par hasard, le numéro spécial vins du Point (automne 2008) et j’ai relu le papier de Jacques Dupont intitulé « Adresse à ceux qui font les lois ».

Les faits décrits par ce journaliste au début de cet article m’ont vraiment étonné.
J’ai donc décidé de vérifier par moi-même les dires de Jacques Dupont en me rendant sur le site orlandowines.com (des vins australiens produits par Pernod-Ricard). Effectivement, comme pour le journaliste du Point, mon accès au site a été refusé lorsque j’ai décliné ma nationalité française.
“Sorry. By law of your country you are not permitted to wiew the content of this site”

 GRRR !!!

Je suis pourtant un adulte responsable, un amateur de vin averti…!
Rien à faire, j’ai dû me faire passer pour un angolais (je compte sur votre discrétion pour cette usurpation de nationalité) pour pouvoir accéder à ce site…qui ne présente d’ailleurs que peu d’intérêt à vrai dire.

Mais le fait est bien réel : la loi française censure un contenu parlant de vin sur le net !
Rassurez vous, il n’y a pas que la France qui protège ainsi ses citoyens des ravages de l’alcool, d’autres grandes démocraties font de même : l’Irak, l’Iran, l’Afghanistan et la Jordanie…

AIE !

Mais dans quel pays vivons nous B….L ? Je vous le demande… !

Pour ma part j’ai juste envie de faire un gros bras d’honneur :

-    Aux prohibitionnistes incultes qui, visiblement, n’ont rien compris à la nature humaine et n’ont rien retenu des leçons de l’histoire récente.

-    Aux talibans modernes qui pensent qu’une existence d’ascète laborieux constitue le seul mode de vie respectable.

-    Aux pseudo-scientifiques néo-hygiénistes qui fondent leurs théories fumeuses sur la généralisation, le syllogisme et les statistiques tronquées, pour prôner l’abstinence et culpabiliser tout ceux qui mettent la société en péril en goûtant un peu de vin de temps à autre.

Et pour terminer je ferai un geste héroïque d’autodestruction, en levant  mon verre à votre santé !

@+
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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 15:52



Riesling G.C. Spiegel 2001 – Dirler-Cade à Bergholz


Robe : jaune bouton d’or, lumineuse et assez dense.
Nez : fin et discret mais d’une grande complexité avec des notes de citronnelle, de verveine et de craie.
Bouche : une matière gourmande et juteuse marquée par des agrumes mûrs : le citron sur toute la longueur, l’orange en milieu de bouche et le pamplemousse en finale.
Un vin de bouche raffiné, puissant avec une belle maturité est et une trame minérale solide et très profonde…bref, un très beau riesling !
TRES BIEN


Riesling G.C. Altenberg de Bergbieten 2003 – Roland Schmitt à Bergbieten

Robe : jaune prononcé, avec un bel éclat et des reflets vert pâle.
Nez : discret et complexe avec des notes d’agrumes (pomelo mûr), d’anis et une légère touche iodée.
Bouche : un équilibre très rond alliant une belle sensation de gras et une salinité puissante. La finale de longueur moyenne laisse au palais quelques notes terpéniques très subtiles.
Un intermède alsacien, histoire de re-calibrer mon palais après quelques semaines dans le sud…j’ai évité le grand écart en choisissant un millésime bien solaire mais la structure minérale de ce vin est véritablement confondante.
Je ne sais toujours pas ce qu’il faut mettre derrière ce concept polémique, mais ce bref  retour  « at home » m’a permis de retrouver ce petit truc que les vins d’ici n’ont pas…
Mais pas de conclusion hâtives, il fait beau, les cigales chantent à tue-tête, il me reste encore quelques belles dégustations à faire…je ne suis pas pressé de rentrer en Alsace !

BIEN+


Côtes du Roussillon Villages Latour de France 2005 – Domaine Rivaton à Latour de France

Robe : noire, épaisse, très concentrée.
Nez : profond et complexe avec des notes de fruits noirs confits, de réglisse et d’épices. De délicats arômes d’olive noire apparaissent en fin (dans le verre vide en fait).
Bouche : un jus extrêmement concentré avec une mâche gourmande, un grain tannique très fin et une belle longueur.
Savoureux et facile à boire, malgré une structure puissante et un grand nombre d’éléments « noirs » suscités par la dégustation… un équilibre véritablement hors norme pour ce « vin nature » offert par cyra l’ardéchois.
Là aussi il y a un truc que nos vins rouge des contrées froides n’auront jamais… (histoire de réveiller les cerbères des vignobles septentrionaux…)

TRES BIEN-

Les autres vins du mois sont commentés dans l'article consacré à la Maison des Vins de l'Espiguette ICI
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  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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