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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 16:58


Fleurie 2007 – J. Georges à Chénas

Robe : rubis sombre avec une frange mauve clair.
Nez : discret mais plein de charme avec des fragrances de pivoine et de framboise.
Bouche : l’équilibre est parfait, le fruité croquant et une trame tannique mûre et fine apporte un velouté subtil et séduisant. La finale est belle et délicatement acidulée.
Un fruit pur et suave magnifié par une structure magistrale, ce Fleurie vinifié uniquement en cuve inox m’a fait retrouver le goût des beaujolais qui ont accompagné mes débuts d’oenophile…HEUREUX !
EXCELLENT


Auxerrois Cuvée Maxime 1993 – Meyer à Rosenwiller
      
Robe : Jaune assez prononcé, beaucoup d’éclat.
Nez : délicat et original avec des notes de fraises écrasées, d’épices et une légère touche fumée.
Bouche : une attaque en douceur et un toucher très caressant, la structure est légère mais correctement équilibrée et la finale légèrement amère est d’une longueur confortable.
C’est une bouteille souvenir, puisée dans la réserve paternelle (les miennes étaient bues depuis bien longtemps…), un hommage à mon ainé avec cette cuvée qui porte son prénom et son millésime. C’est un auxerrois vendangé avec une belle sur-maturité qui a bien digéré ses SR et qui se présente à nous avec simplicité et énergie, malgré son origine modeste et ses 16 ans d’âge.
BIEN+


VDP du Mont Baudile 2007 Le Mourvèdre des Crouzets – Supply-Royer à Arboras

Robe : dense, presque noire avec une frange mauve.
Nez : une attaque puissante sur des notes torréfiées (cacao) puis l’ensemble devient plus complexe en s’enrichissant de nuances de fruits noirs confits, de réglisse et d’épices.
Bouche : de la soie et une belle ampleur avec une trame tannique dense et concentrée. Une fine acidité soutient la structure jusqu’à la finale longue et délicatement aromatique (bois noble, encens).
Une matière riche, presqu’un peu sauvage, soulignée par un élevage présent mais dosé avec mesure et raison pour domestiquer la « bête ». Ce vin mérite encore un peu de bouteille mais bon… c’est quand même déjà bien plaisant !
TRES BIEN


Riesling Les Pinsons 2007 – G. Neumeyer à Molsheim

Robe : Jaune clair avec des reflets, vert-clair.
Nez : fin et engageant avec des arômes très purs de citronnelle et quelques nuances pierreuses.
Bouche : un équilibre viril avec une acidité pointue et longue et une finale de longueur moyenne mais offrant de belles notes fumées et présentant un caractère salin intense.
Un riesling de puriste, avec une palette classique mais une expression minérale peu commune… surtout sur ce type de vin d’entrée de gamme.
BIEN


Beaune 1° Cru Les Tuvilains 2004 – D. Carré à Meloisey

Robe : claire et limpide avec une frange dégradée un peu orangée.
Nez : une palette fine et délicate sur un registre floral (rose fanée) avec quelques discrètes nuances végétales et un fond légèrement boisé.
Bouche : l’ensemble possède un très bel équilibre avec des tanins mûrs et une acidité subtile, le toucher de bouche est bien agréable, la finale est ronde et soyeuse.
Un joli vin réussi par ce vigneron installé dans un charmant village sur les hauteurs de Beaune : l’œil et le nez annoncent une évolution marquée mais la bouche rassure. Ce n’est pas un monstre de puissance mais l’élégance et le charme sont au rendez-vous.
TRES BIEN-


Riesling G.C. Kastelberg 2005 – C. Moritz à Andlau

Robe : Jaune clair, étincelant, avec des reflets argentés.
Nez : fin, raffiné et très complexe avec des arômes de citronnelle, de verveine, d’origan et de résine suivies par des notes plus pierreuses.
Bouche : ample et élégante avec une équilibre superbe. La matière est mûre et concentrée sans aucune lourdeur, l’acidité est profonde, la salinité est puissante et la longue finale révèle de délicieuses fragrances de mandarine.
Un riesling repéré lors de la verticale Kastelberg organisée par ce vigneron il y a près d’un an. Aujourd’hui c'est un vin accompli qui s'offre à nous dans une expression sereine de ce beau terroir. MAGNIFIQUE !
EXCELLENT


Côtes de Provence Très Longue Macération 2004 – Dupéré-Barrera à La Garde

Robe : noire, dense avec une frange teintée rubis.
Nez : une palette complexe et typée qui mettra un certain temps à livrer de beaux arômes de laurier, d’épices, de garrigue…
Bouche : beaucoup de concentration mais l’ensemble reste soyeux et gourmand. Des notes de cerise noire et de zan viennent agrémenter une finale longue et fraîche où on détecte encore quelques petites nuances boisées agréables.
Un vin qui commence à trouver son équilibre mais qu’il a fallu carafer pendant de longues heures pour le faire parler un peu. La structure en bouche est massive mais digeste avec une légère acidité qui apporte une touche un peu canaille à ce cru qui a encore de belles années devant lui…
TRES BIEN
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 12:00

Après avoir livré ces magnifiques fruits dont le jus glougloute paisiblement dans les caves, la vigne nous offre son spectacle automnal, en illuminant les collines alsaciennes de ses multiples nuances d’or et de feu…




En haut de la carrière sur le G.C.Engelberg




 Le Kougelhopf près de Niedermorschwihr




L’extrême ouest du G.C.Florimont





Vue sur le G.C. Sommerberg




Vers Katzenthal




Au pied du Vieil Armand près de Wuenheim
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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 15:05




Pour cette deuxième soirée de la nouvelle saison de notre club AOC, Florian (enema) nous a emmenés à la découverte des vins de la Mosel.
Ce jeune vigneron de Dambach nous a accueillis sous son toit pour nous proposer un tour d’horizon des crus de cet autre vignoble où le riesling est roi…
Qui a dit que les alsacos étaient chauvins ???

Florian avait profité d’un séjour de formation de deux mois au domaine Zellbach-Oster à Zeltingen pour essayer de comprendre les terroirs et les pratiques viticoles locaux, sans oublier de collecter les 13 bouteilles avec lesquelles il se propose, ce soir, de nous initier à l’esthétique particulière de ces vins.

Les meilleures parcelles de ce vignoble qui borde les méandres de la Mosel se situent sur des coteaux aux pentes souvent vertigineuses, exposés plein sud. Le sous-sol est composé principalement de schistes avec, sur certains terroirs, des sables d’origine volcanique.


Pour situer le vignoble de la Mosel…



 

Un aperçu d’une partie du vignoble avec les lieux dont proviennent les crus dégustés : Erden, Ürzig et Zeltingen



La dégustation, les commentaires et l’évaluation ne se sont pas faits à l’aveugle : chaque bouteille a été présentée et expliquée par Florian.

Soirée du 22 octobre 2009 à Dambach
Verre INAO.


1. Schwartz Riesling 2008 – F. Kraemer à Erden
La robe est curieusement évoluée, le nez est bizarre avec des notes de réduction puis de fumée suivi d’un léger fruité. La bouche est légère avec des arômes une peu confus et une finale plate.
Ce vin, issu du cépage pinot meunier sera le seul rouge de la soirée…histoire de se faire une idée. Pour moi ça manque vraiment de charme !
BOF

2. Weissburgunder 2007 – Selbach-Oster à Zeltingen
Le nez est charmeur sur l’ananas frais, la « Barbapapa », la noix de coco mais la bouche est déstructurée et manque de consistance avec une attaque molle et une finale un peu lourde.
Issu de pinot blanc ce vin est un peu frustrant tant le passage du nez à la bouche est décevant…dommage !
BIEN-

3. Riesling Classic 2008 – G. Heinrich à Zeltingen

Le nez est fermentaire avec des notes de banane sur un fond légèrement citronné, l’attaque en bouche est très vive, le milieu révèle des SR et le finale est fraîche mais marquée par du SO2.
Un premier aperçu sur ce cépage avec ce vin à la structure bien confuse, qui a bien du mal à convaincre l’assemblée.
BIEN-

4. Riesling Kabinett 2007 - Selbach-Oster à Zeltingen

Le nez est plus net mais les arômes sont relativement discrets, l’aération révèlera des notes citronnées et exotiques. La bouche est fringante, légère et acidulée avec des SR toujours très présents et une finale encore marquée par du SO2.
9,5° et 34,5 g de SR… on se rapproche du style mosellan, tout en s’éloignant des canons alsaciens, avec ce vin assez agréable mais manquant d’harmonie.
BIEN

5. Riesling Zeltlinger Schlossberg 2007 - Selbach-Oster à Zeltingen
Le nez est discret, citronné et légèrement fumé. L’attaque en bouche est acérée avec une acidité verte et très violente qui domine l’ensemble.
Issu d’un terroir de schistes et de cailloux, ce riesling possède une acidité hors normes…et vaut 14 euros au départ du domaine…OUCHHH !
BOF

6. Riesling Ürziger Würtzgarten 2002 – H. Schweistahl à Ürtzig
Le nez est franc et direct sur des fruits exotiques frais (mangue, litchi) et quelques herbes aromatiques. La bouche est tendue, l’acidité est plus fine mais encore trop présente, la finales est assez agréable sur des notes de tisane (verveine, mélisse).
Une matière moins sauvage, une palette plus complexe mais il reste un déséquilibre acide en bouche…les effets bénéfiques du vieillissement se font sentir mais visiblement 8 ans ne suffisent pas !
BIEN+

7. Riesling Ürziger Würzgarten 2008 – Mönchhof à Ürzig
Le nez présente une palette complexe avec un fruité net (citron, fruits à chair blanche…) et des notes de menthe et d’anis. La bouche est plus précise avec un léger perlant et une finale assez longue marquée par des nuances minérales et un retour sur les herbes aromatiques (verveine, menthe verte).
Comme quoi on peut trouver des vins jeunes bien équilibrés… !
BIEN+

8. Riesling Zeltlinger Himmelreich 2008 – G. Heinrich à Zeltingen

L’attaque est marquée par de fortes notes de réduction, puis le nez s’ouvre peu à peu avec de délicates notes de fruits à chair blanche. La bouche est assez agréable mais la structure manque d’homogénéité.
Un terroir de schistes et de sables volcaniques et une vinification avec des levures indigènes (procédé rarissime dans cette région)… un OVNI que son prix (moins de 5 euros) rend finalement sympathique !
BIEN

9. Riesling Zeltlinger Himmelreich 2007 – Selbach-Oster à Zeltingen
Le nez est classique avec une belle pureté et une palette classique sur des notes citronnées et pierreuses. La bouche semble à nouveau déséquilibrée avec cette acidité tranchante qui domine tout et rend la finale particulièrement agressive.
Un nez assez engageant mais une bouche redoutable… je ne peux pas imaginer qu’une telle matière puisse trouver une cohérence avec le temps !
BIEN-

10. Riesling Erdener Treppchen Spätlese 2007 – F. Kraemer à Erden
Un nez flatteur marqué par la surmaturité (notes de caramel) s’ouvre sur une belle palette exotique. La bouche est grasse, un peu lactée avec une rondeur avenante et un fruité exotique très mûr. La finale est marquée par du SO2.
La surmaturité donne une personnalité plus aimable à ce vin qui doit quand même encore trouver son équilibre.
BIEN

11. Riesling Erdener Treppchen Auslese 2007 – Christophel à Erden
La surmaturité est très présente au nez, les fruits exotiques frais sont au rendez-vous et la bouche possède une certaine harmonie entre des SR présents (environ 100g) une acidité un peu moins stricte et un perlant très présent.
Un vin issu de parcelles situées sur des falaises aux pentes vertigineuses (« Treppchen » se traduit par « petit escalier »). Le style est particulier mais l’ensemble possède une réelle cohérence.
BIEN+

12. Riesling Sonnenuhr Spätlese 2008 – Ackermann à Zeltingen
Le nez manque de franchise entre des notes de caramel et des évocations citronnées. La bouche est constituée d’éléments assez équilibrés mais l’harmonie fait encore défaut.
Un bien joli nom pour cet autre terroir mosellan, baptisé « cadran solaire », mais un vin qui doit encore attendre pour se révéler.
BIEN-

13. Riesling Sonnenuhr Auslese 2001 – Ackermann à Zeltingen
Le nez est pur et doté d’une belle complexité avec un fruité exotique, des notes terpéniques et des arômes d’herbes comme la sauge et la menthe. La bouche est équilibrée et ample avec une acidité et des SR en harmonie. La finale est longue et marquée par d’agréables notes de tisane.
Les années ont apporté du fondu à cette belle matière mais le vin semble quand même déjà bien évolué pour son âge…sa palette trahit l’âge mûr. Il faut quant même relever l’excellent rapport Q/P de cette bouteille : 5,70 euros pour les 50 cl., c’est cadeau.
TRES BIEN

 



La soirée continue avec une dégustation hors-sujet proposée par Florian sur quelques bouteilles de son domaine… comment résister !

Pour rester sur le cépage roi de cette soirée nous optons pour une petite série de rieslings Frankstein.

1. Riesling Frankstein 2006 : un nez fin marqué par des notes florales et légèrement résineuses, la bouche est équilibrée et élégante, la finale est longue et profondément minérale. Charmeur.

2. Riesling Frankstein 2007 : le nez est discret sur un registre floral et la bouche est ample et concentrée avec une salinité puissante et une grande longueur.
Puissant.

3. Riesling Frankstein 2008 : le nez est encore confus mais la matière en bouche est extrêmement prometteuse : on y retrouve la puissance, l’équilibre et la salinité du 2007. Prometteur.

4. Riesling Frankstein 2009
 : un vin au milieu de sa fermentation alcoolique qui possède une belle matière mûre et dense avec une acidité longue et tendue qui va construire un bel équilibre.
Confiant…

Conclusions

·    Ce fut une soirée intéressante pour notre culture personnelle car elle nous a permis de nous faire une idée un peu plus précise sur ce vignoble finalement si proche de notre région. Encore merci à Florian pour ses recherches.
Au niveau gustatif, il faut bien reconnaître que nous sommes un peu restés sur notre faim…
·    Ces vins de la Mosel possèdent des acidités terrifiantes, des sucres résiduels pas toujours intégrés…si on ajoute à ça du CO2 un peu partout et du SO2 souvent au dessus du seuil de perception, sans parler des prix qui dépassent parfois ceux des G.C. alsaciens… pour moi ça fait beaucoup !
Ceci dit ces vins ont été surement servis trop jeunes…mais quand même…je ne suis pas sûr d’avoir envie d’y revenir prochainement.
·    Un petit coup de cœur néanmoins pour le dernier vin, le Sonnenuhr Auslese 2001, qui ressemble à une belle VT alsacienne et qui présente un excellent rapport Q/P.
·    Une mention spéciale pour les bouteilles de la dégustation hors-sujet : les rieslings Frankstein de Florian sont à recommander de toute urgence.
·    Un dernier petit conseil pour les lecteurs non familiarisés avec la langue de Goethe : la prononciation à voix hautes de vocables possédant 1 voyelle pour 10 consonnes peut s’avérer dangereuse pour un appendice lingual non entraîné…Prudence !


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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 09:39


Sortie dominicale avec Stéphane pour une rencontre-dégustation avec Philippe Pacalet, organisée par les cavistes de Terres à Vins à Strasbourg.

Commentaires sur les vins dégustés :

·    Gevrey Chambertin 2007 : le nez est pur et gourmand sur les fruits rouges et les épices, la bouche est dotée d’une structure équilibrée avec des tanins ronds, une acidité fine et une finale puissamment minérale.
Un vin très jeune, qui se goûte remarquablement bien mais qui possède un caractère bien trempé prêt à défier le temps.
TRES BIEN

·    Gevrey Chambertin 2005 : après une attaque sur des notes de torréfaction, le nez s’affine et se complexifie en révélant des arômes floraux et réglissés. La bouche est ample et onctueuse avec un profil un peu viril qui peut encore s’affiner. La réglisse et le poivre gris accompagnent une finale bien longue.
Un gros potentiel qui doit encore être attendu.
TRES BIEN

·    Gevrey Chambertin 2001 : un premier nez sur de fugaces notes végétales (betterave) laisse rapidement la place à une palette subtile avec de délicats arômes floraux (violette) et des évocations de bois de réglisse. La bouche est fraîche et longiligne avec une finale un peu sèche.
Des arômes suaves et complexes mais une structure au palais assez austère, à la limite du déséquilibre.
BIEN

·    Pommard 1°Cru 2007 : le nez est agréable et évolutif avec des notes toastées suivies par des évocations de fruits rouges et une nuance un peu terreuse. La bouche est volumineuse et virile avec beaucoup de gras et une trame tannique mûre et serrée. La finale est longue et épicée.
Un vin complet avec un avenir plein de belles promesses.
TRES BIEN+

·    Meursault 2007 : le nez est net mais discret avec des notes de poire fraîche qui se révèlent progressivement dans le verre. La bouche est puissante et riche, le gras et la tension acide sont en harmonie, la finale est longue et discrètement boisée.
Une belle expression de chardonnay, une matière imposante qui demandera un peu de temps pour révéler tout son potentiel.
TRES BIEN-

Quelques remarques pour conclure :
-    Ce fut une dégustation de très bon niveau avec des cuvées pleines d’énergie vinifiées avec une grande précision.
Une preuve éclatante que le respect de la nature et la recherche de la pureté dans l’élaboration de vins, permettent de réaliser des produits d’un très haut niveau qualitatif.
-    Ce fut une rencontre intéressante avec un vigneron sympathique, ardent défenseur d’une conception naturelle du vin. Son discours intéressant, pédagogique et argumenté avec de solides connaissances scientifiques nous a permis de passer un moment riche et formateur.

-    Le seul bémol - et il est de taille - ce sont les prix… dont je n’ai eu connaissance qu’après la dégustation… OUCHHH !
Je dois avouer que je n’aurais sûrement pas évalué les vins de la même manière si j’avais eu connaissance des tarifs avant…
Du coup je comprends mieux la parcimonie du service et le peu de longueur de la « verticale » de Gevrey…

Un Meursault dont le prix atteint pratiquement celui d’un Bienvenues-Bâtard-Montrachet de chez Carillon…j’espère que cela ne va pas donner des idées à mon fournisseur attitré sur cette appellation !

Un Gevrey villages au prix d’un Clos de Vougeot de chez Castagnier… des 1°Crus qui flirtent avec les 100 euros…

Pour moi le charme est rompu M. Pacalet !
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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 17:03

Une récente enquête sur un site national de dégustateurs de vins nous proposait de parler des plus beaux vins de Bordeaux que nous avions dégusté jusqu'à aujourd'hui...Voici ma réponse :

Choisir le meilleur souvenir de rencontre avec une bouteille de Bordeaux… mission impossible !

Vu mon grand âge (ça c’est pour éviter que les mauvaises langues ne me le rappellent) la quantité de bonnes choses dégustées devient trop importante pour en extraire une hiérarchie pertinente.

Malgré tout, il y a certains flacons que je garde toujours en mémoire….
Ce sont ceux dont la dégustation m’a entraîné dans le monde de l’oenophilie, que je n’ai jamais plus quitté depuis.

Il y a eu tout d’abord ces quilles d’anthologies bradées par un restaurateur qui voulait se débarrasser d’un stock de bouteilles trop important à ses yeux. C’était au début des années 80… je me suis dévoué corps et âme !


Peut-être le plus grand souvenir de Bordeaux à ce jour…


…et deux mythes que je pensais inaccessibles..


En 1983, il y a eu ma première visite dans le Bordelais et la rencontre inoubliable avec le truculent Henri Dubosq.

 
Superbe bouteille liée à une belle rencontre…



Enfin, un des premiers cadeaux viniques de mon épouse… dégusté après une journée de ski dans les Alpes...au sommet tout naturellement !


Grandiose !

@+
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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 10:06


Morey Saint Denis Très Girard 2004 – Marchand Frères à Gevrey Chambertin


Robe : jaune clair, brillant.
Nez : discret mais très agréable sur la brioche fraîche et le miel d’acacia.
Bouche : une attaque vive avec une acidité très mûre, un équilibre longiligne et une finale de longueur moyenne qui offre des notes abricotées et légèrement boisées.
De jeunes vignes de chardonnay plantées par Denis Marchand pour perpétuer la tradition des blancs en Côte de Nuits…Le vin est à son optimum et procure un plaisir simple mais réel.
BIEN+


Château Puech-Haut 1996 – Côteaux du Languedoc – G. Bru à Saint Drézery

Robe : assez dense et foncée mais la frange est brunissante.
Nez : riche et complexe avec des notes de figue confite, de réglisse et d’herbes aromatiques.
Bouche : une belle sensation vineuse sans être alcooleuse, un équilibre plaisant entre équilibre et concentration, des tanins soyeux et une finale moyenne légèrement cacaotée.
Un exemplaire unique oublié au fond de ma cave que j’avais gardé un peu pour voir et que j’ai dégusté avec grand plaisir en me rappelant mon premier passage à ce domaine, il y a bien longtemps (en 1998 je crois). Je crois que c’était avant la différenciation « Tête de Cuvée » et cuvée normale. En tous cas, pour ceux qui douteraient des capacités de vieillissement des Languedoc, voilà un bel exemple d’évolution réussie…
TRES BIEN


Muscat 2007 – Domaine Clément Lissner à Wolxheim

Robe : jaune pâle avec des reflets vert clair.
Nez : délicat et bien typé sur le raisin frais et la fleur de sureau (les bonbons Ricola qu’on trouve aux caisses des supermarchés….), à l’aération la palette s’enrichit de nuances florales complexes et envoutantes…
Bouche : fin et tout en élégance, bien équilibré et subtilement acidulé, une gourmandise absolue…
J’ai toujours eu une tendresse toute particulière pour les vins d’Alsace issus de ce cépage. Les bons muscats se laissent approcher sans détour : ce sont des partenaires de choix pour les tablées de copains. Mais les bons muscats possèdent aussi leurs mystères : derrière un nez direct et flatteur , on peut trouver une complexité et un équilibre gustatif dignes des plus grands. Le développement aromatique de ce beau muscat est magnifique…quel beau vin !
TRES BIEN



Le Bourboulenc de Nega Saumas 2007 – Supply-Royer à Arboras

Robe : jaune clair, lumineuse avec des éclats dorés.
Nez : envoutant et profond, le citron confit et les épices douces répondent à un boisé fin.
Bouche : beaucoup de gras et d’ampleur, la matière est charnue, presque douce mais la trame acide est large et construit un équilibre frais et digeste. La finale est longue…peut-être un peu trop marquée par l’élevage.
Une buvabilité exceptionnelle (la bouteille se vide toute seule…) malgré une matière très concentrée, un plaisir toujours partagé … mais on sent que ce vin peut encore gagner en harmonie. Patience !
TRES BIEN


Roussette de Savoie Aimavigne 2006 – Dupasquier à Jongieux

Robe : jaune clair, brillante.
Nez : complexe et riche avec des fruits blancs, du miel et de délicates nuances florales.
Bouche : un toucher de bouche soyeux, du gras et une acidité très large, la finale est de longueur moyenne
Une Altesse presque royale, qui se boit avec plaisir et qui donne une furieuse envie d’aller piocher un Marestel dans la cave…

BIEN+


Givry 1° Cru Les Grands Pretants 2005 – Sarrazin et fils à Jambles


Robe : rubis sombre avec une densité moyenne.
Nez : les arômes de torréfaction sont omniprésents à l’attaque mais un fruité mûr et distingué se définit de plus en plus nettement avec l’aération.
Bouche : charnu et rond, puissant et bien équilibré avec une finale fraîche et digeste légèrement mentholée.
Un beau vin de bouche avec un nez où l’élevage est encore trop présent, il lui faut sûrement encore un peu de temps pour s’affiner et révéler sa vraie personnalité.

BIEN+

Château Pont de Brion 2006 – Molinari à Langon

Robe : nuance paille, assez dense et bien brillante.
Nez : agréable, évolutif, doté d’une belle complexité (après aération). On y décèle des notes de résine, d’acacia puis de fruits exotiques…
Bouche : ronde et soyeuse avec une matière concentrée mais très bien équilibrée. La finale est fraîche, de belle longueur et délicatement citronnée.
Très beau Graves blanc que je me suis un peu dépêché d’ouvrir… sa petite sœur, qui devait marquer la césure entre les rouges 82 et les rouges 86 lors de la soirée Bordeaux du club AOC, était irrémédiablement bouchonnée.
Excès de prudence peut-être…mais beau moment de plaisir en tous cas !

BIEN+

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 10:14


Une bouteille offerte par un ami, trouvée dans une cave au cours d’un déménagement…



Je ne connais pas du tout, je ne sais pas si c’est encore buvable mais c’est le millésime de Madame (mais ça reste entre nous…) et ce sera l’occasion d’aller tâter un vieux chardonnay…


@+
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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 08:52




Cette soirée de reprise du club AOC nous a mené à la rencontre de prestigieuses bouteilles de Bordeaux sur deux beaux millésimes des années 80.

Après une première incursion dans cette grande région viticole, qui nous avait un peu laissés sur notre faim, nous nous sentions obligés d’y revenir avec une sélection de vins plus ambitieuse.

Comme à l’accoutumée c’est Stéphane qui s’est chargé du casting pour trouver les flacons qui allaient illustrer le thème de cette soirée : convaincre des palais alsaciens réputés pour leur exigence et leur chauvinisme, qu’il y a du vin au delà de la ligne bleue des Vosges…

Les vins étaient servis aux alentours de 15° après un passage en carafe de 15 à 20 minutes. La dégustation, les commentaires et l’évaluation se sont faits à l’aveugle, mais les millésimes étaient connus : 1982 ouvrirait la séance suivi de 1986.


Soirée du 18 septembre 2009 à Illkirch
Verre Schott Zwiesel N°2


Un petit tour de chauffe régional pour affuter les papilles avec :


1. Sylvaner Expression 2007 – Domaine de l’Agapé à Riquewihr
Le nez est complexe avec un léger fumé et des nuances d’épices, la bouche est un peu simple, l’acidité est assez virulente mais la finale possède une belle minéralité.
Un nez engageant mais la bouche est un peu rude… un vin a attendre encore un peu pour lui laisser le temps de s’harmoniser.
BIEN

2. Alsace 2008 – M. Deiss à Bergheim

Un nez surprenant, voire un peu douteux… des fruits blancs mais aussi une petite déviance liégeuse, la bouche n’est pas encore en place mais les éléments qui la composent sont dotés d’une réelle puissance.
Un vin à revoir, trop jeune à coup sûr avec peut-être un souci au niveau du bouchage….il mérite une seconde chance.
BOF


Série des vins de 1982 :


3. Château de Marbuzet 1982 – Saint Estèphe
Un nez ouvert avec un fruité assez riche, des notes d’humus et de fumé léger, la bouche est assez décevante, un peu déséquilibrée, un peu étriquée et marquée par une finale très sèche.
Un nez flatteur et engageant mais une bouche qui manque de volume… ce vin n’était pas fait pour durer plus d’un quart de siècle.
BIEN-

4. Château la Croix de Gay 1982 - Pomerol
Un nez de fruits rouges confiturés et d’épices douces, une bouche d’une ampleur moyenne avec des tanins soyeux et une palette aromatique complexe.
La matière n’est pas terriblement concentrée mais ce vin joue la carte de la finesse et de l’élégance.
TRES BIEN-

5. Château de Sales 1982 - Pomerol
Le nez est torréfié (café moulu), épicé avec quelques notes d’encens, la possède du gras et une acidité assez large, les tanins sont soyeux et fins et la finale est longue.
Un bel équilibre et une jeunesse insolente…un très beau vin.
TRES BIEN

6. Château la Louvière 1982 – Pessac-Léognan (simplement Graves à l’époque…)
Un nez riche et puissant sur les fruits noir et le cèdre, une bouche dense et charnue avec des tanins ronds et une finale longue, un peu marquée par l’alcool.
Dommage pour cette impression finale un peu chaude…le bougre en aurait-il encore sous la pédale ?
TRES BIEN

7. Château Malartic-Lagravière 1982 - Pessac-Léognan (simplement Graves à l’époque…)
Un nez de fruits noirs confits avec quelques notes alcooleuses, la bouche est fraîche et équilibrée avec une finale assez courte et légèrement amère.
Le nez tient encore un peu debout mais la bouche trahit l’évolution…l’apogée semble bien dépassé.
BIEN


La "dream team" de 1982 au complet

 

Série des vins de 1986 :


8. Château Lascombes 1986 - Margaux
Un nez séduisant marqué par les fruits rouges et les épices, la bouche est un peu dissociée mais les éléments qui la structurent (alcool, acidité, tanins) sont d’une grande puissance.
A priori je dirai jeune… mais y a-t-il vraiment un espoir pour que ce vin trouve son équilibre ?
BIEN

9. Clos René 1986 - Pomerol
Un nez fermé avec une palette un peu douteuse évoquant le sous-bois avec une petite déviance liégeuse, la bouche est rustique avec des tanins puissants et des sensations acides et alcooleuses peu agréables.
Un vin austère qui manque d’harmonie avec des perspectives d’évolution assez pessimistes à mon sens.
BOF

10. Château Les Ormes de Pez 1986 – Saint Estèphe
Les nez est frais et agréable sur la myrtille et les épices douces, la bouche joue sur un registre viril mais l’équilibre est là. La finale est longue mais un peu sèche.
Un Saint Estèphe masculin classique qui tient son rang sans faire son âge.
BIEN+

11. Château La Gaffelière 1986 – Saint Emilion
Un nez pur et délicat sur les fruits rouges très mûrs, la bouche offre une belle matière dense, ronde et soyeuse avec un équilibre tonique et une finale longue et poivrée.
Un beau vin, complet, riche et bien structuré…s’il fallait en choisir un de la série, ce serait celui là !
TRES BIEN+

12. Château Montrose 1986 – Saint Estèphe
Un nez complexe de fruits rouges, de calyptol avec quelques notes empyreumatiques (grillé, caoutchouc), la bouche est très dense, les tanins sont serrés, la structure est très bien équilibrée mais le vin reste dur et austère.
Un grand vin sans aucun doute. Il paraît encore telle ment jeune qu’on est amené à se demander s’il a déjà un peu évolué depuis sa naissance…
TRES BIEN

 

La "dream team" de 1986 au grand complet


Conclusions :

·    C’est avec une certaine émotion que j’ai redécouvert ces 2 millésimes dont j’avais garni ma cave au début de ma longue carrière de picoleur.
Bien évidemment, la soif et le manque de place aidant, ces flacons avaient disparu de mes étagères depuis bien longtemps... un grand merci à Stéphane pour ce voyage dans le temps !
·    S’il fallait choisir un millésime, je dirais 1982 sans hésiter. Non pas parce que, comme l’a dit l’un des jeunes insolents de la bande AOC « c’est normal que les vieux préfèrent les crus les plus âgés », mais bien parce que j’y ai trouvé des vins harmonieux, sereins, pleins de charme et de classe.
1986 a fait des vins denses et un peu rustiques qui doivent encore se patiner pour gagner en harmonie… mais y arriveront-ils un jour ?
·    Coup de cœur néanmoins pour La Gaffelière 1986 vraiment au top et mention spéciale au Château de Sales 1982 pour son élégance et sa sensualité.

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 23:20

J’ai l’impression de me voir encore mettre me point final à mon C.R. Bourgogne 2008 (visible ici : CLIC) et me voilà déjà en train de rédiger celui de 2009… nom d’un chien, cette année s’est littéralement volatilisée !
Mais oublions ce petit coup de blues au sujet du temps qui passe de plus en plus vite et revenons sur les bons moments passés en compagnie de mon collègue Martial dans cette région, où même un alsaco chauvin comme moi se délecte chaque année des paysages, des personnes et des vins qu’on peut y rencontrer.


Jour 3 : les belles étapes du voyage retour.


Domaine Buisson-Charles à Meursault

Ce domaine murisaltien constitue désormais une étape obligée dans ma pérégrination annuelle en terre bourguignonne. Les vins sont superbes et Michel Buisson est un hôte délicieux, toujours prêt à faire partager ses connaissances et ses expériences à propos de la chose vinique…que demander de plus ?

Bien au frais, sous les voûtes de sa cave, nous goûtons une série de vins blancs du millésime 2007

Aligoté 
: un nez sur la pomme fraîche et le miel, une bouche tout en finesse avec une acidité droite et mûre.
Une entrée de gamme avec un niveau qualitatif superbe.

Meursault Vieilles Vignes : un nez plein de fleurs et de miel, une bouche avec du gras et de la fraîcheur.
Un équilibre de funambule, tout en élégance.

Meursault Tessons : un nez plus retenu sur un registre floral et légèrement vanillé, la bouche associe le gras et une acidité droite et profonde.
La tension et la longueur d’un grand…

1° Cru Charmes : un nez complexe et ouvert où on reconnaît la noisette, le citron frais et une légère touche vanillée, la bouche est puissante et parfaitement équilibrée avec une longue finale citronnée et délicatement boisée.
Un séducteur (« charmeur ») dès son plus jeune âge !

1° Cru Bouches Chères : des arômes floraux complexes au nez, une bouche ample avec une acidité très droite et une finale très longue où on retrouve de belles notes de fleurs.
Un potentiel qui commence déjà à se révéler.

La dégustation se poursuit avec la gamme de vins rouges :

Bourgogne 2007
: une poignée de fruits rouges au nez, une bouche bien équilibrée et d’une puissance surprenante, les tanins sont mûrs et la finale légèrement acidulée.
Un GRAND générique !

Bourgogne 2006
: des notes d’herbes aromatiques accompagnent les fruits rouges pour complexifier la palette, la bouche possède une belle structure tout en élégance.
Les impatients qui on déjà vidé leurs 2006 peuvent se mordre les doigts…

Pommard 2007
 : des fruits noirs et un léger fumé au nez, la bouche possède une puissance virile et une allonge remarquable.
Un Pommard sans concession qui demandera un peu de patience…

Pommard 2006 
: un fruité pur et gourmand, une bouche charnue, élégante, avec une belle structure tannique très mûre, la finale est très longue avec quelques notes fumées.
L’effet d’une année de garde commence à se faire sentir, le vin semble bien en place, mais il n’a pas encore dit tout ce qu’il avait à dire…

Volnay 1° Cru Santenots 2007
: un nez plein et flatteur avec des arômes de fruits noirs (mûre et cassis), la bouche est ronde, soyeuse, la matière est concentrée, les épices douces accompagnent une finale très longue (la cannelle embaume le verre vide...).
Un vin d’une opulence parfaitement maîtrisée…envoûtant, presque irrésistible !

Pour terminer en beauté, nous dégustons les échantillons du millésime 2008 en compagnie de Michel Buisson et de Patrick, que j’ai enfin le plaisir de rencontrer pour de vrai…
C’est un exercice difficile pour les profanes mais l’impression laissée par ces vins en devenir est extrêmement positive : malgré des malos encore en cours sur la plupart des cuvées, nous goûtons des jus mûrs, concentrés et bien équilibrés…Un régal !

 

L’étape 2009 au domaine Buisson-Charles a une nouvelle fois tenu ses promesses : un accueil impeccable et des vins superbes, avec des 2007 déjà terriblement séduisants et des 2008 en passe de devenir de très grands vins … que dire de plus ? MERCI, tout simplement !




Domaine Castagnier à Morey-Saint-Denis


La dernière étape nous ramène en Côte de Nuits, pour une visite chez Jérôme Castagnier à Morey-Saint-Denis. Le « poulain » de l’ami Filduf nous attend en compagnie d’un collègue enseignant de Reims (qu’est-ce qu’ils ont tous ces profs à faire une pré-rentrée en Bourgogne !).
Il nous explique sa façon de concevoir les vins produits sur le domaine familial et dans son activité de négoce : une exigence maximale à tous les niveaux pour réaliser de très grands vins. Une ambition affirmée haut et fort, que Jérôme Castagnier considère comme un défi sur chaque nouveau millésime.


Nous commençons cette longue séquence de dégustation par les vins blancs en bouteilles :

Aligoté 2007 : mûr et délicatement acidulé avec des arômes de fruits blancs.
Une entrée de gamme longiligne et fraîche.

Puligny Montrachet 2007
 : le nez est encore fermé mais la matière en bouche est onctueuse avec un bel équilibre entre la rondeur et la tension acide.
Un beau mariage entre fermeté et onctuosité.

Puligny Montrachet 1° Cru Les Pucelles 2007 
: un nez discret sur les épices, la vanille et quelques notes fumées, la bouche est ample, expressive et de belle longueur.
Une expression complexe et raffinée du terroir.

Corton Charlemagne 2007 
: le nez est marqué par la noisette et les épices douces, la structure en bouche est puissante et virile avec une finale longue sur une agréable sensation de fraîcheur citronnée.
Attention… petit monstre en devenir !

Après cette belle mise en bouche, direction le chai pour une dégustation des rouges en cours d’élevage où Jérôme Castagnier nous propose des échantillons du millésime 2008 prélevés uniquement sur des barriques neuves.

Chambolle Musigny
 : un nez très gourmand de cerise avec quelques notes boisées bien intégrées, la bouche est d’une rondeur avenante avec une belle finale épicée (cannelle et poivre).
Des vignes largement septuagénaires (la parcelle date de 1934) mais un nectar plein de charme et d’énergie.

Gevrey Chambertin
 
: un nez torréfié, fumé et réglissé, une bouche puissante et virile avec une finale très longue.
Résolument masculin (presque mâle) mais déjà tellement accessible…

Morey Saint Denis
 : un nez plaisant et flatteur sur un registre fruité, une bouche avec de la soie, du gras, des tanins mûrs et une belle fraîcheur sur la finale.
Un vin complet avec un avenir de toute beauté… Coup de cœur !

Charmes Chambertin : un nez de fruits noirs et de fumée, une bouche dense et concentrée où les arômes fruités s’épanouissent (griotte) et persistent longuement.
La chair et la charpente en parfaite harmonie… on entre dans la cour des grands !

Clos Saint Denis : un fruité pur et très mûr (fruits noirs un peu confits) avec des nuances épicées, la bouche est ample et sphérique et la finale est très longue.
Un vin délicat et raffiné avec une personnalité bien affirmée.

Clos de la Roche 
: un nez de fruits rouges (cerise sauvage) complété par des notes de silex et de fumé, l’impression en bouche est également très sphérique avec une puissance contenue qui s’exprime progressivement. La finale est très longue.
Plus sauvage et plus minéral que le précédent, un vin qui se livre avec une force tranquille !

Clos de Vougeot : un nez suave et complexe où on reconnaît la griotte, la réglisse, le clou de girofle, la bouche est veloutée, pleine de sève et de sensations profondément minérales. La finale est longue avec de délicates notes boisées.
Un vin magnifique…que dire de plus !

Mazy Chambertin
 : un nez très aérien de fruits rouges, une bouche sur un registre élégant et frais avec un équilibre parfait et une belle finale tendrement aromatique.
Option raffinement et gourmandise pour ce grand vin déjà tout à fait accessible.

Bonnes Mares : un registre olfactif riche et pénétrant sur les fruits noirs et la violette, la bouche est opulente, onctueuse, soutenue par une belle charpente de tanins mûrs et finissant sur une fraîcheur bienvenue.
Mythique, un vin de rêve…Coup de cœur !

Pour terminer ce tour de cave d’anthologie, nous revenons vers notre point de départ où nous attendent quelques bouteilles mystère :

Le premier vin se situe dans un niveau très proche de ceux de la prestigieuse série précédente : le nez et riche (griotte confite et épices douces), la bouche est ample et suave avec un bel équilibre…C’est grand !
C’est un Chambolle-Musigny 1°Cru Les Amoureuses 2008

Le second vin nous surprend un peu : frais, fruité et gouleyant, mais on sent une rupture…C’est nettement moins bon !
C’est le Bourgogne Passetoutgrain 2007
Jérôme Castagnier à le sens du défi : placer une appellation de ce niveau (4,50 euros au tarif) dans cette série, il faut le faire !
J’ai pris quelques flacons pour re-évaluer ce joli vin dans un environnement moins élitiste…

Le troisième flacon anonyme nous livre un vin au fruité gourmand (cerise rouge) et à la bouche ample et ronde dotée d’une longue finale bien fraîche…
AHHH de retour au pays des vins de rêve !
C’est le Chambolle-Musigny 2007.

Le quatrième embaume les fruits rouges confits, le noyau de cerise, la bouche est ample et sphérique avec des tanins serrés et parfaitement mûrs.
Un équilibre proche de la perfection qui me rappelle le Morey 2008, goûté précédemment…
C’est le Clos de la Roche 2007.

Le dernier vin nous distille des notes complexes de fruits noirs confits, de réglisse et d’épices, la bouche est d’un soyeux incomparable avec une grande concentration, de l’ampleur et une belle impression de puissance.
Un seul cru me vient à l’esprit… et Dieu sait que je n’en bois pas tous les jours : Clos de Vougeot !
Gagné, c’est bien le Clos de Vougeot 2007.


Que reste-t-il a dire après une telle dégustation !!!
Avant tout, merci à Jérôme Castagnier de nous avoir convié pour ce voyage extraordinaire parmi ces terroirs et ces crus sublimes !
Ce jeune vigneron, qui possède un patrimoine viticole qui fait rêver, a de l’ambition et du talent à revendre. Il partage avec plaisir et enthousiasme sa passion pour ses vins. Ses grands crus rouges jouent la carte de la finesse et de la distinction (j’aurais presque envie de les assimiler au style Rousseau…).
Ses grands vins blancs sont très bien vinifiés  : le Corton Charlemagne m’a particulièrement séduit et les Puligny sont terriblement raffinés (peut-être un peu trop pour l'adepte de la rigueur « carillonesque » que je suis...).
En tous cas une maison à faire figurer en bonne place sur tous les carnets d’adresses bourguignons. Encore merci à Philippe pour le tuyau !

@+

NB les C.R. des jours précédents sont visibles ICI et LA
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 21:00



J’ai l’impression de me voir encore mettre me point final à mon C.R. Bourgogne 2008 (visible ici : CLIC) et me voilà déjà en train de rédiger celui de 2009… nom d’un chien, cette année s’est littéralement volatilisée !
Mais oublions ce petit coup de blues au sujet du temps qui passe de plus en plus vite et revenons sur les bons moments passés en compagnie de mon collègue Martial dans cette région, où même un alsaco chauvin comme moi se délecte chaque année des paysages, des personnes et des vins qu’on peut y rencontrer.


Jour 2 : du Beaujolais vers Santenay.


Domaine Jean Marc Burgaud à Morgon

Pour cette deuxième visite au domaine j’ai pris soin de mandater un chauffeur expert et j’ai bien mémorisé l’itinéraire d’accès pour arriver chez ce vigneron à l’heure prévue…pas comme en 2008 où j’ai passé une heure à sillonner le Beaujolais avant d’arriver à destination !
Une pluie fine tombe sur la Côte de Py et Jean-Marc Burgaud se frotte les mains « c’est très bon pour la vigne… elle en a bien besoin après ces longues journées de sècheresse et de canicule ». Les maturités sont très élevées « les raisins ont pris 0,3 à 0,4 degré par jour durant cette dernière semaine » et le niveau sanitaire est excellent « le millésime qui s’annonce promet »…touchons du bois pour que cette météo favorable tienne encore un peu !

Nous nous rendons dans le caveau de dégustation sous la maison pour un tour d’horizon complet des cuvées classiques sur le millésime 2008 et des cuvées spéciales sur 2007.

Beaujolais villages Château de Thulon 2008 : du fruit rouge frais au nez, une bouche juteuse et délicatement acidulée. Léger et digeste.

Régnié Vallières 2008 : un nez très fin, plutôt floral et une bouche charnue et équilibrée. Elégant et charmeur.

Morgon Les Charmes 2008
: un nez légèrement torréfié avec un fruité net sur la pêche de vigne, la bouche possède une structure plus serrée avec de beaux tannins bien mûrs. Premiers pas dans l’esprit morgon.

Morgon Côte du Py 2008 : un nez plus complexe sur la cerise mûre et la réglisse, la bouche est charnue avec des tannins ronds et denses et la finale délicatement boisée. Pur et séduisant.

Morgon Côte du Py – Réserve 2007 : un nez complexe et raffiné, une bouche ronde et soyeuse avec un beau volume et une finale longue et bien fraîche. Une belle matière en devenir.

Morgon Côte du Py – James 2007 : un nez discret et racé avec quelques évocations fruitées très pures, la bouche est solidement charpentée autour de tanins ronds soutenus par une acidité longue et fine. Concentré et tonique.



Notre visite se poursuit dans le chai à barriques pour un aperçu des cuvées prestige de 2008 encore en cours d’élevage.

Morgon Côte du Py – Javernières 2008 
: un nez complexe et discret, une bouche massive et concentré avec des tannins serrés et mûrs et une longue finale.
Un vin né sur un secteur mythique de la Côte de Py qui complétera dorénavant la gamme du domaine…Réjouissant !

Morgon Côte du Py – James 2008 : un nez pur et discret, finement fruité, la bouche est solidement structurée avec une matière imposante, des tanins virulents et une acidité bien tendue. La longueur est impressionnante.
Assemblé à la pipette sur 3 barriques, cet échantillon nous livre de belles promesses pour l’avenir de cette cuvée de luxe.

 
Deuxième phase de la dégustation dans le chai à barriques du Domaine Burgaud

Pour finir nous goûtons 2 vins un peu plus évolués :

Morgon Côte du Py 2002 : une robe rubis profond, un nez bien expressif (prune à l’eau de vie, épices douces…), la bouche a une structure avenante, bien équilibrée avec une fraîcheur délicate et une belle longueur.

Morgon Côte du Py 2001 : un nez qui « morgonne » à souhait (la cerise à l’eau de vie et le noyau de cerise sont au rendez-vous…), les nuances kirschées sont intenses en bouche, la finale garde une belle fraîcheur.


Jean-Marc Burgaud est un puriste qui cherche à rendre ses lettres de noblesse à ces terroirs du beaujolais qui le méritent largement.
Des vins qui possèdent le charme de l’authentique et grand moment de dégustation en compagnie et d’un vigneron comme je les aime…HEUREUX !


Domaine Jean Georges à Chénas

Suivant les conseils d’un félidé expert en Bojo, nous remontons un peu vers le nord pour nous retrouver à Chénas devant la discrète maison vigneronne du domaine Jean Georges.
Franck Georges nous convie à une dégustation dans un coin du chai où sont alignés de beaux foudres. Ces contenants traditionnels sont « plus décoratifs que fonctionnels » car ce domaine vinifie tous ses vins en cuves inox.


Nous goûtons les 3 références proposées à la vente :

Fleurie 2007 : un nez fin et élégant sur un registre floral et une bouche gourmande, pleine de rondeur et de soie.
Un Fleurie tout en délicatesse provenant du secteur des Rochaux, un terroir granitique très rocheux (comme son nom le suggère un peu…).

Chénas 2007 : un nez assez ouvert, floral, la bouche est structurée et dotée d’un bel équilibre, la finale est longue et délicieusement fruitée.
Un Chénas très complet provenant de 2 terroirs différents et complémentaires (granitique et limoneux-siliceux).

Moulin à Vent 2007 : un nez pur avec une palette florale et épicée, la bouche est dense et charnue, les tanins sont bien ronds et la finale est longue et épicée.
Un Moulin à Vent puissant et charmeur…presque irrésistible !


 

Le domaine ne commercialise que 15% de sa production en bouteilles pour l’instant. Franck Georges reste prudent et lucide sur les perspectives d‘évolution de son exploitation, mais le potentiel pour réussir est bien là : les cuvées proposées ont la pureté et le soyeux qui m’avaient fait aimer les vins du Beaujolais, lors de mes premières visites dans cette région. En plus les prix sont très doux…Confiance !



Domaine Sorine à Santenay


La récente dégustation d’un Clos Rousseau 2003 de ce domaine m’a donné envie de repartir vers les hauts de Santenay pour y retrouver M. Sorine et refaire un petit voyage gustatif dans sa gamme de vins.
L’accès à cette propriété est certes un peu compliqué, mais ne boudons pas notre plaisir : on est bien dans ce « pays » avec son charme serein, qui réjouit l’œil et apaise l’esprit !

Nous dégustons une sélection proposée par notre hôte, dans une carte comptant 8 références dans plusieurs millésimes (de 2001 à 2007 sur le Clos Rousseau, par exemple…)

Santenay blanc 1° Cru Maladière 2007 : un nez frais, citronné et délicatement vanillé, la bouche est droite avec du gras et une belle tension acide.
Vinifié en barriques dont 30% en bois neuf, cette cuvée possède un beau potentiel tout en étant déjà bien séduisante aujourd’hui. La cuvée Santenay Blanc villages En Charron est déjà épuisée.

Maranges 1° Cru Clos Roussot 2006 : un nez d’orange sanguine et d’épices douces, une bouche solidement charpentée mais riche et bien équilibrée, la finale est fraîche avec une discrète amertume.

Santenay Sélection Vieilles Vignes 2006 : un nez bien ouvert de fruits rouges, une bouche gourmande dotée d’une belle structure, la finale est belle et délicatement épicée.

Santenay 1° Cru Clos Rousseau 2006 : le nez est discret avec un fruité bien mûr, la bouche est juteuse à souhait et la trame tannique est dense mais soyeuse…un vin équilibré et complet.

Santenay 1° Cru Beaurepaire 2005 : un nez pur et assez discret avec des notes de violette, la bouche est dense et concentrée, les tanins sont au rendez-vous et la finale est profondément épicée (poivre noir).

Santenay Sélection Vieilles Vignes 2004 : le nez est ouvert mais marqué par les évocations végétales assez typiques de ce millésime (gentiane…), la bouche possède un fruité délicat et une structure bien équilibrée.


M. Sorine est un vigneron plein de bon sens et d’humilité…peut-être un peu à l’image de ses vins…
Une vision très classique des terroirs autour de Santenay servie par une viticulture respectueuse de la nature (enherbement, labour, lutte raisonnée…) engendre de beaux vins de garde, rustiques, terriens, authentiques…que des prix sages mettent à portée de beaucoup d’amateurs. Une belle aubaine !

@+ pour la dernière étape...

NB : le jour 1 se trouve ICI


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  • : Vins, vignobles et vignerons.
  • : Récits liés à des rencontres viniques et oenophiliques.
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Bonjour à tous

Amateur de vin depuis près de 30 ans et internaute intervenant sur un forum de dégustateurs depuis plusieurs années, j’ai crée ce blog pour regrouper et rendre plus accessibles mes modestes contributions consacrées à la chose vinique.

 

Mes articles parlent presque toujours de rencontres que j’ai eu l’occasion de faire grâce au vin :

rencontres avec de belles bouteilles pour le plaisir des sens et la magie de l’instant,

rencontres avec des amis partageant la même passion pour la richesse des échanges et les moments de convivialité inoubliables,

rencontres avec des vignerons et avec leur vignoble pour des moments tout simplement magiques sur les routes du vin ou au fond des caves.

 

J’essaie de me perfectionner dans l’art compliqué de la dégustation dans le seul but de mieux comprendre et mieux pouvoir apprécier tous les vins.

Mes avis et mes appréciations sont totalement subjectifs : une dégustation purement organoleptique ne me procure qu’un plaisir incomplet.

Quand j’ouvre une bouteille de vin, j’aime pouvoir y associer le visage du vigneron qui l’a fait naître, j’aime connaître les secrets de son terroir, j’aime avoir plein d’images et de souvenirs associés à ce liquide blanc ou rouge qui brille dans mon verre.

 

Merci à tous ceux qui viennent me rendre visite.

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